I
UNIVERSITYOF
TORONTO LIBRARY
The
JasonA.Hannah
Collection
in the History
of Médical
and Related
Sciences
}lir^4.î^^^'^
■<h.
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J-^:.
C^
OBSERVATIONS
CHIRVRGiaVES
V E
GVILLAVME FABRI
"DE HILDEN
MEDECIN ET CHIRV-RGIEN
Tres-renommé de S.A. George Fp^ideric,
Marquis dcBADEN&DovRLACH,&dela
Republique &: Canton de B e r n e.
tirées de
SES CENTVRIES. EPITRES; TRAITES
de la Vyfenterie , Gangrené , Brûlures , & autres œuvres.
Traduites de Latin en François , (^ réduites en ordre far vu ÎZ>. Médecin»
Aufquclles on a ajoute vn Traitté de la gangrené mis en lumière du viuanc
de l'Auiheur.
Anec les Indices des Chapitres , Matières ^ Tl£itres.
Ouvrage nouveau & ncccfTairc à ceux qui veulent ioindrc l'expérience à b TJi»"'--
Pour Pierre Choucc
tJH. D C. LX I X.
Aucc Pxiuilcgc de Sa Maicftc Tres-Chrcfticanc.
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in 2010 with funding from
University of Ottawa
http://www.archive.org/details/observationschirOOfabr
UI M P RI M E V R
oAu Lecteur 3
E trauail faifant vue partie d*yn plus
grand ouurage^ qui a pour titre Méde-
cine Efpicàce Ôc Operative
&:c. contient ce que les modernes ont
âporté d'éclairciflement à la Proiefrion3
le ne m'étcndray pas beaucoup fur cette Tradudtion y
liTuffit d'aducrtir que celui qui fa entrepris, s'eft con-
tenté de donner au Public les Observations Chirvr.-
GiQVES de cet autheur ayant iugé qu'il efloit fuperflu
de prendre cette pêne en toutes fes œuvres, qui font
mêlées &C contiennent beaucoup de chofes purement
Medecinales &: hors de la profeflion du Chirurgien:
Son but à efté d'enrichir rArt& le rendre parfait en
vne chofè en laquelle il (êmbloit défediueux y afcauoir
en Hiftoires ôc Obferuations particulières, qui néan-
moins font de grande efficace pourfortifier TExperien-
ce,quieftvnedes ïambes fur lefquelles marche cette
Profeffion : On en trouve véritablement quelques
vncs qui font éparfes dans les œuvres de ceux qui ont
' f *
écrit en Chirurgie > mais il n'eft venu aucun Autheur à
maconoilîancequi en ait donné vn volume entier en
nôtre langue. Il a fait choix particulièrement de celui
ci, comme du plus Expérimente, du plus ludicieux^du
plus Sincère &C m.oins Referué qui ait écrit en ce ficelé:
ayant donc quelque ordre à ces ObferuationsrSi quel-
ques vns trouvent à redire à la politefTc du langage^qui
ne s'y trouuera pas , ils doiuent c oniidercr que le prin-
cipal s'y rencontre, afçauoir la fidélité delà tradudion,
ôcquiln'a fait aucune violence à T Autheur, comme
cela eft familier à ceux qui s'attachentpar trop au choix
des mots : mais principalement que ce défaut eft re-
compencé par la multitude des belles chofes &C curieu-
(cs qui y font, &C que cette matière eft de telle nature,
quelle n'eft pas capable de beaucoup d*ornement:à
mon égard , i'ay cru que la réputation de cet Autheur
étant allé il lcin,auec l'approbation de tous les Doâies,
ie f:eroisfaueur aux Chirurgiens François en leur pro-
curant cet ouurage, & qu'ils le receuront en bonne
part^aufli bien que les iVllemands qui l'ont voulu aiioir
en leur langue: I'ay û foin de le rendre parfait par l'ad-
ionftion des Figures Sc Tables necelfairesiSi mon def-
fein eft bien refiu, comme ie refpcrc , ie trauailleray â
bailler des oeuvres de cette nature, defquelles lesvnes
font fous ia preiTc, & les autres fous la plume du Tra-
ducteur. A Dieu.
Table des observations
LIVRE PREMIER
DES
TVMEVRS CONTRE NATVRE-
'VlSf Abfcés derrière les oreilles, ou parotide. pag, i .
U'ôngr.inà^ Abfcés entre la plcnre & les côtes p. i.
'D'vn abfcés au carpe, p ^^
D'va Abfcés en Ihypochoridre gauche auec vlceratîoi dn
V. D'vn Abfcés des mufcles de /' Abdomen omiert en dedans p, 2 .
V I. B'^dn Vlcere aux T^eins auec vn grand Abfcés entre le péritoine & les mufcles
outiert en dehors, p ,
VII. D^vn Abfés fjiu le rnufclepfoas. paa. 6,
VIII. D'vnfembl-ble Abfcés pL -^
I X. Ty'vn abfcés au boyau colon après vne colique. p_ q,
X. D'vn dangereux abfcés prés le fondement y après vne faignèe faite mal à propos y
paç. 9,
X I. D^vn abfcés rompu en la vcjfiey duquel font frtls des vers auec l'vrine. p. ir.
X I I. D'vne inflammatlin au viJa^C' p^ ^^
XIH. l^'vne inflaîmnation auec autres accidensprouenus d'vn ciron. p. n
X I V- Du Panaris. ' p[ ,^ /
X V". Du danger i^u' apportent les Repercufifs appliqués mal à propos. p 14.
XVI- D'vne inflammation au Foye après ^application de médicaments chauds
fur l orifice de l'ejîomach.
XVII- D'vne Paraphymofe c'/ Inflammation au bout de la '■ôeroe.
X V 1 1 1 Cure de la Ph'mofe & Paraphîmofe verolique.
XIX. Delà Taraphimofe des erf.ints.
X X. D'vne dxnoereufe infiamm.ition en la plante du pié.
XXI. Ty^'ie Dartre corro fine après vne 'egere brûlure,
XXII. D'vne Snfypele conuertie en Gangrené pour y aaoir fms de Phuyle ' p i\.
îî' "
p.iS.
P- iT»
pa(r^. i<.
p. 20.
p.u.
^i4.
Table des Obfcruations,
XXIII. D'vn Hydrocéphale monftruenx. pét^. ij.
XXW. D'vn Hydrocéphale artificiel. p. 2^.
XXV. D'vri Hydrocéphale rnoT.^rueitw p. z8.
X X V l. Des Efcri'uelles au col deprodifùeufe oroffenr. p. 30.
XXVII. Delà Cure des écrouelles es enfants. p. 31,
X X V 1 1 I. D'vneTiimeuy œdcmateiife an genoùil. p. ?5.
X X I X. Du Schirre dr de fa cure. p.^i,,
XXX. Que les tumeurs Chancreu/ès "tiennent plus manuaifes par Y'^^fage des
me d' carne ts emoUients. P'y^-
XXXI. Du ■' har.cre é" de la maUgnîté de t Arfenic. ■ f • 40«
XXXII. D \^n Chancre en la langue. p. 4Z.
XXXIII. V'^V'i Chancre de viammelle auec vrieturneuY au bras. P"^S-
XXXIV. De la Cure du Chincre occulte. ^ /'•55*
XXXV. De la Cure d'vn Schirre au carpe. p. yx.
XXXVI. D'vn fchirre aup es de l'oreille. f . 73.
X XXVII. D'v'i fchirre en la matrice ^ul empêchoit l'kcouchement. p-7h
XXXVIII. D'vnfchirreijtù entourât l'orifice interne de la matrice. p-lh-
XXXiX. D'vnfchirre dans lecol de la matrice au deuant dePonfce interne.p.j^.
XL. De la Luette endurcie en fungusfchirreu.x. /'•74'
X LI. D'vne tumeur fchlrreiffe verslaracine de la luette. p. 7).
X L 1 1. Des tumeurs refjemblantes aufchirre p. 75.
X L H 1. Des Fungus. p. y6.
X L I V. Des Fu'igus tant charnus quofsées ^ui naijfent en diuerfe s parties du
corps. ^ pagjj.
X L V. D''-cne tumeur monfirueufe de rcmentum. p. 84.
X L V I. D '•jne c/a-'ide tumeur fous le nombril. /^- 84.
X L V I i . D "^i'.e tumeur au prépuce & membre viril. p. %j.
X LV i I I Cti^e diffie tumeur augeioiitl. p 85.
X L 1 X D'vnfea'orne en la iambe. P- 87«
L. D V le verrue au pouce. p, S8.
L '• .D vne verrue au pouce. p. 88é
LU. D vne Ecihytnofeés par iies génitales auec tumeur du fcrotum & des geni-
toires. p. 85.
L 1 1 D'vn comme'icement de fchirre en la mammelle. p. 90.
L 1 1 î. De la Cure des boutons ^ taches <jue les enfant alertent du ventre de U
rnere. f-?!*
L 1 V. Indices ou examen delà Lèpre. f-95.
LVD vn Aneurifne au cvl. p. 95.
LV 1. D'vn Aneitrifme en la poitrine. P-95-
LV II. Cuerifon mractil^tifedv;: aneurfme après l'ouuerture d'vn artère, p.c)^.
L V i n. Traité de l'aneurifîne par Michil Doringius Aiedecin à PreJÎAU. p, 97.
55). D'vne
Table des Obferuations
LlX. B'vne enterocele. /?.«04.
L X. D'vne enterocele, f.io^.
L X I, Manière de réduire les intefiins decendtts au ferotum. f • ?o7
L X 1 1. Sur le même fuiet. P^^^'
L X I 1 1. Sur le memefuiet. f-'o^'
L X I V. Delà Gangrené après 'Mr.e enterocele. pic9-
L X V. ^«r le même fut t. P- ' ^9-
L X V I. D'vne hernie gnerie en vn vieillard, f.iio-
L X V 1 1. D'vne ilta^ue pajfton en vne Dame causée par ''^re defcente de boyau.
pag. no.
L X V 1 1 1. Cure de la Gangrené après vne hernie tnteflinale , auec erojîon du
boyau. ' /'•ï"-
L X I X. D^vne dangereufe hernie en vn "ôicillard, f •»* i-
L X X. D'vne dangereufe hernie. P'^'5'
L X X I. D'vne hernie auec iliaque p.nffion en vne femme. /7.118.
L X X 1 1 . D\»:e hernie fuiuie d'iliaque paffion. p.n^»
L X X 1 1 1. D'vne hernie înteflinale fuiuie de plufieurs accidents. p. no.
L X X I V. Dvne bubonocele. p.112.,
L X X V. De rzf^ge des Unements, le boyau étant au fcroturn. ^ p.\ i7«
LX X V I. DeUfarcocele , Etpourquoy elle vient leplusfouuent au côté droit*
pag.iiS.
L X X V 1 1. 'D*vne hydrocele en laquelle fe trotma vne carnofité âtachée aux
'vaijjeau.vfpermatics. /7.130.
LXX V 1 1 1. D vne hydrocele heHreii/e?nent coupée. p-^^'
L X X I X. Duftccés de l'tnctfion d vnehydrocele, P ^53'
L X X X, De la mort (^m ef arriuée après l'incifon d'vne hydrocele. p. ' } 4-
L X X X I. Dvn Tubercule reflé après la rnorfuredvne mouche guêpe. p.i^S-
LIVRE SECOND DES PLAYES,
I. C^"^^ les playes du cerneau ne font pas necejfairement mortelles cjuoy
\^ (]U vne portion enfoit ôiée, p^g.^9'
I I. Sur le w.êine fuiet. p.iAO.
I I I. Sur le méînefmet. /'•H'-
I V. Sur le même fuiet. p-H''
V. D'vne playe en la tefle auecfraSlure du crâne, rendue mortelle par la colère,
pag. 141.
VI. 'Du pus très puant rnélé auec des vers en la dure we^e. p-^-\^-
Vil. D'vne blejfure de tefle auecfraUure du crâne, rendue mortelle par la cpulatio.
Table des Obferuations.
VïU. D'il,, Y hleJJUree): la îesle Auec fraBurc an Crâne âenenue mortelle par du
b ^uit auprès du wa 'U de pao. 145.
I X. Uvns p'a)e syi U ié:e deuenue mortelle par négligence. p. 14 j.
X Dv>ie!Yes-âangeyeHfe pi itye de téie. p. '44*
X I. D'vn coup mortel fur TocapHt y Cy" dvne étrange puanteur après la mort.
p^g. 145.
XII. D'vae danger eife hl ejlure de tête. p. 146.
XIÎI. D\'fîe p'aje da-'gereufecn la tête auec fraElure & enfonceure du Crâne»
pag. '4^.
X I V. T>;i mèmefuîet. p. 150.
X V^. D'vne dangereufe playe de tejie auec perte d'vfie particule du Cerneau.
pag. 15 1,
X V i. D'vne pla^e de tcfiefuluie d'vnTetafse &fpaf?/ie cynique', ou lae^uejîion
ejl décidée, files playes du Sincîput font mortelles comme veut Colurnbus. p. 152.
XVII. Q^^ipres l'onuerture du Crâne ^ on a tromié /a Dure mère qui luy était
infep ar ah leynent attachée p. 155.
X V 1 1 I Dvn Funaus mal traitté(^ de la mort ijulafuîui, p. 56.
XIX. Vraye méthode de guérir le Fuhgus. p. \^6.
X X. D'vne playe en la face très dangereufe. p. 158.
X X ï. Des playes des Tempes, & s'il eji licite d'y aplic^uer le Trépan. p. 155»,
XXII. D'ô.iienne homjne qui recouurala "oeué d'vn œil duquel t humeur aquée
et oit /ortie. p. 165.
XXI I 1. D'vne mort fubite après ''0.7e hlejfure d'vne veine au grand canton de
l'œil. p. 164.
XXIV. D'vne dangereufe ophthalmie & perte d vn œil à caufe d'vne légère playe
proche fa paupière. p 16^.
XXV. De t'ohfiruBion du 'S! ef optique, à caufe d'''ô'ie blcfure de la Paupière fu-
perieure. p. 16).
XXVI. D'''or,e pLiye co-r.tufc en l.i paupière doite. p. 166,
XXVII. D'aune légère blepure contufe au lord des pairpieres. p. ic 6.
X X V I l I. De la Cure d'vne bleJJ'ure de la Langiie. p. 167.
XXIX. l'^es T entes mfes e-'. ^ô.e p'a^ e de poitrine fortics par la toux. p. 167.
XXX, D'vn^pla^e en la poiiriie auec perte d V'teportio^idelafubjfance des poul'
mons. p. 168,
XXXI D''-^nepl.iye de la poitrine auec dilaceration du diaphragme, par laque'le
l'efiornach for toit hors, p. 16^,
X X X I i. D'vne playe en la poitrine auec blejfure du poulmon. p. 69.
X X X 1 1 I. D vneblefjure en l'y^'bdomen auec déperdition d'vne particule du
Foye. P»'7^'
XXXIV. D'vne blejfure en labdomen. p. 175.
"yiXXy. D^'-jne playe au Nombril fiihie de înortfubit^. /^- 176.
^é.D'ynê-.-
Table des Obferuations
X X ^ V I. V'Vneplaye an bras , exemple d 1)^;^ plujC redoublée. p-U7-
XXXVII. D'^vie bieffure an coude. ' p.iyS.
X X X V I II. D'vfie playe an carpe. p-^79'
X X X 1 X. Dvr.eblejjHre au d igt. p- Bo.
XL. Uijne ble fur eau doigt. p.iZo-
X L I. Des pi a) es des do'gts & mains. & qu'il les faut tenir ouuerteSy cofitre l o~
pinion de Félix Vtiirtz,. p.iSi,
X L 1 1. Vvne playe redoublée en la cuijfe. pAÎ^.
X L 11 !. D'vne blejjkre en la cu'ijfe par vn coup d' arcjucbufe. p.i%y
XL IV. Uvne playe au genouiL p-^99'
X LV. Uvne bief lire au piépur vn coup d^ moufquet, p.ioo%
X L V I. De lamorfare d'vn homme. p.ioi.
X L V 1 1. D'vne autre morfme dhornme. p.ioi.
XLV lll.Encordelamorfure. p.ioz,
XL IX. D'vne autre mor fur €' p.ioi.
L. D'vne morfur£ de chien enragé. p. 205.
L L D'vne autre morfUre de chien enrage. f-io^.
L I L D'vne autre mor fur e de chien ep.r âgé. p. îp4•
L II I. De la cure de la mcrfure du chien enrage y p.106.
L I V. Remarques fur la rnorfure du chien enragé (^ fur la cure précédente .
pag. Z07.
L V. D'vne rnorfure de chien enrage. p.iop-
LVI. De la rnorfure d'^M chat enragé. p.iii.,
L V 1 I. D'vne morfure de loup. p.iiu
L V 1 1 1. D'-y^f piqueure de doigt par vn épine. p. m.
L 1 X. D' vne piqueure de doigt par ''on arête de poijjon. ^ p.iM.
L X. Delapiqueured'vn doigt par du verre. p-^lh
L X I. T)'vne piqueure au pié par vne épine, p-^^S*
L X 1 1. D'vne piqucure de mouche guêpe. /'•i'3-
L X 1 IL D'vne playe de nerf. /7.114.
L X I V. Que le rire ejî dangereux à ceu.\' qui fera blefsês aux r.trfs% p.i 1 4 •
LXV. Sur le même fui et. P'^ S^
LXV-I. l 'vne b'efure d'artère. . pii6.
LX V 1 1. D'vne blejjure des vénes iugulaires. p.iiG>
hKll i. DerH<i:morrhagiequîfuruientaux places. f-i'?'
L X 1 X. Desf'Copes qui furulennent aux blefés. p ^ 7'
LXX. De l'oiguent de frnpaihie. p.iiS,
LXXI. D^ve playe cicatrisée auant le temps. p^^9'
L X X 1 1. Remarque fur la cure des places. p.iLO.
L X X 1 1 1. D'vneplaje d'arquebufade dan fies mufcles del'abdcmen. p 2.10.
L X X 1 y. Que les baumes font dangereux e?nployes hors de propos. p.. 11.
! î 3
Table lics Obferuations.
^-«,> <i.i%i
LIVRE TROISIEME.
Des ulcères 3 Fijlules y Gangrené Çf "Bruflnres.
I>'' %'^l^n'''ilccye incunable vers laiointure de la mâchoire. pag.iz^.
il- X,J D'-'j^ v/cere après v/ie Tumeur dure en la ioinmre des rnâchoires.p.ii] .
i 1 I. D'^invlcere en laGorqe. , PiH-
\ V. D'vn vie ère au N'es dr au Talaîs. /'•ii î-
V. D'vLvlcereau Nés ouOT^-ne. p-^2.j.
VI. ly'vn^ôlcere ei l'Epaule p.ifê,
VII. S'il eft perrnts de fermer les vUeres inueterês. p-iiÇ)-
Y LI I Uvite exulceration des glandes proflates. p.i\o.
IX. *D^vn 'ulcère ford: de augsnouU, p.i^O'
X. D'vn '■•ôlccre pourri Auec 71'iortification, P'^l^'
X I. ■/ -'«^ "'.^Iccre inueterè 0' malin par i application des médicaments trop rafrai*
chijfant s fur vne Brûlure. /'•^jî*
XII. D'vn vlcere inueterè au gros orteil. /'•^34'
X 1 1 !• P^f les bal-is ne font pas touftours propres pour la guerifon des vlceres m-
ucterès. p-'^lS-
XIV. De tvfage de la pierre medicamenteufe de Crollîns es vlceres inueterês.
pag.^7.^
X V . ly'vn "olcere malin & chancreitx en la racine de L\ Lano^ue. p-'']9-
XVI. D'vn vlcere fifluleux CT inueterè guéri heur eufe ment & en peu de temps
pag.i^^. , ^ .
XVII. ^es danf^ereux effets de la colère ej ceux a;ii ont des vlceres, p. iH.
XVIII- D'va vlcere fijlulcux cjui a fnccedê à la fnppreffion des H<tmorrhoides.
ObferH.\^ des ffîules au périnée. ' p.i 4 ,'.
XIX. De la cure d'vn vlcere auec carie de Cos. f - ^ 4 4-
X X. Delaguerifon d'vne fifule auxlumbes. /'.2-49-
XXI. U''ôiefi!lule après vne p.trotide, p-^^9-
XXII. Desfijînles de la machop-e inférieure. p. 1^0.
XXIII. D'vne filiale en l'vrachus, f-i^'-
XXIV. Comment il faut ronger la callofïté des fijlules. P'^S^*
XXV. D'vne admirable carie du crâne auec diuers accidents. ^ p-^)^.
XXVI. De la vertu de l'Euphorbe en la cane des os. p-'^S^'
XXVII Q^e les os dècouuerts par caufe externe n'en font p^s toufiours offeneès &
n'en deuiennent pas toufiours cariés. - pag. 254.
XXVI 1 1. Que les os dècouuerts par vne caufe interne ne sexfoliet pas toujours, p. 1^6.
XxlX.
Table des Obferuations
X X 1 X. De la Ga/i^qrene après v?!e faîonée. p-^57'
X X X. De la Gangrené après vne hrulure. p.i^S.
XXXI. T^e la Gangrené aux larnhes d'vn Hydrçpîi^He après l'application diS
veficatoires. •■ ' '• \. paKX<^^,
X X X 1 1 'l^e la Gangrené aux oenciues après vn catharre. f •2-5 9«
XXXIII. D'vie mortification^ du dos après ^r.e defluxionfar icelui. f-MÎ^»
X X X I V. D'v e Gangrené causée par l'îmerception des efp rit s animaux. /?.z6(.
XXXV. D'''j'?f Gangrené après vue fupprejfion d'vrîne. p.iG],
XXXV î. D'vne Ganareneauxinteftins. /7.264.
XXXVII Delà Ganqrene au foye.' D,i64,
X X X V i I I.Df /.î Gahgrer.e aux parties génitales d'vn enfant. /'.164.
XXXIX. De la Gangrené après "on erefpele. P-^^5-
X L. De la Qangrene après 'm tubercule. p-'^^S-
X L I- De la Gangrenées iarnbes d'vn Hydropîi^ue. p.i66.
X L 1 1. Delà Gangrené après vne contujion. p,z66.
X L 1 1 I. Delà Gangrené après vne pi^ueure de mouche guêpe» p-iji-
X L I V. Delà Gangrené après vne dartre. p. 171.
X L V. De la Gangrené après vne rétention SU vrine. p-VI^-
X L V I. T)e la Gangrené après la rnorfitre d'vn homme. p. 178.
X L V II. Delà Gangrené es deux iarnbes par vne caufe occulte. P'^79-
X L V 1 1 1. Delà Gangrené au col de la matrice^ p'^79-
X L 1 X. Delà Gangrené aufcrotum. /7.180.
L. Encor de la Gangrené aufcrotum. p i ■ o.
L I. Delà (^angrenepar tout le corps après ''^ne brûlure. p.iS\.
L I I. De la Gangrené venue de froid. p.z'éi.
LIII. Sur le rnérne fuiet. ' /7.185.
LiV.Df laGagreneprocedée â'imeperlefoide&feche aiiec défaut de nourriture p. 1%
L V. De la Gangrené causée par intempérie froide &feche. fi84«
L V I. De la Gangre'ie après l'vfage des narcotics. /'•^85.
L V 1 I. Delà Gangrené causée par intempérie froide &feche. p zb6.
L V II I. De la Gangrené après vne fièvre venant de caufe occulte. p.i^j.
L 1 X. De la Gangrené après la grojfe vérole. /7.289.
L ,X, De la Gangrené & mortificaiio-^, après la pefie. /7.189.
L X I. De la Gangrené après vne morfure de cheual. /7.290.
L X II, D'vne brûlure mortelle. /7. 19 1 . •
L X l II. Heureufe guerifon dv:ie dangereufe brûlure. /7.Z91.
LXlV. De Li guerifon d'vne brûlure en tout le corps. P-^9h
L X V. De la brûlure de lafarey ».29 4.
L X V I. D'une brûlure de la main, p'i-9S*
l^'^V II. Des nerfs retirés après la bru/ure. P''^95-
l-XVllLDela perte d'vn œil par vn grain de poudra à canon. p. 196.
Table des Obferuadons
^'i.'.-A*'
LIVRE QVATRI Ë M E.
Des Fraéinres Çf Luxations.
i. l*^^'^''^' admirable FraBnre dn bras. pa£, icfj,
I I. \^ De la Cure d vne Fra^nre d ■ bras en vn "j'iei'-ard P. i$8,
III. D vne Jurande Fra^ure de bras^ ou les os font demenrés/èparês . ça^. 25)^1
I V. D''\}>ie Fratlnre du bras p. 300.
V. De la guerifon dv?:e fr/iclure de Cojîes p. 500.
V I. Qui eontient vne méthode nouue^le de rhabiller la FraBure de l'os de la cuif-
fi' p. 501.
V n. De la fraisure de la Rotule /^* 5*ï«
VIII. De lamérnefaElure. /'•5'5'
I X. Oe la fraclure de la ïambe. p. 314.
X. D^vr.e autre fra^ure de ïambe. p. 5 1 j,
X I. De lajftuaiion ^u il faut donner anx ïambes fraBnrées p. 516.
X 1 1 . Z) '''Mc adfmrable fraBure du piè p-Î^J-
X n I. /*''U«f admirable fragilité des os. p. 317,
XIV. Dv.'.efemblable fragilité. p- P^-
XV. Sur le rrémefuiet, p-5^9-
X V ï. Des accidents ^id arrîuent quand on déplie trop tard les bandes des f ra-
clures. p- i'9'
XVII Sur le rnèmefuiet. p. ^10.
XVI il. Sur le même fulet. p. ^ïq»
XIX. De l'incommodité que donnent les écorces d'arbres defjnelles on fe Jert en
lieu de Férules. P' j^i-
XX. Que l'Ernola/lre Oxjcroceuyn ejîfouuent dangereux aux Fratlures. p.\zi.
XXI. De P excellence de la pierre Ojieocollaés fratluyes. p, 5 -.3.
XX I î. Des accidents que produit la pierre OfleocoUa emplojée mal à propos,
/74^.314.
X X 1 1 1. Tye la génération de la pierre O^eocolla. p. ^zy.
XXIV. De la façon de vlure que doiuent obferuer ceux quifo'itf^aSÎHyês. /^.31^.
XXV. D'''ône contHJîon desvertebres du col pnfe pour vue Luxation. . p 327.
XXVI. Sur le même fulet. /'32.^'
XXVII. Sur le même fulet. p- 319.
X X V 1 1 L D'vne Luxation diabolique* /^' 35^'
X X IX. De la manière de réduire la Luxation de t échine faite en dedans. p-y->\.
XXX. De
Table des Obferuations.
XXX. De la Cure de la. bojfe des Lumbes. pAg. 55 4.
XX Xï. JX'yne luxation du bras. , f-h^*
XXXII. Delà luxation de la cuijje. p, y^-j,
XXXIII. Del' extenjïon des dé loueur es faîte mal a propos» /^- 5 40 •
XXXIV. Sur le mémefulet- p. 341,
X XX V. Sur le mémefuiet. p. 341.
XXXVI. Sur le mémefuiet» p. 344,
X X X V 1 1. Sur le mémefuiet. p, 54^,
LIVRE CINQ VIE ME.
Des Opérations de Chirurgie iÇfc>
I. T^^ louuerture des vénes insulaires. paç. 543.
II. ji^ 'De l'application de la pierre CaHfli<]ue, p, 344.
II I. nJMauuaisfucccs de H application d'vne pierre Çauftique au bras. P- Î45«
IV. Comme il faut faire le Seton à froid. /^- 34'^«
V. Ai aniere d'ouurir 'M Seton formé. «».348.
V I. D'f^n infîrurnent propre à entretenir vn Seton ouuert . P* H^.
VII. Que le Seton en la nuque efl plus propre aux e' fiants que le Cautère, p. 549.
VIII. "D^vn fragment de verre tiré de la chatr p, lei,
I X. Dvne manière facile de tirer les baies d' Arquebufe, p, 3^? ,
X. T>es accidents qui font arriués après ''ône émotion de Cerueau négligée, p. 356^.
X I. De la Cure de l^ émotion du Cerueau p. lej,
XII. D'vne émotion de cerueau (T des accidens quelle a apporté. p. 3? §.
XIII. D'vne mort pro?npte après vne grande émotion du cerueau. p. jjo.
XIV' D'vne grande émotion de cerneau qm a été fniute de perte de "Jeuë. p. 360.
X V. 'D'vne émotion de cerneau qui a fini en parotide. p 361.
XVI. D'vne émotion de cerueau quia causé la mort quelques mois après le coup,
pag. ^61.
XVII. D^vne concuffion de cerueau auec playe en la tête. p. 3^3.
X V 1 1 1. D'vn garçon qui efî deuenujfupide après vne enfonçeure du crâne, p.^6^,
XIX. D'vne enfonçeure du crâne accompagnée de grands accidents p ^66.
XX. De l'èleuation-ducrane y principalement en ceux qui fontauancés en âge.
pag. ^67.
XXI. T)e ia manière de releuer le crâne enfoncées enfants. ». tyi,
XXII. De l'vfage de la ventoufe pour releuer le crâne e; foncé aux enfants.
î!î
Table des Obferuations
X X 1 1 1. De t application du Trépan deux mois après le coup. pag. ?74.
XXIV. T)e l application dn trépan en Povziéme leur. p. 57).
XXV. i^vne blefj'u^e de tête rendus mortelle pour amir refusé le Trépan.
XX Vf. D.- 1 e.v.irparion da^gereufe d'v?e cicatrice en laprunellcé p. 578.
XXV l. De l.i çueyifjn d'vne luée en l'œil. /?. yjcf.
XXVI II. Sitrlernêmefuiet. /7.380.
XXIX. D'vn nouuelinjîrurnentnecejfaireijnand 071 abat la CataraBe. f.38z.
X X X. D vrefuffli/ton venue en 'M œil après atioir trop pleure. p. 583.
X X X F. T) "'j'ie ^ujfafon cjni a paru en V'i moment. p. 383.
X X X l [. Ponr^jHoy il nj a point de douleur en la depojttion de la CataraBe^
pag. ^84.
XXXIII De lexophthalmie, dite Oeil de bœuf. p.^Sô.
XXXIV. D'vne exophthalmle après vn coup donne fur la tejîe. f. 385.
XXXV. De Yexcifion de l'œtl fortain hors defon orbite. p. 387.
XXXVI. T^e la rnaniese de tirer les chojes étranges ^ni font tombées dedans les
yeux. p- 190,
X X X V 1 1. D'vne écaille de fer <^tii ètolt entrée dedans la membrane adnata.
pag. 35>2.
XXXVIII. De l'exiraBion d''-M morceau de plomb de dedans lœil. p. 55)1.
XXXIX. De l'extraBion d'vne écaille d'acier hors de la Cornée, p. 39;«
X L. Dvne Fibule lachrymale guérie heureufement. p. 5^4.
X L I. De la Cure de la f'tfiule lachrjmale. p- 595.'
X L 1 1. De l'excellence du Set on pour guérir la Fijlnle lachrymale. Pi97*
X L I II. 'De l'extirpation d'vn tiens Schirreux au grand canton de l'œil,
pag. ^97.
X L I V. De r extirpation d'vn Ficus chancreux au dedans l'orbite de l'œil, p.55).
X L V. De lafeparation de U pAUpiere fuperteure agglutinée à lœil. p. 398.
X L V ï. Q^e l'inci/ion de l'Hydrocéphale e(i dangereufe* p. i*?.
X L V I I. De la re/lltutwndu Ne's ccttpé, p. 399-
X L V I IT. D''\ine écrc'ueUefuvpurée. p- i8.
X L l X. Qu^il y a du da.iger à couper les êcroùelles. p. 30.
L. i''vyie mo-flflrwufe înafj'c de ckatr en l'occiput dvn ehfant. F'^l'
L î- De l'extirpation d'vn Funqusfchlrreux cjuifortoit de l'oreille. p.^oo»
L H- De textraUion des chofes étranoes ejjttifont entrées dedans le conduit de l'o-
reJIJe. p. 405«
LUI- De l'extraUion d'vne épingle du dedans du conduit de F oreille, p, 408.
L I V. D'vn noyau de cerife ^ul e[î fcrti du dedans de l'oreille acres la/uppura'
tion. p. 408»
L V. De la SeBion du ligament qui efi dejfous la langue. p- 40^'
L V ï. Sur le tnémefuiet, p. 410.
57î ^"
Table des Obfcruations
LVII. T>e la relaxation de i'-cuule. p\i'
L V 1 1 I. De rvfage des poudres en U relaxation de f'VtiHle , p-4i5
L I X. Sur le mêmefuiet. /^ 4 1 6
V. L X. *De l'olJirH&io/i de fœfopkagiie. pA^^
' L X I. 'D\n petit es aualé. Z' 4^^
L X 1 1. D'vne arejle de poijfon arrejlée ait go fier. p'^^7
L X 1 1 1 D'vne èpi'gle anale e. p A^7
L X I V. De la mort après des areFtes,oJfelets, (^c. anales. f^iS
L X V. De U manière de tirer hors du gcjter les cho/es étranoes. f'-4'9
L X V I. Uv:j petit os attache' à l'cefophaoue. /^•4-2.
LXVII. De l'extra^ion d'vne épi-agle analée. . /'•4^5
L X V I 1 1. D^'-M ojfef et anale. p-'^'^^
L X I X. De t^Hel^ues épingles attelées /ans beaucoup d'incommodité. /^•4^5
L X X. Qiie des enfants deuisnnent h^ffis étants prefsés dans leurs habits
Pfig.417'
L X X I. De f extirpation d'vne tumeur chancreufe vers la racine de la dent de
l'œil. ^ pagij
LXXII. De l'extirpation d' une f.imcur chancreufe enlaiou'é. p.^'-j
L X X I î I. D'vn chancre en la inamnielle. p<^6
L X X I V. Qjiil eft dargcreux de traiter "cn chancre occulte* /?. 4 8
L X X V. D'^nchancre exulceré. ^.55
L X X V ï. D^vnfchirre chancreux en la mammelle engendré de laifl caillé, p.yf
L X X V 1 1. D'''^^nfchirre conuerti en chancre. p. 58
L X X V 1 1 1. D'vn grand alfcs en la région du foye. P'A^9
L X X I X. D'vn fernblable abfcés, /'•4^9
L X X X. D'''^in fernblable abfcés. - pA^9
L X X X I. De U paracentefe de l'abdomen es Hydropiques. p 430
L X X X I I. Sur le mhnefiiet. p'^\\
L X X X 1 1 l.D;/ malheureux fuccés de fauuerture du nombril d\>n JHydropique
pag4,r,i.
L X X X I Vi De l'exomphalos. ' p-Ayy*
LXXXV. De l'exomphalos. /'•4<5
LX XXVI. D'vne ri^re ajfetiion du norrtbril & defaguerifon, /^-434
LX X X V 1 1. D'vne dijjiculté d'vri:ier après l'herniotomte. p-43^
L X X X V 1 1 1. Df /^ réduction du boyau culier. p-A^l
"^ X X X l X. Du fondement non percé. P«4 ji^
X^. D'vne pierre tirée de lave^fe d'vne femme. /'•439
^ M. D'vne pierre de mo^ijlmenfe groffeur tirée de la veffie d^vn homme. /^.44 o.
, ^' Qiiilfant entretenir la pl(i)e ounene après l'extra^ion de la pierre de
A ^wj i i D'vne pierre attachée a la vejjie, /^•444»
Table des Obferuations
X C 1 V. Qh après PextraUion de U pierre il faut diligemment nettojer U '•Jejfie &
voir s'il nen refle point. P.444«
X C V. Sur le ??îê?ne fuiet. P-445-
XC V I. Uvnfcloirre en la "ôeffic pris pour vue pierre* /'•44J*
X C V I I. D^'-one pierre retenue dans le condHÎt de U vejfie. P-44^'
X C V n I. Des ivjlmments propres à recemir t'-orine en ceux tjttl nepeuuent pas
Ut retenir. /7. 447«
X C I X. U'-m instrument propre à rccenoir l'vrine en marrhant. p. 447t
C. Du prépuce attache an haï amis. /'448*
C ^ De rirnpuijj'ance 'vénérienne à cauje que le ligitmem de la verge et oit trop
court & dur. £7.449.
C 1 1. De texceffiue longueur du me)rnhre viril^caufe de (lerilité. p. 450V
cm. De Cavipmation du membre viril à caufe ^'iv; fungus chancreux. page
45'-
C I V. Que r ArKpHtatlon du membre viril efi danger eufe» p'^S^-
C V. D'une Ci^rnncule en U''o:rge. p- Ml'
C V î. De l'amp'Ua. lan d'vn prépuce monjlruetix. p'454'
C V I I. 'X" U cajlrnt'ion. f -455'
C -^' n 1. D'vne hernie de la matrice & de r accouchement Cdfarien, /^•4î<»«
ClX» D'vn hyflerocele. /'•4^5'
C X. De l'ay^lutwation de l'crifce delà matrice après vn accouchement difficile.
pag.^6<^.
CXI. Uvne décente de matrice. p. 467,
C X 1 1. D'vne décente de matrice. p. 468.
C X 1 1 1. D'vne autre décente de matrice. pA^9-
C X ( V. De la rnatnce non percée. P--{^9'
C X V. D V)ie membrane au trauers du col de la matrice. pAJo.
C X V r D'vne fernbLible membrane. p. 471..
CXVIÏ. De l'extraclion de la mole. /''47^*
C X V l i l.Sur te rncrrie fuiet. /'•474-
C X I X. D'Tnefemfnet^utay.tnt fait vne jnole au feptiéme mois , âcoucha heu-
reufemext avn fil s au nenfiième. /'•47^-
CXX. Dvne tmle a^îteufe. /'•477«
C X X I. îf^'-ne grande mole & de 'a matrice attachée au péritoine* p. 477.
C X X 1 1. Dé' l'extraclion d'zn enf.wt rnort. p-^l^-
C X X 1 1 \.De l'éirafi-e fit nation d'vn enfant dans U matrice, p. ^y
C X X I V. -Df lextraEiion de l'enfant mort awventre. p. ^^'
CXXV. Sur le même r^'et. T^^'.
CXXVl. Sur le?r;émefuiet. ^ /-482.
CX X V I / Queflion , fivne femme enceinte venant à mourir doit être '^J^"^^^<^
auecfon fruit. P-^o^-
Table des Obferuations.
C X X V 1 1 1. Qfie î enfant peut demenrer ^nel^ue temps comme mort en la ma-
trice. ^ ^ paf. 484.
C X X I X. D'wîe femme à ^ui on a Arraché l' enfant pourri par incifion du nom»
hril, ^ ^ ^ ^ V'^gA^S-
CXXX. D'^jw enfant mort quia été porté c^uatre ans dans le ventre de la rnere, ç^
a été tiré par incifion. p . g^_
CXXXI. Des difficultés ijnîfe rencontrent en l'extraBion d'vn enfant mort. p. 489.
C X X X 1 1. D'-ône rétention de l'arriére fais mortelle. 0, aoo.
C XX XIII. Delà manière de tirer l'arrierefais. p^ 4„f^
C X X X I V. De la mon àvnefemme en t accouchement a caufe d'vnfchirre en
la matrice. /'^^•491.
C X X X V. Delà rupture de la matrice en t enfantement, p. 49 ?
C X X X V I. De Varnpmation du bras. p. 494 '
C X X X V 1 1. De l'amputation de la ïambe. P. 494
CXXXVIII. Des fauffes imaginations qtti viennent à ceux à- qui on a coupé
(quelque membre. ' p. .ce,
C X X X l X. Exemple de ces fauffes imagifjations. p^ . .
C^X L. Du lieu & de la manière défaire amputation d^n ?nembrefphacelé. p. 49c
C X L I. ^e ceux cjui ont les pies tortus. p aô'
C X L 1 1. Sur le mémefmet. p' '
C X L I 1 î. Sur le mémefuiet. p^ ^J^'
C X L I V. 1)es Clous ou corps des pies. p \ '
CX L V. U'Mne varice en la larnhe auec vlcerc. «
P- ^2,1
C X L V I. zy^duertijfement au Chirurgien cjui doit tailler (^uelcjue membre, p c^i
C X L V 1 1. D'^Me mortfiibite arriuée en coupant vne tumeur fchtrr eu fe. p \^*
C X L V II I. De t extirpation d'^on grand fie atome. If ^ '*
LIVRE SIXIEME.
Qui contient des Ohfer muons mêlées.
L /"^Velaverolefe commHnicjtie fans copulation. P^^ SU»
1 1- V2 Sur le même fuiet. pj^^ ^^^
•II. De It'nonBton mercuriale . P U7
* ', De la Ceinture ointe de mercure. #» . , «
' * omment tl faut traitter la vérole tnueteree, ' o .-. /»
^ ^'^ue les fripions font le feul antidote de la ver ok pour tnueteree ijuelle fcii
ÎH 3
Table des Obfcruations.
VII. Qtie tcnfe peut innocemment fermr de UfriSlwn es femmes enceintes & en-
fants, pag. 5J1.
V I H. Exemple d'vne femme ofui a été guérie de la vérole pour amir derneuré quel-
cjue temps en "Me chambre deflmèe n faire les fri^llons auec le mercure p- y-,^-
I X. Exemple d'vne fermne a/ ni a encouru de grands accidens pour amir demeuré
cjuelcjue temps en vne telle chambre P Slh
X. Des accidents (jui fuinott l'ino?iSîion faite mal à t>rcpos, p. ) 54,
X f. Surlememefuiet. /'•55)-
XII. Sur le}r,é f,.\pii t. p-5y^'
XIII. Sur le rncmefniet. p. ^56.
X i V. Du tnertieilleiix effet du mercure précipité. P'SU-
X V. Que le parfum de Cinabre efl dangereux employé hors de propos, p. ^58.
XVI. Sur le même fuie:. p. 55p.
X '^ I !• D'vn b'.ibon vénérien, P-j}?-
X V 1 II. T>€s vlcercs veiieriens en la bouche. p. 540.
XIX. D*vn vlcere '^enerien aux parties honteufes. f'S 4- '•
XX. DmnaHuaîs fuccés des ventotifesa^pli^uéesfur les épanles. /'•54^*
XXI. Du malheureux Jltcccs de l' application des ventoufes pour arrejîer vne h£-
morrh.îgie. p- H^-
X X I I. D'vne inflammation de Foye après l'application des -Jentoufesfxr la Région
d'icelity. /'•J4Î'
XXIII. ^Du maunaisfucccs d'vr.r/Hignée au bras. p. 544.
XX I V. D'vne tumeur dit bras après vne/aignée faite mal à propos. p'H^'
X X V. T^'vne Artère ouv.erte auec la veine. p. 54 7.
X X V I. T^e lafaignée NeroniijHe. £».547.
X X V n. Du rnaunaisfuccés de l^'-f^lg 'éc en vn corps impur, p. 5 48.
XXVIII. De Ufaigr.ée A'ero;.l:jue. p.^ 1 8.
XXIX. Tiu ynauuaisfucccs à'''dnefiiig'.êe en vn ccrps impur, p. J49.
XXX. D'vne danger enje ophthalmie auec perte de la veué (^ de la parole^ c^ui a
/uiiii lafaignée en la véne dufrmn. p 550.
X X X I. Dequelcjues accidents fitrnenus après t application d'vn cautère, p. 551.
X X X 1 1. Manière d'applicjucr la pierre Caufticjue p. 55 1.
X X X 1 1 1. D'vne tumeur du bras après l'àplication de la pierre Caufique.
pag. 5>3.
X X X I V. Des dangereux effets de P antimoine* - p, 554.
XXXV. 'D'vne fiupidité d'efprit après vne potion antimonia V. p.^^à
XXXVI. Dangereux effets des medicamens Chymicfues. p.<S-
XXXV II. Surlememefuiet. '5)5-
X XX VIII. Sur le mémefuiet. ' 55<^-
X X X / X. Du mercure dulcifié & defes effets. P' 55^.
XL, Surlememefuiet, PSS?
4^' Sur
Table dc^ Obferuations.
X L I. Sur le rnhnefpiiet. Z'* ÎÎ7 •
X L H- Sur le même fuie t. p, rrj,
X L 1 1 1. Sur le même fui et. P-S '^'
X L l V. 5«r le même fuiet. p ^rg,
X L V. Sur le même f met. PSS9'
X L V I. Sur le même [met. P iS9-
X L V 1 1. Ce la perte de ht "ôeue causée pAr la fnSlion mercuriale, P'SS)-
X L V I H- /^f" l'i£nvrance des fzne femmes. /7.560.
X L I X. D'vne baie de plomb ^ui a demeuré Çix mois au cerueau fans donner
aucune incommodité. p e^Q^
L- De lapoflure ^uil faut donner au mulade ^m doit receuoir vn lauement.
pa^,'j6i.
L I. Figure & defcriptîon d'vn inflrument par le moyen duquel vn malade fe peut
donner vn lauement. /^ ç6i.
L 1 1. -Q^l'arfèmc applicjue extérieurement eft dangereux* p.<6î.
L 1 1 1. Plie le vin employé en dehors tfî dangereux aux nerfs. p. c(,2,
L I V. Des accidents <ju apporte femplafire oxycrocecurn & de mucilaginibus apli-
t^ué mal à propos, , P'5^3»
Fin de Tlndicc des Obferuations.
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LIVRE PREMIER
CL.V 1
CONTIENT LES T V M E V R S
CONTRE M A T V R E.
OBSERVATION V REM 1ERE
D'v.'je Pûr</tiâe ou Aûf<.és derrière fûrei'l(Lj.
^^^ 'A N 1)99. au commcncemrnc d'Avril ie vis à Cologne
vne iîUe de 4 o. ans ia.j.iclle auoic vn Ablccs derrière
roreille ganchc appelé par les M -decins Parocls j Elle
eftoic lans fièvre au commencement ^ ne ton ok pas
même L:lid& agilloicpar la maifon : enuiron le 14.
iour de la m.aladic rAbfccs vint à la srolPur du poine
^^ '^v la macierc Kic cncicrement: meure, m.iis eftant rcce-
^ nue par répaillcurde la n?au , elle dccuidoit en hxî.
Ayant cfté appelé , ie rrouuay que rAbiccs s'eiloit rompu quelques heures at-
parauancde foy même j & li m.alade aucc fièvre , dcfaillances , mal de cœur,
dcgouft, veilles douleu-: du Dos & des Reins, ne ibrrant qi:ali rien de rAblcc?,
fanspouuoir ram.ener !.■ pusenhaut, ce qui fut caufc qu'elle mourut peu dr
:s après ; On peur iiihrer par là qu'en lellc lorrc d'AKlcé-s, foi: qiuls loyenc ^
leurs ;
dans les cmunCloiics on dans les parrics voiiines , il ne faur pas atund.e qu'ils
le rompent d'eux m^fine : Obfe/Hxtion 39. de i.i i. Centurie.
O B S E RFA rj ON S F C O N 7) E
D'vi grayid u-llnis entre ht pleure & les ccjlss.
i Liure Picmiet
«îe pr.s vn mois entier, fans qu'elle en fentit vn grn.nd foulagement , î'vîccre
étant fermé les accidents augmentèrent, ailàuoii- iu Toux la dilHcultc de rcfpi-
ur, h diminution des forces Hc le dcgouft, de io" te qu'elle vint à mouiir enui-
ron i%e de dix huit mois: Son corps étant ouuert ie trouuay vn grand Abfccfs
fous i'Aiirjile gauche entre la Pleure & les codes aucc t]uan;i:é de l^us : c'cft
chofc mcruciilcufe qu'vn tel Abfccsaît peu être engcndic en vn enfar.t dclica:
comme ci lui-!à , !k en vne partie qui a vn fentimencfort vif i fans danger de
mort. ObCenu 28. fie U Cenurie z.
OIS SERV JTION TROISIEME
D^'-on Ayfiès au Carpe.
l'ay trri:tccn Tan 16'^. vue Dame de Beine laquelle rcfpacc de 4. ans a porte
vn Abfccs au Carpe de la m.-:i:5 droite dans lequel ic trouuay de la matière ( la-
^ quelle feiTei-nbioic à dq lard ) enfermée dans vne membrane, qui au bout de de-
mi h^urc deuicnt dure comrnc pierre ayant elle mifc à l'bir: lettre îroijiéme.
OBSERVjûTl ON ir.
D''\:n Abfcés en fh.pochonâre guuche Attec zlceratien auBcydn,
L'-'^n ! éci. au mois d'Octpbre Nijod. Ellopey p^yfan ^c de 50. ans homme
robun:e><^tit faill d'vnc violei-tj Colique q«i le tcnoit piiiiCi(alcmont fous les;.
fanifcs coites du côtégiuche aurc conftipation de ventre. Or comm.c il ne se*
tcitferui d'a'icun remedt pr^^prcik que les excréments qui s'ctoyent fort en.-
durcij, ne pojioyenr pas palkr par ce detroic qui a eitc premièrement décou-
iitrt dans linteitin Colon par ce grand Anatomicien 6c Botanicien Gafpar Bau-
hinus, llntcftin d'autie coircs'c.fUiitcn[ic parla quantiicdcs cxcremcnts& des
vcncs, ladotilcur&: le tourment s augmenta , De là s'cnfi.iuirent vne ficurc
conrinue & violctîte auec vomilVemenc, des fréquentes défaillances, rcueiie bc
.autres fâcheux accidents , de forte qu'il vint en grand danger de la vie : i'in-
^ iîamiTiAtion qui s'cftoit faite au colon, fat conucicic en vn Abfcés par où fortir
rent Its excréments S.' quelques vers. Ayantcftc appelé par Mr. M^rleMiniûre
à Pa)errfC & par Abraham Eftopéc Maiilre d'Efchole au dit litu> ie trouuay
le m.alade Tiux cxcrcmifés, carontreî' s accidents que nous auons rjicontc , ia
matière focale fortit par iVlccrc refpacc de deux mois:Ne2ntmoins à l'aide des
remèdes internes «;?c exrtines, la doiiltur, fîévrc & antres accidents s'appaifercnc
peu à pcii,de forte qu'ea f'efpacc de trois mois il f^ill: remis par la grâce dcDieii>
ïàiw ou'il y loic demeuré aucune fiihilc. Ol/fem, 54. Ce-ntur. i.
OBSERVATION T.
J)'vn Ahfcês des ninfcles de tty^bàcmen rompu tn dedans.
L*^an <5oL vne honeltc Dame de Lnufanne ie plaignant d'vne violente & pi-
quante douleur de l'cftomach, me lit demander: ic trotiuay vne duteté vis à vis
de l'cftcmach à ccftéde la ligne blanche vers le Foy/* entre les mufclcs de l'Ab-
domen, laquelle on ne pouuoit dccouin ir qu'en re</erchant auec la main, car il
nç t:aioiirQit lien çn dehors: ijyauoitaufij heure continue, grande douleur
auec
Des Tumeurs contre Nature. j
auec pîqucure & battement: Par où iccônus aifemenc fquoy qu'il n'y eut ai.icu-
nc cbaleur en dehors ] qu'il y auoit vn Abfccs caché entre le Pcriroine \k les
mufclcs de l'Abdomcnrvoyant lcdanger,& qiicfi on ne venoit àladilïcdio de-
ces mufclcs, il pourroit furuenir vue mort prompte, ic fus d auis que l'on app--
laft le Dodeur laques Aubert Vandomois fameux Médecin à Laufannc:ïl auoiia
auec moy qu'il y auoit vne inflamm.iïioH cacl'icc laqu;;llc menaçoit d'vnc more
fubite ou d'vne maladie longue 6c de rres difHeile guciifon Ci on ne vcnoic
promptcmcnt à l'incifion: ce qui rendit cftonncs ceux qui cioycnt auprès de la
malade, parce qu'il ne paroiiïoit en dehors m iiitempcrie ni tumeur fans pou-
uoir être pcrfuadcs qu'il y eut vn Abkés cachéjrcicttaus au loin Huis que nous
auions donne de faire ouucrcure aux mufcles, demandants ncancmoins que Tou
tâchatd'appaifcr la douleur par des remèdes Anoiynsâpliqnés en dehors, .Se
d'addoudr en quelque façon par des rcmcdcs imernes la fièvre, Nausée ik des
Rapports ou vents de rcftomaLh; Apres aucir prognoftiquc le danger noas fil-
mes tout ce qui ctoitnecelïiu'reaucc la diligence rcquilc: Quelques iours après
la douleur s'ccant apaisée fur la miniiic, la malade crut être gucrie entiereTOenc,
& à pêne fuîmes nous entrés à la m.iifon vtrs les fept heures du matin que le
mari venant au dcuant, nous vint annoncer que (a fe»nme ctoit entièrement de-
liuccc de la douleur, ce que nous trouuahîics véritable , en ctïc: clic ne fentoic
quafi point de mal, car la ccnfion, les vents & la nausée l'ajoycnt quitté : en
couchant les hypochondres, nous n'y trouualmcspiefqiic point de dureté , la
fièvre auoit diminué «Se le pouls étoicafscsbon: d'où nous conie6tuiâmes qu'af-
farémcnt rAbfcés étoit rompu en dedans , ôc que la matière s'ctoit versée 5
dans la capacité du ventre: peu de iours après ayant fenti de nouueau de la dou«
leur au bas ventre,il fnruint vne fièvre ardente Ôc continue, &c en fin vne défail-
lance accompagnée d'vne Tueur froide qui l'emporta doucement hors de ce motp-
de. Nous auons recité cette hiAoire auiong afin que les ieunes Chirurgiens ap-
prennent ce qu'il faut faire Se prédire en des cas de cette nature. Ojf. .^j.Cent.i.
OBSERVATION VI.
D'vn vlcere a.hx Reins anse vn grand Ahfcés entre le Péritoine & les wh/cIcs»
oHuen en dehors*
Madame Magdclaine Bi(s femme de Noble VuernerSalccConfulà Soleurrc
âgée denuJron 40. ans, en Tan 1617. fur la fin de lanuier commença à fe plain-
dre d'vnc douleur pcfante an collé droit , clic parut preraiçrcment au droit des
feuiîcs colles ^i delà p.uiicrupciieure du Foye, puis dclcendit peu à peu iuf-
qucs à la région du Rein dioit , uns nous pouuoic dire aucune caufe externe
de cette douleur , fon-vrine, comme le remarqua loîgneuf.ment Mr. le D.
Scharande , dcnint bour.r.e d'abord 6c peu de temps après p aruluntc , il luy
furninranHi delà fièvre auec nausée , ayant lur tout la chair en aueilion : Mr.
Scharande luy ayant ordonné quelques remèdes, iî: amener dos eaux de Griel-
4)ach à Soleurrc dciquelics s'ctanticiiii aiix mois de Uauicr & Février , clic ic-
A i.
4^. Liurc premier
CGUiifarappetit £c rendit vne grande quantité de maïuiaifcs humeurs par les
vrincs , fans que poiartanc la douleur s'arrérac cntitrcmcnt ,: le mois d'Aouft
fuiuanl cîan: allée aux Bains de Poiure dans le pai's des Giifons , les doukurs
s':iugmentercnr en forte (jue dés ce temps Jamais elle n'en a ccc quitte : en l'an
i/îi^. au mois de Février cette douleur viiîc fort grande , c'cft' pourquoy on
ioignit à Mr.Sciiarandclc Docteur Martin Chnnilicc Médecin à Bail:, on la pur-
gra djiechcflclon l'Art, elle fut f:iigi\éc trois fois au bras 3c vne fois au pic, elle
b:itau{î5 parinrcruallcs des eaux aigres de Giicfpach^defqu.liesclie lentit quel-
que beucficesCepcnàaiit ell.- rendoit oïdinaire-ncnc de la mariere purulente auec
Icsviines^J parfois du fable, on y remarqua auÛi fort fouuent dans icelle
des fîl«n"icnts de la longueur de demi doic : les douleurs venants à ^'augmenter
àiii'cndroir du ReinichiS auiîi appelé le 15. de luin 1618. poui: confulcer aucc
Mr. Schirandcde ce qu'il faloit iaiici.ipres Tauoir derechef piugéc nousellaya-
mes, mais en vain, d'àpailcr La douleur iS: de rcloudre inl*. nllblement la maticre
par inunclions,fomcntations,cataplaimcs & chofes fembiablcs, ce qui nous o-
'bligea à ncjs ieruir dciuppuracits, maii il nous futimpoiîiblc d'amener la ma-
tière à fuppuration, pai'quoy le 6. de luillcc vnpcu auàutdifner i'y appliqua/
^ mon Cauftic, quoy qu'il n'y eut en dehors aucune âparcncc d'Abfccs, ou il fefîc
vne efcharc de trois doigts'dc longueur à l'endroit du Rein tirant vn peu vers le
Nombrils iur le ("otr ic coupay l'ciuharrc aucc vne Scalpclle propre iufquà la
chair viue, laquelle n'étant pas afsés profonde, ic mis encorvn peu de ce Cau-
ftic au fond de l'incilion; le iour fuiuant ayant continué a incifcr à trauds i'cl-
charre iufqucs à la maticre puruhnte, il commença à en forti: abondamm.cnc
du Pus blanc & bien cuit, n'en ayant ncantmoinslail'ié fortir pour la première
fois qn'eniiiiOn quarre onces de peurdâb^tre les forces, verslefoir Se le iour
fuiuant il en ("ortit cncor beaucoup, ce qu'on en tira en l'clpace de 2.4. heures,
pefa treize onccs,apresquoy tous lesaccidcntscommcncerent à diminuer com-
me la fièvre, Nauscc, mal de cœur, veilles ôc autres principalement la douleur
tart du colle gauche que celle quiêcoi: vis à vis de Tcilomach , quiauoit tant
traup.illc la malade quelle ne pouuoit pas mém: rcpofcr fur la plume, & la nui:
fuiuanïe fut suiTi apaisée la couLur qu'elle auoit enduré rres-violente en la cuii-
le dicirc, fans que l'on la peut adoucir par aucuns rcmedesj&cclla entièrement
au bout de quelques fouiS l'ans aucuns rcmcdes-j le pus ne laiila pas de couler
abondamm.enr vn mois durant & au delà , ôc ceci cil à remarquer qu'auant
Touncrture de l'Ablccs , il foi toit fouuent des grumeaux de faiig auec l'vrine
de la grandeur d'vne len;illc,qui ne parurent plus parmi Tviinc après ladite ou-
ueiturc, mais Ibrrircnc auec le i-'us de l' Vlcerc j 11 le trouua aufli moins de ma-
tière puriilcnte parmi l'viinc, par où nous coni< élurafmcsque l'Abfcés e oit en-
tre h- Péritoine «Se Its mulclts & qu'il communiquoitauec les Reins , ce qui le
iT-anifclla cl ircmerr en la fuitc> car il fortoir de i'Viccre de la matière fereufe
mêlée aucc le Pu$,mais ileii; m.alaisc de trouusi les r:ilai;cj;Ncus nous feruimes
de
V
i
Des Tumeurs contre Nature.' S
de cctOiig'ient A!iO(!yn&: cIigc(l:'ffonruiire tomber prompcemcnr rEf.hi-
rc 2^. Certcnoùitl']. ColophotiiA <:lr Cittm.^iJ Eiemi a;i. ^b, crocilil. curn ol.rofm,
(^a'nygd.d. cj.ffvvgn addîto otiivitcllo ;■ Ainii l'Vlccre ayant fuiïi'amracnc
fuppuic , uoui L' moiidifiamcs aucc duPrecipirc diiigcmmcnc uiepacc oi re- S
dificrricléauecdub.urrc fi:aîs : Il fjtcn n\\ confolidé &c fermé de dcatrice
auec des Tentes ticn-.pécs en du Baume du ?cru , lur h fin du mois d'Aoufi:: ^
Il fiuc icmaïquci: qu'en le feiuant de la luldiîtc poudre , il Uiy furuint vne
Icgers inflammation des Gengiucs au;.c flux de bouclic ne plus ne moins que
li on s'eftoic feruide l'inondion de vif argent, tant la ir>aladc croit dclicare »5:
nioUejtandis que nous nous Tommes leruis deô remèdes Topiques , nous n'a- ic
uons rien laifsc en airicre de ce qui etoit neccflairc , elle le lèruoic dVn bon
régime de viure , Nous luy auons fouuent donné le pois d'vn Efcu des Tco -
chilcs de Gordon en du laict de Chèvre &: quelquefois vn peu de Tercb-uthinc
à icun aucc des Trochifes d'Aikckenge , Et apics fouper du fuccre Rcfat auec
du petit laicT: : Or comme elle auoit de la painc à prendre les Médicaments en
bruuagc , nous luy faiiions âualer à diuciTcs fois des Pilules fuiuantcs au poids
de deux fcrupulcs CV vn peu aptes vn bouillon de chair fans pain, afin que leAie-
dicamét fc peut dilïoudrc tant plus aifement en l'Elomach & par ucnir à'!a partie
offensée. ijf^.Tereh'tijh.^ptAc-tm decoBo Aràrnon. veronic£ ^ AlchymtlUfamcU'
U,p)roU& lî(^Hir .%v\.piilH.ltcjulr .^vi.fpir.T erebmth. rcdifcm. 9 ii 6. M^.&fat
TnaJJ'a : Les A:cidcnts,commei'ay dit, commencèrent à s'appaifcr par l'vlage
de CCS remèdes & les forces à luy rcuenir peu à peu, rendant rojtesfois tous les
ioursdu Pus auec les Viines , à caufe dequoy nous luy confcillafmes d'vfer à
l'ordinaire des Trochifcs- de Gordon ôc des Pilules fufdittcs : Elle cbsit qutl- -
que tem.ps , maiss'cftant dcgoufice enSn des remèdes , elle en quittarvlage:
clic fe porta toutcsfois afsés bien ii.lqaes au mois de îuin de l'an 1619. auquel
temps elle commença derechef à fc plaindre du codé malade,en forte que nous
famés contraints au dcufrcme 11 illsc d'y appliquer dcrechcfle Cauftic & faire
ouuerrure comme auparauaiit dans les mulcics iniques au Péritoine ^ non pas
toutesfois en la même place mais vn peu plus haut 6c en approchant tant foit
peu du mnlcle droit de l'Abdomen : le Pus lortit encor abondamment comme
aupruMuant, & la cicatrice de l'autre Vlcere fe rompit quelques mois -près,
nous filmes alors paifn le Cordon de foye d'vn Vlcere à l'autre afin que la ma-
tière ibrrit plus librement ôc que L- mal du Rein p. ut en finêcre guéri : pour
cet eft-ct nous luy ordonnafmes aulîi l'vlage des Décodions vulnéraires pour
quelque temsjfaii'ans aulfi des inicdtionsaucc icclle dans PVlcere,mais ce fut en
vain,car la matière s'écoula peu à peu en bas fur laCuiùc, Elle fe fcruitauflitle
pluficurs fortes deMcdicamtnts tant en dedans que dehors , même des fudori^
iics fans aucune vtiliré,& étant enfin allée aux Bains de Baden en Suiilc, la ma-
tière fc ramalfa dercch-f , parquoy on ouuiit TAi^oitemc ep pref.i,edu Do-
^"tcm- Scharandc vers le milieu du nuifclc dir iaiiflimus ôc picfquc ^ n la même
A 3
é Liure Premier
place ou Vel'il Ta remarque en la Table X.Iî en foi tirencor du P us en abondâ-
ce : clic d.mciira quelque temps aux Bains puis leuinc en la maifon où clic
(c poita aisés bien > IcsVlccrcs neantmoins fc Ton: eiicor ouncics cicfqucls il
dccouh tous les iouis beaucoup de Pus,mais en nou ù g .inuc ouancicc,& rend
ai.ili oïdinairemcnc des Viines purulentes.
Oi cpmmc elle Se fou mari auoycnc vnc grnndc confiance aux eaux de Gii-
erpach/icqucl s'en écoic fcrui hcurcuremcnt pour la pierre des R:ins)elle vou-
lu: Tçaiioir li clic s'en pourroic Leruir vtilcmcnc,£llc ne^Touhaitcc pas beaucoup
que les Viccres viennent à confoiidation, mais elle croit que les ViTccres inter-
nes pourron: crrcnctcoycs deshumeurs vitieufcs «Se fortifiés par l'vlagc de ces
eaux ) que rril-mcsrVkere inceine pourra par ce moyen fe conlolidcr.- miis
ni Mr. SùiiaranJnirnoy ne pculrneslcs approuucr, car il cft clr.ir que les exul-
cerations internes ne font pas cncor coufolidé'.^s, veuTabDadancc de Pus qui
fort tous les iours par les viines : Or rcxpcticDwC fait voir en quelques vus que
li i:s eai'X aigres fonc conti aires aux cxulceracioas internes à caitfe Jc l'acrimo-
nie que leur donne le Vitriol ; Elles ont bien la faculté , comme Si Taber-
nxmorit^nus en Ton Thrcfoi; des eaux chapitre 4. de nettoyer Ls R;:ins «Se les
conduits de i'Vrine des humcuis mauuaiies & gluanres , mais nous nions auec
luy qu'elles puifrnrconlbliitr les'Vlceres des parties internes à caufc de leur
acrimonie qui l'empéchc,-^ ij nous femblc que Ic^ Trochir:s de Gordon pcu-
itenefuHite aucc les i'ii.iles JjTcrcb.nthip.c ou quclqu: Dccoclion vuluerai-
.re pour ach^uer la cure.
|j le me lbuui,ns qu'enuiton r.in..J5 87. comme ic commer.çoîs à exercer la
Chiru:gij à Laufinnc , i'ay veu guérir vnc Exukcration des Reins p.ir le
Voù. nr Claude Aibcri ceUb.e iVled''cin,par vn SyiQp magiPcral lai: de pyio-
le, fanicle d<: pié de Lyon a:icc Succrc^' mi'.l , fans laillcr en arrière Ijs rcm.c-
i^ des généraux : On peut demanda- fi f.s Vlccrcs externes pourront être cpn-
foli jcs Sz guéris far.s danger de la vie , Nous difons q-Jc non , car la m.;hc!e
cftfuictrcdcspluficur^anncesà desdbftrudlions de l-oycj^ des Vêncs mila-
laïqucs, comme auOTi à des douleurs de Matri:e|.- il efi; donc manifcftc que la
Nature s'efl fait ce paîîàgc pour chalïcr lcsm.iuuufi.shumeuiS.hors du corps,
lequel il ne faut pas boucher tcmcraircmcnt.O^/^-^.t f'</.6.
OBSERVATION VIL
D^'-^^idAhfcèsfoHs lemiifcîe Vf^ds,
CofmcSlotani^srrci habile Chirurgien en Btrsham ayant été appelé au-
.prcsd'vne hororable Dame, îa tiouua au licl; fc pi lignant d'vne douleur fort
■ aiguë aux Ïambes , auec fièvre, défaillance & dilhcultà d'yiiner: ayant reconu
pat le genre de la douleur «S^ autres indicei qa il y aaoit vn Abicés i«tcrne, f car *
il ne parciircit tien en dehors & on ne po'.Moit rien dccouurir auec la main,)
Jfous le mufclc Pfoas qui elt félon Vcl^al, le uxiéme de cciîx qui remuent la Cuif-
fc oc marque e ea la flptiénic table des mulUes , il fi: entendre qu'il y auoic
danger
Des Tumeurs contre nature. 7
âaf^a de la vif il on ne baiilolt pas ilîlic à l'iiurnciir ^^'li cftoir cnfcrrrce en fii-
faacoiinerruie nu côic : Les amis du malalcy ayanis confcntijil oiuuitaii^c le i5
Rafoii la peau ^ les mufclcs cxtjiicurs iu^qu'au Pfoas à cô:é de l'Echinc
du Dos : il en foitic vjiuntitc ti'humcur purulente 6<: puante : dés ce temps
tons les fymptomcs s'aiictcrent & elle fat rcmilc en peu de rerrps ayant \c-
cu en bonne iantc plufieurs années après : 1 Vlcerc fut entretenu ouneit quci-
qucsfois auec des rentes de racine de gentiane ^ qneKpefois cuec des Épon-
ges préparées tnmpées en écs medicainenrs mondificacifs & abRerfifs. après il
incarna l'Vlcere auec ks Sarcotics : il ne fe leruit pourtant point des inic- j^
<îlions,cc qu'il faut rcmarcjucr en toute playc & Vkeie qui fonc en la Poîri iiic
ou au bas Vcntre,car il pourioit entrer en la cauitc de l'vn ou de l'autre quel-
que partie de i'inicdIon,ou elle produiroit de grands accidents qui mctcroyent
le malade en danger. Ohf.éyCent.i.
OBSERVATION^ VIII,
X>' vnfembUble ^i bfc es.
En l'an. 1585. vn leune homme de 27. ans en décendant du fommet du Mont
Cenis tomba rudement à la renucrfe en vn fentier fort penchant & pour com-
ble de mal la poignée de fon Efpéc fe trouua engagée fous ks faulks codes &c
le Rein gauche où il A; fît vne afsés grande contulîon &c mcurtiilTure: il ne
fentit pas pour lois beaucoup d'iocommodité Ck ne laiilà pas de continuer Ton
chemin : Quelques iours après il fendt vne légère doukur au côté gauche
vers les lumbes^qui augmentant peu à peu veint à le touimcnter excremcmcr.t,
en forte qu'il en perdit le fommt il (k l'appctit , quoy qu'il ne fut pas altéré 6c
qu'il y eut fort peu de fièvre : il n'y parciioir rien de liuide en la paitie fans au-
cune tumeur ni tache aucune j mnis tout étoit naturel : Il (c veifa vne grande
abondance d'humeurs de tout le corps fur le mufclc gnuthe des 'deux internes
du Dos appelés par ks Grecs Pfoas fur lefquels ks Reins fe Tcpofcnr , qui font
iîtués dans le plus profond des Luinbes : Cette cheutc auec la violence de la
contuhon auoycntcté cnuic que les humeurs s'y ctoyent iettécs , kfquclles
étants retenues dans ce détroit & ne poiiuant pas tranfpircr , {c corrompirent
facilement &c par leur qu intiré y engendrèrent vn vray Abfcf s : Car comme
cnfcignc Galien en fon y:a micr liure de la di-ifeience des hévres chnp.3 Ce qui
t'il; chaud & humide étant retenu en vu lieu chaad,y pourrit facilement, s'il ne
peut pas tec c noir de l'air e^c être iafr.ichi : Qjant à i'humcur qui êtoit dans
l'Abkés i'eRimc qti'cllc êtoit prîii«:;pakmcnt pituitculc quoy qu il y en eut
aufli des autres, les Accidents qui fji.'ind.cnt, mêle fout croirc,jar 1a blle,^3<:
fur tout la ia:jne,qaai>'i elle pou; ar ^ s'échiuftc outre mefurc , (î elle domine
iiir les autres humcui s , fait vne grande îi.nnmmarion auec vne fîcvrc aigu'c,
m Hs icy elle êtoi: ft légère qu'à peine la ponuoit-on remarqir. r ; outre que ic
malade n'éta.it pasalteié on ne pouuoir pas coiiiecf urrc autr^ chofc iiwov qu'il
y auoit bcouooupdepimitccnfon C0i.ps & priacipakmciK daiîs l'Eiloniach
8 Liure Premier
i.iq'.icUe pojuoîc amener le cîcgoull fans caufcr Je la foîf : OLitre que le iciinc
liDnipc auoit pafsé pluficurs années en des licax proches de la mer où il k nour-
liiroic ce Poil]R)n îk de viandes qui cngendreac le phlegrac : La violence de la
douleur vcnoiren p.irtie de rinflninmàclon quoy que it-gcrc , en pairie à caufc
delà grande ditlcnlion des î-ncn:biancs,Ncrfs 3-: autres paities fenilbles lerqiiei-
ics croycnt prcres à ic rompre par U trop grande quantité d'iiu meurs qui les
prcfl'oit ; La violence de la douleur cfloic caufc qu'il ne pouuoic point repola;
Il fut mené en cet état à Gcncue d'où il n'-^coic pas beaucoup éloigné , ÔC
y fut traitré par vn Mcdecia comme s'il eut été trauaiilc de -laGrauelle,
croyant où qu'il y auoic vne inflammation en la fubibiiice du Rein où quelque
ob(lrucl:ian,&; luy ht prendre des potions qui pouuoyent airétcr rinHamnna-
tion ÔC chalfer la Pierre>mais mal à propos , car il u auoit point diirliculcé d'V-,
tinerjfans ardeur ni baue en f on Vrine<5c fans dureté de Vcntie, qui (ont lesii-
gncs infèparabics de la Grauclle;cctce méthode n'ayant pasiciili], il fut mjnc
par l'Apothiquairc à M.Ican Griifon, lequel reconnue incontinent ce que c'é-
coicdu mal ^^our en auoir tiaitté vn fcmolablc peu de "temps auparauant. , fai-
fani entendre au malade que 11 on ne fecourcit pas la nature en donnant illuc
auPusqui ctoit enfermé , qu'il c'toit en vn grande apparent danger,ùtLuioic
'S qu'il airiueroit infailliblement que T/iblcés venant à Ce rompre inteiieure-
ment &: le Pus à fe vcrfer dedans la cauiré de l'Abdomen , il corromproic
peu à peu la fubftancc des Reins, le Pciiroine & les ViiTiles , outre que les va?
peurs qui s'en cleucroycn: ne manquetoycnt pas de monter au cœur & d'y al-
lumer vne chaleur étrangère 3^ fievrcufc en étouFant ^ éteigiiant la.chvtlcur
iuturclle .3c infctuuit les cfpiiLS qui ii diihibucnt par le co:ps > Q^ tout cela
ctoit capable de le m:r:re en danger de la vie , Ces raiibns pcrruaucient le ma-
lade à ic mettre entre les mains d'vn Chirurgien li bien intentionné., lequel met
d'abord cette Veific que la maiicrc qui croit éparlc par toute la région deskim-
bes fut ramafsée en vn feul lieu par des Médicaments puiliammenti artiaaii's>
'9 alTàuoir là où ii y auroit petit nombre de Vaiifcaux (k peu conlidciabiescv cù
il y âuroit le moins de danger d'ofFcncer les organes du mo'.:ucmi ut , ce qu'a-r
yant reconu parie fcntim.entdela partie, portarit çà & la vne Sonde d'argc.itj
il fît fur le champ vne ouuertute au côte gauche vers la quatiicmc veucbrç
2.0 des lumbes auec vn Rafoir rougi au Feu, protondant a la longueur dudcigc
,Indice>comme on le pouuoit recueillir par la Tente qu'on y racLCoif,nc iaillant
pas d'y mettre cncor deux doigts pour élargir l'enacetSc baiileriîiue au Pus qui
fortiten abondance; Ayant modéré la vacuation Lion l'Art^il f.t BirevncCan-
nulc d'argent de laquelle il fe deuoit leruir refpace de quelques mois aprcs
l'auoir enduitte d'onguents Purgatifs ÔC dctcrHfs: Ayant pratiqué tOL;c cela ré-
gulièrement auec vQC falTbn de viurc conucnablc , les leurcs de laPlavc Ce f;.r-
mcrcnt d'elles mêmes auec vne Ci ferme cicatiice qu'il n'y ui\a ni Fillule ni
lien d'ouucrr, Ainfi il fut fi bien remis qu'il ne fcntic iamais aucune iacommo-
dite
Des Tumeurs contre Nature. 9
dire ni à ctcnJre la Ciiiilè ni ï ployer le Dos,ni en aucune antre de Ces Actions
Obfemanons 1.3. Cent. i. communiquée par Mr> Boucard, Profejfcur en Plnlofophis
à Laufanne. %k
OBSERVATION IX.
D^vn Ahfcès au Boy au Colon Apres vne Colique.
L'An -1603. 19. Février Louyfe femme d'Hurnberc Vnillard iîcur de Chate-
nai fur actaqucc d'vne violente Colicjuc auec conftlpation de Ventre &c
vomiircment qui futTaiuie incontinent de fièvre : le mal ayant ccc négligé , la
douleur augmenta en telle forte qu'elle ne peut p^int prendre de repos l'cipacc
de8 iours,El!e laprclloic auec piqueure principalement au cô:c gauche fous les
faulïls colles, Ayant été demande le troiiiemc Mars ie la trouuay en fîcvre très
ardente , (on Ventre étoit bouiîi de iXicme que li elle eut ccc hydropique <!><::
tendu comme vn tambour,!! n'elloic foai ni vent ni aucun excrément de Ion
corps rcfpace de huitiours , ce qui luy auoit apporte de la diiïculté à refpirer
& des défaillances, Et quoy que ie la vilFe en giand danger Ac la vi?,ie ne laif-
fay pas de luy donner vn Laucment lenitif, mais la coulîipation croit fi gran-
de tu le Vencre (\ plein, que ne pouuant monter en haut , il fortit incontinent
fans rien faireiEn cette même nuic l'Abfcés fe rompit en l'hypochondrc gauche
là où leBoyau Colon eft le plus ctroit,Ie le reconus par 1:- Pus qui fortit par le
bas Ventre'.il fembla que le malade en reçeut quelque allégement , mais vnc
iueur froide luy écant furuenucauec fyncope, elle trefpalfa^à l'aube du iour
■ Obfa nation 74. Ceriturie i.
OBSERVATION X.
1)*vn dangereux Abfcésp-és du Fondement ap/es \mefaignee faite mal à propos.
N Avril 16 -.cMonfieur Nicolas Henzius Profcirein- de la Langue Grec- ,
^queàBcrne fcfirfu;;ncr pluftoll par couflumc que par nccdlîté: il crue
<\uiï kroit mieux (i o!i liroic vnc bonn^ quantité de fang fc faifinroiiurir devx
Vênesen même temps ('comme cclafe pratique parmi nous ' IVne au bras
droitjl'aurre en la m.;ip. i^auche , Q^-iniuet'-il? A peiîic/cpallat'-il rtois heu-
res des la iaigncc qu'apirs vne grande agitation du f mg ii\: des hurr.cuis , il s'ea
fit vne décharge lur le Fondement, de forte qu'il eut que toutfon faner cieuoit
loîtir p.ir leiiege auec impotuofité : car le fang qui étoir cmeu âcLa:^ I.i Véne
Cauc,mJmcsdans le Foye Ck la Vêiie perte,agita aaliîi'humcar m:].ri:holiquc
B
21
10 liarc Premier
quirôbci ficîîcment fiii l/> fondcrre:: Cclaarriiia nifcmércn vn corps rerr^pH de
maiiuûi/es iiiineii.s pvi;tcîpa!cmcnc de i'atiabihiie f Liquclle par la pcjâteiir al-
loir ci? roy-mcme r.i: fug? pp- les Véncs lictmoiihoiJ.iles ; ^<. cncor plus paicc
qu' 1 n'aiioiî pain': erc puigc aiianrlâlaigutc: La douleur donc d<. iniiairmauo
-ctanis fuiucDucs trois h-juros aprcs h i:ug!iéc,la nui: faiuârc fut fort fach'^ufciLc
iour ?.D:ts croyant fj.diiicitirp.iv la promenade , rincommodirc s'augii^cnta t^,:
fe coniienk en vn Ablccsdur,dolourcux îiicc icnicejice , il iiiriii.it r.uilide la
lîcvrc ^' les veilles aiicc rinqiiiétndc s'augmentèrent : ainfi il fut touimentc
dVx:>.{lUKS l'ouicuvs aucc conilip.uioii iulcjucs au fixicme iour : Ccpcndaiit
ifK;Bùibi:i laid': en r.riierc l.'s rc:r_:-dcs vuiueiTcls > & fe contente de Con Ein-
vïkïc inconnii:Sc fus Jt mard-; le 5. de May ilir le foii Se le tiouuay grandemenr
opPiclsé : e rr;t- fcitiis aufli roll: de (bppolitoires pour lay lâcher le Ventre j vn
^3 Laucment auroir ecc plus à p. opos , mais c'cft vne chofe étrange qu'autant ks
liorKiBcs Doules ..V les plus grands que les moindres or.t en horreur ce remède
comme s'il y a>;oit quelque choie de ba'.bare , Enuironlcs neuflieures^iu foir
ie l'jy fis prendre vne potion Anodync ik cordiale de confcdtion Alkemes>
2 A Extrait Anodyp, Eaux de cauLllc ,s^ borrache , appliquant ce CaraplafmeAno-
6yi\6c mmmz.vS.'^^Var.Trltic.iu.fennenti It.pnlu.fcL aUhtt.malu&crifp& an.l^.
fem.lini fceuugr.nÂonioy.an.T^tl.pinguedin.porc i^T' pictiaual .an.-^t^i croci di.co^Han-
tur cnm c^iuî comiDU feCatapl.additisoaoiwiulhs i.applsca calidè:\\ rcpofa quel-
que peu ccrt.. nuit ià,le iour iuiuanc le mcmeCataplarme fut applique par deux
fois,luy faiGnr encor prendre après le louper la potion fiifdifte : rAbfcés fur
meurau 7. ioui parle Cataplairae 5^; lur rAtibe du iour il le rompit j d'où il
forri: de la.maticrerercurejbourbeulè,liuide& h puante que toute la chambre
f'jt remplie d'vnc odeur comme de charogne > de forte qu'il falut charger non
f, Lîkmeiudc bandes 6c de chcmife, mais a cil] de lûiceux & de couctre «Sc par-
fumer 1.) chambre tout ie iour.Qu?nràrAb!ccs qui étoit en la fcllc gauche pro-
che le f-^ndement, il fe rompit en deux endroits Ayant m.is la foiide en l'vn &
l'rutrc Vlceie ic trouuay en celuy d'eishau: vn Sinus de cinq do'grs de tiauers
en logueur qui alloit droit en hant:5«: en l'autrcjvn qui alloit vers i'inteftin Re-
ctum'de coté àla piofondcnr de deux coigtsenrrauers : la fonde entroit en
l vn i^ l'autre, principalement dans le plus profond^fans aucune douleur , tant
auoir été grande la pouriirure :lcmelcruisau commencement du Digcftif &
drifafdit<-at^plafmc i'efpace de quelques iours tV en fuite des m.ondificatifs
rucc la Decodion vulnéraire: Il ht r'prcscclarem.is & fc porte à prcfcnttrcs-
bicn : On recognoiil: d'icy (jue telle a très- Bien dit Qu^il eft tres-malaisé à vn
5- ignorantdc tirer dufang,c'cft à dire,bien à propos t\ auec fruit : Nous 1ère-
maïquons tous les iours & principalement parmi les Allemands qui croyent
que la iaignée eft vue Panacée contre toutes fortes de maux , Et comme ils fe
co;;fi-nt k des ignoiants, il ne faut pas frouuerctrange.fi ce rcnjcde en tue vne
m-
Des Tumeurs contre Nature. , n
înfinité,veu que félon Galicn auliiirc delafcaiifîcation , il fort beaucoup d'ef^
prie vital aaec le fang.d'ou viciKque tout le corps le rcftoidit & que toutes ic^
fonikions naturelles s en font plus mal. Cett.V.Obfem/iy.
OBSERVATION XI.
D'vn Abfcc! rompu en la Vejjie da^ds^ font fort is des vers âhcc l'urine.
L'An 1591.au mois de luilîet ie fas demande à Garrad pour voir la femme
d'Hviman Hickup âgée de 50- ans iicancmoins fort roburce, laquelle ie
^' ^uuav trauaillcc de violé:es douleurs au b^^s Ventre auec vnc m.inifefle dureté:
£'llc ne rendoit de l'eau <^c les excréments qu'auec des horribles douleurs, ne
plus ne m.ains que fi elle eut êcé c\.\ trauail d'eiifant , èr..\\M par fois en fif vre &
ayant quelquefois des def.ii lances: l'ayant purj^cc doucemenc par Aci Lau^mécs,
cmoilicr.s,ie H* vnc inicdion Anodync auec desfomcnracions de même nature,
ayant condnué quelques iours, i'Ab.cés le rompit en tin dans la Velîic qui cou'
la l'clpacc de S. ou o.io jrs à chique fois q je la m dade rendoit de l'eau , (ce qui
luy arriuoit louucnt) elle rendoit quantité de Pus fœtide auec vnc infinité de
petits vers ftmblables à ceux qui font au fromage .• après quoy la douleur <5<:
autres fymptomes ccirercnt: Ayant cnfuitte fait vne inieciion daiis la Veiîie
quelques iours durant de décoction de Centaurée, Abfynthe, mille pertuî ,her-
niaria en vin blanc,y adioutant vn peu de miel rorat>la malade fut rcmh'e &; a
vécu gaillarde longtemps après.
Col'me Slotan grand Chirurgien m'a fouuen: raconte qu'il auoit ouuert le
corps d'vn homme coniîderable duquel la Vefîîc êtoit veuuedcla groilcur de
la Tétc dVn enfant par vn rchirrc:il auoit été trauaillé quelques années aupara- *7
uantd'vnc difficulté d'Vriner auec tres-frraiîdes douleurs .-le fchirre étoiratta-
chc fermement à la Veiric de tous coites hormis à l'endroit ou les vrcteres y
entrent, la Nature s'écantie-refué ces conduits iufques à li Verge pour la Va-
c nation de l'Vrinc.
Il y a îï\ ans que ic vis à Laufannc auec le Docteur Rous 3c Cl-tudeMarion
Apothiquiire vnc Dame qui auoit dans le corps même de la Veflie vn fchirre
plus gros que le poi!ig,comme on le pouuoir découurîr , tant par le doigt mis
au Col de la Muacc que par h Sonde cs: leCathxtcr.
L'an 1599. ie traittois à Cologne a ;ec le Dic^cur lean Siotanus vn feune
ho.TiiTic auquel TViiine s'arrêta après vue- ciî.utc fur le Dos:on appliqua plufieurs iS
rcmedes.maisilnc peut iamais rcadie de l'eau que par le moyendelaSor.de
iniques au dixleptîemciouris'ctanr enfin rompu vn Abfcés cnlaVefrtc, il vci/Ia
librement du pus trcfpuanr auec rVtine & fuil bien roll remis : O'jfrHM'i.jt
j6.Ce;if.i.
' B 2.
li Liure Premier
OBSERVATION XU. .
D'^vrie Jfijiamwafion au Vifage.
AV mois d'Avril i6 vau Village de Puiili pioche LaiifannejVnc ccttainc de-
fluxion tomba fui kl moitié du Vitage à vne Femme de i4.?.ns, il s'clcu:î
auiTi vn bouton nccompngnc < c grande douleur aucoiii de la Icvrc de dc<îiis, elle
me dcma!;da an > .ionr cic la maïadierlt tioiuiny tout le vifsge, même la Lançuc
&. le Col rellemcntcnfifs qu à peine poiiuoit cUeaualei' ni viande ni biuungej
il y auofrhcvre coiitinue>dêgOL:ft& doulcundcTeftcrinflammarion écoit fort
grande auccqutKjuc liuidité,dc foitc qu'on ne pouuoic croiie autre chofc li-
non que la Gangrène s'y alloit mettre S>c qu'elle ctoit ctï danger de la vie : le la
traittay de cette façon^Aprcsluy auoir laihc le Ventrc^ie luy ouniis la Vêne au
bras droit ^- luy tiray iulques à x onces de lang , Car elle étoi[ fort fanguine.
Eu aprcs i'appliquay ce (~i-.taplafmc. TC^SempernJui rninor. Geran.j an. m. ]•/•■«-
rt//.Lordell iv.îiiJiligennjJtwè in rnortario fcatafl. addira aq.rofar.cj.^ applica te-
piàèjQtno. n ém.e nuit ille le porta mieux, le lendemain ic lapurgcay auec vn
Médicament ld"io!agogaCj'3<: luy ordonnay vn régime de viure très iobre.N'a-
yan' f .'srcrenula picmiere potionàcaule de l'abondance d'humcuis qui êtoit
cnl'Hftorrachjie la rtïteray le lendemain &c auecfucccs , Car elle fur remile en
peu de ioM's auec admiration de tous ceux qui l'auoyent veu.
3*^. Le Cliiiingien doit faire cette remarque iur cet exemple que s'il vient va
Eryrjpeleau Viu-ige anec danger de fullocation , qu'il faut tirer du lang, car
l'Erclypele ayaiit accoutumé de produire des grandes Inflammations non feu-
le meni par l'abonuance d^ s humeurs &i du lang, mais aulTi à taufe de la quali-
té d'iceluy,elle demande vnpuilïantrafraichiiîeraent ,-mais chacun fçait ( mê-
mes les Appreiuifs ) combien ileft dangereux, de crainte que les Médicaments
Rcfiigeradfs & rcpeicuffifsnerenuoyentles humeurs aux paitie^Noblcsprinci-
^^ p, 1', m.ent au Cerneau,Voila pourquoy il faut rafraîchir le corps non leulemenc
parles remèdes Topiques , mais aufli par la façon de viure 8>c par les Médica-
ments interncs,tirent du (.Tg du bras qui eft ducocé du mal , après auoir lâche
le Ventre par vn Lauement. de peur .que l'Inflammation ne Te charge en Gan-
grené. ÀH liure de lit Gangrené chap. xn.
f ^^
OBSERVATION XllI.
D''-jne J/ifiammation & autres Accidents prouenus d'vn Ciron.
'Aul)99- En la Caiiicule,E(licnnc Fauconnier de Cologne âgé de 4-O.ans,
robuilc de complcxion fu-guinc , anoit vn Ciion au Métacarpe prés le
doigc
L
Des Tumeurs contre Nature. 15
doi^t M^clicînal,s'ctant gratte la main,il y vint Inflammations douleur très ci-
fiielaucc fiévrc,malde cœur Ov' aiuics grands acciJciUS,qui me firentcroirc que
laGanercnc n'étoituas loin, car Icshumcuts k i.^roycntauec irrpetiîolîic luria
partie: ayant neantmoins ordonne vne façon de viure rafraichillàntc & humc-
itaue : aprcs auoir purge le corps aucc \'ckâ:JAue de/ucco rcfur.ik/yr. rof.foL
compof. cu?n %heo &fenria, comme auîli aprcs raaoirfai^r.c au bras oppolkc *^v
m'ctant ferai de rcmcdes Topiqucs,premierement adiliingrnts, rafrf.ichiiranrs
^ rcpcrcurfifs , en fuircde ceux quiicfoluent&: difiipent , la main fut icmifc
par la grâce de Dieu en bon érat,
lime fouuicnt d'aucir olii de la propre bouche de ce grand perfonnage
Théodore de B-ze, qu'il auoit connu vn homme trcs-conliccrable lequel éroit
mort de la même façon. On doit apprendre d'icy qu il fciut tenir vne m..ladie 32.
pour grande, non feulement celle qui attaque les parties Nobles, allauoir le
Ccrueau, le cœur & le Foyc: ou bien celle quicft grande d'elle mefme, com-
me eft la Squinance, la Fleurcfie, la Peiipncumonic , mais aufli celle qui pro-
uient de Cacochymie 3^ m.aliguité d'humeurs, comme cnfcigneGalicn au liurc -
4.& 7. defamtthoic, Obfcnt. 06. Cent. i.
OBSERVATION XIV.
Dh Panaris ou Paronichîe.
CHacun fçait combien cernai canie de douleurs & combien de temps il
faut pour le guérir : fi neantmoins on fait vne iiKihon en la partie dés le
commencement, la douleur paflc incontinent & le malade cft bien roil guéri,
comme ie l'ay expérimente à diuerfes fi»is : Il y a quelques années que ie fus
'appelé à Cologne pour voir la femme de Mr. lean Birgois M. D. S. £. laquel-
le fouftioit vne douleur infupportablc au bout du doi^t aucc Ucvre, lâ:hcté, ^,
nausée & autres grands accidents: Il n'y auoit pourrauc ni iiiflammntior. ni tu-
meur, car le mal ctoit en fon commencement, le conpmtu^ay doncainlila
Curespremiercment ic fis tremper qiiclqur- tcms le doit en du laict de vache ou
auoycnt cuit des fleurs de Camomille, melilocfemcu^e de fœnugrec &:de coins,
après i'ouuris fuperfîciellcmentlapeau peu à peu , i .elle étant raclée parurent
certaines tâches louges, Iclquelles ayant coupe auec lapo-ii.te du Canif ie troa-
uay vne goutte ou deux d'eau rouilc lous la pi.au , Toyaut netto)éc i'oppliquay
vn linge trempe en eau de vie, en laquelle i'auois dillout w pv a de 1 !i. .iaquc:
la douleur s'arrefta incontinent aptes & le doigr fut guéri par ce f i.i icmcde
&: tous les autres accidents dilparurent , l'ayant neantmoinïpurf. 'vv,eiement
auparauant.
En l'an 1604. ie fus âpelc pour voir Madame de Mont Bernoile , qui ai'cit
p^fic trois nui(Stii iaiis dormir à caufc de la violence de la douieui : ayauc 1 aelc
14 Liurc Premier
h pcaïuetromiay (ovs kcWc au bout du tioigt vne tâche de cette grandeur O
diiis laquelle à peine y aiiok-il vue goutte de fanie : après auoir ouucit cette
tâcrtc ^ àplique fur h doigt du coton trempé en eau de vie , en laquelle croit
diilbute de la Thcriaque , ik fur la main & le poignet vn linge double trempe,
en Oxycrat, la douleur s'arrcfta incontinent , de lortc que dés le lendemain le
doigt fut gued enricrcment.
R E MA R QJ^ E.
Ayant e(Tayc cette Cure en Tan 1593. premièrement en ma femme , ic m'en
/uis après ùrui licurculcment en ces Dames & pliilleurs autrcS;Ayant touliours
trouuc vers l'ongle ious la peau quelque peu de ianie : mais cette iaciiion de it
.;Ctre faite des le commencement , aucrcmient la violence de la douleur attiic in-
coiuincnr des humeurs qui caufcnt Inflammation &z Tumeur (S: corrompent la
. chair qui ci't au dcifous, & m.éme l'os ; car la [eau en cet endroit eil foie épaif-
..fe, de forte que l'humeur laquelle cft caufe de ce mal [ qui cft m.aligne J ne
. pouuanten aucune façon euapDrer , acquiert vne plus grande aciimonie ôc
\dcuicnc venimeufc, de forte que Icdoigr, &: même toutes la main vicnc às'cn-
ilet à caufe de la véhémence de la douleur , aiafi l'hicifion ne lert prci'que de
lien fuion que lam.uicre foit meure & conuertiecn pus : Un'ya point de dan-
gir àfnirccetteinciàou&: ne caufe pas vne grande dov-lcur n oitjnl mt ni nerf
ni tendon veu qu'elle eft i'upciliciiUc : Celle dont le fcrucnt orduui.emcnt
^^ les Praticiens cft p! us dangcrcufe Liqucll'j va iufques à l'os , car on peut ojfencer
les Nerfs & les Tendons cC caufcririBamm;.tion, fièvre 6i a-Jtrcs accidwius.
ObferH. 5.7. Cent, u
OBSERVATION XV.
Du àai^er ^uily a àe fefenÙY des Referarfifs rnalàp^cpos.
CErtc fentencc d'Hippocrate eft bien remarquable , (>i'il y a du da>^ger
quand vne Eryfip le va du dedans au dehors : or elle ell vciiîJDle non
feulement en l'Ereùpclc ^ es inflammations, mais aulTi en toute forte d'Ab-
fccs , principalement s'ils font aux cm.ar.ftoircs ou aux cnuirons , car comme
ce lont des parties molles, laxeSjfpongieufcs & foibles , la matière cft aisément
rcpoulsée & renuoyéc aux parii.s Nobles qui for.t proches : l'en ay veu vn
exemple à CoIogiK- en vne femme , laquelle ayant rcceu vn coup de bafton fur
refpaule& la partie ctant enflée, elle mit deflusvn cataplafmc fait de bol ar-
ménien, fcirine d'orge, vinaigre (3c vn bhnc d'œuf :■ mais ayant remarqué
quelqucsioursapresquelemalalloiten augmcatant, elle me demanda : k la
rrouuay en fièvre auec douleur de cofté , vne petite toux &: diflicultc de refpi-
rer , par où ic rcconus que les humeurs s'tlloyciit icttcs fur la poitriaie , la
Pleure
^)
Des Tumeurs centre Nature. I5
Pleure iX' !es iv. .l'.clcs c^ui fcrucnr à Ki Rcrpiration parce qu'cil : s'edoic fcnii mùl
ï propos de ip.cJicamcr.rs rafiakhiiranci ëc rcpcrcufTifs : Or ic la rraitiy ainfî :
liiy ayniU ordonne v'ic bonne façon de viiire od donné vn Inucmenc commun,
ie lay oanris !e mcxeioui la veine du bras du mcmecoftc, luy tirancenuiron
ri(ùc onces de i"^ng, car c'cftcic vue femme robuftc &: qui rbon Joir en ianc? r îç
luioignis la 1 oicrine, l'cpaule^S: tour le bris au ce le linimcnt fuiuant TC. ci.,
hlior. vîoUr.^rnygei: d. pi'igned.gall. an. %^. pirjg:îeÀ. buman. | Ci. vng.DlalL 5 » j. 5^
:roci 9 j. Comme elle le Icruoic amli à l'ordinaire d'vn £lc<5tuaire cxpedtoratif,
& fui le foii elle récent cncor vn laucm.ent.- le lendemain ieluy donnay vn fu»
doiific pour poulïer la m.âtiere qui cllioiten la Poitrine aux emun(âoircs & à
la peau : a^rcs lequel la douleur de ccftc,la Toux , la fîcvre ^ tous les c.czi-
dcurs diminuerenc: &c ayant continué quelques iouis deieferuir de l'elcc'lur.irc '
5c de l'ongucDrcUefat enritrcmentremife : la mcuitrillcure dubraStSj dcl'e-
paule fur guérie par le Cacaplafme fuinant C^.far.fié.ir. cjr /e.'jt. an. 5 / ;"j. &«/«. 57
Hor.camomill. melilot.fambnc. aù/^y/ith. rofar. (^ baccnr. myrt'iU. ah. Z]. fera,
^«niig. anif. an. 5 / j fafs J / j. tn. cum vino rubro : applica his m die cou'ide.Auzni:
l'application du Cataphlme i'oignis tout le bras & l'épaule auec mon huyle
ie fleurs. Ohfern. yS. Cent, 5.
OBSERVATION XVI.
D^vne inflammation de Fo)e causée par l' application de ?/jedicamems
trop chauds far fcriflce de l'eflcrnach.
l'Ay connu à Cologne vn homme incomm.odc d'Intcmperze froide d'e/îo-
l mach auec chaleur de Foye ; vn Charlatan luy âpliqua plusieurs cmalafties
!^ onguents fort chauds faits auec i^oit:rc, Gardam.omiim , huyle cfe g'iro'i-s^
;anclîe &; fcmblables, au droit de h Cartilage Xyphoide,^ui furent caulé d'vne
.nflaramation au Foye de laquelle il eut bien de la pêne d'c JiaDper : mais cnHn
c le remis auec l'aide de Dieu par les choies qui rafraichllicnt' le Fove com'ir.'c
ulicpd*caudeCîJiorce,Endiue. Agrimoine, Véronique , auec fyrop de li-
nons, d'ozcille, mettant en dehors ie CcratSantalin.
Pour en fçauoir la raifon, il faut regarder la fituation duFoycj car il couure '8
nek|nc toute la partie antérieure dcFulomach de droirte à çrauche , par fa '
urricimrerne oucauc, de forte que les médicaments defqueîson lli'crrpour
cc.hauiier , agilïcnt premièrement fur le Foye auant que palFer iuiqucs à IV.
tomach. Obfern. 4(<. Csntur. 2. a r i t
V
OBSERVATION XVIÎ.
^'"^«^ P'irapkimore oh Inflammation an bout de la Ver Je
Nlaineepo-oxde famille Pacriri.nneà r.crnea^e d'en.iron Z4 ans rau
mois de laïuua- i^j6.; carelÏÏ^u trop ardemment fou cpouf. 5: Lif^^ ?or$
i^ . Liùtù premier
Con âpprcntî£age/e joupît lefrsrnum aiiQC tant de violence & le prépuce fut
fi fort renuersé en ariicie ;ju'il s'en enfuiuit vne ires-giandc douleur auec en-
flure de tout le m^ mbre : llciclia de honte aa commencement Ton mal , mais
les Accidents venants à augmenter, il mi. demanda, le luy ordonnay premicre-
tnenCvne faconde viute fobie Se rahaichaLuite, aptes ie le purgeay auec les
médicaments qui purgent la bile ik: luy ouatis ia veine du bras tirant afscs bon-
ne quantité de lung,car il y en auoic abondance, deux fois'lc iour on lui oignoit
les Reins auec vn onguent rafiai-hilïantck fur la pairie malade on mit ce Ca-
2« caplafme IjC.far. HortUl | i v. PhIh. rofar. myrtill. an.-^ i j, biilanjlior nue, cu^r.
an. 5 j. cci^He inacj.rofac. i:$' fLtntag ^ parumaccti rof.cumoni vuello f. catap/.
apphcA teplde bis \n die : s'ellant (erui quelques iouis de ces remèdes, la douleur
qui ctoit véhémente s'appaila j mais commcil cftoi- nojuellcmcntmarié , le
membre viril venant à s'enii:r, principalement de nuit, il en fut tellement in-
commode que prefque toute la Cure fit gâtée, car à chaque fois q le cela arri-
uoitjle prépuce lerroiLTifarc leBalanusqiic le mai venoit às'a^gmoncer : com-
me cela me mctco't en pcne, ie lis écarter (Il femme «ik mcincs l'en priuai en-
tièrement, en après ie le piirgçay encor auec des Choligog^cs & fis oindre les
^o lumbes auec ces huyles ^. ol. violac'Nymph. Çj Rofn.an. |). oL Hyafci.imi.
expr. 5 / j camph. dtJJolHta, maceto rof.":)) m. i?} mortano : cela t liant fait ie luy
donnay après fouper aidant le iomm.eil vne doze de L.'îù.ianam , il en repofa
mieii^x, & l'eredtion ne fut p.js fi fréquente : luy en ayant donc donné quclqacs-
fois , ayant rcïcere les inuuclious des iumbcs ik continué Tairplication des Ca-
taplifmes, le membre .d"S-tnfia bien-ccrt , defortequc peu dç cemps après il
pouuoit porter en arnere ic auant le picpucc C<c couurir le babnus, il fut re-
mis & dés ce temps il eut quelqu.s entants de ix iemme.
., il faut remarquer icy que ce Catâ[l ime eft dangereux fi la Parapliiniofc
' ' vient pour auoir couche auec vncfem.ne iutcdte , c^r la m Tiercm.iignc r'en-
rreroit dans les viire-res d'où fiiuroyent des vlcerts maluji, corr^mc on verra
en l'obleruation fuiuante: Obferu. ^6. Cent 5.
OBSERVATION X V 1 1 1.
Cure de ta Tioiînofe & P araphtmcfe vénérienne .
42 J'^ £ mal cft afsés familier à ceux qui s'apt rochcntriop des fcmmes,«Si le plus
V,-^ fouuent fc guérit auec pêne , ccmme i? l'ay rcirsarqué-,, eu dans cet ac-
couplement illicite Se trop luxurieux , les conduits de tout le corps, principa-
lement du membre viiil qui ell plein J.e pores, étants otiuercs , il Te -iiir fici-
lement quelque vapeur maligne & imp r.c, Il c'ell vne garce qui ait ou la vcrol-
Icjoufes ordinaiies ou des fîurs blanches , ou fiellc s'eft mêlée auec quelque
iîommequifoittrauaiilcd'viie Gonoirhcc virulente. Il arriuc prciiiicremenc
vne
Des Tumeurs contre Nature. ly
vneJcmangcâiTon autour du Ba'anus & du Prépuce qiù du commencement •
donne quelque plaifir,mais încoiuinent après la matière venant à s'échaufijr,
elle dénient acre parce qu'elle cfi; retenue autour de ces parties de le prurit Te
change en douleur, tout le membre gvoflît, après quoy le Prépuce on fe retire
en arrière «Se s'enfle dcmefuremcnt , ou fe porte au dcuant du Bû'.anus en (ortc ^^
que l'vriue a de la peine à fortir : ce dernier mal eft appelé Phimofe &c le pré-
cèdent Paraphimole : Jl fur nient aufî: des Vlccrcs virulents &: m.alius fur h
Balanus quife gueriilcnt mal aisiment à cauG de la maligne qualité qui dl
impiimcc au membre par cet a.couplement impur : Et ie me fouui-iisd'a-
uoir veu vnc (I grande pourriture venir en fuicte , tant à c:ivSQ de \\ maiigni- 44
té proccdée de cette i\\i:ù.\on S: imp iaice au mcmbi-e viril j comme aulîî à
caufe de l'abondance des mauuailcs humeurscn vn corps fale & impur qui
tombent facilement fur vue partie porcuie ôc flafque comme celle là,
Qu^il a efté necclÎJire de couper vne pairie de la verge , & cela arriue afsés
fouucnt li on commet quelque faute en la Cure : Sans en amener des exem-
ples , comme ie le pourrois faire, ie rr.e contenteray de propoi'cr ce que i'ay te-
marquéen les traittant. " ^'
Or cette maladie cft ou fimple ou coniointe a. des autres plus grands acci-
dents,comme à vne Gonorrkée virulente, grolfe verollc , cxulccration «Se in-
flammation ('fans parler de la douleur qui leur tient toufiours compagnie J
ce qu'il faut obferuer diligemment en la Cure pour ne laitier rien en arrière:
I<i faut par auance décharger le corps des mauuaifes humeurs tant par Purga-
cions que par faignce ; Tay connu vn habile Chirurgien au Pays Bis qui 46
auoitaccoufl:um,cdedonner à ces vilains dés le commencement vne infiiilon
d'Antimoine, ce qui n'ed pas mal à propos en des corps robuftes & pituitci.x,
principalement Ci on donne le Crocus mecallorum , car parce moyen non
lêulement on chalîè les manuaifes humeurs, mais en excitant le vomilîcment
on fait Rcu'jlfioii des humeurs qui ie ictcent fur la partie incommodée, or
les Praticiens OHt remarqué que cemcaicamcnt n'clt pas fcur en des corps
foibles & exténués : fur tout il faut diligemment s'ip.foimcr li la garce n'cfl: 49
point eutackée de vérole , car alors il faut s'abftenir de ce Ciocus C lequel tire
auec violence au centre des parties les plus éloignées J comme aufli de tous
medicameHts qui purgent aucc violence parle Yomilïcment, de peur que les
mauuaifes humeurs ne foyent attirées des parties de la génération au Foyc , Se
qu'ainfi il ne le fice vne mala aie vniuei fciie en lieu d'vnc particulière comme
ic I'ay qutlquesfois remarqué : Il vaut donc mieux , comme ie le pratique
hcurculcment : purgeu dourcment en cette f^çon. 2^. f^ad. Pei)p. cîchor.
laPA'h. ne. an. jt j. conic. Inîer. radie. fra-ngii-.& 5 i v. herh.fcAbiof. fun:4r. <*-'»•/-
mon. Vero'u cHfcmx, a;:, m. p. trlamflor. eord. Geniftdi an. pHg. j. fol.feyw. 5 j.fcm.
anif. 5 t &. coque in ife t Ç\. asj. ad l x. infandeper noUem Rhabarb. el. l i i j. Tur-
MgHinm, Jgar. rtctrochifcflor, Tart. m. ^iÇ>. mnam^oL &Jpec. Duirrheâ,
G
iS Liure premier
Abb.ii.i, 9 i '). expreljlomforti adde/yr. r cf. fol. compof cnm Rheo, Jo/ir. & fem.
fjr.de cichcr. cum RhAb. An. ^ j. m. f. poopro i i j. doz.ibus alicrnis diebits /?; cre-
pufculo m>itHhiic fumeiidls carn cujlvdui. Apres la picmicre priTc il fàur oiiurîr
oiics iours de fuiccc , afin cjue la maticic maligr.e , d tllc a dcia pfsré du Scrc-
rum aille (le du corps , s'tn nillc par les jorts^^ (c ciiiipc en vapeurs, 2^.
Theriac. opt. 9/j. C. C. \'j}l & jpptt 9j. f/r. de fncco Itinon. | fs. cnm f q. a<j.
CArd.ben.f. pOD Et pour les délicats If.lap. bez.oa,rt^ ocad. gr. viîy waoif^er,
perlar. 9 ii. conf. Kermef^']. fr. defaccoliïNoyi» -^yicf cinnum. fne vino dijJill.
an. I fi. Aq.ca.rd. hen. q. f f. poo , ou bicni' f ai" faire vue Dccoclion- fu-
docifique aucc Gai.':c>Chine > fahs. par : ^ kenhLiblcs. Il y en a qui appliquent
i^f) d'abord kir la partie, muii mal à propos, des remèdes rafraiciùirants &
repercu'/îfi p:.tce .ju il y voyc.i: d: i'iiJîammacion , car par ce moyen ils
r.p Hi.'iu.: an dedans cette maiere viiidente & m., ligne & renferment dans
L partie , >roù naJlfcnr des vlccrcsviailcnts & malins : Or comme le prin-
-^ cipal a:cidcr!t qui tiauaiile le plus le malade , cVfl la douleur , il faut com-
yo mencerlaCuic par là y appliquant ce Cat^plafmc Anodin ^. farin fab.ir.
Hordei an.l i ] fem. cydon, 5 \.fcsr:itgf, 3 ?'. pulu rofar. mb. l B.croci 9 j. cum laBe
vaccif.o f. Catapl. adde 'vitell ouor. t). il le faut appliquer chaudement : Tout
le membie vLil ( s'ilri'y a vne fort grande inflammation , à laquelle l'huy-
5.1 le cft contraire IcIcnGalien J doit eihe oint de celle- ci, ^. cl. Amygd. d.
rec, exir. c! Roftr. an \ \.oLd9 vitelL chor. 3 6. m. Tandis que Ion fe fcrc de
CCS medi am.cnts , il faut obferuer vue Dicttc cxquife s'abftenant du vin &
écartant toute pensée lafciuc , par les raifons contenues en robferuation pré-
cédente. Mais comme vne feule Purgation ne fuffic pas, il faut réitérer
la précédente : le me fcj s afscs fouuent de l'extrait d'ccorces d'Efula comme
5i arffi dans la Gonoi.hce virulente & femblabks , car il iemble qu'elle a vne
propriété particulière pour nettoyer ces pa. ries : La douleur cftant appaîscc,
Ç\ la tumenr duBalanus«S: Prépuce nefe diiljpe pas, en forte qu'on ne le puif-
fc poulîer ni auant en arrière , il fiiut mettre ce Cataplafme ^. fax. fabar.
y^ Ur:iiumo hli] an. 3 i b. puht. rofar. Abfyuh.fior. Camom farabnc. an. 5/fi, cum
d^cùciof.ur. betin.camorfufufKl'UC. & rofar. fiât catapl. cum 'uhe/l.ouor. ij. Jl
faut concinacr ces remèdes iufquesàce que le Prépuce puiife retourner en fà
place, il c'ett Pa!aphimofc^,ou que l'on puiiïè dccouurir le Balanus Ci c'cft
Phim.cfc: Et c'cft lavraye & plusalTLuce miCthode de guérir ce mal quand il
vient de copulation impure : CKies'ilya encor quelqu'autre accident com-
me Gonorihcc viuikntc ou vérole, il faut palier plus auaiit > mai* cen'eil pas
. iione deiftin d'en parler.
le
Des Tumeurs contre Nature. i9
le dîray (eulcmcnt vn mot de l'exulccration du Balanus & du orcjuico , que
l'on appelé Carie , aurnnt de fois que l'on applique des medicamcius ic- ^^
fiigeratifs en la Phimofc ou Paraphimofc qui viennent de copulation infcd;:,
ôc que l'on j encloft cette méchante matière , elle y acquiert vnc fi gvande
acrimonie, qu'il en naît des vlccrcs malins , putrides 5c vivubnrs ik quel-
quefois la Gangrené , plufieurs font des grandes fautes en traictant ces VIceres
fe fcruants d'eau forte, d'eau de plantin auec Vitriol, Alun, verdct, on- ^*
guent v£giptiac & fcmblablcs chyfcs acres auec l'.Tqucllcsils lauent'ccs Vlcc-
resj^adioutants mal l'ur mal , c?ir par ce moyen ils augmentent la douleur
& amc'nent des mauuatks humeurs de tour le corps fur la partie, ce qui at-
tire inflammation 5c autres accidents , mais il faut traittcr doucement ces
Vlceres en cette manière ; premicrcmcnr s'ils font fordîdcs,il les faut lauer ce
auec ccttz Decodion 2^. I.i^ni Gaiaci ^ j. rad. chinA , vincetox. A'igel. an.
^ fi. h.fcahioffamar. Ayjynth fcordî] nn. pug ïj. rofar. rnb. m j. faittes cuire eu
eau à laconfomption du tiers , girdcs la Colature j fi on veut augmenter la
vertu abftcrfiue , on y peut aJioutcr via peu de miel Rofat : les Vlccrcs étants
kués , i'ay de coutume dés Iccom.mcnccment , la douleur étant encor farau-
de, d'y mettre vn onguent fiit auec cire, Tercbcnth. gomme Elerai , auec .•
hiiylc d'amandes douces, de moyeux d'œufs & f^fïtan , y adioutant le cata-
plafmc Anodyn proposé ci-delfus : icelle étant appaiscc ôc l'Vlcerc af-
sésmeurî, il le ftutm-oadifier auec du Précipite rcébitic diligemment auec
cfpritde \m & lauc fouucnt en eau rolc , mettant la poudre feule ou auec du ^
beurre frais ou onguentRofat auec de la Charpie: l'Vlcerc eftant mondific , il j^
le faut cicatrifcr auec onguent de cerulîà , de minio , Pompholige, ou auec
le Collyre fuiuaut ^. A^.fUntag. & rcfar. an.lt]. fem.cydon, tiijl. 3/j. îh-
fundehoristv. colat. fortiter expr. adde plu?nl;i f^uammoji & fuhtiliJJ'i triti An-
timon. crudi& diligenter puluer. C. C. i]/il , cerujjk lot£ , lap. calam an. 9*.],
corail, _^pti 5 6. w. d" tefide cnm Iviteis applica : En la phimofe, à caufe que
ronnepeutpasdccouurir le Balaïus, il faut faire vnc inicdlion auec la dc-
codion décrite ci-dcllùs entre iccluy & le Prépuce , netroyinr fo^'^neufement
le Pus , tâchant par toutes fortes de moyens d'appaiTer la douleur lS: à dilîjpet
i'cnflure du membre , afin que l'on puillè découurir IVlccrc & y appliquer les
remèdes ; ou en vicndja à bout par des purgations reVcerérs, par la fiif^née ôc
application de Caraplafmes : le balanus eftant dicouuert , s'il s'y trouuc
quelque Vlcere, il le fruttraitter p:*r les remèdes proposés ci-deifus : que fi
on n'en vient pas à bout & qu'il y air apparence de vcrolle , il y faut apporter
des remèdes appropiics. Ohf. ^j^Cent ^.
Ci
>p Liurc Premier
OBSERVATION XIX.
De la Pamphimofe des erfantSi
NOii feulcmcnc cz\:^x qui s'attKhcnt trcp aux femmes tombent en ce mai
pai: vn iiiftc chârimcnc de Dieu , en loite que quelques vns en ont perdu
le mcmbie viiil ou vnc partie d'iccluy , mais aiillî les enfants , mcme ceux
qui lont encoi à la mammelle , car il aniue quelque fois à caufe du mauuais
laid de la Nourrice , qa'vne humeur acre le ietre fur ces parties de l'enfant èc
y caufc de la dcmangeaiiba , klquels venants à les gratter & à caufe de l'acri-
monie de IViine, il fe ietie des hiim.eufs fur le Balanus& Prépuce qui font
le plus fouuent fluultntcs & picuitcufijs : or comme le membre cil vne partie
fort molk *i5<: poreufe , elle reçoit facilement ces humeurs, de forte que le
Prcpuces'ctend outre mefurc: ils'y fait aulTi quelquefois Inflammation àcau-
^i fc de raciimonit dd Vrinc : or ft^-ichant que quelques impertinents Barbiers
traittcnt cruellement ces enfants, faifants àqs fcarilications profondes & ap-
pliquants des médicaments acres , la charité chrétienne m'oblige depropofcr
ic) les remèdes df Iquclsie me fuis fcruiauec (uccés en fem.blablc cas, premie-
*^ rement i*. fais obllrucrà la Nourrice vn régime de viure fobre 6c rafrai^hif-
fant: en apies ie la purge fclon l'humeur qui prî^dominc, mais le plus fou-
uent par cette pocion Q/L. Rad. Cichor. Oxylap. polypod. an. 5). certic. rad.fran-
guLz 5 ■'. lierb. fcabicf, veronic. agrlmon. a», pug. j. fior. cord. an.pug. G.fenn,
znnnd.^fern. autf.an.T^ i]. coijne in aûj.ad^î], tn colat. dijj'olue, EL defpicc»
^°f 6^) f)''' '^°f'fi^ eomp, cum Rhub. yîgar. à'fcnn. 5 ^. rti.f. poo. Si la pitui-
te piaedomine , en lieu d'Elcdiuairc de faceo rof. i'y mets 511;. de Diacartha-
mum: fi l'enfant eftleurc, ie luy donne des vne dragiBcs iufques à trois du
Syrop Rolat composé auec de la Ptifane ouauec dccottion d'Agrimoiiie & de
Véronique: des le commencement; s'il y a douleur &infl;mmaiion i'y mets
^ ce Cataplufme ^. rnlcx, panis albi 5 * »). ptilu. rofar. rub. baUn/i. an, 5 / ;. croci
B\.bntyr.r.lj.cumLtCîe^}acclnof.CatapUfma, addito omvitello/ubfinem, l'en
ay remis quelques- vns par ces remèdes réitérant la Purgaiion quand il y auoic
ncccîTité : Que fi le mal ne cedc pas, ie mcfers dufuiuant Cataplafme, ^,
64 far. fabar 1 1 j. pnfji. fumrnii. Abfynth, Jîor. camcTaill.fambttc an. '^i i']. pH/n.
fem.fœriHgr. 5 î |. CH?mn. 5 it j. cotjue curn viro rub. aujîe^o ad formam CatapL
callde applicabis m die : s'il y a quelque excoriation , en lieu devin iemc
^^ 1ers de décoction de ficurs de Camomille , meliiot fufeau & rofcs , met-
tant cet onguent fur l'excoriation ^. ol. rcjac. g j (^. cerujj'.lotd, TuthU ^pu^
c-c.zjii&jpt. coralIcr.^pr.pluriibifu^MawmoJïiin. x^iil. ca?nphor. foin! ,ina^. rofar^
3 ^jn'^.& agitainmortario ad linimemi confifamam,
RBMARQVE
Des Tumeurs contre Nature.' Lt
R E M J R Q^V E.
lê veux icyaJncrru- le LcCt^ar que i'ay quelquefois traittc'des enfans Cii '
qui ce mal a ccc li ôpiuiatie que i'ay cté p-lic trois fcm<iin:'s àrtntoiir,piinci-
palcmcnt en l'an 1607. en vu cofanc de l'ayernc duquel la Nounicc ctoit cxcrc-
memcnt Cacochyme foui iiiliàut(^par le moyen du lairja l'ordinaire de la ma«-
tiercpcccante,partani ie luy fis prendre par tois des Apozcmcs 6cla purgfay
à bon efcienCjluy ordonnant vn bon régime de viure , Qjnnt auxMedicamcntSy '
externes ie n'y voulois rien chuiger parce que ie m'en ctois autrefois ferai
tref-licureufemenr,veu que félon (^i.aphor.^i Jk dire d'Hippocrate Quand on
agit auecraifon,ilne faut point faire de chang:mcnc fi ce qui a fcmblcbon
dés le commencement iublillc encor & s'il ne furuienc aucun accident' qui
oblige a changer de tablature : Quant à ce malade,aprcs auoir purgé à diucrfcs
fois Ta merc Se faigncj ayant aufli applique le Cata| lafmc de mie de pain blanCa -
poudre de rofes,&c.quclques iours de fuittCjla douleur & rinflammation s'ap-
paiferent en même tcmps,la Tumeur demeurant en même ctatpafics quator-
ze iours,mais comme ie me fcuuenois que le même m'c'toit aniuc en quelques '
cnfânts(efqucls i'auo is elfayc pluficurs remèdes en vainjie ne laiiTay pas de con- '
tinuer ce Cataplafmc félon le fentimcnt d'Hîppocrate : A la fin lanarurc fit vn
effort & fur le champ chalTa la matière pcccante^dc forte que dans 24. heures
la Tumeur difparut entièrement, ce que i'ay remarque en d'autres maladies '
d'en fants. Ohfj, 8. Cem.V.
OBSERVATION XX.
D'vns Tumeur Pimitenfe &JUtueufe enU chenille du'Vié.
L'An i<> jS.ie traittay vn enfant d'enuiro iS.mois à Mr. Chriftophie Burckard
Bourgeois de Balle auec Martin Chmilicc & lean Fridcric Wirtcnbcrc^ius
celcb; es Médecins à Baflcvil luy ctoit venu après la perite Vérole , entre au'cres
accidents,vneTumcur picuitcufc &venteufe autour du malleok gauche laquel-
le en apparence deuoitfc conucrtir en Abfccs, Or comme telle foi te d'Apoftc- g/
mes autour des lointutcs font de difficile &tardiucgnerifon qui rono-cntcnfiii
^'Ncrfs & les Os , nous conclûmes entre nous de fjire en forte par toiîs
moyens poflibles que la matière enfermée put être difîîpéepar inf.nfible rranf-
piration ; Nous appliquâmes donc vn Cataplafmi f ;it il fin'ne de ^cvçsy lu- «^
pins,yvroye,poudre de fleurs de Camomille, Suzeau, mililot , bayes de laurier,
iemence d'Anis,cumin,&c.cuics en Icxiae fimpl c\- s\n cuir aut c vn peu de Scf,
Nous mifmes ce Cataplafme l'efpace de iç-ou i ^.iom s fu,s t kn anarc. r , enfin
la matière s'étantcrhaurfcc en la partie, il vint f .bitemcntdc la dcmange.n'fon
auec vue Dartre boutonnée ou miliairc,paiquoy nous la!(î'>-m-s le Ca .n^l..f ne
poutvi^iourcmdçip^&oigaifmeilapaiçiw uucc du bUucRhilis pcrmcctaiità
C 5
ti Liure Premier
l'Enfaïi: de ù gratrci à Ci fantn£ic , crnnt Coiti beaucoup d'humidité de ces bou-
tons,! i Tumeur dirîinua 5: les pullules étants confolidces , nous applicames
dcicchef ic C.itapUimc iufqucs à ce qu'il y vint encor des boutons IcfqueU
nous se'clumcs dctcchefauec du blâcRliafis remettants encor le Cataplafme,
vfanrs aUcrnaiiuemtrnt de ces remèdes , enfin ce mal Ci opiniâtre & rebelle fut
f^ueri : Tay voulu aduertir les Chirurgiens de ceci afin qu'ils ne viennent pas
à charger de Médicaments fi toll qu'ils ne voycnt pas du Cuccés , Car aux en-
£7 fants Hc pcrfonnes dcbiles il faut du temps auant que la Nature rcucilie h puif-
fance du Médicament ^ luyfnce pioduiic Ton etïl-t : Il ne faut pourtant pas
perdre cournge mais piutoft attendre lemouiiemcnt de la Nature. D'yci nous
pouuor.s rcconnoitrc pourquoy les Médecins voiie ks plus habiles «S: les mieux
înteiitiouiiés font fi mai traictcs par leurs malades qui comme d.s garces vou-
drovent changer tous les iours de Médecin recourants le piusfouuencà desim-
pofteurs,^»: même à des Bourrca ix^Eu voici la caufe. Bien lonuent vn Médecin
aura ordonne vn remède (clou l'/^rt (Se s'en feruira quelques iours auec toute la
diii^^cnce requife, fans pourtant sucun fucccs > Et com.me la icrDcnce que l'on
ictcc en tcirene germe pas tout' alhcureA la viande ne le conuercit pas en lang
cii vu momét,auin faut-il du tcps au Médicament auant qu'il produilc i'x vcr-
t.u:fi peu Jant ce tepS' vn ignorant vient à donner quelque rcmeck i-npernnenr,
Ôi que le prem.ier Médicament vienne à faire (on cfi-^clcn forte q^ie le malade
<yucn"llè,alors le premier qui vcïitablement à rendu l'a fin té , fera coi:aert de
honio &: ce dernier fera loué iufques au troiHîme cici ik aura la rccomp:na;
<jni cil dci;c au premier.
En voiwi vn exemple , lean Dirkmannusiadis Médecin tiefcekbie à Colo-
auec Quelques fyrops &: eaux diniiilécs, par lequel le maladc,fuc rcllerrient fou-
bcTcquc le iour fuiuant le dit Tihnannus i'ccant rcucnu voir , il en reHeuc dix
florins d'or : comme il fortoit de la maiion du m,Uade,il eut à la rcnco:,rrc
Biikmannus auquel il monftra cette reçompcnce luy dilanr ,Monfieur xojs
ûués femé & moy i'ay moilïbnné , Ce que ï'ay ouï dire à Tilmannus mcme.
OBSERVATION XX.
Xy'^rie dangereufe Inflammation ou la Plagie du Pié.
LA Plante du Pié étant vue partie nerucufc ôc pour cccte rajfon ayant vn
trcs vif fciuiincnt& étant en vnlicu bas , il arriuc de grands accidents
quand
Des Tumeurs contrenature^ 15
quand ils'y fuir i:ifl.imm.icioi-», tk-qiioy ic baillcray quelques cxempk-stvnlcu-
ne homme de Cologne âgé de virgctiixjs ans ayant trop couru feiuic de la dou-
leur en la plante da Pic : ncs'ctaiit ferui d'aucuns remèdes dés le commence-
ment, la douleur augmenta laquelle fut fuiuic d'ii-flammarion : Ayant ctc
demande, ic rrouuay tout le Pré rum.efic& enflamme : la douleur ctoit très
grande qui s'ctendoit iufques aux Cuillùs aucc Hcvrc continue ôc ardente,-
Inquiétude , trcnchécs Se maux de cœur : le proceday ainli en la Curc^Ayanc
ordonne vue façon de viure fobre , ic le purgeay aucC cette potion» ^. Ele^
de fiicco rcfar.piilti.Taj]'zua:'it. cu7n Ehab. an, 5 6, fyr. rof. foL § j. cnm déco-
Uo A^ïmon- veron rad. OxyUp. cortic. i'iterior. rad.fratigidA & fem. anif. f,
poo y laquelle le purgea doucement : Ce mcmc iour deux heures après fou-
per , ic luy donnay iufques à (îx grains de laudanum ; il rcpofa cette nuit la
& en fut quelque peu fortifié , parqnôy le lendemain ic luy fis ouuiir la Vê-
ne du bras de même codé, tirant iufques à dix onces de fan g , parce qu'il
ctoit fanguin&robufle, ce qui diminua grandement les douleurs,la fièvre &
l'inflammation : Aulîi toft au commencement i oignis la CuilTcle gcnouïl, &
tous les endroits où il n'y auoit point d'inflammation auec ce liniment. ^« ol.
rafac. 5 »• oL lambric. ^ axung. hurnan. an, 5 w.w'^.Et fur la partie ie mis ce Ca- ^4
taplafmcf parce que félon la Do6trioe de Galicn il ne fe faut pas feruir de cho- 6|,
ks^ï:iiXcsJ'^Sem.Cydomor.fœnugr.alth.an.lii.piilu€rifentHr & macerentnrin dq^
calidaper duas horas.addefar.hordei liii.pulH. rofar. | ^.coqti. inf.ûj. açjUAadfor-
marn Cataplafmatis addiio ouo iûtegro,appîicetur & rencuetHr ^uoties opus videùl--
mr : Par ces remèdes la douleur commença à s'appaifer<Sc l'endroit où la ma-
tière ctoit r.mafsces vint à paiêtrc,fur lequel i'appliquay l'Emplitre Bafiiicuni
& le Caraplafme i'nîâit fur tout le Pic, Et parce que cet endroit eft fort cal-
leux , i'y fis vne fomentation long.ue auec du lait échauffé dans lequel auoyent
C4ait de la femence de foEiiugrec, des feuilles de mauues &: violert,;s, empor-
tant par après cette ciUofirc auec leRafoir , comme i'ay procède en U Cu-
re de la Paronychie Oùfemation quatorze. Ainfi l'Apoltume .s' étant creucc
en peu de temps , il guérit heurcuiement : Tandis que ic le traittois. Mada-
me de Lend m'a fouuent raconte qu'vn de (es Patents ctoit mort en peu de ^<^
iours d'vn femblable mal, Ce qu'il ne faut pas trouuer étrange vcu que cette
partie eft ucrueufe ôc d'vn vif fentiment d'oà viennent des grands Accidenw-
Oùferh.iQoCcfft-i'^i-
ti- Liure Premier
OBSERVATION XXI.
D'vne Dartre Corrojtue après vne légère BrpUure»
VNieuac François fucbriilcpar de la poudre des le pic iufques au gcnouïl
mais fort lcgcrcmcnc,veu que la p'^auà peine croie cntatnéc:Il eut recours
6j à vn Charlatan qui au commencement y appliqua Tetpace de quelques iours
de largille de forgCjbol ix blancs d'œufsauec les fucs de fcmpcruiiuim & fola-
trum, enueloppanr la ïambe aucc des lingf^s trempés en ces fucs &?.uecicurs
eaux diûillcesda douleur qui croit déjà grande s'augmenta par IVlagc de ces
Médicaments & fut fuiuie de fièvre , inqui-tude &: defluxioii d'humicurs far la
partie anec inflammation de toute la ïambe iufques à la Cuiirc , Enfin ilviiic
vne Darte rongeante fur toute la Ciiilïè ^c il grande que les Chirurgiens croy-
oient qu'il la faudroit couper, il en l'eut peu faire du gcnouïl : Au bout de lix
mois on me l'amena à Colognc,où il fut guéri par cetre méthode , anec l'aide
de Dieu II fut premièrement doucement purgé par cette potion. l/L. Rad.fcro-
phtilar. mAî.cortic. imerior.rad.franff-iUypoljfod.an. l (v. Herb. fur^ur.ctlfcHt£.fca'
{^lof.nn. m. Ç^i. fol.fenn.mHria.T^ni. cojne tnaij.aà'^îv. In coUtur.diffoltte conf. Ha-
Viech 5 / i.fyr.rof.folm.plur.înfHf. § i. tn.f. poo. Le iour fuiuant ie luy ouuris la
VcneBafilique du même côte &tiray fept onces de fing , & pour préparer
y* d'auantr.ge les humeurs &: purger en même temps,ilplit cet Apozeme.!^.^.<??^.
oxyljpJcrophHl.mai.C0rtk.ifiter.rad.frari^^:U,p0hpod,petrofeLcorttc.Trtmay-tff:.a>f.
3 i. Herb.AgrimQn.veronicfciibiof.fumay.CHfcHt<£,,ceteraclo,an.7n.î. ^Mmfier.cordi^d.
& genijïx an.pAg.uJiaHlr.pin.JJ'ntar.an.l Ifem. ^rtj.d;' fœ.nc.an. 5 ii.f.decoUio in
f.tjd^.pHriJJ.adconfumptionem tertitt partis i:-: colatur. tfe i 6>. infnndef, a. Âl:abr.ri?.
' el'Agfgr.rec.trochifc.an.T^iiii fol fenn.^ii.f.f.ti. Apoz.enupro w.deTtbus : Le corps
ayant ctc ainfî purgé ô: ayant ordonne vn bon régime, ie vinb ajx Topiques, ^5c
parce que la peau auoir été endurcie par ces Médicaments froids des le coni-
menccmcnt,ic me feruis de cette fooientation cmollicnte deux o,u tio.'s lois le
iour fur toute la Izmbc.'^'Àith totiHs,rad.'?x-yLip fcrcfhu! . an ^ i i.fol.r/jala.vio-
iftr.fior melilot ftimbucoii.m i.fcm.fœnuor. jii. cccjhc m a^j ad co'^ifn?/jpiio'jem tertid
partis : Il faut appliquer fur toute la iambc d:s linges doubles ou des grandes
, <^ Efponges trempées en cette Decodrion , après I ; fom^-ntarion f^ite iVfpace de
demi heure on y appliqiu ccr EmplâZvC'lC.ftr.fùbar.lMpirior.ai. ife (l. foenugr. (^
linian.^ii.Rad.Alîh.recensco^A & crîbrata '^îv. pulu. flor. Cavioinlll melil.rejar.
.rub.abJymh.vHlg. ^ /. f.f. a. Catapl.lz proccday en ctzzc marJcre quatorze iours
durant : cependant la peau fur ramollie & la douleur app.iisée & la Sanie ou
humeur acre & virulente qui fortoit des Viccres futé[>aiine &c préparée à la
concoâ:ion:Ie mis fur les Vlceres du Précipité lauc en eau d. plantîn i'c de ro-
/® fcs de cet Emplâtre par dclFus. ^. BinpLdemHçilag. Palmei an. tb $. Empl. de
Ranis
Des Tumeurs contre Nature. ' ^5
JUniseum mercurio l iualum. vJîlX^^lcamb.an. li.ol.roftc.ij f.f.f. a.CeratHm: fur
la fin ie mcleruis de cet ov\gncm.'^>K^d.fcYophul.mai.Oxylap.cortic.fra:iguU afr.
%iv.fitccifciibiof.[nm<!tr.acetl.an.]^\.pingii.porciru \o\\.conqHaj]entiir radiceSydein if*
lebece cmn pingiteàine é' Jaccis coâinamur adfuccorum confUmptionem , cole.nnr &
YefeYuetnrptngtieaoyHmHS-lfi.^iPnlii-Aluin. & vuricl.xfli.far.liiphi.uaccar.UHrh
cinerHmfnUginis an.^ i il.argcmt viui extinSli. \ii. Therlac.\i.f.f.a. vrgu.in mortA'
rio. cjHo inungatur ma Tihla, horis matminis : Il fut purge au moins vue fois b Çc-
iT5aine,mais légèrement , par la Médecine (iirditte ou quelque autre rcn:iblablc,
comme auec ks Pilules Qcfurn^tr»conjeU.Hamcch.EleEl.Inio mai\:^ firniLcum de-
i:oU. fumar. fiabiof. cufcutA & rad. Oxylap. sxhibttis : A l'ai Je de ces rtmedef II
fut gueri(par la grâce de Dierjjn refpacc de deux mois.
R Br M A R QJ^ E.
il n'y a point de doute que cccte Dartc auoic été proiuitce par ces remèdes '
trop rafcaichilîants i^c parles Emplaties,car iclon Hippocvacedc froid maid les 7}
VlccrcSjdurcit i.i peau, empêche qiie la doijlcur nevicnne à lupputation ; rend
la partie noire, caufe des fdirons de ficvrc , des conuulfions 6c diil^ niions de
membres : A raifon d^quoy les humeurs qui s'ctoyent icttccs fur la partie à
.caufe delà folution de continuité &c violence de ladouleur/urent retenues fous
le cuir par l'vfagc de ces Médicaments rafraichilîanrs , Icfqucls s'y étants pour-
ris &C deuenus acres, rongèrent la T^td.n.Obfer,i.ioo.Cent i.
OBSERVATION XXII.
Vvn Erifypele ^ni fe conuertlt en Çangrene pour y anoirmls de l*hu)ie.
V
N Payfan ayant vn Eiifvpclc auec Phlegmon en la main gauche , par le
confeii d'vn B:abicr s'oignit la main 6c ie bras auec de 1 huylc Rofat , ce
qui augmentâtes douleurSjrinHammation & les autres Accidents, de forte que
la Gangrené vint en toute la main , étant venu vers moy il fut guéri par la fca-
rification «Si: autres remèdes qui font nccellaires encemal,Par où il faut appren-
dre quei'huyle ne vaut rien dans les Inflamations comme ditGalicn en fon 5. -ta
iiurede lafacultc des Medicaracnts.O^/8z.O«/.io.
O B S E R V A T I O N XXIII.
Z>V« Hydrocéphale monJîrHeux.
IL faut mettre ce mil an rang de ceux q-uiarrinent rarement, Eftanr à Colo-
gne i'ay veu À diucrfes fois vn E^fanr,nc de Pcrc 6c Merc crcsrobjites,au<iuc>
O
Kf Liiire Premier
'ftTcftc croit vrnàcd'vnc cffloynble^ioirjur , Car elle anoirvnc aulne & vn
quart i- Toiumcfui-eiie Colog.i? , Et en liautcur , d'vnc Oreille à l'anti-Cjil y
p.uoit ci'.iuanrao-e : Un ctoit pisnc ninfi rronfliucux,iT!ais étant venu à l'àgc de
ù'-.i maisila Telle commença à Iny grclTn-, 11 n'auoit point érc malade aupara-
uantjtontcsfoiilc rcftc Jn corps icccuoir peu de nourriturc-.mais en l'elpacc de
trente mois la Tcftc vint peu à peu à cette grollenr > finalement ii tomba en vn
atrjn!Î-:m-nf ktliu-j^iqjc & mourut bien toft aptes , Le Ciane ayant ctcoa-
iiert en picfencc de Jean Slotanus & Henri Pallaniius Dodeurs en Médecine,
nous /trouu.ifmes dans ks deux intcrienrs ventricules du Cerueau iufqnes à
d!>.h':/icl:liurcs d'eau plus claire i] le v. hyftil , c eitc eau auoit dilate non Teule-
mcn: les ventriciks mais aulîi la lublt.incc du Cerueau,de forte qu'il ctoit (a la
reftfu? du Ccrcbellurr, J élargi comme vn lac , ce qui ctoit caufe que les con-
uolutions Ôc replisdu Cerueau ne T.- voyoyencpis,tout étant boufli : la dure 6c
Pic mac ctoyent en leur entier mais ficLirgies qu'elles couuroyent tout le Cer-
ueau: le Crâne aufTi croit dibté, nnis il a[>prochoitpar tout plutoft de la na-
ture d'vne membrane que d'vn Os : ic la gnrdc encor en mon cabinet: le tioifie-
nc ventricule nefe pouuoic pas voir étant confondu aiiec les dcuxnntcrieurs:
nous rrouuamcs dans le quatrième vue certaine maâcre gluante mais en petite
quantité,!! n'y auoit rien de changé en h bak- du Cerueau , fans pouuoir trou»
ucr les conduits par kfqucls cette matière fcrcufe s'ctoit gUfsee an '-^ erueau»
quelque exade reccrche que nous en ayons f.iit : Ei;fia toutes ks pai tics Natu-
relles &: vitales écoyent belles à mcrueillc, ce qui étoit cauf- que kuis foi^clios
fe ftifoycntafsés bien>ayant à pcnccu Jamais de k fièvre, mangtanr,beuuant &
fe vuid.inî 6< dormant comn-c s'il eut été en plaine faute ; il ne m.nquoit rien
lînon que la nourriture ne luy profitoit pas, car tout le corps.a larcierne de la
Tefte,demeura petit & exténue : Q^nt auxadions Animak.s con me l'tfpiic,
la parole, la vec.ë, ToUyc & autres , il en étoit entièrement priué, rernu int auec
pcne ks bras>i iaî^bcs lèvres, yeux <^ paupières volontairement , mais (ouucnt
contre foti " rc > c'tft à dire, qu'il a oit des contrarions ôc conuulfions à l'ordi-
naire, mais lans douleur.
Vày connu aufll vue petite fdlc de Icnn Slotanus Médecin à Cologne qui-
auoit ce mak.elle fe porta paifàitcemcnt bien iufques à l'âge de trois ans, La Te-
lle commença dés lois à grcflir mais non pas lî prodigiaifement: LU mourut
en fia de 1^ petite Vérole : Ayant ouuert le Crâne ou trouua beaucoup d'eau
dans les deux antérieurs ventiicules du Cerueau. Obferttation X.tentJ.W y a vnc
exemple à peu prés femblable en la Ccntuti,- W .ObfcrH.X.
*"" OBSERVATION XXIV.
Que lincifion de l' Hydrocéphale ejî dargereufe.
Ai^lc fur le Rhofne,villc appartenante au Canton de Berne en ran.i<5o8.
il naquitvn Enfant de Père ik. Merc de bonne compkôtion & confticu-
tion>
Des Tumeurs contre Nature. 2,7
tîon » /înon que celle-ci pendant fa grofîèllc s'ctoic rcoiiucc plus foiblc que à'
coutume , il ne le trouua ncantmoiiis aucune deformitc en i'cnfiinc fi ce n'cft
que l'œil gauche fcmbloic vu peu plus enfonce que l'autrciA paine vr il atteinc
trois mois que la Teftc commença peu à peu à hiy grofîir, de foite que n'ayant:
pasencor huicmoiSjiU'auoic plus groifc que quel home que ce fur, car de l'eau
très claire dilatoit fi foit le Ciane, que la peau & cour ce qui cftoicdellbus en
croit venu tranfparent,car mettant la chandcle d'vn côrc ou aux rayons du So-
kil,on dccouuioir cette eau tresaîicmcnt dedans la Teftc : Il tettoit cependant
très- bien quoy qu'il Ru fort chagrin , prenant nourriture comme les autres en-
fants, mais qui s'en niloit toute a laTettc,lcrcrte du corps ne profitant pa-^iMâ-
fieur Anthoine d'Erlach Bailiif dulieufçachant que i'étois ciuieux des chofes
rares mefîtvenir pour levoir,cc qucicne pus faire parce qu'il me falloir aller à
Bourg en Bicircpour voir Noble lacobVuallici* malade d'vn coup d'inrquebu-
fade:durant mon voyage ils le ieruircnt d'vn icune Chirurgien afsés entendu:
iceluy ayant fait vue incifion au Sinciput droir,en tira pour h première foiscn-
uiron vne liare d'eau claire, & ayant mis vue Tenteaucc vn Emplâtre, il ferma
lapiaye,mais laTcfte croit fort plaine d'eau laquelle couloit fans celle & eu
quantircjilen déuint fifoiblc qu'il mourut au bout de ^6 heures, ayant atteint
neuf mois ik. quatre iours.
On peut voir par la combien cft dangereufe l'apertion du Crâne 5: l'cua-
cuation de cette eau , laquelle eft contenue> comme ie l'ay vcu par deuxfjis,
dans les antérieurs ventricules du Cerueau , que i\ quclqu'vn veut elfaycr de l'c-
uaciier , il eft neceiïàirc de faire incifion des membranes & de la fubftance du
Cerueau » ce que l'on ne peut faire fans tuer le patient , Que faut il donc faire?
Pour moy ie tiens que ce mal eft entièrement incurable appuyé fur la raifon Se
fur l'expérience : Quant à celle-ci , ie fçay que Ican Slotanus cckbre Médecin à
Cologne a fait tous les efforts pojr guérir vu lien enfant , s'étauc ferui mêmes
duconlcildesplus grands Médecins d'Allem.agiK:Et la raifon montre que cet-
te maladie eft très grande , pour laquelle il faut employer les dcrnivrs remèdes,
tels que font le Fer, le Feu , les grandes vacu^tions «Se vue cxjuife façon de yi"
ure : Or qui of croit s'en icruireu d<:s petits Enfancs?
Outre que le Cerue.iu eft Ci fort détraque & aftbibli , que non feulement il
conuert'-t la plus gLindepai tiède fi nourriture en ferofités, mais aulfi il reçoit
toutes celles qui (ont au icftc du Cor^-'s , veu que les m.cmbres robuftes ont ac-
coutumé de (edéch.ugerlur les fci'jL'S, de là vientquele rcfte du corps ne ù
nourrit point>quov que les ovgancs nourriiîitrs le portent bien. Ocffcra. Xf^U,
Cent. m.
' D 1
tM Liiïrc Premier
OBSERVATION XXIV.
D'vn Hydrocéphale A^t'fiàei.
'An 1595. on vie à Paris vn^arfon tie 15. ouiS. rr ois auquel la peau de la
ITefte ècoic liforc tendue qu'elle rurpalfoic de beaucoup la grolîèur de la
Teftc des Enfants dojit il cil parlé en l'obferuaiion précédente : les
Pcre èc Mère de cet Enfant le poitoycnt de lieu en lieu comme vn mon-
ftre : comme l'abord du monde croit giand, le Magillrarfoupronna qu'il
y auoit de la fraude ik. lit mettre les Père & Mère en prilon , étants appliques à
la qucflion^ils confelîerent leur crime,airiuoiL- qu'ils auoycnt fait au fommet de
la Tcfte iniques aux mufclcsjvn petit trou par lequel fourrant vue Tyringuc ils
iouffloyent entre la peau &c les iiiulclcs,de iorte que peu à peu &c. continuant
ainii tous les iours , ils l'anoycnt fiit venir à cctre gioircin-jla Syringue étant
otcc ils bouchoyent le tiou auec delà ciic ou quelque chofe de lemblable.
le riens cette hiftoire de Noble Louys Vvallier qui a veu cet Enfant auec.
Noble Philippe d'Eltauayf,Seigneur de Mxilonàms.Obf.i^.Cent.i.
OBSERVATION XXV,
^D'fiôn rnmJTrHe'AX Hydrocéphale.
Î'Ay veu rani6ii.au mois dOdobre à Hildcn ma Patric,par après à Duflè!-
dori-^vn icune homme de iS» ans trauaillc d'vn Hydrocéphale , il étoitdela
haute Allemagne,ili Tcfte ctoit prodigicufe car elle auoit en rondeur deux pics
de Roy <S<:^dix pouces & en hauteur autant : le relie du corps ôc principale-
rneut les Pics flcfqueis il auoit tournes & retiics^ & les ïambes étoycnt fort
amaigriesjlc Crâne n'ecoit pas membraneux comme, aux autrcs,m.ais on lefen-
toit manifcllement dur Ik, foiidf.il ctoit de petit iens , parloir ncantiàîoinsafscs
difl;inâ;cmcnt : il mangeoit beaucoup &: gloutonnement : cftoit fort fuiet au
mal Caduc : la Tcfte comm.ença à luy grollir à trois ans après être relcuc d'vnc
Ta2.hidkâi^iié.OhfernA^.Cent.2.
M
OBSERVATION XXVI.
D^'-one Ecrmel/e/ùppure'e.
R. Ican Chiifinet Miniftre à S.Martin dans le Bailliage d'Yuerduii âgé
JLde plus de 70. ans auoit vne ECcroiisilc des fa ieiuicilè qu'il portoit fans
aucune
Des Tumeurs contre Nature. i^'
aiicuneîncommoditc, hormis vue feiuoLiciirc par iiucniallesicaufe d'vne dc~
lînxion quiluy tomboicfur 1.- v^oficréi: !•'. Trachée Autcre: Au commencement
d'ocbobre i6o8.ayant eu prcinicrcmcnt quelque douleur de Tcftc, illuy vint vn^
grand Rhume c\' plus fâcheux que de coutume qui luy tomba fur le col & fur
rccrolicllc : Ne s'cfl:ai«t fcrui au cotTimenccmcnt de médicaments ni d'aucu-
ne Reuulfion, & la Dcfluxion continuant touliours à verier fur la partie laquel-
le ctoic dcia foible , il luy vint vnc grande diHicultc d'aualler : il ne laiiloir pas
de faire fi charge parce qu'il auoit la voix & la Rcfpiration libre ; le mal
augmentant deiour en iour 2c ncpouuant plus rien auailer , il demanda con*
fcil à Mr-Rofcius D. M. qui luy ayant enuoyc vn laucmenr, vnc Médecine aiicc.
quelques onguents Se cataplafmcs , luy conftiilaencor de me demander, afin
que ie reconnulle de plus prés le mal , auant que venir à l'Opération manuelle:
il récent le lauemcnt qui luy fit du bi^n; fans pouuoir auallcr vue goutte de la
Médecine, Tcftant venu voir, ie trouuay ce bon vieillard extrcmem.ent dcbilc
auec vnPoulsintermittant, cariln'auoitni beu ni mange il y auoit pafsc jf.
iours, fans pouuoir auailer vnc goutte de boiiiilon , & ce qu'il prenoit ayant
pafsc l'epiglottis fortoit fans toux ni vomiirement, mais par vn certain fêchcux
effort , il n'auoit pourtant pas perdu l'appctit, ce qui i'obligcoit à s'écrier,
mifetable que îe fuis qui meurs de faim ! au coftc gauche de la Trachée artè-
re pendoit cette cfcroiielle de la groiFcur d Vn œuf d'Auftruche, laquelle
n'ctoit pas fort dure ni attachée à icclle, c'eft pourquoy il n'y auoit ni diffi-
culté déparier ni de refpirer : on nepcutricn dccouurir contre nature autour
de la Luette ni des Amygdales , quoy que l'on^ut baifsé la langue en mettant
le Spéculum cris, car le mal êroir plus profond , partant le malade àshva que
iemiire vue fonde d'argent pour tâcher doter cet empêchement, ayant donc
pris vne Cannule bien courbée à laquelle i'auois attaché 'vne 'éponge , ie la
fourraydansl'Oefophague : àcôtéduhaut du fternum , là où les deux claui-
cules fe if>!gnent , ie trouuay vn fi grand cmpéch -mait ôc vn G grand détioit,
qiiele Cacheter ne peut entrer qu'à grand force : l'y ayant neantmoins mis S-z
remis, il s'y attacha vne certaine matière gluante qui rclTcmbloit à du lard, qui
fortit pourtant fans vomiirement mais auec le même etfort qu'auparauanr: Far
où ie connus que cette écroueilc étoit venue à ffcippuration en cet endroit , car
on trouue Icphis fciiuent de fcmblable matière en ces tumeurs : l'y ren-sis la
fonde trois ou quatre fois & toufioursi'amcnay quelque peu de cette matière
après quoy, il peut auailer vn peu de vin & de laicî d'Amendes , & croyant être
remis il me donna mon congé , mais il mourut vn peu après mon départ, parce
qu'il auoit été fort atîoibU& amaigri par le ieune preccdcnc , ^ que rOcfb-
phague vint à fe remplir derechef de femblablc matière. O ^'tfr«. 54. Cent. 3.
D j
^95
59 Liurc premier
OBSERVATION XXV.
P«V/ y a dtt dunger à omcrir les Ecro'ùelles,
L'An iÇ9^. ic visa Gencuc anccMr.Ican Antoine SarraziiiMedccm du Roy,
vnc fille de dix ans qui auoicvne efcrciicUe en la partie droite du col, 6c
comme elle êtoitfort at:achce àla Trachée artère & au netfrccurreatjclle l'em-
pcchoit en quelque façow de parler & de rt fpircr, parquoy la mcre me pria de
couper cette Tumeur de peur qu'elle ne la rendit difforme & ne l'cmpcchat de
ftf maricr> croyant que cela (e pouuoit faire fans da-igcr parce qu'elle n'eftoit
pas plus grolïèqu'vn œuf d'Oye , mais Monfr, S:.rraziu & moy n'en fufment
pas d'auis, tant à caufe du danger d'ha:morrhagieque de perte de la voix, car ks
vdnes iugulaircs & le nerf récurrent fcmbloic ctreenucloppc dedans cette Tu-
meur, parquoy nous la laiiralmes là : mais vn peu de temp> après vn certain té-
méraire de Tonnon vint en ville qui promit hardiment de poiiuoir couper cet-
te c'crolicllc fans danger, accorda du prix, &: toucha l'argent, mais ayant mis le
rafoir, ellcmourut dans l Opération, cccimpofteur futmis en prifon & rcb-
chc après auoir paye vne groflc amende. Ohfern. 35. Csntur. 3.
OBSERVATION XXVI.
D.s Efcroùelles hh' col de prodigîeufe grcjjeur.
VN Gentil homme d'Auftrichc âge de zo. ans étudiant à Orléans, comme
il lu y fut Tenu quelques éciolLllesaucol, fc feruir du Conicil des Mé-
decins & Chirurgiens du lien lelqucls ayant tout cflàyé, mais en vain, & icclbs
augmentans de iouren iour, il vint à Lyon où il conlulta auflj les Mcdecins ik.
Chirurgiens du lieu, qui dïayercntauflTi lans (ucccs plulîeurs remèdes rnnt en
dedans que dehors, enfin étant venu à B.iilc il (c mit entre les mains du D. Fé-
lix Platerus, & comme i'cftois pour lors à Balle fcruanr vn Prince en qualité de
Chirurjjien,ic fus auQi demande : le mal cftoit prodigieux <5<: horrible , car les
ccrolklîes étoyent venues à vne fi cxcciïiue grandeur , que le col auoic pifsé
quatre Paulmes de tour rcmplillànts non (eulement le creux qui efl fous le men-
ton, mais venants iufqucs aux oreilles , la future Lambdoidc & au milieu du
fternum, elles ctoycnt fort dures , incg-îlcs &liuidcs, ent'ironnécs de veines
remplies de ^^ng noir ; Moiifi-. Platerus fit aufli ce qa'il pût mais fans cftct, &c
comme il voulut aller aux Bains,deBadeD, il y confentic après l'auoir prépare
Qc purge: l'y vis ce miferable auquel i'ordonnay aufll quelques médicaments
palliatifs, mais ayant demeure inutilement deux moisaux Bains, il retourna de-
rechef à Baflc ou il mourut ctoufte. OhfcrH, ^, Cent. 5.
OBSER-
Des Tumeurs contre Naturel
OBSEPvVATION XXVII.
De la Cure des écroùelles es enfants,
CEfnal ne dolc pas être mcpilic , car telle forte de Tumeurs glandulcufcs
autour ducoU'cndurciCnt aisément & dcuiennent malignes , de forte -,
qu'elles font de très difîicilc guciifon, principalement fi elles viennent àcreuer
& iur tout aux enfants c|ui font délicats de nature & ne pcciucnt pas porter èQS
médicaments acres ; Il faut ordonner vn bon régime de viurc , défendre l'air
froides humide & les viandes de cette nature : faire manger du bon pain, bien
Icuc qui ait vn peu de foujde la chair qui ne foitpas trop hamide, celle ik porc,
de fauuagine& d'o) féaux deRîuicre eft contraire & toute celle qui eil fumce
&falce : il faut prcCrire celle qui dcllèche comme d'oyfcaux de bois, bœuf,
mouton iSc femblablcs, pliitoft ônequeboliilliejil ne faut point donner de ra-
gouftsfi ce n'cll du boliilionde ch.n*i où aura cuit de lafaugc, rofraarin, m^io-
raine & fanictc: il faut faire ibitcnir de toute forte de légumes , hcrbcs,fruirs
qui (e corrompent aiscmcufjcommc de prunes, ceiilestScC. Il faut faire cuiter
aulll toute lorte de poilfonSjlaicagCi hormis le beurrc,o'dôner du petit vin blanc
lequel on trempera aucc dccodtion d'Agi imoine & de peu de véronique : il eft
necedaiie de purger de temps en tcmp;:& parce que cela ne fe peut faire par des
pilulesjil faut donner des t.-iblertcs de Diacarthamum iufqu ;s à i. dragmes , ou
bien 5(5. d'c'peces d' EleEluarintn Inânm minus en du bouillon: vn peu de pou-
dre de m.echoacan cftauflî à propos: en après il faut fortifier le ccrueau par de-
dans & dehors : ilTautdonncr tous les maiins vn p^u deconferu^ de fleurs de
Ectoinc,raugcou maioraine JL- confcru.jlor. Béton, falu. fummlt. mAioran. an. ^ j.
fpec. Aromat.Yof. Diarrhod.abb. an. ^j.cumj}r, de béton, f. eleUar. Apres le repas
ondonn^iade lamiuacydon. fimple ou de la fcmence d'Anis(5v:corianJicprc- -^
parc: la Decoélion de fallafras f ir des mcrueilles en ce cas, car il fortifie & dei-
scche le cerneau, il la faut ainli préparer l^.Ugnifajj'afr.optimi minutim dtjfe^i jj.
jioY.beîon.p.].herb.Agrimon.veron'ic.an.rn.Çs.infunde per hor.îs x.v.in acj»fontis tevidâ
Ib tv. dein cocjue le no igné & vafe bene claufo ad confumptionem ]. partis ^ capiat
de colatitrafacch. diilcorat'î 7^ il] hora G.matittina y il faut s'endormir après on
repofer l'elpace de deux heures (ii\s contraindre à fu'ér , car la caufe coniointe V7
(^comme on i'appelejde ce mal,cftant vnc humeur froi JCiCralfe ôc gluante,pcuc
s'epailfir en f_hirrc par les fucur^: ce fera donc afscs de confumer la caufe antc-
ccdentc,àf(^anoir l'humeur phlegmatique qui eft au rcftc du corps parla fufditc
dccodion, tandis que l'on t.auoj^era à ramollir, & à diflîper înfcnhblcment la
itumeur par des remèdes cxternes:il faut doc tenir le garçon en vn lieu mediocre-
«icnc chaud nuec vnc bônc faconde yiurccaiicfoitpcudeficcat^e,neluy donnic
,^z ^Liurc Premier
point cîe boiiiUons nî de fiuîts humides , en lieu def^ucls il mangera des ra£-
fins (ccsy des Amandes ^ du bîfcuît: ; il boiia de cetre dccodion vingt iours
durant ou Wf^acc d'vn mois, en le pmgcant de dix eu dh iours; on fera vn au-
tre Dccociion auec le icfte de la première y adiouranc de l'eau, vn peu de railîns
iccs & de rcglillè laquelle il boira aux repis en lieu de via , on l'aromÀtizcra
auec vn peu de Coiiandrc & de Canclle ; on luy metrra fur la Tcfte de ceftc
, ..poudre de laquelle on luy pourra faire vne coefte. ')^.flor, béton, ftoech. rofar.
rnb. anthos , fummît. ntaiorc an. m. y cori^nd. fppti 5 i). lignialoés 5 j. rnalîich.
. thur. an.T^iÇs. fiyr.calarn.benlo^in , garioph. an.'X^'y mofch.gr. G. m. & contnn-
âanturf.a. Le corps cllancruiHiammenc purgé, il faut venir aux Topiques, ils
|H^ doiuent tous eftre emollitifs , difculîîfs 6c vn peu delî:cacits ; on fc feruira de
cette fomentation. O^.raâ.Alth. bryon. fcrophnUr. wai. ebull an,l j. jîor. ea-
Tnom.metHot.fambuc. ebttli an. m.'].fem.an\f. ^ fœnugr.an, ^ (s. coi^ue in a<^ aà
cofum 5*. partis : on appliquera vne éponge ou vn feutre trernpc en cette deco-
.jibion, fomentant deux fois le iour la partie refpacc d'vne derrii heure : après
80 quoy onoindrale col de cet onguent 7^. vngn.Dialrh. 5 fj ol.lilior. alb,piagued»
^allind, /in/erts, vrfi & hnman.an. i (?. a^. vît a 5 i\. m.f. Unimenium : en après
^..feion le confeil d'Auicenne on froillerales ccroiiellcs bicwfortaucc i-s doigts,
' • cil fin on appliquera dcllus l'Emplâtre Diachylum cum gumm.is , y adioucaat
vn peu derÊmplâtrc de Ranis : il faut vfer de cette meibodc i>. iours durant,
âpres on adioutcra à la Djcodîon & au Uniment vn p.-u de vinaigre jfjyllitic^
. &^cn lieu de l'EmpUftre Diachylum^ on y m-ctcra de la gomme Ammoniac dif-
' ** foute en vinaigre où nôtre EmpUilrc de Cicuc quifaic dcsmerui-illes en ce cas,
^ lettre ji.
jtr^'^ • —
OBSERVATION XXVII.
' Defcription £vn Onguent expérimenté cful refout c^ dljfipe les écrcKclles
& Tumeurs fdiirrenfe s.
e ^. Raâ. brion. cychimli. heleni]^ cncumer. agreft. an. 5 j« co^ue in vtni albi &
acett an. cj. f. dein pifîentur & per fetaceum percolentur , coh.rura adâe p:i!u. raâ.
irid.rnyrrhdfoltbant.ma/îtchts.crodyari/loloc.rot. an. ■^^i'^.flor. camont. rneUlçt,
JambHC.an. pu^. /. opopan fia^apem^ajnmo'i. b4elh\, q^^dba-n tna'j. v'noi d>J]olnt. an.
^Q.^gum?nlhederXi /iiracls caUrnirnan. 5 lij. EHphod\ 3 '•0 . femin . flaphfagrié. 7^ itG.
jirgemi vinifalinA IjQminis .teiwne.xtiriElt ^ i]. ol. lUior. de vitell. omr. Oefpian,
4n. 5 V). Adep. Anferin. Anaiinl , fuîUi, mednlU oHor. vituU, m. ^j.mHci/ag. fi-
^ min. ImifœnHgr. rad. Althottan. l \, m. & cumf q.. cera jUna & Terebinthina
yjsat Emptajlrfimj Qbf. 38. Cent. 5. ^
OBSER-
Des Tumcun contre Nature. Ji
OBSERVATION XXVIH.
lyvne Tumeur Oeâematsufe ah Ger.oml.
VNGcntil homme du Bourg die Villeneuve fur 1j bard du lac Léman,
étant crauaiilc d'vneTumeur nce de matière froide t^c vilcidcau Gcnoiiil,
recourut à vn Barbier ieqncl faiisaucir aucua égard à la caufc antécédente cii'
trepric de le guérir par les fculs Topiv^ucs : il mit donc des vcutoufes puis vu
Cauftic à côcc de la Palette «S^ y fait vue fontanelle afin d'en faire i'orrir la ma-
tière : cela ne reiilîîiriat pas , il y mit vn Cataplarmefait de Icuain & de eau- '5
tliarides & exulccre tout le gcnoiiil : cela fut fuiui dVne ttes-grande douleur
autour du genoLiil, aucc inquiétude, fièvre 6c autres grands accidents , & cn-
tt autres d'vne doiîleur deRcitis, des lumbes & du ventre qui le tourmentoit
extrêmement , & peu après furuicat vne fi grande ardeur dVrine qu'il n'en
pouuoitpas rendre vne goutte fans grand tourment 6c crier à haute voix, or
: les gouttes qu il rcndoit ctoyent laHglantcs : ayant ôte ce Cataplafme cette ar-
deur d'vrine & les autres accidents s'appaîferent vn peu, la Tumeur du gcnoiiil
ayant diminue en quelque fiÇon , car la violence de ce veficatoirc auoit diiîi-
^pc vne partie de la matière , mais la plus fubtiie > ce Barbier applique encor
, fon Cataplafme qui réueilla les mêmes accidents, principalement l'ardeur d'r-
rine, mais auec plus de violence qu'auparauant, ce qui obligea le malade à le
quitter ; il me vint donc trouuer à Laufanne où ie le traittay en préparant l'hu-
meur piciiiteufc par Apozemes & ie purgeant par fois auec les Pilules Aggrc-
gatiues, d'Hetmodadtes : ic luy £: aulli prendre la Decodtion deGaiac , faiîi-
Fias & chine pour le faire fuct doucement , &i. feulement pour échauffer cette
matière froide &: gluante qui ctoic ai:tour du genoliil, en après i'appliquay le
Cataplafme fuiuant pas de Guidon, ^5*^. far.faùar. Hotde'uin. ^iv.fn^fnns her.e
trïtt m. if.Jîerc. caprin. îriti It» (5. c.irnjtn. meiJkt. an. rn. j. citrn l:xhiîo & fap& a. 84
f. ex omnibus fi,u Empl.^.ddâr.do.oL camo?n.dr J^'icih.an. 1 1\ nppUca cnUde bit
An die. s'eftant ferni de ce Caraplaimc prelques vn mois entier, il fut guéri; mais
comme la caille auoit été aftu»ibli^ p it la longueur du m.d , . ie luy confeilUy
.J'allei aux Bains de Valay où il fux entièrement rétabli. Gbpsïu, <î8. Cent. 6,
OBSERVATION XXIX.
Ph Schirre c^r de fa Curation.
Ous m'écriués qu'vneDame âgée de 50. ans en l'an \Cii. fut atcaquc; 'de
^ Pcftc 5c eut vn Btibon en l'Aine d^oirc , duquel pendant lîx mo^ Il cft
fouhouis forti-vnc matiac iereufc, que mainccaant il y reile vne rumeur ie U
Liure premier
plus
durcie peu à peu : l'ay rcmaïquc à dideifci. foiscjue la rrcme choie cft arri-
liée es AbCés Jcs mammclbsqui lerjutconueicis cnfchirie : or 11- Mcdcciu
qui l'a traicrc a eu railan (J'entccccuii: l'vlccie ouucrt des le commencement,
comme il leiaut pratiquer en toutes les mahJics c]ui ont de la malignité,
comme en la Pdte , en la moifure du chien cnvagc & d'autres Animaux:
mais canJis<]ue l'on entrerIcncrvL-crcouuert, il faut mettre aux Tentes des
mcdicamei.ts q'ji a:rircnt les humeurs du centre à la fui face du corps , ce qui
u'a pas ertc f '.if au commencement de la Cure, d'où vient que la pnrcie tcr-
reflrc & ^ irquculc de l'humeur ell reftce : ce que ie conîcdure par c^,t endroit
dévoue lettre où vous ccrii.cs que quelques m.ois après les glandçs de- l'Aine
fe loue eniices peu à peu & qu'y cflant furucnu de nouuenu de la d*alcur,
rougeur Se douleur, le mal s'eft tourne en Abfccs & vlccre , lequel a tfté gue-
lipardcsLulUes u'Aviftoloche , faillies èc racines de grande ortie, Valcria-
îie , Herbe Robert , Véronique, Saniclc , mettant autant d'vne que d'autre,
Icrqucllcs on a fait cuîie en vinaigre & vin : Il cft derechef manifeftc que l'on
a manque en cet endroit, à Içanoirque l'on n'a pas attiic luififammenr cette
matière cralft OJc viieide par des Tentes, ou au moins par ks medicamcnl-s
qu'on y met, & que l'Vlcere n'a pas été parfaitement mondifié , vcu que il y a
iieuxa:'sque ccit. glandule a comTrencc derechef à augmenter : le remarque
donc p.V' vô-rc lettve que la fem nce du mal à croupi des le commencement
d'icelui i :(qu'à maintenant dans l'Aine, L f hirrc étant venu à la giolfeur d'va
œuf d'oye , A quoy a beaucoi:p connibuéji- Ion mon iugemcnt,ie vinaigre du-
quel on s'l ft iaui mal à propos , car cjuoy qu'il découppe les humeurs crnlTes,
qu'il defsc«.he & qu'il aide la pénétration , ccmîTsc dit G2I. 2. ad Giauc. &c 14.
mt:h. mcd. li elt ce qu'il s'en faut feruir modérément , & en tel cas il le faut
mêler aucc des médicaments cmollitifs, autrement il p.tiifîc par manière de di-
re les huir.curs crallv-s , diminue la chaleur miru elle , 6t oftence les parties
nerucufes : le mal donc duquel il s'agit cft vnfchirre formé d'vne humeur pi-
tuireufe^craif .vifcide qui s'tft endurcie , laquelle n'cft pas en apparence exem-
pte de rralifT;,it- , prcmieremc it parce quelle tire fon Oiigine d'vne matière
mali'^ne i^ pcllilentielle la iuelic la Nature n'a pou dompter infqucsà prcfentni
chàlîncntieiefrcr.thors du coips dans lequel elle cft cncor cachée, comme il
appert par les douleurs qui fc renouuellent dans l'Aine toutes les années à la S.
lean. Secondement i'cftimc qu'il y a de U malignité parce qu'iKft enuieilli, car
les Schirres pour la plufpart, mêmes en ceux qui fe portent bien,acquierent en
dndc la maiif'nité , i'cn pourrois amener plulicurs exemples f\ ie voulois : en
troilicme lieu il peut être dcuenu malin à caufe de la conftitmion du corps,car
vol scciii:és que cette D.ime acte trauailléc de mtlancholie à caufc <fvîie hu-
meur
Des Tumeurs contre Nature. J5
mciir bruice qu'elle aiioit amafsc dans les veines : le mets rout ceci pourvu js
fiire voir que ce fchirrc ne peut pas être gacri Ci on ne vient à l'Opération
inanuellepar rxtirpatlon, ce que ncanrmoins il ne faut pas entreprendre légè-
rement , principalement s'il a des racines profondes Ôc attachées au Pciitoine:
car fi on ne l'arrache pas entièrement aiicc toutes fcs racines l'Opération /cra
nulle : le fuis donc d'adiiis que l'on fe feruc du Cure palliacine qui empê-
che l'augmentation , & qu'il ne fc conuertiire en Vijcrc malin & chan-
creux.
On procédera donc ainfi. Premièrement on obferucra vue façon de viurc
qui engendre du bon fang ôc des humeurs douces: rc:ondcmenton purgera par
fois CCS humeurs aduftcs, troi(îci"ncmenr on luy tirera du fang , feiou fcs fsrces
pour le moins deux fois r.injpriucipalcmcnt au Printemps & Automne , mais
i'approuue' particulièrement l'oui-errurc des veines harmor. h jidalcs , car
Texperiencc montic que h fang bruic s'cuicuc pàncipalcmcnr par czuc Toyc:
quatiicmcmcnt il fautpLcndrc garde de ne commettre aucune Luzccn l'ap-pli-
cation des Topiques, & fur rout de ne pas appliquer ceux qui ramoliilkn:
par trop, car i'ay remarque à diaerfcs fois qu'ils font trop contraires aux*
Tumeurs fchiireufes qui panchent au Chancre , & Galion die rauoirremiar-
qucau5. liurede fimpl. medic facult. cap. 8. fies humeurs dures dit-il engen-
drées d'vtt fuc atrabilaire font routes Chancrcufes & deuicnnent toutes plus
mauuaifes par les médicaments emollidfs , J il faut aufli ibigneiifcment fe don-
ner garde de ne pas fe feruir de ceux qui peuuent faire exuîccration ou la moin-
dre excoriation , de crainte que la Twmeur ne fe conuertiffe incontinent en vu
Vlcere malin , comme le I'ay veu il y a vn an en vne Dame cor.iiderablî au
voifinage , il faut remarquer icy auec Heurnius qu'il y a deux yciùiis caches
es atfedlions Chancrcufes , l'vn putrefa6èif& l'autre corrofif ': fi on fc ferC
de chofes chaudes ôc humides qui produii'ent du Pus aux Vijeres, la ma-
tière fe pourtira & infedlcra les parties voillnes : Que il on veut corrfo-er
cette crudité par les Cauftics ou médicaments acres , on rcueille l'autre
venin lequel cil corroiîf dans le Chancre îk met le feu aux paitijs voifincs;
11 ne faut pas donc irriter ce mal : ni fe feruir de la Cure méthodique qui fc fait
parles contraires, mais feulement de laPalliatiue.
Ourre les remèdes Généraux , ie voudrois mettre fir la Tumeur ce qui
pcutarreftcr &c reprimer la malignité, comme aulîi empêcher l'cxulcerarion.
fjil liipid. ca'amii. Itth.trg. nttrer , cincrwn R.tKAr. & CA'^rnaror. a k 5 fi.
m. f piilHirtcnuilfimt:<: i z:\ après '^/L. Rad.Jc^ophu'.. mai. & plAntaç. hfrbx R»-
heni , fckb, fol^tr» femper», nrt. q. f i.idiitmur (^ contHndmtur in m9rta-
55 Liurc Premier
y;V , iStrjhc.A:r fuccîis ad v/îir» , huhts ^.5 'f^i.feorjîm , el. rcfac. %V). mclcs
aucc les poudres en vn mortJccde plomb aucc vu pilon aiini de plomb i'cTpacc
de iîx heures pour le moins, vciiint peu à peu l'hnyle ^ le fuc félon l'ai t, alccr-
natîutmcnt, iufcjucs à ce qu'il vienne en Onguent lequel il faut gaidcr en vu
Vuillcau de teivc on de verre , on rétenùrarui vue peau, l'appliiiuanc vue fois
audcuxleiour,0.^yî:}'/>'. 75 Ce:u.6%
OBSERVATION XXX.
Que !es Tumeurs. Chômer en fes vlentiem plus mauuaifes par fvfao^e des
meÀicaments emolUtifs.
roo /^ Voyqucla maxime foie tres-verirabicqu'vn contraire chafK; Tautrcjil f<iu£
VX neantmoins que les Clûiurgicns prennent garde de ne pastrauaillet à ra-
moliii les Tumeurs Chancrcufes pour dures qu'elles foynt, Galicn en rend
laiaiîon au 5. liure des faculccs des médicaments , l'en veux produire quel-
15UCS exemples , la femms du Ijge. d'Obcrrad proche Cologne ayant porté
vn Schine au Foye 24. ansôc d'auantage, enfin l'an 1)94, ayant applique par
le confeil ài!'^^^ Empiiiquc plufieurs emolHents , à fçauoir fomentationsj,
inunctions & Emplalhes, il furuint vnc douleur très- aiguë, ficvrc, inflam-
mation ô^ en fuictc vn grand Abfccs au Foye, de forte que le mal fe commu-
niqua aux mufclesde l'Abdonscn & à la peau qui en furent vlcercs ; on de-
manda conf.il au DoclcurArnould Manlius premier ProfcfTcur eu Médecine
à Cologne , lequel dccouuiit aucc moy vue grande Tumeur à Tcndroit du
Foye, lequel s'ccoit rompu vn peu auautnoftre arriucc , auec vue cxccfîiuc-
puantcur : Jl s'y forma vn grand vlccrc duquel il fortit quantité de matie-
rcfanglante , fubcile & très puante, 6c en même temps plulleurs lopins de To-
mentum 2<. du lobe du Foye cnticiemcnt Gangrenés , clic mourut peu de iours
âjjres.
lean AuffJer Luffc d'Hilden ma Patrie ayant porté pluiwurs années de
fuitre vue Tumeur Ichirrc ufc en l'vnc des FelUs , il recouru: à vn Barbier de
Dulfeldorp lequel fans coniidcrcr la nature du malj (c (eruit de plu/îeurs inoa-
clions & Cataplafmcs pour amener la matière à luppuration : y étant venu
Inflammation aueC douleur tres-aiguc ■> il y mit le rafoir , mais il n'en fortit
rien que quelque peu de far.g b; ulc : la douleur augmenta de iour en iour la-
quelie on ne peut sacur/rm.ent appaifsr, &c l'vlcere en peu de iours gagna route
la fefle ayant des leures dures & deuces , renuersées & calleufcs: ou ncfçauroic
rcprefenter les tojirnenrs qu'il endura : le le vihtay par foii auec Renier
Solenander M:deciu du Duc de Cleucs & aucc Cofme Slotanus Chirur-
9K]\ du même Prince : m.ais qyciques efforts que nous fiflions pour arrêter
vn
Des Tumeurs contre naiiire. 57
▼H pju U douleur » nous ne pûmes pourtant ri.nauanccr , IlmoBrut en fitt en '
ce tourment L' 17. May 1581..
MonficurFolicr de Laufannc aactrauaillc pluncurs années d'vncTisvntaê
Chancrcnfc autour du bourde la mainmcllc gauch.» de la grandeur dVn œuf
de Pouh:il y vr des Mcd-jciiis oui Iny-confillcrcat de cacher à la ramollir pca
a peu i5<: à la dilîîpcr aucc les Emplâtres de mucilnginibus , mclilod 5c fcmbla-
btes-.mais.mflTi toft qu'ilyen eut mis.il y vint aufli roll douleur 6c inflamma-
tron,de forte qu'ilfut conrrainrde les airracher ^ d'y mettre quelque chofc de
ra-fraichiiraut : La douleur & linflammation étant arrêtée il y remit encordes
emollients qui atriierent derechef la douleur : Enfin voyant par expérience que
cette douleur & inflammation ne piouenoit que de Tvlage de cci Mirdicamc'S,
il s'en abfttnt dés lors ôc a vécu longtemps après. Obfùy.Certi^.
OBSERVATION XXXI.
De rexilipatiand'vneT'tijneHr Chancrenfe vers la racirt^^-
de U Dent de fœil.
Alien parlant des Chancres qui ne pcuucnt receuoir giierifon , dit entre
[autres chofcs que ccuxqui ontcoupéou b.ulé vn Chancre au Palais,ou
au lîége ou au Col de la Matrice n'ont Jamais peu cicatrizcr i'Vlcere ; Ce
n'cft pas fansTailbn qu'il dit au Palais & non en h boaclic , Cai Ls Chancres
du Palais viennent le plus fouuent auprès de TVuuk veu qu'elle eft fla^ue,moI- joç^
le & très propre à receuoir les hiimcurs qui dcfccndent de la Teftc , mais ic
vous piiv.- qui eft ce qui peut tailler ou brûler en cet cndroitrGalîen donc a rai-
fon de dire qu'ils font incurabLs, mais ToblVruadon fuiuaiîtc faix voir qu'on les
peut guciir es autres endioits d la bouche.
Vuilhcm ScheidtConfeilier du Duc de ( leues, Scc. auoit dés plu/îeurs an-
nées vn Tubercule en la racine de la dont de rœil gnuche lequJ luy étoitvenu
aptes des grandes d. flexions fur les dents } Comme il augmu, toit auec la dou-
ieur,poureùitervne plus gtandc incommodité il me demanda en l'an i)^ ,^
îctraitray en cette manicrc, Ce Tubercule écoit de la grandeur d'vne Noix fon
dur , lipide 5^ inégal attache en partie à la Icvre en partie à In genciue de forte
qu'on voyoitauancer quelque chofe en dehois, il y auoit a.ifli vue douteur pif
quantc & des autres /ïgnts qui vont auec le Chrauie : Or comme il etoit fujedb
aux d.fluxions fur les tients, de peur que dans l'Opération dl: ne nous donnaf-
fcnr de rincommodité,nous primes rclblurio.i de bi:n préparer le corps aupa-
rauant,luy donnans premièrement cet Apoz-mc pour incifer V prcruci Ls
humcms, '^.Rad.clcher,cnmtoto,pciroj7',frnrc an.^ri.pohp^ l ^.co^'lcf^in^hU
liioniCcappAr^p T*imaruin,i * &.He'hfcd*pend. veronicét^ betc: [HmAr.fJlfiof. '*W
)8 Lîurc Premier
m.i^.fisi'.hrrai. hugloff. rorifmar. httnic/fémmie. thymi & matorAn.An^Hg.'].fem»
a-7if.fœn:c.an.^tj,eoriand.pp(£ ^i.coriAtici ppta Zi.pajfnlar. corinth IC)). co^ iaa^.^.
f.dr '"'iint i^tpane ad confumptionem medu partis, Hnius y^pozer/j.TC.^iill.macera
per mLÎem.lhab.el.ii/lgar.r.trochifc.tHrbUhgiimm. an. ^ij./ean.murrdat ^t\./èni,
^■irtf.Cir cremor. T art. an. ^'t'y fiât lents ebullitio & fonts e:^preJJïo cui^ddefyr. de
polypod.t^.Aiji cinr.arn ^ f^. m. f poo. Le corps ayant crc ainli purgé,il prîr quel-
ques iours du fuldir Apo^ernc deux fois le iour cuois hciircs auanc difnei «1^ aiî-
tanc auaiu foiipcrjrciLcranc aptes la rufdicte M:decine:TandIs q i'il prcnoit cet
Apozcme , ie luy ojuiii- vne Vcne au bras gauche, rvojsljy applicârncs après
des Vcntoufcs premièrement fjchcs , puis après auec Icarificat ion > Le corps
ayâiétcainll prépaie & pm-gé par les grandes voycs, ie lefisaiifli fucr quatorze
ionrs durant àuec cette DccocTrion. Of- ItgnifajTafras op^. %i]. Caiaci raà. fal-
/xpar.an.^ j. cinr,arn. 5 *?. mettes le tout en vn pot d'etain oa de terre y veri.uic
Wi\. d'eau claire , il le faut foigncufwment couurir pr rmicrcment d'vn parche-
min mouïlic>par après d'vn linge de peur de i'eueritcr ; Puisil 1: fiut faire cuire
en bain marie , Il ne faut pas déboucher tout à l'iieure le pot , mais il f-ut ac-
rendrc qu'il dcuienne froid de foy msm.e , jl prit siv. de cette Décoction à \\
fois, deux fois le iour , Apres la fucur ie le purgeay derechef iinlT. X- ^'^^'
Polypoi.cj .cortîc .raàfrangn! AiT amarifc.O' cappar.a>i.^].ceterachifnrr.arjccljpend.
an.pug. \. fior. bugloj]. borrag.viclur. an.pug. ^..fern. arnf.fa:::ic. an. 5 Çs.fol.fenn.
(Klex.mHnd.'h'S. co^juatit. in a<j. fumar.& fcablof. adlnj.iicolat. htfnndcf.a. Rh.ib.
rad.rncrhcac. j4gar.trochifc.an .t^], 7^. & fem.amj.an 9j rnanea^t perncHenu
iit infajîan.e ..in colat. forttte' fiSa dijjllue El. refit, mef'es , i']f)r. de pclypod.ivi.
Diafenn, Brajfaucli 9 6. A^j. cinnam ^iij. m. da in Anrora : Tandis qu'il fe ier-
uoit de la DvCodion fudorifique il ie gugarifoic fouuent labou he aucc cet-
te Dcco^ion pour fortifier la partie contre h Dcfluxion auant i'Opera:ion.
^.Ro/.rub.m.j.fior. malti£ hort. m. /î. cortic. granat. >^1). bala'.tjî . gaUar . imrnat. aiu
5/. fior. béton. Jlabiofan.p.i. rad. fcrophid.z^îG.coifiiant.rn Itlv.Fi/ii r^bri anjler i
ad tertio, partis confumptioriein , colatitrx adde mell. rof. ^ii. Diartutrùn. (jr mel/.
l/ioLïC. an. \i. m. le hs faire aufli àcux fachvtii auec les mêmes herbes découpées
menu dont IVn auoit trois doigts de longueur <Sc deux en largeur , l'autre auoic
de largeur autant qu'il en faloit pour couurir la l-,:ure de dellus , le Né & la
ionc: ie les fis boiiïUir en vin rouge <5<: âpre, les appliquant tiédesiur la par-
tic /ans intermiflion : Le corps ayant été luffifamment prépare 6c ptirgé tant
par vnc bonne façon de viurc que par les Médicaments fuldirs , ie m.is le ma-
lade fur vn fiege , U Teftc panchce vn peu en arrière fur la nuque , Ayant vn
fcruîtcur derrière non feulement pour tenir la Tcftc ferme auec les deux mains,
mais auffi pour hauifer la Icvrc d'enhaiit auec les doigts indices 5 Cela ctant
fait,i*attiray peu à peu la Tumeur aucc vne aiguille courbe ayant vn fiht dou-
bJç de la coupay iufques à la mâchoire auec yn couteau propre à cela : Apres
qu(V
Des Twnieurs contre Nature. 39
qncic l'eus coupe i'y mis dclfiis démette poudre aucc des êcouppcs trempées
en Vil blanc d'œuf pour arrêter le fmgjes tenant attachées auec vne bande. "jJL.
Far. volatil, l ^. holi orient, terr.figill. an. dlv.paluer. album, omrumfole exjtc-
■tat. 3 t. fllor. Uporls mhiuiiffimè inafonim 9 i, corallor pprum 3:i. m. f. Put-
uis tenHiJJ\ Les iours fuîuints ic misfur lapiaye dcrhnylc de iaunes d'œufs
mcice atiec vn peu de Tiffran & du Charpis : La playe ayant fuffîramment fup-
purc ic luy fis foiiuenr huer la bon 1;ij aucc ce gn-garilme. 2^. Flor. béton, ro-
far. fol. AlchyrntlLfanîc. pyroU , fcabiof. an. p. ij. cotjue in ajiidi tb//r. ad mediét
partis confumptionem , In coLunrd dijjhlne melU rcf. col. pii. Sur la fin de la
Cure ie mis de cette pondre fur la playe auec vne (ubcile lame de plomb. ^.
Tutiappt£ jpulner. gaynmarorum alurn. rfiian. 9/. m. Il fut gucii par ces rc'
medes & dcliurc d'vn grand dai.ger , de forte qu'il vccut iufqucs a l'an 1 6i i .
T^indis que ie penfois la pj.iyc , ic n'oubliay rien quant aux remèdes vniuer(cls^
Si le Ventre croit rtiïcrrc , ie luy faifoU rcceaoir des Laucmcnts, appliquer des
Ventoufes fcarificesjil fe fcruit d'vne Opiate Corroboratiue duCcrueau , prc-
noit après les repas du Codignacou de la femence d'Anis S<. de fenouil confit:
31 porta aulli vne coeftè piquée pour dclîccher le Ccrueau: ie luy ordonnay
cncorvn vin Mc-dicinal duquel il buuoît vn verre vn peu auant difner^compo-
sc de Mcdrtaments cephalics. Et pour fortifier les gengiues, il le ieruoit de ce
Dentifrice ^. Corail, ppti. rof.r. r. an.^i, thuris yC.C. vjîi&ppti. ca>;cr9r,
pprttm an. "^ii.fang. drac0ms,baîauJi.an.'^i. margarif.pprt4?n,ojfis/epi<£ a?). 9 (b. rad,
Jrid.jior.'x^xC'i alHmsofii^l.m.f.puluis fubtil.
l'ayétc long en la defcription de cette mr.ladie,mais à defTein de rcpreiènter
lagrandeur du mal : le l'appelle grand,car le Chancre qui vient aux Icvrcs&:
genciues eft le plus fouuent incurable , fi on ne Te fcrf pas à propos des remè-
des g -nerauXjLes Empiriques & Charlatans n'obfcrr an ts rien de cela^il ne faut
pas trouuer étrange file rnal renouucUe ou s'il dénient pire. Celui donc qui
voudra acquérir de la réputation, doit auoir foin de bien préparer le corps &
d'ôter le mal iufques à la racine coupant dans la partie faine , car s'il demeure
la moindre fibre du mahcctteOp-Tation fera nulle. O^iy-.Ct;?;.^.
OBSERVATION XXX U,
De P Extirpation d'<'we 'Tumeur Chancrenfe en Ulo'àe.
L'An 159 4. ie traittay à Cologne la vefvc de maître Henri le Court uiier , Elle
auoit porte plufieurs années vn Tubercule Chaucreux en la Touc dioitc de
la grolfeur d'vne petite «oifette , Il êtoit dur , liuidc & inégal fans qu'il parut
lien en dehors: Le corps ayant été bien préparé tant par la façoa de viure que
40 Liurc Premier
par (ckciéus piïrgatîons & faj'gtKe ♦ ie mis la malade fur vn iîcgc , smcc dc^ic
rcruEFciits fieirrîeice.rvn pour cenir h Tefle & l'autre pour rcnuerlêr la machoi-
fc metcaat les deux doigts 'indices en la boucjie & ks deux pouces à côté du
Tubercule, iceluy étant afscs eu veuc Se l'ayant perce auec vue aiguille courbe
^: fait palîer le filet , ic le taillay aujc riiiftrument marque en i'obferuatiQn
précédente » Et ayant procédé de rncmcs quant au rcfte , elle Tut heureufemcut
exLZïïz.Obferii.iZ.CentV.
Q B S E R V A T I O N XXX MI,
Du Chancre & de la malignité is l'y^rfenic,
^IKE traite vnc Dame qui a vn Chancre incurable fur lequel i'appîîquay der-
Jlnierement refpacc de trois leurs de mon vnguent en la compoliLion duqutl
entre l'Arfenic étendu fur vn linge dclic,mais feulement vnc fois le iour.cncor
'à peine y en auoit il deux gi-ains à chaque appliwaticn , neantrroius il cft (utue-
4"^^ nu de très grands acciJcnts,quoy quel Vlcercne foitproch'j d'aucunes VèiKSy
Altères Se parties nerueufes,mais ils ont tousccGc en refpacc de deux ioats Se
tout va main:enantà fouhaitmêmerVlcererA.péne ai-ie employé fix grains de
cet onguent pour faire venir l'cfchare dans lequel il n'y peut pas entrer vn graiii
& demi d'Aifenic , Car en vn fcrupule d'onguent il n'y a que cinq grains d'Ar-
fenic& vn tiers de grain: On peut recueillir de là i. La .quaucitc d ongucnî:
4qz qu ilfaut mettre fui- l'Vlcere, En après ledinger qu'il y a à fe fcruir de la poudre
^ pour le Cluucrc de M jUerus Se Pcnotus , parce qu'il y entrebcaucoup d'Atfe-
^«ic fans marquer la dozed'icclle , Partan:il nc.faut pas s'étonner li vn Saiirca
perdu la vie pour s'en être ferui , car il cil tellement ennemi des parties Nobles
qu'il caufe de la rcueric>dcs défaillances, & la maife dufang êraat cchauiice par
• la maligne qualité , il met tout le corps en feu , pioduifait auiîi nausée Se àé~
goutjdes vents &: autres fyTîpcomcs'.mais on demande. Si TVlcerccfl: grand 6c
la quantité de l'onguent que i'ay marqué n'cft pas (ulEfantc, que faut-il faiiç?
-Pour moy i'outrcpalîè rarement laquanticé de iix grains d'ong icnt, que il elle
ne fuffitpas,i'y aioute vn peu d'onguent digcftif oa de beurre hais : Voila quant
à la quantité' , mais ie veux bailler vn exeiiipie de fa vertu dans les méchantes
playeSjfordides Se malignes.
L'an lyjo. pratiquant au Pays bas, vn Icunc homme de zo.ans furblcfsc en
tnc rencontre dVn coup d'arquebufe au metacavpc,labâleé:cit empoiibnnee,la
playe fe conucrtît en Vlcere fordide & malin: m'ctaiit venu trouucr à Hildcn ic
vis que l'vlcere êtoitfuperficielifans fradure ou Cai ie d'os,Ô<:crus en venir bien
toft à bout, mais ie fus trompé en mon opinion , car 1 s Médicaments dcfqueU
4f m'ccois fcrui ea d€S autres hcureufement; ne f4ifo><cac point d'effet ; Enfin y !
Des Tumeurs contre Nature. 41
ayant mis vn peu cîe mon ongiicjit Efcharodq-ic ëc l'ECAiave ccnut tompcc pr r
Je moy?!! du Digcftif,il fat g'icii en peu de ioiiis : Oi Li baie qui êioîc cmnoi-
fonnce aiioit imprimé vnc qi'ialicé maligne dans l' Vlccr:,lac]acllc f ,c accLcc pat
l'onguent à canfc delà familiaricé q-i'il aaii-C le poifon I.iiisquov qu'il aie tiic
cctcri^jc en ce cas>& qiioy aiu iJm'en fois fcL-ai cres-li.'urculcmcnc en djs au-
tres mcchincs Vlcercs ik fordidcjjCS Er-rûii.'lleE,fiilp.L-s ^c autres. Une faut p,i3
croire pourront qu'on j'en pL.iir-rf.-riiir d.i:is les :fF ctions Claincrciùcs aiilqucl-
les il eli très contraire comme i : le (ç 7 p.ir cxpcrience,Ej: vous aucs été cémoiti
aucc moy comme vn Empiric (c f.ruic m.uhearcufcmenrd'vn M:dicamcnt ou
entroic l'Arfenic en D.im.oifcUc Mngicii-tc Sjhcidm-.mnin à Spire IitikHc
auoic vn Chancre en vnc d s mam.^nulesili faut donc ex imûvjr du- prcsles M>
diciments dcFcdron contre le Ciimcrc auanr que s'en ictuir dans icfquels cr-
tre d'Aîfenic : Il ne fuit pis r,o:i p'ais ouïr Pcro: leqviel en Ton liutc de 1a
vrnye prep::rdtion de ving: desM-\iicamenrs chym.ics recomm.indefjn remedo
fait l'A' fenic comm.c vn (ccrcr , mais ie crois que ie bon homme acte ânapc
& qu'il n'en a iamais frt l'elfiy non pbs que le D. MuUcrus qui l'a loge patmi
ies miracles & m.yfteres cli . mies.
Mn's il faut connoirre l'origine de cet erreur laquelle cû; venue de Thcodo-
ric Se de Lanrranc Icfquels Guidon a ijiui,Ils diftiugaenr le '^hincrc en Chan-
cre Apofleme 6c en Chancils Vlccre,Le Chancre Apoltsm.e cit le Chancre pro-
prement dit par Hippocrate, Galicn, Ajicennc ôc autres Médecins &c Chirur-
giens Rationelsimais le CluncrcVleercfpour me fcruir des termes de Gaidon>]
le fait quand les Vlccres ôc Playe:; (" à caufe de quelque irritarion faite par des
chofcs acres ^ attirent des mauuai^es hamenrs 6c mclancholiques de tout ie
corps Si des membres voiiîns IcfqucUcss'y pourriiFcnt &échnuii[" nt S: yacquie-
lent de l'acrimonie aucc vue qu di:c miaiigne qui engendrent -^ ;u!gmentent la
j-naunaife dirpoficion d'où ie fait le Chancre : m'ais telle forte d' ■• Icercs quoy
qu'ils foycnt maliii^^: très opini itrcs , ne pe.:ucnt point p.'.ller pour Lhanctc
duquel la malice «S: opiriatretf palfe celle de tous Vlccres.
Or mon onguent Efclurotic ccLfecret coiitrc le Chincre de ceux qui fc
-vantent l'auoîr peuuent auoir lieu au Chancre Vlccrc de Th. odoric de Gui-
don ou pLillcd aux Vlccres rriéehanrs Se malins cfqucls il fur d:s merueilles,
mais il ne le fnut point apliquer au vray C huicre,Car commedit Auiccnnc,lcs
Remèdes forts au'gm.nrc nt la malice du Chancre , Se certainemca: cette di-
ltin(5tion,o!i plutoil erreur, com.mc aufiî touchant Tvl-^gc de l'Arii-niciclL glii-
sc en l'art de Chirurgie aucc vn inlîgn.c prtiudice des m.aLides,cc Moine Tn o-
doric'cn avr.nt été le premier întro^rCteur , car il écrit ainfi au chapitre^, de
Ton liure où il parle du Chancre venu d'Aporccmc ou de iHaye titrÀ pe^^ce, **
Qij le Chancre , dir-il , foit mortiScaucc de 1 ArLnic lubHmé (clon notre do "
d:.inc,cari] tue dés le premier iourla fi-lulc,le Chancre , l'Hcrpes £ï^ h.omene "
ouLoui>,Noli me tangercou formis -Hi toutes celles maladics:Vuiia vue grande "
F
^t Liure Premier
^rrcur,i"Dnis il eft conftant que le mcmc Theodoric cn gucrillûnt ces mnîadics
Oublie ia dillindioa , car au chapitie luiiianc auquel il parle rcparemcnr du
Chancre Apoftcmc , il ne faic pourrant aucune diltinCi-'on dcsMcdicainencs,
mais il les traitre rons deux de même fa^on , ayanc luiui ia plus grand part des
Chirurgiens qui ont vécu quelques ccnrair.es d'années auparauant , alfauoii:
GuîdonjRolandsValcfcus de Tharanta,comme on le voit dans leurs écrits.
Il ieroic à fouhaittcr que cette pcrniticufc Dcdiine quia vogue même en-
tre les Dodcs.ne fut pas venue iutques à nous , car il n'y a prcfquc point de mal
où il Te commette plus de fautes qu'au C hancre,En veut on (auoir la caufc? Il y
en apeu qui concilient le mal .Se la nature , s'arrétants trop precifement à l'A-
xiome qui dit qu'vn ccmtraire i;uerit l'autrCjCar voyants vnc Tumeur fort du-
re ils tachent de lagueiir par des cmoUicnts <S; rcfolutifs contre 1 intention de
Galien:quand par après la Tumeur s'efl: conuertie en Vlcere , ils veulent confu-
fner les Icvresquisôt autour fort dures auec les Efcharotics & corrolih.Sc coc-
ric^er l'ordure & puanteur dcl'Vlcerc auec T-^igiptiac & fcmblablcs^ce quicÊk
très abfurdc &: perniiicuxiO^/SiX^w/.-z/i.^
Defcrimion de l'ongitent Efcharotïc prife â\ne lettre enmyce à-Tanl Cro^uerus,
le me fcrshcurcufement du Précipite rcdtifié auec l'tfprit de vin & lauc
auec eau lofe & de plantain > pour ronger les callofitcs des fiftales , ic la mets
toute feule ou mêlée auec du beurre frais &c mife auec des tentes: fi le Précipi-
té n eft pas afsés fort de foy même , i adioute à vne demi dragme de Précipité
vn demi fctupulc de vitriol calciné tant qu il deuicnnc rouge , de fublimé &
opium choiii de chacun fix graius^vrgisntrQfatl i j. broyés longtemps en vn
mortier.
OBSERVATION XXXIV»-
jyvn Chancre en la Langue.
ON m'amenavnîeune homme de bonne minc^robuHc, bien portant, do-
cte èc de bonnes mœurs mais ftucrc com.me vn Caton, il auoitde la pêne
à bienprononccr,ayant la Langue grallcà caafe derabondancedlium.eursqui'
tom>boit du Ccrucau , rcilémblant cn cela à Ton Perc qui auoin été fort fujctaux
dtnuxion5<3c ctoic mort d'Apoplexie pour auoir dilcontinué la Dccodion de
Gaiac de laquelle il s'étoic (èrui trcshcurcufemeiit auparauant .Ilviutàcc ieu-
Mc homme à l'entrée de l'Eftévnboutonjfort petit au commencement, cn l'ex-
trcmité de la Langue tant foit peu du cofté droit : Il fut bien tofl: après de la
«rrolTcur d'vn pois chiche, après d'vne fève , «Se enfin ( n'en ayant tenu contc>>
d'vnc petite chatagne & puis àï^vit grande, fans aucune douleur, mais auec vue
grande dureté : il augnaenra peu à peu, mais d& ibrte que ic trouuay la racine
de
Des Tumeurs contre nature. 4$
cîe cebautonquiétoicêparfcpar lafubftatice de la Langue comme vu gros
filctcnla preilancjilfuc de mcme grotïcui: tout le mois dcFcviier: vn mois
ou deux auant l'hyuer il luy fortic vu bubon fioid , indolent «Se dur de lagrof-
ifeur dVn œuf d'oyc , lequel a reûftc à tous les remèdes, lyant durciulqucs à la
mort : il parut au(îî en la glande derrière l'oreille vue Parotide froide ôc mol-
le laquelle en vn iour ou deux dccendit peu à p>.*u fous la mâchoire inférieure
Se les mufclesdc l'Os hyoïdes &: de la Langue î: s'cll terminée infcnliblcmcnt
en vne longue corde d'Ecroii.lles , Et preiquc toutes les fcmaines des le com-
mencement de l'hyver iufqucs au commencement de l'Eflc , auquel temps il
mourut , principalement au croillànt de la Lune , il vcnoii quelque nouuvllc
Parotide froide, molle laquelle romboit crfin fur les cnnundoiresfous la mâ-
choire finilHut toulîûurs en Ecioiieilcs .lufTi dures que pierre 6c fi grandes que
venants à le rencontrer auec celles du cô:é gauche , elles remplirent enfin tout
ce vuide qui cft autour du CoUous le menton r Icelles augmentants tous ks
iourSjil me demanda con(cil au moisdeFevrii-r : A yant examine de prcfs fou
natureljCes Tumeurs de la Langue Se du Col «5^ autres circonftances , ie foup-
fonnay incontinent que ces Tumeurs ctoyentd'vne nature chancreufe, me fou-
uenant du dire de Galicn , Que tout ce qui prouiut dVne humcuratrabilairc ve-
nant às'cndurcir,tient du Chancre,parcant ic luy déclarai que en Tumeurs n c-
toient pas des ordinaires mais qu'il y auoit de la raaliguicc : A caufe de h ri-
gueur du froid ie n'ofay rien entreprendre & me coiitcnray de donner quel-
ques lenitifs, Le mal cependant augmentoit de iouv^ivionr , b Langue ôc les
Ecroliellcs croiirants fi demefurement qu'il fembloit deuoir étouffer , Et l'ay
vcueii vn même iour ce Tubercule Cliancreux de la Langue auec vn bouton
auprès delà Vcne Ranine droite laquelle croit tendue &: farcie dVn grofllicr
fang &: noir : le malade poulFant fouuent dehors fa Langue bDufiîr,ouurit cette
Vcne la grattant auec les Dents, iccUeérant déchargée, i'cmpcchay que les
humeurs ne s'y icttalfent , 6c à laide d'vnGargauifme &: auec vne irrigation
d'huyle de bois de Genevre , la Lang.ie dclenfla enticremcnc , la madère ayant
ctc par cemoyen deduée par la bouche : le iour fuiuanr ieljy baillay vn lyrop
auec Drcodion delenuc & quelques iours après des fudorilics qui luy fcrui-
rent beaucoup. Son premier Mcdecin Ccn l'abfence duquel ie l'auois traître^
ctaà^jj^^enu fe ieruit prés d'vn mois entier d'vn Digcllif qu'il metroit fur la
Langac,rayantauparauaurpurgé : mais en vain car l'Vlcere s'étcndoit tous Içs
iours plus auaiUjCe qui obligea vue autre Médecin à dire que le mal êcoit incu-
rable fi on ne vcnoit à la icccioi:: La Mère le voyant abandonne , me i,- donna
en ch\rge,ie continu jy do ic à luy donner de m:s remèdes qui ctovent d'vn
cfi-et cettaiiijle nefis pas difiiculté de rcnTre{)rendre , car il éroit cncoj charnu
fv robuile, buuoit & mangcoit bien : mais rcco loiiïant par des fign?s aiîiirés
qu'il ne f.iloic pasefpcter vne gueiifon entiere,ie fis cnicndre qu'il fe faloir con-
tenter de la cure Palliatiue pour cmpccker raccroiiremcc du Chicre 6c adoucir
F 1
f^ Liure Premier
Us accidents : îe ni'oppofay toahours à ropiiiion de l'aurre McJecin q.n vou-
loit que l'on vint à la l^dlion Se à Tvilion luiuanc ie confeil d'Hippocrate 5z
Galicn é.af'lior.38 cai il n'y auoit aucun figne manifeftedc gangrené en !a par-
tic comme fouplonnoic ce Médecin , Inns parler de cette forte de guerifon
ircrpciillciile Ck: exposée à la Calomnie , car on auioic feulement ôté fVlccvc,
mais h maligne racine du mal tcroit demeurée. Ayant donc été demandé le X.
dcMars,prcmieremcnt i'ordonnay vn régime conuenable , eu après com.mc il
auoitété fuiîilarnm.cnt \ urgé,ic ne voulus plus reuenir aux grandes vacuntions,
mcconre ntant d'.s legires pour m'accammoder au naturel du malade : puis ic
ùs cu'uir la Sr.lui:tciie,& en luitrcic luy fis prendre des (udoriiics (Icfquds par
vne vertu cachée pounoycnt combattre le Chancrcjde de-ux iouis rvri:Qje s'il
les auoit om.is vn iour,il nailloit à l'inllanc vne parotide. Il vloic aufli de tollu-
tions pour garcntir les parties voihnes : Er.tîn le Chancre de la Lnngiic étant
exulccré,ic luy ordonnay vne eau dccerliuefaitteu'eau de Plantin^C bardons oC
bois Hcracken,m.ctrai"it par àciV^is vne fi,btilc poudre de Chardon bcnic,TabaC
^^Trochilcs de Vipères, de laquelle il ie trouuoit très bien, le mettois vne heure
après vu Cati2plafmc faicdefuccre Candi, fleurs de foufrc, Hc ïh^riaqueauec
huylc de boi.s HeratUcniEt c'cdm.crrieiHc que ceux qui fiiioycnt l'application
purent louttri: ian^ineommodiié l'horrible puanteur quilortoitilcvoyois tous
Icsionrs vn mcru ilLuxcôct de ce Cataplalirc Icqiulà mon aduis tire toute fa
vcitude rhuyk Heracleen , & fait des merucilles en des cas de cette nature.
Vns le con:m.cnccm.cnt de May ce Cbancre Vlctré deuint suce l'admiiation
d'vnchicun, plus mol quant à la Tumeur &c ce puant &^fordide Vlccrc s'ad-
doucit & les leuits qui auparauanr êtoyeni cpaidi.s,boufhcs, dures îk par aptes
nelieufesjvenucisces, éleuées lîf-: cnriertment horribles, s'abaillcient 6c dés'endc-
rcnttilcu thfoui quelquefois du larg melanchohc,quoy que goutte à goutte
iufqu'a deuxiours,& quelquefois de la Sanie ichoreuic , puante comme charo-
gne qui par fois écoit noire : les petites Vcncs qui ctoyent alentout étants dé-
chargées de cette humeur noiie & mclincholiquc; la TL:m,eur dilparut , & la
maliguicc etr.nt êreinteJ'Vlcerc commence àrendre delà fange loiip-blcji^k' TVl-
cere du bout de la Langue ayant clé dctergé,ia chair ne fut plut liuidc, mais peu
à peu vcnoit. belle, rc uge ik bien conditionnée, de forte quai ne rcftcic plus rien
â faire qu'a cijatiizer , ayant ner.ntm.oins UM^c à deikin vne petite Creualïè
comme lai. ttrc C.al'imira:ion de la Nature. Com^mc ic cri:sque tout êtoit en
nlliirancc, ilar.iuaque les Ecroiiellcs qui ctoyent de mém.e côté lous la mâ-
choire inférieure vcnar.ts à augmenter le foiurerent vers la Langue &: produi-
luent vn Chancre délions icellr, commci'auois aprrchendc longtemps aupa-
rauant , ayant elfayé par toute (ortc d'expédients d'attirer au dehors <3<: puis
rouuiir , veu qu'il y auoit quelque apparence qu'il voulut fortir par là àcaulc
d'vnc rougeur roiie quiy auoic paru , ce qui n'aniua pas , mais ayant ronge
en partie le ligament de la Langue, les Icvrcs vindrcnt bbncliâties » noiices
■ fe
Des Tumeurs contre Nature. 4.
(c rcni'Cifants peu à peu, puis langlanrcs, en fin i'Vlceic fut forme, lequel en pc u
dciours àximM Ci farouche qu'il icnouuclla le mal qui cftcir au bout de la lan-
gue lequel eftoit pi efquc gucii, ik quoy que le Cataplafmç fut entre- deux , tou-
tcsfois cpanclant Ton venin par le moyen du ligament delà langue &: de la vcnc
Raninc, l'Vlccrc vînt à fc r'oiuuir quoy qu'il ne fut ni fi grand ni G manifclle,
de forte que la langue en groffit fi dcmclurcmxnt & auec tant d'opiniatrctc,
qu'elle remplilToit toute la bouche ; l'vn & l'autre Hypoi^hondre , i'ur tout le
droit, aoit fort bouffi : la poitrine ctoit route parfcmce de nœuds & de bou-
tons auec des vcnes enflées : la douleur des Hypochondrcs , qui ctoit fort pe-
tite aupaïauant, vir,t fi violente qu'il fut contraint de demander qu'on l'adou-
cit : fentaiit tantofl; en l'vn tantoft en l'autic , vne douleur rrcs-aigue 6c coir-
mc s'il eut èié piqué par des épingles , laquelle s'cpandoit par fois iufqucs aux
clanicules, le dedans des Omoplates & rpnules, foiaicnt ai fll iufques au bras,
la hanche & tout le pic de même côte , qui luy bailloycnt du relâche par les
remejesqucicluy ordonnois , on luy voyoit auec pitié tremoullèr tous les
membres : enfin la fluxion continuant tous les iours fans pouuoir être arreftce
ni parRcuullion ni par Deriuation, l'Vuule vint auflî à s'enflammer & à être
attaquée d'vne maligiiitc aulTj Chancrcuic , & la Inguc extrcmement enflée
remplilloit route la canitcde la bouche de lorte qu'elle étoit cnt^a^ée entre les
Dents qui la coupoycnt : nous crûmes tcius qu'il étoufîc-roir , ce que Dieu ne
permic pas : enfin com.mc il ne pouuoit prendre aucune nouuiture & que le
boire ne le pouuoit pas entretenir luflilamment, après des fréquentes defaillan-
ces,il mourut paifiblcmentcndifant l'Amen de la piiere Dominicale qu'il pro-
nonça comme il prie : le ne peus pas obtenir de la mère que l'on fit dilîcctica
de Ion corps pour ccrcher la racine de ce mal laquelle à m.on auuis cficit ca-
chée dans le Foye. Ohfcm.S^ . Cent.^. commnniijuee par U 'D.Z^alentin. RuUnd,
OBSERVATION XXXV.
B\n Chancre en la mamrn elle auec vne granâe Tnmenr du bras,
"KJi Adame de P^ozit res fœur du Comte de Pontifual âgée de 50. ans, fut at-
, rnquéc d'vn Chancre en la mammeik droite : ilctoitpremicrement ca-
che de loue qnependantdix ou douze ans il rorgcaqrali toute la m.amm.elle
auec des tus grandes & conciuiielles douleurs, ayant les kures très enflées ^
honibles ï voi : ie l'allay voir à Sairucl village proche la Ville de Pontifual ou
tlkdcmeiiroit pour lors &applic}uay des remèdes propres à appaifei la dou-
kur: étant vu peu arreftce, la maladkfcrenouuela lix moisapu^i , ca. k bias
droit luy enfla premièrement autour du mufck Deltoide i^ Biceps, ^ s rtendit
aptes iniques à la main : Ayant elle r'appdc, i'api liquay des ren c des qui con^
innicinkshumems-raeulcs mais fans fucccs , ce qui m'cbligia à Iwaiifi.i la
F 3
4^ Liure Premier
main Si, le bras, d'où il forcît vnciî grande quantité d'eau ^uc prcfquc tout le
plancher de la chambre en fut arrosé, fans que pourtant le bras vint à diminuer
beaucoup y elle mourut au bout de trois femaines i le bras demeurant enfle
mais ayant le fentiment entier. Oéf. yjt Cen(. 4.
OBSERVATION XXXVI.
D'vn Chancre en la mammeîlc.
VOus me demandes II çà efté vn vray Chancre ou non qui fut coupé en la
mammeîlc, ic rcfpons qu'il ne faut point douter que ce n'en ait cfté vti
à caufe d<rce1;te matière épaillè blanche & lemblable à du luif que l'on a tioiiué
au Coeur du Crancre, comme il me fouuient de rauoii- remarque , mais le plus
^ouuent le noyau du Chancre cil: trcs dur, car la partie la plus rubtilc de k ma-
tière fortantde l'VlcereJaplus ciairc demeure qui i'endurcit en (chirre : Q^ic
il la douleur eu véhémente, continuelle & de durée, comme elle cil ordinaire-
ment au Chancre cxulcerc , toute foute d'humeurs fc iettcnt fur li p.irtie , dci^
quelles les fubtiles & bilîcufesfortent facilement par rVlccre,coir.mc aufli le
fang (^ car on voit fortir tous les ioure du (iug des viceresqui lonr es parcies
charnues J mais l'atrabilaire fe conaertit en fchirrc Ck: b Pituite en luif, laquel-
le par fucceflion de temps & à caufc de la dilpofitio.i maligne de rhu.Tieur
Atrabilaire & l'intempérie chaude delà partie fc conuerti: aulli peu à peu en
fchirrc & prend la nature de Chancre. Où/èra. 59. Ce;H. 6.
OBSERVATION XXXVII.
*I)'vn Chancre Occulte.
AV mois d'Odobrepafsc ie vis à Soleurrc aucc Audié Vcickius D. Mé-
decin, vne Dame laquelle a vn Chancre occulte en la mammdle droite
qui luy eft venu il y a 40. ans, apr.es auoirfeuré vn enfant à caule du lut qiii
s'eftoit caillé & conucrti en grumeaux : Illuyelloit furucnu alors vne inflam-
mation tant à caufe de l'abondance du lait qu'à caufe de la rétention de (csor-
dinaires, laquelle ayant elle a{)paisée, il y demeura vn Tubercule de la giof-
fcur d'vne fcve : Icqueleftant méprisé du commencement , a demeuré caché
prefque 40, ans entiers fans aucune dai.;lcur i.i incommoJitc : m.ais depuis
trois ans en ça il a tellement augmenté & a tant fait dj douleur , à caufe qu cl-
ic approche de l'âge décrépit^' que non feulement il tient route la mammeîlc,
inaisaufli s'étend iufques fous le brasicctte Tumeur n'eft pas beaucoup élcuéc,
mais inégale aucc des petits nœuds par tout trcs- durs, liuides & entourés d'vne
iniiiutc
Des Tumeurs contre Nature. 47
infinîrc de petites vcnes noires: cette Tumeur î^ ces nœuds Te font tcllcmenc
îcttcs fous i'Aiirillc, que le bout de la mammelle cil: prciquc cache fousicflle:
<ic là vient que le br<>s diçit cft en fouftranccà caufc du ma(clc qui l'amené à la
Poitrine , car tout le bras *k La main mém.e fonu enfles d'vne Tumeur qui vient
principalement de Pituite parmilaquclle ily abeaucoup de bile noire (^on l'ap-
pelé Oedème fcbirreux./ il n'y a poinc eu de douleur ( comme i'ay dit J Tcf-
pace de 40. ans, niais m-aintennnt elle eft continuelle, quoy qu'elle ne {"oit pas
à prcfent fi aiguë ni n poignantc,allani:neantmoins iufques au bras par le moyeti
de ce mulclei l'attribue vue partie de la douleur & tumeur du bras à vne fai-
gnée fiitre mal à propos en iceluy par vn ignorant Barbier, car la douleur da
bras qui êtoit petite auparananr, augmenta tellement aprcs la faignce, qii'cUe
uc s'en peut plus fcruir, tant fut grande l'attraclion : E: quoy que i-e tienne
le mai poiu incurable en vn âge fi auancc f car elle a pafbé ks 70. ans j Iç n'ay
pas lailsc d'ordonner quelques remèdes palliatifs > & preniicrcmcnt vue bon-
ne façon de viare, en après ic I'ay purgée ainil ^. Rad. O 2j)Up. fcrofhw
lar. mm. polyptd. cj. cortic. tnter. roÀ, frnnguU an ^ 6. th. CufcmAfumar. fctibiof,
ceterach, an. m. ^.fem^ anif. &fœnic. an. y^ î j. fol.fenn. $ fi. li^nir. raf. ? ; H. cq^
que in atj.^^, f'^-d\ 'fitj colat. ^ ï-j. adde/jr. rof. fol. compof, cum Rhah. Jgar,
é'fenn. | j. wz. le corps ayant été doucement purgé ^ le lendemain ie luy tiray
dufang de lavéne du malléole dioit à la quantité degiV. pour faire Reuulfion,
&s*eftant reposé vn iour ou deux après cette faignce, ic luy fis prendre l'autre
doze à laquelle i'adiontay 3 /j. de conf. fiarnech» ^ $ j- defyrop rof.fcl. compo-
sé : on luy,' oignoiî deux fois le iour le bras auec cci huyles OL. 01. lumbrlc,
t/ulpin. an, | i\. cl.feorpicn. Ij. dcMell. omr. & amygdad. &n. \ iÇ^.fpicà jf?. m,
desquels elle fc fer t iulques à prefent auec beaucoup de foulagement , car la
douleur & enflure du bras fe iîbnc diminuées, la mammclle demeûie en même
état & la tumeur n'augmente plus,mcme eft fans aucune douleur : elle y mec
neantmoins dclfus cet E-irplaftre 1/.. Empl. Diapomph. 5 iy Diapo-lm. 5 yplum'
bi vjît çjr loti , Icp. caUmiïL an, 5 Ci. cum f. q, oL rofac & fiiccx oerayii' f.f.a
"^"i' . . . . , ^ ■ ' .
On ne fçauroit <iroire combien eft pcmitîeux l'Onguenr >£gyptiac aux Vl-
cercs Chancreux : i'en parle par expérience car îe fus appelé l'année pafsce
J(jo6.pour voir vue Dam.e de ce voilinagc qui croit trauaillce d'vn Vlccre Chan-
creux & très puant en la mammellc droite: le Chirurgien qui auoit entrepris
la Cure pour corriger cette puanteur &: confumer la chair qui croit ordinaire-
ment aux Vlceres Ghancreux,y mcttoit de l'Ougueut ^giptiac de trois en trois
iours ou de deux iours l'vn, ce qui rendit tout à l'inftant i'Vlcere n malin qu'en
peu de temps il rongea la mammellc iufques aux coftes dont elle mouiuc : U
tuic donc traitter doucement ces Vlceres. Obftru» S^. Cent, j.
* Liurc premier
OBSERVATION XXXVIII. -
Qj^il (ft dangereux de traiter vn Chancre occulte.
CEux qui ont commenté rAphoiiTme j8. lia. G. Q^il vaut mieux ne tou-
cher point aux Chancres occultes (3cc. n'ayants pas à mon auis comp is le
vrayfcnSji'ay voulu aulîî bailler mon fentimcnrpariiculicr: M lis aupaïauant
ie veux raconter vnejiiftoire qui fera voir combien eft daubçereiife la cure du
Chancre occulte: vnc Dame dans ce voifinagc de 50. ans pafsés, comme elle
eutcclsc de faire des enfants<5c ics ordinaires crantsarrcftcs,il luy vint vnTubcr-
i*Gtile auprès du bout de la mamm.elîe droite, Qjpy qu'il fut dur au commencc-
,,ment& qu'il rincomm.odar vn peu, neantm.oiiisparc^ qu'il croit pctic & (\v<s
*douleur,ni elle ni ceux qui ctoycnt à l'enrour ne s'en mircii: beaucoup en pcne:
mais au commencement de l'an 1606. venant àgro.Hr 6c à luy faire de la dou-
leur, elle demanda confcil à vn Chirurgien lequel fe feruit vn mois durant
d'emollitifs6c de fupuratifs: la douleur étant augmentée peu à peu, le bouton
-Vouuritjmais il n'en fortit rien que quelque peu de m.a:i-re comme de 1 eau où
''onalauédelachair;àrinllant iis'y ht vn'Vlceremalin,dolouieux,tS: pjan'iétant
' demandé le 5. de Juillet de la même année, ie trouuay cette Dame fort am-û^iie
&: fôible : cet Vlccre extrêmement puant deuiiit (î malin q lil rongea toute la-
mammelle quafi iufqu'au fi;ernum,rA[iHlie de les cotes .^; ce daiisl'eipace de 4;
mois dés le iour que le TLbercule fe rompit : la douleur êtoit fort gr.iude aucc
..inquictude,petite fleure, nausée perperuclle & degoiic, par l-Iqucls ii^'ies nyanC
[.rcconu qu'elle cftoit ci: manifefte dang'rr delà vie, ic ne vojlus pas y mettre U
■î'^niain: vn peu apies mon départ elle mourut p liiîblemrnt.
On peut voir par là que la Dj(ftrine d'Hippocrare cil très verirabb , qu'il
vautbeaucoup mieux ne toucher point aux Chancres o:culccs , que d'y mcttic
la main, veu qne ccuxaufquelsonamis la main meurent plutolt , ce qui elt
raanifelle pat l'exemple de cette Dame à laquelle le Chancre com.nenca au
mois de lanaier & finit en luillet auquel temps elle mourut : que fi on n'yeut
point touché elle eut pil viu.c long-temps, ce que io pourroi^ prouu:r par p'u-
iieurs exearjples, mais il me futfira d'en dire vn ou deux.
l'ay connu la femme de Monfr. Ican Moulcrt D. tn Dioic 3c Confeiilerdu
Duc de Clcues : en l'an 1585, elle auoit été trauaillée quelq;:es années d'vn
Chancrenonvlcerc en la mammelle, s'edantfnui par le Confcil de Cohne
Slotanusde quelques médicaments tant en dedans quedchovs, il empêcha Je
fortele ptogrés de laTumcur, qu'elle avefcu pi uheius années aucc ce mal laiiS
beaucoup de douleur & aucune grande incommodité, ne s'eftant iamais vl-
ceré.
Moiiiicur Policr porta auflî iufques cl la fin de fcs iours vn Chancre occulte
qiÛ
Des Tumeurs contré Nature. ' 49
qui n'autoît pas manque de les luy'abbrcgcr fi On en eut eir rcpiis-la Care.
- Pour comprendi-c donc l'intention d'Hîppocràee,' il Faut diftiiTgucrlc Chan*
rrc en cette façon C lequel, fclon Galien , peut vcnii- en coûtes les pâtties dii
corps^ilfc formé ou en des parties profondes & cachées, comme auValais/aû
ifiegé, aux parties hôrifeurcs des femmes au Foye , en laRatrc-., oiïen'qadqi.tt
.partie externe : celui qui vient aux parties eftoii vlceié où npiv vlceré : -ijai eft
âuffî appelé càciic par Galien. ' ' '. ' ... .
' Or comme leChancrCcâ vue TumeiWti^es duré, îl le faut bu ràrtïoUirpat
des médicaments cmoîiitîfs ,'ôii difliper infenlîblemcnt par des 'Kefolu^
tifs & DifciTfTiFs , où' il le faut amener ' à fiippuiMt»oii> ou couper auec
fis facincs : mais îc ne vdis'pascomrrié 6ïi peut venir à bout 'db'Cch au Palais,
êcauficgc, oucnlàNarure d'vne'fornmé ^'Partant Galien à-ràifonde dire
que les Chancres qui naiir.nt en ces parties foni: incurables, &: iamais il ne- les a
tntrepri^ : l'en ay veu autour de la Luette, au Fôye, en' h Racte <3<: Col àc \x m?.-
crice,' mais tous ceux qui les'ont eu, en -{ont morts, en voici li'cade , ' ils énpi)-
rét^t par les médicaments emollidfs &: en vienitent'^lLï>'rfiaiifiS,' Ôt qui pam>
roiTpoiccrléfcrôule feu en cesîiiiux? ' "' " ''' ''
te viens maintenant au Chanci-edcs parties e'xt'emc^ Icc^néî'èft ou éxolcérc
ou non, c'cft à dire occulte : celui qui cft vlceré dcmaiidé deiix fortes de' tnc-
dïcamcnts , car à caufe de ies leurcs extrêmement enflées, callcufes & dures,il
faudroit Ce feruir de médicaments chauds Si. humides &:'qui f âMôlîilkntpuif-
fammcnt, à caufe de i'Vlcere qui eft inégal,' fordide& piiant , il faudroit nc-
CcfTu'ï'cmènt appliquer des remèdes dcterfifs ^ mundificatifs : mais l'expériea-
ce iournaliere fait voir que par ryfagc de ces mè.dicanients il deuicnt plu< niâ>-
lin, étendant Ces racines au long&: aulatgé : dans léChàhcrc,dit HéurniUs , il
y à double venin, IVn Putrefactif & l'autre Corrofif : fion y appliqué deis-rc-
triédé^ chauds &hùmidcs tels, que font ceux qurfont venir le Plis aiix Apofte-
nies & Vlccres qui Ce pcUuént meurir , Vbu: y verres venir vhe grande pourri-
turc qui înfcdlcra tour ce qui cft à l'eritour: que fi on fe veut feruir de medi-
, jCamentscaufticspourçonfamer cette inipurctc , voilà l'àucre venin quieft:
éorrô'fiflequcînérnanqucir'a pas de fc produire : l'ay remarque 'que cela croit
. vcrirableenla Damede l'aquclicî'ay parle : car après l'application des fappu-
. ràtifs , l'Vlcere vint tout à l'heure fordîde lîk puanr, or le Chirurgien voulant
corriger cette puanteur p-irTOngucn" ^£^yi-.riac [ lequel eft tres-coiuiairc ] il
S'cleUavnc grande malignicé cnrViccre , iiqiivlleacuquaiiicoutincnt leS^ pai'»
rîcs 'd'alentour &: lesi-ongea auec de cre^ iicaii J^ touimenfs : Q'iè Faur-'il dorie
Taiic? ' certàlacrncnr fi quclqti'vn veut extirper entièrement towt ce. qui "eft
imasjacé, 'cçlui-Ià rie s'e. altéra pas' beaucoup dir bjn chemin, poUrbc-'U 'quC
,i*6Xci(toii fe fice iufqucs à la iacine&cnîa p.i'riic qui fe porte btdn'fll^n' le
colifcil db Galîai Scie.' l'nyant cxp::rimcctc lieùrcufcrnent deqûoy 'Vbici'Vh
dcèb^slb-'' ^;>-'- '^^- • • '•• ' ' ■ - ^'•'' •■'—■'
•o Liurc Premier
L'an 1600. ynK vieille de Laufannc qui auoic vn Chancre exiilccrc là où les
futures fagitrale & lambdoidefc rcncontrcnr, me demanda confeil ; l'Vlcerc
croit doloreux, fordidc, puant , inégal, les leiires ccoyent dures & éleuccs de la
groileur du poin : ayant bien prépare le corps, aucc vne bonne façon de viurc,
purgation & faïence , après aiioir ôrc les clicueux., ic coupay iuîqu'au cranc
toute cette malle vlccrce &: tout ce quikmbloit tftre atteint de cette maligni-
té i Je raclay auffi le Crâne quelques iours aprcs parce qu'il ctoit vlcerc , met-
tant en fnitte tous les iours de la poudre Catagmatique, & fis vne cicatrice de
même qu'aux autres playes de Ja Tcre, elle fut, guérie ôc a vécu pluficurs année*
après, enfin elle mourut de Pcilc en fon extrême vieillcirc.
le coupay aufTi à vn certain de Laufannc le membre viril , iufqu'à l*Abdo-
men auquel il y tftoit vcnuvn fungus Cliancrcux , comme on en verra i'HiV
ftoire en luitte.
Jl faut maintenant parler de la Cure du Chancre non exulcercou occulte
des parties externes , laquelle eft ou légitime , vraye & méthodique , ou vio-
lente : la Cure méthodique félon Hippociate , Galicn &c. fe fait par 6cs con-
traires; car toutemaladie dit Hippocrate,qui vient de replction,doitétre gué-
rie par cuacuation,&c.& ce qui eft reftoidi,doit être échauffe &c.& ainfiqu'cn-
fei^'ne Galien, ce quieft dcfeché & endurti,commc les Tumeurs fchirreufes 6c
Chancreufes,doit être ramolli & relaxé par dcs.meJicaments chauds & humi*
des,& au contraire toute partie du coipsquitft relaxée outre mcfure, comme
aux Décentes, en la cheutede l'Inteftinum RcCtar,& de la matrice,demande dcs^
chofes froides Se qui ont vne infigne vertu dtliccatiuc auec adftridion , ea
fomme, pour parler auec Hipp. les contraires font g^ueiis par leurs contraires^
foit que l'on l'eurcnde du mal,foit de fa cauf. ,li eft ce que,felon que Fernel l'en-
fcî*He,qu'il faut toufiours écarter la caufe auantque de venir au mal,car tandis
te, aii nombre dcfquelks on peut mettre le Chancre occulte, iur tout-quand il.
eft enuicvlHîVeuqHc cette humeiu:cft fi épailïc,commc dit i£gincta IL4.C.36. &.
fi fort* attachée, qu'elle ne peut être ni rcpoufséc en dedans, ni diflTipée ÔC rcfiftc
même à la purgation vniueifclle, demandant des remèdes Topics particuliers.
'Que il Iclon les Décrets d'Hippocrate ik desautres Médecins, les maladies
fe rfueritfent par leur contlaiie, & le Chancre eft vne Tumeur dure engendrée
de la Bile noire cxercmcntitie comme dit Gal.en fôn liu.de i'Ar-t Curât, à Glau-
con. l.z. crp. 10. fi qùelqu'vn fc Veut fcruir de la Cuic légitime & méthodique,
il eft neccfiàirc d'y îippliquérdes médicaments chauds & humides qui ramoliif-
fent puilïamment, or l'Hiftoire que ie viens de reciter fait voir combien ils ibnc.
dangereux , comme l'ailllre aiifli Galien au liu. 5. des facultés des médicaments
fimplcs chap. 8. Touc ce qui eft cndmciprouenanc d'vnc humeur atrabilaire,
eft
Des Tumeurs coatrc Nature. jî
cft Chancrcux & dcuicnt plus mauuais par des mcdicamcncs cmollitit^, car cet
excrément de riiumcur atrabilaire ayant long- temps croupi dans les Vaillcaiix
jcomme dit Gai. s'y brûle ôc par fucccflîon de temps deuicnt acre & malinjmais
les médicaments emollients ôc fur tout les fuppuratifs qui font chauds &c humi-
des caufent delà pourriture, parce que cet humeur s'cchauôocncor plus Se en
deuient plus maligne ôc plus acre, de forte qu'elle ronge Se cxulcere tout : ôc
les parties qui font autour venants àfe relâcher ôc dilater en même temps , par
ces médicaments émoi licnts,(5<: cette corruption ôc mnlignitc gagne les parties
voifiacs &i*cpand aisément étant comme vn Icuain quiinfcdic le fâng de les hu-
meurs Icfquclles y accourent à caufc de la douleur, les rendant femblables à foy
à fçauoir acres ôc malignes : Ce qu'ayant connu cet incomparable pcrfonnagc
'qui fçauoit toiit^ il a laifscce Décréta la pofteritc, à fçauoir qu'il vaut mieux
ne toucher point les Chancres occultes ou non Vlcercs par la Cure légitime ÔC
mcrhodique, enfeignéepar Hippocrate, laquelle fe fait par les contraires, de
laquelle Cure à monluis, il veut parler, ôc non de fa fe(^ion Ôc vftion qui font
les fculs remèdes du Chancre : car étants ainlî traittcs f à fçauoir par lesm -di-,
caments emollients lefquels cÔàrouchcnt incontinent le Chancre, comme l'ex-
pcriencc le montre J le malade meurt plutôt, mais en n'y touchant point à fça-
uoir par la Cure méthodique & légitime , parce que le mal n'empire pas , ils
pcuuent durer pluslong-temps,commc les exemples que neus auons produit le
font voir.
Par la Gare violente, ou comme Galien l'appelé, puiiïàntc , ic n'entens pas
celle qui (c fait par les médicaments ou par le moyen delà nature,laquelle cft la
curatrice des maladics,mais celle quife fait.par l'Art acompagncc de Violence,
qui eft vne extirpation entière de la Tumeur auec fcs racines, laquelle, par ma-
nière de dire, eft.fans danger, pourueu que le corps foit bien prépare tant pac^^,
vn bon régime de viurc, que par purgation, faignce &c. ôc que le mal foit en
vne telle place, d'où on le paille enlcuer auec toutes fcs racines & ne foit pas
cnucloppc parmi des vaiilèaux conlldcrablcs comme des Artères ou vcnes.
Mais il fc faut bien garder de venir à la fcdion ou vftiondit Albucads lî le
Chancre eft au Col, en la Nuque ou vers le Gofier,à caufe du nombre de nerfst
vencs ôc Artères qui y. font, comme auflî en la partie interne de la cuilîè » Ci ce
grand rameau de la vcnc caue qui dccend au larret cft implique dans la Tu-
meur ., car i'ay des cxc mplc s que les Opérations hizcs en ces partiesfoiu le plus
fouucnt mortelles, à caiilc dcquoy ie n'ay iamals ose y entreprendre des inci-
fions finon que la Tumeur fut en la (iirfacc Se nullement ci->~ngce dans ces vaii-
féaux : Qiianr aux autres parties, ie montrcray par des exemples que i'ay tres-
heureulemcnt rcufTien mes opérations, fans qu'il y ait eu rcidiur ou que la
mort en foitentuiuie comme veut Celfus liu. 5. c. 18. \
I'ay baiilel'cxemple ci dellus d'vne vieille de 60. ans à laquelle ic coupay
ïirureufcmeiTt vn Chancre en l'Occiput.
G «
. Vçiù ifc'- l'ca.cûUpHy.vne.n la Icure de dcir«iî$.à,vn.domçftk;<ic.Jvlonrr. de
Crq;«,iÀ:ign.r. dcPiiUi.XC- nomme Bernaid Pencuaiit^.
L'^n i6û5, Tsypt? heurt, Lifemcntvn Chancre qui twpir toute la mammcUc
tlroire er» viicfcmmc de 40. ans à i^ayernc, fans qu'elle en ait reireuti aucune iiir
ipmmoditépayaiiîep des ejnfantspariapies. . , . .^
^, L'an. j6,j9. ie conpay à Laul.aane le me>ribie viiil à vn ccrtaiu, lequel êtok
iiu en vnç nionjlrueulcmalle de chaij: cxulçcice.dc tous. côtes, dans l'Abdomen
jxicmej il fut remise icpotre bien eu l'année courante ién».0;i peut voir par
là que le Chancre peut être cpupé ians vn manif^ifte danger, pourueu que. Ton
y apporte toutes les conditions. neccii.iires. , .
. Mais pourquoy âprchende-t'-on tcilemcnt Thscmorrhagic çn l'cxcifion du
Chancre? au coiui'âirc il .(em.ble qu'il en faut b.c.iucoup laiiîci iortirsfclon i'aui»
d'Auiccnnc »3^ ^Metuc , pouiquoy di-ic l'apprchcndc- t'-on fi- toit l Q^nd on
cpup^ vne cuiiic .ou vn bras,,n,c le tiouucnc ils pas plus fouueiit des gros vailf
.fea^x que dans les Tumetirs Cbancrcuics, de ncaiîtmoins IcChùurgicn quand il
7 a Gangrené ou quelque .vice rc putride, vient incontinent à Kamputationî
peut-elb c que quelqu'vn dira que la caule de cela conlifte en ce que telles Ope-
iationsletont aucch.biiitç& promprirude., d'où viciït que le lang coule en
moindre quantitcjmais comm.e ibcrcnccn^te au Chancre plufieurs chofes qu'il
taut icparcr, de là v ietic qu'il en foie hcaucoup de fa4ig :^ il fembie neannnoins^
que le Chirurgien ayant conoiiïawcc âcs vaiiîcaux qui vontà la partie peut cuK
1er âiscrr.eni ce danger, prcmiLrementii auant l'Opération il ferre d'yn nœud
le- V'aiii^:au , ayant p.'.lséi:i, pavanant vne f guillc couibcc aucc vn lil:retors , fc-
çon4jc-m,(.-aic ot icpai*tnt jce qu'il tauc Icparer principalement auec les doigts?
car aimiic danger d'.HaL'aiuri'hagic ne (Ira pas fr grand que s'il Icièruoit ou du
r^foir oji du couteau fcpdratQiic, comme ic l'ay pratiqué hcureuiemenc en. la
Dame, de laqiKlie.i'ay parle ci-dcirus.
Pouïconclurre ,.ie maintiens. qu'Hifpocrate en cet Aphorifme n'cnteiid-
jpas pAr les Chancres occultes ci^ux cuii iont en des parties profondes & cachces-
comme au Palais occ.' Car veu que iclon Galicrt Ôc comme l'expérience le faic,
\oirj ils font entièrement incutabies y. il n'cdoit pas befoin d'en faire vn-
Axiome ibc Hippocrate n'auroit i-itn dit d ignede luy : . il ji'y a pas non plus de
r.appauïncequilait.vvoulupaïki;- de l'opération manuelle .ou de l'extirpation.
du Çhancie c.s parties ext^xnes qui (l iaic aucc Je Rafoir , parce que comme
il,.eft connu aux Praticiens & Texp^rif-nce .le fait voir > elle fc peut faircL
fans vu grand. dajiger, autrement il n'aur>it pas manqué de dire quel-.
'<3uc cKpfe des autres Opcrations; çù il fort beaucoup plus de lang qa en l'cx'
«ciiiun du Chancre . : ii rart dOijç conclurre qu'Hippocratc a voulu parler de-:
kCuracion du Chancre vraye ik légitime quifc fait par les contraires: ôC doit-.
on,. croire que. (^alien a été ^g. ce /Jcntiment parce qu'il dit au Commentaire
fn parlant du Chancre exulceré? car alors die- il, il-ett ncceiraict, à.f^auoir
, ^> ■' s'il
Des Tumeurs contre Nature. ^^
''S'ily,;i<J,e]'ç,^t^lccratig,n, <k fi onjiçpçuc pasfakcmiaix.aii irjOins'cîé' tîctroyer „
i'ordurecmplpyaiK cjucicjiie chofè d'humidcanonja. première qui Ce prcfènre-» „
mais celle que Vqn a trouuc profitable ou par cxpciîtncr ou par rcccrche la^ „
queilcnepuiiïè ni caufer delà pourriture nj irriter la partie: Il faut 'donc -de- „
maircr çn cette cure fans en ccrchcr yne autre, mais les Chancres qui ne font. 35
pas^vlcercs n'y (pnt pas compris : Par iefqiieilcs paroles G:iHen rcfette la Cure ,»
méthodique au Chancre , car il écrit en termes exprès qu'il ne faut rien met- „
£i:e de pucrçftidi^.fur la part.ic,or les emollients &■ fuppuratifs,telles que font !cs „
choies chaudes & humides ,. caqfenr de la pourriture , Et pour me feruir ét^
termes de G:aHei> , les vrays putrcfadifs font chauds Ôc hnrnjdes , &: par confé-
quent ,.fcion fon opinion, il ne faut pas s'en fcrnir aux Tumeurs Chancrcufc?,
Et pour confirmer d'auantage fon opinion , ilaiouteque les Chancres qui dc
font point vlcetcs n'ont pasbefoin de cette cure, 11 cft r.iiîlî clair qucGalien efî
ce Commf maire approuue la Cure vioieptcou pnrlïànte, comme il l'appelle,,
car il cciit que le Fer &: le ]Fçy foiir lesfeuls remèdes divChancre, Non pas en
JouSimais en ceux feu lémenrqiji ToBt en quelque partie externe du corps, car ce
q.u' il âioure,Qjc cçux qui font en des parties cachçes ne veulent pas ces reme»
des,i.ft co!;firmc parA'experiencej Et Vn peu après ii dit , N'èllàyonsiamnis de
guecir telle forte de Chancres. 0^87.C>;;f.3,
OBSERVATION XXXIX.
De la Cure du Chancre Occulte.
Vpus m'ccriCcs qu'vne Dame , laquelle eft fur le decîin dé fon âge et! rta:-
uaillce èisw ichirre cn.|a mammclle gauche qui cfl: profondément cache &
comme attaché aux coftesilt a pris ibn origine,com3tie i'cftitivc , & cil \^nu de
kit caille , car elle n'ayant pas nourri fes Enfants, & n'ayant pu faire ibrtir k
lair de Çz& marnmdles , il ne faut pas s'étonner s'il s'efi: grommelé &: s'il yafoi^
vn fchirre , A quoy a contribue fans doute la rétention des mois & le reo-ô'rge-
mentd'iceuxenhaur,Et parce que ce fchirre, comme vousccriués, eft ii.ro- Là
l'attouchement & n ell pas entièrement exempt de douleur , ie crois qu'il n'ell
pas de. lajorte des légitimes: le vousâucrtisde ceci afin que vous pieuics Ûcn '
gaïdc en l'application des Topiques, veu que cette forte de fcliiFie fe tourne fa-
cilement en Chancre : lel'ay -eu à -diuerfes fois & il n'y a pas plusd'vn aii en
une grand' Dame laquelle ayant vn femblable fchirre en la mammelle^droite,
s ctantfcrui de Topiques coptf c mon fentimcnr , il fe conuerric en vn VÎcerc
Chancieux & incurabicll vaut donc beaucoup mieux confumcr la caufe anté-
cédente parles remèdes vuiuerfcls & fe donner garde qu'il-nc îette Cti racines
plus auant qucd'cflàycr quelque autre choie, car icn'ofaypasluy confcillcr de
G 5
54 l4urc Premier
venir àrcxdrpition parce qu'il.ctoit profond ôc comme attache aux codes ; l
fcfauc auflj abftcnir des emolIicnts,parcc que,comme Galien i'alTurclcs fchii-
xcs durs qui viennent de Bile noire en viennent plus mauuais.
Pour (c bien feruir des remèdes généraux , il faut auant toute œuvre ordon-
ner vne bonne façon de viure,cuitant tout ce qui peut manifcftement échauffer
& dcfechcr, comme l'Air exceflîuement chaud , le violent exercice , les chofcs
acres & poivrées, car quoy que la caufc de ce mal qui cft la Bile noire , fcmble
ctre foiblc , elle a ncantmoins quelques parties chaudes àcaufe du mélange
de l'humeur bilicufc , comme il elk manifeftc par les (ymptomcs qui fuiucnt
^Iliuoir par vnc grande douleur & piquante Inflammacion corrolîon des
parties voi/încs 3c autres : Il ne faut pas non plus prêter l'oreille à ceux qui
veulenrapaifir&âioucir l'acrimonie de ces humeurs par des chofes qui ra-
fraichi,(îènt beaucoup , car elles diminuent Se affoiblilïcnt peu à peu la chaleur
naturelle,, Il faut donc garder vne médiocrité fe feruant de choTes tempé-
rées tant en la nourriture qu'en la préparation de l'humeur pcccante, a-fîn de
faire du bon fang &c des humeurs douces : Il faut purger le corps de temps en
temps regard4nt toufiours à crer l'humeur atrabilaire ; le me iers en telle ma-
ladie ^^//^,*«r^(<, %/iganCiSenné , Polypodei , cufcuu , cortic. fran^nU , Elleben.
Efula , confeU. hamech , ^c. l'ay remarque que le mercure, fublimc & l'Arfc»
nie font tres-dangereux dans les affections Chancrcufcs j ce qui me fait dou-
-cct il le mercure dulcifié peut être vcile , n'en ayant point fait d'cïfay; Vn
homme de quarante ans très robaile auoit vneTumeur chjncrculc au Poignet,
luy ayant apliqué de cette poudre tant renommée de Pçnoll où entre l'Ai icnic,
il mourut peu de iours après aucc de grands accidents : l'an 1618. ie coupay à
Spire la mammelle gauche à caufe d'vn L. hancre exulceréjà vne Dame confide-
xable. Elle s'étoit fcrui de pluficnrs Mcdicamcnts tant ratlonels qu'Empiiics.,
^ntre autres vn Charlatan y auoit appliqué vnejiuyle cauftique fait d'Aiicnic
^ de mercure, quoy qu'elle fut enceinte , Ceci cft remarquable qu'à chaque
fois qu'elle s'en, feruoitjentre autres accidents ,, elle fentoit Ton fiuic tellement
ébranlé en la matrice,qne peu s'en faloit qu'elle ne le perdit , «Se partant on n'y
-en mit que quatre ou cinq fois : Que fi le mercure mis en dehors ell li dange-
reux>que doit ce être étant pris en dedans? Car il attaque premièrement les tl-
prits vitaux & en fuite les autres.
Il luy faudra ouurir la Vêne quelquefois, toutes les ansiées, principalement
z.\x Printemps &: Automne,non au bras,mais au pié gauche pouratcircr le fang
.demie, i-1 ^çroit plus à propos de luy mettre di'.. fangfucs aux V'éncs h:\;mor-
% ..^ J^lfdow le dire des Médecins, on tire par là vn fang atrabilaire , & ic
Ç0i,i*^;ii^ cç:ti:lQrte de iâignéc pour vn îiutrerailbn, alfâucir pour cuiter vnc -
Apoplexie de laquelle fonPere & fa Mcre font morts : car ceux dit Hippocra-
-te^ à qui CCS Vcncs fluent , ne font attaqués ni de Pluve^e , ni d'infiammation
de
Des Tumeurs contre Nature.' 5^
de Poulmons.ni dVlccres coirofifs,ni dcfroncles,ni de Tubercules fcmblablc^
au fiuic du Tcrcbinthus: Et font peut être auflî exempts de leprc, &:e.Éntrc Ic^
remèdes Yniiicrfcls , il faut mettre les fontanelles , parqaoy , veu que cette ma*
ladc, comme vous êcriucs , eiV phlegmariquc , replète ^ fuiette aux dcflii-
xions,ie fuis d'auis que l'on ne laide pas en arrière ce remède, mais il faut
examiner eq quel lieu il les faut faire,ceux qui font fuicts aux dcfluxions de la
Tcftcfur Icsautres parties, ont le plus fbuuent le Foye chaud , car fonintem-t
peric chaude Se des autres viircres du bas Ventre enuoye plufieurs vapeurs en
haut , Icfqucls s'cpaiflilïcnt par la froideur du Cerueau & retombent en bas:
Pour donc corriger ce défaut & empêcher les vapeurs de moritcr en haut , il'
le faut faire au larret droit , car par ce moyen on retranchera fans pêne h
caufe antécédente 5c Tamas des humeurs dans le Cerueau : que Ci on en hk en-
cor vn au bras gauche , c'eft le moyen d'cpuifer IrCerueau & de préuenir les
Defluxions qui en découlent : par confequent l'Apoplexie & addoucir le mal
de la mammelle : Qjc s'il furuient de la douleur férues vous de ce linimcnr: '
0/i. Oi. Rofiic, Amygd. d. âe'oiteU. ouor. fine magna ajj'atîone cxtr. an. | i i. Rad.
/hrophnl.herb.Roberti an.m.& . Ranar, Gammar. anM.'iii, incidantur^tundantHr m
mortariopl. cum pifltllo pi. per ali^uot horas , ferua in vaft vitrei : Apres l'huylc^''
il faut mettre de cet Onguent étendu fur vne peau. !^. Çnmm. Elemiy cent
ftoudg an. 1. 1. 01. rofac. de vîtell. omr. Arnygà. d. an. \ î i. m. igné lento (^r cola'
dein in mortario plnmbeo addefequentia. ^. ThH<s. pptx , plnmhi f^uarom, corn,'''
C. 'oJit& ppti Gammar. Ranar, calcinât: an. 5 i i. litharg. aarei loti &/iihil. pnl~
ner. ^i^.m. & agita cumpijlillo pi. per 6. horas tntegras admifcendo paulatim
fuccor. feqi*. cj.f. ad vngi4. 2C. rad.fcrophnl. mai. w, ii. Ari m. i. herhéi Ro(^.
f^latri an, m. iii. Incidantur & contundantur in mortario , Extrahatur fHcciis per
prAlnm : Tencs ceci pour vn fccret. Qnp Ci par cette méthode vous ne guc-
rrfscspascntieremerw lemal, vous domtercs du moins (a malignîcc , dcror---^
te que vous poutres amener à-vn long âge votre niilaJe. Objeruation ii.^-
Cent. 6. :■
O B S E R V A T I ON X L. -T-
iXvn Chancre Exulceré,
VNc Femme de Laufannc a vne Tumeur fort dure& inégale à * l'infl im-
bout de la mammelle gauche quafî de figure triangulaire , f t ^iii. ^^
garde rAilïèlle,elle n'eft pas beaucoup cleuée &c femble être artacftce au Pciio-
ftc des coftcsveu qu'elle cft prcfquc immobile, fur tout du côté de TAilTellc, oa
Toit aufllî à l'cntout force petites Vêncs chargées de fang auec quelques glan-
. 5^ v)..fi,iure' Premier
dc5 tanc'àuîroarkîc la 'l?umcm que foiis i'Aîlîcife : la Tumeur éft iiuîdc & quel-
que peu enflammée Se la peau d'alcncour efl: de couleur 'plombcp. ou ccudrcc:
Dans ie milieu autour du tjquc de' la mammelle il paroït quelque petite Vice-
rcs derquelsii fore vue fameiaunâtrc: il y a' ordinairement de la douleur quoy
qu'cile ne ioit pas violence:Pour Iç diiq eu vn motjpfefque to us les lignes d'vii
Cliawcrc s^^^'^ï^^"'^ > lequel à mon aduis il ne faut plus appeler occulte mais
vlcerc quOy qu M ne foit pas venu àfbndernierdcgué de malignité comme il
le faut croire àcaufc que la douleur n'eft pas trop gian ^e & que les lèvres ds
rVlcere ne (ont pa^ èncor fort enflées & hideufcs a voir <:bmrhe elles font Siii
Chancre vlcerc quand il ((l>p«nu au haut point de malignité ; D'auantagc IVl"
cer'e ne gagne pas vers hs parties voiiînes'& ne rend pas vncmauuaifc odehr:
-mais Dieu \ euiile qu'il ne vienne pasà ce pointjcat i'.ipieh^rtde qu'il ne reç'oi-
ûe pas vne entière guonfoUjCn cé ças"ienc fcroïs pasd'duisquc l'on vint à la
Gure kgitime , qui e(l l'entière extirpation de,la Tuineur par le Fer ou paV le
Feu à caufc de l'exccUjuce de la'pariie: le ne crois pas pourtant qu'i-lie faille
^contenter de la Palliaducqui conilfte à addouCith douleur 'S-c -Êempéchèr
-■■•i*accroiircmentdu mal: le lie faurois vous dire de quels niedicahrents elle seft-
lerui iufques àprcfent, Ton mari vous en diraMi'auantage , lènc luy ay iamais
.iich ordonne car elle n'àcré qu'entre les maifi s de Charlatans 6c Baibicrs > maii
rcomme clleadcâré que ie'doulufiTe aufll mon aUis de te qù'iii faut faire ï lele
diray en peu de mot?.' •- ■'- ' ' • ' v " ''- ■> ', ■
Vousfçaués MciTicurs que' Galien en ion i>'liure de'l'Airrcuràfîuç à Glau-
eonchapati.proporc deux manières de gueriï le;Gbancrc,k''prciTiierc deiqucl*'
les confifle à purger les humeurs àtriibilàirbs , & l'aucic Ch l'èxtirpacio.» de là-
Tumcur:Qaant à la premierejfi on ne s'c^ilcrt pas d'aboi^d, il eft certain qu'el-
le ne fert quali de rien pour recoiiiirer la Taure, véu que laî matière eft fi comp-*.-
.ute & endurcie qu'elle ne pî.'ut paS obéir auJf Mcdicahienrs ', maisi?ul ne peut
douter que les Médicaments qui purgent les hume uri atrabilaires neToycnt non
feulement vtiles mais auflî necefïàircs pour diminuer la caufe antécédente > c'cft
à dircjqu'ils fcruent en la Cure Palliatiue : L'autre voyc proposée par Galicn»
c'eft l'cxtiipation de la Tumeur,laquellc les vus Font par le Fer chaud , les au-
tres par des Medicamcntscorrofifs , Et ks*aiiîies aucç lepouteau trenchanr.
Qjant au Cautère aduel , iclc tiens pour furped; auec Albucafis dans les Tu-
^ meurs fchirreufes&.chancreures?& les Vlceres , véu que ccttematicrc atrabi-
laire s'endurcit, d'auantage Ôc dénient plus maligne par le Feu lequel agit au
.QernieVr-degr<^ de chaleur Hc fcehercire: outre que par l vfage duCautete lés pat'
'" lies vQÎiicQi peuuént s'enflammer comme laPh;urc»lès Poalmons '^rie Cœar>
ainfi qucGaU€nrairutc.L'Extirpationqui.re fait par les medicàrnchtii'efcha'ro^j
tics & fcptics ou tel autre fcniblable medicamcuç clorr6^rif,me fanble aùffi-
dangercufe à caufe de la di^hitcjclclîtpaiTiç', outr(&»qucrcvper?encefiit voir .
que les Chancres vlccics en deuieniieru plus malins : RtHie donc TExtii-pation
Des Tumeurs contre nature. 57
«^uirefait par la main 3c par les inftrumcnrs trenclunts> laquelle ic prefeierois
aux autres, fi îe n'y voyois beaucoup de diâiculccs qui la rcr.dent iiiccrralne ^
entr'autres i. laCacochymie de tout le coips^ i. rafFoiblilîjmenc conû icrabic
de la partie, lequel cft procédé non feulement de cette maladie, mais qui eftdc
ieuncllè, vcu qu'en fon enfance elle fut brulce en cette mammcHe , en aprc^ il
efl; arriué ^. ou 4. fois que le laid s'cft caille en cette mamm elle , car à caufc
delabrulurclcboutdclamammelie s'cft reciré $c l;s porcs fe font reiferrcs : Il
s'eft formé aufli desApoftemes«Lcnulcdulai6b caillé , ne fçaciian:riellca efté
bien traictée , 3. ce qui me rend l'extirpation doutcufe , cil que h Tumeur e(l
tellement attachée aux coftcs qu'a pêne cft- elle mobile, & qu'ily aplufieurs
glandes fous l'aiffelle qui font comme les racines de ce mal, Icfquelles tou-
tes fois on ne peu: pas arracher : le laide à voftre prudence de choiûr entre
CCS deux maux cgilcment prclîants qui (ont en l'vne Ôc en l'autre Cure , a(fa-
uoir la Légitimée la Palliatiue : quant à moy , la voyant dans vn âge auancc,
remplie de mauuaifes humeurs aucc débilité de la partie &c auec ces glandes
fous l'AilIclle , qui font comme la racine de ce mal, i'aimerois mieux demeu-
rer en la palliauje que de mettre la malade en vu apparent danger de la vie:
Lettre x/. écrite an corps des Aiedecins de Genene,
OBSERVATION XLI.
lyvn fchirre Chancreux e:i la mammelle engendré de
IaiU caillé,
I'Ay veu il y a quelques iours cette Dame de Soleurre qui cft trauailiéc
dVn Chancre occulte dés long-temps procédant de laid: caillé: ic luy ay or-
donné quelques médicaments tant internes qu'externes defqiiels elle s'eft afscs
bien trouué : ayant ncantmoins fiic entendre à ceux qui l'affiitent qu'il eft
entièrement incurable; mats vn Charlatan a corifeillé d'y appliquer vn Cau-
ftic ou vn velïcatoire pour par ce moyen en vuiJer la matière : ie leur ay
montré par raifons &c. par cxempîescombicn ce confeil eft pernîtieux & abfur-
de , & entr'autres vnc hiftoiic lamentable d'vne Dame conliicrable au voill-
nagc laquelle i'allay voir l'an i6o3. ^c. ï'ay vcu vn? autre femme au territoi-
re de Bjrne à laquelle en allaitant, il vint vne inflammanon en la mam-
melle droite , à caufe de laquelle le laid fe cailla &: grommela, l'inflim-
mationcftant appaisée , il refta vn gcumcau en vn endroit Je la mammellc
vers l'AUr-lle , qui le conuertit peu à peu en fchirre Se finalement dégénéra
en vn Chancre malin , car quoy qu'il ne fut pas encor vlceré , fl"eft-ce quf
la doulcur.eftoit fi grandcprincipalement de nuid , qu'elle croyoit qu'il y
auoit des charbons dcirous : Ayant vécu ce me fçmblc cinq ans en cet et»:
H
i^i Liuie premier
.:?w' ce r.hiicc ChâiUMcux ctatu fur le pûiindcs'cxulccrcr, elle me vint tromict
ïc trouiiay vnChawerc Oucnltc en la mammclle droiîtc beaucoup plus gros
*|uc le p«ing > trcs-dur & linide : il y auoit sufli trois fchirrcs caches ibus
l'Aiirtiledclqucls il y en auoit vn aufTi gros qu'vn oeufj ils n'eftoyent pas ei>
cor malins & ne tcnoyent rien du Chancre : le corps ayant cfté ruflifammcr.t
prépare tant par vue bonne façon de viure que par purgations & faignce , ic
coupay toutes ces Tumeurs fchirreufes le io. luin 1606. ainfi elle fut remife
bien-toft après : Il But remarquer que tandis qu elle fut trauaillce de ce fchir-
ic y qu elledcuint vnc fois enceinte & qu'elle même allaitra Ton enfant 3 lequel
à peine âuoic atteint /ix mois, qu'il luy vint des Tumeurs fchirreulcs aux emun-
^oires & finît fa vie en langueur, car la matière du Chancre qui cftoi: imbue
Se infiltrée en la mammelle rendoit fans doute le lait acre , malin ôc comme
vn demi poifon : il ne faut pas donc que les mères qui ont ces incommodi-
tés allaittent leurs cnfans , car femblable lait venant à fe cailler en l'ello-
mach produit des accidents femblabics à ceux du poifon comme alfure Ga-
iich , &: fans doute il dénient plus malin quand il fe caille dans les mammcU
les, l'obferuation fuiuante fera voir comme i'ay procédé en l'Opération,
O.bferiiat. 78. Cm. 1. , "
e^^^pH'
V
OJ3SERVATIÛN. X L I L.
D'vfj Schirre cojiturti en Chancre.
Ne ieune Damoifclle derr.curant en vn Château du Prir.cc Guillaume
^ Duc de luliers ôcc. ayant receu d'vn ieun' homme vue chiquenaude a«
prés du bout de la mammelle gauch?, (5i vn peu de douleur eftantfuruenu, tou-
te la mammelle enfla &: de honte ayant caché fon mal elk appliqua de fonmou-
iKment des chofcs qui ôtent l'inflammation, &c. rcpouiîènt puillamment & rcn-
Hoycnt l'humeur mais ne la digèrent pasainfi, ks plus iubtilcs parties de la ma-
tière étants çonfumces j laterreftres'cpaiflltenrchirie: ayantctc demande en
1590, le trouuay vu fchirre très dur, doloureux ôc Chancreux, à peu prés de la
o^relfcur d'vne noix à côte du bout de la mammelle vers le fternum: le fus d'â-
\ is qu'après que l'on auroit bien prépaie le corps , que l'on ouurit la peau fu-*
peificiellement, ( car ce fchirre n étoit pas profond j en longueur , & qu'il fut
arraché aucc famembrane, qu'en fuitte la playcfut traittceiclon l'Ait : cette
Opération manuelle quoy que tres-aisée& fans danger fut rebutée, ce qui
m'obligea à me retirer, n'ayant rien voulu entreprendre : après mon départ
^uclqu'vn feprefcnta qui promit delà guérir fans opération manuelle,& ayant
mis deiïus premièrement des cmollitifs, en après descorrofîfs , ce fchirre fut
C«n«çiti Cl) vn hoiiible Chofiçrc, duquel cUc monrut peu apics iBifçrablcment:.
' " ' " ^.- ^ - . . - - ^^^
Des Tumeurs contre Natui*e; 55
ique fi des le commencement du mal,on eut digère premièrement la matière qui
s-'eftoit ierté fur-la partie , ôc puis trau.iillc à la refondre, certainement ce rai-
fcf able accident ne feroit pas furueim : ^ linre -àe t'Icheur & melkerie djap.v'j.
O B S E R V AT I O N XLIIL
De l'Exiirpation d'vn Ficus ChaicrCrtx dcàaas lorbitc de tceiî.
L'An 159^. au premier d'Aouft ie fus amené de Laufanne pour aller à Luftr?
voir Noble Claude de Luftri Maire du licu& de la partie de la Vallée de
Luftrî : \\ ctoit attaqué d'vne m.aludie étrange & fuucfte, alfmoird'vne Tu-
meur fort auancée en dehors, fcliirreufc &: âprachant du CWancrc auec des
griefs accidents en dehors &: dedans: Il étoit fuiet de fou naturel aux Cathar-
rcs, outre diucrfes mala«lies qu'il auoit eu, iîévies, chatrdes, diilocations,fraéht«
rcs ôcc. d'auanragc félon la coutume du Pais i^^aifoir bonne chère reccuant de
grand cœur ceux qui l'alloycnt voir: Parquoy en Tau i5€o. l'hyucr ayant été
êioux &L humide, tout fon corps fut rempli de mauuaifcs humeurs , qui ctoyent
principalement portées au Ccrucaii à caufe de la chaleur de fon Foyc &: com-
, mcncercnt à le molcfter , car fur la fin de Février de l'an 1581. il fut faiiî d'vne
migraine au cofté droit, pour laquelle guérir fon Médecin prenoit beaucoup de
pêne en vain, car l'humeur qui ctoit enfermée au Cerueau cerchant ilfuc , fc
ktta auec impctuofité fur l'œil droit qui caufi vn.e véhémente douleur auec in-
flammation, ainfi les accidentsqui y étoyent déjà, douleur de Tefte, fièvre, in-
quiétude, vomiifement, maux de cœur iScc augmentèrent plutoll que de dimi-
nuer, fans qu'il y eut aucun remède pour arreftcr cette Defluxion, ni Reuulfioit
ni Deriuation, au contraire l'amas fut fi grand que la membrane coniun6tiac
àz l'œil en fut à la fin rongée ou pluroft pourrie.
Il faut remarquer icy en palTànt que l'cfpace de fix femaines la douleur a êrc
non leulement très violente, mais qu'en portant la main fur le Cerueau on en
r-cmarquoit le mouuemcnt là où les futures fagittalc & coronnlc fe rencontrent,
& que mêmes on entendoit du bruit & comme vn pétillement du Cranejdc
même que C\ on fendoit du bois : ic crois que cela fc fdifoit lors que les fiitures.
du Crâne (c font dciointcs l'vne d'auec l'autre à caufe de la douleur , inflam-
mation & abondance d'humeurs au Cerueau , croyant que ceci cil vérita-
ble tant au rapport de Noble Gabriel de Blonay Baron deChârclard Ion
Gendre qui atoufiourscré àfcs coftcs, que parce que i'ay remarqué quelque
diofe de fcmblable en vn honcfte homme du Pars basi celui-ci après vne
gricve maladie & Hévreardente accompagnée d'vn violent mal de Tefte , càc
les futures tellement relâchées que l'on pouuoit manifeftcment voir par cctia-
tcifticc le mouuemcnt du Cerucûu Qufa fyftole & Diaftolc.
H*
€0 Liure premier
L'humeur étant parueniic iufques à la coniundiue , il en coula vnc grande
^uamicé durant c]uckj ne temps, aloisiA douleur & les autres accidents corn-
îTiCnccrentà s'addoucir : Dans la violence de la douleur on auoit fait vn Setoii
à la Nuque, mais il le fitôttr ij.iours après à caufe de la douleur qu'il luy faifoic
&; ce l'incûiiimodirc qu'il luy appoitok, ayant été fait vers la fixicme vertèbre
ouïes nerfs iontplus en dehors: la playe crant fermée, on y appliqua vn Cau-
tère potenriil, Icqtiel il falutaufli fermer à caufe delà trop grande douleur •• en
lieu duquel le malade deiîra pour biiller illue à l'humeur moibihquc , que l'on
Ht vne fonrancilc au bras droit par le cauttre potentiel, des lors l'œil commen-
ça à fedcllcchcr en partie à caulè de la fièvre qui auoit confumc la plus grande
partie des humeurs ruperflucs,& ainfi auoit exténué & amaigri le corps, en
partie à catifc des reïterccs vacuations, en partie auili parce que le Cautcre de-
tournoii îaDcfluxion fur le bras : Et parce que les trois humeurs des yeux s'c-
toyent écoulcer, la membrane coniunéliueauec la cornée étants rompues,eIlcs
fe retirèrent auili peu à peu, Sc ainfi l'oeil a)ant perdu fa grandeur naturelle &c
rondcur,il s'erfonçaeuticrementJedans l'Oibice ôc les deux paupières venants
àfe ioindre, l'œil demeura ferme des l'an Sx. iulques à 5)5. fans aucun accidenr»
finon que toutes les années la Dt fluxion «5c douleur de Telle luy reuenoyent:
mais en l'année 5)). n'ayant point tenu de rcglc en la façon de viure, la douleur
de Telle ôc 6t l'a^il reuindient,mais plus le gères qn'auparauant , parauenture
parce que les membranes & autres parties d». l'œil ctoyent encor ouuertes pai*
ou 1, humeur pouuoit lo- tir fn-s violence, veu que les changements qui le font
mienfibltment & peu à peu, n'apportent pas beaucoup de douleur : Ainfi les
humeurs le veilants peu à peu dans la capacité de la coniondtiue qui étoit reti-
rée & dellituée de fishumidicés naturelles, elle enfla aufli peu à peu, dés lors les
paupières qui auoyent elle dolcs l'i fpace de i5.ans.s'ouuiirent derechef & l'œil
bûuflit tellcment,quedansrerpace deô-mois il vint à pafler les Paupières ayan:
tout autour des ! air.carx de véncsliuideS(5<: tendues par vn fang épais, adufte ÔC
mclancholic: alors le malade comm.ença à ccrcher du fecours de tous collés, le
mal Si le s accidents augmentants tous les ioias : entr'autrcs rcm.edes on en ap-
pliqua vn lequel irrita tellem.cnt le mal que l'œil en augmenta tout à coup , Ôc
par après ie fus demande pour le voir : il aucit eu la migraine du côté droit,
l'œil forte'it des paupières plus gros que l'œuf d'vne oye couutant vne partie de
Il face. Il eftoit dur ,,ichirrcux , liuidc &c chancreux , auec grande in-
£.imma:ion de l'œil & des paities voiflnes : outre la douleur en la Tefte,
il y en auoit ai fl'i en l'œ-il très piquante 6c principalement en la partie
txteii.urc : Il ne faut pas s'étonner 11 vne Tum.eur dure ôc fchirreule comme
celle là .1 peu caui'er vne fi grande tiouleur, car lois le Chancre commençoit à
fe former & l'humeur deuenoir corrofiue ôc acre , par confequent mordoit ÔC
echauffoit les parties voifines, & le mal en augmentant, l'humeur fs iettoicauec
impetuoritérurlameiïibrançcoi:iiun(^iiiequia vu tresTiffentimcnc : la dou-
ieun,
Des Tumeurs contre Nature. ^i
leur,qiii ctoit pli.s foite en dehors qu'en dedans, proncnoic d'yii oflèlct qiîniLc
(?c raboteux de tous codes lequel piclloit & piquoit itKeir-îmmcnt h Coniun-
^iuc, comme on le découuiit dans l'opération : la ficvrc (liruint, auec foif,
irai de cœur Se vomiircmcnt , ie commcnç?y icofnbatrrc ces accident? , ra'>
tant après luy auoir ordoiînc vii bon rcgirric, llir le Ibii: ie li:y ks receuoir vn
laucmcnt doux : le lendemain il fut puigé aucc deux onces Jyr. rof. Ux. cnm
Ehab. A^HY. &fen7.a ufu/is & decoÛis in aej. béton. Agrimon.é' Eufraf les ioui s
fuiuantsil prenoitdecclulep '^. A^.borrag. Aceicf.^ bcton. an.-^i.fyr. àe
fhcco citrior. &gra'nat. an. g i). r/i.pro y dafibns : Apres la purgation on luy ou-
urit hCcphalique du trcme cô:é, luy tirant enuiion hx onces de farg : peu de
iours après ie mis des lapglucs fur les vcnes iiigulaircs vers i'oueilic de même
cotc& des ventoufes tancoft sèches, tantoft (carificts fur les épaules : le luy fis
laaerles Pies auec vne Decodion d'herbes chaudes, comme konfn-Mr, fa!u,rna~
ioraru ongan'i, wentha, cumfale &c. On luy confeilla les fridions , mais ie ne
fus pas d'auis qu'il s'en fcruic parce qu'elles cchiuftnt le fan<^ , & le rendent
chaude^ fubtil: me contentant des Reuulfions dcftjucls i'ay parle ci-dclfus,
veu principalement que ie malade prenoit volontiers la purcation déciireci-
defUis par laquelle ievuidayi'humeurpeccanre : ainfi les accidents s'arrc'tc-
rent ik fe diminuèrent peu à peu ; le lauay auflî incontinent la partie malade
' trempant du coron en certaine eau dillillee qui fert grandement contre le Chan-
cre en quelle partie qu'il (bit, en voici ia defcription. ^. f .ij. fercphul. ma'u
Herb.GeramjprlmiDio/corid.h. e.herbjiRobema!7. ?/j.ij. Jrr.ogl. mm. fcïi^.m,
htglof fyhi. borrag.porntlac. eufraf. betonic. an. m.]. Ranar. ai^uanl. dr album.
oHor.dÏH aojtatorum an. num.n.fcm.cydomor & fœ-nugr.leuiter trùor.an. i /. hisfe-
rnimbHsaffimdea^. rcfar. & eufraf. an.fb\. inàdantitr omnia ç^ cov oh* fient hy\ de-
fiUlenturque in Alemhieoplmnbeo : Et comme la Defluxion ctoir grande , ie mis
furie front, (^ outre les Réunifions^ de cet onguent pour l'arreftcr au p3(ïi«>r
Of. far. Hordel 5 i] pnluer. rof rub. myrtillor. baimfï. nue. cuprefi & for. iitm, ■
m. 5 /j. Acacu 3 i. curn ol. rofit. pâma cerâ çiy aceto f ''ongu. le me ièruis de ce
DefcnHftrois ou qurtreiours de fuite pour arrêter l'impetuofité de la Defîa-
xion, <5cpuisdifcontinuaydereurderafraichirpar trop le Cerueau ; parce
moyen i'arrtftay pour quelque temps la douleur de la Telle & celle de la Tu-
meur qui ctoit trcs-violente comme aullî les autres accidents, quoy que la Ta-
meur augmenta tous les iours.
Quelque temps après le malade me pria de luy déclarer au long la nature du
mal lans luy rien cacher,<?c en même temps de luy propofer tout ce qui ctoit ne-
ccilaire pour faguerilon, ce que ie fis en ces termes en prcfcnce d'Abel Rofcins
fameux Médecin à Laufanne: Pour challcr quelle maladie que ce foie, le roinc
principal eft de la connoilhe, & pour définir la voftr e par fa Nature , c'eft vn
ichirre illégitime ou plutoft chancreux , veut qu'il fe termine en vn Chancre
©cculte& cache c'eft à dire non vlceic , s'il luy faut donner vn Nom par fa
H 3
4,s Uure Premier
figure Ceh.:s l'âppclc vnc Oicuce ou forcie d'Ojil &i A^fliiariuS vne pommej
poai moy ic l'appclciay vu Ficlc Tu r nommant CUancrcux & fchiiTcux à cau^c
(ic fa Nature ; vn lchii're,p;:opremcnc fclon les Médecins cft: vne Tumeur dure
A" indolente, tel qu'iiaeftcrcrpace de quelques années , mais ayant demeuré
.enfermé dansU membrane coniundiuc de l'oeil (Se pac manière de dire, foule
f:\i prcfié, de forte qu'il nes'cft point peu Çi^izc detranlpiration , en fî[i il s'y cft
^embrasé & deucnu acre ic malin, ainfi il s'eit conucrci en fchirre illégitime ou
Ciianc^uxja dureté qui y eft aucc inégalité, douleur, couleur liuide, ou plutôt
plorpbée» mais principalement ces grollès véneséparles par toute la Tumeur
remplies d'vnfang noir, adufte <3c mclancîiolic en font des lignes infaillibles: &
jquoy que ia Tumeur ne foit pas encorexulcerée , toutcsfois il y a du. danger
^-quepar fucceflionde tempsle fang &: ces- humeurs mdancholiqiics venants à
/enflammer, ne caufent vne lî grande maligniié en lap.artic, qu'enfin ozs mem-
.Jbrancs étants rongées, le Chancre ne vienne vlccré,contre lequel on combat-
jtroit inutilement auec àcs médicaments.
Cette maladie & lc?s rcmbbbles.vient de trois caufes, dVne p.imitiue,d'vne
.Antécédente & d' vne coniointc: la piimitiuefelon les Médecins cil externe &:
conhUe en l» façon de viure<5: autres chofcs non naturelles, l'air, le mouuemcnc
,&le repos, le fommtil ;S: la veille, les Pallions de l'Ame & ce qui doit être vui-
àz hors du corps oiuctenu en icciuy:car le plus fouucnt il fc fait vn amas d'hu-
meur melancholicue ( /îles vacuadons ordinaires cèdent comme les mois:&
les harmorihoides) d'où cette maladie cire fanaifiancc,commeaafirj Aqs Play^cs,
contulions Ik. Fra.ftures, &- principalement des Inflammations &:erifypcle mal
f^ouuernés, à fçauoir quand on endurcit l'humeur qui en cfr caulc par applica-
tion de chofes trop froides: ou bien quand on dillîpe h portion la plus fubcile
^ar des médicaments chauds ians y mêler des emollients, ainll la plus crafle de-
rneure:la caufc antécédente cft vnc humeur melancholique &: vne imbécillité de
Ratte à caufe de laquelle elle n'attire pas à foy la lie dnlang qui fc fait anFoyc,
foit que de fa nature il foit enclin à engendrer beaucoup de bile noire , lait
<]u il foit chaud &:.bilieiiz & qu'ainfi il cuife par trop &: brûle le fang & les au-
près huixjeurs: la càufe conioiote eft vne humeur amafiéc en la partie , (Se ces
trois caufcs fe rei'iContrcnt icy , car nôtre malade cftoic d' vne complexion afsés
bilieufejla bile a toufioprs ferui ferui de matière à l'humeur melancholique,vcu
que l'humeur melancholique rcnantàfe brûler, fe conueitit en fin enhum.eur
atrabilaire. W faut âîouter la façon de viure en laquelle il a fait plufieurs excès,
bcuuant& mangeant des viandes crues i<<: de difficile concodiony comme au(-
(i des cpices,aulx, oignons, pourreaux, raiforts. Sec. Toutes ces caufes e-nfecn-
ble ont amalsé l'anteccdentc , ainfl l'humeur qui étoit reftée en l'œil après cet-
te inflammation endurcie dans les membranes des yeux dés l'an Si. eft venu à
augmenter, àc en fuittela caufe coniointe eft parucnuc à la grandeur ©u on la
yoit, & ne luaaqucra pas d'augmenter /i oi\n'y donne ocdrc.
Quant
Des Tumcïurs contre Nature. ^f
Qncint .iHX ilgncs, Q^)' <]>^^ ^^* Cliancres en leur piernicrc orî^ihc (ovcntr'
(tmblablesà des plantes qui commcncer.tà germer, & fc ccrinoiircncdiificilc-'
meut llbn Galkn, ficft-ce qu'il cfl facile à compicndre que cccte Tumeur eft^
Chancicufc Ôc non vn vray fjhirre, comme on luy a voulu pciHiaderj les mar-
ques d'icciix font vne grande duicrc, inégalité , vne couleur iiuidc, auec des
grollès vcncs cparfespatla Tum«rr bouiiics d'vnfang noir:. il s'y ioint aufli
i'ouuent vnc intempérie chaude ou chaleu-r & inflammation auec vnc douleur
poignante accompagnce de prurit : Si le Chancre cftexulceré-, il cnforrvî-'c
lanitrubtile& puante, prelques tous ces lignes fc rencontrent icy : il eflbi^n
vray qu'il n'a pas encor le dernier degic de malignité , mais il cft au: grand
chemin d'y venir bien-toft i car le fang enfermé dans la pnrtic cfl forr^diift:,
& ne manquera pas d'acquérir f comme il a dcia commencé > vn f. ^rar.d
degré de malignité , qu'il cft à craindre que les médicaments qui ont fàic
àcs mcrncilles iufques à prelent à appaifcr la douleur , à arrcfter le cours de
la maladie & à dim.inuei les accidents , ne fe trouuent d'icy en là trcn foi-
blés & ne foyent pas capables d'empefchcr l'exuJccration , ik qu'en fin il ne ic
iettefur les autres endroics de la face cC n'y face vn Noli me Tangere, c'eft à di-
re vn VlcereChancreux tres-malin ^ irrémédiable , lequel rOn^e & crci.fc
fans celîè les parties qui font au dcfl'ous fans qu'on le puiilc arrefter comme dû
iCtiusliu. 6.
le pallè à la Cure : on fe fcrt ordinairement de trois inftrùments., da
régime de viure , de l'cuacuaiion de l'humeur antécédente ôc de la Chirur*
gic : quant au Régime , l'en ay dcia fulhfammenc informa Monfr. allàuoir
qu il doit cuiter toutes viandes dures, vaporeufes Se qui fc corrompent facile*
ment, comme eft la chair (a!ce -^c fumce, d-e bœuf, porc , fauuarijie &:c. ôs
desoyfeauxde Riuierc : il doit manger de bon mouton, veau, chrevreau,
poulets, chapons, petatix, griaesÔCc. Hfedoitpaiîcr de poilfons lî ccneâ
pour le rnettre en appétit , mangeant quelque peu d'iceux à l'entrée du ciintr^
non du louper, prenant peu de viande après, il doit choifir ceux qui o:t
la chair fcrm.e , comnie la Perche , la Truite Sec. Les écrcuiires fans épices
luy font tres-bonnts , car elles luy font toutes contraires aflauoir poiuic,
zinzem-bie, girofles &c. comme aufli les oignons, porreaux , aulx , rai-
forts, moutarde &c tout ce qui peut échauffer le fang,: les légumes, féveSy Im*
tilles, poix, phafcolcs &c. nuifent beaucoup, le fromage & tout ouurage de
laid: le potage fur le foireft fur tout nuifible & le vin vaporeux: il doit
boire du blanc , bien meut & non trop fort : le long fommeil , principa-
lement auflî toft après le fouper eft dangereux : il euitera auflTi les excelfi-
ues intempéries de l'air. Nous auons dit que la féconde partie de la Cure
confifte à cuacuer l'humeur antécédente , ôi pour cet effet i\ faudra aucir
^gard à la complcxion bilicufe de Monfr. &: à l'intempérie chaude de fon Fo)'e
^wmpagn^ d'obft^u<aions : jpartaat il faut purger auec les mcdiçarocnts qi}i
^4 Litire Premier
ciiacucntlaBiic, regarda nt à la paitieoiïcncce, trcuuant rrcs-ccnuenable du
fyiop rofac composé aucc Rhubarbe, Agaric ôc Senne duquel il s'cft ferai afsés
fouuenc pris auec vne Dccodion de Bctoine, Agvimoine& Eufraifc : il s'cft
aufli afscsbientroujc du Diaphœnic en rabletces ôc de i'cledruaire de Succo
Jiofdr. mais, Iclon Hippocratc , il faut auant la purgation préparerai cuire les
humeurs par des Apozcmcs apericits : la faignée, les ventoufcs, les fingHacs font
à propos voire neceilaircs en ces maladies, ranc afin de vuidcr &c de diminuer la
caufe antécédente airauoir riiumcur melancholique, comme aulTi pour deriuer
de la partie incommodée ; le temps propre à ce fiire f^lon Hippoer. cft le pria-
temps : Tous ccux.diC'ii, <]uiont beioin de fu'gnée ou de purgation f. doiucuc
faire faigner ou purger au l^rincemps : Il faut ouuiir U véne du bras du m.cmc
côte & appliquer des ventoules auxépp.ulcs ôc auxfciks : on doit rcuenir aux
fangfues de temps en temps parce qu'il s'en cil bien tronuc, les appliquant trui-
toft fur les vcnes iugulaices à cote àcs oreilles, tantod fur les vénes jr^morihoi-
dalcs félon la neceffitc : on tirera le fang peu à peu à caufc que fon Foye étant
rralconftituc, foible des long-temps & ichirreux, auec desobft.uCbio.is , il y a
du danger que la faignée cxcciliu-: ou faite mal à propos , ne luy pOi-t: du prc-
indice : la troiliém.e façon de remédier à ce mil confiil:e eu l'opjration Chi-
iurgique& regarde la partie intercfsée : orelleefl double, rvnepalliatiue tC
feinte, l'autre vrayc : celle de laquelle nous nous fommes ferais iul-jiics à pre-
fent, eft palliariue : ordonnants vne façon de viir:e convenable & pu: géant
fouuent le corps pour vuider cette humeur ou la caufe anteccilente du mal, îk,
empêchants l'imp^tuolicc du malpar desapplicntionscxtciieures : mais com-
me cette Cure ne peut p.s auoir afsés de foi ce d'icy en là , il cft neceflairc de
mettre en aunnt la vraye (5<: légitime Cure pour empêcher la violence & le
progrès du mal. Or comme la Icgirime Cure d'vne Tumeur contre nature fé-
lon Galicn j cft d'emporter & ôter tout ce qui cft contenu en lapa' tic off.-n-
cée , il faut voir en combien de façons on pourra ôtcr cett; Tumeur ou ex*
crefcence, €< quelle eft laplus feure : l'ay (cuvent reprefcnté à Monfr. qu'il
,ie faut fliirc ou par des médicaments R'.folutit-s , oo^ar des Corrofifs , ou auec
la main: Quant aux RcfoluriFs, il n'y a pas apparence qu'il y en ait vn nfses fort,
veu que la Tumeur eft fort dure , finon que l'on f. férue anparauant d'cmolli-
tifs , mais outre qu'il eft impoflible d'amollir cette matière extrcm:ment dure
&amafsce àzs 15. ans en ça, il y a du danger que cc:tc Tumeur n'acquicrc vne
«^vande malignité fi on vient à s'en fcruir , comme l'expérience le fait voir:
11 ne faut donc rien efperer de ce côté là : ic tiens auffi les coriofifs pour tres-
dangcreux, car cette Tumeur ainfi auanccc en dehors, étant très dure , ily a
apparence que les médicaments doux ne feront fuffifants , que pîuteft à caufe
de cette grande dureté il faut venir à des violents medicameats tels que font les
Septics&Efcharotics, mais comme les doux n'ont point deprifefurleChan-
cic , qui cft vn très cruel nul , aufll il s'cftarouche & de '.lient plus maii^i par
tieî
Des Tumeurs contre Nature. ^5
lies mncdicaments tant foie peu acres Se mordants, comme le malade l'a dcii cx-
;perimentc : outre que la partie ccant proche le Cerueau, alfaucir rœil, iufqncs
ou il fautallcr pour ôterla racine du mal, leur vertu infailliblement fera portée
au Nerf optique, ôc dclàparuiendra iuf^.jucs aux membranes du Cerueau aucc
danger d'vne grande 2<: tres-dangcreule inflammation, à raufe d.> la fympathic
Si communication qu'il y a entre l:s Tuniques du Cerneau «5c des yeux: Je ma-
lade n'a donc rien à attendre de cecô:c là: rtfre l'opération Chirurgiqic
par laquelle il faut extirper tout à coup ce qui tft corrompu : & en celle ci , à
mon aduis , il y a trcs-peu de- danger, premièrement , parce que i'ay des fortes
coniedturcs que ie peux facilement arracher le mal luiques à la racine quoy
qu'il foit cache profondement en l'orbite He l'œil : Tecoadement parce qu'eu
cet endroit les vénes ôc artères y font fort petûes 5c capillaires de forte qu'il n'y
a point de danger de grande pcrre de fang : en fin . quoy qu'il faille couper
bien auant Ic.Ncrf optique .Se celui de la (cconde coniugaifon , il n'y a neant-
moins aucun danger , car les nerfs étants entièrement coupes de trauers , leurs
bouts fe retirent & font couuertsde chair fans poauoir erre incommodés de
l'air Gu des médicaments. Qn^oy que leur fon<i51; ion vienne à (e perdre ; la feule
chofe qu'il faut appréhender cil que /comme le malade a vn corps cacochyme,
des long temps ôc cft d'vn âge dcia bien.nuancc , approcha;u les 56. ans J
il ne s'allume quelque intempérie dans les parties internes ôc en même
temps ficvre, douleur de Telle &: autres accidents ; pour les prcuenir, il faudra
fe feruir d'vne bonne façon de viure, purger, faigner, vcnroufer , ôc employer
les autres genres de Riuuiiîons & DeriuacionSjôc ainfi à l'aide de Dieu tout ira
bien, com.mc nous l'en piioiîs.
Comme on eut oïiv mon âuis on aima mieux demeurer dans ta Cure pallia*
tîue, en partieparce q ue le malade s'cpouuanta, en partie parce (|u'il fut dé-
tourne de fuiure monlentiment par quelques vns qui le flattoyent d'vne fottc
cfperance ^ue loutcequi fortoithors de î'Orbire vicndioit à tomber de foy-
mcme : & quoy que par le moyen d'icelle les douleurs eulîènt eftc appaisces,
fi eft- ce que le fungi»s augmcntoit tous les iours, :1 s'y formoic aulîi des Tuber-
cules ôc des varices liuidcs de la grolFcur d'vn poix d'oii il fortoit quelques-fois
du fang pur: quelques-vnsapprouuoyent cette hsemorrhagie comme fielle dc-
uoit foulager le malade & la partie, mais ie m'opiniatray toufiours que fou
Foyc en feroycnt atîoibli ôc rafl oidi de iour en iour , citant déia obftruc , duc
&: Ichirreux des long-temps, ôc qu'enfin tout le fingôc les humeurs fe vien-
dft)yent ietter fur laTefte ôc dcvifage , comme cela arriua elfc(5liuement le 15.
de luillet^car nôtre malade reuenantd'vn petit voyage auquel ils'etoitcchaufîc
la Telle ôc tout le corps, ces Tubercules Ôc varices de l'œil verlerent du fang
aucc vne fi grande impctuofitc que le 13. ôC 14. iour de ce mois on en remplie
fcpt ccuellées , outre celui qui demeura dans les linges , jéponges, habits Ôcc,
ayant pesé le fang de toutes CCS écudles en prcfe nce de pluûeurs, i'cn trouuay
I
66 Liure Premier
dix onces &demi, ce qui cft autant admirable que vcricable : quelques iours
apics le malade qui cftoic deuenu extrêmement foible, apprchendant vue fé-
conde harmorrhngie, m'enaoya demander le 15. da mcmemois : aufll-ioftque
ic fus arriuc, i'otc la bande de laquelle il ctoicenuelopc , alors le fing fe mit à
couler auec plus d'impetuofitc que iamaîs, ce que ie n'aurois iamais peu croire
fiie n'auoiscté témoin oculaire, vcu que les vcnes des yeux font petites &: de-
lices prtfque comme des cheueux,mais en nôtre malade on les voyoit élargies
comme des varices: neantmoins y ayant mis dema poudre à ctanchcr le f^ng,
il fut entièrement arrêté, de forre qu'il n'en coula par après que fort peu: Voici
la dtfcription dema poudre.^. ^)". voUt. | v]. fan^iùn. 'Draconïs , Thmis an.
5 j. boliiArmen. Orient, tcrr&figill. an. 5 fi. Gyffi\i&, Ranarum a^Hatil.^prnm,
C elles ont Yne propriété occulte pour arreftcr le lang ) 5 /'). rnufci crani^ hum.
5 j. pilor. leporis minmif/ incifor. 5 ïj pulu. albumin. ouotHrn foie canicul. exjîcca'
xorum^ fpumAmariSyfpongUnoutx, lorrefuBa. an.ï^]. m. f. pulnis tenuiffimus exci'
piendtisJÎHpis oxycrato madid'is. Il faut ainiî préparer les Grenouilles , ie prens
des Aquatiques lefqucUes iemets en vnc Cornue , mais en forte quelles ne
touchent pas lefond,de peur qu'elles ne fc brûlent & que l'eau qui en dillille ne
prenne vne mîtuuaife odeur: ayant fait feu de fable, ie tire doucement l'eau, la-
quelle ie garde comme choie pretieufe dans les Vlceres malins &: Chancreux,
dans le PolypejOzenejVlceres des parties honteufes &c du fiége,defquels ellcôte
l'inflammation & corrige la malignité : ie n'ôte pointieFeu iufqiiesà ce que
les Grenouilles foyent entièrement dellcchécs & qu'il n'en l'orte plus d'eau: ie
fepaie neantmoins celle qui fort la dernière parce qu'elle a vn peu de mauuaife
odeurjà caufe de laquelle elle eft moins propre aux Vlceres des nariiKs &c de
la bouche.-ic mets dans vn creufet les Grenouilles ainfi deflechées 6«: les réduis
en cendres tres-blanches : elles feruent non feulemejit à arreftcr le fang , mais
aulli en tous Vlceres malins ^ fordidcs Icfquels elle mondine , deterge & en
corrige la malignité.
Les forces déclinants peu à peu après cette pettc de fang 2<. l'œil groflillànc
de iour en iour, on ne pouuoit attendre ..utre chofc qu'vne mort foudaine tSc
lamentable : ce qui obligea Monft. le Baron de Chatelard S^ Monfr. Denys fcs
Gendres d'appeler quelques hat^iles Médecins & Chirurgiens, au fentiment def'
quels le malade foufciiioit, ce qu'ayant accordé, on fit venir de Geneue lean
Anthoine Sarrazin Médecin du Roy , & de Laufanne Albert Rofcius ancien
Médecin tres-experimenté: on voulut que ie filfe le troihéme afin que il on auoit
befoinde la main, on fe feruit de la mienne : on fit la confuke le zS. ïnilkt
«n laquelle ie propofay ce que i'ay déduit ci-dciïus en prclence du malade , re-
ucnant là , qu'on ne le pouuoit remettre que par l'opération manuelle : mais
icelui efpcrant, comme on luy auoit voulu perfuader, que le Chancre pourroit
cftre coupé en le ferrant auec vn filet , ic fus obligé d'apporter àci raifons au
contraire, ^ prcraicicmcnt que la racine du mal dcmçuiçroit après laligacurca
veu
Des Tumeurs contre Nature. 67
vcu que 'a Rccidiiie qui ctoic arriiice, auoit commence manifjftcmcnt dedans
l'orbite & par confequent plus haut vers le Nerf oprique : ou la ligature
ne pouuant attraper que ce qui palfc les Paupières , tou: ce qui cft dedans l'or-
bite rcftera, & ainfi l'opération fera vaine, car ce qui demeurera produira va
nouueau fungus pire que le premier : i. Il pourra arriacr que quelque veine ou
Artère viendra à fe rompre de nuit ou quand on y penfera te moins, de qa'ainû
le malade mourra tout d'vn coup apics la moindre perte dcfaag , en ayant dé-
jà perdu beaucoup, j. Que la ligature caufera vne très-grande douleur Tefpacc
d'vnc quinzaine de iours Ôc d'auantagc, à caufe que laconionéliue , en laquelle
elle Te fcra,eft d'vn exquis fenriment veu qu'elle vient du Pericrane : laquelle
douleur attireroit fans doute vne grande quantité d'humeurs fur la partie, pour
ne rien dire del'incommodité qu'en receuroicle Cerucau : outreque le malade
qui eft foible ôc exténué de long temps, auroi: bien de la pêne à fupportcr ces
douleurs & inquiétudes: 4. Que lapartie de l'œil au delfus de la ligature venant
à fe corrompre offenferoic par fa puanteur les parties Nobles ôc incommodc-
roitméme cei;x quiferoyeut autour du malade: rcfledoncdevenir àl'incifion»
de laquelle nous efperions,moyennant l'aflTiftence de Dieu,venir fi heureufement
à bout que la douleur feroit fort petite &:qu'il n'y auroit peu ou point d'haemor-
ragic:quant à ce que l'on met en doute fi on pourra arracher le mal iufques à la
racinejie crois que cela fe peut faire , car i'ay déia pensé à des inftrumenrs par
Icfquels ie puis tirer ôc arracher Tccil hors de fon orbite alFurément & habile-
ment: d'auantage ce petit mouuement que l'on aperçoit en maniant cette Tu-
meur vn peu mobilc,mefiit croire qu'elle n'eil pas attachée au Pcciollc , car (i
cela étoitjclle feroit immobile,&: mêmes on peut reconoiftre par là qu'il refte
quelque peu de la graille ôc des mufcles qui entourent l'œil entre celui ciiX l'os,
d'où l'on doit cfpercr que l'opération fe fera tant plus facilem.nrjallurement ôc
heureuiv ment: quant à rha;morragie,certainement elle me met vn peu en peine
quand ic me fouuiens de la quantité de fang quiell forti:mai5 il n'y a pasâparence
que les vénes des yeux qui (ont très petites.cn puilFent rendre beaucoup, ii on fait
incifion en la bafe : l'on peut aulTi empêcher b profuùon du fuigfi on v porte
habilement la mnin , laquelle ne peut pas être confidcrable après vn«. il grande
perte: en fin il n'y a point de doute que l'âpreheukon fera retourner au cœur la
plus grande partie du lang:il fera neantmoins très à propos de lier fort les extrè-
mités^ailauoir le bras au dciîus du coude & les iambes au delfus des genoux vne
demi heure auant que venir à l'opération, afin d'attirer le fang à ces parties par
ces fachcufes & {criées ligatures & pour le détourner du lieu ou le doit faire
l'opération: & tel cil mon aduis de l'extirpation de cette Turi'.eur.
Les Médecins ayant difcouru de la maladie ôc des remèdes gcneraux,aprouue-
rent mon railonnemét ^arrefterent qu'il faloir venir à l'extirpation par Incifion
Mr.Sarrazin prit la charge de l'anoncer aux parents Ôc amis du maladc,lcfqueU
voyant ic daiiger coutâpareiu d'yiie mort prompte ôc lamencable,confentircnc
1 1
tB tmïeVîemkt
à l'txtiipadon, comme aufll le malade hoirmc de cœur. Et aprcs auoir prédit
les accidents qui ctoyentà appuchcndcr» on prit rclolution pour le lundi lui-
uant premier d'Aouft : on dllpola cependant le patient par vue bonne façon de
viurc, pour reparer ks forces qu'il auoit perdues par cette perte de farg, on luy
ordonna aufli la Médecine luiuante qu'il deuoit prendre le famedi précèdent,
^. Tamarind. el.joL Serm. Or 1er t. mnnâat. an. 3 ;j. iiw^r, pafj}ir. munàat. 3 j.
epiîh. fem.anif. fœnic . an. 5{?. C'ichor. ^qrlrnon. ceterach. po/y(r. an. p. j. f. decoïlto
ad 3 \ij. in côUiura macéra Khab. el. 3 i i?. cinram. ei gr. "^ny in exprejjo dijjiliie
fyrup. violât, ex nonern infajîon. & rnann.granat. an. ^ j. rn.f.potio. Le Dimanche
luiuant & le lundi matin auant l'opération on luy donna cette potion cordiale
!J^ .acj,bHgloJj'.violar. rofar. melijf.an. l j. conf. Alkermes ^]. pulu. Diambr. 3(5. .
m.pro 1. dafibus. On mit en dehors furie cœur auant & après l'opération ccc
écuiTon,^. jlor. iij. eord. an. p. ij. meHJJ'. rnatorar:. an. m. i^.Jem. é" cortîc. citr,
fern, ocymian» 3 ij,pnlu. Ele^. Diamarg. frtg.E gernmis an. ^iv.pn/H. Diamo/ch,
d, & Diambr. an.T^Çi. croci 9 j. excîpe gofjlplo & curn fin donc rubrafiat fcutum /«-
terpuntlum^ on oignit auflî l'cftomach deuant & après l'opération auec cet On-
guent: %. cerat.fiomach. Gai. iiij. piiln, Arornat. rof. 3J. Garjoph. & nucis
mofch. an.^^.ol. Naid. & mafiich. an. q.f.f. linimentHmpro regione fiomachi an-
te cibum, on appliqua vn autre Onguent fur l'cftomach vu peu de temps après !
l'opération 5^. Ol.mafitch.& de rnenthaan. ^fi. ol. Nard. & de Jbfynth. pont,
an.'^ii], cerat-ftornach. Gai. :^ i]] ladani & ol.denuce mofch. an. 5 j pulu. Aromat.
Yofat. & lignt aloéj an. 9 j. pulu.garyoph. (^ ambrttgr. an. 96. cum cerd, noua q.f-f»
vnoH. ejm tUînatur reglo ventricnli anîe cibitm bis in die. Ceci eftant ordonne les
Amis du malade tachèrent de le diuertir , mais luy comme il cftoit de grand
cœur & auide de la faute ^s'eftoit armé de fermeté, fuion quand il fçeut que
Monfr. Rofcius ne pouuoit pass'yrencontrer,par foupçon qu'iceluiaprchenda
quelque chofe de fuiiftre , ce que neantmoins il diflimula n'en difant rieii qu'a-
près roperation.
La prière ayant été faitte & le malade ayant pris vn œuf frais auec vn verre
devin il choilit vue chaife propre , & au lieu qu'il eut falu lier à la chaifè vn
homme timide , ie me contentay de donner les deux br^s à deux hommes, fai-
faiit teniilaTefte ferme par vn troificme : & ayant pris vne bourfe ouuerte
des deux côtés, laquelle eft de mon inuention , i'y engageay 5v:cnfcrmay toute
celte excrefcence fi auant qu'il me fut poflible vers le nerf optique, & l'ayant .
ferrée ie la tiray tantfoir peuà moy : cette bourfe eft faite de cuir fort mince
& délié, au haut d'icelle il y a des boucles de fil de cuiure pour y pailèr les coe-
dons.
On fe fert ordinairement en lieu de bourfe d'vn filet retors que l'on fait paf-
fer auec vne aiguille couibe à rrauers de ces Excrefcences , Schirres , Atheio-
mes, Steatomes &c.mais mal à propos, car l'eau ou l'humeur qui eft contenue
en lœilou quelqu'autrc partie s'ccoulç incontinent, les men;brancs%'afFailïcnc
& la
Des Yumtuis com rc N.atx3re. e ^
& laTi:in^uu cJeulciU flafque, ainil i'opctation cft rendue iliifi^ ilc, ayanr lai]! Se
enferme dans laBouifc le Fungus, k commença)' à (epaicr li conîandiiie (bas
la Paupière u'enhaut vers le gfanJ angle de l'œil aiicc vn Inltiumenc ( Icqutl
i'ay inucntc & fait faire expies pour ccire Opération J«3v: ayant pouilé le Fer iuf-
qucs an NcLfoptiqne,ic fis tout Je tour de l'o-i!, ((parant ce qui ctoic conioinc
& aaec le rncnie intlrument ic coupny le ncif optique comme aufll celui de la
féconde coniugaifon, e» fommc ie fijiï adrectemenr flans me vjnt.rj qu'à pé-
neon auroit fait dix pas tandis qiieie conpay ce Fie Chancrcux qui emplilHoic
toute l'oibite de l'œil (Se dccendoit bien bas fur 1.^ face, (ans oiîcncer les Paupiè-
res &c. iuiques à la racine : or ce couteau cit moullc en Ion cxtrcmitc,comms*
le Lenticulaire de peur d'oiîaicer le Crâne en l'Opération, car la pointe mar-
quée A auancerantfoit peu, mais feulement dû côté qui regards le Cranc en
l'opération, & l'autre partie, qui efl: exposée en veuc cft lilîc w\' égale, d'auanra-
ge dés A iniques à B le Couteau cft tant foit peu courbe , ne plus ne moins que
font les couteaux defqucls on fclèrt pourcrcufer les cucillers de bois , mais
parce que la pointe de ce coutcaiull: moulTc comme i'ay dit cC a la forme d'vii
Lenticulaire, il cft ncccllaire de faire vne petite incilion fur la Tunique Ad-
nataaucc la Lancette ou le Rafoir , afin que la pointe du couteau puilfe écim-
fourrée par cette ouuerture, or pour faire à propos ce couteau , il faut que Te
Chirurgien en fallè foy même vn de plomb le mieux qu'il pourra, il en viendra
aisément à bout s'il regarde bien de prés à la longueur & largeur delafi^^ure:
pour fçauoir combien il faut courber le courenu des Aiulques à B on le com-
prendra facilement Ci tandis que l'on fait le modèle de plomb , on a entre
mains le crâne d'vn homme décharné, ayant ainlî procédé lors qu'il m'a falu
faire cette Opération : mais il faut bien regarder de près que i'itîftrumcnt foie
faitenpcrfcdîion veu queprefque tout lemyftereconliile là, cr>r s'il ellbien
flût & bien trenchantJ'Operation rtuirira ; or quoy que la Tunique adiiata, la-
quelle il faut principalcmicnt incifcr, foit d'vn exquis (cntiment , h ell- ce qu'il
n'y eut pas beaucoup de douleur en l'Opération : le malade ne s'émeut aucune-
ment linon pour demander Dieu à fon aide par trois ou quatre fois : le mis
delTus fur le champ quantité de ma poudre a arrcller le fang , aioutant par dtf^
fus des étouppes trempées en des blancs d'œvifs faupoudrécs de la même poudre
defquellesi'cmplis le vuide de l'œil, de forte qu'à pêne fortit il deux onces de
fang, partant ie n'eus pas btfoin de me feruir du Cautère aduel que i'auois faic
exprcilcment d'argent.
Apres auoir enueloppé l'orbite de bandes 3c ayant mis des Defc nfifs tout au-
tour du front Se du col , le malade le laua foy même ôc vouloit s'en aller à pic
en fon lia: éloigné d'enuiron 30. pas du lieu de l'Opération: ce que nous ne
perrnifmes pas ,^ le faifants porter fur vne chaife : c'eft vne chofc admirable
que le malade ait refiftc en vn âge Ci auancé , C?c après vne fi longue incommo-
diccaupcvtte fi grande perte de fang : on peut voir la grandeur & grollcui
I î
70 Liure Premier
de b Tumeiir iafqiics au Nerf opriL}Lic par I.i figure.
Ayant ouucrc la Tarricnr aprcs l'opcrarion, i'y.rroiiuay vn olTclct' de la <»ran-
deuï de torme d'vne demi fcvejra'ooccux par rout,aiipres du penc anc^lc de l'œil:
ij y eue plulîeuis Icntimciuslà defîiis: qiiclqiics-vns crurent cju'ii s'elloic formé
dans la Tumeur laqucTh- croit enuelopcc d'vne membrane cpailfc .^ dure qui
me Icmbloit venir de la fclerotique: des autres ont cru qu'il y auoic de la carie
au Crâne par la continuation de la D( fluxion, & que cet olîllct s'en ctoic (cparc
de foy-mcme & auoit percé peu à peu cette mcmbranej-iyant crêpai nprcs cou-
ucrcd'vncallus. Pour moy iecro.'s pîutoft qu'il ecoic (orti du Crâne Ck. s'elloic
fourfc là dedans , que d'auoir cfté tngendic dans la Tumeur, car on peuc
conicdlurerpar la forme que c'eftoitviie pièce de l'oibite , en aprcs la matière
dedans laquelle on Ta trouué, étolc noire comme encre n'eftoit autre cKofe
que de la bourbe defang, or il faut de nccclîitc que ce qui elt engendre de
quelque matiere,en gaidc la couleur, mais cet ollclct étoic blanc ôc par confc-
quentn'ctoitpas cngeiidicdedarsli Tumeur, 3. on a peu remarquer dat s la fui-
te de la Cure qu'il auoic été fcparc du Crane,vcu que l'on voyoic en cet endroit
vne cicatrice vn peu creufc vers le petit Canthus, telle qu'elle clt ordinairement:
quand quelqu'ostft f.parc; Le rcfte de la Tumeur éioit de deux difterences fuh-
(lances, car la partie qui lortoic de l'orbirejétoit noire comme ii^ d'encre, afscs
cpaitlè (3<:enuclopce d'vne membrane forte laquelle , àmonâuis, venoicdcla
conion(5lion de la cornée & de la conîonciiue : mais la partie qi;i étoit dedans
l'enclos de l'orbite ctoic dure , l.hirreule <?i de couleur liuidc , 6: croyant
que c'eftoyent les^ mufcles desyeuxlefquelsne pouuoyenc pas être dillingucs
ni reconus non plus que Iss membranes parce qu'elles s'cftoyent cnticic-
ment coiifondues aucc quelque matière qui ctoic icilée de l'iiHammation pré-
cédente.
La playe ne furpoînt découuerre le iour de l'opcration par crainte d'vne hx-
morrhagie,mais le lendemain (culemcnt on y mit ce Digellif aucc du Chaipis
2C. Terebinth. loté in aq. béton. 5 /j. Gumm.Eleyni\^. (^)jJQlue vn ol. '^^f^y adde vi~
tell.oUor. riU-tj.croci^(}).m. Par dcllus i'y mis l'Emplâtre Balilicum,i'oignis toute
la Telle & le col aiiec huyle de myrtes & de rofes & mi^ vn Dcfcnfif r.utour du
front 5c du col , & proceday ainlî iufques à ce que la Digcftion fut faire en la
Playe,contînuanc fix iours à mettre lcDigcflif& le Bahlic.ie mis aprcs le Dige-
ftif le mondificatif fuiuant ^. Terebimh. lct£ înAij.Betcn. l i\. G.Eleml dijfolut. in
ol.Rofac. 51^. rad.Ari/fol.rot, lrid.flor.an.'z,i\.cnrn mel'c yff. tnundif. l'appliquay
par après l'Emplâtre de Beroine aucc lequel i'incarnay h Playe, &■ fiç venir la ci-
catrice auec vne Poudre de cetufc,lirhargr, corne de cerf brûlée,- Alun & racints
d'Iris mettantpar deflTus l'Emplâtre Diapalma: quant à la façon de viure.il l'ob-
lerua ft exademcnt qu'il s'abftint entièrement du vin 14. iours entiers , fe con-
tentant d'vne Ptifane à laquelle on adioutoic vn peu de Coriandre préparé > ou
bien vn oxyfacclui- fait dVau & de vinaigre aucc va peu de canelle,(î<c après auoir
conioint
Des Tumeurs contre Nature. 71
conîoint proprement les deux pjupieicsjil far dcliurc de ce FicChancrcux& de
tous accidents.
Oi" comme cette partie ne pouuoit que demeurer foibic après ces atraq-ies Se
par confequcnt fuietce aux dcfluxions.pOLir picuenir les accidents qui poui royéc
luruenircn la fice on en h pa cie noiuiclk-mt.tit gutiic-,ic liiy conlliiliy de lai&r
fermer fa fontanelle pour en fiiie vn' autre au b.as dtoic plus hiut & plus pro-
che de la vcnc Cephaliqucjca'. le premier êtoit dccendu 6c dcucnu calluix tour
autour,pour la mcmcraifon <^ pour vue plus grande précaution ie voulus aufli
qu'il fit vn fetonau col en vn bon endroitjalfiuoir non plus bas que la tioilîéme
vertèbre: on luy en âpliqua vn en Tanncc Si. au commencement du mal , mais
étant mal loge -aifauoir vers la é.vcrtcbi e ou les Neifs font plus en dehors qu'eu
haut vers la Tefte, il caufoit vne très grande douleur , ce qui l'obligea à le laif-
fer fermer au bout d'vn mois.
le fuis oblige icy d'attaquer ceux qui vouloyentpeifuader au malade que peut-
ctre tout l'œil rôbcioit de foy-mcmc hors de Ion orbitejcn pioduifant des exem-
ples à faux de impertinants, ce qui fut caufc que le malade diiterant loperation
le malempira:3c pourm.ontrer que cela tllimpofljblcil faut cor. li.ierer lacom-
pofition î5<:connexion de l'œil, il cil: bafti de mufclcSjmcmbrancs,humeurs nerfs,
Vf'neSjartertSjgiaiHe ik glandulcs: il y a 6. mufcles dtfqucls il y en a 4. qui font
deftincspourle mouuement droit qui commencent au fond de l'orbite C<: tiiiif-
fent au milieu de l'œil ayants entoure le nerf optiqut:lcs autres 2. feruent a le
tourner en rond: il y en a qui com.ptcnr j.TuniqcieSjks autres 6, &: desautres 7.
la I eft iaconiondiuc qui ibrt du Pericianc , elle sff.rmit 6c attache l'œil dans
l'orbite & le couure tout iufqucs à lliisjfaiiant le blanc de l'a-iUa J.c'eft la cor-
lice qiiitiie fon origine de la dure m.rt:lj3 dl l'uuéequi foit de la pic merccjk
entouie tout l'œ-il hormis la prunelle, ou elle eft troiice , la 4. cft la Rctiformc
qui fort du neif optique conuerti en membrane ^ tiiluecn foi me <.\\n rets de
vénes, artères &: nerfs qu'elle reçoit de Tvucc: la 5^ eft l'aiachnoiJe laquelle en-
toure l'hum.cur Chryftalline en deuant : la 6. eft la vitrée exnemcment délice
qui enuelopede tous coftcs l'humeur vitrée de la fcpare de la ch.yflLiîlinc: Jl y
en aencor vn'-autrc droit au deifous de la coniondiut; pour moy i'cftimc que
ce font les extrémités des Tendons de ces lîx mufcIcs étendus en m.mbrancs:
Dans ces Tuniques il y a trois humeurs, la i. eft l'Aquccla i.eft la Chryftallir.e
»3^ la î.rAîbugincc:'! y a deux ncrfl'vn de la i.coniugaifon qui porte à l'œil l'ci-
prit âpelé viiif , lequel après qu'il eft paruenu iulques à l'humeur vitrée, il
s'en va en la fubftanee de la Tunique Rctiformc:rautie eft de la i.coniu<^aifon,
eornme il fort hors du crane,il cômencc à fe diftribuer dans la racine de forbite
& s'en va dans les mufcles des yeux aufquels il donne le mouucment;Ii y aencor
des vénes & artères defquclles les vnes font internes & les autres cxterncs:parrrn
ks mufcles il y a beaucoup de grailFc auec i. glandulcs à chaque coin: on peut
comprcncUepar là côbieneû ferme la coiuKxiÔ de l'œil aucc laTcftc Ô< cÔrm il
'-pk Liurc Premier
,cft impbClblc qu'il tombe de foy-mémc quelque corriipiion qu*ily aîf, cardc-
uanr que les Nerfs &C mcmbratici lepounillènc, Icfqucls neantmoins y ont fort-
peu de dirpoiition, h puantcuu artaquera moiccllemcntles cfprics animaux:exa-
n:inons maincciianc cette rciierie du peuple qui croit que l'œil peui fortir hors
de la Tcfc, cette chute itr..-'ginairc n'arriuc ianiais que quelque coup, playe ou
grande dcH'.ixion n'aie précède , après quoy s'ctantfAit vnc ii-;fl.immation , il
s'engendre du Pus encre la comon(fliue <3v: la Cornée lequel confume Se pourrie
ccsmcmbranesj lefqucllcs viennent à s'ouurir en Vlcere (?c lequel onrcmirquc
ctre décendu iufques dans la capacité de l'œil : or les fix mufclcs qui (ont char-
nus lontaiséiricntatcaqucs d'Inflammation, à caulc de laquelle venants à s'cn-
iîer autour du Nef optique &: derrière Ta-iljiis ferrent & prcilciit tellement l'œil
,que les trois humeurs en font pouf secs dehors tout à coup d< fortcnt auec im-
petuoiîtc, or comme elles ontafscs de confiftence (^principalement laChryftal-
ïme ôc l'Albuginée qui font la figure de l'œil y le vulgaire pcnfe que tout l'œil
efl: forti:ctantsaînfi forties,& les membranes crans privées de ce qui les cmplif-
foit, s'enfoncent &c fe retirent au fond de l 'oibite,puis l'Inliammation cta:>!t ar-
reftce auec la douleur, les Paupières le ioigncnt l'vne à l'autre, de forte qu'il ne
rcftc aucune forme d'a-il , ce qui fait croire au vulgaire que tout l'œil cft for-
ti hors delà Tefte Obfem. i. Cgnt. i.
OBSERVATION XLIV.
De la Guerifon «^'-j;? tres-minuttah/chirre/îir le Carpe.
VNe Dame de Berne s'cftant extrêmement foule la main dioitte, il vint de
la douleur autour du Poignet auec Inflammation de toute h main, cil? fe
feruitdeplufîeursrcm.edes , mais en fin il s'y fit vu fchirrc qui fut iugé iiïcura-
ble par les plus habiles, car il fembloit auoir quelque chofe de malin : Q^lques
années après elle me vint trouuer à Payerne : ie trouuay au poignet de la main
droite en dedans vn fchirrefort dur aufTi gros qu vii œuf de Poule ; elle ne pou-
uoit point ployer les doigts, parce qu'il eiloic attaché au mufclc qui ployé les
doigts & à l'endroit ou il fe partage en quatre portions charnues : m'clla-u fer-
ui des remèdes généraux, i'y mis vn Cautère potentiel , &c après auoir ôtc l'ci^
chaie , il en fortit quelques iours durant vnc maricre fubtilej & ayant par après
ronge d'auautage de chair par les cfcharotics , il f c prefcnta de la matière craf-
ic, gluante ÔC vn peu iaunatre que ie faifois fortir auec pcnCiélargiffant aupara-
uant r Vlcere auec des éponges: cette matière ayant été quelques heures exposée
â l'air , elle s'endurcit comme pierre : Je tiray quantité de cette matière & à
diuerfes fois, car on trouuoit vn conduit en l' Vlcere qui venoit de la partie fu-
perieure vers le coude iufques à la paume de la maîn par deffous le ligament
twucrfier & gui cntroit dans la paume entre les cminences du 5. &c 8. os du
carpe:
Des Turâieurs contre Nature,^ 7}
carpe : le conloliday l'vlcere après l'auoir mondific. Obferu. 7^. CerU, 5.
OBSERVATION XLV.
D*vn fchirre auprès de l'Oreille,
M Onfieur Nicolas virer Miniftre , ii'ayanrpas êré bîca guéri d*vnc Pa-
rotide qu'il auoic eu cti fa icuncflè, il refta vne dureté en la parcie dextre
quis endurcit peu à peu en fcliirre, lequel par après en l'année 606. vint à fup-
puration à caufe des kumeurs qui s'eftoyent iercc delïus Ôc de quelque
caufe externe : ayant elle dt-rsandc i'ouuris i'Ablcés ÔC en tiray vne matière q^ii
s'y ctoit endurcie quafi comme pierre, enfermée dans vne membrane & très- fer-
mement attachée. Obfernat. 79. Cent. 5.
OBSERVATION XLVI.
D'vn fchirre en U matrice fM empéchoit t accdHchement,
V Ne certaine Dame de Luftrijbourg fur le bord du Lac Léman , demeura
fix iouLS entiers au trauail, ayant clic appelé, ie la trouuay aux extrémités,
car elle mourut la nuit fuiuante , & ayant ouuert le corps ie trouuay la matri-
ce déchirée ôc la Ttfte de l'enfant qui a-ioic pafsé par l'onucrturc dans la caui-
léde l'Abdomen : la cauie de cette diificulcé auoit été vn fchirre qui appro-
choic de il groircur de la Telle d'vaenùnc, mais il n'eftoit pas beaucoup adhè-
rent à la matrice : il fut caufe qu'elle ne peut pas s'étendre fuififamment au
temps iel'accouch.-ment &que le fruit ne peut pas fupporter ce violent moa-
ucn-.cncdela mère dans letiauaii. Oéfern. 67. Cent. i.
OBSERVATION XLVII.
D'vn fchirre autour dt l'Orifice interne de U matrice*
Ï'Ay ouuert vne Dame qui auoit été fterile en Çts deux mariages : l'en trouuay
la caufe, alfauoir vn fchirre autour de l'oiifice interne de la matrice qui l'en-
touroic comme vu anneau ôl fermoit tellement la matrice qu'à pêne y pouuoit
on faire entrer la pointe d'vn poiiiçou, ce qui dloit caufe que rien ne pouuait
entrer dedans. Obferu. C^). Cent. i.
K
74 Liure Premier
OBSERVATION XLVIII. .
jyvn fchirre dans te col de la matrice au âeuant de t orifice interne-*
VNe Dame fut rranaîllce d'vnc inflammation de matrice en Ton prcmicu
accouchement duquel elle fut guérie , mais elle demeura fterile : étant
morte quelque temps après d'vne maladie aiguë ie l'ouuris & trouuay dans le
col de la matrice vers l'orifice qui regarde le fons, vn Ichirre de lagrolTèur d'vii
CEufd'oye lequel eftoit tellement attaché qu'il ne fembloit être qu'vn auec la
matrice fans en pouuoir être en aucune façon détaché : ce fchirre empéchoic
l'entrée à la geniturc: il ne faut pas donc trouuer étrange fi les Médecins fe bail-
lent quelquefois de la pénc en vain pour ôter la fterilité:car cts caufesleur font
cachées, ou h elles ne le font pas (x eft ce qu'il n'y a que Dieu quilcspuifle ôterj
étant le (êul qui ouure & ferme la matiice. Obf. 66, Cent, i.
V
OBSERVATION XLIX.
De la Luette endurcie en tungiis fchîrrenx.
N ieun'-hommede Cuilli fur le Lae Léman fut incommode long-temps
d'vne dcfluxion fur la Luette: il fc fcrurt en vain de beaucoup de remèdes
donnes tant par des Médecins que par des Empirics,car en fin elle vint fi grande
qu'à pénepouuoit-il amener ou pouircr fon fouftlc : il vint à Laufanne en l'an
159S. où ic le vis auec Monfr.Rofcius Médecin, nous trouuâmes l'Vuule fi gran-
de qu'elle remplilloit toute la bouche,vcnant quafi iufques aux Dents de deuantr
& comm.c cette Timcur êtoit enuieillie , fort dure, liuide, inégale , 6c fai-
faut quelque douleur, étant aulll attachée au Palais, entourée de tous coû-
tés de vénes liuidcs pleines de lang mclanchoiic , nous n'osâmes pas en-
treprendre vue Cure légitime , iugeant qu'il valoit mieux laificr l'aftaire en-
tre les mains de Dieu & de la Nature , que defc mettre au hazard ( en vn cas
dcfefpcré^ dcpalier pour des ignorants , pour neantmoins accorder quelque
«hofeà fcs prières, nous luy ordonnal'mcs vn bon régime , en après nous le pur-
geâmes quelques iours de luitte des mauuaifcs humeurs ^ brûlées , après quoy
nous le renuoyamies chés luy.
L'an i6o8.au mois de Février i'ay veu vn homme à Payerne à qui vue Deflu-
xion inueteréc auoit rongé d'vn coté l'VuuJe, & de l'autre l'anoit étrangement
relaxée: A.eft la partie attachée au Palafs B.cll la partie rongée parle Catharre,
laquelle eft cicatrizcc par tout C. marque la partie yifeticuicqni eft partagée en
ilcuxcxtuberanccs 6c fc lepolciurla langue principalement quand il pouifc fon
foufEc!
Des Tumeurs contre Nature.' 75
iouffle •• chaque fois qu'il le tire fort, elle fe iette vers la Trachée artère ce qui
eft caufe qu'il ne parle pas nettement, Tans fcntir quafî aucune incommodité
-quand il boit ou mangcile luyay confcillcfouuent de couper ce qui cil de trop,
ce qu il n'a voulu faire: i€cius appelé ce mal Lorum, Cordon. Obf. 6^. Cent. i.
*— ^: ^ — « • . — — -—
OBSERVATION L.
' D'vne Tumeur fchirretife à la Racine de la Luette^
LE i4.Decembre 1608. ic vis vn leun'- komme qui auoit vne fort grande Tu-
meur vers la Racine de l'Vuule laquelle rempiilïoit tellement les troux qui
vont dés le Palais aux Narines qu'il nepouuoit reipirer qu*auecp:ine, ne par-
lant qu'indifl;in6tcment:il ne pouuoit aualer la viande qu'aaec gtande difficulté,
niais encor plus le boire; la Tumeur étoit de la grolîcur d'vn œuf de poule, du-
re, inégale, liuide& attachée opiniâtrement tantàlVuulc qu'au Palais : Quant
à l'origine du raal,il nous dit qull y auoit trots ans que s'ctant êchaufc outre
mcfurc il liiy cftoir venu vne h^emorrhagie par laquelle il auoit perdu quantité
de fang tant par le nés que par la bouche: &c que cette h^emorrhigie luy ctoit rc-
uenue en fuit ce par interualle: mais qu'il y auoit vn an qu'il n'en étoit pointeur
Il me (upplia inftammen: d'y mettre la main, ce que pourtant iene voulus fai-
re: il a vécu iufques à l'année 16 jc). en laquelle f au temps de la Canicule^ il luy
furuint vne grande hxmorrhagie qui l'emporta. Obfern, zo. Cent, u
OBSERVATION LI.
1>€s Tumeurs (jjui rejj'emblent an Schirre.
ÏL fe prefcnte fouuent des Tumeurs rondes , dures & fans douleur dans lef-
qucUesil ncfc trouusiien que de l'eau enfermée dans vne membrane tres-
cpaiin.: en Décembre 1634. l'en ay coupé vne en l'Abdomen d'vne fille de neuf
ansà Paycrn;^laqnellcle porte bien à prefcnt) il y a vne autre forte de Tumeurs
^ui s'engendre d'humeurs pituiceufes , qui neantmoins font trcs-dures : l'Eftc
pafsé i'cn ay traitcé vne au roignct venue de conttifioji <Sc Ci dure que chacun ii
prcnoir pour vn Chancre: étant ouuerte il en fortit vne humeur femblable à da
lard qui fe durcit en pierre dans z^ h;ures cftant exposée à l'air : nous tuâmes
aprcsla mcmbiancoù elle cftoic enfermée laquelle ctoit très êpaillè : en cette
forte de Tumeurs l'h.imeur qui y eft enfermée étend la membrane ne plus ne
moins que l'air fût vne ve(fie,laqueile femble être extrêmement dure,quoy qu'il
n'y aie rien que du vent.
Il faut remarquer qu'il faut beaucoup de temps pour faire vn fchirre, par»
tant fi vne Tumeur eft iccentc , il ne fiut pas la mettre au rang des fchirrcs.
Epijre ^;.
K z
^é Liure premier
OBSEP. VATION LU.
Des FmgHs,
VOiis faites mention en vos obfcruations Chîrurgiques des, Fungus qiû
viennent aux membranes du Ccrueaii, lesquels s'y engendrent à caufc des
humeius qui y accourent , fclon voftre opinion & des autres Chirurgiens:mais
il me vient en la pensée vne doute que i'ay eu aucresfois , s'ils ne fc penuent en-
gendrer c]u es membranes du Cerucau quand elles font ofFcncccs. Il eft vray que
les Médecins ne font mention que des Fungus qui naillcnt dans les Playes des
membranes du Ccrueau , mais les deux Hilloires fuiuantes font voir qu'ils
pcuuentaufli eft re engendres ailleurs : A Vuittcbcig, vu garçon de dix ans en
fautant le heurta le pic gauche bien fort à terre & fut bleisc en la plante vis à
vis du petit doigt : Il parut après premièrement vne Tumeur au dclFus du mal-
léole externe laquelle fut rcpoufscc en dedans par vn groflicr payfan qui crcut
quec'cftoitvne Luxation qu'il faloit remettre : la Tumeur en fuite augmenta
peu à peu de forte qu'elle couuroit tout le col du pic , faifmt vne grande exten-
îion delà peau & écarter les doigts des pics l'vn d'auec l'autre à caufe qu'elle
fe fourroit entredeux : on elFaya en vain plufieurs fortes de remèdes , en fin
on trouua vn Chirurgien qui Ht ouuerture en la partie croyant qu'il y auoit
fuppuration à caufe de la grande mollcfle & de la douleur qui augmentoit : il
en fonit vn peu de fang mais point de Pus , ^ tout à Tinftant il y vint comme
vne certaine orailFe qui bouchoit l'ouuerture j S^ les iours fuiuants il commen-
ça à foitir quantité de matière femblable à des éponges pleines de fang noir &c
fcreuxj&envnenuit il parut en la plante dupié vcis le petit doigt vnecfpecede
rriortificationauflj grande qu'vn demiTaler y ayant fait incifion , il n'en fortic
rien de pourrie n'en pur'-on fcparer aucune chair morte, mais feulement de la
cluir femblable à de l'éponge brûlée, fanglante, pléne de fang qui en diftilloitt
ii commença auflià fortir des Fungus en des autres lieux à côté des Talons &
delFus: c'eitoit vnfpedaclc hideux , car cette partie du pié eftoit plus grolîe
que la Tefte d'vn enfant : en fin on en vint à la fedion coupant iufques à l'os
Naiiiculaire & du Talon dans le col du Pis : ce qui fut ôté n'eftoit rien que
chair baueufc en pariie pourrie & corrompue, en partie caillée , épailTe ^
«rluante femblable à. de la grailfe m.olle, du poids d'enuiron Ib iv. mais les iours
iuiuants il commença dcrechcfà fortir en grande abondance de la chair fpon^.
gicufc, laquelle autant que l'on ôtoit de iour, autant il en croilfoit de nuit : en
fin il s'eleua vne grande Tumeur vers l'Aine gauche là où font les Glandes , en-p-.
ticrement femblable à celle que l'on voyoit au commencement fur le col du
Fié , laquelle par après fe rompit d'elle même, d'où il fortit vne grande quan-
tité de cliair fpongieufe: il ne tarda pas long-temps aprç5 à mourir.
L'autre
" Des Tumeurs contre Nature. 77
L'autre Hiiloirc rfl: telle: vn gai^joii de ix.f-*? fut tonrnTcnrc du mal de Drnt^.:
on fnt obligé de luy en dici-vnc de celles de dciras : il vint par apics vn Tu-
bcrciileauPaîaisproche C'cce Dent de la grandeur d'vn noyau de prune, on
cr»t à ccufe delà mollcire ^. p^fce qu'il ne s'ouuroit pas de {oy-rr,cme qu'il y
auoicdu Pus; oi l'onure maisil n'en loit que quelques gouttes de far g:. iprcs
il vint à pai'oître vue chaii fpongieufe , noirâtre laquelle augmenta rcllemenc
qu'elle fortoit par la bouche .3c par le nés d'où l'enfant fut crouffc : fcs perc
éc mcre rapportoycnt la caufe du mal à ce qu'il fut vn iourhapé d'vne boule de
neige vers l'Angle interne de l'oeil, dans laquelU il y auoit vue picrrttte enfer-
mée : trois mois après il y vint vn Tubeicnle lequel par aptes (c conucrtit (n
Fillulc : is vous écris ceci pourf^auoir votre fentiment de la génération des
Fungiis : il eft vray que les anciens Chirurgiens comme Guidon , Thcodoric
& autres font mention cfcs excrefccnces , Nades ou Naptes qui tout des Apo-
ftemes grandes, charnues & molles, mais il ne font mention des Fungus que
dans les iMayes de la Tefte : Parquoy ie vous prie que ie puiiîe fçauoii fi ceux
que i'ay décrit en ces deux Hiftoircs, font des vrays Fungus : que fi ce n'en font
pas , à quel genre de Tumeurs appartiennent t'iis ; que fi c'en font, pourquoy
c'eft que ces autheurs ne parlent que de ceux de la Tcftc , defirunt de l^auoir le
vray lieu de leur nailTancejfi c'eft vue membrane en gênerai ou tout corps mem-
braneux , mais ie ne veux rien déterminer &c.A Vuitttbeig i.Svptcmbre léo^.
ObfeYH. 4). Cent. i.
OBSERVATION LVIII.
Des Fttngus tant charnus quOfsêes qui naijfent en dinerfes 'parties
du Corps,
IE fuis de voftre auis que les afFeClions que vous m'aués communique Ton*
-ties Fungus & doiiKut être ainfi appelées fans conttfte : car quoy que ces
autheurs ne facent mention que des Fungus qui naillèntcn la Telle quand les
membranes font découucrtes, fi neantmoins on en examine bien les craifis , ie
ne vois point de raifon pour laquelle ils ne peuuent pas venir en des autres par-
ties, mais comm.e cela arriue rarement , & que le plus fouuent on met cette
forte deTumeur entre les cxcrelcencescharnues,ils ont apelé Fungus feulemenr
celles qui fortent duCerueau ou de les membranes , quoy que fi on regarde à
leurs caulcs & à leur génération, ils puillcnt auflîi bien venir aux autres parties
du corps: il y en a parmi les anciens qui font de ce fenciment, voiie des plus ha-
biles, cnir'autres Bruno, Thcodoric &:Bcrtapalia , veu que Bruno fous le nom
de Nada n'entend autre chofe que ces excrefcences charnues, voici (es paroles,
il le fait fouuent en quelques pcrfonncs vnc certaine force de fuptrfluitc qiie
K 5.
■-s Liure Premier
Vujgaiicmencon jippellc Nada , c'cft vue Apoftcmc charnue , grande, le plus
iouucnc molle comme vn Fungus qui cft fans douleur, que s'il y en a , clieeft
petite fans chaleur ni battcmL-nt , &cc- Theodoric fe fert des mêmes paroles,
maiiilles appelle Napra& Berrapalia Nacra ri'appclantouucrrement vne Apo-
ftenîe glanduleufeoii charnue, l5c bien à propos, car quelquefois telles excrcf-
cences/^ie ne parle pas des Fungus en laTcfte)ont enfoy certaine qualité mali-
gne & ibnt dures Se in.cgalcs , & différent pourtant des Glandulcs comme die
bertapalia. Des Jcfciiptions précédentes on peut bâtir cette définition , que
Fungus cft vn certain corps charnu, ieplus louuent , flafque , mol, quafi fans
douleur , engendre (i.;bitcmcnt <?c en peu de temps d'humeurs fuperfljes 5: fla-
tulenrcs : l'ay dit Ieplus foauent , car quelquefois cette Excrcfcence n'cft pas
flafque & molle, mais dure,glanduleu(e ou inégale, aacc douleur principa-
lement s'il y a quelque m.alignité comme il y en a le plus fouuent dans ces
Fungus qui viennent aux parties balles : il n'en eft pas de même de ceux qui
viennent aux membranes du Ccrueau lefqucls rarement font maHns finoa
qu'il y ait eu quelque conllderable contufion Se par confequenr de la pourri-
ture : Car cette humeur craile de laquelle fe fait le Fungus malin ne peut pas
aifcmcntfTionter en haut , & celle de laquelle il fe forme autour des membra-
nes du Ccrueau le plus fouuent cft bénigne & comme dit lean André de la
Croix , elle eil Aciee &: vaporeufe laquelle ne peut pas faire vn Exonfcine
maligne ; Or comme clic vient à paroitre quafien vn inftant pour cette rai-
(bn elle cft molle Se appelée par Galien Fungus,c'cft à dire, Chairpignon i Car
comme les Champignons qui croilîènt en vn temps doux & le plus fouuent
en vnc nuit , font Ipongicux ôc mois , dz même ces Fungus qui viennent au-
tour du Cerueau Se de lès membranes croiirent promptement , fi quelque hu-
meur douce y accomt en abondance , & ce par vne fmgulîere prouidence de
Nature, Car comme il n'y a rien qui foît plus ennemi du Cerueau S: de Ces
membranes que le froid , la Nature pour les défendre leur fait cette conucr-
ture , Voila pourquoy s'il y accourt quelque humeur en abondance, f non
pourrie comme celle dont fe forment les mauuais Champignons des Arbres
ôc déterre , mais bonnet: loiiable J incontinent la chair y vientcn quantité:
■Quf fi quelqu'vn rapporte l'origine de ces Fungus aux humeurs fécondes af-
iauoir , R.OS, Glutiniîv'Cambium , ilncs'ccarteia pas à mon auis beaucoup
delà vérité : Nous remarquons la mnne indiiftrie de Nature es Os decou-
uertsjâufquels l'Air étant aulîî rrcs-contraire , elle Us remet tout ai.fli toft
d'vne chair fungucufe : & de Jà vient que quelquefois le Fungus vient à croî-
tre en la Dure merc, quoy qu'elle foit entière, de peur di-ie que l'Air extrême
ne Toffcnce: Qjcfi la Nature apporte cette preuoyancepar lesOs découuerts,
qui font des corps folidcs & extrêmement fecs, où il y a peu de Vénes Se d'Ar-
tercs,&: ne font pas des parties beaucoup côfiderables, y at'-il apparence qu'el-
le ne fe veuille pas feruir de la même précaution poi>r garentir la Dure m.ere
qui cft vne membrane rrcs-confiderabie parfemée a y ne infinité de vcncs Se
}
Des Tumeurs contre nature. ^9
d'Arrcrcs : Il arriuc pourcant rarement qu'il (c forme vn o-rand Fnnt^iis en h
Dure mcrc Ôc qui ^alfe la p!aye,car cîiiiicilcmciit vient clic en hr.iir à caufc de Ci
pefanteur finon qu'il y ait eu vnc grade contufîon cV que les hnmcurss'y foyéc
iettces en quantitc,commc aulTi li ou a oublie de faire les reuullions nccellàircs
I au commencemcnt:mais quand la Dure mère tft rompue,!a pie mcrc s'aime fa-
j cilement en haut auec la chair baueufe qui y cil venue de forte que même elle
paifcla playcpriucipalemcnts'il y a quelque vêt caché fous les membranes: Le
célèbre laq.Aubcit Vandomois croit que IcFungns fe fait quand la Dure mcrc
cft rompue 6^ que la Pie eft poufsce en haut,remplic de la fubftace du Ccrueau;
mais i'eftime qu'il faut vfer de diftindion ^ qu'il ne le faut pas entéJrc de tout
Fungus errGcne,ral,carI^ Praticiens fçiuentAfur tout ceux qui font verses eu
l'Anaromicquoy que la htbftance du Ccrueau foit molle & flafque,que ncant-
moins elle ne p^ut pas tcllemêt fe refoudre & relâcher qu'elle puiilè emplir ce
Fungusile voudiois doc dire qu'il yavn Fungus de Ceruea-u fimpleôc vn autre
composc.-Cclui Ci e<l:,on auec grande contufion,inflammation &c fluxion d'hu-
meurs ou quelque autre fymptome : Le fimple cft celui que la Nature fait pour
côleruer les membranes ou le Cerneau: Encciuy-ci le Cerucau ne bouche point
de fa place & le fait d'vne chair qui y croit & d'v;n efprit s'éré qui poulkcn haut
les membranes de cette chaii:mais au composc,ou fk caufe-dc i'inflâmation ^
des humeurs qui s'y font iettécs) le Ccrueau eft comme corrôpu & conuerti en
Pus,lcs membranes qui (ontcleuécs en haut,peuuent fe réplir de la fubftance du
Ccrueau (}ui eft alors corne dilfoute & fondue : & telle iôrte de Fun-us eft rrcs
dangereute & le plus louucnt mortelle, de laquelle a voulu parler Iclufdit Au-
berti& a laiisccnariiercles autres qui ne font pas fi dangereux , pour être plus
courrtll faut aufli prendre en mcmc fcns ce que dit Parc de la puanteur du Fun-
gus,car le limple,comme ic l'ay veu fort fouuent, n'a point de puanteur, de fait
fort peu de douleur,cÔme dilcnt Bruno & Theodoric:Qnc s'il arrire de la rour-
.nturc ou de la corrupti6,il faut de necefllté que le fœnui furuiene,ceux qui fo.K
de cette fortes engcndient d'humeurs à demi pourries côme les Chapicrrôs des
arbres amli que an Pa.c:Ica André de laCroix écrit qu'es FÛgus de la du^re mcK
le mouucmec naturel fc pcrd^ce que quelqu'vn pourroit trouuer abfurde car îe
mouuemet ne le perd pas.mais il eft caché à caufe de la chair qui y croilVmais
cctexcellet Autncur pailede ceFûgus qui vient quand ]amortapproche,côme
on la peut recucdbr du texte, Fay voulu aduertir de ceci de peur que quelun'vii
neinn pour ridicule 1 opiniô de tels pcrsôn.iges à qui laChiiurgcft ilredeuable
Quant à la v. urc des Fungus qui viennent autour des mébranes du Cerucau^
1 en patleray en Obleruation fuiuante,ràioute feulement ceci que ceux qui fe
forment quand la Dure mère eft rôpue,fe gueriffent auec plus de diiHcult que
^mme t , h elle cft rompue ou blefsée, les humeurs y accourent incontinent
. defqnelles fefai.leFqngus Ck autres accidents : Partant il y faut an^^^^^^^^^^^
.plus de diligence.-mais auparauant il faut foigneufement prendre Ibia d'aLcncr
go Liure Premier
en bas les humeurs qui gigneni: le haut, en après de n'y pas appliquer des mé-
dicaments acres qiioy que GAlicn s'en kriie dans les excrefcenccs de chair , en-
cor moins le huiii leruir du Rafoir, non pas mêmes de la ligature qui fe faic
auec le filet de (bye,à czuù des grands accidents qui en ariiuent ordinairement,
que s'ily aquelquv pourriture autour de la membrane, on y peut mettre fans
fcrupulc de l'iC^iptiac, mais en petite quantité &c auec ciiconfpedion.
Nous auons hir voir que les Fungus qui viennent autour des membranes da
Cerueau font rarement malins j il n'en ell pas ainfî de ceux qui viennent aux
partiesbalïès, car l'humeur qui s'y verfen'eft pas toujours bien conditionnée,
mais le plus fouuent cralfe, bouibeu(e& maligne, de laquelle il Ce Fait vue maC-
fe non molle , mais plus ou moir;S dure Iclon que i'hameur qui s'y ictte cil
plus ou moins gcoiîlere: on peut ncantmoias appeler telle forte d'^xcrefcenccs,
des Fungus tant à caufe de leur forme, que parce qu'elles croillênt quafi en vn
moment,ncantmoins auec càizc dilHnction, que les vns foyent appelés limplcr
nient Fungus, &c les autres malins ou Chancreux pirce qu'ils ont quelque du-
reté ou malignité : par exemple, il y a quelques années que l'on m'arncna va
homme de 50. ans auquel le membre viril clloicvenu d'vne il prodigiculc grof-
fcur qu'il rellcmbloit à la Telle d'vn enfant nouueau né: cette cxcrelcence ctoic
dure toute couucrted'Vlceresp'jtridcs : i'appele cette excrelcencc vn Fungus
Chancreux, Fungus à caufe de ù forme &c Chancreux à caufe de C\ nature : car
il eftoitdur, liaide, pouiri& malin : il vient auili quelquefois fubircmcnt
aux playcs des articuLitions vue certaine fubftance qui par fois cft blanchâtre
tirant fur le rouge par fois fur le liuide, qui le plusiouuent eft fjiuie d'vne flu- 1
xion d'humeur Icreuic: i'ay aulîi remarqué que telle forte de Fungus vient non
feulement aux playss des iointures mais auflî en celles des Njifi,«^ paniculie-
rement ic I'ay vcuil y a quatre mois en vne fille de Payerne fort Cacochyme,
car à caufe de la violence de la douleur le fing S: les humeurs y accourent qui
fontdiuersfymptomes, comme Inflammations, Darte , iiuxioii d'iiumcurs fe-
reufes& pi ufieurs autres : que s'il y va du fang doux , loii.ible ik aërce auec
mélange d'humeur pituiteufe, (Si fi la Nature, qui n'ell iarnaisoifiue, tache d'en
faire quelque chofc, il y vient cette extubcranceou excrclcence dechaii b.iueii»
fe : ilaj[4. ioursque rcuenantd'Aufpourg,on me fitvoii àLauingen vnieun*-
hommc duquel la langue cftoit crue en forme de Fiingts Chancreux qui crrplil-
foit quall toute la bouch*. I'ay veul'Vuule d.uénir comme vn Fungus, comme
a'ulfi vn Fie en l'œil qu'on pouuoit appeler FungusCancrofus : païquoy i'cfti-
me.que le lieu ou le Fungus fe peut engendier, cil non feulement le Ccrueau ou
fcs membranes, maisaufli toutes les parties du corps , &: Paré liu. 12. chap. 24.
dent qu'il s'en engendre au Fondement: il y a pourtant delà difierencc cntr'cux,
premièrement en U caufe , car ceux des m.embranes du Cerueau s'engendrent
ie plus fouuent d'vn fang doux, acrée ^ nullement malin, mais es autres parties
du corps il fe mêle parmi le fang certaine bourbe ôc quelquefois de la matière
ma! i sue
Des Tumeurs contre Nature. ti
-maligne & corrompue: Jl y a aullî delà diifcrcncc en la Cure, car en celui qui
vient autour des membranes du Ccrueau , il faut agir doiiccmciît fans y rica
mettre d'acre , maïs es autres endroits on peut fc ieruirhcurcûfemeur non feu-
lement des médicaments acres & qui dcfcclient efficacement mcmz d-s cor-
roiîfs , mais on peut aulîi venir auFcr&: au Feu comme l'expcricnce me l'a
i.pris: Cil ceux qui viennent aux Playesdci iointurcs , à caufe d: la grande dou-
leur ôc de la fluxion des humeurs, il faut donner peu à manger, purgée les mau-
uaifcs humeurs & ounrir la veine : dés le commencement il faut i: ieruir de
Topiques qui âdouciilent la douleur tel qu'tft ce Uniment '2^- ceranoHit&G.
Etemi an. 5 t'y. T-erebînih.btdi, 5 i].oL R)ftc.b:ityr.rec.finefale,ol devkelLoHor.c)'
. amycdt d. an. 5 v] . li^neftant sr/i-n^t lento igné & calentur , adde croci 5 j , vitelhtm
OUI ]. m. & cum filarnentis impone : après il faut appliquer cet Emplàcre ^. r/>;-
:£<t punis albi fè C), fiir.femin.fi£nu9r. ^ cydonior. an. 5 iv. coi^uecum Utie vacci-
" ko ad conjïjlentiam Cataplafmatis , addebatyr. rec, oU rofuc. de vitell. aior. an.^ j.
axif^^^.^Jjur/san. ^ 6. cre:i 5 G. -u/V*?//. ouor.nH. t]. rn.appliceiur: Il fiut continuer
iufquesà ce que la douleur (oit entièrement apaisée, ians fe mettre beaucoup eu
pêne du Fungus , parce qu'il faut vaquer à ce qal preiïè le plus: la douleur ayant
cti'sé comme aufii la fluxion, il faut mettre de cette poudre fur le Fungus ^.
Fulii. prAcîplt. Alum. vjii an'. 5 G.v:trio!.''^j}l^y puhi.rad. Angel. Arijîol. rou
Caryophill. &Irid.fior. an. 5;. m. W faut après mettre ce Gataplame ^. far.fit'
èAr.& lupin, an. ^iv.pn. colitmb. ^;/, Pnliu Yof.rnb. myndL bAÏAufi. Abfynth^
an. z i]. faits mar. | /). cum Hxiniof. Cata^L Que s'il y a quelque dureté ou mali-
gnité qui tienne du Chancre, c'cH atluré que le Fungus fc moquera de czs petits
remèdes & qu'au contraire il 6'ciiarouchera&: deuicndraplus malin C\ on y met
de l'Arfenic, hayle de vitriol (S<: iemblablcs fepcics &cfcharotics ; Q^ie faut-il
donc faire ? certes ie ne comprcns pas encor comme il fc faut comporter auec
celles excrefccnces » fi ce n'ell qu'on les ôrcauec leur racine, veuque les médi-
caments acres les irritent 5: qu'elles en deuienncnt plus malignes: ainfî ay-ie ex-
tirpe il y a dix ans ce dcfefpcré & malin Fungus qui croit au membre viril &
.par ce moyen rendu la (anté à vn milcrable qui eft encor viuant dans le rellorc
de Laufannc : mais il faut prendre (o'm d'arracher ces Fungus auec la racine,
autrement ils regcrmcnt incontinent comme ic l'ay remarque: Martin Chmic-
lierc Médecin à B.ifle m'a communiqué va cas remarquable.
Vnc fîllc de Balle porta long-temps vn Vlccre en la iambs gauche, il y croii-
foitdc la chair baucuiecn i! grande abondance que les Chuurgiens en ont ôtc
pourvue fois iufquesà deux liurcs, & quoy que l'on crcut l'auoir entieremenr
Otc, Ç\ eft-cequ elle reucnoic derechef en abondance ôc promptemcar : eniîn
par l'àuis des Médecins on luy coupa la iambe iiifqu'au iarrcr.
Apres l'opération ayant raclé la ch^iir & découuert l'os , on rrouua vn trou
rond qui alloiç iufques à la moUelle : l'opération reuint félon qu'on aucic de-
iire, mais commcchicun cnk qu'elle auoit cch.ippé. voilà cette chair baueufc
L
*i Liure Premier
cjui commence à poulîcr de nouiicau par le tionc S<: \ rincommo:3cr quaCi au-
tant qu'aiiparaiiant , elle vécut ncaiumoins enuiron deux ans aprcs î Opération
& fans beaucoup d'incommodité, de (orte qu'elle pouuoit fortir de la maifon
& le tronucr aux (aindics alfemblces : on ne doit pas donc trouucr étrange fi
les Fungusdes ioîntnrcs , far tout ceux qui font grands, font incurables veii
qu'on ne peut point les ôrcrauec la racine , ni ne pcuuent être rongés ^.ar des
Cauftics.
le veux adioutcr ic) quelque chofc des Fungus qui viennent fur les os , quoy
qu'il n'y air point de partie plus dure au corps Ik qu'ils ayent peu de vcnes &^
artères , Ôc fort petites, ils ne laiilcnt pas de croitre comme des Champignons,
en voici des exemples.
L'an 1600. ie fus demandé pour voir vu Gentil homme prés de Laufanno
nommé Monfr. de Gumouinsj& m'y eftat arretlé quelques iours on me fit voir
vue fille defesfuiettes âgée d'enuiron 20. ans : elle auoit vn très méchant mal
en la iam.be gauche, car en vn endroit fous le genoiiil, elle eftoitaufli grollcquc
la cuiffe laquelle dés le genoiiil en haut étoit exraïué : & êcoit pleine d'v-
ne infinité d'Vlcercs pourris, malins , accompagnes de douleur , & ce qui
ctoit mcnieillcux, chaque Vlcere êtoitouuert iufquesàl'os lequel êtoit fpon-
gîpux, carié qui n'auoir que la peau dciFus, de forte que les Vlcerespenetroyenc
iufques à iccluy Se Ton voyoitmanifcftement que les os de la iambe étoyent
crusengrcfleur Ipongieufe: cette fille auoit eu quelques années auparauant vue
malndic aiguë 5c ries c*âgereufc de laquelle elle êroi: guevie plus par le bénéfice
de la Natuit que de l'Art: (car elle ne s'eftoit ierui d'r.ucun Médecin Jellc fc plai-
gnait après d'vne douleur grauativc en la Iambe,(lk peu après la Nature fit vne
décharge fur iceik: elle n'en perdit pas du commencement le mouuemenr,maîs
les Viceres ayants commencé a fortii en dîners endroits, elle fut attachée au lit
fans pouuoir plus ma cher: les paren.is voulurent qut ie la luy coupalîè, mais,
voyant vne grande foibl-.Hc aucc exténuation de tout le corps ( hormis en cette
i:imbe J Se craignant quelle ne vint à mouiir en cette Opération , ic ne l'ofay
entreprendre , elle mourut peu de iours après.
l'ay en mon Cabinet les os de la lan.bf. d'vn homme de médiocre taille qui
ont été trouuésen vn vieil fepulchrc, Us font au double plus gros que le natu-
rcl,dc forte qu'il eft aisé à voir qu'ils font venus à cette groifeur contre l'ordre
de Nature : outre qu'il y a vne certaine matière comme Os qui y eft attachée
par lames aiiifi qu'eft le Tartre aux tonneaux , ncantmoins ces os font afsés
durs & folides : i'cy cncor vn' autre os de iambe deux fois plus gros qu'il ae
doit être, mais il eft fpopgieux ôc fungueux.
H y a quelque temps qu'on me fit voir vn pîé de Bœuf lequel eft dur & entier,,
Jî ce n'eft qu'à coté d'iceluy il y eft creu vn Fungus ofsée de la grolTeur d'vn œuf
de Canne, ce Fungus eft poreux comme vn' éponge, neantmoins dur auec infi-,
nîté de tuyaux de tous côtés, par lequel il y a âparcncc qu'il rcccuoit la nourri-.
t\iïç, Oèfern. ^6, Cenf. ly QBSER-
Des Tumeurs contre Nature. 85
OBSERVATION LIV-
'D\ne monjirucufe majfe de chair au derrière de la TeJIe
d'vn enfant,
EN l'an Kjij. on apporta dans rHofpkal de Srrafbourg , en prefcnce de
Salrzmannus, Scbilius & Funccius Médecins ordinaires de rHofpital , vn
cnfanc de deux mois fur la nuque dutiuel s'eft formée vne malfe de chaii: de
conlidcrable grolfcur & pcfantcui: il ne rend aucune voix ôc Jî'a point pleure ni
ctic des qu'il cil: au monde : Lettre de lean Screta /dedecia de Bajle ennoyèe 4
l'mitheHr ^uieflfur la fin de lOhJeriution jj. Cent. 6.
Cet enfant wk encor,mais miicrabic, toute la nourriture du corps s'en allant
à cette malïe. Les Chirurgiens ^ Barbiers l'ont voulu ôter, mais Salczmannus,
Sebizius ôc Funccius s'y font ôposcs (cachants Qji'ds auroycnr ôtc la vie en mê-
me temps; car par quel moyen auroyent-ilspû éuiter vne hxmorrhagie en vn
corps fi délicat &c fi foible, oucommcntrauroyentils pu avreftcr? mais c'eft le
malheur du ficcle que cctce race d. Barbicisn'a poin c de honte de faire Ton ap-
prentiffage en tuant : ce mal a commencé au venrre de la mère qui l'accompa-
gnera iufques à la mort: il n'a poini de voixj peut être parce queiesNetfs ré-
currents font tires en bas par ce poids cxcx.'liîf, il fait bien quelque effort à crier
mais ians etlct : il a entièrement vn vifligc de vieille , ôc conuic à rire ceux qui
le regardent. Ohfern. 17. Cent. 6. Lettre du ?/iéme:
le crois que cette malle de chair eft venue par vne forte imagination de la
mcre, comme ie l'ay vcu en des autres ; le liecle pafsc nous en a fourni vn exem-
ple , Thomas Schunickcrus naquit fans bras à Hall en Saxe par vue terreur &
forte imagination de la mère qui auoit eu à la rencontre vn pauure qui n'auoic
point de bras: mais les Médecins de Srr.^ibourg ont eu raifon de s'oppofer au
dcllcin des Chirurgiens, car fans doure ilsauroyent ôté la vie auec la carnolîtc,
comme il eft arriuc à Gi-neue en vne fille à laquelle on voulut ôter vne Tumeur
au Col , ce qu^* aufli cil arriuc: au Bourg de Tounonicy proche, car co ni me
vn Herniotome voulut ôter vne ccroUelle, le malade mourut en l'operationic'efl
vne autre raifon du Steatome duquel ie vous ay écrit dernieremcnt,cat l-s vcnes
& artères font petites au Dos, ce qu'ayant reconu ce grand Médecin ëc Anato-
mifte Griffoniusjil fit heureuicmenr l'opération: quant à ce qu'il n'a point de
voix, ie crois auec vous que cela vient de ce que les Nerfs récurrents font offen-
ses, car quand celaeft,la voix le perd incontinent ou fe change , comme i'cn ay
fait l'elïàycn dtsChcureaux: cet enfant a le vifage comme vne vielle, parce que
toute la nourriture s'en va à cette malfe , de là vient que tout le corps
amaigrit ôc que le vifage fc ride , car la faim non leulcment exténue
^4 Liure Premier
le corps & y fait venir des rides, mais auflî ôrc la couleur vermeille du vifage
qui fe change en obiciire & liiiide : or ceci eft digne de remarque que M. Icnn
Griiibn aveu à Geneuc en vn corps mort de faim qu'il ouurit en l'an 1587. af-
lauoir qu'il n'y auoic point de mouellc dans les os : Ce qu'il ne faut pourtant
pas trouuec étrange, car en ceux qui (ont affames, tout ce qui refte de nourritu-
re s'en va au cœur & auFoyeafinquela chaleur naturelle puiflè entretenir l'hur
midité radicale : Ohferu.iZ. Cent. 6.
OBSERVATION LV.
jyvne THmenr rnonfirHenfe de l'Omentum.
EN l'an i(So8. on ouurit à Giciren au Pais de Hclfe la femme d'vn potier de
^ terre, en laquelle on trouua tous les vifceres bien conditionnés,hormis l'O-
mentum lequel étoit fi prodigieufement venu gros à caufe de l'augmentation
des glandes, que l'on la croyoit hydropique tant ê toit gros (on ventre : cette
mailè eftoit rnembianeufe par tout, mais par dedans glanduleufe , fchirreufe &
farcie de o^railfe , au milieu il y auoit vne cauité remplie de fanie Taie &: puante,
elle pefoit cinquante & fix liuces, & on l'ota fans oftencer aucun dzs vifceres,
n'eftant attachée qu'à l'eftomach : ie ne crois pas que l'on puifle rapporter la
caufe de cette Tumeur àautre chofe fmon à ce que \qs glandes de l'Omentum
font crues ainfi exccffiuement , car il y a quantité de vailFeaux entre les deux
mem,branes: auflia-t'-on trouué en ouurant cette Tumeur vne cauité delà
grandeur de la paume de la main, qui étoit peut-c(Vre vn refte de la cauiré de
l'Omentum , parce que cette fubftancc glanduleufe fembloit couuertc d'vnc
mcmbranetant en dedans qu'en dehors Objeru. 6f. Cent. y. Communiquée pAY
Cregonus Horflius Trofefeur en Médecine à Gieffen.
OBSERVATION LVI.
D'vne fort grande Tumeur fous le Nomhil, '
IE vis il y a quatre ans à Laufanne vne femme âgée de 3c. ans qui auoit vnc-
Tumeur au coté gauche fous le nombril de la grofTeur de la Tcftc d'vn
enfant, ronde Se qu'elle menoit de coté ôc d'autre : il y eut plufieurs opinions
fur la caufe de cette Tumxur qui fut feulement découverte après la mort, car
l'ayant anatomizée, ietrouuay la Ratte Ci grande que la* partie inférieure d'i-
cellc ( quis'eftoit endurcie en vnc Tumcuyroade^iécçndQit quafi iufqu'à l'os
du.Pubi,. f/««i5. ^^j^^
1
Des Twm«tiri contre Nature. «f
OBSERVATION LVÎÏ,
ID^vne Tumeur du Préface <^ du membre Viril .
'Ay traittc à Solcurre auec le Dodciir Scharantfxas vn'-ho.r!mc de 40'. ans
robnflic qui ctoit trauaillc des pluiîcurs années d'vnc dcfluxion fur le mem-
bre viiil 6c Je prépuce qui le fairilloic aiicc ficvre, grand tremblement, nausée,'
douleur de Tcfte \k. de lumbcs , fur tout s'il eftoic allé vifte à Cheual &: après
auoir fait la débauche , Car alors il luy venoit premièrement vn peu de fièvre,
les glandes de l'Aine droite luy groiTiiïoyenr , cc incontinent le membre viril
& la bourie s'cnfloyentXes premières années que le m.al luy vint, iln'etoit fairt
de CQiic dcfluxion que deux ou trois fois l'an aisés lcgcremcnr,& le mal s'en al-
loit aiicment après la Purgadon, la faigncc 2c l'application de quelque médi-
cament reiolutif , mais par iucccffion de temps il deuint plus opiniâtre, l'atta-
qua plus fréquemment & fc guerUfoit auec plus de difficulté, car par fois il rc-
iîôit vue fi grande dureté au membre &" principalement au Prépuce que i'cf-
pace de deux mois il ne pouuoit pas le cirer au deiîbus du Bàlanus : Apres l'a-
uoir purgé quelquefois & prouoqucla fueurjuous y milmes aufîî àcs Topiques
comme Cataplamcs^OnguentSjEmplâtreSjfachcts Emollicifs,^ rciolutifs,apres
quoy la Tumeur & la dureté fc palterent,mais s'il luy arriuoit de faire la moin-
dre faute en Ton régime, ou qu'il s'exerçât par trop,ce mial luy reuenoit incon-
tinent : Enfin l'an 1619. la Tumeur étant entièrement diffipéc & n'y ayant
plus de dureté autour du Prépuce , nous demeurâmes d'accord qu'il dcuroic
prendre vue fois le mois ou de fix en fix femaines vne infufîon de iix grains de
croces rrietallorum en du '^'n'), de de faire ouurir la vénc au bias'deuxou trois
fois Tan : mettant fur la partie vn fachet de chofès adftriiigcntes 6t corrobo-
ratiues,comme racines de Tormentille,Biftorte,BalauftcS)nûix decyprés,Ecor-
ces de grenadcSjrofes Se femblables , le faifant cuire en eau & l'applicant chau-
dement le matin vne hcureauant Ion Içuer, &c le Jbir quand il alloit coucher,
le lailTant toute la nuit fur la partie : Il s'en leruitau commencement vn mois
tout entier > & en fuitte trois ou quatre fois la femaine : Ainfi nous vînmes à
bout de ce mal ôpiniatre,fans parler du bon régime duquel il fe fcruir. Obfertk,
55. Cou. F.
OBSERVATION LVIII,
Cure À' vne Tumeur , an GenotiH,
VNe lîlle de 18. ans graife & replettc s'étant entors le Genouii par v«c
£hute ils'y fit inflammation auec tres^randc douleur: au commenccmen;
L 5
*<i Liure premier
on y mît vn Emplâtre, Ex AroiQafortiacum y bol. Àrmen.far. Tritic. Aceto &Àl-
kum.cni,âpïcï Lquel rinflammatioii <5c la douleur s'appailercnt peu à peu , mais
il y demeure vue Tumeur autour de la Palette grande & dure àcaufe de Iiquel-
Ic elle ne pouuoit marcher qu'appuyée fur vn baron : L'année fuiuantc on me
.l'amena à Cologne »3c luy tiouuay le Getiouïl fort enflé îk Ci roidc qu'on ne le
pouuôir courber fans vne grande difficulté ni fans douleur , mais elle l'etcndorc
lans pciic : ce qui me fit conicdurer qu'il y auoit de la matière amalsée autour
de hPiLtre 5c commençay ainfi la Curejiuy donnant fort peu à manger Ik des
viandes sèches pour diminuer le fang & les humeurs ôc empêcher qu'elles ne fc
ictrafié: fur la pnrtic,En après iela purgeay parce minoratif. O/i.Herhar.çy' fier.
Béton. fcab'of,eiifiittje,iAgrnnon. '^eron.an. m. i>. fem. anij. 5. \.f. deco^ioad ^iv.
col^.ddâe Puhi,P.ij]'au.cHrn Rhab."^ '/>^-^'2/7^^-| ^ m.f.ponoLc lendemain ie lui
És.OLiuiir la vcne la plus apparente du bras cirant enuiron x. onces de lang : En
a^ics.'^.I^ad.achor.pen'of.fœrjic.polypod. cortic. ir.ter.rad.frmmUan, §/. h.teton,
Agrimon.cufcHîiifcabiof.yiu arthrit. chamdd. an.m. i.flor.prtTntiL ver.fiirnmit.rna-
ioYMi.TurijGnar.ari.m. £s,fem.amf.& foerAc-dn-X^ G i.lif.iir. & vuar.pafjkUr. an.î^ t.
coijue in aqua nd tfe » /. capiatin crepnfculo matutino 1 vi. Tandis qu'elle (e fcr-
uoitdc cet Apozcrae ie la purgeay par interualles quelquefois Cum Pulu. Taf-
faH.cumRhah. quelquefois cum pulu. exherrnodaU. ôc quelquefois auec extra-
Hum corîicurn eful&:U mis ce Cataplafme fur le Genouïl. '^.Far. Hordei&fa-
har.an.l iv.pnlu.rofar.rHbr.baccar.laHri, myrtill. an. \ t. pulu.flor.camorn.fambuc.
yuA Arthr.an. 5 & fimt caprill. | / j. cur/t vino rnb.f. Caîaplaf adde in fine fapx.
5i i\. Applica calide bis m die: le m'en feruis rrois femaines durant , elle conti-
nua cependant l'rtpozeme fufdit & fut purgée par interualles : L'vfage de ces
médicaments Se la façon de viuie luy emportèrent entiercmcnr la douleur , fi-
iwn quand elle vouloir ployer le Genouïl, la Tumeur difparutaufiG roraleinein
hormis au delfous de la Palette : le fis tous mes efforts pour ram.ollir cette du-
rcté,mais en vain, enfin comme i'etoisafluré qu'il n'y auoit point de malignité,
-ilme vint en la pensée d'ouurir cette Tumeur, ie le fisentendrcà fcs parents
lefqucls y ayants confenti, & ayant derechef purgé i&: fnigné la malade , ie mis
mon Cautère potentiel au deifous de la Palette 6c à cote du Tendon , le iour
fuiuant après auoir enleué l'efchare ie mis ce linim.cnt. ^. Vn^u.BafiLbmy.rec»
fine, f aie an.l i.oLamyod.d,& derjitell.ouor.an.l S. ol.rof.l i. m. f.'<irtgH.addito oui
vttelto & croci 9 j. L'efchare étant tombée,ie confumay peu à peu tout ce qui re-
ftoit de chair auec mon Onguent Efcharotic , enfin ic trouuay vne m.aticre,
€ra(îc,gluante & très dure au dtlfous de la Palette entre l'Os & le Tendon d'i-
celic : ie riray dehors peu à peu cette matière , mettant dellhs par fois de l'On-
guent Efcharotic , quelquefois du Précipité , Sec. Prenant cependant diligcrei-
ment garde d'oftcnfer le Tendon .-rVlcere étant afsés mondific , i'y fis venir
laCicatticc, vfant après d'vne fomentation pour fprtificr la partie, ^.fior,
&
Des Tumeurs contre Nature. «7
é'fol.faÎH. rorifmar, primnl. ver. malor. Iiae Arthet. hyperic. Origan. Mft. m. i.
inctâantur é'faccufo indantnr, eo mterfufo vino rub. cotjHaîur , applica cdiâè bis
i'idie : Apns la fomciirarion i'oig:iis lo Gcnoiiïl &: la Cuilïcaucc i'hiiylc de
Heins dcSlotanuSjAiiifi elle fiir guérie par la grâce de Dieu.
Le bruit de cette Cuuevinr aux Orcillcsd'vn CciCain de Coloo-ne homme
de ciiK]uanCc ans Icqacl me demanda : Il auoir poitc quiiizc aiio durant vue
Tumeur en la Palette dioiro à caufe de laquelle il ne marchoit qu aaec le bâ-
ton, Deux r-nois auant que ie le vilîè > cetteTumcur croit li fort au'-^întntcc,
qu'on po::noltr dccouui it le Pus aucc les doigts en plufi urs endroits autour du
Gcnouïl : ie rcfulay d'y mettre la miin , fçachant que ce mal ctoic incura-
ble , ncaiitmoin: pour luy accorder fa prière , i'ouuris rAbfccs d'où il fortit
pvir quelques iours de la matière claire &femblable à du petit lait en abondan-
ce «5»: (ans douleur , En après de la matière épaidè , gluante & blanche com-
m: du lait caillé ou fromage frais , enfin il reconnut que i'auois dit vray , car
rOs fc trouua carie , & parce que l'on ne pouuoic pas ôter la carie en cette
partie à cauic de la profondeur,il s'y fit vn Vlcere incurable & fifrulcuxjde for-
te qu'il ne peur iamais marcher qu'aucc le bâton non plus qu'auparauant. Ob'
fer H. ^6. Cent.j.
V
OBSERVATION LIX.
D'vn fie atome en la Ïambe. ■
\jN homme conliJerable d'icy a désfix mois en çà vnc Tumeur cn4#'
y Ïambe droite, on croie que c'eft vn fteatome,mais i'en doute,Il n'y a rien
de Verolique : cependant la Tumeur augmente tous les iours fi on ne la re-
prime auec la lame de plomb , Il a outre cela des douleurs de Iciaricuc &
de Gcnouïl : étant ieunc , il écoit incommodé d'vne dcfiuxion fur les veux
piiiicipalemcni fur le droit : Lettre 60. de Creaprms Cobelius D. M. à l^Aa-
thenr.
lenaypaspeu être iuiîîfamment eclairci p.ir celle que vous aués enuoycà
cette incommodité de la ïambe droite ell vn Itcatomc ou non > Car félon Ga-
lîen au liure quatorze de la méthode curatiue & i£gineta au liurc fix , chapi-
tre trcntefix , c'eil vue Tumeur dans laquelle cft contenue de la matière
femblable à du fuif,le plus fouuentfans douleur &: auec peu de dureté : quoy
que ce foit , il y a apparence que cct:c matière qui découloit autrcsfois
delaTcfte fur l'ccil droit, tombe maintenatit fur la Cuiiîc ti^' fur la ïam-
be. Vous ne ferés pas donc mal, à mon auis , fi après auoir puriic le
^^ Lîure Premier
coipçf pour faire reuaîiloii vousappIi(jucs vn Cautcrc potentiel aubrasdiôît
,^' y fïiùcs vnefbmancllc ; icnc rrouue pas mauuaife le lame de plomb : i'ay
/ccounumç c!e l'oindcc de vif argent s car pnr ce moyen ejJe diflîpe d'auantage,
ivpaïkyinciCc & rc/bu£ cette matière virqueiife : l'Emplâtre de ranis cum Mcr-
i:urîo n'y cii pas aalii niauiiais ; Que fi par ces remèdes cette matière ne peut
|jascirc dilîîpce, il faut venir à des plus grands, touchant lelqucls il faut con-
iiil£crGilien,y€\:inctaa: des autres : Conlidcrant neantmoins de près , s'il cft
qucilicn de vcniïà. i'ouuerture ou à i'exciiion, s'il n'y a rien de malin, comme ii
«Kefcuuicntderauoîrveu arriiier, alïàuoirque telle Torte de Tumeur fe change
,fii Viceres malins ; que s'il y palîc quelque grand vaiiïcau comme vcnc ou Ar-
ferc, il faut aufli redonner garde d'vnc hicmorrhagie. Lettre 6i. Refponce de
J'Auiheiir.
OBSERVATION L X.
D'vne grande l^er Y h'ç an Fonce & comme elle a été otée.
L'An i584.ctantà Langenberg Village de la Marche, io:ay à vne icuncfill^j
vue grande verrue qui ctoir au Pouce droit entre la prem.ierc & fécond;:
aî-ticulatîon , rendant ïa main fort difforme : l'ayant purgée ic liay la verrue
auecdu fil retors de Chanvre imbu d'Aifenic , ferrant tons les iours vn peu le
nier iufqu'a ce que la verrue rombaft, ie moaditiayrVlccreauec i'Vnguciuurn
Apoftol. & le cicatrizay ij bien qu'il ne parut aucune trace de verrue.
Or quoy que Xtz Chirurgiens ayant accouilumc de procéder ainlî non IclIc-
tttîent z\\ la Cure àzs verrues & en toute autre cxcrefcencc du Co! ps>ic ne con-
£ei}ic pourtant pas aux ieuncs Chirurgiens, comme ic l'ctois en ce temps la, de
iuiure cette méthode à caufe ô,zz grands & dangereux accidents qui ont accou-
tumé de venir après l'application àz l'Arfenic, dcfqucls quelques vus ariiuercnt
cïi cette fille qui m'obligèrent à la purgctjfaigner & à mcferuir à<:% defenlifs ^
cordiaux:»
Des ce temps i'ay fuiui vne autre méthode &: pkisaflTurée, accompagnée de
moins de douleur & fâcherie : ayant purgé & fiigné s'il y a abondance de
fang,îc mers tout autour de la racine de la verrue vn peu de mon Cauftic fait
aucc lexiue de farmenrs & chaux, enfermant cette racine auec le Cauftic dans
vninftrument d'argent fait en forme d'vn doigrier à] coudre, mais beaucoup
plus bas &: le prelïc bien contre,dcpeur que le Catîftic ne touche & ronge les
parties voilincs : i'cfcharc étant faire î'y mers vn Digcftif de beurre frais, huy-
le d'Amandes douccs,faffran & iaune d'csuf iufqu'ace que I'cfcharc tombe,
après auoir mondihé quelques iours i'Vlcerc > i'y fais venir la Cicatrice comme
auxautrcs Vlci^rcsaiîcc la poudre an-^eliquc de vigo bien rcélifice ; Quclîla
lacine
Des Tumeurs contre nature. 89
racine de la verrue n'eft pas entièrement emportée après cette première appli-
cation du Caiiftici'y en remets encor pour la féconde fois, maisauant quel'cf-
chare foit tombée, car par ce moyen il fêta moins de douleur, le réitérant au-
tant de fois qu'il eft necelîàirc.
ADVERTISSEMENT.
Auant que mettre l'Arfenic ou quelque médicament acre ôc corrofif,ilfaut
confiderer de bien prés le naturel de la verrue, car il y en a quelquefois des ma-
lignes qui le deuiennent encor d'auantage par cette forte de medicam.ents ôc
fe conuertilîènt en Chancre i
L'an 1610. i'ay veu à Soleurrc vn Confeiller auec Monfieur Scharandacus,
âgcdz feptante ans qui aiioit porté quelques années vne verrue au bout de
l'Aile de rOreiile droite fans beaucoup d'incommodité , comme elle cora-
mençoit à luy faire mal,il demanda conleil au BourreatJ,"lequel y ayant mis vn
médicament Cauftic, il s'y fit vnVlcere malin.
Bernard Peneuaire de Lutii fut incommodé plufieurs années d'vne verrue
en lalevrc de delfouSjy ayant mis vn médicament acre, il s'y forma vn Chancre
lequel ic coupay en l'année i6oi.
Il faut aufîi prendre garde en mettant le Cauftic qu'il n'y en ait pas trop, de
peur que l'efchare ne vienne iufquaux Nerfs. Obfer.jj.Cent.d.
OBSERVATION LXI.
D'vne grande Ecchymofe aux parties Génitales, auec Tumeur du Scrotum
ç^ Gentîoires heureufement guérie,
VN àzs princip:iux de Payerne âgé de 40. ans , robufte , «Je plein d'vn fang
biû'é &: groificr , étant tombe de deiîus fon Chenal lequel il auoit pouf»
se à toute bride , le ftoillà grandement toutes les parties génitales auec les Ai-
nes : il ne lailfa pas de monter à Chenal & de fuiure fon chemin : le iour fui-
uant il y eut rétention d'vrine auec douleur , mais ie ne fçay de quels médica-
ments il fe feruit : étant demandé le quatrième iour , ie trouuay les bourfes &c
la verge vn peu enflées, mais celle-ci noire comme Charbon , il n'y auoit
pourtantpas de la dureté & la douleur n'étoit pas violente : Luy avant ordon-
ne vne bonne façon de viure , l'oignisTAine auec huylc rofar 6c appliquay ce
Cataplafme : OJi, Far. Hordei fAbar.an. ^tj. puln. rofar. ^ ï. coque in vinê
rubro ç^ pauco aceto y adde ol. ro/ac.parhm cum oho inteoro , Le iour fuiuant il
prit cette Médecine. ^, Pulu. noflri laxM. d i j. fyr. rof.fol. comp. cum Rhah.
M
^o Liure Premier
AgAT. çr fenn* 3 ]• cnmf. ^. àecoUi Agrimon. veron. cufcHti &fem,anif. f. potic,
laquelle le purgea doucemcnr : le lendemain de la puigation i'ouuris la vcne
du bras gauche & liray enuiron icpt onces de fang : ie continuny le Cataplaf-
me quatre ou cinq iours deux fois le iour , oignant auflî la partie d'huyle ro-
ùt & fis faire le fachct fuiuant. ^. Rad. yilth, l j. Abfynth. vulg. Rofar,
Origan. Agrïmon. (^ laquelle a vne propriété occulte dans l'enflure des bourfês,
coiDmc l'a expérimente maiftre lean Tringius d'Amfterdam ) fior. camom. me-
iilot, & Jarr.bac. an. m. \.fem. amf. cumin. & fœnugr. an. \ i. hîcidantur , contun-
àamur y tndti.îHr facculo interfunUo & vino rnhro cnm Aejna incotlo , On
l'appliqua chaudement trois ou quatre fois le iour ; après la fomentation
i'oignis la partie auec ce liniment, ^. 01. camom. Antth. & lu?nhric.an. |j.
faits fiétilijf phluer. 3 f* j. w. Il fut ternis par ces remèdes en peu de iours. Oh-
fern.S'Xent.^.
OBSERVATION LXII.
D\'2i commencement de Schirre en la mammelle.
VNe îeunc Dame &: robufte à Hilden allaitant Ton enfant fut faifie d'vne
inflammation en la mammelle gauche laquelle étant appaisée il y relta
vne fl grande Tumeur ^ dureté qu il y auoit bien du danger qu'il n'y de-
meura vn fchirre , elle le feruitde plufieurs médicaments Topics, Em.oUitifs,
& rcfolutifs, ncantmoins la TumiCur & dureté ne s'en allèrent point : ayant été
enfin demandé , ie la purgeay doucement auec la poudre de Pâllauanti auec
Rhubarbe & fis incontinent fcurer l'enfant , oignant les mammelles & parties
«i'alcntour auec huyle rofatjy adioutant tant Toit peu de vinaigre «S<: ce quel-
ques iouis durant , pour empêcher le fang de fe ietrer fur la pntie qui deuoit
c:rc conucrti en lait; l'oignois ai.iîi tous les iours la mammelle auec ce Uni-
ment. 0/.. Empl.de mncilagin. 5 i i. ol. lilior. alb. amygd. d. pingned. ^all. an.
% ;'. 0. Armnon. tn acetofcillit. folnti & percol-l il. m. / limm. On y aioutoit ce
Cataplafme chaud deux fois le iour. !^. Fol, & rad.malnar.^. fincidantHY mi-
rutim^voft coijiie in atj.ln mortario lapideo pifier.tHY pat cumfar.fabar. axmgiapoY'
cîfiallin£:,Anatis & prcprio decoEîo rnalu. Catapl. Par rvlsge duquel auec les
iurgaiionsconucnublcs& vnc bonne façon de viurc^ cette Tum.cur fi dure fut
enfin ramolic Se diflipée : ie conlolioay vn petit Vlcere qui éroit au bout de la i|
memmcllc y mettant vn peu de Précipice 3t' par deffus l'Emplâtre de Ranis fcii
Vieonis : Par ce moyen clic fut bien cOll guérie contre refperancc <Sc l'opi-
nion Je tout k monde -, fans en awoîr ceirenti en fuite aucune incommo-
dité.
Ea
Des Tumeurs contre Nature. 9^
En l'an t(îo7. Tay veu vn fcmblablc casa Lucens en vne Dame que ie gucris
par de femb labiés icmedes. Ohferu.^o.Cem.x»
OBSERVATION LXIII.
De Uguerifon des boutons & taches ^ue les Enfants apportent du
Ventre de la Mer^^.
MAdamela Bailliiie de Signauv au Canton de Berne eut vn enfant il y a
fepc ans qui auoit vne tache au milieu du Ne ou plutoft vn bouton rou-
seatrc delà grandeur d'vne lentille quiluyctoit venu par la force de lima-
gination durant fa grolTeffe , ayant ardemment fouhaittc en vam des cernes j
vn peu de temps après , l'enfant venant à croitre cette tache le conuercmoïc
en vn bouton mol & flafque relfemblant à vne cerifc partagée par le milieu ap-
pliquée fur le Ne : l'enfant étant venu à l'âge de trois ans,ie fus demandé à cau-
îe de la deformitc qu'apportoit ce bouton : ie le purgeay premièrement douce-
ment auec du fyrop rofat folutif compose & commença/ ainfi la Gure le
XI. Septembre 1616. le palfay vne aiguille courbe auec vn fil retors par^ la baie
du bouton , l'clcuant & attirant doucem.ent en haut, en après ie fis l'incifion
auec vn couteau feparatoirebien rrenchant en la paitie inférieure , dequoy ie
vins à bout afscs heureufement i mais comme i'auois porte le couteau vn peu
trop haut vers le front,i'oauris vne petite véïie qui venoit du front & nourrif-
foit leTubercule, 6: l'enfant s'étant mis à crier & à fe tourner de côte & d'au-
tre,lc fang fortit fi abondamment que ie ne pus pas couper ce qui reftoic de ce
bouton,pour trauailler à arrêter le fang : ayant ôté l'appareil le lendemain, ie
remarquay que ce bouton n'etoit pas entièrement emporte , ce qui me mit en
pcne,car telle forte de Tubercules &c de taches ne manquent pas de reuenir (î
la racine y demeure , comme ie t'ay remarque à Genève l'an 1587. en vne
fille de huidt ans, à laquelle ayant ôté vne excrefcence au front qui luyctoic
venue au Ventre de la Merc relFemblante à vne prune , mais y ayant laifsé
les racines cette Tumeur reuint bien tofi: après , quoy que la cicatrice fut
formée , ce qui m'obligea de venir à vne féconde Opération laquelle
reiiffit fort bien , car ayant enleuc de la peau tout ce qui ctoit roug r.tre,
ce Tubercule ne reuint plus & il s'y fit vne cicatrice blanche : Or voyant
que ie ne pourrois pas couper le relie à caufe de l'humeur de l'enfant , ie
me fcruis quelques iours durant de fuppuratifs &c d'Anodins : la playc
ayant afscs fuppurc i'y mis vn peu de mon Cauftic détrempé en peti-
ce quaiitîtc d'eau rofe & de plantin eii forme de liniment , en oignant les
M 2
52, Liure Premier
bords de la playe aucc vn petit pinceau & y fis venir vne cfviiarc fur laquelle
ie mis vn Digcftif de CiiT, Tercbenthinc^gommc Elemi^liiiyle rofat & d'amen-
des douces auec vn iaune d'œuf tk' fafFran pour la faiic tomber// mettant dere-
chef démon Cauftic iufqn'ace qu'il n'y reftat plus ni de Tubercule ni de rou-
geur,ôc vfantiufqucs à la fin de la Cure de l'Onguent fufdir, car non leulement
il meurit & appaifc la douleur,mais auffi il fait chair : le me fcriiisneantm.oins
parfois du Précipité redtific auec cfpvit de vie &: laué auec eau rofc , car il atti-
re puillàmment ce quieft fige dans la peau ik les mufclcs proches : Enfin ie fis
venir la Cicatrice par des dciiccatifi,dc forte qu'il ne refta pas la moindre tra-
ce deceTubcrcule:Il mourut de Pefte en l'année 1628-
Il faut diligemment prendre garde en coupant ces Tubercules ôc taches de
ne lailièr abfolument rien de la chair ou de la peauteinte,car autrement ils re-
uiennent : Il fautaufiTi regarder de bien prés quand on met le Cauftic , de con-
fumer peu à peu ce qui eft liipcrflu qu'on ne vienne à découurir la cartilage
du Ne defon Petiofte , ce qui arriuttoit ailemcnt fi on mettoit le Cauftic feul
fans être détrempe : Car par ce moyen on coi tige tellement fa pointe & fon
acrimonie , que ie ne faii .oint de difticultc de m'en feruir pour confumer ces .
Excrefccnces & tâches^comme ie l'ay veu en l'an 1594. à Cologne en vn enfant
d'vn ouuricr en foyc qui auoit avi milieu du Né vn Tubercule rouge comme
vne Ccrif fur lequel ie mis de mon Cauftic détrempé par lequel il fut con-
fumé <k rVlccïcfv.th bif-ï cunfollié qu'il n'en parut rien après : meferuant
premic'retrv.t.'t du L^aulti-. t/iTcmpc pour mortifier l'Excrcfcence, en après du
Digeftif pôur fr're tomber l'Efcbare > ik du Précipité redific pour la mondifi-
cacion , ci-.f>'i dcsD.iiccat.ift pouc faire venir la Cicatrice j «^royant que l'en
peut guérir p.ir cette méthode toutes les tâches &c Tubercules qui viennent
du Ventre de la mcre, excédé celles qui fout auprès des yeux. Obfermtion 46.
Cem.V.
L'opinion du Peuple n'eft pas véritable que les maux que les enfants appor-
tent du Ventre de leur naerefoyent incurables, car l'expciience fait voir le con-
traire,commc il y en a vn exemple dans les Obfcruations de Foreftus : Et l'an-
née pafsée i'vn ay veu vn fcmblable en vnei:fant nouuellement né de Nicolas
Ham.pelius Imprimeur de l'Académie, il auoit vn Tubercule cxulceré en la Tc-
fte auprès de la Suture Sagittale,commc on m'eut demandé âuis,ie baillay bon
courage au Pcre & à la Mcre ayant remarqué que le Crâne étoit entier & que
le Tubercule étoitfuperficiel : y ayant mis des maturatifs ik vn Digcftif con-
uenable, l'entretins l'Vlcere ouuert vne quinzaine de iours, lequel le confolida
de luy même après que la fuppuvation fut atheuée : de forte que cet enfant fe
porte bien iufques à prcfcnc. Obfernmon 4.7. CentV, commmi^Hée par Çrego-
rÎHs HortiHS»
O.BSER-
Des Tu meurs contre Nature. $%
OBSEPxVATlON LXIV.
Indice OH exumen de U l.epre.
LE Magîftrat me donna charge dernièrement d'examiner vn' homme cftimc
Ladre il y auoit déia trois ans par les Chirurgiens : L'ay.mt vcu ic iugeay
qu'il n'cftoit rien moins que tel, quoy qu'il fut conjfînc dans la ladrerie depuis
8. ans: i'obligeay CCS Chirurgiens à me dire les fondements & par quels fignes
ils l'auoyent iugc tel: ilsalfuroyent auec vne impudence étrange qu'il étoit la-
dre tant àcaufe de la couleur plombée & bafance de fon vilage, que parce qu'il
auoit la vcuè courte auec cnroLieure, comme au(îl à cauie de la puanteur de roii
halcne qui bailloit la chaile à tout le monde, & d'vn vilain Vlcere qu'il auoit en
la cuilîè j outre qu'vne fienne fille êtoit morte Icpreufe : par czs belles raifons
ils auoyent fait en forte que ce pauure homme étoit banni delafocietc ùqs
hommes & rclegnc parmi les ladres, fans que pourtant il y eut aucun vray cha-
radere de Lèpre : ce qu'ayant oiiy & voyant qu'ils ne fçauoyent rien dire de la
nature & elfcnce de la Lèpre, de fcs caufes , diifcrences , fignes Pathognomo-
nics : ie connus incontinent qu'ils ne faifoyent point de différences entre la
Lèpre des Grecs (^ que nous appelons vne méchante Galle J & celles des Ara-
bes dire Elepbantiafcj d'où venoit qu ilsctoyent tombés en cette lourde faute.
le leur rcprcfentay donc en peu de mots quelle difïcrence il y a entre la Lè-
pre des Grecs ou Pfora, & celles des Arabes oumorbus Elephanticus,Leontia-
fis ou Satyuiafis, & Tyriafis, leur faifant voir que ce pauure homme n'auoit au-
cune des marques eilènritUes de ce mal , car n'eftan: infcdé d'aucuiieefpecede
gale feche,opiniatre & hideufe à voir, n'y ayant aucune écaille fur fon corps ni
petite ni grande , m.ais ayant le cuir poli & fc portant bien en tout fon corpsj
ion poil tenant ferme en toutes les parties du corps & piincipilement aux four-
cils, ie conclus par là qu'il n'eftoit point entaché de la Lèpre des Grecs: le prou-
! uay aufll qu'il cftoit exempt de la Lèpre des Arabes ou de l'Elephantiafe parce
I qu'il n'y auoit aucune des marques elïentielles de ce mal : car ce mal étant con-
tagieux t^' le plus iouuent héréditaire qui par fa qualité maligne & pernitieufe
[rend le corps diffoimeen attaquant principalement la peau &c les couuertures
i du corps, il fcroit impoflîble que dans l'cfpacc de 8. ans il n'y eut paru quelque
îchofe, au lieu que l'on n'a pas peu dccouurir vn feul àcs fix fignes Syllogiftics
qui fc doiuent rencontrer.
Car premièrement on n'a point veu en la peau de la face , du front ou des
ioLies, du coude, des cuilfcs, des pies & des mains, aucun bouton ou Tubercu-
le mobile, fans douleur, de couleur rouge, brune ou liuide , qui rendent le vi-
'Qige fort hideux.
1, 1- On n'y a iamais apperccu en la bouche, au palais ou à la racine de Ij iaii-
M ;
^4 Liure Premier
guc vers le Gofiçr aucun de ces Tubercules qu'on a accoutume d'y voir lefquels
lonc quelquefois i,4unes, quelquefois tireur furie liuide.
j. On lî'yapoinc dccouuercaucun Vlcercou dans les entredeux des doigts
des pics ou en la plance d'iceux, principalement en l'endroit le plus épais & le
plusdurd'icclle oudans les bras prcs l'articulation du coude fur tout en la
pointe ou aux autres iointures : car comme telle forte dVlcercs 3c de creualîès
pailcnt la vraye peau, fontlargcs Se rarement vontplusauant , ont des Icures
callcufcs «Se fort enflées, Icfquels eftants irrites rendent aisément du fang, quoy
qu'il n'y ait point de douleur, il di-ie, il yen auoit quelqu'vn ou en auoiteu ,il
. auroit paru & onauroit tiré de là quelque ferme iugemcnt.
4. Jamais on ne luy aveu des Vlceres aux narines qui ont accoutume de leur
ïonger l'entrcdeux ôc les os ou Cartilage du Ncsf qui leur tombe après mifera-
blement, J le Palais & la Luettes
5. Onneljy aiâmaisveu aucune Tumeur , ni le bord des oreilles t ni les
Paupières, ni les leures m les pics & mains bouffis 6c enfles.
Enfin il ne luy eft point venu cette pellicule aux yeux près le grand anglc^ la-
quelle croît peu à peu 9ux Lépreux; que /î elle fe rencontroit auec les autres
lignes, elle feruii oit de forte conicdlurc.
Veu donc que ces fîgncs Pathognomonics ne s'y font point trouués , qui le
pourra faire paiïlr pour Ladre ? quant aux figues que ces Chirurgiens ont mis
en auant & des autres que l'on pourroit âiouter , comme la perte de cheueux
de la Tefte auec des écailles & du fon qui en tombe , les creuaflcs aux pics,
mains tSc ongles , chute du poil , la couleur liuide du fang quand on leur en
tire, auec cpaitreur & des giaius comme de fable mêles parmi, vn corps ca-
chedtique, le front reluifant comme corne , vn chatciiillemcnt & comme vn
formillement par le vifage , palais Ôc la langue & vn cngourdilTement de tout
le corps : tous ces fignes,di- je,ne concluent rien veu qu'ils accompagnent des
autres maladies , & qu'ils ne fe trouuent pas en cet homme icy.que s'il y en a
quelques vus, ils ne font pas îï confiderables qu'ils puillcnt cmpclcher cet home
de trauailler pour l'entretien de fa famillc:quant a ce qu'il luy cft mort vne fille
dcLepre,comme eftiment les Chirurgiens,ils fe font aufll trompes en la mala-
die : car ayant bien examine la chofe, i'ay reconu que ce n'clloit point Lè-
pre , mais vne verolleinueteréc. Se ce qui eftàrem.arquer, quoy que cet hom-
me ait été huit ans entiers parmi des Ladres , il n'a pas laifsé d'auoir ^.ks en-
fants très- bien portants : que s'il eut efté entache de ce mal, fans doute il au
loit infedtc fa femme ôc auroit engendré des enfants atteints de Lcpre.Z.^//r^ 14.
de Claude Diodati Médecin del'Euef^ue de Bafle.
OBSER
Des Tumeurs contre Nature. 95
OBSERVATION LXV.
D'vrt AneHrlfme au col.
NOus auons veu icy vn exemple remarquable A\n AneunTme en vn Ci-
toyen de cette ville (^ Gotlisy' lequel croit venu au col à l'endroit ou les
Clauiculcs feioignent au fternum : la Tumeur c'toit de la groHèur d'vn œuf
d'oye auec vne pulfation prompte: les vénes & les artères étoyent fort tendues
& remplies. Obferu. 4^. Cent. 3.
OBSERVATION LXVL
jyvn t/^neHYîfme»
L'Aniéoé. Ayant otc à vn enfant la Pierre de la Veflîe & y ayant demeu-
re prés d'vn mois, ie vis quelquefois à rHofpital auec Mr. Paul Lentulus
Kledeci,ordinaire de la ville de Berne vn certain étranger lequel anoit vn Aneu-
lifme qui tenoit toute h partie gauche de la Poitrine iufqu'au fternum &: au
col : le batement de cette Tumeur croit fi grand èc véhément qu'il en foulcuoic
les habits &C fe remarquoir en dehors': il ne fentoit point de douleur, mais il y
auoit vne très grande difficulté de refpirer : il y demeura quelque temps & prit
mêmes quelques remèdes tant en dedans que dehors qui luy furent ordonnés
par ledit Lentulus, mais fans effet, enfin il s'en alla chésfoy, fans que nous en
ayons eunil'vn ni l'autre aucune nouucllc.
Ceuxquineconnoifoyent pas le mâl,y voulurent faire incîfion,mais Monfr.
Lentulus les empêcha bien à propos , car on peut voir dans Parc liu.7. chap.
34. combien cft dangereufe cette ouuerturc par vn exemple qu'il amené.
Ohfern. 43. Cent. 3.
OBSERVATION LXVIL
Guertfon miraculeufe d'vn AneHrifme.
VN Maiftre d'échole à Veulcrans, nom.mc Nicolas Gclfci dans le Bailliage
de Mojges fur le Lac Léman s'eftant fait ouurir la veine l'an 16c 4. à cau-
fc d'vne gale venue d'humciurmelancholique, le Chirurgien piqua t:i même
tems l'Altère qui vafous la BafiIique,ou fi. fie pcuà peu vn Aueurilme fur lequel
0« mit vn mois durante d'auanta^c pluficurs remèdes, mais en vain ; 11 ne
me vint trouuer à Paycrne au mois de May: le vis dans leli:'.i oa ou auoic
fait la icdion vne Tumeur delà gtoilcur d'vn œufdoye, de couleur paie 5c
9^ Liurc premier
quelque peu dure laquelle on remarquoit battre non feulement à U main, mais
aulîi à l'œil : le battement ctoit fi grand qu'il faifoit foulcuer les plumaccaux
ôc bandages quictoyent dclfus : il luy eftoit au(fi impoflîble d'étendre le bras,
h douleur pourtant n'cftoit pas beaucoup grande finon quand il ellàyoit del'c-
tendrc : voyant vn mal de trcs-diificile guerifon , ie fis diificultc d'y mettre la
main, ncantmoins à caufe de Ton inllantc prière l'en entrepris la Cure , luy or-
donnant premièrement vn bon régime & appliquant fur cette Tumeur dure
mon Emplâtre de Cicue, puis ayant receu vn laucmenr, ic luy fis prendre vn lu-
lep pour préparer l'humeur melancholique trois matins de fiiite , au bout des-
quels ie le purgeay ainfi 2^. &c. ce médicament ayant vuidc auec impetuofitc
les mauuaifes humeurs haut ôc bas, attira fi puillamment le fimg & les eiprics
qui cftoyent enfermés en rAneurifme,que le iour fuiuant on n'y remarquoit au-
cune Pulfation nia l'œil ni à la main , auec grande diminution de la Tu-
meur : ce qui m'obligea à meferuir de cet Emplâtre ^. EmpL Diacalcit, ^ ij.
pnltt. ma(lich, ro/àr. rnb .myrtill.raâ.fy7nph. mai. an. 5 j. cumf. q. olei rof.f. EmpL
après ie fis vnCoufliner, ouplutoftvn noiiet auec du linge fouuent redoublé
que ie mis fur la Tumeur ^ attachay fermement auec des bandes , afin de re-
poulïèr la Tumeur & d'empêcher le lang vital de fortir de l'Arterc & de fe venir
ietter dans la membrane externe qui eftoit dilatée ,& par ce moyen cet hom-
me fut remis.
l'adiouteray ici quelque chofe des caiifes de l'Aneurifme, Galien au liu. G. de
it% Adminiftr. Anatom. dit que l'Artère a deux Tuniques, defquelles l'extérieu-
re eft mince ^ moletilfue défibres droites & obliques : l'intérieure efi: cinq fois
plus épaiile& dure: il y a donc apparence qu'eu i'Aneurilme la Tunique inté-
rieure fe rompt &: que l'extérieure fe dilue: or en cet homme ci quoy que les
deux Tuniques eulfent été percées par la Lancette, (\ a-t'-ii apparence que l'cx-
/Cerieure qui eft déliée &• voifine de la chaire des veines s'clt incontinent con-
folidée , mais que l'intérieure à caufe de fon continuel mouucment qui eft ve-
hemenr,&: à caufe de fa dureté, ne.pouuant pas fe fermer, que le fang fc foarroit
par là en la Tunique extérieure & y faifoit extenfion> car n'cft pas croy3bIe
^comme dit FerncUce que quelques vus ont forgé,qu'en ce mal ci il y ait quel-
que véne ou Artère rompue, vcu que le lang qui lort de l'vne ou de l'autre n'y
étant plus contenu, vient incontinent à le pourrir & fait vne toute autre forte
de Tumeur : l'ay veu vn Citoyen de Geneue qtii eut vn Aneuri(mc après vue
ouuerture d'Arterc au bras, qui fut fuiui d'hiflammation, Gangrenée Iphacele
& en fin de la mort parce que l'extérieure membrane de l'Arterc étoit demeurée
ouuerte, à caufe dequoy le fang forioit inceflamment qui le pourrit & caufa j
CCS accidents. O^/ 44. (7f«r, 3. I
OBSER-
Des Tumeurs contre Nature. 97
OBSERVATION LXVIII.
Traité de rAneurifme du Doreur Michd Doringîus Médecin à Trejiau.
L'Aueurifme, âpclc par les Barbares Emborirme & merc de Tang, cft tnis par
Galien au liu. des Tumeurs contre nature ch.i. au rang des Tumeurs,quojr
|ue mal à propos fi ou veut parler proprement: car quoy que l'on ne puilFc pas
lier qu'il n'y ait Tumeur, nsantmoins cette Tumeur cft; plutoft: vn ertct de l'A-
leurifme que rAneurifme même, vcu que ce n cft rien qu'vne maladie de cou-
luit dilate, ou pour mieux le définir, vne dilatation d'artcre: pour le faire voir, il
n faut parler vn peu plus au long.
Galien dit qu'il fe fait par vne effafion du fang artériel hors de l'arterc fous
a peau , &: la plufpart des Médecins Grecs & Arabes ont fuiui cette opinion:
[ n'y a que Fernel au Hure àçs AfFeétions extérieures du corps ch. 5. qui ait vou-
j combattre cette opinion, lequel eftime qu'il fe fait fimplemcnt par vne di-
:ention & relaxation des Tuniques àts artères : Platcrus en fa Pratique liu. 5.
hap. 3. cft d Vne opinion entredeux , croyant qu'il ne fe fait pas toufiours d'r-
c fimple dilatation d'arterc , mais le plus fouuent ( principalement es par-
ies externes ) par vne ouuerture de l'arterc , car,dit-il , le fang fubtil ôc fpi-
ituel fortant de l'artère, cleue la psau en Tumeur &c y fait vn Sinus dans le
uel les artères fe déchargent tout de mcmc qu'elles font au Cerneau dans les
inus de la Dure merc, poiillànc contre nature le fang auec l'cfp.it en la Dia-
oie, & l'attirant dcrechif à elles en USyftûle, d'où vient la puifation en l'A-
:unfme: mais il faut croire, que rAiieuiifme ne le fait ni par rupture ni par
jrrofionen quelque endroit deraitcrc, ni par Diapedefc , c'cft à dire fa tuni-
uc étant raréfiée: ni par ouuerture de l'orifice f car le fang fort en ces trois
|çons des Vaillèaux ou il cft contenu ) & qu'il ne vient pas d'vne ctfufion de
}ng artériel fous la peau , premièrement, parce que la couleur naturelle d'i-
j:llc n'en eu aucunement changée mais demeure par tout égale, ce qui ne
fait pas au phlegmon, er>.fypelc, fronde, pourpre, -vérole , ecchymofe, fug-
ïllatioiis 6c lemblabîcs qui témoignent manifeftcmcnt qu'ils n'ont point
autre caufeqjc du fang cxtrauasc: Syluaticus ne rcfo ut pas cette diiïîcuhc.
oyant que cela arriue parce que le fang n'eft pas cncor change quoy qu'il foie
Drsdcfon rcferuoir& qu'il s'y confcriil fans aucune corruption, mais fort
: entend toute cauicé ou manifefteou qui ne peut erre conccue que paiimagi-
tion, & que par le mot de iuppuration il entend route forte de CGiruptioufûit
9i
Lîure Prcmici
riue pas dans l'Aneurifmejil faut conclurre qu'il n'cft pas hors de Tes vaîfifcauxî
Syluaticus repond à cette raifonpar vne ûniilitudc tirée de l'eau d'vn lac , la-
melle quo) qu'elle foie coyc &c ne coule pas,ncantmoins ne fe corromt poinr,cc
que certains Philofophes croyent arriuer parce que fi bien il s'en coûfume afli-
duelleiîicnt ou parce que la terre en boit vne partiejOu que le Soleil en diffipc
continuellement,!! en vient de la nouuellc ou de quelque Riuicrc , ou dçs Fon-
taines OU de la mer , laquelle baille vn certain mouucment caché à l'eau qui
«mpéche fa corruption , Ôc comme cette caufe n'a pas lieu aux marcrs , il
ne faut pas s'étonner ii leur eau croupilfant & Vêtant point ventilée , vient |
à pourrir le plus fouuenf.il croit par vne fcmblablc raifon quekfang ncfe cor-i
rompt pas en l'Aneurifmeiparcç que le fang a Ton allée & venue libre è caufc dm
battement de l'artcre & de rimpctuofité du fang artériel chaud & fubtil,à quoy
contribue la rompri flion que fait celui qui a cette incommodité lequel a opi-
nion que la Tumeur retourne au dedans par cenioyen,qui eft cau(c que le (àng
extrauasé fe mêle auec celui quin'étoit pas fortirce qui a baillé occafion de met- i
tre dirtus des fortes comprcllès pour retenir le fang en fon lieu : ces raifons oni
quelque âparence,principalcmcnt fion yâioutece que dit Galien \.de fimpLineÀci
JAC, cap. 11. Qje lors que les ai teres fe dilatent, elles ont vne faculté attraâricin
Il forte qu'( lies attirent à elles non feulement l'air & les vents, mais auiîi tout c< 'f
qui eft fubtil & pc ut être attiré,dc forte que leurs extrémités qui aboutiiïènt i
la pcau,fi celleci cft frotcede fubrilc poudre de poii]re,elles l'atiietauec l'air qu'
enuiconne le corps: quant à la furaiirudc auancée par Syluaticus,on en peut dir<
ce qu'on dit en gênerai que toute iîmilirude cloche, car l'eau de Lac ne fe cor
rompt point pour cette feule raifon qu'elle paflè & repalïè par diuers conduit
de ta terre, &: qu'ainfi ce ii'eh pas toufiours vne même eau,y en venant touiîour
de lanonudle, mais auflTi parce qu'elle cft là dans fon lieu propre & nature)
à quoy on peutâicuter lanatuc de l'eau des Lacs qui durent long temps en de
-vaiflcaux far.sfe coi rompre: mais pour prtllèr la fimilitudc , ie la trouue fi ms
propre que ie m'étonne que Syluaricus homme de graod iugcment , l'ait os
mettre en auant , car quoy que Ams l'Aneurifme le fang aille & vienne libn
ment,neantmoins et la le fait par vn même canal & non par des différents coït
meenvn Lactl'caud'vn Lac r,t bou^apointdefon propre licit,& le fang en 1'/!:
ncHiifme fort de fon propre lieu pour aller en vn autre; enfin l'eau d'vn Lac pj'
vne prcpiittc narurclle dure long tiipps fins fc corrompre , au contraii
le rai'gfecorrompr tres-facilemuit : s'il m'oppofc le paltàge de Galien de 1
force de la vertu atcradiice des artères & dit que c'cft qusfi par vne même ra
fon que l'artcre par fa Syftolechailc le fang 2<: qu'elle le retire 4 foypar laDi:
ftolc, comme vne Syringue en tirant àfoy le baron attire de la liqueur pour pet
que foie le trou & la chalïc derechef en lapoullànt.-ccLcainement îx l'Aneurifme :
faifoic toufiours par Aiiafiomofe des artères, cette obiedtion pourroit fauoiif
fon opinion^mais comme il (^ fait i;arcn>cnt en cette façon, ou peut ctrc iamai
COD
Des Tumeurs contre Nature. $9
comme liiy même le confcire,il eft aise de la rcfucer,car fi le fang fort de Tarte-
rc dans rAneurifme par Anaftomofc & y retourne , il arriuera de deux chofes l'v-
ne,outre que la Tumeur fera toafiours de même grandeur fans augmenter ni di-
minuer;ou que dans la Diaftole le fang ayant été attiré en dedans elle fe dilTipe-
ra cntierement,& que par laSyftole elle paroiftra derechef, defquellesl'vne ÔC
l'autre eft non feulement faulTc,mais la dernière eft auflî entièrement impolTiblc
à caufc du peu de tems qu'il y a entre la Syftole & Diaftole qui n'eft quali qu'vn
inftantjcomme aufli k caufe que l'orifice de l'arterc eft très petit Se comme ca-
pillaire:& fi bien on peut accorder qu'il fefait quelque flux & reflux du fang qui
eft proche de l'orifice de rartere,quedeuiendra celui qui s'en va aux côrcs de rA-
neurifme? par quel moyen feia il garde de corruption veu principalement que
le fang qui eft contenu aux vênes ik artères capillaires eft ordinairement plus
cpais & plus froid que celui qui eft dans les Vailfeaux proches du cœur;& faut-
tl s'étonner fi le fang vient à fe corrompre hors des arteres.vcu que cela luy peut
arriuer dans les artères mêmes ou par loa propre vice ou par celui que luy com-
munique le fang qui entre des vcnes aux artères par Anaftomofes comme cela
arriue aux fiévresi'ie voudrois que Syluaticusme fçcut dire pourquoy il ne fe fait
point d'Aneurifme aux Inflammations tant internes qu'externes, ou pourquoy
le fang ne s'y corrompt veu qu'il peut aller & venir:ceux ^uifont d'vne contraire
opinion en rendent cette raifon,que cela fe fait ou à caufe de la pctitefle des ar-
tères, ou parce qu'elles font ferrées & prcfsées par les parties trauaillces d'in-
flammatioujou parce qu'elles mêmes font inflammées, ou parce que le fang eft
versé dans la cauité de la partie, & cette dernière raifon éclaiicit aufll l'autre
doute,car le fang fe corrompt aux inflimations, parce qu'il eft en vn lieu étran-
gcrton peut aufli contenter Syluaticusen la demande qu'il fait, pourquoy c'eft
qu'à ceux qui font mis à la Torture aufquels les auceres dQS mains font violem-
ment dilatccs,ilne leur vient point d'Aneurilinc?car cette dilatation fe faitfeu-
icmcnten vue dimendon alîàuoiren longueur, mais en l'A icurifme l'Aitere Ce
dilate eu toutes fesDimsnfionSjquoyquc par fois fclon la difpofîtion de 1 Artère
ôc des parties voiûnes.ou félon la dîucrfité du f\ng 3c des cfprits Se de leur mou-
uementjil le face des Aneuiiîmcs plus larges ou plus ronds les vus que les aiitres:
le demande par contre à Syluaticus fur la dittlrente forme des Aneurilmes,
pourquoy c'eft qu'il a de ceitaines bornes, Ci le fang vient à fortir hors des Ar-
tères, &: pourquoy c'eft qu'il ne s'étend pas au long 3c au large, mais que le
plus fouuent il garde la forme de l'artcre cet à dire longue : car il (emblc qa'il
deuroic s'cpandrcça & la veu qu'il eft plusfubtil que le fing des \î:nes , com-
me il arriue dans i'Ecchymofe après vue contufion ou faignce , il répandra
peut être auec Platerus qu'il s'y fuie vn (înus, mais ie dem.inde derechef
comment c'eft que ce Sinus pourra fi bien rctenirlc fang en foii enclos qu'il
n'en puillc point fortir ni aller de<^à ô: delà ; &: ainfi la première dirfî-ulté
fubfifte encor : le ne fçaurois non plus cttrc de l'âois de Platerus que
N 1
loo Liure Premier
la peau tient lieu d'Artère 3c que le fang va dans le Sinus de l'Aneurirmc tout de
inciiîe que les Artères le verfcnt dans le Sinus de la Dure mère , car fi la peau
peut feruir d'Artère, comme pourra-elle arrcftcr le fang qui a eu la force d'ou-
uiir les Arteres,qu ilnepalle pas par les pores d'icelles les plus ouucrtsîou quel-
le faculté puKifiquc remuera l'Ancuiifmc en telle forte que fon mouuement fui-
ve précisément celui du cœur, s'il dî vray que la vertu puliîfique vient du cœur
par les Tuniques des Artcres,comme c*c ft le fcntiment des principaux Médecins?
y a- t'-il âparcnce que le fang qui vient de forrii toutfraichemenc de l'orifice de
l'Altère ait vnefi grande vertu que de pouuoir donner mouuement en vn iïi-
ftant à celui quiclt contenu dans le Sinus ? il peut bien être qu'il donnera ce
mouuement à celui qui cfi proche, mais comme le pourra- t'-il donner fi régu-
lier à tout le fang qui eft dans ce finus? il faudra que le premier qui a efté ému,
remue celui qui luy eft proche , & celui-ci celui qui le touche & ainfi par con-
tinuation iufqu'au dernier , ou iufqu*a-ce que la vertu motrice foit difllpce,
comme on le voit en l'eau qui a eftc agitée par quelque chofe qui y eft' tombée.
Il faut donc que TArtere foie demeurée cntitre fi on veut que l'Aneurifme
refpoude au mouuement du cœur, & il eft impofîible que la peau puilfe feruir
d'Ai tere au fang: ayant donc abatu cette opinion, l'autre ira aulTi par terrc,que
le fang puiffc demeurer fans corruption ayant changé déplace: quant aux Ar-
tères du Ccrueau, elles fe déchaigent de leur fang en vue autre manière, car el-
les vont aboutir naturellement dans les finus de la Dure mère , mais elles font
ouuert«s contre nature en l'Aneurifme, d'auantage elles l'y verfent peu à peu
& en vn lieu deftinc par la nature, celles- cy le poulfent fubitement &c aucc im-
petuofité en vn lieu ou il ne peut aller félon nature: qui cft-ce donc qui trouuc—
ra étrange fi IVn fe corrompt & l'autre non.
r Maïs voici vne autre railon par laquelle ie f^is voir que l'Ancurifrae ne fc
peur faire ni par Anaftomofe, ni par Diapedcfe , ni par Diairaife ôc Anabrofe,
fi c'cft vn propre figne & infcparable de l'Aneurifme que non feulement il re-
tourne en dedans étant comprin^é , comrhe fait fœdeme , mais qu'il Ce diflîpe
entièrement, il faut de neceliité que l'Artère foit entière ^ qu'il n'y ait point
^'ouiierture, car fi la chofe ne va ainfi> par quel moyen le fang peut-il fortir par
vn petit trou & r'entrer par le même ? qu'on m'ofte aufli ce fcrupule , pour-
quoy c'ift que le même n'arriucpasaux inflammations, contufions & fembla-
blesafKdlionsvcu que les humeurs font hors de leurs vaificaux ? car la même.,
caufey étant , il faut aufiî que l'effet fuiue : mais chacun fçaic quelle difficul- \
ré il y a d'tmpcchcr la fluxion , à preuenir vue inflammation , à empêcher la Vii
fupparation, à la hâter. Ci on ne peut l'éuicer , à faire fortir le pus hors de l'A- j||
P9(tcme,à confumcr hiang liuidequi eft dans vue Ecchymofe:ccrtainement ce
retour du faiig de l'Aneiirifa^e dans l'artcre prelle d'auantageSyluaticus que ceux
qui veulent qj|>'il le fait par vue fîmple dilatation d'Artcre,carfi le fang eft encor
Tftenu pav la membrane de l'At terc,pourra t'-on trouucr étrange fi en prcfTaut
l'Ançurifnae
DcsTumeurs contre nature. ici
TAncurirmelc fang regorge dans l'Artcre par fa double embouchure ? Reprc-
ftiitcs vous vn Tac on vn oliaiic qui aie vn canal à chaque bouc par le
moyen duquel il y encre quelque humeur , Ci celui ccant rempli vous vencs à le
prellèr, vous verres manifeftement que l'humeur fonira par les deux tuyaux,
alFauoir par ou elle trouue de l'ouacrture : i'accordcray neancmoins qu'aux
grands Aneurirmcs il ne s'y remarque jjointde puliacion& quoy qu'on le c©m-
prime,que Iciang neantmoinsne rentre pas dans l'Arterc , cclan'arriue pour-
tant pa$ ou qu'il y ait vue plus grande quantité de fang qu'elle ne puilfe rentrer
ou être contenue dans les Artères > ou qu'il s'y foit grommelé , comme a cru
Parc,mais par vne autre railon , car la vertu ramafsce étant plus forte que celle
qui cft éparfejil fc peut faire que l'on ne remarque pas le Pouls en l'Arcere par-
ce quelle cft trop dilatée : en après , comme il cft Certain que les petits oiifices
des vailîeaux peuuent être bouchés s'ils'y iettc vne trop grande abondance d'hu-
midité,trouuera-t'on étrange fi le fang fe prefentant vers vne entrée trop peti-
te lors qu'on vient à faire compreflion,qu il n'y puiiïè pas rentrer?
11 faut pourtant oiiyr les railbns de Syluaticus & Cuz quels fondements il
veut appuyer le reflusdu fang dans les Artères : il commence par cette ouuer-
tore d'Artère qui fe fait par Diairefe ou Anabrofe, «Se croit pouuoir démontrer
par la ftrudure &:compofition naturelle de l'Artère que le fang y peut être fa-
cilement renuoyé à caufc que Galien au liu.y. Adminiftr. Anat.ch. 5. dit que les
vénes n'ont qu'vne Tunique propre,&: les Artères en ont 2. defquelîes l'exrerne
cft fcmblable à celle de la véne,& l'intérieure cft cinq fois plus épaiftc & dure
qui luy ferr comme d'vne peau en dedans lemblable à vne toile d'aragnée la-
quelle eft fi manifefte dans les grandes Artères , que quclquVns ont cru que
c'étoit vne troifiéme tunique : il ne faut pourtant pas croire qu il y en ait vne
quatrième qui leur foit piopre,mais comme il y a quelques vénes,' aufli y à t'il
I des Artères qui font entourées dVne membrane déliée qui les couurc, les affer-
1 mit &: les attache auec les parties voifines , ce qui fe voit principalement an
I delïèus du Diaphragme par le péritoine qui fournit cette mcmbianc & au de(-
\ /us dgns le thorax par la pleure ; Il croit donc que Tépaillcur w^ la dureté des
tuniques eft caule que quoy les Artères foyent blefsccs » que toutefois les leures
de la playe ne s'abailïcnt pas, mais qu'elles s'ouurent Ci fort qu'elles peuuent de-
rechef receuoir le fang qui a été comprimé par les doigts Se rcpoufsé vers iccl-
les,& que pour cette caufe, comme dit Galien en fon liure de Vfu Pulfuum c-6.
les tuniques des Artères demeurent éloignées l'vn de l'^aurre même en vn corps
mort. Syluaticus croit que ^ette réception fe fait plus facilement Ci l'Artcic cft
ouuertepar Anaftomofe à caufc queGalien ».de fi m pi. m cd^facul t. c u. dit que
l'orifice de l'Aitere eft fort adhèrent à la pcau.QM^ant à rAneurifmc fait par Dia-
pedefe,il eftime queplufieurs ont ignoré lufqi'esaprefenr que le fang y puillè
rentrer par corapreffïon, mais que s'ils tufiènt coifidc.clachofe de plus|rés,
ils. auroyeut peu comprendre , que l'Artcre peut erre par fois tellenacnc
Ni
lor Lîure Premier
ravcfiécquc coraittele lâng qui a été iubtilisc à peu pafîèr au traucrs Se Ce ren-
dre fous la peau, par même raifoii ( iinon qu'il ie change J par comprcflîon il
peut retourner dedans, & que l'Autere fe raréfie quelquefois par des caufesqui
ccUaufenc, quelquefois par vnccaufe externe qui fait contuhon & extenfion,
&c il en même tems le fang fc trouue être fubcil , que la trantrudarion en eft
beaucoup plus facile : Voila l'opinion de Sylu»ticus touchant lonucrturc des
Altères laquelle ie vay maintenant examiner.
Quant à la ftrudure naturelle des Artères Se rêpaiflèur Se dureté de leur
tunique intérieure , quoy que i'auouc, parce qu elles fe confolident malaisc-
fnent,que leurs lèvres demeurent ouuerres pour bailler lifue au fang fubtil Se
fpirituel , fi eft-ce que ie ne puis comprendre qu'elles fe trouucnt autant ou-
ucrtes pour le receuoir après lacompreffion , car elles ne font pas fi dures
qu'étant prefsces elles ne prêtent pas plus que du bois , car on voit le contrai-
re en vne inflammation » en vn Abfccs Se vn fchirre , lefquels compriment les
Artères & les refièrrcnr,commc dit Gal.i. decauf Pulf i. Qac fi l'Arrere prête
quand elle eft comprimée , qu'eft ce qui pourra empêcher q jc l'oaucrture par
laquelle le fang deuoit rentrer , ne le bouche en la partie oppofitc ? En aprci
comme la tunique extérieure ell d'égale groiïèur à celle des vcncs, elle fc pour-
ra confolider auffi facilement que celle- ci après la playe faite Se empêchera de
fortif le fang artériel , tout de mêmes que les vêncs retiennent le fang aux vari-
eescàquoy feruiia aulfi cette tunique commune de laquelle i'ay parle ci defliis,
le tiens donc qu'en tout Aneurifme , qui vient après vne ouuciture d'Artère,
qucl'vne &: l'autre tunique eft cnticrc,ou que la feule intérieure cft ouucrte:quc
fi l'Artère eft ouuerte par Anaftomofe , quoy que Syluaticus cftime que le fang
y retourne plus facilement, Ci efl: ce qu'il aura de la pêne à me le pcrfuader, car
quoy que l'orifice de l'Artère foit fort adhèrent à la peauw5f qu'elle ait vne for-
ce attradrice,fi eft ce que l'Aneurifme ne viendra iamais par cette caufe, car ie
Itsy mets derechef au deuant des obic<5tions que i'ay fait contre l'Anaftomofe,
A quoy i'aioute k lieu ou ont accoutumé dcfe faire les Aneunfmes,alIatioir ou
font les pins grands vaiiîèajx Se qui contiennent le plus : Se n'cft-il pas vray que
les Ancurifmes arrinent le plus fouucnr par la violence de quelque caute Pro-
catarâ:iqucf comme parvn accouchement difïîcile,en criantjchantantifonnant
de la trompette>&:c Jqui dilate les Artères, car ces caufes échauffent tellement
le fang & les elpdts qu'ils fe vont rendre comme furieux là où l'Artère eft plus
large,par ou eflayantsdc faire vne fortic,ils fe font large dans icelle en l'eften-
dant Se la prcffant en dehors , tout de même que fait du vent enferme en vne
Vc{lie,& Platerus ne le defauouc pas quand au même lieu il attribue ce mou*
uement paipitatif du cœur qui dure Se accompagne l'homme iufqucsàla
mort, à vn Aneurifme interne engendré par la feule diftenfioii de l'Arterc , Sc
trouue étrange qu'il ofe nier que le même puilïc arriuer das les parties externes.'
Que Syluaticus me dk cucor pourquoy l'Aneurifme n.c vient pas après le
Priapifme
Des Tuhfieurs contre nature. 103
Prîapifmc qui fe fait quelquefois à canfe de Forificc des Artères trop omiertes,
comme dit Galien liaic 6. de iocis pff D'auantagc, fi le (ang cft forti à vn hom-
me de l'hypochondre droit auec la même impetuohrc que Ci on auoit ouuert
vnevcne à la quantité d'vne liure fans qu'on peut remarquer le lieu par ou le
faiîg croit forti quand qu'il ctoit arrête ; Si le mcmeeft arriué à vn Gentilhom-
me de Padouc qui auoit été fuied à vn fluxhaemo;rhoidal d'vn fang groflîer
auquel il eft forti par le fcrotum fans qu'il refta aucune trace du paflage: &s'il
cft ibrtî par tous les conduits du corps à vneNounaîn après vnc grande ter-
reur, Pourquoy cft-ce que le même n'ariiuera pas en rAneurifme les orifices
des Artères étants ouuetis, veu que le fahg cil chaud & fubiil?
Mais a t*il de la raifon de dire que l'Aneurifine fe puilîe faire par dfapedefe,
carie ne comprcns point abfolumcnt comme il ne fe fera pas vne ecchymofc
quand il y aura ou contu/idn ou diftenfioncn l'Artcre , Se faudroit que ceux
aufquels la torture a étendu les Artères des bras auec violence fulfent faifis d'vn
Aneutifme.-l'ay auflî de la pêne à compicndre pourquoy c'cft que ce fang fub-
til peut bien palier à trauers les Artcrts qui font natuicllcmcnt cpaiiïes ôc fer-
lées de tous côtésjcomme dit Gai. 6. de vfu Part.c.8- Et ne le pourra pas au tra-
uers delà peau qui tft toute tioijce.-y a t'il apparence que auelque caufe aura la
vertu d'ouurii' les pores , principalement vne externe , ô/agira fur les Artères
épargnant la peau ? Tnaoué bien qu'il fe fait vnc fracture au Crâne & aux Os
fans qu'il y ait aucun mal en la peau , mais ils font durs Se peuuent refifter ati
coup ce que ne peuuent pas faire les Artères : quant à Ion opinion de la facilite
du retour du fang dans icelles en comprimant , elle fe trouue nulle en aba-
tantfon fondement , aaffi a il âiouté à propos que le fang ne doit point être
changéjCar s'il s'etoit épaiflî il ne pourroit pas pénétrer , mai$ i'ay fait voir ci
dcifus qu'il fe change fàwilcmcnt; Le fubt^rfugc que ctrchc Plateruscn laSc-
6kion cft fort leger,car combien que k fang forte à l'inftant quoy que Ion n'ait
ouuert que la ptau,neantmoins cela le fait ou parce que la tunique de l'Artère
qui eft attenuce,adhcre très étroitement à la peau, ou parce qu'elle eft offencée
en même tems,ou parce que la peau étant biefsée , elle vient à fe rompre par la
quantité & impetuofité du fang : mais ie veux encor demander à l'vn Se à l'au-
tre pourquoy c'cft que l'Ancutifme ne croit pas à l'infini s'il vient parce que le
fang fe verfc fous la peau ? Car on peut douter fi l'Aitcre attire autant par Dia-
ftole qu'elle a poussé dehors par la Syftole ou contraâriort.
Pour mettre fin à cette dîfputc, ie n'approuue pas la définition que donne
Syluaticus deTAneurilme que c'cft vne Tumeur faîte par vne fluxion d'vn faiTg
tout chaud fubtil& vaporeux de TArterefons la peau , car outre qu'il mctvn
Génère qui ne luy coHuicnt pas , aiufi que i'ay montié ci dcfius , il manque à
démontrer comme il fc fait, tant s'en fautdonc qu'ilote les dilficultez qui pcu-
unit naitrc f'ce que doit faire vne bonne définition^ qu'il en engendre des nou^
J04 )|Liure premier
ijclles:iaioiitcpourconclufioii cçs deux Corollaires, r. que Mercâtus fe trom-
pe quand il die qu'en tout Aneurifmcil y a exccnfion d'Artère , mais que toute
exccnfion n'eft pas accompagnée d'Aneurifmc finon qu'il y aie rupcure,car nous
auoiis montre ci dellus que l'Aneurifme fe fait,non par vue rupture d'Artère,
mais par vne extenfion d'iceile en toutes Tes dimenfions : c'eft donc vne défini-
tion particulière par la caufe ôc l'effet quand il dit que rAneurifme eft vne ou-
uerturedela tunique interne de l'Arteré & vne extenfion de l'externe auec pul-
Tacion & tumeur ; l'autre Corollaire eft que Stcghius ne diftingue pas bien
i'Aneurifme en vénal & arteriel,car i'extenûon des vcnes fait vne Varice ôc celle
des Artères l'Aneurifme. 0^7?r».44.Ce//r.3.
OBSERVATION LXIX.
V'-one Enterocele.
VN Gentilhomme demeurant à Cuilly fur le Lac Lemaniiommc Daniel
de Cliallon, ayant écc trauaillc quelques annccs<l'vne cnreroccle au côté
droit, enfin le îo. Odobre 1606. i'Inteftin décendit au fcrotum après vn vio-
lent exercice: ilfucuint incontinent vne grande douleur par tout le Ventre , &
la même nuit vn fréquent vomiiïèmcnt, inquiétude auec fuppreffion d'vrine&
des excréments ; ayant négligé les remèdes & les accidents venants à augmen-
rer,& la douleur plus violente , il fat obligé de demander Mr. Claude Mirion
Apothiquairc à Laufannc > qui voyant ce malade bien prcfsé voulut que ic filïè
appelé,maispour ne pas demeurer cependant fans rien faire > il fit dei fomenta-
tions & donna des Lauements EmollitifsjAnodyns 6c qui auoit la vertu de dilli-
perles vents étant ariiué au quatrième iour de fa maladie , le voyant en d/e
grandes douleurs &: inquietu.^.c , trauailié d'vn continuel vomilïèmcnr auec ré-
tention àcs excréments & de l'vrinejc peu qu'il en rendoit tirant (ur le rouge*
laquelle rétention dura iufqucs au 2.^. iour , auquel fur le foir celle qu'il rendit
auoit de la matière mclcc iemblable à du fon , & des lors clic fortic ians aucu- ■'
ne dilHcultéj&f ce qui cù admirablcjiufqu'à Ihcure de la mort elle croit com- ji'
me d'vue personne qui ic porte bicn:Le fcrotum étoit fortei>flé & dur auec rc- \ ■
niteuce,partanti'ordonnay ce Lauemcnt. ^. Rad. dr fol walndy ahh.fol.vioUr. ;
bciét,parietar.aft,xr\.']jlor.CArnoTn.melilot.fambuc.an. m. û./cM./inî fœ.mor. ar;. ^. B.
jénif.f(xnic.iV7.^\.co^iieadtertias.Incolat.'^xv.diJJ'.ELDiacathol,lS.vitel.'.oHo>'.ri.lj.
ol^.mom. aneih. hutyr.recan.liB.m. On applii:afur le fcrotum vn fachet chaud
fait auec les mêmes ingrédients du Lauement cuits en eau , on oiunit auili le
KîOZiïtn & le Ventre auec huyle d'Aneth 5i, Camomille, ayant rendu le Laue-
mcnt,
Des Tumeurs contre Nature. jo^
ment, il en rcceutvn fécond , continuant le fachctv.%: l'iniinAion , lequel rtar.t
rendujie le mis dans vn lit la Tcfte baifè ^ ks pics élcués elFayantiTiais en vain,
deieduire i'intcltin en Ton lieu , parquoy pour euicer tout reproche , ie fus
dau'is qu'on appckfi: AbclRolcius Médecin à Laufannc^ lequel cCùnt venu,
voulut que ie fille encor vn elFay de réduire rinceftin , que fi ic n'en pouuois
venir à bout , que ie continuallè les fomentations, inonétions <?<: laucmenti,
& quei'applicalïè fouuentvn Cacaplafme chaud fait auec les herbes, racines
ôc le refte de la decoiiïion du laucment pile en vn mortier de pierre &c pafsc
par vn crible de cuiure auec vn pilon de bois , y âioutant de la mie de pain,
iauncsd'œufs , huyie d'aneth &: camomille : il confcilla au(îî de luy faire pren-
dre la nuit fuiuante quelque peu d'huyle d'amandes douces , & le matin du
iour fuiuant vne petite médecine : Ayant donc elHyc en vain fur le foir de ré-
duite l'intellin , ic fus oblige dereuenir aux lauemcnts.cataplafmes, Se mon-
â:ions , mais il ne peut pas prendre i'hayle d'Amandes douces , parce qu elle
luy faifoit mal au cœur : le four (uiuant il prit cçitc médecine ordonnée
par le Médecin Rofcius. !^. Expr. RhHbarb. in aqua. menth&hifufh "z^'y fyr.
•réf. fol. li.fy^' vlolac. ex fl.infitjton. 5 l?. m. dijjolue in acfun menth. 0' byjjbpi/fu-
txat (jjHiZtuor horis ante prandinm. Mais l'ayant rendu vn peu après auec beau-
Coup de phlcgme &c quelque peu de Bile , ie reuins aux fomentations, luy
donnant encor vn laucment fait auec la decoclion précédente dans lequel ic fis
difibudre vn peu de Bened. lax. & hierxJJmp. cum vitellis ouor.flile & ol. pro-
cèdent ium cly fier um : Il luy fit rendre quelques matières dures & fœudcs : la
douleur dimiwua quelque peu , àc l'infl .cion ou tumeur s'abballFcrent aufli en
partie , de forte que maniant le icrotum on entcndoit murmurer l'intcftin:
ayant donne fur le ioir encor vn femblable lauemcnt , il rendit beaucoup d'ex-
crements , & l'intcftin rentra en ie poulfant doucement auec la main , Iç
fcroruni demeurant neantmoins extrêmement enfle & endurci auec douleur,
ien'olay mettre delliis des choies adlhingentes en lieu defquelles i'appliquay
Gc cataplafme emoliidf& caiminacif '^. Far. faùar, liv.pnln.jior. ca-
mom. ?nelllot,fîmhic. an. 5 i j. PhIh. fern. anif. fœnic. cumin, an. % Cs.pnlu bac-
car. Liuri. ^ j. cum decoBo rad. Alth. malu, parletar.flor» camom. rneliloufamb.
&fem. feenugr, f. CatJplaf.quod bis aut ter in die calide applicetur. Le vint-
.hnid: dumois fur le (oir il rendit le boiiillon qu'il auoic pris vn peu aupara-
uant auec quantité de pituite puante , ayant neantmoins ce foir là rendu de luy
même des excréments bi^n cuits : le vint-neuf il eut encor le matin vn béné-
fice de Ventre , mais les excréments étoyent liuides Se cendres auec grande
puanteur . êc ce même iour il rendit par deux fois les bouillons qu'il auoit
pris mêlés auec beaucoup de pituite très puante , Se la nuit fuiuante ii iuruint
vnvomidcment continuel & très puant auec dcfp.illance , ce qui m'obligea à
luy mettre vncpitheme fui le cœur : le trentième du mois qui êtoit le dixiè-
me de la maladie, il rendit fins inccrmidion «I^": en fi grande quantité de la
O
io6 Liure Premier
maticrctrcs puante , qu on â de la pcne à comprendre ou elle êcoit logée : il
auoit aulTi vne perpétuelle enuie d'aller fur fclle quoy qu'il rendit fort peu
& toufiours des matières fœtides , quelquefois folides mais grifatres , &c
quelquefois liuides mais purulentes ou fanguinolentes , & p-ilîa ainfi toute la
nuitquictoitle commencement de lonzicme iour,rcfufant tout ce qu'on luy
prefentoit roitbouillon,vin,&c 11 mourut doucement le iour fuiuant fur la fin
de l'onzicme.
Il y a des chofes remarquables en cette maladie , premièrement que l'V-
line des le fixicmc iour iufques à la fin a toufiours été comme celle d'vnc
perfonne qui fe porte bien, au contraire le pouls dés le quatrième iour C au-
quel ie fus demande J iufqu'à celui de fon dccés a toufiours été ij petit & ca-
ché qu'iUembloit celui d'vn mourant ; les autres adions étoyent fi robu-
ftes qu'il s'habilloit foy même & fe promenoit par la chambre i quant à cette
matière puante,vifcide & pituiteufe qu'il rendit par le vomilfemcnt, elle ne
venoit pas feulement des intcftins , mais de quelque lieu ou elle auoit croupi
lonf^tcmps, car auant fa maladie il auoit été quelque temps valétudinaire:
ayant vne diiïiculté d'halcnc(laquelle il auoit crue ôc mauuaifc fur le matin)&
vne petite toux sèche qui luy tint compagnie iufqu'à la £n , fe plaignant auflî
fouucnt d'vne douleur d'eftomach .• ce qui montre bien quileft mort non
de la feule décente, mais à caufe de quelque pourriture dans les vifceres
y ayant auflTi apparence qu'il y auoit quelque corruption dans l'intc-
(lin, ne pouuant être autrement que cette partie d'iceluy qui auoit été enfer-
mée fixiours durant dans larupture de l'abdomen , y étant comme étranglée,
n'ait été priuée de fon aliment Hc enfin ne fe foit corrompue , n'étant pas pour-
tant croyable qu'vne fi horrible puanteur foit prouenue de cette légère corru-
ption fi fcs amis eulft-nt voulu accorder l'onuertureaious aurions été éclaircis,
Oh/eruMi. Cent.i.
OBSERVA TION LXX.
D'vne Efueroceli^,
L'An 1584. au temps de la guerre de Cologne,comme ie faifois leçon à plus
de cent Auditeurs dans vne très grande Auditoire, & étant obligé de pouf-
fer ma voix , il me vint premièrement vue Tumeur en l'aine par la fimplc
rupture de la tunique intérieure & décente du boyau , & peu de temps après
cette membrane qui décend au fcrotum s'étant élargi , celui ci aufli vint à
s'erflcr: icmisdclîus l'emplâtre comm.un contre U rupture , mais m'en étant
fcrui longtemps inutilement, i'y aioutay cncor le bandage lequel ie portay
dixhuiâ;
DesTumcurs contre nature. 107
dixhiii£k ans. Durant lequel temps n'ayanr peu prcndrele repos necelFairc pou-
la gueiiTon ôc ne trouuant pas à prof os la Scdtion , il me falut fouffxir beau~
coup d'ineommodicc f piincipalcmcnt quand il y auoit des vents ) à caufc que .
l'intcftin vcnoitfouuent à dccendrc : le dernier iour du mal Furie plus violent,
carcxerceant la Médecine à Einshcint ville d'Alface ftipcndic par l'Empereur
Rudoîph Second Ôc venant de la à Gcibavciller au printemps , il me vint vue
douleur infupporrable par laquelle il me fembloit que tout l'inteftîn deuoit
fortir : iamais la Tumeur n'auoit été fi grande durant ces dixhuiél ans ; étant
ramené à la maifon par mes amfs,i*adoucis vn peu la douleur par vn demi bain
anodyn,&m'étant mis incontinent au li6b , ictrouuay de grand matin à mon
réveil non feulement que les intcftinsétoyent reuenus en leur première place,
mais auflTi ie remarquay que le péritoine étoit fi bien raffermi 6c rciini comme
Cl iamais ien'y auois eu aucun mal , «5c au lieu qu'auparauant ie n'eullè osé me
palier vn feuliour de bandage , ie le iettay là&ne fis point de diflîculté de
marcher fans en auoir eu de befoin des cinq ans iufqu'à prcfcnt , grâce à Dieu,
& certainement vue incommodité inueterée comme celle là en vn homme de
quarante ans ôc lors qu'elle éroit venue à fon haut point , ne peut pas auoir été
remplie fi toft par des caufes naturelles , rapportant cette guerilon à Dieu feul
quim'a voulu recompcnfer par là d'vne grande perte qui m'arriua en même
temps,&c. Obferuation 8i. Cent, i. communiquée par Sebajîian Meyer Médecin
à FriboHYg.
OBSERVATION LXXI.
Des moyens de remettre les Intefllas dècendus au fcrotum.
VN Gentilhomme de la maifon des Hatzfeld qui auoit vne heiliie àzs long
tcmps,eutvn iour vne très grande douleur de Ventre, vomillèment conti-
nueUdcgouiljVcillcSjinquietudes, oppreflion de poitrine & défaillance, à caufc
que les inteftins étoyent décendusau fcrotum qui fe bouffirent incontinent de
vcnts:état appelé le iour après pour le voir, quoy qu'il fut malade à l'extrémité,
neantmoins ie voulus hazarder quelque chofe & commençay par le lauement
fuiuant ^. Raâ. alth. maluiz cum totofol. violar. parietar.flor.camom.melilotfam'
bHC.an.m.i.fem.llni & fœnHor.varHm contuf.an.\ Çi.fem.anif.fœnic.cumin.carHi an.
I i.inciâant.& contundantur oynnia & indant.faccHlo debii£ magnitudinis cjui inter-
/mus coejuatur in a^.fomis Vo x i i.lmus decoB. ^.tfe i diJjolHe eleU.diacath.l i.vi-
tell. ouor. numer. i. butyr. r. nonfalîti & oL comm. an. Jf i\. m. Sacculus vero
parum expreJJ'ns calidè applicetur fcoroto , ^ demio incale/cat in eodem deco-
Bo , applica cjuotles opus : Ayant rendu le lauement vne demi heure après,
ie luy en donnay encor vn fait auec la même dccoûion y aioutant î'elc-
âiuaire , l'huyle , beurre ôc iaunes d'œufs auec vn peu de miel , mettant
G i
!o8 Liurë Premier
chaudement le fachct, après qu'il l'eut rendu &c l'inteftin ayant eftc rendu bien
Toupie par le lauement,ie mis le malade au lit la Telle halVe ôc les pics cleucs,&:
ayant empoigne le fcrotum de la main gauche Se vn peu comprimé,puis mettant
la main droittc au bas du Vcnrre,ie repoiillay le rcfte des Intefuns en h.;ut vcis
la Poitrine^, & ainfi rerftis heureufement l'inteftin en fa place natuicllc. Pour l'y
retenir ic mis delTusce Cachet adftringent.l^.^o/^j'.r/^^. Ahfymh vulg.foLprun.
f)lH.cauddie^Hfol.filu.& rnufci ^■{erc.an.m.&. cortic. cjuerc. | t\.fem.fœnic.é' an'tf,
fin. 5 i. incid^^^ruryCûmu^d^ritury indantur fACCulo y ejui imerfutus cr '"drio mbro in-
co^Hs calide f, ei^ue-is aâmoaeatur.'Lç. iourfaiuant il futaiiîli purge .|^.&c. Enfin
ie mis vn cmpLure adftringent delfus auec le bandage , ainiî il fut remis. Ob'
fer nation 8i. Cent.i.
\
OBSERVATION LXXIL
De la reduBîon des Intejlins.
Ean HofF Notaire à Hilden ctoit trauaillé il y auoit longtemps d'vnc entero-
celcîCom.me en l'an ij 93. étant las de cheminer il s'ctoit couche à terre pour
fe repofcr, le boyau luy dccenditau llrotum qui vint quafi delagrolTeur delà
Te fte d'vn enfant, lequel pour n'auoir pas été remis tout à l'heure , faifant lors
aisés froid , le fcrotum s'enfle & il furuint de la douleur qui a pêne luy permet
de pouuoir retourner à la maifon de laquelle il êtoit éloigné d'vne heure cn-
ticrcccant demandé ie le trouuay comme demi mort auec maux de cœur , vo-
milfemcnts fréquents de matière fœride : la douleur étoit fi grande & reuenoit
fi fouuent qu'il étoit contraint defc tourner au lit à chaque moment : il reçut
incontinent le lauement ordonné en l'Obferuanon précédente & le fachet fur
aufliappliqué, Tavantaprcs mis au lit les pics clcués& la Teftc balfejis remis
hcurcufement rinteftin,Enfin .-«près l'auoir purgé &: mis le bandage, il fut en-
tièrement remis : U rnefme.^
OBSERVATION LXXIII.
Dh même fnjeEl.
'An 1607. 26. d'Aouft'Nadlcr mairre Arqucbufîer à Payerne homme de
_ ,70. ans & hernicux fut faiil de Colique auec décente , étant demande au
quatrième iour iclc nouue en hévreauec grande douleur au bas Ventre: l'inte-
ftin croit décendu auec quelque maiiere en l'aine droite & vne excefliue du-
reté , voyant qu'il n'étoit pas fcur de le faire icntrer par violence , ijoignis in
continent
L
D^s Tumeurs contre Nature. Jo^
continent le ventre, le Scrotum & l'Aine auec huyle de lys, graille d'Oyc & de
Chapon , mettant dclTus vn fachct de chorcsemollicntes& donnant vn laue-
ment, mais comme il y auoit du danger dcffcnfer l'Inteftin en le repoufTant,
ce qu'on ne pouuoit faire fans vne grande violence , ie troauay à propos de
continuer quelque temps ces remèdes : cependant les excréments qui eftoyenc
enfermés dansl'Inteftin, furent ramolis& vuidcs par les laucments cmollients
& Attradtifs qu'il receut,en fuittc l'Intcftin retourna peu à peu en fà place , &
aiuH par la grâce de Dieu il fut remis -Ja même.
OBSERVATION LXXIV-
De la Gangrené après vne Enter oceîe.
L'An 1585. an moisd'Aouft vn robufte Charpentier de Geneue ayant leuc vne
forte charge l'Omentum luy décendit au Scrotum , & n'ayant pas érc re-
mis, il s'enfla, furuenant après vne très grande douleur, inflammation , fîcvrc,
vomilIèmcnt,&: autres grands accidents, enfin il mourut le fcptiéme iour: ayant
été demande auec Mr. Ican Griffon Chirurgien , nous ouurimes le Scrotum en
prefencc de lean Anthoine Sarrazin Médecin du Roy ^ trouuâmcs l'Omen-
tum, les Genitoires & les parties voilînes entièrement corrompues & Gangre-
nées. Obfern. 71, Cent. i.
IL
OBSERVATION LXXV-
D'vne Enterocele fuinie âe Gangrena-.
'\ 'An 159e. Les Inteftins dccendirent au Scrotum à vn quidam, n'rftants pas
repoufsés il y furuiut douleur auec des g'-ands accidents : il demanda con-
feil à vn Barbier qui y fit vne fomentation d'Abfynthe &c deRofes cuites en vin
rouge, mais comme elle n'cftoit point conuenabls en ce mal, il empira : ayant
érc demandé auec lean Anthoine Sarrazin^ André BonetMcdccins à Geneue,
nous trouuâmcs le Scroruip plus gros que laTcfte d'vn enfant : la fièvre êtoît
fort grande auec défaillances & vomifl'cments frequenrs: nous y fifmes vne fo-
incntation cnm Rad. Alth.fem. Uni, fœnigr. fefeUos , Jîor. camôm. 7nei^lot. fol.
waluar, ç^ ^^ioUr, S< l'ayants faits coucher la Tcfte balle i< ki pies clcucs, i'In-
teftin fut remis : mais ayant commencé à fe corrompre à caufe de Tinflimma-
lion&de la comprclîion', il mourut quelques heures apics, Ohfernat. yi,
Ctnt. I.
iio Liure Premier
OBSERVATION LXXVL
D'vne Hernie guérie en vn VielUrd.
C'Eft VHC opinion commune même cntrcles Dodtes , & l'expcricnce le
fait voir que l'Hernie fe gucric auec pcne es Vicillards^maisTHilloire fui-
uancc montre qu'il ne faut pas entièrement defcfpercr de leur guerifon: vn Gen-
til-homme de Berne âgé de 60. ans, nomme lean laques Dicfpach Chcualier Se
Colonel fous Henri IV. de très-bonne couftitution^hormls qu'il eftoit fuict à h
Goutte des quelques années , porta vne Hernie intcûinalçl l'efpace de i8. ans>
pour la guerifon de laquelle il auoic employé les plus habiles Médecins &c Chi-
lurgiens de France & moy en fuitercnfin comme il defefpcroit de fa guerifon il
(cferuoit feulement de Bandages pour empêcher le mal d'augmenter, il luy vint
vne maladie en l'an 1 618. qui le tint Cix mois entiers attaché au lit, après laquel-
le il n'eut iamais le moindre reiîèntimentde fon Hernie , ne fe feraant plus de
Bandages: on voit par là que le coucher ôc le repos font la feule Panacée des
Hernies.
■JNl^OTAriON.
On pourra douter fi cette guerifon a été de durée : pour ôrer ce fcrupule il
faut remarquer que ce Seigneur deux mois après être guéri de fon Hernie, alfa-
uoir enl'an iéz3. aumoisdc luin, tomba en vne fupprenTiond'viine 2c de vcn«
tre fi grande, que l'efpace de quelques iours il ne rendit p.is vne goutte d'eau
qu'aaec de très grands efforts & douleur : ayant été demande , pour euircr le
danger de mort tout apparent, &c fans fonger à fon Hernie,ic le fis entrer en vn
demi Bain quelques iours de fuitte, fait de Racines, Heibcs & fleurs remoUien-
tes& relaxantes, luy donnantaufll des lauements de même nature : ic mis fur
le ventre & Périnée des fachets emoUients, & luy oignis le ventre trois ou qua-
tre fois le iour auec huyle de lys> d'amendes douces 6c grailfc de Chapon : il
fut remis grâces à Dieu par ces remèdes : & quoy que tout cela fut contraire
à l'Hernie qui demande deschofes adftringentes & deficcatiucs , fi cft ce qu'il
n'en eut iamais aucune atteinte. Ohferu. 54. Cent. 5,
M
^ OBSERVATION LXXVII.
*D'vne Ilia<jne pafton en vne T>a»ie causée par vne Décente
de Boy an.
Adame Magdelainc Zurkinden âgée' d'enuiron 40. ans portoit dés plu-
fieurs années vne ^er nie inteftinale qui luy cftoit reftée après vn accou-
chement
Des Tumeurs contre Nature. m
chcment dilticile/ans pourtant beaucoup d'incommodité^ce qui fut caufe qu cl-
ic ne penfa point à porter aucun bandage, qu'ai liua t'- il ? ayant demeure quel-
quelques heures en Ton iardin au mois de luiilct 1626. &: cependant ayant négli-
ge de remettre rintçftin .en fonlicu,il y vint delà douleur qui l'obligea de s'en
aller en la maifon toute courbée, ou les douleurs étants beaucoup âcrues & le
vomillèment étant furuenu, on demande vn Médecin lequel quoy qu il eut fait
tout ce qui étoit pofTible , neantmoins les accidents allèrent en augmentant
d'heure en heure, car le ventre étoit tellement lelfcrré (h malade n'en ayant pas
déclaré la caliIc J qu'il n'y eut ni lauements ni médicaments qui pulfcnt donner
ouuerturc: on ne fçauroii reprcfenter les douleurs qu'elle cnduroit iour & nuidt
& combien fut violent le vomilïement, de forte qu'elle rendoit non feulement
la nourriture qu'elle prenoit,mais aufli la matière fazcalc: ayant été demandé le
i.d'Aouft qui fut le 16. de la maladie,commeierecerchoisla caufe de ii grandes
douleurs &c accidentSj& ayant âuerti la malade de pofcr toute honte pour me
permettre de manier doucement le ventre & les Hypochondres, ie trouuny in-
continent la cachette du mal,car ie dccouurîs en l'Aine vnc Tumeur j lus ^lolîc
que le poin, dure & auec grande douleur : ayant donné à entendre à fon mari
& à ceux qui étoyent autour que cette Tumeur étoit caufe de tous ces maux
& qu'elle mourroit toil après , ils furent tous furpris , car ils ne conoillbyenc
pas la nature du mal ni fa caufe , partant ie leur reprcfcnray qu'vuc pjtite por-
te portion de Boyau étoit enfermée dans l'Abdomen qui s'y ctoit coi rompue à
caufe delà compreffion& de l'inflammation , cequiparétroit aprcs la mort
& que tout le côtédeuiendroit liuideik;la Tumeur noire : m'ayants prié auec
beaucoup d'inftance d'y mettre la main, i'appliquay incontinent des fachcts E-
mollients& Anodyns, aprcs Icfquels la douleur qui cftoit à l'cntour derHcrnic
fut vn peu apaisée & ne vomit den de ce iour là : ie i. du mois d'Aouft elle
rendit beaucoup de bile , & de m.atierc puante par labouche, il'furuint auflS
des défaillances &c des fueurs froides , le 5. Aoull: ma femme luy ayant donné
vn lauement qu'elle auoit demandé & tandis qu'elle attendoit Tcftet cnmaniaiît
6<. tâtonnant la pirtie, rintellin r'cncrah:urcul"cment ik fans pêne , la Turacur
de l'Aine s'abbailla incontinent, rendant après bc-aucoup d'exciements, vx' f ce
qui eft à remarquer^' en même temps vn morceau du Boyau à demi pourri qui
fcmbloitctrele Cœcum, il y auoit aulli beaucoup de giailfe parmi les excré-
ments : il i'embla à la malade quelle auoit receu vn peu de foulagemcnt , mais
les accidents venant à augmenter, elle mourut le lendemain quifutle 17. delà
maladie.
On voit par là qu'il eut efté aisé de la guérir fi du commencement elle eut
découueit Ion mal, n'ayant iamais veu femme mourir d'Hernie aue celle- ci, car
cet cndroir aux femmes ne permet pas qu'il fe face vue ii grande dilatation di vn
fi grand fuius par l'Intcftin, comme aux hommes. Obfern, 57. Cent, 6»
lit Liure premier
OBSERVATION LXXVIII.'
De la Gtterifon de la Gangrené après vue Hsrnie imeflinale , auec
erojïon dn Boyau.
MAdame Marguerite de Glereirefutrrauaillce i7.annccs durant d'vne gran-
de Hernie, ^ fut attaquée de très violetiîcs douleurs en !a 63. de Ton
âge au mois de Décembre i;97. i'Inteftin auoit êic rcpoufsc en la rupture de
l'Abdomen qui auec la douleur auoit attire inflammcuion & autres grands acci-
dents : étant den^ndc le i. Janvier 1598. le remarquay delaGangrcae en rAi*
ne droite : ayant fcarifié la Tumeur & fait tout ce qui eft ncceliàire pour la guc-
.xifon de la Gangrené, la chair pourrie & la cailofitc de la rupture tombèrent,
après quoy tous les accidents celîèrenti l'inflammation, la fièvre, douleur, nau-
sée & le vomilïèment: mais la matière f qui ne tenoit pas cncor entièrement de
la nature d'excremcnt ainfi que dans l'ilçum <5c le Coscum^ fortoit par la rup-
ture de l'Abdomen Tefpacc de deux mois, la malade ncantmoins fat guérie &
deliurée de fa rupture par la grâce de Dieu & auec admiration de tout le mon-
de : fans qu'il foit reftc aucune fiftule ni aucune trace de Ton Hernie. Obferu. 55.
; Cent. I.
OBSERVATION LXXIX.
lyvne dangereufe Hernie en "Jw Vieillard.
N àt^ principaux de ce lieu âge àzGy ans trauaillc d'vac H-rnie des plu-
iîeurs années qui va en augmentant auec l'âgcjm'a prie de vous cemander
vôtre auisfur Ton incommodité; il y a pafsé 55. ans qu'il rcmaïqua en l'Aine
droite vne Tumeur qui vient peu à peu de ligroiïeutd'vn demi ûCii.ffans beau-
coup de douleur : vn peu après par le confeil d'vn Chii ui gien il le ic mit d'vne
ligature qui retenoit la Tumeur dans le Péritoine : mais il y a 15. ans qu'il a fcn-
ti le même mal en l'Aine gauche, lequel eft fi fort augmente qu il pi (Te tn groi-
fcur la Tumeur du côcé droit : ainfi l'vne & l'autre étant augm^nircc peu a peu,
la But)onocele s'eft conuertie en Enterocele auec vne giande Tumeur du Scro-
tum , neantmoins auec cette différence que la Tumeur qui eft en la partie droi-
te , quand elle eft prcfsée de la main fc cache quali toute en l'/lb Jomcn , ce
que ne fait pas celle qui eft en la gauche: quant aux caufcs externes, il n'en tron-
uc point d'autres fmon qu'il eft obligé de cracher fouuent & aujc peine vne hu-
meur pituitcufc,cra{re & vifcide laquelle il ne poulîe dehors qu'aucc des grands
efforts : il faut aulfi remarquer qu'il a efté fuiet à des douleurs de Rdns a caufc
defquclles
Des Tumeurs contre Nature. Hi
il cft fouuent entre au bain &: demi bain ; or le Scrotum , quand ce Scigncnr
cft debout s n'eft guère moindre que la Tefte dVn enfant de deux mois , de
forte que la Tumeur ne peut plus ctre retenue par aucune ligature dans la caui-
te de l'Abdomen, ne feieruant plusd'icelle il y a long- temps ; or quoique ce
mal ncluy baille pas beaucoup d'incommodité fi ce n'eft certaine douleur qui
va des le nombiil iufqu'au Diaphragme , neantmoins parce qu'il va iufqu'aux
parties vitales ôc reuenant coup à coup des quelques iours en ça il eft en quelque
âprehenfîon,quoy qu'à mon âuis fansfuict, vcu qu'Uyient feulement par Sym-
pathie à caufe que l'Omentum, lequel cft attaché au f jnd de l'eftomach.cft tire
en bas au Scrotum par les IntelHns aufqucls il cft attaché, leur fituation natu-
relle en eftant changée , comme aullî à caufe des vents qui font toujours en
quantité es Hcrnieux: craignant auflî que le mal venant à augmenter, ilne fur-
uîennc quelque plus grande incommodité.il fe foumct àfouff.ir tout ce qui eft
requis pour la guerifon de ce mal, ou du moins pour le foulagement Se précau-
tion des maux qui peuucntfurucnir &c. Sebaflianns Schobinger Médecin & Se-
tMteur à S. Cal en SniJ/e.
%ESPONCE DE V AVr H EV R.
LE mal au fuict duquel vous me demandes mon âuis, eft grand tant en foy-
méme qu'à caufe dufuiet ;cn foy-mcme parce qu'il cft enuielli, car vous
me faites entendre que ce Seigneur eft incommodé d'vne Hernie au côte droit
il y a 55. ans, & dés 15. au gauche : & qu'elles fonc venues à vnc telle grof-
fcur qu'elles furpaftènt la Tcfte d'vn enfant de deux mois quand il fe tienc de-
bout, de forte qu'il n'y a plus de ligature qui foit capable de retenir les Inreftins:
ce malcft aufli grand à caufe du fuict airauoir da malade lequel a atteint 63. ans:
or en cet âge les maladies deuiennent pins gciéues & quafi incurables à caufe
de la dimintition de la chaleur naturelle & de l'humidité radicale : partintic
ne penfc pas que Ton pullfe efperer vne parf lite guerifon : ie diray neantmoins
mon aduis touchant la Cure palliatiue c'eft à dire comme il faut preuenir Taug-
mentation du mal &c des accidents.
Or comme ie p;Us remarquer par voftre lettre, voftrc malade cft trauaillcdc
deux forte s d'Hernie, alFauoir de i'Intcftinale au côcé droit , à caufe que la Tu-
meur qui eft en cet endroit r'cntre quaii toute en l'Abdomen en la prciTant àc
la main-.car entre les Hernies ( dcfqutlles les Médecins font fix efpeccs^^ il n'y a
que rOmcntale & l'inteftinale (^qui font les deux véritables Hcrnies^qui tom-
bent dans le Scrotum &c retournent dans la cauité du ventre quand on les prelfc
de la main le malade érant couché fur le Dos: vous aués âiouté ce mot de quafi,
bien à propos , carie fçay que dans les Hernies inuetcrées, ( ic\[ç qu'cft celle de
vôtre malade) le Boyau venant à dcccndre fréquemment, quoy qu'il foit remis,
il ne laiflè pas d'y refter quelque Tumcur,car les membranes qui ont été trop
P
114 Liure Premier
cccndaes par Je Boyau fe rident de enflent à la fin: nous h voyons aux femmes
cjui ont fouuêtfait des enfants, aur.quellesrAbdoTjen enfin deuiencdar 3c fe ri-
de/vous dites que la Tumeur qui eft au côré gauche du Scrotum eft ferme & ne
peut point être repoufscc dans rAbdomcn,ce n'cft donc ni Epiplocele ni Ente-
iocele,parce que fi le Boyau étoit enfermé au Scrotum le malade nauroit point
de bénéfice de ventre, outre les autres accidents, comme grande douleur,& in-
flamimation à caufe des excréments retenus dans l'Inteftin &c le Scrotum : Il
faut donc que ce foie l'vne des autres quatre efpeces d'H.nnie , alîàuoir ou
l'Aqueufe, ou la V^nteufe, ou laCharnuc, ou laVaiiqueufe : vous qui eftcs
fur le lieu pourrés conoilbe auec la main ce que c'cll , car fi c'cft eau qui Toit
tombée au Scrotum , la Tumeur fera ronde ou quelque peu longuette, neant-
moins égale & pcfante , &c mettant la chandcîc d'vn côté, le Scrotum fera
tranlparcnt de l'autre : il ce font des vents la Tumeur fera auflî ronde, égalée
reluifante , mais auec moins de pefmteur : fi c'eft vue Sarcocelc , la Tumeur
fera dure ôc inégale : on conoit la Variq-iicufe par les vcnes qui font
éparfcs par le Scrotum & principalement à l'endroit où les vaifièaux de{~
cendent vers la membrane Eryihioide : pour moy i'cftime qu'il y a quelque
eau enfermée , ayant néant moins par fois remarqué qu auec l'eau on a trouuc
vnt fi.bftance charnue autour des vailfcaux fpermatics& du gcnitoire,maison
ne la peur pas toufiours dccouurir auec la main,ctant cachée &: fubmergcedans
l'eiu qui remplit &i dilate rout le Scrotum.
Veu donc que cette Tumeur qui «.ft au codé giuche ne peut pas r'entrer
au ventre , c'cft en vain , & même auec danger que l'on a voulu fe fcruir de
cette ligature qui repouirdeslntcfiiins : car on po.urroit attirer plufieurs ac-
cidents & cauf^r de la pourLirure en comprimant ces parties , en voici laraî-
fon , vous êciiucs que le malade fent vne douleur qui tient dés le nombril iuf-
qu'auxH)-po.hondics & par lies vitales , il y a donc apparence qu'il a quel-
quefois vne oppreflion de poitrine , or cette douleur vient de la fympathic
qu'ont entt'cilcs Us parties de noftre corps : celaariiue à mon âuis en cette
manière, le Scrotum qui cft rempli d'eau par fa pefanteur & diftenfion attire
à fo) Us muùics voifins & principalement les Droits & en même temps le
Péritoine, il ne faut p^is s' étonner s'il y a de la douleur 6c fi elle va iufqu'au
Diaphragme & caule vne opprefiTion de Poitrine, car les mufclcs droits,
f comme dit Galicn 5. de vfa part, cap, 14. J s'infinuent aux coftcs des os de la
poitriix (Se aux cartilages de s dernières coftes vraycs , parquoy ces mufcles
êtanrs tirés en bas auec les pcdoraux , il ne faut pas s'étonner fi la douleur va
iufqu'au Diaphragme Ôc parties vitales ik fi le plus fouucnt il y a opprelfion de
poialne.
Oicommconncdoit pas attendre vne entière guerifon de ce mal, ie fuis
d'auii. que vous trauaillics piincipalcment à appaifer la douleur &c à arrcfter les
autiesaccidtntipar les remèdes que ic vay dire : ôc premièrement, autant qu'il
fera
Des Tumeurs contre Nature. 115
fera pofîîbic, il faut ta ;hcr de décharger le Scrotum , veu qu'il eft la caufc de la
xlouleur des Hypochondrcs ikdes parti» s \ italcs , vous en vicndrés à bout h
vous lay prcfcriués vn bon rcgimci|uicng-ndLepcu d'excréments 6c Ci vous
purges doucement le coips par interualLs ue l'humeur qui prédomine, en après
en luy appliquant des fach.ts ôc Catapl.irmes d'herbes, fleurs ik il-rnences qui
incifent, atténuent &con(amcnc : i'.'.y accoutume de me feruir en tels cas fou
ie fuis fouuent employé, J des remèdes luiuanrs. !^. h. Betefi.JalH. origan ca/am.
alffynth an. m j.flor. camom. tnelU. farnbuc. ta-iacet. an. w. (5. rofar. r.m.i ùt
fem. anif. fvnic. carui^ fefeleot an.'^j. incidantur & contHndantur omnia profacc:*-
lis debitii maanitudinis cot^ue in acj. commwii, addito faits m. (^. il bs faut appli-
quer chaudement me heure durant ou d'auaiuagc comme vous le trouuercs à
propos ^ félon la portée du malade , le matin auant qu'il forte du lit , ôc le
loir trois heures après fouper la fomentation faite !k. après auoir elluyc \x partie
auec des linges chauds vous pourrcs mettre ce Cataplafmc. '^.far .f.ibar.htpinor,
& loli) an, ^ «j. pnlu.rad. bryon. Irid.flor. an. ^ j. Rad.Ari 5 vy puluflor. camom.
farnbuc. tanxceti^ ort^aniiC alaminth. abfynth. rofar. an. 3 /). pulu.fem. anif fosnic.
car ui an, '^iv, faits ^ iv.coejHc in oxytnel./impl.ç^ decûVti béton, faln.camomill.aft.
part.a^.addevitelLouor.nn.iij.applica cahdt bis m digyli la douleur de l'Abdomen
preffc ie me 1ers de ce linimcnt 2C. ol.Ulior. alb.amygd. à, & ol. devitell.ouor.an.
^C).ol.lHmbric.^j.l'AY accoutume en cette forte d'iacommoditc,de trois en trois
mois ou de fixen fix,de recommencer cczzc Cure , car par ce moyen l'humeur
contenue au Scrotum Ce cônfume ou fe diminuej& la partie qui s'arfoiolic par la
longueur du mal,eneft fortifiée: le me fers aulll d'vn lirayer fait de cette fa(jon,
ic fais vn Corfelct de toile double qui décent iuiqu'au nombril ou vn peu plus
baSs en après ie fais vn fachet de toile de Cotton en la forme reprcfentée cl def-
fous : ie l'âtache en trois diuers endroits du corfelet auec des efguillcttes tirant
le fcrotumen haut autant qu'il eft neceffaire par le moyen de phidcuis trous
que l'y fais, &l ainfi les épaules portent la charge du Scrotum ôc les mufcles du
ventre comme auflTi le Péritoine fe relâchent Ôc deuiennenc libres fans être tirés
cnbaspar la pefantcur du Scrotum , prenant bien garde que le Corfekt 2c
les autres vefrements ne foyent trop étroits, car Ci l'abdomen eft prefsc au
droit du nombril, les Inieftins feront pouisés en bas fui la partie <Scc. Obferu 6^.
Cent. 6.
OBSERVATION LXXX.
Uvne Hernie àangerenfe.
SVr la fin de May de l'année idxG. Mr. Pierre Bourgeois Sénateur à Laufanrjc
étant ttauaillé dés quelques années d'vne Enterocelc , à caufe de laquelle il
portoic ordinairement vn Brayer ^ or n'étoit-cile pas des plus petites , car elle
P 1
ns Liurc Premier
ne s'arrcftoit pas au haut du conduit du Peritoine,mais vciioit d'vne dilaceratîon $
ou de diftenfion aucc laxation de la membrane de ce conduit , dêcendant bien;
bas au Scrotuni,lors qu'il n'étoit pas foîgneux de bien âracher la bande du brayer :
ou quand il l'auoit oubiic,ncantmoins la redudiô fe failoir aiscmentn'l luy arriua
de faire vn voyage pour quelques affaires ayât monte vu Cheualqiii le fccoiioif, .
d'où vint que le bandage s'ctant relâche & vn peu ouucrt , il remarqua étant à
cheual que le Boyau étoit dccendu non au Scrotum à caufe de la comprcfljon
de la ligature, mais eftoit demeure engagé fous la ceinture ôc le couflinet, auec
vue irritation continuelle par le mouuement du cheual : il demeura cinq iours
entiers en cet état , ce qui luy donna des grandes douleurs & faftherics en ce
voya»c j car il y vint inflammation aucc douleur non feulement en la partie
offencce ôc quafi dcchiice , mais par tout le ventre , les côtes , les hypochon-
dres, 5c l'cftomach , cntiii étant de retour à la maifon il fc mit incontinent au
lit attaque du Miserere m«.i auec des cruelles douleurs de ventre, fubuerfion d'e-
ftomach, conftiparion, vomillèment continuel, rapports & autres accidents de .
ce mal.- les dorr.eftics employèrent tous les remèdes Êimiliers dont on a âcou- -
tumc de fe fcruir pour la Colique, mais fans effet, ayant ctc demande: ie \îs que
le patient, outre ces accidents, auoit vue fièvre continue aucc inquiétude, foif>
veilles &c des vents qui ne pouuoyent fortir : m'cftant informé de !a caufe du
mal, iefçcusquelesluteftinsêtoyentdccendus au Scrotum remplis de vents :
&c dematitre qui les empê^hoyent de r'entrcr : le reprefcntay à ceux qui étoyent :
à l'entour de luy ic danger ou il ertoir,& fur le cbamp ie luy fis rcceuoir vn-
Clyftere emoUient, le faifant encor réitérer bien toftapies: ic fis âpliquer fur
l'Aine & le Scrotum des fomentations 6c des Cataplafmcs, elïàyant après de les
faire r'entrer en les maniant doucement , de peur que portant la main trop
rudement on n'augmentaft l'inflammation qui pourroit attirer après foy vnc
Gano^rcne moitelle, comme ic l'ay veu arriucr fouuent : le malade ncfe.
trouuant point mieux par ces remèdes, & les lauements que l'on donnoit ne •
pouuants rien attirer du ventre, qui eftoit tellement fermé qu'il ne fortoit ab-
folument rien non pas mêmes des vents , les accidents aufli deuenants plus ..
^iolents & les douleurs infuppoit.>blcs, luy femblant que les vifccrcs & les
întcftinsfcrenuerfoycijt, tout ce qu'il prenoit de viande & de bruuage for-,
toit auec des grands efforts par la bouche parmi des humeurs bilieufcs 6c
par après d.s pituiteufcs aucc diueifcs fortes d'excrcmenta, ic luy voulus
faire rcceuoir vn autre Lauement ou i'auois augmenté la dozc des cleduai-
rts purt^atifs , auec des fomentations ôc Cataplafmes que ie faifois ap-
pliquer'médiocrement chauds , de peur que la chaleur \â;uellc n'irritai
ces parties meurtries ôc froifsécs f àquoy ne prennent point Wde nos Bar-
biers dcfquelson fe fert le plus fouuent en ce cas , par laquelle hutc le danger
cft fouuçnt augmenté ) étant reuenu pour le voir pbu d'heures &prcs & voyant :
que toutalloit° n empirant^ que le hoquet l'impoitunoit grandement , outre
. qu'si^
Des Tumeurs contre nature, m;
qu'il commençoità rcvcr . m'ctint tourne du côte des afliftants ic vis qu'ils
murmuroyent touchant îe lauement , partant ie voulus voir ce qu'il venoicdc
rendre par h bouche, & rcmarquay qu'il êtoit foni tout entier f fans autre
cholc^auec les huylcs Se cleduaitcs , comme on le rcconoilïôit auflî au Né, le
malade fe plaignant aulîl du gouft des médicaments qui luy croie demeure en
là bouche après ce vomiircmenr,ce qui me fit coniedurcr que fa derrière heu-
re n'croitpas loin, Ion vifageauCfi étant fort changé,le pouls fréquent , inégal
SiC pftit aucc abattement de forces principalement des vitales.
Il me vint en la pensée de venir à l'onueitare du péritoine proposée par
Roulïctus en Ton liure de Partu Casfareo, mais la débilite des f jrces me fît croi-
re qu'il n'y auoitpas apparence d'entreprendre cette Opération , comme aufli
à' cauf'c qu'il n'y auoit point de Chirurgien afsés entendu pour cette Opéra-
tion , ic ne voulus pas ne^intmoins abandonner le malade quoy qu'il fcmbla
dcfcrperé,mais ayant pris courage ie mis encor la main à i'œuure, & après luy
auoir donné des cordiaux & be7oartics>ie fis faire vu autre lauement cnm rad.
lndrecent.contufsYad,bryon.alth.coYtic, rad ehnliyfummiiat fcl. eorumdem fuliis
Jii,fylimbr,meycurial.vtolar.malHar. lathyrid.jlor farnbuccamomlll. ynehlot.feîn.fœ^
nu^r.lini,antf.marathe haccar. lauri?^c.in decoUo aipiiis & hneJîin.veruecisbuU
Ittîs y additis coUtHTA ele^. cathol.bcned. (frhiera diacolocynth. cum ol.lilior,lîni^
afnygd.d.& ex rna^fîate cataplafma toti vemrl admoitefidnm j On luy oignit l'c-
ftomach auec huyle de noix mufcadc : vne heure ou deux après que le laue-
ment eut été donné Se après l'application de la fomentation Ôc du cataplafme,
ie fis manier doucement le fcrotum, & en rcpouirant belle ment,rintcftin rentra
dcdans,& fur le champ ie luy fis prendre vn me. ikamcM^ex ï^i].Jjr.r of.compcjî-
ti^jcûeborati cum ^îR.diaphœn, ciT l ^-ncf. no/}r£ imperlalisiTïoh ou quatre heu-
res après il auala vn bouillon fait auec mouton t.\: poule > y iiioutant vn iaunc
d'œuf & du luccre , le lauement demeura & il ne rendit point le médicament
par la bouche ni le bouillon, il repofa vn peu puis alla deux foii fur la C. Ile , Se
comme il ne pouuoit point dormir , ie luy fis prendre vn bruuagc exjyrnp. de
nymph. (^ depapau. cum ac[. nymph. Apre s h qui 1 il repola cnuii on deux heure: :
êtani êueillé il eut encor deux fcllcSjCk: _■ rit dcre. hcf vn bouillon rcft.iu'. an: : fujl^
Taube du quatrième iour,ic liw b.ullav encor vn leniiif ex i\fnfo r'ub.'^ i C't^fyr,
reffûl. lu ô" diaphoen. ^i) parce que le Ventre murmuioic & rcmuoit cucor
auec des douleurs : ce médicament le fit aller doucement trois ou quatre foîs
fans qu'il arriuat en fuite aucun vomilKmcnt : le lendemain il prit ^^. mJîrA ■
Impérial, ^ik cnm pnlH.diarrhod. ç^ confbyacinth. an3 i il commença dés lors
à reprendre Cs foïcts & par manière de dire,à reuiure, tous Icsaccidents 'ayants
ccfsc : Au feptieme iour comme il auoit encor quelque amertume de bouche
auec pefanteur d'eftomach & quelques remuements de Ventre , il prit encor la
', iufditte médecine: ôc au dixième iour cette malaJie,que l'on auoit cru morte l-
! le,fur chafsée auec l'aide de Dieu: comme il fut venu au deirus ie i'exhortay foi-
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lîg Liure Premier
«yneufcmcnt qu'il eut à fe feruir d'vn byn régime &■ à faire faire vn brayer aucc
Ion couflînet bié iuftcpour cuicer vne rcchuce: mais étant fortiliovs la maifoii
douze iouts apres,les iiitcftins dcccndircnt derechef dans les bouiTcs fans qu'il
put les remettre auec les mêmes accidents: on ne peut pas faire icntrer l'intcrtiii
les premiers iours à caale des excrcmcnts endurcis ëc de la quanciré de vents
quile bouiHiîbit quoy que l'on employaft les mêmes medicamécs pour appaifer
la douleur , ramollir la matière ôc rcpoulîer l'inteftin , ayant auili rcnwlu les
laucments par la bouche côme la première fois aucc quantité de pituite & par
après de bile • la douleur donc & les autres fym^ptomes étants augmentés au
premier & fécond iour , la fiéureaudi aucc le vomitîcmcnt le picirants fou-
lient, on réitéra les mêmes remèdes que ci deifus tant laaemcnts que fomen-
tations iufqu'au troilîcme iour «Se quatrième après auoir longtemps : 3c dou-
cement manié le fcrotum, les inteftins retournèrent en leur lieu , ie layfis
prédre la potion lenitive qui luy déchargea le Venrre après laquelle la douleur
s'arceta quaû entièrement , 6c l'ayant encor réitère , tous les fymptomes cef-
ferent , peu de iours apr^s il fut guéri ians s'erre depuis plaint en aucune fa-
çon de fon hernie «Se fans aucune incommodité , foie qu'il fut à pié-ou à
Chenal feulement à l'aide defon brayer ôc du bon régime. Oéferuat-jo. Cent,6.
cofnmnniijpiee par Abel Rofc'ms Médecin k Laufanne.
OBSERVATION LXXI.
D'aJWtf hernie en vne femme aitec iliaque pajfion.
L'an 1558. comme i'excrçois la médecine à SeilFcl en Sauoye étant venu à •
Geneue au commencement de Septembre pour y voir mes parents,ie trou-
uay ma fœur aince Françoile Rous griéuement malade depuis cinq iours , elle
ctoit trauaillce de grandes douleurs de Matrice, de Ventre ik. d'eftomach , elle
s'étoitferuid'OfFredi le Père «Se de Colladon Médecins & de Matchietî i\\i Tcil
tApothiquâirc qui apportèrent diuers remèdes , luy donnèrent plulîciîrs laue-
ments & fe feruirent de pluileurs huyles carminatiues , qui au commence- f
ment luy donnèrent quelque foulagement , mais le mals'étant renforce au
troiHéme iour & la fieure étant furuenue, les accidents furent plus grands , les
douleurs intolérables , auec des vomilîèments coup fur coup , des veilles
continuelles , des rapports fréquents «Se des remuements de Ventre qui ne
s'appaifoyent par aucuns médicaments , au contraire le mal augmentant de
iour en iour , enfin il furuint au cinquième de la réuerie auec des fréquentes
défaillances. Se ce qui eft mcrucilleux le iour de mon arriuce elle rendit trois
laucments par la bouche , dequoy rccerchant la caufe ie trouuay que fon mal
venoit dVnc décente, difant qu'elle auoit vne grolfc glande en l'aine qu'elle
portoit
Des Tumeurs contre Nature. Ji9
jortoit depuis fix mois , laquelle en rcfpacc de fix iours s'êroit rellemelir cn-
îîce qu elle paifoic en grollcur lis deux poings 5c que dés ce temps la douleur
luoi: été plus grande t^ quelle y auoit eu vne grande ch:ileur , après quoy
ous ces horribles accidents croycnt furucnus Llqucls elle attribuoit non à
:ette Tumeur mais à vne Colique ou à la Matrice ; ayant porté la main fur la
îartie & dccouueit la (ouxcc du maljafTauoii la rupture du p. ritoine en Tainc
3ar laquelle les excréments ècoyent dccendus auec Tintcftin qui ne pouuoic
rentrer par cette mcmeouuerturc & auoycnt cause tous ces accidents , Toutà
.'inftant ie me feruis de ce qui le prefenta f car -il croit dix heures du i'o'irj alFa-
joir de mauue , camomille auec force femence de lin cuites en quatitc d'huyle
5c d'eaujde quoy ie fis vne fomentation fur la Tumeur ,y âioutant vn cataplaC^
me fait de même matière & de fiente de brebis fraîche , le réitérant à toutes
leuresjle iour étant venu ie rcpoulfay les inteftins en leur place , maniant dou-
;cmenr la Tumeur : après quoy ie luy fis rcflcuoir de bon matin vn lauement
axatifqui luy ouurit le Ventre Se fit rendre des matières très puantes,en fuittc
es douleurs & le vomilïementcefîerent auec diminution des autres accidents;
rlle fe porte maintenant comme vne femme de 65.ans, fans être iamais retom-
i)cc en ce mal. 0^/70 Cent ô.commum^Hée par le même»
OBSERVATION LXXIL
jyvne hernïejliîme d'Iliaque pajfion .
MOnfieur Charançon Sénateur à Chamberi étant v^u en temps de ven-
danges voir Ton beau & grand vignoble de Chauagn'-jfufant yn iour en
vne vigne quelque bw-fogne auec g- and etfort , fencit tout d'vn coup quelque
chofclc rompre auec grand biuit au bas Vcnrrc &: décence des inrcHinsau
rcrotum,lefqucls ayant tâche de remettre fans en pouuoir venir àbout,il tom-
ba dans vne iliaque paflion , car le iour luiuant il fut trauaillc de vents & de
vomillemcnts continuels , le Ventre fe rdkria entièrement, auec dirKcukc de
rendre fon eau/ur le loir la fièvre furuiiit accompagnée de foif > granJe amer-
tume de bouche, vcillesjinquictudcs, fubueiiion:. dcltomach , douleurs cJu plu-
toft des tourments qui Icfaifoyent crier ians cetlt-, ne pouuant rien prendre par
,' laboudu nircti-nir-.ayantcrc dem.rndcfur le loir dulecond iour, ie connus par
rincgalitCjdeibrdrc, petitelfc v5t fréquence Ju pouls , par la grandeur des accir
dents &; par le fui itâbatcmcnt des torces , ie connus di ic que c'ccoit vue ma-
ladie trcsaigae & mortelle &c qu'il ne paticroic pas le quanicmc iour , ce que
ic deuonçay à fa femme &c à deux de les ncucux , <S: incontinent voulus mon-
jtcr à Cheual après auoir ordonne par forme quelques médicaments To-
^ pics c^ quelques cordiaux , mais à l'iullancc de leurs prières ie demeuray , .5c
110 Liure Premier
.incontinent ic luy fis donner vn lauement emollicnt &: anodyn que ie fis rci-
tcrcr trois heures apresiil les rendit tous deux auant Taubc du iour par la bou-
chc:ie luy en fis donner cncor vn troifiéme fur le midi lequel il rendit tout tel
qu'il l'auoit relFu , & fur le foir il rcictta les excréments puants \k derechef
quantité de bile auec grande violence & douleur , enfin après auoir été trauail-
ié de diucrfes douleurs>êpuisc de fang & d'efprits, il mourut fur iefoir du qua-
trième iour.
Pour être cclaircî de la caufe d'vn mal fi opiniâtre , ie fis venir de Chamberi
vn Chirurgien très expert appelé le Lorrain, lequel fie dilîcdion du corps. On
trouua rintefl:in iléon qui êtoit décendu au icrotum toutliuide , &c audclfus de
l'os pubis au commencement du conduir,vne carnolité fongucufe ou fpongieu»
fequienucloppoitlintcftin autour du conduit,(!k; tellement attachée aux mem-
branes voifines qu'a pêne la peut'on feparer auec les ongles , i'cftime que cette
cxcrefccnce y vint dés le premier iour à caufe du fang qui fut attiré par la dou-
leur fur la rupture,laquelle fungofitc bouchant le pailagc , fut caufe qu'on ne
peutiamaisrepouilèrl'iateftin. Oh/èruation jo. Cent. 6. cemmnm<^Hée par ie
même.
i
OBSERVATION LXXIIL
Uvne hernie intejîinale & des accidents t^ui l'ont /hîhî.
\L y a des chofcs r^arquables en l'hiftoire du mal de Monfieur Charançon. ;
» premièrement comme c'cft que le péritoine à peu fc tcnpre fi toft &" fur le
■^hamp& comme la vagina, ou conduit , qui cft vne membrane trcs forte fie
CpailTc,à.peucll:re dilaté, ce qui fait que ie penfequcle ditfiegc êcoit hcrnieux
dés longtemps 6c qu'il l^auoit caché,comme ic l'ay veu en l'an i6o6. ay bourg '
de Cuilly en Monficu: de Challon. Vous ccriués auflî qu'api es la motc diidit
iîeur Charançon on a trouué l'ileum au fcrotum,ou ie trouue dcrcch-f étrange
comme c'cft que les lau.:mencs ont pu fe faire palfage à trauers ce boyau ainii
redoublé 6v comprime &: parucnii iufqu'a l'cftomach: mais ce n'cft pas mer-
ueille que h nature falfe des chofcs qui iuipailcnt rentcndemcnt de l'homme,
ayant vcu des blelfuiresdc boyaux gucries,comme en Mad.de Glerelîcen laquel-
le il y a apparence que ce n'a pas été l'Ueon ou quelqu'vn des menus boyaux,
mais plutôt le colum qui eiloit demeuré engagé dans la produûion du péri-
toine , faa:> aucun repli ou reduph'cation d'iceluy : carc« boyau étant k plus
gros vie tous» il s'efl; peu faire que quelque portion d'iceluy de celle qui eft aux
coftés,ait ctcenfeirûéc dans ladiiatioi; ou rupture du péritoine & s'y (oit pour-
rie , toutes les autres parties étants demeurées entières j il en eft de même des
playcs des iiiceftins. car II quelqu'vn d'kcux eft coupé entièrement de trauers
on
Des Tumeurs contre Nature. ji-i
•ou vient à fc rompre par pourriturc,on voir par cxpciiencc qu'il en faut mou-
rir , car les cxtremiccs fe retirent incontinent en haut ôc en bas fans que iamais
• on puiiFe reioindrc les bords de la playe , bien loin de les pouuoir retenir : en
châtrant vu certain M. Claude Tiipcs de Lan{^inne on coupa vnc partie de l'in-
teftin colon êc la matière farcalc (orrit quelques mois durant de i'Vlcere.
Ilyacncor vue chofe digne de remarque en la maladie de Monfieur Cha-
rançon, alfauoir cette chair {'pongicafc oa baueufequi's'cft trouuc au dclfus de
l'os pubis aucomm.encement du conduirjlaquclk^it voir clairement que cette
hernie ctoit inueterce,car il n'cftpas vray fcm.blable qu'vnc femblable fubitan-
ce ait peu êcreprodaite en vne partie du corps entière & qui n'ctoit point oF-
fcnscc &• qui plus eft en vne membraneufe telle qu'cft la production du péri-
toine , & en il peu de temps , Il n'en eft pas de même de ces excrcfcenccs. char-
nues & baueufes qui viennent aux membranes de cerueau qai font dccouuertes
aux grandes playes des articulationSjCar icy Izs grands vaiilcaux font ouuerts de
non pas feulement des vcnes capillaires,mais en l hernie de Monlîeur Charan-
çon il n'y a eu ni vcne ni artere,grande ni petite qui ait ctc ouuerte,autremcnc
il y auroit eu du lang excrauasc qui fcroit toiribc en la cauitc de l'abdomen.
Quant à cette même carnofité qui a ctc trouuce autour du conduit , il faut
cncor mettre en remarque, que vous ctcs feul auec Parc qui l'aucs trouuc aux
dilIc6lions,& eft vray (emblable que par le moyen de cette fubftance foit qu'el-
le foit charnue ou calleufe,le conduit par lequel dccend le boyau aufcrotum eft
-bouche aux perfonncs auancccs en âge Se que par le moyen d'icelle les hernies
fc guerillent, ou c'eft qu'il faut remarquer la proaidéce de Dieu & de la nature
en la confcruation de l'hommcctelle forte de gueriibn arriue feulement en ceux
qui par le moyen d'vn brayer empêchent que le boyau ne dccendeau fcrotum.
Pour cette raifon i'exhorte touhour€ les hernieux de ne quitter jamais leurs
bandages, car autrement ils s'e;;pofent à des grands dangers , comme ie l'ay veu
en Monheur Nicolas Kilkberth du conieil de la ville de Berne & Banderet, il
auoit ctc longtemps incommode d'vne décente de bayaux qui luy auoit quel-
quefois dont c de la pcnc quand le boyau dccendoitau fcrotum: or m'avant de-
mande âuis il y a quelques années, ie luy baillay des bandages à l'aide defqucls
il a tellement été prekrué qu'il ne s'en relfentoit plus & cioyoit être hors de
'tout dangcr,à caule dcquoy il lailla fon braycr:qu'artiue-t'il ? l'an 1627. comme
jau temps de la canicule il fe promenoit en fa métairie de Bremgartcn ëc
jcut pose fon brayer pour quelques iours à caufe de la chaleur , prenant trop
I d'exercice quelquefois à pié,par fois à Chcual, le boyau vint à dccendre peu à
,peu& fans grade incommodité au fcrotum,carie crois que la nature auoit déjà
■trauaillé à produire cette carnofitc qui auoit rempli en partie cette production
duperitoine,or comme il ne difcontinuoit point de s'exercer fans garder aucun
rcgime,buuantpcle mcle du vin,du lair,du petit lait, de l'eau crue en abondaii-
cc,il vint vne douleur en l'aine 6c au fcrotum, parquoy on fut oblige de le me-
lii Liure Premier
tier à Berne ou ie le vis auec le Dodeiir Rcx,nous liiy trouuâmcs le Tcrotum ex-
trêmement dur & remplida douleur n'auoit pas ctc fort grande du commence-
ment de ne l'etoitpas pour lorSjàcaufc dcquoy il auoit néglige Ton mal,il auoic
neantmoins vnc fieure continue, douleur de Tefte Se de reins auec des yeilles,
nousluy ordonnâmes tout cequ'ilfaloit fclon l'art mais fans fucccs , car luy
étant fuiuenu vn hoquet auec vn vomitrement très grand , il rendit auflîla ma-
tière faecalè par la bouche & mourut l'ouzicme Aoiii\i6ij.
le me fcuuicns que Mondeur le Chcualicr lodoque Fogelin Seigneur de Cu-
gyite mourut de même en raniéoy.pour auoir quitte Ton bi'aycr,ctant deman-
dé au cinquième iour,ie fis bien rentier 1. b lyau dans le Ventre, ncantmoins il
mourut deux iours après , car ayant été prefsé quelque tems en l'ouuerture de
l'abdomen , il y fut ofFcnsé;en Monfieur de Chalon duquel i'ay parle ci dcifus,
le vomilïèment fut li violent qu'il rendoit tout ce qu'il prenoit auec les ex-
créments.
Ilferoit doncàfouhaitterqueron remit en vfage l'ouuerture du péritoine
proposée par Rolfct & Paré qui n*a pas étéinconue aux Anciens:maisily aaufli
des difficultcsjcar fi on ne la fait pas à temps , quand les forces font bonnes 6c
auant qu'il y ait de la con uption au boyau o;i l'entreprendra en vain , mais on
trouue fort peu demaladeSjfur tout en Allemagne, qui veuillent fe foumettreà
des Opi'vations inufitées S>c dangcreufes, il faut neantmoins employer les der-
niers remèdes aux maladies extrêmes , pourueu que l'on trouue vn Chirurgien
fi ^clf 5c entendu , car il ne faut pas la coiifi iï au premier palfant ou babillard:
Ohf.y Cent.G.OureJf once de C jiutheur aux trois Ob/erumions précédentes.
OBSERVATION LXXXIV.
D'\ine Btihonecelz^.
VOus m'ccriucs quVn homme de 6o. ans remarqua il y a près d*vn an vne
procuberance en l'aine droite que ie crois auec vous être vnebubonocele
qui pourra auec le temps dégénérer en enterocele fion n'y prend gardr,laquel-
le vient pliirofl: d'vne relaxation que d'vne rupture de la produdiô du peritoi-
nc,car quand les intcftins tombent aufcrotum par vne rupture ou dilaceration
d'iceliiyjLelaaniuc tout àcoupiSc non peu àpeu : on aura bien de lapcne àde-
couuiir qu'elle cft la véritable caufe de cette relation , &r ie tiens qu'il n'eft pas
beaucoup important pour la guçiifon de s'en informer auec trop de foinn'ap-
prouue neantm.oins toutes celles que vous metfés en auant & mêmes la pre-
mière que que Iques-vns vous ont voulu côtefter, niants que l'hernie puilîè être
vn mal hereditaireiilfaKt regarder ce qu'en dit Valefcus dcTarente enfonzô.li-
ure ch.8. où il dit ouucrttmcnt qu'il a vcu des heriiieux de Pcrc en fils iufquesà
la
Des Tumeurs contre Nature. 12.5
l.t troiTicme gencration,& i'cn veux propofcr vn exemple digne de remarquc,aii
commencemcncde l'an 1550. du temps d2 Guillaume Prince de lulicis, &c. il y
aiioit vn chatreur très fameux dans tout le pays, lequel ctoit Ci téméraire à caufe
de Ton ignorance en la Théorie de rair,qn'il clûcroit les hommes tout de mê-
me que les bêtes, cômeittl'ay âpris de Cofmc Slotanus Médecin & Chirurgie
de ce Prince quiauoit connu familierem.cn t ce châtreui:maisillfauc remarquer
ce qu'en dit lean Vuierus lib.4.dc Praîftîgiis Daimonum c.io- afç.qu vn Moine
appréhendant vn iufte châtimét à caufe ei'vn adultère qu'il auoit cômis,fcignit
d'être hcrnieux au nombril îk demanda confeil à ce maître. L'accord étant fait
auec le Prieur du Monaftere,le chàcrcur mène le Moine en fa maifjn(alîn qu'il
eut dequoy fe iuftifîcr deuant le Magiftrat Ecclefiaftic,côme s'il auoit été châ-
tre en fa icunelïè ^ ^ le châtra des deux côtes : or ie ne C(^:iy pas Ci ce Tailleur
d'hernies a ctc hernienx ou non, mais ie Içay qiie les dccendants , lefquels ie co-
nois quafi tous, font pour la plufpart fuîcts à l'hernie,voire m.émes les femmes:
le veux maintenant repondre à vos queftions.
Vous me demandez premicremcr Ci cette hernie qui eft de Ci longtemps Sc eu
vn homme de 60 ans>peut être pariîiitcmét guerie,ie repos qu'il y a beaucoup à
douter,cftimat qu'elle ne peut pas être guérie en vn tel âge fans oftcnfcr les vif-
feres,car fi on a vue extrême pcne à la guérir en l'âge de confîrtence,à plus forte
raifon en vn âge dccrcpitiie me fouuiens véritablement d'en auoir veu des guc-
ris,mais le cas eft fort rare,&: i'tn ay vn exemple en Noble lacob Diefpach,&c.
Vous en trouuercs aulîî dans Ambroif.Parc lib.8.chap-ij.
Secondemét vous demandes par quels remèdes il faut ellayer la guerifonrTa-
uou'c franchemct que ie n'ay iamais voulu chargez les malades qui font auaccz
en âge de beaucoup de medicaments,veu que c'a été le plus fouucnt en vainjl'e-
xemple de Mr. Diesbach le montre afsés auquel du Chêne & la Ri,uiere Méde-
cins du Roy ordonnent fans fuccés pludeurs medicaments,n'ayant pas voulu fe
tenir au liét,m.âis y ayac été obligé par vne maladic,il fe trouua guéri par le feul
vfagedu brayer,quoy qucie ne tienne pas cette guerifon pour feure,parce qu'il
' fe faut coucher (urlcs reins ôc ainfi on court rifque d'engendrer la grauelle,
comme cela eft arriué au dit Seig. Diesbach qui fut luiet dés ce temps à la gra-
uelle des reins.-m.ais pour empêcher le mal d'aller plus auantie conseille à vô-
tre malade de le faire taire vn bandage propre qui contienne bien le boyau en
dedans , ce que ie crois pouuoir cftre fait aisément veu que le mal eft récent , ie
voudrois auoir la mcfure du corfage du malade, carie luy ferois de bon cœur
vnbrayer, mais afin que vous nem'accuficspas denonchilance,ie vouscnuoye
la figure d'vn duquel ie me fers heureufemêril va pafsé 4o.ans,mcmesés grands
Scigneursjil eil fait d'vn cou{îinct,d'vne ceinture & de dcuxataches, mais tout
1 artifice côfifte à bien faire le CDu(nner,car il doit auoir vne iufte ^randeur.n'c-
tre m trop grand ni trop petit , mais bien proportionné à l'aine laquelle il doit
toute couurir quoy que le mal ne foie que d'vn côté.
U4 Liure Premier |
Le dehors du couflTinet doit ctre égal &: vni , 5c le dedans qui regarde la-
rupture doit être farci de laine & bien boufîi priii'^ipalemcnt à l'endroit de la „
Tumcur:il doit ccrefait de cuir de femelle couucrt de futainej& à l'endroit de'
la rupture la laine doit tellement être prefsée qu'il en deuiennc dur , autrement
il ne pounoit pas repoulfcr la Tumeuf.la ceinture doit auoir quatre doigts de-
lon'^'ueur,ôc les biidesà l'endroit ducoulïinet , auquel elles font attachées , nc'
doiuent auoir qu'vn pouce de peur qu'elles n'oiienccut l'cntredcux des cuilfes,,
elles doiuent pourtant s élargir peu à peu comm.c on la peut voir en la figure
de la féconde table.
Lehaut ducouOTmet doit être fait en demi lune comme ileft marque en Ia>
première figure AAA. car ainfi le bas Ventre fe rcpofcra mieux fur le bandage:il
faut attacher la ceinture en deux endroits du couflinet, au milieu ou font mar-
ques les BBB. en après au dclfus : les bandes marqucts CGC. font attachées aii^
couffinet comme on le voit en la figure ci dclfus, en a, res il ks faut faire palier
à cote dufcrotum parl'entredeux des cuiilcs vers la partie de derrière en haud
entre lesfeires ôc les cullfes par cet endroit enfonce qui cft marque dans Vefal--
en fa féconde Table des mufcL<> à la lettre x. & par deuant il les faut attacher
au droit de l'os ileum & f -.ler fi bien que le couflinet repoulîè la Tumeur de
raine,& afin qu'il le f; ir. .li aoit auoir deux doigts d'épais de laine: quand on le
met il faut prendre garde que la ceinture ne pâlîc pas plus haut que l'os ilium,
car ainfii elle tiendra fcm. .ans bailler aucune incommodité : des quelques an-
nées i'ay fait po'. tti à mes malades vue autre (orte débrayer fait de fer , lequel
eft tïcs aist e.. ce qu'il n'a point de bride qui incommode l'entredeux des cuif-
Tes , mais ou ne le fauroit bien faire qu'on ne voye le malade , l'en mets neant-
iBoiiis i^y la figure pour faire feruii au vôtie,vous pourrés ellayer d'en faire fai-
re vu,vous en verrtila figure en la Table I L Figure 3 & 4.
Laruprurcjcommc vous m'ccriués , eft enla partie droitte de l'aine j faites
donc faire vnc cciiiture d'vne lame de fer bien déliée, large d'enuiron vn pou-
ce & demi,de telle longueur que fon commencement A foit mis fur l'aine gau-
chc,,S: foi) extrémité B en entourant la moitié du corps foit appuyée bien fer*
me au Dos fur le milieu de l'os facrum,auquel endroit il doit être vn peu large
6c demi rond de peur qu'il n'offen ce la partie fur laquelle il repofe : ks bords ;
auffi de la ce inture doiuent être par tout vn peu relcués en dehors aucc des pe-
tits trous de tor.s côtés par kfquchpuille palier feulement vne aiguille,^ il faut
attacher la lame de fer à cette ceinture,lri ou le C eft marqué qui doit être fai-
te en forte qu'elle rcpoulîe en dedans la Tumeur du péritoine Ôc bouche le
conduit par kqucl dtcendent lesintcftins , partant il faut de neceflîté qu'elle
panche vn peu en dedans:mais parce que l'ccuiron ou la lame de fer ne peut pas
faire cela toute fci;k,voila pourquoy il k fautgarnir de litge,de laine & de fu-
taine comme aulTi toute la ceinture : or la partie d'icelle qui va depuis A à B.
«'ea pas de fcr,mais de toile menue qui n'a point été blanchie qu'il faut couper
Des Tumeurs contre Nature. ii{
de toile de coton: la façon de ce Bandage eft afscs difficile mais il eft très- corn
mode, i'il eft à vôtre fanrafic, faites en vous me'mcs f comme i'ay âcouramc>
vn modèle de plomb, auquel vous attachcrcs vne lame de Fer blanc auec l'ai-
guille & du filet : le malade fc fcruiia de ce Bandage iufqucs à çc que vous aycs
trouuc la iuftc mcfure , alors vous prcndrcs diligemment auec vn bâton la di-
ftance qu'il y a dés la lame ou écullbu C iufqucs à B «3c ainlî le Serrurier ne fc
trompera pas quand il en voudra forger vn, principalement s'il regarde de prcs à
cette diftance : on peut ôter ces bandages de nuit afin qu'ils n'incommodent
pas en dormant , mais à condition qu'on foit foigneux de les âtacher ferme
auant que fortir du lit.
Quancaux médicaments ils font ou internes ou externes: les internes agilTçnc
ou par vne manifcfte qualité ou par vne cachée & fpecifiquc : ceux qui agilUnt
par vne manifefte font ceux qui par leur grande adftridion & exiîccation rcf-
lerrent la produd:ion du Pericoinc & ferment le palfage aux Inteftins : les au--
theurs en propofcntvn nombre infini dcfquels voici les principaux ,- entre les
Racines celles de Bijioru Tlantagin. Pentaphjlliy des herbes , Sanictila , Âlchy-
miUa, TyroUy E^uifeinm, Burfa Ptnjïorisy Ce/itiriodia, Prunafyluefirin mmaturay
Nnces cn^rejfi, Balaufiia, Bolus Armena "^era, Terrajtgillata, , cornu cerui vjîum,
/podium çjrc. mais ie tiens l'vGge de ces médicaments fort dangere-jx en ceux
quifont auanccs en âge, car comme vous (çaucs , ils font fuicts aux obftru-
6tions > à caufe dequoy les opérations naturelles ne k font pas bien iSc ainfi il
faut âprehendcr que le Foye & les nutres vifceres principaux ne foyent offcii-
ccs par CCS Adftringents : en après ie ne puis pas comprendre comme leur ver-
tu adftringentepeut aller iufqucs à lapaitie , <5c quand bien elle y iroif , ce ne
feroit pas ians auoir fait du mal 3c cause des obftiuâ.ioni dans les parties No-
blc5, au Foyc, Rattc, Reins & toutes les vénes, «3: partant ils fcrovcnt plus de
mal que de bien : ôc quoy que ces fimples que l'on appc le vuliîcrairci.,qui font
tousadftringentSjlduent beaucoup en dehors quand ils (ont âpliquésà propos,
fi eft ce qu'étants pris intérieurement ils n'apportent pas le même fr(iir>au con-
traire ils portent beaucoup de preiudice:que s'ils Icriicnt à confolider , fi eft ce
qu'en produifant des obftrudions dans le Foye & aillcuisjls nuisent plus qu'ils
neferucnt.-vous écriucs cncor que ce Seigneur a Jés 4o.ans vne couftipatîon de
ventre, laquelle fins doute s'augmenteroii par Tvlag. dscs medicamcnts,mais
vous içaucs combien elle poite de preiudice à ceux qui Ibnt Hernicux.
Entre Icj. médicaments qui opèrent p?r vne qudlicc fpe-cifiquc , voici ceux
que i'ay cprouucêtrc les meilleurs Radiées Cor.fol. mai. HertiiariayLumbrkî ter-
rejires, Pulmonaria jnaculofa, Priapus cerui, femen perfoliat£ : U Ptfofelle on Au-
ncula rauris,c^uoy qu'elle relïerre fort, neantmoinsl'cxperi.nccfait voir qu'elle
guérit les Hernies, Si eft ce que ie ne m'en fuis iamais ferui qu'cxtcricurcmeiit:
ou peut faire auec les médicaments fufdits des Poudres, des ck(5luaires,y âiou-
tantduSyropdcconferucderaciatdcconfglidclagrandc: dci Tablettes & des
0^3
12.^ Liure Premier
Piiulcs aucc delà Terebentine fclonle choix du malade , y âioutant vn peu de
Crénelle ou de graine d'Anis ou leuus huylcs dilHUccspourdilîiper les vents ôc
ai^'er ladigt ftion de l'eftomach, pour ccc effet i'y mecs aufii des pellicules in-
ternes de go(îcr de poule.
il fâuraudî prcdre garde que voftie m:ilade ne fuiue vne niauuaife fnçon de
viure , il doit principalement s'abftenir des chofcs qui engendrent des vents:
le ventre doit ctie libre afin qu'il ne face point d'effort allant à la Selle , par*
tant il doit fe feruir de Callè , de Rhubarbe auec myrobalans ou auec des
prunes laxatiucs : le ne dcfapprouue pas 1: s lauements , lî ce n'eft que le Boyau
.(bit décendu au Scrotum, car alors il faut s'en abfteHirtotalemenr: voilà quant
aux médicaments internes , ie veuxadiouter quelque chofc des externes , Icl-
quelsjComme ie l'ay expérimenté font le plus grand ciîet y âioutant vn bon ban-
dage qui retienne le Boyau: ils doiuent être tous fort adicringencs, dcficcatifs «Sc
carminatifs on les fait en forme d'Emplâtre ou d'onguent ou de fachet : entre
les Emplâtres il n'y en a point de meilleur que celui c^'Arnould de Villeneuve
appelé de Pelle Ariecina : on en a fait vne infinité à l'imitation de celuy-là : ie
m'en fuis ferui heureufcmcnt es cnfonrs, mais non es grandes perfonnes , car à
caufe du poil qui eft aux aines , il s'y attache de telle fiçon qu'il y vient de la
douleur laquelle fait atrradion d'humeurs & ainfi la partie s'humede ik fe re-
lâche: on fait des linimcnts auec hnyle , grailfe ôc limples adftringents , mais
parce que la faculté relaxante de l'huyle prédomine toufioursjie ne fçaurois les
approuuer: il faut donc fc feruir de fomentations faites auec choies fort adftrin-
gentes comme font Rdiâices confolidjt mai. Bijlortit, TormemllU, Plantagmis.ex
fjerhisyfanlcHUy PyroU, AlchymiHa^ AnncuLi murts , EciaifetOy Nuctbns cftpre/ft,
Callis, maUcorio^Balai^tiis y femr.e plantaelms, perfo limita .fcf/i. Anijî . carni, ctt-
mini & femblables qui conlumcn: les vents : i*y âioute aulîi le plus fouucnt du
ftl & de l'Alun,decela ie fu's dus fachets de telle grandeur qu'ilipuiilènt couurir
toute l'Aine ou au moins la partie , il les faut faire ciâic en vin rouge ou en eau
de forge de maréchal y âioutant vn peu de vinaigre , étant d'âuis que voftre
malade le férue de ces fachets feulement de nuit^ôc du bandage le iour fans Em-
plâtre pour les raifons que i'ay dit.
Vous me demandés en troiliéme lieu fi on k peut guérir par le moyen de la
Sedion fans qu'il encoure aucun danger , elle eft véritablement le dernier re-
mède auquel il ne faut pas venir que dans la dernière neccflîcé &c après qu'on a
tout ellayé, fur tout en vn âge auancc comme celui-la:car on ne peut pas la fai-
re fans caufer vne grande douleur & fans danger de la vie , comme l'aifure Va-
lefcus de Tharanta lib. 6. cap. de Herniis, Celui, dir-il, qui cntrcpicnd de gué-
rir par incifion vne perfonne Cacochyme ou débile, ou âgée , veut paiïer pour
homicide : partant ie ne fuis pas d'auis que l'on l'entreprenne en vôtre malade,
veu principalement qu'il n'y a pas, comme ie voisj vne grande necefllité , car le
mal eil cncor en fon commencement & la relaxation n cil pas des plus gran-
des.
Des Tumeurs contre Nature. n-y
es, croyant que le Bl^c^.^g^ s'il cfl bien (ni &c bien mis, fera fiiffifant : neant-
noinscn vnc cxticme nect-dircon poat l'entreprendre , pouiueu q:ie les par-
ies Nobles foycnt fniiics ik c^u'il n'y a point de dcFiat conlîd^rable, comme cet
xcmple 1* fait voir : l'aiiiôoS lors quci*exer(;ois la M^:dccinc& la Chiiurgie
Paycrne, ie fus founent prie pai M. Ican Ni. lier Allemand de nation , mais
labituc audit lieu, que i*cntrcpiHle de 1; gacri. par Cébion , veuqueles banda-
is n'eftoyent plus ruiïir..n:s pour retenir 1 initftin : ic ne pus iamais le diffaî-
1er de Ton delTcin quoy qu'il eut 71. an pafscs : enfin comme il voulut Ce met-
reentieles mains d'vn Empiiic , de peur qucpisncluyauinr, i'entreprisl'o-
>eration ; l'ayant préparé long- rcmps auparauant ie la fis le 8. de luin laquelle
■cuffitfi bijn qu'il a vécu longues années après : c'cftoit vn homme robufte de
on naturel Se doiic d'vne bonne conllitution feloa fonâgejfi ce n'eft qu'il êtoic
uiet le plus fouuent à la Grauclle-
Vous me demandés enfin par quel moyen on pourra empêcher le mal d'aller
^lus auantr'vous le pouués conoiftre parce que i'ay dit ci-dellus, alTauoir en luy
raifant tenir vn bon régime & principalement le faifant abftenir de tout ce qui
sngendre des vents , comme auflâ s'il fe (erc de fachcts faits de chofcs adftcin-
gentes ôc qui confumentles vents, en portant auflTi à l'ordinaire vn Bandage,
fi ce n'eft de nuit : ie dis à l'ordinaiie parce qu'vn des principaux d'icy l'ayant
négligé quelques iours , tomba en vne Iliaque paflion de laquelle il mourut.
Obferiu 75. Cent. 6.
1
OBSERVATION LXXXV.
De l'vfage des Lauements quanà le Boyau efl décendu au Scrot\im.
E vous écriuois dernièrement que les Laucm.cnts êtoyent fufpcds quand le
. Boyau étoit décendu au Scrotum , ne eroyés pas pourtant que- ie les des-
approuue entieremenr,carla décence du Boyau au Scrotum ou n: fait que com-
mencer ou bien elle cft inueterée; quand elle commence ik que les accidents ne
font pas tncor grands,alo;s il ne faut pas fe fcruir de Lauemencs de peur qu'ils
ne dccendent au Scrotum en même temps auec le Boyau & qu'ainli ils n'aug-
' mentent le mal: il vaut donc mieux, li le ventre cft rtiLrté, fe feiuir d'vn fuppo-
fuoire & mettie vnfachet fait auec des choies cmollientcs & carminatiues,cuic
en eanj & ay.mt mis le malade au lit la Te Oe balfe & lej» pies relcués en haut,re-
poulfer l'intertin en fa place, ce qu'cftant fait il faut mettre incontinent vn Ca-
chet fut de choies adftiingcntes cuit en eau de forge afin que ces parties par
trop relâchées jToyent rcllcrrées &c que la production du IViicoinc fe ferme; ce-
pendant il faut netoyer le Boyau Colon ^ confumer les vents qui y font l-f^uels
■ poulKnt le Boyau au Sciotum, or pour ce faire il n'y a rien de plus propie que
les Lautmeats- fi c'cft quelqu'vn des fuperîeurs qui foie décendu i mais
u8 Liure premier
en outre ilfe faut encor feruir de quelque mcdicament lenii:if,car iceux ne peu- j
uentpaspaL-uenir naturellement iufqu'aux Boyaux d'cnhaut : parvne Décente-,
inueterce i'en'tcnds quand le Boyau a de- j.i croupi quelques iours dans le Scro-Î
tum ôc qu'il en arriue des mauuais accidents, comme dureté & tenfîon'du Scro-
tum, douleur, vomiircmenti inquiétude, fièvre & autres , en ce cas les Laue-
ments non feulement font vtiles mais aufll neceffaircs &c ne faut point appré-
hender qu'ils décendentau Scrotum, carie Boyau quiefl: engagé dans la pro-
dudion du Péritoine 6^ y eft ferré , empêche qu'il n'y puillc paruenir : mais
fuppofons qu'ily aille quelque peu dulaucm.nt , ie ne vois pas quel mal il en
,peut arriuer, car il ramollit le Boyau, le rend fouple, appaife la douleur ik àiC-
(îpe les vents, ce qu'il faut faire en vue Décente, pourtant ie ne ci ois pas qu'au-
cune perfonne de iugementles puilfc cond,imner,fi ce n'cft comme is.y dit qu'où
s'en veuille feruir au commencement. La même.
OBSERVATION LXXXVI.
^€ia Sarcocde ou Hernie charnue & pourquoy elle vient plus fomenta
au coflé droit.
VN ieunc homme de bonne maifon embralfantfa maitrelTc, comme il
êtoit fur le moment de réiacuiacion,quelqu'vn entra en la chambre dont
il fut tellement troublé que la fcmcnce rebroulîa chemin & fut retenue: il luy
vintapres de la douleur en l'Aine 6*: les Tcfticules enflèrent : ayant caché fa
maladie déboute, la douleur palfa peu à peu d'elle même en l'Aine gauche,
l'enflure fe diflipa & le Gcnitoirc reuint en fon premier èiM , mais il relia vue
Tumeur au droit qui par fuccefllon de temps fut conueitic en vue grande Sar-
cocele: ayant été demandé pour coniulter auec des Médecins très fameux , ie
trouuay que non feulement il s'eftoit amafsc delà chair autour du Tcflicule,
mais aufll le Scrotum tellement enflé à caule d'vne dcfl'ixion d'humeurs fcreu-
fes, qu'il êtoit quafi delà grofleur delà Tête d'vn etifant.
l'ay vcu à Cologne vn Noble Patritien auec L- Médecin Slotanus , lequel
auoit vne grande Sarcocele qui êtoit auflTi au côté droit.
Il y a trois ans pafsés que iefus âpelé à Berne pour voir vn Gentil homme
auec MrPaul Lentulus Médecin ordinaire de la Ville: il auoit été trauaillé quel-
ques années d'vne Sarcocele au côté droit auquel il finuint aufli vne Hernie
Aqueufe, de forte que le Scrotum êtoit venu à vne telle grolIèur,que le membre
viril êtoit entièrement caché.
Il y a quatre mois qu'vn ieune homme de Payerne âgé de 14. ans me vint
trouuer à Laufanne : le Teftiicule droit s'eft:oitconuerci en vne malfe de chair
tres-durc beaucoup plus groflè que le poing, l'auoii deflèin de le traitrer au
Printemps fuiuarit, mais comme il me iiiruint quelques affaires qui m'en empé- '
cherenc
!
Des Tumeurs contre Nature. 119
choient cV que cependant le malaiigmcnroirhor. iblcmcncdcioui- en iour,ii s'en
alla à Fribourgxm il fe fit ti.iiricr.mais k- n'ay peu âprcnd; c ce qui en cft ariiuc.
le fus vne fois demande: pour voir le Ctnc de Vaux vallan(^on nomme Ca(-
par Perret: non feulement le Tcfticùlc droit s'elloiccn:^urci comme vue pierre,
mais auflî les vailTeaux fp-rmatics, de forte qu'en prcirint l'AbJomenauec la
main ic poiiuois remarquer cette dureté en l'hypochondre droit : or la douleur
qu'il fcnroic à l'endroit des vailîcaux (pcrm.aticsordinaiicmcnt influes au Rciti
droit, marquoit que le mal montoic iufques i l'origine d'iceux : il y auoic outre
celavnvomiirementaiicc perte d'appctir, non toutcsfoisà caufe de (on Hernie
commcauoit cru celui qui l'auoic veuatiaiit mo) maisà caufe d'vne Tumeur
doloreufv & dure qu'il auoir au droir du fond de l'cftom ich que l'on pouuoit
dccouurir aisément en prcifint l'A'^doTieu: en fomm.^ des L- temps que i'cxercc
IaM-dccine,ie n'en ay peu voir qu'rn feu! qui eut vue Sucocclc au côcé gauche
(^laquelle dégénéra enfin en vn Chancre vlcercinciuuble^ dequoy voici à mon
âuis> la raifon.
La Sarcocelc félon Galien fe fait quan j vn d.s Tefticules s'endurcit,(5c com-
raele même dic,il a du rapport auec le SchirrciGuidon &c des autres en rappor»
tcnc la caufe à vne abondance d'humeurs cralfcs qui dccendent aux Tefticules
aucc vne débilite de la partie: Platcrus dit quelle vient d\nt conruiîon des
vaiiraux fpermatics dans le Scrotum &c du fuc de ces Vailfeaux c^i abonde par
trop: Pierre Pigray d'vnc humeur contre nature laquelle palfe à trauers des vc-
nés &c qui peu à peu fe conuertir en cette fubftance chaniuC: mais de Vigo croit
/qu'elle fe fait par vne defluxion de quekjue humeur quani la partie la plus fub-
.tilc d'icelle fe refont pjr la chaleur du TclHcule &C ce qui efl: épais & gluant dc-
meurc,qui s'endurcit enfin en fchitre : or quoy qi>e toutes ces caufes puillcnt
, auoir lieu,fi eft ce qu'elles ne rendent pas la raifon pourquoy la Saucocele arri-
ve plutoft au côte droit qu'au gnichc : car au contraire il femblc qu'elle fe dé-
troit pluroft former en celui ci, vcu que le droit a plus de chaleur à caufe des
Tailfeaux qui y vi-nnenr des gr.m Is 5i. pour cette raifon il d jîr écre plus robufte,
Car la force, comme dit Gali.n.dcs ndions prouient dechileur & fechercire du
tempérament j le gauche donc étant plus foible que le droit 3c receuant m
fang plus impur, comme dit le même, il f.mble di ie que la fluxion y doit pl«-
toft dccendre dk que la Sarcoccle s'y doir plutoft engendrer qu'en l'aufc : or
comme cela arriue très raremenr,i'tftime auec y£ginera que la caufe en eft fatr
oofcurcrque fi on veut aioutcr à ces caufes la Rétention (?c altération ou vue cer-
taine corruption de la femence,il ne fera pas trop diificilc d'en ren Jre rai;'on,5>:
certainement il n'y a point eu d'autre caufe en ce Gentil homme duquel i*af
i raconte l'HIftoire ci dcllus, car les vaiifeaux qui êroyenr remplis de lêraence <?^
; d'cfprirs& la nature ne demandant qu'aie décharger, cette rétention <?c cerc-
.jflux de femcnce n'a peu fe faire fans vn grand danger,comme a montré la dou-
kur qui furuiatcn rAine,6c peut être que le même eft arriue aux autres lefquels
R
130 Liure Premier
par honte ©nt cachela caufe du mal, car telle forte d Hernies'arriue principa-
lement aux ieuncs hommes qui abondent en iang & en femencejviuant encœli-
bat; mais elles aiiiuent peu (ouuent au côte gauche,parce que la vcne fpermati-
que gauche ne vient pas de la vcne caue comme la droite, mais de l'emulgente
du Rein gauche , aiiifi il me fcmblc que la femencc qui vient de la véne emul- i
gcntc, contient quelque chofc de falc & de nitreux qui incife &: refout les hu- |
meurs craiïès &i vifqueufes qui vont au Tcfticule gauche & les empêche de (c
corrompre en les dcfechant. Obferu.Cjf. Cent. 4.
OBSERVATION LXXXVII.
D'vne Hjdroceie dans lacjjuellefe trouua vne certawe carnoftè attachée
aux Faijfeaux fpermatics,
I'Ay veu en Alface vn ieunc Gencil-hommetrauaillc d'vne Hydrocele:&: com-
me on luy auoit ordonne, & moy-mcme,parrefpace de 4. ans pUifieurs for-
tes de médicaments fans effctjies parents voulurent encor que ie fille elTay s'il
pourroir erre remis, confentanrs qu'on fit ouuerture au Scrotum pourueu que
l'on conferuaft le Tefticulc'.ic leur obcis (ousl'efperance que i'auois d'en venir à
bout en l'cTpacede 5. fcmaines,veu qu'en regardant foit à la chandelle foit au
Soleil il n'y paroiiroit lien que defeau claire qui fembloit enfermée dans vne
phiole , fans qu'on peut remarquer aucune dureté auec la main, ce qui me fit
croire & à plufieurs Médecins &: Chirurgiens qu'il n'y auoit lien que de l'eau,
mais ie vis bien qu Hippoc.à eu raifon de dire que le higcmcnt efl: difficile , car
après l'auoir préparé & purgé,ayant fait ouuerture au Scrotûauec monCauftic
fans aucune douleur & f.parci'Efch.ire trois iours après ie trouuay auec l'eau •
vne matière charnue & endurcie tout autour des vaiifeaux fpermatics : après •
auoir donc ôté l'cfchare & étant (orti vn peu d'humeur fere.ufe,il luy furuint vne ^ "
grande douleur au bas ventre, principalement en l'Aine droite qui êtoit la par-
tie ofFcncécm.aisquifut de fort peu de duvéc,car auant quei'eullc préparé mon
anodyn la douleur icdiffipa d'elle même, lanuitfuiuante le Scrotum enfla quel-
que peu de 0:1 Icntoit plus manifellcmenr cette Tumeur fort dure en la partie
fupeiieure de la prodi;6tion du Pericoine autour Àqs vailf^'aux lpermatics:il me
fouuint alors des grands (Se dangereux acciJcius qui arriucnt quand on fait fcCliô
en ces part ieSyCar il y a quelques années que Mc.IeanGiifton Médecin & Chi-
rurgien très- expert ayant ouuert le Scioturn à vn Savoyard à Lauf^nne & nes'c-
tant pas prépose d'y tiouuer autre chofe qu'vne Hydrocelc,il s'y trouua aufli vne
carnofité âtachée au Telh'cule ^ aux vailk-aux fpermatics, mais,par manière de
dirccorrmc noyée «SnI cachée en i'eau,laquelle peu après dégénéra en vn Chan-
cre malin ou le fuidit Gïiifon ciTiploya inutilement le Fer ôc le Feu.
Il y atioisans qu'ilm'arriiia qu.:fi laméme chofeà Laufinne en vn homme
»^c 4 ).ans, i'vn &i. l'autre ctoît rempli de mauuaifes hum.curs : mais ce Genriir
homme croit bien condituciconfidexant ncanimoins à paît raoy le danger , ié
Des Tumeurs contre Nature. ijt
{as en pcne,parcc que ie n'en auois rien prédit âuparauant,mais ce qui nsc don-
lîoit bonne elperancc écoic la ieunc(Tè 5c que iufqu'alors il n'y auoic eu ni dou-
leur ni inflammation ni ficvre, étant aucc cela courageux, obeïirant& prcft à
faire tout ce qu'on voudroitd'ayant donc purgé derechef, i'appliqiay delFis de&
chofes qui ramolilîoyent doucement & difîipenten même tcms comme l'Em*
plâtre de AiuciUginibus cmn Gummis, demelilotOy & de Ranis continuant quel-
ques iours; ayant remarque que le mal n'augmcntoit pas,m.iis qu'au Contraire la
j dureté alloit en diminuante qu'il n'y auoit rien demaliu f car comme dit Ga-
lien li.5. de (impl. mcd. facult. les médicaments emollicnts irritent les Tumeurs
Chancreufesj ie vins à des remèdes plus généreux : ic mis donc fur l'Viccre vnc
poudre fort emolliente & qui attiroit puillammentdu dedans au dehors;en de-
hors iemc feruis de liiiiments, emplàtres,cataplafmesj<3c re.Tnblablcs emollitifs,
de forte que par la grâce de Dieu ie vis mon malade guéri en l'cfpace de cinq fe-
maines: que fi le malade eut été Cacochyme, certainement il auroit été perda
à caufedela Defluxion des humeurs. Obfertt. 65. Cent. 4.
OBSERVATION LXXXVIII.
^D^vne Hydrocele henreufement coupée.
SI l'Hydrocelc vient dVne caufc interne & cachce,eUe âtaque le plus fouuenc
la partie gauche du Scrotum, &cette humeur fereule fc ramalïc dans la mem-
brane Erychioide qui cnuclopc le Gcnitoire, à caufe que le Rein gauche eft of-
fcncé,commc a très bien remarque DodoniEUS,car icclui n'attirant pas bien les
humeurs fcrcufcs & ne le renuoyantpas à la veflie par la véne (permatiquc qtii
fort en ce côré là de l'emulgcntCjils tombent dans la membrane erythroidc:or(i
on vient à la fection de l'Hydrocele quand elle vient d'vne telle caule & que l'oa
ôrc en même tcms le Telliculcjclle ne peut pas être faite (ans danger comme a
remarque le m.êmc Dodonxus Obfcru. 59. ôc 40. i' exhorte donc ie Chirurgien
de ne rien entrepiendre tcmeraiicmenr,& ne lailleray pa-» de donner courage au
ieune Chirurgien par l'exemple fuiuant faut s'intimider par ccluy que i'ay pro-
duit ^ par ceux que recite Dodona^us. -
Monfr laqiies Gcibct Commllfairc à Berne âgé de 43. ans hommic robufte &
debonneconrticutionflcquclenfaicuneireauoitéte railléà caufede la Pierre ea
la Vcflîe^ êtoit trauaillé des plufieurs années d'vne hydrocele au côté gauche:
tons les Temcdcs que ie luy auois ordonné & plulleurs habiles Médecins n'a-
i uoyent rien fcrui , de forte que le Scrotum iuyenfloit prodigiculemcnt , ce
I qui r ©bligea à me rapcler (3c à me demander les derniers remèdes , & quor
?[uc l'on ne peut pas l'entreprendre fans rifque , (1 cft-cc qu'il aima micui
e mettre en danger que de demeurer plus long tems en cette miiere > c:^
: \ quoy qu'il ne fouftlit pas beaucoup de douleur , ncantmoins cette Tu-
meur l'emprchoit extrêmement d'aller tant à pié qu'à Cheual ; i'ayaut
t donc bien préparé tant par vn bon Régime que par putgations (k pAt
R t
jjt Liurc Premier
la Gignce, le rcpucmcjmaj 1601. ic le mis fur vn fiegc &c ouuris le Scrotum au
delHi'S iufqu'à la Tunique Erythroide , ie L feparay quelque peu par dcuant
«l'aucc ladite membrane , mais parce que toute l'eau eftoic enfermée en iccUc
de forte que le Tcilicule y nagcoit , de peur qo'il ne s'y en fourra de la nou-
ueile > ie pris toute cette membrane aucc vne aiguille courbe Ôc vnfil retors
f laiiïànc les vaiircaux fpermatics J la liay & feiray médiocrement, en après
î'ouuris cette membrane en longueur au dcllbus de la ligature & en tiray quel-
ques liures d'eau, mais peu à peu de peur de difîîpcr les forces : en après ie mis
vne Tente afscs longue & épaiire trempée en vn blanc d'œuf à code du Tefti-
cyle quafi au bas du Scrotum : i'oignis les Aines & le bas ventre auec huyle
rofar, mettant par delTus vne poignée d'étoupes trempées en l'œuf tout entier
batuauec vn peud'ciu rofe : le iour fuikianc luy ayant oint derechef l'Aine &
le bas ventre i'y mis ce digcftif ^.Terebimh.loU 3 /j. cer£ nou£ ^&. gumm.EUmi
5 j. ol. rof. & amygd. d. an. ^IV ol. de vitell.cmr. 3 1;. diJfolnatHr gummi igné lenuf-
jime cum oleisyTerekifithina dr cera Jeparatim cmnpauxtlh olei llcjnefa^is & addi-
lis, fat vngtwitumtum ad?nifievitellnm oui , creci'^R. le mis l'onguent dans k
playe aucc des Tentes longues & cpailFcs y appliquant l'Emplâtre Baiîlicum : ic
ne changeay point de procédé iufqu'à-cc que la Playe fut furafamment venue à
Digcftion,cn après ie mis fur l'Vlcere vne poudre mundifîcatiue faupoudrant
d'icelle les Tentes vne fois ou deux le iour, le tenant ouucrt deux mois entiers &
purgeant le malade par interuallcs, enfin ie cicatrizay la Playe 5c le malade fut
gucii hcurcufcment.
Le Chirurgien doit être circunfpe(ft en cette opération à caufe desmauuaîs
Symptômes qui furuicnnent ordinairement: &c premièrement il doit bien pre-
par\i le corps : s'il coniedture qu'il rcftc quelque intempérie ou défaut dans le
RtiiJ il fc doit entièrement abftcnir de ropcration,ou fe contenter de faire inci-
fion au bas du Scrotum afin de donner ilfue à cet humeur ferculejie gardant bien
de laiirer boucher entièrement le pnllag'-, C commue on fait quand en coupe le
Telliculcy'dc peur que l'humeur fcreulcjqui ne peut pas être attirée par le Rein>
ne foit retenue dans l'Abdomaijafin s'il cft necelîaire, de la lailïcr foi tir par là.
l'ay vcu à Bcfançon vn homme de 60. ans à qui Me. Ican Grifîon faifoit rou-
tes les années vn' ouucrturedans le Sciotum pour bailler iffue à l'humeur fe-
reufe cicarrizant par après IVlccre : cet homme paruint à la dernière vieillcilè:
que s'il n'y a aucune tare dans le Rein «Se qud'on veLiiileentieremêt empêcher la
Dv-fluxiop, il f.uit faire l'incilion au haut du Scrotum proche les Aines , car le
Chirurgien ai :y dcuxbutSjle premier de vuider l'humeur fcreure,le lecond d'em-
pêcher qu'elle ncs*:imalïèdcrcwh:fauScrotum:maiscomncelc plus fouuent cet
eau vient du corps en la Tunique erythroide <3c y fait txtcnfion, ileft neceiraire
de faire l'incifion au haut du Scrotum , car par ce moyen les Tuniques qui ont
t:ç dilatées fc rellerrcnt & la cicatrice empcthe que l'eau ne puilfe par après dé-
cendre dans le Scrotum : pour mieux feire cette opération & auec plus de
facilite :
DesTumeurs contre Nature. ii»-
facilite il né faut pas attacher Ic^ patient fur vn banc ni le coudler fur le Dos,
mais il le faut faire feoir afin que l'eau dccende plus aisément en bas & que Ton
puiiFe plus facileir.entfeparer les niembrancs l'vne d'auec l'autre & les attraper
auec l'aiguille Obf66.Cent.\,
OBSERVATION LX X X I X.
DnfHCces de Cincijîon ^H'cne hydrocele.
L'Hernie aqueufe eft ou fimple ou composée , celle là n'a que de l'eau qui
ccend le fcrotumjla composée eft quand il y a de la matière pourrie autour
dutcfticuleouquand ily vientdcs varices; il aniueaufli quelquefois en même
temps vnc décente deboyau,comme ie lay remarque, èc fouucnc il croift de la
chair autour des tcfticules & de leurs membranes , car cette humeur fereufc
étant dcuenueacrejclle ronge légèrement les vênes capillaires «Se les membra-
ncs,de la vient que cette partie du fang qui trclï'ue , fe conuertit en chair à l'ai-
de de la chaleur naturelle, mais elle s'endurcit infenriblcmcnt à caufe que la
chaleur naturelle s'aifoiblit peu à peu, elle croit neantmoins par io\$ Ç\ piodi-
gieufement qu'elle palîè en grollcur laTeftc à\i\ homme ; le refte du fang qui
cfl fcreux , dilate peu à peu /i fort les membranes &c tour le fcrotum qu'on ne
peut pas fcntir auec les doigrs cette chair qui tft arrachée au tcfticule,
Vn Sauoyàrd âgé de 40.ans étant incommodé d'vne hydrocele des longtcms
fut gucri en Efpagne fans pêne par vn Médecin qui fir palfcr le fêron par le
fcrotum,quelques années après s'ctant mal goui;crné en k. fa^on de vfurc «Se ne
fe fouciant de prendre des remèdes , il dcccndit derechef des fej-olîtcs dans le
fcrotum lefquelles non feulement W nflcreiit extrêmement auec les membraness
mais il s'y fie aufli vnc carncfué laquelle étant endurcie par fucceffion de
tempsjtenoit vn peu du chjncre, comme la fuite le fit voir, car étant venu à
Laufannc ou pour lors étoit mnitre lean Griiton,on n'y peut decouurir aucune
carncfitc tant le fcrotum étoit rempli dcf.rohrc : l'ayant ouuert ilenfoitît
abondance d'eau après quoy il dcfcnfla, m..is peu de iours après il furuinr vnc
véhémente douleur , inflammation :5c enfin vn vlccre chancreux^ très malin
qui attaqua auec tant de violence l.s parties conn'gucs qu'on ne peut en aucu-
nafi(jon arrêter fa n alignité , ainfi en peu de iours il finit malheureufemcnt
favic^
QAie le Chirurgien donc examine diligemment tous les fignes des hernies
qui (ont proposés par Cclfe , Paul ^gineta & autres Médecins reccrchant foi-
gneufement l'circnce du mal auant que mettre la main à l'œuure , depcur que
le mal ne vienne pire: En après il doit prendre garde que le corps ne foit char-
ge de mauuaiits humeurs ou qu'il n'y ait quelque grand défaut aux rcins,roais£
R 3
134 Liurc Premier
toft qu'il aura remarque qu'il y a carnoficc auec l'eau , il vaut mieux faire
incilîon au fcrotum ôc feparcr le tcfticule ôc tout ce qui eft cru à Tentours
pourueu qu'on ôce iufqu'à la racine fi faire fe peut, car Ci cerce matière Ichirreu-
l'e s'tft dcja emparée du didymus ou de la production &: eft attachée à l'abdo-
men > c'cft en vain que l'on fera rinciUon «^ le Chirurgien fe perdra de réputa-
tion en tuant le mahdc.Oi^f.ôj Cent-^.
OBSERVATION XC
De la mon cpii eji arrinée après Cincîjîon d'vne hyârocele.
MOniîeur Pierre Crotcs du confeil de Payerne âge de quarante ans,homme
robufte & de bonne confl:ituaon,en l'an 1606. étant tombe de Cheual,
.fe froilla tellement le fcrotum 2c les genitoires qu'après la douleur il y vînt in-
flammation auec très grande tumeur : il cacha au commencement fon mal de'
honte,enfin m'ayant demandé confeil > ie luy ordonnay vnc faço-n de viure fo-'
brejie le purgcay & iaîgnay au bras , applicanr lur la partie dés le commence-
ment des remèdes anodynSjdilcuHTifs de tant ioic peu rep:'rcutents , rel qu'eft ce
Cataplafme. '^.Far.hnrdel 5/j far.fabar,"^ j.cojue in po/ca ad forrnam cat^^pla/rna'
tisjinf.ne adde pu! u-rqfàr. odorat, l fipo/l vnîeam ebullitionem remotis ab i^neaddé
»uum integrum cnm papuo rojac.f Car^pl. ie l'npi liquay ticce deux fois le iour
par l'efpace de trois iours fur le fcrotum : en aprcs i'cn mis vn plus refolutif.'
'^.Far faùar.^iij. Hordei 3 ucoe^itein vtno nibr.adformam catapLprflad.de pultt,
rofar.fior.catnomill.yneîilot.an \ '^.olrofar.ç^ camorn.ay. 5 i. vitell. draIbnm.oHtm.
A l'aide de ces médicaments la douleur (3c 1 i: Han-^madon ccllercnt cntiere-
ment,& la tumeur di (enfla principalement du côré droit du fcrotum : mais il
demeura vnetum:ur engendrée de leroHrés autour du tciliculc gauche en la
membrane erythroide. A caufc deqiioy ic le purgcay par inteiuallcs,faifint fur
la partie des fomentations Ôc des cataplafmcs qui auoyent la verru d'incifcr , de
refoudre & de diilîper ; mais voyant que tout cela êtoic en vain , ic hiy con-
feillay de permettre d'y porrer la lancette ou le rAloir, luy donnant elperance
que l'humeur qui êtoic enfermée en feroit tirée aisément ôc fans danger , &
quoy qu'il ne dit pas que non , neantmoins fes aft.ires l'en ayants empêché ,*il
voulut laitier faire la nature iufquesà ce que le temps fut propre : or quoy que
la tumeur au fcrotum augmenta peu à peu ^ que Thumcur fercule découla
plus en plus en la membrane erythroide qui eufloir, neantmoins il n'en fentoit
pas vne grande incommodité , pourtant ne s'en mctant pas beaucoup en pêne
il laifîa l'aftairciufqucsen l'an 1608. Alors en mon ablence il (l- mie entre les
«pains fll'vn impcriiiy;nt Charlatan, lequel ians conlidercr la coiiftrtution de fon
corps
Des Tumeurs contre Nature. 155
j corps ni qu'il s'êtoic tioiiuc en vngranJ f:ftin Icfoir auparauanr ayant pafsc
toiitc la nuit à boire , le ving^ois de May , après TauGir bien fait dcieuner ôc
boire du meilleur , il le mit fur vn banc & luy arracha le tcfticule auec violen-
j ce : ilfuruint vnc rrcfgt-ande douleur après l'Opération , (îc-vre ardente 3c
continue , veilles Se autres accidents qui tourmentèrent ce bon perfonnagc
fans aucun relâche iufques à la fin de fa vie , Ôc pource qu'il ne fe feruift d'au-
cun homme entendu .. ilTuruint auflî des défaillances !k des fueurs froidîrs, de
I forte qu'il mourut le vingtième iour de la maladieiApres la m^ le fcrotum ôC
tout le côté gauche enfla extrêmement & deuint noir &: liuide. 0^7^?-«. 68,
Cent.^-
OBSERVATIONXCI.
D'vn Tubercule après la morfute d vne mouche guêpe.
VNe Dame âgée de cinquante ans demeurant à la campagne & femant fotî
iardin il y a deux ans au printemps» icnrit tout d'vn coup vne douleur pi-
quante au bras gauche prés le coude en dehors , ce quiluy fit croire qu'elle
pourtoit auoir été piquée d'vnc mouche g'iépe , f'quoy qu'elle douta fi cela
fe pouuoit faire à trauers lachemife > »3c partant clic prcllÀ l'endroit auec les
ongles pour faire fortir l'aiguillon s'il y êtoit dcm.cui c j mais elle n'en peut ia-
mais découuiir ni faire fortir aucun , y étant rclté feulement vnc tà^hj rouge
femblable à vne piqueure de puce , fans qu'il y eut aucune tumeur ni douleur
finon quâdclle y portoitlamain : la choie demeura en cet crat vn an entier, an
bout duquel cette tâche commence à s'elcuer peu à peu 6: à le conuertir en vn
tubercule fort petit au commencement & qui n'cftoit pas plus gros qu'vn
grain de chanurc , mais lequel vint à aitgmcntcr en la fuite principalement
après qu'elle le fur fciui des bains d'Err^pûn, étant à prêtent de la gioilcur d'vn
pois médiocre coupé parla m.oicié que l'on a mis fur la peau : ii cil rouge i?C
obfcur enlafummiué auec dureté : il tiaitala furfacede la peau laquelle vient
en haut après le tubercule quand on le tire en haut fans qu'il y ait aucune du-
reté au dclfous encor moi'ns à l'cntour , comme cela arriue quand il y a eu pi-
> qucurcd'vnemouchcguépcrce tubercule venant à augmenter la douleur aug-
mcntoit aufl^jlaquclle renient au bout de quelques heures ^ dure chique fois
cnuiron demi heure, l'importunant principalement quand le temps elt dîlposé à
la phiye ou au vent ou bien quand elle fe lallè les bras en faifant les aftaires do-
meftiqucs : fi on le touche légèrement de la main , elle y fent vne aulTi grande
douleur que fi on mcttoic dcllùs vn chai bon ardent, de forte que le plus louuéc
'clic ne peut pas foufllir la chcmife dcllus , le couurant dés demi an en ça,aucc
rçirrlatip des Apôtrcsiquc ii on le prelFe rudement^Ue n'en knt prefquc poirtf
1^6 Liure Premier
& mcmc elle s'adouci Se s'appaifc Ci le preiîant ludemct quand elle vient d'eBr
xncmcs:& cômc elle me i'clift fm voir dcrnicucffhctu & demande aduis comme
elle le pourroic ôterje luy fis mettre deflus d .■ l'oppodcldoch dcParacclfc en lieu
de l'Apoftolicû pour eiïayer de faiie fortir raiguillon s'il y en auoit cjiielqu'vn.cc
que n'ayant de rien feruijie luy dis qu'il faloic recourir aufcr:mnis des quelques
femainesençaien'aypas peuâprcndrcrcflet de cet Emplâtre : que s'il ne peut
p.asêtre guéri par le moyen d'iceluy,i'ay aclfeiM de faiél palïèr vue aigiiille auec
le filet à i'endtttt ou il tient à la peau pour le tirer plus aisément en haut Se le
couper auec des cifeaux iufqu à la racine,n'y ayant à mon adiiis point de m^ il-
leur expédient : Obferuation Sj. Cenî.^. Lettre du DoHeHr SehAJtun Schobinger
Aiedecin k S. Gai.
Le cas duquel vous m'auer écrit eft fort rare & ne vient à mon aduis que
i'vnc piqueure de mouche gucpe,cc que ie crois d'autant plus que i'ay veu vue
chofe remblablcjen Alfaceenvn homme de cinquante ansquifjt pique parvnc
Guefpc au gras de laiambe:le tubercule étoit de mcmc figurc,couiçur &: gr.-ui-
deur Se Ci fenlible qu'il ne pouuoit pas endurer que le bord de fon maiiteaii y
toucha : ie luy donnay confeil de l'arracher iufqu'a la racine après y auoir
faitpalîèr va filet : ce que n'ayant voulu faire , icfis mettre dclfus de l'empla-
trc dcranis cum mci:<uiio,le couurant d'vne lame de plomb creusée; il s'en eft
fort bien trouuc, carilnes'cft plaint d'aucune douleur tandis que i'ay été far le
lieu,mais ie ne fçay ce qui eft arriuéparaprcs.
Qnant à la caufe de ce tubercule elle eft ou interne ou externe, fi elle eut ctc
interne elle feroit venue ou par fluxion de iang ou de quelque autre humeur,
ou bien par congeftion : il n'a pas été fait par fluxion, car elle aurait fcnti au-
parauant quelque émotion , ficure , bubon fous Taiflcile ou quc^tie choie de
Semblable : en aprcs la chofe ne Ce feroit pas terminée feulement à cette tâche,
mais il y auroit encor eu inflammation (S: tumeur au bras, or il n'eft rien arriuc
de femblable : iln'eit pas aufli venu par congcftiou, car toutes les tumeurs qui
fe font par vue erreur de la facuhé altcratrice & nutiiciue , ou bien par vue dé-
bilité de l'expultrice , vienneHtpeu à peu&: lentement , mais cette tâche eft ve-
nuetoutà coup j elle ne peut donc pas être faite par congeftion , il s'enluit
donc qu'elle vient d'vne caufe externe : mais n'y ayant eu ni coup ni chute ni
rien de fembbble qui ait précédé & cette tâthe eftant venue en vninftant, il y
a apparence qu'elle vient plutoft d'vne piqueure de mouche guépc que de quel,
que autre caufe .' la chemife aulTi n'a pas peu empêcher qu'elle n'ait fait palier
Ton aiguillon, & mefouuiersquelam.cme choie eft arriuée à cet homme du-
quel i'ay parlé ci deflus: c'cft par cette raifon que l'aiguillon a été perdu étatt
demeuré dans la chemife «^ n'ayant pénétré guerts auant dans la peau : mais ce-
ci eft remarquable pourquoy c'tft que le venin de cette guêpe ne s'eft pas éten-
du aux autres parties ou bien pourquoy c'cft qu'il n'a pas fait des plus grands
accidents en la partie qui a été piquée comme cela eft arriué en des autres , ce
qui
Des Tumeurs contre Naturel '175
qui s'cft fait afTurcmcnt parce que ces guêpes ccoycnc remplies dVn Tue veni-
meux &c non celle-ci j en après que le coup a été donne a craucrs lachemi(ê,
aînfi n'cft pas allé fi auant : quant à ce qu'il y a vne grande douleur quand on
touche légèrement ce tuberculejCela fait croire qu'il eft fur quelque nerf ou
partie nerueufe , mais il n'y en a quafi point en le preflant rudement parce que
les cfprits animaux font repoufscs aux parties voifines qui font moins fcn-
fiblcs.
Quant à la cure, elle eft ou palliatiue ou méthodique ou violente qne Ga-
lien appelle puil-fante: la palliatiue &: méthodique confifteàfairc obfcruei vu
bon régime, à purger le corps par interualles , à faire rcuuUion des humeurs
qui fluent fur la partie & à les vuider par purgations , faignces , ventoufcs»
fontanelles : ie voudrois mettre fur le tubercule l'emplatrc de ranis cum mer-
cmio Ôc vne lame de plomb enfoncée au milicu,depcur qu'elltr ne le prcife : ic
n improuue pas l'emplâtre Oppodeltoch, (1 on fe fert de la dcfcription que Pa-
racelfe a pris de Nicolaus lequel il s'eft attribue , n'étant autre chofçquc l'em-
plâtre Diuin, hormis quelques tranfpofitions ôc chingement au poids : il
fera bien plus efficace fi fur vne once d'iccluy on met deux dragmcs d'A-
tnalgama de faturnc les broyant enfcmble en vn mortier échaufc ; car par ce
moyen ilapaifcrak douleur & ramolira ÔC refoudra le tubercule : il y a trois
ans que nous cufmes vne fi grande abondance de guêpes en Eftc qu'elles en-
troyent par efiains dans les maifons , mais ie ne me fouuiens pas qu'aucun en
fut offcncc ; ie fis faire à tout cuenement vne huyle d'infufion d'icelles : ie
vous en cnuoyc vn peu afin que vous en faciès l'efiày , car ie ne doute pas
qu'elle ne puilfe faire du bien en âdoucifiànc la douleur & ramolilfant la tu-
meur , eftimant qu'il en fera de même que de Ihuylc de fcorpions ou du fcor-
pion broyé & applique fur la blefiure qu'il a fait, ou bien du poil du chiea
enrage mis fur la morfiire , comme quelques vus ont cru : en face Teifay qui
▼oudra, mais quantàmoy icne trouuc point de meilleur contrepoifon que
le fer chaud : & pour retourner aux remèdes qui agillcnr par fimilirude^, ne
voyons nous pas es brûlures que fi on approche du feu la partie,qu'il attire
l'cmpyrcume ? ce que font auflî leSel , lefauon <Scles oignons cruds ; ainfi
le froid tire le froid, comme chacun en peut faire l'expérience en hyuer.s'il
fc frotte auec de la nége ou eau bien froide les mains engourdies de froid:
que fi on les met auprès du feu , on fcnt vne grande douleur Se poignante:
Si ion iettc des pommes ou des raues gelées en de l'eau bien froide , on verra
fortir la glace qui croit au dedans , de forte qu'elles reuienncnt comme elles
cftoyentauparauant: que Ci on les met en de l'eau chaude ou tiède, elles fe
flctrilfcnt incontinent Se fc pourrificnt peu de temps après ; Si ces remèdes
ne reUlTilîcnt pas Se li le tubercule importune encor vôtre malade , il faudra
venir à la cure violente afçauoir àl'incifion ; laquelle ic voudrois faii.c ne plus
S
138
Liure Premier
ne moins que vous m'auez écrie , alTauoir paflant vn filet par dclTôus le tubei-]
cule , ic tirant en haut ôc le coupant aucc le rafoir , mais il le faut extirper en-:
ticrcmcnt aucc fa racine & laifîer couler le fang autant qu'il eft necciraiie, âiou-
tant vn peu de tKcriaquc à tous les médicaments que l'on mettra dclFus : Ref- '
fonce de l'j^wheur.
La malade s eft ferui quelques iours de fuite dcThuyle de guêpe, mais elle
n'en afenti aucun foulagement : i'ay auflî fait mettre fur ce tubercule de l'em-
platrc Oppodeltoch de Paracelfc auec l'amalgama de faturne qui n'a fait autre
chofc que d'attirer des petites puftules autour de la tumeur : cet emplâtre n'a-
yant de rien ferui i'ay confeillc qu'après la canicule on vint à l'excîlion queft
ic feul remède qui refte : l^fttrc du. DoBcur Schécn^er à vnjien parent , Qh^
ftrHdtm 88. Cent,^^
tIVRE
LIVRE SECOND
DES
OBSERVATIONS CHIIIVRGIQVES
DES PLAYES.
OBSERVATION PREMIERE.
jQj4e les tlayes dt^ Cerneau ne font pas necejfairemen^ ^
mortelles^non pas mêmes qumd quelque
Portion en efi ojléc^^
V E L QV'ES vus eftimcnt que le Cerneau ccant of-
fencc ou quclqu'vne de fes membranes, la mort doic
fuiurc nccclïàivcmv'Mt , à caule qu'Hippocrate dic,Sî la
veiîîc efl: coupée, ou IcCcrueau , ou le cœur ou le dia-
phragme, ou quclqu'vn des raenus boyaux , ou l'efto-
mach ou le foyc,il en faut mourir i mais par ce mot Le-
thalc ainfi que l'explique Gilien , Hippocrare entend
parfois que la mort fuit necetlàiremcnt Se parfois qu'il
y a du danger,& au commentaire fur cetAphorifmc : ildir qae les playcs du
Cerucau,fuion qu'elles foycnt profondes & qu'elles aillent iufqu'aux ventri«:-u-
Ics duCcrueau, ne font pas abiblumcnt mouelles,comme ic î'ay remarque .•'.-
SCS fouuent& le puis prouuer par exemples.
Il y a dix ans que demeurant chez ce renomme Chirurgien CofmeSlotanus,
il m'cnuoyaau bourg de Langcnberg le 8. Septembre 15S1. pour y traitter p! j-
fieurs malades: ie fus demande par vn Paylan nommé Ican Horftoman proche
I4<y Liuré Second des
Hattingcn pour y voir fa fœur qui auoic vnc pbyc aucc contufî© en l'os droit
àa finciput encor fracture & enfonce urc du Crar;c:elle vomit incontineut de la
bi'le & la viande crue,le code gauche tomba en paralyfie r.uec des conuuliîons
au droit, ayant rase les cheiieux, i'oftay aucc les doigts quelques fragments du
Crâne & vnc particule du Ceraeau de la groifeur d'vne fcve : Slotanus arriua le
lendemaia lequel ayant dilate la pîaye > enj:ira derechef quelques fragments
d'os & vne particule du Ccruciu vie la groC^.. d'viie uGifctre , ôc derechef il
ofta à diuerfcs fois en ma prefence de la fubftance du Cerueau, ôc neantmoins
cilecchappa.0^y^r«.i5.C<r;î/.i.
OBSERVA TION II.
Snr le mémefme^.
L*An i59é.vne fille me vint trouuer qui auoit vne grande tumeur en la partie
droittedu ilnciput , à l'endroit ou fe rencontrent la future droite & la
Coronale:luy ayant demande comme cela luy étoit arriuc, elle repondit qu'el-
le s'étoit heurte à vne pierre il y auoit lix femaines : mais comme il n'y auoit
ni douleur ni vomillèment ni fieure , il ne me vint pas en la pensée que le Crâ-
ne fut ofencc cncoi moins le Cerueau,ayant neantmoins ouuertia tumeur , il
en forcit vne grande quantité de pus S>c auec la fonde ie dcceuuris vne
grande fradture du Crâne : preuoyant du danger ie voulus' qu'on appela vn
JMedecin, Mr. lean Anthoine Sarrazin ayant été demande i'ouuris la peau en
croix & tiray force fragments du Crâne > de forte que le Cerueau paroilîbit à
dccouuert de la grandeur d'vntaler, caries membranes étoyent entièrement
corrompues dcfquellcs ie tiray quelques pièces en prefence du dit Sarrazin:
trois femaines durant à pêne fe palfoit'il vn iour que ie n'otailè quelque mor-
ceau de la fubftance du Cerueau que la nature poulfoit dehors , de forte que
l'endroit paroilîbit fort creux,fi eft-ce que le mouuement du Cerueau (c voyoit
manifeftementjde forte qu'il ne faut point douter s'ila mouuement ou non, car
il en a de foy même 6c non les fcuks membranes : ilfortoit fur la fin du Cer-
ueau dénué & deitituc de membranes des tubercules de chair femblables à dQS
lentilles, qui «'augmentants peu à peu fe ioignoyent l'vn à l'autre & faifoyenc
vnecouuerture charnue 6c afsés folide par le moyen de laquelle la cauitc fat
remplie & le Cerueau fut couuertn'l fembla que par ce moyen cette fille deuoic
recouurer lafanté,mais i'ay appris qu'elle mourut fix mois apres,ayant négligé-
de continuer à la traitter,à caufe que mes affaires m'appeloyent ailleurs: or ceci
eft remarquable que tandis qu'elle a été entre mes mains , il n'y a eu riifieure,ni
douleur ni aucun accidcnt,de forte qu'elle faifoit les affaires de la maifon, com-
me fi elle eut ctc en plaine faute aucc l'ctoimemcnt dc ccux qui l'ont vcu penfcr.
Exemple iiccond de lVhf\yC«nt,u
E
Des Tumeurs contre Nature. 141
OBSERVATION TU.
Smt le même fmet.
N mcme temps que ic traitois cette fille ie fus demande aucc Monfr. Ican
Anthoine Sarrazin pour voir ni Pa'iïan en vn village de Sauoyc qui aiioit
vne grande fra(5ture du Crâne dclTus los droit du Brcgma causée par vue petite
playe contufe :crât en grande fièvre & rcuerie auec Paralyfie du côte gauche ÔC
luy ayant ouuert la peau î la forme d'vn Y auprès de la frad;ure, ie tiray incon-
tinent auec les doigts trois fragments d'os afscs grands : ie trouuay aufli dans
laplaye vne portion du Ccrucau de la grandeur d'vnenoix , ce que le Ckirur-
gien qui le traittoit auparauant ayant veu / car il y auoit cinq iours ) dit qu'il
nefaloitrienefperer, mais l'ayant aduerti que lesPlayes du Cerneau fe guerif-
foyent quelquefois, il promit de faire tout fon poflible & luy baillafmcslcs or-
dres de ce qu'il deuoit obferuer tant au regard de la maladie que des Symptô-
mes : la fièvre & la réueriecelîcrent& le côte trauaillc de Paralyfie fut remis:
mais comme il reftoit encorà ôter quelques fragments du Crâne que le Chi-
rurgien lailla par mcgarde , quelques femaines après il retomba en fièvre »Sc
autres accidents & mourut peu de iours après par la négligence du Chirurgien,
car s'ils eullent ctc ôtcs comme il faloit , il n'y a point de doute qu'il auroit ctc
remis entièrement. Exemple j. de l'Obfem. 13. Cent. i.
OBSERVATION IVv
Sur le mémefmet.
L'An 160^' au mois d'Odkobre i'ay veu à Payerne vn Laufannois âge de 30.
ans -luquel le Bregma droit fut coupé par le trenchant d'vne cfpce à la
Sulife , le coup allant iufqu'à la Subftance du Cerneau auec Paralyfie du bras
gauche &: autres grands accidents; i'ôtay quantité de fragments du Crâne, enfin
il fut guéri par la grâce de Dieu.
Ces exemples doiuent aduertir le ieune Chirurgien de n'abandonner iamais
ic malade pour grande que foit la maladie &c quoy qu'elle L mblc incurabla : il
entreprendra donc la Cure & fera tout (on polTiblcmais a.^res auoir fait le pro-
gnoftic & protefté du danger , fans s'arrefter à cette maxime impie , qu'il ne
fàuttoucher ceux qui font dcfefpercs ; car il airiuc plufieurs chofcs dans les
maladies qui ont été cachées aux anciens ; Exemple 4. de ÏObferH. 15. Cent. i.
53
141 Liure SeccMid des
OBSERVATION V. , ,
Wvne riaye de Tejle mec fraBure du Çrane j rendHe mortelle
par la Colère.
VN icLine homme de 15 ans fut blefse p.ncc contiifion an Sincipin : nynnt
dilate laPlaye au premier appareil ôc tiré des ollclccs, clic vlm luurcufc-
nicnt à fiippuration? & tous les accidents s*appaircrcnt : le 14. ioor cranr pr/sé>
vn ieime homme qui Tétoic venu voir rny.inr mis en cholcrc , il rcromh.i en
en fièvre <:?c phrenefie & miouruc quatre ioars après : l'aynnt ouncit en prcfcncc
de Mr. Marc Ofiïedi Médecin nous iuy trouuâmcsles membranes du Cerneau"
coûtes enflammées auec les vénes Si artères bouffies de fang. Oùferjt, 18. Ccnt.i.
OBSERVATION VI.
DnpHs tres-pHant tronaé auec des ^oers^en la Dure mère.
LE régiment dcsSuilfes ayant été àéhit en Daaphiné l'an 1587 cnrrc ceux
qui Furent blefsés vn icanc hoitime lobuile bi de bonne conftitution me
mevinctrouuer: on Iuy auoic coupé vue partie de l'os Pariétal enuiroti de la
grandeur de la paume de la main qui êcoit rcflc attachée à la peau mufcu-
leufe^ demeuré en fa place engluée à caufe du fang & des Chcucux com.me
vne croûte laquelle couurant toute cette partie aauitétc caufe qu'il n'en ctoit
forti aucune matière faite lîx iours entiers après la Flayc:on trouua entre l'os fc-
paré& la dure mère beaucoup de matière puante aucc quelques petits fingméts
d'os, ôc ce qui cft plus confiderable, quatre ou cinq vers afsés grands : la Dare
nicre êtoit deucnue noire & infeélée de cette pourriture qui auoic croupi fi '
long temps : neantmoins le malade fut remis ayantêté traité par 1. A Sarrazin
Médecin & lean Griffon Chirurgien, auec Icfqucls ie me rencontray. O^jî^r» lé.
Cent» u
OBSERVATION VII.
lyvne blejj'ure de Tefie auec fraBure du Crâne rendue morteUe par la copulation.
VN icune homme robufte & bilieux fut blefsc d'vn coup de bâton au Breg-
ma gauche aucc fradure de l'os: ayant ctc demandé ie dilatay la Playe &C
U fis fuppurer, i'appaifay la douleur ^ arrachay quelques fragments du Cranc:
laplayc étant mondifiéc i'y fis venir la chair : l'ayant pensé l'eipacc de cinq fe-
maines, tous les accidents étants apaisés & laPlayc étant quafi entièrement
cicatrizée
Obferuations Chirurgiques. 145
cîcâtrîsce, il s'api'ocha d'vne garce : peu d'heures après il retomba en fièvre &
eut vne douleur de Tcfte plus violente qu'auparaiianr : il fe fit vnc Paralyfie au
coftcoppofite & les connulfions vinrent au bras du côte malade, tous les fym-
ptomes au<^menterent de moment en moment qui ne purent être arrêtes par
aucuns remèdes, ainfi ce miferable paillardinourut le quatrième iour. Ohfert*.
15. Cent. I.
I
OBSERVATION VIII.
Wi'vne hleJJHre en U Tejîe auec fraBnre dn Crâne rendue mortelle , à caufe <^uon
auoh mené trop de bruit antonr dur malade.
'Ay traite auec Cofme Slotanus vn g.irçon de 14. ans auquel le Bregma du
coftc gauche auoitêtc fracafsc par vnc Playcnucc conrufion , nous tirâmes
quantité d'oiïèlets, nous appailamcs la fièvre, la douleur & les autres accidens:
& fifmes défenfe au Père qui étoit Tauernicr dene laiilcr entrer en famaifon
aucun qui ioiiaft du Tambcuï ou de la Trompette, ou de quelqu'autte inftru-
menr , mais ayant méprise nos aducrtilïcmcnts il permit que l'on ioiiaft du
Tambour &: de la flûte prés de la chambre du malade , èc que des payfans y
danfalfent : le lendemain nous rrouuâmes le malade attaqué de fièvre , réneric
conuulfioîîs, nausée & autres pernkicux accidents à caufe dequoy le fils miOu
rut au quatrième iour : lePere enfutluftemcntmis àl'am.ende. Ohfernat. loi
Cent. I.
OBSERVATION IX.
*D'vne légère Playe en la TeJîe rendue mortelle far négligence,
VNe Demoifelle s'ctant c-chaufée en danfant , & étant tombée la Tcfte de- -
uant fur le feliil delà porte , fe fit vnc légère bUlfure au haut d'icelle
de forte qu'à pêne la peau fut entamée, Si parce qu'elle n'y <°ntoîtni douleur ni
inflammation,eUe méprifa abfolumcnt cette bklKirclc premier 5c fécond iouv:
au troifièmc elle luy fit vn peu mal S<. partant elle appela vn Barbier qui après
auoir rasé les cheueux, n'y voyant qu' vnc êgratigneure,- fe moqua d'elle: au qua-
trième iour il luy furuint vne pcfanteur de Tcfte auec vne légère fièvre : ayant
ctc demandé le fixicme iour, ie la trouuay en réueriejla fiiCt & les yeux. enflam-
mes àc la langue feche, de forte qu'elle vint à mourir le lendemain : luy ayant
ouucrt laTefteon trouua dufang amafsc fous le crâne & les membranes du
Cerucau enflammées , fans ncantmoins qu'il y eut aucun mal au Crâne : on
voit par là qu'il ne faut point mcpriferlesPlayes de la Tcfte pour petites qu'el-
^Ui fbyent, principalement quand elles font proches àQS futures , car il y a
444 himc Second 4es
vne infinkc cîe petîtesbranchcs de vênes & d'artercs qui viennent de côte &
d'autre des membranes du Cerueau Se fe fourrent dans lesSutures,par le moyen
dc{l|uclies le Cerueau cft attache de fufpcndu au Crâne ; ce qui cft caufc
que les contusions quife font en cet endroit paruiennent aisément aux mem-
branes du Cerueau auec vn cres-grand danger des malades. Ohferim. zj.
Cent. i.
O.BSERVATION X.
D'vne Playe de la Tejîe tusdan^erenfe.
D Eux Bourgeois de la ville d'Eftauay,du relTbrt duCanton deFribourg,An-
thoine Gioua& laques Pe^izicrjfe portants vue rancune àQS long-;cms, il
arriua vn iour,(6.06bob.i6o8.)q^e s'eftants rencontrés en vnc foire de Paycrne,
après auoir bien beu ils s'attaquèrent i'vn l'autre &. mirent la main à rcfpée,
Giouareceut vn coup auprès de l'œil gauche: ayants été feparcs> celui qui auoit
ctéblefsc tacha d'auoir fa reuenche & attendit Ton ennemi au palFage dans le
Faubourg,ou rayant.trouuéiirattaquarépéeà lamain,mais laques Pclizicr le
Weilà n fort àla Tefte qu'il tomba comme mort ; ayant par après reçeu encor
àts autres blelîures , il laillà fur la place vne fi grande quantité de fing qu'on
eut iugç qu'vn veau y auoit été cgorgc:êtant raporté en la mailon , il ne don-
lîoit quafî aucun figne de viejcar il n'auoit ni lentiment ni mouucment ne luy
rcftant qu'vn peu de refpiration & de pouls: incontinent vôtre femme fort
^entendue en la Chirurgie , regardai fonda toutes les blelFures, il y en auoit
quatre profondes en différents endroits de la Tcflc qui fe touchoyent ncant-
moins quaiî toutes , & alloyent iufques à la fubftancc du Cerueau , lefquelles
ayant fondé diligemment , nous trouuamcs quelques oiFelets en la plus
■grande laquelle commençoit à la tempe droite & aljoit obliquement
iur 1*0$ du finciput au côté gauche trauerfant la future fagittale : Au bouc
de cette playe il en commençoit vne autre , étants fl proches qu'elles fem-
bloycnt être vne feule, celle- ci fini(ïbit qua(î à l'os de la tempe gauche .• les deux
autres étoycntaufli fort proches l'vne de l'aune , dcfquelles l'vne commençoir
en l'autre bout de la plus grande playe allant par deflus la future Lamdoide vers
l'os de l'occiput i la quatrième qui êtoit proche de celle ci prcnoitaufTi fon
commencement à la grande playe , pafîlmt auflî par delFus la future Lambdoi-
de vers l'os de l'occiput : il y en auoit encor en d^s autres parties du corpSjalTa-
uoir vne fous le coude du bras gauche qui étoit ^^blique,large Se profonde,dc
forte que le grand nerf fembloit être coupe par le milieu : le petit doigt de la
main gauche ctoitquafi tout emporté ne tenant qu'à la peau: le petit doigt de
la droite étoit entièrement ouucrt débout iufqu a la féconde iointure : Se faut
remarquer que ces playcs du bras & des doigt» ccoycnt tcilcmcat sèches qu'il
Dcn
Obfcruations Chirurgiques. î4j
n'en fortoit pas vne goutte de C^n^.ou parce qu'il Ce icttoit fur la partie la plus
ofFcncce,alIauoir la Tcde, ou à cauic de la granJç perte d'iceluy : Apres auoir
examinée le naturel des playcs 6r lagranJe foiblclFc où il étoit, nous prépa-
râmes incontinent tout ce qui aoit ncccir^irc pour lctraiter,& cependant que
IVniuy ôtoit les ckciicLix ce dcllir- la Telle , nous luy donnâmes vne potion
cordiale &c trauaillames à arrêter le fang qui couloir de tous côtes , & après
auoir fait vne bonne ligature fur toutes k$ Playes & donne ordre qu'il fut me-
né en vne Hôteletie,il arriua qu'en le portant vne des âtaches fe relâcha de for-
te qu'il falut reuenir à le rebander de nouueau , & en même temps on luy don-
na encor vn Cordial qui auoit aulTi la vertu de fondre ôc ditToudrc lefang cail-
le qui étoit cpats par tout le corps : vn quart d'heure après ks conuulilons ar-
tiuerent fi violentes au côte gauche, leures, paupières , mufcles ped:oraux, &cc.
qu'vn homme tres-robufte auoit de la pêne à luy contenir le bras, lefquelles fé-
lon le dire d'Hippocfont mortelles quand elles viennent après vne grande p«-
morrhagieilc lendemain 17. Odob. il reuint vn peu à foy,quoy qu'il ne peut ré-
pondre que par oiiy ôc non quand onl'interrogeoit, mais les conuuliîons reue-
nçyent toufiours auec des grandes douleurs par tout le corps: le 8. Odobre les
conuulfions du bras gauche cclïèrcnt vn peu j qui duroycnt neantmoins encor
en la partie gauche du vifige:ayant eu la nuit fuiuante afscs paifible,&: le lende-
main 9. Odobre les conuuHions delà fice ayants vn peucefsc , fur le foir il fe
trouua tellement âbatu qu'il tomba en vn adôpilïcment , à caufe dequoy nous
mimes desepithcmcs cordiaux: 3i fur les 6. heures s'cftant reueillc auec vn ho-
quetjil rc ndit l'ame en criant bien haut: ayants débandé la Telle après fon decéf>
ilcnfortitvnefi puante odeur que pas vn de ceux qui étoyent autour ne pouuoic
Je porter ni âprocher le corps mort,le lendemain ayant voulu derechef regarder
les Playes nous vifmes vn grand amas de fang lereux,pûurri 3c puant : la Telle»
le bras & le ventre êtoyent li fort bouffis[piincipalement les bourfe's qui étoyent
de la grollèur de la Telle d'vn enfant ] que ce corps faifoit peur «Se toutes ces
parties étoyent venues auffi iauncs que faifran, Ol^f. 25. Cent.z.
OBSERVATIONXI.
^ l^vn coup moYtelfurl Occiput c^ de U puanteur ejui eJif.iruenHe après U mort.
L'An 1594. il arriua à Cologne qu'vn ieuneltalien,quià pêne auoit zo. ans,
ayant vne haine contre vn autre de la nation,hûrnmc robufteâgé dejo.ans
& qui n'auoit quafi iamais êcé malade, entreprit de i ataquer en trahifoa Se de
l'cchiaerauec vn bàron,ccqui luy reiiirit,car comme l'autre retournoit chcs foy
fur les 1. heures du loir,ctlui ci luy dccharo;ea par derrière vn fi irrand coup de
bâton fur la nuque,qu il tomba al mitant comme mort par terre perdant la pa-
role & le iugemont: étant porté dans fa maifonil expira entre les ^& 4.h.ures
du foir, quoy qu'il n'y eut aucune marquç de coup, encor moins aucune playe,
airuicmeiit à caufe des habits : ce qui fat remarquable en ce pcrfonnage > fut
T
14^ Liure Second des
vne horrible piinntcur qui fortit de fon corps aiifli tofl après lecoupdonncrellc
augmenta tellement qu'on fut oblige d'employer ceux qui ncttoyeiit les retraits
pour fortir le cadaurc hors de la maifon. Ohferu^ 26. Cent. 1,
OBSERVATION XII..
1)'viu dangereufc blejjure de Tefle.
ALbertOborfcicGeniil hommcauferuice duPiincelanutîusàRadzeuuil
fut blcfsé en vne cfcaimouchc d'vn coup de lance qui luy tranfpcrca la
Tcftc fous l'a-il gauche, Je force que la pointe de fer foi toit derrière le heaume à
l'endioit qui couure la nuque lequel écoit perccj^ la lance rompue de laquelle
il éioir refté vn éclat de demi pié:le fer étant demeure entier entre la Palais & le
Ceiueau: mais comir^e il ctoit courageux & robufte > après qu'il fut forti de la
ïTelée voyant cet ctlat de bois deuant les yeux , il l'arracha en colère auec les
mains,& croyant que le cafque lay pcfoit fur la Tcte,comm.e il le voulut ôter il
fentit qu'il êtoit attachc,ce qui le mit en grand pêne ne fçachant de quel côté il
dtuoit fe tourner pour trouuer pluspromptemcnt du fccours : enfin il fe vint
rendre au quaitier ennemij&: fut prt fente au General qui le confiderant comme
vn homme perduje laiiïa aller ou il voulut : de là fc prefenta au Compte Tar-
nouu Caftcllan de Lindomir lequel le remit à tfois Chirurgiens qui tous d'va
commun accord dirent que la Playe ctoit incurable, neantmoins ils voulurent
faire vnetentatiue (ur vn homme dcfefpcrc,^ à défaut d'inflruméts propres, ils
frapcrcnt-fort auec la t. (le d'vne hache fur la pointe du fer qui êtoit fiché en la-
Tefte tandis que de^ hommes robuftes le tcnoyent couche fur fen ventre, enfin
à pcnc le ti oilîcme coup peut ébranler ce fer 3 lequel après eftant arraché auec
êics Tenailles & qu'il fut forii beaucoup de fang on trouua âtachée à la bafe'd'i-
ccluVjqiia quarte angles das laquelle entre le bois Je la lancejvne cartilage oir
plutôt vne partie mince de l'os de la grandeur d'vn efcu , la pointe ayant eftc
cmoufsce par les coups de l'acliciil fut mené demi mort fur vne charrette àSid-
loiiic «Se mis entre les mains du Chirurgien du lieu (^lequel le iour fuii'iant arra-
cha deux doux qui rcnoycrit le fer att.iché à l.i lance , Tvn ties narines, l'autre de
laPi -.ycj.neanrmoins au bout de c\\m.\ (cmainesilfut entièrement guéri : la Ci-
cati ice il: rcftéc fi petite defTousrceili-^lequel n'a fouffc-c en aucune façon^'qu'ô
dîroit qu'il n'y aeuqu'vn périt vlcerc:dc l'autre cozé. , en l'occiput, il y eft de-
mcuic vne marque de la grandeur d'vnc f:vc:il fe porte très bié à prefent & à ctc
confidcré auec étonncment de rEltcl.deBrandeb.& de plufieuis autres Princes,
Et quoy que cette plnve ait été iugce mortelle par les Chirurg. neantmoins il.
k faut icy feruir de diftiuéb'oni Hippoc. dit que les playes de la veffie, du Cer-
neau,du cœur, du Diaphragme,dcs menus boyaux,de l'ellomach ou du Foye font
mortellcs>mais ce mot de mortel cft âpliqué par Hjppocrate par fois à ceux qui
Joiuent mourir nece{raîrement,& par fois à ceux qui meurent pour la plul-
part :.ceux- là meurent ncccflairemcnt qui font blefsés au cœur j lequel au dire.
d'Aiilloce
j Obfèruations Cliirurgiqucs. 147
î d'Ariftote eft la fontaine de vie,or quelques- vns meurent fur le champ ôc les au-
j très furuiuêc quelques heures après la Playc faitc,commc il y en a des exemples
I chcs Seuerinus li.i.Galicn dit auoir vcu fouucnt le Cerucau blcfsc, ce qu'il faut
•entendre des Playcs légères & fuperficicllcsjcar celles qui pénètrent iufqu'aux
ventricules foHC de necefîicé mortellcsûi faut apporter la même diftindtion des
Playes du Foye,car il y a des exemples de fupcrficielles qui ont êcc gueries,mais
vne piaye profonde eft entièrement mortelle à caufe de l'cfrufion du fang qui
cft le thrcior de la vie:de même fi la veine caue ou quclqu'autie vêne ou arrcrc
<îe celles qui font profondes eft ouuerte , il faut mourir de necellîtc à caufe de
rha^morthagie que Ton ne fçauroit empêcher : quant aux playes de l'cftomach,
quoyqu'Hippocrate les iu/^e mortelles , elles ne le font pourtant pas abfolu-
mentjtcmoin l'Hiftoire qui eft en la préface de la BafiUca Cliymica Crollij.d' vn
payfan de Prague qui âualavn couteau, lequel luy futtirc hcureufcment de l'e- ■
ftomach par vneincifion qu'y fit deux mois après Florian Mitthis Chiiurgicn:
il y a aufli des exemples dans Skenckius de Playes d'eftomach gucrics, comme
auflî des InreftinS(3<: de la Veffic.
Or quant à celle de laquelle vous m'ccriucs,quoy qu'elle ait ctc très g: a le tant
en foy qu'à caule de l'excellence de la partie oftcnccc,il faut poui tac croire qu'el-
le n'ctoit pas abfolumenc mortellc:ce que ie fcray voir par 1 < dcmonftration des
parties blefsces : vous dites que la lance auoic palsé fous l'œil gauche & qu'elle
auoit tranfpercé rout le col entre le palais ôc le cerueau,or i'citime que côme le
cômencemcnt de la playe a été fous l'œil gauchc,que de même elle a fini à côte
de l'êchine à gauche,»^*: qu'elle n'eft pas allé obliquerait c'eft à dire de droite à
gauche à traucrs du coljCar ainfi'Li trachée artereji'œfophague,répiiie du dos &c
la molielle auroyent êcc oftencccs en même temps:mais ie ne rcmiiquc vxis ^'ar
vos lettres qu'il loit furuenu aucun accident de ceux qui otitâcoûcumc d'arcô-
pagner ces playes, ce qui me fait derechef conclurre que le col a'ccé perce en
droite ligne îk non obliquement : premièrement le g- and os de la mâchoire
fupericure dans lequel entre vne partie des dents &c cft lous l'œil girî.he, a été
percéjen après la lance a percé les mufclcs entre l'artère carotide, la production
mammillaire,le goiier & la trachée artère délions le crâne à côté de l'efpinedu
dos:il n'y a pas vne de celles là qui ait peu necelïàiremêtcaufer lamorr,car quât
à cet os de la machoiie d'cnhautjicclui n'eftant pas fort dui,la lance l'a peu per-
cer fans grande violencc,en après commeil eft creux & plein defucquoy qu'il
ait été brisé par le coup,ncantmoins ils'eftaisémentreiiniparlemoycd'vnCsl,
comme i'cn ay veu vu cxepîeil y a 4. mois en vn homme Je 4D.a'is fort robufte
auquel cet os ayant été brisé Ôc enfoncé auec grande playe &c haemonhagie par
vn leuier de fer duquel fe feruent les maçons pour remuer les pierres; ie le guéris
iicâtmoins en l'efpaccd'vn mois,quoy que la playc fut fort grade d'elle même &. à
caufe de la dignité de la partie blelsée ; lans qu il y ait aucun mal en l'œil, hormis
que la paupière d'en bas penche ^s'abaille vn pcu,d'où il n'eft forti au'vo offclec
T t
14$ Liure Second des
lequel quoy que petit Se pas plus grand que cette marque ^^ la cicatrice neant-
moins eft demeurée enfoncée à Caufc de la perte de l'os : les autres qui êcoyenc
brises ôc que i auois l'ouiient touché auec la fond;*, fc font derechef rcioinrs par
le moyen du Cal : le p:u de fang qu'il a rendu fait voir que l'Arccrc Carotide 3c
que la véue iugulaiiC n'ont point été oiïcncécs^c.ir quant à rha2morthagic,qui eft
furucnue quad on a tiré le fer de la lanceji'ofcray bien dire qu'elle n'eft pas venue
parce que ces '/nillèaux ont été bleiscsjcar qui eft- ce qui l'auroit peu arrêter veu
qu'on la tiré dans le lieu où s'eft donné le combat,où il n'y auoit niinftrumcnts
ni peut être de medicamentsîoutre qu'ils font cachés en vn lieu très profond ou
les médicaments ne f^auroycnt aller qu'aucc pêne: à quoy faut aiouter que ces
parties font en vn mouuement continuel à caufe de rinfpiraîion & exlpiration,
&c à caufc du battement des artercs,or tout cela entretient vnehasmorrh.igie.-ie
tiens aufli que les grands Ncrfs,quoy que b playe ait été près de l'origine d'iccux,
n'ont point êcc ofîcncés,veu qu'il n'y a eu ni conuuUîoii ni vne douleur excelE-
uemcnt granderquant à ce que ces vailfeaux ont efté Ci miraculeufement con-
feruésjic le rapporte,apres Dieu,à la forme du fer de la Lance,car étant quarrc
ôc mouiîe,il a plutôt poufsc à côté les vcneSjnerfs Se artères qu'il ne lésa coupés,
tout de même que fi quelqu'vn veut percer de la toile auec vn poinçon rond ou
quarréjil poulfera les filets à côté fans les couper , lefquels retournent après fi
proprcmêt en leur place qu'il n'y paroit aucune marque du palîàge du poinçon:
l'ay veu vn homme à qui vne bâle de plomb auoit percé de part en part l'Abdo-
men fans qu'il foit furuenu aucun grand accident:certaincment les intcftins ne
furent point ofFencés,car veu qu'ils font gliifants, ils ont baillé palîàge à la bâle
qui êtoit ronde ôc polie; cette Playe donc n'eftoit pas de ncccflitc mortelle,prin-
eipalcmenten vn homme courageux comme celui-cy,dc bonne &: forte confti-
tutionn'l faut âiioiier pourtant qu'on la peut mettre au rang des plus grandes ôC
dangereufes & qui font le plus fouuent mortelles, à caufe de l'excellence de la
parcîCjCar premièrement elle êtoit proche du Ccrucau qui eft l'organe de tous
lei uns animaux: or nous voyons le plus fouuent que par vn petit couple Cer- "
ueau ( ft 11 fort ébranlé qu'il en vient des grands accidents &c la mort mémerelle
êtoit au(iî prés de l'artère caroiidc,de l'épine du Dosjde l'origine des nerfs, les .
Playes defqaelks parties font très dangereufes: en fomme ie tiens cette guéri-
ion comme entièrement miraculeufc ik. qui n'a iamais eu fa femblable. ObferH»
i.& z.de U Cer.tHr. 4.
OBSERVATION XIII.
D'vne très- danger eiife Tlaye de la Tejle amcfraBure & enfonceure du Crâne»
'X 1 N homme robufte & de bonne conftitution âgé de 24. ans après auoir
V bien bcu, fie 28. lanvicr 1624.J & penfant les chenaux de fon maiftre
tomba fut le pauc &: reccut vn coup de pié de chcual fur l'os du front au
delïbws
Obferuations Chirurgiques. I4P
dclTôus de la future coronalc, cuiali liir le lieu où finilTènt les clicneux, de forte
que le Cvaiic futbiisc i^ enfonce iufqu'aux membif^.s, ainfi on l'emporta
muet & d' mi mort en la maifon de Ion mnîtic: Ayant ctc demandé de nuit , ie
ne peus faire autre chofc quwafer les cheucux 6c ai i crcr le f ing:le iour fuiuant
en pcnfant derechef la playc, ie trouuay vnc grande cnfonccurc du Crâne fra-
timéyëc de côté & d'autre de la fracture,alTauoir au côte droit ik gauche , il y
auoit des fentes Ci grandes 2c ii larges que l'eleuaroire marqué en rObfcruarion
7i.liure5. ycntroitfans pénc: partant i'cilàiaj par tous moyens le fécond ik le
I troiiiéme iour d'cleuer en haut & d'arracher ces fragments du CranejCc que ic
I ne peus faire qu'en partie > voyant donc qu'il ne luruenoît pas des grands acci-
j dents , & que le fang cxtrauasc fortoit à rnilUaux par les fentes , ie ne voulus
! rien entreprendre d'auantage , attendant que la nature montraft ce qu'il faloit
I faire:Ayant donc ouuert ie Cranc le fécond iour ik mis da charpy delfus , de
! peur que les chofes gralfes n'oftaiçalfcnt les membranes du Cerueau, ie mis fur
la playe vn digeftif fait de cire,colophonejtcrcbenth.gommeelcmi, huvle rofar,
<le iauncs d'œufs & faftlan auecvn iaune d'œuf , tachant autant qu'il m'ctoic
po(îîble d'élaigir par force les leures de la playe aucc des plumaceaux ronds,
longuets & vn peudurSjpour les empêcher de (e reioindre & que les crcualfes
du Crâne ne viniîtnt à fe couurir de chair ik qu'aiiifi il ne s'amalFaft du fanf'
entre les membranes du Cerueau &C le Cranc, auec vn grand danger du malade:
l'oignis auflî route la Tefte auec de Vhuyle rofat mettant deifus de l'onguent
bafiiicumjiant bien le tout auec vne bande à deux teftes : quoy que la playe
ncfuft pas des plus grandcs,neantmoins elle fur entretenue ouuertepat le moyc
de ces plumaceaux &c bandes l'cfpace de cinq lemaines : cepenJaiitie tiray vint
& cinq fragments du Crâne , dcfqutls les yns ctoycnt petits ôc ne vcnoyent que
de la première tablejles autres étoyent plus grands 3c alloyent iufqu'aux mem-
braneSjCequi fut caufe vjuelc rnojucmcnt du Cerucnu fut apparent iniques à
la quatrième femaine : &C pour crr.pccKc.r l'air de nuire au Cerueau , à chaque
fois qu'il faiut penier la playe,vn valet tenoir vne paële à frire pléne de char-
bons à côte d'icclle,ou bien ie mcttois deifus vn l'icKc: t. haud : il coula abon-
damment iufqu'au fixiéme ou fcpcicme iour p.ir Ls crcualTes du Crâne vnc
humeur qui ctoic comme de la lauurc de chair , laquelle neantmoins peu à pem
fe conucrtit en pn<j,Alors en lieu de charpys fcc, i'c n mis fur les fentes qui ctoir
trempe cnmichofat , & fur les leures icdigtvtff-.^: longnenr précèdent , conri-
nuant pînfi iufqu'au J5.ioiir , En après ie mis fur la playr vne poudre catagmati-
que la rempliffant de plumaceaux bien Cçcs S: durs de ficur que la chai: ne \mt
par trop à Croître Ôc aioutay ce cataplame. ^. h'ol {j- flor.heton. rofar. falH.for'if-
mar.nuurthet.camom.fambuc.prïmulA virisiafj.m.jfem.aneth. y].f.pulHistetm}ft'
mus,dein.T>z.farfabar.ln].pHlH.pr£fcr}ptilt.cHm decoBo béton filH.rofar.& vrimu-
lavlr.fcataplafma adâefubfinem extrait béton. &falnia ari.lil^ vite/la oûoufj.z.
applica calidè bis in die : Aucc ces mcmcs herbes ic fis vn fachct piqj;c , lequel
T \
V^^o Liure Second des
i'apliquois chaiidemcjît fur la Tcfte ^ cuir en eau tandis qu'on penfclcla pîayc,
rinr pour le gaientirdf.lHniure de Tair que pour fortifier le Ccrueau i<<: pour
rcloudrclc langcaillc;la poudre catagmaciquc êtoitainfi faite. ^. Rad.irid.fio'
rent.anoeltc.garyo^hill.an.^uyUgnifaJfafraSy rofar.YHbr.odoriferarum an .'x^um.f.pui'
uis tenuij]'.
Quant aux remèdes vniuerfels , ie luy ordonnay premièrement vne façon de
viure très fobre & de s'abftenir tout le temps de la cure de vin & de fa femme:
en lieud'iceluy il buuoit vnedeco(flion de bctoine>agrimoine & véronique,
il receuoit quafi tous les iours vn laucment vn peu acre pour diuertir les hu-
meurs du Cerueau & lem pécher de fe remplir de vapeurs .• le fécond iour ic luy
fisouurir vne vêneau bras droit,car la playe pcnchoît vn peu de ce côcc & ti-
ray vne afscs bonne quantité de fang , & fur la fin de là cure en lieu du cara-
plafmc îemis l'emplâtre de bctonica : ainfi par la grâce de Dieu il fut tellement
remis,qu'ilneluy furuint pas le moindre petit accident ni mêmes de l'emocion
au pouls.O^r». i^.CentV.
I
OBSERVATION XIV.
De mèmefuiet»
L y a deux ans qu vn valet de Monfieur Rcx Médecin ordinaire de la ville de
Berne voulant décendre par des degrés tomba fur vne pierre, l'os du fincipuc
droit fuft fendu fans aucune piaye , partant le fang s'amalfa incontinent fous la
-peaurayant été demandé ie trouuay qu'il auoit perdu la paiole & tout ftupi-
de:incontinent ie rafay les cheueux éc oignis toute la Tcfre d'huyle rofat , mis
deirusvn cataplafme corroboratif <Sc vn peu rcpcrcu (Tif: le iour fuiuant, après
iuy auoir donné vn lauement , ie luy fis oiuirir la vêne du bras droit Ck tirer
prcsd'vne liure de fang,&: voyant qu'il y en aUoit vne grande quantité , icluy
en fis cncor tirer le troifiéme iour iufqu ahuit onces , mais comme il n'y auoit
pas apparence que le fang extrauasé &: rctcHu fous la peau put être refout en
vapeurs, auant le quatrième iour ie luy ouuris la peau en croix très à propos,
car non feulement le fang extrauasé forrir qui ctoit enfermé entielapwau & le
Crâne i mais aufli tout ce qui êtoit retenu contre nature dans la Tefte 6c le
Cerueau fortit par la fente qai êtoit longue & grande : Monfieur Rex ordonna
fi bien les remèdes vniuerfels <3i: moy i'adminilhay fi bien les topiques, que
ce icune homme fut entièrement guéri c^ fans qu'il furuint aucun grand acci-
dent la nnêmeo
OBSER-
Obferuntions Chirurgiques. iji
OBSERVATION XV.
D'-y^/V très grande pi aye de T ejle auec perte â'vne partleuie du Cerneau.
VN fol <.lar donna vn fi fui icnx coup de poîgnced'cfpee à vn Paylau nom-
mé Kraus dVn village piojhe de Durlac fiu- l'os du iincipuc dcllus l'o-
reille droirc, que le Cianeayanc cftc fracafsc ^k. les membranes lompues la lub-
ftance du Cerueau qui êroit dclîôus fut meurtrie laquelle foitic les premiers
iours comme de la pourricurc, de foire que Ton voyoic vne cauitc au dedans du
Crâne dans laquelle feroit entrée vne noix : ceux qui auront ouy raconter ce
maljs'imagineronr incontinent que tous les accidents qui ont accoutume de
fuiure vne fraâ:ure du Crâne fc feront rencontrés icy à la foule,veu qu'ils fcm^
blentêtre infeparabics ^ pathognomonics, ceux, dit Hippociare,à qui le Cer-
neau cit diuisé,il furuicnt neccllàirement Heure Se vomilkment de bile. Item,
Apres vne blcfîure de Tos du Crâne fi elle pénètre iufqnes à la caui:é,illuruienc
ftupcurou ftupidité d'efpiit , Item ceux aufqucls le Cerneau iêté fore cbranlc
par quelque caufc cxternc,ils perdent incontinent la parole de nccefTitéjmais en
en ce cas il n'cft pas furuenu vn feul des accidents que décviuent Hippocrate
& les maîtres de l'art ni au commencement <\\\ mal ni en toute la fuice,hormis
vne petite fîeure qui cefîa incontinent après lafiippuration:on trouue plufieurs
fuxHx
fe
exemples de cette nature en des authenrs-dignesde foy , mais ct.luici LvX iuxhx
pour me faire croire qu'on ne pt ur pas dire ?iruremc nt , li les luldits iigncs ne fe
rencontrent paSjque le Crâne n'cft pas ofKncc : AmbioiL- Paie ferr.blc aulS
être de cet âuis quand il dit au Hure q.chap-z. Qa'il y a fouucntxuhaclure du
Crâne , quoy qu'il ne foit furuenu aucun de ces acciJcnrs aulTi toft après le
coup:mais d'où peut venir qu'vn coup qui lîI: iugc morte! par tou-sà crc ii heu-
rcufement guevi ? le fçay que les playes font dittacntcs les vuisdes autres fe-
lon laditiciente confti-urion du coips& de l'elpiic du malade : parqaoy ce
Pay{an,quoy qu'il fat d'vn tempérament mclancholic tant du fou tuturel que
par l'âgcf^car iîauoic 47.ansj fe nounillànt aufli telUmenc qu'tllemcntjfi cft-cc
que comme il êtoitlobrc & allidu au trauail ilcorrigeoit par ce moyen le dé-
faut de fa complcxion:quanr aux padions de l'ame il ctoit aises modcic, ce qui
cft fort important en toutes playes & fur tout en celles de la Tcfter quant à U
curejil tomba entre les mains d'vn Chiringicn qniauoir plus d'cxpcrieace que
de Théorie , lequel n'y procéda gueres mcthadiquemeiit > pumi.remcnt
il dilata la playe après auoir fiit vne incilion en croix ôc ôtc dos fragments
d'os , pour bailk-r ilfue à la fan^ qui fortoit aifemcnt d'elle même à. eau-
ie de la firuation de la partie : il mit dans la cauitc qiii êtoit demeure pap
la perte çlc cette portion du Cerneau laquelle êtoit fondue pat pouriita-
ijt Liure Second des . 1
te &c qui vcnoit peu à peu plus grande , de longucHt digeftif , ce que-
fous n'approuucnc pas ; quelques iours après il y mie vn liuge trempé eu
égale poition d'huylc & miel rofac , enfin à iiôrre perfuahon il y mie du feul
miel rorac,& couurir après félon noict â jis le Craiie qui étoic dccouuert , & le
relie de la playe quiécoic en la peau,auecdcs pliimaccdiix bien entortilles, (s'i-
tantferui auparauant de médicaments gras ) mettant par deilus vn linge ployé
en quatre trempé eu du vin chaud où auoit cuit de labetoinc & fembiables
heibes:il vécut fobLcment au commencement , le icruant d'vne prifane faite
auec des choies cephaliques pour fon boire ordinaire:il vfi d'vn cleâruaire en
partie alteratif en partie corroboratifil ne fut point faigné ni purgé : n'y ayant
pas de la feuretc en la purgation il eut touhours le Ventre libre iufqu'au 8.
îounquand elle nefaifoit pas fon deuoir, il fe feruoitde fuppofitoircs : il ne fut
îamais altéré &c n'eut point de mal de cœur,dormoitbicn: fon poilectoit quel-
quefois trop chaud quelquefois trop froid par la négligence de ceux qui le fer-
uoyent : à chaque fois qu'on le penfoit il s'habilloit & fe metoit fur vn banc,
nui n'ayant le crédit de le fiiire demeurer au lict : fur le 14. iour on commença à
voir comme des points de chair en la fubftaiice du Cerueau , lefquels augmen-
tants de iour en iour <!^ venants à fe ioindic formèrent vue malfc qui ne rclfem-
bloit pas mal à la fubftance du Cerneau laquelle tint place de ce qui êtoit per-
du , &c en même temps le trou de l'os \u\z à fe boucher par le moyen du cal
qui croilfoit tous les iours,& enfin fut couuert de peau auec les cheueus,de lor-
fc que dans trois mois il fut entièrement guéri 6c reuint à fon premier trauail.
Lettre de Lonys Schmidt MedeciniObf.tJf.Cent.y .
O B S E R VA T I O N XVI. 1
D'vne pUye en laTefle tjtti a étéfiiuie d'vn tetane & de conuulfîon Cynique : ou ia
^ueflion efl decidécfi les pUyes du finclput font mortelles commz^
vent Realdus Colunéns.
JE lifois dernièrement Realdus Columbus qui dit au premier liure que les
playes du finciput font mortelles pour la pliifpart/ans donner aucune diftin-
â;ionnien dire la caufetmais ie veux faire voir par vn exem.ple ou deux que ce-
la n'eft pas toufiours véritable.
Il y a 16. ans que ie vis au village de Moutier prés de Morat vue fille de h ans
nommée Dorothée Maiif étant tombée de haut fur le paué &: s'étant fait vue
petite bleilure delTous l'oreille droitte,ou demanda vn Barbier qui la tiaitta à la
fiaçon accoutumée elfayant d'y faire venir la cicatrice: mais étant furuenu dou-
leur de Tell;c,ficiMc, veilles <3c autres accidents, icfus demandé 6c trouuay vue
i grolîc
Obferuations Chirurgiqucs. ij
grofîc tumeur/ur le fmciput dioic cachée fous les cfieneuxqiie le Baibier nV
uoit pas dccouucrt : les ayant rasc,à pêne peut on conccuoir combien grande
ctoitla contudon & quel amas dcfang caillé il y auoitfous la peau , partant il
me le falut ouiirir iurqii'aii pcricrane : les premiers iours il en fottit du fang
caiilc,& après du pus en abondance , elle h]Z dangercufemcnt malade , ncant-
moins à l'aide de Dieu 2c des bons remèdes elle fut guérie.
L'an i6oi- la femme de Pierre Qncy Bo!»rgeois de Veucy ville fur le lac de
Gcneue ayant été frapéc d'vii bâton de fer lur le bregma droit tSc portée demi
morte fur le lit,on me demanda, il y auoit vne grande playe,mais fans fraélmc
diiCrane:leCerucau ctoitdfort ébranlé qu'elle demeura iufquaii lendemain
fans parole ni conoilIancc,rendant du lang par la bouche, par le né 5c par les
oreilles:il eft vray qu'il (uruint des grands accidents Si. que i'cus bien de la pê-
ne à la traitter , ncantmoins elle fut remife& deux mois après fa gucrifon elle
accoucha hcureulement de deux gémeaux. Il y a ceci de remarquable en cette
cure,i'ay accoutumé en traitant ces playcs 5«: en les bandant après les auoir dé-
couucrt de mettre chaudement vn (achct fait de betoine, fauge, romarin, fleurs
de camomille, rofes& iemblablcs cuit en eau de peur que la playc&l'os qui
eft découuert ou le Ccrueau même ne fouffire l'iniurede Tairjil fîtencor ce bien
que le fang caillé qui croit retenu fous le crâne , fut attiré vers la peau où il fc
fit vne grande ccchymofe qui tenoit toute cette partie du col iufqu'à l'épaule:
on peut reconoitre par là la prouidence de la nature : outre ceux ci i'cn ay veu
vne infinité qui ont été hcuieufement guéris de pliyes au fuiciput: il ne les faut
pas donc tenir comme ablolument mortels quoy qu'elles foycnt fort dange-
rculesj& iurtout en Italie &c en quelques contrées de k France à caufc de l'in-
I tempcrie de l'air ce quin'ariiue pas en Allemagne,témoin cette belle cure en
I ce Pay(an qui étoit près de Durlac dit lacob Kraus , il y a vne femblable hi-
I ftoire dans les Commentaires de Pierre Pann fur le liure d'Hippocrate d^s
ilj playes de la Telle page 1 74. ou traitant de l'ouaerturc de la peau t^ du pericra-
i ne aux tempes, il di:, on ouure lapeau afin de dcjouurir l'os, mais en cet endroit
ij entre la peau & l'o; (ont ks mufcles des terrpcs Icfquels il eft très dangereux,
ï voire moircl,dcconper,cela arriuc-il coufiouis ? Non , car i'ay vcu la tempe
;; droite tellement biiscc à vn guçon par i'aile d'vn moulin à vcnZy que l'on tira
i quelques fragments de l'os hacafsé par la playe fans qu'il en fouftrit aucuisc
■ incommorlicc durant le temps qu'il fur traité : AufTi ai ie vtuouurir les tempes
, pat la main du Chirurgien à diuerfcs fois fans aucun accidents mais on portoic
I toufiours le rafoir félon la rcvStitudc des fibres du mufcle Temporal, lesquelles
I le vont toutes tendre vers le tendon : or les playes du fuiciput font dangçieufcs
Ipour pliificurs raifons.premierement parce que le Crâne cil en cet endroit fort
foible& fe rompt aifcment par coup ou par cheute , comme dit Hippocratc
1 au premier liure des blelîurcs de la Tcfl:e,&: l'expérience le fait voir : feconde-
mcnt parce que. lesvcaes & artères qui montent aux membranes du Cerueau,
V
l54 Liurc Second des
/ont fort glandes aux tempes & tellement attachées au Cianc que leur palîagc
cft grauc en iccUiy, partant elles fe rompent aifcment par vn coup ou vne cKu-
tc , lefang tombant aprcsdans le vuiJe.j.cUes font dangereufes à caafe du mul^
cle lequel étant enuelopé du pericrane (qui naift delà dure mcre à caufe dc-
quoy il eft d'vn vif rentiment)& ayant quantité de nerfs^s'ily ableirure, il y fur-
uicnt bientoft de la douleur>inflammation, ôc autres grans accidcnts:que s'il eft
coupe de trauersou fort blefsc cti quelque autre manière , il furuient vn fpaf-
me cynique : ie l'ay vcu l'année paîsée en vn garçon de dix ans lequel ayant été
blcfsc au côré gauche de la Tefte pour être tombé de cheual,&: la peau étant fe-
parce <lu Crâne à la largeur de trois doigts de trauers en la future vers l'oreille,
les affiftants la remirent en fa place le lailîants ainfi iufqu'au quatrième iour
fans aucun fccoursj vc étant furuenu de la douleur , on le mit entre les mains
dVne femme laquelle fe feruit de la panacée de notre pais alfauoir d'vne deco-
élion vulneraire,apres quoy la douleur augmenta,rinflammation ôc la tumeur.*
quelques iours après étant furuenu vue conuulilon cynique, il me fut âmenérles
mâchoires ctoyent tellement ferrées &c celle d'en bas s'ctoit fi fort ietté du côte
qui fe portoit bien qu'a pcne puf ie faire entrer le fpeculum oris pour luy faire
aualer du bouillô: ie voulus luy tenir labouclie ouuerte par le moyê de certains
petits bois fourchus,comm.e i'auois fait en vn autre cas,mais ie n'en pus pas ve-
nir à boutjCar elles ctoyent corne i'ay dit,fi fort ferrces,qu'il rompoit ces bâtons
quoy qu'ils fulîènt faits de bois dur:or comc les forces venoyent à diminuer pac
défaut de nourriture & que les fy mptomes augmentoyêt auec grande extenuatfô
de tout le corps , il furuint vn tctanus fi vioL-nt que tout le corps dés la nuque
croit roide côme vn pal auec très grande doulcur,ie fis plufieurs remèdes mais
fans rien âuanccr:il vécut neantmoins en Cet état pafsé 8. ou lo iours fans pou-
uoir retenir fcs excréments:^ mourut le 16 iour de la maladie:il faut croire que
la playccn elle mémen'étoit pas trop dangereufc, veu que le malade étoii venu
iulqu'au 4. iour fans aucun accidenr,ne s'ctant fcrui d'aucuns médicaments iuC-
qu'a ce que vers le x.ou xi.iour étant tombe des humeurs fur le mufcle des tem-
pcs,cette conuulfion cynique furuint à caufe de laquelle les mâchoires &: les dcts ,
furent fi fort ferrées que le malade ne put pas prendre nourriture : D'où eft-cc
donc que font venus ces grand accidents?De ce que l'on a négligé au commen-^î
cément cette playe accompagnée de grande contufion fans auoir procure la
foppurariô au contraire l'ayant empêché par cette decodtion vulnéraire (laquel-
le dcséche extrêmement jcettc matierepurulente , ou pour mieux dire,cette fa-.
nie acre fe ictta fur le mufcle de la tempe (^ lequel neantmoins n'auoitpoint.l
été ofFc ncéj & fur l'épine du dos : ce mufcle gauche ayant perdu fa fondtioa .
étant tiré vers fon origine par le droitjCette conuulfion cynique arriua premie- •
rcment.puis le tctanus tant à caufe de la mariere qui s'croit versée fur l'échiné, ,
comme aulTi à caufe de la grande exténuation & confomption de l'humeut
radicale. 0^/"i.v,Cf«/. 5.
Obferuatîons Chirurgiques. if§
» — M<
OBSERVATION XVII.
De la dure mère hfeparAyiement âtachée au crâne.
LA dure mère eft attachée au Crâne par le moyen des futures , tant afin que
leCerueau foit fufpendu que pour la ptodudrion du pericrane, la nature a
I laifsc cet efpace libre entre les futures & a voulu qu'il y eut vn vuide encre U
i dure mcre ôc le Crâne, i. afin que le Cerueau eut fa fyftolc & diaftole libre î.
afin que les vcncs ôc artères qui courent par la furface de la dure mère ne fe
! rompent quand le crâne auoic été légèrement frapc : enfinde peur que fi quel-
que véne venoit à fe rompre en la dure mère , le fang ne fe verfe entre la
dure & pie mere,mais entre la dure & le Crâne : la chofe va ainfi dans le cours
ordinaire de nature,neantmoinsi'ay veu quelquefois le contraire.
L'an i596.iefis ouuercure d'vn garçon de 4.ans mort plithifique : nous trou-
uâmes la dure mère Ci fort attachée à la table vitrée comme vn pcrioftc,qu'eUc
n'en peut point être feparée qu'après auoir fiit boiiiilir le Crâne en de l'eau , ôc
ainfi les véncs qui ordinairement font éparfes en la partie externe de U dure
mère, vers le ^-. rane/ car ie fuis de l'opinion de Columbus que la dure
mère eft double par tout J étoyencen la paitie interne du côté du Cerueau:
il y auoitneantmoins quelque efpace entre la pie ôc la dure mère , car celle ci
ccoit attachée au Crâne & celle la au Cerueau : on ne peut point douter que lés
playes ôc contufions qui arrinent en vn Crâne ainfi bâti , ne foyent fort dange-
reufcs , tant à caufc que les membranes du Cerueau font très facilement ofïèn-
cées,que parce que les vénes étants rompues, le fang Ce verfe entre le Cerueau <Sc
la dure merc,car les vénes,comme ie vien de dire, étants en la partie interne de
la dure merejc fang cxtrauasé ne peut aucunement enfortir quoy qu'on ouurc
le Crâne anec le trépan, comme il apert par l'hiftoire fuiuante.
Vn Payfan d'vn village près de Gcncuc appelé Chefnc , fut blcfsc d'vn coup
de bâton fur l'os du finciputdroiCjil tomba incontinent par terre,vomit ôc per-
dit la parole:on meprifa le mal au commencement, enfin fur le 8.iour ie fus de-
mandé auccMr.Ican Anthoine Sarrazin Médecin : nous le trouuâmes enficure
ôc rêucrie auec sécherclfe de langue ôc les yeux rouges , n'y apparoiiiant ni cre-
ualle ni frad:ure, i'ouurisle Crâne, (!fc ne crouuay rien de vuide , mais 1.^ dure
mcre êtoit fi foie attachée au Cranc qu'on ne pouuoit pas mettre la poinee
d'vn poinçon entre l'vn ôc l'autre, partant comme il ne foitoit aucun pus,l'ou-
uerture fut inutile ôc mourut i4.iouvs npresuandis que la dure merc a été de-
couuerte,airauoir des le S.iour iufqu'à ccluy de fon àecés, on ne peut point dc-
couurir le mouuement du Cerueau>car il y auoic vne rcilc diftance entre iceluy
.& la dure mere,que fon battement ne pouuoic pas paruenir iufques là: on doit
f onclurre par là que le Cerueau a fon mouuement propre qui ne dépend point
^ celui des membranes.O^/j.Cfwr.i. V 2.
«jf Liure Second des
OBSERVATION XVIII.
De U mort qui ejî fnmeme à vn Tungns mal traité >
COfme Slotanus traita vn iour vnieune Gentilhomme à qui le Crâne auoit
éfé^radiuc auquel on en ôra vne poition,apres quoy fe forma vn fungust
il fut obh'trc de quitter le malade qui êcoit quafi entièrement hors de danger,le5
accidents ayants cclscpourla pluipart : Vn barbier à qui il l'auoit laifsc en
chart^e n'ayant voulu fuiure fou conlcil ni fe fcruir de ùs médicaments , fans
conlidcrer le naturel de la partie , mit iur ce fungus de la poudre d'alun & de
vitriol brûlé , ce qui caufa incontinent vne très violente douleur , fieurc aiguë
réuerie ôc inflammation , il mourut peu de iours après : Obferuation 14.
Cent.x.
OBSERVATION XIX.
De U vraye méthode àegturîr le Fn^gus.
L'An 1601. j.Feurier vn fils de Monfieur de Crofitan Patrice & Banderct «fe
Lutri âgé de 14. ans fut blefsé au iînciput droit par la chdtc d'vne pierre qui
pefoit douze Hures & dix onces: il y auoitaufli grande fradure du Crâne: ayant
été demande ie rrouue ce garçon fans parole , qui ne voyoii & n oyoit goutte,
en fomme àdcmi mort : il y auoit grand vomillcment & continueLiettant auffi
du fang par la bouche par le ne & par les oreilles: ayant rase les chcucux & di-
late la playe 5 ic vis que le Cranc êtoit enfonce bien auant dans la fubftance du
Cerneau, aucc rupture de la dure mère, après auoir ôté cette nuit même les
fragments du Crâne, i'entrepris de le traittcr félon que la neccffité le requeroit,
& quoy qu il y eut de très grands accidents auec peu d'cfpcrance qu'il en peut
-echaper,li cft ce qu'ils s'nppaifcrcnt quafi entièrement auant le vingtième iour:
vne partie aulTi de la dure merc qui auoir ccc rompue par l'enfonceure du Crâ-
ne, tomba en morceaux peu à peu à l'aide de la nature & des médicaments, de
forte qu'aupar&uant il ccoir hors de danger : mais le vingciémc iour étant pafsc
voici vn autre mal , allauoir vn grand fungus qi;i lortcic hors de la playe en
i'cfpacc de vingtquatre heures de la grolfcur d'vn œuf de poule , lequel ie guc-
lis par -ks remèdes fuiuants : au commencement ie luy donnois rous les iours
vn laucmcnt & par après de deux iours rvn,&: enfin de trois en trois iours:deux
foisleiour ie faifoisccttc fomentation fur la playe. '^,Fol. & fier, beton.falu.
çamomill'mciilot.rofarfmnmit.TnatQra}hrorifmar.aii^Tn.]fem. amj, &fœmgr.an.^ j.
inci-
Obfcruations Chirurgîqucs. Ij7
tnciddhtur & comanâantHr pro fotu : h^rum herbarum ^. / inâatur fàcculo cIms
Tnagnitudinis vt medtamfere partern capitis opertat) <^uï Jilo intertextus ce^utztnr tn
vini & a^ parte d<j. applicetur calidè : après ia fomentation on cfTuyoit bien la
Tefte auec des linges chauds, puis on mcttoic la poudre fuiuantefur le Fungus
& far la Playe ^. Rad. Gartoph. Angelic. calami aromat. an.^G. rad.ArtJioL rot,
Irid flor. ligni Gaiacian. 5 i].fior. falu^fummit, maioran. rorifmar, an. p. yf.pul»
his tenuiffimuSi après ie mis i'Emplaftre (uiuanc ^. Empl. de béton. | iv. G. Elerni
dijjolnti inol. rojac. ^ ). pulu. rofar. myrtill. an. 5). rnafiic. caUmiaromatic. an,
5» û. cHmf.ijf.ol.rq/àc.f. Ernpl. par ces remèdes le Fungus sabaiirapcuà peu en
refpace de 14. iours ; les petics os que l'on ne peut pas tirer la première nuit
auec les autres , i'onirenc auiîi, de forte qu'il fut entiercmcnc remis en i'cfpace
de dix fcmaines.
En conioignanc cnfcmblc tous ces fragments on peut voir la grandeur de la
portion du Crâne qui fat ôtce : & quoy qu elle fut coafiderablc a iî ciVce que
la playe fuft cicatrisée , & on peut remarquer long-temps le mouuement du
Cerueau, car il n'eftoit couuert que de peau & d'vne portion de chair : mais de
peur qu'il ne fut ofFencc par quelque caufe externe,ic fis faire vne lame de cuiure>
laquelle étant attachée au chapeau elle défendoit cette partie de la Tefte: mais
àprcfent on ne remarque plus ce mouuement , parce que la nature a bouche
cette ouuerture parle moyen d'vn Callus: il fe porte très bienàprefent £«: avn
cfprit très vif propre aux études 6c à tour.
Remarque fur les Tungm*
COmme les Champignons fc forment es troncs des arbres d'vne humeur à
demi pourrie qui palle à trauers l'écorce : ainiî quand quelque portion
du Crâne eft 6tée<Sc que h Dure mère eft offensée, incontinent les humeurs du
Cerueau fe vont rendre à la PIaye> UrqucUes venants à s'épailîir (oit que ce foie
par la froidure de l'os comme cftime Alexandre AphiodiîaiLis, loit que ce foie
par celle de l'air, ilsfe conuei cillent en Fungus, & quelquefois s'enflent ii fore
qu'ils palîcnt par deffiisleCranc: ce mal eft appelé par Galien Fungus à caufe
de la fimilitude,car c'eft vne chair molle, legcre , pâle ik. rpongicufe laquelle
croit bien vite, maisfe diflipe lentement: Ils fc peuucntanfli former de vents,
car fi la chaleur naturelle du Cerueau eft diminuée , elHyant de îxiï^ quelque
chofc de cette matière qui tft amafsée autour de la Playe , elle la conuertit en
vent, lequel ne pouuant pas fortir à trauers la Pie merc , il l'eleue en Tumeur:
car i'ay remarque iufques à prefent en ceux qui en ont eu > que la Pie mcre le
plus fouuent eft demeurée entière &que la Dure étoit rompue,or quand cela eft
& que la Playe afuppuré, la nature commence à former de la chair fur la Pic
V,
ijS Liure Second des
meie quiluy fcrt de couucrture contre riniiuc de rair , car fi les humeurs oe
des vents fe iettent en quantité vers laPIaye , la Pic mère comme auflî la chair
qui y cft venue, font bien- toft êlcuces en Tumeur: mais en noftre malade l'yac
C<C l'autre membrane auoycntêtcoftcncccs. Ohrern, i^.Cent.u
OBSERVATION XX.
*D*vne Ptaye tres-àangerenfe en la face.
IEan Philippe à Bleinchenbach Citoyen de Rofbach en la Vuetteravîe étant
venu à Niddauauec le fils de l'ancien Baillif nommé HermanCrugius, après
auoirbeu vint à parler des falines de Ton Père & fc mettent tous deux en chemin
pour les aller voir:en chemin faisât Crugius bailla le défi à Bleinchenbach fans
iieantmoins tirer l'cpée hors du fourreau, celui-ci le receut couragcufemeiit
& fe mit en poIVure fans aucun mauuais delfcin , mais par mégardc Ciugius le
Jblelïàen la mâchoire gauche auprès du nés & auec telle violence que l'cfpée
iPntradans la face, la poignée & le pommeau tombants à terre, ayant été con-
traint de fe l'arracher auec les deux mains ôc de toute fa force, ce qu'eftant
fait , on vit que le fourreaan'auoit point debout n'y paroiifant que la pointe
de l'cfpée: & quoyquervn& l'autre foupçonna que ce bout êtoit demeuré
en la tcfte , croyants ncantmoins que ce fuft vne chofe impolTible , ils fe mi-
rent à le cercher parmi l'herbe du pré où ils s'eftoyent combatus,mais,en vain,
ce qui obligea Bleinchenbach à prier Crugius de cerclj.r auec le doigt s'il feroit
demeuré dans la Playe , ce qu'il fit fans rien pouuoir dccouurir : or les dou-
leurs augmentants déplus en plus & la nuit approchant, il fut oblige de paP
tfer la nuit en vn village proche & fc palfcr pour lors de Chiriugien.-le iour fui-
uantêtantà Fridberg , il ne voulut pas permettre que le Barbier y mit autre
chofe que des tentes «S: bandes, &: étant arriuéàRolbach il fc fcruit d'vn au-
tre qui fe contenta d'y mettre fon Emplâtre noii l'ans aucune tente , & aiiifi en
;(lx fcmaines la Playe fut confolidce : au bout de trois femaincs il fut oblige
de la faire r'ouurir à caufe delà violence de ila douleur pour bailler illuc aux
mauuaifes humeurs : ce qu'ayant été fait il y lailfa vn petit trou qui fcmbîoit
auoir été fait par vue alêne : cependant il prit à force potions vulnéraires
fans aucun foulagement : trois mois après il vint à H :nnauu pour y trouuer
vn Chirurgien de grande réputation , où il demeura feptante cinq fcmaines,
s'ctant aufli ferui du confeil de quelques Médecins, fans qu'aucun d'iceux
peut bien reconoiftre au vray la nature de cette Playe : enfin iceux d'vn com-
mun accord conclurent / ayants ouucrtvn Crâne ) que ce bout de fourreau
ctoit demeuré auprès du trou ( comme l'on voit des petis trous en l'vne &
l'autre partie du Crâne autour des narines^dans cette rauité cartilagincufe qui
a vn doigt de longueur fous l'os, les Chirurgiens & Barbiers ayants piis tous
leurs
Obferuations Chirurgiques . 19
flicâicaments dans le creux de ce bout de fourreau : comme ce Chirurgien de
Hanauu vie que tour ce qu'on auoic faic croit en vain , il fit vue ouuerture en
trauers auec le Rafoir à la largeur d'vn demi doigt , 5c ayant feparc la chair
auec le doigt il recercha ou le mal pouuoit être cache , cTtimant que le zygo-
ma êtoit pofîîble carie ou noirci & auec certains inftruments il racla cet os le-
quel neantmoins n'auoit point de mal , mais en peu de temps la Playe fe con-
folida : en fuite il fe feruit par interuallcs de certains efcharotics,mais la Playc
ne put rien porter decorrofif quoy qu'il y eut de chair rongée la grandeur d'vn
quart d'ccu: par après le vifage enfla fi fort auec vnc dangereufe inflamma-
tion dcl'œil , qu'il ne voulut plus mettre de médicaments delFus : &: tandis
qu'il trauailloit à arrcfter l'inflammation, il fe forma vne carnofitc , après
quoy le malade retourna chcs foy, neantmoins il fortolt toufiours quelque
humidité fcmblablc à de l'eau vitriolée qui changeoit trois ou quatre fois le
iour de couleur , ce trou demeurant ouuert encor quelque temps : les dou-
leurs augmentèrent aufli tellement qu'elles l'empcchoyentdc dormir : il par-
tit après delà pour venir en Alface & fe trouua au fiege de Moltzhcim & de
Dafchtein , où étant obligé d'aller à cheual tout armé par vne grande chaleur,
la ioUe luy enfla fî fort auprès de la Playe qu'elle venoità l'égal du nés : ce qui
luy fit croire aifurément que ce bout de fourreau vouloir commencera paroi-
tre par la force de cette grande chaleur : enfin fe dégoûtant de tout, il reuint
à Fridbcrg Se raconta le tout à deux Barbiers frères , lefquels il pria inftam-
mcntder'ouurir la Playe & de recercher bien la fource du mal, les alfurant
qu'il fetoit content quaiul même il viendroit à mourir au moment de l'O-
pération ; ils employèrent dix fcmaincs entières , & firent plus de 300. inci-
iions & enfinpluspar forruneque parâdrelîè , ils attraperenr auec vne Pin-
cette ce bout de fourreau rout farci de médicaments , d'où il fortit vne f\ gran-
de puanteur que le patient auoit de la pêne à la foufrir luy même. : finalement
au bout de fix femaines cette Playe fut entièrement guérie : ce bout de four-
reau demeura quatre ans moins cinq fcmaines fiché dans la face de laquelle il
fut tiré le Ï3. Février 1611. Il ne fent plus aucune douleur ni incommodité fi-
non qu'il a de la pêne à porter le do.'gt indice à la bouche , à caufe que le nerf
de ce côrê là a efté peut-être offencc. - Lettre de Gtor^ias Fahr- Médecin à
Fridherg Obfern. 24. Centur.j.
OBSERVATION XXI.
Des TUyes des Tempes , & s" il ejî permis dy appliquer le Trépan.
A queflion que vous me faites fi on peut appliquer le Trépan fur les tem-
pes & aux futures eft décidée par Hippocratc & par l'cxpcricncc , qui
i^o Liurc Second des
enfeigncnt qu'aux fi:aâ:urcs du Crane,il ne faut point Trcpancr les Sutures : car
la Diue mère ayant vn vif lentiment &: vne intînitc de vcncs 6c d'arceres qui
palîcnc au trauers des futures fi on les iirite & déchire pat le Trépan , incon-
tinent il furuiemtres grande douleur , inflammation des membranes duCer-
ueau, hcmorrhagie 5c autres grands accidents aucc danger de la vie ; en après
la playe fc conlolide malaisément fi la future a cté troiice , principalement
s'il y a eu auparauant quelque incommodité de Cerucau , neantmoins ce-
la peut feruir pour la ianté du malade comme l'exemple fuiuant le fait
voir.
Pierre Favre Maréchal à Hilden l'an 1595. fut frapé d'vnc hache en la conion-
âion de la future fagîttale auec la cotonale auec grande fradurc du Crâne : il
tomba incontinent en terre à demi mort, Se vomi: la viande toute indigcfte:
ayant été demandé , ic yis que la Playe eftoit aCsés uuuerte auec grande fraclu-
rcducranequialloitiufquà laDurcmere: il fjriiint pluikurs grands &: vio-
lents accidents, principalement douleur & inflammation qui me donnèrent
beaucoup de pêne, enfin ayant vsé de grande diligence, tiré pluhcurs frag-
ments d'os & bien nettoyé le Ccrueau, les accidents s'arrefterent peu à peu
par la Grâce de Dieu,de forte qu'il fut guéri, mais l'vlcere vint en fiftule laquel-
le ie ne pus iamais quel artifice que i'y aye aporté, couurir de cicatrice: mais vu
mal qui fembloit luy dcuoir erre pernicieux le tourna en bien , car étant aupa-
rauant à l'ordinaire tourmenté d'vnmal de téce, il en a'eftc par après exempt:
le ne raconte pas cette hilloire pour faire voir que i'àprouue le Trépan aux fu-
tures, exhortant au contraire le icunc Chirurgien de s'en abflenirà caule des
dangereux accidents qui en arriucnt : que s'il y a des grandes meurtiilfures aux
rutures,il vaut mieux ôcer de i'os en l'vn ôi l'autre cÔLC de la iuture qu'en la lu-
ture même.
Hippocrate le plus excellent de tous les Chirurgiens,^: après luy tous ceux
quiont exercé méthodiquement la Chirurgie, enicignent d'vn commun ac-
cord que les mufclcs des tempes ne peuuent pas endurer la Sedlion Inns vn ma-
nifefte danger de la vie , car ('' pour me feruir de Ces termes J la tempe gauche
eftant incisée ou coupée, il fe Bit conuulhon au coté droit,fic'e(t la droite,clle
arriue au gauchc,car le mufcle contraire, c'cft à dire, celui de la partie faine,en
faifanrfon deuoirjtirc après foy la machoiie, mais celui qui cft ofiencé, parce
qu'il fe repofc cependant cft caufe que la mâchoire cft attirée vers la partie fai-
ne auec grande douleur 6c danger de la vie:il paflc aulTi par les tempes des vé-
nes <3c des arrêtes lefquelles font appréhender vnc grande & dangcreuiehx-
morrhagie,commeie l'ay veu il y a deux ans à Berne en vne fille de 14. ans de la
fa«liilc desVcilI,étant tombée du Kiut du premier étage,elle fut tellement froif-
$ée k la tempe droitte que les vénes cJcavtcrcs qui paficnt par là en furet rompues
fans aucune ofienfe du crane:âyant été demandé quatre iours après la cheute,
ie la trouuay enfièvre très ardente auec grandes douleurs, veilles , auec la face
enflée
Obferuations Chirurgiqucs. ii
ciiflce 5c enflammée : ayant rasé tous les chcueiix ic troiiuay toute la Tempe
droite iufques au fronr,à la future fagittalc & lambdoidefort enflée maisd'vnc
tumeur flafque ôc fcmblable à vne vttfie picne d'eaa, fans que pourtant la peau
fut oftcncée: ic conicduray parla qu'il y auoit du fang ramafsé fous la peau
plutofl: que du pus,cn partie parce que la peau n*c-nbaiiloit aucun indice , en
partie aufli parce qu'il n'auoic p^s peu être cngcndié en fi peu de tempsrayant fait
mon Progaoftic deuant f.s parents , icflsouuerture de la Tumeur de côcc ô::
d'autre à côté du Mufcle crotaidiire en longucur,efperant que ie pourroii par ce
moyen mieux mondiher ie iînus i5c le guetir: l'incilion étant faite, il foitit vne
grande abondance de fang en partie liquide, en partie caillé: au premier âpareil
ie mis de ma poudre à arrêter ie fmg auec des ètoupes trempées en vn blanc
d'œuffur lesincifions: laflévrc, l:s douleurs, ôc l'inquiétude en furent vn peu
apaisées , mais la Tumeur ne dés-enfla quafi point , car il en vcnoit de nou-
ueau Se continuellement dans ce finus : le ioar iuiuantne fongeant à lien
'moins qu'à vne h^inorrhagie.;<c voulant penccr la Playc , ayant ôcc les Ten-
tes, en voici vne nouacUc (!5c fort grande qui m'obligra à remettre de mi
.Poudre à arrêter le fang : mais le lieu où ctoyent ces vaiiFeaux rompus, alfa-
uoir dans vn grand finus, ne pouuant pas erre découuert par l'œil p'^ur faire al-
ler iufques là la foudre & les autres médicaments , ie Hs entendre à (':$ parents
qu'il y auoit peu àe(percr,carlelangbouIlloit fifuitquele troifiémc iour après
que i'eus fais les incifions le fang chafla dehoi sles Tentes 3c les medicaments,3c
la perte de lang fat fi grande que peu s'en falut que l'ame ne fortit en même
temps âuant que i'y eulïe accouru : ce qui diminua grandement les forces fins
que pourtant l'ebullicion du lang cefla comme on le voyoit par la fièvre , la
rougeur du vifage ^ la chaleur que la malade difoic fcncir dedans la Ti.fte & à
l'entour de la l-*layc: il fut donc dcliberé d'ouurir la peaif en trauers d'vne blef-
furc à l'autre afin que l'on put dccouutir les vailFeaux qui croyen't rompus , ce
qu'il faloit faire auec vne hngulicLe dextérité depeur d'ofllncer le mufcle delà
Tempe, ce que iecroyoispouuoir faire aisément/mais auant que venir à cet ex-
trême remède, ie voulus tlfiyer des plus doux: ayant donc trempé des tentes en
des blancs d'œufi Ck' mis par dcifLis de ma p Judre à arrécer le fang , ic bouchay
telLment la l'iaye qu'il ne pouuoit rien par après fo.tir de ce fiuusie mis encor
pardefllis des pluma jcnux tai;s d'êtoupes ^' trempes en vn blanc d'oeuf auec mu-
cilage de gomme Tiagacant y âioutant encor de la même poudre «3^ bandant
après diligemment : ie mis fur chaque bLiruie vn plumaceau fort petit lequel
netaifoitquc la couurir, parce moyen il dcmcuroit beaucoup mieux attaché
que s'il eut couuert toute la partie ; lur le rcfte du Sinus ck tout autour du col
i'appliquay ceDcfenlif ^. far.Horiiei ^iv. puln. rofar. rnyrtÏÏl.nucMa ciiw. ra-
narum prdipar. galUrwn an.^R. facci prunor. /]lHeJïr. i-ifpljjati ± \.fo!iut<r hic/iic-
CHs cmn a,ceto^tHmreli<^:ui tidrnifatjiatij; cumnlburn. oui Aceto o" decoBo Betonic.
àefenfiHHmin mor(ano,tidde parum ol.rçfar. le rtïtcray ce defenfif trois ou quatre
X
lit Liure Second àes
fois le iour de peur qu'il ne fccha , cependant il obfcrua vne bonne façon de vi-
vre, bnuant des lulcps faits auec Syrop de fucs d'ozeille,citron & Berbeiisauec
dccodion d'orge pour airéccr rcbuUition du fang: icfis aufli vne forte ligatu-
re fur le gcnoiiii, & mis fur les cuillès des grandes v^ntoufes auec beaucoup de
fiamme: par ce moyen les Symptômes diminuèrent de iour en iour & les for
ces furent peu à peu réparées. Q3nt aux rentes & plumaceauxie n'ofry point
les retirer qu'il nVit paru du pus autour de lablcirure, ce qui arriua au troificme
iour, car le pus commença à les poullcr dehors, & des lors il n'y eut plus d'h.x-
morrhagie, & continuay à pencer cette playc comme les autres de la Tcte : il
faut donc faire l'incxTion à côte où en la partie fupericurc du Mufcicnon fur le
Mufclc même.
Lettre de le an F rider ic Wertenher^ms Médecin dt
"^Bkeaïauthem jur la précédente 0 hferuation.
VOus n'approuués pas que l'on âpiique le Trépan fur les futures, parce, di-
tes vous, que cela contrarie à Hippocrate : z. à caufc delà Dure mère qui
a vn fentiment vif; 3. à caufc de la quantité de vénes & d'artères qui font par-
femees Icfquellcs pourroyentêrre oftcncéesen appliquant le Trépan &c attirer
grande douleur & en fuite inflammat on , après lav^uellevicndroycnt des con-
uulfionSjOntic Icsantrcsaccidcnts: 4. pour le danger d'ha^morrhagie, 5. parce
que la playe fe cOnfolide malaifement, à caufe qu'elle cft en vne partie f pcrma-
lique félon l'aphor. d'yippocratc f.ct.6.19. maisi'ay des raifons qui me perfua-
dcnt le contraire^ premièrement l'ainhorirc d'Hippocrateen fon liu. devul-
ncr.cap.ou il dit, Difonsla même choie de la membrane du Cerucau, tout in-
continent il faut percer ros,atcr la membrane, découurir, nettoyer, deilccher,
de peur que iîclieeflhumcûcc trop long-temps & ramolie , elle ne s'cleuecn
tumeur,car fi cela arriuc il y a ^v. danger qu'elle ne pourrilTci.iclcprouuepac
l'cxpcritncej Etudiant en Italie i'ay veu faire cctrf opération fur les futures l'hi-
ftoireque vous racontés tft vne même choie , car vous dires qu'il a été blcfsc
d'vncliàchec'n la coniondtiou de la future coronale auec la fagittale ; neant-
moins fi on pcfe bien la chofe il n'en va pas ainfi,car quant à l'authoriré d'Hip-
pocrarcjîe icpoiis qu'il n'entend pas qu'on ficefeâ:ion en vne membrane quife
porte bim.mais en celle qui eft oftcncce,qu'en ce cas il faut ouurir le Crâne 6c
ôtcr de la mem.brane ce qui eft déchiré pour êuiter la pourriture: quatauxexem-
pksjil ne faut pas conclurre par vn ou deux qu'il faille toulîours faire cette o-
peration, car les chofcs qui an iucnt rarementyne font pas de l'Art: vous ré-
pondes aulHà U féconde raiian eu «iant qu'il faille inofjai* faire fciflion au mi-
lieu
Obferuations Chirurgiques. i^3
lieu des mufclcs des Tempes à caufe des grands accidents qui ont accoutume
de fuiure : car tout Mufclc eft parfemc de fibres lefquclles viennent à fc ren-
contrer & à fe ioindre fur la fin d'iccluy d'où fc forment Icg Tcndons,que Ci oa
vient à faire fcébion en traucrs on couperoic aufli ces fibres , lefquelles crants
coupées £1 viendroit grande douleur , f car ils ont vn vif fentiment à caufe des
Nerfs J ôc après la douleur des conuulfions : que fi on fait la fcction de long,
ces fibres demeurêt entières fans danger de conuulfion ni d'autres accidents: ce
que i'ay dkçn gênerai des Mufcles , il le faut dire en particulier de celui des
"Tempes qui eft fait de plufieurs fibres & eft fort merubrancux : il furuicndroit
donc par neceflitc de grands accidents fi on le coupoit par le milieu. Obferu S<
Cent, u
OBSERVATION XXII.
2)'i)« ieune homme qui recounra la vené d'^^n ail , duquel thumeur
Aquèe ètoit /ortiz^,
I'Ay guéri en Tan 1587. duec Maiftre lean Griffon Chirurgien vn îeune hom-
me de quinze ans fils d'vn Couturier à Geneue en la place Nôtre Dame qui
auoit été pique dVne aiguille en la membrane Adnata de l'œil prés l'Iris,
l'humeur Aquéc en fortit incontinent 6^ à l'inftant il perdit la veuë : Nous
mîmes au premier appareil fur l'œil vn blanc d'œuf aucceau rofe & vn pea
de fafran, ôc fur le front vn Dcfenfif de Bol d'Arménie, terre figillce,pcud'huy-
le rofat, cire & vinaigre en forme d'onguent & donnâmes à l'inftant vn laue-
ment: le iourfuiuant il fut purge, nous âpliquames des Anodynsfurla Playc
iufqu'au 7. iour Se fifmes venir la Cicatrice auec vn collyre fait d'eau d'eufrai-»
fe, fucre & Tuthie préparée : il fut guéri fans qu'il furuinc aucun accident Se
peu après recouura la veu'c.
L'an 1597. i'ay traittc vn fils de Matthieu Barbot Bourgeois & marchand à
Laufanne, auquel la Cornée auoit été percée par vne flèche à l'édroit ou paroit
l'Iris : il en fortit quelque p?u de l'humeur Aquée ôc la Cornée fe retirajenfint
perdant entièrement la veu'c : ie traitay la Playe comme ci-dellus: il la iccouura
aufli vn peu après.
RE M A R Q^V E.
'Ertainement en ces malades l'humeur Cryftalline n'auoir point été piquée,
' car cette humeur eft le principal inftiumct de b veu'c ayant vne mcmljfane
X t
1^4 Liure Second des
particulicredite Arachnoide, laquelle écant déchirc'e , cette humeur ne fait "
plus Ton deuoir : mais icy il n cftoic foiti que l'humeur Aquée laquelle la natu-
re a loge fur le douant entre la tunique Vnée [ auquel endroit clic fait vn repli
^ fe renueife] <k la Cornée : & comme clic cft vn excrément qui a pafsc à tra-
uers les petites véncs que Ton voit en la tunique Vuce &c fiin'ifent au lieu ou eft
logée l'humeur Chi)ftallinc,elle rcnaift quelquesfois fur tout aux enfants:mais
il faut remarquer icy que la veuc ne peur pas rcucnir fi la Pnuielle eft oftencce,
quoy que l'humeur C hryftalline foit entière (Sv que l'Aquéc renaille, comme ie
l'ay veu en plufieurs & principalcmcHt en vn camarade de Nob Otthon Scben- |
chi Seigneur d'Horft il y a quelques années y il perdit lavciie la prunelle' ayant
été percée par vn couteau : ictraitay labklîure comme les autres ci-deflus>
mais la veuë ne reuint point , car on ne peut pas empêcher qu'il ne vienne vnc
Cicatrice laquelle errpëche que les obicdis ne paruicnnent iufqu'à l'humeur
Chiyftalline: il faut âprciidrc par là qu'il ne faut rien bazarder aux Cicatrices
de la Prunelle,de peur que le mal ne fe renouuelle. Ohf. 16. cem. i.
O B SE R V ATIO N XXIII.
If'vne mort fnblte causée par la hUJfure d'vne vène an grand canton de l'œil.
Voici vn exemple bien exprés du danger qu aporte la fcrueur &C l'cbulli-
tiondu fang au mois de Mars 1585. en la ville de Mets.vnieune homme
très robufte •^' bon tfciimcurs'êrant échauffe outre mcfureen la Sale d'Armes, !
fut blefsc au grand coin de l'œil & en même temps fut coupe vn rameau de !
la lugulairc externe qui monte au front, lequel quoy que petit, fi eft-ceque 1
l'h^emorrhagic fut fi grande qucle blefsé vint à mourir vn peu après mon ar- j
riuce. Obferu. i^.Ctnt. 1.
OBSERVATION XXIV.
lyvnc dangereufe Ophthalmïe & perte d'vn œil à caufe d'vne légère
Playe près la paupière,
VN Tailleur à Hilden nommé M« Conrad en Tan 1581. fut blefsc légère*
ment de la pointe d'vn poignard à la racine du front ^' quafi en la paupiè-
re gauche de dellusilablcirurc fut méprisée par vnBarbicr,à qui il parla,à caufè f
de la pctitellc : peu à peu il furuint vue très grande douleur de tcfte auec vue fi j
grande tumair en l'ccil qu'il fortoit quafi à la grolVeur d'vn œuf hors de fon or- '
bice auec rupture de la Cornée & perte des humcurs:commc ie venois deCleues '
pour rcuoir mes parents,ie vis aufli ce ieun'-homme en grande mifcrc & auec ,
peu d'cfperance de vie,ie le remis neantmoins par la grâce de Dieu & à l'aide des •
nuedica
Obleruations C hii urgiques. i^^
! médicaments rinuants-.laveu'ëneantmoinsfur perdue àcaufe de lacorriipticn
des membranes & perte des humeurs de l'œiliincontincnt ic luy fis donner vn
fuppofiroirc , parce qu'il n'aiioic pas le Ventre libre &c ayant rase les chcucux
I Toignis toute la Tclte d'huyle rofac ik mis f^ir Tceil bouffi ce cataphmc. ^.
Mictz panis albi%i'\i.pnlH.fem.fœnHgr.C^linian. ^. fi. croci^j. coc^ue cumla-
Be vaccina aââe butyr. rec. non fa/Ji l j . vitell. ouor. nurner. i. tepide applicA , le
réitérant à chaque fois qu'il êtoirneccHàire: leiour tiiiuant ielepurgcay, puis
luy ouurisla vcncau bras gauche tirant.dufangà proportion des forces: ie mis
des grandes venroufcsfcarificcs & auec beaucoup de flamme fur la nuque &:
fur les épaules : par la réitération de ces remèdes & l'obferuation dVn bon
regime,la douleur de Tefte & de l'œil, la ficino, l'inHammation, mal de cœur,
& tous les autres accidents s'arrêtèrent : enfin ie mis fur l'œil ce caraplame.
0/L. Far. fabar. hordei an. | i). pn/it, rofar. rub. 5 iy myrttllor. balaufl. an, 5 j.
phln. fier. camomilU & me'îlot. an^i Ç) cum deeo5lo béton, enphraf. CT fofar. f.
cataplaf.caliâè applica : l'ayant continue quelques iouis ôc applique des ven-
toufcs, la tumeur s'abailfa ôc les membranes de l'œil retournèrent en leur lieu
naturel toutes ridces,il fut entièrement remis quoy qu'il n'ait iamais recouurc
la veu'c.
le me fouuiens d'auoir vcu la même chofe à Mets l'an 1586. en vne Dame à
qui fon maii auoit donne vn coup de bâton (ur le finciput gauche ou il ie fit
vne glande ecchymofe,crifiu le fang cxtrauasc fc ieti a fur l'œnl gauche auec dou-
leurjinflamrnation & autres tresdangereux accidents : peus'en falut qu'elle ne
perdit la vcuéj elle fut neantmoins remife par i'indulliie de M. leanBartifch
Chirurgien à Mets: Obf.ww.CentV .
OBSERVATION XXVI.
"De robJîriiBion du nerf opti<^ite & perte de veu'é à caufe d'vne blejfurz^
en la paupière de defhs.
N aucugle étant harcelé d'vne troupe d'enfant à Morat , icrtaà l'hazard
fon baron pointu en vn bout , lequel atteignit vn fils de laques Lofca âge
de quatre ans : il fut blefsc en la paiipicrc fnpcricure gauche, & tomba inconti-
nent par terre , vomit la viande toute crue fans ponuoir retenir viande ni bru-
uageiufquesautroifiéme iour : le barbier du lieu ayant été demande voyant
fortir hors de l'œ^ii vu peu de g- ailfe , il la lia d'vn filet de foye & la cojpa au
bout de quelques iours auec le cifeau,cicati ifant la playe dans i). iours fans fe
fcruir d'aucune tente : ainfi il crut que tout alloit bien, maii mal à propos, car
fon Pcre ayant remarque quelques mois après que cet enfant auoit perdu la
X 5
V
16^ Liure Second des
vcuci cb ce côte, me le fît amener à Berne le 20. Aouft 1^17. Se coniis qu'eife-
â;mcmcnt cet enfant êtoit borgne : neantmoins toutes les parties externes > au-
tant que Ion pouuoit iuger à l'œil, ctcycnt entières : le mouuement même
croit libre quoy que le mufcle eleuatcur ou fupeibc eut fans doute été atteint:
or ilêtoiteuident que la playe auoit pénètre entre leCranc 6c l'œil iufqu au
nerf optique, veu que la graille êtoic fortie : mais il n'y a que Dieu qui fâche Ci
le nerf a été offencé du coup de bâton ou s'ils'eft ietté quelque matière autour
du nerf qui ait été retenue à caufe que l'on ne mit point de tente: Cependant ic
confeille aux icunes Médecins & Chirurgiens de le feruir toufiours de tentes
aux playes profondes Se fur tout quand il y a meurtrillure.ce que mcprifent les
Barbiers ordinaires : au contraire il faut entretenir la playe ouuerce iufqu'ace
qu'eUc foit fuififamment mondi6.éc-Ohf.6.Cent.6,
OBSERVATION XXV J.
D^vne playe auec rneurtrijfttre en la paupière droitte.
L'An i(î2o.aumois de May le fils de Mr. Eihicnnc Fabri premier miniftre à
Berne,âgc de dix ans fut blcfsé fur la paupicrc de l'œil droit auec contu-
fion : le Chirurgien à qui on le donna à traiirer n'ayant eu aucun (oin de faire
fisppurer laplaye,la cicatiiza en peu de iours auec fa deco6fcion vulnéraire
fort adftiingente: mais y étant refté vue dureté auec vn tubercule fchirreux &
laid à voir ie fus demandé:rayant premièrement purgé , ie mis dciFus quelques
iours de fuite des chofcs fort emollientes,cn apresi'y mélay de celles qui refol-
uent ôc difîîpcnt pat le moyen dcfqucUes il fut entièrement guéri : Antraitté de
Schore & Meliceria chap. 6,
OBSERVATION XXVII.
D'vne petite blejfure auec contufionan bord des paupières,
L'An K519. vue feruante de Mr. Nicolas à Mullinen Confeiller à Berne &
Colonel dans le pays des Grifons,ayant relfu vne blcHure auec contufion au
bord des paupieres,laquelle fut confolidée en peu de iours fans aucune fup-
puration par la decodion Haluuiliennejil s'y amalTa de nouueau du pus •• ayant
ctc demandé ic trouuay l'œil fort enflammé auec grande douleur de Telle , fie
urc& veilles,apres auoir mis des fuppuratifs vn iour ou deux , ie fis ouuerture
del'apoûemefur la cicatrice même , & après m'étre ferui quelques iours de
detcrfifs&:mondificatifs,ie confoliday hcureufcment l'vlcere fans aucune in-
commodité ni en la veu'c ni en l'œil : Ah même traitté chap.j»
OBSER
Obferuations Chirurgiqucs. 157
OBSERVATION XXVIII.
n[)e lagHerifon ctvne blejfu/e enta tangtte.
LEs playcs de la langue fliires en riancrs (oin tenues Je la plijfpart pour incu-
rables à caufc de fa mobilitCjgiadc luimidicc ^ moîlcllede fa fubftancc-.ie
ic coiiilillc ncantmoinsd'eiienircpiendre la g.icriion finju qu'elle foie cniie-
rcmenc coupée comme l'exeirjple fuiuant le fait voir.
L'an 1587. !c tiaicay àLaufanne vue fille de trois ans qui venant à tomber
ayant la hngue hors de la bouchejfc la eoupa prefque entièrement & la chofc
fut ari'iuéc s'il ne luy eut manque deux dents : ayant ctc demande , ic crus con-
ioindre les deux parties par la future, mais n'en pouuant pas venir à bout à caufe
de l'impatience de cette lîUe , l'entrepris la gucrifon par les remèdes fuiuantSj
laquelle me rciillîr. OJL. Fol. çfr flor. liou/lri, plantag. rofar. rub. a.n. m.\. cortic,
^anator. balaufl' an \ i?- co^^ue in tb t j. atj. chalyb. ad confumptionern tcrtis, par-
tis. Incoîauira dijjohte acaci£ 5 / j. /jr. d; refis /îccis l i j. m. f. gargarifma ajua
fdpeinterâniabluatur lingna^ Elle auoit ordinairement en la bouche du fyrop
de rolcsfcchcs ,de coins , de ccrifcs , de ribcs & dehgelcede coins , on la
nourvilîoit de bouillons de «.hait fraiche j d'orges , lait d*amandcs douces «Sc
fcmblablcsjcllc fut entièrement guérie & à touiiours librement pailé.O^yTiS.
L
OBSERVATION XXIX.
Des tentes mifes. en '•MepUye de la poitrine font fontes par la toux,
'An I ^97. vn homme dcmaifon fut bkfsc en duel entre la féconde ,!<: troi-
fiémed s vraycs Codes ?iÇsès pics de l'ailïMle droite^par ou ic lang fortuit
quirzc ioius durant fans qu'on le peut arrêcci:<3c quoy qu'il y ait eu beaucoup
t< de fâcheux accidenrs(^caL il y auoit ficureavdente , grande difficulté de ref-
pircr,crp.ch:mcnr de fang auec toux,pcrte d'appctit & veilles jfi efi:-ce qu'en fin
laplaye fut clcaniiée : la difficulté de refpirer demeura auec vne toux conti-
iiueikjCrnch.uu de la boue puante & verte; mais ceci eft remarquable qu'il dit
quedcux rc:es,cn diucrs temps,fefont trouuccs perdues fous l'emplatrcie Chi-
rurgien n'y ayant pas mis vn tilrt , trois mois après que la play. fjt guérie,
comme il êcoic toufiouis importune de ù roux 6c couite halêne , vn matin fi
poulla ces tentes auec force pus & alluic que Aès lors il na eu aucun rcf-
lentiment, ou bien petit, de fon mal : l'année aptes qu'il fut guéri reucnant
de la guerre & fcntanr derechef de la douleur à l'endroit de la playe, il m:; fi:
appeler : ic trouuay de l'inflammation en la partie droitte de la poitrine , iJc
158 Liure Second des
l'endroit de la playe enflé ôc dur : le rcconus par la Se par des autres
circonftaiices que non feulement la playe auoit pénètre dans la fubftance des
poulmons, mais auflî que la poitrine n'auoit pas êcc bien nettoyée de qu'il se-
toit derechef amafsé du pus autour de la cicatrice , Parquoy après l'auoir légè-
rement purgé , ie mis delfus des mat uratifs tJc fuppuratifs, & le Chirurgien
ayant ouuert l'apofteme, il en fortit du pus puant : ie luy confcillay de lailîèc
l'vlcete longtemps ouuert pour faire écouler peu à peu la matière qui auoic été
retenue en lapoitrine-.enfinrvlcere étant gueri,il fut fi bien remis, qu'il n'a ia-
mais fenti aucune incommodité iufqu'à prcfent. Lettre de M.la^ues Gny. Aie.
ApothicjHatre à NeufChajleU Refponce de l'Antheur, •
Le cas que vous m'auez communique eft certainement remarquable & i'ay
leu quelque chofe de femblable dans Pigray.- Vn certain Soldatjdit-ii/ut blefsé
d'vn coup de moufquet en la poitrine,trois ou quatre mois après qu'il fut guéri
il ietta hors par la toux vn fragment de coftc afsés gros & de trois doigts de
lono-ucur : il fut guéri fans qu'il foit iamais furuenu aucun acci J-nt. I'ay veu
auflï en Xzn-iGi.^. vn certain Ethienne louuenon de Geneue lequel auoic vn vl-
cere finueux& pourri en l'épaule droite , on tcouua en rvudesTuius deux ten-
tes faites d'épongé preparéefqui alfuremtnt y auoyentêcé attirées par le mou-
uement continuel àts mufcles de la poitrine ) mais ce qui eft à remarquer,
auant qu'il fe feruift de moy,vn Chiiurgien de Gcncue,iutrcment fort entendu,
auoit fait vne iniection par la fyiingue dans la s^oitrine d'vne eau cauftique faite
de vitriol,verd de gris , &c. la force de laquelle auoit tellement pénétré iufqu'à
l'os qu'à chaque fois qu'il f: nettoyoitks djuts aucc fon curedcnt d'argent, U :
pointe en venoit toute uoiïc.Ohf'ifG.Cent. i.
O B'S E R V A T I O N XXX.
:D'vne plaje en la poitrine attec perte d''vne portion de l.i fiéflance du Poulmon.
LA plufpart des Médecins & Chiiuigiens tiennent pour incurables les
playesdes poulmons , quoy qu'il ariiue aises fouuent qu'elles fegueriircnc
•:?c confondent comme on le peut vou' par Ihiftoiie fuiuantc: Vn homme fut
grandement blefsc en la poitrine à Chaumont en Dauphiné , la { layc fjt hite
entre la cinquième 6c hxicme colle afscs prés du fternum : la P^hue de 1 c'-ee
étant large ik ayant blefsc le poulmon l:gcrement , celui qui aujic hit le coup
en la retirant ht vn certain tou: qui amena aacc foy hors d- la playe vne petite
particule du poulmon , ce qui fit croire à tous les afiTiliants quj le malade mour-
roit bien toft, en laquelle opinion êtoit aulîi mon Père .uec le Chirurgien qui
letraitta, baillant ncantmoins toufioursbon courage au malade : iicommanda
incontinent de repoulfcr dedans ce lobe du poulmon qui fottoit après l'auoir
bien
Obferuations Chirurgiqucs. i59
laucaucc du vin: mais ayant remirquc en U maniant doucement qu'il vcnoit
liuide,il le fie couper auec vn fer chxxid : le Chirurgien après fie rentrer doucc-
jnent lereftc,ayant auparauant élargi les coftcs auec vn fer chaud fait exprés : la
playe fut par après guérie félon l'art 2c l'ordonnance du Médecin qui fit pren-
dre au malade des deco6tioas vulnéraires appropriées à la poitrine quelques
ioursdcftiiteienfin le malade guérit & a vécuplufieurs années après fans aucu-
ne incommodité de poulmons ôc de poitrine : ks playes donc des poylmons ne
font pastoufiours incurables, finon qu'il y ait inflammation,ou que des grands
vaillèauxfoyentofFensés,ou les bronchics des poulmons, ou que la blclTurcfoit
prés du Qa:\ix.-Ohf.luCent.i.comm!tnîqHée par Abel Rofcitts Médecin à Lxufanne.
OBSERVATION XXXI.
D'vne étrange playe de la poitrine auec dilaceration du diaphragme
par laqttelle le ventricule fortoit hors.
HEnri Bufcherouius de Reual en Liuonie emporté demelancholic & diuci:-
Çzs tentations,reuenant de Saxe à Vittcberg fe tranfperça de fa propre épéc
deuantla porte de la ville zo. Septembre ij 8z. il relîut le coup deilous la qua-
trième coftc qui fortoit fous la neuuiémc du dos : neantmoins il fut guéri en
deux mois ; quelques mois après il eut encor des noires pensées & le 28. Auril
ijSjt il tomba malade, vomilfant les iours fuiuants premièrement de l'eau &
tout ce qu'il prenoit de nourriture, puis des humeurs vertes,enfin àts noires le
i. Miy par quatre fois & en grande quantité auec des fueurs froides &: des dc-
faillances,puis mourut après le d^-rnicr vomiirement: le corps ayant été ouuert
on connut que le coup auoit percé les poulmons &c le diaphragme au cercle
nerueux.-on ne rrouua quafi point de poulmons au côté gauche ou il àuoit été
frapéjle refte étant fortii'ans doute auec le puSjil n'y en auoit quVne petite por-
tion attachée aux coftes tant l'eftomach êtoit monté au côté gauche de la poi-
trine & auoit poufsé le cœur auec le péricarde au côte droit , ou il faifoit re-
marquer le battement d'iceluy quand il étoit viuant ilétoit tout défechc
auec beaucoup d'eau cicrine dans la capfule : l'omentum & le pancréas étoic
quafi enriercment pourri autour de l'eftomach, Obfer. 53. Cent.i.commfimqHéc
par Daniel Sennertns ProfeJJenr a ynitteberg.
OBSERVATION XXXII.
Tfvne playe en la poitrine aHCcbleJfnre dnpoulmon.
LE iour de Noël 1615. vn ieune Gentilhomme qui étoit icy pour êtudieiw
ccant allé de nuit allaillir la maifon d'vn Bourgeois dans laquelle étoyent
des gents qui riniurioyent & menaçoyent , fat tranfpcrcc d'vn coup d'épéc par
Y
i-jô Liurc Second des
la fente d'vne poite,le coupctanc entre pi es du fternunjl& fortantrous Tcpau^c
proche rêchînc.ayant été dcrcandc à vnc heure aprcs niinuit,ie trouuayle poul-
fuibleaiicciiiificulfc de rcl'piicrjtjui me fit croire qu'il n'yauoit guère à clpcrei
ik qu'vne telle blctfure ne pouuoicdc rroins que d'auoir cffcncébieu auantleî
pouhnons& peut' être les grans vailL-aux, veu qu oacre cette pbye il eu auoij
cncor vue atitrc faice àutz vne large êpce autour des aiilliles auec apparence j
que les vênes & aitercs d'icelles auoyent été ouuertcs : mais qu'arriue-t'il ? iuy
crant venu vn vcmilïèmentTpontance, tous les plus grands accidents celferenr;
les forces reuindrent peu à pcu,il ne cracha point de matière purulente , il n'y
eut point de toux,point de difficulté de iefpirer,peu deficure,auec vne foif me-
diocrcila playc fut traitée par Its Chirurgiens à la façon ordinaire , d'où il lor-i
toit tous lesioursvn afsés bonne quantité de pus bien cuit comme ilarriue zm
maladies de lapoitriiie : nous liiy d-onr.âmcs peu de remèdes en dedans hoimii
quelques laxatifs , principalement de la callè frai Jiement tirée auec poudre de
rhubarbe , Ôc afsés fouuent des bczoartics pour poulFer lafueur & fortifier le
cœur:par le moyen de ces remèdes le malade rcporceafbCi bien iafques à pre-
fent & efpcre d'ct^c entièrement r^mii au plutoil.
le trouuc quelques diificultcs en ce cas d>.lquelks ie vous prie de m'cclaircir,
ôc premièrement fi cette blellure à pcuariiuer fans que les poulmons ayent étc
grandement offcncésiau premier iour iecrus que celaétoir, mais âpre* ie com-
mençay à en douter coniiderant lemouutment des poulmons (i^ la diuerfitédej
parties qui i'eruent à h rtfpiration , ie conclus que ce ieune homme auoit étc
port^ au moment q
haute vois fonadueilaire : or comme la voix ne fefût que par exfpiration er
laquelle les poulmons fcrclUrrcnt , i'ay iugé que les poulmons n'auoyent etc.
blvfscs qu'en la fur face & non en leuis grands vailfcaux. ,
Mais qudqu vn pourra s'étonner pourquoy ie baillay fi tofl efperance at,
malade que la playefe pourroit confolider , veu que plulicurs croyent que le!
play<-sdu thorax doiucnt être entretenues ouucrtes vn grand eipace de temps,&
qu'elles rendent vne plus grande quantiié de pus que les autres:ie demande doc!
fi cette playe a dcu être ouucrtc plus longtempsîle répons que non & qu'il n'efl'.
pasneccllàired'cmpccher que ces pla)es ne le confolident trop tofl quand i.
n'y a plus de matière purulente ou de grumeaux de fang dans la cauité de k;
poitrinc:mais s'il s'y amalle beaucoup ide matière purulente,non feulement il lei
faut entretenir ouuertcs, mais nous croyons qu'il efl necefTaire d'aider à la na-i
rure par des médicaments ri^eflifs , deterfîfs & autres : i'cn ay veu vn exemplr
il y a deux ans en vn Gentilhomme blefsc mortellement en la poitrine , auqucj.
il fortoit tous les iours vne grande quantité de fange delà playe & quelquefois
des petites particules des poulmoniâl dcuint phthiiîquc ayant tous les fignes d<.
ceua
Obferuations Chiriirgiques. 171
ceux qui ie dcuienncnt par vnc exulccratioti des poulmons : quelquefois il luy
fortoicf^àcaufcde la malignicc de li pourrirurc d'iccux accompagnée dt: gran-
■ de débilite ôc chaleur fcbiilc^ des tâches rouges en la peau fcmblables à celles
- qui vicnneot aux ficures pctechialcs : ncaiitmoins la playe ny^nt longremps ctc
tenue ouuerrc 6c l'ayant bien nettoyée auec les poulmons , il commença à fe
remettre Se cft parfaitement remis à prclent , ce que i'attiibue à fa bonne con-
ftitution ôc à fon tempérament fanguin.
Vous pouuez conclurre par là, que ie fuis d'vne opinion contraire à la comunc
qui cft que les poulmons le peuucnt conlolicJer , quoy que ce foie vn fentimcnt
général que les vrays phrhificsnc fc gucrillènt iamais:mais il faut diftingucr en-
tre la folution de continuité qui (e fait par laps de temps à caufe d'vne conti-
nuelle defluxion 3c acre, comme aulli a caule d'vne naturelle débilité des poul-
mons » & entre celle qui ie fiicpar vne playe en vn corps robufteoui'on cm-
. ployé les medicamenrs ncccflaires &: quand la matière purulente ne croupill
pas.
Vous pourrcs auflî auec Félix Vuirtz Cliirurgicn Biiois condamner l'vfa'^e
-destcntesaux playesde la poitrine &c croire que la fange, le fang& autre telle
matière amafsée peut aitcmcnt (ortir par les lueurs , les vrines, le bas ventre, &
autres palfagcs : 3«: quoy que i auoue que les malades font quelquefois en grand
danger par l'imprudence des Chirurgiens qui n'ont pas foin d'attacher & re-
tenir les tentes auec du bon filet Iclqu. ïks bien fouiient font tombées en la ca-
uité de la poitrine,!] cft ce que ie ne vois pas po-nquoy il les faut entièrement
bannir, vcu qu'on ne doit pas attendre que la nature les chalîè dehors.
ADDITION.
Le cas duquel îc vous ay écrir,a eu vne très bonne ifîuc , car quoy que le
malade deux mois après fa blellurc fut en danger de la vie,toutes les playes
ctanrsconfolidces, illuy luruint vnafthmeauectoux.itiophie, «Scficure hcâ:i-
que,ncantmoins après qu'il eut iettc en vn iour naturel vne mefure & demi de
matière purulente qiu' auoir crc amafsée en la fubftance des poulmons à l'aide
6cs remèdes conucnablt s prirxipalcment, BalfAmî fiilphuris Terehmthviati cum
fyrHpoiumbino mixti , ce et.int fiit & l'ayant par après fortitic & detergé l'vl-
cere d.-spoulmonSjille fortifia t:llemenr que par l'efpace d'vn mois ou deux
il s'abftinc de tous remrdcs , la toux ne l'inquierant plus tant,& cette reiediion
parulente ccllànt auec tous ks accidents qui le menallbyentde phthillej'ainlî il
apris rcfolution de s'en alkr rcnc Ççmainc chczCoy. Lettre de Gre^oriusHor/iuu
frafejjenr à Gieffen ah pays de HeJJen.
Pwf'^once de V Awoei'.r,
ràioute à la rcfponcc de la première queîlio;) que vous auex tresbien cclaîr-
cî, qnc lafeule luifice des poulmons a été bl- fsee îk. q.i'il n'y a point à,r.s
grands vailfeaux qui ait été offjncé: i'ay des exemples en mes Obferuadons, qac
les extrémités des poulmons & du foye pjuucut être blcfsés faperh.ieUement
fans danger delà vie. Y z
i^r Liure Second des
Quant à la féconde , i'apporte la même diftindion que vous , aflfàuoir que fi
c'cft va corps bien portant & fi c'eft vne bleirure fraîchement faite fans qu'il y
ait aucun fang ou pus amafsc en la poitrine , qu'il n'eft pas nccelîàire de tenir
lono^rcmpsla playe ouuerte, caries villèrcs internes font bien toft offencez de
i'airnl n'en va pas ainfi es corps cacochymes,car en ceux la il ne faut pas fe hâ-
ter de confolidcr les playes 5c les vlceres de la poitrine,iufqu'a ce que la nature
fc foit bien déchargée.
le crois aufli auec vous que les poulmons peuuent être refoudésjcomme i'eii
ay propose vn exemple d'vn certain qui rendit des tentes par la bouche, ce qui
ne peut pas être arriuc (ans vne exulceration des poulmons.
L'opinion de Félix Vuirtz eft à mon âuis entièrement abfurdcjCar l'expericn-
ce fait voir qu'il faut entretenir les playes ouucrtes, non feulement delà poiiri-
ne,mais aufli de la Tcfte quand le Cerueau efi; à decouuert, comme auflî celles
des parties externes, iufqu'à ce que la fuppuration loit bien faite <Sc que l'on iait
bien nettoyé les parties : s'il fait cela pour cuiter l'iniure de l'air^ne tombe il pas
d'vne abymeen vn autre } Et ne peut on pas corriger le vice de l'air comme on
fait auxblcirures de la Tcflc quand le Cciueauou les membranes font dccou-
uertes:quant au dangev que les tentes n'entrent dans la cauitc du thorax,les ap-
premitsfçauent qu ils les faut retenir auec vn filctySc de croire que la fange ou
le fangq-ii ^ftariété enla cauité de la poitrine puille fortir par les vrines ou
le bas vTiitrc , eft vne chofe fi aofurde que rien plus , la nature n'ayant point de
pr.flr.^:s pour cet eifet,mais il ne faut pas trouuer étrange cette erreur vcu que
fon iiulC en eft tout farci,6cc.O^/.57.c^ ^S.Cefit.:^.
L
OBSERVATION XXX III.
D'vne hlejfurt en l" abdomen auec fer te d'vne f articule dufoye.
'Expérience a fait voir que les playes du foye,ne font pas enticremêt încur
_-.. rabks, quoy qu elles foycnt de très difficile gucrifon à caufe de la perte de
fang qui a accoutumé d'arriuer:en voici vn excmpk,vn Suilfe âgé de }o. ans fut
blcl' é en vne mêlée d'vne êpée à lafuiire en la région du foye , la playe étoit
grande S>i le iang fortoic abondamment, de forte qu'il tomba en défaillance: vn
Chirurgien ayant été demandé , il voulut fonder la playe & arrêter le fang pjg:
des meaicam.cms , mais ilfc prcfenta à l'orifice vn lopin du foye lequel il tira
entièrement dehors auec àcs pincettes , & quoy qu il furuint des accidents fort
grans,fi ett ce que par la grâce de Dieu il fut très bien remis : Trois ans après il .
vint à Geneue auec vne heure contenue & ayant été rcçeu à l'Holpiral fut
traité par Mr. Ican Anthoine Sarrazin Médecin &:par M.Iesn Griffon Chirur- l
gien , comme ie l'étois vne fois allé voir auec ces meflieurs , il s'écria n'eft-ce
pas
Obfcruations Chirurgiques. 175
pas vne chofe mifcrable qu'il faille qnc la ficvic me confiimc maintenant Se
que ie ne puilfe pas être guéri par deux perfonncs, l'ayant êrc par vn feul d'vnc
grande bleirureau côte d'où on me rira vn morceau de Foyc î là dclliis il nous
moniale cote ou nous vîmes vne Cicatrice de la longueur de la Paume à l'en-
droit du Foye : étant mort quelques iours après nous ouurîmcs Ton corps ôc
vîmes qu'en effet vn morceau du lobe inférieur du Foyc auolc été coupe ik la
playe ties bien cicatrisée. Obferu. 34. Cent. 1.
OBSERVATION XXXIV-
lyvne bleJJHYe en P Abdomen^
IL y a cnuiron vn an quVn ieune homme âge de vîngt-ans après auoi'r bien
beu, fc pormcnant parle Bourg de Porenciu, vintà tomber entre les mains
de quelques ccholiers qui auoyent aufli fait la débauche : après s'être cntre-
querelé, ils mettent la main à i'êpée , vn efcholicr ayant empoigne fon ftilet
perça ce ieune homme, ('qui ctoitouurier en laîncj vn peu au dellus du Nom-
bril vers le côté gauche, l'épée fortant auxlumbes contrebas :|le ieune hom-
me tombe & fut mené à demi mort en la boutique d'vn Chirurgien & fut vi-
fîté par deux excellents Chirurgiens lean Glans Chirurgien de la cour & Vucr-
nier Cramât Chirurgie n de la Ville, lefquels crcurent qu'il ne tarderoit pas à
mourir, quoy que le blefsc demanda du fecours à mains ioinres : l'vn & l'autre
apresauoir fiit leur Piognoftic entreprirent la Cure de cette bleifurc mortelle,
après en auoir confidcré la grandeur,profondeur,U partie offensée & les autres
circonftanees,quoy qu'ils crulfent ( appuyés fur quelques coniedures proba-
blcsj que ni la cauité de l'cftomach n'auoit été percée, ni le Pylpre, ni le com-
mencement des boyaux grefles,neantmoins les deux orifices êtoycnt fi petits
qu'à pêne pouuoit-on découurir auec la fonde la profondeur de la bleiîure:
ayants donc bien pesé &C la difficulté de l'affaire & le hazard de la Cure , ils (è
feruircnt tant en dedans que dehors du fecoars que leur fournifîoit l'expérience
& la pratique ordinaire comme d'huyleSibaumes^ongucntSj'emplâtreSjpotions
&apozcmes vulnéraires &c. vn peu après , comme il arriuc le plus fouuent,
plufïcurs & fâcheux accidents fuiuirenr, fièvre auec frilfon perpétuel, foif, veil-
les, inquiétudes, défaillances,conflipation de ventre, ôcc le fus d'âuis que l'on
luy tint le ventre libre par des lenitifs & lauements, afin que fî parauentureil
y auoir ou dans l'cftomach ou aux Inteftins quelques grumeaux de fang, ils en
fuffent ch^ifsés , de peur que venants à fe pourrir ils n'augmentallcnt la fièvre
ou atriralfent des autres accidents : cela fut fait à diucrfes fois & toujours il
forrit abondance de fang noir , caillé & pourri qui étoyent vne preuue que les
Inteftini étoyent offcnccs : enfin au bout de quelques femaines, l'vne iS^' l'autre
Y X
174 Liure Second des
playc ayant ecc cîcatrisce,lc malade croyant être guerijs'enalla chcs foy » quoy
qu'il futreftcen la partie vne douleur piquante auec vue Tumeur afscs dure qui
Je contraignoit à marcher tout courbe : s'cnnuyanr au bout de cette douleur
&Tumeur il s'adrelîà à vu autre Chirurgien, lequel s'imaginant qu'il y auoic du
pus cache âpliqua des remèdes qui pouuoycnt amollir la Tumeur ù^c aider la
fuppuration, & par deux fois fit ouueirureauec le fer, mais en vain , car il ne
fbrtit que quelque peu de ferofitc, rcftant touiours cette douleur piquante; Se
comme il êtoit Cachectique auec beaucoup d'obftrudlions de Foye , de Rattc
ôcdcs véncs mcfaraïquesamafsées de long-temps,on fe feruitdes remèdes qui
peuuent les ouurir ; mais comme tout cela ne feruoit de rien , on fut oblige de
lailïcr faire la nature, veu principalement que le malade pouuoit aller & venir
• & f^irefcs affaires : quarriue't'-il cependant/" fur la fin de l'année comme le
patient reuenoit en la maifon ayant fait fes affaires , il fut obligé au milieu du
chemin de décharger le ventre auec vne très- violente douleur de mit dehors le
bout de l'cpée ( comme il cft rcprcfenté J auec des grandes douleurs : Les
Chirurgiens étonnes de ce cas nouueau ( quoy que le malade ne voulut point
dire la vérité que par le commandement du MigiftratJ fi cent tous leurs cfi'brrs
pour auoîrce bout d'épée ôc le confronter auec l'autre : ils virent qu'en effet
c'en eftoit le Bout, mais que pour la faire entière , il en faloit encor vne pièce:
& cette douleur piquante continuelle & opiniâtre qui reftoit encor, leur faifoit
croire qu'elle êtoit dans le corps; on voie parla que cette IMaye êcoit mortelle
vcu quel'eftomach Se les înrcftinsêtoycnroflenccs , Se que ce bout d'épée a
croupi vn an tout entier dans les replis des boyaux , les Médecins n'ayants pas
été fuflifints pour le mettre dchors,car routce qui (oit d.i ventre doit pnlf-r par
cous ces détours des boyaux: mais il y a àhefiter fi l'épéc s'cft rompue le mala-
de tombant à terre , ou Ci le bout qui manque s'cffc arrêté en l'cilomach ou aux
Boyaux, ou comme il eft arriuéqr.e le malade a peu cchapcr, l'eftomachoules
Inteftins ayants été blcfsés , Se encor comme ce fer a peu demeurer Ci long-
temps au corps fans faire plus de mal,.5^ derechef fi l'autre bout refte encor dans
!e corps ; vous pourrés voir pludeurs Hiftoires de cetrc naturr ch-s Skcnckius,
Amatus Portiigaîs 4 & Bcncdiârus Faaetuinus, priiKipalcment d';'igiiilleScS:
épingles qui ont été aualées par mégarde Se lonc forties par les palfagcs rortus
dervrincfans aucune incommcd 'é d.i C'"rps oxi d-- la fa; t:Sec. Lettre deCUn-
èJrus DeodatHr Médecin de l'Eu fjne de Bajle.
%^eJponfe de l*aHtheur,
IL n'y a perfonne qui ofc douter Ci U blclfure de laquelle vous m'ecriucs , eft
mortelle ou non, car Hippocrate dit Se W xperience le montre que les blel-
farcs des Inteftins font mortelles, outre qu'elle a été proche de l'cchiiic & des
ïicih
ObferuationsChirurgiques. 175
nerfs qui en fortcnt & par confeqticnt a tire ajjres foy douleurs, inflammations
6c aunes grands accidents : mais l'endroit d'icelle fait voir que ni i'cilomach ni
le Pylore n'ont ère percées, ce qu'ont cru les Chirurgiens qui l'ont traire : car
le l'ylorc ou orifice droit dç l'cllomach eft au côré droit vis à vis du Foyc , ÔC
l't ftomach eft Htuc plus haut que n'cftoit pas la Playe : ie doute auflî fi les grê-
les boyaux ont êcc offenses : car à caufe du pc u de izn^ qu'ils ont, ils fe rcllbii-
dent très rarement, ce qui a fait dire à Hippocrate que leurs blcllures font en-
tièrement mortelles: on trouue neantmoins ches Marcellus Donatus Se ailleurs
qu'elles ont cfc guéries : ie crois plutôt, fauf vôtre auis, que le ftylet a perce le
boyau Colon à l'endroit ou il eft fermement attache au Rognon gauche ik que
la pointe d'iccluy aoffencc l'Appendice de la troificmc' ou quatrième vertèbre
des Lumbes f qui font robuftcs J &c comm.e l'êpce êtoit de bon acier, qu'en la
retirant & le blefsé venant à tomber par terre en chancelant, qu'elle a ctcrom-
pue& la pointe eft: demeurée ou dans le boyau même ou en partie dans le boyau,
en partie dans les mufcles ; ce qui me fait croire que ce boyau a été ofîèncé,
eft la conftipation de ventre, car comme vous fçaués qu'il eft étroit à l'endroit
du Rein gauche, le paflàge des excréments à peu être bouché par l'inflamma-
tion &: par la tumeur qu'y ont fait les humeurs qui s'y font icttées : 6c l'abon-
dance du fang caille qu'il a rendu me le perfuade encor : vous aués donc eu
raiion de luy donner des Lauem.ents qui ont beaucoup contribué à le fau-
ver.
Et pour refoudre vos demandes, il y a âparence que l'cfpées'eft rompue lors
que le malade tomba par terre & que la pointe eft demeurée , non dans l'cfto-
machmais dans les Inteftins &c les mufcles ; que fi quelqu'vn veut croire qu'el-
le eft demeurée attachée à cette appendice de la vertèbre & y a demeuré quel-
que temps, il ne le trompera pas beaucoup ce me fcmble; Vous demandés par
après comme il eft poffîble que le malade a peu échaper l'eftomach ou les In-
teftius ayants été oftencés ; ie répons auec Auerroes qu'il fe fait des monftres
dans les maladies, c'eft à dire qu'il arriuc des choies qui furpaiîènt la portée de
l'homme: en après il fe tra.uie des exemples dans NicoIausNicolus, Matthias
Gornax &c Marcellus Donatus lib. 5. cap. 4. Qui- les Playes de l'eftomach
ont quelquesfois été guéris: vous en trouuercs aufli vn exemple dans la Préface
dcCroUius : H y a quelques années que Galenus Vuierus Médecin de grande ré-
putation m'écriuiten ces termes: ilmefouuient,dit il,qu'aMontpelicr Laurent
foubcrt Médecine Profi-fTeur Royal, nous montra vn petit couteau fans poin-
te qui auoit été fourré, entouré d'vn linge,par vn berger en la bouche d'vn au-
tre lequel dêcendit par legofier en bas & a demeuré long temps dans le corps
^dcux ansce mefemblc J iufqu à-ce qu'il fc fit vn Abfcés dans l'Aine pnr ou
il fortit , il vécut encor fept ans après à l'aide du Chirurgien qui le traita : Oc
les play es faites en cet endroit del'Inteftin ne font pas entièrement dcfJp. lecs,
cpmme ic le fçay pour l'auoir veu de mes propres yeux : car le Boyau en cet
17^ Liure Second des
cndioit dï épais &C charnu & près de parties garnies de chair aûftiuelles il tient:
Se comme les aucres Inteftins font portes à l'ordinaire çà ôc là tant par les vents
que par les excréments, il n'y a que cette partie du Colon qui ne bouge quafî
d\nic place & partant elle feconfolide afsés aifemcnc : vous me demandes en
troifiêmc lieu comme il s'eft peu faire que ce fer ait demeure Ci long-temps
dans le corps fans auoir fait plus de mal ? le répons qu'il en a fait afsésjcar vous
in'écriucsquelcmalade a été trauaiilé de douleurs continuelles : outre que
h nacure par la prouidence qui agit toutîours dans nodie corps , a accoutumé
de former vne matière femblable à vn Cal autour des choies étrangères qui
(bnc dedans le corps &: défendre par ce moyen les parties voifines de leur in-
ittrc : il y a des exemples d'vn couteau qui ell demeure attach* aux lumbes, &c
d'vne bâle de plomb qui a demeure fix mois dans le Cerueau fans auoir fait au-
cun mal : 4. vous voulés fçauoir ii le reftcde l'efpéc qui manque eft encor ca-
che dans le corps ? il cft malaise de le dire ; fi cil ce que cette douleur conti-
nuelle &C fixe fait croire qu'il y a encor quelque chofe contre nature contenu en
cette partie: car il y a âparence que la pointe de refpce a donne à l'appendice
ou l'aile de la vertèbre, car fi cllen'auoit pas rencontre quelque chofe de fcm-
blable,ie ne puis pas comprendre comme Tefp ce fe feroit rompue dans la chair:
OhfcTH, 74. Cent. 5.
OBSERVATION XXXV.
D'vne bUJfureau Tslombril fuinie de mort/tthite.
VN ieune homme ayant receu vn coup de la pointe d'vne efpcc qui fît vne
petite Playe entre le Nombril 3c les fauiTes coftes , mourut fur le champ:
i'adn^ray qu'vne Playe fi légère Ôc en vnlieuà mon auis qui ne fembloit pas
beaucoup dangereux,eut peu caufcr vne mort fi fubife : ayant ouuert le corps
le lendemain & en cerchant la caufe, ie trouuay que tout éroit bien entier au
dedans hormis,la vcne vmbilicale ( qui eil plutoft vn ligament es pcrfonnes
âuancces en âge ) entièrement coupée.
TAiidis que l'enfant eft au ventre, il tire la nourriture par la vcne vmbilica-
le : après qu'il eft venu au monde, fde peur qu'elle ne fut inutile j la na-
ture a voulu qu'elle s'endurcit peu à pcuenligament par le moyen duquel le
Foyc eft âtachc au Nombrilj ce ligament étant coupc,le Foye eft attire en haut
lequel preife tellement le Diaphragme que l'homme en pcrt incontinent le fou-
âc & elt AifToquc. Oh/em. 5 j. Cent. i. OBSER
Obferuations Chirurgiqucs; I77
OBSERVATION XXXVI.
^*vne hle^HYe mi has. Exe?nple d'vne hlejjure rcdoiélée,
L'An \6o6. vil Maicre d'cfcrime à Berne nomme Conrad fut blefsc de la
pointe de refpce entre le coude ôc le Poignet : le fang ayayant été arreftc
il but trois fois le iour d'vne decodion vulnéraire ÔC en fit iaucr fa Playe par le
Barbier: la Cure lembla aller bien au commencement , mais au troiilcmeiour
il y vint inflammation, grande douleur auec fièvre, dcgouft &c nausée : ayant
ctc demande, ie trouuay tout le bras & la main enflée & enflammée iiifqu'au
coude: les mufclcs du coude fe rtlïènto;, ent auflî du mal à caufe des vapeurs qui
montoyent de l'inflammationjil auoit aufïî par fois des dcfalllances : la Playe
ctoit fermée & auoit com.me vnc croiirc deiîus .• ayant pris vue fonde pour dé-
couurir l'Anguille qui étoit cachée fous la roche , ceux qui êtoyent à l'entôur
du malade commencent à me blâmer (2: à me dire qu'il ne faloit rien entre-
prendre fur la Playe ^ qu'il ne faloit pas la renouucUer , veu que la peau n'C'
ftoit blelsce que fupGrflciellcment ôç que le malade auoit beu d'vne Deco-
.«Stion vulnéraire au commencement : car les gents de ce pays s'imaginent que
cette Décoction ne confolide point la'playe en dehors qu'auparavant elle ne
l'ait été au fond, mais ayants veu par la fonde quelle étoit profonde quaC d'vne
paume &: qu'elle pafloit iufqces au coude, ils furent tous bien étonnés : luy
ayant oint le bras auec vne huylc Anodync , ic mis vue tente imbue de mon Di-
gcftif, laquelle n'aloit pas à mi chemin de la Playe (^car ie ne pus pas aller plus
auant la picmiere fois J ôc par deflus vn linge trempe en vn refrigeratif : ie luy
ordonnay vne façon de viure fobre ik. le fis paflcr entièrement de vin, luy ayanc
fait prendre à neuf heures du foir vn Iiilcp rafiraichiflant & corroboratif , il
palTà la nuit beaucoup plus doucement d: commença à fe porter vn peu mieux
& ie lendemain à fix heures il prit vnc médecine qui purgeoit la bile laquelle
le mena doucemenr,i'oigni$ derechef le bras ik mis vne tente vn peu plus lon-
guc,.S:jà chaque fois que ie le traitois,ic râchois de h fme plus longue & de la
porter iufqu au fond de la Playe: or il n'cll pas ncce(îiu"rc fce qu'il haut bien re-
marquerj que la tente foie h cpaiffe qu'elle, remplillè toute la Playe, car parce
moyen il fe fcroitvne douleur continuirile <Sc des autres mauuais. accidents,
mais il fufiît qu'elle rempHlfc les trois quarts de la Playe en fa furfacc ^ que la
quatrième foit vuidc de peur " que les Icares de la Pîayc ne foyent dilatées par la
tente, laquelle doit être faite auec du linge bien doux en forme de pyramide,
afin que lurla fin elle ne rcmpiifle que les trois quarts de la Playe vers le fond
ou doit être du vuidc pour n'cmpefcher pas la génération de la chair , îk pour
cette railbn la Playe ayant bien fuppuié,il 1-aut cous ks iours faire la tente plus
Z
178 Liure Second clés
petitc'.maîs voyant quelques iours après que les rymptomeSjafTauoir la douleurj
Tenflcuredubras &l l'inflammation ne s'aricOoycnt pas rufïî{ammcnc& rcco-
noillanc par là qu'il y auoic cricou quelque choie de caché, ic fus oblige pour la
féconde fois de mettre vne fonde d'argent dans la Playe , ou ie trouuay vu fé-
cond finus , ^qui n'cftoic pas pourtant fi profond ) dclfous la Cephalique qui
penetroit iufqu'à la médiane tout de mcme comme on le voit en la figure pre-
mière delaj. table.
A C'cft la Playe en dehors ^
B C'cft le conduit vers le coude i
C Le conduit fous la Cephalique vers la médiane. |
Ainfi il n'y auoic qu vne ' laye en la peau,m:iis il y en auoic deux dans les muC- f
clés, ce qu'il fauc remarquer f:)igncu{cmcnc > car quand il y a de femblables ■,
Playes redoublées, le malade cften danger, veu que le Chirurgien en pençant }
l'vne & lailfant l'autre qu'il ne fçaic pas, il furuient de tres-mauuais accidents
commeiel'ayfouuent remarque : aymtdonc découuert cette aucre Playe, i'y
inisauflî vne tente trempée dans ce même onguent deux fois le iour , ne chan-
geant point cette procédure iufqu'au 14. apics i'achcnay la cure auccdes
médicaments farcotics & ceux qui font venir la cicatrice: ainfi il fut heureu-
sement gucri, faifant neantmoins toufioucs obferuer vnbonrcgime Ôc luy en-
tretenant le ventre libre.
Or ces Playe s redoublées arrîuent ou quand la main de celui qui a fait le
coup a tremblé, ou a caufe du mouuement& agitation du bkfsc : car celui qui
porte vn coup dans la colère , n'y procède pas comme fait vn Chirurgien en
îcs Opérations. Obferuat. 85. Cent. 4. au Hure de Ichore & melicerta chup, S.
OBSERVATION XXXVII.
D'vne blejfure au Couâe^
VN Gentil homme de la Cour du Prince de luliers &c. en l'an 1580. fuft
bL Tsé au Coude, 6c la véiie Axillaire auec quelques nerfs furent coupés:
il tomba encre les mains d'vn Charlatan qui promit de gueiir cctre bleifure auec
le fcul emplâtre ftictique f quoy que CofincSlotanui Chirurgien du Piince
s'y opofafortj laPlayei'ut vciitablement bien-toft cicatrisée, mais le brasen-»
fla incoi,tinent auec douleur , & enfin il furuint de la fièvre & en fuite vne
flexion d humeuis auec inflammation èc s'amafià du Pus au fond de la
Playe qui caufa de la pourriture par laquelle la véne fut rongée & derechef ou-
ucrte,ainfi arriua vne fi grande haemon hagic qu'il cn mourut, ^« linre de Icho'
u ^ jMeliceria chap. 8. Obf. ^S. Cent- 1.
OBSER-
Obfêruations Chirurgique?. 1^9
OBSERVATION XXXVIII.
Tfvne fUye au Carpe.
IL n'y a rien de plus connu en Allemagne même parmi le vulgaire que l'Hy-
dropifie des loincures, mais comme elle ne l'cfl; pas tant ailleurs, l'en veux
apporter vn exemple.
L'an 1616. Mr. Philippe Kilchberger Patrice deBzrne fjc blefsc en vue ren-
contre d'vn coup d'cpcc au poignet gauchc,lap£au fuft à pcne entamée iufqu'au
ligament oblique: on demanda vn Chirurgien qui traita la blelTure à la façon
accoutumcc,& commeelleeftoit petite aulîî fut elle bien tôt cicatrizce : du
commencement tout alla bien &ilne fijruint aucun accident (înon qu'il fe
piaignoitd'vn engourdiirement importun du doigt annulaire Ôcdc l'aurijulairc,
ce qui eft va accident infeparablc des blelfures des parties nerueufeSjairuioir des
brasjdes mains,des cuillès & des pics: car les humeurs s'allants ietter fur la par-
lie incontinent après le coup,les efprits animaux font empêches par icelles d'al-
ler librement aux extremitcs:Or le Médecin connoiflira par cet engourdiiïèmenc
ouftupeur non feulement quelle partie eft ofFencce,mais aufli la grandeur de la
blelfurejCar c'eft vn figne qu'il y a vn nerf otfenccou quelque partie nerucufe 3c
tant plus grande auifilera la blelfure: que (île nerf eft entièrement coupé, non
feulement il furuient del'cngourdiirement mais aufll perte du fcntimait &: du
mouuemenr, mais ceci foit dit en palfant: l'ay dit que la blclïarc êcoic fi petite
qu'à pêne le ligament oblique auoit été ofFcncc,cc qui fut caufe qu'on la mc-
prifa ôc que la malade fit beaucoup de fautes tant en fon régime qu'en d'autres
chofesror fur letroilîcme lourde la maladie,comme le malade & le Chirurgien
crurent qu'il n'y auoit rien à appréhender , il luy vint peu à p^'u de la Joalcuc
laquelle augmenta tellement en l'cfpace de i4.heures qu'on ne le fçiuroit dire:
ayantéré demande au 5. iour ie trouuay le malade qui ctioit tant qu'il pouuoic
à caule de la violence de la doulcur,auec vne grande fiéure ardente &c co^itinue,
(ècherellede langue.douleur de tefte continuelle &: vne foif qu'il ne pouuoit ap-
pailer: il êtoitaulîi rrauaillc de veilles contitiuelles,inquicti.id ,n.msce,rapports,
dcgoull de viande & vomilïèment,ilfuruint encor des défaillances auec con-
ftipation de ventre & vne violente douleur de Reins: la main «Scie bras êcoycnc
extrêmement enflées auec inflammation : la Playe ctoit remplie d'vne chair
fpongieufe & en quelque façon liuide & pâle,de laquelle il fortoit non du Pus
bien cuit, mais vne humeur trouble ôc fembbble à du p. tir lait •• Or quoy que
ces accidents fulîcnt très grands,!! cil- ce que ie le remis très heureufement à l'ai-
de de Dieu.
Et combien que les Symptômes racontes en cette Hiftoire feruent de figues
fuffifants pour connoiftre ce mal,h eft- ce qu'en faucur des ieunes,ie les veux dé-
duire plus ail long. Z i
\to Liure Second des
Le premic: figne de riiydropifie des ioinrures eft qu'il ne fort pas de la Playc
du pus mais de la r^nie,c'cfl: à clire,vnc matière fercufe &c vifcide , du commen-
cement en petite quantité laquelle augmente peu à peu: mais il faut remarquer
icy qu'en prcfquc toutes les Playes des parties nerueufes il fort au commence-
ment quelque chofc de fereux èc crud,quoy que tout aille bien & à fouhairrpar-
tant il ne faut pas s'arrêter à ce feul figne iulqu'à-ce qu il s'y en trouue des autres,
2. Au troificmc Se quatrième iour la partie enfle, car il s'y iettc des humeurs
du rtfte du corps.
3 En même tcms il furuicnt inflammation à caufe de la quantité des humeurs
qui y YomiUi. le malade fenc certaines vapeurs chaudes qui s'cleuent de la partie.
4. Il y a vne très grande douleur: car la matière qui efl; enfermée en la par-
tie étant deuenue acre, pique & mord les nerfs &c les parties nerueufes.
5. Les bords de la Playe fe retirent en quelques- vns, mais le plus fouuent &c
quaiî en tous ils enflent 2>c boufilïènt, & la Playc fecouure d'vne chair fpon-
gieufe Scqui tire fur le pâle liuide: ce qui prouicnt de l'abondance & malignité
de cette humeur fereufc & de ia diminution de la chaleur naturelle en cette
partie. .
6. Jl y a fièvre continue, quelquefois ardente ôc en des autres moindre fclon "|
que la douleur l'eft plus ou moins ôc félon l'abondance des humeurs qui font "
au corps: la fièvre caufe lafechereiîe de langue , foif , douleurs de Tefte & de .•
Reins, inquiétude, veille, nausée, degour, vomiflèment,dureté de ventre fk au-
tres accidents, j^h Imn de lchore& Melic. cht 4.
OBSERVATION XXXIX.
D>J«tf bleJ]Ure au doigt.
Noble lean de Vuattenville Auoyer de Berne ayant êtéblefsé légèrement au ^
doigt du milieu & mal traité par vn Bârbier,apres y auoir eu de la douleur .
ilcommença à. en fortir de la fanie en fi grande abondance qu'il m'a alfuré en ■:
auoir rendu en peu de iours pafsé vn pot de Berne auec fi grande douleur,fiévre •
Sçâbatementdc forces & autres grands accidents : qu'il crût y laiflèr la vie, il i
fut remisa la fin, mais laiointurequi auoit été blefséc perdit le mouuemenr> ,
comme ic l'ay veu fouuent de mes propres yeux. Ah mime linre chap. i.
OBSERVATION XL.
D^'^ne blefftiYe au doigt»
L'An léio.vn fils deMatthis Keller Archer,âgc de i i,ans fe blefla en la iointure
du milieu du doigt indice de la main gauche auec vn couteau:on confolida
lablelfurc en peu de iours auec vncdcco<^iô viilnçrairc:niais5'ctantamafsédela
maïkre
Obferuations Chirurgiques, lli
matière au fond de la bldïlire, le doigt &" toute la mainenflcccnt^trcinciTcnt
aiicc giande douleur & hydi'opific des ioincurcs ditte hydrnrrnros ôc aucrcs
violents accidents, &.'cntr','urrcs les dcfaillancts à chaqnr fois que ie voulois
de bander la playc : C car fon Pcre me demanda en fiure J les douleurs êcoycnc
telles qu'il n'y auoit aucun remède anodyn qui peut les apaifer , de i'o^ic que ie
fus oblige de palier aux narcorics à caufe qu'il ne repofoir point: on peut reco-
noître icy combien cette matière cft acre «Se maligne , en ce qu'elle ct.uoyc des
vap; urs qui attaquent les parties noble , Se ronge les parties voi/ines , comme
ic l'ay vcu en ce garçon,auquel quoy que i'ullc fait tout ce qui êtoit de faire, ie
ne pus pas ncantmoins empêcher qu'elle ne fît vn linus en la dernière ioiiiture
Se au métacarpe, fi eftce qu'il fuft tresbien remis de en telle foiftequc le doigt
n en perdit point le mouucment. j4u même traitté chap.i. é" 8-
OBSERVATION XLI.
( Des Play es des doigts é" ^^^ maïns.
Et ^ue contre f opinion de Félix VvinKJl les faut tenir oiiUertes.
N a imprime derechef à Bafle rœuureChirurgîque de Félix Vuirrz qui
'contient plufîeurs chofes contraires à la raifon <?«: à rcxperience,par exem-
ple qu'y a-il déplus abkirde que ce qu'il dit au chapitre i- liure i. Qu'il ne fc
faut point feruir détentes es playes de la poitrine qui pénètrent en la cauité,
t<. que la matière purulente peut fortir par le bas ventre, les vrincs,& \&s lueurs,
les condamnant aulîî fans aucune diftinétion es playes àts doigts g«: ài:s mains?
Mais ie veux montrer par des exemples le danger qu'il y a de fuiure cette do-
dlrine.
Vn marchand de Colognenommé Guillaume Quadus, étant en fa boutique
fe piqua la paume de la main auec la languette de la balance:en attendant mon
rctonr de dehors il ne voulut pas que perfonne y roic la nîâin,ctpcndantrablc(^
fuie fe ferma en dchorSjCnuiion le 4.ionr la douleur augmenta, & comme c'é-
toit vn corps replet charge de fang^ d'humeurs , ilfuruient ficure & intianj-
mation defoitc que la mahi fut cxulceiceen plulicuis endroits laquelle on eut
bien de la pêne à confcruer.
laques de Bcrgeiics Bourgeois de Lauianne en l'an ijcj^.^Se perça la paume
de la main auec vn canif, «îfc parce que le Chirurgien , (qui mépcifa la petitclîe
de lablelïïirejne l'entretint pas ouuerte auec descentes, & que le pus s'am.ailoic
au fondjil furuint de f\ grands accidents qu'il fut en danger delà vie , i! v auoic
fur tout vue très violente douleur qui '/ut fuiuie de 6éure , înquKÛuù'^ i;^.
ï- 5
igi Liure Second des
fi.imm.uion : .ayant ccc enfin demandé es: faic tout ce qui ctoft nece{îairc,aprcs
qu'il eiir cxcrèmcmcnt cndiuc des longs rouimcncs,il fut remis.
L'an i J5JI. vnc Payianne à Hildeii ic piqua auec vue cpiilc le bout du doigt
indice, & comme la playe s'ccoit fermée pai la même caulc aucc amas du pus
autour des parties nerueu(es,il luy vinr douleur, iaHamma:ion,(îk: gangrené qui
le conutrtic en iphacelciclle me vint trouucr,& aprci l'auoir purgé,ic iuy cou-
pa^ le doigt vers le métacarpe & ainfi elle fur guérie.
L'an 1598. vnPayfan d'auprès de Laufanne maniant des épines fe piqua au
malIeo'e,ayanc méprise le mal & laifsé fermer trop toll la blclKire, il y vint de
la douleur ôc bien coft après inflammation cc gangrcne,enlîn toute la iambe fe
trouua fphacelce, ôc n'ayant pas voulu permettre qu'on la coupa:ii mourut au
bout de quelques iours.
Il faut donc tenir ouuertes les playes auec beaucoup de foin , quoy qu'elles
foyent aux parties nerueufes ôc petitcSjiufqu'à ce que la playc l'oit faiK(ammciiC
mondificejEii voici la raifon : car en toute playe principalcm.cnc faite par inci-
ilon, la peau fe retire aifement du commencement , premièrement parce qu'el-
le eft membraneufe , en après parce que la nature ie Icrt de cette couuci turc
pour défendre les autres parties confiderables comme la chair , les Vêncs , les
les arteresjles nerfs (Scies parties nerueufes contre l'iniure de l'air : or la chair
ne fe peut pas refoudre (i tofl:,car premièrement aux playes faites par incifion,
il y a vnc efpecc de contufîon, mais il faut que la chair meurtrie ie pourrillc &c
conuertilfeenpuSjComme dit Hippocrate : or cette fuppuraiion ne fe fait pas
envninftantjla peau donc vient àfe reffcrrer ôc retirer dés le commencement,
ainfi les humeurs qui fortcnt de la partie blefsée^ctans rctenues,s'échautfcnt peu
à peu6<: deuiennent acres,<Sv: parce quec'eft vnc partie ncrueufe & par confe-
quentfort fcnfible qui eft oftcnccc , il y vient de la douleur qui attire du fang
éz des humeurs d'où viennent les grands accidents : or les tentes doiuent être
faites en telle forte qu'elles tiennent ouuert l'orihce extérieur de i'vlcere iuf-
qu'a ce que les autres parties oilcncces,commc la chair Ôc les nerfs/oyent fuâS-
famment mondifîces , (ans que neantmoins elles blelltnt les parties nerueufes,
voila pourquoy il faut diligemment reconntîtrc la profondeur de la playe ôc
prendre garde que la pointe de la tente ne touche le fond,principalcm nt s'il y
a nerf ou quelque choie de ncrueux qui foie découuert : mais les bleliurcs qui
font fort petites Ôc ctroittes , comme elles ne pcuuent pas receuoir vue grolïè
tente ôc qu'vne petite n'cft pas afscs ferme mais ployé de cote ôc d'autre laus
aller iufqu'au fond , i'ay accoutume de me feruir d'vn filet d'or ou d'ai gent
qui ait de longueur autant que la playe a de profondeur que i'cntoure de lin
éc oins de quelque vnguent anodyn ôc digeftif lequel ie mets dans la playe : il
faut neantmoins les traiter doucement aulli bien que les autres playes , car il
n'y a point d'accident plus grand ni plus à appréhender que la douleur: ôc voila
U première raifon pour laquelle il fe faut feruir des tentes , alTauoir pour bail-
ler
ObferuationsChirurgiques. i^j
1er ifTueniix humeurs que Li folurion de concinuicc y a attire : En voici vnc
aatie , c'eft pour pouuoir porter les médicaments iufqu'au fond de la blelTure,
Cardequoy feruira ievous piic vn mcdicamcnr digelliF, mondificacif &: far-
cotic fi la pi jyc cft fermée ? mais tandis que l'on trauaillc à la playc en dehors>
Il ne faut rien, mettre c^es rem'°des généraux, il flrut donc faire obfcruer vhe fa-
çon de vîure fobrcj purger & laigna's'il eft necejTàire:que Ci on ne fait pas cela
èc que l'on ne dilate pas la playc par des tentes dés le commencement , quoy
qu'elle foit petite 6c de peu d'importance en apparence , la matière retenue
caufcra des grands accidents voire même la mort : on trouue des exemples en
plufieurs Au'.hcursrLoi.iys Viu(>.s Cô(eilicrà Monrpdier en la cour des Généra-
les mourut en fept iours uiec vue conuullîon qui le {aific fubitemêt à cauie d'v-
iie petite blelïïire ôc qi,i ne valoic pas le parler en la paume faite en la main
gauche,comme récite Vaileri.da en ùs enui rations Hure 3.Enarr.8.Et Horatius
Augenius Epiil:.'. li.5. Epiit. i. racoi^te que Ican Bap tille Argentin dePadouc
mourut dVne blclfure au petit doi^t.Ohfem.ùC^ent..^
OBSERVATION XLII.
JD'vneplaye redcublèe en la Cmjfe.
REJui Hcation en vne playe eft quand il n'y en a quVne en la peau ôc dcuz,
quclqu. fois troiN f comme ic l'ay veuj dans ks mufcles .* ce qui eft caule
que le malade loufFic de grands accidents, fans que le Chirurgien puilîc dire
d'où ils vicnncnt,en voici vn exemple.
L'an 1608. vn Paylan du village dePerroy furie lac de Geneuefutbiefsc d'e-
ftoc en duel en la cuilïè droirte quafi vis à vis de rarticulationiayânt fait venir
vn barhier,il tiouua auec la fonde que la bleil.ire allait contre l'os (acrum , &c
quoy qu'il apporta toute fa dextérité pour la guérir , il ne lailfa pas an troifié-
me iour de venir vne grande douleur , inflammatioii>fiéure 6c autres accidents.
Ayant été demandé le fixiémeiour , ie trouuay cet homme extrêmement op-
prefsé par la violence de la douleur, de l'inflammation &: de la fiéure auec
didiculté de rendre fon eau,(^car route la fdït étoit enflammée iulqu'au fonde-
ment ik perince:apres que i'eus remis la fondejic trouuay vne autre blctturc que
le b.ubicr n'auoit pas remarqué qui déccndoic par le milieu delà felie vers le
fondement en cette manicre,voyez la figure de la3 Table.
A marque la pbye en dehors.
B eft celle qui va vers le Cropîon C celle qui va vers le Perînce:maîs comme
celle de dehors ê;oit Ci étroite qu'elL ne po lu oit pas relf^uoir les deux tentes,iS«:
que l'autre que i'auois découuert ctoit fort profonde quialloicenbas,ie dis aux
aiîiftants & amis (ju'il êcoitiiccelïàiic défaire ouuerturc en bas pour bailler
184 Xiurc Second des
Comr. plus aircment le pus j luy ayant donc lâche le ventre par vu Iauemeiit,{e
mis va conduClctir creux 6c ouuert en vn bouc, iufqiics au fons de la playe , fai-
Tant couler âu long dclacauircdu coaduét.:ur cette fcalpcUe iufqaace que
l'ulFc perce auec la pointe d'icclle ce i^ui reftoic de chair & de pcau,cc qu'ayant
ùiz&c relire le canif,ic mis vn cordon de foye oint d'vn digeftif, frottant toute
h cuillè iufqu'au genouïl auec vne huyle anodyne & mettant cc cataplafmç
chaui'emcntlur h ^zitk.^.micji panis fbj. pulit./èfnm.fœmigr. Uni, cydomor,
melilot.an.^ S.pttlH. rojar. rnb. | ;". crocl 5 fi. co(jue cptm la^e vacclnof. cataplaf^
adâenâo vitell.omr.nurn.n. Apres le foupcrlclay fis prendre vniulcp rafraichif-
Çzwt corroboratif &'anodyn : il en repoia mieux la nuit 2c rendit Ton eau auec
moins de pcne.°lciour fuiuanr ie luy fis prendre vne purgacionqui purgea la
l>ile,& le iour après fâigner au bras : ie pençay la playe auec les remèdes iufdit?
deux Fois ie iour iniques au i4.ôcant le cordon au mains vue fois le iour «3c y en
remettant vn autre oint du même digeftif: ayant fuiui cette procédure quelques
ioursde fuite &lc malade ayant obferuc vne bonne façon de viuce& fobre » la
douleur &c les autres accidents s'appaîferent : la playe ayant Tuffifamm-nt fup-,
pure ôf étant bien mondificeji'acheuay la cure auec les larcocics 6c les mcdica-
mencs qui font venir la cicatrice.
Figure de rinftrumcnt auec lequel l'ounerturc a été fixité A c'cft vne fonde
ouuertc en vn bout : celui qui elt marque D doit cilre porté doucement iuf-
qu'au fond de la playe , puis il faut porter la pointe de la fcalpellc au fond d'i-
celle lafaifant dcccndrepar le creux de la fonde & la poullant au traucr^ delà
peau tanc qu'on l'atrapc du bout des doigts : eiifin aprcs auoir mis le tienchant
delafcalpeile marquée E dans le creux de la fonde,il faut tirer hors la fcalpellc
en telle ibrre que foatrcn chant ne forte pas hor> du ci'cux : la (calpellc étant
dehors , il faut laidcr dans la playe le cordon marqué Cengraifsé du digeftif
voyez. U figure j. deU^. Table.
Et à chaque fois qu'il faut remettre vn cordon, il le faut attacher au bout de
celui qui y ccoir,ainiicn ôtanc rvn>rautre y demeure.
Voici vn autre inftrumcnt par lequel on oauie très aifement en la partie
oppoiite vne playe profonde*^ écroîte Tuble i,.fig. 4.
AA vne aiguille de laquelle la pointe cft femblable à celle d'vnc lancette
dont on ouure la vciie.
B vne fonde crcufe d'argent ou de cuiure.'clle ne doit pas être roadc mais vn
pcuplare.
Ayant porte cette fonde iufqu'au fond de la playe , il fautauîîî y mettre rat-
goulet la poullcr par la chair hors de la peau,puis il faut mettre promptcn>enc
le cordon dans le trou marqué C ik retirer la fonde auec l'aiguiUc ainii kcor-
«lonfetrouue dans la playe. 0^/^4.Cr^.4.
OBSER.-
Obferuations Chiruigiqucs. i8j
OBSERVATION XLIII.
D\n êtres danger eu fe blejfare delà aiijje par vnconp d'ar^uebufe.
Noble lacob Vuallier âgé de vingcioisans palfa q-jeiqiics arxnces en quaîî-
cc de poic'enfcigne fous Noble Pierre de Boyiîc Baron de Pardal aii, <3jc.
Gouuerueur delà Cicadeile de Bourg en Brcfîè le ii. de Iiiin 1608. ledic Sieur
de Boyircailaà la challè du fanglier a cheual accompagne du lufdit Monfieuc
• Vunilicf &dc quelques autres oifi:iers : étants venus au bois qui eft éloigne
cHuiron dVne heure du Bourg,ili (e iriCtcnc en deuoir àc ccLclicr le fangHcr &
Te fcparercnt l'vn de l'autre fc cachants parmi les builîbns : vn des otii.icrs oyant
âbayer vn chien & voyant remuer dans vn halier crut que c'ctoit le fan-^licr,
lâche fou coup & blcile Moniîcur Vualli-r en la cuilïe gauche , lequel tombe
incontinent parterre: il y auoit trois baies dans le caïun dcfquclks chacune
pefoirfeptdragmes &deux fciupules; l'vne d'icelies calTa fou arquebufe, l'au-
tre perça feulement Ton haut de chaviik' , &■ la troilîcme donna en la cuIlFe &
fracalîa l'os par le milieu aucc très grande meurtrilFeure ce dilaccrarion ikz%
mufcles & des vallfcaux : il ne furuint neantmoias aucune hsmorrhagie quoy
que la bleirurc fut fort graade, car comme dit l'excellent Ambroife Parc , il
fort peu de lang dvT ces pi.iycs au commencement , tant à caufede la o-ranJe
conrulion que f.it la baie, que par l'agitation de l'aie quirepoulfe les cfprics
au dedans, comme on le voitcnceoxaufqacls vn men.bre entier acte empor-
té par vn boulet de caaon : or en notre malùde le coiip futli grand & la b.ilc
donna auecvnc telle impctuolîté fur l'os qu'elle en fut fendue par le milieu
toutds mêmes que (î on l'auoir partage aucc vn coufteau , coram:- îe l'ay vcu
de mespiopies yeux, fa violcnco ayant été bridée par ce moyen elle s'arrcta
entre les mufcles & la peau ('<iV.s poLiuoir aller plus auant : il fat conduit auec
beaucoup dcprneep. la Citadtik-: Mouiieur lean deBurgo Médecin &c Miîrrc
AnthoineScaly Chirurgien fêtants venu voir,ilstrouueren: toute h cuilïe &:
toiue la iambe fort enticcs& la baie prcs ia peau en la partie interne de h cuif-
fe laquelle ils tirèrent dehors fins beaucoup de prnc &: faiis g-ande perte de
fangjaprcs auoir auparauant faitincillon en la peau,mais l'ayante voulu contre-
peler aucc vue baie de même calib:e,ils furent bien étonnés de ce q:i'a ncne eu
pefoit elle la moitié: mais quatre iours après l'autre partie le maniftllia à codé
de l'ouuertare qu'ils auoyenc fait auec le rafoir,d'ou ils la lirerent après y auoir
faitvncincilîon : mais c'cll vnc chofe étrange que la bâleait été parra^^cea
deuxjcar chacun auoucra que la choie femblc im.poilible à caufc de la molleilc
du plom.b,maîslc coupauoitctc (\ rude & la bâic auoit heurté fi fort contre
l'os qui tn fut brise Si. hacafsé , qu'alîurcment quelque fragment d icchiv qui
ctoif trenchant , la partagea ainfi : i'ay fait mention deccciaiin qu'on bche la
grandeur de la fra<5lure 2>c brilement de fos comme auffi de h dilaccrarion S:
meuririifnre de la chair& des vaiiîèaux: le même iourarriue M*. Claude Chap-
puis Chirurgien à S-Amour , lequel s'ctant ioint au Médecin & au Chirurgien
Aa -
tH Liure Second des
ik JepHcrctnîcs bandes Se troiuicrcnt vn commencement <3e gangrené qui al-
loit qualî iufqn'à l'aine & pvîncîpalemcnr au dedans de la cuiflc. l^arquoy M*.
C hr;pui5,anrc !e coni.îuemcnt û.s p.nncSjiCaiifia aucclc rafoir tour ce qiûca
tcriOiï iSc y m; t les mcdicaments nccellaÎLCS.' il y a apparence qu'elle êroic venue
p^r ia grande ineuicvillnie delà ch '.il & des vallf^aux <^ l'abondance du fang
t.xr; auaséjcar comme dit Hipp- s'il rombc du fang en quclt]nc cauitéjil s'y coi-
iorrpt:ce quiarviuc. i. parce qu'il cl\ hois de fou lieu naturel lequela la pro-
^raercde confpruercequiy cft logé. z. parce que fa chaleur fediiîipe. 3. parce
qu'il cft priuc de la (aumure de la leiolité qui empêche la coagulation:parquoy
venant à fe pourrir, il produit des accidents difFcrents félon la nature de la par-
tie où il cft ôc qui approchent rie ceux que fait le poifon: la grande foiblcilè du
malade contribua aufli beaucoup à attirer la gangrcnejCar les forces furent tel-
iem.ent âbatues des lecomm'-ncemêt,qu'il laiifoit tout aller fous luy: mais c'cft
vnechofebien remarquable que la gangrené foit venue fi toft & le iour mcmc>
ce que i'attribue à la grande humidité de la partie , à la grande fluxion des hu-
jncurSjà l'exctfîiue chaleur & à la débilite de la chaleur naturelles outre les gra-
des douleurs qu'il auoit endure au commencement aiicc ficure continue,inquie-
tude & veilles'A' quoy que chacun dcfefpera de la vie , neantmoins le Médecin
auec les Chirurgie firent tout leur pofljble pour aller au deuât des accidents,en
ordonnât vue bonne façon de viurc, donnât des potions cordiales & rafraichif-
fantesjâpliquant Icsepirhemes fur le cœur & le purgeât quâdil étoit neceirairc:
ils miirent aufli fur la partie des ongents,C3raplâmes.linimens,&c.qui pouuoycC
âpaifer la douleur,auanccr lafuppuratiô & empêcher la pourrituremcantmoins
la gâgrenc gngnoit toufiours païs,de forte qu'au 4.iour il falut reuenir à la fca-
lihcation & à des médicaments plus efficaces , lefquels parla grâce de Dieu en
empêchèrent le progrcs,quoy que les autres accidéts augmentalfent de iour en
iour:il en furuint encor des autres très fâcheux afç- vnc inflammation auec cxul-
ceration au talon ôc au cropion parce qu'il ctoit toufiours couche fur le dos,lc
corps étant venu pluspefant par ladimijiution des forces & des efprits:ces acci-
dents baillèrent beaucoup de pêne au Médecin & aux Chirurgiens , & tous les
Pradticiens fçauent combien foDt dangcreufes les inflammations de ces parties,
neantmoins après vn long tiauail ils en vindrent à bout.
Mais comme les accidents augmentoycnt autour de la playc & de lafra(ftu-
rcM.dc Boyfe voulut qu'il fe fitencor vue côfulte en laquelle fut apelc vn vieil
Chirurg.fort expérimente : celui ci fut d'âuisque Ton fit trois incifionsautouE
de la fiadlurej'vne en la partie externe de la cuilîe & l'autre en dedans là où on
auoit fait ces deuxouuertures pour tirer la bâle,& la j.enlapartic intericureàl
les vouloit faite iufqucs à l'os de la longueur de la paume de la main afin de pou-
uoir tirer en même temps tous les fragments des os & ainfi abréger la cure:M.dc
Bourg le Médecin & les autres Chirurgie s'y oppofcrét craignants vne haemor-
rhagic, & quoy que ce }. Chirurgien qui demeura là iufquesà l'xi.iour preflbit
fort qu'é fuiiiit fonopiniô ôc qu'elle fut approuucc par quelques vns^cme des
Piin
Obfcruations Chfrurgîqucs" 187
prîncipauXjneantmoinsMr.dc Bourg rcfiftacoiifiours fur ce fondement qu'il ne
Tuflit pas de vouloii gucrir promptemcnt, Ci en même temps on ne le fait pas
fememcntSc doucement, & quoy que ceux qui entendent médiocrement TA-
natomie fçauent que telles Opérations nefc peuuentpas faire en allurancc Sc
fans vnc grande douleur & danger tle la vie , ic ne laillcray pas en faucur des
ieuncs Chirurgiens d'appuyer mon opinion par raifons.
Qujiconquc veut entreprendre quelque Opération il faut examiner ces trois
pointSjlcs forceSjla partie offencce,;3t la nccclfité de t'operarion.
Il faut premièrement confîderer les forces principalement es grandes & dan-
gercufcs OpcrationSjCar (î elles ne font pas robuftcs,il cft certain que le patient
ne pourra pas cchapcr, or elles n'ctoyent pnscellesen notre malade car elles a-
iioyent crc abatues par lavioléce delà douleur & en telle forte qu'il ne pouuoît
point retenir d'excréments : tous ceux qui ctoyent autour le tenants dcia pour
mort à caufcdc h fîcure continue , des défaillances Se autres grands accidents, -
quelle apparence donc y a t'il qu'il eut pu fuportcr la douleur de l'Opération
Se la perte de fang & des cfprits qui auroit fuiui ?
(il II faut auflj regarder quelle partie eft offensée ôc Ci elle peut endurer l'opera-
£Îon,ce Chirurg.vouloit qu'onlît j.incilions,vne en chaque côté de la cuiifc Sc
h 3. en la partie antérieure : quanta celle qu'il vouloir faire en la partie ex-
£erne,IÎ eut falu couper de nouucau le 4- & 5- &^ 8. des mufcles qui remuent la
cuiiVc Icfqucls ctoyent dcia tous dépecés par le coup &c par la bâle:en faifant in-
cilion en la partie de dcuant, ilauroic été impoffible de conferuer le8.& 9. des
mufcles qui remuent la iambelefquels ieioignants au 7. fînifîenten vn grand ^
fort tendon qui en ucloppe la palette Se entre la partie antérieure de la iambe;or
il eft aise de voir quels accidents auroyent fuiui cette Opération, en confiderat
la con(lruâ:ion de ces mufcles qui contiennent plufieurs vailTeaux & ont des
membranes doiiécsd'vn vif fentimenr: 6c outre l'hatmorragie qui croît inéuita-
ble,on ne pouuoit attendre que grande doulcur,conuulfîon,inflammation, fîc-
urCi veilles i^: autres accidents, non feulement a caufe de la grandeur des iiKÎ-
iîons,mais aufH parce que ie corps ctoir farci de mauuaifcs humeurs &c rempli
d'obftrudions dans. les vilîcres;il eflauflî très certain que i'inciflon en la partie
interne de la cuillè ne ic pouuoit pas faire fans couper ce grand rameau de la
vênequi va àla cuillè» fansparlerdu mal que l'on auroit fait aux mufcles &
aux parties neiucufes, ^ ainfî l'hfmorrhagie auroit été fuiuic d'vne grande dif-
fipation des efprits ^ de mort f libite : mais f iippofbns qu'vn habile Chirurgien
eut peu faire Ces inc ilîor.s fins danger,quel bien en auroit eu le malade?Car on
a'auroit iamais peu tirer tous les fragments des os qui étoycnt épars par les
mufc^es.-nous le voyons en la chair que l'onprcfcnte à table , car quoy que le
Cuifiliicr ôte diligemment tous les ofielets qui font parmi > Ci eft- ce qu'en rai-
chant on en trouuctoufîours quclqu'vn : &c les Praticiens fçauent qu'vn pecv.
cclat baille autant dcpcnc qu'vn grand & qu'il retarde la guerifon.
En troifiémc lieu il faut regarder la neccflitc de faire ropcraticn > cit ii r.i
Âa ^
\î% Liurc Second des
\c y cft aufc les foiCfî,&<]yc la partie la pcr mette Jl ne faut point la rcntwfcf:fi
clic ne fcrt cic rien, à q-ioy bon roinmentci' le patient î il faut voir maintenant Ci
elle luy auroir ctc piotîrable : Pour moy ic tiens qu'il ne faloit pas tirer dehors
tous CCS os fracafsés , car quand le cal vient à (c former , ils fe reunidcnt deic^
chef enfemble : ce que i'en dis n cft pas par vne limple conieélure , car ie le
fçay par expeiiencc , ayant en mon cabinet des os qui ont été fracafsés di pac
après reioints par le cal & entre deux coftes , dcfqucl les les fragments s'c-
tants rencontrés , ontcccfibien reiointes par le cal qu'on les romproirplu-
toft ailleurs qu'en cet endroit : que Ci cela eft arriué aux côtes qui font feparées
par les mufcles, pourquoy non aux grands os qui ne manquent iamais d'ali-
ment, duquel le forme le cal ? Et pour leidircen vn mot, comme nous
voyons que toute chair meurtrie ne fe pourrit pas &c ne fe conuertit pas eti
pus, mais feulement celle qui l'cft fi fort qu'il n'y refte plus aucun vaillcau en-
tier par lequel le fang Ôc les efprits puillènt venir en la partie,il faut auffl dire la
même des os , car s'ils ne font pas entièrement fcparés de leur pcriofte ils peu-
uent être derechef reunis par le moyen du cal : quefiquclqu'vn les veut arra-
cher par force & les feparer du période qui eft très fenfible,il feroirvne lourde
faute & mettroit le malade en danger d'inflammation,douleur, reuerie,conuul-
iîons,&c.Car comme les Médecins difenttresbien, il faut attendre le fecours de
la nature & qu'elle les fepare elle même , c'cft ce qui fait dire à Auicennc, par-
lant des fragments d'os qui refttnt dans les vlccres , Le meilleur eft de ncfc^
hâter point de les arracher mais plutoft de lailïcr faire la nature & de l'aider, &
vn pcuapres,Car quand on fe hâte Se que l'on les tire auec violence, alors il y
a du danger de conuuKîons , &:c. Le Médecin donc &c les Chirurgiens ont eu
raifon de n'auoir pas voulu arracher dés le commencement ces fragments d'os:
ic ne veux pas pourtant qu'on croye qu'il frille faire le même au Crâne quand
il y a des os qui piquent les membranes , car fclon l'opinion d'Hippocrate,il les
faut tirer aufuit le troifiémc ou quatrième iour, veu que fi on les y lailïe long
tcmps.il y a peu à cfperer:or on peut reconnoître par la grandeur du callus que
tous les os fracafsés n'écoyentpas fortis en nôtre malade , car il eft de la lon-
gueur de la paume de la main,par ou il faut condurre que la frndure a été de
cette longueur , car la ouil n'y a point de fradure il ne s'y fait aufîî point de
cai.En après , quoy que la fradlure ait été fort grande ôc le fracas de l'os,fi eft-
ce qu'ils ne font pas fortis à proportion de la grandeur d'icelle , car on en a tire
vingrquatre, deiquels la nature en a poulsé quatre quelques ^'mois après
(outre ceux que ictirayjkfqucls font les plus grands , les autres ne font pas
plus gros quvn pois ou vne lentille : or entre ces fragments qui font fortis, ,
il n'y en a pas vn qui fe puilfc âiufl^r auec l'autre , ce qui fait croire que
la plufpart y lont demeurés & qu'ils fe font réunis par le cal : Il n'ont
pas donc été à propos de tirer tous ces fragments , car veu qu'il eft necellai-
tc , comme les Praticiens le fçaucnf 3 que les deux bouts de l'os rompu , ,
que-
ObferuîtionsChirurgîques. îg^
«ue ron veut rcioindce > Te touchent auant que le Cal s'engendre , Se que la
'fraâ:urc auoit vnc paume de long , la cuillè auroit ctc fort retirée & diftôrmc
Cl on auoit arraché tout ce qui ctoit fracafsé : car ( dit Hippocratc J c'cft vn
grand deshonneur dz vn grand nreiudicc de rendre la cuiirc plus courre: car li
cela arriuc en la main,oii peut cacher le défaut & l'cricur n'cft pasgrande,mais
fi la ciiiilc ikuicnr plus courte , le patient demeurera boiteux , car celle qui cft
faine cil: pins longue C?(:c. or comme la plus grande partie des fragments tft dc-
jTîeurcc ,? cela cil caufe que le Cal efk fort îk grand & qitc la cuilîè n'a ctc
I trop comrc que de trois doigts en iraucrs : on prutconnoiîlre par là l'imperti-
nence d'\n Chirurgien Grïlon qui au bout de dix mois confeilloic au malade
qui croit allé aux Bains de Pfefter , de ramollir le Cal par iks médicaments «Se
le rompre derechef pour couper auec des Tenailles ce qui palfoic ; car le Cal
éroit en ce temps Ci tort qu'on auroit plutoft rompu la cuilîè ailleurs qu'en cet
endroit : H me tomba entre les mains il y a quelque temps vn os rompu Si en-
tièrement fracafsé trois mois après la fiadure : i'ay voulu elFaycr d'amolir le
-Gai par des fomentations , décodions, huyles& f^mblablesemoUients, mais
en vain , car il n'y a eu aucun homme fi fort qui ait peu rompre ce Cal auec
les deux mains: ie garde cet os eu mon cabinet : ces Charlatans donc le vantent
à tort de pouuoir amollir le Cnl long temps après qu'il eft fait & en fuite le
rompre: tk on ne fçauroit trouuer aucune trace de cette Opération dans Hip-
pocrateniGalien, au contraire il éciir ainfîau jiure des fradures, Si dit il, l'os
de la cuilîè eft rompu,il^hiut faire vnc plus grande extcniîon afin qu'il nefoit pas
defcducux : car c'eft vn grand des- honneur & prciudice de le faire trop court
&c. .Se vn peu apres,Paitantil lera plus à propos Ci quelqu'vn a cré mal pensé,
d'auoir les deux cuilfes rompues qu'vne feulcjCar ain/i le conrrcpois y fcratvous
voyés qu'Hippocrate ne dit pas vn mot de ramollir & rompre le Cal : i'a-
uoiie bien auec Paré liu- 15. ch.15). que l'on peut le ramollir au commencement
du mal auant qu'il foit endurci, fi les os n'ont pas été bien remis, ik les remets
rre par après, mais auec diilinClion qu'il n'y ait ni tumeur ni inflammarion,car
ilfaurôter cqs empêchements auant l'Opcracion : mais s'il cft déia perrifié,
pour parler auec Vcfal, i'eftimc cju'il n'y faut point toucher car ctla attire & des
grandes douleurs &c ii)fiammaiions,quelquefois la mort:Paic & Llïènius tien-
nent le même langage ; ôc afin qu'on ne crojr^ pas que ce foit vne inuention
nouuelle, voici que dit Auiccnne, Quclqncfois,dii-ii,vne Fradure eft remife
mais non comme il faut , partant il tll nccclîaire de rompre derechef & que le
Rcftauratcur lâche la dilpoïition du Cal qui a reftaurc l'os , car s'il eft o-rand ■
&fort, il ne doit pas entreprendre de le rompre vnc féconde fois, vcu que
peut cftre ne le rompra-t'-il pas ou il a été rompu premièrement à caufe de fa
dureté du Cal : mais en vn autre lieu , ôc Albucails , qumd vn membre de-
meure contrefait après qu'il eft guéri & qu'il demeure quelque cmincncc en l'os
qui a êtc rompu ou quelque nœud qui ie rend dilforme,s'il ne laillc pas de faire
Aa 3
fço Lime Second des
ù fonction naturelle, garnie coy bien de faire comme ces împerjtînents Medc-
clns qiii le rompci^t deredicf après qu'il eilgucri ik remis en fa place : car il
s'cnnouue qui Ibnt li focs que de faire cela , qu'cfl: vp.e aârion ccmcrairc qui
perd fouuem quelque membre «Se quelquefois la pcilonnc: Bruno a auffi ccc de
tt^ttc opinion ôc pluiîeurs aurrcs.
Mais pour rerourncr à nôtre malade , nous auons dîrque des le commence-
ment il fut il débile qu'il WlFoic aller les excréments : certe infiimitc fc conucr-
m en vn H us hépatique qui duia quelques iours , mnfs à ion âuantage quov
qu'elle luy donua de la fâcherie ; car par ce moyen (on corps qui cftoic icm-
j'ii d'obili-udions principalement au Foyc,à la Rate 61: au mclcntere,fut diliurc -»
dw ces mauuailes humeurs,^ la fièvre continue diminua : m.ais fa cuilïc en 9
foiihit beaucoup à cauie de l'abondance des humeurs qui tombèrent dcihis,
czz elles y dcccndoyent rcliement à. la foule qu'il y vint vue proviigicuîe enfiu-
ïcprincipaiemenraurourdu genoiiil, & pour preucnic que cette abondjuçc
iVcteignii; h chileur naturelle comme auiîî pour donner iliue aux icrodtçs, on
y appliqua quatre Cautères poretiriels » deux à côte de la palette , les deux A.\tr
ires vers le iai-rer,aliauoir vn au dedans du gras de la iambc ôi l'autre en de-
hors : ils rendoycnt vije li grande abondance de matière que la iambecn dés-
enfla exrreraemerjc : or comme on commençoir à bien eiperer , voici vn nou-
iiel ennemi , car le quatrième iour après l'application des Cautères , la natu-
re voulant entièrement Ce décharger par là » mais ne pouuant pas à caufe que
ïe pallàgc ncftoit pas afsés large , les humeurs fureur lî fort cmncs dans toul
le corps, qu'eftantiurucnu prcjuicrement vue violente douleur en toute la cuil-
ie, laficvrc vint à s'allumer derechef & les humeurs y dçcendirent encorend
grande abondance que chacun âprchenda que la Gangrené n'y vint : le Méde-
cin \^ lesChirurgiens recommencèrent à faire leurdeuoiren le purgeant à re-
|)rifes iaignant au bras , fcarifiant la cuiiFe &: mettant des médicaments topi-
ques i'elon la ncceflitc , par le moyen deiquels il futdeliurc de tous les (ymp-
tomes ôc du danger de la Gangrené, ils reprirent après leur première bri-
sée.
Dés le commencement du mal iufquesau lo. d'Avril allàuoîr neuf mois du-
rant , le malade ne futquad iamais fans fièvre , elle fut continue au commen-
cement durant quelques iours , en après tierce quelquefois limple quelquefois
double ; & quoy que parla diligence defon Médecin clic donnoit quelque re-
lâche comme d' vue femaîne ou deux. Ci rcuenoit-elle incontinent : & outre
lesdiuej:s accidents qui le mol eiloycnt , il en furuint vn autre bien fâcheux
au mois de Nouembre.allauoir vnc faim infatiable aucc vue grande morfure iic
rongement de l'orifice de l'eftomach , Tappctitelloit h cxceflif qu'on ne le
pouuoitralïàfier , car quoy qu'il fit pour le moins cinq bons repas en l'efpace
de vingt-quatre heures , iieft-cc qu'il perdoit patience de l'vn à l'autre , mais
par comie il n'cftoit pas beaucoup altéré .' ilretcnoit la viande ôc la digeroit
bien
Cbfcruatîons Chirurgiqucs, vi
>icîv ayant er. cette faim ^^louronac vn mois cnacr , il tomba dcicch;f en vue
!ncvreticrccquii'.-ir:aqui aucc vji violent vomiilcmcnr, il y eut aiiiri rtuciic,
^^rmiJc inquicrudcaiiec veilles : elle le touimciiti fort deux mois dLirant,mais
jcpcndant il pjidir cnricrcmcni cette faim : la lîcvie ayant cefsc il commença
ï tomber dcsfr.igmcnts d'os.
Maii la mala^iic tirant cncor' en longueur , le Pcre du mal-de voulut que
i'aililk de Payaneà Bourg pour le voir ou i'arriuay le quatrième Aaril : 6c le
rrouuayencor dans vnccouehetcclaqixllciln'auoitpas cncor osé abandonner
:ant à caufe de la foibleire de fi cuiiie que de la ficvrcquPfe rcueilloit à la
moindre occanon : ayant bien même de la pcne de le foulcuer quand
Ion valet vouloir gliiler le bafîin (oiis liiy , il y auoitrrois vkcles , l'vn en la
partie iatcrnedela cuillè tk: les deux autres en dehoiSjdcfqucls Tvn auoit été
fait par la baie & Ic^ deux autres par la nature qui vouloit chalïèr les frag-
ments des os : On trôuuoit en tous àcs os dccouucrts quand o« y mettoit la
Sonde , le gcnoiiil êtoitquafi immobile (3<: le pic ctoit tourne en dedans vers
le Talon. Quelques iours après nous confulcâmes enfemble *?<: trouuâmes à pro-
pos, premièrement le changement de l'air» car comme celui du Bourg & princi-
palement delà Citadelle ell fort humide i3c malfain àcaufc des maiets qui l'cn-
uiionnent , nous crûmes que ce changement ne luy pouuoit être quefalutai-
ic: i. qu'il fe feruiroit des remèdes neccllaires contre les oblhuclions ik qui
pcuucnt fortifier les parties nobles: Il prit donc refolution de s'en aller à Soleur-
re & tandis qu'il fe preparolt au voyage , ie fis vn tour à Lyon pour confulter
quelques Médecins fur vn cas fi diâicilerle pris l'âuis de Meilleurs laques Pons ôc
Philibert Sarrazin lefquels aprouucrcnt ce que nous auions délibère à Bourg &
auec le changement d'air luy confeiilerciic l'vlage des Bains 3c des eauxaigresûl
lortit donc de Bourg en litière le icAvril i^o^.Èt faut remarquer que des le len-
dcmain du dé, art on commença à remarquer du changement en mieux, car il
reprenoit tous les iours i'apperit ic les forces, tant elt efficace vneboune con-
ftitution d'air le 15. du même mois nous ariiuamesà NeufChafteloùnous
nousarrctam.es quelques iours pour dclallèi le maladcjSc ayants pafsé les lacs de
Neuf Chaftel &c de Bienne noui eijtiames dans l'Ar qui nous mena à Soleurre,
où ie voulus que le malade commença à fe poui mener âpuyé fur des potences,
iSc la chofe rcuilit comme ie l'auois (ouhairtc>car vn peu après il monta à cheual
& commiCnçaà fe promener auec le bâton: k fus d'auis qu'en attendant le tems
propre pour aller aux Bains ou aux eaux, il le icnuic de médicaments apéritifs
qu'auoit ordonné le Médecin de Bourg ; mais Je malade ayant voulu fe
feruir d'vne deco<5iion vulnéraire (^par le confeil d'vn certain Gentil-homme,
laquelle, à fon dirc,faifoit des meiueilics pour chalîcr les os J faite exfanicHla,
Alchymillaypyrola,prHnellaySabina&c. cuites en vin, ic le lailTày entre les
mains jJ'vn Barbier , 6c après i'auoir purge ie me retiray : il en beuuoit trois
foisleiour iîi.cn Jauoic fa Playe mettanc encor par delTus vn linge double
i9t Liure Second des
rircmpc en îcelle: maïs il ne s'en peut feruir que l'efpace de 20« îours parce qu* el-
le luy nuiloit comme ie luy auois predit,car telles décodions Tonc conciaircs à
ceux qui ont des obllrudions à caufede leur vercu adftringrntc &c dclîccatiuc
laquelle retient les humeurs dans le corps : voyant le pieiudice qu'elles lujf
portoyent, il m'ccriuitpour fcauoirde moy en quels Bains il dcuoic allergie liijr
confcillay ceux de PfcfFer defquels i'elperois double bencficc, vcu que non feu-
lement ils font bons contre lcsobftru(5tions&pour forrilier les parties iioblesj
mais auflî fortifient à mcrueilles ks nerfs ôc les parties nerueu(cs & les ren*
dent Toupies , en vn mot ils font des mciuciilcs.
Mais il faut examiner pour quelle caufe il a vue Ci grande péac à remuer lé
genoiiil &: fi les cautères que ion y appliquacn peuuent être caufe: dcrc.hcf
pourquoy c'eft que le malade à receu û peu de bénéfice des bains au gcnouil Si
en la cuilïè: le mouuemcnt des iointures fe fait par ie moyen des nerts>dcs mul^
des, des tendons, ligaments & d'vne humeur gluante qui eft dedans Li ioitirure
même • ii les ligaments qui afièrmiircnt la ioinruiCj ou it l'appendice des os eft
rongée 3c 0. cette humeur vifcîde s'ccoule,la ioinrure perd eiiticrcmenc le mou-
uemcnr: Si les nerfs & miifcles font offcnccs,il n'ctl pas necclîaiic que le mou*
uemcnt foir entièrement perdu, mais il y a de la dcprauation .• en notre malade
ni les ligaments n'ont êtc rongés, ni cette humiCur n'a été perdue , n'y ayant k
prefenr aucune tumeur Ôc tout le portant bien autour du gcnciiil : quintaux
Cautères potentiels, il faut remarquer qu'ils ont été nppli.| lés lors que le gc*
noiiil êtoit le plus enflé, veu donc qu'alois la peau ctoic ctcn^^.ue 6c cleuce,-
iicft împofTible que leur faculté cauftiqtic & brûlante ait pénétré iufqucs auK
parties nerueuics , il faut donc rapoi ter -cette incommodité en p.irtic au Cal
& en partie aux mufclcs, au Cal , parce qu'il nuance citrcm:;mcnt en dcuant
& y fait comme vh arc; aux mufclcs, parce que le fcpriême 3c hmièm: de ceux
qui remuent la cuiiïè dccendent par là, Icfqucls font cleuésaucc les acifi par le
Cal qui auuncc ttop , à caufe dequoy le geiiouil ne peut pas k ployei: a quoy
faut âiouter que les mufclcs ik les nerfs ont été dechiiés par ia baie & par les
fragments des os : il ne faut pas donc s'étonner fi le malade a ixcnu li peu de
foulagcm.entdetaiit d'oignements emollitifi, reiolutifi ci'c corroborarif., com-
me auffi des Bains, car fi la caufe, aflàuoir Textubcrancc de l'os & du col , n<î
peut pas erre ôtcc, comment efl-cequc l'effet fera ôuc.''nejntmoins comme cela
a beaucoup ferui à diminuer le Cal,au{îi le malade déployé iS: mci-.e le genoUil
plus facilement : quant à ce que î'ay dit que les Bains luy ont peu ferui , il le,
faut entendre qu'ils n'ont rien fait à l'égard des fragments qu'ils R!onr pas chaf-
sé,carquantà la corroboration des parties nerueufes, ils ont fàitci\ forte que le
malade eft reueuu à chenal des Bains au lieu qu'il y auoir été mené en Liti^ re.
Il y alla au commencement du mois de luillet, ayant ; ris à Zurich en pai^ail^ :
«les médicaments purgatifj qui Iny furent ordonnés par vn Médecin , mais forf '
cftomach , qui auoitétc rendu foibie dans le voyagejiic peut pas les retenir.-"
eflant
Obferiiations Chîrurgiqucs. j^^
étant dcccndu dans la grote , la nature fut incontinent émue & le ventre fe dé-
boucha pour quelques iours auec grand foulagcmcnt ; il y demeura vint & vn
îours: le premier il y fut trois heures , le fécond fept, le troidéme dix & aînfi
il fe baigna tous les iours montant iufques à fcize heures : quelquefois il n'en
fortoit pas de z4. heures, y prenant Ces repas & dormant aflîs : il garda vn bon
régime deviure pendant tout ce temps Se mêmes après qu'il fut de retour,pre~
nant quelquefois vn peu de Confection d'ALkermes auec de l'eau de Canelle k
iîcun pour fe fortifier.
Cependant qu'il êtoit aux Bains il fit venir vn Chirurgien d'vn Bourg voifia
^ui luy confeilîâ de dccouurir l'os de côte &: d'autre de la cuilïc ou auec le Fer
xihaudou auec le Rafoir ôc qu'on le rompit derechef, raclant le Cal auec vnc
rugîne outre vne infinité d'autres impertinences: mais ie rcprefentay au malade
J'abfurdité de ces Opérations par les raifbns que i'ay amenées ci-dcirus.
Comme il fut de retour à Soleurre, ie fus derechef demandé ôc y allay le ii.
de Septembre, ie trouuay le malade bien conftituc en dedans Se comme fain,
■mais il y auoit en la cuiilè & autour du Cal quatre vlccres fiftuleux , étroits 8c
calleux, ce qui étoit caufe que les fragments des os n'auoyent pas été poufsés
.dehors par les Bains, car ces Vlceres deuoient auoir été élargis auparauant Se
les callofitcs confumces, 2>c parce quecelan'auoitpas été fait par ks medica-
jncnts auant qu'il entra aux Bains 6c qu'on ne pouuoitpas l'efpcrcr d'iceux , il
nefaloit pas croire que la nature le fii ; on remarqua auec la fonde en tou«
^cs Vlceres que les os croient découuerrs; IVn d'iceux croit au dedans de la
.cuiffc, les trois autres en dehors de cette forme ôc grandeur iJ^r/ UfgHre i. de
U 4. TAbie,
Il y auoit de diftance d puis Alufqu à B vii pouce ôc demi , de B à C quatre
pouces : J'entrepris ainfi ia Cure , premièrement ie luy baillay vne potion
purgariue: le Iendcmai1-n5.de Septembre ie le faignay au bras & tirayenairon
cinq onces de fang: le qu.uorzicmc ie mis ds monCauftic depuis A iufques à
fi l'Efchare étant faite ic mis delfus deijx'foî^ le iour de ce DJgcftif IfL. cera
noHit 5 li. Terebinth. lou inacf. rcf.oL fofar.araygd. dulc. é" de v'itelUs ouor. an,
^ ;'. gummi elemi 3 t]. dtJJoUie ler>t:jjlm\içnj/ (jr per linteum cola , adde croci/ùif'
tUiffimè trm3 i\. "yiitelhtm vnitis oui m. pvn^Henmm : le leizicme ie coupay
l'efcarc auec la lancette & dccouuiis vnfragment d'os, mais comme ie re-
connus qu'il étoit grand &c qu'il s'étcndoit iufques à l'Vlcerc C, quelques
iours après ie mis du Cauftic depuis B iufques i d Ôc faut remarquer
que la peau &c la ïchaîr qui couuroit ce fragment d'os étoit fi dure Ôc cal-
leufequc le Caullic ne pouuoic pas la percer quoy que i'en mille en quantité
&fouuent, neantmoins pat la force delà nature (^ des médicaments ce fracr,
ment d'os fe dérachoit de iourcniourd'auantage, en fin ie commençav tous
les iours vne fois ou deux à empoigner l'os auec la Pincerte en la marque A
de la figure fuiuante îkàlcfccouër doucement, ce qu'ayant coatînuc oue--
' Bb
i94 Liure Second des
ijiics ioursii fut tellement cbranlc Se fcpare que ie le pus ai cacher fans douLui*
ni violence le 15. Septembre , voici la figuic ôc grandeur de cet es, '•joyés la fi-
çure X. en la Table 4.
A A la partie de l'os qui regardoit le haut de la ciiiire.
B la partie qui étoit du coté de la mou'cllc entièrement raboteufe S>c
inégale.
C la partie de l'os en dehors qui ttoic égale en quelques endroits Se aprc
en des autres.
D D la partie de l'os qi;i regarde le gcnoUil.
Il faut remarquer qu'en agiraiir l'os il lurucnoit de iî grandes Couleurs que
les valets qui luy tenoyent le pic rcm.arquoycnt vn certain tremblement de
nerfs au talon : aux premiers iours cette douleur ne palfoit pas le genoiiil , mais
enfin elle vint iufqu'au talon »3«: aux doigts des pies, de forte que ie n'ofois faire
aucun etfort en rébranlant , craignant qu'il ne furuint quelque conuuliion
ou qnclqu'autre accident , veu que le malade êtoit fort délicat 6c fenfible : ce
qui fait queie ne puis pas comprendre comme ces Chirurgiens auroyent peu
venir à bout de jeurs Opérations £ violentes (3c doloureufes fans l'auoir mis en
danger de la vie.
Ayant tiré l'os qui êtoit en l'Vlcere depuis B iufques à C on trouua vn finus
tortu & couuert d'vne certaine fubftance Calleuie dans lequel étoyent cachés
quelques petits os, & preuoyant que i'aurois delà pcne à ronger ce Cal auec
le Cautère potentiel , que d'autre côté le malade ne pourroit pas endurer le
Rafoir ou le Cautère adtucl , ie m'âuiiây d' vn autre expédient, aiïàuoir de cou-
per cette chair Callcufc auec le filet pour pouuoir découurir ce Sinus : ie pris
donc vne Sonde d'argent courbe à laquelle i'attachay vn filet fouuenc doublé,
lequel fis entrer par l'Vlcere marqué en la figure fuiuante C & fis pafTer le filet:
pour le faire plus doucement , «Se de peur que la Sonde ne piqua la chair &
ainfi caufâ de la douleur, ie fis entrer d'vncôté'ia Sonde à laquelle le filet
êtoit attaché & de l'autre vn C ondu(5lcur par lequel deuoit palïer la Sonde
comme on le voit en li figute fuiuanre , car fi ie ne me fullè ierui du condu-
â:eur,ie n'ullè iamais pu taire entier la Sonde à caufe de la tortuofité de l'Vl-
cere , comme iel'auoistirayc inutilement auparauant, Foyés la figur.^, de la
4. Table.
A lapattie inférieure de l'Vlcere près le Genoiiil,
D la partie fupeiicure vers la Cuiirc
F la Sonde qui tire le filet i elle doit être dclice & faite d'argent afin
qu'elle puilîe ployer :
C le Conducteur.
Dés la fupcrficic de l'Vlcere iufques à
E ''- l'Vlcere auoit deux pouces de profondeur
C B font les Vlcercs filluleux *iai penccroycnt iufques à ce finus tortu.
Ayant
Ob/êruations Chirurgiquc?. i^j
A))antfdit palier le filet par IVlccre C iuiques à lYlcere B il le faloit
ferter tous les iours afin qu'il coupa la chair : pour le faire peu à pc4
3c /ans douleur, i'inuentay cet Inllrumenc que i'appliquay le ly.dumcmc
mois. Voyés la ^-fig- de la 4. Talrle.
Explication an fufdit Inflrument.
A A Vne lame d'argent afscs mince afin qu'on la puillè manier & coui-
ber fclon la figure 6c fituation de la partie.
îî vu bois quarrc mis au milieu de cette lame en laquelle il y a fix troux
par deux defquels pafiè le filet , les autres feruent à tourner le bois
C C font deux foufticns qui portent les bâtons.
D vne Roiic attachée au b<âron :
E vn rciFort d'acier qui entre dans les dents de la roiie Tvne après l'au-
tre en la tournant auec le bâton :
ia Roiie «5c le relTort empêchent que le bâton ne fe débande & retourne en
arrière 3c que le filet ne fe relâche.
F F vn Bandage pourtourner le bâton-
G marque le fil retors lequel doit être mis de telle façon en l'Vlcerc
qu'il face vn X ou bien fe croife au milieu : la pàitic du filet mar-
quée K dgit entrer dedans le trou \ l'autre partie du filet marquée H
dedans le trou marqué 2, 6c attachée au bâton :
cette croisée du filet eO: fort necciraicè, car elle fait comme vn demi nœui
fous la Ume 3c par ce moyen il coupe plutôt la peau.
LL des Trous pai le moyen defquels on fait palFcr de côte Se d'autre
des bandes marquées M Mqu'onattache à l'indrument
N des Trous par kTqucls pafll- le cordon marque O
■ Ayant ainfi appliqué l'Liftrument & attaché far la partie par ces bandes
marquées M M , ie tournois le bâton trois ou quatre fois le iour, ainh le
filet ferroit peu à peu la chair laquelle il coupa enfin fans doulaur.' Tandis que
iemeferuois decct Inftrumcat ie m( trois fur l'Vlcere du charpy trempé au
Digeftif marqué ci delFus 3c par delKis l'Emplâtre Diuin : i'oigais route
ia cuillè 3c l'os lacrum deux fois le iour chaudement auec ces huyles ^. 0/.
lumbric.vulpin. aneth. rofir. an.^'y oL de vitell. oHor, & amygd. d* pirigned.
hum. an. ^ / (?. m.f, Itnimentum : étant vn iour fui uenu de la douleur, ie mis ce
Cacaplafme !^. far.fnhar. 5 iv.far.frnugr. &fem. Uni an. 5 iv. ptiln. fera, cy-
don. 'f^ l\.puU. rofar. camom.m.'lilot. an.'^ fi, co^uantur cnm Decotio rad. Alth.^
\ Aàdetnpns Butyr. rec. ol. rofac. 4n. ^). vicell. OHor»?iHm.ij.croci pnlit. 9 ;'].;».
i ealiâe applica,
Bb 2.
t^4 Liure Second des
Le 50. de ScprembiTC toute cette ch-uicallrafe ayant ecécouf ce par le filet,
iedccouuriscncor aiiec la for» ic des fragmcn:s d'os au f jnd de IVlcere, ce qui
m'obligea à.y mettcc de la poudre Ca[agmarique qui tire du dedans au dehors
toute lamarieie «i?^ ce qu'il y a d'étrange daiis les Vlceres & par dclfus l'Em-
plâtre Diuin: Sur le commencement d'Odobrc, le malade ayant eu vne Diar-
rhocc qui le déchargea des «iauuaifes humeur,ic luy ouuris la vcnc du bras gau-
che pour ôrer le fang mclancholic, ce qui luy profita grandement.
Or comme l'entrée par laquelle on decouuroit auec la fonde ces petits os»
ctoit fi étroitte qu'il ctoit impoflible que les fragments palfaircnt par là' , par
confequent ayant befoin d'être élargie, îe mis le 8. 5). & 10. de ce mois vn on-
guent efcharotic lequel ayant fait l'cfcare, ic mis du Digeftif & autres Anodin»
iufqu'à-cequcl'cfcare fut tombée: le 15. ie tiray vn fragment d'os de cette fi?»
gure &c grandeur , en après ic mis vne éponge préparée auec Emplâtre de Bc- ;
toirie de peur que les Icures de l'Vlcerene vinlTcntà fc fermer : voyés Ufi^ur. 5, ,
de la 4. Table.
Le même iour fur le foir i'en tiray cncor vn de cette grandeur > vc)éj lafigttr.
i. de la 4. Tahle.
Il femble que iufqu'à prcfeat ie n'ayc point tenu de conte de l'Vlcere qui
ctoit au dedans de la cuilîè , & ie l'auGu., car le fragment de l'os que l'on de-
couuroit auec la fonde étant fort grand & attaché bien ferme, au contraire
rvlcerc étant profond 5<:fiftnleux, il cftoit impoflible de le tirer dehors qu'il
n'eut été dilate , mais cette dilatation ne pouuoit pas être faite à caufe d'vn
grand vaifTcau delà vcne cauc qui écoit proche : ce qu'ayant fait entendre, on
demeura d'accord que l'on continueroit à pençer les aatres Vlceres auec
toute la diligence poffible , mais qu'en celui-ci on ne de feruiroit que de la
Curepaliiaiiue , laiifant plutoftfairei la nature que de mettre le malade en
danger : mais pour empêcher que le Pus ne s'amalîà autour de cet os & ne
fit quelque accident, i'y mis tous les ioursvne tente auec la Poudre catag-
marique & l'Emplaftre Diuin par delîus : Or après que i'cu tire ce dernier os
ôc ayant confideré qu'il n'étoit pas éloigne de Celui qui étoit en la partie in-
terne de la cuiiîè , i'y mis encor VK peu de mon Onguent Efcharotic vers le
fond de l'Vlcere quieftoit fort profond auec du Charpy, rcmpliflànt le reftc
auec des éponges préparées trempées en des Onguents anodyns : l'efcbarc
étant faite , i'y mis du Digeftif iulqu'à ce qu'elle fut tombée , & derechef de
lOngucnt efcharotic , tant que 1 on commença à voir par l'Vlcere externe
les ollclers que l'on fentoit auec la fomie dans l'Vlcere interne : i'oignis ce-
pendant toute la cuifTe , la iambe ÔC l'os facrum auec les huyles Anodyncs que
i'ay décrit auparauant & par dcllùs vn Cataplafme Anodyncs : Il vfà auflî
«l'clcdtuaires pour fortifier les parties internes : Les olTclets eftants defcou-
ucrtS9 ic rais tous les iours vne tente couiicrte de Poudre Catagmati-
quc
Obreruations Chiriirgiqucs. i»7
Caragmanqne , la fourrant doucement dcirous l'os, afin que parle moyen de
r^ponge , l'os fut poufsc peu à peu en haut pour le pouuoir en fuite âtrapcr
auec quelque pincette ou crochet, le ii.du mois pençant la playe après fouper,
ietiray deux fort petits fragments, remettant des tentes d'cpongc auec delà
même poudre: le z 2. en prefcncc de Nobles Ican de Rofle &c Philippe d'Eftauai
(êigucur de Molondins <Sc quelques autres , ie tiray vn grand fragment d'os
quafî fans douleur de cette figure & grandeur : Voyez. U figure j, delà ^
Table.
Et c'eft celui que l'on dccouuroit en l'/vlcere qui ctoir en la partie interne
de la cuilTccar le mcmeiour qu'il fut tiré,ayant mis la fonde après fouper, ic ne
peu dcconurir ni fragment d'os ni aucun empêchement j & des lors ie fis palier
vn cordon de foyc rouge ,tres facilement, frotc auec la poudre Catagmatique,
attache à la fonde , des l'vlcere qui ctoit en la partie externe de la cuillè iufqucs
à celui qui étoit en la partie interne : ce cordon étoit au commencement de la
grolTeur d'vne plume d'oye> mais l'vlcere étant mondific, ic le diminuai peu à
pcu,ie m'en feruis neantmoins prefque iufqu'au mois de Feuricr,Car ces callo-
iitcs Se concauitcs auoient beaucoup de faletc, partant ie me baillai la patience
ique ces vlccres demcuralfcnt ouucrts quelques mois durant , y mettant tous
lés iours de la poudre Catagmatique laquelle confumoit la callofitc de Tvlcerc
ôc nettoyoit rordure,comme aufli le Cal qui non feulement ctoit au commen-
cement grand & vilaîn,mais auflîauançoitfi fort qu'il cmpcchoit la fluxion du
genouïl,qui fut tellement diminue que peu de temps après le malade peut mar-
cher fans bâton & ployer le genouïlauec vnc plus grande facilité : ie me feruis
du crochet & de la pincette fuiuante pour tirer les os: F oj/e\JafigHre i.& i,de
laTahleV,
Tandis que i'étois occupe à tirer les os , ie voulus aui& faire en /brte qtïe
Tvlccre qui étoit fort grand , ôc que les os qui offcnfoient les part'ics voiiînes
principalement en marchant ou allant à Cheual,nerempéchaâcnt pas de pren-
dre de l'exercice qui luy croit fi ncccfiàice , partant ie fis faire vn inftrument de
cuiure r^^lfemblant à l'eftuid'vn Lut , creux & vn peu long,ie le garnis e-n de^
dans de cotton & couurisde toile, lequel ic mis fui la playe en telle forte qu'il
pouuoit marcher & aller à Chenal. Ayant tiic ces os,ie fis oindre toute la caiC-
fc auec l'os facriim d'eau thcriacale pour fortifier los parties nerueufes & mis
fur la partie le faehct fuiuant chaudement deux fois le iour. 2Z. Fol. &fior»
<iftton.falu.rorifmAr .maioran.tHd arthet.primuU 'oerii^ abfynth.vulg.oYtgani^hjferic.
centaur.min.fior.carnomill.meUlot.rofar.odorîfer.An. m. ^. Balanfl. nucumcupr.calL
malicor.an. ^ R.alftm.f^/èm- anif.an. 1t\hcidantnr & comHndftntnr grojjo modo,
il faut mettre le tout en vn lac de telle grandeur qu'il puiflc couurir qjqÉ"- tou-
te la cuîilè iufqucs au genouïl > &: l'ayant enrrepiqiic le faut cuire eu vin rou-
geâeveifay du baume dans l'vlcere &c mis dclïjsrrm.jlatrc Jfinn : Le 9, No-
ucmbrc ic le purgeay derechef, & pat après l'efpace de huitt iours il prit ccr-
Bb- j
£*>8 Liure Second des
î.iînc eau diurétique à caufe dcsobftriidions ; i'appliquay auflî vu Cautcrc po-
renrîcl fur h: bras gauche pour diucrtic les humeurs qui le icttoycnt en bas fur
la cuillldcs vlccres ncantmoins fui et ouucrrsiuiqucs au mois de luin àlon grad
profit, veu que le Cal dîminuoit tant plus les vlccres fluoycnt : il fortic cepen-
dant trois ou quatre oiklctsauec lepusjrnfin les vlcercslc fermèrent , ik. ainfi
il fut crtiercmcnr remis, de forte qu'en l'c (pace de deux ans a peu dan(er,voli.i-
ger & f lire tous les exercices d'vii Gentilhomme, mais en l'an iCm. s' étant pre-
îtnic encor vn petit os, comme il arriue (ouuenten telles fiadtures, mêmes plu-
sieurs années aprcs,il fut mis en mon abiencc entre les mains d'vn Chirurgien
©uil (ouiFiit longuement.
Maisauaiit que mettre fin à cette hiftoirc, ie veux âucrcir les icunes Chirur-
giens quebien louacnt en telle forte de fractures ou les os ont été biiscs , qu'il
en f )rt des ftagments quelques années après , car la violence du coup eftcaufe
qu'ils s'cpardeiit parmi la chair mufculcufe : il en rcfte bien quelques vus au-
çouf du Cal,mais ils ncpeuuent pas s'y reioindrepar quelque empêchement,
^ comme la nature ne peut rien endurer de tel , peu à peu ils viennent en eui-
dcncc,partant le malade ne doit pas s'en mettre beaucoup en pêne; mais le Chi-
jruîgien doit prendre garde de n'vfer pas de violence en les tirant, mais lailfcra
faire lanaruretil peut neantmoins ôter ks empêchements, comme lilepallage,
p'eft pas afsés large, fi les vlceres font calleux , s'il y a excrefcence de chair,dou-
îcur, ÔCC' Or quoy que ceirc expuîfion des os Se delà baie, fi elle a été cachée
longtemps, fc falïe par la nature, fi cil- ce qu'elle n'arriue pas lans quelque
émotion du corps,partant il faut êiirc diligent à corriger les accidents : quand
donc la nature le met en dcuoirde poulfet dehors qu. Ique baie ou petit os , le
premier accident qui furuient c'eft la douleur , à laquelle fuccede la fluxion,
inflammation <k abfcés en la partie : il y a aulîi bien louuent de lafîéure , mais
qui n'eftque fym.ptopiatique ou Ephémère: Ck: quoy que ceslymptomes loyent
fort grands,fi eft-ce qu'il n'en faut pas venir au fer ik au feu ,,car ce n'eft pas vne
mauuaife matière qui aille du dehors au dedans,mais au contraire elle vient du
dedans au dehors : ôc comme telles incommodités donnent de grands relâ-
ches , il ne faut rien précipiter mais aller doucement en bclongne fur tout en
àcs perfonnesdelicates.Or voici comme ily faut procéder.
S'il fe prefente quelque petit os , il faut élargir doucement l'vlccre
auec des tentes d'cponge prc paiéc ou aucc racine de gcn'iane , mais ie me Icrs
plutôt de, onges parce qu'elles font moins de douleur &c les prépare auec em-
plâtre de bctoine qui attire les petits os 6c cft fort conucnablc en telle for-
te d'vlceres en quelle partie qu'ils foyent, principalement 11 on y met delà
gomme demi: fi l'vlcerc cft profond,calleux & n'eft pas afsrs large , il les faut:
dilater auec quelque onguent efcharotic , en après mettre quelque poudre qui
attire de profond ou auec des tentes mouillées de faliue ôc trempées en cette-
poudre; Cl toft que les petits os fe prcfcntent,il les faut ébranler doucement tous
les
ObferuationsChirurgiques. 1^9
:s iours , luf^u'a ce qu'ils loyent ennercmcnt (c parcs & qu'on les piiilïè tiic r
jins douleur car ils ne h s ùui i:.mais arracher par force, finon lors que If? Cra-
ceft rompu 3c qu'il pique les mcmbrancsiquc li l'oseft tarie la poudre d'eu-
horbe mife dclîi.s cft fort piofirabic , car elle corrige la cai ie ^V ft parc les os,
ns qu'il faille a|:prthcncier f.îfaculcc cauAii^ue : il faut di-ic faire tout cela
ms douleur princ iprlcmcnr fi le malade cil délicat , car die ell le plus dtinge-
ux de tous les accidents es pliycs & vlceres après l'haîmorihrîgie : ces Chi-
argiens donc (ont imprudcns qui tourmentent vn malade fans neeeflirc : car
L quelque partie externe a ctc longtemj^strauaillce de douleur , non feulement
lie en dénient foible veu que les humeurs fe iercent delfus , mnis aulli tout l'in-
eiieur eneft détraqué ; en après par la continuation de la douleur , des veilles
'iC de l'inquiétude , les viircres internes s'cchaiAnt , le fang fe biûlc & l'appc-
itfeperd , l'eftomach ne digère rien qui vaille ôc le foye ne fait point de bon
ang , ce qui produit plufieurs mauuiiles humeurs qui engendrent des obfttu-
iions , par après les forces s'âbatent <5c la chaleur naturelle auec l'humidité ra-
licale fe diminuent : ces confidc rat ions m'ont oblige à tenir ce procédé en ce
gentilhomme Obferuation partictillere page 555.
OBSERVATION XL IV.
D'>\3ne playe augemuiL
'Ay traire il y a quelques années àLaufânne vi^onnclier lequel en fendant
du bois fe blefîà la palette di cite auec vnehachc,commeil crut qu'il n'y auoit
pas grand mal>il ne voulut pas aller au Chirurgien , mais fe voulut'guerir luy
tncmeauec certain baume ^ après auoir ferme la playeen ij.iouLS, il s'amallà
de Ticheur au fond d'icellcjc^ étant furuenuvne violente douleur,il me deman-
da : ie trouuai la cuilîe extitmcmcnt enflée & principalement ie genouïl qui
êtoit fi fort enflammé qu'il fcmbloir que la gangrené s'y âloit mettre : il auoit
en outre vnefiéurc continue j& très ardente, douleurs deTefte tSi de reins, me
foif qu'il ne pouuoitappailcr, nausée, raports, dêgouft,inquiétude, veilles, dc-
faillances,»S<: vn/î grand âbatement de forces qu'il ne croioir pas aller iufquau
lendemain : il è^ii forti hors delà playe de la chair baueufe & liuideàla
groflear d'vn œurdc poule qui l^mbloit co.njcrce d'vnc petite peau : y ayant
mis la fonde, (ce que ie fi*^ (ans prnc ni violence) il enfoctit de la fanie ou fan-
ge û abondamment que i'enpeus rccuci'lir en demi heure palsc vue demi li-
urc &: continua couler les iours ifuiuaurs fins relâche , poauant iurer qu'il
\ cnert fo:ti plufieurs liurcs en peu de iours : enfin il fut remis tellement qucUe-
meat après beaucoup de pêne , car il peidic le mouucmcnt du genouïl & de^
^to Liure Second des
meure foîblc tout le rcftc de Ta vic^H traité de Ichore & mlifitU fh4p. i . & Ohf*
97' Cent^i.
OBSERVATION XLV.
D'vne blejfure ah pic par vne mouf^uttAde. *
IL y acnuiron iS.ans que Noble Pierre d'Erlach feigncur de Bioley , &:c. Ca-i
picaine d'vne compagnie fous Henri IV. rciruc vn coup de moufquec au pic
droitjla playc fut guérie mais la bâle demeura prés de la iointure : êcanc reucnu
quelques iours après à Fribourg &c s'ctanc exerce vn peu trop rudement ait
chalfe , il vint vne douleur fi violente au pic, que me voyant arriuer il s'écria,
plut à Dieu que tous euffîez apporte vne iie auec vous, i'aimerois mieux qu'où
me coupa le pic que de fouffiir plus longtemps de telles douleursitoutc la cuif^
(^ &c principalement le pic écoit enflé aucc inflammation autour de la cicatri-
ce & fiéureâe le traitay en cette façon^ ie luy ordonnai vn régime fobre , 3c le
iour même ieluy fisreiîèuoir vn lauement auant lefouper : ie mis lur la cica-
trice qui êtoit boufie , de l'emplatrc balilicum & le cataplame anodyn fuiuant
fur toutlc pié.!^.Af/V<«/>.ww alifi fb^.pHlu.fem.fœnHgr.\i.fem,rnelU. & cydo^
ftior.an.xijcotfHe camlaUe vaccino recens emnlBo^adde in fine croci 3 j ol. arnygÂ,
d.l j.vittll.oftor.nmn.itTn.calidè applica : i'oignis tout ie genouïl ôc h caille auec
ceimimenz-^.Ol.roJac.amygd.d.an.l j.ol.'de vitell. oHor.i^Çt. Apres fou^'cr ie liiy
baillay vn peu de nepenthesféa douleur diminua fort ik. repofabieiila nuirlui-
uante:Le lendemain ie le purgeay,puis le faignai au bras de même cô:c , appli-
quant derechef le cataplafme & oignant la cuilfe deux fois le iour : le troifiémc
iour après mon arriuée l'apodemc fe rompit au fie au même lieu ou la baie
êtoic cachée &: enferraéeje pus en forrir en abondance &C iou>lcs lympcomcs
s'arrêtèrent peu à peu : & quoy que l'on découurill aucc la fonde la baie qui
D'êcoitpas trop auant prés de laiointure, ncantmoins commet Tvlccrc n'croit
pas large ôc que le malade ne voulut pas permettre q-i'on le ùilata , il falull le
laiirer fermer de cicatrice: la baie y cil donc demcuicc qui ne luy a apporte an- ^
cunc incommodité iufqu'a prcfcnt. |
Il n en cft pas ainfi des fragments d'os , earleplomo, comme die AlphonH:!
Fcrreus,a quelque familiarité auec nôtre corps, ainh vne baie c(l demeurée en-
fermée au Cerueau : mais la nature ne peut fupportcr ni os, ni bois, 6cc. com-
me on le peut voir en l'exemple de ce cputtau qui ctoit demeuré ataché aux
Êirabcs & d'vn fer au vifage*
OBSER-
Obferuations Chirurgiqucs. loi
OBSERVATION XLVI.
De la morfure de t Homme.
VN Pa) fan dVn village dit Vuorb prcs de Berne appelé Hiiis Schlidhcr
Te barancaujc vn autre fur mordu dans la rage en la fcconJe arciculacioM
du doigt du milieu de la m:îia gauche: il fut traite au commencement pir vn
Eftuueur enuiron deux mois mais aucc peu de fucccs , car le mal augmenta fi
fort qu'il fut oblige de venir à Berne pour fe mettre entre les mains du pre-
mier Barbier de rHofpical , lequel ayant p.'rfaadc à ce panure homme qu'il n'y
aaoitpoint d'autre remède que de cojpcr le doigt au métacarpe. Noble Pier-
re de Vuattenvillcfeigneur de Vuilvojlut que le malade me vint tro-iuer .* ic
tiouuai la main , le bras, voire tout le corps exténué par la violence de la dou-
leur & la longueur du mal , & le doigt enHc outre mefure auec vae exulcera-
tion en la furface de la iointure, les ligaments &: cartilages de laquelle ctoyenc
ronges wV les os fcparcs les ^^m d'auec les autres : après 1 auoir purgé 3<: vn peu
dilate l'vlcere, «?c mis de la poudre Caragmariquc & ce qu'on a acrojtumc de
mettre aux vlceres fordidcs , les cartil ig.^s tombèrent auec quelques écailles
Àz^ Apt^endiccs , l'Vlccre fut après conlolidc en peu de temps , de forte qu'en
fix femaines i'acheuai la cure : mais lâchant que la iointure demeureroit roi-
de & fans mouuemeat ( car les cartilages q li couurcnt les Appendices èzs os
étaiirs rongées, les os de la ioincuie le réioiguent par le moyen duCal,iela
courbai doucement de bonav: heure,dc forte qtie la main reprit fa première for-
ctyObf.^-j.Cent'^.
OBSERVATION XLVII.
D'vn Autre morfure d'homme.
L'An 1583. la même chofj arrina à vn Marchand de Langenberg prcsDuf-
feldorp noiiimé Girard Man:h lequel fat mordu au doigt Indice de la
main droite :QuQi qu'il fut ieunc , robufte &: debonncconllitution fieftce
qu après vnc grande douleur , ils'y fît vne fi grande fluxion & inflammation
que les Chirurgiens qui le traitoycnt voiiloicnt couper la mainiufques au poi-
gnet , mais par l'addrelTè de Cofme Sloranus & la main &: le doigt luy furent
conferués : or comme les ligaments & les tendons auoicnt été rongés , la prc-
I mieretSc féconde articulation demeurèrent retirées : la cure fut longue & peni-
!i ble 3 ncantmoins elle relilîit lî bien que le dit Slotanus eu aqiut vne réputation
Ce
lOi Liure Second des
extraordinaire dans toute la contrée , tant parmi les grands que les petits.
Toute la main êtoit enflammée auec commencement de gangrené , des dou-
leurs cxrrcmcsjconuulfions, fîéurc très ardente, déhulhnccs & grandes inquié-
tudes & apparence de pertc,non Icukmcnt delà main mais aufll delà vic;ayants
donc fcarific toute la main , nous y mimes tout ce qui peut arrêter la gangre-
né , &: après auoir employé les remcdes vniuerfcls comme lauements , purga-
tionSîlaignccSîepichemesfur le cccur 6<: le foyeaucc vn régime rafraichi{îant&
humectant, nous répercutâmes les humeurs &lefangqaire iettoyent impe-
tueiifemenr fur la main,nouslcs diminuâmes, vuidames,& remimes les parties
principales en leur tempcric* Oh/ern S^.Cent.i.&an traire de lchore& meliceria
chap.i.
OBSERVATION XLVIH.
D'-y;? autre morfure d'homme,
AV mois d'Avril léoj. traitant vne femme pHrenctique & voulant fauoir
fi elle auoii la langue scs-hcjclle m'atrapa le doigt ^ le ferra iî fort que ic
ne le peus retirer qu'auec grand peine : il furuint incontinent vne très grande
douleur non feulement au doigtjmais en tout le bras , ic fus neanrmoins guéri
en cinq ou fix iouis parles remèdes fuiuantSjpremicrementic fis foigneufcment
lortir lefang d.slieuxde lamoifure ( car elle auoit imprime (es dents en plu-
fieursendroits}aprcsie launi auec du fort vinaigre tant lamorfure que le doigt:
puis ie mis de la thcriaque dilfoute en eau de vie auec du coton fur les motfu-
rcSj mettant l'emplâtre balilicum fur le bout du doigta enuelopant toute la
main auec vn linge double trempe en oxycrat , réitérant ces icmedes deux ou
trois foii le ioui, Obf.6^.Cer.t.\.
OBSERVATION XLIX.
Di)/; autre inorfme.
L'An i'^04. au temps de la crniculc EfayeRapin de CorccllesprcsdePaycrnc
fut mordu par vn homme, porte d'vne col re enragée j en la première arti-
culation du pouce : il furuint incontinent vne grande douleur par tout Le bras:
lamorfure avant été négligée au commenccmer.t , la douleur & les autres
accidents augmentoyent d'heure en heure : ayant été demandé le quatrième
iour ie ic trouuc en licuie auec défaillance «Se douleur extrême : le pouce ctoic
enflajBmc
Obfèruations Chirurgiques. 103
enflamme iufqu'au carpe & Tinflammation fc conuerdc en Vlcere putride Se
finucuxjlcs morfures écoycnc liuidcs dcfqiiclles fortoic vne matière fubtile,acrc
& très puante ; pour âpaifer la douleur i'oignis tout le bras d'htiylc rofat Se de
vers : ic mis vn dcfenfif lur le carpe au dcllus des morfures , <St l'onguent fui-
uant fur tout le doit. f^n^». ùafiliciy bm)ri rec. an. | /$. ol. amygd. d. li.theriac.
ovt. 1 ']. cum "dtello ouif. vngu. le le purgcay le lendemain & ouuris après la
Vcne du bras fain : la douleur ayant cre par ce moyen arrerce & les morfures
biciifuppurccSîie mis ce mundiftcarif fur les Vlcercs. '^.Pnln.myrrha^a/oesyrad.
ar'iJîoU rot, irtd.flor. angel. an. 5 j. thertacdLdifjol. in acj.vits. 5/ j. cum rnelle ref.f.
vngH. le conlolidai enfin l'Vlcerc à \x manière des autres : ObferuAtion 85,
Cent.i.
OBSERVATION L.
Uvne morfure de Chien enragé.
VNe Dame allant par ville rencontra vn Chien enrage lequel ayant attra-
pe fa robe auec les dents , la tiroir de côré & d'autre iufqu'à ce qu'il
Teut déchircjfans auoir pourtant touché cette Dam.c: elle qui ne fauoitpas que
ce fut vn Chien enragé,rccoufut la robe dechircc & coupa le filet aucc les dents:
elle n'en fcntit aucune incommodité l'cfpacc de trois mois:maispeu à peu elle
deuintmelancholique & fut troublée de dîuerfcs imaginations & vifions hor-
ribles auec frayeur , &C peu de temps après clic eut en haine le vin &: l'eau , fe
mitàabayer comme vn Chien ne rcconoitr^nt plus ceux de lamaifon &: tâ-
chant de mordre tantoft l'vn tantoft l'autre & mourut enfin en cette mi-
fere.
Il faut maintenant rcccrcher comme c'efl: que cevenins'eft iettcfur les par-
ties nobles:il cft certain qu'il a renucrsé ^c corrompu toute la complcxion ôi
malfe des humeurs & a attaquîces parties, comme les fymptomes qui ont fui-
' ui le fonr voir ouuertement: la fureur ^c la perte de iugcment montrent que le
Cerneau a été offense , car les cfprits animaux qui font plus iubtils que les as-
tres font les premiers attaqués : en après les défaillances, la grande chaleur, fié-
ure,fecherellc de langue,grande foif, inquiétude &c autres accidents nionilrent
qu'ils'eft allumé dans le cœur & le foyc vne grande intempérie chaude &c sè-
che : aufli eft-ce vne chofe adurée que les excréments &; fur tous la (aliue (ï^-
quelle es Chiens enrages eil vn excrément en partie du Cerueau , en partie du
cœur) font venimeux : larob^doncde cette matrone ayant été mouillée de
cette faliue,infed:a le filer,lequcl cette Dame ayant coupé auec les dents , elle
âtira ce poifon en partie du filet en partie de l'habit , lequel peu après s'épandit
iufqu'aux parties nobles : li grande eft la malice de ce venin que i'efprit de
Ce z
i04 Liurc Second des
rhomme dc le peut conrsprcndrccar C\ on ircpiifc Cette raorfure/quoy que pe-
tite d< qii'n pcnclapcau foicciuamce , Giis doiikur ni inHammation^'fi cft-cc
ej'ie longtemps après il communiqLic Cà mc(.h.iin:c qualicc aux parti.snoblcs.dc
fjirc <]uc riiommj n^eurt aptes enrr.e,c.cc giand Iiinlconfulte Baldus ne mou-
rut il pas en; âge au bout de 4. tr.ois pour auoit méprisé la moifure que lui fie
en la Kure fa petite <:lîicnne ? mais il faut confidtrcr icy non tant lamoifuie
que la faliaccomme dit Galien, laquelle ell moaAk Ohf.S 6 Cer:ut .
OBSERVATIONLI,
D'vr.e autre mor fur e de cl.ien etiragé.
LA lîlle dc Scbaftian Cuifînier dc Paycrne âgée de i4.ansrei&£ en la iambc '
' iuq U gcrcs bkllurcs que lui fit vn Chien cnia^c. Tes Parents la mirent en-
tre les mains d'vnc vieille , qui mit vn fer chaud lur les piaycs ^' la guérit au
bout de H. ious auec ie ne fçai quel onguent ; mais n'ayant mis le fer chaud
afscs auant, comme me dirent les Parei:ts & la cicatrice ayant cftc trop tollfai-
te,il arriua trois mois après qu'elle tomba en melancholie > triftelfr, crainte &c
peu après eut l'eau en horreut:ayant c:é enfin demande, ie la trouuay aux e.xtrc-
rnitésjcUc ctoit en trcs grande chaleur, auec Tueurs, iuquictude «3*: foif fans pou-
uoir regarder ni k vin m l'eau, ne les pouuant pas même oiiir nommer: la lan-
gue ctoit sèche : ne reconnoilïbit plus ceux de la mailon qu'elle tâchoit d'at-
traper auec les dents & mourut en cet état vn peu après, ^Obfernation 85.
Ceyit.x, y
OBSERVATION LU,
'D''':i8 morfhre de chien enragé.
O
L'An 16 1 1- enuiron la fcfte de la Purification de la Vierge vn robufte Payfân
?oc de 17. ans fut m.orJu au iarret .3c gcnouil droit en diuers endroits par
vn Chien enrage à Hildeii: le même iour on le m.ena en vn village dit Ater qui
eft prt(qijefuï It boid d;i Rhin ouïe Curé du lieu fit des inuftionskir lesplayes
aueclaclefde S. Hubert rougie au feu 6^r le renuoyachez luy des lemême
iour,&: pour plus grands ieuretc luy fit prendre la potion de Luchtemberg fi re-
nomm.ee contre la morfure du Chien enragé : il ne furuint aucun accident &:
les vlcercs furent conlolidcs en quinze iours: Le même iour trois poures
enfans furent mordus par ce Chien aufqucls on fit auaier cette potion , mais-
ils moururent enrages au bout d'vn mois : le Payfan vint iulqu'au mois
d'Avril
ObferuatîonsChirurgiques. lOj
l'Avril fans aucune incommodité : alors les douleurs extrêmes jûmmcn-
:erent à le failk en laiamb: droite, aucc fup^n-ctîion des excréments ôc de Tv-
:ine : Ayant êtc demande le troiliéme iour , ie troi-iuay les forces fi abatues
jue quand il fe vouloit Icucr il chanceloit comme vn y vrongne 6c ne pouuoic
uarcher fans appui : il ctoit en vue extrême inquiétude, auec nausée, des op-
sreflions de poicrincs ôc grandes douleurs au bas ventre : on ne voyoit neant-
lîoins lien au genoiiil 6c en la iambe que les cicatrices qui étoyent noires ôc
liuides : le luy fis rcceuoir incontinent vn Lauement emollicnt ik anoJyn le-
quel luy fit rendre des matières fort fcchcs «^ vn peu d'vrine : ie mis aulfi vn
fachet déracines, herbes, fleurs, auecfemcnccs emollientes ôc ancdyncs : oi-
gnant tout le bas ventre ôc le Périnée auec beurre frais ôc huyle de vers lequel
prouoquc l'vrine : deux heures aprcs il rendit encor quantité d'cxcremcnts
auec beaucoup de matière pituiteufc, gluante ôc bauculc femblable à de la fe-
mence de grenouilles : il rendit atifli beaucoup d'vrine , laquelle quoy qu'elle
fut trouble ôc cpaiile , fortit neantmoins toufiours fans aucune difficulté
iufques à la fin de fa vie : ayant rendu tant d'excremcnts, ie crus qu'il auoit
cchapé le danger , mais ie fus bien trompé , car il fut peu après faifi de grands
ftilFons ; la nuit fuiuante fut fort fàcheuie ôc les forces diminuèrent toufiours
de plus en plus, ôc comme il n'auoit rien dormi des le commencement du mal
iufqu'au cinquième iour , il tomba peu à peu en léueric, il crioit, tempétoit,
prenoitles affiftants ôc les cenfuroit, ic tournant de côté ôc d'autre du litl du-
quel il fc iettoit auec impetuofité , crachant du fang noir & caillé : luy ayant
après le foupé donné vn peu de Laudanum ôc de confedion d'AlJcermes , la
rcuerie celfa & il repofa bien cette nuit : mais le iour l'uiuant s'ctant trouué
plus mal après lefommeil , i'annonçay à (es parents que la mort n'ctoit pas
loin, fondé fur Hippocrate : La fièvre donc étant augmentée auec la débilité
& luy étant furuenu vne fucur froide, il mourut auec vn efprit paikble le fix-é-
me iour de la maladie.
Mais quoy que l'Hydrophobicou horreur des chofes liquides,quieft le pro-
pre accident de la morfiu-e, ne Toit pas lurueiiue , Ci cftime je qu'il cft mort de
ce venin, car les accidents font voir que le mal écoit venu au deruicr point : en
après cette douleur poignante qui a dure que^ues iours en la Limbe auant que
les autres accidents loyentlutuen us, fait croire qu'il cftoitrefté quelque venin
en la partie, ce que marque aufli cette liuiditc ou noirceur des Cicatrices : on
peut voir par cet exemple qu'il ne fe faut fier à aucun remède ni à aucun Anti-
dote pour approuué qu'il foit principalement aux, maladies aiguës, s'iln'eft
âpliqué comme il faut •• le plus âprouué de tous eft le Fer l haudj maisicy il n'a
ferui de rien, en voici la raifon, airurémcnt ce Preft-re ne mit pas la clef arden-
te afsés auant, car la eauterifation ne fe doit pas faire feulement en la fiirneau,
après icellc il faut ôter l'cfcare & tenir la Playe ouuertc deux ou trois mois,,
car û on n ôte pas_ l'efcare le premier ou fécond iour, il demeure quelque por- ^
Ce }
2.0^ Liure Second des
tion tki venin qui acte rendue plus groflîer par le Fcu,& radis querEfchare fe
pourrit elle (e gHlFc^ palf? des vcncs capillaires aux grands vailïcaux & aitiii
cilc infcdc les parties Nobk's: or comme eu ce malade on n'ôca pas l'efcarc
& que l'on lailfi cicatrilcr trop roft les vlcercs, il ne Faut pas s'ctonncr 11 ce poi-
Coïï \'z cmporic: mais parce qu oiis'écoic (.rui de l'Inuftion &: de la Potion de
Luchtembcrg, le venin r.c déploya pis toute ù malice & ne caufa pas l'Hydro-
phobic. Qjant à cette potion ic ne ia dcr.pprouue pas, mais ie doute (i elle cit
capable de challci cernai 11 pernicieux en l'clpace de neuFiours: Gnlicn & les au-
tres ^ledeciv^ FoiiC pretidie leur médicament f.iic de cendres d'ccrcuilies de
Riuiere f qui eil ce le plus excellent Se ic plus àprouué de tousj rcfpice de 4 j. .
iours : comme donc fe pourra- il faire que cette pocion puillecn neuf iours
éteindre vu venin 11 puillàat «Scc ? obferu. 88. Cent. 4.
OBSERVATION LUI.
De Ix Cure de la morfure du Chien enragé,
L'Aniôoz. ^o.Iuilletvnieunehomm.edePayernc nomjr.é Dauid Vuillomct-
fut mordu par vu Chien enragcaupres du coude droir, il me vint trouuer
le i.Aouil:, premièrement ie fcaiihay la Playe auec la lancette & mis deiïus vue
ventoufe auee grand flamme & en tiray du fang tant que ic pus:en après ie lauay
tout le bras auec Oxycrac dans lequel êtoit dilloutc de la Thcriaquc & vu peu
de felmaiinjCar labaue du Chien enrage ii elle fc sèche en quelque endroit de la
peauj&: n'eft pas nettoyée & torchée de bonne heure peut caufcr la ragc,puis ie
mis le Cautère a(5tuel bien auant tout autour de la moriurc: l'àuettis icy lesieu-
nes^Chirurgiens de ne faire pas les Inuftions trop fupcrficiellcs & de manquer
plutotau trop qu'au trop peu,car en vnemaladie extremie il faut âporrer des re-
mèdes de même nature,& pour me feruir des termes dcGalicn, il fautâpliquer
le Cautère fort chaudjcar quand on 1 aplique trop Icgercmêt il en vient deux in-
conuenients; i. que ce venin ne fe confume qu'en partie, 1. que la Playe fe fer-
me trop totjOr ce qui refte en la partie fe glille enfin dans les parties nobles qu'il
atraqucaprcs l'Inuftion ie ne me mu'spas beaucoup en pcne d'àpaifer la douleur,
car ic n'aprouue pas fort l'vfage des chofes ondlueufts & de celles qui font
tomber l'Efcare comme baume, huyle &c. à moins forte raifon les médica-
ments rafraichilFans Se rcpercuifliFsen telle forte d'vlceres; car celles là empê-
chent le venin d'exhaler ik d'éuaporer,^ ceux-ci renuoyent le (ang !k auec ice-
luy le venin aux parties nobles: mais comme toute forte de douleur attire à foy
Je rang& les humeurs de tout le corps,comme dit Galien,il y a âparence qu'elle
peut feruir en telle forte d'vlceres,pourucu qu'elle foit médiocre : le mis donc
fur la Playe après l'Inuftion du coton trempe en eau de vie en laquelle êtoit
diffoute
Obferuations Chirurgiques. lo;
dilfoutc de la Theiiaqucmcttanr par dclTus céc cmplarie cccndu far vn linge y..
cep£ leulterfub prunis coUd^ffermentîyfar.finapi an. |j. Theriac. ^fi. fol. rut£ (^
fcorâi] an. rn.S. m. in mortario addUopauco melUs: le iour zmcs ie de coiipay l'cf-
care par tout tant que ie pus &: mis pardcllus de ces médicaments iufqu'à-cc
qu'elle fat tombcc,& pour entretenir l'vlccre ouuerr i'y mettois deux fois le
iour vn pois comme on fait aux fontanelles cS: pardelfus l'Emplâtre précèdent,
ie tins ainfi l'vlcere ouuert trois mois durant-. Je le faupoudrois cependant deux
ou trois fois la femaine auec la poudre fuiuante. ^. pulu. prxcipit. lapld.hezoart.
pida, rad. anoeLan. 9 j. m. laquelle tire à mcrueilles la malignirc quicfl: au de-
dans : leluy fis prendre par la bouche des contrepoifons comme de la Thc-
iiaque,du michiidat, corne de Ceif préparée ik brûlée auec du Bezoairles Mé-
decins anciens & modernes font gi^ind état de cette Poudre pnTc auec eau de
BorracheouBuglolIè, !^. cinerls carier or. flimiat.'^x. rad. gertianA yo.olihani'^].
70. f. piilnis temif. le ne le faignay ni pargcay point de peur d'attirer le venin du
dehors au dedans: ainfi il fatgucri.
En même temps le frère de ce icunc homme fut mordu '=-n fept endroits par
le même Chien, lequel i; gueri"^ par la même procédure, il a vécu vn an entier
après la Cuve 6: mourut de Pieurelîe. Obferu, 87. CeritA,
OBSERVATION LlV.
Remarcjms fur la rnorfure du Chlen enragé é" ia Cure preceâtnte.
G Allen en l'onzième liu.^e Jiiedtc.fmpLfachiz mention de fou Précepteur
^fchrio lequel gueridoit tous ceux qui auoycnt été mordus par vn Chien
rage par ces deux remèdes, aflr'.uoii par la Poudre d'écrcuiires&: par vn Empli»
trc fait de poix, opopanax & vinaigre fans faire aucune mention d,'incifion ou"
inuftion , 2. Sirinudionfaiteauec le fer chaud, au dire de Fcrnel , dompte
& confume route forte de poifoHjne permett:înt pas qu'il le forme au dedans,
A quoy bonne rincifior!?3. s'il en faut faire quelqu'vne,pourquoyne préfère on
pas celle qu'il propofe dans fon Hure de Theriac.ad [' ifuf2em,o\i il veut que l'on
la dilate tout à l'heuie ôrant la chair tout autour en forme ronde? 4. Si la cen-
dre des Cancres de riuiere /enlieudtfqucL plufieurs fe feruent mal à propos
d'ccreuilTcsJ agit par vne propriété de fubilance, pourquoy ne la préfère t'-on
àcescontrcpoifonsgeneraux,àla Thcriaque,corne de Cerf , Bczoar ? Sebajiien
'Meyerus Me de cm à Frtbourg.
le répons à la première obiedion que Galicn s'eft ferui heureufemcnc en la
morfurc du Chien enragé de Cancres de riaicres réduits en cendre y adioutanc
de U Poudre d'encens & de Gentiane, {ans que perfonne y air trouué à redire.
Dîofcoride, iEtius, Auicenne ôc plufieurs autres l'ayants aufli approuué.-mais ic
n'ay pas voulu m'en feruir, en partie parce que ic n'en ai point fait d'expérience
zo8 Liure Second des
parciculicrceii partie parce qu'on ne crouue pas en nos quaiticrs de cette foti
de Cancres > mais feulement en Syrie, Sicile , à Rome & en quelques aurr
lieux d'Italie, de peur qu'on ne lailVa en arrière les remèdes necciru'res en \
mal qui ne fouffre point de delay, pour faire elfay d'vn incertain : Car quoy qi
ie ne doute point de l'cfFct des écreuilfes deRiuiere, fi tft- ce qu'il y a dehdiii!
ctilrc à refoudre s'il faut prendre des Cancres de Riuiv.res des pays cloigiicfs, o
bien des marins à défaut d'iceuxjlcfquels ne font pas fi recommindcs , ou s'
faut prendre leurs cendres fraiches , ou fi elles n'ont p3int perdu de leur vert
par le temps: mais comme la morfure duCKicn enragé clfc mife à bon dro
au rang des grandes maladie s, qui eft-cc qui mettra en doute (i le Fer chaud,qL
eft âproauc depuis tant de fiécles,doit être mis en vfage plutoil qu'vn rcmcd
douteux ? car il a vne G grande vertu en ce cas que ie Içay qu'vn Empirique
guéri par ce feul remède toute forte de moriuie d'animaux enragés, ce qu
pourtant ie n'àprouue pas : le Cautère donc aduel cil: à mon âuis en ce mal S
plufieurs autres , le dernier remède & extrême ; ne prenant pas ce mot d'cj
crcmitc au fens que le prend le peuple , mais pour vne extrémité d'cificace &
de bonté : qiK fi l'Inuftion faite auec le Fer chaud n'étant pas afscs profond
ne peut pas dompter ce venin , que dira-t'-on des cendres de Cancres que l'or
aporte de bien loin? que fi i'en pouuois recouurer en vie c5y les préparer , r,
ne fcrois point de difficulté de m'en feruir fondé fur l'autorité de Diofcoridi
& de Galien.
A la féconde: il eft très- véritable comme dit Fernel que le Fer chaud domp
te & confame toute forte^de venin , or comme il peut en demeurer vne parciv
en la croûte qui refte après labiilluic, ilertncccnairedelorcrpourplus gran-
de fcureté : mais il la faut ô:er doucement le premier outecondiour , de peui
que le venin qui eft en cette croûte venant à être humccbc p.\r le Fus , n'entrt
parlesvénes capillaires dans les grands vailfeaux & de là dans les pairies no-
bles & ainfi infcde tout le corps : on voir par ceci que riiicifioa eft plus qu€
Beceifaire.
A la troifiéme ie répons que l'Incifion que propofc G ilien n'eft pas à reictter
Iftais c» ce casil nefe fcrt pas du Fer chaud , coupant la chair prof.mdcmcnt
Se en rond afin que l'vlcere foie plus long-temps ouu: ri' : ôc q>mné il paile de
l'Inuftion par le Fer chaud > il ne «iir mot de l'Incifion : or i'ay parlé de l'exci-
iîon de l'Efcare qui eft abfolument necelFairc.
A la quatrième ie dis qu'il faut préférer le médicament fait aucc les Cancres
de Riuiere aux généraux contrcpoifons, car celui là a vne propriété de fub-
ftance contre lamorfure du Chien : mais parce qae nous ne pouuons pas en
auoir, nous fommes obliges de recourir aux contrepoiions communs, enrrclef-
quclslc Bczoar tantmisfur la Playe que pris par la bouche auec la poudre d'en-:
cens Se de gentiane, ne tient pas le dernier rang: la theriaquc auificft tics bo»-
ne car étant mife fui lablefture, elle tire à foy le vcain comme vne vcntojfe&:
ie m'çn kzs familicrement &c. Oif.()y. Ctîtt. x. OBSER-
Obfèruations Chirurgiqucs. 109
OBSERVATION LV.
TSyne morfnre de Chien enragé.
L'An 1^04. 10. Noucmbre à Payernc la femme de Pierre Denis îtgéc de 50.
ans fuc mordue en quatre diuers cnJroics par vn Chien domdlic enragé,
premièrement au doigt du milieu de la main droite eu trois cndroirs, dcfquei-
les morfures il y en auoyent qui perçoyent de part en part, ^ par après d-llus le
coude au mufcle biceps : le la traicay en cette façon , premièrement ie fca-
rifiay quelque peu les Playes auec la Lancette pour en faire fortir du fang , car
iï n'en étoit rien forti.en après ie buay le bras auec cette liqueur: l^.Acetiacer-
rimi ^û. faits mar.fubtiltJJ'. triti l i). theriacesl^.m. ôc après auoir âpliquc le Fer
S chaud fur les morfures,i'y mis du corton mouille en eau de vie ou étoit détrem-
pée de la Theriaque &c enuelopay tout le doigrauec l'EmplâriG f^nuant, lequel
ic mis auflî fur le bras ^. &c. le iour après i otay les cfcares auec le couteau
feparatoire marqué ci -dciTus, rayanrpremieremcnt êlcuc auec le crochet, de
pcurques'il fut reftéquelque humeur fercufe elle u'aquit de la malignité fous
Tefchare , 'Voyés^ la^» Fig. de la^, Tab.
Les efcares étants ôcécs, ie mis du coton trempé en la liqueur fuiuante deux
fois le iour & pardellus l'Emplâtre précèdent TL. fpir. '•oïni opt. retiificaù l «.
fucsirutài 5/. extr.fcordiji Theriac. an 5 /j. C. C. vfti &^pti 3 j. lap. bez.o(irt. ?;.
m. aufepiiémr iour la douleur du doigt êtoic tellement augmentée qu'il me fa-
lut recourir à d^:; inTcs remèdes, à jaulc dequoy ie mis fur ks vlceres dn Balfa-
musabietinus l'infula :r chaiidcmcnt t5i oignis tout le bras auec l'hayle fuiuan-
te !^. ol. ttimbric.oîei cflnr. cumi Shtani an. ^ j fpir.vini 3 /;. The/iac,y. ?fi l'cii-
uelopay toute la main auec ic Cacaplâmc fiiuant. l^.far. Hordei 3 i;'] Jem, cy-
donior. pulner. 36. coc[:4ein afA-iaddUo pauco ol. Inmhric.pofi adde Pnlu.fior. ca-
mom. meiùot. an. | j. in.f. catapl. adde in fine croci ^Cs» vitell. oHor. nu.i]. le mis du
coton trempé fur 1\ ic-rc du coud:-,parce qu'il n'y auoit point de doulcur,aucc
le Cataplâmc d'oignons.
Mais auant que palfcr plus outre , il faut remarquer que tant s en faut que
cette huylc queie verfay bouillante fur les vlceres caufa de la douleur , qu'au
contraire la malade en fat tellement recréée que ie ne la poimois pas verf. r af-
scs chaude,i'cn échautl^ois quelques gouttes en vne petite eucïilT de fer fut la
chandeleiufqu'à ce qu'elles fullent bouillantes & les verfois prompt^m; ';t fur
Tvlcere : il faut de neceflité que la cueïllcr foit fort petite, car on verf: l'huylc
fort malaisément auec vne grande & plus qu'il ne faut dequoy il fe fiut bien
garder de peur qu'il n'en tombe fur la peau qui cft proche: m'étant ferui de cti
remèdes la douleur s'arrêta peu à peu même auant le 11. iour de la maladie : T?
Dd
2IO Liute Second des
mis derechef du Coton trempé en la liqueur précédente & qu-elquefois de mon
mondifîcatif pour les \ Iccres malins aucc l'Emplâtre d'oignons.
Or Texpcrience i-aÎL voir combien il cfl: necdïaire de lailFer quelque temps
CCS vlceres ouucits : car i'en ay veu quelques vns tomber dans l'Hydrophobie
pour les auoir trop tort: laifsé cicattifcr: aulïi voyant cjuc les vlceres de nôtre ma-
lade êtoyent fur le point dcCc fermer de cicatrice, ic mis dcilus quelqu'-- peu de
mon Cautère potentiel, fans me feruir d'aucunne chofe ondlueuie dellus, n'y
mettant rien que mon mondificacif , ôc eus foin que les vlceres dcmcurairent
ouuerts après que l'cfcare fut tombce,mettant dedans quelquefois des Pois,quel-
quefois de i'epongc prcparcc,lcs lay faiiant entretenir cncor trois mois:metrant
dclliis ou du coton trempe en la liqueur fufdite ou de mon mondifîcatif contre
les vlceres malins ou bien de la poudre luiuante '^.pulii.ÂngeUi optirnè reElifi-
catiypdu. rad. y4ngel. lap. bez.oart.an.part. &q,7n. enfin ayant lailsc en arrière Tap-
plicarion des éponges & des pois, ic laiiray cicatrilcr les vlceres au bout de trois
mois Icsfaupoudrant de la fulHire Poudre: elle vfa d'vne bonne façon de viure
tout le temps que l'on fe fcruit des remèdes externes , & même quelque temps
après la Cure, s'abftcnant des viandes falces, fumées & êpicées & de celles qui
engendrent la bile & lamclancholie : clic prit quafi tous les iours trois heures
auant dîner vne drasrme de la Poudre luiuante en du boiiillon ou vin blanc %*
Tulii. Garnmar. nojiroruîn in clybanofiecator.T^ x.pHlu.rad.Gentîand^ v.olibani'^].
y/?, il n'y a point de doute que les Cancres de Diofcoride Se Galien leroyent
meillc"urs,mais à défaut de ceux-ci,ie me fers des ccreuilles communes,
lercmarquerayencor ici que nôtre malade fut trauaillcelej.iour Ie9.ii.i4.&
zi. de mouuem.cntsinaclontaircs ^ conuuliîfs par tout le corps qui venoyent
com.me desfdlfons de fièvre auec des phr^nrafies & imaginations mclancholi-
ques: lefijucls accidents la mokfterent plus rarement des le 21. iour du mal iuf-
qu'au 40.
L'étant aller voir deux mois nprcs la morfure ie la rencontray en fon iardial
toute cjffraycc aucc des imaginations mclancholiqucs &: agitation de tout le
corps 6c n'ayant rien pour la fecourii ic piliy vne poignée de Rue 5c y âioutant
vn peu de vin ie Iny en fis prendre le fuc chaudement, & par ce moyen l'accès
cefla vn pei.: le iour fiauant ic Iny fis prendre double doze de la Poudre d'ccre-
uillcs, &mib derechef le Cauftic porcntid fiir les Playes Icfquelles ie dilatay
auec des Pois & àcs éponges préparées ks faifant tenir ouuertcs trois mois en-
tiers : Ainfi elle a été entièrement rernlfe. |
Le mail de cette femme fut m.ordu en la zvÀ'i^z par le même chien : il mé|
vint trouucr le 11. de ce mois: lamorfiue n'auoit pas percé la peau , maisparccf
qu'elle étoir noire & liuide, après auoirlauc toute la cuilîê , ( de peur que la|'
Talluc ne portât quelque prc indice , comme l'expérience le montre^ ie fcarifiayî
auecla Lancette tout cequifembloit noir 3c mis après le Cautère aduel maiif
légèrement & proceday de même qu'en fa femme: Il fm premièrement guéri é^
fe porte bien infjues àprefent. LaHj
Obferuations Chirurgiques. . tu
L'an iëo6. me fut amené à Paycmc vne fille de 8. ans qui aiiofr êrc mordus
par vn C hiVn Aragé en dedans du malléole gauclk,lc luy lau.iy laîarrbe, ic fca-
rifiay la moi ruie,âpliquay le Cautère potcnticljmais Icgcicmenr , & mis les au-
tres mcdicarrentsdéciitsci-dc (Tus, i'cnrren'ns laPlayeouucicc trois mois da-
ïciMf lyïinfi elle fut remi/è. Oi>ferH. ^S. Ce?u.i.
OBSERVATION LVI.
De la morfiire d'vn Chat enragé.
DAtîîc! Perrin âgcdeio. ans l'an 1601. farégrarigné par vn Char enragé e«
temps de moilion, au Pouce dioir, à pêne la farpeau fac efïlearce , m.iis
comme il ne fçauoir pas que ce Chat fjt enragé il mepiifi cette cgratïg'ieuic
qui fc f:rma bien toll apres,car il n'y vint ni douleur ni inflammation ni aucun
accident: au premiei de Mars luiuajit il comm nça à venir tiiftcpsua p'u, àfe
donner des fauiH" alarmes &' à erre tioublc de dîuerfcs imaginations , de forte
que d' s le lendemain il n'ofafoitir de lamailon.ni fe trouncr parmi 1.- monde:
Ayant été demande le troilicmc de ce mois, ie le tronuay laiii d'Hyd:ophobie,
car ilhiylFoit tellement l'eau, le vin Si tout ce qui êtoit tranfparenr , qu'il ne
pouuoît pas feulement les regarder, mêmes quand on luy demanJoit s'il vou-
loir buirejaiiflli rot il fe metioic à crier & fe cachoit : Le vifagc,lc col Se la poi-
trine êroyct enflammés auec vnc couleur bleii.ure,il êroit enfucur Ôc inquiétude
& fe iertoit auec grade impcciiofiré d'vn côté du lit à l'autre de forte qu'à pénc
trois hommes robuftes pouuoyent le tenir : il fe mettoit qur Iquefois à crier &c
tâchoit defeictter fur ceux qui étoycnt présdeluylefquclsilsauroyent empoi-
gné auec les dents fi fes gardes ne l'en eulfnit empêché: non feulement il rcfa-
foit de boire & de manger, mais il tretrbloit 6j êtoit cpouuanté ovanu feule-
ment pailcr d'va verre. U mourut en cette mtfere cettemi/ne nmt.Ohf.^G. Ceat.i,
OBSERVATION LVIL
D'vne mor/lire de Loup,
L'An 1610. a'j mois de Février , comme certains PayGns d'auprès de
Laiifanne et 'yenc à laChalîe du Loup : vn diceuxâ^c de se. ans vou-
lant en tuer vu, il s'eleua contre luy 3c luy empoigne le genoiiil droicluy
plantant bi.n auant ks dents en quatre en iroîcs tout autour de la Palette,
icccant ce mifciable en terre : Qje li Ks auties pajfaiisn'y fullènt acourus
&i n'cufl.nt tué le Loup , c'euit été fait de ce pauuie homme ; quoy que
-les doukuis fulltnt graiiJes & contiuutlles des ie commencement , il
' Dd 2.
iTi Liure Second des
me pnTa neantrroins Ton mal& n'cuft pas loin de renii: les vlccres ouncrK pour
b.-.ilicr iiTuc à h f.i!igc,l?.q'Kllc ne poinmnr pisiovcic librement «la doiikm- Sc
rînflammacionai.'gmcnrcvrnr, il Liiy vincauffi vn dcgoiill: aucc Dianhcc:cnhii
.s'crnntJimarsédc h m.^ricrc purulence tour à rcntourdii gciioUil Se au iarret où
clic auoitfoimc Jcs linuSiOn mcramcna àLaulaiine; ayaiiLEiic pluGcursouucr-
rurc<.>lc Pus coula li abondamment ik fi lon^-c;'mps,que h s forces en furent ex-
trcmemcnr âbatues: enfin à canfe de cette foibi ll_ ,5*: la Dianlicc s'étant tour-
née cnlicnteiie, apics cric deucnufout exténue, il mouiut.
Il faut icmarquct que cet homme croit fort cacochyme Si plein d'humeur
melancholi iiCjCn Iccond lieu qu'il négligea ion m. il des le commencem.ent;car
il auoit long-t : ms crc au lid: auant que ie fulïc d mande & les Icvrcs des Playes
ctoyentprclqrr: fermées: en après icnc pouuoib levillterque rarement tant à
caulc dumanuaii temps' que de mon incommodité: 5. Il n'obtcruoit pas le ré-
gime de viu'iC q;.:'il faloit : 4. il êtoic df ja foible en cette partie > ayant porte
long temps des vlceres en cette iainbe» n'ayant pas doiiv êt.c purgé au commen-
cement ^3^ l;i douleur ayant at:i;é quantité d'humeurs (ur la partie qui êtoic
foible &tle licuationbalR- , il ne faut pas s'étonner s'il mourut par ces caufes
plutollquf pour aucune q-nlité veuim. uf.- q;iifuten la morfurcjquoy qu'il ne
faille pas n^éprifcr la mnligniie qui y peut être tant à eaufc de la grandeur
de lacoiT'?lioii qu'à tauie de la taliue quiy dcm.urc attachée : me fouuenant
quVncei raiii de C oiroiiiay piés de Laufaniie nommé Miaivus Maria > mourutii
de!' -noLîuie a'v.i Loup. Obf Zç). Cent. 4.
OBSERVATION LVItl.
Dvrie- pi^Heure d'e/pine en vn doigt,
'A'i is^i- com.mc Tcxerçoisla Médecine de Chirurgie à Hilden ma patrie
vne Dvnes'ctant pique k- bout du doigtindicede la main droite auec vne,
épine ik nyanc mcp.isé le mal dés le comm.encement,il fe conuertit en fphaccle
après de rie«: grandes douleurs; mais luy ayant coupé le doigt vers la carpe elle
fuî guciie. Où/cru. i,Cent:ir.^.
OBSERVATION LIX. |
De la pi^Henre d'vn àoi^t par ifne ârefte de Poijfon,
■ I
LA femme de Me.Iean Rudolph FiiTnach regcnt de lafcptiémc clalTè au Collè-
ge de Lai:Gnnc otunt les entrailles à vn Poillon, fe piqua aucc vne ârcftc Ic|
doi^t du nj^ilicu de la main droite en la féconde articukiioD:cllc fe mit au com-
mencement
Obfcruations Chirurgiques. rij
mcnccmêt: entre les mains d'vnc vieille, &commc la douleur dcucnoit fort glan-
de ic fus demande le huitième ioiir de la maladie : ie trouuaila main»i^ le bras
1 fort enfle iufqucs au coude auec inflammation, il en (oitoit vnc grande quantité
à ■ de cette humeur fcreulcqui fort ordinaire met dts playcs ôc Vkcrcs des articu-
[• lations : on ne fauroit croire l.i grandeur de U douleur, ayant oint le bras auec
i- desliuylcsanodynes& mis dcsdeferfih autour du coude &: (ur la main des chc-
:•; fes quia; paifent la douleur , le bras dchiiflà tout incontinent comme aufTi la
main peu à peu , mais cette matière acre auoit ronge la chair en cinq endroits
autour du doigt «5c y lailïà des Vlcercs fordides ôc fîtiucuxapres ls.rqucls ic tra-
uaillc encor. La mhne.
OBSERVATION LX.
De îapiqHenre d'vn Àoigt par dn verre,
r^Ay vcu àNoLiis auDIocefe de Cologne vne Dame qui s'etoit pique le doig;
indice de la main droite auec vn morceau de verre, il y vint premièrement
vne très grande douleur puis après inflammation 6c autres dangereux acci-
dents, qui attaquèrent en peu de temps toute la maîn& firent des Vlceres for-
dides en diuers h'eux auec erahon des os &c ligamentsrellc fut guérie longtemps
après parM.Ican Dumgens habile Chirurgicnj mais auec beaucoup depcne>
car quelques articulations des doigts demeurèrent roides & contrades. La
même.
OBSERVATION LX.
D'^iine piqueure an pié par vne épine,
L'An kS?. exerccant la Chirurgie à Laufinnevn ouiuier trauaillant à vne
haye fe piqua le pic auec vne epinc,il negiig'^a fon mal du commencement
ou il vint vne très grande douleur>inflammarion,fîéure,i cuerie Se autres o^rands
accidents,& enfin la gangrené & fphacele , hquirl ctanr paru- n:i iufuu'au £c-
jioui1,(^ la iambe n'ayant pas été coapcc,il en mourut. La 7nêt,*e.
OBSERVATION L X 1 1.-
D'vne piquenre de mouche gttcpe*
VNc Dam^de la Noble maifon des Sicking ayant -té piquée au temps de
la canicule par vne gaépe fur le poignet gauche , il y viac iii-^oncîucnt
Dd X
214 Liure Second des
vnegi'tnde ào:ileui:5i luy étant furuenu vne dff.iillancc en même temps, elle
fuc obligée de fc mettre au lid, ou ê;anr, la douleur qui ne rciioit au commen-
cement c'uc la main s'cpandicpar tout le corps & en d^uiiic plus violente: le
même iour il s'cleuades vtfiics pif nés d'humeur {crcufc & tranfparentc , com-
me auxbiularcs : ayant ctc ointe fur le foir Se le ioar luiuant aucc de l'excel-
lente huyle de Tcorpions qu'auoit Ton mari ^ <?^ ayant fucf abondamment par le
moyen duBezoar qu'elle prit, elle fut cnticrement guérie , mais la petite peair
fcleparà picfqucs de tout le corps.
Il ne fùLitpas donc méprifer telbs motfures , ayant remarque en vne autre
Dame qu'elles fe Iba: conucrties en Vlcere incurable. Obf-j-Xent.^.
OBSERVATION LXIII.
D'vne playe de ne^fs.
ILarrîue fouuent que ceux qui font blelFz tombent en conuulaon àc meu-
rent fans que le Médecin en puillc dcjouuiir la cauitiColmeS'.oranus auoit
coupe à Valence la main gauchj à vn Gentilhomme qui auoit clc iracalsee par
vn coupdemoafquet, il auoit défendu cxprclL ment a ce- i.une horrmcluiet à
fes phiîirs de s'appio^her de la fi.mmc ; n-.aij comme il ctoit à peu piés gucri
& tous les accidnirs nppâiics il lafolicitajcile l'ayant refuse àcaulc des Itii^ux
aduettHrm nsdc Slo:aiiu?, ilfe déchargea lans le tOi.ich;'i;vii moment aptes il
retomba en fieure,rcuerie,conuuirioiis, ècaurrcs acciâ>-n:s ,piiii mourut qua-'
trc iours après : on peut corrpiendie par làcombicii les£mm.cs lontdange-
reufes aux playes des ncrfs,dc ia tcfte tk des iointures.
OBSERVATION LXIV.
Que le rire ejl dangereux k ceux qui font hlefsès aux nerfs.
LE 14. Avril i<5oi. Noble Imbert à Dicfpach feigncnr de S. C hiitiophle ïg»
ceut vn coup de moufquet en la main giUv-hc qui le fracalTa &c meurtrit'
tcllement,que le pouce ctoit entièrement fcparc iu'.quesau carpe, le mcracafpc
auflî étoit iifortbrivc&: confus,quc iefus obligé a'en tirer pluhcuis os &. pour
le dire c»vn mot toute la main , les nerfs & Ls os êtoycnt tellement déchires
& concafsés qu'il y auoit peu d'efperance de la pouuoir conleiui r , tllc fur
ncantmoiis fi bien remife qu'il ne perdit pas leulemeut va doigr : mai^ ayaoç
trauaillc dés le commencement à empêcher la douleur iSc à défendre h paitîci
d'inâAin-
ObferuationsChirurgiques. 115
l'inflammation ^ de fluxion, I<i cure reiifljt fi bien qu'il n'eut quafi point de
louleur & qu'il ne furuint ni iîciire ni inquiétude : fur le 4. iour de la maladie
auciqu'vn delà compagnie ayant fsitvn conte boiT'ffon , le blefsé Ce tr)k aufll à
•ireàî furuint à l'inftanc vue fi grande douleur par tout le brns iufqucs à la nu-
}ue, qu'il fut en danger de tomber en conuulfion 24. heures durant : mais la
Joulcur s'arrêta bellement par les remèdes fuiuants & le bi^s fut rei-nis en fon
>remier èza:.']C.Rad.&fo(.alth.malHar.violar. brancd, vrJîn<x.fior. 77jel1I.heton.pn-
Tiula verisy/alnu an.tn.j./em.fœfiu^r.lini an."^ P>.tncldantHr,tHndamur,co<^Hanturln
fana. al. confumptlonern tertio, partis. le mis fur tout le bras des linges chauds
trempés en vnc dccodion cmollicnte& nerualc, Apres i'oignfs le bras & la nu-
que auec celiniment. OJ!.. OLlumbric. vtil'phn, axiingiA hum.an.T^ l.fuccl Inmbric.
\ /?, m.. La douleur s'arrêta par ce moyen , S<i la cure rtiilïit bien. Ohferuation
lyCent.i.
OBSERVATION LXV.
Siir le memefnie^,
L'An 2603. atimois d'Avril Claude Dodin Bourgeois de Payernc ayant été
blefsé au bras droit & au poignet, ou quelques nerfs de ceux qui décendcnc
de la quatrième &c cinquicm. vertèbre du Col,auoicnt été ofFenscSjs'êtant mis
à lire tomba en danger de conuulfion auec des grandes douleurs^ de forte qu'il
ne put aucunement repofer toute la nuit: la douleur s'âpaifa après que i'eus oint
le bras auec lefufdit ongwzni.Obf.iT^.Cent.i.
Remarque fur ces dcuxOhjeruaîiâNs,
LE ris cft vnc padlon du coEur,car il s'ngite lors auec impetuofité auec le pé-
ricarde étants diminués de côté & d'autre , comme cnfeignc Laurent lôu-
bert Mcdecin ; m^is comm'e le péricarde eft attachera mediallinum <3c au dia-
phragmcjil fliut aulTî dcnçceiT-ic que celui ci foie ébranlé quand on rit pafTion-
némcnt.D'autic côté iediaphiagme étant attaché aux vertèbres deslumbcs aux
extrcmitcs dcsEailTes cofteSjau bas dufternum&: à la cartilage xiphoide, par le
basau, critoinc, pai lehaut à la pleure^ il an iuc qu'en riant fort les m.ufcles de
,rabdom.en& p;iai.i paiement les mufclesdc la poitrine fe :emiicni 6c relfcrient
en même ccm, ;>:daus ce violent mouu:ment,lcs muClcs du diaphragmé $s\^s
pcdoraux foiit ai:(]î ébranlés *!<.; par même moy:n Cdx dcsbias^priacipalemcnc
celui qui amené le bras à la poitrine Sc celui quirclcuc, com.rne aiiflî tous Its
■ ^pxk qui y font entrclafsci <^ les tendons qui en prouiennenc font auffi émeus
&: agicci y ce qui eft cauf- que ceux qui rlcnc bien fort mettent les bras lur la
2.1$ Liutc Second des
poitrine : 5c parce que les raufcics qui remuent le Col & la Teftc vicniieat en
partie des os de la poitrine , il faut de neceflîcé que quand on rit aucc violence
Ôc que le diaphragme &: les mufcles de la poitrine font agites, que la Tcfte fou
aufli ébranlée, à caufc dequoi ceux qui rient auec véhémence branlent la Teftc
de côte & d'autre : il y a auflî de la fympathie entre les mufcles des cuillcs &
ceux dcrabdomen,cequieft caufe que quand on rit bien fort on eft contraint
de Te courber ; car quand les mufcles de l'abdomen foirt tires en haut par la vio-
lente cleuation du diaphragme, il faut necclFairemcnt que les raufcics des cuif-
Ccs aucc les artères, vênes & nerfs qui y font entrclafscs aillent après : on voit
par la qu'il eft dangereux de rire aux grandes playcs , car il arriue des grandes
douleurs & conuulilons quand les nerfs font bl-rfsés , &c des haemorrhagics
quand ce font des vênes ôc artères. Obf.i:,.Cem.i.
OBSERVATION LX VI.
Urne bleJfHYi à' Artère-
I'Ay traite vn homme de 40 anstrcsrobuftc , bilieux 3c coicr.ede (ow naturel, i
auquel en vne blcifurc de Teftc le rameau gauche de l'Arccre carotide fut '■
coupe lur le mufcle crotaphite : ayant arrête le fang au premier appareil auec j
ma poudre adftringente, ie fis fuppurer la playc : le cinquicm. iouidu mal vn
des Parents de celui quiauoitfaitlableifure étant entré à rimp.\:>uiftedansla
chambre,le blefsc fut tellement troublé de l'auoir veu, que l'Aftcu s'ouuritde-
xcchcf auec etfufion de fang lequel on eut de la pêne d'arctcr,n(.anrmoinsilfuc
remis entièrement: ObfAt.Cent.i.
OBSERVATION LXVII.
De la h/eJJUre des ventes Jugulaires, y,
N téméraire empirique ayant voulu couper vue ecroii^lle du Col à vne
^ icune fille de Geneue , en laquelle êtoit impliquée la vêne lugubirc & le
nerf récurrent, il furuint vnefi grande haemorrhagic que la viefortit auec 1«
(âng dans l'opération mcmeiOhfer^Cenf.^
OBSER-'l
V
Obferuations Chirurgiqucs. 117
OBSERVATION LXVIII.
De Ihdmorrhagie (^mfuYPiientauxplayes.
' 'An 1604 vn Bourgeois de Laufanne Voulant feparer deux de Tes conci-
«^roycns qui fc battoyent reçut vn coup de couteau fur rextrenaitc du muf-
le Biceps;lc barbier arrêta le fang & guérit la playe comme il ^-'cut : vint iours
près la blclfiire , le malade croyant être hors de tout danger &c fc promenant
ar la chambre,ilarriueque regardant par la fcncftreil vit palier celui qui l'a-
oit blefsé, dcquoy il fut tellement ému & trouble que lavcnes'ouurit dere-
hcf & le fang fe mit à couler fi abondamment , qu'il fut mort auantque ie
ilîè venu de Payerne ou on m'ctoit allé demander : on voit par fois fortir du
mg de la playe d'vn mort , fi celui qui a commis le meurtre eft proche , car
omme dit LscuinusLemniusen fon liure de Oecnltis namrd. Miraculls fLzna.-
Lire fait de fi grand efforts, quoy qu'enfcuelie &: cachée pourueu qu'il refte
[uelque peu de chaleur , que le corps mort vient à s'cchaufF^^r & le fang à
lOuïllir derechef auec la bile.
Il faut remarquer icy l'impertinence de Paracelfe , Au premier liure de fa
;rande Chirurgie rraittc z.chap.x.Et au traitté 2. des playes chap ^. Il eft con-
tant, dit- il , entre les Médecins qu'on ne peut pas ôter la maladie qu'au preala-
ileonn'ôtelacaufe3<: tout ce qui nuit au malade,apres il conclut : Si le fang
ouïe à caufe de luxure ou de colerejil faut premicrem.cnt appailer l'vne & l'au-
rcjcar tandis que ces deux empêchements y feront, la nature ne veut point de
nedicamcnts , Ci le malade eft yvre,ilfaut attendre qu'il foit defenyvré deuant
[u'arrctcr le fang : que f\ quelque conftellation a cmeu le fang,il faut attendre
[uc fon influence foit pafsée: il y aplufieurs femblables impertinences en celi-
ire qui font voir combien cette doélrine eft dangereufe au genre humain > s'il
"aut attendre félon fon opinion que ces empêchements foyent ôtés , il faut au-
)arauant faire des trciiesauec la mort: l'Axiome des Médecins duquel il fe fert
ft verkable , mais il faut diftinguer entre la caufe coniointe & prochaine, qui
ft vneouuerture de vcneou d'Artcre,& entre la caufe éloignée comme font la
■!^erc,l'yvrognerie,la luxure, t^Jc. Il faut pcnfer premièrement à la caufe pro-
:haine parce qu'elle eft plus importante, &:c.0^/r7i.C^«/.y.
I
D
OBSERVATION LXIX.
De lafyncope oh défaillance ^uefarulent aux blefsés.
Eux de la fuite du Prince de Ratzvuil Duc de Lituanie étants venus à fc
battrcjvn d'iceux fut bkfsé vn peu au dclfus du genouïl 3 il tomba incon-
Ec
xit Liufc Second tîcs
tinentcndcfaillance & mcurut auanc que le Chirurgien de ce Piiiicc fwt v<
iiLi à temps, qnoy qu'il ne fut venu aucune h^monhagie & que la playc ne £
gijcrcs profonde. J
Vn uarbici deCcrshcim nomme Guillaume Fex îS'cfcarmouchanc en cb*
min auec vn certain Je DulTcldorp non gucres loin de ce Bourg , fut blcfsc !•
geremcnt fur le poignet gaachc ; étant tombe en défaillance il demeura mo:
quoy qu'il n'y eut point eu d'h.tmorrhagie:pour moy ic crois qu'ils moururc :
pluroft de colère, &c. Car le fang &c les cfpriis s'étants retirés impctucurcmc
au cœur , ils êtouftérent la chaleur naturelle, tcutdemêm.c comme vnc tr(»
grande quantité d'huy le éteint la lampe. x^/< traitié de Lt gangrené ch.ii.
L
OBSERVATION LXX.
De l'onguent de fympathîz^, |
A femme de Noble Hcvman àCronbercr B.dllif de Lore furie Mein d:
iours après écre âcouchée fut par ie ne fçay quel malheur blcfsce à c6:
du bout de la marrmt.;lle gauche auprès du lU*rnum:quoy que la blcflure ne f :
pâs profonJc,li ne l:JlIoic'-il pas de couleur du fang abondamment: le Chiru-
gien ayant aictcle fang.nc pença pas la playe,mais le couteau qui l'auoitfait,
ai.ii fut'cllc gucii; en ;^ppar(.nce , piumptcmcnt, heurcufcmenr&; quali faî
douleur, mais àpche f.ir venue la cicatrice qu'il vint vue douleur obfcure;!
profond de la mamm^ llctiéure, £ illou aux Ïambes & douleur de Tefte.-inco •
tincnt ?.p:cs la mammcllcs'en lurcit l^ enfla auec grandes douleurs non fei
lemen- en icc ll;,riais autli en la nuque , épaule »ï^ tour ce cofté : on appelé d\
rechef '.V v.hiuirgi^n q.ii fait tout iondeuoir, mais les accidents augmentere.!
de iour en iour , enhn ic fus aulTi demande pour l'aller voir à Oppcnheim : f ,
tiouu.u' \a n'ammclle < xrumcmcnt etiflce & dîne par tout , il y ?:uoit vne trt
grandi chaleur auec vnc douitur poignante & heure continue : A peine po j
uoit'on voii la cicatri:e de la playc : la peauêtoit lim'dc autour du bout de i
mainmdlc,m-u'b 11 molle quel on fcntoit ondoyer le pus ,parquoy ie fus d'ail
que l'on ouuiit l'apollremc. La mal/d - y ayant conftnci iefîsouuerture au't
vi.e lancette couibéc ou biiloris. Vo^ezLt figure ^.deUV Tiible,
Le pus loicitcn abondance oc impetueulcmcnt , <S: la douleur s'appaifa i
continent aucclt-s autres accidents commefiéure, naus-c,douleur de Teftey
la nuque & de l'cpaulc , ayant plus de repos la nuit (uiuante : il fortit tounou
àz^ lois beaucoup de pus & la dureté ceila •• cependant la mammelle s'exulcc
d'elle même en deux autres lieux auprès dubour>ueantmoins tout rciiflitii bi<i..
que i'tfpere qu'elle fera remife au premier iour.
Cependa
I Obfcraations Chirurgîqucs. zt^
J Cependant que ie fus à Vuettcraiiie fou încommodîré rcnouucla,r.ar clic
I fut fierecHcf âraqucsi de ficurc pouc n'aiioif pas obleruc vd ban rcgitnj: la
«laramclie enfla incoiîâncncaprcsauec grande douleiu-uc leshiimcuri s'y rci-
;T fcrcnt en Ci gtanijie quanticé qu'il (e foimi vu ^.bfccs vers raiirrllc , maia i'ay il
bien pourueu à tout , que dv.rech. f par ia grâce de Dieu , tout cft en alfu-
rance , quoy que les vlceres ne (bycnc pas encor feimcs ni la dureté en cor ra-
IBollie.
La malade fut trauaillcc de douleur en la nuque, en l'épaule & tout le codé,
ce qu'il ne faut pas trouucr ccrange au commencement du mal candis qu'il y a
inflammationj tiéure & autres accidents: mais à prefcnc quoy que ces douleurs
ayenc ceùé , ii ell-ce qu'à chaque fois que ie mecs des tentes aux vlceresou
que j'irrite le mal , incontinent elle fentde la douleur dclfous l'épaule vis à
vis de r Vlcere,& félon que la douleur s'apaife en l'VlcereJa douleur de l'cpau-
lecelTcaufli à proportion : elle dit que l'endroit oueftla douleur n'a pas ia
largeur d'vn thaler quoy qu'il ne paroifle rien en dehors , elle ne Cent pas mê-
me de la douleur quand on manie rudement l'épaule , tant elle eft profondé-
ment cachée, cette douleur pourtant n'a point eu de mauuailc fuite: or cette
grande fympathie qui eft entre le bout de la mammelle Ôc le dos vient à cau^c
de certain nerf qui vient du cinquième efpice entre les codes &c fe fourre
dans le mufcle de la poitrine enuoyant des petits rameaux au bonr de la mam-
itimclle <S(:luy donne ce fentiment vif : mais i'ay remarque cette fyînpathieca
'iufoït peu de femmes qui out eu des Viceres au mammcUes : OlfferHatton ij.
OBSERVATION LXXI.
«
D'vneplaye trop toft cicatrisée.
QVand vnc playc cft cicatrisée auant le temps , alors il s'engendre Zc xmiS-
it du pus au fond d'icclle qui produit des nouueaux accidents. Il y a quel-
ques années qu'vn Bourgeois de Laufanne fut blcfsé au mufcle Biceps , la playc
l'ayant prts été fuHifamment entretenue ouuerce par des tcnces , mais ayani été
:icatrisée auantle temps, il s'amaifadu pus au fond du mufcle lequel y fit douh-
:ircertaine vén: , d'où vint vne telle hasmorrhagie, (^n'y ayant pas ei» -or qua-
re femaines dés la blelfure) que le malade en mourut, yin trahie de la Li-
hotoraie chap.i}.
E c z
110 Liurc Second des
OBSERVATION LXXII.
Reînarejue fur la cure des playes,
V'Efaliiis anoic de couftume à chaque fois qu'il déplioic les bandages cks
playes ou des Vlccres,pnncipakmeiit de laTcftc,de la poitrine & des par-
ties nerueufes , de te nir vne petite bougie allumce le plus pics de h playe qu'il
luy êcoit poflible pour la défendre de l'air, comme ie l'ay ouy dire à Cofmc
Slocanmon maître lequel à fouuent veu trauailler Vefali&: luy mêmefeferuoii
de cette maxime : pour moy iene me contente pas delà bougie es grande;
playes de la Terte , mais ie fais tenir auprès vne poêle à frire pleine de char-
bons o\\uvnh:Obfer nation x.Cent. 5.
OBSERVATION LXXIII.
*iy''Me playe à'art^Hebufaâe dans les mufcles de l abdomen.
Pierre Gautier généreux Capitaine en France fut blefsc d'vn coup de mou]
quet en l'attaque d'vn Boui g: la baie étoitdemeurce en la région dufoye
coftc du mufclc droit à lîx doigts en trauers au dellus du nombi il, & ayant pai
se le mufcle oblique auec le tranfuerfal ( fans que pourtant les vifceres interne
fullènt oftlmccs ] elle rranfpcrça la fupcrficic de l'os ilium auprès du lacrum i.
s'arrêta vers la peau : le lendemain le Chirurgien la tira après y auoir fait inc
iîon:quoy qu'il fut furuenu au commencement de très grans accidents , nean
moins la playe qui êtoit vis à sis du foye fut bien toit confolidce fans que
malade en ait rcceu en Iiiiteaucunc incommodité: quant àl'autrequictoit en
furface de l'osjquoy que le Chirurgien fit tout ce quictoita faire 6i en eut tij
quelques petits os <Sc l'eut tnhn fait cicatrizer , fiLfl-ceque deux ans apri
ayant été attaque de fiéure accompagnée de grands friiïons & bubçs en l'ain^
il y fui uint derechef vne véhémente douleur auec grande inflammation &ci-
mcur au lieu ou auoit été la blcilurede Chirurgien ayant été derechef dcmand»
lit encoren forte que cette tumeur qui étoit vers la cicatrice de l'os ilium î\
ammce àfiippuiacion, Isqutlle étant rompue il en fortit quantité de pus aU'?
quelques petits os qui le prcfentoyent 6c qui furent tires par le Chirurgiil-
fans aucune pciie après quoy la playe fut entièrement confolidée: des ce terau
quoy qu'il furfouuent arraquédesm.émes accidents & qu'ils le futferuiduco|
feil de plufic-urs très habiles Médecins ik ChirurgieuSjfr eft-ce que iamais auci|
ne luy a confeillé d'çn ycnir au fcriOu au fçu>maJ4 il y a cuuiro;; vn moisfvn :|
Obferuations Chirurgiques . m
âpres que faPlaye a êcé eiuieremciu fcrmre J cjn'il fut arraquc de mcmcs accî-
1 dents éc que rvlccrc s'ell derechef ouueit aucc cftiiiîon de beaucoup de Pus:y
ayant mis la Sonde,i'ay dccouuerc incontinent vn fragment d'os: i'ay ctc d*â-
uis aprcs les remèdes vniuerfels , que l'on ounrit ik dilata douccmcnr la Playc
iufques à ce que Ton eut tire les os que l'on dccouuioit aucc la fonde. le ne
•fçay s'il aura fuiui mon conicil : Et qaoy que les fufdits accidents reuiennenc
de temps en temps & que le mal Ce renouueilcj fortanr toufiours quelque petit
os, neantmoins le malade m'a alîurc que cela ne luy donne pas beaucoup de pê-
ne & que la Playe fe ferme derechef. Lettre 96.
OBSERVATION LXXIV.
Que les Baumes font dangereux cjuand on s'en f.rt mal à propos,
I'Ay fait voir en l'obferuation 38. que l'Emplâtre Stidic de Paracelfe eft
dangereux quand on ne l'cmployc pas à propos, on peut dire la mcme cho-
fc des Baumes tant naturels qu'artificiels comme l'hiiloire fuiuante en fait
foy.
L'an 155S. vn certain de Laufanne nomme Claude, homme robufte âge de
40. ans , ic bklTà d'vn coup de hache en la Palette droite , la Playe n'ctoit pas
profonde &c faiis douleur, partant il voulut le guérir auec vn certain Bau-
me qui luy fut donne par vn ami, duquel il mettoit deux fois le iour dclTus
8j auec des filaments , par ce moyen les bords de la Playe furent bien-toft relinis,
mais le pus s'ctant amalic au lond, il furuintvncfi grande douleur peu de
temps aprcs auec vne telle inflammation & fièvre accompngncc' de défaillan-
ce qu'il fut en danger de la vie : Ayant êtc demande auec Claude Alarien
Me. Apothicaire très expert , ie trouuay le genoiiil fort enfle auec vn Fun-
gusqui fortoit hors de la Playe de la gtolîcur d'vn œuf de poule : le mis la
Sonde dans ce Furgus ou cette chair baueufe , d'où il fortit plus de deux Hures
d'eau claire qui eft appelée par Paracelfe Synovie , non feulem.cnc ce iour là
mais trois iours entiers de fuite , laquelle le changea peu à peu en matière pu-
rulente : le le traitay ainfi j apresauoir ordonne vne bonne fliçon de viiue&
l'ayant purgé, laignc au bras droit &c mis les remèdes topiques couuena-
blcs 3 ladoulcur s'appaifa peu à peu , l'inflammation auiîi cefla auec la fièvre, ÔJ
lesdcfaillancesqui vcnoyent fréquemment auec iccUc : mais comme l'article
eO:oit imbu de cette matière fcreufe& purulente , ilfe fit plufieurs ouucrturçs
& cxulcerations autour du genoiiil comme auflî au gras de la iambe, en partie
parla nature en partie pai; artifice : il fut enfin guéri aucc beaucoup de peine>
Ee 5
2.11 Liiire Second des
mais comme les tendons, ks ligaments Ôc les appendices de îa ioiaturcauoycor
Clé rongées c^ corrompues par cette fanie & ce Pus , il demeura boiteux le
refte de fa vie.
Certain Gcneuois fut blefsc d'vn coup de moufquet : vn Chirurgien, autre-
ment habile & expert , mit lur la Playc vn Baume par le moyen duquel elle
fat fcimce $ mais il s'amalTa du Pus au fond après quoy fe formèrent des vlce-
res finueux & prefquc incurables , mais ic le guéris enfin aucc vjîc extrême
pcnc.
Ic confeille donc à tous îeunes Médecins de Chirurgiens , qu'ils n'entre-
prennent rien à la volée auec ces Baumes & principalement dans les Playes d^-s
parties nerueufes, car il ne fuifit de rendre piomptement lafanréau miiade â
on ne ic fait pasfcurcmcnc Obferu. 97. CeriL 5,
LIVRE
i
LIVRE TROISIEME
DES VLCERES. FISTVLES>
GANGRENE ET BRVLVRES.
OBSERVATION PREMIERE.
D*v»e Flcere i;îcurable vers la tointure de U mach&ir^^.
A D A M E Holc de Dr.fbourg au pays deCle-
vcs ctaiir encor ieune (k fc piomenanc en vn
veigcr,fur piquée par vue mouche guêpe en la
hcc vers l'oreille droitte, il y furuinr incon-
tinent grande douleur ai:cc ir.flammation &
enflure de route h Tcte ; h douleur & l'enflu-
re ccircrcnt en partie par les rcmedes,mais il fe
fit vn c'ibfcés en la paitic,auquel après qu'il fut
rompu il relia vn vlcere ioidide & incura-
ble, car quoy qu'il fut traite par des habiles
Médecins >îs: Chirurgiens, neajumoins ils pcr-
^^ dirent tous leur pc ine , car ic luis témoin que
CofmeSlotanus , auec lequel i'ctois, y a trauailléfixansûnsrdàchc: Ck après
fa mort quelques vus y mirent encor la main, mais en vain, parquoy ladite Da-
merecontciitadelaCurcpalliatiueiurqucsàlafinderavic : Elle viiK iufqucs
à vn âge décrépit auec afsés de fanté , car cet vlccic etoit comme vue Cloaque
dans laquelle la nature fe déchargcoit de toutes les mauuaifcs humeurs : or il
faut attribuer au naturel de la paitie que cette incommodité quiau commen-
cement étoit petite en âparence , fut conucnie en vn vlcere incurable & de il
longue durée, car étant au droit de la iointurc dts mâchoires > il ne peut pas
être cicatrise à caufe de leur mouuement continuel , o; C Ion le diie des Mé-
decins , ils ne fe confolidenr point qu'ih'ne foyent dclT. .hés , mais comme le
çiyuLicment humedcen attirant le^humcuts , il fai^t de ncccffitc qu'ils foycot
114 Liure Troifiéme
incurables à caufe qu'elles fe remuent incclFammenc , hormis dans le fommcil
linon que le Chirurgien tienne la mcchode que i'ay inuentc & pratique par
après : que h ie l'euire trouuc plutôt, ia'^s doute la malade en auroit reçeu du
foulagcment & ic me Terois fait nchc.Oé^fcru. 78. Cent. 4.
OBSERVATION IL
D'vn ZJlcere après vne Tumeur dure en la ioiriînre des rn/iclooires.
L*Ani55>3. vne femme me vint trouucr qui auoic vne Tumeur dure en la
iointure de la mâchoire droite : aprcs IV.uoir premièrement purge & ou-
uertla vcne cephalique du bras de melme code, luy ayant aullî ordonné vne
bonne façon de viure , ie fis ouuerturc de cette Tumeur auec dzs médicaments
efcharotics &: feptics > mais l'Vlcere ne peut point eftre cicatrise , à caufe du
mouuement continuel de la mâchoirc,qu'apres que ie l'eus rendue immobile par
le moyen de deux inftruments de bois qui font fourchus au deux bouts en Qcnz
forme,lefqucls ic mettois entre les dents de dclïus &c dellous les y attachant auec
vn filet de cuiurequeie faifois pa(îèr par des petits trous marques O O, car
ainfiellc ne pouuoit ni fermer ni ouurir la bouche plus que ne pcrmettoyent
les dits inftruments , l'e la nourrilFois cependant auec des bouillons >?v: des cho-
fes liquides qu'on luy donnoit à la cueïUcr •• parce moyen l'Vlcere fut parfaite-
ment guericn peu de \QMïs:ObferH. 38. Cer,t.\.
OBSERVATION III.
jy "^n'Ulcère en la gorge,
I'Ay veu fouuent à Cologne vne femme de 40. ans qui auoit vn Vlcere malin
en la gorge à caufe d'vne pituite (alce qui y vcnoir delà tefte qu'elle a porté
quelques annces,de forte que certains endroits du pabis furent ronges , comme
les Amygdale?, rVuuleJ'epigîottis & vne partie du golicr : A pcne pouuoitelle
parler,le boire & le manger ne pouuants décendre fans qu'elle foufrit vne cx"
trcme douleur : Ce ceci eft à remarquer que quoy qu'elle ne fut point enceinte,
fi eft- ce qu'elle auoit des appétits extrauagints , comme de manger des ha-
rengs, de la chair ôc du poil^n fumés Se falés, des fruits vcrts5«: autres viandes
de dure digeftion : &: ce qui cft encor plus admirable , elle aualoit ces choies
fans douleur quoi qu'elles fullènt dures , pourueu qu'elle les mangea auec ap-
pétit: pour moy i'eftime que cet appétit & cette déglutition êtoit furnaturel-
Ic,
des Vlceres , Fjftules , ô^c. 125
le,autrement elle n'aiiroit pas pu viurc Ci longtemps , vcii que quand cl!c n'â-
uoit point d'appetic, clie ne pouuoit: âua^ev ni orges mondes ni amandes ni'
bouillons , demeurant quelquefois trois iours entiers Hms boire ni manger iuf-
qucs à ce que cet appétit corrompu iuy fit venu; & quoy que cc qu'elle d.fi-
roit fut contraire au mal, ncanrmoins elle n'en fentoit point d'incommodité,
au contraire tout ce qu'on Iuy prcfcnroic de bon contre (on grc, Iuy biilloit de
la nausée àc par fois des accéi de fièvre. H fiut tirer d'ijy cctxc confjquencc,
qu'il ne faut pas refufer auec trop de rigueur aux mal.id.s ce cjue la nature defi-
re ardemment, car on voit que plulï u.s n'ont point peu ccrc g.icris delà fièvre
quarte &: autres maladies longues qu'on n'ait conceiicé leur apj'ecit cxtraua-
gant: mais il n'y a pas de la feureré en cette cure, ni cet:e Dame n en a pas été
guérie. 0^7757, Cent. i.
OBSERVATION IV.
D'^on vlcere au. Nés CT au Palais,
LAurent Toupin Bourgeois d'Ettauay âgé de trente ans croit fuier anxdcflu-
xions dés (a ieuneife : l'an 1(705. ^^ ^^^X ^^ tomba vue véhémente fur la gorge
auec acrimonie 6^: iafi.immarion vers la racine de l'Vuulc accompagnée de gran-
des douleurs oi eidin d'exulceration ; il %i:w alla à Fribourg ou il fut traire par
vn Chirurgien aLcs habile; l'année (iriiiante lôo/.ne s'eftanc pas bien comporte
en fou régime & ayant mi;prise l'vLigcdcs rcmcrdcs interncs,il Iuy en tomba de-
rechef vne nouuclk (ur I.1 gorge & principalement fur les n;itines:mais comme
il ne fcntoit point de mal, il mépiila Ion mal 6l ne me dcma.ida poiiic de con-
feil qu'après qu'il Lit tombé quJqnes morceaux de la Cartilage diji Ncs:r:Vétant
venu trouuerau commenceméc de May, ie rcmarquay qu'il naaoit plus d'Vvu-
le laquelle aiioi: ccc rongce anpaïauanc ^ après auoir été cicatrisée , iàns que
neantmoins il y eutempech-mmt en la pato!e,car il pailoit foit diftincbemi.nt:
il couloit touliours ce pendant du Ceiucau fur ie Nés vnc humeur acre 6c mor-
datîtc qui rong- a l'os du Palais & la cartilage qiii kpare les Narines; pour di-
ucrtir la detluxion ie lepurgcay5f faignay le lendemain au bras droit, ap-
pliquant par inceruallesdes v^ntoufcs fur les épaules par f^is feches , | ar fois
tcaririées,^ fis vue iaiedioi! du médicament fuiuanfanec la Syiingne dans les
Narines, mettant après du ehupy nempéen iccluy '^.Senitcydon.conutji ^j.aj.
"fUutag. Yofur. & ranar. atjuat.an. J i\. ihfmde per horas aL.juût in loco calido^ex-
freffioniadde rnell. rofu. 5 j. fa! h. corallor. C C. vftt , lApid. c-tlamin tuîi£.omn.
jyptorumy nlhili an. 5 j. m. Le 7. du même mois ic Iuy fis vn Stton vers la troifié-
me vertèbre du col pour vne plus grande diucifion de la Defiuxion , met-
tant fur le nés en dehors pour rcpoulîcr les humeurs (Se fortifier la partie des
Ff
12.^ Liure TroiGcme
linges doubles rrempcs en la dccodliô fuiuanre,!.-! rcnouiielant fowirAr',2C.f„!.&
flor, beto7i.rof.rub. e^uifeti^pUntagfiimmit.rub fol falicts ar,.m.].cocj,tn vino rnbro ad
cofifumptiorte 'ypartis.h rumeur du ncs diminua en pairie par WCi'.gc de cette dc'
cadi6:iemcrtois de ce liiiimé: fur i'vlccre du palais 2^-. rad.a^nel.an/Iol.roi.irid.
flor.garyophill. lirai oai.ici an. ^{'i.cinnam.'^ij. m.f. pHluis fiibtili(]'. chîhs ^arurn in
vafe vitreo mt/ceainr cnm rnelle rofuc admoneatur e.x penicillo. Le iour après que
le Scton fut fut il piit vne prife de mes pilules ccphaliqucs: le même iour il ren-
dit vn pctir os par la bouche, & le dixième du même mois il en rendit vn autre
tour rongé &C puanr, après quoy il rcfta vn fi grand creux dans le ncs qu'il y fa-
loit fourier treize voire iuiqucs à quinze tentes trempées auec l'onguent fui-
uanr, de cette figure & grandeur, voyès lafig. 5. de la 5. table.
It. Succi Gerani] ^fuccifolAniyfemperuiui an. purt. s.q. htharg. awrtphimbi vjiiy
lapid. CAlamin. certijj'ji. an. 5«). iridantur inmortarium l'fflinde fenjïrn (^ alternatirn
ol.roficcjj' fticcos, probe commifce ydonec impenderis ol .Qrfuccor.an.ltv.cétongucm
eft prctieux en telle forte d'vlceies qui ont quelque chofe de malin : l'interdice
du ncs dés le haut iufques à la lèvre fuperieure fe rongeoir peu à peu à caufe de
la pourriture qui gagnoit pays aucc grande douleur, de^ forte qu'on ne pouuoit
pas même nettoyer la lèvre auec du coton ou aucc des linges bien dclics : mais
ayant continue quelques iours à mettre fur ces petits vlceres douloureux du pré-
cipité redifiéja douleur ceiTa^ lam.aligniré fut vn peu domtce : en lieu de
mielic me feruis du fyrop hiiuant pour le mettre auec la poudre précédente fai-
te de racines d'Angélique, d'Ariftoloche &c. lL.fHCcigeran>, ib ;. rad.fcrophuL
mai, I i] fol. & flor. béton, agrimon. veronic.fcabiof. fnmar.pyrolA fa/îicuUyalcky
milU an. m. i] coijuantur herb£ & radiées tn aq.ad confumptionem tertio partis^ co-
latHr£per prelum exprejfe addefHccuynfHprafcriptmn.mell. optirni facchar . an»
Vô] . f.f. d fyrupus: icluy ordonnay auini'vfage du lait pour adoucir la maligni-
té & l'acrimonie des humeurs, il commença à s'en leruir le dernier de may &
continua iufques au 16 de luillet; il enbuuoitvn trait auec du fucre tous les
matins troib heures auant difner.
Or quoy que la malignité fembla être vn peu âretée par l'vfage de czs médica-
ments,fufl-ce que comme la chofe étoitencordouteufe & afin qu'on ne m'im-
puta rien,ie voulusqu'ils âpelalknrencor vn Médecin: le 11. luillet on demanda
Monfr.Stballien Mt yerus Médecin à Fnbourg,lequelayant examhié le mal trou-
ua qu'il ne pouuoit prouenii qued'vn rume acre &C rongeant engendre par vne
intempérie du Cerneau : parquoy nous demeurâmes d'accord que le malade fè-
roic derechef puigé a bon ekienr,quoy qu il eut en aucrfion les remedes,en après
qu'il fe fcruiroit vn mois ou fix femaines d'vne decodtion de Gaiac:Ie le purgeay
donc auec ma poudre laxat;iue,cn après il prit quatre matins de fuite vn Apoze-
mc apéritif & puigat'f: il vint en faire à l'vfage de la dccoélion fudorifique de
laquelle il prcnoit vne fois le iour , 6c n'en peut vfer que huit iours durant
parce qu'elle luy âbatoit les forces : mais il bcuuoit de la féconde deco(5tion>
des Vlceres, Fiftules , &c. 2.17
quelquefois entre les repas:& parce que l'interdicc du ne êroit entièrement: ron-
ge & l'os du palais en partic,ie rcmpïiirois toute la cauité du nrs de tentes rem-
plies de l'onguent fait de iucs,nonrculemjatafiu que l'ongucnc demeura, mais
aulîi pour tcnii le nés droit tant qu'il feroit poiribie: dans Tvlcere du 0alais i'y
mettois des tentes ointes aucc le fyrop fuldic ùiz de racines de lcuo!'hulaire&c.
réitérant deux fois le iour: auant qu'en remettre de nouuelles ie faiiois inieétion
auec la Syiingue de la liqueur fuiuante l/LfHcciplamag.gerait\yaej.ranar.an. gib.
fyr.'pr&fcripti ^j.rn» mettant aufli des plumaceaux trempes en iceilc:la malignité
s'arrêta par ces remèdes , & les vlcercs du nés le cicatriloyent de iour en iour:
mais le 21 .de luillet ayant èié obligé de le retirer clics foy & la chaleur de la ca-
nicule étant venue, par laquelle le fang s'cchaufc &c deuint acre, comme au{Ti
parce qu'il ne s'ccoit pas ferui bien à propos des médicaments qu'il auoit em-
porté auec luvjlemali'e rcnouucla& fut oblige de mereuenir trouuerjie trouuay
que la pourriture &c la malignité s'étoit réueilléc,car il y auoit vne grande puan-
teur & le bout du nés iufques aux ailes étoit venu tout liuidc^ce qui m'obligea
à recommencer ainlî la Cure:Ic le faignay ôc après l'auoir bien purgé & mis des
vcntoufes pour faire vne plus grande diuerlion, quoy qu'il le fit vne grande va-
Cuation d'humeurs par le Seton; ie nettoyois tous les iours deux fois diligem-
ment les vlceres de la cauité du nés & d'autour du palais aucc le médicament
fufdit de fuc de plantin Remettant au{îi des tentes ointes de l'onguentrmais par-
ce que cette pourriture qui êtoit venu iufques au bout du nés fe iettoit auflî fur
les parties voifmeSjie fus obligé de mettre vn peu de mon onguent ^Êgiptiac non
feulement fur le bout du nés,mais aufli dans l'vlcere du palais: par ce moyen la
pourriture Se la malignité s'arrêtèrent vn peu, quoy que la Cure tira en lon-
gueur iufques au mois de Deccmbre,àcaufc delà quantité des petits os cariés
qui fortoyent deçà & delà tant de la cauité du nés que du palais defquelsi'cn
garde 54. il luy tomba auffi quelques vues des dents dedcuantaueç leurs alueo-
les, de Ibrte qu'il refta vn fort grand trou qui alloit de la bouche iufqu'au nés
dans lequel ie mis vn inft .umcnt d'argent auquclêtoit âtachée vne petite épon-
ge, de peur que la voix & la parole ne fut empêchée l'air venant à fe perdre: on
peut mettre cet inltrument i\ proprement que le malade peut parler auflî kieti
que s'il n'y auoit aucun défaut , au lieu qu'en l'otant à pêne peut-il dire vne
parole bien articulée : maintenant il fe porte bien , neantmoins il eft demeuré
ci^mard à caufe que le bout du nés acte rongé. Ohf. zi. Cent, u voyés lajig. 6. de
U table 5.
V
OBSERVATION V.
D'vn vlcere an nés ou ozene.
N ieune homme de bonne conftitution étant importuné d'vnc defluxioa
ur lcnés,ou roupicôc ayant les narines entièrement bouchées, prit con-
Ff 2.
12.8 Liure Troificme
Itll ù'vii Clurlaran, lcqu:lciit;cpncdclc gucrir cii vuidanc ce carharrc pnr le
IKS .Se le palais ik. prc^rrit des moiuagucs d'oi; k- mJadc le hiilîa pcriuiider ^ fe ,:
iri: cmrci. 6 mains de ce fou.bc, Ici-jucliansaiioiL- aiicuncmtnt difpoicle corps liii
icmic nud «.ians vnccuuerouivn paLiillon & le parfuma par toactjutlques ioiirs
de luiîc^mcrrant du Cinabre (ui des chaibons alumés, ce qui le rcndic exciemc-
m iu foiblc (S^ atcira vnc fi grande quantité de pituite fur la bouche & le nés
c^u'iKcnt vn vicerc puant ik torcidc autour des os ciibrcuxv ayant été deman-
de poM ic voir, i" vis que tour l'intcillicc du nés ct».'it rongé &: vne partie des
autres carrila^-eSidc forte qu'il étoit demeuré vn grand creux vJc L* nés enfoncé,
il iorro.'r ardi à ] ordinaire du pus puant par les narines auec vne entière perte
de l'odorat; ils'ell lorrpu vnc apoftcme il y a deux mois auprès du petit angle
dt l'œil où cft demeuré vn vlccre iordidc, le loureilaulU ^^c la paupière de dcA
fusfclont boL'fHs où il-lc form.c denouueaux apoilemes.
li fus iiiiîh coLifultc auec le Dodtt ur M'.yeius il y a quelques années par deux '
Gentil-hommes aufqucis après de fcmiblai'Ks parfums il refta des vlcercsfor-
iiidcs& puants autour des os ciibreux. ObferH. i^.Centnr.x.
le me fers d'vn linimcnt cxc; lient en cette nicommodicc:Ie m. ts en vn mor- ^
lier de plombe/, rofac. ^ij. /iiharo.aHr, oorn. ceru. iy?i &_^ptl, imi£ j^pt£,p/Hm' "-
hi^^fii an. ■z^tycHy/i pifliVo plumbeo tamdiii in rnortario agita, donec in linif/ientum
Abeant, on y pcutâiouter vn peu de lue d. Gcianium. Lettre 93. 3i
El
OBSERVATION VI.
Dvn vlcere en l'épante.
Srifune louuenon agc de quarante ans Geneuois, combatant gencreufe-
iii.nc pocu ia pariie,le o'-izicfiîe Décembre 1602- fut blefé d'vn coup de
mojiqutt Ci) l'épaiile droiitt.: le Cairurgiena)ant tiré au commencement la
bal ile 1 homoplate(ou paieront droite, après auoir hic incilion en la peau de
laqu. \k cil êtoii p och(,,lk ayant voulu guérir laplaycaucc ic nei<^ay quel bau-
me ait. n. ijjcu k.mmc tr^-itt.int cette piayc empiriquement, les leures d'icelles
fe icl'ou.^cr; nt maib elle k conuei tic en vn très méchant mal après diuers acci-
dentSj^ikuoiren vlc^-ie linu^ux oc très pu:.nr,ilme vint trouucr neuf mois après
iw bl •riurcjCroyani foi-, mal deldperc : icvis en l'épaule droite la clauicule ôc
pa'cron veisl'ediine du dos ^1 la nuque pluiîcurs vlcercsputridcs,puants ôcii-
nueux auec carie de la cl, uiule: il cv. ((jrtoit vne fi grande quantité de pus que
toutl-j co'.psen dcucnoit extenue <^ f 'iblc, & comme le pus qui lortoit étoit
extrcmem.ent puant, chîcunêllimoit qu'il n'en pourroit pas échapper il cçs
t1> ères ver c;) enta le cicatriler t^ccîtemiaticre puante étoit retenue. Au contrai-
re ie luy badllay conrnge & efperâce de guciifon,é^<: en cfer ic ne fus pas trompe, lii
car luy ayant Oidonnc vnc bonne façon de viurc^'ayantpurgéde temsen tems&
fiÙC
des Vlccres , Fifttiles, $cc, it9
\:ï: vfcr de corvoboratifs > îc mondifijy les Vl'X-rcs ôc les cicanîzay hct^x lie-
nt ne : La cuic fjc pénible ik longue, en laquelle il le prclcntc plulicms < h fcs
ligues de icmarque «::^ ciicic aucics ic tiOi;ii-iy que la clauicKlc croit pu ique
;:)ci cet au rrilieu de parrenpair. le tiiay aulli rnc écaille de ce trou faite cum-
•ne vn tuyau ,qu'tft vue choie éruingc vai que cet os cft vu écs plus durs de
Out \c coi^^'.Gh/eirHUtion 3;. Cent.), yia trAÏte de Ichore CT meliceria chap.iç).
OBSERVATION VII.
S';/ eft permis de fermer les '\jlceres inueteres.
I L y a vne qucftioiiqui n'eft pas de petite importance cncie les Chirurgiens, fi
Ion peut lailièr cicatiilcr les vlcereseuuicillis.Pluficurscroyent que non parce
'lue la nature (e décharge par là,commc par vnc cloaque, de fcs impuretés : ce
îu'il ne faut pas ablolumentnier es co:pi cacochyir.es 5c en ctnx qui ncfefer-
uent pas des remèdes généraux , ou qui n oblcrucnt pas vne bonne façcn de vi-
ure :en voici vn exemple.
Vil certain nommé Comte, dcPûycrneâgédc<^o. ans, ayant porte plufieurs
années vn Viccrc malin en la cuillc auec phiùeurs grandes varices , enfin l'an
1^12. il me demanda confeil au Tuiet de cet Vlccre , maiscomme il eut ouy ce
<iuil deiioir faire en (on icgîmc de viurc ôc en l'vl/.ge des medicam.ents tant in-
ternes qu'externes Se ne trouuanr pas cette procédure à fon gouil, il me laifïà
ipour fc mettre entre les mains d'vn Chailaran:!' Vlctre véritablement fut guéri,
iiïiais quelques mois apiei il luy vint vne plurcfie au cofté gauche auec grandes
douleurs (Ïn: heure de laquelle il mourut en peu de iours,or ce qu'il crachoir du-
rant la maladie rcirembloit entièrement à la matière qui auoit âcoutumc de
fortir par l'Vlceres : on voit par la que la matière qui fortoit au^Mrauant par
l'Vlccre de la iambe auoit regorgé à la poitrine. Ambroile Paréliureiy.chap.
5 i.monftre doctement comme cela le f eut faire & raconte vnciiiftoirc très
remarquable fur .ce fuiet.
Monlîcur Sarra:us Secrétaire du Roy auoit vn Vlcsre au bras après vn
coup de moufquet : il rendoit par fois do pus par l'.s vrincs Se lois fon Vlcere
ine fluoit point^mais quand il couloir ,aioii' (qs viinesétoyent belles ,&■ neant-
moinsil fur gaeii.
Le 10. Octobre 1606. ie coupai la iambe à vnc Dame à Grausndqin croît
âgée de 6o.ans:elle y auoit porté desVlccrcs l'efpace de jo.ans: chacun cr»volc
qu'elle mourroit incontinent après fi onempéchoit de fortir les mauuaifesliu-
meursqui auoycntâcoutumé de s'aller rendre àl'Vlcere, neantmoins elle aécr
bicnrcmife Se eft morte fort auancce enâgc:mais elle fut préparée vnmois en-
tier auanc l'opeiatiQH f Se quelques mois après elle continua vnbon régime Sc
Fi: 5
230 Liure Troifiemc
piicdcsapozcmes , pur gâtions & des mcdicamcnrs coruoboi-ndfs. \
le ne vcLis pis neancmoins cacher que i'ay craittc qiiclqueifois dcsVL'erei
qui n'ont peu être guéris quelque pêne ôc induftiie que ïy ayc âpo4té,mais qui ^,
ontbeaucouplcruiaumalade pourrccouarir iapLemiere lantc , Iclqucls cnfîa i
ont ccc guéris par le bencfîce de la nature,En voici vn exemple. ^ ^
Vn Ailhmatic de fort' long temps a été guéri par le moyen d\-n VlccrB ^,
qu'il auoit en la poitrine entre lafixicmc «!:?c Icptiémcdcs vrayescôies,';^ a vccU'
pluùeurs années en parfaite fantcicarla nature le dcch'rgcoitpatce palfage de
tous les excreméts qui l'importunoyétjcn après l' Vlcerc le guérit de luy même,
l'ay veu le même en vn certain ieune homme h. G^neucii auoit toufiours ctc
valétudinaire dés la ieunelîè : enfin lanarure fe dc.liargca lui le cuii" comme pat
vne crifeou il fe fit pluficurs de diuers Vlcercs aux picSjmains, ôcc même auec
Catic des os , ce qui fut caufe que rcfpacc de quelques années il ne pouuoit ni
marcher ni être debout ni rien prendre auec les mains:il fut traite par les plus
habiles Médecins $c Chirurgiens du lieu, &c on fit tout ce que l'on pouuoit fai-
re mais auec p-u de fruit>car les Vlceres fe moquoycnt de tous les mcdicamécs: '
Au comincncemcnc Tes forces diminuoyentbeaucoup,commc par l'efpaccd'vn
an &: d'auantage,raais après elles furent rétablies quoy qu'il rendit beaucoup
de pus : enfin comme il commença à deuenir grand ces Vlcercs le guerircnc •'
d'eux mêmes ôc les iointures fe fortifièrent tellement qu'il peut aller pai; ville
fans bâton auec admiration de chacun. Obf.)cf. Cent.i.
\t
OBSERVATION VIII.
D'vne exHlceration des glandes pro/fates.
L'An 16j5.au mois deFeurier vn Gentilhomme ctoit trauaillé d'vnc cxulce-
ration aux glandes proftates auec vne carnolité au conduit de la verge,
comme ie le traitoisjquelqu'vn luy confeille de fe Icruir d'vnc decodtion vul-
neraire:ce qu'il fit à Ton preiudicc, car quoy que ic l'eulTc bien purgé &c laîgnr,
il nclaillàpas de tomber en vne grande ficure auec des grands fiiiIôns,or il ctoic
plein de mauuail.-s humeurs &c fuietà des oppilations dés longtemps: v4/< traité
iCvne grande playe faite par vn coup d'arejuebufe.
içt
\k
lie
V
OBSERVATION IX.
D'vn Vlcere fordîde au genonU.
N icime Gentilhomme de Brunfvic nommé Conrad à Stcinberch robuftc
ôc de bonne confticution , fut blefsé au pays bas en vne bataille par vn
coup
des Viceres , Fiftules , &:c. 131
( Lip de mourquct en h palette gauche : il fur mcnc en la pins prochaine viUc
traite par des Mcdecins Os: Chiiurgicns , mais cependant à caiife de la vehc-
nice de la douleur & de la longueur il y lurufnt vnc hydiopilîe d'articula-
)nsou l'hydrarthros , p.utant on le ramena en fa patrie ou il loufiir des
ands tourments l'efpace deplulleurs années, car cette fanicacre ayant coii-
quclque tempSjil s'y foima vn Vlcere fort fordide qui luy faifoii vnc Ci gran-
douleur qu'a pcne pouuoit'-il marcher quoy qu'il fut âpuyctenfinl'an 1582..
I demanda v olme Slotanus aucc lequel i'allay : nous trouuamcs le genouïl
odisieufement enfle & le refte de la cuilîè foit extenue : le genouïl ctoic
)uuert d'Vlceres en plufieurs endroits ai:ec des os cariés di grandes douleurs
n le trauailloyent iour ^ nuit, à caufe deqnoy les vii^res ifitcricurs étoycnc
irt aftoiblis &: remplis d'obftrudions : il fut traite en fuite par ces excellents
ledecins Renier Solenander^Galcnus Vuierus de le dit Slotauus,entre les mains
îfquels il mourut. Son corps ayant été ouucrt on a trouiic tous Tes vi lier es &
rincipalcment le foye extrêmement depraucs, Se en la veflic du fiel vne pierre
e la figure &groircuï d'vne noix mufcate: tous l:s ligaments, cartilages 6c os
u genouïl êtoyent entièrement gâtés &c confumcs.
Si àés le commencement du mal on eut obferuc vne curemethodiqueiil n'y
point de doute qu'il ne feroit pas arriué de (i grands accidents , car l'hydropi-
le desarticulationSjOu la fynonie de Paracelfc n'arrioe que par l'ignorance du
4edecin ou du Chirurgien : & ie puis dite que des jo. ans que i'exerce la Chi-
urgie, pendant lequel temps i'ay traité vne infinité de blclTures aux iointurcSi
jue neantmoins par la grâce de Dieu cet accident n'cft îaraais arriué à aucuir
le mes malades.
Or la cure (e doit faire ainfi , premièrement il faut ordonner vn bon régime
k viure , purger le corps felc n Thumeur qui domine &c forrifierles parties no-
alesnl faut aiîlîi diligemment fonder Tvlccre , car il le faut élargir s'il eft eftroît
aucc des tentes fnites ou d'épongé préparée ou de racine de gentiane ointes de
quelque mondificatif , oufi ctlale peut f.icfans danger aucc le cauftic fait de
capiteljmais ilfluity aller prudemment de peur d'offencer les nerfs ou lespar-
Iticsnerueufcs&decaufer desnouuelles douleurs'.l'vlccre ayant été fuilifammet
'ouuerr& dilaté , s'il n'eft que fale Se -Tans carie d'os,il n'y aurapasgrande diffi-
culté en la cuTejil faudra donc y metrve îemono'ificatifluiuant. 0/.. Aîell.rofac.
^yterebinth.non lotA ^ Ç^. pnlH.rad.artJhlcc.rot. 9nynh£,aloes,thuriSiitn.:^ i (i.m. in
mortarîo.adde creci '^'].vttellmn cui- vniusS'i^^ furuicnt de la douIeur,ou bien. !^.
PfilM.rad.genttari(e,irid.florent.ligni^atac-& ftr Inpinor.aft.'^ i ] ./iirnm'uat.centanrijt
h)peric.& fcordi] an.% Çi.tereb.non Iota l &.T/ieUrof^f.f. in mortarto vnguent. l'ex-
périmente tous les iours que le mercure précipite eft vn excelknr médicament
en toute forte d'Vlceres:ic le mets tourfcul » ou en forme d'oignement auec du
charpy. ^ Afercurtj pr^cipitati reElificati acj.rofac.& plantao^.loti "Z^ii.vngu.rofat.
fftefuM ^\'Cer£2^\ rntd^iigetiter in vafe vnreo/pMnU ligneaiMononguçntJE^^yj^tisiC
1
lyi Liure Troifiéme
moadific aunTi fort bien les vlccixs CAcs , l'ongacnc des Apôtres & le mondifï-!
cmtdefncco Api] , Outre la poudre <^ l'onguencie mctscncor ce cataplafmc
\)\ïddVi]S.'^.Far.fal;arJiiphor.hord.an3lifHli4.flor.betonAH£arthet.origaj
centaHr.rofAr.oàorifer.an.\t]JliHs comm.'^iv. co^ue cmn âeco^o faln.abfynth ."oulo.^
granor.iunip .f.catapla/r/ia-add fnh Jînem/kp£ "Jcl melltsi^iv. calid'e applica.Oa bien
!^.Far.lentiti?n,lolel an.l'iij.jjmi capr.^ivpnlu. Jior.camom. fambnc béton, an,\$.
lignigiîiaci^\.fciLmar.% (S-cHrn UxImo tonfrr.f. cutciplafmA addefxpe vel mellis l'tif.
Ces cataplamcs fortifient & dclfcchjnt g:an Icmjiit > païquoy le Chiruigi.n
doit bien prendre garde s'il y a quelque dureté contre nature autour des nerfs
ou en la iomture mcme,car s'il y a quelque choie de fcmbl,iblc,comme cela a^
riue le plus fouuent, il ne faut pas mettre i\cs dciîccatifs (culs mais il fautaioi^,
terlescliofesremoUientes comme le catapLifmcluiuant, ^. Far. tritici,fabM
hord£ian.\i].pulu.jior.^ foLbeton.iiu arthet. ortgani & ro/ar.an. ^iy flor. camom.
melilot.fambuc rad.alth.an .7^i'\.far fœnngr .Uni an.^ i?. eo^HAnturcum decoUo rad.(f
fol.malH£ f.cataplafma , addenda oLlilior. alb. & lumbrîe.an | j. 'j/V. ouor.num.ii.
Ou bien il faut mettre l'emplâtre de mnciUgin. ou de rnellloto.ow œ/jpiphilagyij:
le me fuis fcrui de ces remèdes quafi iulqucs à la fin de la cuLe,car les (uldits on-
guents non feulement mondifient les vkcres falcs mais aulU rem^'lillènt de
chair ôc cicatrifent:que fi fur la fin il y croit quelque chaiibaucuL.il faut met-
tre vn peu d'alun brulc auec l'emplatrc palmoum , ou celui de Slotan.is, ou de
cernjfa co^a,de mmio y ou quelque (emblable , Antraité de Ichoye & meUcerU
chap.ij.
OBSERVATION X.
Dv>f vlcere pourri, auec rnortifcation. j
IL y a vne grande différence entre l'vlcere file putride ou (phacclc : car en ce-
luy qui eft pourri la chaleur naturelle (^qui cil celle quidi-^erc en nôtre corps
& meuritla fangeésplaycs) fe dilTipe auec l humidicc radicale parla violence
de la douleur c<«: ia longueur, comme auilî de la quantité des leroilcésqui s'y,
va rendre ou de tout le corps ou de quelque partie : (i Li :haleur naturelle efti
entièrement éteinte, c'eft fait du membre : mais ii Uulcment en partie , il ne
meurt que quelque portion du membre qui fe coiiucrtiraeiieichare : il n'eli;
cft pasde même des iales ou la chaleur naturelle cft certainemcnc fort afî-oiblie
mais non pas cteintc, & l'humidité radicale n'y eft pas coiifumee mais co .rom-
pue par le mélange de mauuaifes humeurs , ce qui cilcaufe que les Opérations r
naturelles ne fefaU'anrs pas bien , comme auifi à caufe des humeurs cxcvcmeti-
titiesqui y vont iiicciramment,la paitic étant détraquée i'vlccre en dcuient fort
humide éc fâle.
des Vlccres, Fi/lules, Sec, " 135
le ne me fouiiicns pas d'aiioir vca aucun exemple d'vn vlcerc putride 8c
rphicclc après l'hydropilie d''S articulacioiis , mais on peut dite fans ab( jr Jité,
qii'vn membre qui en a été trauaillé le peut dcuenir , mais Latigius au premier,
liure des Epitrcs chap.j. de l'hydiopinc des ariiculations,en a vn exemple bien
exprés que ie veux citer icy,E:outez, ie vous prie, dic-il, i'extrauagancc de ces
ChirurgicnSjdepeurqu'vne telle lani-ou iqueur, laquelle ils croyent être natu-
, relie aux Articulations,ne vienne à fortir en vain, ils bouchent l'orih^c auec de
la bourre de laquelle on garnie les (elles des cheuaux, .5c met tas des j lumaceaax
par dcifus la bandent bien : cette i.vnc ne pouuant pas s'ecoulcr fc fourre
dellbus la peau par tout le membre , par ce moyen les conduits des clprits vi-
taux étants bouchésjla partie meurt gingrenéc; i'ay honte de le dire,mais voici
ce que i'ay vcu de qpes propres yeux ; va Chirurgien a Amberg verfoit dans
l'ouuerture d'vne playe de l'ong'îent populeum tout bouillant qu'il aueicfaic
fondre en vne pocle,& comme ie luy dc-manday iurquoy elloic fondé Ton re-
mede,ilme répondit qu'il f doit guérir vn mal par vn autre: Certainement, luy
dit le malade > ie fens bien qu ils font non feulement mauuais mais très maii-
uais:deuxiours après il luy falur couper la iambe: on peut reconoîcre par la que
la douleur eft le plus dangereux Tymptome de tous &: la caufe principale du
mal,c'cftalîauoitderhydropîlie des Ainciiimons.lin.de Ichor.& medlc.chap.i^.
OBSERVATION XI.
'D'vn ï^lcerehmeîeré & malin par i application des médicaments
trop rafraichijjants fur vne brulnre.
V>Rûîle von Vtcnh.im ieune Demoifclle d'illuftre maifon âgce«de i6 ans,
ayant été bnllée au pie g luchc par de l'eau chiude , on mit di:(^i\S:, félon la
coutume,d:s choics rafraichilfantes 6c dcficcatiues qui rendirent le mal peu ^
peu plus grand , le pie &c route la cuilll* s'enflèrent exitcmément «i^: il refta vn
Vlccre au talon en dehors lur lequel on mit plulieurs remèdes outre ceux qu'el-
le prit en dedans, mais en vain: lyant été trauaillée quatre ans entiers,ic Çi\s de-
man-Ié poui l.i voir auec le Docteur Louys Schmit Médecin duMarquis de Ba-
iden:il palfoit la largeur -Wn talcr, ks le ures êroyér fort inégales tout autour vn
peu éleuées,duresC5<: calleules: la iointure étoit demeurée iî roide à caufe que la
Tiatierc auoir été figée & endurcie par les médicaments froids qu'à pêne pou-
ioitcUe remuer le pié:nous la traitâmcscn cette façan:premieremet,it nous la
îmes purger,en après ie faupoadrairVlcere de précipité fort bien redifié auec
lucharpyjmetrant ce Uniment (ur le pié <!^ tout ce qui éroit endurci ^. Pin-
'ued.caponis,ol lilior .aW .ol.lumbricoy.an .\ iS./w.Et par délias ce cataplame chaud,
\C.far.fabarJolij^an.liC^.ppihirad.alth.hryonfemf<£'iHgr.an.^C^.flor.rcfar.odor.myr-
Gg
134 Liurc Troifiémc
tillor.la^Aujl.an.7, i.mafîic.oliham an.l i'jfipA \ii\- crociT^^.cmn decoB.raâ.al!h.&
fœnuor.f.f.a.catap/. Qnclqucs iours apvcs nous fimcs faire vnc fonrancllc aucc le
cauftic fous le gcnoiiil au droit de l'Vlccrc pour arrcccr au palKige les hîimcuvs
qui C: ifttoyent dJîiiSj le faiflims cncrcrcnii iufqucs à ce que la paiticqui auoit
ctc aiioiblie par la longueur du mal û' été fortifiée-.Voyanrs que par rvfûge de
ces remèdes les leures qui écoyent dures &: calleufes ne f; ramolifloyent pas,
nous les rongeâmes auec le cauftic & iTnifmcs fur l'cfcarre le digcftif fuiuâs ^f,
CerA noHitl).colûphon.gmnyn.elemiyterebint.an.\ ^.pHlu.rnajîich.oltbani ,an.'^ ùxroci
9 j CHm oLrofAC.& amygd.d.ff.a.'-croii.^.dâendo viteilnm oui & param ol de vite/lis
OHor. On mir ce cataplafme quaii vu mois duraar & du précipice, iufqucs à
la fin de la cure : Ayant quitte le cataplafme on mit de ce cerat tout autour
de 1 Vlccre. ^. Ernpl.de inucilag-l i v.gnrmn ammon. l ^.cerd | i.croci 3 6. Ar-'
genti viui ext. \ i i 6. m. il faut remarquer qu'il s'clcua quelque temps après
par fois dts bourgeons : à chaque fois que cela arriuoit ie quitois le cerat, met-
tant quelque onguent defîccatif comme celuy de cerufe, par ce moyen oncua-
cuoiten même temps peu à peu la matière qui auoit été ramolie : nous cnue-
lopames toute la iambc dés les orttils des pies iufqucs au genouïld'vne bande '*'
trempée en cette decodion . !^. Rad. confol. mai. torment.h'ftortA,an,l i.herhar, I*
helon, iii£ arthet. abfjmh.fAluiny rorifmar.ftor. primid. veris an. m.], co^uanturin j^'
ib -"J j. aij. adde faits rn. j. On continua à la bander iufques à la fin de la cure : & !''
après nous luy ordonnâmes de la mettre foche le matin, de fe purger & faigner î^^
par intcruallcs : Ainfi fuc'elle guérie & fans beaucoup de pêne. Obf.-]%.Cent.^, ^^
l
OBSERVATION XII.
î
D'vn Vlctre irtueterè au oros urtcil.
VN ieune homme de Zurich eut le gros orteil meurtri:il y vint inflamma-
tion & puis Vlcere, lequel étant enuieilli &i ne pouuant être guéri par au-
cun rcmedc il me vinttïouucràGcncue l'an i55»^le doigt ètoit enflé & enflam-
mé : il y auoit vn Vlccre au côté du doigt en dehors r.uec vne cxcrcfcence de
chair quiêtoit plusgiolïc qu'vne fève ik couuroit quafila moitié de l'ongle:
quelques baibiets l'auoyent voulu ronger auec des caufiicSjmais en vain,car ce
qui auoit cté confumc de iour, reuenoit lanuit comme vnfungus: ainfiqueic
reccrchois diligemment que c'eft qui pouuoit empêcher la guerifon,ictrouua)(
que l'ongle ctoit'fcparée de la chair dtilous cette cxcrcfcence & qu'elle piquoit
fans cclfe la chaii faine vers la racine de l'ongle, ce qui caufoit de la douleur ÔC
attiroitladefluxion: ayant reconu la caufe,ie baillay efperance au malade qu'il
fcroit bien toft remis ; l'ayant purgé & faigné au bras de même côté , ie mis fui
J'excrcfccnce de la poudre d'alun brulc , auec ce cataplafme fur le doigt 5c toui
des Vlcercs, Fiftules, Sec. 135
c pic,quieft rafraichiirant & âpaifc la doiAcar.lC.Far faùarltypu/et.rofar.ruif.
faUufi.& nucHmcHpr. an.^ij. croci "^i^.coi^nantur cum aq'plantoig. rofar. & panco
icetOittàde fuh finem vitell.oui (jy pArkmoleirofac.applicAtepidè. Ce mcdicamcnt
udcfcnflcr & âpaiTa la douleur en partieirexcrefcencc diminua anffi vn peu,dc
bute que l'ongle qui écoic feparce de la chiir & que cette cxcrcfcence cou-
.iroirjcommença à paroîti-e : l'nyant coupé du mieux que ie pus auec le cifcau &
a fcalpclle & faupoudrc d'vne poudre dcficcatiue , appliquant par dclFus Tenv-
)larre diapalma,il fut bien toft guéri : les Chirurgiens doiucnr apprendre d'icj
rju'il fe faut étudier principalement à couoîcrc la caufc du mal. Obf^uCem»^.
OBSERVATION XIII.
Que les bains ne font pas tonfisur s propres aux Vlceres inueterés.
LEs bains étants composes pour la plufpart de foufrejikm, vitriol,fer,cuiare
«Se autres métaux qui mondifient Ôc delîcL lient meiucilleufement , à caufe
dcquoy ons'cncft ferui de tout temps dans les maladies externes, comnnevlce-
rcs,gale,(Scc. la chofe eft venue enfin à vn tel abus que les plus ignorants en font
leur dernier refuge : car voyants es maux opiniâtres & inuetercsque ce qu'ils
auoyent promis n'a pas fait Ton cfFet,ils renuoyent leurs malades aux bains fans
auoir égard ni au mal ni àlacomplexion du malade > ce qui luy fait quelque-
fois aller cerchcr fa mort bien loin auec beaucoup de pêne Ôc de fiais: En voi-
ci vn exemple.- La f;mme deMonfieur i'Auoyer Manuel â-gce de 70. ans eft in-
cômodce des plulieurs années d'vn Vlcere douloureux & opiniâtre auec carie
d'os autour de la iointure du pic gauche,ce qui l'obligea de s'en aller l'an 1614.
aux bains de Neuliauten prés de Berne dont elle furfoulagce, car la douleur fut
apaisée & l' Vlcere fe cicatrila , mais peu de temps après le mal fe renouuela&
l'vlcere s'ouurit dercclicf; parquoy elle y voulut encor retourner en 1616. mais
ils luy firent moins de bien, car elle y eut vue ficure de laquelle elle fut dange-
rcufement malade : ie l'au rris lors à bon efcient qu'elle deuoit s'abftcnir entiè-
rement dcsbains,maiscn vain , car étant de retour à la maifon de l' Vlcere s'c-
; tant renouuelé ôc ayant gigné les parties voifines auec grande douleur,cllcs'cn
' alla aux bains de Blumenftein qui font proche du Bourg de Toune, en partie
[ defonmouuement en partie à l'inftigation d'vn certain barbier. A pêne y fyt
I elle quatre iours que les forces s'àbatirent entièrement : ne pouuant donc
plus entrer dans les bains à cauledcla foiblcllc , elle mettoit le pic hors de
ion petit lia: ôc le trempoit trois ou quatre fois le iout iufques au iarret
dans l'eau de ces bains qu'elle faifoit échaufter fans qu'elle en fentit aucun
foulagement , car ayant été appelé le troificme de luillet pour l'aller
voir , ie h trouuay extrêmement abbatue auec vn pouls intermittanc»
Gg z
ty€ Liure Troifiémc ^
grande foif , nauscc &c perte d'appctic ; ie luy confcillay d abord de s'abflcr.ic
du bail) 3c dcticmpcr le pic d.itîs l'eau d'ijcluy. i. qu'oucrc les bons bouillons
elle vfTf.ecjuemmeat d'vncpoiion cordiale, ÔCc. le mis (ur ks poignets & fur
le cœur vn cpichcm, elle rcpiic li bien ics forces qu'au lieu que chacun croyoic
qu'elle mouucoic dans les bains, qu'elle pcuc être ramenée incontincnc en
litière à Berne, ou elle fc remit en tdle (orte qu'à prefent elle fe porte très
bien.
On peut tirer de ccfc exemple la confequcnce qu'il ne fe faut pas fcruir
témérairement des bains es Vlccres putrides, inuetercs & malins:En voici la rai-
lon,il y a vne matière pourrie enf-rmée dans les parties mufculeufcs & dans
l'os même quis'echaufti; par la chaleur du bain, deuicnt acre, âquiert de la ma-
lignité & rend l'Vlcere d'autant plus douloureux, A caufe dequoy les humeurs
dccendtnt continuellcmcnr du corps fur la paiiie , ^piincipalement s'il eft im- .
pur & n'a pas été auparauant bien purgé , comme il étoit en nôtre maladej ou \
ils fe corrompent auec les autres humeurs qui étoyent dcja enfermées en la par- \\i
lie :derechef cette matière s'échaufe dans les vênes Se artères par la force éc la |i;
chaleur des bains <^' fe conueitit en vapeuis lesquels montants par les vcnes au \ïf
foye , parles aiteres au cœur & parles nerfs au cerueau , inflclrentles elprits w
naturels, vitaux Si animaux, caufantsde grands accidents comme cclas'eft vcu n
en cette Dame,carauant qu'elle allaft aux bains,ellc étoit fi robufte qu'elle fit ce ;t
voyage à chenal, & à pcne s'en fut elle ferui quatre iours, que ks forces com- ^
mencerent à diminuer auec vne opprcflion de poitrine & vnc efpece de palpi- m
tation de cœur: en fécond lieu il luy vint vne grande foif,dcs rapports, nausée &
perte d'appttit , en troifiéme lieu elle fut trauaillée d'inquictudes ôc de veilles, ;
par ou on voit manifeftcment que ces trois parties nobles auoient roufFcrt,airi-
uoir le cœur, le foye <3c 11- cerueau , Se des le moment qu'elle eu quitte le
bain & d;r le lauer k pié , elle commença à reprendre fcs elprits ôc Tes for-
ces, ôc tous les autres accident:> ce llcicnt reprenant en ^ eu de temjs la premiè-
re faute.
Or Monfifur l'Auoyer m'ayant proposé cette qu.ftion , fi on pourroit fè
feruir de cette eai. pour l'vkere en dehors vrilement ? l'en fis l'cpreuue , ce que
perfonne n'auoitencor fliit , uu rappoit d^es gens du lieu,& ayant trouué qu'el-
le étoit composée quali toute de fer «Se dvn peu de vitriol , ie n'en defapprou-
aay pas l'viagc , ie luy conUilay donc de mettre fur IVlcere des linges trem-
pés en icclle tièdement : ôc pour augmenter fa vertu , ie fis euaporer (ur le feu
la pa tic aquéc autant que ie pus , elle s'en eft feruie quelques iours auec
vtilitc.-mais maintenant elle s'en iert tout fimplement fans la faire cuire auec
grand fuccés, car la douleur autour de Tvlcere eft fort petite & il n'attaque plus
les parties voifincs.
Voici vn autre exemple du mauuais fuccés des Bains , noble Abraham d'Er-
•lach étant allé de Ion mouucment aux Bains de Vaby , il n'y eut pas demeure
huiç
II
des Vlceres, Fiftules, ôcc, ^)7
jiuicioursqiuly moLKiit: ccqu'ilflefiut pas trouucr étrange, car c*ctoic vn
corps cacochymc,farci d'obltrudionsdc long ccmps ôc de mauuaifcs humeurs,
'Icfqucllcs n'ayants point êcé vuiJees auant qu'il entra dans les Bains , elles s'y
icch.iiifcrcnt & cauferent fièvre aucc autres accidents , <k comme il n'y auoic
aucun Médecin fur le lieu , il y mourut lansfccours. ObferH. jjo. Cent.^.
OBSERVATION XIV.
De rvfaoe au Lapis Medtcamento/lts de Crollius es vlceres inutterês.
LA Dame de laquelle i'ny parle ci-dciross'cft bien porrcc ijfques à prcfcnt &
cft robulle (clonfonâge, car ellea paficyo. ans : mais il y a vn mois que
que Monficur l'Auoyer Ton mari étant aile à vendanges, elle fit venir vn Char-
lican d'vn Bourg voifin lequel pour âpaifer les douleurs de la iambe & mondi-
ficr parfaitcm.tnt Tvlcere^ le confolidcr , fit faire vn Bain domeftic aucc la
pierre ditcc medicamenteufe où des Philolbphcs : à penc y fut elle entrée vne
fois ou deux qu'elle fentit dcfaillir Tes forces, mais n'ayant pas laifsé de s'en
feruir cinq iours durant, les forces vitales diminuèrent de iour en iour , &
tous les accidents qu'elle auoit eu aux Bains de Blumenftcin l'attaquereut encor
& fi violents que Monfi:. l'Auoyer étant de retour crut qu'elle étoit aux extré-
mités, ayant été demande ie trouuay tous ces accidents beaucoup plus grands
qu'auparauant& tels que fi elle auoit prisdupoilon : ce qu'il ne faut pas trou-
uer beaucoup ctrangc,car cette pierre ayant vue faculté grandement deficcatiiic
&. beaucoup plus adftiingcntcque les Bains deBlumcnflcin, aiTurcment la ma-
|lade ayant mis quafi tout le corps en ce bain fait auec la ditte pierre, les porf s
de la peau furent preûque enticrLmcnt fermés, ainfi la tranfpiration étant em-
pêchée , ces vapeurs venimcufes ont peu faire leur icu autour des parties no-
bles plus facilement que l'année auparauant quand elle ne fjiloit que tremper
vne iambe- dans le bain: or i'ay reinarquc à cette fois, que non feulement
cette matière pourrie «Se fimplement maligne qui étoit infiltrée dans les
parties mufculcufes& les os, caufoit tous ces accidents , comme i'auois cru
l'année précédente, mais qu'il y auoit encor quelque choie de caché , afiàuoir
vne qualité venimcufequ'auoycnt laifsé les médicaments : car ayant porté
cet vlcereplufieurs années & ayant été traitée le plus fouuent pardesempiri-
ques,Charlatans& Médecins de cheuaiix, on y auoit louuent applique le mer-
cure, l'arfenic «Se autres fjmblables médicaments defquelsla qualité maligne &
Ycnimeufe étoit demeurée empreinte dans les mufcles S>c même aux os, comme
on le peut voir par les accidents qiVclle eut il y a vn an & que l'on remarque
encor à prcfcnt,lerquelles font entièrement tels qu'ont ceux qui ont pris du mer-
cure ou auTquels on a applique de l'aifenicoutre que la fcruante.qui a la charge
15^ Liure Troifiéme
de pcncer l'vlccrc , a rapporte qu'elle a remarque par fois vne matière blanche
& tranfparentc mc'cc aucc le Pus qui demeure attachée aux emplâtres, laquel-
le à mon aduis n'tft autre choie que du mercure: car ayant vne grande fubtili-
te il a peu facilement pencfer dans la (ubllancc de la chair Se iTsèmederos : or
comme elle fe dilïbut à caufc delà carie c]uiy cft , le mcrcuie fc fcpare des
lieux qui le retenoyent par la torce de la chaleur naturelle , car la malade cd:
extrêmement robufte , & par après eft poufsc dehors auec le pus par la faculté
cxpultiice.
Icproccday donc en la Cure en cette manière, i'appliqunytou tincont'nent
l'epithcmc duquel elle s'ctoit (erui l'année précédente C^ luy fis prendre vne po-
tioncordiale,luy ordonnât vn bon regimeàe luy fis après rcccuoir vu laucment
lequel ayant rendu, les rapports, la nausée & le vomillcmenc de bile s'arrê-
tèrent incontinent: de forte qu'elle repofa mieux cette nuit là : on continua les
iours fuiuants l'application de l'epitheme & de luy faire prendre lapotion<lor-
dialc : elle prenoic aufli par interualles vne dragée cordiale auec vne rôtie de
vin. le luy oignis le ventre & la région de l'cllomach auec vn Uniment pour
aider la digeftion: elle fut remile après rvfigc de ces remèdes.
Or ayant parlé du Lapis médicament o/îts de Crolliuj , ic veux aduettir qu'il
ne faut pas prendre pour des Oracles tout ce qu'il en dit ^ car bien (ouucnt vn
Théoricien écrit beaucoup de chofes auec la plume d'Icare qu'il êleue iulqu'aii
Ciel, lefquellcs venants à approcher du Soleil, (^ aflauoir de l'expérience qui
diftingue le vray d'aucc le fauxj le fondent &i vont à néant : Ci on en examine les
ingrédients, on verra qu'il cft chaud ôc icc auec vne grande acrimonie , & tft
împoflible qu'il ait toutes ces vertus que décrit CroUius : il luy attribue pre-
mièrement la vertu de guérir les vlceres en quelle partie du corps que ce loir,
a on met delfus matin <5c foir vn linge trempé en de l'eau où on l'a fait tondre:
mais il faut fe bien garder d'en faire l'effay aux vlceres des parties ncrucufès,
ou quand il y a douleur ôc inflammation , principalement es corps délicats,
bilieux & cacochymes , car on y verroit venir incontinent douleur , inflam-
mation ) veilles , inquiétudes &c autres dangereux accidents , commue ic l'ay
veu autrefois à Noïfls en Flandres en vn ieune homme qui auoit de la gale aux
cuiflès, lequel quelquefois tomboiten défaillance à caule de la douleur, api es
l'application de ce médicament : ce qu'il ne faut pas trouucr étrange car on
n'adoucit pas la douleur par telle forte de médicaments mais par des tempérés:
Il fc faut auflî bien donner garde de s'en feruir pour le Chancre ou vlceres
Cliancreux ou des mammellesou de la bouche ou en quelle partie que ce (oit,
car tout à l'heure on verroit le mal s'augmetater ôc enpirer : le l'ay remarqué
fort fouuent es vlceres Cliancreux & particulièrement à Bcllai en Monfleur
Claude Montcillet qui auoit vn vlcere en la racine de la langue : & il y a
trois ans en vne Dame de Spire à laquelle ie coupay la mammelle: il ne faut pas
donc fe fier aux loiianges que donne Pcnotus à l'arfcnic Si autres médica-
ments
des Vlcercs, Fi (Iules , Sec. - 139
in<-nrs corrofifi pour la dire du Chancre en Ton Hure dcv/k & praparatione
jnedlcament.Chj?mc.nu.\. kMulleYns en (çs miracles Chymi«jucs.- nn.x. à Phdtdro
-Vautres j Crolliusiuy attribue aufli la vertu d'ancrer les larmes des yeux, d'en
•ôtcr la rougeur & la douleur : il le Iciic auflTi en l'ophthalmie Ci on le diftillc
auec de l'eau rofc , d'euphraife ou verbene qui auront trempe vn mois aupara-
uant en du vin : mais qniclV ce 12 vous prie qui pourroic endurer ces tourments
en l'œil ? il n'y a œil de CheuaI,pour dures ik épailfcs qu'en fulïènt les mem-
branes, qui les peut endurer : on en peut en faire l'eflày (urvnelamc de fer
bien pojic , mettant de l'eau ou cette pierre aura êtc dilloute , car au bout de
quelques heures on y verra non feulement des tâches noires , mais aulTi que la
fubfiance du fer a ctc confumce ; le tus vue fois demande pour voir vue fille
nommée ViTule Tiane laquelle ccoit trauaillce d'vne ophthalmic qui luy êtoit
venue pour auoir mis fur l'œil vn collyre de vitriol blanc : elle perdit la veu'é
pour deux mois «S»: eut des grands tourments j i'eus beaucoup de'pcne à la re-
mettre , mais la vcuif luy e(l demeurée foible auec vue nuée en la cornée droite
^ue luy eft venue tant par l'acrimonie du collyre, que par (\qs humeurs qui
ont ronge la furface de la tunique : ie ne mets pas en auantces chofes pour
méprifer ces perfonnages qui auoycnt de beaux dons , mais pour faire voir
qu'il faut erre prudent en la pratique &: examiner bien Iflk médicaments ôcc
Obf.f)i. Cent. 5.
OBSERVATION XV.
*D*vnvîcere malin (j Cha.icreMX en la racine de la langue,
VN homme âge de foixantc-fix ans au mois de Nouembre 1616. remar-
qua vn vlcere au côté gauche de la langue qui commença par vne petite
vcffie 6c fe changea en vlcere creux &: frdc , pour la gueril'on duquel i'ay ecr-
chc des remèdes par le ciel & par la terre, à l'aide del'quels il s'eft quelquefois
cicatrisé & a femblé être entièrement guéri , mais cependant il a eu vne dou-
leur perpétuelle auec vne étrange pêne d'aualer & vne douleur qui élance vers
l'oreille de mémecôté,qui l'ont pensé faire mourir, alîàuoir à caufe de la mali-
gnité de cet vlcere qui efl: proche :ie I'ay purgé de plein abord,ie luy ay donc des
ienitifs, àts apozcmcs, dts purgations réitérées, il a êtc faignc, on luy a mis des
fangfues derrière les oreilles , vn cauftic au derrière de la tefte vers la pre-
mière vertèbre : de dix en dix iours il a pris des pilules Cochées, des Aggrega-
tiues, & Aurces <2«. 9j. & quelquefois d'auantage : onluyamisfur la future
coronale, après auoir ôté les cheueux > vn emplâtre de Thapfia, Betoine &:c. ce
fale vlcere a ctc lauc quatre fois le iour premieremenc auec da vin trempe
140 Liure Troifiéme
liéd"? , puis aucc de Tcau féconde refpacc de 15. iours : on l'a par après dctcrgc
aurrcs 15- iojis auec de h:iylc de viriio!: rous lesluiic iours ilreceuoicvn Liue-
mciir, on à rcïcerc l'apozemc & la potion purg.iciueron a fait vn garg uifmc ou
ciicroyenc cojs les dcterfifs & adftringencs , y âioutanr du miel lolac, vn peu
d'aïolis foccotrine $<■ d'alun: mais tant s'en faut qu'on ait peu aricter la mali-
guitc de cet Vlceie par ces mcdicaments , qu'au contraire il en eft dcuenu plus
malin, car il creufe la langue perdelTous vers le ligimenc,fans auoir neantmoins
offencc rO-fophigae ni le LarynxiM?.Chipuis Chicurgi-nBourgaignon ayant
vcu par occafion le malade, a attribué toute l'origine ôc malignité de cet vlcc-
re à vnc dent pourrie êk cariée laquelle il a arrache en mon ablence , (Se a auilî
ordonne vn gargarilme de chofes dcteriîues &C adilringentes auec l'ongaenc
ifigyptiac : Monfr. Sarrazin Médecin à Lyon étant venu au voilinage , a veu
le malade à ma prière & luy a ordonne vue décoction de deux parties de fal-
fepareille & vne de Gaiac pour s'en feruir quinze iours durant matis & foir 5c
en fon boire ordinaire , l'ayant encor fait bien purgcfr pour la tioilieme fois:
Il a obferuc des le commencement du mal vne bonne façon de viuie , on a
aufli detergc quelques iours durant Tvlcere auec de l'eau alumineulc , mais il
n'en a eu aucun bénéfice } car la maladie eft pUs forte que 1 Art 6c l'vlcere
vient deiour en iour plus mauuais : il y a vne grande corruption d'humeurs,
auec vne très mauuaifc conftitution de tout le corps , v!ie laliuation perpé-
tuelle de matière gluante des le commencement du mal , ce qui empêche la
guerifonde cet vlcere Chironien ou Tcl:phien : &c. defcripiien du mal en ^
uoyce par Aionfr. Pierre Robin Médecin k Bellay h Alonfr. Alarc Ojfredt, André
Bonet & Paul Offredi Aiedecins k Ceneue.
ADDITION.
Lesleures du premier vlcere qui ctoit au coté de la langue font l^mblables
à duCallus & fort dures,ce qui ell caule qu'il louf:e vne gi an k douleur quand
il veut tourner la langue.
Ces Meflieurs ayants délibère en leur confulre que ieferois appelé, & xMon-
ficur Paul Offtedim'ayant écrit au nom des autres , ie m'en allay à B.-llay le 7.
Février 1614. pour voir ce malade nomméMonfr. Claude Monteillet , ic trou-
uay cet vlcere tel que l'auoit décrit Mond. Robin , lequel étant venu auec
Me. Claude Pennin Chirurgien , nous commençâmes ainfi la Cure, première-
ment nous le purgeâmes derechef auec vne prile de pilules: le fis après vn leton
fur la nuque & mis fur la tefte vn bonnet piqué fait auec des hmples cephali-
ques. Puis ie le purgeayencor par vne potion, tic pour tempérer l'acrimonie
de l'humeur atrabilaire il but du petit lait quinze iours Se d'auantage mêle
auec du fyrop violât : il trempoit fon vin de décoction de véronique & d'agi i-
moine aromatizcc d'vn peu de canelle & fucrc; fur la partie nous mimes les
rcme-
des Vlcercs , Fiflules , ôcc] 141
fcmcdcs ruiuants> ^. ^f. Ranar. aijtiaiil. Gammar. planta^, ropir. /tn.iij.
tnell, ro/kc. ^ /. m.f.gargarifrna cfuo osf^pe coiluatur; on s'en fciuoir aufli pour
fyringuer l'vlccre , après on le faupoudroit aiicc la poudre fuiuante par le
moyen d'vn petit foufflrr. ^.pitln. Ranar. A<jUiUil. & Gammar.f. a.Ppti C, C,
vjït & prdtpar. an. 5). m. \\ la faut mettre dans le tuyau du foufflct. vo'jés Ufigme
feptiéme de U 5. table.
Enfin ic mis le médicament fuiuanr en forme dclinimentfur l'vlcereancc du
coton yL. cemjft Iota, corn, cerm-ojii & ^ptipulu. Ranar. &Garnrnar. f.a. pr<t-
par. an.'^R. cumf. q. mHcilag.femin. cydon. fa5i<e ciim acjHisfupradi^u , fiât lini-
menti injîar.
Ayant fuiui cette méthode, la malignité de l'vlcere fut bien rot effacée 8c
cclîa entièrement: ayant fait vnepaufcdVn mois auprès du malade, l'vlcere fe
cicatriza cjuafienticrcmcnt,en forte qu'il pouuoit faire fes affaires tant publi-
ques que particulières , ie me rctiray , laiffant le rcfte entre les mains de fon
Médecin & Cliiiurgicn: mais après mon départ vn Charlatan palfa par là qui
loiioit fes fecretsiuiques au troificme Ciel, comme a accoutume de faire tel-
le forte de gens , êc après auoir touche argent il y appliqua (zs médica-
ments .• trois iours après il furiii:it vne C\ grande Hasmorrhagie que fi M.. Clau-
de Pennin n'eut pris vn grand foin, le malade feroic mort fur le champ : ayant
été derechef appelé , ie le trouuay non (eulcmciit fort âbatu, mais auec foa vl-
cere aufli malin qaaup3rauant& autant creux &'fale : fa malignité fut bien
réprimée par les médicaments proposés ci- defliis, mais l'humiiitc radicale
auec h chaleur naturelle aaoit rcçcu vne telle brèche , qu'on ne luy peut point
faire reuenit' les forces ; de forte qu'il mourut bien roft après : or il y a ap-
parence que ce Ciurlaran s'ctoit ferui de quelque médicament acre & corrolîf
lequel aaoit rongé la chair iufques à quelque rameau de la véne iugulaire iii-
tcrnc,& renouucic la malignité de l'vlcere &c Obfern. lo.Centur. 4.
OBSERVATION XVI.
D'vn vkere fîsîidcHX Çj inueterè Piterl heureufemeut & en pen-
de temps.
L 'An ijScî.vn excellent Médecin Chirurgien traitoit à Gencue vne Dame
qui auoifvn vlcere fîftuLux en Ucuilfe après vnabfcés, après lequel il
trauailloit depuis lix mois & appovtoit toute la diligence requifc : enfin ou
demanda Me. Ican Griffon mon maiftrc: luy comme Chirurgien bienauisé S>c
foigneux à rccerchcr les caufcs des maladies , après auoir mis la fonde , re-
connut que la feule caufc qui cmpêchoic la confolidation,'ne venoit que de ce
que la peau qui ctoit autour de l'vlcere ctoit trop mince & déliée , ce qui luy
Hh
2 42« Liure Troifiécns
fît promcttie à la malade de la guérir bien toc: après auoir donc fiiffifamiTicn:
pi-cparc &c purge le corps, il rongea cette p:aa dcliceaucc le Cauflic S>c fit va
\lcercIong dccct:c liiUiL: l\{chare ccant tombée , il mondifîa Tvlcerc aiicc
ronguciu defucco y-ipi] :î^ 1. i.i;attir.iheurciirL-rriCnccn refpace de trois ou qua-
tre icmaincs.
Dés ce temps il m'cft louuciit arriiié de voir la m.ême chofc, car quand dans
les ablccs la graille & le pannicule charueux ont ctc rongés & confumcs par la
pourriture ou le pus, fi hi pcaucflrcdéc cnricrc, cl'cnc (e rciiint point ni ne fc
rciointauec la chair , en voici la raiibn, les vcncs capillaires qui nouniir^nt la
peau onrcré rongées par la pourriture & parle pus , aind le fang & la nour-
riture qui font li rr.àticrc de la confolidation ne vont plws à la peau, de là vient
qu'eftant fcparée du panrticule charueux, clic change de couleur 6c dénient li-
uide ou obfcurc, car c Uc fe deircche, voilà pourquoy il lafautcouper ourongcr
parce qu'elle efl inudlc. Cbferu. 75). Cent ^.
OBSERVATION XVII.
Des dangereux effets de la Colère en ceux e^ui ont des vlceres.
Î'Ay fait voir com.biencft dangereufelacolerecsplayesdela tefte,maiscllene
l'eil pas moins es vlceres d; fqucls clic empêche la confolidation ou au moins,
retarde la gueiifon: ce qui cft caule que les vlceres fe rempliflcnt malaisément
de vhaii es corpsbi'icux &: fe rcnouucllcnt fouuenf, car parla colère la chaleur.
bc le lang qui cfl; autour du cœur boule dans les vêneSj y dcuicnt acrcjil in itc &
mord ces parties qui font dciafoiblcs comme on le peut voir par l'exemple fui-
uant.
L'an i^io. i'ay g'.^cii hcu.ciifcment vn Gentil homme qui auoit vn abfcés
au périnée lequel fut iuiui d'vn Vkere enfin cicatifié.-quclque temps après ayac
été mis en col; r'^la nuit fuiuante il fentoit vne acrimonie d'viinc qui fut fuiuis
de douleur & inflammation au peiince & enfin l'vlcerc'ic renouuela lequel i'a-
uois cicatrisé .mec tant de peine.
En l'an 1617. i'ay-tr.iirté au Pays de H. (Tcn auec les Dodeurs Ican Hartman
Bcycrt's , Geoi glus Faber & Corneille Tiiaurerus vn Grntflhomme qui étoic
trauaille d'vn vlcereau col delà vcllîc 3i des prollates après vne gonorrhce vi-s;»
rulente : à chaque fois qu'il fe mettoit en colère, ce qui luy arriuoit quafi pour
lien, incontinent il croit attaqué de fièvre, inquiétude , veilles & autres acci-
dents &: principalement de douleurs qui s'augm.entoyent fi fort qu'il crioit quel-
quefois iourôc nuit principalement quand il vouloir rendre fbneau. Obferu.j^.
Cent, y
OBSER-
des Vlcères, Fiftules , ôcc, 145
OBSERVATION XVIII.
'Des Fi/Iules dit Périnée.
LEs icuncs Chirurgiens doiiient erre prudents au prognoftic des filiales du
Périnée, car fi elles viennent de cauie interne, iamais elles ne te gueriirenc
parfaitement •• elles Ce couurcnt bien de Cicatrice , mais elles fe rompent à la
moindre occafion , même Ci elles demeurent fermées pour quelque temps , il
en naid de grands accidents , comme ic i'ay veu à Cologne en 1594. en vn
homme de 60. ans nommé Gualterodcl Prato, auquel ayant cicatrise auec
beaucoup de peine vne fiftule qui luy êtoit reftée après vne carnofîtc & réten-
tion dVrine , & ayant été trauaillé fans relâche après la Cure de plufieurs acci-
dents & entr'autres de cette diiucukc d'vrincr & de douleurs , fixmois après la
Cure ie fus oblige d'ouurir cette fiftule après auoir confulté auec des Médecins;
non feulement il fur remis mais aufli il vécut afscs à i'aifc qiiatorze ans après
la Cure ik palfa feprante &c fept ans fans auoir clHyé de s'en défaire : il, ne faut
pas donc fe mettre beaucoup en peine de les guérir parfaitement , car c'eft vne
ouuerture qui baille itiue à beaucoup de mauuaills hii meurs qui" font chafsées
par la nature hors du Foye , des reins , de la vefîi.' ôc des vaiilèaux fpermatics:
ayant remarque que les malades qui en ont font exempts pour la plus parc
d'autres plus grandes maladies , principalement les viciibrJs & ceux qui ont
été fuiets auparauant à vne diilijultc ou fupprellion d'vrine & à des carnoil-
tés : Quant à ces vlccres du périnée qui âboutillenc au conduit de l'vrine, ie
les tiens pour entièrement incurables à caufe de l'abondance des excré-
ments qui ic rencontrent en celle (orte de corps & à caufe de la débilité delà
fACultécxpultrice de ces parties causée ou par le trop grand exercice vénérien,
ou par des aurres caufcs, laquelle eft fi grande qu'elle n'apasafsês de force pour
poulîcr hors l'vriiie auec les mauuaifes humeurs qui y four mêlées par ce pallàgc
tortu delà verge. Ohf. 75. Cent.^.
OBSERVATION XV III.
D'vn vlcsre Fijîideitx après vne fupprejfion d'hdmorrhoides.
MAiftrc Pierre à Leocho Chirurgien à Geneue fut fuiec plufieurs an-
nées aux Hcemorrhoides ,delqucUes il fe crouuoit fort bicnjlcfquelles
s'arrccercnt quand il eue atteins les fepcante ans : bien cot après il luy furuint
Hh 2
i44 i^i^^^ Troifiéme
vnc fièvre continue aucc grande douleurs de reins &c au perince comme auffi
aux paitics voifmcs. MoiiIr. Ican Anthoinc Sarrazin Médecin du Roy & Mai-
trc Ican Giifîbn , chez lequel i'cxcrçois laChiiurgie ayants ccc confuitcs , nous
trouuamcs rcxcrcmitc du gros boyau i>c le peiincc ciiiîcs aucc rétention des ex-
■ cremcnts &c diiHcuh.c d'viiner , paitant après luy auoir donné vn lauement ik
purge doucement aucc delacaflc ik. dudiaph;:Enic,nous mimes le malade au de-
mi bain , nous y applicames des cataplamcs anodyus &c maturatift3i fimcs des
cmbrocations.par ce m^oyen quelques iours .ipres Taportcme s'ctant rompue en
trois lieux différents autour du fondement , il en loitit quantité de pus, la dou-
leur (S: les autres accidents ceflcrcnt vn peu, mais nous ne pûmes iamais fermer
Tviccre quelque diligence que nous y ûffions apporté , car il dégénéra en fi-
ftule , ncantmoins il a vécu quelques années bien portant continuant fa pro-
feflîou auec beaucoup de louange îk de réputation, enfin il eft mort en la der-
nière vielleire, Ohferu. 75. Cent. 2..
OBSERVATION XIX.
2)''"o« vlcere auec Carie de l'os &defa Cure.
L'Acrimonie de la fanie qui fort des Blelï'urcs des iointures eft fi grande,
qu'elle attaque non feulement' les parties mollas & la chair, mais aufli
ronge les cartilages ck les os mêmes ; dauantcTge elle s'étend au long <3c au
large iSc creufc des vlccrcs finueux fous la peau, comme cela le voit en l'exemple
fuiuant.
L'an 1621. le 10. Aouft vn ieune Bernois âgé de 14. ans fils de Monfr. Habe-
rcutcrus Minillrcv s'étant vn peu eniors le pic en maichant tk ayant négligé fon
mal au commencement , il y vint delà doubur quelques iours aprcs : le Bar-
bier qui fut demande allura qu'il y auoi: dillocation , ce que ncantmoins ne
pouuoir pas ctie vcu cjuc le malade u'auoir pas bilié de marcher par ville trois
ou quatre iours de fuite allant à l'échoie, courant ^ fautant aucc k^ compa-
gnons ; ce tcmcraiie Baibicr (ans auoir égard ni à la douleur ni à l'inflamma-
tionjtâJia de remettre cttre dillocaiion imaginaire, luy étend auec violence le
pic &c le tourne de coté tk d'autre tourmentant milcrablemcnt le malade,ce qui
augmenta l'iuiiammation (Is: la douleur, de i'orte qu'il c toit contraint de crier
iour $<. nuit:il iuy vint auHi vue fièvre ardente, vnc foif incxtinguible,auec maux
de cœur, rauoitSjdcaouftjardeurd'vtinc !k tous les autres accidents quioncac-
coutumié de tenir compagnie à 1 hydropilie des articulations:efant donc prclque
réduit aux extrcmités,ce Baibicrlc tint pour mortrayanc été demandé , ie trou-
uay le pic C< toute h iambe démefurément enflée iufqucs à la cuilïè : il y
auoi: huit vlccrcs autour du pic fou fordidcs, dcfquels quelques^ vns paifoycnt
iufqucs
des Viceres , Fiftules, &c. 145
iufqucsa laiointure, il en fortoit delà fanie en fi grande abondance que l'on
' ne pouuoic pas comprendre d'où cllepouuoic venir en vn corps fi extenue &
débile : il y auoic au milieu de la iambe vn vlcere fort profond &c cauerneux
car il montoit d'vn côté iufijucs au iarrct &c quafi iufques au pli du genouïl , ôc
déccndoitde l'autre iufqu'au talon & à la iointure du pic : il faut remarquer en
cette incommodité qu'à pcnc Ce rencontre t'il vn Viccre qui ne mine &■ ne
creufe en diucrs lieux,principalement autour des vênes & artères, car le fang &
les humeurs qui font attirées à la partie par la véhémence de la douleur,s'c-
chaufent à caufc de la grandeur de l'inflammation 6«: deuicnnent acres dans les
Yaiircaux,par ce moyen ils rongent les parties voifines : comme donc cçs vaif-
feaux font êpars cndiuer{espartics,au(lî font ils des viceres finucux : le Chiiur-
gien doit foigneufement y prendre garde & deterger de bonne heure ces Vice-
res j de peur que la matière n'y folt retenue & que les parties voifines ne ro)^nt
endommagées.
le commençay la cure par le régime que cet impertinent barbier auoit lais-
sé en arrière , nourrillànt bien le mahide à caufe de la grande irabecîHité 6*: ex-
ténuation,mais aucc des viandes rafraichilîantcs eu égard à la ficurc,&: comme
il n'étoit pas libre du vcntrc,ic luy donnay vn fuppofitoirejiSc le même iour fiir
lefoir à dix heures il prit vne potion cordiale &c luy appliquay vn epitlicme fijr
le cœur. Le même folr i'oignis toute la iambe déi le grnouïl iufqu'a la cuilïe
auec le luiuant linimcnt, mais ie n'en mis point fur la iambe ni fur le pié à caufe
de la grandeur de l'inflammation, car les cholls gralKs^: oudiucuics y font très
contraires.^ Ol.rofar violar.f^ amygd.d.an.^ j ol.exjîor.l t?.w. Sur les Viceres
(^qui êtoyent ncufen nombre)(5c tous étroits , ic mis l'onguent anodyn fuiuant
auec du charpy. 1/l.Cera notu\ i cclophon.gclerni an. 5 -j/ terebinth.atj. béton. lou
^G.oLlHmbnc.aTnygd.d.ol.dc^utellis ouor. rcfur.an, ^ f>. m.lentiffimà igné & perco-
lentur, pofl adde croci puluer.'^ j. vîtell.ouor.num.z. le mis fur le pic t^ l.î iambe
iufqu'au genouïl le cataplalme fuiuant chaud , '1/L.far.hordei & tnicéipmnsalbl
an. l iv. pulu.radic .alth.& fem.fœnngr.an-l (".fc/ntcydonicr.a^iah & nie'ilbt.aji.^i.
cnrn UBe vaccina f.catapl. Addenda ol.l'Aînh fie ■oleirecc77tij[o an. ^ixrccizT>. vitell.
ouor.num.^. Il le faut gaider en vn pot de verre bien fcimé : i! fjut remarquer
icy la faute de quelques Chian-giens Ki^uels quand ils font vncataplame, l'é-
c hauti-ent en la ['ocle tant qu'il bouillifle , mais mal à propos , car fa vcrtufc
perd ou au moins diminue : Ce qu'ayant remarqué àcs ma ieunefic i'ay tenu
vne autre piocedurc, carajant que déplier les bandes 6c découurir laplayeou
rvlcere,ie prépare tout ce qui cft necefiaire,ic mets mon cataplafme fur vn lii>
■ge,i'^gence les tentes, les plumaceaux & les oins d'onguent , & fur la fin ie de-
bande , i'ôte l'appareil & incontinent après ic nettoyé les viceres non auec du
linge, comme font les Chirurgiens , mais aucc des pinceaux faits d'êpono^c mi-
fe au bout d'vn bâton en cette façon , Voyez la figure hnitième de la Table V..
Car la toile cft le plus fouucnt rude 6c ne boit pas fi bien l'humidité de
Hh 3
14^ Liure Troifiéme
rvlccre comme faitl'êpongc: la playc ou l'Vlccre étant nettoyé , i'y mets in-
continent vnc rente ou vn plumaccau Se cngiaiifc la partie s'il cft nccciîàire,
ccpcnJanr mon carapla(m? s'cchaufc fur vn rcchaur à petit R-u <5<: comme ie
vcusj : ie le pratique ainfi afin que la playc foir bien toft fermée , car l'nir, prin-
cipalement s'il eft froid , eft très contraire à toute playe ik Vlcere fpcciale-
ment Je là tcfle > de la poitrine ôc des parties nerucales comme l'expérience
le hit voir : pour retourner à mon fuiet on appliqnoit ces médicaments
deux fois le ionr , on rcnouueloit l'cpithemiC d'heure en heure, ainfi la nuit
fuiuanre fur plus paifible , parquoy ie continuay cette piocedme quinze iours
durant , luyfaifant aufl] prendre vne potion cordiale ou tous les iours ou de
deux iours l'vn , ou bien décrois en trois, après le fouper : par le moyen de eeS
remèdes la doi?lcur fut apaisée en peu de iours c>: ksVicercs commencèrent à
venir à fuppuration, reprenant auiîi fes force.scar c'ccoit vn ieune homme vi-
goureux i^ de bonne conftitution , ce qui m'obligea à le pur<;er auec la po-
tion fuiuante. !^.&c.Il fut purgé doucement «Se les iymptom.cs s'appaitercnt vu
peu.
Or dés le commencement i'élargis vn peu la furface de l'Vlcere / ce qu'il
faut faire en tous les Vlceres qui rendent de la fanie s'ils ont vn petit orifice &
font finucux& cauerneux^mais doucement de crainte Je caufer de la douleur,
car puis qu'elle eft caufe le plus fouuent de ce mal, il le faut éuircr tant qu'il eft
poflible : on élargit l'vlcere afin de lailTer ilTuc à cette (anie acre , inJigerte &c
corroliucce qu'il fautfiîre auec des tentes rantotl de fin lin, tantoft d'cpongc
préparée trempées dans le digeftif mentionné. Q^and i'eusveuque le plus fort
dumalctoitfurmonté , ie voulus fonder les Vlceres auec vne êprouuette d'ar-
gent,mais, bon Dieu ! 'combien n'y trouuai-ic pas definuofirés,Je conJuits en-
tortillas qui alloyent même iufqucs à la iointure ? Au dedans de la iambe vers le
milieu entre le genouïl & le talon piés le rameau de laVciic cane dcccn iùnte,
il y auoit vn Vlcere fordide lequel d'vn côté montoit iufques au genouïl & de
l'autre décendoitau talon i^: à la iointure : autour de la iointure du pié il y en
auoit huit étroits qui alloycnt iufques à la iointure : ie les dilatay tous peu à peu
auec des éponges preparées,trempécs tantoft au digeftifj tantoft au mondifica^
tif auec le précipité : les ayant dilaté, ie rrouuailes membranes & les ligaments
pourris, lefqucls ayant été peu à peu feparés par la nature des parties faines , ie
trouuai l'os du talon non feulement carié des deux côtés ,' mais aufti f ce qui eft
admirable) percé de part en part tout de même que fi ç'auoit été auec vne ra-
tière de cette grandeur O- le fis paiîèr par ce trou, quand ie l'eus découucrr,vB
cordon de foye trempé en onguent mundificatif: le m'en fuis fcrui des femaineS
entières iufqu'à ce que l'Vlcere fut entièrement monJifié , enfin il fe feparà
vn écaille d'os faitecomme vn tuyau , Ce trou fut remplit d'vn Cal ik l'vlcere
cicatrisé.
Or
des Vicercs , Fiftulcs , &:c. 147
Or comme cette forte de trou cil rare qui n'a ccc remarque que de peu de
pcrfonncsji'cii veux amener cncor deux exemples, le premier eft de cet Efticnnc
louucnon J;:qucl i'ay parlé en rObfeiujtion 29 li.2.Lc fécond cil d'vn j^arçoii
d.- Paycmc âge de neuf ans qui auoît vn vi^il Vlccrc &:'fifi:uleux en la partie
incemc de la iambc droitc-.comme ie vûjIus dilater auec des éponges préparées
('car il étoi; petit d'entice^^u Je dans caue ôc torruJ& monaificr, ic trouuay vn
grand trou iond,qui penetroit iufquesà la moiielk,dans le grand focile.Ie pon-
uois remarquer dans ce tiou à ch iquc fois que ic pcnçois la pla.ye , le mouuc-
ment uc l'aitcrc d.ins lamou-ilemcmc : i'eus b,a;'v.oijp de pene^ dcmcuray
i Iongtcm.ps ^ [^ g4"ïii' > car ie tiray plufieurs os c.riéoj ncaiumoinsparla grâce
* de Dieu i'cn vins à bouc : cette cure a é[é penible^parce que le mal c'toit prés da
t.ilon,à cau!e dequoy Tvlcere Ôc Ls p.irti..s d alentour rcieriroyent continueile-
I ment quand il mardioît , couioit ou fautoit, car ce garçon ctoic extrêmement
vifjCe qui m'obligea à luy f ;irc faire vne quiiffettc de bois dans laquelle ie mis
lepiéi^^laiambeiutquci. au genoL.ïl, l'ayant bien garni en dedans découpes Ôc,
de linges, le pié y ctoit fi bien placée cnfçrfc qu'il ne le pouioit tourner ni de,
côté ni d'autre , étant neantmoins en vn exercice continuel à caufe de fa grande
viuacitc, mais'le (eruant de potences, il la povta quelques mois durant iour Si
nuit, cependant l'Vlccre fut mondific de ces os cariés Ôc fe cicatrifa : par la le
Chirurgien peut remarquer combien lemouuemcnt ell dangereux aux playcs
«Se vlccrcs qui ("ont prés des loinzuïcs-J'^ o)e\Jaf gare çJ.e la V, table.
A vn trou qui ed au fond de la Caifole par ou palfe le t'ilon.
B vne aileron de la CafiTole qui e(l vu peu rognée au droit de l'Vlcctede peur
qu'elle ne le comprime,
le garde aulTi en vc.ow cabinet quelques os de iambes qui font percés de mê-
me façon, par ou on peut voir qu'es vlccres les os fe tro rient fouuent à cau-
fe de l'acrimonie de la fange ; il ne faut pas donc tiouuer étrange s'il y a des
Vicercs qui durent iufques ala fi:i de lavic,3(ç. quani le Chirurgien ne décoii-
ure pas cts os cariés:mais ceci (oit dit en paifantàl fautrcuenirà nôcic iuict.
Ayant dilaté ks Vicercs qui étoycnt laies , ie ks monditîay auec le m.ondifi-
catif décrit auparauant,^' la ou l'os (c rencontra carié «Se decoL:uert,ie le (111-
poudray quelquefois auec de l'ciiphoibe (cul , quelqucfjib auec la poudre f :i-
ixznv^.^, Rud.arijîol.rot .an^2,^l.irldflore/it. ^■■?-5'j. lli^-ngaïnci (^ cortic.eiufÀem^t^n.
x^ii^.mfpHlHis tc/Ui'iJ] copiosè ojp.biis infpergeudns: Il faut cependant fe donner gar-
de que ksleurcs de l'Vlccre ne viennent à le rcioindre & àfe fermer , les te-
nant diligemment ouuertcs auec des éponges préparées, iufques à ce que la na-
ture face tomber les os cariés lefquels il ne faut iamais arracher par foice : fi la
chair croit outre mefure il la fauclaupoudrer de précipite redlifîé 5c laué, car il
empêche racroiifement d'icelle & corrige la malig'iitc de rVlcerc ie mis tout
autour de la iointure vn cataplamccorroborâc fait de farine de féues,<Scc.décrit
cidelfus : ^ çputii^iay aiiiliiufq^ui^^^la lin de la cure , laquelle fut longue
14^ Liure Troifiémc
& pénible Se dura quelques mois,de forte que i'employay iufqucs à içoo. Ten-
tes de diuerfes fortes, au raport du malade qui a eu la curioficc de les compter:
' on tira auilî pluficurs petits osjdc ncantmoins il a été 11 bien remis qu'il ne boi-
te en aucune façon,touti.sfois le talon cft rn peu retire & h io inturc du pic s'cft
entièrement endurcie par le moyen du Cal qui s'y cft foimé.
H y en a qui mettent fur les os caiics de l'hjyle de vitriol ou de l'eau forte à
caufe de leur grande vertu dciîccatiucj laquelle iene nie pas,mais neantmoins
elle ne corrige pas la carie de l'o^ mais détruit les paities voifîncs comme ic
l'ay veu à Dulfcldorp en vn Gentilhomme lequel auoit l'os deliiimbe carié
mais fort fuperficieliement, fon Chirurgien y ayant mis de l'huylc de vicrio!,la
carie vint fi grande que le Dodteuu Galcnus Vuierus eut bien de h pêne à l'ar-
rêter auec trois grands Cautères ardents : que les chirurgiens donc fe gardent
de tels médicaments furies os,car ayants vncfubftâcctres liibtilcjils s'inliiuent
fur les parties voiiînes& ruinent ce qui fc porte bien : il cft bien vray quclos
carié demande vn médicament qui dellèche eifi:acem:nr, mais II cft neceirairc
qu'il aitvne fubftancc groflierc tel qu eftl'cupho.be lequel corrige h carie de
i os fans neantmoins brûler lâchait , commeont cru les Praticiens , ni caufer
aucune inflammation, partant on s'en peut feruir mêmes es enfants. Or les A-
pothiquairesont cette coutume en pilant feuphoibe d'y mettre vne goutte ou
deux d'huyle de peur qu'il ne leur donne au né, mais mal à propos, car l'huylc
eft très contraire aux os découuerts &c ôce à l'euphotbe fa vertu dcfijcatiac en
lieu de laquelle il le faut arroufer d'eau de vie : Voila ce qu'il faut faire quand
l'os eft corrompu en la fuiface.
Que fi la corruption ou la carie eft dans la iointure même , en forte que
l'euphotbe ne puiife pas parueniriufques la,il ne faut pas neantmoins dciti peter
du rêtabliiïcment du malade, car au (u(dic ic ne peus pasfiire alic-r Feuphoibc
iniques à tous ceux qui êtoyent cariés, &: ncantmoins il fut bien iétabli,entrete-
nant les Vlcercsouuerts par le moyen des tentes faites d'êpongcs préparées ou
de racines de gentiane, métrant tous Icsiours dufuiuant mondiricacif !^ cortic.
ligni gaiaci,faj]'affas,raâ.angel rad.ari(ïol.rot.an.7^i\\.myrrh<&,alo'és an, 3i.f. omnium
fululs tenHijfimns aÀde extrfcord^umell.rofcj.f.rnf.munâtcaîîuumyW cft cxcelicnt
en tous Vlceics fordides , putrides & la ou il y a corruption d'os : ie m'en fuis
fcrui fi heurcufcment en nôtre malade que la nature chaifi par après peu à peu
les ligaments & les cartilages pouiries Ik rcifouda la iointure par le moyen du
Cal. Cependant que ie trauaillois à mondifier les Vlccres pour les entretenir
ouuerts èc pour tirer les os carics,ie ne lailTay rien en arrière de ce qui regarde
lacuregenerale,il obferuavne bonne façon de viure,ie purgcay doucement le
corps par interualles, &piis garde qu'il ne furuiatd " la douleur. ""
Il fut par ce moyen fi bien remis qu'il peut marcher fins que l'on reconnut'
qu'il fut boiteux, les Vlcercs a- (îî demeurèrent fermes : il cft vray qu'ayant été
en Allemagne durant les troubles de l'an lôi*^. <3<: vsc d'vne mauuaifc façon de
viure
des Viceres, Fiftulcs, Sec, 149
viureaiiec beaucoup de fatigue , n'ayant auflî eu foin de fe bander les ïambes»
qu'il fe fit vue nouuellc dcfluxion furie pic, laquelle fut fuiuie d'inflarnma:ion>
prurit & autres niiantcourcurs d'vn Vlcere, deiquels n'ayant tenu co:>ce il s'en
forma vn en chaque talon qui m.c donnèrent derechef de l'occupation p: ut
quelques raois,mais neanrmoins auec la grâce de Dieu,ie le guéris encor. j^h
traité de Ichore & meliceria c.hap.c).
OBSERVATION XX.
Gnerifon d'vne fifinle aux Innibes.
EN 1591. vn ieune homme très roburte ^ de bonne conftiriition me vint
froLiuer lequel ctoit incommodé d'vne petite h(Lule,m.us qui ctoit profon-
de & luycaufoit vue douleur perpétuelle au côté droit d. rcpiticdu dos vers,
la quatrième vertèbre deshimbestil me raco:ita qj'il y auoic rc^eu vn coup de .#
couteaujdans vue querelle,il y auoit deux ans, mais que per fonne ne i'auoit ft^eju /
guérir, ic dilatay la fiftule auec des trochifcsde minio & des éponges préparées
comme au(îi auec des racines de gentiane j après quoy ic tionuay an fond d'i-
cclic la moitié d'^n couteau aises long duquel la poiate etoit ât ichée entre la
troifiémê &■ quatrième vertèbre , le relie écoir coiu.-rt d'vn Cal,lequcl ayant
coupé, ie tirny le couteau de la longicur &: largeur i:y re^ relentces. Voyez, la
figure première de Ufjiéfne 'Table.
lemondilîiy l'vlcerc auec du précipité & vnguent des Apôtres.apres quoy
il fut bi. n toll remisrmais ceci clt remarquable que dés qu'il fut Blefié iufques
à la fin de la cure, il n'eut quafiiamaisde hcure,encor moins inflammation, con-
uullîon, ni cette violeiKe douleur & auttes accidens qui ont accoutume dcfui-
ure les blelluresdu doy.Ohf.éi. Cenc.i.
OBSERVATION XXI.
1)'''J?/e fijîiile après vr^e parotide.
VN Efcholier âge d'enr.îron iz.ans eut vn abfcés fous l'oreille droite , lequel
s'crant conueiti en lîllule , il fut trois ans cntijrs tourmenté par desbar-
bieis:enfin il fut amené à B^me le iS.Iuiilet 1620 le trouuay vue fillule hnueu-
fe en la peau , on ne voyoit que deux fort petits trous defqutls i'vn montoit en
haut vers le crâne qui fe partageoit en deux Inuis , l'autre ailoit en bas vers les
vciicsiugulaires , mais en dedans tout ctoit calleux : lav ayant ordonné m bon
I i
L)0 Liure Troifiéme
régime ôc purge à diuerfes fois,ic hs ronger la peau qui couuroit ces fillules
auec mon cauflic^ii mis du digcftif >S>w de mon onguent balilic tant qne l'cf-
quaie comJDa : en .iprcs ic coniumay toutes les rallolkcs peu à peu auec le mc-
mc cauiVic <ïc auec la poudre angciiquc bien rcctitice , de farte qu'en fepi l'c-
maincsil hit entièrement guéri: ic me (cruis de cette poudre prcfquc iufques à
la fin de la curcjCar non leulementclie mondifie ôc confnm^ la chair ruperflue,
mais audî confolidc 5c fait bonne chair , elle tire aufli à foy Se confume peu
à peu CCS humeurs gluantes qui fc trouucnt autour desplayes ik. Vlceres qui
ontctc mal pcnccsimais il faut diligemment prendre garde qu'il ne demeure
quelque rcftc de peau qui oe foi: attachée à la chair muiculeufe qui eft defîbus
éc laquelle n'ait pasfcsvêncs capillaires, car la confolidation en eft empêchée:
ôc comme cette peau n auoit pas été rongée à la première application du cau-
ftic à caufe de la grande callofité,ie le reiteray à diuerfes fois:il faut aulïi regar-
der de prés qu'il y ait vne iuftc proportion entre la peau qui doit être rongée>
& le cauftic , de forte que l'on conferue ce qui fc porte bien ôc que l'on confu-
me feulement ce qui elt mal conditionrvé : partant le Chirurgien doit conoîtrc-
precifement la force defoncauftic,comme aulTi la nature du corps fur lequel
il le faut appliquer,ailauoir s'il eft moljdur, iec ou humide, peu ou point com-
posé : vcu qu'il eft bien dangereux de feire des fautes en ce cas comme l'en fe«-
ray voir des exemples.O^yTSo. Cent.V,
OBSERVATION XXII.
Des fiflules de la mâchoire inférieure.
L'Es firtules de la mâchoire inférieure font le plus fouuent de malaisée guc«
rifon, principalement quand elles viennent après la douleur de dents : mais.
ieks ay gueii hcureufemcnt par cette méthode.
LoësAufdcm Sande d'Hiidcn étoit irauaillé d'vne violente douleur d'vne
ûentmachelicrc.il s'adrclîà à vn barbier lequel arracha la dent ôc lailfa la raci-
ne ; ainfi la douleur continuant il fc forma vn abfcés en la racine lequel étant
rompu en dchois, la douleur s'apaifa peu à peu , Ôc l'Vlcere f lequel le Chirur-
gien ne fçcut in mais gueiirj dégénéra en fiftule, on s'addrelTa à moy pour en-
trcpiendie la cuic,mais comme i'ctois fur le point d'aller en Franee,iene le vou-
lus pa$,prcuoyant qu'elle feroic longue: ainû il palîà par les mains de plufîeurs
Chirurgiens qui n'auanccrc nt rien:cfant de retour au bout de cinq ans,ic le re-
mis en cette manière: api es luy auoir ordonné vn bon régime ie le purgeay,lc
lendemain de la purgaiion ic luy ouaris la vtne du bras: en après ie lui fis pren-
dre vn apozcme qui pjcparoit les humeurs auCerueau&: purgatif en même
tçiîif'S,quatrc matins de fuite,enfin il fût purgé par des pilules. Le corps ayant
des Vicercs , Fiftules, Sec. 151
ctcainfi preparc,ie tiray la racine de ladenc ôc rongeay la callofîtc de la fiftulc
aiiec vn onguent cauftic, icmondifiay IVlcerc c-tueclonguencdcfiicco apfj. &c
le GÎcatiizai aiiec l'emplarre diacaicicheos ôc la poudre d'alun biulcainfi ii fut
guéri en trente iours.
EXEMPLE IL
Vn ieune homme à Cologne de bonne maifon ayant vn fcmblable mal
tomba entre les mains d'vn barbier lequel s étant ferui de pluficuis remèdes des
mois entiers, enfin me vint trouuer ^ me demanda ce qu'il faloit faire : ie luy
dis la méthode de laquelle ic m'ctois ferui par le moyen de laquelle il reraic
bien toft fon malade.
E X E M P L E 1 1 L
En 1599. i'ay rcmiis par la même méthode j àGencue,vne fille incommor^^-
de miême mal.
EXEMPLE IV,
Et à Cologne l'an ^^G, vn ieune homme de 15;. ans,Iequel ayant j^ .n;. \ di-
iierfesfois, ieluy arrachay quelques racines de dents & guéris fa fiftnlc par la
même methode.O^/"3i.C^;î/.5.
OBSERVATION XXIII.
D'vnefflule de I'OhtacIous.
ÏE n'ay îamais peu remarquer que l'Ourachus foitouuert en l'homme, $c les
principaux Anatomiftcs com.mc Bauhinus font de ce fentimcnt:il s'eft neanc-
moins quelque fois ouuert par quelque eftbrt de nature , comme en vn certain
Valentin Vogel auquel l'été précèdent on a tire vne pierre du fcrotum. Il m'eft
reuenu trouuer le 2 i.de Mars pafsé 1627.& m'a fait entendre qu'il s'cft très bien
porte des qu'il m'a quitte : quant aux Vlceres qu'il a autour du fcrotum & du
membre iiiril,ils fontcncor ouuerrs & Huent comme auparauant, outre vn au-
tre qui s'eft forme de nouucau prés du nombril au dciîous par lequel il fort le
plus (ouuent vne partie de l'vrine non leulcment goutte à goutte , mais par
fois auec impetuofité: il alFure que cet vlcere luy cft venu fans aucune douleur»
incommodité ni fiéure après vn bouton femblable à vnfioncle : i'ay mis vne
fonde dans cet Vlcere(^lequel cft fort étroit & Calleus)iufquesàla vcflîe,par ou
on peut coniedurer qu'en cet homme ci l'vrachus ctoit ouuert de bouc en
boutjfi grande eft la prouidence de la nature pour conferucr l'indiuidu, carie
conduit étant empêche par ces Vlceres calleux , elle s'eft ^crii autre paflàgc
pour bailler iftue ï l'vrine-
Ii £
rjr Liurc Troifiémc
Le Dodcur Galicn Viiicriis Mcdccin du Duc de lulkis &e. croit qu'oi' Ji"
naircmcntrviacliiiscft oiiucrr &r poiircerte railon il applique les rcmcdcs dm-
relies fur le nombiilauec grand ttiU.-Cabrol grand Chirurgien de Anatomidc
cft de même fcncimcnt. Ceux qui boiucni: de la bière fraiclic quiii'eft pas en-
cor bien claire en trop grande- quanticc, font (uiets le plus ibuuent à vne Scran-
eiiric eu flillicide d'viine , inais s'ils oignent le nombril auec du (uif de vache,
la violence de la douleur s'arrccctAnfll lesbuueurs ont de coutume de porter en
leur pochcrrc vn bout de chandelc:0^/58.C^///.6.
OBSERVATION XXIV.
Commenta faut ronger la callojîté des fiflules.
1 E me fers heureufemcnt pour ronger les callofitcs des fillulcs de précipite re-
idifié auec efpiit de vin 6c laucauec eau rolc àc de plantinmis tout feulou
auec du beurre frais l'appliquant auec des rentes : fi le précipité n'cft pas afscs
fort de foy même , i'y âioute vn demi fcrupule de vitriol calcine iufques à ce
qu'il deuiennc rouge , du mercure fublimé & de l'opium choifide chacunfis
grains, vngucnt rolat 5/;. il faut faiic vn onguent dans le mortier en remuant
longtemps.
Tire â'-Mc lettre écrite an Dj^eur T^aul Crojnerus de quelcjues compcfnions de-
médicaments y &c.
OBSERVATION XXV.
D'vne admirable carie du Crâne auec diuer s accidents.
L'An 1605). i'ay vcu à Baflc vn Bourgeois qaiauoit vne incomiT oditc étran^
gc : il croit a2;c d'cnuiron 30- ans , il yen a fix qu'il fut faiii d'vne douleur
ce i^9ic pclar.tc qui dura qu.lqucs mois (ans relâche: enfinelle celFa après qu'il
fe fut fciui de len-.edcs, mais il luy vir.t vne telle rci^->lution des cuillès qu'il
ncpeutpas cncor à prefentrciTiUcr vn doigt des pies : que fi quelqu'vn veut
foulcucrou ks étendre par force ( car cll-.s font retirées J elles tremblent de
telle (orteôi fc remuent fi fort qu'ils les faut remettre à l'indantmême, bien
peu aprcs cette rcfolution, il luy cft luruenucn diuers temps des Vlceresen la
telle «Si il en naitencor kfquels rongent non feulement la peau & la membrane
charnue mais auflî le Tcft. Or , ce qui eft à remarquer, cette matière acre ^
rongeante s'amallc premièrement intciieurcment , .confumc ^ ronge la Table
Virrct-
des Vlceres, Fj/lules, &c. 255
Vicrcc allant que paroitrc en dehors, car deuant qu'il Iiiy vienne quelque vl-
cerc en la tcfte , il fcnt auparauanc vne douleur fixe au dedans à l'endroit ou
doit forcii l'Vlccre, quoy qu'il n'apparoiire rien en dehors Se que cette douleur
ne face pas des plus dangereux accidents ; il fort par après' peu à peu vn bou-
ton en la peau lequel fuppure auilî peu à peu : quand ce bouton eft rompu,
incontinent il Ce prcfentedes os caries qu'il faut arracher ; & le tout fans gran-
de douleur fans grands accidents : ces os caries étants tirés, la cicatrice fc
forme fanspcne : i'ay veu àc manie eu fa tefte plufieurs de ces cicatrices fort
profondes ; ie vis audîen même temps vn vicere qui alloit iufques à la dure
mère .■ mais il ne fe plaignoit cependant d'aucun plus grand accident : il fouf-
froit fort peu de douleur ,étoit fans inquiétude & qualîfansficvre: Obferu.G^,
Cent. i.
OBSERVATION XXVI.
De la vertu de l Euphorbe en Li Carie des es.
|f L n'y a rien qui baille plus de pcne à vn Chirurgien en la Cure des vlceres
J que s'il y a en mcm.e temps quelque caiie en l'os, Ipecialcment C\ elle eft pro-
fonde à caufe de l'humeur qui y clt âtachcc : pour dclîèchcr cette humeur Sc
faire tomber l'os on n'a rien trouué de femblable au Cautère adtuel duquel ic
me fers aullî fort heureufemer« : après le Cautère, l'Euphorbe tient le premier
rang non feulement parce qu'il eft acre & chaud au quatrième degré, à caufe
dequoy il delTeche ces humeurs imbues en l'os , mais aufli à caufe d'vne vertu
cachée qu'il a: c'eft donc aucc raifon qu'il eft recommandé par Diofcoride,
Âuicennc&: les Médecins modernes; mais ie trouuevne difficulté , aflauoir fi
nousauons l'Euphorbe duquel Diofcoride fait mention, car celui ci & Aui-
cenne difent que l'Euphorbe fepare la Carie de l'os en vn iour,ce qu'à pêne peut
faire le nôtre en 40. fans brûler la chair qui eft proche : Il faut donc cioire ou
que le texte eft corrompu ou que nous n'auons pas l'Euphorbe des anciens: ils
âportcntencor cette précaution fi on s'en veut feruir, qu'il £âut bien munir la
chair qui eft à l'cntour de l'os auec dcsUnimentsou cerats , à caufe de la gran-
de acrimonie & chaleur qu'il a , de peur qu'il ne caufe vne inflammation : Ve-
fal en fa Chirurgie 3c Fallope au traité des vlceres ont aufli la même apprehen-
fion: pour cette raifon ie n'ay pas osé plufieursannées durant me feruir de l'Eu-
phorbe, ourrequecen'ctoit pas vne petite incommodité à chaque fois que
l'on pençoit la playe d'vfer de cette précaution pour la chair : mais peu à peu
l'expérience m'a âpris que quoy que l'Eu; horbe morde la langue & le nés,
neantmoins il ne fait aucune inflammation ni douleur quelque quantité quç
Ton en mette fur les vlceres , mcnies es enfants : Ten fis l'elFay il y a quelques
1 54 Liure Troiiléme
années cnprefcnce de Monfr. Abel Rofcius Médecin à Laiifanne lequel fît luy
mcme piler de l'Euphorbe, Se m'en fuis fcruis en vn garçon de 14. ans lequel
auoic vnflcere au dcuaiit de la iâmbe> auquel la parrie antérieure du grand fo-
cite ou du gros os delà iambe croit dccouuerre à la grandeur de la paume de
1.1 main : i'cmplii cet vlcerc de poudre d'Euphorbe & mis par defTus première-
ment du cliarpy rccf& puis l'emplâtre Diapalma iniques nu iour fuiuant;ie m'en
allay voir le lendemain le malade auec le fLifciic Rofcius lequel voyant qu'il n'y
auoit aucun ch.vngementni au pouls ni en l'vrincjcncor moins douleur ou in-
flammation, il fut tout furpris de voir que l'Euphorbe n'eut pas ccrcc acrimo-
nie ou malice que l'on luy attribue. Obfern. 5)1. Cent. 1.
OBSERVATION X X V H.
Que les os (^uifont âécouuerts par caufe externe n enfant pas toùiourr offensés,
m ne dentennent pas toujours cariés.
CEux qui font médiocrement exerces en la Chirurgie fçaucnt que la Carie
ézs os eft vne des principales caufes qui empêche «^' retarde laiconlolida-
tion des playes &: des vlceres: or les os viennent à fe corrompre par des caufes
internes ou externes: par les externes, quand en des playes grandes & profondes
l'os n'eft plus couuert de chair du periofte, alors i air vient à le corrompre,
car s'il eft plus chaud qu'il ne faut au temperamment de l'os , il confume l'ef-
prit vital ôc l'humiditc radicale d'iceluy , ce qui le fait deucnir fec &: cariéj
qucfîl'air eft par trop froid , la furface d'iccluy meurt parce que fon humi-
dité radicale,qui s'cft comme gelc'c , n'eft plus propre pour entretenir la cha-
leur naturelle : il fe corrompt auflîii on met dclFus des chofes huylcufcs ou des
mcdicaments putrefadlifs & acres ; les osfe corrompent par des cawies inter-
nes quand vne humeur acre eft ramafscc en quelque endroit d'iceux & les ron- ,
gc, comme cela arriuc en des abfccs putrides principalement en ceux qui font ,
Ycncricns ou qui viennent après la petite verole,mais ie ne veux parler à prefenr (
que des caufes externes;or i'ay connu quelques Médecins Se Chirurgiens fameux ;
qui auoyct cette opinion que la chair ne pouuoit pas croiftre fur Us os , me- i
mes quand les playes font récentes, fi la furfacc d'iceux ne s'exfolie par la na- {
ture ou par des médicaments: pour cette raifon fi toft qu'on leur preîentoit vne l
playe ou l'os cftoit dccouuert, ils le racloyent quelques iours de fuite auec la I
Rugine iufqu'à-cc qu'il fortit du fang , ou bien ils mcttoyent delfus des mé-
dicaments acres , comme' huyle de foufre , vitriol , eau forte ik femblables, t
faifants par ce moyen vn vlccre malin jd'vnc playe fimple , car telle forte de I
médicaments par leur grande chaleur,acrimonie & vertu cauftique confumcnt
rhumiditc naturelle de l'os non feulement en la/urface , mais aufll bien auaut
comme
des Vlcercs, Fiftuies , ôcc. 155
comme on le voie aux dents cariées , car fi on y met quclquVn de ces mcdica-
mcnrs, la douleur s'arrête pour quelque temps , neantmoins la caf ic n'eft pas-
arreftce, mais la denteft rongée en peu de temps iufqu a la racine : orquoy
que l'air foit très contraiteaux os découuerts, il ne fuit pas neceflàiremcnt qu'ils
en foyent altérés & corrompus, principalement lî le Chirurgien fait tout ce
qui eft necelîàire& n'y met licn qui foit acre, l'en pourrois amener plufieuts
exemples mais ceux ci pourront fiiifirc.
L'an 1581. i'ay vcuau village de Langcnbcrgvn homme! de 50. ans auquel vn
coup de bafton auoit emporté ôc leparc quafi entièrement la peau & le Pcricra-
ne de tout le finciput gauche , fans neantmoins aucune concufiion de cerueau
ou fradure du Ciane : le le traittay en cette façon, premièrement ie mis
fur la playc vn blanc d'œuf mêlé auec de la poudre de rofcs pour arrefter le
fang , Se releuay en haut autant qu'il me fuft poflîble cette peau charnue qui
décendoit quafi iufqu'à roicille: 2. ie baillay liberté au ventre par le moyen
d'vn fuppofitoire &c ouuris vne veine au bras gauche : le iour après ie le pur-
geay doucement , ôc à chaque fois que ie pençois la playe i'auois à mes coftés.
vn feruiteurquitenoit vne pocîe à fdie pleine de charbons allumés prés de la
playe : ie couuris diligemment l'os qui eftoit découueit auec des filaments
fccs , mettant fur les bords de la playe iufi.|u'au quatorzième iour le digeftif
fuiuant, '^.cerAnoujtiColophon.G.Elemim. 5J. Terehinth^ ^v'yol. rofar. &
de vitelLomr. an. <]/./. dtjfoluamur ornuta 0" percoUntur y adde croci 56. vitell.
cm. num. j. rn^f. Hnimentum : il faut prendre garde qu'il ne foit pas trop liqui-
de & qu'il ne defcende iufqu'à l'os , partant l'en mettois bien peu auec du fila-
ment feulement fur les bords de la playe > remplillant le refte de filaments fecs
te bien nets , couurant le tout auec l'emplâtre Bafilic & oignant toute la tête
auec huyle de rofes : ayant tiaité en cette maaiere quelques ioùrs de fuite lac
playe , il parut à la fin de tous coftés fur le Crâne f qui eftoit découuert ) des
tâches rouges comme fi on l'auoit arrosé de fang , lefquelics venants à croiftre
d'heure en heure, elles furent conuertics en peu de temps en viiefubftancc fem-
blablc à de la chair fpongicufc laquelle couuric en peu de iours toute la nudité
du Cranc, ie mis alors dclfus de la poudre fuiuante ^C^ftor^ béton, fâtfrmfiir. an.
^f^. Rad. Irid. flor. cariophill. ligm fajjafraf.mafltc. thnrisan. ^ij. croci ^]. m.f,
pnlnis tennij}'. iemis enfin par dellùs de l'cmplâtte de Betoinc:par ce moyen cette
grande playe fut guérie en l'cfpace à\n mois fans aucune perte de l'os: or ie pré-
pare en cette façon les filaments defquclsie me fers ésplayes d'.laTéte:ie prens
de la toile vsée & propre à faire du charpy laquelle ie fais tremper dans les eaux
fuiuâtes & sécher à l'ombie, le reitirant trois ou quatre fois, puis ic fais du char-
py auec cette toile: l/L. aq.beton.faln. lauend, rcfar. odcrif. an. \\.cinnam.lignifaf'
/kfras.Jiirac. caUm.btrtx.oin. an» ^i], tetantur (frcum a^uis pradiSiis m.
L'an 1616. vn fils de Monfieur Rudolph Huber Banderct àBcrne âgé de trois
uis étant tombé dç hiiut , Iç Panniculp charnu fe fepara d'auec ic Cranc
t]6 Liure Troifiéme
au coftc gauche entre la Suture coronalc & le front quafi à la grandeur de la
paume de la main, ie guéris la playe par la méthode précédente heureulemcnc
fans aucun détriment de l'os.
l'ay aufli gueii par cette méthode & par les mêmes remèdes vne fille dcMon-
fieur lean Vucis quiauoicvne femblable playc concule auec denudatiou du
Crâne.
l'ay aufll remarque la mcfme chofe en des blellùres de cuHr-s Se de iambeSi
<5i-ioy qu'elles re(^oiuent ailemcnt les humeurs de tout le rcfte du corps : vn
l^'^yfan de Montagni village du rcirortduCantonde Fribourg reçeut vncgran-i
de bleiïure en la ïambe gauche auec contufion : m'ayant ccc amené à Payerne,
ie trouuay l'os fort dccouuert auec vne uiolcnce douleur ( car il n'auoic renu
conte de fa blelï'ure au commencement J il fut neanrmoins remis au dclFus par i
des remèdes conuenablesfans aucune incommodité en l'os. j
L'an 1615. vn des domeftics de Monficur Chaftillon Confciller duRoy&.
Ambalîàdeur vers les Suiircs, nommé Barthclemi, âgé d'enuiron viugc ans,
icune homme robufte, ayant elle blefsé en la cuilFc .droice d'vn coup de hache '
qui auoitfcndule grand focilc quafi iulqu'a la moii-ile , me hit âniené pour
cftre traité : après auoir arrefté le fang , ic le purgeay le mc(me iour auec de
l'Eleétuaire defucde rofes^ fyrop rofatfolutifdccrempéseneau de cichorce.*
Iciour fuiuant i'ouuris vnevéne au bras droic : ic mis le digeltif ordonne
ci delTusen la fuvface de l'vlcere 5c des filaments fecs (ur l'os ; oignant toute la
fambc & la euiffe auec huyle rofat , mettant deifus par après le Cataplafme fui-^
iiaat , 2C. far. hordei ^vj. puluer. rofar. rubr. myrtillor. an. 51. bolialbi 5 ^ cum
Aceîo Yofac.é' aqna fïat caraplafma, adde jub finem albu?nsn om Jimul cum vhello
mifceantHr,fiat Catapla/ma : le ne changeay point ce procédé iuf'qu'au quator-
zième iour: iemis par après dclfasdi^s m-'dicament-s qui auanccnt la Cicatrice:
il fut remis par ces remèdes fans qu'il (uruinc aucun accident , abaiiîant peu à
peu & doucement cette partie de l'os qui elloic feparée quafi lufqu'a la moiielle
auec des bandes &c des lames de plomb, de forte qu'elle fut rcioiutcpar le
moyen du Cal qui y vint lans qu'il s'en fepara la moindre écaille.
L'an 1600. l'ay guéri à Laufanne vne fille de j8. mois qui auoic le Crâne dc-
COUiicrt, comme onpem voir en l'Obf. ly Uh. ^. Obferu. ^yCent. 4.
OBSERVATION XXVIU. ;
Que les es décounerts par ^uelc^ue canfe interne nes'exfolient pas touiours. ^ ^
LEs os viennent cariés le plus fouuent par quelque caufe interne , principa-
lement fî quelque humeur acre continue long-temps à fe verfer fur quel-
que partie & y fait vn abfccs : car quoy que les os foyent la partie la plus dure.;
de
des Vlceres, Gangrené, ôcc, ijj
. de tout le corps^ fi eft-ce que telle forte d'humeurs par fucceflîon de temps
vient à les corrompre : c cft ce cjui a fait dire a Hippocrate que tous les vlce-
res qui durenr vne année ou d'auantagc, font toufiours fuiuis de corruption
d'os,car tels vlceres étants malins , ils attaquent non feulement la chair mais
aufli les os mêmes : on remarque cela fort fouuenr en ta grolfe & en la petite
vérole &c en d'autres abfccs/ putrides : or toutcsfois & quanrcs que les os fe dé-
couurent par vne telle caufe , le plus (ouiient ils fc corrompent auant que la
. chair 8<. la peau foyentexulcerées, comme ie l'ay vcu afscs fouuent, & la playe
ne fe ferme point qu'auparauant la Carie ne foit ôtcc : on en viendra aifcmenc
à bout fi les bords de l'vlcere font entretenus ouuerts auec des éponges prépa-
rées &: fi on y met tous les iours de l'Euphorbe en poudre, ayant remarque
qu'il n'y a rien de fembhble pour ôter la Carie de l'os, car il ell chaud iufqu au
quatrième degré , parquoy il confume les humeurs defquclles l'os efl âbruué
(ans toucher aux parties faines comme fait l'huyle de vitriol &c l'eau forte: par
cette méthode i'ay fouuent corrige le carie des os fans qu'il en foit tombé
aucune écaille: car l'Euphorbe corrige peu à peu ce vice des os.cn partie par fa
-• vertu deficcatiue , en partie aulîl par vne propriété occuke , ainfi tout ce qui
cft carié fort auec le pus: l'en ay veu vn exemple en 1600. à Vcuay ville fur le Lac
deGeneue eu vne fille de Pierre Dubois âgêc de deux ans, laquelle me fut ame-
née parce qu'il luy êtoitfurucnu vn grand abfccs au coude gauche après la vé-
role: ayant ouuertrapoftcmeie trouuay rosdccouucrt&: carié : d'vn côté de
l'vlcere; là où la carie cftoit profonde , il s^exfolia par le bénéfice de la nature
&:derEuphoib.',&: la nirute corrigea infenfiblem.cnr^i peu à peu le relie delà
Carie, en forte que la malade reuint en plcne ianté : en même année la fille de
Me. loachim Rohaud Apothicaire à Laufanne âgée de deux ans auoit aulïî vu
vlccreapresU vérole en laquelle ie trouuay ios découuert <3c câiié / m'étant
ferui de ces médicaments , l'vlcere fur guéri fans aucune manifcfte feparatioii
de l'os, i'ay dit tn.inifeftc, veu qu'il eft impofijble qùcToscarié puilïc écre cou-
uerc de bonne chn'rijc que l'vlcere (e confolide que premièrement la Carie ne
foitôtce: la nature donc & les médicaments feparcnt peu à peu tout ce qui efl:
carié qui fort comme poufliere auec le pus: I'ay mis ceci en auant afiu que les
icunes Chirurgiens ne ton mrnrent pas fans neccflîté les malades auec le Cautère
aduel, la Ruginc ou auec àcs médicaments corrofi fi. 0^y?r«. ç)o. Centur. 4.
OBSERVATION XXIX.
D'vric gangrené après lajliiguèe.
'An 1587. vn certain deGeneue fut fiîgné par vn Barbier lequel en même
temps piqua l'artère auec la bafiliquc .• bien- tôt après le bras enfla auec
Kk
1^8 Liure Troifiéme
douleur & inflammation : on dcmanJa Monfr. Ican Anihoînc Sariazin aucc
Maiftrc Ican Giifton Icfqucls troiuicicnr vn Ancuiifnne qui fe conucrtit en
gangrène: mais le m.,lajc n'ayant pis voulu endurer qu'on luy Coupa le bras, il
mourut bien tôt aprcs. Ah traité de la gangrené chap. 4.
L
OBSERVATION XXX.
1)e la Gangrené après vue brnlnre.
A gangrène fuit quelquefois les grandes brûlures, comme cela cft arriué à
j^ ^vncDan^ d'Hildcn, laquelle s'ctant afiTifc auprès du feu en hyuerfut faille
d'vne défaillance ôc tomba par terre , & IVne dcsiambes fur les charbons la-
quelle fut brûlée bien auant devant que les domcftics y fullènt accourus: &
comme elle ctoit fort replète &: chargée d'humeurs, il s'y fit fluxion, douleur
& inflammation laquelle fat bien tôt iuiuie de gangrené : neantmoins ie la
guéris heureufement : orlagang;cne y furuint , premièrement parce que les
vailfeaux fe retirent ôc rtir-rrent, àcaufedequoylesefprits vitaux ne vont pas
librement à la partie : 1 l'humeur radicale, fe dclfechc & fe confumeparla
violence du feu: 3. tant i'cmpjreume que la corrugation de la peau fait vnc
violente douleur laquelle attire vue grande quantité d'humeurs lefqueiles ve-
nants à s'échaulfcr en la partie iSc à y faire inflammation , l'humeur radicale fc
delTcche ^ la chaleur naturelle eu cft êcoufée. e/^« trahté àe la gangrené ch. 4.
OBSERVATION X.XXI.
Jh la Gangrené aux ïambes d'v.n Hydropùjue pour y aueir mis .
des vejiccatotres.
QVelqucs Praticiens ont âcoutumc de mettre des veficatoircs ou entrent les
Cantharides fur les iambcs dei hydropiques pour y attirer des vcfllîes par
lefqueiles les ferofitcs puilTcnt foitir , mais voici vu exemple qu'il n'y a pas
delafeureté : l'ay connu à Gcncue vne vcfvc de foixanteansquidemcuroit
fur le pont du Rhône , trauaillée d'vnc Hydropilie , laquelle s'ctant ferui d'vn
ignorant Médecin qui entr'autics remèdes luy mit des veficatoircs fur les
iarrbcs > il s'y ietta une Ç\ grande qtîanticc d'humeurs que la chaleur naturelle
en fut étouffre & la malade mourut peu de iours après : il fc faut donc feruir
de ce remède iudicicufement , car quelquefois il fait du bien comme aux icu-
nes pcrfonncs & robuftcs , mais il cft très dangereux awx vieillards & à ceux qui
i/onr pas de la chaleur naturelle. Obfern.^^^. Cem.i.
■" ' ^' ' OBSER-
des Vlccrcs , Gangrené , ôcc. 135
OBSERVATION XXXII.
de U Cungrene aux gençiues après vn Catharre.
VNe fille de quatre ans aprcs erre gucrie dVnc maladie aiguë , eut vue
grande defliixion fur les gençiues auec nausée & douleur de Tefte : oa
me l'amena à Dullcldorp où ie la traicay auec le Doéleur Galcnus Vuierus 5j
Cofmc Slotanus : toute la face étoicboufic dVne tumeur œdemateufe : il y
auoit en la mâchoire gauche vne enfiuie ronde èc liuide qui n'ctoit pas trop
grande, il y auoit gangrené en lagençiiie & au coté, gauche de la bouche:
nous employâmes beaucoup de remèdes qui ne feruirent rien , car il s'y iet-
tavne fi grande abondance d'humeurs pituitei:fes&; froides, quela chaleur na-
turelle , laquelle auoit cî;c aifoiblie par la précédente maladie , ne peut point
être remife: ainlî elle mourut arbres que les gençiues & les leures eurent ccc ron-
gées iufqu'au nés.
l'ay veu la même chofe à Gencue en deux petites filles: on ne killà rien en ar-
rière àzcç. qu'il faloit faire, neantmoins rvne& l'autre mourut, après auoirea
fièvre, réuerie, fyncope, vomitïèraent & difficulté de refpirer.
Vn filsd'vn mien oncle étoit fort incojnmodc d'vne corrofion de gençiues
aprcs le fcorbut , laquelle dégénéra enfin en gangrené, & mourut comme
les autres auec des grandes douleurs & aucrcs accidents: Il faut, donc appor-
ter vne grande diligence en ces maladi-es de la bouche, principalement aux. ieu-
nes perfonnes qui font luiettes aux maux venants de pourriture , tant parce
que cet vne partie chaude & humide, comme auflià caufe que les enfants font
• de cette conftitution : Que donc les ieunes Chirurgiens prennent girde de
ne promettre pas aux malades ce.dont ils ne pcuuent pas venir à bout. Oéfer.ja.
Cent. I.
vssi ■■
OBSERVATION XXXIII.
'Du/j?bacele après vne definxion/nr U dos»
MOnfieur Anthoinc Tciller Gentil homme de Berne & du Confeil de la
Ville âge de cinquante ans , robufte &c replet , étoit dés long-temps
rortaflbpi, de Ibrte qu'ils'endorm.oitfortfouucnt à table : ayant été enuoyc
l'an i6ii. en clic à l'adcmbléç d€ Baden parle Confeil Se ayant été fatigue de
corps ôc d'efprit tant par le voyage que par la multitude des affaires , il luy
tomba vne defluxion fur le dos , non fur la peau , mais fur les muTclcs
Kk z
i^o Liure Troifiéme
qui l'ont prés Je réciiiiit: or h défluxioii n'érint pas des plus gvaiiiLs au com-
rncnccrneiît, (!?ccornmcoi-inc icmarquoic :i:Liincn !a pciiini au dos, il mc-
piifji ion mal pai- L couLîl d'vu Baibicr qiaêcoic auxBaiiis lequel die qu'il f.i-
loic lailUr faite à la nacuic : Or cette m:.cit:rc ( qui ctoit fioide au commence-
ment, comme on l? pouuoitconoîti-e par cctC£ douleur cblcuie & ptfaiite^
venant à tomber de plus en plus lur le dos , la douleur augmenta & il luy fur-
uint vne petite fiévic, mais ion engourdiiïèm.ent cclû peu à peu fans perdre en-
tièrement l'appeiit j L'alîcmblce ccuit rompue il reuiut à Berne à Cheual »5c
ayant ère fatigue en chemina caufe de la pluyc ii du mauuais temps, ôc le dos
ayant été prci'sc par fes habits iV: par Ion manteau mouiUc , les accidents s'ac-
crurent tellement qii'il ne vintàB;;Lne qu'auec beaucoup de pêne, ou étant
arriuc Monfr. Daniel Rcx Médecin ordinaire de la ville ôc moy fumes conihl-
tcsîe cinquième luillet i6zi. Nous tiouuâmes tout cet efpace qui cft des la
féconde verccbre du dos iufqucs à la dixicm.e cxtrcmem.ent enflé : la tum.cut
€toitdure fur tout entre les deux épaules , aucc vne très grande douleur & in-
flammation , ficvre ardente <^ continue , grandes inquiétudes Si vne foif in-
extinguible fans que neanimoins il y eut aucun ligne de fuppuration, nous
pourvûmes autantqu il nous fur polTiblc à tous les accidents par des medica-
luente pris tant internes qu'externes : de pour attirer la matière qui étoit
amafsce au fond, nous mîmes (ur la tumeur des eraollients & des maturatifs
pluficurs iouis de fuite fans fucccs qui vaille le parler, car la nature qui ctoit
occupée à rcntonr des vilTercs inférieurs Se comm.s engourdie en la partie in-
tcrcfscenepeur pas être émue par les médicaments ni en receuoir aucune al«
teration : comme donc nous étions bien en pêne comme l'on pourroit atti- 1
rer en dehors la matière qui étoit enfermée entre les mufclcs de l'echine, voici
la nature qui lit, certain iour après diner, vn cftort de chalïèr la matière,
car il luy furuint des grands friiïons, vne lueur abondante par tout le corps,
des inquiétudes & défaillances fi fréquentes que chacun crut qu'il s'en alloit
mourir.-Cv nous au contraire luy donnâmes bon courage Se efperance,& ne fu-
mes point trompes en nôtre opinion , car dans l'accès même la nature chalfa la
matière vers la peau aucc telle impctuofîté qu'en peu de iours l'abfccs fe rompit
en trois endroits, d'où fortit une fanie très puante : ayant mis la fonde nous
trouuâmes toutes les parties qui ctoyent lous la tumeur ( laquelle auoit vne
paulmc de long (S: autant de largej mortes Se gangrenées, parquoy, ie mis fur
les vlceres de mou onguent i£gyptiac auec des tentes &par dclfus va cataplâmc
de farine de Lupins, lentilles, fèves <Scc. m'ctant ferui de ces remèdes, fans rien
omettre des vniuerfels,les accidéts s'âpaifèrenr,& lanaturc aidée par lesmcdica-
méts fcpara peu à peu cette chair morte Se gangrenée,a{ïàuoir autour de ces trois
trous qui étoycnt au milieu de la tumeur ou ie comraençay à couper de la chair
moite aucc le rafcirjmcttant les trois trous en vn,mais fans aucune doulcur,car.
il.
des Viceres, Gangrené, d>cc. rei
a il faloit bien donner garde d'en faire en vnc pcifoiine qui écoit déjà abàtiic
par la grandeur du mal, autrement on auroic ailemcnr ariiiclafiéurc &lcsau-
rrcs ncciienrs : mais en hueur des leunes v. hirurgicns le veux montrer comme
la chair morte a ctc ôrce fans douleur: ie l'ôtay peu à peu entièrement iufcjues à
la racine,c'eft à direjiufqaes à celle qui ne reçoit pas enciercmcnr, mettant par
dclfus de mon onguent i€gypriac,applicantk cataplafme chaud deux fois I5
iour , ainlî s'ctant fait de nouucau vnc efquare ôc la chair à demi morte s'ctant
corrompue entièrement , le iour fuiuant fur le foirie coupay derechef autant
que ie pus de cette chair corrompucjicmecrar.t autant de fois de l'^gyptiac §c
du cataplaimc iniques àceque tout ce qui êcoic coirompu fut emporté tik que
le mal fut furmoniC'.on le connoit quand le mal ne pallè plus auant Ôc que l'on
voit tout autour vn cercle fort ronge aur^ le fcniiment vif: car c'cll vne m-ar-
que que la nature ik: les médicaments ont fait vne fcparstion du mort Se du
vif^l'on trouue aufli en ce cercle rouge de la matière cpaille Se blanche: Le mal
ayant ctc domté Se l'ciquare coupée iufques à la chaii- viue ie nie leruis de cet
onguent auec du charpy. ^. Terehinth.gHmm elemian.\iycers ?}OPidi.^ij. cl.rcjac.
& de "Ottell.oiior. lento iojie extrail.afi.lii^.diJfohiantHr & percolentnrypcji aâdepulu.
myrrb. aloës ç^ fcorâi] an. ^i. rn.f» vngn. curn l;. cuormn vltellis. Cet ongueoi
non feulement meurit- Se appaife la douleur mais aufîi nettoyé les Vkeres
pourris Se fales Se engendie vne chair louable , partant ie m'en (cruis iufques à
la fin de la cure comme aufiî du cataplaime, car il descche Se fortifie Iz. partie:
far la fin delà cure pour faire venir la cicatiice , i'y mcttois du charpy trempe
infiicco 'Merbendi prnnelU& candi f^«/>w,auec Templatre de Slotanus : ainfi il
fut remis en perfection , Si n'a point ctc li ailbpidés lors qu'il êtoit aupara-
viSini,Ohf.i^.Cem 6.
OBSERVATION XXXIV.
U vne gangrené causée par l'interception des ejprlts aaimaux,
iVrgen VonBonfnelt de Langenberg du Duchcde Monts âge de 40.ansfort
lobufte, Icxi. Décembre ijSi.tomba de 16. pics de haut en terre oC tout à l'in-
_ftant fut paralytique dés le nombril iufques aux pics. Ayant ctc demande le rroi-
fîémc iourjie le trouuay trauaillc de grandes douleurs au bas ventre, parce qu'il
n'auoit rendu des le commencement du mal ni excréments ni vrine : avant
reçeu quelques fuppofitoires *k lauementSjil fut décharge des excréments Se de
là veflîe , ia]douleur s'arrêta incontinent > mais par après Tvrine fortit gout-
te à goutte fans pouuoir retenir les excréments du ventre éics le douxicme.
io^r de fa maladie iufques au quinzième 3 il rendit pafsc iîx liures d'humeur
Kk j
2.^1
Liure Troifiémc
gluante qui n'auoit point de mauuaifc odeur , fans aucuns cxcicmcnts : ie fis
donc tout mon poiïible par le confeil de M. Cofmc Sloranus,ncantmoins la
gangrené vint aux fdîci) qui (e termina en Iphaccle peu de iours après, lequel
rongea les fcllls iulqucs aux os , de forte qu'il rr.oarur le vint ^ cinquième
iour.
Or il ne faut pas croire que la feule interception des efpiits animaux aie cau-
sé cette gangrené , car nous voyons tous les iours des vieillards iaihs de paraly-
lle fans que pourtant la gangrené y vienne , quoy que ncanrmoins il y ait vnc
caufe fuHîfantCjallâuoiu le dcfautds nourriture &: de chaleur naturelle/ or il clt
conftant que la gangrené f. fait par le défaut d'aliment & des cfpiics vicaux &
naturelsjoubien quand ils (ont futïbqucs : cet aliment & ces cfprirs vont aux
parties par les vénes 3c artères, car lafacultc feniîtiue & motrice dccend par les
nerfs : vne partie donc pourra viure tandis que les artères 5c les vêncs feront
leur deuoir quoy qu'elle n'ait ni fentiment ni mouuement comme on le voit
es paralytiques:que fila gangrené y vient, cela arriuc par accidêr,tcmoin l'Ob-
feruation precedente,car IVrine qui ne fortoit que goutte à goutte & qui s'croit
cchaufce & rendue acre (^parcc qu'il auoit toufiours été cou Jié fur le dosj VI-
cera la pcau,apres quoy il y vint defluxion ik. inflammation , mais comme le
corps étoit deuenu pefant ôc immobile parce que les efpiics animaux n'y dé-
ccndoyent point dés les lumbes iufques aux pies & ainh êroit priuc de fenti-
ment, fà quoy faut âiouter la pefanteur naturelle de cet homme qui ccoit de
puilfante taiilc^toute la maffe du corps (c repofmt fur le dos les felfes qui ctoyét
ordinairement comprimées s'échauffèrent Se furent mouillées par les excré-
ments ^' l'vrine , parquoyilnc faut pas trouuer étrange Ci !a gangrené y vint:
car nous voyons fouuent aux longues maladies .^uc non feulement le cropion
cft écorchc mais aufli que la gangrené y vi.nt.
Zetre de LMonfieur Félix PUîerfur celte Ohp.ruâtion^
Cette forte de gangrené qui vient quand on a été trop longtemps couche fur
le dos eft afsés commune,la peau de la croupe s'cfileurant premièrement, que (\
on n'eft pas foigneux d'oindre les draps ou la pairie,il fe fait aufli inflam.mation
en la chair qui non feulement vient à fuppurer maisaullî à pourrir & dénient
bien toft toute noire & gangrenée Ç\ on n'ôtc pas bien ville cette pourriture: &
comme cela fe peut faire fans qu'il y ait autre caufe que la comprelîîon de la
partie , iachofc arriuera bien plus ville fi l'vrine vient à irriter cette partie , ce
qu'elle fait non feulement en faifant venir vnc inflammation fur la partie à cau-
fe dufcl &: de la bile qui cft mêlée parmi , mais principalement parce qu'elle fc
bandes
des Viceres , Gangrené, &cc* 165
bandes Se mouillant les pics,cllc y attire bientoft de l'inflammation qui k con-
ucrrit tout à l'heure en gangrené , comme ie l'ay remarque cent fois qu'il n'y a
point de gangrené qui arriue plus fouucnt que celle des pic's aux hydropiques
laquelle hâte leur mort.
Or i'clHmeque toute gangrené vient non d'vnc /Impie pourriture,mûis d*v-
ne encieie corruption à caule de la mortification de ia partie par l'extindtion
de fa chaleur naturelle qui confifte en l'efpiit vital attache à chaque paitic,
laquelle s'éteint quand Ton aliment fubdantifique eft entieremicnt confuméj-cc
qui arriue le plus fouucnt après vne inflamriLition fort grande ou quand U
pourriture s'y fourre, ou quand on feicrt par tiop de refiigeratifs en dchorSjCc
qui ncantmoins arriue moins frequcmimcnt : encor moins peui'cUe venir par
l'interception de la nourriture , veu qu'elle n'arriue pas aux membres exténués
par atrophie, & comme il y a plulîeurs vcnes en vne partie,quoy que quelques
vnes foyent bouchccs,il y en a neantm.oins toufiours quelqu'vne qui en appor-
te Se ainh elle peut fublillcr : il y a encor moins d'apparence qu'elle puilïè ve-
nir par vne interccprion de l'cfprit animal, veu qu'il ne va pas à toutes les par-
ties, & que les principaux vilïères qui n'en rcçoiuent point & par confcquenc
lont dénués de icntiment &de mouuement, ne laillènt pas de viure : mais l'ef-
prit vital étant empêché d inllucu ( lequel te communique fans celFe par les ar-
tères aux parties & entretient cet efpric viral qui eft naturel aux parties , l'en-
tretient de matière ôc fait fubfîfter la chaleur naturelle) celui ci s'éteint s'il n'é
vient pas du nouueau,& ainfi la paitie meurt de nectlîité, & encor plus vîtc
Cl lesvênes qui accompagnent ordinairemenr les artères S>c leur font iointcs,
ontaufll part à leur mal par ligature, coupure, «îvc. quiempéchcnrla nourri-
ture d'y paruenir: mais cette caufe de gangrené eft fort rare veu que les artères
ont vne fituation profonde, finon qu'il y ai: quelque grande blelîhre qui les ait
coupé : Obf.yCentA.
OBSERVATION XXXV.
De U Çangrene ^pres vnefupprejfichn jtvrhe.
IL tomba vne grande defiuxion du Cerucau fur les vretcres k vn mien fils
de fept ans , iefquels furent tellement bouchés qu'il ne peut iamais for-
tir vne goûte d'vrine quelque remède que l'on y apporta de forte qu'il mou-
rut le fixiémc iour : Le corps ayant été ouueit on trouua les Reins auec toutes-
les parties des enuirons , enflammés & gangrenés : ^fi traiié de la gangre'm
chAp.^._
xS4 LiureTroifiémct/ ^
OBSERVATION XXXVI.
De la gangrené des intejiins.
VN Gentilhomme de 60. ans étant mort de dyfcnteric au cinquième ioùr,
on luytrouua lesintcftins entièrement gangrenés, airuremcnt a cau(^- de
lagrandeur de l'inflammation : i'ay ouuert quelquefois les corps de ceux qui
font morts d'vne iliaque paffion , aufquels i'ay trouuc l'omentum 5: les boyiirv
entièrement gangrenés : mais la grande puanteur empêchoit de rccercher plus
auant la caufe du mal : la même.
'_ ' » ... . ' ■ ■ ■ ■ — ■ — ■
OBSERVATION XXXVII.
De la gangrené aufoye.
LA femme du luge d'Obcrtad prés de Cologne porta 24. ans vn fchîrrc au
foye : ou appliqua deflùstant de remollitifs qu il s'y fit à la fin inflamma-
tion & en fuiîte vn fort grand abfccs qui fe comm.uiiqua aux mufclcs de l'ab-
domen &à la peau qui furent cxulcerés : ayant ctc demandé auec Monhcur Ar-
nould Maulius Profellcur à Cologne , ie rrouuiy vne fort grande tumeur en la
région du foye qui s'étoit rompue vn p:u auant nôtre ariiuée auec vne tics
grande puanteur, il s'y forma vn inlîgne vlcerc duquel il forcoic quantité de ma-
tière fanglante , fubtile tk extrêmement puante ts: en mcm- temps plulîeurs
lambeaux de l'omentum &: quelques lopins du f^yc entièrement gangrenés, il
mourut quelques iours après : on voit par là qu'il fautfuiurc le confcilde Gi-
lien au 5.1iurc ch.i\).i.deJ?mpL meâlc fACult. qu'il ne f. fiur pas icruir de remolli-
tifs fur les tumeurs rchinreufcs/cc qu'il faut aufli entendre de celles qui font aux
parties externes veu qu'elles en dcuiennentplus malignes &: fe conuertilTcnt en
chancres; la même.
OBSERVATION XXXVIII.
De la gangrené anx parties Génitales.
^N enfant de trois mois deMonfieur Dauid Claude Miniftre à Genctie
/ auoit vn abfcés en l'êpaulc droite; ayant été dcnvandé auec Mônficur Ican
Anthotnc
des Vlceres , Gangrené, &c, 2.^5
Anthoine Sarrazin , ic fis entendre que la matière étoic plus que meuret ceux
qui éroyent la prefents , mais ils ne voulurent pas permettre qu'on fit incifion,
le lendemain nous trouuames la tumeur fort diminuée , & reconnûmes
que l'humeur dccendoit en bas : ayant ouuert la tumeur , il en fortic quelque
peu de pus & elle s'abailfa , l'humeur decendant peu à peu au bas ventre & fur
les parties génitales ou il fe forma vue gangrené par extinction de chaleur na-
turelle : la mortification entière fuiuit & par après la mort : ObfertMtion 8i.
Cent.i.
OBSERVATON XXXIX.
De la gangrené après vn Eryjtpele.
VN Payfantrauaillc d'vne Eryfipclephlegmoneufe en la main gauche, I'ok
gnit quelques iours durant par le confeiid'vn barbier auec de l'huylc ro-
fat : après quoy les douleurs , rinflammation,& les autres accidents augmcn-
toyent de pUs en plus , de forte que toute la main deuint gangrenée : m'étant
venu trouuer,ie le guéris par fcarification & par \q^ autres remèdes qui feruenc
à la guetifon de la gangrene:on voit par la combien eft dangereufe l'huyle aux
inflammations comme dit Galien au cinciuiémelmtc, de Jtmpl.med.facHli.Oi^f,
%2.*Centti-
OBSERVATION XL.
*De la gangrené après "jn Tubercule §h bonten.
I L y a quelques années quVn Gentilhomme Bourguignon de la famille àçs
iVuattenuille fort âgé mais pourtant de bonne eonftitution,étanrvniour fore
trauaillé de la goutte au petit doigt du pic , fe perça luy même auec le canif vn
bouton qui y ctoit , mais l'ayant porté vn peu trop auant & peut être atteint
les parties nerucufes,la douleur augmenta & yfuruint incontinent inflamma-
tion,gangrene,& mortification.- quoy qu'il eut fon Médecin & Chirurgien or-
dinaire il en fit cncor venir des Prouinces voifines , lefquels conclurent qu'il
faloit venir au dernier remède: la iambe fut coupée au iarrct.maisneantmoias
il ne tarda pas à mourir après l'Opération: Lettre So.
Ll
t66 Liurc Troificme
I
OBSERVATION XLI.
De la gangrené es îanées des hydropiques.
L'An 1604. Monfieur Philibert Ruerat du Confeil de la Ville de Payer ne
âge de 60 anSjCtoit trauaillcd'vnchydropilîe incurable : A Ton inftancejic
liiy Icarifiay les iambcs ( après auoir fait le prognoftic de réiienement dange-
reux &c douteux) il en fut foulage pour quelque temps , & la toux de laquel-
le il ctoit fort importune , diminua beaucoup , mais enfin la gangrené y
vint de laquelle il mourut comme endormi. Traué de la gangrené cha-
pitre \\.
OBSERVATION XLII.
De la gangrené après vne Contujîon.
LÈ2i.Iuillet 1(^07. Efthienne Toppin Bourgeois d'Eftauayer Villette furie
bord du Lac de Naïf Cliaftel, âgé de5o.ans> robufte&dc bonne conftitu-
tion, ayant voulu luy m.cme dans les grandes occupations de là moilfon mener
vne charrctteVuide,& ctanttombcpar terre en courant, vne roué luy déchira
la partie interne de la iambe gaucheji'os fut découuert de Ton période à la gran-
deur de la paume de la mainjfans que l'vn ni l'autre fut rompu ni fendu,de for-
te qu'il s'en alla à pié à la maifon qui en c'toic éloignée de demi heure: ayantétc
demâJc le rricme iour,i'oignis à Tinftant toute la ïambe & la cuilîe auec huylc
rofat , & mis fur la j laye le digeftif fuiuant après l'auoir laué de vin rouge &
d'eau tic de pour ôterla poiidicre & l'ordure: 1^ T erebintb.lotoc^i.cerdi. 5 ^.gurri'
elemi 57J. 0/. rofar. },i&. ol.de vitelLomr.^i. dijjolne igné lentifflmo poji admifcecro-
ci ^fs.vitellos cuor.num. 11. Et pour empêcher la defluxion i'enuelopay tout<
la cuiirc auec vne bande trempée en oxycrat : le luyordonnayaufli vne bonne
façon de viure & fobre, ik. pour fou bcirc il vfa d'vne decoârion d'agrimoint
& de véronique : ainfi la douleur s'appaifa fort&: palfa cette nuit la auec afsc:
de tranquillité : ie luy oignis auflî deux fois leiour toute l'épaule gauche auec
huyle rofat parce qu'il y fentoit de la douleur , quoy qu'il n'y eut aucun fîgn<
de contufion, de forte qu'elle cclîà en deux iours : le 22. de luillci ie luy bailla]
vne potion purgatiuc qui le mena doucement : vn pen après auoir défait la li- .
gature, les f gncs d'vne bonne fuppuration commencèrent à paroître : i'y remi .
doncencor du même digcltif <i< oigni;? toute la cuilfe auec huylc rofat, ban
des Vicercs , Gangrené, 5c c. 1^7
xlantle toiitauec des linges trempes enOxycrat : fur le foir ic reiceray le même
appareil, il dormit bien cette nuit la:le 23 luillet ic luy ouurîs de bon matin la
bafiliqne du bras droit &: tiray cnuiron Cix onces de fangtayant ôrc hs bandes,
ie trouuay à propos de couper cette partie de la grciic qui ctoit déchirée &c
rt."parce du refis , ce qu'étant fait <$c ayant l.iuc l'endroit ou auoit ctc faite la
fcdtion auec vinaigre & Tel, ie mis de mon Mgypthc fur la racine de la pourri-
tLire , & fur l'autre partie de la playc du digcliîf, & en fuite le cataplafme fui-
uant quirefîftc à la pourriture. ^. Far.fil^ar.liv faits m^r.liÇ'i.pHlH.fHmmit.ab-
fynth.vHlg.fcord/^itr.THtA an.y. co^ue'm oxymeLfimpl.f.caîapl. addefubfinem myr-
rhty ahesan.'i^.m. le me feruis encor de cette procédure le foir , mais comme
il crut qu'il ne dormiroit pas pailibicment lan'jitTuiuantejie luy donnay quel-
ques grains de laudanum : il n'eut point de douleur cette nuit la mais il dormit
paifibl :ment : le matin du 24. Juillet ayant défait la ligature , ie reconnus que
la pourriture êtoit arrêtée & que la gangrené n'alloit pas plus auant , mais
pourplusgrap.de alFurance ic coauris toute la partie iufques à la racine delà
pourriture auec des plumaceajx trempes en mon ^gyptiac & du cataplafme
fjfdit : il n'y auoit ni intempérie ni enflure ni douleur , parquoy ie m'en allay
chez moy : fur les trois heures après midy il luy vint tout à'wn coup vne très
grande douleur en l'autre partie de la iambe alTauoir fur le dcuant : l'étant ve-
nu trouucr vers les neuf heures du loir, ie reconnus qu'en effet il êtoit trauaiilc
dettes grandes douleurs quoy qu'il n'y eut ni intempérie ni enflure , parquoy
meramenant en la pensée le dired'Hippocrateauliarede Vulner.capitis, afla^
uoir qu'il faut que la chiir meurtiie fe pourriffe & conuertille en pus , ie con-
tinuay m.i pointe 3c y mis derechef du digcftif, i'oignis la iambe d'huyle rofat
& luy donnay derechef à l'heure du fommeil vn peu de laudanum. , m.ais tant
s'en faut qu'il peut rcpofer , qu'il m'cnuoya demander à trois heures de lanuk
pourfçauoir s'il y auoit quelque rnoyen d'àpaifer la douleur : ayant donc dere-
chef défait la ligriture, ie vis que la partie de dehors de la iambe ctoîc en quel-
que façon liuide, mais comme la douleur ctoit grande (Se que icn'auo) s pas
autrç chofc ie hs vn cataplafme de mie de pain cuite en laie auec des iaunes
d'œufs èz vn peu de beurre fraisjainfi la douleur fut vn peu adoucie &: i\ rcpola
quelque peu:Lc 25. vers les fept heures du matin ayant déplié les bandes,ie trou-
uay que la greue ctoit noirç(S^ mortifiée de la grandeur de la paume delà main:
ie retournay donc promptcmcnt à Payeine pour en apporter ce qui êtoit necef-
laircjd'où ie reuins fur le midi , alors le malade s'écria pîeuft à Dieu que vous
cufliez apporte vnc fcie,car il faut couper cette iambe afin que ie puilïè être de-
liuré de ce tourmentirayant donc débandé derechef, ie trouuay tout le dehors
de la iambe & le pic Iphacclé auec des grandes veflies noires pleines d'eau
femblableà cclle.ouon alaucde lachair : cependant en quelques endroits il
y auoit de grandes douleurs qui ne donnoycnt point de relâche : A la re-
quête donc âizs amisC^ principalement du malade ic m'en allay derechef à la
Ll i
xsS Liurc Troifiéme
maifon pour en apporter tous ks inftrumcnts neccfTaircs ï couper la iambc
& fus de retour fur les deux heures après midyjalorsje trouuay que toute la iam-
bc cîoir Gangrenée hormis à l'endroit de la playe fur lequel i'auoismis de Vj^-
giptiac les iours précédents & qa'cUe ne pouuoit plus être coupée en vn lieu
lain : ayant porte le rafoir en va endroit au dclfus du genoiiil pour en ôter le
poilji'entcndi jvn certain fou comme s'il y auoit quelque chofe de vuide de(Ibus,
reconoilTànt par là qu'il y auoit quelque mal cache defîbus, ic fis entendre à Tes
Amis qu'il ne feruiroit de rien de faire la fedlion & qu'ils demandallent confeil
à d'autres McdecinstSc Chirurgiens,^ deux heures après ayant défait la ligature,
ie vis que l'endroit ou i'auois remarque ce Ton êtoit entièrement mortific:vers les
dix heures de la nuit il Iny vint vne vcflic de la groflèur d'vn œuf en l'aine vers
les bourfes qui êtoit pleine d'eau femblable à celle ou on a lauc de la chair , la-
quelle étant ouuerte on voyoit la chair qui êtoit dclTous noire & ga»grenée:en
rcfpace de deux heures le fcrotum vint gros comme la telle & fut auffi Gangre-
né: & luy étant venu vne ûaeur premièrement chaude ôc puis froide , il mourut
qiiafi en parlant enuiron les trois heures après minuit,quatre iours & onze heiw
rcs après le commencement du mal,&: vint-quatre heures après que la Gangrène
«ut commencé à paroître. Apres la mort tout le cofté 5c la tête enflèrent peu à
pcujdc forte que le lendemain comme on le voulut porter enterre il falut agran-
dir la biercàl vint fous l'hypochondre gauche vne veflie qui etoit de la grolîèur
^e la léte pléne d'eau noire & fanglanteal luy fortit au{îî par la bouche & par .
les narines de la même eau en iî grande quantité qu'elle couroit à ruilfeaux par
la chambre,auec vne fi grande puanteur du corps mort que chacun prit la fuite:
dés le commencement du mal iufques à la fin de fa vie , à pêne y eut- il aucune
fièvre ni aueun accident de fièvre comme douleur de teftc & de reins/oif,feche«
reife de langue ni même changement au pouls : neantmoins les vrines furent
çouiours fanglantes.
On peur douter en cette HilKoire i.fi cette Gangrené fi furieufc & qui n'a pas.
fa femblable^cfl: venue de cette contufion ou de quelque caufe interne ôc'cachce:
i'ay de la pénc à croire qu'vn fi horrible mal foit venu feulement de la meurtrif-
feure , car premièrement la contufion, quoy que grande, n'êtoit pas propor-
tionnée à la grandeur de la Gangrené , car il n'y auoit qu'vne fe|Niration de
la peau & de la membrane charnue d'auec le mufcle qui eft delfous , de forte
que ce grand rameau qui fe va rendre à ce mufcle qui fait le dedans de la
Greiic ( & eft le premier en rang de ceux qui remuent laiambe ) & décend fa-
perfi.icllement,n'étoit aucunement déchiré ou, rompu quoy qu'il fut entière-
ment à dccouuert : & pour cette caufe', cette partie de la peau qui êtoit dé-
chirée 5c ftparée d'auec les parties de deiFous, ne reçeuant point de nouri;iturc
a été necefiairement entachée de Gangreneimaisicelle ayant été coupée , clic
a, été entièrement arrêtée fans qu'il en ait paru par après aucun indice iufques
kcc qu'elle fc foit empare de toute ia cuilTc : fccondement , fi la gangrené fut
I
des Vlcercs, Gangrène, ôcc, 2.^9
Venu en gagnant du dedans au dchois de la Gieuc 3 il cft plus clair que le So-
leil que la blelfure eut ccc la première entachée de gangrené auant que paflcr
aux parties voi(îiies , mais ie ne pcus pas comprendre comme cela eut peu ar-
riuer fans qu'il y eut eu douleur, inflammation,vS(: grande enflure : or des la pre-
mière nuit iufques au troificme iour il n'y eut ni douleur ni inflammation af.
fauoir à proportion de la blelfurc, mais tous les lignes d'vne bonne fuppuration
s'y rencontrèrent ■* outre qu'il n'y eut iamais aucune apparence de meurtriiru-
rc au bout de laGreue : 3. cette gangrené n'a pas peu palier dés la partie exter-
ne de la Greuc iufques à la cuiifc lans infcdcr les parties les plus proches l'vnc
après l'autre, mai* icy elle a attaque & la iambc ôi h cuillè ^ l'aine îk le fcro-
rum quafi en vn moment , lailfant des parties entre deux fans y toucher : cette
meurtrilUire donc de la cuilfe a êtc à mon aduis vnc caufc aidante , mais certai-
nement ie croy que la principale a êtc quelque humeur veninacufe que la
nature a chafsc en ces parties : car quoy que cet homme ne fut pas beaucoup
fuietà être malade , neantmoins comme la roiie auoit pafsc fur tout vn colle
f veu qu'il auoit mal en l'épaule J il s'eit peu faire aisément que quelque fang
caillé Se pourri en quelque endroit s'cll conucrti en ce dangereux venin , 6c
qu'ayant été chafsé par lanature»ce cruel mal s'y eft engendre, car ilarriue par
fois des cruels accidents à caufe du fang caillé , comme dit Fernel lequel alFu-
rc auoir veu des parties gangrenées fans aucune caufe externe', fans tumeur ni
rougeur, après vue tres-gtande douleur qui a précédé, laquelle enfin a emporté
le malade fans fièvre & lans de grands accidents j comme cela eft ariiué en ce
malade.
De cette doute on peut entrer en vn autre, comme c'cft que la nature à peu
challcr aux parties de dehors cette matière il maligne fans auoir cauisé déplus
grands accidents comme fièvre, fyncope &c. Sc le garder au dedans 3. comme
il s'cû peu faire que la tefte &c tout le corps mort , hormis la cuilïè droite , fc
foyent enflés fi prodigieufemenr, veu quetoutesles facultés font abolies.
%jJponfe dié Doéfeur Gregorius Horjimsi
IE crois auec vous que cette étrange gangrené, ôc qui n*a îamais eu de fcm--
blable, ne vient pas de la feule contuiion, mais il y a eu quelque caufe inter-
ne Ôc cachée par lesraifons que' vous mettes en auant , principalement fi on
confidere la feule contufion de la cuiflej &»cn accordant qu'il y en a eu vne Gé-
nérale de tout le corps , veu que la roiie a pafsé fur tout le coftc, ce que ie con-
ic6lure non feulement par la douleur de l'épaule , mais auflî par l'vrine qui a
ctc fanglante durant toute la maladie, ce qui n'a peu arriuer que par vne con-
tufion vniuerfelle:quc fi elle a été telle, il ne faut pas s'étonner fi le fang qui s'eft
caiilc autour des parties externes s'cft conucrti ço ce yçoin/î peûileutid.
U y
170 Liure Troifiéme
L'autre qucftion mérite vn plus grand cclaiixiiremcnt , comme c'cfl: que h
nature a peu retenir fi long temps vnc matière peftilcnci^lle fans faire de plus
grands accidents, & cncor plus fans la porter plutôt au dehors: cette queftion
a du rapport auec celle ci j airiuoir s'il fe peut engendrer du venin en nôci-e
corps fans qu'il s'y face vne grande pourriture aux humeurs: Sixonia eft de
cet âuis lih. de fhœnigmis cap. 8. vcu que ce n'eft: pas de l'clicnce du venin à'b. rc
engendre par pourriture, car l'expérience fiit voir tous les' iours qu'il s'engen-
dre des cflTcdions pcftilcntielies fans qui'l y ait aucune pourriture , & Galicn
fembleauoir ctcdecctâuis quand il dit , qu'vn peu de. faliue communiquée
par vn chien enragé peut croupir fix mois entiers dans le corps fuis fe maiii-
fefter par aucun figne, mais que la mauuailequalicé qu'elle y aimprimé venant
à augmenter , fe déclare par après, ainfi &c. Ainfi par même railon quand il |
s'cft engendré dans le corps de quelque animal vne humeur corrompue , peu à
peu & parfucceflion de temps quelqu'vne des parties nobles, fe trouue inte-
refsée & en luice tout le corps en cil incommodé : Colur-ih. lib. i. defsb. pejiil.
tient la negatiue de cette queftion , fondé fur l'authorité de Galien qui a cette
opinion que iss humeurs venimeules ôc malignes ne s'engendrent pas en nône
corps en vne autre manière que par vne grande corruption; il le prouue auiTi
par raiions, parce que les chofes qui font félon nature ne pcuuent pas acquérir
des qualités immédiatement contraires à nôtre fubftance que par le moyen d'v-
ne grande corruption,ne regardant pas tant à l'excès de la pourriture qu'à la i
qualité d'iccUe : M^is comme Saxonia ne veut pas qu'on entende vns fimplej
pourriture & ordinaire , <3c que Columba entend vnc certai.ie grande corru-[
ption formelle , trcs diiierente de la commune ; ie croy que l'on peut accorder
ces deux opinions , en dilant que le venin ne s'engendre pas en nôtre corps d'v- jl
ne fimple pourriture des humeurs félon la première opinion, mais d'vne fpeci-j
fique ôc particulière corruption très véhémente & Hialigne , félon la dcrniere:[
ceci étant prefupposé, iercfpons à la queftion comme c'cft qu'vne fi maligne
corruption a peu être engendrée fatis faire des plus giandï accidents , ie réponsi
di-je auec Hipp. lequel parlant d'vne pourriture maligne , ceux,di: il, de qui 1:
tcte êtoit attaquée de quelque chofe de fcmblablc , elle deuenoit toute chiuue,
comme aufli le mcnron & les os fedccouuroyent ôc venoyent à tomber , il y
eut auflî beaucoup de defluxions, quelquefois il n'y auoit point de fièvre .• O]
tous ces accidents faifoyent plus de peur que de m.al,car en ceux en qui fe faifoii
fuppur>ation la plufparten cchappoyent, quanta ceux en qui vnc inflammatiori
ou Eryfipcle venoyent à dilparoitre/àns fe terminer en vne telle lorte d'abfcés.
la plufpart en moururent; femblablement quelque partie du corps qu'ils aycn'
parcouru * il atriuoit ou que les bras de tout le coude venoyent à tomber à h
plufpart, ou qu'à quelques vns le mal fe ietcoir fur les coftésou fur quelque par-
tie du deuant ou du derrière: en quelques vns toute la cuifiè , la iambe,ou le pii
/c découuroyent:Galien au Commtntaire,palfe plus auant dilant,qu'cn quelque ^
vn
des Vkeres, Gangrené, 2>cc. 171
! vns aurv]uc:ls cette pourriture ctoit en la fiiperficic, les parties dcucnoyent tabi'
j tks fans lîcvrc &c.ll cft; donc clair qu'il fe peur faire vne telle corruption des hu-
i meurs en nôtre corps qui tienne du venin Se corrompe la partie fans cnuoyer
des vapeurs putrides au cœur, parce que le venin eft de plus grande adiuitc que
lapotirriturr,principniement quand telle corruption fe fait en des parties qui
font éloignées du cœur Se des moins confiderablcs : par ou on voit pourquoy
: c'cft que ic fang lequel s'éroit amafic après cette meurtrilfare autour de la cuit
fe & de l'abdomen a âquis vne fi grande maligniré'ians auoir cause de plus con-
fiderablcs accidents : car çacrc eu des parties éloignées du cœur & des autres
parties nobles & fort difposccs à fe corrompre fclon l'aphor-iédu lieu fus allè-
gue où Hippocr. dit que cette putrcf.idion ou corrupiion a été la plus grande
au'our du Pcnil 2c des parties houteufcs, parce que comme ditGalienau Com-
mentaire,la pourriture fe fourre tres-aiscmcnt en ces parties qui par confequenc
fe corrompent facilement: a quoy faut âiourer que la faculté vitale êtoit robu-
fte en ce malade5partantlecœur,qui effclafourcedevie,a ctc malaisément atta-
que,alïauoir les premiers iours quand la m.alignircs'cft faitte es humeurs dans
des parties éloignées; car comme ceux qui font dVne forte conftitution Se ont
beaucoup de chaleur naturelle,tombent rarement en maladie , mais quand cela
leur arriueils font dangereufcmcnt mcladcs , parce que leur bon naturel refiftc
vaillamment aux cau(cs moi bihques & ne peut éere âbatu que par vne grande
violence , ainû en ce malade la nature a reiiftc aux fymptomes ou aux effets de
cette matière corrompue iufqu'à ce qu'elle ait êrc enfin opprimée fans qu'il y
ait eu des grands changements qui aycnt précédé.
Q|iant à cette monflrueufe tumeur de tout te corpç,PXceptc de la iambe droi-
te,qui eft arriuée après la mort, ie ne fçauroîs dire autre i-hofe finon que la mà-
I tiere peccante qui éroit par manière dédire bridée par la chaleur naturelle,
ayant été émue Se agitée après la morr,mon:ra cet effet de fa mrilignité, ne plus
ne moins qu'on voitfortir auxfcorbutics Se peftifi-rcs des eâches bigarrées après
la mi>ir: Se «e fait pas trouuer étrange que la iambe droite en ait été exempte,
veu que la^meurtrillcure n'a été qu'en la gauche Séc. Obfcru. 83. Cent. 2.
OBSERVATION XLIII.
De la Gangrené après '''Hie piqneure de mouche guefpe.
L'An 1387. vn ieunepayfin d'auprès de Laufanne robufte & fanguin fut pi-
qué par vne guêpe au côté droit de la face, afsés prés du petit coin de
l'œil. Se comme c'ctoir en cfté il furuint vne ii grande douleur Se inflammation,
qu'ayaHt été demandé le fîxiémc iour de la maladie, ie trouuay quafi toute cet-
te; partie dc lafaceliuide Se infedce de Gangrené : ie domiay vn lauemcnl^
2,^2. Liure Troifiémc
ie fcarifiay tout cet endroicie mis de l'iCgyptiac & autres médicaments contre
laGangiene,&lemcmeiourieluy tiray dufangaubras droit;lc lendemain iele
purgeay auec vn Cliolagogiie, aindlesTymptomes diminuèrent, 3c ayant réi-
téré quelquefois ce purgatif & applique les médicaments necelfaircs en vnc
Gangiene,il fut guéri.
En même temps vn Bourgeois deLaufanne ayant ccc attaque de même façon
& étant tombe entre les mains de quelques ignoiants , il endura de grandes
douleurs,non feulement en cette partie mais aulîi en toute la tefte : il fur enfin
gueri> mais la paupière de l'œil droit demeura renueisce à caufe d'vne cicatri-
ce: ôc qui fut le pis, l'œil &c latefte furent tellement affoiblis de ce mal que
quelques années après il en perdit entièrement la veuc, & à 'prefent 1614. on
promené ce pauurcaueugle de lieu en lieu. Obferu. ^o.Cem. 4.
OBSERVATION XLIV.
De U gangrené après vne Dartre.
MOnfieur de Noyon Gentil-homme François étant importuné dVne dar-
tre au poignet auec vnedémangcaifon continuelle «3: facheufe, vinrà
Montpelier en l'an 1595- où il fut traite par vn Chirurgien qui y mit plulîeurs
fortes de remèdes : enfin y étant venu inflammation , la Gangrené fuiuir de
laquelle il mourut, il étoit au refte bien confticuc au dedans : Ohfèruat, 90.
Centttr. 4.
OBSERVATION XLV.
De l'amputation de la caJJJ'e»
IE fuis retenu icy f à Copet fur le Lac de Gencue ) auprès d'vn ieune homme
MomméVtbain ^adans, quifut faifi deDyfcnrcricil y a trois mois : fa
maladie fut très rnde,contagieurc,&: maligne , car en même temps la mcre &
deux fils tombèrent malades,mais comme ils ne fe feruoyent d'aucun Médecin,
la merc mourut auec de grands tourments j le fiilsaifnc fnr remis peu à peu
par la force de la nature. Quant à nôtre maladc,commc le flux de uenire fut ar-
refté peu à peu &c que chacun croyoit qu'il auoit échapé , ne penfant rien qu'à
luy faire reprendre les forces , le voilà attaqué de nouueau d'vn très grand ac-
cident, car il luy vint de la douleur tout à coup au talon droit laquelle inconti-
nent faifit tout le pié : elle étoit fi violente qu'il êtoit contraint de crier iour
& nuit, fans qu'il y vint aucune enflure; il n'y (knwlt aucune chaleur , au con-
daicc
des Vlceres, Gangrené, &c. 175
traire il y auoic vn grand froid, fâcheux (Scfenfiblcjà caufc Jeqiioy on tâchoic
. de le luy êchaiifcr auec des linges ôc des tuiles cchaufces , mais en vain , car la
douleur Se les autres accidents augmentèrent tellement , qu'en peu de iours la
chaleur naturelle venant à s'creindre, la Gangrené y vint : elle faific peu à peu
route la cuilFe iuftjues au genoiiii fans auctuie marque de chaleur ni d'enflure
en la partie : le fphacele s'arrcfta au iarret ou il lailià vn vlcere très fordide, le-
quel s'eftantfaili de tout le genouil, il rongea tellement la chair & tous les
ligaments , que les os du genoiiii 2>c h recule en cftoycnt entièrement feparcs:
mais au reftc quoy que le malade fuc extrêmement exténue à caufc de cette
grande Dy(enterie& que les forces luy defailHlfcnt prefque cnticremcnr, à rai-
Ion de la puanteur qui étoit Ci grande que pc;rfonne ne la pouuoic foufdr , <3.:
que pour ces raifons chacun dclefpcra de fa fintc , neantmoins comme il ne re-
Itoir que ce feul recours, alïauoir de couper le membre pourri, on me demanda
enfin mon âuis : ie coupay donc la ïambe en la cuiilc le dernier du mois p.ifsc:
l'Opération fut pénible ôc difficile , car les nerfs écoyent tellement retirés & le
genoiiii courbe vers la poitrine qu'il touchoic piefqacs le menton: or ayant mis
le malade fur vn banc, il fe rompit une véne au iariet,de laquelle il fortit abon-
dance de fang , & confiderant qu'il n'y auoic rien plus à âprehender en ce ma-
lade que l'htemorihagif, 6c qu'il n'y auoic point afscs de temps pour attacher
la cuilfe au banc , l'ayant incontinent empoigné de la main gauche, ic coupay
lâchait iufqu'àlos delà droitce, non aucc le Rafoir , comme on fait ordi-
nairement en ceux qiiiiont robuftcs ôc pleins de fang , nais aucc vn Cautère
atluel fait en forme de couteau , voyés U figure i. de la table 6.
Par ce moyen ic coupay en même tépts la chair ts: arreftay le fang:ayant cou-
-pé la chair iufqncs à l'os , ie pris la fçie de la main droitte & coupay hcureufe-
ment l'os: C^ quoy qu'il y eut delà dfrticuké en l'Opération, fi eft-cc qu'il n'ar-
riua rien de iînilhe par la grâce de Dieu: le iour fuiuant ayant déplie les bandes
de dedus le tro!)C, ie trouuay les mulclcsf qui auoyent couuert l'os après auoic
toupc le membre J tclk-mcnt retires vers la cuilîc, que l'os palfoit la chair de
plus de deux doigrs de largeur , de forte que i'apprchende que cette emincncc
ne donne d'or en là quelque fàchvric : ie fuis maintenant occupé à luy repa-
rer les forces.?»: à corriger les accidents qui font grands,lef.iucls m'obh'gcnt à
demeurer quelques iou^is auprès de luy, après quoy ie m'en iray voir le malade
duquel vous m'éciiucs occ. 4. Février 1614.
Eftant rcuenu de Bellay à Copct le i5.Mars,ic ne me propofois pas autre cho-
fe que de le trouuer mort,, car outre que ie l'aucis laifsé entifrcmenc dcnu^ de
forces, il y auoic aufiî des lueurs hoidcslcf.jueiles, au dire ù'Hippocrite , font
vn auantcourcur de la mort, ficft-ce que contre toute dptrance ie le trouuay
bien portant: mais ayant regarde le tronc, ie visqnc l'os de la culife paiîoii cw-
cor la chair, à cauledequoy étant en vue nouuellc pciK, il me vint en la pensée
Mm
174 Liure Troifieme
de le couper: ie fis donc tous mes prepaiatifs pour lc4endeinain,iS^ ayant îTi îs la
fçie fur l'os, ie reconnus que la nature l'auoii: dcja fep^rc, ce qui me fie changeu
d'ânis 5c ne voulus pas trauaillcr d'aaaninge ce garçon qui cicmbloic de peur,
iedemeuray quelques iours auprès de luy 2c appliquay des médicaments qui
ont la faculté d'attirer les cfquilies; ierébiaiiiois tous les iours doucement de
côte »3^ d'autre: ainfi quatre iours après mon arriuée, ie tiiay ce grand os entier
fans douleur & fans qu'il ("ortit vne goûte deTang: ien ay voulu rcprefenter icy la
forme & la longueur: vojèsiafg. j. de la table 6.
A la partie de l'os vers le gcnouil où il auoÏL êcc coupé.
Déi la lettre A iufqucs à 13 tft la partie de l'os qui a été dccouuerte de chair
quafi deux mois entiers : car après rOpciation les mufcks s'éroyent retirés
vers la cuilfe , de lotte que l'on voyoit l'os toiU nud 6c îDcmedécouuert de foii
Période.
Vne partie de l'os des B iufqucs à C êtoit demeurée caclice dans les mufcles,
iufques à ce qu'en fin par le bénéfice de la nature il fut feparc quail au milieu
de l'os de la cuilïè : or il faut admirer que la nature ait feparc elle même cet
oSjVeu qu'il eft fi dur<3c folide & que le malade êtoit fi foible de fon naturel,
ce qu'on ne pouuoit pas efi^erer à caufe de l'âbatem-ent des forces, outre que la
vertu des médicaments n'a pas peu paruenir iufques là : mais il y a de la diffi-
culté à dire comme c'eft que l'os a été ainfi dénué de chaire de fon Perio-
fte, voici mon opinion : les mufclcs tiennent & font âtaclics aux os par le
moyen àzs fibres>des tendons & du Perioftc; or quoy que la mortification n'ait
pas pafsé le gcnouil , où il s'cft termine en vn tres-fordidc vlcere paî" vne proui-
dence delà nature, ncantmoins la potu:riturecft monté plus haut 6c apoité Ces
racines iufques àl os delà cuilîè ou c'eft qu'elle a dénué l'os de fon periofte, pas:
là on voit combien eft dangereufe &c abfur^Je l'opinion de ceux qui veulent q^uc
l'on coupe le membre moïc fur lepourri S>lc. Oh/ernat, ^\. Centnr. 4.
OBSERVATION XLVL
2)f la Gangrené après vne rétention d'vrine.
VN Gentil-homme étant de retour d'Angleterre en ce pays, s'cftplaint fort
fouucDt d'vne ardeur d'vrine ôc quelquefois (ï\hQ rétention , mais ayant
pti-. les cmulf oiis que vous luy aucs ordonné & reçeu quelques lauements &
fuppofitoircs, il ;■» cté bien rot remis : il fcndt toutesfois deux ou trois mois
auantfawak.'-iccnlaparriegr.uche du périnée iufques à ce que l'abfcés s'y rom-
pir,vnc doukur piquauce quoy qu'elle ne fut pas beaucoup véhémente; au com-
menccrrnenr d'Avili de raunecj prcfentc tfaysut pas bien obferuclc régime que
vous iuy auics doruiC & pris va p^u trop d'cxcrcicçjii remarqua certaine puan-
' des Vlccres , Gangrené , ôcc, 175
tcur en (on viînc, laquelle augmenta reilcmfnt peu à peu que l'on peut trouuer
étrange comme cette pouiriture a peu être cachée fi long temps dans le corps
fans auoic apporté fiévic, nausée ou autres accidents: en même temps on vie au
foncidcrvrincvne certaine matière vifcidc femblablc à de k i'cmenccde grc-
noiiillcs:au mois de May pafsc étant allé aux Alpes pour y voir l'es métairies. Se
ayant été obligé démonter Se déccndre par des ro:hes âpié &s'étant grande-
ment échauffé contre ia coutume, les accidents furent bien plus violents qu'au-
parauant, comme il fut de retour à Bernejielay fis prendre des emulfions Se rc-
ceuoir quelquefois des iauements faits auec du lait comme vous luy auiés or-
donné: ie luy oignis les reins auec des onguents Se huylcs rafraichillàntes , &c
quelquesiours après ieiuy fis prendre vn purgatif de la bile & tiray du Ca.ng au
bras , Se comme ie remarquois qu'il rcndoit abondamment de cette matière
gluante Se foetide auec l'vrine , ie luy confeiilay de prendre quelques ioiirs de
fuite du petit lait fucré : m'étant ferui de ces médicaments 14. iours durant Se
luy ayant fait tenir vnc façon de viure bien fobre , comme il fembloit que tout
alioit bien, ia puanteur de l'vrine commençant aulfi à celfer, ie m'en allay à So-
leurrc Yoir Madame Mcron femme de Monfieur l'Ambaiîàdeur duRoy:vn peu
aptes le mal deuint fans comparaifon plus rude Se violent qu'auparauant , car
non feulement il futfaifi d'vne fièvre très ardente Se continue auec rétention
d'vrine, mais auflî il fe fit inflammation au périnée: ce qui l'obligea d'appe-
ler en mon abfencc le Dodeur Rex, lequel fe feruit aufiî d'emuifions Se Iaue-
ments, oignit la partie auec des huyles conuenables. Se Rit obligé de le mettre
au demi bain à cauic de la violence de la douleur : 'cependant îc fus demandé
Se. à m.on retour ie trouuay le malade quafi en l'agonie, car ia fièvre ctoit fort
violaite , il y auoit des fréquentes défaillances, des nausées , dégoût , ardeur
d'vrine Se rétention auec quàfitous les fignes auantcoureurs de la mort : l'in-
flammation qui ctoit au périnée ctoit à peu prés de la grollcur d'vn œuf
d'oye auec grande douleur pungitiue , tumeur Se dureté du Scrotum Se de la
verge:le Docteur Rex auant monarriuées'étoit ferui de remèdes Anodyns5c
Refoiutifs, mais en vain, partant nous fûmes obligés de venir aux fuppuratifs.
Nous mîmes donc ce Catnplafme , '^. Rad & fol. ?nalu£ , Alih. an. m, j. co^ue
& pifiaf. a. addcfar. TrJiic. ^P.far.fem.fotnHgr.&linian.'^]. butyr. rec. ol.
lilior, alb- & vng. Dia/tb. an. ^i^. croci 5/5. vltsU, oiior. narner. ij. m. applica ca-
liàè bis vel ter in die : le vint-neuf de May l'abfcés's'eftant rompu au Périnée
Se au beau milieu, il en fortir tant de pus pourri & puant que toute la cham-
bre fut remplie d'vne odeur comme de charogne : cette puanteur dura
quelques iours, car cette pourriture gangrenée étoit fi grande, quetout|le
périnée tomba mort ou il refta vn grand viccre : ie mis dQÎ^ns ce qui relllle
à la pourriture . Se lur l'vlcere de mon onguent iCgyptiac auec du cliarpy Se
deux tentes defquelles IVne montoit vers le fcrotum & l'autre décendoit
vers le fondement , mettant ce cataplàme par dcirus , 2C. far. lupin»
Mm z
17« Liuie Troificnne
& fab.^y. nn.'^il.ptilu.fmnmlt. Abfjnth.fcorâi] y rut£ iVi. '^ij. cocjne in osymel.
Jimpl.f. CAtnpl. calenti adde alc'és , mirrhét an. ^lis. ic coiipy ia cliaii n:iortc aiicc
dcscilciiiix ik Icalpcilcs prop:csà chaque Fois que ic viiitois l'vlcerc ; ie ncc-
rovois le pus aiicc des plumaccnux d'cpongc nempcs /;; deco^o fcordii , Euts'»
Jbf)nih. lupin, addnofzk : ninfi.par la grâce de Dieu , la pou! ricure s'âiicra
en trois iours fans pnllcr plusauanr, 6^' quiccay iVÊgvptiac en lieu du.jucl ie
fne fcruisdVn liniincnc faitaucc poudie d'Aiiftolochie rotide , Iris flor. Angé-
lique , Aloës, Myrthc , extrait de fcordium mêlés auec vn peu de iaunc d'œuf,
mais ic me feruis duCataplafmc trois femaincs amant : or non feulement la
peau ^ la chair du Pctinéc furent ronges par la pouriicurc, mais aufîi il en for-
tir plullcurs mcrrbrancs pourries qui ctoycnt alluremcnt des taiiit]ues du con-
duit de Tvrine lefqucllcs il nous falut couper «^arracher , ce qui fut caufe qu.e
prefque toute fon eau fortit par i'vlccre vn long efpace de temps : vers le com-
mencement deluin le tubercule qui êtoit au milieu de la verge au cote droit,
lequel au commencement du mal êtoit vn peu dur, fe termina en abfccs,
qui fe rompit aufli peu de temps après faiis neantmoiiis pairec iufques aa
conduit de l'vrinc, parquoy ayant m.is dtlîus des emoUients, des digcftifs
&desmondificatifs> il feconfolidabien tôt : trois iours après que ce tuber-
cule fut rompu en ia verge, l'humeur qui auparauant êtoit épanduc partout
le Scrotum , fc icttaau bas d'iceluy vers l'vlcerc du Périnée, ou il fe fit vnc
eminencc dure, maii y ayant mis des fachcts emollicnts , de l'onguent de
Ahh. de l'Emplâtre ex jneldoto . la matière qui s'y êtoit amafscc fe vuida peu
à peu parTvlcercdu périnée: icclui ayant été fuflîfammcnt mondifié de cette
chair pounie & de ces membranes gangrenées , nous nous feruîmes d'vne de-
codion vulneraiic faite de Pyrola , ^lchymllla,fanicHlc.,confolida farracenica
jirternifia cr Beu rubr, cum n^ino rubro au/Iero en cette manière j le malade
en buuoit vn trait trois heures auant dîner & vn après fouper,nous en faifions
iniedion chaudement deux fois le iour dans Tvlcere & m.ettions dedans deux
tentes trempées en icellc : enfin nous mimes vn linge double trempé en la mê-
me decodion: nous n° nous contentâmes pas d'en verfer dans l'vlcere auec la^
Syringue maisaufll nous fifmesiniedion dans le conduit de l'vrine , &c pour le
faire plus commodément nous fifmes faire vne Syringue à b-"c courbe.'Ceci eft à
remaïquerquequoy qu'ilyeut vne grande pourtiturcjqueneantmoins le fphyn-
dcr fut touîioursfiin 6: fauf, carie malade put toufîours retenir fon eau même
au plus foit du mal, &: pourtant l'vlcerc qui décendoit vers la vcfïie êtoit pro-
fond &: alloit iufques aux glandes proftatesjlefquelles ie croy auoir été incom-
modées long-temps auparauant , or à chaque fois qu'il rendoit fon eau , elle
fortoit en partie par la verge, en partie par rvlcerc, mais fans difficulté ni dou-
leur: il fe ferait de la deco6tion trois mois durant, de forte que l'vlcere fut peu
à peu entièrement confolidéfans qu'il y foit refté aucune fiftuleroutrc les remè-
des topiques, on ne lailfa en arrière aucun des vniiuerfels : on entretint les
forces
desVlcercs, Gangrène, Sec. 177
foiccs aucc vue bonne nouriici!rc& Jcs iricdicameucs coudiaux : aprcs qu'il
ifS eue vn peu iccouu-'ic , nous lùy faillons prendre de trois en crois iours ou
tic dfux iouis l'vn vn peu de fine lercbcnthinc , par le moyen de lâ^nelle nous
luy entretînmes le ventre libre &i en même temps nettoyants les palîàges de
l'viine : nous oignimeslcs reins cnr/i vtîgu.rofac.camphcr/ito, ôc rrîîmes par delfus
vne lame de plomb de telle grandeur qu elle couuroic les lumbes& l'os facrum:
maintenant il ic porte à merucillc & ne rcirent aucune incommodité de ce
mal:ii rend ion eau fans aucune pêne ni empêchement, lî ce n'cft qu'après fou-
pcr quand clic (orc il fcnt vnc certaine fàclvjufedcfmangejiron à l'endioit ou
auoif c:c i'Vlccre , &c en Ton viine on y voie paifois comme du Ion , à chaque
fois qu il la veut rendre on y voir vne petite goûte de cette matière blanche &
gluante au bout de la verge auant qu'il renie i'vtinc : ie crois que cette matiè-
re vient des glandes proftates qui ne font pas cncou bien fortifiées & rcmifcs&
que c'cll comme vne icmcncc c.xcrementicic que la nature pculTè au bouc de la
verge : il eft enpcnc def^auoir pourquoy cette demangeaifon doulourcufe luy
vient feulement après louper iS; non de matin ou de iour. l'citimc que la nature
à muni cet endroit (^ qui eft dénué d. la mAmbranc J d'vne matière vifcidc &C
gluante contre l'acrimonie de Tvrine laquelle s'engendre de nuit lors que les
Opérations naturel ks fc font le mieux , n^ais comme il faut rendre l'vrine fou-
ucntefois le iour , qu'ayant enctainécettemAiieie , ces parties demeurent à dc-
couu.-rt <3c font irritées par l'aciimonic d'icelhc : il prend cncor par interualles
de la térébenthine, & rauiomne pafsé ilpii: derech.fvn Apozeme laxatif ,ob-
feruant toulîours vne bonne façon de viure .
Renonce de ^^onfeurde M ayerne Premter
Médecin du Roy d' Angleterre*
C
Eux qui ont été longtemps incommodés d'\ ne carnofitc au psflàge de la
_ vcrg'',quGy qu'elle ait été confumée t<. que l'vkcre foit clos, ils ne laiiïenc
pas de porter longtemps la fjibleirc en la paitic, princ;p.lcment s'ils font fuiets
aux defluxions,ou plethoriqucs,ou fangains, on bllijux, ou qu'ils ayent ^q% hu-
mvUrs (ub:i'es ou prennent vn grand exercice,iucc vne façon de viure peu cxa-
éte ou libertine:Monfieur le Do<ft.'ur Rex 6c vous auez genereulcment refiftc à
1 inflammation,laquelle on auroit poflîble preuenu fi le grand amas d'humeais
<|ui opprelToic kpartie ne fe fut moqué des remcdt s qui n'étoycnt pas baftants
à confumer 6c dilîîper cette quantité d'humeurs : lés parties qui ont vne fitua-
tion bi^îè, celles qui font humides 6c au voifmage des excréments , fontfuiet-
tes à vne grande pourriture qui fe termine bien toft en l'phaccle auec vne gran-
de puanteur,teilc qu'elle a été en ce maladcrquc h leur peu de chaleur naturel-
k les Tient à abandonner 3 vne corruption entière ai^c mortification vienp"
M 5
178 Liure Troificme
immcdiatcment aprcs : mais Dieu a voulu que vous ayez furmontc ce mal:,à la
guciiiou duquel cette decoftion vuineiaiie a beaucoup contribue, de laquelle
i'ay cpi'ouué les cft.-.rs en mille rencontres.
11 taut maintenant rclbudrelcs dii'Hculrés que vous me proposes. «.Touchant
la demangeaifon en la partie ou a ctérvlccre qui n'incommode que de nuit Se
donwcdu relâche cour le iour. 2. Touchant cette vrinc turfuracéc qci ne vient
que parincerualles. 3. Touchant cette matière purulente qui fctrouuc au bout'
de la verge laquelle s'amalfcau haut du conduit de i'vrine deuant laquelle elle
fort c'tant poufsce par icclle.
Qyant à la demangcailbn , i'cn attribue la caufc à ccit2 partie qui cft cncor
délicate &■ qui a pêne eftcouucite de cicatiicc, laquelle cil (ï mince & leniiblc
que C cette bauc qui entoure tout le conduit ôc s'amalïc de nuit étant detergcc
de iour par l'vrinc qui fort à diucrics foisjcc coips ncrucûx eft aiscmen: otrcnsQ'
par l'acrimonie de I'vrine Ôc par la fréquente initation de la h'culté cxcretri-
ce:on cuitcra cette incommodité iî on aifermit la cicatrice par des deficcâ.tifs:il
faut faire des inietlions vulnéraires au conduit de hvcïgè , additis ochrd hijîpl-
da "oitrioUaafimmum calcîn.iti & Sacchar. Saturm. Il doit'reccuoir vn parfum
parle basfurlachailc ^zïctçyâ'e-neens^ maftlCiVernis.ambre^alo'és myrrhe t aucc de
rantimoine cru & du cinabre d'antimoine en pc^tite quantiié.
Cette matière fuifuracéc vient elle des reins qui louFieiit le plus fonucnt
quand les glandes proftatcs ont quelque incommodité inucterce? Vient elle de
la vclfiejquifoitgaleufejàcaufe de Tintemperie dci pairies voiiîiies qui eft dés
longtem.pS)Ou de quelque tumeur ou folction de continuité?
Cette matière vifcide , blanche fcmble tenir quelque chofe da pus & crois
qu'elle fort ou par diapedcie & traniludation à trauers de cette déliée mem.bra-
ne de l'Vicerc , ou^des proftatcs qui ont quelque indiipcflrion leiquelles
ayants en elles vne baue excrementitic naturellef'bien différente de la fcmence j
qui fert à adoucir le conduit de l'vrinc afin qu'elle &: la femence puiffent fortir
fans pcneni faire aucune douleur, s'il y a en elles quelque foiblellè elles en en-
gendrent plus que de coutume, &" tromper pluiîeurs peiionnes fous vne faullè
apparence de gonorréeron arrêtera cet accident par les remèdes que i'ay propo-
sé alïàu. les inicdlions &: les parfums, que fi auec cela on fe fcrt àzs eaux aigres
beiies bien à propos aucc l'vfage delà térébenthine maftichinée l'efpace d'vn
mois ou de deux,ie crois qu'on acheuera la guerilon,&^c. Obf.^^.Cent-^.
D
OBSERVATION XLVÏ.
DelaGangrene après vne morfùre d'homme.
Eux Payfans d'vn Village proche d'Alfcld ctoyent également palTionncs
d'vnegarfejs'ctants rencontres en vn cabaret Se IVn d'iceux danfantaucc
elle.
des Vlceres , Gangrène , Sec. 17^
ellcj'autrc cic rage le pouiTuiuk auec vne pecire hache laquelle il luy fourra le
phis nuanc qu'il pc-ut en l'hypochondre droir: celui ci fe fenranc blcfsc (c iettc
lin- l'aurre à coups de poingb & luy mord vn des dofgrs , mais étant tombé en
dcfailiance,il fuT coutrainrde quitter la ïmte : ceux qui croycnt à l'cntourluy
arrachét la hachcrte du côrc:on le tient pour mo:r Sz vu Chirurgien cft deman-
dé cependant l'autre prend la fuite : mais il retourna après qu'il eut apris qu'il
h'ctoic plusen danger, on l'exhorte d'âcorder auec le Chirurgien,ce qu'il rcf.ifc
défaire <3c trouue quelques prétextes > cependant ilmêprife la moifuie qui cft
fuiuie d'vne inflammation au doigt, de laquelle n'ayant cncor tenu conte , la
«rangrcne y vient fans que le Chirurgien pût empêcher la mortificationiaînfi la
gangrenée le fphaccle gagnants toujours païs , il faluc couper le brasprésdu
coudr- : Alors il appelé en iufticc (on aduerTaire & luy demande tous les dépens
lefquels l'autre luy refufa auc;fr!rfron,en partie parce qu'il s'ctoit attire ce mal,
en partie parcequ'il n'auoit pas voululuy payer les lîensj&c. Lettre j^.dn Do-
Benr Michel Dorîngius a C Jathcur.
OBSERVATION XLVII.
De la Gangrené es deux idmhes venue d'vne caufe cachée.
VN homme de bon tempérament &; de bon âge tomba en vne gangrène
àçs deux ïambes par vne caufe cachée , fînon qu'auparauant il y auoit or-
dinairement froid comme auflî aux pics auec pcfantcur 6c engourdiiîement ; la
gangrené y furuint fans qu'il y eut auparauant aucune heure ni caufe externe,
ainfi il mourut peu de temps après la mortification qui,auoit pafsc iufques au
gcnouïhle corps ayant été ouuert nous trouuâmcs vne tumeur fchirreufe pro-
che la vêne caue dccendente,a(Iàuoir entre les reins à l'endroit ou elle eft four-
chue : ce fchirre crant augmenté auoit tellement ferré la vcne caue & Tartere
qu'il ne pouuoit point dêccndre le fangaux iambes pour les nourrir & viuitier;
/iu traite de la Gangrené chap.^.
OBSERVATION XLVIII.
De la Gangrené au col de la matrice.
L
'Au i^^Ç, Vne Dâmc à Gcneue ayant ki fleurs fut fubitemcnt effrayée , ce
qui les arrêta iiicontiacMt , il furiuiu tout à l'heure inflammation ^ grande
iSo Liure Troifiéme
douleur : ayatU^ demandé quelques iours après aucc Monfisur Efaye Colk-
doii Dodeur Médecin àc Profcireur en Philofophie , nous trouuâmes le col de
la mratrice tout liuide & gangrenc:la ficure écoicfort grande aiiec des fréquen-
tes dcfaillances,nous appliquâmes quelques remudes,mais en vain^car elle mou-
rir ['\i.io\iX'Obf,6^.C€nt.x.
OBSERVATION XLIX.
De la Gangrené aufcrotam,
L'An i6\6. vn homme d'enuiron 40. ans chcirgc de vin^ayant été arraquc fu-
bicement d'vnc enflure au fcrotum auec fiéure aigue,âbacemen!: de forces,
s'addrclfa à vn Chirurgien qui voyant cette partie liuide aucc exulceracionde
la verge & danger de gangreae, voulut que l'on appela vn Médecin: ayant etc
demande , ie luy donnay premièrement vn laucment parce qu'il n'auoit point
eu de bénéfice depuis deux iours, puis ie fis mettre vn cataplame fait auec fcor-
dium.rtitayfar.lHplnorhmtOrobi cum oxjmel.vlno ç^ Jïrnil. le luy fis prendre par la
bouche le diafcordium Fracaftorij &c vn peu après de l'eau theiiacale,voyant
que la malignité auoit attaqué le cœur & àpéne pouuoit'il refpirer quand il
n'enprenoit pas:ayant Icué le cataplame le iour (^jiuantrnoiis tiouuâmes la pe-
tite peau feparceile troifiéme iour le fcrotum s'ctant ouuerc de loy même , il en
fortit furie foir plus de dix liures d'eaux : le quatrième iour les gcnitoircs fu-
rent entièrement à dccouuert,car le fcrotum ctoit tombé dés le pcnil iufqucs
au perinée,m'étant ferui de deficcatifs ôc incarnatifsji'auanç.iy tant en 14. iours,
que non feulement les genitoircs furent couuerts d'vn nouucau l'crotum , mais
aufli que la nature le couurit de poil, il fc fit vne nouuellc peau fur 1- babnus Se
tous les vlcercs de la verge furent confjlidcs, de iorte qu il fut capable dés lors
d'exercer la virilité:ni moy ni aucun Médecin n'a iamais rien vcu do fcmblable,
ni mêmes ouy dire. Il n'y a point dcfoupçon de rien qui foir vcnericnril le por-
te à prefcnt fort bien. Ohf.j6. Cent.^. Lettre de Tetrits Holtlernins Profejfenr à
Cologne.
I
OBSERVATION L.
De la gangrené at* fcrotum.
'En ay veu vne infinité qui ont eu la gangrené au fcrotum,mais pour dire la
vcritc ie n'en ay iamais veu vn feul qui ait cchapc , car les parties honteufes
étants
des Vicercs , Gangrené, ôcc, 181
cMiits fort humides & d'vnc nature laxe & rpongieufejellcs rcçoiuent aifcmcnt
les humeurs qui y viennent de tout le corps , d'où vient la gangrené comme
cela fe remarque aux hydropiques , laquelle i'cftime être cnticremenc
incurable quand elle vient aux parties honteufes, à caufc de la mauuaife habi-
tude du corps ôc de laconftitutioii deprauce des vilïères comme aufli à caufc
de la dcbiUtc de la chaleur naturelle en la partie. Or le malade duquel vous
me faites mention n'a pas elle auparauant détenu d'vne longue maladie i veu
que cette tumeur luy cft venu fubitcm.enc étant charge de vin : il auoitdonc fcs
forces toutes entières ôc nonâbatues comme auxhydropiques , 6c ainfi elles ont
peu rcfifter au malnl me fouuicntd'auoir veu quelque chofe de fcmblable.
Va homme robufte de Cologne âge de 40. ans de fort bonne conftitution»
s'étant cchaufé en été but va grand trait d'eau froide , quelques iours après il
tomba en vue heure continue de laquelle il fut remis plus par l'aide de la na-
ture que par l'Art des Médecins, il refta neantmoins vne intempérie Ôc vne tare
au foye,car il tomba bien tort; après en vne cachexie étant venu premièrement
Iderique, puis après hydropiqiic:on demanda le Dodeur Bernard Cronenbuc-
gius qui fît tout ce qui êroit nccclfaire pour chalïcr ce mal , enfin l'humeur fe-
reufe étant décendue au fcrotum comme par vne cfpecc de crife , on demanda
aulîlMonfieurSlotanus , ils firent tous deux leur poflîble , mais le fcrotum ne
dcfcnflapoint,car peu à peu la chaleur naturelle étant venu à s'éteindre, il s'y fit
vne Gangrené : ils fcarificnt incontinent le fcrotum. auec la lancette , le lauenc
auec du vinaigre ou écoit fondu du Ici marin auec de la theriaque,ils y mettent
de l'onguent ^gyptiac & vn cataplamc fait auec farine de lupins,y vroycalocs,
myrrhe, fcordium Se autrts choies qui rehftent à la pourriture , fans lailfer en
arrière aucun des remèdes vniucrfels , mais cependant l'eau fortoit abondam-
ment du fcrotum:il fcmbla que le malade reprenoit vn peu Ces forces, par après
il tomba fphacelc tant par l'aide de la nature que des médicaments, car M. Slo-
tanus coupa auec le raloir ce qui éroit gangrené , de forte que les tefticules pa-
rurent nuds: l'Vlcere fut ouuert durant quelques mois, pendant lequel temps
la nature chalTa fi bien toutes les humeurs qui étoyent attachées auxviilcres,
que l:s parties nobles reprenent leur première vigueur 6c le malade fut entière-
ment gueri:la nature engendra tout autour des genitoircs vne cicarrice dure&
callcuiequi leurferuoic delcrotum, ayant eu quelques enfants dés ce temps.
Obferuationj'^.Cent.^.
OBSERVATION Ll.
T)e U gangrené de tout le corps Apres vne brûlure.
\ N Feur.ier léii. vn ieune homme d'cnuiron lo. ans ayant mis vn foir sécher
^fut une planche de bois vne cinquantaine de liures de poudre à canon , 5c
Nn
eau
tom-
2gi Liure Troifiéme
s'ctant couche en la même chambre à quatic heures du matin ayant laiTsc la
chandelc allumée fur cette même planche , il en vola vue êrincellefur la pou-
dre qui emporta vnc partie de la mailon îk biûla la paiile du licl ou croit cou-
ché ce miicrable tout nui : comme il ctoir au milieu de la flamme Ton cama-
rade y accourut ( lequel fut aulTi bien olîensé ) qui éteignit le feu à force d'
fk le tira dehors : il fouthit incontinent de très grandes douleurs & to
ba en vne extrême débilité : ayant été demandé le même iour cnuiron trois
heures après m.idi j ie le trouuay aux extrémités : la chaleur naturelle auoic
tellement été éteinte tant par la violence de la flamme que parla quantité
d'eau froide qu'on auoit ietté dcifuSjque Ton corpsf lequel êtoit bouffi par tout)
ctoit très froid , noir & Gangrené , (ans excepter la poictine ni le venrrejîe ne
luy peus point trouuer le pouls, de forte qu'il mourut bien toft après : Ohf.^^t
CentHr,i\.
OBSERVATION LU.
De la gangrené venue de froid,
L'An 1600. vn Pèlerin Breton venant de Rome s'ê tant égaré au mont faint
Bernard & ayant pafsé la nuit dans la nege , il endura vn fi grand froid
que la gangrené vint en tous les bouts des doigts de la main droite par la mor-
tification de la chaleur naturelle : y étant venu incontinent vne très grande
douleur aucc débilité de forces , à grand pêne fe peut-il rendre à Sion en Va-
lay ou il s'adrcllaàvn Chirurgien afsés habile , lequel voyant que la gangre-
né étoitpafsée en fphacele ôc que les bouts des doigts étoyent entièrement
morts , coupa la chair des doigts autour àizs os auprès du poignet &: la fc-
paraiufques a la iointure pioche : il coupa auflî aucc le rafoir les doigts dans
la iointurcjmais auec vne telle dextérité que la gangrené ne pouuoit pas paflèr
plus auant : ol comme ce bon perfonnage n'auoit pas vne fcie propre , &
croyant faire vne ^dlion indigne d'vn Chirurgien de feferuir de tenailles ou
de cikaux ( comme ont de coutume les Chirurgiens ordinaires ) il m'en-
i;oya ce miferable à Laufanne auquel ie coupay auec la fcie les os de tous
les doigts delà main droitte iuiques au métacarpe j ilfutaprcs bien toit guéri
& s'en alla chez foy. Ohfern.Hj. Cent.i,
^ ^ OBSER-
des Viceres , Gangrené, &c. 185
OBSERVATION LUI.
Sur le même/tiie^.
EN 1588. aiimoisde Décembre i'ay traire auec Monfieurlcaii Anthoinc
Sariazin le Comce Mansfeh-l,qui auoit la Gangrené venue de froid aux deux
pics delquels il perdit quelques oi relis, neantmoins il fut bien roft guéri : ie
traitois auflien même temps pafsé 50.caualiers & foldats Allemands tous atta-
•qucsd'vn même mal qui vcnoir de même caufe , defqucls ie guéris la plufparr,
quoy qu'il y en eut quelques vns qui y lallFcrent pies ou mainSjOu iambes ; C'ê-
toit le relie des troupes Allemandes qui anoyeiit écé dcfaires en France que l'en-
nemi pourfuiait iulqucs en Sauoye où ils furent pourfuiuis , ayants paf-
sé des riuieres à la nage &: des montagnes routes couucrtes de ncge : pour
cette caufe pluiieurs moururent auec défaillances & fueurs froides , &c les au-
tres faifis de gangrené : ceux de Geiieue les rcçeurent chrétiennement Se chari-
tablement les vns dans l'Hofpital & les autres dans des maifons particulières,
employants Médecins (?c Chirurgiens, Se donnèrent à ceux qui furent guéris
argent ôc veftements pour retourner en leur pays8y4« traité de U gangrené ch.A^.
OBSERVATION LIV.
De la Gangrené venue d'intempérie froide & feche aaei; défaut
de nourriturz^.
LA Vieillcire, au dire de Galion , étant vue intempérie froide & lèche , il ne
faut pas trouuer étrnnge h les maladies qui viennent de cette caufe ont de
la pénc à le gueiir es Vieillards, car ils manquent de chaleur naturelle laquelle
cuit,yiaifîe & reftaure tout , comme aîilîi d'humeur radicale qui humcdtc tout
le cor[ s & feit d'entretien à la chaleur naturelle.- au contraire cet âge n'engen-
dre que des excréments par le débordement dcfquels la chaleur naturelle eft
peu à peu ctouféc ou nu moins âfoiblie, aînfi les forcés fe diminuent qui par
apresne pcuuent pasrcfifter au mahpour cette caiffe la Gangrené qui vient de
cette intempérie eft la plus dangcreufc déroutes principalement es Vieillards
Se ceux qui ont les parties nobles mal conftituées: Elle commence première-
ment aux extrémités, ces parties êrants les premières deftituées de nouiriturc:
ce qui a fait dire àBeniuenius que la Gangrené qui commence par le bout du
Nn 1
X84 Liure Troifiéme
pic, eft mortelle j entendant parler de cetre cfpcce : quant à moy ie n'en ny vcu
qu vn feul qui ait cchapé, duquel ie veus écrite l'hiftoirc afin que le ieunc Chi-
f urgien fâche qu'il ne faut iamais abandonner vn malade es maux les plus dc-
fefperes.
L'an 1581. le 10. Aoufl; étant au château de Bemburgcn chcs le Prince de
Clêues, vn Preftre âgé de 70. ans Ôc décrépit fut faifi de gangrené en la iambc
droite venant d'intempérie froide Se fcchc,ou plutoft de défaut de chaleur na-
turelle/ans qu'aucune caufe externe eut précède : il n'y eut aucune douleur au
commencement du mal ni marque d'inflammation, m.ais plutoft il fentoit du
froid en la iambc : à caufe dcquoy il demanda incontinent le DodeurGalenus
Vuierus premier Médecin duPiince, & Cofme Siotanus ion premier Chirur-
gien : or noustrouuâmes vn peu au delFus du talon vnc puftule noire qni n'c-
toitdegueresplus grolîequ'vne noifette,fansdouleur,inflammation ni tumeur,
laquelle étant ouuerte il en foitit quelque peu d'icheur ou fanieiaunâtre, & la
chair qui ctoit dellbus ctoit huide Se fans fentimcnt,cette puftule fe couuertit
incontinent envn très puant Vlcere lequel en peu de iourss'empara de lacuiiïè
auec vne telle violence qu'elle éfoit à demi moi te d'vn cofté,à caufe dequoy par
le confeil du Dodeur Vuier nous fcarifiames ta cuilfe par tous les lieux ou il y
auoitfoupfon de gangrcne^mettantspardciTus des cataplames,onguent Sctout
ce qui peut refifter à la pourriture , rêucillcr la chaleur naturelle & attirer la
nourriture , cependant le D.Vuicrus donna des médicaments internes pour for-
tifier la chaliur naturel!c,laquellc il reftauroitauiîî par des bons aliments:ainfi
la pourriture s'arrêta Se les accidents s'àpaiferent peu à peu : l'Vlcere ayant ctc
mondific^c à peu près gueii,il s'en alla chez \uy. O hf. ^S.C en 1. 1,
OBSERVATION LV.
De la gangrené venue d'intempérie froide & sèche.
MOnficur laques Marquard Secrétaire à Morat âgé de 70. ans , ayant été
quelques années tourmenté de la goutrc noiieufe es pies Se mains,en tel-
le /cite qu'il ne pouuoit plus marcher qu'auec les potences, enfin l'an i6ii.au
mois d'Aouft il fentit vn certain froid fâcheux auec cngourdiffcment en la cuif-
fe,mais comme il n'y auoic ni douleur ni enflure, il ne fe mit pas beaucoup en
pénedefon mal,neantmoins l'engourdilîèment augmentoit peu à peu, le'pié&
les orteils commencèrent à deuenir premièrement liuides,puis après noirs de
forte que la gangrené commença à paroîtrc qui môta peu à peu vers le genouïh
ayant été demande le 5.Sept.pour le voir,ie trouuay le pié & la iambe mortifies
iufques à lagreue,noirs comme du charbô auec froideur,grâdescchereâe& cx-
iienuati6:il n'y auoit aucune douleur & n'y en auoit point eu dés le côœcccmér,
il
des Vlceres, Gangrené, &c. tS^
il n'ctoitaacunerriec inquicrc,dormant comme de coûtuHic:fans perte d'appcrir
ni vanation au pouls:Le malade Se ceux qui etoyecà l'cncour voulurent que ic
vinlfc à l'amputation, mais îe ne fus pas de lenrâuis, car ie iugeay que la ma-
ladie êtoit incurable,premiercment eu égard à la grande exténuation de tout le
corps, 2. parce que les forces ne pourroycnt pas fubfifter tant à eaufe de l'âge
que de la longueur de la douleur qu'il auoit fouffert de la Goutte : 3. parce que
la chaleur naturelle «Se l'humidité radicale auoycnt ère- diflipces non feulement
en cette partie maisaufliî en tout le corps : or les maladies qui viennent, de fe-
chcrelîè & défaut de nourriture comme auffi d'humidité radicale font incura-
bles: pour cette raifon la conuulfion qui vient après auoir pris de l'hellébore
ou après des fièvres ardenres, eft mortelle au dire d'Hippocrate : après mon de-
part ils s'addrelîèrent à vn Barbier lequel mcprifant tout ce que i'auois dit de
la nature du mal Sc de l'éuenement, leur voulut faire à croire que le mal n'étoît
pas fi grand & qu'en coupant la partie tout iroit bien : il coupa donc la iambe
par le confentementdu malade & defcs amis : le malade, comme ie i'ay apris
fut fort courageux & refolu dans l'Opération, mais l'éuenement fut tel que ie
l'auois prédit: car quelques iours après l'OTiputation , la Gangrené attaqua de-
rechef le tronc, & peu à peu monta plus haut, de forte qu'il ne tarda pas à mou-
rir. Obfem 92. Cent. 4. & ah traité de la Gangrené ch. 7.
OBSERVATION LVI.
*De la Gangrené après tvfage des Narc^ttcs.
LEs médicaments Narcotics comme l'Opium , le lufquiame , la Ciguca
Mandragore,cftants mis mal k propos fur les inflammations , épaifillènt
l'humidité radicale & éteignent la chaleur jiaturellc, ce que fait aullî l'eau froi-
<3e comme ie I'ay remarque , car en 1591. en la canicule , vne fille de Hildcn
nommée Sophie étant trauaillée de fiéure continuelle & très ardente , aiTèc
vne grande chaleur & fueur le iour de la crife , fut menée par vne fotte femme
dés fon lit àvn Puis où elle beut vnfeau d'eau extrcmcmtnt froide & y plon-
gea les mains pour fe les rafraîchir , elle fentit incontinent de la douleur en
tous les endroits que l'eau auoit touché auec enflure qui fut fuiuie bien toc
après de liuidité : Ces parents n'ayants eu foin au commencement de la fecourir,
me demandèrent feulement huit iours aprres: ie trouuay la main droite de cette
fille toute enflée iufques au poignet auec des vefl[îes liuides Se les bouts des doigts
fccs & mortifiés, m'étant ncantmoins fcrui de fcarifications & autres remèdes,
ic fis tant paj la grâce de Dieu que quafi toute la main fut conP.ruée, hormis la
première articulation des doigts:il y eut bien au0î enflure & douleur en la main
gauche,mais elle fe déchargea de toute fa'maligaité en l'autre. j4u traité de im
I "Ganirenecki. ^ Nn j
ig^ Liure Troifiéme
OBSERVATION LVII.
De la. Gangrené précédée d'intempérie froide & feche,
L'An 1600. la femme de laques Bngole au village de Covfcllcs dans le ter-
ritoire dePayerne , fut attaquée dVne maladie fortcmbarraisce au com-
mencement: car clic étoit tantôt trauaillce debitcmenrs de cœur, tantôt d hor-
ribles douleurs de ventre : cependant l'apperit ne diminua pas beaucoup quoy
qu'elle amaigrit:ayant pafsc quatre ans en ce milcrable état & étant venue com^
me vn Scelete , il luy vint peu à peu vn engourdilïemcnt aucc froideur en la
main gauche fur tout aux bouts des doigts,mais ces accidents étoyét (\ petits au
commencement qu'à penc les rcmarquoic'-clle , car il n'y auoir ni enflure ni
douleur ni inflammarion,cependantlcs extrémités des doigts & toute la main
fè gangrenèrent peu à peu & fe mortifièrent enticremenf : ayant ccé demande
trois femaines après le commencement de la gangrené , ic tiouuay le bras iuf-
ques au coude & les doigts noirs comme du charbonjfroids comme glace 2c tel-
lement exténués qu'il n'y auoic que la peau fur les os,quoy que comme i'ay dit,
il n'y eut ni enflure ni inflammation ni douleur , non pas même au lieu ou la
chaleur naturelle n'étoit pasencor ctcinre : or quoy qu'elle fut fort débile &
qu'il y eut peu d'cfperance qu'elle peut recouurerfa faute, neantmoins & la ma-
lade & les amis me prièrent de couper le bras:ayantdonc été amenée à Payerne,
comme le mal anançoitfi lentement qu'à pénc le remarquoic'-cn , ie trouuay à
propos de la préparer auant l'Opération , parquoy ic luy fis prendre quelques
iours de fuite de bonsboiiiHons<S: bonne nourriture pour réparer les forces au-
tant qu'il feroit po(fible,côme anfli des lulcps aucc conf.âiion d'Alkermes, eau
decanelle mettant en outre descpirhemesfur le cœur, en après iecoupay heu*
reufemêt le bras au delfus du coude sas douleur ni h.-emorrhagicen la partie fai-
ne:ie mis au premier âparcil des remèdes qui arrêtent le fang& âpaifentladou-
leur,6c par après des fuppuratifs:ainfi la playc fut bien tôt amenée à fuppuration,
de forte qu'il en fortoitdu pus louable : neantmoins enuiron l'onzième ioùr
après l'amputarionjla gangrené vint derechef au tronc de forte qu'elle mourut
peu de iours après: après fa mort on y trouua pluficurs chofes remarquables &
I. l'abdomen rempli de ferofités 2.1e mefenterc tout farci de Statomcs. j.vn gi ad
fchirre fous la véne porte dans le pancréas même , quiauoit été certainement là
principale caufe du mal: 4. le Foye dur & pâle comme s'il auoif été bouilli: 5.
lespoulmons pleins de matière purulente tj<: fœtidc au côté droit,^ au gauche
de ferofités:6.plufieurs fchirres liuides épars par toute la fubftance des poulmons
dans lefquels il y auoit vne humeur noire comme encre: j.plufieurs picrrettes de
diuerfes couleurs épaifes par la fubftance des poulmons: 8. le cœur tout fcc &
aridcj
des Vlceres, Gangrené, ôcc. 1S7
aride, 9. l'artère vencufe d'vne prodigicufe grofTciir , laquelle ctoic plcne d'vnc
humeur fercufe laquelle l'auoit airurcmenc ainfi clargi & dilate, veu qu'elle n'a
qu'vne iîmplc membrane, ainfi qu'enfcigne Galicn au liure rcpcicme de Tes ad-
miniftrations Anatomiques: Ohferu.Sç).Cem. z.
O'BSERVATION L V 1 1 1.
De la Ga^igrene après vne fièvre par vne caufe occulte.
ENrre toutes les efpeces de Gangrené il n'y <;n a point de plus dangereufe que
celle qui vient dVne qualité occulte &• venimeufe.vcu que rarcment.ks ma-
lades en releuentjCar quoy que l'on coupe le mcmbrecn la partie qui nousTcm-
ble ccre faine, neantmoins le mal retourne encor & attaque derechef le tronc
emportant bien tôt le malade , car la malignité de ce venin tft fî grande qu'elle
fcfaihr. des mufcles des vénes èc des artères qui font au profond de la partie
ûuant que paroiftre en dehors, s'étendant par le moyen d'icelles au long (S«: au
large & infîdant les parties proches,auant qu'il apparoifFe aucun ligne de gan-
grené au d. hors, en voici vn exemple.
(L'an 1605. le i.de lanuier vn Gentil homme deS Trinier petit Bourg enBrcfïè
1 nomme Pierre Dhazardfe mit au lit âtaquc d'vnc fîévrc aiguë: m'ayant fait de-
'' mander ie luy ordonnay tout ce qui ctoit nccellaire pour la guerifon de ce mal
de forte qu'il fut remis en quatre iours:comme il voulut retourner à ks occupa-
\. tiens ordinaires il commença à quitter le lit,mais en fcpourmenant doucement
par la chambre,il fentit vne grande pcfantcur au pié gauche qui futfuiuie d'v-
ne fi grande doulcur,que ne pouuani plus fe (oûcenk il tomba par terre comme
il on l'auoit iettc bas : fts feruiteurs accourent incontinent & tâchent de le rc-
leuer,mais il ne peut iamais fc foûtenir à caufe que fon pic gauche'n'auoit point
de mouuement:incontinent ic fus âpelc 6i. trouue ce perfonnage criant à haute
voix par la violence de la doulcurmc pouuar.t côprcndre d'où elle luy êtoit ve-
nue fi fubitcment ie luy demanday des quel temps il en êtoit trauaillé «Se où elle
. le tenoitjlcquel ne me fçeut répondre autre chofc iînon qu'il ne pouuoit marcher
■ que du pié gauche:&: voulant fçauoîr l'efpece de douleur,ii dit que le pic êtoit
en feu & de même que s*il y auoit des charbons delîous : le découure la partie
& larnanie pour fçauoir s'ily paroilloit quelque chofe,mais tant s'en faut que
i'ypuillè remarquer cette grande chaleur,qu'au côtraire ie trouuay tout le pic6c
principalemêt.la plante engourdie de froid:que liie n'euife veu la tîgure naturel-
le du pic changée^ car les doigts ctoyêt quafi renucrsts & le pic immobile côme
s'ilt eut été mort) i'eufïe creu qu'il n'y auoit point de mal,veuqu'il n'y auoit ni en-
flure ni changemét de couleurrceux qui étoyent autour me demâderent que pou-
uoit fignifier cette douleur fi violête, ie leur répôdis qu'il y auoit du dâger que la
gâgrene n'y vint fi elle n'y étoit déjà: car quoy qu'il n'y eut point d'inflamatiô en
cette partie ni aucuu'autf c intempérie manifellc qui peut éteindre où ccoufcr h
t8 8 ' Liure Troifiéme
chaleur naturelle, ie fçauois ncancmoins qu'il y auoit des autres caufcs dans le
corps qui la pouuoycntcteindcc, car comme dit Fcrncl au chap. 7. du 7. liurc
de fa pathologie , la chaleur naturelle de quelque partie peut être ctoufce &
éteinte par quelque caufe maligne & venimeufe ; cette qualité agit par vnc
vertu cachée ôc que nous ne pouuons comprendre , laquelle corrompt & dé-^
truitla fubftancc de la partie : or il n'y a pcrfonne qui puilTè exprimer qu'elle
eft cette qualité , autrement on ne pourroit pas dire qu'elle cft occulte : mais
comme elle peut venir ou par vne caufe externe ou'par vne interne , & s'engen-
drer dans le corps > il faut examioer laquelle de ces deux a lieu en ce cas : pour
moy i'eftime que la caufe de ce mal eft interne, veu que ie ne fçache pas que le
malade ait êcé attaqué d'aucune caufe venue de dehors, &c crois qu'elle ne s'eft
pas engendrée en la partie en vn moment, mais q l'clh s'y tft amaf>ée dés vu
long- temps j car trois ansauparauant il auoit fenti ie nelçiy qu'elle douleur Sc
incommodité en ce pié qui le mcttoicen chaleur &c le rendoit pcfant , que s'il
buuoit ou humoit quelque chofe actuellement froide , il la fentoic décendre
immédiatement au pié : ilafouuent demandé confeil aux M.'decins là dclfusi
Icfquels ignorants la caufe du mal, ont cru que c'étoit vn eftet de l'imagination:
on peut voir par là qu'il a porté long-temps la caufe du mal auant que la cha-
leur naturelle fefoit rendue : or cette malignité augmentant de iour eniour
&nen pouuant plus porter fes attaques , elle s'cftctciatc& éuanouïe , ainlî
la partie eft demeurée morte: cette douleur êtoic violente, non en la partie
qui êtoit déjà fphacelée , mais es voifincs à caulc de la vapeur maligne qui les
attaquoit : elle êtoit fi étrange qu'il n'y auoit aucun Anodyn qui la peut adou-
cir, èc quoy que la partie fut déchargée du lang fupeiflu , Ci eft ce qu'il n'en re-
ccuoit aucun foulagement , finon lors que Ton ve foie fu, U iambe du bit de
vache tiède en quantité tSc fouuent : il difoit que le fju y êcoic , mais ie ne
fçauroisen rendre raifon , linon que cela vienne de la prop ietc de la vapear».
ou de la multitude dufang & des efpritsquelanacure y poufroic pour la foula-
gcr : nous fumes deux iours entiers en cette inquiétude , iulqu'ace que laGm-
grcne ayant paru en dehors, il y eut du changement en la peau, on prit lois re-
folution de couper la iambe , ainfî on appela Maiftre Ch.ipuis habile Chirur-
gien lequel la coupa auec vne grande dextérité : tous les accidents ccfterent , le
malade fut en repos 3c on commença à efperer fa gutrifon , mais comme il
ctoit mal conftitué & qu'il y auoit vne mauuaife dif.'oficion &c putrilngineu/e
êparfe par tout fon corps qui luy ctoit refté après la maladie vénérienne, de la-
quelle il n auoit iamais peu être entièrement guéri, quoy qu'on fut fouuent venu
à l'inondion auec le vif argent", il arriuaque f la pourriture allant toujours
plus auant J la Gangrené l'attaqua derechef qui l'emporta l'onzième iou r après
l'amputation ; voilà vne vraye image de Gan^^icne venue da qualité occulte,
laquelle on peut dire être entièrement inconnue, car la peau du col du pié ma--^
ladcjàla grandeur du pottce,êtoit venue fi tranlparente qu'on voyoit au trauers
tous
des Vlccrcs, Gangrené, &c. ig^
tous les tendons, les vcncs 5c les artères : Obfern. commmi<fnêe 9j. Cent. 5.
L'an 1587. Monfieur lean Tomacet Gendl-homme d'Orbe en Suifïè, étant
guéri d'vne fièvre continue & aiguë & reprenant peu à peu Tes forccs,deux mois
après (cntit vnc violente douleur en la plante du pic qui fut fuiuie d'inflamma-
tion & de gangrené : laiambe luy fut coupée par le confcil de Meneurs laques
Aubert ôc Abraham Marcel Médecins à Laufanne: il a vne iambe de bois fi bien
faite qu'on a de la pcneàla diftinguer de l'autre, car il 'la couure de chaulïcs âc
de bottes quand il faut monter à cheual: Ah traittéde U gangrené ch. y.
OBSERVATION L hX.
De ta Gangrené après ta vente,
L'An 1608. vn Couturier de Bourg en BrelTc fe rompit le petit doigt entre U
première & féconde articulation auec vn peu d'ccorchure en la chair ; M^.
Anthoine Chaly Chirurgien le remitfelon l'Art: la nuit fuiuante il furuint vnc
très violente douleur , parquoy il fut contraint le iour fuiuant de la délier ôc
trouua que la gangrené étoicau doigt:ayantâpelc des Medecins,ils demeurèrent
d'accord qu'il le faloit couper de peur que le mal n'alla plus auant &âtaqua les
parties voifines : le doigc ayant été coupé & bien ;mondifîc,comme la playc
croit à peu prés gucrie de forre qu'il pouuoit trauailler de fon métier , s'êcanc
vniour allé promener & exposé à l'air fioid, il fut incontinent faiiî de conuul-
fions auec des horribles douleurs & tourments, car la tcfte s'étoit tellement
renuersée contre les épaules & l'échiné fi fort courbée, qu'elle touchoit pre{^
que les iarrets, il mourut en ces tourments.
Certainement Cette gangrené & conuulfion venoyent d'vne qualité occulte
Se renimcufe, car ce malade auoit été incommodé de la maladie vénérienne,
étant rcfté quelque Icuain dccz venin 6c maligne qualité e» quelque endroit da
corps qui fit Ion clfct en ce temps , Obferu. ^^, Cent. j.
OBSERVATION LX.
I>e la Gangrené & JphaceU après ta pejfe.
in N 1581. vne payfanne de prés de Dufirldorp croit gvicuement traïuillce de
-C- pefte, & quoy^qu'cllc ne (c fcruic d'aucuns Médecins, fi cft-ce qu'elle fut Q.
bien rétablie que chacun crut qu'elle croit hors de dangrr,ca4riln'y auoit plus .
ie fièvre j Us bubcs de l'ailîclle ôc les charbons des bras ctoyenr guéris, elle alloic
& vcnolt, agillbir parla maifon, buuoit & mangeoic à l'àcoûtumce ; en fin
comme on crut qu'elle ctoit au deifus^elle futTailk rnioui d'vne violence dos-
o«
150 Liure Tioifieme
leur aux orteils des deux pîcs,qui fut incontinent fuiuic d'inflammation &c de
mortification: on voit par là qu'il ctoit rcftc quelque matière maligne que la
nature auoit chafsc aux extrémités par vue manière de ctit-è.
L'an 155)7. la même chofe arriuaà vn garçon de 6 ans au village d'Auvcrnier
dans le Comté deNeuf Chatel en Suiilè , nommé Daniel Couitailliod : il luy
vint eu temps de pefle vn Bubon en l'aine gauche & vn charbon au talon en la
Cuillcdumcmecôté.-lagangrcney vint àlafinjàcaufe dequoy il falut couper
la iambe au iarret : il fe porte bien à prefent âgé de 18. ans, fans auoir ctc Tuict à
aucune maladie. Oiferuat, %. Centnr. 5.
l'ay remarque en cette grande peftc qui a fait vn Ci grand rauage en l'Archç-
uéché de Cologne, que les charbons qui êtoyent en des parties charnues les
rendoyent tellement engourdies & corrompoycnt en fuite, que la partie vc-
noit emiercmcat à tomber. Traité de lagan^ene ch.y
OBSERVATION LXI.
De U Gangrené après vm morfme de Chenal.
LEs Chirurgiens ont vne opinion que la morfure àcs chenaux, chiens , ours,
Lyons & femblables bêtes eft grandement venimcufc, à caufe des grands
accidents qui ont accoutumé de fuiure& parce qu'ils fe terminent fouucnt en
gangrené: i'ay connu vn habile Chirurgien qui pour cette raifon mettoit le
fer chaud fur toute morfure ou verfoit delTus de l'huylc bouillante , ce qui le
faifoit paiTcr pour cruel/ & quoyqueie ne nie pas qu'il n'y ait quelque mali-
gnité, ie ne fçaurois pourtant me pcrfuader qu'elles foycnt abfolLiment vcni-
meufes; car fi cela ctoit, vnc petite morfure le feroit autant qu'vne grande,com-
me on le voit en celle du chien enrage, laquelle fi elle eft méprisée, pour
petite qu'elle foir, peut cauferlamoit : ornous voyons le contraire en la
niorfur:.'decesanimaiix, fi ce n'eit qu'ils Coycnt enragés : mais les grandes
blcilures qu'ils ont fait , principalement h les os font cafsés , font dangereufcs
& mortelles & fe terminent quelquefois en gangrène , cncor plus fi la fraélu-
re a êtc trop ferrée par la ligature, ou Ci on a fait quelque faute en la Cure: j
d'où vienwciitdonc ces grands accidents? pour moy jc croîs qu'ils viennent ,"
plutôt de contuûon , car ces animaux étants extrêmement forts, ils bri-
fenr& meurtrilïènt les mufclcs , les vcines,les artères & mêmes les os, ce qui
caufe douleur, inflammation, fluxion & enfin fuffocation des efprits auec gan-
grenc:cn voici vn exemple.
En I )79. vn Bourgt-ois de Zoons fur le Rhcin fut mordu au bras bien auant
parvn Chenal auec meuitiifièurede la chair <3i fracture de l'os : vn Barbier
ayant tcc demande , il remic les os fra(^urcs en leur place; mie va Dï^çîxïi fur
la
des Viccres, Gangrené , &c. 291
la playe Se fur la fradurc vn mcdicamcnt fait de Bol Arménien, farine & blancs
d'œiifs, il mit aiiflî des bandes & des ferulcs, laiiîànc vne petite ouuerturc pour
pouuoir pençer la playcTans la dcbander:mais ayant par trop ferre les bandesiSi
les fcruleSjla douleur augmenta & la fluxion, & comme ce corps qui êt©ir re-
plet n'auoit ctc ni purge ni faignc,il y furuint inflammation & puis gangrené:
Maître lean Dumgens expert Chirurgien à Nouuis ayant été demandc,il fcarifia
le bras,y mit de l'iCgyptiac ôc tous les médicaments nccelîâires en la gangrené,
de forte qu'elle cefla& le bras fut remis : mais la Cure fut longue & pénible,
non à caille de la qualité venimeufe , mais parce que l'os auoit été rompu Se
que la gangrené y ctoit luruenu.
Il y a quelques années qu'vnc femme de Berne prefentant à manger à vn
Ours auec la main droite a traucrs les treillis , il la luy empoigna & mordit en
telle façon qu'il luy falut couper le bras, la chair & les os ayants ctc entière-
ment fracafsés.
Or quoy que ie ne trouue point de vencnofltc en ces playes,fi eft-ce qu'il y a
quelque différence d'auec celles qui font faites par l'épée &:c. y ayant quelque
chofe de malin à caufe dequoy il y a quelque variation en la Cure : or afin
qu'on y puilfe bien procéder , ie fais cette diftinâiion des morfures , qu'elles
viennent ou d'vn animal enrage ou feulement d'vn qui efl: émcu & irrité , fî
l'animal cft enragé , la playe grande ou petite doit être fcarifiée & brûlée auec
le Cautère aducP, ouixe les autres remèdes : Qiie li l'animal n'eft pas enrage,
il ne faut pas fc feruir de ('Inuftion, mais feulement de remèdes qui attirent du
centre à la furfaee pour bailler llfue peu à peu à ce qui peut être malin : pre-
mièrement ie laue la pla/e auec vinaigre ou a été détrempée de la Theriaque,
en après fi la playe efl: petite i'y mets du charpis trempé en eau de vie auec The-
riaque Se par delFus l'emplâtre Bafllîcum ou bien !^. PhIu. rad. ^ngel. Ariflol.
rot. vincetox. caryophillat. an.'^ 'yfol.fcord. rutA an. 3G. Theriac. extr. card. ben,
an.T^ }j. m.cuynf.q. mell, rofac, informam vngu. qHodfilarnemis imponatur : cet
onguent eft excellent en toutes playes i^ vlceres malins & venimeux comme
charbons &c. Que Ci la playe eft grande ôc s'il y a grande meurtiiflèure , il la
fautincontiaent faire iuppurcr& empêcher la fluxion, pour euicer inflamma-
tion , douleur & autres accidents : Il faut donc incontinent ordonner vue
faconde viurefobre, purger le corps & faigner s'il n'y a point d'empêche-
ment, oignant la partie auec huyle myrthin& rofat, m:ttant aufli vn dc-
fenfif pour empêcher la fluxion , &c fur la playe ce Digeftif ^. cera mtUy
colophon. gummi el. an,"^ fi. Tercbimh. lots, in aej. card. ben. ^|. ol. rofuc. amyod,
d. de vitell. otior. an. |j. lii^uefimt lento igné & colentur , deinde adde croci 9j.
Theriac. extr. card. ben. an. ^iy. vîtelLouor. num, i\. ?n.f. vnctt. La plave étant
fuffifamment fuppurée, il y faut mettre de l'onguent décrit ci-deflus fait de pou-
dre. d'Angélique &c. enfin il la faut cicatrifer auec emplâtre Diapalma ou de
Ccrufc ou autre ": fi la douleur cil exceflîuc , il faut mettre quelque
O o i
m Liure Troifiémt
Anodyn de ceux que î'ay ordonne au traite de la gangrené ou des brûlures: s'il y
a fradure , il faut doucement réduire les os &c les bien contenir en leur place
naturelle, fans neantmoins par trop fcrrtr les ferules de peur de faire attradlion
d'humeurs &: de fufïbquer la chaleur & les efptits: les purs adftringcnts ne va-
lent lien à caufe de la grandeur de la contufion,non plus que les empla{lics,mais
ilsdoiuenr être mêles auec les Digellifs: la partie donc après auoir été ointe
auec huyle de myrthc & roflit doir être couucrte de ce Cataplame, ^. far.hord.
^ij. pnluer.rcfar.ruL myrtill fœnugr.an.^Ç).pHltt,fcordi\^foLrHt£ an.^i},coi^He cum
%fmo rubro aàformAm catapUfmatisy adde croci pttluerif, 9j. ol. rofac, myrtilL an,
^j. de well. oHor. ^{^. vttell. ouor. nu. ij. Il le faut mettre ticdc deux fois le iour,
principalement fi la contufion eft grande iufqu'au lo. ou 14. iour, tant que la
playeait bien fuppurc & qu'il n'y ait point de grands accidents à aprehender:
alors il faut lailler aux bandes & linges qui enuelopentvneouuerture ou petite
feneftre par laquelle on puille nettoyer tous les iours la playe, dcuclopant la fra-
<fture feulement au bout de quatre iours ou de fix OhfirH.^6. Centur. 1.
OBSERVATION LXII.
D'vne brûlure mortelle,
L'An 155)9. le valet dVn bralïèur de Bière à Cologne étant autour de la chau-
dicrej tomba par malheur dedans,^: quoy qu'il en fut retiré à l'inftant me-
ule àc que Ton recourut au Chirurgien , il mourut neantmoins le même iour
auec de grands tourments, défaillances, &c. Obf, 76. Cent. i.
OBSERVATION LXIII.
De rheureufe gnerifon d'>\}ne très danger eufe brûlure,
LE II. Odobre i6ié. vnc fcruante de Noble Anthoine de GraffenriedThrelb-
rier àBerne,voubnt fccourir vn petit garçon qui auoit mis vn pié en vn vaif-
fcaa plein d'ciu bouillante fc le rcnuerfa entièrement dt^us^ de forte qu'elle eut
toute la iambe brûlée par dcifus le genouil,laquelle par la violence de la douleur
enfla extrêmement iufques à la plante du pié : on y mit au commencement des
linges trempés en eau de vie lefqucls la firent vn peu defenfler:mais comme clic
ne fe donnoit pas-garde du froid , il arriua que les douleurSjl'inflammation êc
autres accidents augmentèrent de iour en iour , ayant été demandé le qua-
trième iour, iela trouuay en fièvre auec douleur , inflammation & grande in-
quiétude, outre vue extrême enflure de la iambe iufqu'à la cuilîè .* luy ayant
ordonné vne conuenable façon de viure & vne decodkion d'Agrimoine & Vé-
ronique en lieu de Yin,icluy fis prendre fur le foir vne potion anodync : le iour
des Vlccrcs , Brûlures , ôcc, 1^3
fuiuant ie la piu'gcay douccmér,& mis Icstopics fuiuaiitSjio.là ou la petite peau
nccoit pas icparcc i'applicjuay cet onguent. ^.Cepx crudm liC'>fAlis,faponis ve-
neti albi an .^j, cum ol. rofac. & eimygà.. à. /. 1)âz^». lO. ie mis fur toute la iambc,
le pic,&r même fur le gcnouïl le catapkrme Tuiuant chaudement. l/H.Far.hordci
é'fahar.an.^vl.far.fem.UniJœmtgr.li/em.cydonor. l^.fol.ç^ raà.alth.malu.puluer.
an,li(^.rAd.cucnm.puluer.lllcroci^i.hutyr.rec.liv. Il faut faire cuire premicreméc
en eau les pondues fœnugr.^ cydonior. Qiijand elle fera refroidie il faut y âiouter
les autres farines &: poudres auec le beurre faifant cuire le tout à confiftance de
cataplame,&: fur la fin du lait de vaclie auec deux iauncs d'œufs , appliques le
chaud : ie mis dés le commencement vn dcfcnilffur le genouïl pour arrêter
l'impetuofîté àts humeurs qui le iettoyent (ut la partie , ( car elle ctoir remplie
de mauuaifcs humeurs J luy donnant par intcrualles quelque bruuage anodyn
^ lapurg-ancde temps en temps. Ayantappliquc ces médicaments quelques
iours de luite , quoy qu'il n'y eut point d'vlccrc creux, la feule petite peau étant
feparée, il en fortitneantmoins vne li grande quantité de pus blanc tîc bien
conditionné, que i'ofc alTarer qu'à chaque fois que iela pençois , alfanoir deux
fois le iour , qu'il y auoii pafsé dem.i liure de pus attaché tfux linges àc fmpla-
treSjCe qui dura plufieurs iours:enfin ce rce quantité venant à diminuer , la peau
fe dclïecha peu à peu , de forte qu'elle fut guérie à peifedion dans cinq femai-
nes:cependant que le pus couloit ainli abondamment 3 ie me (cruis du catapla-
mc lequel ie mettois en quelques autres licux^comme au pié & au talon , iuf-
qucs à la fin de la cure, &: finalement ie mis en quelques endroits les plus hu-
mides des liniments deficcatifs comme l'onguent de cerufiTe.dc minio,&c.
Il n'y a pas longtemps que ie guéris par la même méthode vn enfant de àh
mois de M. Pierre Bouuier Bourgeois de Laulanne qui auoir vnc brûlure en la
ïambe venue d'caubouillante,le pus auffi en fortit en très grande abondancc;cc-
ci eft remarquable que cette grande quantité de pus à palsé à trauers les porcs,
car il n'y auoit point d'vlccre: fi i'eulîe fuiui la pratique ordinaire yappliquanc
des chofes froides, alFurement cette matière ne îeroit pas foi^ti fi abondamment
mais elle auroit été retenue en la partie au grand prtfiudice du malade, car ve-
nant à fe pourrir dans les vaillèaux & mufcles & y deucnant acre , il y feroit ve*
nu inflammation auec extinction de chaleur naturelle , ou pour le moins vnc
dartre corrofiue comme il arriua à vn ieune homme. 0^/'<^5. Cent./^,
OBSERVATION LXIV.
D*vne brûlure en tout îe corps guérie*
'An iéo5.1e Valet dVn Teinturier dePaycrne nomme M*. loaehim tomba
<en vnc chaudière de teinture brûlante : il fut brulc par toude corps , mais
Oo 3
194 Liure Troifiémc
parce que la teinture tfctoit pas bouillante , ces parties furent principalement
biulécs qui auoyent touché la lie de la teinture laquelle ctoitt au fond , ou
il y auoit de la fcieure de bois de chcfne qui garde longtemps fa chaleur , a(Ia-
uoir les bras 6z la face /lya-nt ctc demandé i'oignis incontinent tout le corps>
hormis la face,auec cet onguent. O^C. Sapomslrt^. ibC'f.dtpiecrHda^i'i.JaliliR.o/.^
de vitell.onor,%i. oL rofar& arnygâ.d an.'^Hj.tnHci/a^./èm.cydûn.^ij.m, le mis fur
les yeux du collyre anodyn ÇumTim.y^.A^.rofAr^^ii.acf.pUntaq.liù.fem.cydon.f!^
fœntigr.an.^^. m.maneant in infufionejupra cineres calidos per horam.detnde expri-
mamurindde parum laEiîs mttliebriSiCalide v:/iilla, le mis aufli fur les autres par-
ties du vifage l'onguent de fauon, mais (olide &: cpjîîfli , de peur qu'il n'ofL-nfa
les yeux en coulant dclfus, en voici la deicriptior.. ^. Gumrni elem.T^i ol de vît.
oHor.ro far. an. ^iij./lîpoms alùi & vefjeti y\. diJJoLuinrgnmml cum oleis , omnia m
mortario dlligeter, mi/ce fiât "^ngn.aiiodfiiper linteum extenfiim adm»ve toti faciei'li
faut renouuelerrcmplatrcde4.en 4 heures & le collyre toutes les heures : i'ou-
urîs la bafilique le même iour après auoir vuidc le ventre par vn fuppofitoire
& tiray iufquvS à dix onces de fangiCar c'éroic vn homme robufte ik plethoiî-
que,le iour luiuant ie le purgeay. Le fécond & troilîéme iour,ie luy oignis par
deux fois tout le corps auec l'onguent , mettant aulfi fcequemment du collyre
fmicsyeux : mais comme la bruhue auoic pafsc bien auant en certains lieux,
principalement auxbras , il falut y procéder comme i'ay marque en mon trai-
te des brûlures au chap.7.«S: S.Ainiî il fut entièrement guéri en »4 iours de cette
gïzndcbïuluïc : ÂH traité des i/rnlures chap.6.
OBSERVATION LXV.
De la hruhire de la face,
VNe petite fille âgc'c de deux ans de M. Samuel Gaillard Maître d échoie à
Neuf Chaftel tomba dans le feu du foyer & fe brûla non feulement le
front autour des yeux, mais auffi prcfque tout le vifage , principalement d'vn
côte : ayant ctc demande à l'inftant meme,ie mis de cet onguent étendu fur
vn linge en forme d'cmplatre fur toute la face. IJL.Saponis -veneti li.ol. de vitellis
ouor.& amygd.d.an. 3/;. Gummielemi diJ]'oluti cum oleis 2^]. m.f. vngu. cum pauca
mucilagine Jem.cydonîorum. le mis fur les yeux vn collyre fait de laitdc femme ;
&vn peu d'eau rofe que ie metrois tiède continuellement delfus auec du linge \
double bisn delié:le premier iour ie changois toutes les heures par quatre fois if
d*éplatre,ainfi ic tiray la plus grad part de l'empyreume-.le iour fuiuant ie la pur-
geay auec 9j.de racine de mechoac can poudre dans du bouillon de chair,&: fur ;
la partie ic mis l'onguent fuinant. ^.Ol.de vitell.ouor. ol.amygd. d.pingu. vrfi &
h'rtman>aft,l^.g.elem dijfoluti cum oleis liycert muA |/.w./z/wg«tPar le moyen du-
quel
des Vlceres , Brûlures , ècc 195
quel iacheuayprefques la cure, fînon que fur la fin i y âiouray quelque peu de
farine de lentilles pour deirecher d'auantage: i'oignis aufTi quelquefois toute la
partie brûlée auec l'ono^ucnt fuiuant lequel ramolit.^. G.elemt ^Cs.ol.de vttell.
omr.<Uor.alb.an.l^.pingued.humanA 5/j.?w.Tandis que ic trauaillois à ramolir
la peau , ie l'ctendois foit ibuuent auec les deux mains comme font les Pelé-
tiers quand ils étendent celles qu'ils acconnmodent , Ainfi elle fut guérie fans
qu'il lefta aucune trace de bruliue, hormis vne petite en la leure de delfus ou
les médicaments ne pcureiit pas demeurer à caufe de l'impatience de l'etifant.
Traite des bmlnres chap, ^ .
OBSERVATION LXVI.
D'vne brûlure en la main.
'An 1604, ma femme faifant cuire du mouft en vue grande chaudière & la
tremuant auec vne fpatule , mie par megardv la main droite iufques au poi-
gnet dans cet raiiïnc bouillant , lequel demeura tant plus fort attaché à la
nuin qu'il auoir dêj^ fa coufîftcnce ^cépailîcur, à cau(c dequoy il y vint in-
continent vne très violente douleur non feulement en la main mais aufli en
fout le biasraprcs auoir nertoyc la main auec de l'eau chaude i'y mis de l'onguéc
fmiiàm.'^.c<cp£ crudi£ liB./à/isy/aponis albi "veneti an.zi.m.CHm oLro/kc.& amyg-
dal.d. Et oignis tout le bras auec de Thiiyle rofat lenuclopant auec vne bande
trempée en oxycrat , réitérant le tout à diuerfesfois , par ce moyen il n'y eut
point d'cxulccration en la peau après vne iî grande brûlure hormis deux petits
boutons l'vn au pouce & l'autre au doigt indice qui furent bien toll guéris
auec vn peu d'vngucnt bafilicum. Tr<?//f' des brûlures chap 6.
OBSERVATION LXVII.
Des nerfs retirés & iointures courbes après la brûlure.
L'An i596.Iiaac Gottcran de Pcrroy m'amena à Laufanne vn fîenfils de 14.
mois : à Tàge de fix il tomba dans le feu ou il fe brûla le doigt iiidice,
celui du milieu , l'annulaire & l'auriculaire auec la partie externe du métacar-
pe de la main droite,en telle forte que tous les bouts de Qts doigts tombèrent
iufques à la première articulation, mais comme le Père l'auoic baillé à traiter à
des perfonnes qui n'ctoyent pas entendues, tous les doigts,cxccptc le pouce
auec la peau du métacarpe, faifoyent comme vne boule,ainll qu'on le voit en
la figure fuiuante , Voye\la figure ^.de la V' l. Table.
Ils me i'aflicncrçnc au bouc d'vnm^ôc me demandent 4ui$ : après l'auoir
z^6 Liurc Troifiénie i
purge ic proceday ainli, prcmicremenc ie me fcruis de la dccodion cmollientc
iuiuanteik: de l'ongaent. ^. Rad.alrh.cHm totOyrai. bry onjilior. Allf.an.lt. flor. ea-
Tnom.meUlot.chamadr.an.m.j.Jem. Unifœnugr.an.l). co^uamur, in infcnlo pedum &
capitis veYHtcis 4m viiuli pro fota : l'oignis après toute la main & le bras aucci
l'onguent fuiuant. ^. vng.dsalth. II. axung.human. gallinar. anferist vrji, /kcci<
lumbric. an.^&. m. Enfin i'enuclopay la main auec l'emplâtre demucilagin»
Pat ce moyc les nerfs 5c la callodcc de la peau ridée du métacarpe &c des doigts,
CTi la partie externe ayants été afsés ramolis , ic (cparay aucc le rafoir le callus,
quictoit entre les doigts & le métacarpe: le leparay auflli les doigts l'vn d'aueCi
l'autre ^ mis par dcifus de ma poudre qui arrête le faiig, appliquant aptes des
blancs d'œufs mêlés aucc eau de rôles & de plan tin : ie mis autîî vn dcfcnlîf futi
le poignet & oignis tout ie bras auec huyle rorat,myrtin,&: de vers:le iour fui-i
uant ie mis le digeftif fuiuant auec du charpis dclié fur les inciflons & oignis le:
bras auec les fufdites huyles. 2C.Terehmth.lot£ inaq.roftr. & pUmag.lhol.rofac .
(^ de vitellis onor.an.yj.croci ^(^.vltetL oui '•onius m. Le cinquième iour ie mis
l'inftrument fuiuant fait de bois &c commençay peuàpeuàamener les doigts à:
leur forme n^iZmtWc^Voyex. la figure cinquième de U TableVI ,
A vnc aftelle large de trois doigts de hrge , de longueur êizi le po'gaet iuf-
ques au coude.
B vn bâton rond deTcpaillcur du pouce qui cft attjclic fermement à l'aftel-
le:du milieu d'iceluy il fort quatre chcuilles rondes marquées CCCC-cet-
te aftele aaufli deux bandes marquées DD auec deux courroy es mar-
quées EE qui tiennent cet inftrumcnt attaché au bras.
Ayantattachécét inftrumentquiétoitbiengirni par tout de linges 5c decotôj
i'auois tous prêts des doitiers de peau que ie mis iur ie bout des doigts,(Sc pat ic
moyen da filet qui ctoit au bout i'amenois les doigts en bas 5c les attachay aux
chcuilleSjles courbant tous lesiours vn peu d'auantage : 5v pour en venir plus
aifement à bout i'oignis la main ^ le bras auec l'onguc nt à chaque fois que ic
lcpcnçois:5c pour empêcher les doigts de fe rcioindre, ic mis entre deux des pe-
tites lames de plomb:ainfi les doigts reprirent peu à peu leur forme naturellcâc
confoliday cependant 5c cicatrizay les playcs,nonauec des choies fort dcficca-
tiucs,mais auec celles qui rcmolilïent en même temps; aiufi ia main fut rcmifc;
Traité des brûlures chap.i^.
OBSERVATION LXVIII.
De la perte d'vn œil par vn grain de poudre k crinoti,
SI vn fcul grain de poudre à canon s'attache à la prunelle, ctH fait de la veuc
le plus fouuent : M. Ican Blacheret Thrcforier à Laifanne regardant vn<
rcueiie d'vne compagnie , on luy tira vn coup de moufquet contre le vifagc;
vn fcul grain de poudre attrappa la prunelle, après quoy ii vifK vnc cicatrice li-
uxdc dont il perdit la veuc , Ah traité d^s hnluns chap.^.
LIVRI
^97
LIVRE QVATJRIEME
DES FR ACT VR E S
ET LVXATIONS
t
OBSERVATION PREMIERE.
U'vne Admirable fra^ure du Bras.
■ ^^—^-.r^r-s^^^ N homme de l- von âgé de<5o. ans auoic depuis deux mois vne
douleur obicnrc, aprcs vite goutte picuiceuie, en l'cpaule dcoicc
Se au coude : il ne k icruic d'aucun remède , Te concenrant de
tenir la partie en repos & de porter ordinairement le bras en
écharpe appuyé contre h poitrine : il fe portoit'bien quant au
rcftc,&: alianc par ville le huitième iour de fon mal , comme il voulut mettre le
<yand en h main malade fans aucun effort , Ce rompit le bras en tcaucrs à quatre
ou cinq doigts au dclfoas de l'épaule; ayant crc demande incontinent , ie vois
auec admiration qu'il en alloit îinri, ie luy remets le bras à l'aide du Chirur-
gien & fis mettre les remèdes conuenables : ie vay rcuoir le malade au bout de
trois iouis pour r^anoii- h toncétoit bien remis , les bandes &: a ftelcs étants
6tces,ie reconnus à l'œil Ôc à la m.un que l'os auoitfa (ituation naturelle : mais
voici vne iionuelle frai'ture plus bas vers la iointure du cuudc qui le fait crier
hautement laquelle nous remettons foigneufement, après quoy tout fut apaise
& fe porte bien à prelciK: nousn'auons pas pourtant eacot défait la ligature ôc
ne fçauonS pas comme l'affaire va: ie me fuis étonné dVnc fi grande fiagilicé en
vn homme qui nes'eft jamais plaint (.l'aucmic incommodité es oSjquifoit venue
ou de vérole ou d'ail lieiirs: Letre de M.Philibert Sarramtn à l' AuthcHr.
C^antau.perfonnage duquel ie vous ay écrit, aptes auoir remis la frad:urc
comme il faloic par deux ou trois fois tS: auoir fait vne ligature conucnafele.
198 Liurc Quatrième
nous crions d.ms l'attente d'vne bonne aggUuination par le moyen du Cal,
comme la nature a accouflumc de faire, mais nous anons été trompes en nôrre
efperanccjCar la nature n'a rien entrepris de ce côte la,quoy qu'on luy ait don-
né du repos Se qu'elle ait été aidée par fomentations & autres remèdes : tout
lefoulagement qu'en a eu le malade, c'clt qu'il a pafsc deux mois entiers fans
auoir aucune douleur en cette partie : mais peu après il eft mort dVn Vlcere
inucteré aux reins : nous fîmrs dillcdion de ce bras lequel êtoit entièrement
gâté de carie : par ou nous coniedurames qu'il auoit été ronge iufques à la
moUcllc par la vcrole , quoy que le malade nous eut opiniâtrement nié d'en
auoir iamais été entachéj&c. Obf,GG' Cnn.i.comîrmnltjHce par Monjienr Thiîi'
bert SarraT^n Meâedn à Lyon,
OBSERVATION II.
De la ^ier'ifon dvne fraUHYc du bras en vn FtciIUrd,
IL y a enuiron fîx ans qu'exerçant la médecine à Paycrne, vn homme de fep-
tan'ç ans rcçcut vn coup de bâton furie poignet qui ht vnefraûure entière:
c'étoitvn corps fec & décrépit, lequel longtemps aanarauant auoit cré paraly-
tique de ce côté la 6c n'en auoit iamais été bien remis , de forte qu'il ne mar-
choit qu'.iucc grand pcne appuyé fur vn bâton ."ay^nt été demandéjie remis les
osauec toute la diligence poifible , ik pour preucnir les accidents qui auroyent
peu furuenir , ie le purge ay quelques iours de fuiie 5^^ appliquay les remèdes.
DcccfTàires en ces cas •• ayant été obligé quelques iours après de m'en aller à
Soleurre,i'eD laiiï^iy le foin à mes domcftics ; étant de retour vn mois après &:
gyant bien examiné la frailarc,ie reconnus par le pctillem.ent oqs os rompus
que le Cal u'etoit pas eucor formé : car tout l: corps & le bras étoyent telle-
ment cxtcuucs,quc l'on reconoiffoit aifcfncntjauiTi bien qu'au commencement
du mal, que les os étoyent dcioiuts : tant y aiioic il peu de chaleur naturelle &
d'humidiré radicale en cette partit : il miC vint alors en la pensée de me feruir
delà picircolleocollali rcKomraéc pour (es g'-ands cif>-ts , i'cntreprins donc
ainfî la cure : ie le purge;.y cccor doucement ôc luy ordonnay vue façon de
viure bien nourriin-ire ( faiis me fcruir pourtant de viand s gluantes lefquellcs
i'ay touficurs tenu pour fjrpeâ:?s ) qui cng?ndra du bon laug ^ repara;
i'humiidiré radicale : ie luy ùiCois prendre tou.s les iours à ieun deux dragmes,
de b poudre fuiuantc en du bouillon de ch.ur fraîche. '^.Lapid ojjlyragi dili^en- .
ter pr&pAratîli. cinuAm el. ^iîj.J^^ch^r. ^i], ?n. f. pnlnis terrMjfimus : roiguis deux •
fois leiour tour le bras iufques à l'épaule aucc ce limment- ^.ol.lHmbric.lijxsI,
«l'a^^or h.îJip.^ijfftcci lHmbric.'^].mf.lîmm. le mis après cçf emplâtre 2^. Empi
des Fradures ôc Luxations. i99
vlgonis adfraEÎHras ojfium lij.empl.oxycr.lS.lapid.o/ieoco/l.pMpar,liS. ttimbricov»
prapar.& inpoUinem redaElorum li. cumf. q, ol.lumhric.f.emph le dccouuiis la
fudurc de trois en trois ou de quatre en quatre iours en renouuelant les medi-
Câments,& oignant vneou deux fois le iour le bras auec l'huyle furditc iufques
à l'épaule & à la nuque :par le moyen de czs remèdes le Cal fiit bien toft en-
gendré,de forte que l'on n'entendit plus cz p;tiilemcnt d'os,6«: le bras fut remis
en quatre femaiaes:0^y^r«.5o.Cf«.*.5.
"^
OBSERVATION II I.
a-,
D'vne grande fr^Elnre de brtis ou les os font demeurés détoims.
I'Ay veu à Balle en Tau 161^. vne fracture remarquable en vn homme de 40^.
ans , le bras gauche luy auoit tellement été fracafsc par vne roue de moulin
entre le coude CJcIe poignetjou les os furent cafsés en traucrs, qu'ils êcoyent en-
tièrement feparés l'vn d'auec rautie,la peau & les mufcles ayants été totalem.ct
dcchiics : la douleur fut très grande auec inflammation 3c tumeur de tout le
bras,non feulement à caufe de la grandeur du mal , mais aufli parce que les os
n auoyent pas ctc rem.is en leur place qui piquoycnt inccllàmmcnt la chair : il
en fortit beaucoup de pus quelques mois durant C>c le Chirurgien en tira quan-
tité de petits os:enfin les accidents s'arrêtèrent & les playes furent confolidces,
mais les os dcm.curerent déioims, lefqucls'faifoyent en cet endroit comme vne
autre iointurc , car s'il y porte la main dioicte> il fait aller le bras gauche en
auant & arrière tout de même que s'il y auoit vne articulation la ou a été la
fraâ:ure,fans aucune douleur : les os ne le touchent pas l'vn l'aVitre , car leurs
extrémités font garnies de Cal-.le bras cfl vu peu exténué , ilremuelc coude
mais auec pênejen forte que ce bras ne luy fert quali de rien.
le ne peus pas comprendre la caufe pourquoy ces os n'ont pas été reioînts
par le Ca!,fuion que par aucnture la propre nourriture de l'os^de laquelle fe fait,
le Cal, fe foit écoulée auec le pus , ou que quelque chair ou membrane fe foie
mife entre les os : autrement la nature clt tellement preuoyante quelle conioiur
incontinent &: ferrumine l'txtrcmirc des os pour peu qu'ils s'entrctouchent,
comme il appert par l'exemple fuiuant : i'ay deux coftes en mon cabinet qii
font attachées par le milieu movv-nnautvn Cal : il y a apparence que quelques
fragments pointus de l'vne & de l'autre côte ont percé les mufcles intercoftaus
de fe font rencontrés l'vn l'autre qui fe font agglutines fermement par le
moyen du Cal que la nature a engendré : mais c'eft vne chofe étrange que
l'homme duquel i'ay parlé ci dclfus, n'ait point de doideur & qu'il n'y ait au-
cune incernperie au bïaSiOhf.^\»CentHr 3.
P p *
3CO Liure Quatrième
OBSERVATION IV.
D^Tie fraBure du bras.
VN leuiic Suilfe Etudiant à Laiifanne tombant de delFus vn aibrc fc rom-
pit le bras vers le poignet ; ayant ctc demande ie guéris heureufcment la
fracture : quelques années auparaiiant il auoit ctc tellement meurtri en ce mê-
me endroit par vne cheurc qu il Fur dés lors comme impuilîànt de cette main:
mais cette dernière cure leLillit lî heurcufement que fa main fut entièrement
remifecen voici la caufe à mon âuis : la première incommodité ou la contufîon
du poignet ayant été mal traitée,principalement à caufe de l'application de plu-
iieurs médicaments froids,ilctoit demeuré vne certaine matière gluante entre
les os du poignet, laquelle aptes la fraifture ayant été comme arrosée , ramolie
& cchaufce par l'humeur qui a'étoit versée dcffus , fut par après refoute & difli-
pce par le moyen des médicaments rcmollitifs & refolutifs lefquels i'y appli-
quay auec beaucoup de foin : ainfi il arriue fouuent que les chofes que nous
croyons être à nôtre perte, fc conueitilTcnc à notre profit, Obferuation 84.
Centnr. V.
OBSERVATION V.
De l'henreufe onerifon d'vne fra^iure des cojîes.
LE 19. Décembre i6zz. étant à Solcurre,Michel Dilberger homme de 4o,ans,
robulU (!S: pléthorique faifaiit vne ronde en vn Bouleuard hors de la Ville,
vint à tomber par tcire ('' qui étoit gelée ) en arrière lur la poignée de fon êpéc
& fc rompit la ncnuicme & diliéme côte du côté gaeche prés 1 échine, de for-
te que \i:s bouts rompus paroilloyent en dehors: (es Camarades le portent en fa
maifon qui étoit hors de la ville, ou il palîà la nuit en de grandes douleurs : ma
femme ayant été demandée de bon matin , elle rrouua céi homme en grande
«!étrcllc,cai la douleur étoit très grande &c pungitiue auec opprcffion de poi-
trine &diiHcultéde rcfpirer : ayant préparé tout ce qui étoit nccelîàirc pour
l'opération , elle remir heurcufement les os rompus en leur fituation naturelle:
elle eignoit tout le côté auec huyle rofat & mit dclfus vn cataplafme fait de fa-
rine d'orge,de poudre de rofes , baiauftes, noix de cyprés,ga!le & tormentillc:
'jlle mit auifi des aftellcs & des plumaceaux comme il étoit necelîàire pour re-
tenir lesos>&: ferra le tout auec vne bonne ligature mais doucement, car quand
elle eH trop ferrée ellç cft dangcreufc en la fracture des coftes : iccUes ayants
été
des Fraûurcs & Luxations. 301
ctc reduitesjla douleur ik les autres accidents s'arrctcrciic incontinent pour la
plus parc .• incontinent après la réduction elle but vn trait d'eau de Prunelle &
de Sionen cgile quantité : clleluy ordonna auiîî vue façon de viurc fort fobrc:
lelendemaiaclleluy fitouutir la véne& dclioit la fratlurc de crois en trois
iours ; elle luy fît boire de ces eaux iurques au huitième iourtmoy étant retour-
ne à la maifon après l'onzième iour, ie trouuay le malade hors de danger , ôc
paracheuames la Cure entièrement en quatre femaincs auec les furdits remèdes
& auec l'emplâtre pour lafradture.
Il faut remarquer icy qu'il n'y a pas eu la moindre apparence de mcartriirure
en la peau comme il arriue ordinaiiementje (àng meurtri étant forti abondam-
ment par le fiége: carie malade & tous ceux qui l'ont afliftc affurenc qu'il en
cft forti des liures entières, meurtri ôc caille, en cette manière ; comme onluy
voulut mettre k- troiiîême iour vn fuppofitoire pour luy lâcher le ventre> la na-
ture fit vn effort & fe déchargea trois ou quatre fois ce iour là & pouiïa hors
pafsc trois liures d'humeur gluante Se de fang caille mêlé auec les excréments:
ce flux dura qualî (îx iours, de forte que les deux premiers iours ce flux alloit
en augmentant tant en nombre de fellcs qu'en quantité de ces excréments
gluants (S: de fang caillé : les deux iours entredeux le flux n'augmenta ni ne di-
minua, mais les deux derniers il alla en diminuant pea à peu iufques à Ce qu'il
reuint en fon. premier naturel, neantmoins les forces fub/îftctent touiours
fans diminution ôi fans fièvre : on voit icy la fagaciré de la nature en la confcr-
uation de l'indiuidu, laquelle à mon âuis s'eft fait palfage parles veines <^ ar-
tères deslumbes au boyau colon à l'endroit du Rein gauche oùileft attaché par
le péritoine :il n'en eut pas êtéainfi fi lacontufion eut été au côté droit, comme
ie l'ay vcu il y a deux ans en vn certain Hans Ruft, car il luy vint vne fi grande
ccchymofe au cofté droit & fans aucune fradure , f quoy que la contufion
eut été beaucoup moindre^ qu'elle tcnoit rout le côté dés laillèlle iufqu'à la
hanche, le nombril & l'cpinc du dos auec de très grands accidents, de laquelle
neantmoins ie le remis mais auec vne extrême pêne S>Cc. Obfern* 8^. Cent. 5.
OBSERVATION VI.
Qià contient vne innentton nouuelle de remettre la ftÀElure del'cj
^^ de la CwJ[<Lj»
L'Os de la cuiflè fe rompt en plufieurs Façons, alTauoîr de traucrs, obli-
quement & en longueur, comme les autres os : il fe rompt derechef ou
au milieu , ou prés de l'articulation inférieure, ou de celle d'enhaut : mais en
quelque fa^on qu'elle atriue & en quel endroit que ce foir,cilc clt de urcs diificiic
P3
joi Liurc quatrième
gucrilbii Se pour parler après Auicennc , rarement qiielquVn en échape qu'il
ne demeure boiteux , principalement 11 elle eft en la partie fuperieure : en
voici la raifon , premièrement l'os de la cuilïè n'cft pas droit comme font
Ui os de la iambe ^ du bras, mais il cil uatureliemcnt courbe en arc
vers la partie extérieure , partant il ic porte aisémcn: en dedans s'il eft rompu,
fecpndement il y a des nerfs Se des mufcles très grands 2c robuftcs Icl'qucls fi
tôt que l'os eft rompu, ils tirent à leur origine cet os qui eft courbe naturelle-
ment ôc en telle forte que les extrémités d'iceluy fe feparêt à l'endroit de la fra-
(5lure & auancent vers la partie externe: en rroiùcii;e lieu, il n'y a qu'vn os, par-
tant on ne peut pas le retenir ii aisément en fa place que s'il y auoitvn autre qui
lay fuft adioiiït comme es os du bras &c de la iambe : 4. l'cxpcricnce fait voir
qu'il eft mal- aisé de lereceuit en fa place par le moyen des aftelles &: des com-
prefïrSjparce que c'eft vne partie fort charnue & que l'os y tft Ikuc comme fur
vn couflin : car ces nerfs 6c mufcles qui font fort robuftcs mettent derechef les
os h»rs de leur place quoy qu'ils aycnt été bien remis.
Mais il faut diftinguer.diligcm.ment les fractlures de l'os de la cuilïè l'vned'a-
ucc l'autre: car fî l'os eft rompu vers Icgenouiiouau milicu,fc fi on fe fertd'vn
Chirurgien entendu, la guetifon n'cft pas trop mal- aisée, ayant guéri tous mes
malades fans qu'il ayent été boiteux:que fi la partie fuperieure de l'os eft rom-
pue auprès de la hanche, à pêne pourra- r'- on guérir le malade qu'il ne demeu-
re boiteux, aiuii que l'aflcure Auicenne^ autres , tant par les raifons ame-
nées ci-dclTiis , que parce que l'on ne peut ferrer les comp relies que d'vn cô-
téjajiàuoix parle bas, Se pour le bien comprendre il faut remarquer cet exem-
ple.
La fille de Maître Abraham Mcyer Bourgeois de Berne âgée de 8. ans eranr
tombée le iS. luin i6z$. du dernier étage delà maifonfur le paué , fe rom-
pit l'os de la cuilïè gauche en la partie fuperieure : ayant été demandé à l'iu-
ftaatjîc trouuay vae fîadure complète vers la petite ou inférieure appendice
marquée par Vefil en la première Table des os lettre V auec vne grande cxru-
bcrancc de l'os rompu»& la cuiHc beaucoup plus courte que l'autre : or ic re-
mi* HeurcufemeHC l'os fradiuré, 8c ayant appliqué les remèdes conucnablcs &
-des coraprefîe, le coUoquay la cuilfe dâs vne caiiole fî proprement que iufqu'au
14. iour tout alloitàiouhait, la malade étant fans douleur Se accidents; ie pen-
fois nraannoias U fraûure de trois en trois iours félon la coutume; mais com-
me VBc nuit les mouches & les puces rimportunoyenr,cllc ne peut s'empêcher
de coatourner le corps & la cuiife,dc forte que par l'efpacc de Z4. heures elle fe
fetta en dehors outre mefure, ôc feroit demeurée extrêmement diftorrae & boi-
t^fc fi Dieu ne m'cuftaiTifté : or les fradures qui arriucnt en cette partie delà,
ÇjLiiiTene fc peuueat point guérir qu'il ue refte de la claudication , ainfi qu'Aui-
ccnne l'cnfeignc au quattiéme liure Fen 5. traité j. ch. 4 II te fautfçauoir que
Celui à ^ijacuillc&lahâiichfi fout fradurces, ne pcutcuiter de deucnirboi'
tcux
desFraâures &c Luxations. 503
tcr.x: Bruno en fonliu.t. ch. 6.0c Theoioiicau liure i^ch. 58. Guy de Cauliac
au traité 5. àodr.i. ch.7. Ican de Vigo \'m.6.cU.i^. fuiuenc la dodiine d'Auiccn-
ne: Celfus a aiiHi crc de cette opinion au liu. 8. ch.io. Il faut fçauoir que Ci l'os
de la cuilfe eft rompu , qu'il deuient plus court parce qu'il ne reuient iamais
en Ton premier état, celui à qui ce mal heur cft ariiuc étant contraint de
marcher fur la pointe du pic : mais il relte vne grande dcbilitc en la partie,
s'il y a de la négligence auec le mal heur : Awdic Vcfal grand Anatomifte &C
Chirurgien au liu. 2. chap. 14. àcfà Chirurgie '^n: Pcccetau 4. liure chap. 14.
font de l'opinion Je Cclfe : c'cft donc vn ronicntciTient gênerai des autheurs
que l'os de la cuillc étant fra(fturé , principalement en fa partie luperieure, ne
peutpas être gucii fans que l'on boire j ce qu'il ne £vut pas rrouuer écrange,
car on ne peut pas bien agencer ks bandes & les comprclïcs en cet endroit
p^ur retenir les exti'cmitcs des os fractures en leur place : Paré Chirurgien de
grande réputation &: très lubiil, au i)- liure ch. 2. dit qu'il a guéri vnc Dame
à laquelle l'os de la cuilïe auoit ctc rompu vers la grande appendice , mais cet
exemple cil fort rare : & ien'ay iamais veu aucun qui ait ctc guéri de cette fra-
dlurefans être demeure boiteux hors cette ieunc fille.
l'ay parmi mes raretés Anatomiqucs fept ou huit os de la cuilFe ramafscs en
des Cemetiercs, defqucls quelques vus ont ctc lôpnsau milicu,mais la plus part
vers la hanche qui tous ont été mal remis : onvoitparlà queladodiine d'A-
uicenne& des autres autheurs efc tres-verirable : Que li quelquvn veut fui-
urc la méthode que ievay mettre enauant , il cuitera aisément que la iambe
ne demeure courte & que la claudication ne fuiue : mais ie veux aupara-
uant raconter comme i'ay traite cette fille par où on comprendra aisément le
rcfte.
Le vint huitième donc de luin 1623. elle tom.ba du dernier ctage.fûr ie pauc &
fut portée pour morte fur Ton lit : ayant été demandé ie trouuay des conra-
fions en diucrs endroits de Ton coips auec des cxcoriatioas & même en la tcfte,
kfquellcs n'eftoyent pas de grande imporrancc: mais l'os de lacuilïè fc trouua
entièrement rompu vers h petite ou inférieure appendice j?^ tellement cour-
be en dehors que cette cuilïe ctoit plus courbe eue l'autre de .deux doi<Trs eu
trauers : le n'eus pas befoin d'aucun inftrument pour lemetrre cette fiacturc"
à caufc de la ieunciïè de la fille , mais ie meleruis feulement de la moîn : ayant
donc prépare tout ce qui ctoitnect (faire , iemis la fille fur vnetabîciSc mis
des brides de 6ne toile entre les cuiilcs : i'cu baillay les deux bouts au fêr-
uiteur qui croit debout à la tefte de la fille : i'auois vo antre feruîtcur
qui tenoit le gcnoUil ferre auec les deux maius , ainll Tvn tirant en haut
la cuilfe auec la biide ôc l'autre tirant auec les dciix inaios le genouil en
bas en droite ligne, ie remis aisément Ufcacture, Câpres auoir oiHttouiela
Ijjmbe des le pics iufquçs au;c Hypochoudjcc^ , ayant ayffi appliquer
J04 Liure quatrième |
vncmpUtrc, & mis des bandes ôc comprciles auec toute la diligence requit [
ic logcay la iambeen vne calfole, ainfi la douleur quictoit fort grande ceffa in
continent & elle repofa pailîblement cette nuit là : la cuifle aulîi fe trouua étr
de mcmc longueur que i'autre,par où ie connus que l'os ctoit bien remis : ayan
défai: la ligature le troificme iour, ic reconmis à l'œil que les extrémités des oi
Ce rencontroyent fort bien , car il n'y auoit autour de la fradlure ni extubci
rance ni inégalité, &; la malade ne feplaignoit d'aucune douleur : ce qui m,|
fit croire que toutêtoiten alfurancej & pour prcucnir les accidents, iedécou
uris la Fracture de trois en trois ou de quatre en quatre iour» : 8c le i6. iou
dumal,comme iedcbandoisla fradurc Iclon ma coutume, ie vis encor qu
tout alloit à fouhait ; mais la nuit fuiuante comme la chaleur écoit très grand
& étant importunée des mouches , en fe voulannt tourner , elle remua aufll l:
cuilfe auec fa Caifole , ce qui fut caufe que les extrémités des os vinrent de
rechef à fe déioindre, de Ibrtc qu'au bout de vint- quatre heures il parut ww
grande cicuberance ôc la cuilîè deuint plus courte que l'autre de crois doigts è
largeur.
Neantmoins cet cleuement ou extubciance ie failoit fans aucune dou
leur, ce qui efi: remarquable, veu que le période a vn très vif rsntimcnt&;'
ainfi fait de très-grandes douleurs s'il y a quelque pointe d'os qui le touche
mais il y a apparence que les extrcmitcs de l'os caisé étoyent déjà garnies d(
quelque matière viùîde & gluante qui étoit deftinée à la génération du Cal;
de forte qu elle ne pouuoitpas piquer le periofte : or voyant cette éminence
d'os auec iette deformité 5c rerra6tion de la cuiiV: , ie me vis en pcnc par l'ap-
prehenfîon que i'eus qu'elle ne demeura boiteufe , quoy que ie fçeulîè qu'A
uicenne ôc tous les autres Médecins tiennent qu'ils ne peut pas être autrement,
mais il me vint en la pensée de faire l'inftrumétiuiuant par le moyé duquel cette
bolïc (St cminence d'os fut abaifsée en peu de iours & ians aucune douleur, l'os
étant il bien retourné en fa première & naturelle place, qu'il n'y rcfla pas la
moindre deformité , bien loin d'être demeure boiteufe, ayant êcé li bien re-
mife au bouc de deux mois, qu'elle put aller fans bâton : cet inftrument
cft fait de fer blanc & garni de futaine de peur d'offencer la chair : vo^és Ufig. é.
Dis  iulquesà B cet inftrument eft droit de haut en bas,raais cttiç partie
qui cft marquée.
ce &: D D eft courbée en telle manière qu'cllt peut erabraifer la cuiflfe
principalement au droit de la Fradurei
E & F font des bandes faites de futaine double defquclles la première
ferre la cuiffe au dclTus du genoiiil , te Tautre la I?.mbe vers le îar-
ret.
G, vne autre bande qui entoure* le corps comme vne ceinture au deffus
Je l'os ilcum comme oa le voit en la figure i. «le la ublc 7« les bandes
font
des Fradures ôc Luxations. 505
font faites de furaine double bien coufue , de peur qu'elles n'cchapent
en l'Opération.
Mais il faut faire en telle forte que l'Indrumcnt Toit bien proportionne à k
c'uilîe, & que la partie inférieure marqucç B ne dccendc pas plus bas que le iar-
retjcncor moins faut-il que la partie rupcricurc marquée A palK; l'os Ilium : car
fi la ceinture palîoit l'os facrum tSc rilium^rinftrument ne comprimeroit pas
fufSrammcnt la fracture &c par confcquent ne feruiioit de rien:ayat ainfi adapté
riuftrumcnt à la cuilfe , ie fcrray peu à p:u l'aiguillctce qui ctoit au milieu de la
çciiituredeuxou trois fois lciourjmais'doucemcr,dcpeur de faire de la douleur,
ainfi en refpacede trois ou quatre iours cette bolfe fut âbaifsce &c rendue égale,
& tout alla à fouhaitjdc forte qu'elle fut entièrement guérie en l'cfpace de fepc
ou huitfemaines.
Lafradtnre doncde lacuilïèqui atoufîours été eftimcc dettes difficile guc-
ri(on,a eftc rendue fi facile parmon inucnrion qu'à prefent vu apprcntif la peut
guérir fans que le malade demeure boircux,pourueu qu'il foit diligent ôc. qu'il
air les inftrumenrs propres , il faut donc procéder en cette manière.
Sil'os de lacuilfs eilrompu , ditHippocrate , il faut fur tout faire dili-
gemment l'cxtenfion , afin qu'elle ne fait pas moindre qu'ils ne faut , car celle
qui eft trop grande n'apporte aucune incommodité : il faut donc tirer fort &
ferme la cuillè en droiture , car les mufclcs de la cuilfe font fort grands &c ro-
bulleSjlefqucls tirants vers leur origine requièrent cette violente excenfiontmais
il faut faire diftinôbion des corps, car es enfants la feule main lutfic fins inftru-
nients,quelquefois mêmes en ceux qui (ont auanccs en âge comme ie l'ay prati-
qué fouuent, mais il ne faut pas touliours s'y fîer à caufe de la grâdeur ôc force
desmufclesjce qui oblige le Chirurgien à recourir aux inftruments , car fi l'cx*
tenfion eft plus petire qu'il ne fautjles extrémités de l'os ne pourront pas fe ren-
contrer,mais elles (e crcifi'ront l'vne l'autre au preiudice du malade: il faut donc
ficher fur vue table ou banc l'inftrument fuiuant que i'ay inuentc 6c âpelc Ré-
mora ou Arrcft: il le faut cnueloper diligemment de linges mois , en après il
faut coucher le malade en telle façon fur le banc que l'inftrument fbit mis en
l'cntrcfelfon, rjoyés les fgHres i.y&^.deîa table 7.
Dés AiufquesàBcérinftrumcntaneufpoucesdelongiàrcndroicdc B il
a répaiircur d'vn pouce.
C vn trou dans lequel on met vne boule de fer marquée D par le moyeu
de la Vis.
E vne vis par le moyen de laquelle la Rémora eft attachée au banc ou à la
table tant que le bout d'icelle marque G y tienne ferme par le moyen de
la vis marquée F qui la doit ferrer.
l'ay voulu appeler cet inftrument Rémora, car comme le poilTon qui porte
ce nom ( Pline liu. 51. ch. i.) quoy petit,arrcfte les Nauircs de forte qu'elles ne
peuuent palïèr plus auant, aiufi céc inftrument retient le malade,pour robufte
<i3
jotf Liure Quatrième
qu'il (oit Se empêche qu'il ne vienne en bas quand on tire; en après il faut met-
tre la ceinture reprefcntce ci-dclTous, fur la cuilîc vn peu au dellbus du genoiiil
en cette façon, voyés /a figure 'f.dela table 7.
DefcriptioH de la Ceinture.
A vne ceinture aucc laquelle on attache lacuillê vn peu au dcffus de la Rot*
le B C font des forts crochets de fer ou de cuiure defqucls l'vn fe met en
la partie interne du genoiiil & l'autre en dehors , car on les peut faire allci
çà & là comme on veut.
11 y fiut âcrochcr vn fort cordon marque F F qui foitde telle longueur qu'il
paflèla plante du pic : en fuppofant donc que D foie le genoiiil, & E la plante
du pic fous laquelle le cordon F F fe rencontre, il y faut attacher la moufle à
marquée G pour faire Textcnfion comme ie diray en (iiitc : que Ci quelqu'vn
penfoit attacher la ceinture à la iambe vers le talon il fc trompcLoir, mais il faut
que le cordon foit fi court que les bouts viennent à fe rencontrer fous la plante
du pic : Qiioy que cette moufle ait quelque rapport aucc celle qui fe trouuc
dans Paie liure lé. chap 7. & ailleurs , fi cft ce que comme i'y ay corrige quel-:
que chofe , j'ay voulu mettre icy le pourtrait de la mienne, laillant neantmoins
le chois à vn chacun de prendre celle qui luy agréera le j^ ^us : or i'eftime que
Parc s'cft ferui premièrement de cet inftrumcnt es fra(5l;urcs des os ôc es Luxa-
tions, car ie ne me fouuiens pas d'en auoir veu aucune trace dans les éctirs des.
Chirurgiens qui ont écrit auantluy:maisquoy que ce foit il cft excellent &U
plus propre de tous pour remettre les FraChues 3i Diflocations, veu que pre-
mièrement il fe peut âiufter à toutes les parties du corps rompues ou luxées fCi
on en excepte les eoftcs les clauicules , les mâchoires & l'os Pubis J lo. il tire
en droite ligne fans que la partie penche de coté ou d'autre , principalementjl
fi on fe fert de la ceinture ëc de la Rémora i pouuantalFurer auec ferment quci
i'ay quclqi:efoia remis des fradlures fans douleur; &c par le moyen de la ceinture
on fait en forte que Ion rire la partie droit en bas lawsfe détourner ni deçà ni'
delà : car ii la iambe oula cuilfc eft rompue, il lafaut mettre en telle forte
au genoiiil ou au talon nue les extremiccs du cordon marquées F F vicnuentà
fe ioindre au centre de la plante du pié '^ que l'on y puiiTe fourrer le crochet de
la moufle, voyés les figures 6. de latahle ].
Qae fi le bras cft rorppn, ii faut metrre la ceinture au poignet en forte que «
les crochets d'icellc marques B & C regardent l'vn le dehors^*: l'autrele dedans %
de la main & que les extrémités du cordon (e rencontrent au bout du doigt du '
milieu: Paré en lieu de ceinture met lur b partie vne bande de toile à laquelle
il attache fon inftrument, liu. lé. ch. 22. 4J. mais il eft aisé à comprendre que
l'on ne peur pas faire l'extenfion droite h on examine bien la figure ^ comme j:
il veut que l'affaire aille; en troifiéme lieu par ie moyen de cette moufle on tire
oulentemcntouvitement, plus ou moins klon lafantafie dy Chirurgien S>c
que
y
i
des Fraftures ôc Luxations. 307
i que la chofc le rcquicicce que l'on ne peut pas faire aucc les autres inftruments
&:Gloirocomes comme l'expeticn-c me l'a fAz voir>4 elle peut être portée com-
modément çà de là, mêmes quand on va voir les malades dehois à ca jfe de Ton
petit volumccar celles de laqadb ie mz fuis fcruiiafqiiçs à prefent ne pefe que
5). onces auec la Rcmora 6c li ceinture : ). elle n'ir/timide point le malade
comm- font les gloirocomcs& aurrcsmachines,dcrqacllesoiire feruoit ancien-
nement : elle cft principalement très piopre en la Luxation de l'épaule cemmc
on le voit en Paré audit liure chap. ii. i?j l'cft encor d'auancage fi on attache à
la R;mora vn globe de fer par le moyen d'vn; vis de la grandeur & figure qui
fera reprefcntéc ci- après & que l'on y procède comme ie diray : on fe peut
auflî fcruir de cet iiiihumcnt en la Luxation de l'efpine, en laquelle en lieu de
la ceinture, on entoure le corps d'vn: b.uide de fix doigrs de large Se longue à
proportion dcl'épaiireur du corps, qu'il faut faire de toile neuuc la mettant à
l'endroit de l'os facrum, & de telL- forte que la moitié d'icelle palTe l'cxcremitc
d'enhautde l'os llium & l'autre moitié repofe fur l'ilium même : car par ce
moyen tirant en bas les os llium, on tirera auffî l'échinp, laquelle ne peut point
être étendue en autre façon: or pour la cirer également il faut mettre le cordon
en deux lieux de ladittc bande \' l'y attaclier,a(rauoircn dcuant au milieu de l'os
pabis,visà vis de la ligne bbnche,c$<: par derrière à l'endroit de l'échinc&de l'os
Iacrum,de fjrte qu'vn bout du coidô padc entre les f.lUs & l'autre pardcifus les
parties honteufes pour-vcnii: fe rencontrer vers ks geno jx où il faut attacher la
moufle 3l la tirer après auoir mis le malade fur ion ventre: or de peur qu'en ti-
rant le corps la moufle ne vi.n:ieapres,ilfaut mettre vue bande large Si longue
fir la poitrine & le dos par delfaslesbras qui doit être tirée par deux hommes
forts ou bien erre attachée à la table fiul.iquelle le malade efl; couché: on bien
ilfautplautet furla table deux fortes chenilles defquelles il y en 'ait vue fous
chaque bra; , ainfi la poitri.ie ilk la rjfpiration fera libre quand on fera l'cxten-
fion: Mais ceci foit dit en palTant de 1 excellence de cet inllrument , reuenons à
nôtre dclîcin.
Ayant couché le malade fiir la table prés la R?mora luy ayant auflî mis la
ceinture au ralon ou au g nou'l, comme i'ay dit , & la corde aux crochets de la
ceinture , il faut attacher à quelque colomncouparoy vis à vis du membre
rompu le clou à vis qui efl fait comme vue croix f lequjl efl: peint auprès de la
mouflet marqué A J de peur qu'en fiifaut l'extenfionle membre rompu ne
tourne de côté ou d'autre, en après il faut attacher le cro:het de la moufle mar-
qué B à la corde <5c l'aurreqai a la marque G à vn clou fiché eu vue poutre
ou paroy : les choies êranrs ainfi àiuftees , vn feruitciir tirera la corde de
la poulie marquée D mais doucement , & candis qu'il la tire, le Chirurgie»
cmbraCra auec les deux maius la cuiife vers la frad ure , mais premièrement
il doit prendre garde de quel côte penchent les extrémités de l'os rom-
pu , autrement il ne les remettra iamais bien : pofons donc le cas que la
(^q z.
3o8 Liure Quatrième
cuilîe droite Toit lompuc en relie foite que la Tcfte de Tos marquée A auance
en dehors &: que la partie marquée B penche eu dedans comme marque la fi-
gure 7. delarablcy.
Cependant donc que le Chirurgien empoigne laciiilTe anec les deux mains
Se que l'exrenfion fe fait, il doit âpiiquer le pouce gauche au bout dcl'os rom-
pu qui cft marqué A. & le droit à celui qui eft marqué B en prelîànt vigoureu-
rcmenr,& regardant iî le feruireur ne rclâ.hc point la corde, laquelle il doit
toujours tirer doucement iufqu à-ce que l'os foie remis, car , comme dit Hip-
pocrate j quoy que rextcnnon foit plus forte qu'il ne faut, elle n'apjiorte aucu-
ne incommodité à caufe de la grandeur des muicles j aiufi en tirant la corde Sc
prelîànt doucement auec la main les extrémités des os , ils retourneront en leur'
place naturelle, ce que l'on reconoiftra premièrement en ce qu'il n'y aura aucu-
ne eminence ni inégalité d'os y mettant la main : 1°. parce que l'os vient in-
continent égal > le plus fouucnt auec craquètement, 50. la douleur pungitiuc
cefïè, 40. la cuilïè eft de même loiigucui <Sc figure que l'autre.
L'os ayant été arnfi remis, on ne lâchera pas la corde auanl qu'auoir mis les
médicaments , les Bandages & les Aftelcs : il faut donc auec diligence oindre
toute la inmbc dés le pié iufqucs à la cuilïè & hypochondreauechuyle rofar,
mettant fur la fradute le cataplafmefuiuant QZ.far. Hordei ^tty pulner. rofar,
rub, 5/?. BalAiijî. Nucum. cupr. aalUr. an.. T^f cmn Po/cafat ewpl. in mort Aria
add€>ido vitelL OHor. num.}']. ol.rof.^}. app'ica tepidè : en ceux qui font plus
auancés en âge &: cxrenucs>on peut adioutcr à cet emplâtre |fi, lapid. ofteocolU
car rllcfairpromprcmeni croitre le Cal , maib il ne faut pas s'en feruir en des
ieuntspctronnes& pleines de fuc : en après il faut enueloper la iambc dés le
genouil iufques à la CuiiTeauec des band.s tiempées en oxycrat : mais pour
retenir les cxtiemités de l'os rompu en leur place, il fefaut feruir d'vn inftru-
mcnr qu*: i'ay inutnté lequel on met ilir la ciiiiîc en cette manière voyis l^^fig- &•
de la table 7.
Explication de la Figure*
A A vnc lame de fer qui a 14. pouces de long & deux de large, mais au mî-
licu ou font les marques.
BB elle eft fcparée en deux en forte ncantmoins que par le moyen de la vis
C C elles fe ioigncnt enfcmblc ; car par ce moyen vn même inftrument
peut feruir à pluficursm.alades, vcu qu'on lepcur âcourcir ou âlongir félon la
taille : mais il faut que cette \\s fe puilïc tourner tantôt d'vn côté tantôt de
l'autre, de forte qu'eu la tournant, les deux lames marquées A A viennent ou à
fe ioindrc vers le cerrre * aiufi marquéj ou qu'elles tirent l'vne en haut & l'au-
tre en bas également : or de peur que ces lames ne branlent de codé ou d'au-
tre, il faut mettre de chaque coté de la vis vnc autre lame de fer marquée
D Dqui
I
des Fraâ:urcs & Luxations. 30^
D D qui foie bien attachccjmais chacune doit ccre retenue par deux anneaux
EEEE ou boucles niifes à l'oppoli^e les vues des autres, par le moyen
dcrqiiellcs le Chirurgicales p:utha(i(rer ou bailler quand il veut.
F G font deux bandes dcfqucUcs l'vncfcrt à lier la cuiirefur le genouïl j <Sî
l'autre la iambc fous le ïjrrct.
L'inflrumcnt étant ainfi ioinr,il faut mettre la partie d'enhaut d'icclui mar-
quée H fur l'appendice inférieure de l'os pubis qui eft aufll apelc l'osfenctrc
du pcnil or ce fouftien marque H qui cft de bois : eft vn peu creuse en rond en
fa partie fuperic-ure marquée I afin qu'il puiilc tant mieux conteait l'emincnce
de cet os,ce creux doit ccre garni de feutre, de linge , ik. d'ctoupes de peur de
bleiler la partie qui s'appu\ e dclfus.
Cet inftiument étant ainfiâtaché dc(îus& dcllbus le genouïl,iI faut tourner
la vis auec vn poinçon de fer m.arqué K (' car il doit auoir les trousen fon cen-
trejiufqucs à ce que la partie d'iceluy marquée H tienne ferme contre cet os
fencrré,alors il faut garnir l'autre partie dclacuilfe ( fila fracture cft au milieu
d'iccUcou préi IcgtnoiiïUaucc des comprclles de bois auanr que ferrer la ban-
de d'enhaut n^arquce Ljquc G la fra<5tuic cft au haut de la cnilîè ou prés de la
petite AppendiccjComme en la petite fille de laquelle i'ay parle ci dclfus, il faut
outre cet inftrument ici y âiouterlepicccdent afin que l'os puilfe demeurer
en fa place : ayant fait tout ce que dcfilus diligemment , il faut mettre toure la
cuiftè en vnc Caftolle de bois ou il la faut laiirvr trois ou quatre ioùrs , l'oi-
gnant neanrmoinstous les ioursauecdc l'Iinylc rofat , comme auHî le bas ven-
trc,rhypochondre 6c la iambc vers la plante da picjcn fomme tout ce qui n'cft
pas couuert de bandcs:que s'il fc fiit quelque fiuxion fur la partie, il faut mettre
quelque dcRnfif lur la fraftiue , & des le commencement il faut ordonner les
remèdes vniucrfcls auec vnc façon de viurc exquilc ik fobre , purgeant le corps
jfi faire fe ptut,ou lâchant le ventre auec des laucmcnts , de peur qu'étant relfer-
réjil ne vienne de la fiéure : or on rcçcura les excréments en vn vaiftèau d'ctain
ou de cuiure:il faut anfti cirer du fang par la vcne du bras de même côrc , à pro-
portion de la plénitude & de la force du malade , regardant à toutes heures (î
cet inftrument ne fc relâche point, parquoy il doit être bien attaché fui le ge-
nouïl,& appuyé en haut contre Tos feneftré par le moyen de la vis, ainfi onem-
pé.h. ra que les extrémités des os qui ont été reicintcs ne fortenc hors de leur
place:Voila quant au premier appareil.
Si au quatrième Jour il n'arriue rien de /îniftre en lafiadturc , il la faut dé-
bander,rcnouuelant tous les emplatrcs,les inondtions Se les bandes,mais il faut
tour tenir prcft auparauant , afin que rien ne manque quand on viendra à fuire
la ligature , car il eft ncceftaire qu'il y ait deux feruiteurs qui tiennent le mem-
bre,lVn au dcflus de la fraélare & Tautre au delfous > mais bien également: ce
que ne pouunnc être frit fans caufer de la douleur ôc fans donner beaucoup de
pêne aux bruiteurs , il faut être habile en la befongnc : il n'cft pas pourtant
Qjl 5
jio Liure Quatrième
necclHirc de faire vnc grande cxtenfion f à rimicacion de quelques iguorants
qui à chiqifefois qu'ils dcbandciicla fradjre en fjiic vue nouucUeJcai files os
ont ccc bien renîis au premier appareil , à quoy b^ii cracalfer encor le malade:
or afin que la feconie deligicion de la fradurc ^ les fuiuanr.s paiironc êcrc
faites félon le preccpce de Gaiien promptcment , reuremcnt ôc fans iacommo-
diccjil faut fe comporter ainfi. Ci le malade peut être porte des le licl fui vne ta-
blc,il faut derechef y attacher la Rcmora côme on a fait la première {^is, que Ci
la deligation doit être faite au lit, en place de h Rémora, il fajttenii f;rmc le
malade auec vne bande de toile neuue S>c fo.tc de peur qu'il ne dcceudi en bas
quand le fcruitcur tire L' pic,mais pour mieux le rcpicLntcr, voi ji les figures. I.
de la table VllI.Pofons do.ic le cas que A foi: le haut du châlit, dans lequel le
malade doit être fituc en forte que la Telle foie fituée ou cft la lettre B : qu'on
attache à cet en droit deux boucles l'vne à dioite,rautre à gauche marquée C C
y ayant attache la ban Je marquée D E il faut faire palier le milieu d'icelle par
l'entrefefibn.-or cette bande cft fendue des deux côtés vers les lettres G H : la
bande donc étant posée en telle façon que la fente G ne palfe pas la région du
fond dereftomach(car en toutes Opérations la poitrine doit être libje à caufe
de la refpiration 5c qu'elle vienne (eulcment à la hxicme partie du dOi,il en faut
attacher les bouts auxboucles marquées CC ou elles d^i aent être liées bien
ferrae,de peur que le malade ne dcccnde en bas:cetce bande étant ainlî âiuftce,
il faut ouurirla cailble ôc en coucher de coftc Se d'autre les ailerons, Tjettant U
ceinture reprefentée ci dellus autour du talon, faifant auQi ioin Jic la corde Cous
la plante dupic : il n'cft pourtant pas ablolum.nt necefiaire de fc feruic de la
moufie ( veu qu'il ne faut pas faire d'auaiitagc d'cxtenfioa^' mais il f^ifica qu'vn
desferuitcursprenacdelamain droittelacordc de la ceiiiture<!fc de lagiuchc
le talon en le fouleuant; or afin qu; cela fe fallè également, il f lUt qu'il y ait vu
autre feruiteur qui empoigne auec les deux mains le haut de la cuilL- ôc la fou-
lêue vn pea.afin de pouuoir promptcment remuer Se changer les em .lacres &
tout le refte,mais après auoir auparauantointh cuilie : prenant foig'ieafemen:
garde que '^êt iiiftrument Ôc les afteles foyent proprement mifes , remcrtant
apreslacuiirc enfacafible: ieme fers delà ceinture en la llconJe d ligaciau .S:
fuiuantcs,afin que par ce moyen le feruiteur puilîe tenir la partie f rme fans
pêne & qu'elle ne branle de côte ou d'autre: i'y ay auflî quelquefois âioatc l'io-
ftrument à poulie, mais fans faire aucune extenfion , oufculcmcnrdepcur que
les mufcles qui attirent toafiours vers leur origine, nemillenc loi hors de leur
place.
Voila quant à la fradlure delà cuifie ôc Is moyen d^ la remettre , auec la ma-
nière dclaconferuer en fa fituation naturelle de peur que la Jtu'fle ne demeure
trop courtc:ie veux feulement âioutcr vn mot de l'cxccliencc de cêtinftrument
àpoulie&delaRemora,a(rauoirque l'vn «Se l'autre cft tr^s propre pour remet-
tre rêpaulcjComme ie l'ay expérimente , car en quelle faÇon que ce foit que la
Tefte
des Fradlures & Luxations. 511
Tcfte de l'Humérus foit hors de fa place , on le remercia aifcmcnt par le moyen
de ces inftrumcnts,fi on attache la Rorrora auec Ton bouton ou globe de fer,dc
la grandeur qu'il eft reprcfencc , en la figure J.de la Table VII. i vnc table ou
banc commode fur lequel on couchera le malade.
La Rémora cft marquée B or ce globe comme au(îî la Rémora doiuent être
girnis & couuerrs de toile, couchant par après le malade fur le dos & iiuftanc
la Rcmora en telle forte que le bouton de l'inflirumcnc rcmplillc la cauitc de
l'aillllle , mctant par après la ceinture fur le poignet auec Tes crochets ôc le
cordon qu'il faut attacher à la moufle comme on le voit en la figure 2. de la
Table VIII. enfin il faut peu à peu étendre le bras& le tirer, tant que la Tefte
de l'Humcrus s'cnboice en fa pla:e,il faut alors vu peu relâcher la moufle Se ti-
rer en haut le malade , remplilîànt le creux de l'aiirellc auec vnc paume faite de
linge,la bandant fi bien qu elle ne puilFc pas foitir hors de fa place. Ohferu. 85.
Centnr, V.
OBSERVATION VII.
De lafraUnre de U rotule.
VN homme de 40. ans robufte &" de bonne conftiturion étant tombé fe
rompit h rotule en trauers auec grande menrtrifTure du genouïl mais
fans playe : & quoy qu'il fut guéri au commencement félon l'Art, neantmoins
il luy furuint de rres grandes douleurs auec autres accidents , il fut enfin remis
mais il demeura boiteux auec vne grande débilité de toute la cuilîè , de forte
qu'il n? peut après marcher quaucc pêne traînaiît la iarrbe quand il faloît
mcntein'c fus demandé pour le voir auec le Dodlcui G.oigius Fabcr: nous luy
ordonnâmes quelque chofe pour fortifier les nerfs, mais i'appnhenday que cela
ne feruitdeiicn, car ie mefouuins decc que ^h'c l'arc liu. if. chap.ii. qu'il n'a
iamais vcu aucun-qui ne foie demeure boirciix apics la fratfcure de la i;oruk:&-
après luy Pauius,partie4.chap.4.
L'vn &: l'autre rapportant la caufe de cette claudication au Cal qui a re*-
noliclafradlnrcairauoii quand il remplit la cauitc de l'articulanon dellousla^
rotule ^ ainfi em; cche le mouucmenr : & quoy que ie n-:- trouuc rien à redire
en cette opiaîon,il me rcfte neantmoins vn fciupule , fi la rotule étant rompue,
le Cal peut tellement auancer qu'il vienne à remplir cette cauiré qui clt entre
l'os de la cuiflè 3c de la iambe,laquellc eft afscs giandc, de forte que le mouuc-
nient& l'adlion du genouïl en (oit em.pechce:car on voit le plus fouucntcs au--
tres fradtures des os (Ç\ ce n'eft qu'il y ait vn grand fracas de l'os iJc de Ion pe-
riofte^que la nature les reioint fi proprement,qu'à pêne remarque t*on aucune
3T1 Liurc Quatrième
trace de ffaclure:car tandis que Icperioftc cfl: entier, il retient lamaticre du Cal
& l'épcchede s'auancer par trop;/! ce n'cft qu'on rcferuicdc chofcs quil'ciuent
à le faire venir : on verra aulli ci après que le Cal n'a pas été caulc qu'il foie de-
meuré boiteux , partant il faut vfcr de diftincflionjCar la rotule le remet ou en
traucrSjOu obliquement ou de lo!;g,prcat la ligne dés la cuille iufques au gros
orteil du pic,& pour le faire voir plus clairement, i ay fait reprefcnter la rotule
dcuelopcc de Tes membranes, & vue autre (^comme l'en ay vnc parmi mes fce-
Ictcsjàlaquelle font attachées les mcmbrancsde quelques mufcles de ceux qui
remuent la iambe > alïauoir du f^ptiéme huictiéme ,5c neufuicme auec vn fort
tendon qui en prouicnt VoyeX^lafoirre ^JeU Tah/enil. Si donc il.'y a fra-
fture en la rotule depuis A iulqucs à B , à pénc le malade fera t'il boiteux s'il a
vn Chirurgien expert ôc bien entendu qui aille au deuant des mauuais acci-
dent, car il reiinira facilement la frndturc de la rotule de entretiendra la con-
ionctioaen fa place par le moyen des bandes 5c comprcdcs: i'ay dit facilement,
car les extrémités du fcpiicmejhuiclicme & neufuiéme mufclc de ceux qui re-
muent la iambc,fe ioignent vers la rotule ôc finilïcnten vn tcnJon foit robafle
marqué H qui s'infinueen ijellc,&: enfin lortant au dclîous vers la lettre G il
entre en la partie antérieure de l'os de la iambe f mais fort dclié ) fous le ge-
nouil : or comme c'eft le propre des mufcles de tirer vers leur origine , il eft
ii)anifefte,&: on le voit en la précédente figure, que la fracture de la rotule fai-
te en lalongueur deToSidcs mcm.branes,mufclc;s <5c tendons , retourne le plus
founcntenTapIacc, quand même le Chirurgien n'y mettroitpas la main, com-
me auflî à caufc de k véhémente attraction de ces mufcles qui fait que les
bords de la rotule rompue le ioignent trcs étroitement des le commence-
ment, ainfi il eftimpoffiblc qu'il fefalîe aucune exubérance de Cal &: que le
malade demeure boiteux,pourueu , di ie , qu'il n'y ait aucune fiute du Chirur-
gien : mais quand la fraéture Ce fait en trauers,alTàuoir dés C à D,il en va tout
autremcnt,car lors les mulclcs , alfauoir prîncipalcm.^nt le fcpticme,hui(5tiémc
& neufuiéme tirent en haut vers la cuilïè , mais le tendon qui eft enté fous le
genouïl fur l'os de la iâbe,marqué G , tire la rotule en bas.ainfi clic s'ouure tel-
lement au milieu, que les bords de la fradlure ne peuucnt iamais fe rcliuir à
caufe de la violente attraction des mufcles ôc du tendon. Il y a apparence qu'en
cepcrfonnage larotulectoitrompueen cette maniere^comme l'œil & l'atou-
chement le faifoyent croire , car elle étoit tellement ouuerte au milieu que le
petit doigt ne rempHfïbit pas ie creux : or cette dilîonction delà rotule étant
caufc que les mufcles qui remuent la iambe & fur toutlefeptiéme,huictiéme
&c ncufuicme auoyent perdu leur force , il ne fiuit pas trouuer étrange s'il de-
meuraboiteux & s'il auoit de la pêne à mener la iambe en haut. C'eft quafi la
racmc chofc quand la fradure eft faite obliquement,alîàuoir dés £ à F,car les
fufdits mufcles & le tendon en même temps, tirent les bords de la rotule rom-
pue haut (5c bas ou en trauers ôc la fcpaccnt , on peut voit par là que cette fra-
(Slure
des Fradions & Luxations. 315
iurenc peut être rcmiTe en manière que ce foit fans que le malade ne demeure
)oitcux,neantmoins i£gincta liurc fix chapitre 105. Veut qu'après auoir fait
xtcnfion de la cuiiFc , on ioignc les deux parties de la rotule l'vne contre Tau-
re auec les doigts iufques à ce qu'elles viennent à fc rencontrer ; on en peut fai-
e l'eflay , mais i ay bien de la pcRc à croire que ces extrémités puifTcnr fe rcii-
lir, ou qu'étants coniointes on les puiilc confcruer vnîes iufquace que IcCal
bit formé , à caufc de la véhémence de la douleur : mais par la grâce de Dieu
;ctte forte de fradare eft fort rare , car la rorulc étant mobile & détachée de
ous os, elle prête facilement ôc va de côté de d'autre quand quelque corps foli-
k la pouilc:0^y:88.a?7?.r.
OBSERVATION VIII.
De la fraciure de U rotule.
VN Gentilhomme de l'Ancienne famille des Steinberg au Duché deBruni^
vie portant les armes pour les Etats confœdercs du Pays bas,& fe battant
gcnereufcmcn: auec l'cnnemijreçeut vn coup de moufquet en la rotule gau-
che qui fut fratSturéc & fracafsée en plufieurs pièces : le malade n'ayant pas
ctc bien traitté au commencement à caufe de l'incommodité du lieu & du
défaut d'habiles Médecins , il y furuint vne très grande douleur , inflamma-
tion, meliceric & autres fâcheux accidents qui le tourmentoyent iour &:
nuitjcn forte que toutes les concodions en furent dcprauces & qu'il deuint en-
tièrement cacochyme : on s'adrciFa à plufieurs Médecins & Chirurgiens mais
en vain , enfin on demanda Monfieur Cofrae Slotanus Médecin & Chirurgien
ordinaire du Prince Vilhem Duc de luliers , &:c. mon maître : étants arri-
ués au Château deBodenberg, nous trouuamcs le gcnouïl fort enflé & vlcerc
tout autour auec corrofion des ligaments & cartilages : Nous demeurâmes
auprès de luy enuiron deux mois , ou le dit Slotanus prit tant de pêne que le
malade reçeut beaucoup de Ibulagemenr , ôc ay^ant ctc|demandé par fon Prin-
ce, il le mena en litière auec foy à Duflèldorp : mais il ne tarda pas à mourir,
la fatigue du voyage ayant augmenté les accidents : l'ayants ouuertnous trou-
uames vne pierre afsés grande <!^ dure en la veflîc du fiel & prefque tous les vif-
feres du dedans corrompus : les ligaments , cartilages 5c les os mêmes du gc-
Aiouïl ctoyent rongés;0^r«.88.Cfwr.r.
314 Liure Quatrième
OBSERVATION IX.
De UfrdUure de la iambe.
MAJamc AnneRcnFien femme de Monfieur Rudolph Zendcragrc d'eiî-
uiron 30. ans (U^o- May 1614. Jetant tombée de Cheual à deux heures
loin de Berne , en re^ut vn coup de pic à la iambe gauche qui la rompit aa mi-
lieu entre le gcnouïl & le talon aucc vue grande contuHon & excoriation delà
chair: ayant été conduite à l'hôtelcric voifme , on demande maître Abraham
Bronner Chirurgien ordinaire de la ville lequel, ayant reconnu le danger qu'il
y auoitjfit amener la malade en ville, ou c'eft que ie la vis auec luy,nous trou-
uames que cêcosétoit rompu obliquement auec vnc playeafscs grande , nous
r'habilames heureufement la fradure & mimes la iambe en vnc cafîblle : l'os
étant remisjla douleur cclFa incontinent 5c tout alla à fouhait.nous tirâmes mê-
me quelques efquilles d'os fans difficulté , enfin elk' fut entièrement remilc
fans quilfuruint aucun fâcheux accident.
Mais il y a des chofcs à remarquer en cette cure , premièrement qu'elle ctoic
enceinte de pafsé fcpr mois , &c ncantmoins fon fruit ne fut aucunement cmu
ni ébranle ni par la chute ni par Tcpounantcment: elle âcoucha heureufement
à terme d'vne très belle & robuftc fille, atliiremcnt àcaufe qu'elle auoit obfer-
ué vnc bonne façon de viurc iO.Elle âcoucha;alors fans trauail,ni fans fentir au-
cune incommodité en fa fradure, au lieu qu'en toutes fes couches précédentes
elle auoit eu beaucoup de trauail , or auoit'elle fait fept cnfans : i'cn impute la
caufe à la force ôc à la viuacirc de l'cnfiint , car tant plus le fruit eft robuflc
tant plus facile eft l'accouchement : on en a vne prcuue manifefte en vn enfant
auorton qui ne fort qu'auec grand trauail <5c dilaccration de la matrice, quand
même l'embryon ne feroit que de la grolîcur du petit doigt , car comme les
pommes meures tombent d'elles même de l'arbre , mais celles qui font vertes
ne viennent à bas que par vne rude fecou{Ic,ainfi en eft t'il du fiuidl : 30. Cette
fille n'a aucune marque,comme cela arriue le plus fouuent fi vnc femme en-"
ccince eft dercmie de quelque grande maladie ou paflîon de l'amc; cette Dame
eft bien de petite taillc,dcbile &c maigre, mais elle eft de grand cœuf & gene-
rcufc , cequicft caufe que la faculté imaginatrice n'a pas été troublée en fes
ope-rations , comme il arriue en celles qui ont peu de courage : 40. C'cft vne 1
chofe étrange de la pêne que nous auons eu à faire venir le Cal , de forte que ^
vint& trois fcmaines après la fradure en menant & remuant le pié on fentoit
branler les os rompus. le luy fis prendre par la bouche & mis en dehors de cette
pierre fablonneufe fi fort recommandée pour les fradurcs d<:^ os, mais en vain,
cz
-_ des Fradures & Luxations. 315
ce qui ne me mettoit pas peu en pcne : enfin au bouc de ce terme iufques à la
trentième femaine le Cal fe forma & la fradure fut rcfoudce : il faut imputer
ce retard, à mon âuis,à ion fruit, car tandis qu'il ccoic au ventre il acciroit a foy
toute la nourriture &• la matière de laquelle il fe pouuoit formcr,veu qu'il s'en-
gendre du plus pur fang, orc'cfl; ccluy quelefœrus atcirc à foy ; outre que la
chaleur naturelle manquant en la partie, elle ne pouuoit pas rcueilîer la vertu
de i'ofteocoUa ni des autres médicaments quoy qu'excellents, &c. Ohfern.Zj,
Cemury.
OBSERVATION X.
D^vne autre fraUure de iambe-
LE l(>. luin 1626. la femme de Monficur lean Tribolet Confeiller à Berne
âgée de 4o.ans,graiie «Se replète voulant monter à Chcuahfe calfa laiambc
gauche entre le talon & le genouïl : ayant été demande le même iour & veu
qu'il y auoic fradure complote , ic la remis très heureufement & la conduits
en ville : le Iccond «5c troifiemc iour tout alloit à fouhaic , après vôtre départ
ie ne laiilày rien en arricre de ce qui eft necciîaite en vne cure méthodique , &
comme il n'ctoir: farucna ni douleur ni aucun accidentjie crus que tout ctoit en
afîurance «3cque ie pourvois en deux mois acheucr la cure, mais ic fus bien trom-
pé en mon opinion , car ie ne fçauois point qu'elle fut enceinte ni elle même,
ce qui fut caufe qu'crllc conànua à donner la mammclle fix femaines après la
fracture à fon enfin: : furie 40. iour voyant que le Cal ctoit. encor mol,
' ieluy confeiilay de le fcurer, ce qu'ayant fait^ ceîuy duquel elle ctoit enceinte
ayant repris fcs forces ( car il ctoit foiblc par défaut de nourriture & ne fe rc-
muoit point ) elle commença à connoîtte qu'elle l'ctoit (Se bien à propos,car
le ii. lanuicr 1627. qui fut la fin du neufuiéme mois,elle accoucha heureufe-
ment d'vnfiU fain& gaillard, lequel furuccut quelques mois & enfin mourut
en même temps que la fille qu'elle allaicoic durant fon mal : on peut voir pat I2
quel danger il y a quand les enfanrs tcttcnt vne femme enceinte. '
Or on ne fçauroit com.prcndiela peine & le foin qu; ie pris pour faire ve-
nir le Cal, mais ce fut en vainiulqu'à ce qu'elle fut âcouchce, car alors il s'en-
durcit en l'efpace de quarante iours ^ la malade fut heureufement remifc fans
être demeure boiteufe : ie fus donc dix mois à l'cnrour de cetce femme chagri-
ne & impatiente qui me faifoit tous les iours mille reproches fur tout les der-
niers mois , comme s'il eut été en ma puill.ince de renuerfer le cours de natu-
re ou de faire ce qui n'appartient qu'à Dicufeul , car quand les iambes (ont
vcritablement cafsccs en des femmes enceintes ( veu que les Charlatans ^:
Rr X
31^ i 'Liurc Quatrième
Ifnpoftcurs fuppofent le plus fouuent qu'il y a fradure^ iamais le Cal ne fc
orme tandis que le fruit cft au Vcncrcla nature étant vniqucment occupée à
l'cntour d'iccluy elle cnuoyc à la matrice la matière qui cft deftincc pour
la génération du Cal & néglige la reunion des os,&c. 0^/68. Crw/«r. 6.
O B S E.R V A T I O N X I. '!
DeUfitHAtisn ^h il faut donner aux ïambes fraBurécs- i
IL y a des Chirurgiens qui commettent de grandes fautes en traitants 1er.
fradures dVnc iambe quand ils veulent qu'étant diefsce elle s'appuye fur le
talon: de cette fituationil cnnaift ces incommodités, premièrement il arriuc
par fucccffion de temps que le malade fent vne plus grande douleur au talon
qu'en la fradlure même , à caufe des grands tendons & nerueux qui y vont
aboutir : or cette douleur attire à foy beaucoup de mauuaifes humeurs qui
font retenues en l'articulation même & dans les efpaces qui font entre les os
cafscs & entre les ligaments : & comme cette fituarion eft caufc que les vêncs
& artères font prefsees & qu'ainiî la partie n'a pas toute fa chaleur naturelle,
il arriue par neceflîtc que ces humeurs s'cpaiffillent & fc refioidifTent dans la
iointure Ôc dans Icsefpaces qui font entre les os dupic.-ainfilafrâdbure étant
guérie, il arriue vne nouuclle incommodité au pic : car la iointure ne fe remue
que malaifement&auec péncjoutre les autres mauuais accidents qui fuiuent.
Il y a quelques années que ie traitois Noble Henri BalbaniauecMeffieurs
lean Anihoine Sarrazin , Marc Olfredi & André Bonet Médecins à Geneuc : il
auoit quelques Vlceres en vne iambe : la gangrené luy vint au talon pour auoir
eu le pic aînfi relcué qui nous bailla & à Itiy beaucoup de pêne, de forte que
nous fumes contraints de luy couper la iambe,or la principale caufe defonmal
fuft que l'on auoit tenu fon pic ainfi rcleué , car cela luy fit premièrement de la
douleur au talon qui attira le fangiSc les humeurs lefqucls cauferentinflamma-
tionrio.Le talon fut meui tri &c foule par vne telle fituation: 3°. Les vcnes & les
artères qui déccndent par la cuilfc & le gras de la iambe furent comprimées &
ferrées , de forte que le lang Se les efpiiis ne pouuoycnt pas librement décen-
dre au talon : la continuelle cxtenfion de la iambe y contribua aufli bcau-
voup, car les vaiiîcaux étants tendus la chaleur naturelle & le fang ne pcu-
aent pas dcccndre à la partie , ce qui eft csufc du rcfroidiircment 6'^: de la mort
d'iccilc : or que cette cxtenfion des vaillcaux puilfe être caufc du rcfroidif-
fement oc la iambe , on le peut comprendre de ce que quand on va àChc-
jaî en temps d'hyvcrjfi on a trop longtemps les pies fur les ctriers,ils fc refroi-
dirent cxcrcmenent ; que fi on les lailfe pendre hors d'iceux, ils s'cchaufFcnt
incoilr
des Fradures ôc Luxations . 517
incontinent d eux memes,parcc que le Tang & la chaleur retournent '^promptc-
ment à iceu>: les conduits étants onueits.
Les Chirurgiens donc doiucn: prendre garde de ne pas obrcrucr trop curieu-
j'cment cette fituationcs frad;urcs des iambcs : or la iambe étant cnuclopce de
bandes, comprclles»ji êtoupes &_ mifccn vne Calfole il faut donner vnc fitua-
tion qui ibit la moins douicureurc, comme enfeigne Galien en fa méthode ch.
6. la mettant tantôt fur vn côte tantôt fur vn autre, afin que le malade fe puif-
Ic coucher de coté &c d'autre ; par ce moyen on cuitcra pluficurs accidents.
Obferti. c)yCem. i.
OBSERVATION X I î.
T'V«tf admirable FraEiurs du pié
MOnhcur "^olffbrandus Miniftrc à Dufbourg au ^liys de CI:ucs hom-
me robufte ôc replet étant allé en hyuer f l'an 158 K J voir vn malade en
vn village prochain , la terre étant gclce : â Ton retour fauta de dclfus vnc
chaufsce de trois pics de haut, & s'cntordit & rompit tellement le pic que l'os
du talon ou aftragale fut non Iculemcnt mis entièrement hors de fa place, mais
auffi vint à fortir dehors à trauers la peau au deiîbus du malléole intcrnc,lcs li-
gaments qui le tiennent attache aux autres os ayants êtc rompus & déchires:
après qu'il eut ctcmenc chcs foy,on demanda vn Chirurgien lequel voyant l'os
entièrement feparc ôc attaché feulement par quelques fibres , le coupa , appli-
quant par après ce qu'il faut pour arrêter lefang; le iour fuiuanc on demanda
confeilauDottcur GalcnusVuicrus& à Cofme Slotanus Chirwigien icfqucls
luy ordonnèrent vnc façon de viure fobre , purgèrent l:s maïuïniles humeurs,
ouurirent la véne ôc appliquèrent fur la playc des anodyns & maruratifs, empê-
chèrent auflTi la defînxion par le moyen des dcfcnfifs ; la curation fut difficile,
douleureufe ôc lôgue,quoy que durant fon mal il eut tOLlîours-à fes coftcs ou les
Dodeurslcan Vuicrus, ou Galcnus Vuierus,qu Rcncrus Solcna':dcr,ou Ccfmc
Slotanus, ou moy, outre fon Chirurgien ordinaire homme trcs expérimenté : il
fut (i bien remis qu'il a peu marcher fans bâton, comme iel'ay vcu de mes pro-
pres yeux en 1599. Obfernat 67. Centnr.i.
P
OBSERVATION XIII.
D'vne admirable fragilité des os.
Hilbertc Bracîcade Biziac au pays de Forells âgée Ac 5p. ans , vn Dimanche
matin Icuant les deux bras en haut 'pour vctir vnc chcmife, fcntit l'os
Rr j
3iS Liurc quatrième
du brasfc rompre & brifer auec grande douleur : le Chirurgien ayant écc de-
mandé, il r'allia les extrcmiccs de la fiadiire , la banda 2c après auoir fait ton»:
cequiccoitneceirairc lagueiichcureufemcnc : mais à pcnc fut remife cette
niiferable,qu'il furuint vn plus mauuais accident , car après auoir long temps
garde le lit, elle voulut aller auprès du feu, & mettant vn de Tes bas, aidée de
fa feruante, elle fe rompit l'os de la cuilfe en trauers auec de grandes &: infup-
portables douleurs: Le Chirurgien guérit cncor cette fradure Recette pauurc
femme palFa deux ans en cette calamité, étant trauailléc tous les iours de quel-
que nouuellcfiaéture auec vnc infinité de douleurs ôc mourut au bout de ce
terme: plufieurs cftimeront qu'il y a icy quelque choie de vénérien, mais
ceux qui connoiiîcnt particulièrement cette famille perdront bien- tôt ce
foupçon : il faut plufotcroire qu'il y a quelque venin caché ( qui vient d'vnc
grande corruption d'humeurs J lequel s'ctant fourré dans les os les a ainlî cor-
lompus & rendus fragiles : il ne faut pas croire ceux qui ont opinion que cet-
te fragilité eft venue d'vne perpétuelle defluxion du ccrueau fur iceux laquelle
a corrompu la folidité de leur fubftance, mais elle eft il forte Se ferrée qu'il n'y
a longueur de temps qui la puilfe ditfoudrejveu qu'on les trouuc entiers dans les
Cimetières des (îccles entiers après qu'ils y ont été mis. lean de Burgo Doreur
Médecin k Bourg en Brejj'e , Obfem. ^8. Cent. i.
L
O B s E R.V A T I O N XIV.
Sur le mémefuiet.
*An i6zo. la femme de Mofifieur Philippe Thomas ConfciHer à Berne âgée
I de 30. ans,êtant venue àtomb:r fortuitement en fon poilc , f* rompit la
iambe vers Iclarret : on appela deux Barbiers qui aiLu-ercnt d'auoir bien remis
lafradurc, neantmoins il furuint vue fi grande douleur, qu'ayant été deman-
dé fcpt mois après, ie la trouuay quafi en agonie : ce qui m'cmpccha d'entre-
prendre la Cure me contentant d'ordonner quelques corroboratif», donnant
à entendre à ceux qui ccoycnt autour d'icelle qu'elle ne tardeioit pas à mourii :
on la vit décliner quelques iours après infcnfiblem.cnt tout de m::mc qu'vne
lampe quand rhuylc manque , étant venue fi fort extenjée qu'elle n'auoitque
la peau & les os : ce qu'il ne faut pas trouuer étrange tant à caulc des grandes
& continuelles douleurs qu'elle auoit foufTcrr, ( la iambe n'ayant pas été bien
bandée ni fitucc,Jque parce qu'elle auoit ccc long-temps couchée lur le dos,&:
n'ayant pas pris dans tous le decours du mal vn feul des remèdes vniucrfcls,ainfi
la chaleur naturelle ayant êtéatfoiblie & l'humidité radicale conluméc, il s'en-
gendra quantité d'obftruilions dangercufes au Foyc, cnlaRatte & dans les vc-
ncs mcfaraïqucs Obfern. 89. Cent, 5 .
OBSER-
desFradures & Luxations. 319
OBSERVATION XV.
Sur le même Suiet,
IL y a vil an que Monfr.ViTus Ronchti du Confeil de la ville de Soleurre âge
de éo.anSjêtoit tellement fuiet aux de fluxions q^ue tout Ton corps en étoicex-
tiememcnc afFoibli,mc'mcrur les parties externes: vniour êtaiat forti du lict &:
fe pourmenant par la chambre en s'habillant & ayant fait vn mauuais pts du pic
droir,vint à tomber par terre auec grande douleur & autres fignes que l'os êcoit
rompu : vn Charlatan ayant été demandé ( félon la coutume du lieu ou la
plufparr recourent à telle forte de gcntSjJ il trouue que l'os de la cuilïc ctoic
rompu de trauers à quatre doigts en largeur au delfus du genoiiil : il remit h
fradurc ( s'il en faut croire aux rodomontades de telle forte de gents J mais la
douleur ne s'arrcfta point [ qui ctoit vue marque infaillible que l'os n'ctoit pas
bien remis ) au contraire cUeaugmenta, tant qu'il s'y engendra vue inflamma»
tion, ('ayant lai(sé en arrière i'vfage Azs remèdes vniuerfcls ) & en fuite vn vl-
cere autour de laFra6turc qui le tint quelques mois durant au lit : enfin com-
me il fembloit qu'il étoit vn peu remis & qu'il commençoit à aller parla
chambre fur des potences, il fut failî de Paralyiie &: d'autres accidents qui l'em-
portèrent : or ie fuis témoin oculaire que l'os auoit ctc ca(sc <Scc. U même.
OBSERVATION XVI.
Des Accidents ^ui arrimnt <^ita»d on tarde trop à débander les
FraUnres.
VN des domeftics de Monfieur Samuel Moratcl de Payernc homme robu-
fte &:de bonne conftitution fe rompit en terni d'cftc le bras auprès du cou-
de & comme i'êcois alors à Bafle , il fe feruit d'vu payfan du voilinage quiauoic
grande réputation de bien guérir les fradures &: lixarions : ma femme fut de-
mandée en même temps parce qu'en mon abfcnce elle en auoit pcnçc & aueri
plufieurs, comme aufli afin que mes feruiteurs pençaflènt vne playc qui ctoit
auec la fracture , laquelle ce, paylan n auoit pas voulu entreprendre ; icelle
ayant ctc remife, il mit pardeljis vn emplaftre de poix iaunc , & par après des
bandes Se comprelfcs , lailfant neantmoins vnc fencftre pour mondificr l'vlcc-
tc , ayant défendu que l'on ne défit la ligature & otat l'emplâtre & comprelïès
auant le 15. iour , puis fe retira chcs foy , qu'arriuc t'-il ? le iour fuiuant il y
luruint vncnouucUc douleur qui alla en augmentant: cependant mes feruiteurs
310 Liure quatrième
qui pençoyent coas les iours la playc adiierrircnc le malade 5^ ceux qui étoyent
à rcncourqu'ilêcoîcneceflaircdorcrrcrnpiâcre , mais il aimèrent mieux fui-
uie le confcildeccc impofteur : la douleur ncanrmoins augmentant de iour
en iour, ils y furent contraints : la frac1;urc donc ayant ctc débandée en prefen-
cedeMonfr. Moratel& l'cmplàtre étant ôté, ontrouua le bras non feulement
cxulcerc en trois endroits , mais auiTi il puant que les vers y couioycnt comme
en de la chair pourrie : y ayant mis de mon onguent j^gyptiac t^: vn cataplà -
me contre la pourriture > îlsacheuerentheurcukment la Cure &: remirent h
bras, O^yr 5)1. Cent. 2.
OBSERVATION XVII.
Sur le mètnefuict.
VNSauoyard fort âge &: décrépit étant tombe de chenal à Genève fur le
pont du Rhône , îe caifa la iambe vnfpeu au delîus du malléole, M^. lean
Giitfon & moy fumes demandés & remîmes heureafem.ent la fracture , ainii
la douleur s'arrêta incontinentd'ayanrs voulu délier le troihéme iour , le mala-
de s'y oppofa, dilant qu'il auoit appris d'vn hen ami & bien entendu en l'Arr,
qu'il ncfaloit point défaire la ligature qu'après le feptiéme iour : mais y étant
venu de la douleur le cinquième iour, il prêta l'oreille aux aducrtillrments de
Me. lean Grifoncn prefencc de Monfr. lean Asthoine Sarrazin & permit que
l'on débanda ; on trouuaplufîcurspuftulesliuides qui le m.cnaçoyent de gan-
grène laquelle n'étoit pas loin: mais la iambe ayant été fcarificc S\. ayants ap-
plique des médicaments contre la gangrené, il fe remit, U même.
O'BSERVATION XVIII.
Sur le même fulet.
VN payfan d'vn village proche de Payernc eut le pic tellement ca(sc fous
vnc charrette chargée de bois, qu'il fut entièrement feparc delà iointure
& étrangement retiré : ayant été demandé , auant qu'y mettre la main & pour
cuitcr tout ce que l'on pourroit dire contre moy, ic trouuay à propos de faire
entendre à ceux qui étoyent à l'entour de luy. Mi- quelque diligence que l'on
apporta , que neantmoins il étoit impoflîblc de remettre le malade auant le
terme de fix mois à caufe de la grandeur du mal , 2». que comme la fradurc
grande, on ne pouuoit pas éuiter qu'il ne demeura boiteux 5°. qu'ilctoit nc-
cciTairc que l'on amena le malade çhcs moy à caufc qu: i'cnauois àzs autres
malades
des Fraâ:ures &c Luxations. 311
malades à voir : à quoy les parents ayants confenti ie remis la fradlure, puis ie
me rcdray chcs moy en acrendanc que l'on m'amena le malade , mais ili fu-
rent fi négligents que de n'en licn faire, n'ayant pas mêmes appelé quelqu'vn
pour défaire la ligature : ayant donc êré quelques iours après attaqué d'vnc
tres-violente douleur accompagnée d'inflammation Se de puanteur, il mourut
milerablemcnt.
Moy même n'ayant pas été vnc fois foigneux de délier vne fraéture à vn
Hollandois «5c n'ayantpoint rcnouu;'Jé les médicaments dés le 14. iufqu'aii zi.
le Cal vint fi grand que la iambe fcrcit demeurée ditfoime , fi ie ne l'culfe in-
continent réprimé.
Pour y procéder donc feuremcntj il faut fclon le confcil d'Hippocrate & de
Galicn, délier la fraôturede deux iours l'vnjou pour le plus tard de trois en trois,
d- peur qu'il n'arriue vnc douleur ou dcmangeaifon en la partie qui eftcouucr-
te plus qu'il ne faut , & pour faire exhaler l'humeur qui eft attachée à la partie:
pafsé le fcptiéme, quoy qu'il ne foir pas necelTaire de délier fi fouuentla fradu-
rc , i'ay ncantmoins âcoutumé de le faire de quatre en quatre iours Si dc;regai:-
der la partie : la même.
OBSERVATION X IX.
Des incommodités t^u apportent les êcorces d'arhres def^uelles onfefert
es fraUmes en lieu d'z^flelles.
L'An 1587. vn Gentil-homme deChamberi nommé Claude de Combe.teue-
nant d'Allemagne eut vne iambe fracalsée par vn coup de pié' de Chenal
auec playe étant prés de Lnufannc: ayant été demandé ie remis la fraéèure & fis
mener le malade en ville dans vne litière, Se après qu'il eut demeuré qutlques
iours à la Croix blanche, il me pria de l'accompagner iufques à fa mailon à
Chamberi; en pallànt par vn Bourg de Sauoyc appelé Rumilii,on luy amena va
Charlatan que le menu peuple loiioit iufqu'au Ciel pour fa capacité à r'kabillcr
les fraâiures «Scplaycs: or le iour précèdent i'yauoitmis,à la pcrfuafion du mala-
de ou plutôt par (on comm.mdcment.dcs ccorces fraîches de Saule en lieud'A-
ftelles, à caufc de la grande chalcur,car c'êtoit fur la fin du mois d'Aouft : ayant
ôté les bandes en prefcnce de ce Charlatan, on vit vnc certaine enfonçure en la
partie mufculeufeafsés prés du iarret; ce que voyant cet impudent f qui crut rc-
"^ gardant ma ieuneflè que ie n'auois point de connoillance de Ix ChirargieJ il tira
confequence que la fradure n'auoit pas été bien remife, ^làdellus pcriuada au
malade qu'il faloit de nouueau faire extenfion afin de remettre les os rompus en
leur fituation naturelle : or quoy que ie fulle aifuré que la fradure étoit bien
rcmifc& quelle n'ctoit point à l'endroit ou s'imaginoic ce fourbe, mais que
3LX Lîure Quatrième .
ccttf forte & îrnprcfljonêtoit feulement venue parles écoçces, ncantmoinsic 1
ne l.iKTiv pns de me voir en pcne parce qu'il y alloit de marepucation ; enfin ic ^
pc-rfuaday le malade & ceux qinccoyentà l'ciitour qu'il faloic différer iufqu'au
iendem.iiii , prcmievemcnc à --aufe de h lalîlcudc', z^. paucc que l'on n'cntic-
prcnd iamais relies Opérations fur le foir^hnon qu'il y aie vnc grande ncccdî-
te: Monheur Claude de Vcrncc luge ordinaire en l'EucchcdeMaurienne & Ad-
iiOvat auSenac de Chambri, gendre du malade H^q'-'el luy croie venu au de-
nant^ ayan: été de mon aduis voulut que l'on rcnuoya l'Opération au len-
demaip-.i'oîgnis aufli rôt toute la cnific &c la iambe auec huyle rolac Se myrthin,
Si pour les fiire pcncrrer , comme aulîi pour rcpoulFcr les humeurs qui s'y
écoycnr versées , i'y âiouray quelques goures de vinaigre rofat : après auoir
oint la cuilîè ic l'enuelopay des le pic iufqu'au gcnoiiil d'vne bande trempée en
la décoction fuiuante, la ferrant mediocremcnr, pour en exprimer l'humeur
qui s'y êtoit iertéc Se qui êcoit comme âra:h:c > '^. foL & rad. pUntag.
mAt.jHmmit. rnbiy rofur. myrtilLfol.filiciSiprHn.fylu. an. m. j. abfymh, rofmar,
fAÏH.dnm' ^. coqnein acf. aàcoitfiimft. 3,^-. partis y coUt. aâde parujn aceti : ic
remis après fur la fracture mes AiUlks cnuclopccs d'ctoupes , logeant la iam-
be en la Calfolc de laquelle le malade s'eftoit ferui en chemin : ie luy fis faire
fon iid en telle forte que la iambc malade êroit vn peu plus releuée que les
felïcs afin que les humeurs qui y êcoyent dcccndues pullcnt rem.onter en haut:
11 rcpola très bien cette nuit là & n'eut point de douleur : le iour fuiuanc
ayant défait les bandt-s, il n'y parut ni inégalité, ni enfonçeure ou creux,
ainli limpcrtinence, l'ignorance îiic outrecuidance de ce Charlatan futdécou-
uerte , ce qui fut caulc que ce Gentil homme eut vue entière confiance en
n3oy : I'j le conduilisà Chambcri & dcmeuray là deux mois entiers auec luy
^ le remis heurcufemcnt : Des ce tcm^^s ie n'ay iamais voulu meferuird'é-
corccs d'arbres & principalement de fraîches en lieu d'Altclles, parce que ve-
nants à fe delf-chcr , elles le retirent auprès de la fraduvc & font de la douleur,
mettants m.cmes par fois les os hors de leur place, Obfsrii. 98. Centur. 4.
OBSERVATION XX.
Qhc l E/np'afire Oxycrocemn ejl quelcjuejois Àurgerciix es fraElures.
LFs Chiiurgitns communs mctrcr.t f.r les fractures Je rOxycroceuirj (ans
.:ucune diuinction clés le commencement ou vn peu après , ie pourroisen
m\'i ce: {ilufeuis exemples , mais ccluy- ci me fuifira : i'ay connu vn ieun
homme de 24. ans robuftcîk bilicuxjequels'étant rompu la iambe fc mit en-
tre Us mains d'vn Bai bicr : lafvadnce (fcantremifeil mit au premier appa-
reil vricmvUuc fait ex Bol. armen. fitr. hor du ^ album» ont : Ayant débande
- h
des Fraâiures Se Luxations. 315
la iambc au troificme iour 3c vcu que la fradlure êcoît remife en fa place > il y
appliqua l'Oxycroceum ; il y arriua le même iour vne dcmangeaifon qui (è
teiminavn peu après en vnc violente douleur : ayant été demande quelques
ioiirs après , ie tiouuay la iambc enflammée auec des pullules liuidcs par tout,
cnvnmot, la gangrené y cftoic : ic ("caiifiay la peau par tout & ayant apf<li-
quc des remèdes qui luy font contraires > clies'arrclla .• ie guéris par après
la fradlure auec les remèdes conuen:bIcs : on voit par là que l'vfage de cet
emplâtre cft dangereux au commimccment des ffa<5bures ôc luxations , & en-
cor plus en vn coips bilieux &: chaud ou rempli de mauuaifes humeurs , cat
ks ingrédients en fcntquafi tout chauds, à caufe dequoy ilcchaufc la partie
& attire le fang & hs humeurs , h rouelles étants émcues au comiinencement
des fradures»^ luxaiions, elles y dcccndcnt facilement , vcu priiicipalemenc
qu'elles y font attirées parla douleur 3c h folution de continuité : on ne doit
pas donc trouuer étrange Ci de Vigo appelé cet emplâtre diabolique ; quant
àmoyie m'en fers foa rarement , Ci ce n'eftà la fin du mal pour fortiiicr la
partie: Tapprouuebienplusfon Ccrat pour lesfradures : l'emplâtre de Slo-
tanus mon maiftre n'tft pas auffi à rcictter , auquel i'ay accoutumé d'aiouter
les poudres fuiuantes , QZ. Empl. Slotani j iv. pulu. rad.Symph. mai. rofar.rub.
înyrtill. an. T^i]. Up. ofieocolU J^pti^ v\% m igné lentijfimo cum modico ol. roftuc.
Obferu. cjp. Cent. 4. ,
OBSERVATION XXI.
De l excellence de la Pierre OJleocolla es fraEinres,
C"* Ommc pluficurs louent îufq'jes au Ciel la pierre Ofteocolla ou fablon-
J neufe, ievcux dire ii. y ce que i'enay remarqué : mais il y a dts impo-
fteurs qui fe trompent grandement, fc vantants de pouuoir à l'aide de cette
picrregueiir lesfradt lust n peu de iôuis : il cil ncantmoins certain qu'elle a
vne particulière vertu & vne pi oprictc cachée d'engendrer le Cal, comme ie
I'ay remarqué en plnheuis 3c priacipalcmenten vn certain Rjtgcr in B.och de
Langcnberg : s'cllant rompu les deux focilcs de la iambc , il me fit app Lr:
ayant remis les os en leur lituation naturelle , ie luy faifois prendre tous les
matins vne d;agme de cette pierre préparée lur le marbre auec eau de racines
de couioiide à icun : les premiers iours auec de l'orge coule ou aiiec du
vin : ie mélois de cette mémo pou Jrc auec les médicaments que i'ippliquois
fur la fi rtClure : ainii la iambe fut entierem.cnt remife en quinze iours, 3c
pût marcher lansappuy : or il faut remarquer queccttefrad.ire éioit non feu-
lement complète , c'eft adiré que les deux fociie étoyent romp'is , mais aulîi
qu'elle ctoit composée , car comme il y auoit vne giande abondance de
se :.
514 Liure Quatrième
mauuaifes humcuis aucc contufion en la partie , il vint vnc grande doulcuc
des le commencement, auec fièvre Se vne Dartre miliairc, de forte que ic fus
contraint de le purger afscsfouuent 6c de défaire tous les iours, au moins vnc
foisj la ligature & de changer de médicaments : or chacun fçait combien ce
mouuement«3c agitation tant du corps que de la iambe âporte de preiudice à
la guerifon : on peut voir par là que cette pierre luy a l3eaucoup fcrui, car
vne fimple fratture en la iainbc où il n'y a ni playc, ni inflammation ou grande
douleur, ne fe peut guérir qu'en deux mois ou enuiron principalement es vieil-
lards.
L'an léoo. l'ay guéri à Laufanne en l'efpace de 40. iours par le moyen de cette
pierre vne fradure de iambe complette & comph'quce auec playe en vne fcr-
uante de Mailtre loachim Rohaud Apothicaire, âgée de 60. ans , Obfernat. ^o.
Centur. 1.
OBSERVATION XXII.
Des accidents çihI pennent arriner de l'vfage de la pierre OJîeoeolla qtund on
s'enfen mal à propos.
AYant veu le fucccs de cette pierre, i'ay cru queie m'en pourrois feruir en
toute forte de fradures fans diftindion de fcxe ni d'âge & pv ce moyen
faire àts merueilles : mais i'eus à traitter vn Gentil homme du Pays bas âgé de
14. ans fils de Monfr. Othon Schinck , robufte , de complexion fanguine & de
bonne conft:itution,auquelles deux fociles auoyetété rompus prés le malléole:
l'agençr^v heureufement les os t^- par après ie luy donnay de cette pierre en la
mcnne façon quei'ay ditci-dcifus &c en âpliquay en dehors, le 3. iour,le 7. 11. &
14. i'ôtay les bandes fans qu'il parut alors aucune excrefcence ou dcformité au
Cal, mais ayant défait la ligature au 20. iour, ie irouuele Cal fi grand & éleué,
principak ment fur la pointe de l'os de la iambe, qu'elle tn feroit demeurée
perpctutUemcnt difforme fi ie ne me fu(îè abftenu de luy donner d'auantage
de certc pierre & (i ie n'tullè reprimé le Cal y fiilant premièrement cette
fomentation deux fois le iour, l^C» T^d-é" fol. Alth.Bryon. liliur, brancA vrf.
fioY. carnorn. (S' melilot. an. m. j. j^bfjrnh. vulg. rof. ntb. an. m. ^. fem. Uni,
fœrju^r. an. ^ j. cocfuantHr in vr.a parte aceti ( exténuât & dejîccat ) & aq. tv,
panibm ad confumptionem tertttt partis: i'appliquois fur la partie chaudement
vne éponge ou vn linge double trempe en cette decodion , en après i'oi-
gnis IcCal auec l'onguent fuiuant , ^. Axung. hum. vrf. anferis , an.^ij»
fncci lHmbric.& aceti jcyllit. an. § i. m. l'Inonôtion étant faite ic mettois l'cmpla-
tre fuiuant étendu fur vne peau ^. empl. de Rnnis cum rnercurio , demncilag.
an.^j. m. ayant ainfi cojçitinuc fix iours de fuite, non feulement le Cal fut
ramolli
des Fraûures ôd Luxations. 315
ramolli , mais aufli il diminua : en après en lieu d'empâtie, ie mis vnc lame de
plomb que i'attachay bien ferme : pat l^fage de ces icmcdcs le Cal fut ramoli,
exténué ôc abbaifsc ik la iambc reprit fa première force : on peut connoîtic par
ceci qu'il faut vfer de ce rcmcde auec circonrpcdion &c s'en feruir feulement
es perfonnes âgées & exténuées ou qui manquent de chaleur naturelle ; Obferu.
91. Cent HT. I.
OBSERVATION XXIII.
De la ge:ieration de la pierre OjîeocolU.
l'Ay cueilli moy même l'ctc pafié en Allemagne la pierre Ofteocolla que ie
4 vous cnuoyejCar étant allé voir au mois d'Auril Monficur Ican Henri à Heu-
/cnllam Maréchal des Camps &. Confeilîer de l'Archeuéque de Ekdeurde
Colo§ne,&c. & ayant demeuré quelques iours auprès de luy,il me Ht condui-
re en vne grande campagne f»bloncu(e,neanrmoins fcrtile^prés de Darmltad:
on trouue cette pierre en abondance en ce champ non feulement dans la terre,
mais auflî en dehors, mais celle ci ne vaut rien , au rapport de ce Seigneur qui
conoit paiticulierement cette pierre , neantmoins elles le r^flèmblcnt lî fort &:
en figure & en couleur que l'on ne fçauroit les reconnoîtrc l'vne d'auec l'autre,
&: pour cette caufe celles que Ion porte vendre n'ont point d'efficace : mais
celle qui fc trouue dans les entrailles de la terre , fi toll; qu'elle en cft dehors , cil
plus molle que l'autrejfiiable & de couleur obfcuvejmais ayant demeuré à l'air
fculcmêr va iour ou dcux,elk" s'édurcit peu à peu Se fe blanchic;or.ie trouue que
ce Seigneur a railonjCar cette fubdance gt aile 5c birumineufe qui y cfi:,{è confu-
me quand elle eft: exposée aux pi jycs & à laideur du Soleil , ainfi elle perd vne
partie de fa vcitu n'y demeurant lien que la partie reiicftre : lî eft ce que celle
qui fe trouue en la lui face de la terre a «ire anfli bien engendrée en fes entrail-
les , mais elle en cfl loi tic auec le temps à ciufc des pluycs qui ont emporté le
dcllus de cette terre iabloneufc ; on trouue l'autre à vn pié de profondeur,deux,
ttois,voire même huit,de diuerles figures: i'cn ay trouue quelques vnesqui for-
toyent d'vne bafc comme les bran. hesd'vn arbre lorrcnt de la racine : celle qui
fe tiouue le plus profand cft le [>lus louuenr m.oUe , friable & bourbcufc,qui fe
dillbut aifcmenc en l'eau ou s'cmie entre les doigts , elle s'endurcit toutesfois
comme i'ay dit:fi coft qu'elle eft hors de tcrre,de couleur entre blanche 6i bru-
neji'cn ay neantmoins tiouué de même couleur hors de terre , lefquellcs ic ne
défapronue pas , croyant qu'elles n'ont pas été longtemps à l'air .* il y en a qui
font folideSjdes au:res qui font cauerneufes dans lefquelles on trouue vne cer-
taine maçicrc noiie , mais molle qui reflcmble à la moiielle àes os, & c'cft peut
yS Liure Quatrième
ctre parla que le premier qui l'a mis en vlligs a crcu quelle pouuoit feruît
aux fiadarcsrceluiî qui en voudra fçauoii- d'auintJgc qu'il s'aidrclFc à Matthio!,
Du Chclne, Boécius deBood ^k autres : or quoy que ie ne luy ôcû pas cette fi-
. culte , ic ne crois pourtant pas qu'elle puill'c gacrir les fratlurcs en fi peu de
temps que veulent faire accroire Matthiol & du ChdacOhf.^^o.Cerit.j.
OBSERVATION XXIV.
De la façon de vlure ^h il faut obferiier esfraUnres.
AYant parle de la génération du Cal es Obferuations précédentes, il ne
fera pas hors de propos de dire quelque choie àzs aliments vifcidcs &:
gluants que l'on aaccoullumc de donner.
l'ay connu vn homme de 40. ans &: de bonne conftitution auqu 1 vn empi-
ticq ordonna l'vfagc (i<:s viandes vi(cid:s comme de pics , trltes , boyaux de
bœuf,vache,mouton,&:c.à caiife d'une fracture de iambe: il en fut guéri en 40.
iours,mais il tomba peu à peu en cachexic,vcnant quelquefois iélciique, ayant
par interuales des douleurs de reins l<c des autres vliFercs & cnfii mourut hy-
dropiqnc.
Car Ç\ chaque chofc engendre fa fembLible comme écrie Galien & l'expé-
rience i'airurc, il faut de necciîîcé que les aliments gluants engendrent vn fuc
de cette nAture lequel bouche ailement les venes mcfuaïques : que s'il en par-
aient qu 1 que peu au fjye , loM-: la mail"-' du fang dcuicnt gluante & vifcide:
tel fangobftrue facilement les vilFeres d'où viennent les fchirrts du fjye & de
larattr>hydropilic,auec débilite de toutlecoips: or comme vne petite fiam-nc
en la lampe ne pourra pas attirer à loy de loin vne matière huylcufe ^ gralf- fi
elle efttrop vifcide <S^ tenace, comme la poix, circjtcrcbenthine,fuif,v^j. Ainfi
la chaleur naturelle des parties, fi elle cil fjible , attirera auec pêne ce iang
gluant : pour ces confiierations ie n'ay iam^ais voulii accorder à mes malades
telle forte d'aliments,qaoy qisei'aye guéri quantité de fraclures confid'.r-ib'cs,
car lesos.commedit Galien& l'expctience le vérifie, ont leurs pctics trous qui
contiennent naturellement beaucoup d'humidité cralfc ^ bbnchf <^z laqicllc
ils (cnourriirent:or le Cal, félon Galien^s'engcndrede ce même alim:ntdc l'osi
ie conclus donc qu'il cft fupcrflu de donner vne celle nourriture qui charge la
nature : c'eft afscs que le Chirurgien par fon Art & induflrie cm^^Ci he les ^cd-
dents qui peuuent molcftcr la part'c,comme font doulcuis i.iflammc.fions,5cc:
lefqnclles détournent la nature de fon opération : en après qu'il d'.lïèche par
medicaméts légèrement deficcatifs mis en dehors le propre aliment de l'oSjafin
qu il
des Fradurcs & Luxations, 317
qu'il fe conùcf tilIc en Cal , laiilànt faire le rcftc à la nature : Obferuation
çz.Cefifur.i,
OBSERVATION XXV.
D'vfie cofjtnjion des vertehres du Col prife pour Luxations.
VN Payfan ccant tombe de haut dans la ba'ïe cour de fa maifon/c froillà le
col c^ la nuque fans qu'il y eue Fiaclure ni dillocaUon, comme ie le fcray
voir en fuicc, la douleur vînt peu à peu : quelques iours après ayant demandé
vn Charlatan , il mit le malade en terre Se faifant tirer les épaules en bas par va
fort Payfan , il monta (ut vnbanc & empoignant h tcfte du malade auec les
deux mains fous les mâchoires d enbiSjil la tira en haut de toute fa force,& aînd
il fit vne grande extenlîon du colril furuint incontinent vne violente douleur
auec vne il grande foiblelfe & comme refoUuion du col , qu'il ne pouuoit pas
tenir la telle droite,bien Ipin de la pouuoir tourner ça ou la, car il la luy faloic
fourenir auec les deux mains , autrement elle tomboit ou d'vn cote ou d'autre
comme celle d'vn mort,la douleur ncantmoins cefla peu à peu : ayant pafsc va
an en ccmifcrablcctat& ayant elîàyé en vain vne infinité de médicaments que
plusieurs perfonncs luy auoyent donne , il me vint rrouuer à Laufanne ou ie le
remis par la grâce de Dieu en telle forte qu'il pouuoir tenir fa tcfte droite fans
l'aide des mains & même la tourner de côté Se d'autre quoy qu'auec beaucoup
de foible(Iè:luy ayant donc ordonné vne fliçon de viure chaude ôc sèche , attc-
nuatiue & quiempcchoit la génération de la pituite , ie le puçgeay auec des
pilules. En après ie luy fis prendre vnapczcme en quatre fois laillant vu iour
entredeux , le feruant en cet interu.ille d'vnc potion corroboratiue des nerfs
qu'il prenoit matin &: foir auant les repas. 11 but de cette decoéèion qua/î du-
rant toute la cure, pendant laquelle ie le purg-ois fréquemment. Il vfoit auffi
tous les matins de mafticatoires,& prenant fouuent d'vn elediuaire corrobora-
îif des nerfs, l'oignois le col , 0/eo de tcrebimh. nnrdt^Oi coflinojAurw-o^ Inmbric.
ynlphi-fHCcolumbric .& fîmilih.y failant aufîi qudquestois vne fomentation auec
ladeco(îiion fuiuante. IjC.Herb.beton.ror'tjmar.jnaiorumfaUnt, yua arth.fîcr.pri-
mhl.verutn.rn.jÂtccar.iunip. pi\. incidanmr OT contnnâMitur ^/-ojjo fnodojtndamHr-
^e facculo ejiti înterfulus & vino colins calidè appliceiar, l'oignois le col après
la fomcntation,ainfi pat la grâce de Dieu il fut remis, 0^/.iviC^«r.3.
51g Liure Quatrième
OBSER VATION XXVI.
Sur le ntémefmeSi,
V Ne Dame de Berne crant tombée <Jc Chenal fc froiffa la nnque du cohil
n'apparut aucun accident àés le commencement hoimis vue douleur
grauatiue, mais quelques iours aptes elle fe fit accroire qu'il y auoit vne entor-
le, ÔCcommei'auois ctc en ce tempsla appelle à Berne pour voir quelques
maladeSjclie me demanda con'eil , mais luy ayant donne à entendre qu'il n'y
auoit aucune diflocation,cile me donna congé , i'>iy appris pur après d'vn G::q-
tilhomme digne de foy qu'elle s'ctoit mis entre les mains d'vn Cluilatan qui
l'auoit traite de même façon que IcPayfan ci deifus &c qu'elle auoit les mêmes
incommodités.
Aduertijfement aux Jeunes Chirurgiens,
COmme vnc médiocre & conuenable extenfion cft necciraire dans les Fra-
(ftures (3c Luxations, aufîî vne trop violente eft dangereufe uc apporte plu-
fieurs grandes incomrncditcsjcar elle produit vne violente douleur, infiamma-
tion,fiéure,conuuIfion & paralyfic, Galien ajGfure que même les mufcles ont été
rompus:que fi elle eft moindre qu'il ne faut , les os le frottent bien l'vn l'autre,
mais neantmoins ils ne retournent pas à leur fituation naturelle : il faut donc
tenir vn milieu & vne médiocrité que l'on connoit par la grandeur & par la
force des mufcleSjCar les grands os !k mufcles comme font ceux de la cullFe, de
l'cpaule, de la iambe, &c. requièrent vne très forte extenfion : que fi les vns «Se
les autres font petits, l'extenfion doit être moindre : c'cft auQi ledeuoir d'vn
bon àc fidèle Chirurgien de bien reconnoître fi le membre eft rompu oudiflo-
quc , car il arriue fort fouuent qu'vne fort Icgcre mcurtrilfure fera douleur ik.
enflure autour des iointures fans qu'il y ait ni Fradure ni Luxation : on peut
voir par les exemples précédents combien il eft dangereux de furc extenfion
d'vn membre en ces cas la; car on peut connoître qu'il n'y auoit aucune dif-
location des vertèbres , comme auoycnt voulu faire accroire ces Charlatans,
veu que les premiers iours à pêne y auoit*-il aucun accident , hormis vne dou-
leur grauatiuç,&: que le mouuemét du col n'éroit pas perdu: car entoute diilo-
cation foit qu'elle foit côplettc ou non, il faut de neccffité que la douleur fuiue,
veu que l'os qui eft forti hors de fa place pou(îè|les parties nerueufcs hors de leur
lieu naturel: or les vertèbres de l'cchine fi elles viennent à être entièrement lu-
xce5,apportcnt vnc mort fubite, car la moliclic de l'cchine ne peut pas foufftir la
moindre
des Fradures ôc Luxations. 32.9
jnoindrc comprcflionjveu que il feulement les nerfs font rcftrainrs , il en peut
airinerdu danger : par confequent la luxntion des vertèbres de î'echine , félon
l'opinion d'>£gineta &:dcs autres;,eft mortelle fi elle eft parfaire & coirplcdc:
quanta celle des vertèbres du col qui eft imparfaite ou incomplète , quoy
quelle ne caufepas vne morcfubJrc,ncantmoins die fait tourner le col , rend le
vifagc liuidc auec difficulté de rc-fpircr S<. de parler , que fi elles ne font pas ré-
duites en trois iours,comme allure Ccîfus,il faut mourir, car les vertèbres ou
farticulation de la telle (ie me fers de l'authoritc ôc des lei mes de Vcfal^ cft de
fi grande importance aux animaux, que l'homme ne pourioit porter vn mo-
ment vne grande luxation, non pas mêmes vne cntorfe: car l'animal cfl: incon-
tinent priuc de rcfpiration & de voix , en racme temps de fcncimcnt & de mou-
ucmeHt,airauoir. parce que la racine cft offensée : mais quand elles font cutie-
rcm.ent hors de leur place , il n'y a aucune efperance de les y pouuoir rétablir
car elles apportent vne mort fubite -• voila ce que dit Vefahor n'y ayant eu au-
cun de ces accidents en ces malades , il faut croire qu'il n'y a eu aucune diAo-
cation mais feulement vne meurtrilfure laquelle ne requeroit point d'extcnfionj^
OBSERVATION XXVII.
De la Luxation de l échine,
ÎL n'y a point de Luxation plus dangcrcufe que celle de l'cpine du dos , fé-
lon le témoignage d'Hippocrate,d'Auiccnnc & d'autres,m.ais principalement
celle des vertcbres du col caufe vne mort prompte,car les nerf? qui feruent à la
refpiration font rétrécis <Sc prcfsés , ainfl elle fc perd : quant à celle qui le fait
en dedans, qi.ioy qu'elle ne puilîè pas emporter vn homm.een vn inftant,fur tout
celle qui n'cft pas complète , elle ne lailfc pas d'être à la lia mortelle , au dire
d'Hippocrate & d'Auicenne: caria moiiclle de rcpine étant vne Appendice du
ccrueaujdc même nature èk: iubftancequ'iceluy, il furuicnt de très grands acci-
dents fi les vertèbres fortcnt hors de leur place.- d'auantagcles nerfs quifortent
de l'épine font comprim.es fi la diilocation eft faire en dedans, ainii lesfympto-
mes augmentent : or la Luxation de I'echine eft ou parfaite &: complète , allà-
uoir quand vne vertcbuc cft entièrement hors de fa place, laquelle eil particu-
lièrement mortclle,fi elle cft en dedans:ou elle eil: imparfrite , quand la vertèbre
n'eft qu'en partie hors de fa place,& celle-ci n'eft pas toulioursmortelle,comme
on le peut voir par les exemples fuiuants.
La roué d'vne charrette chargée ayant pafsc par deiTus vn Boulanger de
Burgdortf prés de Berne,clleluy enfonça deux vertèbres: il fut emporte demi
' T t
530 Liure Quatrième
mort à la maifon,& entièrement perclus des le nombril iiifqnc au pics : on dç-
manJa vn b.xibicr , lequel fans confiderei rclpcce de Luxation couche ce mi-
ferable fur le ventre , (k de toute ù force enfonça l'échiné premièrement auec
les mains, puis auec le gcnouïl , au lieu qu'il la faloit relcuer : quelle ignoian-
cc.ie vous prie, ou plutoli quelle crnaurc ? le crois pourtant qu'il ne l'exerça pas
furies vertèbres qui î'toyent luxées , le Cqucllcs fans douce fe (eroycnt encor en-
foncées d'auantage & le malade feroit mort en l'opcrntion , mais Ci pensée
croit d'abbaiiTcr ks vertèbres qui ctoycnt detius & dclfous la Luxation pour
icndrc l'echine égdlc: Voici ce qui en arriua , les douleurs qu'il auoit fouftcrc
lors que la rou'c luy paifa par dcil'us, augmentèrent grandcm.ent par cette ope-
ration, àc il furuint de la fiéure, inflammation jenflure,6(: finalement vn abfccs
lequel s'ctant rompu (S<: U pus en étant forti abondamment &c longtemps , les
douleursjla ficurc ,& les autres fymptomcs s'apr>-Àfcrent peu à peu, ncantmoins
la paralyfie fut toufiours de même : ie fus dulîi demandé en i5id. vue année
api es le commcnctmcnt du mal , mais ie rje voulus rien ordonner voyant
que c'étoit vn m>al inucreré 6>: incurable , car il n'auoit aucun fentimcnt ni
mouurm.cnt dés le ncm.bril en bas , hormis les deux fphynéters ( qui auoycnc
ctcaufli paialyiqucs au commencement J car il pouuoit retenir fon eau d< les
excréments :1a fiftulc qui étoirrcftéc après rabfccspcnetroit iniques à l'échiné
du dos & peut être plus auant , au fond de laquelle on trouuoit auec la fonde
les os caiiés:il f:poitoit bien quant au reftc, mangeoitauec apperit , mais fans
pouuoir fortir du lict : il patïa quelques années en cette miferc , {ansauoir ]peu
apprendre qu'elle en a ctc ï"ûTiK\0l>f,6S.Cent.V.
OBSERVATION XXVIII.
Sur le rncme fui et.
LAu 1611. le lanui rvn Pnyfan d'auprès de Berne nommé lean Bûcher me
viiu tiouacr : il y auoiu quinze moys qu'ctant tombé d'vn aibre à terre,
lu Lconàc vertèbre des Lumbcs étoit tellement enfoncée que l'on voyoit ma-
nifvftcm.ent la Luxation, m.ais encoi plus quand on y porroit la main : après
la chu e il furuint incontinent vue trcs violente douleur laquelle dura long-
temps lS: de laquelle il u'eft pas encor quitte , principalement quand il fc cour-
be ou drcliè : aufli toil après la chute il rendit la viande toute crue fans pou-
uoir rien garder l'efpace de quelques iours ; il luy furuint aufli vue ficurc fort
ardente auecvncfoif implacable, veilles, inquiétudes, séchereffè de langue auec
réueric: les parties balles dés le nombril tombèrent aulTi en paralyfie, ce qui
ctoitcaufcquiiuc pouuoir garder ni fon caunifes e:;crcmcnts 5 quoy qu'il
les
des Fractions ôc Luxations. 331
les retienne à prefcnc^ mais il les lâche aucc pêne : les fymptomcs furent fî vio-
lents des le commencement qu on dcrcfpcrûic de la vie : il s'ctoit ferui de plu-
fieurs barbiers , mais il n'y en eut pas vn fcul qui reconnut qu'il y aiioic Lu-
xation en rê.hinc ni même à qui cela vint en la pensée , ainiî il ne fe feiuic
d'aucun remède à propos : ncantmoins comme il ctoic icune , f n'ayant pas
encor atteint les 50. ansj & de bonne couftitucion , la nature fit tant que la
douleur Heure 6c autres accidents s'arrêtèrent , qu'il pût retenir Tes excré-
ments , qu'il rccouura le fcntimcnt aux cuitïc-s Ôc pût remuer ks cuilH'S
&legenouil, quoy qu'aucc pénc, mais les pics font encor tellement perdus
qu'a pcnc le peut*- il foutenir (ur des potences ou faire vn pas ou deux , Se le
toutà caule delà comprclîion des nei fi qui dccendent aux cuilles:mais ie luy
fis entendre qu'il n'y auoit rien à efpercr à cauf? que la vertèbre ne pouuoit
plus reuenir en fou lieu naturel , tout étant endurci : ic luy confeillay néant-
moins de s' en aller l'été fuiuatit aux bains de Baden en Suifre^apres s'être bien
préparée auparauant , comme aufli de fe lauer les cuilFcs & l'os facram auec
des eaux diftillécs & appropriées comme a.iicc y^ijMetonJalHkjprimHl.veris.ju-
mferiyôc femblablcSj^Cc.Z/^ même.
OBSERVATION XXIX.
D'vne Luxation di(iho!i(^!^e.
I'Ay veu à Dulfeliorp vue Luxation entièrement horrible 3c diabolique : En
1585. vnieune homme d'enuiron vingt ans ayant voulu s'étran^^ler de nuit
en Ton licl, & pour cet effet fait vn licol de fa iarretiere qu'il aUoit attaché à la
colonne du lict , le lendemain il fat trouué mort en fon Viô: quoyquc lelicoi
ne ferrât point le cohcomme chacun étoit en admiration , après que le Bour-
reau l'eut dépouillé,on trouua que le Diable luy auoit tellement enfonce le dos
qu'il touchoit prefque l'os de la poitrine. La même.
OBSERVATON XXX.
La manière de réduire la Luxation de te'chîne faîte en dedans.
QVoy que ce foit vue opinion reçue entre les Médecins & Chirurgiens
que l'épine luxée en dedans ne peut pas être rcmife , car comme dit
Hippocratc , comme fcroit il poflîblc de faire comprcflîon par deuant î Ce
T t 2.
552- Liure Qijatriémc
Icroit ncanrmoins vneadtiondc cruauté en vn Chiiurgieii entendu & habile
s'il lailfoic vn malade fans Tccours, car l'on fçaic que ccrte incommodicé, en "
emporte le maladc,ou le lend milcrablc tout le relie de fa vie , ou cette aul-
élion eft mortelle commue Auictnncrenlcigneapres Hippocrate/;/'. defraliur.
Si la Luxation , dic-il , Ce fait vers la partie intérieure -, il n eft pas poflîble de la
guerir,car il la faut mettre au rang des maladies qui tuent ptomptemcnt: plii-
lieuislçauantsfontauiri de cette opinion, veudonc, di ie, que ce feroic vue
chofe inhumaine de lallFer vn malade fans feconrs , lequel fans doute periroir,
&" n'y en ayant point d'autre que la réduction de la vertèbre , il-faut aufli ef-
fayer toutcequelar.iifon dictc.E^y^/Vt céi efjuy.
Or la manière de réduire les veitcbrcs eft en partie tirce d'H!ppocr;\te , Ori-
bafe & i^gincta, en partie aulfi elle eft de- mon inucniion : on couche le ma-
lade lui fon ventre delfusvn ba.ïC ou dcllus l'oigane «l'Hippocrare lepttfcntc
par Oiibafe en fon liurc des machines chapitre ]<^, £n après il faut mettre au-
tour du corps deux ceintures Lrges & cpaillcs ( de peur qu'en faifanr l'exten»
fion ils n'oft'nfcnt la peau ) de toile, l'vnc deiLib la luxation o: l'autre deilous,
celle de dcftus doit c4Te mife fous les aiil-Jles iuc vnbanc, celle de deilous doit
ctre attachée à vn ailîieu , mais en droite ligne afin qu'en le tournant l'exten-
fîon de l'épine foit égale : mais comme l'organe d'Kippocrate eft de longtemps
hors d'vfage , Paré le chef Jc'S Chirurgiens modernes , a rrouuc vue autre in-
uention,air?uoit de lier le mal'de ddlous les aitlelles & dclïus les han^-hes auec
les nappes que l'on fera tiur p^r deux hom.mes rcbuftcs, l'va empoignant cel-
le d'er-h^ut <^ l'nutre celle d'en bas : mais il vaut mieux à mon ad jis attacher
la n-ppe qui eft d. {fus ks h mchts à quekjue fcimf pilier, & celui d'en bas à la
mat iu -lie de Parc , car i'ay exptiimentc quelK cit fort propre es Fradiures <&:
LiiXarions la ou il faut faire quelque txcenlion du corps : maïs quoy qu'Hip-
pocrate tienne que la Luxation de l'échiné qui eft faite en dcdai)S loit mortel-
le , il die neanrmoins qu il fuit > if-.yer fi l'agitation faite fur l'cchelle'peut ap-
porter quelque f'.:iu!?-gcment au malade : quand donj-le malade fera attache
ou à l'organe & glollocomc d'Kippocrate , ou à la maniuelle de Paré , il faut
q!i( Ils fei uiteurs tirent lechine autant qu'il lera necelîaiie , cependant que le
ChiLurgicnebrarJera l'c-hine au^c les deux mains tantoft à droite tantoft à
gaucV;c,oumém.es la poulïèra en haut mettant vn linge <ous le ventre: li cette
excenlion & ébranlement de l'cchinceft faite auflTi coft dés le commencement,
tandis que la Luxation eft encov récente, il rcfte quelque cfperance que cette
Luxation ( pouiueu qu'elle loit imparfiàte ) pourra are rcmiie : que li on
n'en peut pas venir à bout j ic crois qu'il vaut mieux faire effay de ce
dernier rcm^deque d'abandonner enticrcm:nt le malade, lequel infaillible-
ment mourroit ou par la grandeur du mal ^ des tourments , ou p.^fteroif vnc
vie entièrement miferablc : il faut donc taire vue inciilonauec le lafoiriufquc'
àrap*-
desFradures &:' Luxations. 555
à rappciidicedecendante de la vertcbre>& mcctancinconrinêc le Rafoir dans la
mcmc oiiueiriircii faii: faire deux autres mcihôs,rvnc à droite & l'autre à c^au-
gauchc de l'appendice, enaprcs il faut pincer Tappcndicc aucc des Tenailles
propres &c la tirer en haut remettant ainli la vertcbrc en fa place naturelle , il
faut cependant que cela fc fait, que l'cchine loitciendue, car par ce moyen cUc'
rctournerapluifv ilement en fa lîmation naturelle ; il faut faire rouucrture
grande ou petite félon la giandeur delà luxation , car s'il n'y a quVne vette-
bre enfojicée , il faut faire la Playe petite: s'il y en a deux ou plufieurs , il faut
de neccihré quVile foit grandejafin que l'on puiiïccn^poigner les dcjx ;'srfcbrcs
luxées : que iî !'h£morrh.<gic âporte de rcmpcchcmcnt, de l'orte qu im:rirdia-
tement apicsTinrilion on ne puilfc pas faire l'Opération, il faut arrêter le fang
auec Jcs ctoppcs bi^n ciuortillccs , trempées en vnbhncd'œuf & fa'.î^ou-
drécs de ma poudre à airétcr le fangiprenant garde à bien remplir toutcia playc,
principa\emi.ntdcs deux cozés de 1 appendice aiiec lefdites ctoupesj & afin que
cela i'c face commodément» il fa'U faire plufieurs plumaceaux d'étoupes entor-
tillées en cette façon, j% 4. de la table 8.
Metta^-it l'vn après l'autre dans la playe iufqu'àce qu'elle Toit remplie : il faut
par après mettre quelque crfiplatrc bien adhérant, le tenant attache auec quel-
que bajidc: quelques heures après que le fang fu'a arrefté , il faut oter douce-
ment les croupes depeur d'ém.ouuoir lefangj-iv: après fe feruir des Tenailles qui
doiucnt erre fortes 6c dentelées comme celles dont on fe fert pour arracher le
Calcul : que s'il y a deux vcrtcbres luxées, il fe faudra {cruir de deux Tentilles
que deux Chirurgiens tireront en même temps en haut : il fe faut bien donner
garde JeUv: faiiepa^ lesin-ifionstiCjj profondes à côte de rappendice,à caufe
6lqs ncrf^ qui fortcnt à côté des vertèbres : il faut aulli que cette Opération fc
face dés le commencement du mal tandis que les fd ces y ronr,auaiit qu'il vien-
ne inflammation Z< enflure en la partie, n'important de lien fi le malade, com-
me il arriuc quelquefois, a perdu la parole & iaconnoilTasice, caf quoy que ces
accidents arriucntaulTi en la DcpreHiion du Crâne, ntantmoins le Chiruii^ieii
expert ne renuoye pas l'Opération, veu qu'il Tçait qu'elle eft la caiîfe du mal, Ck;
que le Cranc étant remis f n fa place , les accidents cclîcront: que h le Chirur-
gien n'opas été dcm.andédcs le commcnccmenu,mais feulement an iecondjtroi"
fieme ou quatrième iour , il faut f liic vï\z fomentation fur la partie auaa: l'O-
pération? cumâecoEio Betonic pnrnnU veris ^ SMua , camomi'U^ tnflilotiy rvfar,
é" grMior. hmiperiy y adioutant quelques cmollicnts , vî waIha Altk^a. après
quoy il clFayera de faire la rcpofition : l'Opération étant faite il oindra le dos
Chim oL Rofa,ceo &lHmbricor. traitant la playc en la manière que l'on trr.ite les
contufcs : mais quelqu'vn dita que cette Opération eft dangercufc & incci' ai-
ne: le répons qu'on peut dire la même choie des autres, mais comme Ai:. Hip-
pocrate , il faut fe feruir âcs derniers remcdcs es derniers maux, ainfi vn Chirur-
gien entendu m. fidèle ne laiilèra rien en arrière de ce que l'on peut faire auec
Tr 3
5J4 Liure quatrième
raiTon: il vaut mieux, die Cclfc , ellàyer vn icmedc douteux que de u'en point
£iii-e:reafonçeui:e du Cranef lacjiiclle a vn grand rapport auecla liixadon da
vcrtebrcs^cft mortelle de foy même iinon qu'elle (oit bien petite , rOpcration
en eft dangcreurc<Sc incertaine, car il faut couper la pcauen croix iufqu'au Cra-
ne,&: en même temps tout ce qu'il y a au dcllous de vcnes Ôc d'artères : il faut
ôter le Pericrane,qui eft vne membrane de vif ljncim.cnt& le fcparcr du Cranc,
ce qui ne fe peut faire fans caufer vne grande doulcur:cn après on perce auec le
Trépan le Crâne iufqu'au cerucau, il le faut tirer en haut auec des crochets ôc
des cleuatoires, tout cclafc peut'-il faire lans danger ? Que dirai- ic de Tcxtrac-
tion de l'enfant mort , de renfantementCaslaiien, de l'cxcraétioii du Calcul &
de telles Opérations lefquellcs vcricablcment font dangercules, qui fc font
neanrmoins tous les ioursvtilement, comme ie rayexpciimenté afs:s fouuent?
ce qui me fait dire auec Celfe qu'il n'importe de rien, h le feul remède qui refte
eft alfuré ou non , & qu'ainlî es maiix defefperés il faut eir;yer tout ce que la
raifondidte: Sine trouue-ie pas vn grand danger en cette Opcracion , car au
milieu du Dos il n'y a pas des grans vailleaux, d'autre côte les nerfs font petits
en leurs appendices , ayant fort fouuent veu^e grandes playes heureufemeiit
gveriesenl'efpineduDos , principalement en unieun' homme qui auoit rcçeu
vn coup de couteau en la quatrième vertèbre des lumbes, la pointe rompue
étant demeurée entre les appendices de l'épine laquelle i'arrachay au bout de
deuxans,&: guéris hcureulement la tillulequiêcoic reftce, mais icellc étant fort
ctroitte, il me falut dilater tant auec les Caultics qu'auec des in ftruments tren-
chants, ce qui pourtant fut fait fans qu'il iuruint ni inflammation ni aucun
grand accident.
Ce grand Chirurgien Parc veut en outre qu'es fradures des vertèbres , û les
fragments des os caufent de grands accidents, que l'on fice ouuerture en la
peau ôc que l'on tire les fragments des os : il veut que l'on face le même es fra-
âures des coftcs en dedans, s'il y a quelque fragment qui pique la pleure , alfa-
uoir que l'on face incilioniufqu'à la coltc& que l'on la tire auec des crochets
pour la remettre en fa lîtuation naturelle:queii cela fc fait es vertèbres &: coftcs
rompues , pourquoy ne fera-t'-on pas le même en la luxation de l'cchine?
Oljf. 69. Cent. 5.
OBSERVATION XXXU
De la Cure de la bojfe des Lumbes.
LEs vertèbres des Lumbes commencèrent à fe poulfer en dehors en vne pe-
tite fille de Monfieur Nicolas Kilchbergei Patrice de Berne , âgée de 18.
mois : Quelques Barbiers du lieu employèrent des mois entiers à fâcher de la
gucrir
des Fradures &: Luxation? . ^55
giictir auecdes InonAionj», Bains, &c lames di- plomb bitn délices , mais com-
me la bolTc ail ât toufiours en anançant, on voulut aufllî auoii mon âuis en
luin 1609- k rioiTuiy cjue la troificme & quatiicme vcrctbre des Lumbes
^covéc auancées en Je'iurs à la grolfui' d'vn œuf d'Oyc,aucc vn médiocre éle-
ucmenc Je la féconde Se cinquième , de forte que la bolfc vcnoit fort grande
principalcmtnt du cote gauch-^ , à caufe dequoy la cuillc gauche êtoir plus foi-
blc que ladroitre: i'cnrrepribla Ciirecn cette manière: premièrement k raiiayle
dos &: toute la cuilïc auec l'eau iuiuante pour fortifier les nerfs , !^. ^^, Gra*
nor. lump, f'ie vino dljTi'LitJi. a<j f.dni£, , béton. lauendnU. an. 5 fj. pulu.rad,
BiftortAy T arment. Rofar. an. ^ij. m. f, i>.ftiJio in A.'npidU rn.'igna pcr die s 8 P. "jf/
X. det/i per inclinationern a pii'uenhus fepa^ata ac^na, ad z-fitm ferueiur : Apres
riHonciion ie mis l'Errplaftrc fuiuanr, duquel ic me icrs aulli es frnclures des
os ,, yi Emol. Slctani _^i!. ccYd nouA \i\. lat>ld. OJîdiocolU 5). puln, rad. confol.tnai.
terra figill. an. 5 ity pidit. ^a'aujî.Nucum cupr. rofar. odcrifer. an. 5J. m. ientijfu
7no tgne , f.ernpl. addenda cl. rofat, aut maflich. q. f. Or tout le principal artifi-
ce pour gueiir les boiTesconfifte à repoulïcr en arrière les vertèbres qui auan-
cenr,autrcment on ne faic rien : à ces fins i'agençay de telle forte vne lame de
fer vn peu courbe ( de telle longueur & largeur qu'elle pouuoit couurir route
la bofle J fur vn pourpoint faitd. toile double , afin qu'elle peut rcpoulîèr les
vertèbres qui a'jançoyent j ie la garnis cncor de lin : fin qu'elle i incommoda
moins : le pourpoint dcaoit être mis fur le corps nud & en telle forte qu'il
conuiic tout le ventre iufqa'anx parties honteufes .• il étoic cncor (erré par le
milieu du ventre aucc vne cguillctte vn peu longue, médiocrement au droic de
\2, poirrine, de peur que le dos ec les coftcs ne fulîcnt prcfsces; mais il êtoit fort
ferre pafsc les fau lies codes iufques au bas du ventre, afin que la lam? de fer peut
faire retenir l:s vertèbres awancées, or de peur que le pou; point ne vint au dcf-
fus des êpauleSjOn y atr:^choit deux bandes qui auoienr deux doifs de traurr:. de
large, que l'on failoic palier pir les deux aines, Icfquelles defcendants par Ten-
trefdîbn Se derechef rcmontancs par dcirous Ic-sfelfcs, ccoyent attachées auec
des aiguillettes au deux côtes du corfclci ou pourpoint : ic renouuelois l'Em-
plâtre 6c les Inonctions de quatre en quatre ioars onde fix en fix , Lifanr laucr
tous les iours aucc l'eau furdfrc route la iarr.be & la cuille , ainfi la bolfc fut rc-
poufséeen iixmois , par l'afiâliance de Dieu : mais clic continua déporter le
corfet & la lame iufques à l'Age de deux ans , à caufe de la foiblclïl- & mollelfe
des membres: elle fe porte très bien à prcfcn: càgéc de trois ans, Obfcrnat è^.
CtîltHY. 5.
jjtf Liure quatrième
.p.i*^
OBSERVATION XXXII.
U'one Luxation du bras.
VN ieun'-homme bien complexionnc ^ chainu eut le bras luxe il y a hui'c
aas par vnc chûrc, dis ce temps là il cfl: toufïours deuenu cxtcnuc & amai-
gii à pcopoition des antres membres qui croiilcnt à caufe de l'àgc, outre que
l'on remarque vue tcnlîon au pli du coude en dcdans,de forte qu'il ne peut pas
étendre le bras autant qu'il faut, lequel il porte toufiours courbe en demi lune
mais lans douleur: ie ne veux pas pailcr de la caufc au long , ie diray feulement
qu'il me fcmble que îc bras a ête mal remis au commencement , ik. qu'il s'cil
forme quelque Cal dans la iointure, ou à caufe de quelque humeur qui s'y eft
versée ou à caufe de l'aliment même de la partie: ce qui me le fait croire , ccft
que l'articulation du coude en dehors & Ion appendice fcmble auancer plus
qu'il nefautjoutre qu'il y a vnc ccrtsine incfgalité là où fe' rencontrent les deux
appendices de 1 humérus & du coude, quoy que l'on ne puilïcdccouurir aucun
Cal ni à la vcu'é nia l'attouchement ; il s'cft fcrui de quelques rem.edcs il y a
plulieurs années , comme de graille d'homme &:,dequclqneshuylcs, mais (ans
vn manifefte foulagement : or comme le mai va en augmentante qu'il eft en
l'âge où il doit apprendre à faire des armes & à monter a cheual , on veut venir
à vue Cure régulière , c'.cft ce qui m'oblige de recourir à vous à caulc de vôtre
doâ:i;iiie & expérience, 6cc.
Lettre de Cafpar *Dornamus Bc^eur Médecin,
Vous me proposc'svn cas difficile , veu que c'eft vne affection inueterce &
qui à peine pourra être guérie , comme ie l'ay veu par expérience il y a vn an
en vnieune homme; lequel s'ctantdifloquclc coude gauchejs'addrelîa à vn im-
pertinent Charlatan qui remit mal la iointure &c n'eut point de foin d'em-
pccher la douleur & vne defluxion d'humeurs : m'étantvenu trouuer quelques
mois après, ie vis que fon bras ctoitracourci & fort courbe & la iointure en-
tièrement immobile à caufe de quelque matière qui s'y êîoit endurcie auec de
grandes & continuelles douleurs : mais par la grâce de Dieu & vn long &
grand trauail il fe fert de fon bras quali comme auparauanr, pouuant faire tou-
te forte d œuure ruftique : ayant appaisc les douleurs par des remèdes tant
généraux que topiques,empcché la defluxion &diflipc les humeurs qui s'ctoyent
iettccs dcllus, mais il n'a iamais peu être entièrement remis à caufc d' vne matiè-
re calieufe qui s'eft endurcie autour de la iointure : l'ay encor veu auiourd'huv
vn garçon qui a la même incommodité que celuy duquel vous m'ccriucs, mais
mais
des Fractures Se Luxations. 357
mais ic fais diflîcukc d'y mettre la main: vous pouucs donc comprendre ce qu'il
y a à efpcrer touchant le cas que vous me proposes; car il y a atrophie au bras,
à caufc que les os ayants cftc mal remis en leur place , ou à caufc de cette ma-
tière qui s'cfl: endurcie au pli du coude, les véncs & artères fontcomprimées,ce
qui empêche l'allée libre du fang & des cTprics qui ne pcuuent pas arrofer tou-
tes les parties du bras,laquelle elpecc d'atrophie eft tenue quafi pour incurable,
iufqu'à-cc que les os ayent cte remis en leur place, ce que l'on clïàycroit inutile-
ment en ce mal qui eft inuetcrc : ic confcillc pourtant qu'après qu'il aura ctc
purge, on hiy oigne rous les matins auant qu'il forte du lit, le bras, la main & la
nuque du col auecdu fuc de vers auquel on adiouteravn peu d'huyle d'amandes
douces: que par après il exerce fort& fouucnc Ton bras, ellayant quelquefois de
fcûleucr auec la main de grandes charges , car par ce m.oycn les nerfs s'cccn-
dronr, la partie ^échaufcra modérément, & ainli il attirera par ce mouuemenc
violent le fang &c la nourriture: ievoudrois mettre par après Ceratum œ/jpiphi-
lagri] : Que lî le malade nefe guérit pas entièrement par czs remèdes , i'efperc
ncantmoins qu'il en rcccura beaucoup de foulagement Uc- Lettre 14.
Préparation du fttc de Vers^
Prcnés des vers de Cimetière bien nourris, laucs les premièrement en eau &
puis en vin , coupés les bien menus & les mettes en vn grand récipient verfanc
deflus vne afsés bonne quantité d'huyle d'amendes douces & de violettes, mettes
ce récipient fur des cendres chaudes tant qu'ils fefondér,laquclIe liqueur il faut
faire pafïèr par vn linge après vne forrc ^x^iciTion.AH traitté de la hmlure ch. 3.
OBSERVATION XXXIII.
*De la Luxation de la cuîjfe;
VOusme demandés mon âuis fur vne certaine grande incommodité de
cuiffc & s'il y a quelque efperance de guerifon, &c quoy qu'il foit neccllài-
tc en femblablc cas de voir le malade, ie ne laiiïeray pas de vous dire mon opi-
nion: le recueille de l'exadc &c fondamentale defcription du mal que c'eft vne
Luxation de cuillc, veu qu'elle eft de trois doigts plus courte que l'autre ôc que
la partie externe eft plus élcuée qu'il ne faut: la caufe interric,felon ce que vous
ccriucs, a été vne douleur qui elV venue de fluxion, qui à été augmentée par vne
chute de defTus vne échelle , qui a attiré vne plusjgrande quantité d'humeurs
Icfquelles ont ramoli & relaxé les tendons & ligaments , principalement celui
qui eft appelé court,lequel retient la te te du fémur dans fa boctcoucauité: vous
pouucs comprendre par là quela cuiffe en demeurera plus courte Se que le
Vu
35^ Liure Quatricrac
leun homme feraboiceux toute fa vie , crant impodlblc Je remettre !a teflc de
i os de la cuilfc en fa caiiicé , «S: ce feroir prendre tic la péncen vain de Tef-.
iaycr, eau ces tendons <S< ligamcnr^ ayanrs ccc rirnolis p.r: les humciu-s cjui s'yj
lont versées & ccantsdcueniisplus flafqucs , illenrcft impolljblede contenir'
os : îc l'ay fçcu par expei icnce en vne femme de condition, laquelle étant tom-
bée de chcual il y a demi an, & la cuille droite ?yant ccc ottcncée fans que l'on
ait apporté les remèdes necellàircs dés le commencement, on me demanda con-
ftil quinze femaines après : IcsBaibicrs conrtc mon fcntîmcnc liiy voulurcnc|
faire accioiic que la Rediiclion pouuoitêtre f.iite, laquelle fut clfayéc en vaitil
trois ou quaric fois , car elle ne fçauroit marcher ians potences : l'ay veu plu-
ficurs exemples de ce rce narnrc,mais i'ay toufiours remarqué que la chofe alloic
(de mal en pis , car ceux là fe trauar'llcnt en vain qui tourmentent le malade
auec des onguents chauds tels que l'on a accoutumé d'employer en l'Atrophie
des micmbres ex Tyrethy.Euphorbic , femme finap'ié' fmil.VQn qu'il fera impofli-
blc de gucrii: l'exténuation du mcmbie tandis que la caule fubliftera, allauoir la
diflocation.l'abondance de cette humeur gluante qui bouche les vailîeaux & la
diftoiTion d'iceux: il cfl: vray que pat l'vlage de c<:s njpdi. am.ents acres la cui(-
fe vient à enfler, mais ce n'cll: pasde bonnenouiiiture, ccncfontqucdes mau-
uaifes humeurs «Se contraires,de la troilîcmc concodion,quilc vont rendre à la
peau & la boniHiK-nt, mais ic diiay ci-npres ce qu'il faut faire pour i'amaigiif-
femcnr.
Cela étant pesé , on voit que l'on ne peut pas naturellement reduiie Ja cuif-
Te : tour ce que Ton peur f..iic eft defortiti r par bons remèdes, autant qu'il
cdpolTible ; lacuilTcc^ hiambe : mais voici ce qu'il faut remarquer en cette
cure I. Le malade doit s'abllenir de toutes viandes humides S<. froides qui en-
gendrent la pituir:\cuirant toutes fupcrflui'ésjil doit manger des viandes de bon-
ne nourriture-,!. fqucUcs on mêlera auec ce qui peutfortiticr les parties nerueii-
fcSjCommc font le rormaiin , fauge , maiorainc , écorces de citron , oran-
ges &C. on fera auec ces he;bcs vne décoction, y âiourant vn peu de miel, auec
i-qutlieil trempera foa vin, ou bien il fera tremper de ces herbes en de la biè-
re pour Ton boire : 2. il ne faut point m.oleftcrla !?.mbc par des extenhons ni
par des choks acres: il faut plucot lafoitiher , ce que l'on fera , non auec deé
choies cmoUiintiS , m<u*i plutôt auec dv"s adft'. irgcntes : il eft aisé à voir par \ï
,quc ces hu> les taiit recommandées Lumbricomm ., j^nethinum ^ Camomill
'llliûY.' alb. axnr.gi&TAxi^ Vulpîs &c. ne font point conuenables au mal , quo)
.'cjuc les vers de terre ayenr vne propriété finguliere en telle forte d'incommodi-
l'\h : 3. comir.e il s'engendre beaucoup de pituite, à caufc de la vie fedentaire &
• _ dcf-.ut d'exercice, qui fe vaiettcr fur la partie, comme ccanc la fins foible,- il
raiitfouuent purger le corps mais doucement j que 'fi le vomiilèment furuieni
îlne peut être que bon : le corps ayant été prépaie par vne bonne dicte &
par purgations , il faut faire vn fachet de telle grandeur qu'il -puilfe couurii
tOUK
des Fradures Se Luxations. 559
toute la cuilfe aucc les herbes fuiuantesj'cmpliirâat de rcpaiiFcur d'vn pouce &
l'eutrepiquaiK, '^.foLô' flor. béton, rofmar. falnU t primula, ver, lauendula,
origani y abfynth. an. m.), rofmr. gran. iuniper. mufcl cjuerc. an. m. t\.f€m.amfi
^ i\. inciàantwr omnia groffo modo , adde Jaii's 7/î. Ç). ter vel ^itater bul/iat, co-
t^natar in daaùus men/hrts a^ii£ t caliJè tmpcnamr : Jl peut feruii: trois ou qua-
cic iours : ayant fait cette fjmcntan'on fur la caiirc rr.atiii îk foir , il la faut
oindre co.r me aufli la iambj ôc l'os facrum auec (uc ds vers , la fiottant i'j(-
qu'àce qu'il foit imbu : on prépare ainii ce lue , ^. craffijjîmorum lumbricd'
rttm m. i\. vel iVj. fngulisfordes cxcahantur & exprlrnantur dtgitis y (nonenim
vino abUendi ) conctdantur mhmtijfnr/e , poslea miiciamur cyatho fianneo vel ar-
genteoy affAndantur aqH&jior. UHe;-duU.& baccur.iHniper. ( fine vho diJlUlentur )
an. ^ li). faits ^ j. cyathns obinretur vefiiâ humecÎMa ne ejjHippiam expiret > dein
a<jUA imponatur & co^Hatnr t^uatuor '■oel «^nhique horas : refngerato cyatho vefica
atiferatur (^ fuccus per pannurn crajjnm expnmatur. indaturcjiie viiro aioufll orifi-
fi) , addenda altifuid ol. amygd. d. fine lurnbricorHm .* Il fe ronferue ainli
prépare Telpace de pluiî^'urs iouis : il Fait aulîi d- s mcru:illes pour les membres
icxtenucs, il fortifie les parties ncrueufes 3c ouure les obllrudions àzs venes &
^artères : toute la cuilïè & la iimbc ayant ctc bi.n oi.itc auec ce fuc , il faut
.mettre l'emplaftre fuiuant fur vue peau bi:n délice & l'appliquer fur la cuilfe:
.en lieu de fuc de vers on peut fc feruir d'eaux de Betoine , fauge , prim. verts,
Jauandc, graine de genevre dillillces fans ym^ car i'ay expérimente en moy-mé-
I itne que le vin nuit aux parties nciueufes tant en dedans que dehors: il faut fai-
! re aitîli l'cmplatre : 2£. Empl. diapalm. ^ iv, cerx nottx ^ /j. G. Elemi , Tacama-
hac, an. l\.maftic. Qlibaniy an.'^x. luwbrlc. terr. fitbtUiJ]'. pulnerifàt. | î &. pulu.
rofar. rub. rnytill. bahwjl. yttx ariheticdi , fior. Hyper, an. 5 /j. dijjôltte gummata
.lent'ijfirnotgneinf.cji.ohilHmbric.percolentHrperlinteHm poflea rnifc:antnr omiia
cum ernpLiflro /lipradido , & cera It^nefaBa , fiât mafia , addendo nonnUnl olei
gran.tHniperi cfrjpka : l! pourra auflî le ieruirvtilcment d'vn bain fait aucc les
herbes du lach.t, y âiourant vn peu de ici & d'alun, lauant toute la cuilîè auec
iceluy ou même les deux : il le rcpofera vue heure dans lict après le bain,, (c
failant frotter auccle lue & mettre l'cmplàtre par après ; il fe doit tenir en re-
pos tandis qn'il Icra au baia Ôc qu'on (e Icruira du favjhet de peur d'empêcher la
nature: ques'il peut commencer à marcher, il faut faire le foulier vu peu plus .
haut & à proportion de ce que la cuilfe dt phis couirc, de peur que le poids du
- corps ne le icttc plus (ur la partie incommodée que fur celle qui le -porte bien.'
i'en ay guéri grâces à Dieu pluiieurs par ce moyen qui ont peut marché fans
s'appuytr,
Enfin vous defucs de fçauoir mon opinion touchant la cauterifuion de U
7 cuilfe de laquelle parle Hipp. 6. aph. 60. le répons qu'elle n'eft pas à reiettcr>
au contraire qu'il enfant faire vn grand état , en ayant remarque de très heu-
icuxTucccs es maux de cuilfcs : mais Hippoceate ne parle pas en cet endroit
Vu i
340 Liure Qu_atricme •
des vcficatoires ni de l'Ingftion /aice aucc le lin crud , mais de celle qui le fait
auec le fer chaud, lequel doit j-^cnetrer ii.if4U a la ioiutu.e Je la ciiille , pour y
confumei cette humidité baucufe qui y ell:amMice à l'entour, mais il ell mal-
aii.c d'emplojet ce remède en votre malade &cc. ObftrnAilon dernière de la
CentHr. ^.
OBSERVATION XXX I.V.
De fexte7ifion des membres dijloqnés faite mal à propos.
C"^ 'Eft auec vn iulle fuiet que Celfus & des autres aducrtilîènt que les iliflcs
V Citions doiuenr et- e remiiesauant que rii.flammation y vienne : que fi
elle y eftdtia , qu'il ne f::ur rien faiieni-rrajalfer le membre iufqu'à- ce qu'elle
air cefsc; ce. x qui font aurverreiit,atti:ent de gtands accidents & quelquefois
la mort, comme les exemples fuiuants en font foy.
L'an 157e. vne ieune fill- de Mailhe Amhoine le Barbier à Nouis .s'cntordit
5v' fo-i<^ l^g' ren eut le pic en marchant, neantmoins fans diflocatiou , auffi les
prerjiets iours le moluierrent en fut'-il empêché , car elle pouuoit marcher
laj^s beaucoup de difficulté , mais ayant méprisé le mal , la douleur augmenta
quvl'.;'-'siours après , & incontinent le pic enfla auec inflammation : mais
Ccmtre lor pcre écoit mort 5 h. merc demanda vn Charlatan , lequel ayant
empoigne le pié, ille tîrapuifîammcntle tournant & tordatit de côté «Se d'au-
tre, puis il y appliqua du bol Arménien ^ des f.irincs mêlées auec vn blanc
d'auF, bandant k- tout bien feue: ainli la don leur augmenta à caufe de cette cx«
tcnlion & contufîdn ftire mrd à propos> 6: comme le corps ctoit impur & qu'il
ne h. purgea point après ropeutiop, il arriuavnc grande dcfluxion aucc d'au-
tres accidents : qnclq'.îe temps après ils demandèrent Maiftrc lean Dumgcns
Chirurgien trcs-expert , lequel trouua le pié fort tnflûmmmé Renflé, auec
grande douleur, fièvre continue , v. illcs <:s: inquiétudes.- il ponrueut aux acci-
dents autant qu'il peur.- enfin IV-bf: ci étant rompu vers la ioiniure , il en fortit
quantité d'humeur rcrcufe& acre auec des morceaux de ligaments pourris &
quelques r llclets caries; Les accidents cellèrent,Hîaisapres auoir foufifert long-.
temps de grr.ndes doaleurs,méme aucc danger delà vie, de forte que fix mois
après elle commciîça à march.i fur les deux potences & finalement aucc le bâ-
ton, mais elle fut boitcufc toute fa vie.
l'ay veu vn fcmblablecas à Mets en vn ieune Allemand, auquel ie fus con-
traint de tirer quelques:oflclcts du pic : enfin ic le remis après auoir pris beau-
coup de pêne. Obf. 50. Cent. z._
OBSER-:
des Fradurcs & Luxations, 341
\' ' ' ') ■ : ' ,,
O B s E R V A T I O N X X X V.
Sur le même fmel^ .
I*Ay connu vne ieunc femme à Vandal village dans le Duché de Iulicrs,laquel-
Ic (c de fendant contre vn pendard qui la vouloir forccrjs'cntorditle gcnoml:
y étant furucnupeu à peu de la douleur aucc inflammation: vn Charlatan Iny
étendit le gcnouïl & le tourna de côté t<. d'autie , ce qui luy attira de très
grands accidents aucc danger de la vie : neantmoias elle fe remit , mais elle n'a
iamais peu marcher que fur des potences:0^/5o-C^w/.2.
OBSERVATION XXXVI.
Sur le memefuietî.
MAdamc Eue Vignon de Paycrne âgée de yo.ans , s'entordit 6c foula légè-
rement le gcnouïl tombant en terre il y a 12. ans, fans que ncantmoins il
fut empêche en la fonction, ainfi continuant de faire (es attires par la maifon
6c d'aller aux champs, elle affoiblit fort cette partie & la douleur augmenta, à
caufe dcqi'oy elle recourut au fecouis d' vne femme , laquelle ayant fort étendu
le genou'il «Î5C l'ayant tourne de coté ^ d'autre & mis deflus vn emplâtre ^dc-
pois , il y vînt premièrement vne extrême douleur , puis après inflammation, -
fiéure continue &: autres accidents , de forte que l'on crut que c'en êtoit fait:
enfin l abicés s'crant rompu au dclîbusde h Rotule il en (ortit quelques icurs
dînant quantité d'icheurs ou fcrofitc , & enfin de k matière bien cuite & dige-
rce , après quoy la douleur & les autres accidents s'arrêtèrent peu à peu, mais
Tvlccrc dcmcuia ouucrt pcifsé 14. mois, le pus fortant fi abondamment que le
rcftc du corps ne fcm.bloit qu'vn fcelcte : neantmoins elle guérit, mais elle ne
put iamais remuer yn pic fans potences : ie l'ay veu pi ufieurs années en ce mi-
fcrable état & méras ic l'ay remis l'année ptcccdente d*vne fra<ftnre de cette
iambe:ie 20. Décembre 1 607. îe regarday fon genouïl aaec Monfieur Michel
Doringius Dod;curMedecin,ou nous trounâmes ceci de remarquable. Le gc-
nouïl 3c lacuillt ctoycnr vn peu exténués, mais le genouïl ctoit immobile & la
iambe s'ctgit retiré vf t^ la cuiiïè: voici ce qui étoit le plus confidcrabîcjla Re-
cule êtoit hors de fa fituation naturelle & auoit ctc tirée en haut vers lacuiiîc â
la hauteur de quatre doigts, ce qui etoit vn figne que le tendon qui la b'c «uec
l'os delà iâmbe,étoic ro»^c êc leparé du liîc os:il n'v auoic aucune tumeur, clic-
V« 5
j^r Liure Quatrième
y fentoir neantmoins de la douleur quand il y auoit changement de temps,
principalement quand l'air ccoic froid ^ humide, Ob/.^o.Cem.l.
M G
OBSERVATION XXXVI î.
Sur le mèmefiiïeB.
EN Kjoy.on me bailla à traiter vu Enfant de Monfieur Nicolas de Watten-
ville Seigneur de Vuillars prcs de Morat,aiiquel,vn foc Barbier ccancfaoul,
auoit tellement étendu le bras gauche , à caulc de ie ne fçay quelle enflure qu'il
auoit au poignet, qu'il furuint vne très grande douleur aucc inflammation en
tous le brasil'apofteme s'êtant rompue en deux lieux vers le poignet àc le mé-
tacarpe , i'entrçpris la cure laquelle i'acheuay en vn mois, fans qu'il foit; rcftc
aucun empêchement au bras en prefencc de Monfieur Michel Doringius Do-
deur Médecin <Sc d'Emanuel Vrtilius maître aux kïis-.Obfemation f^o.Centur.i.
OBSERVATION XXXVIII.
Sur le même fuîeB.
LE9.Nôuembre 1609. i'ay veu vne fille auec Monfieur André Vueickius D.
Médecin qui me fut amenée deGrandfon à Paycrne: elle s'ccoic vn peu cn-
torsles pics en fautant de dclFus vne haye llir terre laquelle écoic sèche : y étant
furucnu douleur & inflammation , on s'addrcflaà vn Ch-ulatan qui étendit fi
fort les pies &: les tourna décote &d'autre,que ladouleur èc l'inflammation
ayants augmenté, il y furuint vn abfcés & des vlcercs finueux ( d'oii il fortoit
quantité de fcroficés) en diuers lieux autour des ioinrurcs des pics : \\ douleur
ctoit fi grande <3c fi poignante dans les iointures qu'à pêne pouuoit'-elle re-
muer les piés,encor moins marcher.
Il faut donc que le Chirurgien foit bien aduisé en f.mblablcs cas , principa-
lement il doit regarder de prés s'il y a dillocation ou non, car s'il n y en a point,
ï quoy bon faire extcnfion ? Sinon que l'on vueille mettre le malade en danger:
que s'il y en a,il faut promptemcnt faire rcdudIon:fi le Chirurgien n'a pas été
demandé dés le commencement, 5c qu'il y ait dcja enflure en In partie aucc in-
flammation , il faut ordonner vne fiçon de viure fobre & purger le corps des
mauuaifes humeurs,faigncr s'il y a ncccfiitc &: qu'iln'y ait point d'empécherr^ét,
mettant des repercuflifs fur la partie , iufqu'a ce que la viokncc de l'inflamma-
tion foit vn ppu appaiséc , alors il faut cflàycr de faire l'opération , mais allant
«louQement en befognc,&:c.0^yêr«.9o.Cr«/.z.
LIVRE
LIVRE CINQVIEME
CONTENANT
DES OPERATIONS DE
C H I R V R G 1 E.
OBSERVATION PREMIERE.
De l'oHuerture des wnes lugulaires.
L y a peu de Mcdccins, que ic (a.he , qui approuucnt
l'ouLienuic de ces vênes, ce qui a fait dire à Leonaid
Borallus qu'elle n'a iamais cré en vfage ou qu'on la
abandonné cnticicmenr, & Pierre de Maifanccdîr que
quoy qu'il aie atteior les ço.anSjqu'il ne les a iamais oo-
ucrc , ni ouy dire qu'aucun les air ouuert , peut erre à
caufcde ce paifagc de Galion ou ilJic que les vénes iu-
gulairesA les arreres rarotides ne doiucnr pas erre cou-
pées à WQi non plus que les nerfs,car l'anima] peiiinir inronrinenr par vnc dc-
mcrusée perte de f.mg : mais il faut remarquer que Galicn ne parle pas îcy de
l'ouuerrure de ces vç.v,cs qui fe fait au fuieéi Je quelque maladie . mais de 1 en-
tière r(.<5tion d icellesjcaiTon intention eit de faire voir q-.-ela voix ne (c fait pas
par le moyen de ces vênes ou artères mai^ <^cs neifs : ie 'ic-us donc auec Horace
Augcnius , que plusieurs appréhendent mal à propos de toucher à ces vency^
parce que quand la feâ:ion eft bien faite ic n'ay pas remarque qu'il en foit ia-
mais arriuc aucun mal,au contraire c'eft vn excellent rtmede es inflammations
des yeux,des membranes du cerueau & autres incommodités du cerucau:mais
Augcnius aducrtic à boq droit que cette fcdion doit être faite à propos,car elle
344 Liure Cinquième
ne relllTira pas fi le corps n'a cftc aupbranatu dcdhargc des mauuaîles humeurs,
car le lang ôc les humeurs mcMitcront en haut du teftc du corps à caufe de la
ligature 5c de la fcétionlefqucllcs ont la vertu d'attireral faut donc, s'il y avne
grande pléthore, après auoir purge, ouurir premièrement la vêne du bras , puis
la iugulairc, par ce moyen on vuide le fang c|ui cft amafsc autour da membra»
ncs du cerueau des yeux & du gofier: Oèf.i^.Ccm.V.
L'ouuerturc de ces vcnes ell dangereufe & doit être faite par va Chirurgien
entendu : Au traité des brûlures chap.i^.
OBSERVATION II.
De l'application de la pierre caujli^ue.
]E vous cnuoyc quelques vncs de mes pierres cauftiques , il y en a de grandes
ti\: de petites, defquellcs vous pourrcs vous feruir fclon la nature du (uic(5t,ar-
fauoir félon que la peau fera ou dure ou molle : ie les y lailïc cinq ou fix,voitc
^quelquefois douze heures : mais il faut bien prendre garde qu'il ne fe face vue
cfcharre trop grande ôc profonde , car non feulement cela donne de la fachetic
èc delà douleur, mais mêmes la fontanelle ne feic quafi de rien , parce que les
vêncs capillaires font rongées par lefquelles la nature vuide les mauuaifes hu-
meurs.'quclquefois auflî les parties ncrueufcs font offcncces par le cauftic s'il a
fait vne profonde efcharrc, ce qui fait vue grande &c continuelle douleur auec
«i'autres fâcheux accidents : que s'il elle a rongé quelque vêne ou artere,il peut
furuenir vne grande 6<: dangereufe perte defang,comme il ariiua il y a quel-
ques années à vn Gentilhomme de Laufanne , auquel vn Aporhiquaire ayant
appliqué vn cauftic au bras gauche Se ayant ôté l'efcharie qui êtoit grande Sc
profonde, ilarriua rnefort grande &: dangereufe hsmorrhagie , carilauoit
ronge la vcne cephalique: Se quoy que iefulfe promptement accouru pour le
fccourir , fi eft ce qu'il auoit dêia perdu des Hures entières de fing,car il fortoir
auec vncfigraade impetuofitéque chacun auoit pcur& l'Apothiquaire même:
mais ayant mis deiTus de ma poudre à arrêter le fang mêlée auec vn blanc
d*ccuf,mife fur da ctoupcs,rhachnorrhagie fut arrêtée & l'vlcere fe ferma peu à
peu : vous voyés par la comme il faut être circonfped en l'application de la
pierre cauftique prenant garde qu elle ne s'élargilfe trop en fondant , ce que
vouscmpcchercsparle moyen de l'inftrumcnt que ic vous enuoyay il y a deux
mhOkfyi.Centfir./^'
OBSER-
des Opérations de Chirurgie. 545
LÎ'l'ti z:
OBSERVATION III.
D* THAlheureux fuccés de C application éCvne pierre CMtjiùpie
au bras.
IL y a trois ou quatre ans que ie fus demande pour aller voir au Bourg de
Moyrcm François Proft âge d'cnuiron foixance ans, quictoic trauaiilcdc
fort longtemps d'vnc grande doulcu: de teftc : après les remèdes gencraur
i'appliquay aufli le Seton & le Cautère potentiel : mais deux ou trois iours
après l'application du Cautère , il fe fit peu à peu vne Tumeur œdcmatcufc
au bras, laquelle accrut infenfiblemcntjde forte que tout le bras enfla des l'é-
paule iufqu'au bout des doigts comme les iambes dVn hydropique : ic fus
donc derechef appelé , & de crainte que cette humidité fuperflue n'étouffa
la chaleur naturelle , ie le fcaiifîay : il en fortit beaucoup d'eau claire & com-
me Icxiuc , fcmblable à celle qui iort des Vlceres des hydropiques : ic ne dis
mot des remèdes dcfquels ie me fuis ferui pour diflîper cet humeur & pour
•empêcher la gangrené pour cuirer prolixité : par ce moyen le bras dcfenfla
jentierement , mais la tumeur reuint douze iours après qui fut derechef diflî-
péc parles mêmes remèdes qiioy que feulement en partie , ce qui l'obligea
de s'addrellèrà pluficurs habiles Médecins, qui furent tous de cêtâuisquc cet
accident proucnoir pour auoir mis le Cautère fur vn nerf, difants qu'iccluy
ayant été rongé & coupé,reau en foitoit ne plus ne moins qu'elle fait d'va
farmen: taillé : mais ceux qui font verses en l'Anatomie trouueront cette
raifonbien féble, car les nerfs ont vne fitisation trop profonde pour pon-
uoir être attrapés par le Cautère : en après il auoitcté applique non fur le
tendon du mulcle Dcltoide, mais bien plus haut: trois mois après le bras étant
venu auffi gros que la iambe d'vn hydropique , il mourut d'vne fiéure len-
te , il n'y auoit pourtant point de gangrené ni rien de liuidc » comme auâi
point de douleur linon vne pefanteur : mais pour dire la vérité, fi ce n'auoit
pas été vn homme qui approchoit les 70. ans , i'aurois cru que le Cautère au-
roit écé caufe de cet accident , mais quand la nature commence à décliner, ii
faut payer le tribut d'vnc façon ou d'vn xnKiz'.Lettre AiMmirc Çlanàç Lbapm^
pbfcrHation 75. Cent. ÎV.
34^ Liurc Cinquiéiîîc
OBSERVATION IV.
Comme il faut faire le Seion À froid.
1
N'Y ayant aucune Opciarion en tonte la Chirurgie qui cflîaye plus vn ma-
lade que le Cautère adacljduqucl fc font fcruis les Chirurgiens iufqucs à
prcfentpour faire le Sttoujic me fuis crudicàxrouuer quelque façon plus com-
mode. Voici celle de laquelle ic me fuis ferui heureufement en plulîeurs per-
fonnes de toute forte de condinon,à Cologne jLaufannc , Paycrne & ailleurs:
ayant fufïifam ment préparé le malade tant par bonne façon de yiure que par
purgations & faigncc , lî la maladie le requiert & l'âge le permer,ie tiens ces
Tenailles toutes prcftcs , figure première de la table IX.
Aueciccllesi'empoîgnc la peau f ayant auparauant place le malade fur vn
bas (îfge & fait vne ligne auec de l'encre en longueur da col précisément au
milieujfic deux points fur les endroits qu'il faut perccr)laquelleic tire auec les
doigts pour la fcparerd'auec lesmufclcSjentre la féconde & troificme,ou entre
la troificme & quatrième vertèbres du col, ie les fais tenir ferme par vn feruî-
teur,en forte que les points marques répondent aux trous des Tenailles , Tigurt:
féconde de U table IX.
Puis ie me mets dcuant le malade , mes pics prés des iiens,fai(ant appuyer fâ.
Tefle fur mon ventre, afin que ie la puilfc tenir ferme:& prenant les Tenailles
auec la main gauche , ie fjis palfer auec la droitte vn petit couteau d'argent,
froid, ( en lieu de fer chaud ) pointue trcnchant des deux côtés, fcmbhble à
!a Lancette de laquelle on ouurc les vénfs , à trauers la peau que i'ay empoi-
gné auec les Tenailles j incontinent après i'y mets vne aiguille qui tire après-
foy vn cordon rond de foyc blanche ou rouge , de telle grolfcur qu'il remplilîè
l'ouuer'rurc, de quatre paumes de longueur, afin qu'il puilïè faire le tour du col
& décendre fur la poitrine , Voici la figure du cauteau »?c de l'aiguille , Figure
trois. de la table IX*
Cela «tant fait ic mets au premier appareil vn linge double trempe en vn
blanc d'œuf bien bntu , carilappaifc la douleur & arrerc le fang s'il coule:
au fecondji'y mets le digcftih luiunnr. 2/i. Terebinth.lotA in aqua béton, ^ij. cera
rJ0)i£^ G.gumrni elem,^\.oI.rofac.& am)gd. d.an.l (5. difjoluatur gummi cum oleis,
adâitis terebinth.& centf vngu.addendo vitellum outy croci 9 6, le m'en /ers iu^-
ques au fixicmc iour , au bout defqueU ie commence à tirer peu à peu le cor-
don de droitte à gauche, ou de gauche à droitte , Iufqucs à ce que l'endroit qui
«toit mouillé de fan2e,foit hors de la playe afin de k pouuoir nettoyer, l'y mets .
ûpicj^
des Opérations de Chirurgie. 34 ;
aptes vnc feuille de lierre enuclopce d'vn linge délie d.ux fois le iour, L*s rete-
nant auec de bonnes bandcs,continuant ainfi iufqu'a ce tjue le malade le vucïlk
laiilèr fermer , ôtanc le cordon & mettant dcllus du Cttatum IHixnicinum oa
Diapalma.
Mais comme on pourra trouuer à redire à cette inuention, ie veux faire voie
par raifons qu'elle eft bonne ( après auoii auparauant montré h v-crtu du fer
chaud) en après fi elle cft conucnablc à nôtre dclFcin: La première, qualité d'i-
ccluy cft la dcficcatiue, qui vient de la chaleur &c séchcrellc que le feu com-
munique au fer, & la féconde, qui dépend de cette premiere,e{t la corrobora-
non de la partie qu'il touche , l'humidité fuperflue étant coniumée par le fer
chaud ; car comme le trop d'humidité ramollit , relâche, engourdit & rend les
parties mai propres à faire leurs fondliotis , ainfi vne fecherelïè médiocre peut
f:«ire le cont'rairc : voyons maiatenant Ci ces qualités conuiennent à nôtre in-
rention : puis que l'on met le Setonlur vne partie faine pourdcriucr Se détour-
ner quelque humeur,il n'y a point de neceflitéde la dcfecher, car fii'ymctsic
Scton pour y attirer les humeur de quelque partie affligée , non feulement il
ne faut pas la defcchcr,au contraire il la faut humecter , car c'eft vne chofe af-
furéc que les choies sèches n'attirent point fi elles ne font humeâ:ces aupaïa-
uant:en outrc,comme laséchrrcfîè âcciientairc de nos corps reiîèrte & com-
prime les parties , auifi l'humidité les rend foibles 3c propres ï reÇeuoir : l'au-
crc vtilité du fer chaud , eft qu'il fortifie la pai tic fiir laquelle on l'af'plique,
or cette corroboratioii cft mal Conuenablc à la partie fur laquelle nous vou-
lons attirer les humaurs , car ayant été fortifiée par le fer chaud , tant s'en faut
qu'elle les y puillc attirer , qu'au contraire elle rcnuoyera ce qui y décendoit.
Il faut recueillir de la qu'en toutes defiuxions i catharres, débilité de veuc 5C
des parties de la face, il ne faut ni desécher ni fortifier le lieu ou on veut faire le
Sccoii ou le Cautère, alfauoîr la nuque & les bras, mais au contraire qu'il fauc
fortifier la partie fcble & affcblir celle fur laquelle on Teut faire décendre les
humeurs : or le Seton fait à ma mode ne fait rien de fcmblablc , car il ne desé-
chc pointjveu qu'il n'y a point de chaleur : & ne fortifie point, au contraire il
aftcblit la partie ciifaifant diuifionde continuité : enfin ie nef^aurois approu-
uer l<rfer chaud à caufe de la frayeur qu'il donne au malade : ce grand Méde-
cin Renier Solcnandcr cft auflt de mon auis : car ie vous prie, combien de
perfonncs deuiennent malades feulement d'imagination & tombent cd Heure»
défaillance, epilepfic, apoplexie, &c. de forte qu'il s'en trouucra pluficurs qui
aimeront mieux aller à la guerre que d'endurer le fer chaud» or icy il n'y a p.u
plus de douleur qu'en la faignécfinon lors que la digeftion fe fait,mais qu'cft-
#e cela auprès delà douleur que fait le fer chaud ? Obf.^o,CefU*\.
Xz t
348 Liurc Cinquième
OBSERVATION V.
Du moyen d'ouHrîr vn Seton fermé,
1E vous diray par auancc qu'il cft impofliblf aouuiir les olaycs du Seton fer-
mées & retirées, à caufe que la peau a ctc rongée,rmon en l'empoignant de-
rechef auec les tenailles &: la perçant aiiec l'aiguille , mais quand le Seton eft
^nt fois cicatrise 3c dcuenuCallcus,de forte qu'il ne vuide plus rié,la façon cô-
mune cft de ronger cette calloluc aucc le cordon oint de quelque onguent
corrofif : mais ayant remarque que par ce moyen on ne ronge pas tant la peau
que le fond du trou &: qti'ainfi le Seton cft de nul vfagcji'ay inuenic cet inltru-
ment duquel la figure eft reprcfentée ci delfus , par le moyen d'iccluy i'ay fou-
ucnt retarde la confolidation du Seton pour quelques années : c'cft vn tuyaa
«i'argcnt de trois pouces de longueur , vn peu couib.-, afia qu'il fe puilK; mieux
aiufter aucol <Scdc la grofteur du Scton:il cft ouueit en dedans .3c finit vn peu en
pointc,il y a vn petit trou en chaque bout par lefquels ie fais pallt-r vn filet dou-
ble ou triple lequel eft dedans ce tuyau comme la moliellc dans l'os: le hlet qui
eft deiUins eft gros , mais en chaque bout il eft délié pour pouuoir palFc): par les
trousjcomme on le verra en la figure : Q^^nd donc on veut renouujiler le Sc-
ion,il faut diftbudre vnpeu démon caufticauec quelques gouttes d'eau de pla-
tin ou de rofes en forme de linimcnt , & que ce filet qui eft dans le tuyau,
comme la moLicUc en l'oSjen foit imbu : en après il faut attacher la fiftule au
Setonjmais en telle forte que l'endroit du tuyau qui eft ouuert regarde en de-
dans , alïàuoir vers l'cchinc : mais la partie fermce,ou le dos , doit regarder la.
peau:le cauftic étant aiafi mis , ce qui cft au dclFus du Seton fe rongera fans que
la peau foitoff-ncce : il f^ut lailler cet inftrument auec le cauftic fix ou huic.
heures iufqu'à ce que l'efcharc foit faite , Se en le retirant il faut faire palîèr le
cordon de foye oùlt de digeftif tant que l'efcare vienne à tôber , le renouuelanc
toufiours iulqu'ace qu'elle foitbas;maîs de peur que cet inftrument ne forte de
fa place , il faut attacher le filer fous le menton , que fi(comme il m'eft arriuc
quelquefois yl'efchare nefe trouuepas afscs profonde du premier coup,ilfaac
y remettre du C2L\Jiii\ç:Obf.i^i.Cent.\.Vo)e\^l(îFig.4f.Table IX.
5»-
I
OBSERVATION VJ.
D*vn infirument propre à entretenir vn Seton cuuert.
E vous écriuis dernièrement comment il faut ouurir vn Seton qui «'eft bou-
ché , mainten^tiç vous vc^x décider ie moyen de l'entretenir cnfon état.
des Opérations de Chirurgie. 34»
comme ic l'ay expérimente en Madr.mc Marie à Didpajh femme de NobL Si.'
muclWnJcrlichScigncnr de Voib, à lauuellc itfis viiScîonà la Nuque en l'an
iéi8. lequel elle poica quckj^u^s années Ôi en reçue beaucoup.' d^- bjnchce, mais
croyant être guérie, elle le laillafcrmcr àlaperfuafion de queLjacs imperti-
nents, ôc le ficouutir derechef au mois de Février en 16^5. or l'Auromnc pafic
étant venu à fe cicatrifer & ne coulant plus comme de coutume , elle fe trouua
bien en pcnc, car quoy qa elle mit deilus va Onguent vn peu acre pour empê-
cher la cicatrice , file n'auança ri..n ; outre qu'elle n'ofoit pas me venir trou-
ucr à Berne à caufe de la peltt:mais au mois de Mars 162.9. ^^'^ ^^ "* i^i"^ trouucr,-
& après les préparations neceilaires ie le renounelay aucc l'indramenr décrie
ci-delîlis : or étant en pcnc comme ie pojriois d'or' en là empêcher la copfo-
lidation, i'ay inuentc cet Inftrument que i'ay fait moy-méme>qui luy fert i
merueilleSjCar il empêche au moins a vn côcc qu'il ne fe referme vers l'cchine,
il attire les humeurs Ôc fortifie de iour en iour la peau : C'efl vn bacon de bois
de lierre, qui n'cft pas long mais large, vn peu coarbc,:ifin qu'ils fe puiilc àiafter
au Col, fa longueur eft leprelentceci-dellous : la partie fuperieure qui regarde
la peau marquée A A que i'appele IcDos , efllarge6«: vn peu ronde, cgUc
qui luy cftôposce marquée B B cft faite en pointe comme vn couteau : le Dos
donc qui tft large &c à demi rond n'otfcnfe point la peau , mais le dedans qui
cft trenchant coupe peu à peu la peau ôc fait l'vlcerc plus profond , ayant mis
du filet à chaque bout, il le faut faire entrer dans l'vlcerc en lieu du Cordon,
liant le filet bien ferre fous le menton de peur qu'il ne forte hors de fa place : on
le pourra renouueler tous les moisj or iele fais de bois de lierre plutôt que d'vn
autre , car il a vne vertu particulière d'attirer l:-s humcurs,commc iz l'expéri-
mente tous les iours es fontanelles, mettant en li:u de pois , des boutons de ce
bois faits au tour qui font très commodes , car ils attirent puilîàmment & peu-
ucntferuir vu mois tout entier. ObfernAt ^.Ceatttr. i..
OBSERVATION Vil.
Qtie le Selon en /a Nn^ue eji plus propre aux enfants ^ne. le Camere.
AYant remarque que l'on fait en la nuque des enfants des -fontanelles plu-
tôt que le Scton, principalement en la première & féconde vertèbre , ce
qui leur donne beaucoup d'incommodité, i'ay voulu donner mon^duislà dcf-
fus: or les Praticiens ont accoutu-mc de les ordonner aux enfants plutôt que le
Seton,.croyants qu'elles font plus commodes & qu'elles font moins de mal:
^ais moy au contraire ie fais plus <l'état du Scton, premièrement parce que
les enfants étants plus adtifs & remuants, le p^is vient à fortir aisément hors de
Jl f.ontancUc, ce qui cft caufe qu'elle fe ferme aisément, de forte qu'il cft bic»
.• /
ffo Liurc Ciaquicmc
mal-aîscicîcstcnîrouucftciaount de temps qu'il faut, .lînfi elles ne fontpas
pas l'cHèc que l'on en attend: or pour cuitcr ces» deux incommodités, il cft ne*
cefTairc de lier ccroitcmeiu le col ; il Faut auflî y tcwir vn linge double pour ar-
récerle pois afin que l'vlcere fc face profond, cars-'ilne pa(îc paslap^au, il ne
purgera pas beaucoup ; mais cette ligature caufe vn plus grxnd mal , veu que
les os des enfants , principalement le crâne, Cànz tendres &c cartilagineux: s'il
eftiinfi ferré par la ligature, il ne pourra non plus croître en largeur que ces
courges que les femmes lient au milieu pour eu faire des bouteilles, mais il croî-
tra en hauteur , ainh la réte perdra la proportion 5c rondeur deuenanc longue:
mais ce qui ell le plasdâgcreux,efclecranc étant ainfi comprimc,les ventricules
du cerueaa font aulîi rcllcrrcs, ainlî les efpiits n'ctanrs pas bien p«reparésjla tcte
s'aifoibiit «S: l'enfant dénient fuictaux déflations : que s'il dcuicat grand , f ce
qui ariiue rarement J il fera d'vn efprit pefant i iinon que de bonne heure
on quitte cette ligature & que l'on remette le crâne en fa première fo:m: : ainfi
îe crois que le cautère ne fert de rien aux «nfanrs & qu'il les rend chagrins } Le
cerucau/^qui eft vne partie trcsh.i.mide^ étant ainfi comprimé les humerjisfj-
perflues font obligées comir.e par force d'en fortir, <!s: n'ayants pas le temps de
cerchcrle conduit nature!, elles dccendent tantôt fur les dents, tantôt far l'efto-
mach> tantôt fur les poulmons ÔC ailleurs ; ce que ne pouuant arriuer (ans dou-
leur, les enfants en dcuienaent d'autant plus chagrins, que la d-fluxion tombe
furies parties nerueufe^ : 6r la douleur que fait noire Seton ell fort légère,
comme i'ay dit ci dellus, & plus (upportablc n'étant pas eu vn lieu profond,&:
cft plus vtile attirant d'auantagc les humeurs fuperfluci du cerueaa fur les emun-
^oires du col, Olfferu. 41. Cemur. i.
l'en ay vea vn exemple remarquable l'an lijoS. à Soleurre en vn enfant Pa-
rifien, fîlsdeMonfieur Baduel: il croit fort fuictaux defluxions à caufe d'vnc
intempérie humide du ccrueau : par le c0nf.1l des Médecins de Paris onluy
auoit fait vne fontanelle à la nuque auant que l'enuoyer àSoleurre, il auoitlors
XI. ans , & fut recommandé à la faueur de Noble N. Walier Gouuerneur de
Neuf Chatel qui le mit entre les mais de Me. Daniel Schcrtler Apothicaire,qui
eut charge de luy faire obferucr le régime qui luy auoi: été prcfciit ^ de luy
donner les médicaments qui auoyent été ordonnés par les Médecins : ilobfer-
ua le tout ponduellemcnt mais en vain, car la defluxicn importunoit tous les
iours d'auafttage ce gardon , tombant tantôt fur les yeux, tantôt fur les oreilles
auec douleur i^ tintement, tantôt fur les de»ts ; elle tomboit aulfi quelqurfois
jfur le «^oficr, fur les poulmens & rcftomach,dcuertam enroué, auec toux , nau-
sée, vomilfement&c. Enfin il dcuenoit fi foiblequ'àpcncpouuoit-il marcher:
ayant été ainfi trauaillc quelques annccs,le fufdit Monfieur Vuallier voulut auoir
monâuis, auquel ic reprefentay que tous ces accidents venoyent du Cautère,
que fi en Ueu d'iceluy C lequel il faloit fermer j on ne faifoit vn Seton , ç'ctoit
àk de ce garçon > il voulut que ic couchalTe mon âuis par écrit pour l'ennoycr ■
à Monfieur
des Opérations de Chiiurgic. J5 j
à MonHeut Baduel» ce que ic luy tccordzy Se fepr<rcnr;iy que cazt iiganirc
quîcntouroit la rccc,attîroic continuellement les humeurs d'en bas au Ccrueau
ôc changcoit la figure du ccrueau , qui doi: erre ronde, en vne longue & corn-
primoic les ventricules d'iccluy, qu'en lieu d'iceluy il faloit faire vn Seron : ce
qu'ayant crc communiqué aux Médecins de Pa-is, ils approuuercnt mon opi-
nion,& fur leur refponcc ic fis inconrincnt le Scrcn, lequel rclifîjt fi bien qu'on
le vie amender à vcucd'œil, & fut remis en peu de mois auec admiration de
chacun, car il fembloic tout renouuclé S<.c. Obferu. 4. Cent, é.,
OBSERVATION V II I.
D\n fragTntnt de '•lierre tiré As L-i chuir-,
MOnficur Nicolas KiilcbergerConfcil-kr à Berne me dcmanvfa rouftil fur
vn Tubercule dur & qui Icmbloit être vn peu khirreux, qu'il aucir :.\
métacarpe de la main droite vers le commencement da doigt indice , qui ctoit
tant foit peu plus gros qu'vnc feve:m'ctant diligemment informé Je la caufe
du mal » il me dit qu'il y auoit demi an qu'étant en débauche oé voulant don-
ner vn fouflct à celui ^ui ctoit proche de liiy,il cairi vn vcrre^Jk fe fit vne lc<^crc
blefliirc,&^ voyant quels fingforroitabondammétjil trempa la main cndel'ean
chaude, laiifant iortir quelques onces de (angqui couloit comme fi la vcpe
auoit êtc ouuerte auec la lancette, ce qu'il fità caufe que le Printemps appro-
choit&: qu'il crut aucir bcfoin del.iignec : qu'en après ayant mis du coron
delTus & bande le doigt , il ne s'en mit plus en peine , la playe s'cftant fermée
trois iours après : mais que ce tubcrcuJc ctoit rcftc qui ne luy faifoit aucune
douleur > finon qu'il prcilà le doigt ou qu'il heurta contre quelque chofe de
dur : ie ne puis coHclurrc de là antre chofe finon queç'cftoît vn fchirre ordi-
naire venant de quelque matière vifcidc qui s'ctoit endurcie après la ^u.-rjfon
de la playe qui n'auoit pas afscs fuppurctic mis donc dcfTus l'Emplârre de Cicuc
qui fait àt^ merucilles ci tumeurs dures & fcKirreufcs : mais quelques iOurs
après y c'tant furuenu, premièrement de la dcmangcaifon <Si puis vne douleur
poignante vers le tubercule, il me vint derechef trouuer le 10. de ce mois ; le
trouuay la peau vlcerce auec vne pointe de verre qui fortok va peu en dehors:
ie ie tire dehors fans pcnc auec des pincettes duquel voici la grandeur & forme
figur. 5. de U table 9.
Ayant mondific l'vlcerc , il fut confolidé en peu de iours : «aisilya de*
quoy s'étonner comme cette piccc de verre fort pointue a peu demeurer Ç\ \on^~
tcmsôc fans bailler plus d'incommodité en vne partie fi ncrueufe& fifenfiblc:
aeas voyons biea tous les iours que de# bâles de plomb dcmqprent pluficars.
35^ Liure Cinquième
années (.'.ans le corps fans douleur ni incommoditc, miis il ncncft pasainfi di
fc;r,(iii bois,des fr.igruents d'os • cfpines de poilfons Sec. qui ne peuucnc pas de-
meurer dans le corps fans cauler de grands accidérs;vnc bâle de plôba été crou'
uéecouucttc de matière grauclcufc en laveflieau bout de trente ans, au rapport
de Mr.PaulOifred.iMedccin,Bar:hclcmi Maggius en fon liure des Playcsd'Ar-
qucbufc dit qucle plomb nefc corrompt point étant retenu dans le corps, car
l'en ay veu,dit-il,qL:i y a croupi trcnc'- ans ians faire aucune douleur an malade,
quoy qu'il changea rous les iours de place , par-ce qu'il eu Conoiz d infenfible-
mcnt qu'àpcne le rem.arquoit'-on; il déccncîoir enfin iur quelque partie en la-
q.uclle il cauioit inflammation & abfcés » lequel étant ouuerc , il fortoit facilc-
micnt : Et moy ie connoisvnGencil-homme deFribourg , quia porté pins
de 40. ans> fans grande incommodité, vne bâle au talon : on voit par là
qu'Alphonfc Fcrrius au traite des Arqucbufades chap. 5. à raifon de dire après
Anerrocs que le plomb à quelque relîcmblance aucc la chair de l'homme,
mais à fon àuis , elle vient plutôt d'vne qualité occulte que dVne mani^
lie.
En 1625. Ican laques Biunct Patrice de nernejs'cftanc mis en colère parmi le
vin 5c ayanc cafsc vn verre de la paume de la main , il en deir^eura çà t5c là quel-
ques pièces en la chair, qui ayants été méprisées par le Chirurgien &C les
Icurcs de ces petites blelfurcs s'ctants reiointes , il y furuinc premicremcnc
Yue violente douleur »Sc puis inflammation, mêmes dcsiiéfaillances : ayant été
«icmandc le 19 Nouembrc, ie trouuay le bras fort enflé iufqu'à l'épaule & prin-
cipalement la main : cette nuit là ie l'oignis auec de l'huylc rofat, après ic mis
le Cataplarme fuiuant chaud ^. far.fabar.horâei ^ Infinor. ain ^|. putu. yâÀ.
^Ith. fl^r. eamom. meUlot. Yofar. çy béton an. 5 iycroct 9 j. co<jne cnm UEle recen-
tçr emhlSlo ai formam catap/ajmaiis , aâde fub finem butyr. rec.^]. vitellos,
axor.numer. ij. deux heures après fouper ie luy fis prendre la potion fuiuante,
2l,. mecon. 9 j. cov.f. jiU^rm. 5 6./>r. de pomisdr ac^ha cinnamom. fine vino ai'
Jlill. an. 5 >|. a(j. bn^loj]'. cj.f. Il rcpofa afsés bien certe nuit là& recouura v«
peu de (es forces , à caule dequoy ie le purgeay doucement le lendemain &
rrois iours après ie luy ouuris la véne au bras oppoiite : ic dilaray les petites
bleflurM auec des fort petites tentes au com.mencemcns trempées en onguent
Jigcllif , en après ieles dilatay auec des tentes vn peu plus grofles«S«: ayant \'nis
vn mondifîcatif de Mercure préparé , ie tiray quelques pièces de Terre: la Cure
fat diâicilc, mais neantmoins l'en vins à bout écc*
%^efjfonce du DoSenr Gre^orius Horfims,
Quant au cas de votre Patrice > auquel vn morceau de vcrrea demeure cache 1
«juelques
des Opérations de Chirurgie. 3jj
quelque temps au métacarpe fans faire douleur, finon aie le doigt fut prefsé ou
qu'il heurta contre quelque chofe de d'.ir , il y a âparencc que' ce fragmcut de
verre êtoit couueit de quelque humeur mucilagincuie, qui cil ordinairement
autour de ces parties rcudincufes & qu'elles ont accoutume de tirer de la
.malle du iang comme leur étant famiiitrc ^ laquelle matieic étant dcueuuc
fànieufe parpourriture, a cpgcndrérabrcés dans lequel ce verre a peu croupir
long- temps ians faire de la douleur,linon lors qu'il piquoit ces parties fcnfïblcs
quand on faifoitcomprcfiion.
Mais cette Hiftoirc eft remarquable dVne baie de plomb qui a demeure
pluficurs années en la vefl^e, comme vous le recités après MonlieurOfiredi: or
il n'eft pas étrange qu'on les puilfc porter long-tems fans incommodité, comme
l'expérience le confirme: Nous remarquons neantmoius le plus fouuent qu'il fe
fait vn abfccs qui eft caule qu'ils lortcnt hors du corps,comrnc ie l'ay remarque
l'aniéiz. en vnieune Gentil-homme étudiant à Gielîèn,qui ayantétc blefsc de
nuit d'vn coup de Piftolctau m.ufcle Pecioral , la bâlc p:.(Ià de la cauitc de la
Poitrine au bras gauche fous le- Deltoïde, ou s'étant fiut vn îiblcés quelques
fcmaincs après , nousy trouuâmes contre nôtre efpcrance^ cette baie; maisil
y a bien plus à admirer qu'elle ait peu demeurer cachée dans la vc(î]c,de laquel-
le les Playcs font mortelles lelon Hippo:rate 6. aph^ i8. mais Vcfal alFure que
lesPlayesdela velîie font trcs-aisccs à gucrir après Villcrus au Commentaire
fur i;ét Aphorilmc , fi elles font en la partie antérieure proche du col , car
là elle eft couucrre du Péritoine ou comme cftime Fallopius , parce que la
Tunique intérieure eft charnue : Kentmannus anlTi en Ton Hiftoirc de Calculis
raconte d'vn certain qui eut la veAietranTprcée par vne baie de cuiure , ÔC
neantm.oius fut guéri : il eft donc vray lêmblablc que la blcifurea aufli ctc
faite cn'cette partie charnue &c qu aiufi la Nature à peu refondre plus facile-
ment cette folution de continuité : mais on peut douter fi le piomb a cett-c
familiarité auec la Nature comme cftim?nt Ferrius & Parc,veu que celui-ci au
liure iCy. ch. 3.dit qu'il a vne malig!iequalitc& contraire à nôtre nature , lors
qu'il improuue les vailfcaux à diftillcr faits de plomb: Qise C\ ce que dit Ama-
tusPortugaisCcnt. i. cuvât. 69. eft véritable, d'vn garçon de huic ans qui ren-
dit au bout de hait ans auec les excréments vn letton de cuiure vsc en vn bout
& confumé en partie par la chaleur naturelle : fi c'cft véritable ce que ditZa-
charias à Puteo in CUui medica. que de l'or a été ramolli en peu de temps au
gofierd'vne Poule & prclque digère, fans parler des Poules de Vendlcrusqui
êtoycnt dorées en dedans,comme raconte Scnncrtus en fon liure de la conftitu-
tion de la Chymie , il s'enluit de là que le plomb a bien moins de conuenance
que les autres métaux auec le corps de l'homme, veu qu'il y demeure caché
fans y receuoir aucune altération : Dirons nous point qu'il fait cela par fa pro-
priété naturelle, maismaniftfte, comme vne lame de plomb appliquée en de-
hors empêche la fluxion des humeurs, ©upar la même propriété que la poudre
5Î4 Lîure Quatrième
d'iccluy préparée comme enfcigne Augenius Tom. i.Epift.Ub. M, Epijî. C,
laquelle purifie nettoyé & confolidc lei viceres malins , que de même les boti-
iccs de plomb demeurent en nôtre corps fans bailler aucune incommodité en
tempérant la chaleur naturelle & qu'ainliil attire moins les drfluxionsquc les
autres chofes qui font retenues en nollic cor^ s ? &cc. Obferuation 78, Cen*
tnrU 6.
OBSER VATION IX.
ly'^ijig mmiere facile de tirer les baies À' Ar^uebufe,
DAns ce calamiteux état de ma Patrie , ayant à traiter beaucoup de playcs
d'Arquebufades & m'ctant bien fQuucnt trouucen pcne pour tirer les ba-
ies, quoy que i'ayc tous les Inftruments necclFaires pour cet éfet , neantmoins
k ne les ay pas trouuc commodes à ma fantafie , car la baie, fi elle n'eft en la
furface du corps,ou arrêtée entre les osi ne peut être arrachée qu'auec grande
pcne & douleurj car il faut cbrgirla plnye auec'deS'Tenaillei,ou aucc Tindru-
mtnt d'Alphons: que fi on veut faire entrer le Tircfond en la bâie , ( comme
font maintenant lei chirurgiens J ne tournera t'-eile pas enmcmetempsî Ce
qui m'a ob.igé d'inucntcr vnc autre manie ic laquelle m'a très bien rcuiîi , car
i'ay trouuc depuis peu vninftrumcnt aueclcqueiie tire la bâle très aisément &
fauà fiire prt (que au june douleur .• I'ay voulu vous en faire part fans âîoutec
aucune iurtrudiion/^achant que vô^re âdreiTc vousfcia comprendre fculcincnc
à le voir eomm-. il s'en faut feruir &.c.
Qroy que Us bâlcsc^e plomb puiflcnt demeurer plufieurs années en quel-
que partie fans faire dotilcui ou donner quelque incommodité, le Chirur-
gical neantmoins eft obligé délirer hois d'vne playctout ce qui y eft contre
nature, car corn n^c Içaucat les apprcntif^jtandis qu'il y aura la^moindre paille
ouefqiiille dosjla pla) . (eia incurable: qi'c s'il arriuequ'vnc baie demeure au
corps, lagueiilou fera longue SiC difliciic,parcc que la chair fe forme mal-aisé-
ment à l'cntour : que fitlic eft cntiéc en quelque partie ncrueufe & qu'elle
prelfe quelque nerf, tendon ou membrane , e!L- fera de grandes douleurs,
inquiétude , Heure, rcuerie, inflammation & autres accidents : que fi c'eft
tn quelque région pics du ventre, il tft à craindre que par fucccflion de
temps elle ne tombe dans 1a caiiitc d'iccluy S<. n'y face quelque nouucllc mala-
die, car elle change fouuent de place à caufe de fa pcfantcur : que fi elle cit
proche de quelque véne ou artère, il faut âprehcndcr vnc ha^morrhagic : fi
tlieelt demeurée fous quelque vaiiîèau & qu'elle y foiccouuetce de quelque
fubftancc
des Opérations de chirurgie. 555
fubdance callciifc elle pourra en le prcfTanr , empêcher le libre paflàge du fang
& dci<rrprits& aind caufcrextenuanon& même la perte d'vn membre : Le
Chirurgien donc au premier âparcil doit diligemment fonder la Playc ( fi Vhxr
morrhagie ne l'empcche^aucc le doigt ouaucc vne clprouucrce ôc tirer tout ce
qu'il trouuera'de corps étranger : il y a plus de fcuretc de le faire auec les
doigts, que s'il n'en peut pas venir à bout, il fe fcruira de quelque crochet pro-
pre , ou du bec de Corbin ou de Cicogne ou de Canard félon la neceflîtc , on
en trouuera les figures chcsMaggius,Fcrreus& Parc : que fîlabâlccft en vn
lieu profond , il eft mal aise de l'attraper auec des Pincettes , car non feule-
ment elles bouchent l'orifice & conduit de la playe , mais en Ls dilatant on
prellc & déchire les nerfs, tendons, membranes îk la chair , d'où furuient vnc
grande douleur & autres accidents, mais nôtre inftrumtnt n'en fait prcfquc
point, car pour étroite que foit la playe, il peut être porté fans vne grande
contrainte iufqu'à la bâle , mais le Chirurgien en doit auoir trois auec leurs
Cannules dentelées & pcrço{rs,a(Iau-vnegr3ndc,vne petite & vne médiocre fé-
lon la groiîcur o j petitcffe de la bâic: le plus petit doit être de la giolfeur d'vnc
plume de Cigne, & le plus grand de la grolfcur du doigt indice , & l'autre en-
tredeux, vo^és les figures 6. 7. & 8. delà table 9«
A mArtjue vne Cannule d'argêt ou de cuiurc bien polie de la lôgueur d'vn pié
ou à peu prés:ii la faut premièrement oindre d'huylc rofat puis la mettre dans
la playe doucement , tant que fon bout B vienne à enclorre la baie autant qu'il
fera poflTible : & pour en venir plus aisément à bout,cette Carnule doit sucir
quelque proportion auec la playe & la bâle , car fi la playe ell petite , l'inftiu-
ment doit élire de même : fi tôt donc que la première Cannule aura atteint
labâle, il faut incontinent mettre l'autre marquée C dans la première & U
faire aller iufqu'à la bâle , laquelle doit être vn peu plus longue que rautte,afiii
que fon extrémité palïc l'autre: elle doit être dentelée ou a f..ÇQn de fi^i.- au
bout, mais les pointes des dents doiuent aller de droite à gauchc & étic fort
aiguës pour entier plusai.-ément dans la bâle , car par ce moyen elles empê-
chent que la bâle ne tourne auec le perçoir , veuquela Cannule &: le Tiiefond
ont deux mouucments contraires , les pointes des dents de la Cannule allants
de gauche à droiue, & la pointe duTirefond de droite à gauche ; c fin il
faut mettre le Tircfond marqué E dans la féconde Cannule iufqu'à la bâle,
qni doit aufli être plus long que les deux Cannules: ''<iO''jès U jifure j .àeÏA
Table IX.
Apies donc que le Chirurgien aura mis les deux Cannules en la playe auec le
Tircfond,il tiendra flnme auec le pouce Se l'indice gauche les deux Cannules,&
les poulfera iufqu'à la baie h auant que le malade le pourra foufiïir,afin de la faire
tenir fermc:en après il tournera le Tirefond 'pue<: le pouce iSi l'indice dt la main
'droite 6c le fera entrer peu à peu dâ*. la bale:fi tôt qu'il remarquera qu'elle eft fuf-
fis.âmcntâtachéc,il tirera douv.cméc6clcTii.cfond,<Sc les i.cannules eniéolc auec
Yy l
35« Liure Cinquième
la bâlc, comme on le voit en la dernicrc figure: cette Opération cft très aisée 5^
ne fait aucune douleur,pouvneu que le Chirurgien ait de l'addrelfe & de l'expé-
rience Se que les pointes de la Cannule &c du Tircfond^ foycnt bien aiguës &c
faites de bon ackifig. 8. tahie 9.
A c'eft la première Cannule qui eft en dehors bien vnic 5c polie par
tout.
B la féconde Cannule dentelée au bout qui tient la baie.
G le Tircfond auquel cfl attachée la bâle.
Oéferu.^î.Cem.i.
OBSERVATION X.
D'vne émotion àt Cerneau Ue^uelle ayant été négligée au commencemtnt >
a été caiife de grands accidents.
V
N fils de Noble Bernard de Hazuelt Seigneur de Bildcnberg âge de dix ans
, tomba de haut , il vomit incontinent C<t rendit du fang par le nés !^ par
les oreilles , mais il ne perdit ni parole, ni fentiment^ mouucment : or com-
me on ne voyoit en dehors ni playe ni meurtrilîure S>i qu'il n'y auoit point de
ficvre, le mal fut néglige àc on ne fe Icruit d'aucun remède quoy qu'il eut vnc
perpétuelle douleur de telle: cinq ou fix mois aptes le col s'aftoiblit de forte
qu'il ne pouuoit en aucune façon tenir la tété droite , finon à l'aide d'vn
colier de peau garni d: coron : 11 dcuint après Afthmatique & les ligaments
de la dixième , onzième & douzième vertèbres du dos ayant été relâchées il
dcuiiitbolfu : Il auoit auflTi de la pêne à remuer la cuilfe droite , il auoit des
A:htromcs fous les clauiculcs à chaque côré du Sternum : ayant été ainfi
traujillcl'efpace de deux ans «Jii les accidents augmentans tôufiours , les parents
Icm-^ncrent à Cologne vers le Dodeur Hcnti Botterus premier Médecin du
Lanrgraue de HelUn, qui après auoir employé pluficurs remèdes , luy r'alfef-
mirlc C0I& luy fit rcucnircn partie la voix &c la parole : Il luy vint Câpres
vnc Tumeur vcis Foi cille gauche entre les véncs iugulaires & la Trachée
A'tcrc, quipru a peufccoauerrit en vn fort grand Abicés : ie fus demande
quand il fut qiîeiiiondcl'ouurir & quand il falut faire ce qui cftoit de la Chi-
ïu.o'it : k premier , lecond S<. troificme iour il vuida plus de fix liures
de matière , &: des lors il en fortoit tous les iours en afsés grande quantité:
cette vacuation! diminua la douleur dercfcc Se tous les autres accidents , mais
les forces diminuoyent de iour en iour : le vingt huiriéme Mars il furnint
vn nouueau Catharre qui fc verfant fur les Poulmons Se l'crtomach,
caufoic Toux , Nausée Se vomiiremçnt : \z collé gauche fut auflî
pctclus
des Opérations de Chirurgie. yj
perclus auec quelques accès d'epilepfie , & rvlccrc du col dcuint entièrement
icc.'ilmourutle 6.AuTili55)}.Ayantcccouucitaprcs(a more on tiouua lo. En
CCS rumeurs qui ctoyenc fous les clauicults vue afscs bonne qnancicé de pus
fimblable à delà bouillie qui auoit carie les codes & le ftcrnum.zo. La velîle
du fiel forr grande 5c le boyau duodénum tout farci débile 50. Le foye fchir-
rcux & obftruc 4°- Le poulmon ctoic tout rempli d'humeurs pituiteufes &
gluantes,5o. Plufieurs pierrettes de matière gypscc enfermées en vne vcfiic qui
écoit proche le cœur jà l'endroit ou l'Artcre Aorte fort du cœur, derqucllcs IV-
ne ctoit plus giollc qu'vne noix , or elles ctoyent attachées non feulement à
l'artère Aorte &c à Ces rameaux, mais aufllà la trachée & au nerf récurrent , ce
qui ctoit caufe qu'il auoit perdu en partie la vois ôc la parole , ($0. On trouua
dans le cerneau vne pierre de (cmblable matière enfermée en vne membrane,
vers la partie pofterieure de la Tefte fous la future lambdoidc entre la dure &
pie mere,&: tellement attachée à celle la qu'on ne la put arracher que par for-
ce,70.Il y auoit dans les deux antérieurs ventricules du cerueau & cehiy du mi-
Iieu,pafsc deux liures d'eau claire, 80. Vn vlccre au col qui paruenoit iufques à
la trachée arttre vers l'os bafilaire& le trou des vertèbres par lequel entre la
mouelle de l'cchine : de forte que l'on pouuoit comprendre que cette matière
qui fortoitpar l'vlcere venoit & de la poitrine Ôc de la tcfte, mais comme le
paifagc étoit étroit , il ne fortoit que le plus fubtil,la partie terreftre s'ctant en-
durcie en ^knc. OhfX I .Centur.u
OBSERVATION XI.
De quel^Hes émotions du Cerueau ^ui ont été guéries^
L'Emotion du Cerueau eft à bon droit mife au rang içs maladies aïgues:
mais elle peut être guérie, fi on employé des le commencement des remè-
des propres comme on en trouue des exemples en quelques Authcurs , àc ceux
ci en font foy.
L'Ecuyer de Monfieur Herft Gouuerncur de Lunfdorff ayant été frapé en la
partie droite delà tefte tomba par terre, il perdit incontinent la parole rendant
du fang par le né àc par les oreilles,auec vomiilèment ; ayant été porté en vne
hôtellerie , Cofme Slotanus premier Chirurgien du Prince de luliers le guerîc
aucc les remèdes conuenables , de forte que la parole !k le iugcment luy rcuint
en pcudeiours.
Herman Kikup Veneur de Monfieur de Verbrach en Hamd, tomba de dcf-
fus vn arbre fur la terre qui étoit gelée,inconîiiicnt il vomie 61: rc tîdit du fuig
par le ne, par les oreilles & par la bouche aucc pçrte de la parole C?c demeura
Yy 3
5^8 Liure Cinquième
comn':. apoplediqiîc Tans fentimcnr ni mouuemcnt auec grande ficurc : ayant
cce demande ie rafay les cheiiciix &C oignis la Tcftc auec huylc rofac & de myr-
tilles , i'ouuiis la vcne du bias , luy donnay des lauemcncs acres & me fcruis
de plulicurs aucL'es icrhcdes : il fut enfin remis auec admiracion d'vn cha-
cun.
l'ay traite vn gardon d'vn ébranlement de Cerueau auec Maître lean Griffon.
Apres auoir applique plufieurs remèdes fur la Tcfte,il s'clcuavne grollc tumeur
fous l'oreille, laqut-lle ayant été ouucrtc il en fortit vne grande quantité de pus
& defang caillc,aprcs qiioy il fut remis. OhfXII. Cent.i.
OBSERVATION XII.
D'vne Emotion de Cerneau & des accidents quelle a apporté.
VNe ieuneDame de Payernc en 1598. reçut vn coup de pierre au fourcil
droitila peau fut entamée iufqu'à ros,mais il n'y eue ni fid'ure de Crâne, ni
fi'aâ;ure ni cnfonccure, car à pêne fut- il découueri : Or le Cerueau fut telle-
ment ébranlé qu'elle vint a tomber par terre comme à demi morte auec vo-
ailïcmentde la viande à demi digcréc:elle tomba entre les mains d'vn Empiri-
quc,qui lans auoir cgard à l'cmotion du Cerueau ne penfa qu'a confolider la
playc qui fut bien toit guérie, quoy qu'il eut vne continuelle douleur de Tcfte
au côté droit : au bout de deux mois le nerf optique droit fut tellement bou-
ché qu'il perdit la veuc de cet œil , fans qu'il parut aucune tâ-hc en la prunelle
& autour de la cornée : il croit aulH fouucnr tiauaillé de vertiges 5c pat fois de
conuuliîons epileptiques: ayant vécuenuiron huit mois en ce miferable ctat,la
douleur de Tcfte augmenta & il furuint des conaalfions d: bras accompa-
gnées de douleurs violentes principalement lors que l'air étoit fioid 6c humi-
de, de forte qu'il cft attaché aulict des deux ans : le tcmpi feia voit quelle en
fera l'ilKie.
Le i- Décembre K^o^.cctte même Dame eut des conuulfions au bras gauche
auec de grandes douleurs qui ont duré quelques iours : ayant été demandé,
i'oignis le bras & la nuque auec les huyles fuiuantes» l/L. 01. lîihric.vu!pini,ltlior.
an.'^ii.oLThilof&terebinth.an.l(^.pingued.huTnan. §t. m. le luy mis autour <.'u
poignet vne ceinture faite de cuir d'homme:ces lemcdes arrêtèrent ksconuul-
iions : mais cependant que iela traitois,clle me dit qu'elle fentoit à diuerfes fois
vne certaine puanteur qui venoit du Cerueau mais feulement par iuteruallcs, <3i
quoy qu'elle ne l'iniforrutia pas beaucoup , neantmoins clic luy donnoit vne
cfpeccdc défaillance. Obf.IXtCent.^'
OBSER-
des Opérations de Chirurgict y]9
OBSERVATION XIII.
D'vne ff'Ande émotion de Ceruean tjnia causé la mort pen
d'heures après.
MOnjfîcur îean Breuuer s'ccant cgayc après midi auec quelques DoâieS
ieuncs hommes le i.Auiil 16 I. &: mcmc ayant iouc aux quilles auec eux,
fc retira chez foy fur les fix h u.cs du loir pour louper , ôc comme il montoic
les degrés fans lumierc,il tomba la Telle dcuanr fur le pauc,dont le Cerucau fac
fi fort ébranle qu'il rendit incontinent du lang par la bouche , par le né & par
les oreilles auec pcite de laparolcior felô le dire d'Hippocrate, le Cerueau auoit
été ébrâléjcar ceux,dit il,à quilc Cerueau a été ébranle par quelque càufejil faut
de neceflicé qu'ils perdent inconcinét la paiole:or il ne faut pas s'étonner qu'el-
le ait été fi grande en ce pcrfonnagc , car comme dit Galien au Commentaire,
tant plus vne chofe eft vuide , tant plus aifemcnt eft-ellc offensée & rompue,or
fijr le déclin de la Lune le Cerueau eft fort vuide,ourrc qu'il étoit d'vne côftitu-
tion scche:on voit aullî par la qu'il n'y auoit point devin , comme quelques
malicieux ont voulu faire croire, car ceux qui font yurès rarement font offen-
sés d'vne chute, à caufe de l'humidité & que leur corps ^S^ le Cerueau font
pleins: ayant été dcmandé,ie trouuay cet homme comme apople(5tiq'.ie,car Ga-
lien dit que ceux à qui le C erueauactc cbranlcjfonr fans fentiment ^ mouuc-
ment comme les apopleftiques: le fang foitoit abondamment par la bouchc,lc
né & les oreilles, principalement par la gauche : ayant rasé les chcueux' ie ne
trouuay ni playe ni contufion en laTefte : après l'auoir oint auec les huyles
conucnables ôc mis vn cataplâme , ayant fait aulîi des diuerfions par de fortes
ligatures des bras & des ïambes , & le malade ayant vomi beaucoup de lang
(qui y étoit décendu par rccfophague)^' quelque peu de viande indigefte,reue-
nant comme d'vn profond fommeil,il parla aux aflîftants &reconnur,ceux qui
.ccoycnt autour de luy : il demeura cnuiron d^ ux heures en cet état, priant Dieu
fans cclfc : mais le fang étant ému à caufe de l'ouuerture des vênes Se des artè-
res du Cerueau,& forrant toufioursabondammenr,il perdit derechef ht parole,
le fcns & la connoiffancc & mourut fur les deux heures de la nuit, au grand re-
gret de tous les dodes,ôcc. Ohfy .Ccm.^.
360 Liure Cinquième
OBSERVATON XIV.
D' vue grande émotion de Cerneau qui a étéfuiuîe de perte de '•oeu'é.
EN luillet i5zi. le fils dVn Payfan Nie. Blcuucr dcBictzimildurelTbrt de
Solcurre, âgcd'enuiron Sans craiit combe à rciTc de delFus vn arbrc,& s'c-
tanc blefsc à la tcre en trois endroits, ou les futures droite & la lambdoide fc
rcnconcrcnt,rans aucune ofFencc du Cranc , rendit incontinent la viandeindi-
gefte & perdit la parole auec la connoilîance , de forte qu'il fut porte comme
mortenla maifon defon Perc, ou il demeura quelques iours en cet état auec
vn continuel vomilîèment de ce qu'il mangeoit : on fait venir vn Barbier de
Biel, lequel ne regardant qu'aux blclîures <!k: laiffant en arrière les remèdes ge»
neraux , il les cicacrifa en trois femaines : les fymptomes furent grands des le
commencement , comme la ficure, nausée, vomilîèment , mais s'etants arrêtés
quelques iours après & le malade étant reuenuàfoy , on tiouua qu'il auoit en-
tièrement perdu la veu'ê, ce qui obligea Ton Perc à me l'amener le iS.Aouft : on
ne pouuoit découurir aucun mal aux yeux , à caufe dcquoy ie fis entendre à fon
Perc que le mal étoit dans les nerfs optiques, qui auoycnt été bouchés de quel-
que matière gluante à caufe de la grande agitation du Cerueau &: des humeurs
quiy étoyentûe luy confeillay qu'après qu'il auroit été bien purgé, de faire ap-
pliquer des Ventoufes & vn Seton en la nuque : il s'en alla chez loy pour auoir
le confentement de fa femme &c de Ces amis , mais ie ne fçay s'il me reuiendra
trouuer : quoy que, pour dire la vérité, ie n'efpcre pas qu'il puilfe recouurer la
veu'c > eftimant que la matière qui croit mobile au com.mencement ^ qu'il fa-
loic auoir détourné en ce temps la , cft maintenant tellement prifc (5c attachée
qu'on ne la fçauroit tirer de fa place.
Il y a deux ans qu'vn laquay de Noble lean Isqucs à Diesbach Confciller à
Berne , feruant fon maître à table, vint à tomber fortuitement par terre &
donna de la tcte fur le paué, il rendit incontinent la viande indïgcfte & fut por-
té fur le li^ ayant perdu la parole & la connoilï^ince : ayant éré dcmandéjie ra-
fay promptementles chcueux , après les auoir lauéauparauant .lucc vne dcco-
élion de betoine &de faugcrtour à l'inftvint i'oignis la tcte au^ c huyle rofat,pnis
mis vn cataplâme de farine d'orge,poudredebcroinc,rofcs& camomille cniics
en eau de betoine , il reçeut vnfuppoluoirc & fut laigné au bias : le troifiémc
iour étant pafsé ie fis vn fachct de fleurs de camomiile, meHlot,fawùuc,primula,
verisy betoine y fauge, origan^ tua arihritica , /emence dams & fenouil^ lequel étant
cuit en eau , ie le mcttois deux fois le iour fur la tcte l'y lailïànt l'efpace d'vni
quart d'hcurc-.il fut bien toft remis à l'aide de ces remèdes.
T »
des Opérations de Chirurgie. 56 1
L'aa 1582.IC fils d'Henri Holc tomba du dernier ctagc fur le paué>& s'cbranla
tellement le Cerueau que le vomiirement fuiuit à l'inftant auec des autres man-
uais accidents.Slotanus ôi moy ayants c'tc demandés,nous ra(ames les cheueux,
mais nous ncdccouurimes aucuue firadturc.-ayants mis dcflljs ce que l'Art com-
mande, il. fut bien tôt remis:on voit par la qu'il fc fait de grandes commotions
de Cerueau fans que le Crâne Toit oftcncc, car la Tête de l homme étant ronde
& fphaîriqnejclle eft moins fuictte aux iniurcsque les autres parties, &c. Oiff,
VIlLCentr,
OBSERVATION XV.
D'vne Emotion de CerneAU cfui s'efl terminée en pantide.
VN Payfan robufte & de bonne conftitutiô âge de ij.ans,ctant chargcde vin
le 2. Non. 1615.ÔC faifantàonze heures de la nuit quelque infolencedeuant
la maifoii de Mr.Frirching,il l'obligea à en fortir & à luy faire donner vn coip
de bâton, lequel il rcçcuc fur le fynciput droit: il tomba incontinent par terre
& vomit la viande route crue, rendant du fang par la bouche , par le ne d< par
les oreilles, & perdant aafli tofl: la parole auec la connoiirance: on demanda in-
continent M* lean laques Hiipfchcr Chirurgien lequel ne trouuant aucune
blc{Iùre,ne voulut faire autre chofc cette nuit la que trauailler à la confterna-
-tion de rcfprit qu'il croyoit être vue fyncope : ayant été demandé le lendemain,
ie luy ordonnay vue façon de viure for rfobre & fis reçeuoir vn laucment vu
peu acre,iefis rafer les cheueux de toute la Tefte, incifant le finciputiufques au
Crâne à caufe de la tumeur que faifoit le fang amafsc & de la'meurtiiirurc
qu'auoitfait le coup de bâton , étant en délibération d'y appliquer le trépan ic
lendemain:le fang caille étant forti , i'oignis toute la Tefte auec huyle rofat &
mis le cataplamc fuiuant chîiud.'^.Far.hordeiliii.pHlH./kmmit.heton.rofar aa.lS,
eoijue cum decoElobetonic. cr parnmacen rofad formam catapl. addefHbfinemol.
roJac.lÇs>vitellosouor.num»\uK^xçs rauoirmis,i'ouuiisvne vêneaubras droit 3c
cntirayprefque vue liure de fang,car il y auoitvne grande pléthore : les acci-
dents commençants à diminuer après ces remèdes &c la nuit fuiaante ayant été
plus paifible, ierenuoyay l'ouucrture du Crâne à vn autre temps &: voulus at-
tendre le mouucment de la nature , veu qu'on a en horreur cette opération ea
nos quartiers: i'oignis ncantmoins la Tcflc deux fois le iour auec la même huyic
& mis fur la blellure vn digcftif ex cera noua ,gummi elemiiterebintbinay euo r#-
fac. croco & oui vitello ciirnfiLîmemis , d<. mis par dclFus le précèdent cataplamc
chaud : mais cependant que ic débandois laplaye& que ie la traitois ( de peut
que l'air ne porta du prcitidicc> ie mis félon ma coutume le fachet fuiuant fac
5^t Liure Cinquième
la Telle chaudement, y*. Rad.angel.iaryophilllrid.florem.an. l B. herhar, & ûor.
beton.primHLverisJhlnttc^rofar.odorrfer.an.m.i fioY.camom. mellîot.an, m Cs.fefn.fœ -
nugr.anifi& cQYiand.pr<i.par*iîian»l&,iricidanîur (^ cotundantHr omnia ^rojfo modo.
Ayant ainfi pioccdc i5c donnant tous les iours vn laucmcntiufques au quinfic-
me, le pus commença à parctre le troilicmc iour de la maladie en abondance
ôc les fymptomes à diminuer tous les iours , mais il fc plaignit d'vne douleur
fous l'oreille droite, à l'endroit ou les vcncs iugulaircs palFcnt pour aller au
Cerueau.'qu'arriuat'il ? Etant luruenu vne fièvre fymptomacique, comme il fe
faitcscxpullîons critiques , il fe forma vn abfccs fous l'oreille , lequel s'ctant
rompu en peu de iours , il ftit remis entièrement de cette vio'entc émotion du
Cerueau: mais que ne doit on actcndrc de !a ieuneGfe Ôc d'vne nature robufl:e,(i
le Médecin luy prête Cccoms^Oèf.X.Cent.V.
OBSERVATION XVI.
10^ vne Emotion de. Cerueau jui a causé la mort ^uelquts
mois après le coup.
ON met à bon droit l'émotion du Cerneau entre les maladies aiguës quoy
-ju'vllc puilfe dcuenii Chronique: L'an i(jzi.au mois de lanuier , François
Muller Bourgeois de Berne âge de 4o.ans , homme robufte , deccndant de nuit
par vne rue couuertedeglacejtombafur le dos& heurta contre le pauc du der-
rière de la Tcfte : ayant été mené en fa maifon^il vomit la viande indigefte àc
rendit du (ang par les oreilles oc vn peu après il furuint quelques vns des acci-
dents qui ont accoutume de {uiurc l'émotion du Cerueau : & quoy qu'en ce
temps la ic fulïè détenu d'vne gricue maladie , on ne lallfa pas de me demander
conîlihieUiy fis rafer lescheucux,oindre la Telle auec des huyles conuenablcs,
appliv^uci" des cataplafmes,ck>nner des laucments &ordonnay les remèdes qui
font necelïaircs en vne émotion de Cerucnu > Icfquels furent approuucs par le
Douleur R.CX qui fut demandé après moy : mais quoy que le malade & les aflS^
fiants eudent choifi qu-lques vns de ceux qui ctoyent le plus à leur fantafic
comme lalaignécs le fuppoliroii'e & les inonâ:ions & laifsc les autres , il fut
neantmoins 11 bien remis au bout de 14. ou 15. iours qu'il alla to*js \cs iours par
ville iulqu'au 2 ^.Auril, auquel iour il commença à fe plaindre d'vne pefanteur
de T^-flc $c d'vne douleur cachée auec des tournoyemcnts, &. continuant cncor
à méprilct les remèdes «cceiraires , trois iours après il fut attaqué de conuul-
llonsepilcptiqucs qui le trauaillerent fi rudement & fans difcontinuation l'ef-
pacc de i4.hcLircs, qu'il ne rcconnoiffoit plus nifcsamisni-Ccux delamaifoiir
des Opérations de Chirurgie. $$5
il fut aufll faifi incontinent de ficvre très ardente aiiec rêverie Se fut emporté
auant le quatrième iour de la maladicn'l cft vray fcmbJable qu'après la chute , il
s'ctoit verse quelque matière fur le derrière de la Tefte qui y auoit croupi à
caufe du froicl,dcs le mois de lanuicr iufqucs en.Aurilfans offcnfcr le Cerucau,
mais à l'arriucc du printemps le malade s'c'tantfouuent expose au Soleil, cet-
T I te matière s'ctoit échauffée Se rendue acrcjce qui fît inflammation au Cerueau:
,1 1 i'ay au(fi remarque en des aurrcs qu'il s'cft amafsc quelque matière contre na-
ture autour des membranes du Cerucau qui y i croupi quelque temps fans
porter du ^ïdadicf.Oèf.XI.CentHrX^'
OBSERVATION X VIL
D'i-one cmcujfion dn Cerneau auec plaj^ en la Tefte.
L'Ail lôûQ. au zi. Odobre la femme deMonfieur Pierre Quey Marchand à
Vcuay fur le Lac de Geneue , faifanr pefcr vue malle de fer, le Valet lailïà
tonner par mégarde vn des poids fur la Tefte qui donna ou finciput droit : elle
tomba incontinent à terre comme morte Ôc rendit la viande toute crue &: du
fang par labouche,le ncs& les orcilicSjnon feulement ce iour la mais aufli les
fuiuants auec perte de la parole : après qu'on l'eut mis fur le lidt , chacun crue
qu'elle ctoit aux extrémités: neantmoins fon mari voulut que i'y miflè la main:
fes domeftics mirent pour le premier appareil vn blanc d'œuf bâtu auec de
l'argille de forge fur la playe pour arrêter le fang : étant arriuc le fécond iour
de Laufanne & ayant rasé les cheaeux , ie dêcouuris vne fort grande playe fur
le bregma droit qui alloic iufques au Crâne en longueur fur la future droiteje-
quel pourtant n'étoit ni rompu nienfonccielle auoit fièvre , douleur par toute
la tcfte^aucc veilles , inquiétude & défriillances: fî tôt qu'elle auoit pris quelque
bouillon, elle ie rcndoit incontinente il y auoit encordes autres lignes par lef-
quels on pouuoit connoîcre que le Cerueau auoit été bien ébranlée qu'il y
auoit du fang cxtiauasé qui étoit amafsc autour des membranes d'iceluy : i'a-
ucrtis ceux qui étoycnt autour qu'il étoit nccelHiire d'ouurir le Crâne afin que
le Cerueau put fe déchargerais tuouuerent ma raifon bonne , mais neantmoins
ils voulurent que ie fille elfay de tous les autres remèdes auant que de venir à
celui bjqui leur fembloit iî dangereux, premièrement parce qu'elle étoit en-
ceinte bien auant & fuicttc à des douleurs de tefte dés quelques années, (^ou-
tre qu'elle s'ctoit trouuée foiblc tout le temps de fa guodclTè J 1°. Parce
qu'il faloit faire vne nouuelle incifîon à côté de la playe pour la dilater
vers le mufcle temporal afin que l'on put faire commodément l'ouuer-
Z z a
5^4 Liure Cinquième
turc du Crâne : i'y confentis afin que rien ne me fut imputc,tcnatlt neant-
rrîoins prc{lmon ncpan & roiit ce qui ctoit ncccifaire pour l'opaation : afin
que h ie voyois qucle mal all.i en empirant ic niv fiuillc de ce dernier remède:
car ie me fouucnois qu'autre fois ic m'ctois ferai hcureulcmcnc l'onzième
iour du rrepan aucc Mjicre lean Grifl-on : le mis donc fur l'os du charpis fcc
& fur ia playe le digeftif fuiuanr. ^. Terebinth. lot£ In aj. béton. & faluix. ^i.
pI. rôfac. & ol. 'nojîri de béton, an. |/. ol. de ''■ôitell. ouor. ^i. gHmmi elc?m dijjoluti
eum di^is oleis & per col. 5 B. croci d'i. 'mellos ouor. mtmer, 11. m. f. vr^gu. Il
faut après couuriile tout auec vngucntum bafilicum : i'oignis toute la Tcftc
auec les huyhs fuiuantcs. 5^. Ol.nojiri de beton.\i, ol. rofac. l'ii. m. le luy doii-
nay vn lauementdous le même iour fur le foir, parce que le ventre ctoit relïcr-
rc,n'efant pas luy en donner vn fort , à caufe de la grolkllè èc que le fruit etoit
déia ébranlcjvcu qu die auoit Aqs trenchces:aprcs qu'elle l'eut rendu,ie luy ou-
uris vne vêne au bras droit &: tiray cnuiron quatre onces de faiig pour faire re-
Huliton , car i'ctois oblige d'y aller auec pi udence tant à railon de la grolfelïè
que de l'abondance du fang quictoitfortipar la playe: i'auois pourtant délibè-
re de luy ouurir quelques iours après vne des iugulaires au côte droit,commc
ie I'auois pratique auec fucccs en vne fille de Laufanne qui auoit le Cerueau
ébranlc:ic changcay ncantmoins d'auis au fuiet du mouuemcnt de la natureimais
comme elle n'auoit point repose à caufe de la douleur des le commencement
du mal , ie luy baillay de ux heures après fouper quatre grains de laudanum qui
la tirent dormir afsts bic n cette nuit là:k- iour fuiuât ie mis derechef fur l'os, (et
qu'il faut faire iufqu'accqn'il foitcouuertdechairjdu charpyfec & du digeftif
précèdent lur la playf jl'oignanr toute auec les mêmes huyles : &c tandis que ie la
pençois ie couuroii toute la Tefte auec le fachet fuiuant chaud : i^.&c.Le fai-
iant cuire en vin toiigfjil défend laTcfte de l'iniure de l'air, fortifie le Cerueau
CJ: diirout <3c incik* le iang caille, le failant en partie exhaler à trauers les pores
eu ^uir,en pareil le rendant propre pourforrii par les palîàges naturelsiie m'en
fers oïdinaircment aux playcs&: contulions de la Tefte , mais après auoir em-
ployé les rcmcdcs généraux : après qu'il le fut ferui de cqs remèdes & obferué
vue bonne façon de viurc, ayant reçu de deux iours l'vn vn lauement,la fièvre
& l.s^ucres accidents diminuèrent beaucoup, & la playe fe difpofoit à vne bon-
ne fuppurarion, de forte qu'an fcpticmc iour il n'y auoit plus ni douleur nific-
Yie : U f pcirme étant palst i'oignis toute la Tefte auec de la feule huylc de be-
toiiie &^ mi > lur la playe l'onguent fuiuant. Of. Terebimh. lot£ in at^./àluid §{?.
gunimi el e?ni dif'ol ,in oleo. béton. T^ii. pHlu.radic garyophtlUt£.rad.iridis/iriftol.rot,
m)Yrhjt,itkmis a^t.-jf'i.cHrnfcj.meUii rof.& vitello oui f.vngn. ^Hod flamentis impo- -
tiendnrn f/?.-Ic couuiois enfin le tout aucc empl. de betonica : Le cinquième iour
du m.-l elle commença à fentir vne douleur pcfantc derrière les oreilles & au
Coi iufqu'aux cpaulcSjOu fe fit vne fort giandc Ecchymofe par vn (îngulicr bc-
nifiçc de la nature, laquelle chairoit le f^ng cxtrauasc & caille qui auoit ctc
-^IDaûc.
A es Opérations de Chirurgie. j^5
imafsc autour des ircmbraiics du ccrucau par CCS emundoircs : & dcuant le
m
...elcauec du pus, le ii. 15. & 14. elle n'en rendit pas en' fi grande quantité mai?
feulement par interualLs : dés le 15. iufvu'au 50. & au delà elle rendit beaucoup
de matière purulente par le nés : aiufielle fut guérie heurcufement par vnc fin-
galieic grâce de Dieu , ôc porta Ton fruit à terme, ayant fait des gémeaux ea
cette couche qui font encor viuants en la prdfente année 1608. Objeruation 22,
Ccntur. 3.
OBSERVATION X V I II.
D'vn Garçon ^tti ejî âettenu Jîupide après vne enfonçeure du Crâne.
VN garçon de bonne vnaifon eut rcfprit fort vif iufqu'à l'âge de 10. ans,
de forte que les père & mère coKÇcurent efperance qu'il dcuiendroit vn
iour habile homme : mais ayant pafsc ks dix ans , fa mémoire commença pre-
mièrement peu à peu diminuer , en après le iugemcnr & à la fin il dcuint Ci
lourd qu'il fctrouuaetre incapable d'étudier & mcme d'apprendre quelque
Artmechanique, quoy qu'il eut incliuation& volonté : Ion frerc grand Phî-
lofophe 6c Médecin m'a dit à diucrfcs fois qu'il ne pouuoit rendre autre cauft
de cette ftupidiré qu'vne Dcpreiîion du Crâne qui auoit été enfoncé par vnc
chute vers la future lambdoiie , a l'âge de dix ans : mais comme il n*é-
toitfuruenu aucun accident coiifiderable , les parents n'en firent-point de cas
au commencement, ainfi le mal ayant été méprisée le Cranc s'étant endurci
peu à peu, cette depreflîon luy dura iufqu'a la fin de fa vie : le i'ay connu fami-
lièrement à l'âge de 5e. ans,&ay confidcré , même raté ccrre ctïfonçeureauec
les mains : Ou peut conoître par là l'abfurdité de l'Opir.'ion de Félix Vuirtz
qui dit qu'il ne faut pas beaucoup fe tiauailler pour les enfonçcuiesduCrane>
mais çfu'il faut tout remettre à la nature , croyant qu'il n'importe en rien fi la
Depri'flîon demeure : au contraire on voit qu'elles font dangercufes & aux en-
fants & aux grandes peifonnes , quoy qull ne furuiennc pas de grands accî-»
dents dés le commencement. Ohferti. xi. Cent. 3.
Za^ y.
r
^66 Liurc Cinquième
.,.it. <
OBSERVATION X IX.
D'vne enfonçeure du Crâne âcompagnée Ae grands accidents,
L'An i577.vn homme de 40^ ans à Noliis dans l'Eucché de Cologne ayant ccc
blcfsé d'vn boulet de fer qui pcfoit plus d'vne liurc &: demi au fïnciput
gauche auec grande fradurc & enfonçeure du Crâne , tomba par terre comme
morCi perdant exitierement la parole, la veiic& roiiycj il vint auffi Paralytique
en la partie oppodte: le Crâne ayant été rclcuc quelques iours après 6c remis en
(à place, la parole luy reuint & les autres {ymptoracss'arrctcrcnt peu à peu 6^ en
fia reuinc en fanté: Obfcru. 3. Cent. 2^
OBSERVATION XX.
Sur le mime fuiet.
PRefqueenmcmc temps audit Territoire, au Château dit Seillikum. vn iel^
ne homme de 14. ans tonibantde cheual donna fur lefommet de la telle &
fc fît vne légère enfonçeure au Crâne, mais n'étant fur uenu au commcncemcnl
quafî aucun accident &: la playe étant petite, on mcprila le mal, quelques iouri
après le malade ayant été fai/î de grands accidents : on demanda Maiftre lear
Dumgens , auec lequel i'exerçcis la Chirurgie , nous le trouuâmcs en ficvr(
auec douleur de telle, veilles «Se inquiétude, la playe ctoit enflammée, fî-
nueufe & pleine de pus auec enfonçeure du Crâne: la fièvre ayant augmenté pci
à peu auec la rcueric & étant venu Paralyfic en vn côtCj enfin il m.ourut. Obfer
l. Cent. 2.
OBSERVATION XXI.
Sur lemlmefmet.
EN Septembre ièo6. ie fus demande pour aller voir vn homme de 60. an
non loin dePayerne auquel l'os du front au côté gauche , à l'endroit ou le
chcueux commencent à fortir, auoit été enfonce bien auant par vn coup d
pierre : il tomba par terre à l'inftant, auec vomiircment & perte de parole, d
iugcmcnt, de la veuë 6c de l'oUye, étant venu Paralytique de tout le côté oppo
fitc ; ayant êtc demande huit iours après le coup ôc coniîderé la playe qui cto)
des Opérations de Chirurgie. 5S7
tfscs petitc,radiicrtis ceux qui ctoycnt auprès qu'il êcoicneccltiirc d'clargir la
playe 6c de releiier le Crâne , cfperant que par ce moyen le malade pourroit fe
remcccrc : car il êtoic encou afscs robuftc à piopoitiou de la grandeur du mal,
prenant les bouillons Se tout ce qu'on lay prcfentoic : mais ks parents & la
foule du monde qui ctoic àl'cnrour ayant méprise mon conieil , ie me rcti-
ray : il mourut peu de iouis après , qnoy qu'apparemment on l'auroir peu fau-
uer.
jidnenljfemem fur les Obferuattons précédentes.
Il appert par les Hiftoires précédentes , premièrement, qu'il efl: ncccllàîre de
remettre en fa place le Crâne enfoncé, z. que l'opinion de Félix Wirtz eft tres-
dangereufe qui tient qu'il ne fe faut pas mettre beaucoup en pcne de remer-
tre le Crâne enfoncé , mais qu'il faut tour remettre à la nature de qu'il n'im-
porte de rien Ci le Crâne demeure ainfi, veu que cela n'eiîipéche le mouuemcnc
du Ccrueau àcaufe du vuide & de la diftance qui cft entre la membrane 5c le
Crâne : mais ce bon homme fe trompe en ce lieu comme en plusieurs autres:
car ceux qui font tantfoir peu versés en l'Anaromic fçaucnt que ce vuide cft Ci
petit', que pour peu que le Crâne foit enfonce, le mouuement duCcrueaueft
empêché, principalement fi l'enfonçeure cft à 1'. ndroit dci futures aufquclles la
Dure mère eft attachée / ayants même remarque q^u'ellc ccoit entièrement atta-
chée au Crâne, Obfern. 3. Cent. 1.
OBSERVATION XXII.
De FEleuation dn^ Crâne , principalement en ceux <^ui font^
Auancés en âoe. •
ÎL faut fans dclny réduire en fi place le Crâne enfoncé , car premièrement il
empêche la génération de Tefptit animal & fa diftiibution , en après le Pe-
ricvane étant irrité par l'enfonçeure d iceluy, ilarrîuc de très-grandes douleurs
kfquellcs attirent des défluxions d'humeurs^ de fang fur la têcé & le Cerueau,
qui font inflammation es membranes du Cerueau,fuiuiedc fièvre & réuerie:car
fi on ne va pas tout à l'heure au deuant du mal & Ci on ne relcue pas le cranc
cnfonecjle remettant en fa place, c'eft fait du malade: Or les Chirurgiens fe fer-
uent pour releuer le Crâne d'vn Eleuatoire qui a deux ou trois pies : le ne fçay
quienaêtc le premier inuenteur: les figures font en Guy de Cauliac mis en lu-
mière par Laurent louberr: dans le Commentaire de Pierre Pauius fur le liurc
d'Hippocrate de FraSluris : dans Paré liu. 10. chap. 5. dans ïean André de la
Croix ôc Gautier Ryeff : mais ayant remarque qu'iceluy auoit quelque cho-
fe d'incominode ,. i'i» ay iiauentc vn qui cft plus propre duquel ie feray la
I
jtfg Liure Cinquième
defcription après auoir dit les incommodités de ccliiy-ià : i. il faut que la bafé
ou les pics de l'clcuatoire des Anciens foit mifcfur les bords de la playc ou prés
d'iccUe, mais chacun fçaic qu'es enuironsdc la playe il y a toujours inflamma-
tion, tumeur & douleur, partant ie ne puis pas comprendire comme on s'en
peut fcruir auec Ytilitc : 2. Ton application cft fort difficile, car ces foutiens
faits eu forme de Trepié empêchent que la vis ne puiflè bien être fichée au mi-
lieu: 3. fa façon & ftrudurc eft fort difficile & requiert va bon maiftrc , outre
qu'il n'y a point d'ouurier qui le fçache faire qu'il n'ait vn modelé deuant foy, la
reprefentation ne pouuant pas fuifirc: mais tout fcrrurier pour mal habile qu'il
foit en pourra facilement forger vnfurle portrait que i'enbailleray , d'auanta-
pc, l'âplication n'en eft pas point pcnible,'carrcleuaroire marque A doit être
détaché de toutes les autres parties iufqu'à ce qu'il foit fiché bien ferme dans Ic;
Crâne : Il peut aulîî s'accommoder à toutes les cnfonçcurcs du Ciane en quel-
qu endroit de la tefte qu'elles foyent fans faire aucune douLur , veu que cette,
partie de réleuatoire,quei'ap pelé le fouticn ou baze marqué D peut être pla-i
ce loin de la playe autant que l'on veut par le moyen de la partie courbe mar-
quée G : en après s'il y a douleur en vn endroit de la playe , il faut mettre le
fouticn en la partie oppofite: par exemple, pofonsle cas que i'aye à traiter vue
playc auec introceflîon du Crâne & tumeur au finciput droite vue douleur fi
f^rande qu'on n'y puilfe pas pofer l'cleuaroirc à trois pies , alors il faut mettre
le fouticn de nôtre eleuatoire marqué D ou au finciput oppofite, ou à la fu-
ture Lambdoide , ou vers le front là où les chcueux commencent, ou en quel-
qu'autrc partie de la Tefte ou il n'y ait point de douleur,commcon le peut voir
par la fig. i. de la table 10.
Explication des Charatlheres.
A marque l'Eleuatoircil tft fourchu au deifus afin que l'onC puiifc plus aisé-
ment tourner & ficher dans le Crâne.
B Le trou doit être de telle grandeur qu'il puilfe bailler pallàgc au Leuier ou
bafton.
C la pointe de l'Eleuatoire faite à vis que l'on fait entrer dans le Crâne, après y
auoir aupatauant fait vn petit trou auec vn perçoir: cette pointe doit être de
bon fer de peur qu'elle ne rompcen tournant l'inftrument.
D Vn foutien large &: vn peu enfonce à caufe de la rondeur de la tefte.
E Vne vis par le moyen de laquelle le fouticn peut étrehaufsé ou baifsé au grc
du Chirurgien & félon la necefllité.
F Le leuier oa bâton de l'clcuatoire qui doit auoir douze pouces de Ion
gueur. , ; ,
G Vn coude ou pli par le moyen duquel le fouticn marque D peut être adapte
à toutes les parties de la tefte & eft éloigné d'enuiron deux pouces de l'écrou
de
des Opérations de Chirurgie. 3^9
de lavis: or ce coude eftfait de telle forte que le Icuicr ne peut être ployé
qu'en bas & nullement en haut, autrement rinftrumentneferuiroit de rien:
on trouue des balances chcs les marchands qui fc ployent par le moyen de
ces brifementSjmais àreboursjaffauoir en haut.
Il faut maintenant parler de la manière de fc feruirde cctinftrumcnt: premiè-
rement fl la peau eft entière, comme ie l'ay vcu fort fouuent après auoir rase les
heucux , il la faut couper auec le Pericrane en croix & la dilater , regardant
bien foigneufcment en quel endroit Crâne eft plus enfonce > car c'eft là
^u'ilfaut pofer la vis marquée C, détachée de toutes les autres parties: mais
il ne faut pas mettre la vis de l'EIeuaroire au milieu de l'os enfoncé , comme
Font quelques Chirurgiens C Ci ce n'cft queparauenture l'os foit également en-
fonce de tous côtés , ce quiarriue rarement en ceux qui font auancés en âge J
mais à côte & à l'endroit où il eft le plus enfoncé comme nous auons dit:
Dr comme la vis ne fçauroit entrer dans le Crâne qu'auec vn grand effort , ôc
qu'il y a du danger qu'en l'introduilant dans le Crâne , qui eft dc-ja enfoncé, il
l'enfonce cncor d'auantage,il le faudra prem.iercment percer iufqu'àla fecoiîde
cable auec vnTirefons fort aiga,qui ait la pointe en triangle ou quadranglc,z/o) w
ta figure i. de la table lo.
Il faut tourner doucement & légèrement ce Tirefons,le prelfant contre le
I3rane en l'Opération, de p^^ur. que la partie d'iceluy,qui eft rompue, ne s'en-
fonce encor d'auancage , or il le trou qui aura été fait,cft feulement de la gran-
deur qu'il faut pour rcceuoir la pointe de la vis marquée C, c'eft afsés, car Ci
die eft bien aiguë, elle fc fera aisément partage : mais comme i'ay dit , lavis
doit être détachée de toutes Ces autres parties, la tournant doucement tant
qu'elle foit futHfamment fichée dans le Crâne, fe gardant bien touresfois de
percer la féconde table,que les Anatomiftes âpelent vitrée, de peur que quelque
rragment |.'ointu,comme il ariiue afsés fouuent,ne vienne à piquer i^ à L.ftenfer
dangereufementles membranes du Ccrueau : or en tournant la \ns, le Chirur-
gien doit tenir la main fiifpendue plutôt que de la preilcr en bas , fe donnant
garde tant qu'il eft poftible que le Crâne n'enfonce vers le Cerneau : la vis
étant entrée alscsauanr, le Leuicr de l'Eleuatoire marque F doit palTcr par le
itrou marque B mettant le ioutien marqué D fur la tête, à l'endroit le plus
com.mode , & où il y ait moins de douleur : mais de peur que le fouiicn n'of-
fence la tête en le comprimant, il faut mettre vn linge plié en pludcurs dou-
bles : parlemoyen dulouticn & de la vis marquée E, on ha n lie ou bailK. le
Lcuicr de l'Elcuatoire comme l'on veut : tout cela ayant êto fait par ordre,
|ii faut fouleuer auec la main le Icuier marqué F tant q^ic la parti.- enfoncée du
Cranefoit releuée& remitc en (x place naturelle: mais ilcft neccinire que dans
l'Opération qu*clqu'vn des aflîftants tienne la tefte ferme : & pour le faire
comprendre plus aisément aux apprentifs i'ay voulu adiouter Idi figure qni eji
la ^Je la îMe X.
Aaa
37 o Liure Cinquième
Il arriue aiiflî pav fois que quelque partie du Crâne eft tellement fracafsce,
qi.îc l'on ne fçuiroic lirci ics os ni auec les tloigrs , ni anec les pincettes , com-
me ie l'ay veu afscsTouacut: fi donc il y a quelqie f.nte dans le Granc afscs ou-
ucrtc , il n cfV pns alois ncccinire de trolier le Cran-: pour y porter l'Eleuatoircj
niais on remecrra aisément le Crâne enfonce en la place, y matant le crochet
fuiuantj^wr^ 4. table X. par lequel on fera palier le Leuicr F
Qiie fi la fente n'eft pas l'ufHrante , il faut couper auec vn inftrument dente-
lé, ou Scie,quelqiie portion de l'os j fc donnant neantmoins garde que dani
l'Opération la membrane ne foit ofïencccf cequ'ilfautobferuer en toutes les
Opérations qui fe font fur le Crâne ) il faut aufli tirer doucement les frag-
ments d'os, s'il y en a , auec des pincettes , nettoyant la raclure auec des peti*
tes éponges trempées enfuc de Bctoine & piefsccs, voyés les figures 5. 6. 7. de U
table X.
Que fi la fente ne peut pas être commodément élargie , de forte que ie Cer-
neau ne puiffe pas être nettoyé par là du fang caillé, de la fanie & du pus, il faui
percer leCrane au milieu de l'os qui eft déia enfoncé, affauoirà l'endroit mar-
qué C aux figures précédentes : on tirera trois auantagcs de cette onuerturC;
premièrement en perçant auec le Trépan l'os qui eft déjà enfoncé &; découucrr
il ne fera pas necelïaire de faire vne nouuclle incifion &:d'oter la peau & le Pe
ricrane de deifus le Crâne lequel eft dé-ja découuert, par ce moyen on cuiteri
de faire de la douleur pour vne féconde fois & vne haemorrhagie : 2. Trepa
«ant & perçant le Crâne en la partie même affligée, le fang caillé fortira beau-
coup plus aisément par icclle,& toutes les humeurs qui s'y vont rendre , que i
on la faifoit à cofté : 5. on entretiendra la playe ouuerte en la partie afflige
auec beaucoup moins de pêne ( iufqu'àce que le Cerucau foit fuffifammen
nettoyé ) que (ion faifoit l'ouuerture en vn lieu où il n* y apoint de mal: mai
il y a principalement vne difficulté en cette Opération & ouuerture du Crâne
ailauoir que le fragment du Cvancqui a été réduit en fa place peut derechef ai
sèment s'enfoncer: pour euiter ce danger il faut mettre le cloufuiuant dans 1
trou ouCianeoùonauoit misauparauant lavis marquée C en la figure de i'E
Icuatoirc, la tournant iuiqu'à ce qu'il foit entré afsés auant, veyés la figure 8. â
la table X.
Or la pointe de ce clou à visjcft troiic'e en plufieurs endroits,afîn que l'on
puilïè faire paflèrvnc verge de fer qui fe repofcfur l'os entier,comme on lepei^i
voir en \z figure ç^^ de la table 10. en laquelle. AAAA marquent les bordj
renuersés delà playe , C le Crâne fradluré : BBBB le Crâne entier & qu
n'cft point offcncé : Or cette verge doit être de telle longueur que fcs cxtrej
mirés (c rcpofent fur l'os fain comme i'ay dit auparauant, partant il faut auoi!
vne lime toute prcftc pour couper ce qui fera de trop: que fi les extrémités d'i
celle ne tiennent pas bien ferme iur le Crâne , il faut mettre delîous quelque
linge double ou autre chofe : on peut par après hardiment percer le Cranc ;
côt,
des Opérations de Chirurgie 5; 1
côte de ce clou, & s'il eft po{ljbIe,aii milieu de l'os enfonce où eft la lettre C
que fi la fente du Crâne cil fi grande que le Cerueau puiife fe nettoyer par là, il
n'cft bcfbin de percer ni de trépaner, ni peut être même de crauaillcrlc malade
auec nô:ueElcuatoire, mais ce fera afscs de le remettre en fa place auec cet Elc-
uatoire fort fimple & ordinaire, voyès la figure première de la table 1 1.
Enuiron l'an 1585. vn Payian du D:ichc de Monts pics de Medna reçut vn fi
rude coup de Lance au finciput qu'il tomba tout à l'inftantpar terre & fut por-
te à demi mort au lid : Maiftre lodoque , Chirurgien afscs expert à Hildcn,
ayant été appelé, il le trouuafans conoillànce, fans parole, comme Apoplecti-
que & demi mort : ayant rasé les chcucux 6c dilaté la playe, &c n'ayant ni Elc-
uatoires ni les autres inftruments neccfiaires , il fe feruit d'vn Tirefonds des
Tonneliers, duquel ayant mis la pointe dans la fente même du Crâne , il re-
mit non feulement auec vue grande dextérité le Crâne enfoncé en fa première
place, mais même tira quelques fragments d'os : l'opération reiiflit Ç\. bien que
les fymptomes cclïcrent tout à l'heure &: que le malade fut remis , ayant vécu
plufieuis années après auec admiration de tout le monde.
La, Figure an Tireforis efl en la Table XL Figure 1.
l'ay mis ceci enauantpour aduertir le fidèle Chirurgien de n'abandonner pas
I vn malade qui eft en danger à défaut d'inftrumenrs , ou de ne pas renuoyer
rOperadon iulqu'à ce qu'on en ait forgé , mais plutôt de fe feruir de ce quifc
prcfentera pourucu qu'il foit commode.
Qrf les Chirurgiens au rcfte prennent bien garde de ne faire pas les Opéra-
tions lur la tcre f principalement quand les membranes & le Cerueau font dé-
couuertsj en vn lieu froid , car le froid étant contraire & ennemi du Cerueau,
il ne peut du moins que de produire de grands accidents &: quelques fois mor-
tels: parquoy i'ay âcoutuméaux playes de la tefte (^principalement Ci elles font
grandes J défaire tenir à vn feruiteurvncpocle à frire pleine de charbons au-
p es de lapLiye tandis que ie li pence. Objeru, 4. Cetit. 11.
' OBSERVATION XXII.
De la manière de releuer le Crâne enfonce des enfants,
I'Ay remarque quelquefois que le Cranc peut être enfonce par vne chute en
des enfants, fans qu'il furuicnne aucun autre accident que le vomilîèmentdc
la viande non digérée, au moment de la chûre: car comme ils ont le Crâne mol
& rendre, il peut aisément erre enfoncé lans fradure, ainfi que cela fe voit en \x
vaillellc d'argent ou decuiurc quand elle a heurté contre quelque chofède dur
Aaa I
f
371 Liure Cinquième
par ce moyen laDiirc mère quia vn vif fentimenrjti'ctant piquée d'aucun fiag- ,
ment: d'os,il n'arriue aucun fâcheux accident: cependant tous ceux qui font ver-
sés en l'Ai t fçauent qu'il ne faut pas mcprifcr ces enfonçeuies,quoy qu'elles ne
foycnt pas de grande importance au commencement & qu'elles n'ayent pas
produit de grands accidents , car elles empêchent le mouucment du Gerucau
& il génération des efprits, aiiifi ils deuiennent ftupidcs & Hiicts aux dcfluxions:
or i'ay fouuent remis telle ioi te d'enfonçcures par le moyen de la ventoufcjfai-
fantfermci le ncs & la bouche, (^ayantauparauautôté les cheucux^ comme en-
feigne cet excellent Chirurgien Parc: ou bien il fc faut feruii del'inftrument de
corne iuiuantqui eft creux, le mettant fur l'endroit enfonce, le faifant l'uccer à
vn homme fort, fermant cependant la bouche & le nés à rcofant : ou bien il
faut mettre dclfus quelque emplâtre bien tenace fait de poix, refîne , Colopho-
ne & gomme elemi qu'il faut mtztïc an miiieu de l'os cnfoncé,ou bien celui- i
qui elt plus adhuTnr.^./îr. tritic. ^j. I chthyocclU SjJolntA in a^.beton.&faluÎA
56. puln. raaftiches, tharisyfarîntivolatiliSjfangti. dracon. gyffi an. 3). m. coque in
a^. béton. &falH. ad inflam con/iJJentiamyapplica calidè. Incontinent: après que
cet emplâtre fera attache & lec , il le faut tirer par force , car ainii en tirant la
peau & le pericrane, le Crâne enfonce viendra après: Qvîc (î cela n'a pas reiifli
■ à la première fois, il ne faut pourtant pas difcontinuer , mais il faut mettre vn
nouucau emplâtre & le tirer par force comme le pie'^ïiier,^ afin qu'il s'attache
tant mieux,il ne faut pas entièrement rafer les cheueux:qae s'il luruient quelque
doulciir, il fiuitoindre l'endroit aïKC huylerofat oumyrthinôfdciauned'œufs:
cet emplâtie doi-c être rond ou de la forme de Teufonçeure : il ne doit pas non
plus être Ci g'and,mais feulement en couurirla tierce partie, car par ce moyen
il fera moins Je mal quand on le voudra arracher & on attirera plus aisément
Ce qui eft ei foncé •• il faut aiiflî qu'il y ait au milieu vue fillelie que le Chirur-
gien tirera <^oyés lafig. ?. de la table XI.
A A A marquent la circoij£rence de Tenfonçeure.
B rtmplâtre misau milieu d'iccUe
C la Coidelle
Et cependant que le Chirurgien tire l'emplâtre , il faut fermer le nés & la
bouche à l'enfant, car le Ccrueau venant à s'enfler par la rétention des efpritsjc
Cranc enfoncé retournera pliss facilement en fa place : Que s'il ne fc releue pas
par CCS remèdes & par l'Opération manuelle, il faut couper la peau en croix &
ayunt découucrt le Crâne, le releuer a.iec l'Eleuatoire fui.uant ou auec le mien:
traitant rn fuite laplaye qui a été faite comme on traitte les autres, voyes Ufig.
jf de la ti^ble XI.
i'adu^ rriiderechc fies Chirurgiens qu'ils fe prennent garde de ne palïer pas
s'il eft palfîble, la prcmicic table du Crâne, car ea perçant la féconde, qui n'eft
pas fi rp.^.'iK' mais fort fiiable,il demeure après des inégalités qui font de la dou-
leur & autres accidents en piquant le Cerneau. Qhferu. 5. Cçntar. 2.
OBSER-
des Opérations de Chirurgie. 37J
. OBSERVA T. I ON XXIV.
De t'^f^ge de la l^ eut oufe pour relener le Crâne enfoncées Enfants.
VOus me demandes mon opinion rouchant l'vfagc de la Venroufc pour
ivleucv l'cnfonceurc duCiane es cnfâ':s,car vous m'écriucs quevousauez
oliy dite à vn grand pcrfonnagc qu'elle caufe plus de mal que de bien, en fai-
fanr rcurer &c rider par vioicn.;c la peau de i'c.nfunr,t<t qu'elle fepare d'auanta-
gc les os rompus IVn d'auec raurre,lcs enfonçant encor d auanrpge : fe refpons
aucc diftiiîction, que fi le trane cft locnpu 6c la peau ciuicrc,que certainement
en ce cai la Vcntoulc f^ra du mal , à caufe dequoy il faut faire incifion en la
peau pour tirer les os rompus : car alors les fragments du Crâne ne font pas du
mal iîmplement parce qu'ils font enfonces, mais parce qu'ils piquent les mem-
branes:que fi leCvanc des Enfanrs,îcqucieft mol & tendre,cft enfonce fansfra-
ân'-cjalors la Vcntcufc ell tresbonnccommc ie l'ay experimentc,&c.Fo//'0^-
feruatton précédente y Efitre i^. — - —
ic OBSERVATION XXV.
i;
1 D'vne enfonceure dn Crâne anec contufion en la peau,
L*An 1600. vne fille de Laufanneâgcc de 18. mois êcant tombée en vn tor-
rent îk la tête ayant donné çà & la contre plulieurs cailloux,il fe fit vne il
grande contulion,que ie fus oblige d'ouurir en trois endroits le panniculemuf-
culeux vers le linciput giuchc,à cauie de l'abondance du pus : ayant fait inci-
fion en la peau , ie tiouuai non fculcm.ent le Crâne dccouueiC,mais auili enfon-
ce,toutefois fans fra6tuiejComme cela airiue afscs fouucnt es Enfanti-.ie la trait-
tay de cette façon, après les remèdes vniucileb ic luy oignis deux fois le iour
la tête auec l'ongULur fuiuant. "Ilj. Ol.rofac.rnyrtill.an.^tj.caMom.aynygd. d.an.lj,
£ elerni 51. mifelentifflyno igné ijuoufcine gwnmi fit dijfoluturny tntn per iintcum coUf
ferua tn amphlla vitrea, ie misfurle Craiic du charpy (ce prépare en cette façon,
duquel ie me 1ers es playcs de la têteàe prens de la toile vsée & propre à faire
ducharpisjlaquellcicfais rtcmper es caux fuiuantes,puis fecher a l'ombre en
reirevant trois ou quatre fois, '^.^i^.ùeto^/kluUylauenduU^rofar.odorlferarunUy
an. l j. cmna?/i.ligyjt fijjafras. Siiracis calamititi benXotnian.'^i']. puluerlfa & cum
a^uis pr^diUïs m.ad f^furn. le mis fur les bords de la playe le digcftif fuiuant. !^.
Cerdt, mii£xolophon.0H7wni elemian. l j terehwth.'^vj' oLrofar.& de vitell.onor.an.
^f.dijjhlue ornnia & cola,adde croci 3 1> . vitsllnm oui num. x.mf.Uiiimeritum^ l'ap-
A a a 3
j^4 Liure Cinquième
pliqiiay apues le cataplâme fuiuaiir qui comuoic toute h téce. ^. Far.fubar.
hordei an.^iij.pnluflor.drfol.beton.fa/itU,rofar. myrtillor.fthœch.an.'^).fapA pj.co-i
que in <\)lnorHhro adformamcatapl. addefubfinem pHÎii, rad,garyophillau, calami
aromai.an.^ij.croci ^j.vltellos oHor.num.yrn. applica calldè : or des le commence-
ment &: quinze ioiiL-sduiant,commc le pus fortoit en quantité, ie cammanday
à la mère de fermer à tous moments aaec les doigts la bouche & le né de l'en-
fant, afxn que les efprits étants retenus , le Ccrucau enfla Se que par ce moyen
i'enfonceuredu Crâne retourna en la pla;c : les dits quinze iours étant pafscs,
en lieu du digeftifjie mis l'onguent fuiuant far la playe. '^.Puln.rad.angel.ca-
ryophillatÀrid.jior,arljîoljot.an.'^\xir.navi.el.& lignifajjafras M
faluix an.'^ij.croci ^j cumrnelUs rofat.cj ff.vngn Apres m'êcre ferai du caraplâme,
ic mis l'emplâtre de betonica: par l'vlage de ces remcdcs,non ieulemcnc le Crâ-
ne retourna en fa place , mais suffi les playcs furent bien tôt fermées fans qu'il
tomba aucune efquille d'os: Ohf.^'iXem.lV.
OBSERVATION XXVI.
De Capplicatiojt du trépan deux mois après le coup.
VN Payfande 14. ans ioiiant vn iour de feftcauec des gnrfons de (on âge,
reçut vn coup de boule fur le front au côtégauche:il tomba incontinent à
terre perdant laparole,auec vomil-fcment Je bile ^ de tout ce qu'il prcnoitjqui
êtoit en petite quantité : aiiifi fon cftomach ne gardant rien, il diminuoit de
iour en iour,fans auoir aucun repos, autc vne continuelle douleur de tccc, mal
de cœur, morfure deTorifije de l'cftomach & retradion du col en arrière : l'a-
yant veu vne feule fois deux mois après qu'il eut reçu le coup auec M' Anthoi-
ne Chaly,nous fumes d'àuis de luy ouurir le Crâne : ce qu'iceluy ayant hcnrca-
fcment fait,le pus fortit en abondance par rouuerturc,6c par après la (ublbnce
du Cerueau fe prefenta comme vn fungus par l'oauerrurc , la membrane ayant
été rompue , de forte qu'on eut de la pcne à la faire r'entrcr & à la retenir de-
dansjon fut même obligé au bout de quatre ou cinq iours, (étant impofTible de
la contenir! de la coupei^non auec le rafoir , mais au:c vn filet que l'on Icrroîti
doucement : Or cela neferuitdc rien , car il fortoit dclanouaelle iubftance,!
après auoir coupé la première , qui fe prefcntoit par le trou la haureur de trois
doigts qu'il falut aufli ôtcr auec le fîlef.ce qu'ayant été fait par plufieurs fois &
ayant ôté de la fubftancc du Cerueau la grolfeur du poin,ce miferable , quoy
qu'il fembla être hors de toute cfperance fveu qu'il ne prenoit quafi point de
nourriture & qu'il lailToit tout aller fous luy) le relie du Cerueau r'entrant peu
à peu & ic Calluss'êtant formé fur rouuecture,il fut guéri quafi lans pêne : il
ne
des opérations de chirurgie. 375
ne mangcoicjà caufe delà pauurcrc cîc Ton père , que des viandes de mauuais
fuc,dcs le iour de fa blcfrurc,& ctoi: cloigiic de deux liciics de ma demeurancc:
ain/î le Chirurgien le voyoit fort raremcnc , crant entre les mains de quelques
femmelettes , lerqucUes bandoycnt,peu foigricufcmcnt ù playc , ôc luy même
ôroit les bandes quand elles Timpoitunoycnr, pallant l,^s nuits le plus fouuent
en cet état fans auoir rien fur la tccc qui la dctendic du fioid,6:c.0è/èrH.} Cent,
ly. communiquée par leatt de Bourg Médecin à Bourg en BreJJ'e»
OBSERVATION XXVII.
De l'application du trépan en vy:e fraBure dn Crâne f onzième tour.
L'Hilloire que vous m'aués communique cft digne de remarquc,car Hippo-
crate au liurc des playes de la tête dit que l'os doit être coupe dans le troi-
ficmeiour fans rcntioycr plusloinlopcranon, principalement en cftc: car n'é-
tant pas faite au commencement , la douleur augmente 6: il fc fait inflamma-
tion es rnciTîbranes à caufe de la comprtfljon &i. de la piqucurc des membra-
nes par les frogments des os, ce qui attire ficure, rcuerie, vomilîèmenti conuul-
{ionsjparalylî:- & autres fymptomcs &: même la motr ; Aiantius a donc railon
de ccnfurer yEgincta lequel ne veut pas que i'ouueiture fc faile en eftc auant le
fepticme iou. ,>S: en hyucr auant le difiéme : mais ie fuis de l'opinion de Porral,
que les Imprimeurs, ou ceux qui ont décrit les œuurcs, luy ont fait di;e ce à
quo) il n'a pas pense : car ^gineta n'ayant eu autre intention que de faire vn
abrège des écrits d'Hippocrate 5c de Gaiien, il n'y a peint d'apparence qu'il ait
voulu rcnucrlcr leur fentim^cnc en vnc cliofc de lî grande importance, & les pa-
roles qu'il âioute,cn font foy, dii ait qu il faut appliquer le trépan auant que les
fuldits accidents airiaent : mais quand il y a fiadute 5c drpreflion du Crâne
ces grands accidents arrîacnt le plusfoaucnr auant le quatiiémeiour , & ceux
qui font le moins verses en la Pratique iç.iuent qu'il y en a peu qui palîènt le
quatorzième ioar : quelle apparence donc y a-t'il qu'il ait voulu renuoyer l'o-
peraiion au fepticme & quatorzième iour:ie crois donc qu'il cft de l'opinion
d'Hippocrate, quoy que die Arantius, & qu'm âioutant l'aduerbc NON, le
fens cA: entier Se conforme à Hippocrate, car ie voudiois ainlî lire : Q^ie il la
membrane s'eft auffi retirée ôc fi ru n'as pas craittc le blefiC .ics le commence-
ment , tu dois entreprendre l'Opération en hyucr pour le moins auant le qua-
torzième iour,& en elle auant le fepticme , auparauant que les fufJits accidents
furuiennenr. Il cft donc d'âuis que l'on face ouuerture au Crâne auant l'arrluce
de ces grands accidents:que fi le Médecin n'a pas ctc demande des le commcn-
Ccincut^il dit qu'il ne faut pas pourtant lallfer de faite ouuwrtuicquoy qu'Hip-
576 Liure Cinquième
pocrate vucïlle qu'elle fefalTcauant le tioiiicmc iour expire : mais Ton inten-
tion cil de dire qu'elle fe peut faire aucc fruic & à propos en quel temps que
ce Toit j poiirucu que l'on preuicnne ces grans accidents puis qu'ils font vue
marque que le mal eft defclpcrc , infinuaut couucrtement qu'il ne faut pas en-
treprendre la cure des malades qui font en cet état , car comme dic'Celfus,
liure 5.chap. 151 celui qui eft fage n'entreprendra iamais la cured'vn dclel-
perc : quant à moy icne fuis pas de leur aduis non plus que vous,qui auez fait
cette admirable de étrange cure que vous m'aucz communiqjc : car quoy que
Ton mal fut entièrement defcrperc, neantmoins vous l'aucz remis par vôtre in-
duftrie auec l'airiftance Diuine: que (1 vous n'auics pas entrepris cette cure, cer-
tainement le Ccrueau leferoitbien fphacclc auec la perte indubitable du ma-
ladiiie conclus donc que pour grands que loyentlcs accidents , qu'il ne faut
paslailïcr de faire ouuerturejpourucu qu: le malade ait des forces pour la por-
ter ik que le Chirurgien en (oit pricrcar il n'importe pas, pour parler aucc Ccl-
fe,(l le ieul rem.ede qui rcftcjeft afiTurc ou non, vcu que ieion Kippocrate,il faut
fe ieruir des derniers remèdes es dernières maladies: iEgineta au liure & chapi-
tre (us allégué die que le Crâne a été heureulemeiit ouuert vue année après la
playe faice^mais il aioute que cette playe croit entièrement ouuerrc & qu'elle
donnoit illue à la matière , qu'ainfi il ne faut pas s'étonner fi la mem-brane n'a
point été ofFencce : i'ayfaitouuerture du Crâne l'xi^. iour,lc malade étant tenu
pour delcfperé , En voici l'hilloire.
L'an 1586. vn Bourgeois de Gex,au pié du montiuratjâgc de 60. ans futfrapc
au finciput gauche aucc fra6lure & cnfonceure duCrane;il tomba incontinent
par teJre,rendit la viande toute crue & perdit la parole : il fut mis au commen-
cement entre les mains d'vn Barbier , mais comme on vit qae tout alloit en
pisjon demanda Monfieur lean Antlioine Sarrazin Mcdecin,Maitrc leanGiif-
fon Chirurgien & moy : nous arriuames vers le malade furie foir le dixième
iour du mal,& le trouuâmes en Heure très ardente auec réueric^c (ans parole,
la playe écoit petite auecfradturedu Crâne : mais quoy que nous vilfions éui-
demment qu'il n'y auoitrien à efperer , neantmoins à la prière desafliftants Se
ayants fait leprognoftic, nous entreprimes ainfi la cure : après luy auoir dé-
chargé le Ventre par vn lauement, nous rasâmes les cheucuXilii: oignimes toute
la tête auec huyle rofat &c de myrthcs : en après nous coupâmes la peau & le
pericranc en crois ôc découurimes le Crâne, de ayant fait des plumaceaux auec
des croupes trempées en vn blanc d'œuf,nous en remplimes la playe : le iour
fuiuant après auoir ôté quelques olîclets qui étoyentleparés delapremiere ta-
ble . nous ouurimes le Crâne & ôtames ce qui étoit rude & âpre en l'os auec
l'inftrument lenticulaire : nous mîmes après du taffetas trempé en miel rofat
auec vn peud'huyle rofat fur le Cerueau,à caufe de la grande douleur, Se rem-
plîmes route la playe du digeftif fuiuant. ^.Terehtnth.lou in ac^.beton &falm<t
^yoLrofac.liC'i.de welLouor.^ij.^iimmt demi lentijjlmo i^ne cum diUts oleis diJJoUti
QT colati
3cs opérations de Chirurgie. 57 j
it ciUti ^i.crûcipuluerJf,^']vitell.ouerumr]um.i\,m.f. z/«g«^w/«w;Nous applict-
mcs par dctfus fempUJïrwn ùa/tUcum Se oignîmes toute la tcte 6c le col aucc
el.ro/ar.(tr myrtill. Nous luy fimcs reccuoir ce iour laencor vn lauemcntiSc
Oïdonnames vnc bonne fiçon de viurc, coiuinuanrs cette méthode quelques
iours de fuite : cependant le pus forcit par i'ouuerturc » & laficvre commença
à s'appaifcr auec les autres accidents : la douleur & l'inflammation ayants
cciscjuous ajoutâmes au miel iofar,qu'il faloit mettre far la mébrane,vne goû-
te ou deux d'eau de vie & mîmci L- mondificatif fuiuaat fur la playe. !^. 7W«.
rAâ.garyophîlL angelic. arijiol. rot. trid.jiarent. an. 5 /. extr.fdlHiA, béton, an. 9/j.
g.elemifoiHtl in cl. rofas, 5/j. m»f. eurn melle rojltc* (j.f.purumijue a^uA vltAvn^
gHcmum in rnortarto : Enfin nous mîmes l'cmplitrc fuiuant. !^. Ernpl. de be-
tonica % iv. g. Elemi di^'oluti in ci. rofar. % j- pubt. rofar. odoratar»m , myrttl-
1er. mafiicis , caUm. aromat. angelic. garyophillat. an. 5 i fi. cnmf. q. olei rofac, &
farUm cerdt. f. empl. Cependant que nous auons ainfi pence la phye , tous les
iours , ou de deux l' vu, nous donnions vn lauement quand le Ventre ne fiifoit
pas fon deuoir:nous lepuigeamcsaufll par interualles,c«w/}?'.ro/Cyô/w/. Cêmpof.
cum rhabjenna & ^^^r.comme au{Tî aucc callc & manne: ainfi il fut guéri aucc
admiration de tout ic tnondcObf.IK.Cent.ir,
OBSERVATION XX VI H.
D'v?ye blejfure de Tejle rendue mortelle pour anoir refusé le trépan,
VN Gentilhomme de la maifon des Euvig de Vualdcn prés Hilden,rcçcut
vn coupau deuantdc la Telle en vne mêlée , après lequel il' tomba par
terre & vomit la viande toute crue : il fut mis incontinent entre les mains de
deux Baibiers : mais le quatrième iour étant demandé aucc Monheur lea»
Slotanus Médecin à Colognc,nous trouuames le malade en fièvre auec fradtu-
rc du Crâne , la playcêtoit petite auec meurtrilfure , il y auoit aullî impuidifl-
ce de doimir, inquiétude, douleur &: pcfantcur de Tcfte: ce qui nous fit con-
iedurcr qu'il y auoit du pusamafsé fous le Cranc , A caufc dequoy nous con-
feillâmes , après auoir élargi la playe, de faire ouuerrure du Cranc auec le tré-
pan & le plutoll qu'il feioit poflible, qu'autrement le malade (croit en danger
delà vie : mais ces Baibiers le glorifièrent de faire des merucilles S>e lenuoyc-
rcnt bien loin lOpcration du trépan, comme vn remède nouueau & inconnu:
voyantsqu'ilsnous tourneroit àhonte d'auoir de (emblables compagnons &
au piciudice du malade , outre que la fièvre augmcnroit d'heure en heure &
que CCS Barbiers ne permirent pas que l'on fc fetuit d'aucun àcs remèdes genc-
i^ux , uous nous retirâmes le lendemain &: ne voulûmes poiiu par aprcs y
Bbb
|78 Liure Cinquième
mettre la main, de peur de mettre en compromis nôtre réputation à caufc de
l'ignorance de ces Barbiers : aprcs nôtre départ ôc r.uant l'onzicme iour du mal, ^j
la fièvre s'ctant augmentée Se larcucric, le malade perdit enfin la parole & de- *'
uint paralytique delà partie oppolîte, venant à décéder auant le quatorzième:
OhfG.Cent.i.
OBSERVATION XXIX.
De t extirpation danger eufe d'vne cicatrice en la prunelle»
VNe ieune Damoifelle fut tellement trauaillce delà petite vérole qu'il vint
des pullules en la cornée des deux yeux, après lefquelles il demeura vnc
cicatrice vers le grand angle femblablc à l'ongle dite par les Grecs Prerygion:
les parents me demandèrent mon âuis, mais côme ie 1. ur eût fait entendre qu'il
n'y auoit rien à fairejils s'addrcircrêt à vn Oiailatan qui dit que ce n'ctoit point
vne cicatrice,mais feulement vue humvur qui étoii figrc en la furface de la cor-
née, laquelle il alfura qu'il pourroit ôrer fans douleur ni danger : fur ces belles
paroles ils luy confièrent leur 61le , mais dans l'opération il déchira la cornée
auec lamain,apres quoyil fui uint des douleurs très grandes, inflâmmation,fic-
vre & autres dangereux accidents , enfin toutes les humeurs s'écoulèrent & les
tuniques fe retireient>rœiî demeurant entièrement fermé.
Tay connu vne honcfte Dame à Cologne,à laquelle il étoit venu vne cicatri-
ce en la prunelle après la vcrole : vn Charlatan entreprit de la guérir auec des
me :iicamcnts coriofifs îî^ais elle tomba en vn plus grand mal,car les humeurs
fortirent &c les membranes fe retirerent,ainfi elle perdit cet c£i\.Obferuationiy
'CentHT.i.
OBSEPvVATIONXXX.
De la guerifon d'vne nuée en l'ail.
IL fe forme en l'œil vne facheufe incommodité âpelce nuce,tachc cicatrice,
taye, pannus , c'eft à dire drap , car c'eft comme vn drap ou nuée laquelle
couure cette partie de la cornée qui eft tranfparente , quclquesfois en partie &
quelquefois entièrement: ainfi fclon qu'elle eft épjilïc , grande ou petite, ou la
veuc fe perd entièrement ou fe corrompt en partie: or il faut bien diftinguer ce
mal d'aucc lacataraéle d<. l'onglade , car lacatarade ou fuffiifion eft vne hu-
meur quis'eft cpaiflie en membrane au dedans de l'œil , c'eft à dire j entre la
cry-
des Opérations de Chirurgie. 37 9
cryftalllne uc IVuce ; mais la nuce fe forme e» vn bouc de la Corncc & (Jàns fa
fubdance mémC) &c fc reconnoic aifement à l'ccil d'aiiec la catarade: l'onglaJc
ei1: vnc eminence nerueufe de la membrane dirte adiiacaj qui commence pai vn
coin d'icclle $< va iufqucs à la corncc,mais fi elle augmére par trop,ellc vient a
coimrir la piaiiiclle , elle n'entre pourtant pas d.^ns la fubflancc de la cornce,a
laquelle elle efl: tant feulement attachce,€l'àuec laquelle on la feparc aifcméc par
médicaments quand elle cft recentc>&: par la main du Cliirurgien quand elle ell
cnaicillie: la caufc d'icelle cft ou interne ou externe , l'externe fe fait par playe,
cxcorian'on,apofteme ou puftule, comme ilarriuc fort foauentenlavcrolej6<:
n'cft autre chofe qu'vne cicatrice qui rcftc après cette playe ou puftule : Or i'ay
1 remarque fort fouuent qu'elle eft incurable quand elle vient de c^s caufcs: la
! caufe interne cft vne matière bilieufe ou acre qui dccend du Ceraeau fur la mc-
branc coniun(ftiuc& fur la cornée qui y fait intempérie «Se inflammation,que fi
on la néglige au commencement, la furfice de la cornée s'cfleure infenfible-
menCj^e com.me c'eft vne partie membraneufejil s'y amalfe vne matière gluan-
te qui eft le plus fouuent blanche,laqaellcneantmoins a quelque acrimonie qui
ronge peu à peu la furface de la membrane qui eft delïbus & l'exulcere , ainh il
refte vne cicatrice blâchejquelquefois la cornée même en eft percée ou trouée,
de forte que les humeurss'écoulcnt & les membranes de l'œil fe rident àc fc re-
cir-cnt auec vne giade deformiié, car l'œil demeure fermé tout le r^ftc delà vie:
partant le Chirurgien doit être prudent, de peur qu'ii ne porte prciudice au
malade & qu'il ne le perde de repatationnnais auanc que d'entreprendre la cure
il doit examiner fi le mal cft curable .ou nô,car fi la furface de la membrane qui .
adciaété excoriée <3>:exulccréc,<?c en fjite a été couucrte d'vne cicatrice dure
& calleufc, tSc fi l'inflammation a été âpaiséc,il demeurera fans doute vnc tache
ou nuée blanche qui ne peut pas être ôtée, veuque c'eft vne cicatrice de l'vlcerc
qui a preccdé:de même ii après la vérole il y a eu quelque puftule^en la cornée,
ilrefterainfaillibkm^nt vnc nuée : que fi le mal commence fculemenr,& fi la
furface de la prunelle n'cft pas en cor rongpe , quoy que le malade ait perdu en
quelque façon lavcuc & que la cornée foit couucrte d'vne nuée,il nefciut pour-
tant pas enticrcmcnt dcfjfpercr de la fanté , fiuon que le malade foit fort âgé &
fuicctaux dcfluxlons (ur l:s yeux: orie veux p:ûduiie quelques exemples com-
me i'ay guéri heureufement telles incommodités.
L'an 1599. vue fille de Cologne âgée de tS.aus , qui étoiî incommodée dés
longtem.ps d'vne défluxion fur l'œil droit , fut attaquée dVne ophthalmie ; el-
le me demanda confcil quelques mois aprcs,s*éranc en vain ferui de pluficurs
médicaments, & croyant auoir perdu la veuc de cet œil aucc gftoiblillèmenc
de l'autre •• ic vis que l'œil ctoit enflammé auec douleur , comme aufli de
la Tefte de même côté qui ctoit fort violente 6c fans relâche , la prunelle
étant quafi entièrement couucrte d'vne nuée : le commençay ainfi la cu-
re , premièrement iela purgeay par vne prife de pilules, le lendemain i'ou-
Bbb z
j«o Liurc Cinquième
wdc la Ycneau bras droit & tiray cnuiroH fix onces de fang: le iour fLiiiiant
i'appliqiny des grandes ventoiifcs aacc flamme aux épaules , ians rcarificacion:
Aulîi toil des le commencement ic mis le Collyre fiULianc d ins l'oeil. 7C. Mh-
cilao.fem.cydonior. (jr fcenugr.a^.rofar. & pUntag. extra^id 5/). laBismnltebrXii].
tut'u préparât^ 3 f5. crocl maccrati in aq. rofar. & exprcfji § R. m. tepidè, hijiUla
& applicafdpemterdiii : On rcnouuclera ce Collyre pour le moins de deux
iouis l'vn. il faut aufli remarquer es maladies des yeux &c fur tout es inflam-
mations , qu'il les fauc bander bien foigneuiement après auoir mis quelque
coulîînet , cacaplafme ou autre médicament , pour empêcher lutant qu'il eft
polîible le mouucmenc de l'ceiljCar il eft perpétuel quand il eft ouuei t , ce qui
n'arrin« pasrjuand il eft ferme : or ce mouuement cchaufe la partie Ôc y attire
les humeurs & le fang, ce qui renouuclle & augmente le mal: après les pilules,
la iaignéc &: la vcntoufe , ie preparay les humeurs aucc vn apozcme, après
qu'elle en eut piis deux dozes , ic la purgejy derechef: le lendemain elle
pdtla croifwme doz >^ ce iou^ la ie mis des vcntoufes fcarifiées fur les épau-
les : aprei, la deinircpiire de rapez?mc,ie luy fis vnScton (ur la nuque : Ces
meuicumeuts appaifcrent lido.deur de la Tcrftc & de l'œil qui s'arrêtèrent in-
concineut,ri*flîT»matio!idimin:iiai:{fi b.au oup 6c la nuée en partic,partant
ic m^ feru's du Collyre fui.ianr. ^ Mtcilag, fem cydonicr.cHm aej.rofar.extr,
li.aq fœnic.enfras an. 5»". mtli rof ^hî. tnth:ie preparau & C.C. vfti frepxrdtt un.
^C'i.caphHr.gr.iv. S'en étant feiui vn mois durant , cette nuée qui couuroic au-
païaaant quafî to'.itr la ptuiv;.lle, diminua tellement , qu a pcne en rcftoit'il le
quart, & la i-fl^ivion qû fe vcifoit ordinairement fur les yeux , fut attirée
fur la nuque par le moyeii du S.ton : clL l'entretint ouuert pour le moins vn
an.- cependant iv L purg ois qnafi tous les mois auec les mefmcs pilules : ie
feifois mv trre tous les m.itins la grofl'eur d'vne tefte d'épingle d'extrait de Chc-
li loine dans l'œiljpat ce moyen cette nuée fut entièrement difllpce: Obferu.xy
OBSERVATION XXXI.
Sur le même fuieu .
VNt fille de dix ans, au territoire de Morar, ctoit trauaîllcc d'vnc fluxion
opiniâtre & facheufe fur l'œil droit , &: comme on ne s'êtoit pasferui de
médicaments propres,6i: l'humeur qui enfortoit vcnâttous les iours plus acre,
il furuintinflammatioii aucc corrofion delà prunellcjbqucUc fut couucrte d'v-
ne nuée blanche & très cpaife : enfin la douleur » l'inflammation & les au-
tres iymptomcs s'arrêtèrent peu à peu , & quelques Vlcercs qui luy ctoyent :
venus !
des Opérations de Chirurgie. 581
venus au vifage , aucoluC en plufieurs autres en:iroits, à caufc de cette dcflu-
xîon, furent cicatrisés par l'application de certains médicaments deficcatifs:
maisà péncfc palîa-t* il vn an qu'il luy en tomba vne nouuelle fur les lèvres:
m'a)at éic amenée à Payernc,ie confcillay qu'après qu'elle auroic cte purgée ôc
que l'on auroit fait ce qui ccoit nccciraire pour la RcuuUion , que l'on appli-
qua vn Scton au col, qu'ouricmcnt (îonnclc f.ifoitde bonneheurc, qu'ily
auoic du danger que la défluxion ne fc ietta fur l'autre œil , mais ils iuoercnt
cette forte de rem.cde trop ciucl ; s'dlants retires, il (c vcrfajdcux mois après,
peu à peu vne autre défluxion lur l'oeil gauche, ce qui les obligea à me l'amener
derechef: elLauoit tout l'œil enflamme (Scies Paupières enflées auec grande
douleur & fièvre continue , ie decouurii auiîî que la prunelle étoic couuertc
d'vnc nuée auec cnticie dc^rauation de la vciiè patquoy ie n'y voulus pas met-
tre la main, mais neantmoins à la requeftc de Tes parents ie commençay ainfi la
Cure, Se r.pres l'auoir doucement puigé &: appliqué des ventoufes lèches &
auec fcarificarion, ie fis le Seton: ie mis aulfi lur le front le défenfif fuiuanr, 2^.
far. hordet ^îj.pnlu. rofar. nucum CHpreJJ. gallar. cortic. granator.an. ^iij. pnlu.uor.
béton. & euphraf. Mi. 5 |. w in mcrtanocmn aa. béton. Eufraf. aceto S" album,
êtiiyfUt defenjîy.nm ijuoâ tepidc fronnapplicetur^&c fur l'œil nous mîmes \zs colly-
res prccedciiis: ie me luis auflî lerui du rachctfuioant pour ôter l'inflammation
dcsycuxj aprcslfs remèdes généraux, commcauffi^aprcs en phificurs pet Tonnes
O/i.jem. fœ.iugr .pariim tuf.'z^Ç'ijcftir.YHh.fior.beton.Enphraf.melilot an.m.^.fem éiniC,
5 »j. incidaritur omnia gyoJJ'o modo, wdanmy fucculo ^nitoium oculum operiatyqui ht-
terfkttusé'a^.cod:uscalîdhappllcetHr^Haterant ejuint^uies imerdiu. Tout ceci
ayaiK ctédiligcmmeat fait, la douleur > rinfl..m>'natioii & les aunxs fympto-
mes ccirrcntpruàp;u, neantmoins la tachv: ou nuéen'étoic pas cncor cntierc-
me.)r cftajée, ce qui m'obligea à mclcr parmi les Collyres vn peu d'extrait de
ClitliJoiiie,afin que cette matirre cralîc& viii-ide qui êicir attachée à la pru-
nelle, put être dt te rgee s & quoy qu'elle femb.â ctic épaiik, fi cftcc qu'elle n'a-
uoir pas encor ronge la luiface de la Cornée : le fis auiTi lai.cr toute la iàCc &
le front quelques mois de fuite après la Cure, deux ou crois fois le iour,auec le
medican-icnt fuiuanr, afin que ces parties fulknt forcifices Ok que la peau qui s'c-
toi: entièrement lidcc & deuenue difiorme, peur éne e,n quelque façon remise
CM fon premier état : ^. A^- rcfar. Euphraf lUior. alb. & pU)>tag» m. 5;i. ahim.
erudi, titthi£^pt£an.^iV). caphurx 9j. ?/;. A'uiù e-^defutrcjr.ife entièrement & rc-
couurala veu'c de cet œïl &c fe porte bien iufqucs à l'année prcfente i6cc^. rnais
ie n'ay pas voulu permettre qu'elle lailla fermer fon Scton par crainte de reci-
diue.
Ma fille aince étant âgée de fix 3ns,apres vne longue défluxion fur Jes yeux,il luy
vint vne nuée : ayant employé plufieurs médicaments en vain, enfin ie luy fis le
Seton qui détourna la défluxion de delfus les yeux, & par après la nuée difparuc
peu à peu , de forte qu'il n'y en a aucui»e trace à prefent , Ôc n'cftant tombé-
Bbbj
jSi Llure Cinquième
aucune fluxion fur les yeux iufques à Tannce prcfcntc léo?. le Scton ayant ctc
appli(|uc en l'année ^ç^^.Obf.i^.Cent.i,
OBSERVATION XXXII.
2) V« nouuel Inflyufnent necejfaire cjuanà on àbm la. Catarafie.
ENcrc les difficulccs qui Ce prefentent quand il faut âbatre la Catara6te,cel- .
les ci n'ell pas des plus pcrices, aHàuoir, que le bras du Chiiurgicn vient à
chanceler quand il eft trop long-tciups rufpenia & en fuire la- main luy trcm-'
ble,ptincipalenient s'il n'eft pas ambidextre .S: cfc cbligc de faire l'Opération
de la main gauche/ i'ay connu familièrement vn ancien Chirurgien <i^ furc ver-
se dans les Operations,nommé Came , en ù vieillcirc decrcpire il fc (eiuoic de
lunettes quand il vouloir àbatrcles Cataracies, ce qui eft neantmoins dange-
reux: mais il ie faifoic foutenic Ic'bras tremblotant par quelque feruiteur: or le
ne comprens pas comm.c cela fe pauuoic faire fans danger , car les afîlllanrs
' tremblent plutôt que le Chirurgien & tomberont plutôt en défaillance que le
malade: pour cette railoii i'ay inuentc i'indrument fLiiuant pour fure cetre
Opération plus comraodcm.eut Ô-: auec plus de feureté , car le coude du Chi-
rurgien eft appuyé deffus comme fur viiebafeoucolomue ferme qui l'auèrmic
t'ojésiafg. ^. de la table XL
C'eft vn banc afscs étroit & de médiocre hautcur/ur lequel on fait coucher
ie malade les cuilFes ouueitesjà l'endroit ou la lc|irc A eft marquée, afin qu'il
fe puilleâpuyer fur l'accoudoire marque B: que fi le Chirurgien veut attacher
le malade, [ ce qui neantmoinsn'eft pas necellaii-e, veu qu'il n'y a quafi point
, de douleur en cette Opération ] il le peut aufii faire par le moyen de cent ac-
coudoire:le malade donc étant a(Iis fur ce banc,lc Chirurgien s'y mettra aufîi
ayant les cuilfes cquarquillées là où eft la lettre C, mais comme il cftncccf-
faire que le Chirurgien foit vn peu plus releuc que le malade,il fe fera me:trc vn
coi{fin deifous: on peut aufii mettre le malade fur vn fiege propre & y â:achec
cet inftrument:mais auant l'Opération il faut attacher cet inftrument au banc,
comme on le voit en la figure : le Chirurgien auiîî l'éleuera ou baiftèra, là où
eft D, afin qu'il foit dételle hauteur que le cou.le s'y puilïc âpuycr comme fur
vne bafc:&: pour le rendre plus commode, il fera vn peu creuse ^- garni de lai-
ne & dedrap,& par le moyen de la vis F,onrhau(Ièra & bailfera autant que la
neceflîtc le requiert: le banc figure ci delfus eft fait peur la gauche de
l'Operateur : que s'il faut faire l'opération delà droite , il faut mettre l'in-
ftrumentenla partieoppofite marquée G , ce qui fe fera par le moyen <i\'\\
clou oucheuille de fer marquée E de laquelle la pointe eft à \is. Obferu. i6.
Cent. IV.
OBSER-
des Opérations de Chirurgie. 33j
OBSERVATION XXXIII.
jyvne fujfujîon en zn œil ''Oenue d'amtr trop pleuré.
VNc Dame de Bafle qui auoir pafsc cinquante ans,pleura amcrcment quel-
ques iours de faire vne tienne parente, enfin en vne nuic coiic d'vn coup
elle perdit la vcuc de l'œil dioit; mais fans douleur & inflammation, en reuc-
nant d'Alfacc en luin 1614. & palTant par Bafle on me l'a mena voir,& vis qu'el-
le êtoit de couleur obfcure ik non encor meure : on voit par là que de petits
commencements viennent de grands maux, comme vn cmbrafcmentdVne pe-
tite étincelle. Obfer.iyCent. 4.
OBSERVATION XXXIV.
D'vne fujfiijion venue en "cn moment.,
LE grand Fernelau liurc 5. de fa Pathologie parlant de la Suifufion, affurc
en auoir veu vne engendrée en vn fcul iour, mais comme il n'en marque
pas Icscaufes nilcs circonllances, quelques vus pourroycnt tenir cela pour
impc{Iible,vcu qu'il faut du temps jour la génération , car puis qu'à fontiire
ceu'cft autre choie qu'vne congélation ou concrttion d'vne humeur contre
nature , ou en la prunelle, oa entre la m.cmbrane Rhagoide 6l l'humeur cry-
ftalline, qui cft-cc qui Çz pourra pcrlr.ader que cette concrétion fe ^AÏç fifubi-
temenc î pour cette raifon i'ay voulu foiriner mon opinion par vile chofc que
i'ay vcu.
Le 10. Auiil 1610. vn ieun' homme nomme Abr^him. Buigcilcr en fendant
du bois, vn éclat voLiàTceil gauche non à la.corncc,maioà lapajpiere , aucc
vue telle impetaolîtc qu'il luy Lmbla que le feu & des ctinceiksluy iortoyent
des yeux auec vne fort grande douleur ; après quelle eut vn peu pafsc , vou»
lant ouurir l'œil , il reconnut qu'il auoit perdu la veiic de ce côte : m'étanc
venu trouuer à Berne huit iours après ie trouuay vne tâch?,où comme vnè t.-syc
entre l'humeur chvylValliae & la prunelle : toutes les autres parties de
Tœil étoyent en bon état , or cette fuiîufion ê;.oit blanche & vn peu iné-
gale, maisfi cpailîe ck fi dure qu'elle couuroit entièrement l'ouuerturc de l'v-
i]éc,de forte que le ieun' homme ne voyoit entièrement rien de cet œil ; Il
me demanda h on pourroitâbatrc cette Cataradc, mais iz luy confeillayde
renuoycrl'op.narion pour les raifons fuiuantes, premièrement parce q-i'clle
nétoit pas cncor afscs a6fermie ni af>és dure pour ccrc âbatue > car c'cft
3^4 Liure Cinquième
vnc chofe airarcc qu'elle ne poiiuoic pas être venue à vnc parfaûte maturité en
Il peu de temps: i. parée qu elle ne me fcmbloic pas être de telle nature qu'elle
peut êcce âbatue, ce que ie coniedurois par ce que fermant l'autre œil Ôc en
frottant le malade, rVucedemeuroit immobile, de forte que l'on n'y pouuoit
remarquerni dalatationniconftridiou, carie plus fouucnc telle forte de futiu- 1
don eft incurable, vcu qu'elle cft tcilemcnrattachcc à la Tunique Vuce qu'on ■■
ne la peut point âbatre fans la déchirer: Gui de Cauliac a aufli été de cet auis,
Nous eftimons,dit-il,que laCatara<5lenc peut ccrcàbatue quand la prunelle ne
fe dilate point ou en frottant, ou en fouftl.iur, ou en frrmsnt l'autie œil, parce
qu'il y a aufli oppilation du neif optique, ôi quand mêmes elle feroit âbatae,
le malade ne recouurcroit pas la vei:c.
Or il eft malaisé de trouuer la caulc, comme cette fufFadon s'tft formée il ^
promptement : mais comme toute concrétion fc fait par vn 'çxcés de chaleur
ou de froid,ie crois que ce coup attira vne li grande quantité d'efprics fur Tœil
que les parties les plus fubtiics de l'humeur aqucc ayants efté dilîîpéeseni'ou-
uerture de l'vuéc foules cipiics s'allèrent rendre à la foule à canie du coup,
ainfi que témoigneut ces étincelles & cette flamme qui en fortit ) les plus ter-
reftres de cette humeur s'épaiirnent, &: par manière de dire, le congelèrent en
la furfacc,ne plus ne moins que nous voyons la crème demeurer fur Iclait com-
me vnc peau : or on voyoic à l'œil que la chofe êtoit ainfi arriuce, car elle n'é-
toit pas vnie comme font ordinairement les (ulfufions, mais inégale , ridée &
femblableàdu lait caillé dedans l'œil : le malade difoitencor, comme auflî ce-
lui qui l'auoit amené, qu'il y auoic au commencement dans les véncs de la tu-
nique adnata,vne rougeur <3c comme vne cipecc d'inflammation , mais qui fe
dillipa d'elle même : cette rougeur croit aulfi vne marque de chaleur, mais
îointeà vnc matière fubtile , car li elle eut été cpaillè, elle ne fe fcroit pas h
promptement diffipée : cette opinion eit aises probable, fl elle n'cfl pas véri-
table, O^'^rw. 14. Cf«r. 5.
OBSERVATION XX XIV..
Fourqmy il n'y a point de douleur en U depojîtion de la Catara^e.
IEn'ayencorpeudccouuiirla caufe pourquoyc'eft qu'en ladepoîitîon de la
Catara(fle,non feulement la membrane a inata , mais audî la cornée Se l'v-
ucc peuucnt être percées del'Aiguille fans douleur , veu que l'adnata tire fon
origine du Pericrane, la cornée de la dure mère <3c l'vuéc de la pie mère, qui
font des membranes doUcesd'vn vif fentiment: on vait encorque fi vn brin de
paille ou vn grain de poufliere vient à tomber dans l'œil , incontineiir il fur-
uicnt dc*doulcuM trcs- violentes, mais quand oa abat U Catarade , C comme
des Opérations de Chirurgie. 385
iclay quelquefois expérimente, f mêmes quand on perce la membrane^ la
douleur eft (î petite qu'à peine le malade fait aucune plainte : par là on peut
remarquer la prouidence de Dieu , car s'il y auoit dans cette Opération ce fcn-
timent ôc cette douleur exqnifc, qui a accoutume d'arriuer quand les membra-
nes font pique'es, il ne fe trouucroit aucune pcrfonne fi couragcufè qui peut
porter ces douleurs fans émotion de la tcfte Ôc de tout le corps. Ohfi. Cent. 6^
'BsjJ fonce du Docieur Gregorius Horjlms.
le n'ay peu trouucr non plus que voiis cette doute en aucun authcur , encor
moins la foiution d'icelle , quoy que cette Opération foit diligemment dcT-
critetant par les autheurs anciens que modernes,ainfi qu'elle ell exercée par
les empiriqucs,comme on peut voir en Paré liu- i^. ch. 21. nonobstant ce que
dit ce renomme Fabritlnsab y^^napendeme pâme i. chap. 16. des Opérations de
Chirurgie , que cette Opération reiilîit rarement aux Empiriques oculifles, la-
quelle Celfemetà bon droit entre les plus fubtiles, ingenieufes & délicates, la-
quelle vous aucs rendu plus aiscc par cette chaife propre auec fou accoudoir.
Ce que vous dites elt véritable que czs parties de l'œil que l'on pique, font
douces d'vn vif (cntimentiSc vous me demandes auec raifon pourquoy la dou-
leur eft fi petite en cette Operation,bquelle eft fi violente quand ces membra-
nes font blcfsccs, comme Glandor. ius en a deuxou trois exemples en fon Spe-
CHhnn Chirurgicum: vous fçaués que la nature de la douleur confifte plutôt en
la foiution de l'vnion faite, que lorsque la des- vnîonfe fait, & pour cette rai-
fon fouuent on ne remarque pas que l'on eft blefsé,iufqu'àce que la fcrueur de
la colère ait pafsc : Ne fera-t'-il pas de même l'efprit étant frapé de crainte &
de confternation,à caufe de laquelle il ne fent pas incontinent la douleur qui
arriue en l'Opcia-.ion mcm,e,ne plus ne moins que les Cautères adbuels qui (e
font auec vn inftrument couueit, font peu de douleur? ou bien l'intempérie de
la partie iointe à de la matière, n'aura- 1'- elle point introduit vue infenfibilitc
d'icclle,veu que la Cataradlc s'engendrc,par laps de temps, d'vne humidité va-
poreufepouGéc(url'œil,qui s'y eft épaiflic par la froideur de la patrie reci-
piente, comme cela arriue es autres parties qui perdent la viuacité du fenci-
mcnt par cette caufe:lapiqneurc doiic étant faite , qui fait foiution de conti-
nuité en vn m.oment, la douleur ne peut pas être fi grande, laquelle neantmoins
a accoutumé de furuenir aux inflammations, à caufe que la chaleur naturelle
réueillelefcntiment de la partie, 0^ pour cette raifon les Chirurgiens oculiftes
quand ils font cette Opcration» mettent incontiiient des remèdes qui empê-
chent l'inflammation & la douleur,&: bandent aufli l'œil fain,à caufe qu'il ont
vn même mouucment, afin que l'œil malade foit en repos. &cc. Obferuau 78.
Cent. (j.
Ccc
385 Liure Cinquième
!
^ '
OBSERVATION XXXV.
De l'Exophtbalmie dite Oeil de bœuf.
L'Exophthalmic vient fbuucnc après la dcpoficion de laCataiadc qui n'apas
rciiflfi, alîaiioir quand les Charlacans rentreprennent fans que le corps aie
été preparéjou purgé principalementquand ils déchirent aucc l'éguille les mem-
branes internes de l'œil ou l'humeur cryfkalline , & ne vont pas au deuant des
accidents; car alors il furuient douleur, fluxion & amas de pus autour de l'hu-
meur cryftalline qui cft prelque au centre de l'œil: or cette matière étant en-
fermée dans l'œil même & augmentant à caufe de la douleur & fluxion des hu-
meurs, elle fait extenfion des membranes de l'œil, comme de l'vuée, de la cor-
née & de l'adnata auec vne très grande douleur,& enfin chalTè l'œil hors de Ton
orbite : cette forte d'exophchalmie eft des plus dangcreufcs, car la matière
peccante étant dans le centre de l'œil 6c enfermée en des membranes fort fer-
rées, le plusfouuent le malade vient à mourir auant que la matière forte : Tay
veu vncasà peu prcs fembiable à Berne en 1618. vn Bourgeois nommé laques
Hebncr ayant ctc dangereufement malade de la pefte &c pafsé le 14. iour, com-
me il eftoit apparemment hors de danger, il quitta Ion Médecin par le confeil
d'vn Chârlâtan,qui luy donna vn médicament lequel excita le vomilfemenc
auec vne lî grande violence, que le même iour les yeiu & le gofier luy enflè-
rent auec danger d'vne fquinance:avant demandé mon aduis, ie luy ordonnay
vn gargarifmc ex betonica, rcabtosa^flantagine^rojîs & mêliez auec lequel s'ctant
lauc la bouche, l'inflammation s'âpaifa, mais les yeux enflèrent fl fort qu'ils
fortoyent hors de leur orbite : or comme il ne voulut pas s'abftenir du vin,la
douleur augmenta tellement ce auec inflammation des membranes du cerueau»
qu'il vint à mourir en peu de iours aflauoir le 20. de fa maladie. Obfèruatlon i.
Centnr. 1.
OBSERVATION XXXVI.
D'''ône Exophthalmie après vn coup donné fur la Tefle.
L'Exophthalmievient quelquefois après les grandes contufions de la Ccfte
fans playc, comme ie Tay veu l'an jj ' 6. à M- ts en vne honnête Dame qui
fut frapce rudement par fon chagrin de mari, d'vn coup di baflon en ia future
coronale du collé gauche,maib ians p!ay»j , ainfi le fang cxtr lUabC n'ayant pas
ï\\<\z , il fc ictta fur i'opil gauche où iifuruînt une très grande douleur auec in-
Ham.mation
des Opérations de Chirurgie. 387
i[ammation principalement delà membrane Adnata,à caufe de la Tympathic
qu'elle aauec IcPericrane: le mal ayant êcc néglige au commenccment.l'œil
enfla tellement qu'il fortitprcfquehois des paupières , elle fut neantmoinsen
fin icmifc, la même.
V
OBSERVATION XXXVII.
De r Amputation de l'œil forta/n hors de fin Orbite.
Ne petite fille de Mr.Iean Ribcr Pafteur de l'Eglifc de Betterkincren âse'c
de deux ans, auoit eu quantité de frondes en plufieurs endroits de Ton
corpsjlefquels fe rclinirent (^au dire du PereJ après qu'il en fut forri vne quan-
tité de pus louable, de forte que la fillette fe porta afsés bien iufqu'àce qu'elle
eut trois ans,auquel temps elle commença à deuenir chagrine,valetudinaire &
fuiette àdesdefluxions s principalement fur les yeux,enfin l'œil gauche enfla i3^:
y vint vne tâche iaune vers le petit angle qui luy ôta la veuc : l'oeil étant venu
peu à peu à la groiîèur d'vnc noix hors de fon orbite & des paupières, on me
l'amena à Bcrnej& eonfeillay qu'elle fut traitée en la manière fuiuante i.qu'ellc
obferua vne bonne façon de viure 2. qu'elle fut purgée doucement par interual-
les, 5. que Ion luy appliqua des fangfucs fur la médiane gauche 4. qu'elle fut
ventOLiséc fur les épaules: 5. qu'on luy fit vn Seton en la nuques 6. qu'on luy
applica fur l'œil le cataplafme fuiuant. l/i.far.fabar. hordei , an. ^ // pulu. ro-
far. rnb. 5/j. myrtill. baUuJi.an. ^'].pHlH.flor, camorn. & rnelilot. an. ^/{^. cHm de-
coElo béton, eapbraf. & rofar. f.cataplafrna calidè applicandHm,kï' ùidc defquels re-
mèdes i'en auois remis quelques Vus , car il n'y auoit pas la moindre âparence
qu'il y eut quelque chofc de malin qui fut caché,ainfi i'efperois qu'elle pourroit
être remife par cette méthode:^ tandis que ie reprcfentois au long à fou père la
nature du mal <S: la méthode de le guerii-jie l'auertis quelquefois de ne confier
pas fa fille à des Charlatans & fur tout à des châcreurs,de peur qu'ils ne fe fer-*
uiîient de cette Cure violente qui fe fait par le couteau,à caufe qu'elle ne fe pou-
uoit pas faire fans vn grand danger de la vie : ce qu'ayant entendu, il me pria
d'y mettre la main : icluy promis d'appoircr toute la diligence poflible ôcquc
dés ce foirménxi'appliquerois le Cataplafme fur l'œil, mais ccpendantque ic
prépare les medicaments,céc impertinent de père va trouuer vn Châtreur fort
téméraire, auquel il raconta tour ce que ie luy auois dit, lequel s'étant mo-
qué de mon confeil , fit parade de fon expérience, comme c'cll la coutume
de telle forte de gents , <Sc die qu'il faloit extirper l'œil, que cela fe pouuoic
faire lansdouleur,promettâc impudemment de g'jcrirccice fille eni4.iours:Ic
peres'ctant laifé aueugler à ces belles promcfles y content inc6tinent,ce char-
latan donc tkhe de tirer l'œil anec l'inllrumet de GeorgeBartifch,fans céfidercr
C ce i
388 Liure Cinquième
que le corps êfoit impur & cacochyme, lequel il ne purgea point : mais l'eue- |(
ticmcnt fie voir qu'il n'auoit coupe que la fuifacc & laifsé la racine du mal: la -i
fedion êtanc faice , comme il tâche tant qu'il luy eft poflTible de confolider
laplayc (Std'acheuer fa Cure dans 14. iours , voici le fcm-inaiic du mal qui ^
commenccinconiinentàrcbourgconncrauecvne telle impetuolîtc &c mali- p
gnicc,vne certaine chair liuide «Se fpongicufc fortant hors de l'oibite , qu'en p
peu de temps elle fut plus grolfe que les deux poings d'vn homme , la peau fe f
déchirant de coté Se d'autre^d'où il fortoit de la fange puante, & toute la face h
étant parfemce de veines bouffies, & incommodée de cet horrible fungus, k
même l'œil droit & le golîer furent couuerts & remplis de cette chair pour- fc
rie qui alloit touliours en augmentant:mitis:cctte pauure fille érant réduite à ce |oi
miferable état & abandonnée par cet Operateutjfon mal-auisc de père êcriuic à k
Monfr. Nicolas Henzius Profcircuren la langue Grecque, à ce qu'il intercéda f
enuers moy ôc me demanda kcours,ce que i'accorday à cet home indigne d'y- p
ne telle faueur parvne charité chrétienne : cette fille donc ayant été amenée à ^f
Berne,ic vis ce mal qui faifoit peur,veu que ce fungus châcreux étoit venu à vne li
prodigieufegrofleur en peu de tems,car ayant melurcla circonférence du mal
iufqu'à la racine auec du papierjelleauoit i4.pouces &neufde hauteur,ilêtoic
partout rempli de noeuds de liuide auec plufieurs vlceres fordides &• puants,
d'où il ibrtoit vne matière fanicufe & foetide,rcndant aisément du fang en abon-
dance pour peu qu'on le toucha : or quoy que le mal fut grand & qu'il en for-
cit tous les iours du fang, ncancmoins la petite fiJle fe portoit afse's bien quant
aux parties internes, & fcc que nous auons confiderc auec admiration^ quoy
que toute la facefut enflée, même le goficr & les gençiues , elle âualoitneant-
moinsles viandes liquides & folides (ans difficulté5& par vne prouidcnce de
Dieu llngulicre clic dormoit quafi iour &c nuit; elle demeuraenuiron vn mois
entier en ville,cependant i'allay tant qu'il me fut poflible au deuant des acci-
dencs:cnfin Ton mal-auisé de père ayant piis quelques médicaments auec luy, la
ramena en fon villrgc où clic décéda peu de tcms apres:or l'opération fut faite
au mois de luin i3c elle mourut le 8.Scpr.i625.ainfi cette étrange maladie fit fon
cours en trois mois : que fi elle eue cté traitée méthodiquement, comme ie
l'auois pioposc , cette fille eut peu palFer plulicurs années fans incommodité.
le vous prie Mr.dc coiifidcrer ceci (!<c d'examiner l'inftrument de Bartifchjafin
de bien iiiftruire les Chiiurgicns,s'il fe preicnte quelque fcmblable incômoditc
i^^qudqueoperatiôen lapratique& leur represécer le défaut de cet inftrumét&
le leur faire voir à l'œiliquc fi quelqu vn vous vouloir contredire,comme c'eft
le plus foiuiet la coûrumcidc telles gcntSjfaites luy en faire auparauant l'elîày en
vn veau où en vn mouton,car luy même découurira l'impertinéce de cet inftru-
ment:i'cn parle par experiêcc, car qiiâd il me falut faire cette opération à Luftri
en ce Gentil- hôme,ic fis f^irc cet inllrumet[que ie garde encor en mon cabinet]
à Lauiannc par vn habile maître5& corne i'cn voulus faire l'cllày en vne tctc de
veau
des Opérations de Chirurgie. 58*^
eau > ic reconnus incontinent qu'il ctoit impoflîble de tirer entièrement auec
:cluy l'œil hors de Ton orbite fans faire fraârure au Crâne, comme cette fille
aexperimcnté à fonprciudice : ie me iiiis donc adiiisc d'vn autre inllrument
luqucl vous verres la figure en l'Obicrusâon 44. lia. 5. auec lequel ie fis heu-
eulement l'opération : or ic trouue l'infirument de Bai th. incommode pour
es raifons fuiuantes, i^.Parcc qu'il n'cll pas proportionne à rorbite,principale-
ncntau fond d'icclle,& vers l&^principe des mufclcs ôc l'implantation du nerf
jptique en l'œil ou c'eft qu'il le faut coupcr,car l'orbite en Ton fond à le plus
ouucntla largeur de cette ligne orl'iiîftrument cftquafi deux fois plus
arge, 2. Parce qu'il cft creux quafi comme la cueliier auec laquelle les Litho-
omiftes tirent le calcul hors de la vc{Iie,5<: quoy qu'il foit trcnchant, il ne cou-
)c pas neantmoins à cote & vers le Crâne mais en deuant , ainfi la plus o-rande
)artie du mal demeure dedans l'orbite , 5. Parce qu'il a les bords fort auanccs
k épais , il remplit tellement toute l'oibire qu'il ne peut pas être poufsc iuf-
ju'aufond d'iccUc fans vne grande violence, comme ie l'ay expérimente en
les beftcs:40. Si on veut que cétinftrument,comme qu'il foit fait,face prom-
;emcnt& aifemcnt ce que l'on dcdre , il c ft nece (Taire de le porter en dedans &
khors,toutde même que l'on mène vne Icie en coupant du bois,mais cela ne fc
)eut faire auec cet inftrument ôc cette cueliier: Bartifch y aioute auflî le rafoir,
iirurcmcnt pour couper la membrane adnata , mais cela ne Ce peut faire non
plus fans danger , car le Crâne eft fort dtlic en ccz endioit &c peut être facile-
ment oiicncé par la pointe du raloir : on peut voir par là combien cet inftru-
ntnt dcBartilch cft mal propreuous les Anciens ôc la plufpart des Modernes
ioyet l'œiljqui éroit forti hois de fon oibite,auce vn filet &. le coupoyét vers la
igature,ou bien laiiïbyent faire la nature: Maître Claude ChapuisChirurc^icn
le grande réputation en Bourgogne, en (on traite François du Chancre , veut
juecela le lace auec vn filet hotc d'arfcnic , m.aii il faut procéder en cetre
idtion auec prudence , car le filet n'attrape rien que ce qui palïc l'orbite : or
'origine du mal eft cachée le plus fouucnt au fond d'icelle, pour ne dire pas
ouiiours , piincipalemcnt s'il y a quelque dilpohcion au Chancre, or fi on ne
e coupe pas entièrement ou auccl'iaftrument ou auec le filet, il re<^crme in-
ronrincnt (k ie conuertit en vn monftrueux fungus : il faut confiderer ceci di-
igcmmentauant que ferrer la ligature ou entreprendre de couper la fuperficie
iu mal auec quel inftrumcnr que ce foit : que fi l'œil auec tous Tes mufclcs eft
;nticrcment hors dcfonorbitCiie ne defapprouue pas alors lamethodc de Cha-
Gcc z,
m
550 Liure Cinquième
OBSERVATION XXXVIIL
De la manière de tirer hors desyeux^ desfejîiis^fahloni éclats de bois
& chofesfernblables.
TOus les Anaromiftcs fçauenc que la membrane adnata vient du peiicrane
& la coince delà dure mère , qui toutes deux ont vn (cnciment fort vif,
pour cette raifou les yeux l'ont fort exquis Se font oft^iiccs aisément pat du fa-
blon,par des brins de pouffiere , SCc. i'cn ay veu quelques vus qui ont perdu la ! lîi
veuc par vnccaufc de cette nature &fort legcrcjCar la douleur qui vient pourcc
qu'il ell entre de lapoufficre dedans TcEil , attire inconfinent des humeurs fur -
les yeux , d'où viennent de giands accidents:il faut donc tirer promptem.ent &
auec beaucoup de ioin tout ce qui y cft attache : quelques vns veulent que l'on 'jit.
fe mouche fort ou que l'on pLOuoqucrcternuemenr,car ils eftiment que par ce
moyen la nature chatfc tout ce qui y cft contre nature, mais cela ne le peut pas
faire fans danger : car ce mouuemcnt violent & cet^e émotion du Cerueauqui ji
arriue encternuant chaile les humeurs excremcntitics tant aux yeux qu'aux na- 4
rines:mais les yeux d'ecreuilFe ou les pierretes qui le trouucnt en leur Tclle,net-
toyent Huis danger 6c auec peu de pcne le fablon &c la pouiliere des yeux, com-
me iel'ay expérimenté aisés fouuent : il faut donc fouleuer la p.iupiere delà
main gauche 5c auec la droite rncttre doucement & auec circu.friipeclion vue |i
de ces pierres dans l'oeil &Ie fermer incontinent , prouoquant le fommcil par
toutes forte de moyen : que fi cela arriue en voyageant, il i-aut mettre le mou-
choir entortillé fur l'œil, ainlî la pierre n'en fortira point qu'il ne foi: nettoyé,
l'ofe aifurer que cela le peut faircfans douleur ni incommodité : quelques im-
polleurs attribuent la même vertu aux pierres qui le trouuent dans ie ventre des
arondeleS(S: les louent iufques au troiliéme Ciel , les vendants plus chères que
l'or.'mais i'ay remarqué en plufieurs que non (eulcment elles n'ont de rien Icr-
ui,maismême qu'elles ont fait du mal : outre que l'on trompe fouucnten tells
forte de marchandife,veu que rarement on en trouue de vraycs : vn impofteur
me vinttrouucr dernièrement qui fe vantoit d'en pouuoir trouuer des milliers
& m'en montra plus de cent qu'il alTuioit é:rc toutes legitimes,raais il ne vou-
loit pas alfurer qu'elles eufTentététronuées dans desaiondellcs , voyez quelle
contradidion : elles étoycnt de diuerfe couleur,les vncs ctoycnt rondcs,lcs au-
tres longucttes,mais toutes lilfes : quelques vns y mettent vn grain defemeacc
d'orualc franche alTez heureufement,car l'cxpericace montre que cette femcnce
cft profitable aux yeux & à la veuc & qu'elle les nettoyé de la pouflierc.
Qiij: s'il eft entré dedans les membranes quelque éclat de bois ou chofc
femblablejalors il y faut procéder autrement, prenant premièrement bien gar-
de
des Opérations de Chirurgie, 3?i
fi ou il eni:rc,efi après le Chirurgien fera rcnir ferme la Telle du malade : po-
jiit donc le casqii'vn éclat foie entre en la partie infcnViue de l'iris, alors le
hiringien mettra l'indcumcnt de la table XI. figiire6 fait en forme dVn cuie
pille au delHis de l'éclat (k poullant allez ferme) en longueur de la mcmbra-
sadnata , en forte neantmoins que le creux de l'inflrumenc regarde la mcm-
canc,il commandera après au malade de regarder en haut, de en frottant l'œil,
clatfortira dclïiis l'inftrumcnt : que fi cela n'a pas reiiffi à la première ou fe-
ande fois,il ne faut pourtant pas quiter, mais il faut continuer iufqu ace qu'il
>icfirc:que s'il eft entre plus auant dans les membranes , il le faut tirer douce-
lent auec des pincettes,appliquant par après la refidenced'vn blanc d'œuf bien
âtu auec eau de rôles &c de plantin Se vn peu d'alun crud , mettant encor par
eflus vn couflinet trempe en la même eau> liant fermement l'œil auec vnc
andcjtant afin que les médicaments ne bougent point, comme aufli pour arrc-
r le mouuementde l'oeiljlcquel étant ouucrt,fe remue toulîours, or le mou-
Cinent eft fort contraire aux parties offencces & fur tout à l'oeil : Voyez les fi-
ares j.& 8. de Utable XI.
Que fi l'éclat eft entre en la panpiere d'cnhaut ou d'en bas, après auoir relc-
ic la paupière auec vue fonde d'argent , il fiant faire vn pinceau dVne éponge
leuue de conuenable grândeur,& l'ayant trcpc en eau rofe,il le faut mettre fur
eciatjle touinanr douctnicîK tant que l'éponge ratrrapc,ou ce qui fera attache
L la paupière : car cela fe fait ailèz aiscment,comme ie l'ay founcnt rcmarquct
nais il arriue quelquefois que de la poufliere & chofes lemblables font cachées
lauantfous ks paupières qu'on ne les fçauroit dccouurir , cncor moins tirer
lorsauec la main ou auec dcsinftrnmenrs, d'où viennent de grandes douleurs,
nflam.macîon & autî.es fâcheux accidents aul'quels il faut piomptement remé-
dier par purgations,{aignée,vcnroufcs & vue bonne fac^on de viure, m:ttant fiK
e front tandis que la fluxion eft véhémente, quelque dcfenfif&: veriknt dedans
'oeil le Collyre Cinua.m.'^.Mucilao^.fèm.cydonior.cHm acjrofar. c^ plant a^.extr.
U^is fntiliebr an.lti.caph.& croci an. 9 Ç't.m.f.Col/. lequel il faut appliquer tiède
^ renouueler tous les iours, autrement le lait vient à s'aigrir & rend le Collyre
acite, ainfi la douleur & l'inflammation augmente.' la violence de la fluxion
ctai\t appaiscc,ie me luis ferui fort vrilemcnt: de la fomentation CAiiamc. ^.
Semfœnugr.'lÇ'ijior.camom.meliLbeton.eHfraf.rofar.rub.ayu m, &. înddamur & cof;~
tundantnr i'iidantnrcjiue facculoejui filo hiterfutus & a^^na coBas cculo ter aut^aater
imerdin applicetur , Par ce moyen tout ce qui eft contre nature dedans l'oeil
fortira fans danger : Enfin s'il eft necclïaire on appliquera le Collyre fuiuant
qui eft deficcatif & fortifie la veuc- ri. j4(^ua plantag. euphr. & fœnïc. an ^ï.
tutUpreparatiZ , C. C. vfiï 0^ preparatiyCernJJa lou an. 5 Çs.m.f.Col.ObferHatlon 13.
Cent, II»
591 Liiire Cinquième
OBSERVATION XXXIX.
D'vne écaille de fer ^ni étoit entrée dedans la 7nernbrane adnata.
VN Serrurier d'Hilden traïuillanc en fa boutique , vue écaille de fer li
fauta dans l'œil iucc impccuoficc tSc encra bien auanc : ayant crc demanda
quelques iours après, ie la trouuay au delfous de la prunelle à l'endroit ou l'iii
commence , car on y voyoit ailement vne peticerâche noire &c qui n'ctoit d'
gueresplus grande que cette lettre o : ilfentoic vne giande& continuelle doti
leur principalement quand il fctraoit rœii,car la paupière iiifctieurc frottoi
contre l'ccaille qui ctoic rude, ainfi la douleur le trauailloir principalement d
nuit: mais quelque diligence & induftrie que i'apportallc,ic que i'y eulfe mis 1
main crois ou quatre fois pour tâcher de la tirer,ncantmoins ie perdois ma pê
ne,car cette écaille étoit fi petite & étoit entrée fi profondément qu'il n'y auoi
nipincerte ni rien qui la peut ârraper ; or n'olantpas me (eruir de quelque \{\
ftrument pointu pourla tirer dchors,à caufedu mouueraent continuel de l'œil
&la douleur & l'inflammation augmentants de iour à autre , ie delibcray d
lailïèr faire la nature ^ les médicaments , ainfi l'ayant purgé vue fois ou deu:
par des pilules cephaliqucs, ie mis delïïis vn collyre anodyn vJi vn peu repcr
cuflîf, i'ouuris la vêne du bras & appliquay (ur la nuque «^ (iir les épaules de
vcntoufcs , maisaucc peu de fruit , car la douleur & cette tache noire dcmcu
royenten même état, enfin ayant mis le lachctluiuanr, la tache fut ôtée en pei
de iours& la douleur apaiséejainh cet homme fut entièrement remis. ^.Rad
alth.minutiJJAncifiZ & contnfz l].fol. & jlor. béton, euphr. camomill me h lot. an. m. C'i
ro/ar.odor.m.j./èmfœnHgr contitf.^iuj.hicidantur intnHilmim.omnia,jîantfac ruli in
terjïiti débita maonitudinis. l'en failois tous les iours cuire en du laict de vach
fraichement tiré, le miCttant chaudement iur l'œil trois ou quatre fois le iour
Obf.ijXem.ir.
OBSERVATION XL.
De l'extra^ion d'vn morceau de plomb cjui etolt entre dedans lœ'd.
N fils de Monfieur Samuel Zchendcr Patrice de de Berne of B.iill if de Mou
^ don en léié. verfant du plomb fondu en de l'eau froide,il reiaillic en hau
auccvne celle impetuofité,qu'ilen entra dans l'œil gauche : le Père quiêcoicei
vne chambre proche ayant ouy le bruit ( car le garçon étoit tombé parterre.
il le crouua à demi mort &: me l'amena incontinent •• ayant regardé l'œil , i
trouu*
V
^
des Opérations de Chirurgie. 59j
tiouuay en la paupière de dclFasva grain de plomb de la grandeur d'vne lencil-
Icjàrendroit où le poil fore ôc vn autre qui ctoit eritrcd^ns la membrane ad-
nara , mais qui croie fi profond qu'à pcne le pcus-ie prendre aaec des pincet-
tes » enfin l'ayant tire, ieverfay dedans l'œil vn Collyieanodyn & rcpcrcundf,
le fermant 6c bandant diligemment , 5c oignis le front anse huyie rofat : le
lendemain ie le purgeay , continuant à mettre deux fois le iour du Collyre fur
l'œil, ainfi en peu de iours il fut entièrement guéri fans qîi'il furuinr aucun
c;accident ; on voit par là comme il cfl: necclfaire d'ôtcr : s'il eft poflîble, dés
il le commencement la caufe du mal, car fi ce plomb y eut demeure encor
!c quelques heures , afiurement ces parties fc (eroycnt enflées , Se le plomb fc-
■ roit entré encorplus auant dans les membranes & n'eut pas pu être tire hors
tauantlafuppuration , & cependant il feroit furuenu des dangereux accidents
£ comme douleur , inflammation Se autres : ie l'ay remarque louuent es playes
aid'harquebnfadejcarfionneftpas foigncux dés le commencement de tirer la
•bâle, le Chirurgien trauaille par après en vain , iurqu'àcequelafuppuration
tétant faite, elle forte auec la baie , quoy que cela n'arriue pas toufiours , car
bien fouuent elle demeure dedans le corps vn longefpacc de temps (3c par fois
tout le reftedela vie. Obf.io .Cem.tf.
OBSERVATON XLI.
' De CEtraElion d'vne écaille d'acier qui et oit entrée dedans la Cornée.
\7 N Payfni de la Vallée de faint Ymier proche le Lac de Bienne nommé
Benoiit Barquin, achetant de l'acier chez vn Marchand &c clboifiirantlc
meilleur fùiloit choquer vn morceau contre r2utre,vn brin luy fauta en cet en-
droit de la Cornée où cft l'iris Se demeura attache bien ferme en la membrane
auec vne grande douleur: ceux qui ctoyent à l'entour ayants tout clfayé en
vain, & la douleur Augmentant auec l'inflammation , il me vint trouucr à
Berne le cinquiémeMay !6i3. Luy ayant ordonné vne bonne façon de viure
(Se vuidé le corps tant par frJgnée que par purgation , i'elfayay quelques iours
de fuite &àdiucrfcsfofs d'ôrer ce brin, premièrement auec des inftrumcnts,
maisil ctoit fi petit que ie n'en pus pas venir à bout , ce qui m'obligea à ccr-
chcr vn autre expédient «?c à me feruirdcfachets comme i'auois fait auttcfois,
ce qui fut encor en vain : mais ma femme s'aui('ad'vn remej." fort propre , car
tandis que ie luy éieuois les pnupicres auec les deux mains, elle appro:hoit
vne pierre d'aimant le ; lus prés de l'œil qu'il luy croit poflible, ce qu'ayant
faitàdiuerfesfois , (^ car il ne pouuoie pis longccinps porter la lumière de
laquelle on aupit befoin pour cctcltctj enfin ce brin vola conrrc l'aimanc
Ddd
394 Liure Cinquième
comme chacun de nousle vit manifcftcmciK, & aprçs auoir applique vn CoU .,
lyre anoclyn,il fat bien tôt remis.
Mais il faut remarquer qu'en vne même pierre il fe trouuc bien fouuent des <
facultés contraires, aflauoic que d'vn côté elle attire le fer & qu'elle le repoulïc|
de l'autre , ce i'ay remarque en la même pierre de laquelle ic me fuis ferui: '^
pour ne donc point faire de faute , il faut auant l'opération eifaycr tous lc»|î
coins d'icclle,les prefenrant à delà limaille de fer , &c. Obfernation tu Cerk'l
îitr. V.
OBSERVATION XLII.
D'vne fifinle Lachrymale guérie heureufement,.
EN luin 1615). ie fus demande pour aller à Soleurre voir aucc le Do<9:eur;
Scharande vn garçon de 13. anSjfils de Noble lean laques Vonvevîs, lequel
ctoit trauaillé dés quatre ans d'vne fiftule lachrymale au côte gauche, que l'on
tenoit pour incurable, caujon feulement l'os ctoic caric,mais auffi lagîandulc
ctoic tellement rongée, qu'à chaque fois que ce garçon plcuroit,lcs larmes for-'
roycr.t en abondance par la fillule , il ctoit tellement chagrin & impatienr,quc
nous ne luy auons iamais peu appliquer le Cautère aâ:uel,qui cft le grand & '".^
fouuerain remède en ce mal , ce qui nous obligea de fongcr à d'autres : luy
ayant donc ordonné vnc bonne faconde viure , nous purgeâmes l'humeur qui
ferr.blûit prédominer 6c félon fa portée , nous luy limes après le Scton fur la
nuque, & quelques iours après qu'il commença à flucr,nous trauaillames à la
fiftule en cette manière : pre.mierement,parcc qu'elle étoit fort étroitte , i'y mis
vnpeudc mon Cauftic qui ronge fans douleur : l'cfcare étant tombée, nous
élargîmes la fiftule iulqu'à l'os aucc vn onguent efcharotic & auec Ats épon-
ges préparées , enfin nous {aupoudrames la fiftule aucc de l'euphorbe fimplc
Ck en quantité, , & mîmes après vn emplâtre fait auec de la gom-me elcmi feu-
le ; nous étants fcruit" de o % remèdes quelques semaines de {uite,il fe prefcnta
vne petite efquille d'ûs,laquelieMonficur Scharande tira en mon abfence, &
ayants mis quelques iours de fuite vne demi goûte de baume de Tolu fur l'vl-
C€rc,vnc fois le iour auec du charpis, la fiftule fut en peu de temps entièrement
guérie, laquelle cft à prefent confolidée fans aucune oH^i-nce de l'œil ni de la
vt-uë ; nous Irullàraes aulîi quelque temps après clorvc le Sccon , &c. Ohferua^
ùon 11. Cent, V.
OBSEP,-
des Opérations de Chirurgie. 395
OBSERVATION XLlII.
De U CHYe de lafi/fule Lachrymale.
ÏL faut auaHt toute œuurc ordonner rne bonne façon de viure, i. Il faut pur-
ger le corps félon l'humeur qui prédomine, 30. Il faut fortifier le Ccrueaii
?ar médicaments tant internes qu'externes : il ie faut fcruir de la deco6tion de
;aiac j falfafras , chine & ralfcparcillc, y âioutant fauge , rofmarin, betoine,
'naiQraine)primula veris : Les conferues de betoine, rofmarin, fauge , maio-
raine, primula vcris,paeonia,font couueuables, comme aullî la confedion d'Al-
tcrmes, ccorcc de Citron , poudres dianthos,aromaticum rof & femblables:
il faut mettre fur la Telle des poudres de bcnzoin,ftirac.caIamitate,maftic,oli-
ban,arpbre blanc>grains de kermès, racine d'iris de Florence,flcurs de betoine,
irofmarin , maioraine & rofes rouges , auec lefqucUes on pourra aulïi faire des
:ocifes piquées , 40. La matière qui Te iette fur l'œil doit être détournée aii-
(iicurs par Vcntourcs appliquées fréquemment fur les Epaules êc par des VcCi-
jçatoires derrière les oreilles .* mais le plus feur expédient eft le Scton , car il
tire puiflammcnt à foy & vuide la matière qui fe verfe fur les yeux , il déchar-
ge la Tcfte de toutes humeurs fuperflues ôc la fortifie puiflammcnt , bref il efl
de fi grande importance,que i'ay remarque qu'vne fiftule lachrymale inuetc-
rce n'a peu être guérie que par ce fêul remède : mais il faut auparauant pur-
ger le corps de ne faut rien entreprendre fur la fiftule que le Seton n'ait cou-
le quelques iours,5>: qu'il n'ait tiré à foy l'humeur qui fc iette fut la,fiftule:en
après il la faut dilater premièrement , s'il eft polBble , par des tentes faites
auec racine de gentiane ou auec de l'éponge préparée , finon il y faut vn peu
mettre de mon cauftic , prenant garde de n'en met^e par trop , car la grof^
feur dVn grain de lithofpermum fufiit : il faut aufli fermer l'oreille dili-
gemmcnr,de peur qu'il n'y en tombe quand il fera fondu , il y en a qui l'ou-
urent auec vue goûte ou deux d'eau forte ou d'huyle de vitiiol , pour ronger
le Cal & la chair fupcrfluc , mais mal à propos , car elles peuuent par leur
infignc pénétration corrompre l'os qui eft peut être entier ôc fain , ce qu!oii
ne doit pas appréhender de mon Cauftic,vcu qu'il a vue matière crafTc & tcr-
reftre qui n'oftence point les parties voifines , mais l'huyle de vitriol & Teau
forte s'étendent au longCk' au large : la fiftule étant dilatée , il y faut mettre
du précipité diligemment préparé en faupoudrant l'vlccrc ou la mettant auec
du charpisjle couurant auec vn emplâtre fait auec du fcul gummi eUmi éten-
du fur vue peau ou vn linge : ie n'oie pas me fcruir d'vne poudre plus for-
te que Celle-ci , de peur de dcnuer l'os de fon periofte,fi d'auenture il
êtoit encor entier : car i'av fouucnt gucri des fiftulcs lachrymalcs , quoy
Ddd z
39^ Liure Cinquième
qu'inueterces , crqiiclles l'os n'ctoic point carie : partant il ne faut rien
^ . . trop
curicunzmcnt dés le commencement pour TçaiioiL- fi l'os eftcaiié, car s'il
l'cft , la poudre confumera aisément la chair qui cfl: molle &c flafque , que Ci
l'os eft fain , la poudie le lailFera tel , laquelle non feulement mondifîera l'vl-
cerc mais auflîlc cicatrifera, car elle à diuerfes facultés comme ie l'ay fou-
uent rcmarc|ué : que fil'os fe trouue être carié, il le faut découurir autant qu'il
eft poffible, puis il y faut mettre par dclïïis de la poudre d'cupho-becn quan-
tité , caiiln'y a rien de plus excellent pour les os caries 6c la hftule lachry-
male: il ne faut point appréhender fon acrimonie , car i'ay rcmiarcjuéque le
nôtre ne biule point la chair qui eft autour : mais il faut aduertir le Pharma-
cien , qu'il n cngrpille pas le pilon d'huyle en le pilant , comme c'cft la coutu-
me , car il luy ôte fa force &c eft contraire aux os : mais de peur qu'il ne don-
ne au Né par ion acrimonic,il y faut verfer vne goûte ou deux d'eau de vie : il
yen a qui veulent corsigcr la carie de l'os auec eau forte , huylede vitriol, ou
de foufre , mais c'eft mal fait , car elles s'écoulent fur les parties voiiînes ôC
corrompent d'auantage l'os , partant il ne faut point s'en feruir là même où
les os font les plus durs comme font ceux des iambes , encor m.oins des Na-
rines : Des autres veulent arrêter la carie de l'os en la fiftule lachrymale par
leCauteieafta:!, ce que ie ne defapprouue pas, mais ie me fuis toufiours fi
heureufemenifcrui d'- l'euphoibv' , que ie n'ay iamais voulu me feruir du Cau-
tère, quoy que ie ne le condamne pas: car lelon Hippocrate , ce qui ne peut
pas être guéri par le Fer, cftincurable : l'Vlcere étant fuififamment mondifîc
Si prcfque rempli de chair à l'aide delà poudre de précipité , on peut mettre
du baume de Tolu auec du charpis , car il fait vne belle cicatrice &c égale:
mais tandis que l'on traite kc malade,il faut verfer goûte à goûte du Collyre
fuiuant fur l'œil, deux ou trois fois le iour,aucc vn linge double trempe en
iceluy par dciliis, bandant le tout diligemment pour empêcher tant qu'il fe-
ra polTible le mouuement de l'œil , car le mouuement attire les humeurs &
tmpechc la co-'foiidation,cc Collyre fc fait ainii. '^. A(j:uropir. plantag. an.
3 i ^. acjua. etiphraf. & chelid. an. 1 i.fem. cydofiior contuji 9 j/ maneant in in-
fhjtone ioTAsfeptem "cel oBo , colatur£ adde tuthix pr£parat£,p/Hmi?i/^uammo/i di-
Ugenter praParati , cornu Cerui vfli & praparatt an. 3 ù caphnra 3 /'. m. omnia
dilîgenteY m mortano^tepidè applica, &c. Obf,y Cenî-VL
OBS ER-
des Opérations de Chirurgie. 597
V
OBSERVATION XLIV.
De r excellence du Seton four guérir la Fifinle lachrymale.
Ne honertc Dame de Laufanne âgce d'enuiron cientc ans, femme de
Maître Nicolas le Prodeux, fort robLifte,mais qui auoic vn Cerucau hu-
mide, croit fuictte fort foinicnt à vue infl.-mmation des yeux auec vn couti-
nucl mal de tcfte, enfin il fc forma vne fillule lachiymale dans le canton droit
de l'œil: en ayant été trauaillce enuirondcux ans , elle me demanda mon âuis
l'an 1598. l'ayant purge & erîiployc tous les remèdes généraux,» &■ ayant versé
fur l'œil tous les iours vu collyre approprié, ie luy fis aufli vn Seton fur la nu-
que : ainfi la douleur de tefte ne tarda pas à s'appaifcr entieremenr,& la filtu-
ie fut entièrement gucrie au bout de quatre mois : au commencement le Se-
ton luy êtoit vn peu fâcheux comme font les autres playes récentes : mais il
ne luy donna en fuite aucune incommodité, de forte qu'elle peut à prcfent fai-
re toutes les fondrions domeftiques: elle le porta trois ans entiers &: l'auioic
porté d'auantagejs'il ne s'ctoit fermé de foy même.
Or il faut remarquer qu'elle auoit été moîcftée quelques années de fuite àcs
fleurs blanches, à caufe dcquoy elle n'auoit iamais fait àzs enfants, mais ayant
porté quelque rems le Seton, ce flux s'arrêta &: elle conçeut peu de tems après
iSv a eu des enfants en fuite.
Vne ieune Damoifellc de Laufanne auoit été trauaillce quelques années d'v-
nc défluxion lur les yeux auec vne fiftulc lav-iuymale, au grand ano^le : plu-
ficurs Médecins & Apothicaires luy auoycnt ordonné diuers remèdes : elle
auoit beu quelque temps delà decodion de Gaiac,& n'auoit rien omis de ce
qui ê[oit neccifaire , mais tout cela ne feruoit de rien , enfin ayant été deman-
dé l'an 161Q. ie trouuayvn vlcere (ordide en la partie Sterne 'du nés qui pai-
foit iufqucs à la glande lachrymale : après auoir employé les remèdes trçne-
raux , ie luy ordonnay derechef la décodion de Gaiac , S< izndis qu'elle s'en
feruoit icluy appliquay le Seton : ie mondifiay cependant l'vlccre auec toute
la diligence polîjblc , ie verfay dans l'œil d'vn collyre , mais ie ne voulus pas
découurir l'oSjne fçachant pas s'il étoit carié ou non &c en quel endroit elle
fut remife & fc porte très-bien à prcfent, Obfertt. i cj. Cein. 4.
OBSERVATION XLV.
*I>e \r extirpation d'vn FicHsfchirreux au grand canton de F oeil.
'An 155)8. 10. Février ie fus demande pour voir vn homme de 40. ans qui
^auoic vne tumeur fchirrcufe au grand canton de l'œil gau. he.de la criofl
Ddd^ ^
5$S Liurc Cinquième
(eur 3'viîe Charagne, de couleur liuîdc Se entrelacée de pluficurs vcncs capil-
laires: cette rumeur ctoit âtachce d'vncôtcà la membrane coniondtiue iuf-
qu'à l'his &: tenoit de l'autre à la paupière d'cnhaut & à la glandulc lachry-
malc, de forte que quand il rcmuoit l'œil ce fchirre couuroit toute la prunelle:
ayant purge Si (aignc le malade en la vcne cephalique du bras gauche, ayant
auflî ordonne vue bonne façon deviurc, i'cmpoignay la tumeur auecmcs te-
nailles oculaires, puis les tirant vn peu Se renuerfant la paupière de dclfuSji'ôray
aisément la tumeur auec vn couteau Icparatoire fait exprès : puisie misdcA
fus vn blanc d'œuf batu auec eaurpfc , &: en trois femaines ic guéris l'œil en-
tièrement C fans qu'il y eut aucune otîcnce en la veuc J auec des collyres ano-
dins, abftcriîfs Se fur la fin deiiccariS: mais cependant icluy donnay quelques^
purgations Se appliquay fur les épaules Se la nuque des ventoufcs auec grande
flamme, ie mis auQi vn défenllf fur le front 3c les tempes , Collyre anodin ^.
macilag.fem. cydonlor. c^ planta^, cion a<j. rofac. extr. laElis multeh. av',\iy Cfim'^
phor. & croci an, 9i5. m. appltca tepidè. Collyre deficcatif. !^.' 4^. pUntag. &
rofar. an. ^ii]. tiitht£j_^pt£, C. C. vRi &^ptiyCeyHjJit Iota an. jj. m. f. collyr'mm.
Obferu. 11. Cent. i. voyc.! Lt i. Hg.de Li i. table.
OBSEaVATiO N XLVI.
2)tf la/èparation de îa Taupiere d'enhaut collée à l'œil.
LEs Paupières viennent quelquefois à fc coller enfem.blc, où auec l'ail. Ci
les playes & vlcercs des ycuxjfont pencces ncgligcmmcnt,dc forte que l'on
ne peut pasouurir l'œil Se qu'il nait de la dcformitc : i'en ay vcu vn exemple
à Cologne en l'an 1595. en vn icune Gentil homme : il auoit reçeu en Jtalic
vn coup d'cpce en la face qui tcnoit dés l'oreille gauche iufqu'à l'œil : or non
feulement la paupière de dclFus auoit été coupcc,mais aufli l'adnara &■ la tuni-
que cornée,quoy que fuperficiellcmenr,car le coup ne palfoit pas iufqu'au vui-
de de l'œil, vcu que les humeurs n'ccoyent pasforties : cette blelfure auoit été
guérie en Italie, mais peu heurcufement , car le Chirurgien ayant bandé l'œil
trop ferrc,la paupière d'enhauts'étoit colée à la membrane coniondiuc Se à la
cornée,aufqucllcs elle étoit Ci fort attachce,qu'il ne put point ouurir rœil,outrc
que le malade enduroit encor de la douleur, car comme les Anatomiilcs fça-
uentjvn œil venant à fe remucr,rautre Ce remue aulîî/mais l'œil malade ne pou-
uant fe remuer librement auec rautre,& les paupières étants tirées deçà Si delà
à caufe du mouuemcnt de rœil,il étoit impoflîble qu'il n'endura de la douleur,
partant l'œil s'étoit enflé Se larmoyoit quafl àl'ordinaire: il auoit demande âuis
à des Chirurgiens en Italie , mais luy ayants fait entendre que la paupière ne
pouuoit pas ctrefeparce de rociljfînon que l'on feferuit de quelque inftrumcnt
trenchant
des Opérations de Chirurgie. 35^
trcnchantjcettc procédure n'agrca pas au malade Ôc il rcniioya-à flAucretMM
la Cure, car il fçauoit que h vtuc de cet œil ccoit comme perdue, &: il apprc-
jiendoit que les humeurs ne s'ccoulaiTcnt en Tcpai ant la counce & que les mem-
branes ne fe reriralTcnrjCc quinpporccroit: de la d.formirc ; enfin ctanr venu à
Cologne Tan 1503.& s'ctat adrc fsé au Dodcur Ican Sloranus & à moy,nous le
mîmes au deffus par la grâce de Dieu anec les remcdes fuiuanisiluy ayants or-
donne vn bon régime, 1 ayanr purge Se faignc au bras., ie mis vne foiïdc cour-
be au grand canton de rceil,rous la paupière de dclUis encre Yœ\\5c icellc,mais
doucement , iafques à ce que le bout fortit au petit canton , alors i'y atachay
vn filet de foyc fort délie & rctiray ma fonde , ioignant après les bouts du
filet fous i'œil , y mettant vn morceau de plomb pefanc enuiron vne drachme,
ce plomb êroit libre de iour & branloit de côte Se d'autre félon que le. mala-
de tournoie la tcte çàoù là , mais il le pofoir de nuit , de peur qu'il n'appor-
ta quelque incommodité ou douleur, & iuy bandois légèrement l'œil, vo)ésla
fg. ^.de la table XI-
le luyfaifois mettre trois ou quatre fois le iour le collyre fuiuanr, a'uec vn
pinceau fait de plume de poul", dans l'œil par le grand canton ^.4^. rofar,
pUmag. Euphraf. an, ^ G. tuthiA çpta , ceYuJf& lot a , coy?îh vfîi çfr pptl an,
35. mlfcein mortario addoido muctlagimsfpijjilfim£feinm. cydonior^a.f. -vt fiât
linirnentum. Par le moyen de ce filet de (oye ôc du plomb, tout ce qui croit at-
tache de la Paupière à l'œil fut coupe & fcparc en huit ou neuf iours : Alorsic
vis que l'œil croit entier, mais que la vcu"cêcoit deprauceàcaufe d'vne cicatri-
ce qui êtoit en la prunelle : l'oignis quelques iours de fuite les paupières &■
le front auec de l'huyle de vers , & mertois delTlis le flonr, piincipalcment
de iiuir, vn fâcher pat beîomca primnla verts, Euphraf . jun arthctka , camomilla,
rojts & roremarinOi que ic failois cuire en eau." par ce moyen le mouuemcnt de
l'œil &dela paupicre futencicremcnr rcmis,de fortcqu'il n'ya aucune dcfor-
mitc, hormis vne petite cicatrice en la memb.ane cornée : c.'tre lorre d'opéra-
tion eft pénible, mais elle efl: fubrilt, airuréc,'Sc moins dangercufe que celle qui
cft proposée par Cclfc liu- 7. ch. 7. & par Aquapendcns co Ton liure des Opéra-
tions de Chirurgie au chap. de Ancyloblcpliùro , car cDe fe fait quafi fans
douleur, Obf. 7. Cent. 6.
OBSERVATION XLVII..
De Iv Réparation du Nés coupée
fN l'an 1590. comme le Duc de Sauoye faifoit la guerre aux Geneuois, vne
fille chafte & fage tomba [entre les mains de quelques foldats qui ef-
fàycrent en vain de h violer , & ne pouuants venir à bout de leur dellèin , de
400 Liure Cinquième
rage luy coupèrent le nés : deux ans après elle vint à Laufaiine trouuer Maître
Ican Grilfon , Chirurgien tres-fnucnaft^ heureux enlaPratiquc,lequelayant
promis de la guérir & de luy refaire le nés , fatisfit fi bien à fa promeifc,
qu'à pcnc pouuoit'-on remarquer que ccnés futartificiel , comme ie l'ay veu y.
afscs fouuent , car elle eftencor viuance en la preicnte année 1615. logée chés \',
la vefve de Monfr. loachimRohold, mais quand il fait bien froid le bout du è
nés luy vient vn peu violet, neantmoins il le nourrit comme les autres parties r,
du corps & a/entiment.
Le premier inuenceur de cette Opération efl: Gafpar Taliacot Profjlïèur en ;
Médecine à Bologne : Maiftre Griffon l'ayant âpris dVn étranger Italien qui 1
palFa par Laufanne lequel auoit été traicé & gueii par ledit Taliacot , ayant :
î'uppleé au reftc par Ton indufttie, quoy qu'il n'eut iamais veu faiie cette Opé-
ration, ni leu le liure de Taliacot où il en parle. Oi^fer. 31. Cent. 4.
OBSERVATION XLVIII.
De t extirpation â'vn Fungusfchirreux e^uî fortoit de t oreille.
L'An 1594. Damoifelle Marguerite de Martines fille de Noble François de
Martincs Seigneur de Bourgeon & Paily âgée de 8. ans fut atteinte de la
vcrole, de laquelle elle fut d'autantlplus malade qu'il n'en loi tit quafi point
au dehors , pour cette railon*^ qu'en (a ieuncde elle n'auoic point ctc luiitte
àlagale en la tête & autour dcsemundoires , l'année fuiuanteelle fut faifie
d'vne violente douleur de tête : il y auoit vne douleur, aiguë & poignante au
conduit de l'oreille droite. Je forte que toute cette partie du vifagc hit enflée:
on mettoit dedans pour âpaifcr la douleur,de ihuylc de Camomille tiède auec
du coton,&jOn en oignoit audi la face : quelques iours après il ie rompit vn
abfcés dans ce conduit, d'où il (ortit les piemiers iours de la matière fubtils
& femblablc à de l'eau où on a laué de la chair , & pa.>apres du pus épais : la
douleur de tête & d'oreille ceiïci peu à peu & le vifage dés- enfla : au bout de
trois mois il commença derechef à en découler de la matière fubtilc, de d:s »
lors il en eft toufiours forti mais fans douleur, ce qui fut caufc que chacun
eutopinion que cela ne pouuoit attirer aucune mauuaife fuite : Mais l'an
1600. comme fcs parents virent que l'ouye commcnçoit à luy diminuer peu à
peu &: étants en pêne, ils regardèrent le conduit de l'oUyc &c virent au fond
d'iecluy vne cxcrefcence de ch?.ir qui le bouchoit entièrement , cependant
quoy qu'il en diftilla tous les iours vn peu .1 - matière llibtile, cependant com-
me il n'y auoit ni douleur ni aucun autre ac. ident & la fille éun: craintiue à
caufc de fonâgc, la chofe fut renuoycc de iour en iour , mais en l'an 1^14*
comme
des Opérations de Chirurgie. 401
comme ils virent que cette excrefcencc fortoit hors de roreillc, ils furent fort
en pcne ^ firent venir de Geneue Mcflieurs Marc Oflredi «Se André Bonet re-
nommes Mcdecinsjlefquels voyants la difficulté qu'il y auoit en ce cas Se qu'on
auoit befoin d'vnc main habile , furent d'auis qu'on me demanda : étant donc
venu le 25. Décembre 1604. à Pcrroy,village fur le Lac Léman. & ayant regar-
dé l'oreillcji'y trouuay vne excrcfcence dedans le conduit de la grandeur & fi-
gure qu'elle cft reprefentée en la^^. x. de la table XL
Explication de la Figure*
A marque laTefte du Fungus qui remplilïoit entièrement la cauité exter-
ne de l'oreille , or elle n'cftoit pas enticiemenc ronde, mais auoit la forme de
cette cauité.
B regarde rexticmitc où le tourde l'oreille en dehors,
C la partie interne du côté de la face: or cette excrcfcence ctoit dure, iné-
gale &c liuidc: le reftc de ce Fungus étoiclong 6c auoit la forme du conduit de
i'orcille,finiirant en pointe vers le Tympanum , femblable entièrement à vn
Champignon:on ne le poauoit pas pourtant entièrement découurir à caufedc
l'extuberance marquée A mais feulement iufqu'a la lettre D: en ôtant cette cx-
cuberancc, on dccouuroitpeu à peu le relie iufqu'à fa racine qui étoit prés le
Tympanum: ie luy ay donc donné le nom de Fungus, fchirreux, à caufe de (x
forme & dureté : 01 il fortoit vers la racine encoi deux petits germes marques
E,qui fe fulïcnt certainement conuertis en Fungus.fi la petiteife du conduit ne
l'eut empêche: mais ceci eft à remarquer que le conduit de cette oreille fem-
bloitétre vn peu plus grand que l'autre, 5c que cette excrefcence par fa dureté
cmpéchoit qu'il ne garda fa proportion naturelle tandis que cette fille croii^
foit: or cette couleur liuide ik dureté me faifant connoître qis'ilyauroit deU
dilficnlté en ce mal & qu'il y auoit du danger : ie fus d'auis que l'on fit encor
reuenir ces Médecins: Et comme ce Monir.de Bourgeon deuoit aller à Geneue
pour des autres affnres,il voulut que i'en conferalFe encor plus auant aucc eux;
ayants donc êcé alfcmblcsCk diligemment examiné le mal , nous demeurâmes
d'accord qu'il faloit renuoyer la Cure iufqu'au printemps prochain à caufe du
froid excelïîf" e'tant donc venu àPeiroy le 27. Mars 1605. ie luy fis prendre vnc
médecine : Et comme il n'y auoit rien plus à âprehender'en cette incommodi-
té qu'vne defluxion,il fut trouuc à propos de faire vne diuerfion confiderablc
& continuelle, ainfi après qu'elle eut été purgée ie luy appliquay fur les épau-
les des ventoufcs auec grande flamme & lcaiification,& le lendemain 30- du
mois, ie luy fis vnSeton au col,& pour dclïèchcr le Ccrucau & confumer Us
humeurs luperflucs ie luy faifois prendre d'vn Eleduairecephalic: on luy met-
toit aulTi tous les iours vne poudre delîccatiue fur la teftc : & fur le Fungus ic
Ecc
402. Liure Cinquième
mertois deux fois le ioui vn linge fouplc & double ticpc en mon eau contre les
vlccrcs malins, <3*: ne voulus pas ellaycr autre chofe iulqucs au mois de May,
afin que la' nature prit la coutume d'cnuoyer les fupcvfluités du Cerueau vers
le Sston: cependant '.lie via d'vn bon régime de viure, comme auffi durant
tout ledecours de la Cure : après auoir donne ces ordres, le m'en allay à la
maifon : étant de retour le 13. May,ie luy baillay le lendemain vne gnedccme»;
ôc le lendemain ie luy ouuris la médiane du bras droir,tirant enuiron fept on-
ces de fang : le 16. 17. ôc 18. elle pritvn Apozeme preparatif, & le 19. elle fut
derechef purgée par vnelcd:uairc> duquel cilcprenoit aufli par interualles du-
rant toute la Cure, & toutes les fcmaincs vne fois ie luy mettois vne grande
ventoufe fur les épaules.
Il faluten fuite venir à l'extirpation du Fungus, or comme ^cela fe pouuoit
faire ou par fedlion, ou par di:s médicaments corrofifs &c cauftics ou par liga-
ture, il falut examiner auparauant qu'elle méthode étoit la plus feuce : les aflî-
ftants tenoyent l'excilîon pour fulpccle par crainte d'hœmorrhagie, &c la ma-
lade enauoit vne grande âprchenfion: ie Tçanoisaulî] que cette malfe qui rem-
plilïbit la partie externe de l'o; cille, ne pouuoit pas être confumée fans danger
par des médicaments corrofifs & cauftics , outre que ie foupçonnois qu'il y
auoit quelque malignité par la couleur liuidc , la dureté & inégalité de la tu-
meur , ce qui me faifoir âprchtader que le mal ne fut irrité par telle forte de
medicamentSj&: que cette humeur acre qui a accoutume de fortir des vlcercs
après Tapplicarion des Cauftics , ne rongea aufîi les parties voifines en même
temps: ie preferay donc la ligarurc,car i'erpetois de pouuoir âtraper ce Fungus
afsés auanr dans le conduit cel'ouy'. ,& de le pouuoir lier par vninftrument par-
ticulier & très propre pour cette Operationslequei i'ay inuenté/^.ii. table XI.
'Cet inftrumcntcft fait d'vne Urne de cuiurcou d*arg.ent& ouuert, mais en
forte que fes extrémités BB puilîtnt cftrc fermées en les prcfïant aucc les doigts,
elles doiucnt aufli en qu; Ique hçon être creufes en dedans,'jfîn qu'elles puillcnt
tant mieux empoigner la carunculc qui étoit gliflante : ayant donc choih au
i^.May vn lieu bien éclaire, ic mi? la malade inr vn iiiege,en forte que les rayons
du Soleil pouuoytnt entrer dans le conduit de l'oiiye , en après i'empoignay
auec vn filet la tête ourextiiberance du Fungus qui étoit en dehors marquée
A en la prerrierc figure, car par le moyen du filet ie tenois fufpendue la tête du
Fungus,cependant ie fis entrer vn petit cordon ayant vn demi nœud, comme il
cft i'jy rcprefentc & aucc vne londe ie le fis entrer fi auant.qu il me fut poflible .
En après k tiray les deux bouts du filet par les trous qui font marques, B B
en hi figure premtere,tahle XII.
Puis ayant poufsél'inftrument fi haut qu'il me fut poflible dans le conduit
de l'ouvcpûi Ls deux coftés du Fungus,& ayant pris les deux bouts du filctauec
les ikux doigts indices,& les ayant tiré bien ferme & ferré, ie liay fort étroic-
tcmcnt le Fuogus à l'endroit où cft D en la première figure : mais ccpcndaQC
que
des Opérations de Ghir urgie. 405
l'on fait entrer le filet aucc rinftiumcar, vn feruiceur doit tirer doucement Se
bellement en haut aucc le filet f marque C en la figure fuiuanrc J lexruberan-
ce du Fungus, à celle fin que le filet & l'infiirument puilTcnc être poufscs tant
plus aisément fanant, mais comme cela pourroit bailler de robfcuricc , i'ay
voulu âioutcr la figure ci-dclîus mentionnée.
La ligature ayant été Elite, ie ramcnay doucement l'inllrumcnt, lailFant
le filet iufpendu , puis i'appliquay vn linge double trempé & abbruué de la
liqueur fuiuance, 1^. y^^. nofir<£ ad ''ôlcera maligna |j. ac/ ranarum a^uatil.plan-
tag.Yofar.an. ^G.fem. cydomor.fHkilJJJl piilucrati'^G. G.C.vfli & pptly tutia &
plumbi Z'Jîian. 98. m. Orie veux aducitiu le lc6ccur qu'en telle forte d'incom-
modirésjil ne faut pointâbruuer le filet d'eau fortcfcommc on a accoutumé de
faire es autres ] encor moins le fioter d'AiTenic , à caufe dzs grands accidents
qui en arriuent : neantmoins ic remettois tous les iours l'inftrument & le fi-
let afin qu'il coupa peu à peu ce Fungus , i'étraignant vn peu d'auantage &
doucement : cette extuberance ayant été ainfi liée , le Fungus commença
peu à peu à flétrir , d'où il forcit vue humeur pourrie^ puante, mais de peur
qu'elle ne coula dans le conduit interne de l'orcillejie i'edayois trois ou quatre
fois le îour auec les pinceaux cy-delllis reprefentés faits d'épongé Figure 7. Ta-
kleX.
le mis en après fous l'cxtuberance,de tous côcés,des ûponges en la fufdice li-
queur tSc blé exprimées:afin qu'elles receulfent cctrc humeur putride & puante:
ainfi fut coupé peu à peu ce Fungns,de forte qu'il vint à tôber le 17. du moisfans
douleur ni hcemorrhagiermaiscôme ien'auois pas peu le lier iulqu'àla racine^à
caufe de la petitelîè du conduit de l'oUye, ie fus oblige de me feruir de corro-
fifs pour confumer le rcfte, après luy auoir fut ptcndrc auparauant encor de
fon eleduaire purgatif: & pour difiiper d'auantage les humeurs, ie luy fis pren-
dre vne dcco6tion fudorifique vn mois entier,pendanc laquelle elle vfa d'va
régime de viure fobre & dcficcatif,s'abfl:enanc de bouillons,frui[s,&c.& vfant
pour fon boire ordinaire de la féconde decocfcionidc dix en dix iours ie la pur-
geois auec reled:uaire,&: par interualles ic luy àpliquois fur les épaules des ven-
toufcsauec fcarificac on:or pour confumer ce qui rcftoic du fungus auprès du
Tympanumj'e mis derechef la malade (arvn liege aux rayons du Soleil, puis
ie mis âcs lames de cire fort petites & dcliccs,vn peu courbes de touscoftésà
l'cntourde la Carunculc de pcur,que les médicaments acres qu'il faloit mettre
dedans le côduit de l'ouye ne le rongealîènr, puis ayac nettoyé l'humidité auec
des pinceaux fu'rs auec de l'é-^onge, i'y mis de mon Efcharotic à {a grolTèur
d'vnc tefte d'épingle,puis ic remplis le conduit aucc du charpis&des éponges,
mettant par delîlis vn linge double trempé en laliqu^ur décrite ci- delfus: ayant
mis tous les iours de ce médicament par z fois,allàaoir à7,heurt'sdu ma dn &c
à 4.du foir [ car il ne faut point faire defcmblablcs operationsà lachandelc]
l'cfCaue fe forma,&: pour la f.»ire tôber, ic mis le médicament fuiuant auec du
E e c 3.
404 Liure Ginquiêmc
charpis ?^. mttciîag.fem. cyàonior. extraB. part^ £^. aft. arnogîojfd & ran, A^ua-
til. ^i). C. C. '•J/?/ & pp'i , niiU fptA , hpici. calarn. an. ^j.croci rnartis yfatHYni
calcm.an.^Vi, rn.f. ad iijiar coUyn] vtcm^ue //f «tW/,ciiiqiicl on fc fcruic iufquau
4. de Iiiin en mon abfcnccaiiqiiel ionr & le fuiaanr.a vaut cncor rcuccu la can-
luilc de lames de circ,ie mis derechef du (ufàirclchirotic deux fois le iour : le
7. de ce mois elle piic encor de l'elediiaire puJgatif aucc vne decodion appro-
priée, & ce iour lài'ymis par deux fois de mon elcharotic, le 8. & 9. i'y mis
du collyre pour faire tomber Tefcare i laquelle êrant derechef tombée, le lo.
le mis des autres lames de cire &c trois fois de refcharotic , 6c l'onzième' par
deux fois : le 12. du mois refcharc paroilTcun' afsés grande, & ne trouuanc pas à
propos d'y mettre àcs chofcs gralTcs, ie le coupay auec le feparatoire reprefcn-
ré en la/^. z- table XI L
l'Efchare ayant été orée , & n'ayant pas peu mettre les lames de cire à caufe
de la petitelTe du conduit, ie n ofay pas y rem.ettrc de refcharotic, i'y mis donc
vne petite boule de la grolFeur d'vne lentille, faite àt charpis trempé en la pou-
dre fuiuante que i'appliquay fur la Cannulc, remplilTant le conduit de l'oreil-
le auec des éponges trempées en la liqueur précédente , puis exprimées : or
l'éponge cft fort conuenablc aux oreilles purulentes , car elle l'attire de pro-
fond , & la boit , dcfendniic la partie de l'iniure de l'air : ^. ppiln, pracipita"
noPtimè reBificati 9j. lapià. Be^oar. diligenter pHluer.fatwrni calcinati& ablw
H an. 9 ^. m.f. puliiis lequel faut marquer E : le 16, ayant reconnu par le
moyen dafpecnltim anns , qui me fit voir iufqu'au Tympanum , qu'il rcftoic
cncor q,uclquc peu de la racine' du fungus, ic mis encor le iour fuiuant des
lames de cire, mais aucc beaucoup de pêne, & de mon efcharotic : or
ayant été oblige de me retirer chés moy le I7. i'ordonnay la poudre fuiuante
de laquelle on rcdcuoitferuir en mon abfcnce, ^. crocimartis eptimè ppti,
C. C. vjîi &jppih Samrni calcinati & abluti , lap. calamin» £pn an. ^C>. m.ft
puluis unu'pwusyiuquA on fe fcruit iufqu'au 3. de Iuiller,aucc du charpis trem-
pé au collyre précédant : étant de retour le 4. Se voyant que la racine du fun-
gus n'ccoir pas encor e:r.icrcmrncconfuméej& qu'en outre il y auoit deux pe-
tits germes, i'y mis deiccn.cf de b poudre marquée E auec des éponges moiiil-
lécs: le 6. i uillct, à l'aide du fpecuuim Se des rayons du Soleil , ie découuris vn
peu de pjs au fond du coadair Je roliyejoù on voyoïc vn mouuementfcmbla-
ble à la Syilole &c Di.iilolc d-s artères , le pus ayant été nettoyé, ie reconus que
la racine du mal n'auoic pas été entièrement confuméc>partant ie fourray cncor
vne lame de cirelur laquelle ic mis d'vn côré vn peu d'efcharotic , la poulFant
iufqu'a la racine &c par après des éponges trempécs,pouuant remarquer par a-
prcs que la racine du fungus étoitâtacUce au crane,que même elle en tiroir fon
origine: le y.ie mis par deux fois de l'efcharotic à la grolïeur d'vne tctc d'é-
pi::g!c; le 8. iepurgeay la malade auec l'eleduairc, & après dîner regardant
au Vjkil 6;: aucc le Ipeculum le cqnduit 3 k ne dccouuiis aucun refte du
Fungus
des Opérations de Chirurgie. 40;
Fungus, ainfi ic ne mis rien par ap^es que les paftilcs Androuis didbuts en fyiop
de rofcs fcches-.neantmoins quelques ioui s après ayant trouuc rosdécouucic au
fond de rorcillc,à l'endioit ou etoic la racine du Fungiis,i'y mis de Ja poudre
catagmacique fuiuante mclcv> aucc du miel rofat & vn peu d'cfpiiE de vin , de
laquelle on fe feruic quafi vn mois entier en mon abfcnce. 0^. Tuln.jlor.beton.
rofar.an.'^\^. rad. trid.flor. angel. caryophil!.ma/}icis an.^j. benzj)i,fiorac,calam.An,
9i (5. m. y étant retourne vn mois après , ie ne trouuay pas que los fut décou-
uert,parqaoyie conleillay que pour fortifier &: dclFccher lapartie,on fc leruic
d'or en la du Uniment fait auec les paftilles Andronis & fyrop de rofes fcches,
purgeant le corps par interualles & luy faifant obferuer vne bonne façon de
viurc , ainfielle futhcureufement remife & recouura l'ouyc de laquelle elle
auoit eftc pciucc quelques annccs,&c.0^/7i.C^w.j.
R
OBSERVATION XL IX.
De CExtraBion des corps éirangci quï font entrés dedans le conduit de l'euye,
Ofe Chaperon âge'c de lo. ans ioiiant [aucc des filles de Ton âgCjil luy en-
tra dedans l'oreille gauche vn bouton de verrc,de la giollèur d'vn pois , de
ceux dont on fait des bracelets aux enfants : la mcrequienfutauertie fitveniï
vn Chirurgien, lequel ellaya de le tirer mais en vain.'on s'addrclîà à vn autre
puisa vn troilicmc>enfin à vn quatriémejmais en diuers temps, qui ne luy don-
nèrent aucun ibulagements , au contraire ilscnfonçoycnt encor d'auantao-e le
pois , ce qui faifoit dcfclpcrer la meic qu'on peut iamais le mctrrc dehors &
quoy qu'elle fut fort affligée à caufe des douleurs que fa fille ibuffioit , elle dé-
libéra ncantmoins de rem.ettre h chofe à la proaidencc de D'ku <Sc de lailîcr
faire la naturc,qnclqae temps 2prts la douleur d'oreille s'appsiia , maistoute
cette partie delà Telle iuiqu'à la future droite luy faifoit m>:liour &nuit , plus
ou moir.s (don la condicurion der.Tir,ctnnt tourmentée principalement quand
l'air croit humide & pluuieux,comme en hyucr & Automne: elle fenroît auffi
vne certùinc efpcce d'engourdiirement au bras gauche qui alloit iufqu'au pou-
ce & au doigt indice paiîànt iufqu'aux lumibcs, laiambc & le piC;,pour le dire
en vn mot, tout le côte gauche ctoit languilîànt à caufe de cette ftupeur conti-
nuellexétengourdillèment fe conuertit après en des griaies douleurs de bras
d'cpaule& de cuille, alfauoiide nuit; & quand l'air etoit froid & humide>clle
ctoit inquiétée d'vnc toux contiHucllc,& Ces ordinaires ctoycnt en partie arrc-
tés,ne luy venants que de trois en trois mois ou en petite quantité: ayant été en
cettefouftrancc quatre ou cinq ans , il furuintaulTi quelques conuul/îonsepi-
leptiqucs,& le bras tomba, en atrophie:la mcre voyant de fi grands accidents,
Eee j
40^ Liure Cinquième
iccouLLit à (iiiieis Médecins , Chirurgiens .JJv Empiriques , (?^ comme il n'y
aiioit aucune doulem' en l'oreille C car h plus gi ande douleur cachoit la moin-
dicj elle ne Ce plaignoic que des (ymptomcs , ne faifant aucune mention de la
première cauk du malrcc qui croit caufe que les remèdes ne prohtoyent point
& que les douleurs ncdiminuoyencen lien ni aucun dcsaccidcnt?,au contrai-
re ils alloyent en augmentant : enfin elle me vint trouuer l'an 1595. au mois de
Nouembrejie la purgcay paiincerualles, ie luy oignis i'Epaule,lc bras iSclcs au-
tres parties ou elle fcntoit de la douleur auec des huylcs anodyncs de chaudes,
en (ommeie mcfcruisdc toutccqui Gmbloirctre necellàiie, mais en vain, de
même que les autrcs:& voyant que le mal Te moquoit des remèdes, ie d^fcrpc-
ray de fa guerifon,cai i'ignorois la caufe du mal Timputant à vnc dcfluxion : en-
fin rcfvant à ce que ie pourrois faire d'auantagc , elle me raconta (ans y pcnfer
ce qui luyccoitarriue , alTauoirqu'vn bouton de verre luy ctoiceiuié dedans
ro:eilie il y auoit huit ans , ce qu'ayant entendu il me vint en la pensée que ce
pouucit être h caufe du mal , Se 4uoy qu'elle rciifta fort à l'opération, à cau(e
des vains efforts des auti es Chirurgiens quand le mal ctoit récent , ncantmoins
elle y condcfccndir , enfin ie tiray dehors & fans aucune violence ce bouton,
quoy qu'il fut fort auant&-frcs du tympanum & attache ferme à l'oreille par
lesfaletcs &c excréments d'icelle: les douleurs de Telle s'arrêtèrent incontinent
comme auflî des autres parties du corps,& fc porta mieux la nuit fuiuaiKcain-
fi elle fut remife en peu de temps par la feule inondion aucc huylc de vers:
Toutes ces douleurs di-ic , ces conuulfions epilcptiques , engourdilïèment Sc
autres accidents celîèrent, fou bras auflî fut remis , de forte qu'à prefent elle Ce
porte fort bien : i'ay pour témoins de cette Opération Monfic-urlean Anthoi-
ne Sarrazin Médecin du Roy , André BonetDodcur en Médecine •?<: l^hilofo-
phie , &c Anthoine Macé Apochiquairc.
I'ay procédé de telle forte en cette Opération , premièrement ie cerchay v»
lieu bien éclairé , afin que les rayons du Soleil pcullcnt entrer dans le conduit
de l'oreilleien après ie l'oignis par tout auec de l'huylc d'amandes douces,puis
ie le dilatai vn peu auec le fpeculum reprcfenté ci delfous , afin que i'y pullè
plus aifement porter la vend Sc fourrer la fonde,pour découuriren quel endroit
ie pourrois plus aifement mettre la cuillicr entre le bouton &: le circuit de l'o-
reille,lequel ayant trouué, ie riray la fonde &c portay la cullier iufqu'au bouton,
puis ayant poufsé auec vn peu de violence f car cela ne fe pouuoit faire autre-
ment) la cullier entre le bouton &c le circuit de l'oreille , ie l'amenay dehors:
i'auois aufli des tenailles toutes prêtes s'il eût été nc<:e (Taire de m'en feruir.
Forme des Injlrumerits,
Spéculum Auris | La Sonde | La Cullier | Les Pincettes
Figure j.Tablc XIL lFig.4. Table XII. | Fig.5.TableXIL | Fig.6. Table X.
I'ay
des Opérations de Chirurgie. 407
l'ay auffî quelquefois tiic des pois en cette façon: mais i'ay rrouuc vnc vove
plus courte &L plus aiicc , aifauoir par le moyen des inlb umcins rcprcrcntcs ci
delfous dcfqucls il fcfiiutainfi feiuir: ayant mis de l'huyle d'amandes douces
dans les oreilles , il faut mettre la Cannulc marquée A iufqu'àce que Ton ex-
trémité marquée B empoigne le pois autant qu'il cil: polîîble: illfaut après
mettre l'autre marquée C dans la première de mcmc iufqu au pois ; elle
doit être dentelée en [on bout marqué D mais de forte que les bouts des
dents aillent dcgauchei^drctte: enfin il faut mettre le perçoir marqué E dans
la féconde Cannulc iufqu'au pois , le tournant doucement &: le faifant entrer
dans le pois , comme on le-pcut voir plus amplement en i'Obferuation des
playes d'harqucbulades : il toft qu'on aura remarque que le pois fera bien at-
taché au perçoir, le Chirurgien amènera doucement & lepcrçoir & les deux
' Cannules tout enfcmble aulqucUes le pois fera attaché: l'inftrument elt fait
.comme celuy de la Table IX. Figure 6. 7. & 8. mais il eft plus petit: cette
Opération fait moins de douleur que la précédente ou on fe fcrt de la cullier:
mais le Chirurgien doit être bi.;n auisc en l'Opération , car s'il vcnoit à piquer
le conduit de loicilk ta quelque endroit ou auec le perçoir ou aucc la Can-
nule dcntelécjil mcttroit le malade en grand danger, partant ieluy confeillede
, fe feruîr plutoft de la cullier que de ces inftrumentSjS'il n'cft pas exerce en cet-
te Operatioii.O^/ ^.C^«M.
OBSERVATON L-
De fExtrA^îon d'vn fois qui ctcit entre bien auant,
dedans l'oreille.
LAn 1596. AGencuc, vn pois entra profondément dans le conduit de l'o-
rcillc à vnc fille , lequel a^ant incontinent causé de la douleur, vne vieil-
le confcilla de faire vnc fomentation aucc vne éponge trempée en du laift
chaud, cette humidité fit nugnicrtcr le pois , ainfi la douleur deuint très
violente, on demanda confeil à Monfieur André Bonct très renommé Méde-
cin en cette Ville, lequel voulut que ic fufle demandé : ayant donc prépaie
tout ce qui étoit necelïàire , ic fais tenir la Tcfte ferm.e éc tiray le pois suce
les-inftruments marques ci dcilus : le pois ayjnt été tiré , la douleur fut
appaiséc auec vne éponge trempée en vnc decoélion de racines de guimau-
«e, fcmencc de fœnugiec , fleurs de camomille , melilot & betoine ap-
pliquée trois ou quatre fois le iour , aiiili en peu de temps elle fut gué-
né
pli
rie
4o8 Liure Cinquième
Le 50. lamiCo^. ic fus demande à Laufanne pour voir la fille de Maîrrc
Claude Marion Apothiquairc : il y auoit vn an qu'elle s'ccoic mis vn pois de-
dans chaque oreille,ce qui la rendit à demi fourdctau plein de la Lune elle ccoit
tourmentée de grandes douleurs de Tcfte,de bras &: de CuifFcs de forte qu'elle
ne pouuoic quafi point repofer la nuit: luy ayant oint les conduits des aureilles
auec huyle d'amendes douccs,ie tiray hcureufcmcnt ces pois &: fans faire gran-
de douleur parle moyen de ces inftrumcnts , principalement delà cullicr , ôc
peu de temps après elle fut entièrement icmiÇn'.OhfV .Centu
OBSERVATION LI.
De l^Extra^ioh d'vne épingle ijhi étott entrée dedans l'oreille.
JLy a quelques années qu'vne petite fille d'André Mitz à Colognejaiira en-
trer dedans l'oreille vue petite épingle , .la voulant nettoyer de la cralïè qui y
ctoit.-ayant été demandc,ie trouue ce conduit plein de fang auec des violentes
douleurs ; à caufe dequoy i'appliquay delTus vue éponge trempée en la précé-
dente decodion chaude:non feulement elle appaila vn peu la douleur,maisaufn
diflîpa vne partie du fang qui étoit dedans le conduit , de force qus la Tcfte de
l'épingle commença à parétrc', l'ayant auparauant vn peu dilate auec le fpccu-
lum,puis l'ayant attrapé auec vne petite pincettc , ic la tiray hcureufcmcnt , Se
l'efpacedc quelques iours.ie faifois, mettre deuxou trois fois vue éponge trem-
pée en la fuf jitte decoârion.ainfi elle fut bien tôt remife, ObfJ^l.Cent.i.
OBSERVATION LU.
Uvn mj>M4 de cerîfe qui était entré dedans f oreille & en ejl
forti par fHppnration.
L'Ani5io. vn noyau de cerifc entra dans l'oreille droite d'vn fils de Mon-
fieur Ican McrulaMiniftre à Auanchejâgc de n.ans: en mon abfcncc , (car
fctois allé à Auspourgy) il s'adiclfa à vn Charlatan , lequel quoy qu'il eut fait
tout fon pofllble , iamais il hc peut le tirer dehors , au contraire il le fit entrer
plus auant anec vne grande douleur, car ce conduit à vn exquis fentiment .* il
s'étoit ferui «1 cette Opération d'vn crochet aigu, auec lequel il auoit telle-
ment déchiré ce conduit,quele fang en fortitqui empêcha qu'elle ne rcLiflit: ce
noyau donc y demeure iufques au i4.061:obre, pendant lequel temps quoy que
£c garçon ne fc plaignit pas d'vne grade doulcur,il fortit ncantmoins toufiours
quelque
des Opérations de Chiiuigic. 409
quelque peu de pus ; il furuenoic aufïî par inrerualks quelques yertiges qui le
faifoicnt chanceler de côcc ôc d'autre : la Tclte luy panchoic aufïi à l'ordinaire
fur l'Epaale droite,mais comme fon perc me le voulut amener le quatorliéme
d'Od:obre,rcgardant loreillc , il vit ce noyau à l'eiurcc de l'oreille tout ciifcr-
médans le pus , &c le tira aifemetit dehors aiîcc la pointe dVncepino^le , car le
conduit de l'oreille ctoit plein de maii:re puiulence,qui auois chaGc dehors ce
noyaujil fut guéri bien toft après.
Qooy que cette cure, ôcl'expulfion de ce noyau kmble auoir rcLifli à fou-
hait, il ne faut neantmoins iamais vicr de cette méthode ni hiiV:ï l'afiàirc eii-
tieremcnt à la conduite de la nature , veu qu'il faruienc plufieurs ôc diuers ac-
cidents aprcs la fuppuration de ces parties , car ce conduit ayant vnfcntira.-nt
fort exquis, les humeurs y vont aifemcnt à caufe de la violence de la dou-
leur & corrompent le tympanum,cc qui attire laTurditc : il ardue auffi fou-
uentquc l'os quin'eftcouuerrqued'vne membrane déliée , Ce carie : on a vea
aufla fortir vne chair fungueufc du conduit de l'oreille aprcs vue fuppuration:
il faut donc être prompt à tirer dehors ce qui ctl entre dedans les oreilles,
Ohf.IFXem.i.
OBSERVATION LUI.
D: UfeEiion du ligament fui efi âej[oHS la Lamne,
IL n'y a point d'Opération de Chirurgie que le peuple prife moins que U
ieârion du ligament quicft dclfous la Langue,en forte que l'on la iailîè faire
le plus fouuenc aux fage femmes, qui le rompent auec le doigt, ce que ie ne
fçaurois trouuer bon , veu que le plus founcnt elles déchirent & coupent
les parties voifiues , après quoy vient douleur bc inflammation , de forte que
les enfants ne peuucnt pas tetter, deuenants chagrins, maigres & foibles : \i
faut donc aller auec prudence en cctrc Opération fans la mcptifcr,qMoy qu'el-
le femblc des plus petites : il faut premièrement confîdcter fi l'enfant qui par-
le auec pêne à b.foin de cette Opération ou non , car bien fouuent les enfants
ont de la pcneàfoimcr les pai oies, pour des autres raifons que par le dcfiut du
ligament qui cft fous la Laiignervoici vn exemple qui moiiftrc qu'en ceuxlà la
fcdion eft dangcreufe. ^
Vn Enfant de deux ans d'vn Payfan de ce voilimge du Village de Corfellcs,
nommé Petits Ycax,mc fut amené le mois de May i6oS. pour luy couper le
|îlet fous la Langue , car fcs parents crurent que fi toll: que cela feroit fait, que
l'Enfant parleioit librement : maii luy ayant ouuert la bouch; ôc laué la Lan-
gue qui ctoit fort cpaiirc,ie n'v trouu.iy point ce ligament ncrueux,ainfi ie tca-
Fff
4IO Liure Cinquième
uoyay les parents 5c l'Enfanr.nc voulant y mettre la main : vn mois aptes vintj
vn Charlatan auquel on porta cet Enfant , lequel fit croire aux parents que
la Largiic ctoic cmpcchce p.^r vn ligimenc ncrucux fort dur & épais , & que
pojrucu qu'il fut bien pa)c,qn'il fcroircn forte que cet Enfant parleroicbicn
toft : on luy conte de i'argent,on met l'Enflmt fur le giron d'vnc fcmme,alors
cêtitrjpofteur , f comme on me l'a raconté j fcparala Langue des deux côtes ÔC
en deu3nt bienauant : mais qu'arriuat'ilîcct Enfant qui pounoit marcher fcul
auparauant , en vn moment le couibe , après auoir icttc df grands cris , en
forte que les genorïls luy touchoycnt les aines, & fes bras fe retirèrent vers la
poitrine : or comme lesdoulcurs étoyent cortinueiles & que Tonne fe feruit
d'aucuns .remcdes,il deuint fort extenue & foible , mais à prcfcnt il fe porte vn
peu mieux , quoy que iufques à prcfcnt il n'a peu dire vue feule parole .& Tes
cuilTcs ÔC bras font cncor contrats, lefqucls, quahd on veut les étendre, fe reti-
rent incontinent , mais non h fort qu'auparauanr, & ne peut marcher en aucu-
ne façon: ncantmoins il n'endure pas beaucoup de douleur & l'appétit luy cft
reuenU)de forte qu'il commence vn peu à reprendre fes forces ; il a la Langue
cpailfe j & laTcftc & le corps d'vne complexionphlegmatiquc:ie leur ay of»
fert mon aflGftance parce qu'ils font pouurcs : s'ils viennent ie feray tout
mon po{îîblc:ce cas cft rare n'en ayant iamais veu vn fcmblablej&c.O^j^rw.iS.
O B S E R V A T I O N L I V.
Sur le même /ùiet.
I'ay vn fiere de mère qui en fon enfance a été fort valétudinaire: entte autres
incommodités aufqucllcs il croit fuient , il n'a pas peu dire vn motiufqu'à
l'âge de quatre ans : étant de retour chez mes parcnts,ie voulus voir fa langue,
laquelle ie rrouuay tellement arrachée par vn ligament épais qu'à pêne la pou-
uoit'il porter iufqii'aux dents de deuant : ie coupiy ce ligament aucc toute la
diligence poffiblejpuis i'oîgnois la partie tous les iours trois ou quatre fois aucc
du mid rofat : deux m.ois après ie trounay que ce ligament s'étoit en quel(][qe
façon u uni, à caufc d^.qnoy i'y proceday comme la première fois:la chofe reliflît
/i bien par la grâce de Dieu qu'il commença en pcwék temps à parler,Sc à prc-
fcnt il parle fort diftindement.
Or cette Opération L fait fans aucun danger,pourueti qu'on y procède com-
me il faut : i] faut principalement prendre garde de ne faire pas lalcdion trop
; uant.-i'ay acceatamé,ayant leué la Langue , de couper auec des cifeaux ce li-
gament en dcux,& quelquefois en trois endroits, car par ce moyen il fe rcioint
plus
des Opérations de chirurgie. 4U
plus difficilement que fi on n'auo.ic faic quVne incifion : or ic coupe tant feule"
ment ce qui eft nerueux,dc force qu'à péac ic touche la chair: que fi on n'a pas
fuffifammeac coupe la première fois , ou que la partie fc foie reunie,i'y reuiens
yne féconde fois : le ligament étant coupe , ie commande à la nourrice d'y
porter feulement le doigt trempe en du miel rofat ou en du commun, Ic-
wÊKii doucement la Langue , ainfi l'agglutination eft empêchée. Obfern.té.
Cemur.y
OBSERVATION LV.
Ve I'vhhU Relaxée.
H l^^ocï^ite dit liki Je morhis quervuules'abbaiilè quand la pituite viciK
à defcendre de la Tcfte fur legofier&: fc rend fur l'vuule : ce qui arriue
aifcmentjveu que c'eft vne partie fort molle, laxe & fpongietife : c'eft vne affe-
ction dangereufe , car elle s'enflamme quelquefois tellement auec les amygda-
les , que le malade ne peut aualer ni viande ni bruuage , ni même quelquefois
refpirer : i'enay traictc quelques vns & gueri,qui ctoyent incommodes de cet-
te façon : elle fe termine aufll quelquefois en gangrenc,comme on le peut voie
par lepalfage d'Hippocratc allègue ci dciruSjdequoy on trouuc aufîi vn exem-
ple chez Foreftus lib.j. Obferuacion y. mais ie n'en ay encor point veu : elle
peut fe conuertir enfquinance , comme il eft arriue à Monfieur Ican Merula,
lequel ayant l'vuule enflammée , fc mit en mon abfence entre les mains d'vn
Charlatan entièrement ignorant , lequel quelques iours de fuite y foufla vne
poudre fort chaude ik brulante,qui y ht venir inflammation ÔC fquinance,la-
quelle le mie en danger de la vieiil faut donc que le Chirurgien procède en ce
cas auec préméditation : principalement il doit confiderer fi le mal eft gue-
rilfable ou nonj&; ne doit rien promettre témérairement au malade : puis après
s'il y a inflammation ou non, car Ci l'vuule eft fchirreufe ôc tient du Chancre,
il montrera fi prudence en n'y portant pas la main : que s'il eft oblige d'accor-
der quelque cho'e aux prières du malade ou de (çs amis , neantmoins il n'entre-
prendra rien qu'il n'ait fait le prognoftic de réuencmcnt de la maladic,dc peur
de paiîèr pour vn ignorant : or de quelque caufe qu'elle viennc,dés le moment
il ordonnera vne façon de viure fobre , il vuidera le corps auec deslauements
acres fouuent réitérés, par le confeild'Aretéc,& tirera en bas les humeurs quife
icttent lur le gofier : il les diuertira par les ligatures des.cxtremités , la faignéc
du bras Se Us Ventoufcs fur les Epaules : dés le commencement il ordon-
nera ce gargariime reperculfif ^. Fol. planta^, mefpllor. cauda e^um. ro-
far. YHbr.an. m, j. fol. fcabiof. m. fi. galUr, ^ l5. cocfiie in oxjua ad confum-
ifùenern- tertu partis , in tb ii. colat. di/J'olne meU^ rafat» aut diamor. | i j.
•V^'^-: . ' ^ F &f 2
4U Liiire Cinquième
Aceti rof. parhm m. En lieu de decodion , on fc peut feruir des eaux di-
ftillccs , y lioutAntle miel roiac ou le dimoron : ie me (uis auflî ferui hcu-
rcu(cment de l'oxycrat (impie : quelques vos foufflcnt des le commencement
dans 11 gorge de la poudic clc poiure long, ce qui ne fe fait pas fans danger:
i'ay aufiQ a-courume d'oitidiclc col d'huyle rofat, & fi la fluxion cfl; véhémen-
te le mets
leGacapb.rmefiiuanc. ^. Far.hordei Xn.pHlH.roCar.myrnllor.nHC.cuÊÊ^
an.T^n.co^ue :?j pcfca^addc fabfmern ol.rof parhm & ounm integrum. lifaut à cha-
que momciu laiict la bouche aucccc gaigarifme: s'il y a vue giande douleur,
i'y âioute vn peu de fcmcnce de fœnugrcc > de coins,auec des fleurs de camo-
mille , quelquefois ic fais gaigarifer le malade auec du laid : mais après qu'il
s'en efl: fcrui vne fois, ie luy fais prendre cinq ou (îs fois du gaugarifme , car le
laid appaife bien la douleur , mais il ne repercute pas la defluxion, qui eft le
principal au commencement du mal : or quand le malade ne peut pas fe feruir ''
du gargarifmeji'en iette dans la bouche auec vne fyringue, comme auflî du lait,
mais doucement •• il faut auflî purger les mauuaifcs humeurs , félon qu'elles
prédominent : iz me fers de la faignée ( s'il n'y a point d'empcchent ) ouurant
lavêne du bras , tant pour faire reuulfion que parce qu'elle vuidc également
toutes les humeurs , autant en vue defluxion froide ( s'il y a danger de fuffoca-
tion ou que le mal foit grand) qu'en vue chaude : i'applique aufliauec fruit des
Vcntoufes fur les Epaules & fur le mufcle biceps, Hippocratc au liure de AfFe-
dionibus, veut qu'ayant rase la Telte on les applique fur le derrière d'icelle ÔC
que l'on en tire quantité de fang.mais cela fc doit faire hors des étuues : Fa-
bianus Schcuievtisen fon liure de Caiharris , au chap. de Catharro oculoruin,
^ç-faprouue les Vcntoufes en ceux qui ont la goûte , de peur d'attirer la matiè-
re à l'efchine du dos & de la aux iointures,& bien a propos : mais comme ceux
qui font fuiers à la goutte,font fouucnt trauaillcs de cette incommodité,5c que
la maladie cft dangereulc,qut apporte auec foy danger de fuffocation, le Chi-
rur^^icn doi: vikr à ce qui prclfc le plus : cependant quoy qu'il tombe quelque
choie fur les iointures,ncâUtmoins il y aura moins de danger que (\ les humeurs
fcicrtoycîic fur la gorge «S: il fera plus aiicmcnt corrige : quand l'impetuo-
lîrc de ia lù flaxioo aura ce fsc , il faudra venir à des médicaments qui ayent vue
plusgi-.indc vrrtu de diflîpcr:ie me fers du gargarifmc (uiuant auec grand fuc-
cés.i^. f-lcr. & [oLbeion ic.fahùdfcablofan.rn. 'à.rofar.m.ljumm.rorifmarin, &fler»
cawom.an pa^^.i. ca^he in \hiii. nq. ad confHrnptionetnterti£ partis colat. adde meit,
rofficxinalum. ^li.M. le fais auflî par fois cuire les fuldircs (impies en du vin
rouge •• en dehors ie fais oindre le col auec huyle de camomille ou auec l'huylc
de fleurs deSlotanus, merrant de la laine gralle par delTus : quelquefois auflS
i'vuules|cnflc tellement i5c (*e relache,à caufe d'vnc continuelle defluxion,quel-i
le met en pcne Se le malade & le Chirurgien, comme ie I'ay vcu en plufieurs
Ôc fpecialcment en vn Bouigeois de Payernc, auquel IVuule croît venue de
^.t^ioireur' ûvne nqis , Ayant arrêté l'impctucfité de la defluxion pat
purgations
des Opérations de Chirurgie. 415
purgations rcïccrces , &rapplicatioii des ventoufcs, ie fôuflay delfus deux
ou trois fois le iouu de la poudre luiuanre ^.pulu. rofar.rnbr. ùalau/l. cortic.
granat. an. 7,^. fol. &jior.Jcabiof. & ItgHflri an. 5»). alum. vfli '^i]^. m. ou bien
IC.'F^d- B'iftortéty irid. flor. torment. gallar. virid.an- 5/;. ro^ar. rHb.& flor.fcab.
an. 3j. lapid calamin. ppti 5/f?. alum. vjii zjj. rn.f pHlnisfubtiiilfirnns : or la ma-
nière de ibuftlcr telles poudres cft telle, ayant baifsc la langue aucc vn fpccu-
lum oris , ie mets incontinent de la poudre auec vne fpatnle ou vue petite
cucillcr faite exprès : maisafîn quela poudrepuilïc couurir & aller fur toute
l'vuuleji'ay itiuentc vninftrumcut duquel ic me fuis fcrui à diuerfes Çois,vo)és
lafig- 6. de la table XII,
C'eft vne cueillcr faire de cuiurc de la grandeur qu'elle y cft reprefcntce,
fon manche eft creux de huit pouces de longueur>qui tft attaché au b.is d'iccl-
le: en l'autre bout il y a vn foufïlct [qui cft fait de cuir fcmblablc à vn rappeau
de Caille] qui y eft attache : ayant rempli la cucllicr de poudre & Tayaut mis
delFous l'vuule , il faut faire rider le louftlet afin que l'air pouilè la poudre en
haut, ainfi l'vuule & le palais en feront tous couuerrs : mais comme il cft inc-
uitablequc le feruitcur en baillant la langue auec le fpeculum, ranclis que le
Chirurgien fouffle la poudre auec cet inftrumcnt, ne s'empêchent l'vn l'autre,
cela m'a fait trouuer vn autre inftrumcnt beaucoup plus propre, par lequel le
Chirurgien puillè en même temps & déprimer la langue & fouftler la poudre
voyés laf.gtiTte 7. de la table X 1 1.
A la partie dcdelfus dufouftlct,auqutlcft attaché vn rcHort ou m cle-
vatoiie marque A.
Ce foufïlct a auflTi vne cueiîlier de cuivre auec fi Cannulc de la longueur de
huit pouces; celle du fouflct cft de cinq, fa lai gcur de trois: or afin que le fou-
flct étant baifsc, fe rcleue de foy- même & que d'vne main on puillè 1 enflcr,il a
en dedans vn inftrumcnt comme vnrclïbrtoù vn elcuaroire fait d'âcier,par le
moyen duquel cette partie cft pouf>ce tn haut qui cft marqué 'A en la fécon-
de figure : l'ayvej quelquefois des inflammations d'vvule fi opiniâtres , ou
des rclava-iunSjCju'il a falufoufler de ces poudres plus à\n mois .• i'adueitis
de ceci afin que l'on efpere bien du maiade,quoy que la chofc femblc ccie dif-
ficile au commcnccm.cnt.
Que il le m.al cft plus fort qr.eces leg( rs remèdes , il faut pafTcr ï de plus
généraux : quelques vns f'c fcrucnt d'eau foi te feule ou deticmipcc auec eau de
i-*iantin ou de rofcs, ou mettant des autres médicaments Cauftics, mais en cela
il faut agirprudcmment,de peur d'augmenter le mal : car toutes fjis & quan-
tes qu'il y adelamalignité,le mal s'irrite par telle- foire de mcdicamcnrs acres:
Qae il quelqu'vns'en veut feruir, il doit obferuer ce que Paul ^gincta en <ïic
liu. 6, ch. 31.
Nous fomm es quelquefois aufîi contraints de couper l'VvuIe auec des ci-
fcaux, ou de la lier aucc vn filet, ou de la cautctifct : mais que le Chirurgien
f ff 5
414 Liure Cinquième
regarde auparauant s'il n'y a point de malignité cachée ou de difponcion à vu
Chancre, ce que l'on peut recueillir aisément des deux obferuationsprece-
denrcs,(Sc de ce qu'en dit^gineta au lieu ihs-allegué,oti il aduertit que celles
qui iont retirées, rondes, fanglantes& noiratres,uc doiuenc point être entre-
prilcs par la Chirurgie .* mais celles qui font déliées, longuettes , &: plus min-
ces en la paitied'cnhauc, nullement noires ou langlantes , ains plutôt blan-
châtres, pcuuent endurer la Chirurgie: or il faut tant feulement retrcncher de
l'Vvule ce qui pallè la naturelle proportion , car c'cft comme vn archet de la
voix, veu que ceux qui en font priués,parlent rarement diUinârcmcnt & clai-
rement: ie disraremenr , parce que i'cn ay veu vn ou deux qui parloyent aullî
diftindcment STiiettemenr, quoy que i V'vuk leur ctc ro;igce , que l'on eut dit
que tous ces inftruments ctoycnt entiers: i'ay veu vn autre qui auoit vneozae-
ne ou viccre au nés, auquel vn an auparauant qu'il cûr cette incommodité , ouk
remarqua que l'Vvule ccoicenticrcmeiitconfumce.
Or l'AbfcilIiou de l'Vvule fe fait en cette manière , le Chirurgien doit env-
poigner le bec dejCicogne, puis couper ce qui eft de trop iuec dcscifeaux,lai{^
fant couiêr vn peu de faiig : que s'il en coule trop , il y faut' mettre de ma
poudreà étancher le fangauccma cueillicr, puis il fe faut Icruir des garga-
rifmes que i'ay ordonné ci dclfus : que fi le malade appréhende la l"6tion 09,
qu'il appréhende la perte dafang , alors i'ay accoutume de me icruir de l'iii-
ftrumeutfuiuanc qui eft de mon inuenrion, par le moyen duquel ic Ih ôc cou-
pe l'Vvule fans diiHculré ni danger , c'eft vue Cannule creufe de huit pouces
de longueur,que i'ay fait, faire de cuiure , au bout de laquelle eft arrachée
vn aaneau de la grandeur icy rcpicfenrée , il eft creusé par delîbus autant
quil faut pour cacher vn filet, puis il faut faire vn demi nœud , comme mar-
que la figure 8. table 11. ôc en luitepalVcr vue partie du filer- marqué G par la
Cannule ou eft marquée la lettre G , l'autre bouc marqué H doit pailir par
le trou marqué C qui eft au haut de l'anneau , puis failanc rcpallcr le filet
p^r vn petit trou qui eft en la partie extérieure de l'aneau marqué D , il le failt -
attacher au bas ou eft E ; or la partie extérieure de l'aneau depuis Q. à D doit
être aufli vn peu creusée,dc peur que la filet n'aille de côte ou d'autre : ce qu'é-
tant fait vnferuiteur baillera le langue auec vn Spéculum oris Se le Chirur-
gien feraentrcr dans l'aneau la partie de l'Vvule qu'il fantcoupcr,& de la main
droite tirera le filet marqué F rudement & ferrera i'VS^ule , ainfi il feravn
noeud comme marque la figure i. de la table 15. en laquelle
A marque IVvuie; le nœud étant fait en l'Vvule, il faut couper le filet ou
eft marqué E , puis ayant tiré horsrinftrument,il le faut laiifer pendre hors
des Dents, car fi en le ferrant il n'a pas coupe l'Vvule , il ne manquera pas de
le faire la même nuit ou la fuiuante ; Qi^e fi le fang vient à couler dcmclurcf
ment, il faut fe feruir du Cautère adtuel en cette manière : le Chirurgien
^oîcauoir deux fetuitcurs,defquels l'vn tiendra la téce fermc,bouchant les yeux
du
des Opérations de chirurgie. 41^
au malade, & l'autre âbaiilcra la langue anec le rpcculiim oiis , le Chirur-
gien aura vnc Cannulc de ciîi'lu'c longiic de luu'r pouces , vo^cs les fleures i. &
y de la fahleXIII enucloipée par rour d'vn linge moiiillc, excepte le trou mar-
que A laquelle il tiendra en la main gauche , & la mettra en la bouche , fai-
fant entrer l'Vvule dans ce trou marque A , puis il mettra vn poinçon de fer
rougi au feu dans la Cannule & cautcrizcra l'Vvule fans otfcnfer les parties
voilînes , enfin il acheucra la Cure auec des gnrgarifmes propres & auec du
miel rofat j Qncs'il y a quelque putrefadion, le C'autcre eft aulîà très efficace:
mais parce que les malades en ont vnc grande apprehcnfion & attribuent tou-
te la faute au Chirurgien fi la chofc n'a pas rculti à fouhait , voilà pourquoy
i'ay de couftume d'ellayer auparauant les remèdes fijiuants, defquels ie me
fers très - h-ureufcment : ayant donc ordonné vnc bonne façon de vi-
ure , purge le corps & employé les remèdes généraux , ic fais fouuenc
lauer la bouche auec le gargarifmc fiiiuant , ^. hordeiintegr^m. j. Rad.plan-
tag. 7^\, fol. fcabiof. gérant], fcordt'yan. m, {?. rofkr. &fol. plamag. an. m. j. co(jHe
in ifc iv. aq. hordel ad crepatHrajn , tum admijce rnell. rofac. cj" diamori an, |»j.
m. J'oins aulfi trois ou quatre fois le iour la partie auec vn pinceau trempe en
mon onguent i£gyptiac , continuant iufqu'à-ce que la pourriture &: la vio-
lence du mal Cok apaisée , & en fuite ie me fers des remèdes que i'ay ordonne
pour la relaxation de l'Vvule j ainfi i'acheuc la Cure , ObferHAtion ii. Cen*
turie. 1.
OBSERVATION LVI.
JDe Fvfage des poudres en la Reluxation de l'Vvule.
LA femme de Noble Ican Hcid Conful à Fribourg en Suifie, a-)^ant fait vn
iour voyage à Chcual par vn Soleil très ardeur, & le Cerueau ayant ^tc
cchaufé,illuy tomba vne défluxion fur l'Vvule &: fijrlcGofier .• vn Barbier
ayant été demande & voyant qu'elle étoit enflée, il foufla dclfus deux ou trois
le iour vne poudre fort acre <?«: chaude: y étant furuenu inflammation auec
vn abfcés très- dangereux, non feulement l'Vvulf_,mais auflî les Cartilages des
Narines furent rongées, luy fortant des vlceres par ci par là en li face : enfin
clic mourut miferablcment fans pouuoir être guciic par aucun remcde. ObfeX"
staim 15. Cent, 6,
41« Liurc Cinquième
OBSERVATION LIX.
Sur le même fuie t.
L'An i6u. cnreueiiant des Pays bas, ie vis vne Dameà Fridberg, à laquelle
l'Vvule étant relaxée 5c enflammée à caufed'vne defluxion, 6c viiB.ubicr
y ayant mis de l'eau que l'on appelé Royale , il s'y ht vne ii grande inflamma-
tion & dcfluxion qu'elle fut quelques ioucs de fuite en danger de la vie : cnh.i
Monficur Fabcr Médecin du lieu ctaftr venu, il la remit par la diligence : mais
vne partie delVvulc tomba aucc vne partie de l'os du Palais S<. des Cartilages
de;> Narines, ce qui l'incommodoit grandement ôc luy deprauoit la parole.
0^/15. Cent. 6,
OBSERVATION LVIII.
T)e VolfJiruUion de l'Oefophague»
L*Ani594'au mois de May,vn Couturier de Cologne tcnoit en parlant vn
morceau de cuir en la bouche,& s'ctant mis à rire il cnr.ra dans le golîcr
où il demeura attaché , ils'txcita incontinent à vomir, mais il ne peut ni le
faire fortir dehors ni faire décendre, ainfi il fut quafifuffoqué : ayant été de-
mandé auec le Docteur Bddcnbach , ie luy fis aualer incontinent vne déco-
ction emolliente > ex rad. alth. fem. Uni , fœnugr. cnm oL amygd. d- puis aucc
vne Sonde d'argent couibe, ie fis décendre le cuïr iulqu'au creux de l'cfto-
mach » lequel il rendit fix mois après par le bas ventre. Ohfern. 31. Cent. i.
OBSERVATION LIX.
Vvne femme qui auala •y» petit os.
L'An »55?!. vne femme d'Hilden auala vn petit os qui ctoit pointu de tous
côtés : mais elle ne le peut faire ni dcccndre ni monter : ayant été d^
mandé le quatrième iour , ie trouuay le col enflammé dedans & dchors,de for-
te qu'elle ne pouuoit amener ni pouffer fon haléne ni même aualler des boLiil-
lons : elle ctoit prefséc de violentes douleurs auec fièvre , réucrie & convul-
fions : ainfinc pouuant être mis dehors ni par vomiirement ni par aucuns in-
ftrumcnts j bien loin de pouuoir être tiré dehors > mais ayant dé-ja forme vn
abfccs
des Opérations de Chirurgie. 41;
abfccs dans legofier , i'âpaifay bs douleurs aucauc qu'il rr.c fut poflîblc par
\ par des ano.iyns,& tâchay d'attirer la luppuration : j'infiifay aucc la fyiinguc
vue dccodlion ex rad. alth£<t,fem. Uni. fœnugr. ^ cydonior. curnol. amygd. d.
6c oignis le col en djhors cnrn ol aneth. lUior. alb. & amygd. d. Se mii par dcf-
fus vu Czta]phfmeexfar.fal?ar.fior. camorn. melil.fem. iirit y fœnugr, coElutn in
hydri&Uo: ie luy donnay aufîi Cependant quelques lauemcncs , & coafcruay les
iozCQS iufqu'au r^pticmc iouraucc des boiiillous, alors elle rendit par la bou-
che quantité de pus, & en même temps l'os duquel 1 1 figure & la grandeur cft
rcprcfentcc en la/^» 4- de U table Xlll. ainfi elle fat bien-toc remiiej<?<: a vccu
iongucs années après la Cure. Obfernat. y^.Cent. i.
OBSERVATION LX-
2)''U«tf arefle de Poïjfon atachée an gofier,
L'An^î^9i. vne femme me vint trouucr qui auoit vue grande tumeur
au côté droit de U mâchoire inférieure , laquelle s'ccendoit iufquala
Trachée artère, l'oreille ôc la clauicule, rclfemblant à vne Steatomc : elle étoic
molle & fans inflammation: ie mii dcllus premièrement quelques iours durant
des remèdes cmoliicnts &: deiiccatifs, mais comme ie n'a uançois rien , ie vou-
lus fçauoir plus auant d'où elle ctoir veuue,clle me répondit qu'il y auoit deux
ans qu'elle auoit analcen mangeant vne arête depoiffon, qui s'écoi: arrêtée en
rœfophague, qu'incontinent ii y étoic venu vne grande doulcur,de forte qu'el-
le auoit de la pénc à âualer la viande & le boire, qu'enfin la douleur ayant cef-
sé,le col s'étoJc enflé peu à p.u, cette declara'ion me fit connoirtre que l'arefte,
ou quelque partie d'iccUe, y ctoit encor,cc qui m'obligea à me feruir àcs fup-
puratifs: la Tumeur ayant luppuré, clic fut ouuerte par Louyi Glandorp étu-
diant en Chirurgicjil enfocticquanricé de macicre & l'arctc parut tôt apres,la"
quelleil arracha toute entieiejl'vlccre fe referma bien tôt après, Obferuxt. 5J.
Cent. I.
OBSERVATION LXI.
D'vne épingle attalèe»
*An i59i.à Hilden vne feruante âgée de 1 8»ans,auala par mégarde vne épiu-
,.glcafsés grande, laquelle par l'efpace de trois iours ne luy faifant aucune
douleur, elle creut qu'elle feroit décendue par le bas, mais cette miferable (c
trompoif, car le quatrième ioiir elle eut àz ï\ viokiKes douleurs.prcmieicmen:
Ggg
L
4i8 Liure Cinquième
au fond de rttlomach,piiis après vers le pylorcsqu'elle eroû contrainte de crier
& d'hurler route la nuit : le tas demande iix iours après le commencement de
la maladie,& latrouuay phreneti<^uc,aucc vnc tîcvre très ardente , la langue
Tcche, le vifagc enflamme, & tellement cgaice de Ton fens & furieufe , qu'elle
ne connoilloit perfonne (ans demander ni à boire ni à manger : il y anoit des
grandes & horribles conuuhîons du col, des bras & des cuilîcs : elle fe iettoit
quelquefois auec vne telle impctuofitc d'vn côrc du livfl en i'autrc,qu'àpênc
trois hommes bien robuftes la pouiioicnt bien ccnir, cUecrioirà haute voix,
hurloit, & portoir les mains fur Ton ventre, de même qcx Ci elle l'eut voulu dé-
chirer, pour le dire en vn mot ellefcmbloit plutôt être polTedce que trauaille'e
de quelque maladie: ayant été ainfi inguicrcc enuiron l'efpace d'vne heure, elle
fe repoîbit vn peu&demeuroitco-nme à demi morte, mais les fufdits acci-
dents reucnoyent derechef & fubiteme4it : cependant ie la faifois nourrir aucc
desbouillons gras, coulis d'orge, auquel i'aioutois du beurre frais & de l'huylc
d'amandes douces, comme aulîi auec du lait d'amandes, & de peur que les ex-
créments endurcis en quelque recoin des inteftiasn'cmpcchaiirnt l'ccinglcdc
dccendre,ie la purgeay doucement: parce moyen elle rendit , aué&*4'aidc de
Dieu, l'épingle au i4.iour : vn peu après les douleurs s'âpaiferent & les autres
accidents, de forte qu'elle fut remife en peu de temps. Ohferu. 34. Cent, i .
OBSERVATION LXII.
l^e U mort ^ui efi arrihée après auoir aualé des oJfeletSy arxtes &c.
ÎL artiue fouuent en mangeant que l'on auale quelque oflcjet , arcte de poif-
ibn ou quelque chofu de femblable,qui demeure âtachce au gofier , aînû la
trachée artère étant fetrce & comprimcejl'animaleft promptement étouffé, en
voici des exemples.
L'an 155)5. à Cologne , vn certain marchand déjunant , vn morceau de
coënne de iambon g-, illée <Sc fiupoudrce de mie de paiii, fcl 6c poiurc , luy de-
meura au goher:il furuint incontinent vnc douleur véhémente , des conuul-
(îons,fiifron, enfin il fut étouffe.
La mcmt. année, vne femme palTant par deuant la boutique d'vn Boulanger
& menant vn petit garçon par la main , elle acheta vn gâteau que cet enfant
mangea en chemin: vn morceau luy étant demeuré au gofier, il fut inconti-
nent croiifK- auautque la mère futvvuae à la maifon,
Cette même année vn garçon ayant aualé vne baie de plomb,elle entra dans
la trachée arrcre: icfus demande, mais l'enfant fut éto^uffc auant mon arriuce,
Ohf. H. Cent.u
OBSER-
des Opérations de Chirurgie. 419
OBSERVATION LXIII.
ha manière de tirer les chofes étrangère: ^nijont entrées dans le go fier,
ON a Ycu ci-delfus quel danger il y a quand le fccours vient trop tard : Il
faut donc ctre prompt à tirer ce qui cil entré dans le goder : on verfera
incontinent de l'huyle d'amandes douces ou d'oliues dans le goiîcr, (^maisnon
du beurre^ puis mettant le doigt dans la bouche, vne plume ou quelqu'autre
chofe, il faut prouoquer le vomifFementiCar bien fouuent il emporte tout ce
qui ell au palfagCjen après âbailfant la langue auec vn fpeculum oris (Ç\o\\ peut
voir l'oflelet j il le faut pincer auec le bec de Corbin courbe & l'amener de-
hors: que s'il eft plus profond & que 1 on ne puilîè pas l'attraper , il y en a qui
prcnnét vne éponge neuucdela grofïènr d'vne noifettcô^ l'ayant bien*rerrée&:
liée dVn filet long 5c fort, ils l'engraiirent d'huyle d'amandes douces,qu'il font
aualcr au m.alade,le Chirurgien tenant le filet auec les doigts,car il arriue quel-
quefois que l'éponge ccant aualée qu'elle fait décendre en l'cftomach ce qui
ctoit attaché au gorier,ou qu'état tirée auec le filet qu'elle amené auflî en même
tcps l'oilclet &:c. ou qu'il eft rcietté par le vomiflèmentrou bien on peut aualcr
vne baie de plôb attachée à vn filet & la retirer côme il a été dit de l'éponge.
Mais il n'y rien de plus propre pour tirer les oiTclets ou les arêtes de poiffon,
que rinftrumentfuiuanrjduqueliemefuisreruihcurcuremcntà diuerfes fois &
principalement l'an 1603.16 Aouft à Luftri.
Louys Tilfot en foupant auala vn ollelet triangulaire , mais fort épais , il
êtoit entre bien auant dedans l'œfophague'allàuoir au droit delà derniè-
re vertèbre du col & de la première du dos, de forte qu'il ne pouuoit ni l'aua-
1er ni le poutTcr dehors: ceux qui étoyent auprès luy fourrerent.incontinent vn
porreau profondement dedans le gofier & le firent vomir,mais ce fut en vain,
de forte qu'il palfa toute la nuit auec vne grande douleur & danger de fuffo-
cation: on me l'amena le lendemain à demi étouffe: ie luy veifay dans la gorge
vne afsés bonne quanticéd'huyle d'amandes douces,&: oignis en dehors le col
de tous coftcs auec la même huyle/ puis luy ayant fait tenir les mains & la tcte,
après auoir âbaifsé la langue auec le fpeculum oiis , ie luy fourray dans le go-
fier, iufqu'à ro(rclct,rinll:rument rtprcfcnté ci deflbus,puis l'ayant tourné peu
à peu &: doucement d'un côté & d'autre, iufqu'à-ce que ie l'eullè misa côté
de Todclet, puis l'ayant ramené en hautjl'olîèlet fut en même temps tiié de fa
place & amené enhaut,ainfi il fut bien-tôc rem.is , Voyez. U Figure ^.dela Ta'
ble XI IL
C'eft vne Cannule d'argent ou de cuiure couibe,de la grollèur d'vne plume
ck Cygne, d'vnpié ou demi de long ou enuiron, clic eft trouée de tous côtés,
4io Liure Cinquième
nais en Ton cxtrcmitc il y a vne cpongc neuve de la groffeur d vne noifcttCiqui
y cft attachée bien ferme : ayant mis cette Cannulc dedans rœfophague,«Sc la
tournant comme i'ay dit aiiparauanr, puis la retirant, loireletjouchofe fcm-
blablc, vient en même temps , car s'il arriue que l'oiTelet ou l'arcte vienne à
rencontrer quelque trou de la Cannulc, alors il eft tire en haut auec icelle , ou
pour le moins ce qui cd âpre en l'os s'arrcftcra à l'éponge & fera mis hors de
fa place, ce que i'ay auflfi remarqué par expérience auai.t que l'eulfc vne Can-
nulc trouée : que li l'os ou l'arcfte n'eft pas amené en haut la première fois , il
ne faiit pourtant pas quitter , car i'ay quelquefois été oblige de la mettre cinq
ou i\K fois auanc que Tos ait ctc ixnuié dj la place ëc tiré en haut , ouf fi ie ne
I'ay pcufairey pouiscenbas, ce qui le fait luis danger : il vaut mieux neant-
moins s'il eft pofTible le tirer en huit : m.iis il faut aller prudemment en cette
opération, de peur qu'on ne founcrinftiumcntdans l'âpre artère au lieu de le
mettre dans rœfophaguejCe qui icroit foi t dangereux , partant le Chirurgien
doit conoiftre la firuacion dé ces parties par l'Anatomie, car l'œfophaguc fe re-
pofc fur les vertèbres du col,& la trachée artère eft fur le deuant, partant fi tôt
que le Chirurgien auraâbailsé la langue auec le fpeculum orîs,il mettra le bout
de fou inftrument.ou eft attachée réponge(^qui doit être engraifsce d'huylc d'a-
mandes douces ou d'oliuej vers lcsvcrtcbres,la faifant dccendre doucement &
bellement , par ce moyen l'éponge âbailfera l'epiglottis ou le couuercle du la-
rynx,»?^ la trachée artcre fe fermera iufqu'à-cc que l'inftrument foit décendu
plus bas.
Qu^ant à Tcponge âta^hée à vn filet, de laquelle nous auons dc-ja parle , il
ne faut pas s'y fiubcanconp,ayant expérimente le contraire en ladite Opéra-
tion,car comme eft il ponTibk qu'vne éponge, qui eft fort légère , puillè palier
infqu'a vn os qui -ft ara. he a l'œfophagrK.? l'en ay voulu âucctir le Icdteur, de
peur qu'il ne fe confie à vne choL- inutile» laillant cependant le malade en
danger:le Chirurk;ien donc doittoûîours auoir des inftruments prêts pour cet-
te opcrariô,veu qu- le d.lay eft pernitieux:que Ci quelque chofeeft décendu en
latracncf artcie,il faut mettre vn fternutatoirc dans les narines,comme vn peu
de poiurcou d'^uphoib.- ou d'ellébore blanc , il fc faut abftenir des chofes ai-
gres ou de celles qui p;o:)oquent larouxjcoiitre l'opinion de quelques vns,car
ht roux vient aises d'elle mcmcor les choies aigres rcirerrent&. l'œfophague &
la tachée artère & rout ce qu'elles touchent, en lieu de cela il faut ordiuairc-
rnent .pioir dans la bouche du fyrop de /t<^uirttiaydepolj(richo,viG/arum,ou com-
me ic l ay cxpcrimcnic,dc l hiiyle d'amandes douces mcle auec autant de fucre.
L'os ayant êréti' c,il faut fouueut lauer le goficr auec vne dccodiond'orgc^ou
auec eau de plantin&: miel rofat oudiamoion : s'il y a de la douleur , il faut
prendre t'ois ou quatre fois le iour vne eu- illeréed'huyle d'amandes douces
ou de rofcs»ou bie'i ilfc faut feruir de l'elcctuniic luiuanr,!clainant doucement
fondre en h bouche y^.f^ec. dfatrag.frJJatrcos an, yj.fummit.hetomc.& veronic.
fuhttlijf.
des Opérations de Chirurgiç^ 411
fnbtiliJf.pHÎiierif.an.-z^].oLamygd.d. l fi. f)r.moUr.fmefptr.vitrtoliy<j.f.?n.f.el(^i.me-
diocris confiflcntiti. Il s'abftiendra du vin «Se de tout ce qui cchaufc, pour empê-
cher la douleur & l'inflammation : il vfcra de bouillons , panades , orge pafsfj
d'huyle d'amandes douces , cmullîon des grandes fcmencci froides & Acs cho-
fcsqul s'aualcnt& digèrent aiscmenrrfi le malade efl: icuneSc qu'il n'y ait point
de danger d'inflammation, il doit être purge doucement &: laigné par la vcne
bafilique du brasdroit.En dehors il faut oindre le col auec huyle roiar , œyc-
thin, mettant par dclfus l'onguent de l3olo.
Or ie crois que Gautier Rytï célèbre Médecin & Chirurgien à Strasbourg,
eftinuentcurde cet inftrument, veu que la figure cft en fa Chirurgie page 58.
Mais deuant que ie l'euire emprunte de luy,ic me fuis ferui heureufcment de ce
Cathéter quieft en viage es incommodités de la velîîe, y ayant âiouté l'éponge,
ccluy qui n'a pas le Cathéter, peut fe feruir d'vn fil de Fer vn peu courbe , met-
tant vnc éponge au bouf.i'aioute ceci afin que fi le Chirurgien n'a pas ce pre-
mier inftrument , il ne diffère pourtant pasl'Operationjqui ne doit point être
renuoyée : or quoy que i'aye pris cet inftrument dudit Ryfïi i'y ay neantmoins
âiouté des choïesnecciraires ÎSc l'ay coriigé , carie Ledicurconoitra aifemcnt
qu'il étoit imparfait , i. Parce qu'il finit en quelque façon en pointe , ainfi il
peut être porté dans la trachée artère & étoufter le malade qui s'agite étrange-
ment le corps,il doit donc être mouiîè au bout: i. Il n'y met point d'épongé
laquelle neantmoins eft neceflaire pour trois laifons, t. Elle empêche que dans
l'Opération & dans l'agitation du corps , l'inftrument n'entre dans la tracliée
artcre,ce q;ii pourroir aifem.cnt arriuer fi l'inftrument ne Tauoit pas , car elle
abbaiirerepiglortis'ÔT ferme la trachée artère ( mais le Chirurgien fera aduerrî
icy de ne fe preficr pas trop quand il cft au droit dv; l'epiglottis <3c qu'il ne faut
pas cerchcr l'olFelcttrop longcem^JS , de peur que l'éponge ne bouche la trar
chéc artère & empêche la refpiration, ) i. L'éponge empêche que l'œfopha-
gue nefoit irrité par l'àprcté de l'inftrumcnr & n'en foit écorché, ce qui ne fê-
roitpasfans danger, veu qu'ilfuruient (ouuent douleur, inflammation & mê-
me la gangrené : 3. Cet inftrument étant déccuuert & vnpeu pointu au bout,
il peut aifement defcendre au prés de l'oircler, qui eft actathé fans le toucher^
mais par le moyen de l'éponge il fera ou décendre l'os dans rcftomach,ou il
l'aracneraen haut.
Tay remarqué que le Prouerbe qui dît , FabricandoFa'^ri fimus , cft verita-
blc:car ce ieunc homme duquel i'ay parlé ci dciru>,auuit des conudlfions fi
violentes ^ desfccoulfcs (i fortes tantoft en ajant,taiKoft en arrière-, à droite &
à gaiichcque trois hommes robuftcsauoycut bien de la pêne de le r.rcnir qu'il
ne fc rompit quelque membre , iuiqu'ace que icuircfait déccndtc ce petit os
4ir Liure Cinquième
qui croit attache ï rœfophague , car ie ne le pus pas amener en haut , qu'arri-
uac'il .•'Ayant: ces grandes conuuhions & ferrant bien fore les dents , il calla
tcllcmenc mon inllrumcnt f qui cft de Icton & afsés fort ) auec les dents , qu'il
me le g ita entièrement : mais on me demandera, pourquoy ic me Cuis fcrui de
ce Proucibe :- le diray librement que cette Opération m'a appris que l'inftru-
mcnt du Dodleur Ryti^diiqucl ie me fuis ferui quelquefois , n'eîl pas tcufioiirs
allure , car s'il vcnoit à fc rompre entre les dents du malade dans l'Opération
ô^ que le bout dccendic en l'eftomach , quel mal n'en arriucroit pas,& quels
fympcomcs dangereux & mortels ne luiuroycnt pas ? l'ay donc cprouuc en la
furdirtc Opération, que cet inftrumcnt f quoy qu'il foit ie plus propre duquel
on Ce. peutferuiren ce cas^ eft tropfoible, à caufe de la multitude des trous &
qu'il abeloiii de quelque chofe qui le rende plus fort,ce que l'on peut faire aifc-
mét mettant dedans vnftile de cuiureoudeletton,bicn attache & plombé aux
deux extrémités alîauoir vers le manche & l'éponge: il eft véritablement ne-
cclï-iire que ce ftile foit épais , mais il le faut mettre en telle forte qu'étant au
milieu de la cannulc , il ne bouche pas les trous Se qu'aind il ne ptiue pas l'iu-
ftrument de fon vfage, SccOhf. 5e. Cent.i,
OBSERVATION LXIV.
D'vn petit os attaché à l'œfopkague.
VN icune Valet de Monfîeur Sigifmond de Vuattenvillc ayant aualé vn
petit os en loupanr,& ayant ciïàyc en vain toute la nuit de le mettre de-
hors , me vint crouuer le iour fuiuant furie foir: ie mis le Cathéter courbe
doucement dans l'œfophague & ccrchay auec beaucoup de foin en quel lieu
itpouuoit être attaché j mais ie ne pus rien trouuer d'étrange, hormis vn cer-
tain détroit en l'œfophague à côté du Larynx & à l'endroit ou il fentoit vne
douleur non poignante mais obfcure : i'y fourray donc l'inftrument auec l'c-
ponge duquel ie me fers pour tirer les corps étranges de la gorge mais fans au-
cun effet , car ie ne pus découurir autre choie que ce détroit de l'œfophague
( lequel alfurement prouenoit de Icxcoriation qu'auoit fait cet olTclet & des
humeurs qui s'y êtoycnt iettés^ parquoy ie hiy fis entendre qu'il ne faloit plus
s'arrêter aux inftruraents, de peur d'irriter d'auanragc la partie &: d'attirer de
plus grands accidents, voulant donc entreprendre la cure de laquelle i'ay par-
lé en rObferuation 59. , ils'adrelïà à vn de nos Barbiers , lequel ayant misa
diucrfes fois des inftruments dans rœfophague,il irrita tellement le mal ^ la
douleur,qu'cn fin il ne put plus rien aualer , parquoy ie fus derechef deman-
dé auec Monfîeur le Doélcui: Duos , nous trouuâmes alors le col endurci de
tous
des Opérations de chirurgie. 413
tous coftcs j tendu «S: ciiflc outre mefure iufqucs à la poitrine , la douleur
ctoit fort glande autc diliicultt de rcTpirfr , le pouls ctoit frcqucnt & dcbi-
ie- fans pou uoir aualcr vue goutc de boLiiilon , à caufc dcquoy nous famcs
entendre aux nffiftans qu'il ctoir en danger de la vie: cependant nous tàmes
tous nos ifForrs pour appaifcr la douleur ^ les autres acciJ:nts , Nous oignî-
mes le Col & la Poitrine auec de l'h^îc de Us&c d'amandes douces , nous mi-
'. mes des cataplalmes faits , ("< radkibus c^ fol,maht.(ilth»jlor.camomill. lilior.
& melilot.fern Umfœnup/. aneth. & melilot. Nous luy faiiions auffi aualer vu
lohoc fait d'vne dccodion de racines & fueiiles de guimauue , manne j fleurs
decaaiomille auec vn peu de miel , mais tout cela fut en vain , car il mou-
' rut le lendemain qui fut le neufuicmc de fa maladie : luy ayant oiuiert le Coi
. après fa mort , nous trouuames rœfophague entièrement fphacclé auec le»
parties voifincs, mais principalement au lieu ou l'olTelet ctoit attache , auec
vne grande puanteur: mais nous ne trouuames point le petit os non pas mê-
me en rcftomach, les Poulmons ctoyent tous liuidcs à caufe de l'inflamma-
tion qui auoit précède, >k l'eftomach entièrement vuide : on peut iuftement
demander icy que deuint cet os î le crois qu'il ctoit forti dés la première
nuit & auant que ie fufîè demande , ou par le vomiflèment ou par le bas,
dans les grands efforts qu'il fit pour la chafTer, fe mettant les doigts dans la
bouche , que iî cela n'croit arriuc ie l'aurois trouué au commencement
ou auec mes inftruments,ou après la raort,&:c.O^/^55.Cr«/.f''.
i
E
OBSERVATION LXV.
DefExtTA^ion d'vne épingle analée.
N Odobre \6i. la fille de Monfieur Guillaume de Hafr,de Cologne/e
'nettoyant les dents après fouper auec vne épingle de médiocre lon<^^ueur,
& maniant ce curedent auec imprudence , la la-lla tomber dans la ^^ort^c
laquelle s'attacha à la langue : il furuint incontinent vne grande douleur auec
diflicultc d'aualer , de forte qu'elle palî-i toute la nuit en de grandes dou-
leurs, »5c ne peut receuoir aucun foulagcmcnt de fes parents & amies qui y
accoururent : le iourfuiuant on demanda de grand matin deux des princi-
paux Chirurgiens delà ville, qui firent toute la diligence poflible , mais
en vain ; or comme Ces parents fçcurent que i'ctois venu le iour précè-
dent d'Hildcn à Mulhem prés de Cologne ^ que ie me retirois en Suif-
fe , ils amenèrent cette fille à Mulhem , mais n'ayant pas les inftruments
neceflaires j ie me trouuay bien en pêne, aufli bien que les parents & la malade
414 Liure Cinquième
queicvoyoîs en vnc grande dctrcllc , neancmoins ayant été cmu par leurs prit-
jcs,i'aimay mieux cdayerqueknic choie que dclaiilcr la malade fans fecours. ,
Apres donc auoir inuoquclc fecoursOiiiin , i'abailîay la langue aucc vnfpecu-
lum fort fimplejreprefcntc ci ddîbus , mais ie ne pus point découutir l'cpinglc
ni à l'œil ni du doigt, que ie misdouccment dans la bouche, ce qui me mit eu
vnc nouuellc pcnc , mais comme la malade me dcmandoit cncor inftammenc
du fecours, & me prioit de fourrer plus auant le doigt dans la gorge, difanc
qu'elle aimoit mieux mourir que viure plus longtemps en telle dctrclfcjie mis
le doigt indice aucc quelque crfort iulqu'à la racine de la langiic,ou ie trouuay
l'cpinglc attachccjor elle ctoit piquée en traucis & h auant qu'à pcne en pus-ic
trouuerlaTeftc : i'cllàyay quelquefois de la cirer dehors & de la pincer aucc
longlc , mais le doigt ayant irrite l'cftomach par fa grolîèur , ie fus oblige de
lailîcr l'affaire là,& ayant bien remarque l'endroit ou elle ctoit arrêtée^ i'y por-
tay fi fouuent l'inftrumcnt marqué ci delFous. qu'en fin ie la tiray dehors,au:c
admiration de tous lesafliftantSjprincipalement de la malade: i'ordonnay après
vn gargarifmc f AT betomcA.roJisyfUmagine in aqua coUis,aàâiîo melUrofac. Par le
moyen duquel elle fut bien toll remilc. Ployez. Us figure 6. & j.dela table XIIL
qui reprefentent l'inftrument pour âbailfer la Langue ôc le crochet auec le-
quel i'ay tiré l'épingl c. Obf. 5 4 . Cem. VI.
OBSERVATION LXVI.
D'vn ojjeîet audè.
L'An 15^4. vn compagnon de Maiftrc Ican Bcrthold Brcttel Arqucbufier
à Berne , nommé kan Ballier , ayant en dinant aualé vn os aises grand,qui
luy ctoit attaché au goficr , il fiuuint incontinent de grandes douleurs aucC
danger de fufFocationjil fut même chez moy,ou en mon abrcncc,ma femme &
mon défunt fils Picrre,qui auoyent fouuent vcu faire cette Opération , tirèrent
heureufemcnt cet os, auec l'inftrument reprcfentc en l'Obferuation prçccdentc
Ainfi il fut bien roft remis : i'ay voulu y âiouter la figure de l'os lequel ie gar-
de parmi mes raretés , on voit par la que toute obftruârion de l'orifice
fuperîeur de l'cftomach n'cft pas mortelle, comme cftime Riolan : Oh féru. 34.
Cem.VL
OBSER-
des Opérations de Chirurgie. 4 15
OBSERVATION LXVII.
De qHelûjues épingles analées fans amir apporté grande incommodité.
L'An i6ii. vnc Darae de Cologne me demanda confcil, &c leprcfenta que
fix ans auparauant fe faifant cccftcr,& tenant quelques épingles en la bou-
che , elle les auala par mcgarde , & fcntic incontinent des douleurs poi-
gnantes en rœfophagne, quoy qu'elles ne fulîènt pas trop violentes , l.TqucU
Ics neantmoins celleient peu à peu par les remèdes que luy ordonnèrent quel-
ques Médecins : que neantmoins en mangeant , & principalement de la vian-
de folide, elle fentoit vnc douleur fixe en rœfophague : Elle fc plaignoit
aufli d'vne douleur piquante au fond de l'cftomach bc en quelque autres en-
droits du Ventre-piincipalemeiit aps^es le repas , airurcment parce que lè'poids
de la viande prelfoit les épingles : le luy confeillay de fe purger par incerual-
les aucc vn médicament lenitif , pour elFaycr par ce moyen àz mettre les épin-
gles hors de leur place , ca après qu'elle vfa familièrement d'vn ele(fc jaire fait
nucc fucrc ,3«: huyle d'amandes douces , en prenant deux ou trois fois leiour,
principalement auant le repas , afin d'adoucir la douleur par le moyen de
l'huyle , Â: dedérefger & confoliderlcs Vlceres auec le fucrc , s'il y en auoit
quelques vns :ellefe leruit quelques mois de fuite de ce m.edicament & auec
YtilitCjtandisqucie dcmeurayà Cologne, mais ie ne fçay Ce qui eftarriué après
monài\idiX.uObfernr^6.CentnrVl.
OBSERVATION LXVII I.
De U manière de couper les Tumeurs des aiJJ'elles & Tnammelles,
L'Excifion des Tumeurs des ailK lies eft difficile ,?i dangereufe > principale-
ment il elles (ont grandes , comme ie l'ay remarque quelquefois «îk: piinci-
.palement en cette femme, de laquelle ieparleray en l'Oblcruaiion 76. Elle eft
dangereufe à caufedu concours des Vcnes Thoraciqnes en cet endroit qui fait
appréhender vnehxmoiiii.igie,5v' qu'en cir.iiinccs Tumcarsjcs mufcles IVdo-
ranx is: ceux qui feruent à la reipirar ion ne foyeiu orfcnscs , d'où peut venir vu
danger de fiiiîocation : partant il faut aller doucement en bcfognc en ces par-
ties : elle eft difficile, parée que le bras pendant en bas , la Tumv-ur le ca. lie au
profondj&: que l'aiiîclle eft toute couuertc du bras, quefi onrcleuc en haut
Hhh
41^ Liurc Cinquième
les mufcles, les membranes, les vailFeanx Se la Tumeur Tonr tellement tendus
qu'on ne la petit Icparcr qu'nuec vnc fort grande pêne , principalement fi elle
tient bien aiiant aux membranes -. il faut donc aller auec prudence en ces Ope-
rationsjm.aisauçaraunnt il faut bien confidcrer fila Tumeur cft mobile *?c peut
erre ébranlée de côte & d'autre , (S: Ci elle peut être arrachée iufqu'à la racine,
car rOperaiion feroit vaine s'il en demeuroir quelque portion , pour petite
q:i'elle fut, ou même de la membrane de laquelle telle forte de Tumeur cft or-
dinairement cnuclopce,car le m.al rcbourgconnc & deuîenr pirequ'auparauant,
& ne faut pas penfer que ce qui relie puille ctrc confumc par des Cauftics , car
ils irritent tellement les Chancres qu'ils en viennent au haut point de maligni-
té : or i'ay procédé de cette façon en l'Obleruation 76. liurej. Ayant fait mé-
diocrement fouleuer le bras par vnfcruiteur , i'ay coupe la peau en longueur
leîon la grandeur de la Tumeur, en après ie I'ay diligemment feparc , prenant
garde de ne pas couper ou déchirer les vênes , pour éuiter l'haernorrhagie qui
auroit interrompu l'Operation^^^ pourétre plus afl'uré , i'ay feparé auec les on-
gles la plus grande partie de cette Tumeur qui éroit de la gioHeur d'vn œuf de
poule: puis l'ayant empoigné auec les Tenailles reprefcntccs icy deflbus , ie
commanday au feruiteur de tirer en bas tant qu'il pourroit la Tumeur auec lès
Tenailles, cuitant ncantmoins tant qu'il luy feroit poflible de faire mal ; par
après ic faifis les vênes qui entroyent dans la Tumeur, premièrement au delfus,
puis au dciîbus,auec vne aiguille courbe que i'auois toute prétC5& lesliay d'vn
nœud bien ferré^enfin ie feparay hardiment la Tumeur de la coupay entre les
deux ligatures, de forte neantmoins que le filet fortoit hors la playe afin qu'il
peut auflî être mis hors en Ton temps : ie tirayanfli fans peine les deux autres
Tumeurs quictoycnt à côté de la grande,de lagrolïeur d'vncnoifcttc:or quand
il cft queftion de tirer & d'arracher ces Tumeurs , il y faut procéder douce-
ment 5i peu à peUjCar quand on les tire ou auec les Tenailles ou auec quelque
autre inftrumenr , on amené en même temps Us mufcles qui feruent à la refpi-
ration : pour cette raifon, quand ie fis ctrtt Ope; ntion fur cette femme, elle ne
pouuoitpas quelqucsfois refpircr , &. fi cod: qti.^ie l'apperceuois, ic m'arrérois
vn peu de peur qu'elle n'étouffa,^ afin qu'elle reprit f?s forces^apres ie recom-
mençois l'œuure.-il ne faut pas aafli iippiiquer en ces parties des remèdes froids
& rcpercuflifi . de peur queJa matière ne loit teniiovce à la pleure ou à des au-
tres parties nobles, ou elle pourroit faire iufi-im.mation : pour cuirer cette in-
commoditéjic purgeay le corps auant l'Opération quatre ou cinq fois , lailfant
qutlqucs iouisenrrcdfux:ic luy fis prendre des apozemes , luy ouurisla vêne&:
ordennay vne bonne façon de viure 5l fobre; que s'il arriue quelque dcfluxion
après rOpcration,il faut appliquer des Vcntoufcs fur les EpaulcSjOuurir la Vêne
de la chenille du pir,pour atiiter Je fang &: les humeurs en bas;quei'il furuient
vne grande douleur , en lieu de l'emplîtrebafilic , ie mets chaudement le cata-
jp.lamciuiuanr. ^.Micx panis albi Ivi.bHtyr.rec.nonfdttî lii.fHlu.fem.cydonior.
&
des Opérations de Chirurgie. 42. jp
(^fanu^r. an. 3«/. co^ue in UUe vÂccino récente ad confiftentiam catapL adde croc,
phluerif.'^j.ol.de mtelLouor.& rofac an, § fi. l'/V^//. oui i.m. bis am ter interdit* ap'
plicetur.
En l'cxcifion du Chancre il faut bien diligemment obfcrucr la dodbrinc de
Galicn 14. mcth. mcd. ou il veut que le Chancre ayant été entièrement coupe
auec fa racincl'onlaillè couler cjuclquc peu de fang des vcnes piOches, ce que
ie pratique aufli foigneufcmcntjmais en telles Tumeurs Tchirreufes on ne peut
pas fuiure cette Doctrine, car la malade fcroit plutofl: morEJfjque l'Opération
n'eut été faite > àcaufe de la grande hsmotrhagic qui auroitfuiui , vcu qu'elle
auoit dcja été afsé^affoibliepar cette Opération qui fut longue .' ce qui nous
obligea de lier ôc ferrer les vênes qui écoyent (ous i'ai(îelle 1 outre qu'il ne fem-
bloit pas être beaucoup neccliaire de lailfcr couler le fang,veu que ces Tumeurs
n'étoyentpasencor ni malignes ni Chancreufes.
Figure des Tenailles | & du Couteau feparatoire.
Table XIII. Figure 8. | Table I. Figure I.
Enfin il falut venir aux fchirrc Chancreux , qui tenoit quafl toute la mam-
melle iufques aux codes ; ayant incisé la peau tout ài'entour de la Tumeur ( à
laquelle elle étoit attachée bien ferme J ie ie feparay & riiay (ans pêne tant
auec les doigts qu'auec vn Couteau feparatoire , &: ayant laifsé l'ortir quelque
peu de fang, i'y mis de ma poudre à arrêter le fang fur des êtoupes trempées en
vn blanc d'œuf;i*oignislaPoitrine,rEpaule & le Bras auec huyle rofac & ban-
daybienlc tour,ie misdescpichemesfur le cœur, &luy donnay fouuent à la
cuUier,& ce iour la àc lefuiuant,dc l'eau de canelle diftiilce fans vin, en laquel-
le i'auois détrempé de la confection d'aikcrmes pour luy reftaurer les forces: le
iour fuiuant i'oignis encoi lesluldites parties auec huyle de rofes , & mis fur la
la playe le digeftif fuiuant auec de la charpie , le c^^rant de l'emplâtre bafili-
c u m . !^. Terebinth.lot£ In a^uafcabtof.^ij.cerét noua B" gummi elem.an.'^i.ol rofar,
amygd d.devitell.ouor.an.l {).croci'^j.vttellHm oui '■^nitis m.f. vngu. , Ainli ie guéris
en peu de temps cette plùyc que ie traitay comme les autres , & fut remife cette
femme en forte qu'elle a eu par après des enfants qu'elle a elle même nourri»
ObfeïH.j9.Cem.i,
OBSERVATION LX IX.
Que (^uelcjues enfants deuiennent boffhs^^efî portants des habits trop iujies.
ON a cette coutume en ccrrainsPays & quelques familles, ie nefçaypar
quelle raif.)n,de bander fort étroittcment les petits enfants dés qu ils font
nés ; pour cette raifon ils ont fouuent le corps & les membranes contrefaits : il
Hhh i
4i8 Liure Cinquième
ne faut pa? douter qjc cela n'arriue , parce qu'ils font trop ferrés , car ayants
les os en. or tendr;.-s , mois & cartilagineux , ils (c ploycnc aisément &c for-
tcnt hors de leur place naturelle, giriants ce pli après qu'ils fe font endurcis
par l'âge , comme ie l'jy remarque en plufî:urs : pour cette raifon laTeftc
daiicnt longue aux enfants.à leur grand prciudice , perdant fa figure ronde,
comme cela ariiuetoufioiirs quand on leur fait le Cautère potentiel à la nu-
cuctquelqucfois les nor.n icfS à dcl]cin,pour faire paretre les enfants plus beaux
à leur iugcmenr|iile:jr bandent bien fort la Tcfte pour la faire deuenir longue,
mais de mêm: q:je la B jîle prein les Poulmons &c rend lesenfants poafllfs / de
même le Cranc cca-.u ferré oc étendu en long, il comprime le Cerneau Se fcs
vcntriculcSiainfi les elpdts n'étants pas bien coaJitionnés ni élaborés , la Tefle
deuicnt foibie &: fuiette aux deflaxions:que fi tels enfants dcuienncnt grans, fcc
qui Irur arriue peu fouucnt J ils font d'vn cfprit pefant & tardif, dequoy i'ay
voula aduertir ks Père & hUïCiObfeni.^ç).Cennir.i,
OBSERVATION LXIX.
1)6 l'mnertured'vfj Abfcés es rnufcles de l' Abdomen,
L'An i55)7.vnSauoyard âgé de 4o.anSjhomme robufte, étant irauaillé dVnc
fort grande douleur du côte droit a;; bas des f^ulFcs coftes , vint à Laufan-
ne pour auoir confeil du Docteur AbclRofcius & de moy, nous n'y trouuâmes
ni tumeur ni aucune intempérie , mais leulement vne dureté profonde entre
\qs rnufcles, à caufe de la comprcffion & extenfion du péritoine : il y auoir vne
grande douleur auec vne pitirc Heure : après l'auoir doucement purgé , nous
nous feruimcs quelques jours de fuite de fomentationSjCaraplafmcs,inon6lions
fcfolutiues & anodyncs , mais /ans aucun fuccés , ce qui nous fit cfperer que
cette matière pourroir être diffipce infenfiblcmcnt, comme cela m'éroic vne
fois ariiuc à moy même: Monhcur Rofcius donc iuy fit prendre quelques iours
deluirc vne dscoôtion de gajac ^ {al(cpareiUe,y aioutant des herbes appro-
priées au foye , mais tant s'en faut que la matière en fut diflîpéc , qu'au con-
irairceile s'alla iettcr en peu dciouis fur la région du foye entre les rnufcles de
IMbJomen 'ôc le Pcritoii.ejou clic le rnmalla > de lorre qu'elle nous m.arqua eui-
damnxnt lelicu ou Tiacilion fe doit faire, à caufe de la douleur piquante &r
pulf:.iile : ainfi,quoy qu'il ne parut rien en dehors , neantmoius de peur que la
matière ne piffa à traucrs le Péritoine , &c feiettadanslc vuide du Ventre,nous
demeurâmes d'accord qu'il faloir fjiic de bonne heure incifiô dans les rnufcles,
ce que icfis hcurcufcmennle pus en foi rit abondamment, &: peu de temps après
la ficure,îa douleur &C les défaillances cefTcrenr peu à peu; nous fumes obligés
è€ lailTer Tvlccre ouaert quelques mois de fuice,à caufe de l'abôdâce du pus qui
fo^toit
des Opérations de Chirurgie. 419
fortoir: ayant obfcruc cependant vn bon régime de viurc &: ayant ctc bien pur-
ge par inteiualles, s'crant auflfi fcrui de décodions fudotifîques, parmi lefquel-
Ics on mcloicdcs chofes qui regardent le foyc & qui fortifient les parties no-
bles, il fut entièrement remis. Obferu. 38. Cem. z.
OBSERVATION LXX.
*D'vn grand Ah fus en U région an Foye.
L'An 1592. vn homme de 40. ans du Mont Coronc prés d'Hilden , ayant ctc
incommode quelques années d'obftrudtionsde vilceres auecCachexieafut
en fin âtaquc dVne grande douleur & opiniâtre à l'endroit du Foye : Ayant
ccé demande pour le voir> ic trouuay en l'hypochondre droit vn abfccs de
grandeur démefurecjCar prefque toute la peau de ce côcc des l'os Ilium i\.\Ç-
qu'aux vrayes coftes, la ligne blanche, &: l'épine du Dos cfcoit pleine de pus,
êleuce & tendue : 11 y auoir continuellement vne grande douleur , aucc dé-
faillance;, nausée, dégoût & âbatement de forces ; & quoy que le malade &
Tes amis mepriaircntinftammcnt d'ouurir l'abfcés, ie n'y voulus pas ncant-
moins mettre la main, à caufe du graad danger ou il êcoit ^ pour ne pas rif^
quer ma réputation: après mon départ vu Barbier ayant été demande , il ou-
urit l'apollumc, d'où il fortit v«c grande quantité de pus aucc impetuofîtc j &
quoy que la douleur eût vn peu diminué > ncantmoins il mourut au bout de
deux iours , Obferuat. 39. Cent. 1.
OBSERVATION LXXI.
De même fiitet,
'an i(5o5>. en l'Hôpital de Soleurre, vne femme eût yn femblablc abfccs à
il'endroit du foye qui fut ouuert en prcfence de Monfieur Paul Lentulus
Médecin à Berne, dont elle mourut le lendemain: La même.
L
OBSERVA TIO N LXXII.
1>e même [met,
*An 1616. ie fus -demande pour voir vne Dame fort âgée, laquelle ctoit auf-
'fi incommodée d'vnc fort grande tumeur en la région du Foye , aucc des
Hhh 2
4^o Liure Cinquième
tcianges douleurs de ventre & âbatemcnt de forces : n'ayant pas voulu ouurir
cccce rumeur à taule du danger apparent : m'ctant contcnrc d'ordonner qucl-
4ncs anodyns & corroboratifs incernes &c externes , rabfccs fe rompit de luy
même trois iours après, d'où ii fortit vue grande quantité de pus , ainli elle
mourut bien peu de iours après.
Le ieunc Cbirurgien (e doit donc donner garde de ne pas vuider les grands
abfccs tout à coup mais peu à peu&à reprilcs.-car quoy quel'ouuertured'iccux,
principalement quand ils font prés des parties nobles , (oit dangercufe , nous
voyons ncantmoiiis,dic Gjiicn, aux autres parties , quand quelque grande tu-
meur vient à (uppuiation, qu'il eft dangereux de viiidcr tout à coup , veu que
le malade tombe iuLontincnt en défaillance & que les forces diminuent,laqucl-
le débilite ne peut pas après fe rcmetrre:car l'acrimonie du pus & la leparation
Si l'cloignement d^s parties les vues d'auec les autres , fait que les orifices de
quelques artères s'ouurent,lel"quels auparauant êtoycnt bouches par le pus,le-
quel venant à fortir fubitement, il fe fait diflTi.iation en même temps de beau-
coup d'cfprits, dinfilcs mûiadeslont en dingcv.Ohfern ^<^,Cent» i.
OBSERVATION LXXIII.!
De la Taxncentcfe de l'Abdomen es Hjdropi^ues.
NOftre prognoftic s*eft trouuc vcrirableen l'Hydropique que nousauons
traite à Yuerdun, car i'ay apris qu il ctoit mort bientôt après nôtre dé-
part: ie rens grâces à Dieu de ce que ie n'ay pas fait la Paracentele, car chacun
auroit cru qu'elle auroit été caulc de fa mort , mais à tort : car la maladie
croit dc-ja incurable d'elle mémc,à Caufe de la grande iiuempcrie des vifccres,
affauoir du Foyc (Se de la Rattejqui éroyent entièrement détraqués &c peut'- être
corrompus: car s'ils ne font pas entiers & bien conftitués, l'expérience fait
voir que cette inciiion ne fcrt de rien ou bien peu au malade , veu qu'il ne
fort autre chofe que de l'eau qui ell contenue en la capacité du ventre , mais la
racine & l'origine du mal demeure dedans les vifcere"-: au contrairc,fi le nom-
bril des HydropiqueSjpar vn bénéfice de nature,vient à s'enfler peu à peu Si en
fin àfe romprejoufi on y fait intilion, des hommes dodrcsontobfcrué qucc'eft
la voyc la plus commode pour vuider les ferofités des Hydropiques , & que
bien fouuentdes malades ont été guéris par ce bénéfice : dequoy ievcux auflî
donner vn exemple.
Il y a quelques années qu'à Hilden ma patrie , Pierre Kickup âgé de 40.
ans, tomba d'vne longue hcvrc tierce en Hydiopilîe : ayant été demandé , ie
vis que fon ventre étoit d'vne prodigieufe groireur,& fon nombrib.qui luy pen-
doic plein d'eau,dc la grolîcur d'vnœuf d'oycjme priant inftamment d'y don-
ner
des Opcrations de Chirurgie. 431
lier vncoup de Lancette : mais ne voulant rien faire rcmerairemcnt ni fans
confeil , en vne fi grande maladie , & voulant faire venir vn Médecin
pour confulrer auec luy fi on poiirroit fliirc vne incifion au nombril , il fe
rompit de luy même j d'où il forric vne grande quantité de fcrofitcs refpace
de trois mois : mais ie fis en forte que ces humeurs forrirent peu à peu,
mettant dclTus vn linge double bien bande, de peur que par vne éuacuation
hors de propos , les forces du malade, qui êtoic dé-ja foible par la lon-
gueur de la maladie, ne viniïènt à diminuer ou à fe perdre : ainfi par la grâ-
ce de Dieu, fou ventre des enfla peu à peu, de forte qu'il fut entièrement
gucri.
L'ayant ouuert après fa mort, (^ il fut emporte d'vne Plcurefie quelques
années après J ie trouuay la vcne vmbilicalc f laquelle , s'endurcit &c conuer-
tit en ligament en ceux qui font auanccs en àge^ tellement dilatée, quei'yau-
rois peu faire entrer vne plume d'Oye : on peut voir par là que non feule-
ment les fcrofités qui ctoyenf dans la capacité du ventre , furent vuidées par
cette rupture du nombril, mais auffi les humeurs vifqueufes qui êtoyent aiH
parauant dans le Foye : il feroit donc à fouhairrer que l'on peut par quelque
artifice & iuduftrie faire cette ouucrture au nombril des Hydropiques &c.
Obferuat, 47. Cent. 1.
OBSERVATION LXXIV.
Sw le même fnku
ÎE crains que ce ne foit fait de voftre Hydropique , Caftclan Ma/fer, 6c
qu'il ne fcrue de rien de faire la Paracentcfe , à caufc de Çow acre , de fa
foible(re,~& qu'à pêne prent'- il nourriture : outre que fcs parties nobles,
principalement le Foye & la Rate , font âfoiblies , tuméfiées & endurcies,
tant par fa maunaifc façon de viurc , que par les longues douleurs de la ^oute
qui! a enduré : &: quoy que tout le ventre foit tellem. nt bouflî 6c tendu que
l'onnepuiife pasdécouurirces parties par l'âtouchement, neantmoinsilfaut
croire qu'ils font en vn tel état à caufj de la couleur blara: de de fon vifa^^e U
dcfesyeux, de la difficulté qu'il a de refpirer, de cette Toux sèche, du peu
d'vrine q^u'il rend, de la boufliircuie de Ç^s cuilfcs &c. l'ay remarque quelque
chofe de particulier en la tumeur de fon ventre , qui témoigne que fon Foye
& fa Rate fout enflés , alîauoir qu'il eft plus enfoncé dés le nombril en bas
qu'au dclfus , car la région du Foye , de l'cftomach ^c de la Rate dés la
cartilage Xiphoidc , ^ les dernières des vrayes coftes , iufques au Nom-
Mi eft fore élcucc & Ciiflcc ; or il eft certain que cette tumeur vient d'vne
<|ji Liure Cinquième
durctc Si indammatioii duFoyc &c de la Rare, veu que l'eau décend coutîours
en bas & faic cxtcnfion principalemv."nt au bas du vcncïe: il y a donc vnc gran-
de & manifeftc intemperic,auec durcrc ik obftruclion des villcrcs,qui rendent
ce mal incurable principalement es vieillards : quant à la Paraccntefe , elle
n'eft pas la véritable &c légitime Cure , car on ôre (culetnenr la caufe conioin-
te, allàuoir l'eau, qui s'engendre derechef aiscment, finon que l'on ôte aupara-
uant la caufe antécédente ou efficience, alîàuoir la duicrc &c l'intempcrie des
vifceres , mais ic crois qu'elle eft fi grande qu'on ne le fçauroic cft'acer Oc
comment eft ce que cela le pourroic faire , ayant les médicaments en vue tel-
le auerfion, qu'il ne peur pas mêmes prendre du fyrop rofat, de la manne ou du
Rhubarbe? on verra s'il fe peut feruir de cette eau dirtillcc, que nous luy auons
ordonne de racines,herbes, Beurs 6: c. apcritiues & corroboracincs , comme
vous verres en peu de temps, dequoy vous nous fcrcs entendre le (ucccs : s'il-
s'en peut feruir , &c des autres médicaments externes auec vne bonne façon de .
viure, nous pourrons en fuite quelques iours après faire laParacentcfc, Se tirer
l'eau peu à peu, autrement ce ne fera que lauer vne tuile, comme die le pi'ouer-
bc : car autant que nous en tirerons auLourd'huy, autant 6*en engendrera- c'- il
demain ^c. Lettre ?. ccrUeapt DoUenr Bernard Penot,
OBSERVATION LXXV.
Du mal- heureux fuccês de l'oHuerture du Nombril en '\in Hydropit^ite.
PAuli£ginera& quelques autres Médecins, loiirnt l'ouucrture de i'abdo-?;
men vn peu au dctlous du Nombril en lap.XLiicoppohtc du vilFcre qui cft
incommodé, pour vuidcr leseaux des Hydropiqucs : Qjoy que ie ne la des-
approuuepas, neanimoins ic crois auec Du Lunens lij.i. qnclfc. 16. que cette
vacuation le fait plus commodément en piquant IcNombiil, principalement
fî la nature y a quelque inclination , quand il vient à s'cnHer & à p.ndrecn
baS: car la vcnc vmbilicale s'élargit quelquefois es H"; dropiqucs, de forte que
les ferofités, & tout ce qui eil contenu contre nature dans le Foye, peut foi tir
par là: on en trouue àcs exemples dans Bcniucnius & Du Laurens : Monfieur
Rofcius Médecin a veu vnc ieune fille Hydropiqnc , laquelle les Médecins
auoyent abandonné,qui fut guérie par vne ouuertuie que la nature auoit fiiit
au Nombril: or quoy que l'ouucrturc du Nombril des Hydropiques foit la
voyc la plus commode pour en faire fortir 1rs fcrofitrs, veu qu'elle le peut fai-
re fans danger, & que les plus célèbres M.d.cins allarcnt que plufieurs ont
été guéris par ce remède, on peutneantmoins voir par l'Obfcruationfuiuantc
qu elle ne fert pas toufiours.
Eu May 1611. vne femme âgée de 50. ans, afcitique ? à laquelle le Nombril
forcoit
des Opérations de Chirurgie. 433
fortoithors de la groifeur dVn Gcuf,fiit prcfencceau Dodeur Abcl Rofcius Si
* àmoy, 3c parce que les forces êroyenc encor afscs bonnes , ik que la nature
nous montroic ce qu'il faloic faire , nous clelibcramcs de faire ouuerture au
nombril, ayants donc ordonne vne bonne façon de viurc , purgé quelquefois
la maladcfic donné des remèdes qui pounoyentforrificr les vifcercs, ie piquay
le nombril en prefence du dit Médecin & de plufieurs autres; nous en lailfames
iortir l'eau peu à peu &en petite quantité deux fois le iour, neantmoins trois
iours après î'ouuerturc, il ruruintvomiiï:m>.nt& dégoût, les forces luy dimi-
nuèrent, & rendit lame peu de iours après. Ohf. 42. Ce^it. 4.
OBSERVATION LXXVI.
De lExomphalos.
L'An 1607. i'ay veu à Berne vne Dame de 50. ans robufte, bien portante
&c replète : il luy êtpit ariiué àès plufieurs années vne Relaxation du
Nombril en vn accouchement diiHcilc , aptes laquelle le Pcritoins s'étant re-
laxé il fc fit peu à peu vn exorrphalos mondrucux , car le nombril luy pendoit
de la grandeur de la matricejquand le fruit cft menr & preft à Iortir , le ventre
neantmoins n'auoit pas perdu fa proportion: or cette cxtuberance du nombril
pendoit comme vn fac , en telk force que ie^ouuois aisément fourrer la main
entre iccluy & le vcncre:or il y a apparence que cette tiimeur prouenoit d'vne
décente de l'omcntumjquiêtoit venu peu à peu à cette grollèur , car il n'y
auoit point de douleur, elleêtoit molle 3c égale par tout, fans changement de
couleur ni aucun murmure, comme en l'hernie inteftinale : elle ne r'entroit
iamais dedans le ventre quand même elle alloir fur fclle , ou quand elle ctoic
couchée fur le dos, mais êtoit toufiours en même état: or quoy que ce fac fut
grand 3c pefant, elle êtoit neantmoins fi robufte, 3c ie portoit li bien , qu'elle
pouuoit faire toutes les aftaires domclliques; Obfent. 6}. Cent. 3.
OBSERVATION LXXVI I.
Sur le même fntet.
1*Ayveu vne femblable tumeur en Allemagne en vne Dame de remarque,
auec cette diftercnce que ce n'eftoit pas le nombril même, mais le peritoi-
n: 3c vne partie de l'abdomen, laquelle cil dilatée qui luy pend en forme d'vn
grand fac ; ordansiceluyiln'y a pas feulcm.cntromentum , mais aulfi qnci-
lii
434 Liure Cinqnicmc
qu'vndcsinteftins, car on y remarque par fois du "mLU'mure aaec douleur
par inccrinlks, quelquefois grande, quelquefois pecicc/clon l'abondance des
vents : elle m'a allure que cela luy ccoit venu aptes vn âcouchement difficile:
or comme telle forre de décentes de nombt il & de l'abdomen , rarement pcu-
uent r'entrer dans le vcntrc:que Ci elles y r'entrent , on les retient auec péne,&:
auec vne grande incommodité des malades, tirants parleur pefantcurlcs par-
tics fupciicurcs en bas, i'ay inucntc vne bande en forme de fiCj par laquelle on
foulcuc^ tire en haut fi aisément cette cxtuberancc , qu'elle ne donne quafi
aucune fâcherie ni incommodité : il faut premièrement faire va coifet de
toile double, qui ne doit pAs JccenJrenlas bjs que la première des faulïès cô-
tes : on y attachera vers le dos au droit des homoplarcs des deux coftés, vne
bande large de deux doigrs ^ n traucrs &: percée de tous cotés : il faut ioindrc
CCS petites bandes par des cordons auec la grande bande faite en forme de fac,
on la pourra haulîer ou bailKr filon la neceflité & volonté du malade , par le
moyen des cordons & des trou-j comme on le peut voir en la figure fuiuante;
on fait cette bande de deux morceaux de toile confus en dehors ou font mar-
qués AAA, carainh il fc fait vn fac au milieu ou eft le B : les lettres CC
marquent les trous par ou oo ùh palfer les autres bandes auec IcfqucUcs on l'at-
tache: voyés les figures i.&z. de laTable XIV,
TigHT^ de la bande fiîite en forme de fac.
FigHre t^ui montre comme îlfam mettre la dite bande. Obf. 64. Cent. }•
OBSERVATION L XXVI IL
D'<Mne rare affellion du NombrU & de fa gnerifon.
VN Patrice de Bcrne,nommé VrfusLerber,hommc robufte âge d'enuiron
^5- ant, me montra vne cxcref^cnce fungueufc qu'il auoit au nombriljla-
queUc il die luy être forric peu à peu du centre d'iccluy en rcfpace de fix mois,
fans aucune ca^ife externe : le vis premièrement cette affection le »9. àc Mars,
qui etoit phsgrofïl- qu'vne noix , de couleur, liuide & obfcure comme vn
Carcînome,de fabllancemediocrem.entdurcjcharnuc & puante comme du
fiomage pourri/ il m'a alTuré qu'il n'auoit fenti aucune douleur au commen-
cemr^nr, mais que ce Fungiis venaut à croître peu à peu > la douleur croillbit
aufli 6i. lé tourmentoitfort par inrerualles : il luy arriuoit par fois de friiïbn-
ner tout à'vn coup , ^ luy fembloic que ce f/ilton vcnoit incontinent à for-
tir par le nombril: quelqut fois auHi il en forroit du fang, quoy qu'au relie il
reporta bien & fie toutes fes fon<ilioh5 : ayant donc appreh^^nfioo que cette
i^îcojn-
des Opérations de Chirurgie. 455
incommodité û rare, ne fur acccmpgnc'c Je quelque malignité ChnncreuTe,
ie n'y voulus pas mettre la main, qu'après auoir été follicitc long temps par le
malade , & hiy ayant fait entendre la difficulté qu'il y auoit : ic voulus eilayei:
-vne Curepalliatiuc , auant que venir aux cxcrcmités dés le commencement:
ayant donc ordonné vne façon de viureconucnablc) ic le purgeay quelquefois
aucc des médicaments qui purgent la mrlancholic , & luy ouuiis la vénc au
bras droit, mettant le Collyie ruiuancfur le Fungus , 0/i. atj.rofar.plantag.
carâni ben. an, | j. Yanar. _^ i] fem. cydontor. contHji-z^^. maueara fimul in infu"
/iorie psr horas ali^itot , po/i exprîmAntur fort'iter^aâdantûrciîie tuthidipptAy plumbl
fern. ^pti, C. C. vjîh lapid.calaminaris ^ ctnenon ranar, & gammxfor. an. 9zj«
m f.irijlar. Collyrl] qmd linamentis & linteis fnauibm tepide applicetur , bis térvue
in die : Apres qu'il eut obferuc enuiron deux mois cette façon de viure,5«: s'c-
tant feruidc ce Collyre, voyant que tout alloit à fouhait > ie pris courage de
palîcr plus aLianr,& deliberay de lier ccizq excrefcence auec vn fîl trempé en
eau de mercure fublimc , puis deifcché; mais le malade étant fort replet , ce
Fuiigus etoit commue caché entre les mufclcs de l'abdomen , de forte que l'on
n'en voyoit que la fjiface, ce qui me mettoit bien en peine , car ie ne voyois
pas comme ie le pourroisâtraper auec fes racines : enfiri i'inuentay i'inftru-
ment (uiuant, que. l'on peut âpeler à bon droir,Speculum vmbilici , car par le
moyen d'iccluy,aYant âbaifsc les mufclcs,& tout le Fungus s'étant manifeftc,
ieremarquay qu'il n'effcoit pas fcul , comme il fcmbloic au commencement,
mais auec deux autres : & par le moyen du même inllrument , ie pus lier le
Fungus rés la peau & le couper iufques à h racine, ce que ic n'aurois pas peu
faire auparauant fîns ccc inilrumenr,à caufe de la graille du maIade:or ie fis cet
inlhumcnt auec vn petit plat d'ctain, duquel ie coupay le fond , attachant de
côté 1!^ d'autre vne grande bande , laquelle ie liois fi ferme derrière les reinSt
que ce petit plat pouuoic repoulTer les raufcles , ie fiifois neantmoins quel-
quefois poudcr auec les deux mains parvn valet ce fpeculura,.de peur que les
hypochondies ne fulfent trop prefsés par iceluy , 6c afin que la refpir^tioii fut
plus libre: le 9. donc de Miy ayant âiufté vn filet autour du Fui'.gus , mis Se
prefsc le fpeculum, ie le fcrray tant que ie pus: or comme ic ne pus pas la pre-
mière fois lier afscs ferré la racine du Fungus , à caufe des grandes douleurs ÔC
mêmes des défaillances qui iuruinrent incontinent après la ligature, lesiours
fuiuants,a{îauoirde deux en deux, ou de trois en trois, ie lafaifoisvn peu plus
ferrer s autant que le malade le pouuoit. endurer , mais touiîours par le
moyen de cet inftrument : le mis cependant fur le Fungus , ce qui pou-
uoit âpaifer la douleur, &c vn linge double trempe en vne decodion d'herbes
adftring?ntes , rj^ plarita^i?iis., gerariij, ojmfetii rofar. rad.fcrophidaridt , O'c.CHin
paaco aceto-.ox ie ne pus pas lier en même tems tous les Fungus à caufe de la dou-
leur, & même des palpitations qui venoyet incontinent après laligaturc,pirtat
ie u'çn liay que deux la première fois,lefquels ayants été ucésji'entrepis de même
lii i
k
4J^ Liure Cinquième l|
le troificme , quand ils furent tombes ie mis cicfRis de la poudre dont écoit i
composé le Co-llyrc,y âioutant vn peu d'Alun brulc, Se par ddîas vn lino-e
trempe dans le Collyre , comme aufll de la dccodion adftringcnte ordon-
née cy-dcllLisiainfi par la grâce de Dieu il fut remis, fansauoir refîènti aucu-
ne incommodité dés ce temps : de coinmeil y a trois vailïcaux qui vont au
Nombril, aufli i'ay remarqué qu'il y auoit trois Fungus fcparés, de forte
qu'il eft manifefte que l'origine dumial vcnoit tant du cœur que duFoye , car
l'vn ctoit au milieu i^ les autres deux vers les Hypochondres : &c les défail-
lances témoignoycnt que les artères y âboutilîoycnt , lefquelles arriuoyent i
quand on ferroitpai trop le filet : or à monauis , cette incommodité eft fort
rare , n'en ayant iamais veu vue femblable , ni leu aucun autheur qui en ait
parlé finon Celfe, qui en parle en trois mots liure 7. chap. 14. Obferuat. 6z.
Centt 5.
OBSERVATION LXXIX.
D'vne difficulté d'vriner après IHerniotomte.
FN Avril \6ii, Vlrich Dicdicker me vinttrouuer , lequel dés fa première
ieunelïe ne rend l'vrine qu'auec vn grand eftjrt &■ pêne , & iufqu'à l'âge
de trois ans n'auoit point peudrcifcr le corps, bien loin depouuoir marcher.*
mais dés ce temps, il acom.mencé quoy que courbé , iuf-]u'à feptans, main-
tenant il cft robuftc,& fain>& marche (ans aucune pêne : on fe feruit de plu-
iîeurs remèdes pour le guérit de cette miction doloiu'eufe,qui furent ordonnes
par dt s Médecins tant Rationels qu'Empirics , defqucls l'vn crut qu'il y auoit
vue Caruncule dans le conduit de la verge, mais ayant mis le Cathéter , ie
n'y trouuay aucun empêchement , outre qu'il cft peu croyable qu'il s'engen-
dre des Carunculcs en des enfmrs qui tcttcnt : il fut aufll mis par deux fois
dans nofcre Hofpital ^ traité par les M.-decins : il alla aufll par trois fois aux
Bains, & s'eft ferui à diuerfcs fois de Bains d'heibcs , mais le tout fut
f-ns ctfct : Mais comme le Magiftrat l'a encor enuoyé a Çts dépends
ai'X Bains, il a voulu que i'examinalfc d'où vcnoit cette incommodité , ôc s'il
en pourroir receuoir du foulagcmcnt : l'ay fait refponce qu'il ne pourroit
erre gucri ni par les Bains ni par les médicaments: car ayant recerché la cau-
fe du mal , ie fç.us qu'il auoit été châtré à l'âge de fix mois au côté gauche
Si que drs ce temps là il auoit toufiours porté cette incommodité : Or
i'eftime qi eh gcnicoire fut tiré trop fort en l'opération &: arraché trop auanr,
comme aufli les membranes d'ictluy qui viennent du péritoine, qu'ainfi les
Nafs qui viennent de l'osfacrum Se vont audittcfticule ôi à lavcffie, ont été
oiFencç?
des Opérations de chirurgie. 457
cffcnccs^quc pour cette rdfor» le rpliyndcr nclc peut dilater qu'aiicc pcnc;,rant
à caulc des ncifsqui ont été coupes qu'a czuCcdu peiiroine qui s'cfi; rctirétrout
cic même que nous voyons dans les parritî. externes , fi le ncilr de qiîtlqu'vne a
été coupé , ou qu'il ft foit rctiié en quelque aune nîanfcic que l'aélion de cet-
te partie cft corrompue. CViantàUdilH;ukcqu'iiacu de marcher droit iuf-
qu'à l'âge de feptans, il me Itmbic que cela vient d'vne même caufe, car les
nerfs foitent des mém;scro;;s de l'os (àcium pour aller aux cuiHrs, Icfqucls
quoy qu'ils ne i'uyent pas coupes , ncantmoins ils Ce font retires en dedans aucc
icsautics,«5c piincipalementauec le peiiroine quand on a arrache auec violen-
ce le tcfticulcjcn forte que le corps n'a pas peu fc rcdrcllcr,mais cqczs incurua-
lion du corps à cefsé a fept uns par i'vfage des bains de Bade,& de quelques
bains faits auec des herbes cmoliientcs : comme donc les autres parties qui fe
font rccirces après l'extradtion du tcfti^ulc n'ont pas peu être rcmifes en leur
entier, après l'vfage des bains naturels ni des aitlficicls , ni des autres médica-
ments ordonnes félon l'art en diueis temps, i'ay été oblige de faire entendre au
confeil qu'il feroit ce voyage en vain, après ma declaraiion^il fut renuoyé chez
luy ou on iuy fit apprendre vn mefticr.
Voici vn Cas rare & n'en ay pas vcu encor vn femblablc : ce n'eft pas qu'on
ne face fouuentde fcmblables fautes,maîs elles ne paroilîenc pas parce que tous
ceux à qui on tire &c arrache les tcfticulcs par violence auec leurs membranes
& la proJudion du péritoine, viennent à mourir , car il arriue de grandes
douleurs principalement au dioiLdel'os facrumà caufe de cette attradlion des
n:rfs (Se des membranes : il furuicnt aulli incontinent inflammation dans les
parties internes de l'os iacrum, accompagnées de veilles 6c de fiévre^quant à la
playe elle dénient aride & feche , enfin ils meurent auec des conuuluons:
Oh/: 61. Cent.').
OBSERVATION LXXX.
Z)« Boyau Culier fortant dehors.
L'An i<$05.au mois de Nouembre vn homme de 50. ans , d'vn Village proche
dePayerne,rcuenant chargé de vin doux en famjifon, & voulant fc dé-
charger le Ventre en chemin , en fe bai(Tànv ilfc fit vnc décente de boyau ' &
comme lors il faifoit vn peu froid , il furuint vne très grande douleur de forte
qu'il ne peut pas palier plus auant.'mais ayant été rencontré par vn paiFant,ii me
fut amené à Payerne.-ieremarquay quel'iiueftin rrdum étoit déccn du & en-
flé delà grolïèur d'vn CEuf d'Autruche:la douleur étoit fort grande & les cx-
acmcnts fortoycnt incciïàmment liquides & gluants : ie le traitay en ccitf ma^
lii 3
45^ Liure Cinquième
nicrc,<cxîe. fis incontinent la fomentation fuiuante , !^. Fol. & ]lor/.ierbafc.albt
flor.melilot.camomill.r.id. ç^ fol.alth.an m.].femlinijœntigr.an.lÇi aaf.^j. confie irLj
LiUs vaccina recens ernulBo , le tucrrpay des lirgcs doubles en cette dccoâ:ion,
lefciaels i'apph\|uay chaudement vat heure durant: par après ie mis de la pou-
dre fuiuanre lur tout l'intcftin. ^. Rc/hr,rul;. corticHmgranAt nuc.cuprejjlymaflic,
thuris.croci munis, plHmbivfli an.^j.?n. Enfin ic fis bailicr au malade la tcili-Juy
faifant leucr les pies en haut par deux hommjs lobuftes , puis aucc îe doigt in-
dice de la main droite cnncioppéd'vn linge mol ^ doux,& trempe en la dc-
coclion precedentCjlequeiie mis au centre de l'intertùi, ic le remis heureufe-
mcnrcn fa p!ace:lc iour ruiuanti''^ignis l'os lacium c?c ie cropioii aucc le lini-
nient Cmuam»'^Ol.ln?nb''ic.rqfar.an ^\ol ex for. lis. m. Le lendemain ie ic pur-
geay doucement auec du fyraprofat ibiutif compose , ^ iuy ouuiis \x vêne du
bras.-il fat par ce moyen entièrement remis, fans auoii" iamais eu aucune reciJi-
nc.Obf. jG. Cent- 5.
O B S E Pv V A T l O N LX X X I.
Du Fonàement non percé.
L'An 1593. ie fus demande pour aller àMcdmc prc's Du(rcldor,pau Duché de
MontSj pour voir vn petit enfant c^ixi ctoit ne ayant le fondement non
percc,lequcl ctoit fort tourmente, déjîîes ilx iours , & pour le du-c en vn
motjCtoitcn danger àc la vie, car Ton Ventre ctoit enfle & tcndu,ayaat des dé-
faillances &: des ihcurs froides: le fondement étoit couucrt d'vnc membrane
fort dure, en laquelle il ne parcdoit aucun indice ni îracc de foiidcmcnt , hor-
mis vnc tache vn peu liuide : y ayant fait vne perice incifion ( de peur d'oiren-
cer le Sphindler^ auec vn rafoir enuclopc d'vn linge vers Ton trenchant , puis
y ayant misvn fpeculum ani &: élargi le reftc , il en ibrtit incontinent vn amas
d'excremenrs , le Ventre délenfla bien toft après & les autres accidents s'ap-
pairererït:Jie mis par après dans l'anus quelques iours de fuite vne cannule de
plomb,ointe d'vn onguent deficcatîf comme de cerujja , de minio, diapomphsli-
go &Jem. Puis la cicatrice y étant venue , il fut entièrement guéri : on m'a
rapporté en l'an i5ii.que cet enfant a vécu coufiours biê portant,iufques à l'â-
ge de dixhuit ans , hormis qu'il auoic le plus fouuent le Ventre dur. Obfermx.-
mn 75« Ccntwr. 1.
OBSER'
des Opérations de Chirurgie. 439
OBSERVATION LXXXII.
Uvne Pierre tirée de la f'ejfie à'^'-sne Femme.
MAi^amc Vibain Proux,vcfve de Monfisur Danfcl Hugonin Patrice de
Vcuai,fiir roiiimcnrccmircr^bltmcnc deux ans duranc delà rierrc cr. la
vciîic:m'ayani. à laên dcmnndc, ie découuris vn^ picire de la grolfeui d vn œuf
de poulc',en partie aucc la fonde, en partie auec le doigr que ie mis dans ic Col
de la matriccielk luy faifoit foiiffrir de continuelles & gricucs douleurs , ayant
les forces cnticrement abatucsjCcquila faifoit dcfcfpcrcr de la vi^jcomnnc aufli ^
les aflîllantstayanr été prié à diuerfcs fois de tirer cette pierre /enfin vaincu par
les prières de la malade & de (es parents , ie voulus auparauant préparer tout le
corps & principalenncnt la partie incommodée, ce que iefisen ccrrc manière:
premièrement ie purgeay la malade auecvn Icger médicament, ie reftauray les
forces tant qu'il me fut poffible par bonne nouvrîtaie, &: par àcs potions cor-
dialcsôc par dei cpithemesi* En après i'appailay les douleurs autant qu'il me fut
polïible par des médicaments emollicnts,& fomentations anodyncs appliquées
fur la regioi) de la vjîie , que ie faifois auffi entrer auec lafyiinguc dans la vef-
iî;.:puis ie dccouuiîs vn Icgcr vlcere qui alloit des le tond de la matrice iufqucs
à l'orifice jquauoit fait le calcul apte, raboteux & pelanr,lequel ie pouiiois ai-
sément dcjouurir autc la pierre du bout do doigt indice,qac ie mcttois au Col
de lamatrice,quand la malade éroitdvbour.Ayanc donc le iS luillet i6ob'. pré-
paré tout ce qui ctoit nccelïàirc pour l'Opération <!s: mis la malade fur vn fiegc
oiiLsfemmts accouchent , ie remplis la ve{lic,par le moyen d'vncly'iiiigue,
d'huyle d'amandes douces, (car ainfi elle croit rendue lubiique & étoic gatcntie
de râprctc du Calculypuis ayvint déchiré légèrement TvlccrCjCn partie du doigt>
en partit pai incifi on auec le Couteauj vers le Col de la veflîc, v<: par la y ayant
fait entrer des Tcnailhs& vn crochet propre , ic tiray cette pierre qui -toit,
comme i'ay dir,dc lagrolFeur d'vn œiif de poulc,fans aucune violence, haemor-
ihagie, ni gr uide douleur: après rOperaîion,i'oignis tout le Ventre ^Its aines
auec huyle rofat & myrrhin.'ie mis dedans le Col de la matiice vn pcilaire d'c-
toupes trempées en vn blanc d œuf , & trois iours durant ic fis iuied:ion d'eau
de plantin mêlée aucc huyle d'amandes douces tièdement, pour âpaifer les dou-
leurs : en fuite ie i'auois tous les iours la veflic cmn decoBo petrofeltini^afparagii
rufctiherbar .herniarîdt, fAXifraq&yfem petrofel. gemftdc , amjï cum melle rofac.miJÎQ.
Par ce moyen elle fut rcmifc lans qu'il luruinc aucuns accidcHts , àcç. Obfern.
440 Liure Cinquième
L
OBSERVATION LXXXIII.
D'vne pierre de monfirneufe grojj'eur tirée de la vejfie d'un homme,
*An léoi.M'.Ebcrhard Scelinch Chirurgien me raconta qu'Andrc Virelliiis
ihardi Ocullfte Si Lûhotomc,lcqiicl i'ay aucicfois conu,auoic tire delà vef-
fied'vn icun' homme de zo ans,à Hatringcn au Comte de la Marche, vue pierre
ciemonftrueufe groireiir , de couleur grilatrc, inégale , comme li elle aiioic été
faite de pliifieurs pierres ramafsées en vncj du poivis de zi. onces, mais le mala-
die rendit l'ame en l'ODeration qui fut longue , pénible (^principalement do-
\ouïzu(z;€bfy.Cem.&.
OBSERVATION L XX X I V.
Qiiil faut entretenir la playe ouuerte après l'ExtraBion de la
Pterre de la Vejjie.
MOnfieur Merckius infîgne Operateur, condamne l'opiuion de ceux qui
entretiennent la playe ouucrre par àc^ tentes après l'extradliou de la pier-
re , mais contre Topinion de tous les Médecins în: Chirurgiens RationeL tant
Allemans, François, qu'Italiens, &c. L'Autheur au DoUeur Gregorins HorJiiHs.
Qiiant à la manière de tirer le calcul , vous fçaucs de laquelle le lert nôtre Li-
thotome fondé (ans doute iur vue longue & aliuree expérience , reiectant l'o-
pinion de ceux qui veulent que l'on entretienne la piaye ouuerte par des ten-
tes & autrement > parce que par ce moyen on donne occafion à la gcncrarion
des vlceres fî(luleux:il croit prcmicrcméc que c'ell vne chofe cruelle & contrai-
re aux Opérations de l'Art^quand l'Extradion n'a pas bien reiifli 3^ à rouh:at,de
ccrcher derechef la pierre au troificmc v\r quatrième iour,ce qui ne le peut fai-
re fans vne grande douleur & perte des forces, veu qu'au bout des trois iours il
feat contre toute raifon irriter derechef la playe.
Rejfome de Gregorius Horflitts à l'Autheur.
le m'étonne que vôtre Monsieur Merckius.qui cfl: autrement excellent Ope-
tateur contre la raifon & la Do6trine de plufieurs grands hommes,]rtiette l'o-
pinion de ceux qui veulent qu'après TExtradlion de la pierre, la playe (bit en-
tretenue
des Opérations de chirurgie. 441
tretenueouucrtc par dcsTcnrcs:&: ic me foiiuicns que luy mcme en KjIo le 14..
May, ayant ciic heuicufcmcnc deux pierres à Moii(ieur Zacharie Geitzcofler Sei-
gneur de Haiinlieims,qu'il miraufllvne Tenue ou vue cannulc d'argent dans la
playccomme nous en étions demeures d'acord auant l'Opération aucc B..irche-
Icmi Mercklin,DauidVerbéfiusMcdecins,(3^ moy.Ucft vray qucdcs le lende-
main il changcad'âuis , &c qu'il ôca la Cannulc contre nôtre conlcncenient, à
caufcdecjuoy i' Tcfît vne ccchymofe dangercufe quelques iouis 3prcs,quitenoit
routlelcrotum:quant àrapprchcnhon qu'il a qu'il ne fucccdc quelque vlcere
fiftuleuxjie disque les Médecins & Chirurgiens Rationels,apres l'Extraélion de
laPierie^cntreticnnét la playe ouucrtc auec des Cannules d'argent ou de plomb,
pour empêcher la perte & Ir. mort du malade. Et ne faut point apteliender qu'il
îuruicnne vne fiftule,car les playes contufeSjtt lies que (ont celles ci,ne peuuent
pasf'econucrtiren fiftule auant laluppuration & mondification , car on voie
touslçsioursquela moindre playe contufc ne fe confolide point mêmes dans
Us parties mufculeufeSjfii la chair Se tout ce qui eft meurtri ne fe pourrit aupa-
rauant &c conueruit en pus,auffi les Dodlcs airurenr, ôc l'expcricnce le fait voir,
qu'il n'y a aucune playe ni finus qui puiiïe dégénérer en fillule auant le 40.iour,
car auant que la filîule vienne apics vne playe contufe, il faut quelle fuppurc au-
parauant 5c que tout ce qui cft meurtri à renrour,vienne à fuppuration, ce qui
le fait par des médicaments chaudixSi humides, on61:ueux,anodyns,que l'on ap-
pelé djgeftifs, or cft il qu'ils empêchent la génération de la (îftule,qui vient des
medicamenus Fortde(îccacifs.-il ne faut donc point appréhender des le comrsen-
cement la génération de la fiftule, mais plutoft la morr:car fî des le co-nmcn-
cementonnetrauaille pas à la dig-llion &c à laconco<5tion de la playe, comme
audi a l'euacuation & fuppuration du l'ang qui fort & fe iette iur les p.irries voi-
fincs ôc dans la caui:c de la vc{îîe , en l'Operation.à caufedela dilaceration des
vêues (S: des artères , ilfe pourrirai caulera de grandes douleurSjinflammation
en la ve{ne,inqui..tudc,rcuerie, gangrené & enfin la mortrmsis 'comment eft-cc
que le iang caille qui eft dans la vcfîîe pourra fortir ii In playe n'efl: pas ouuer-
te ? Et c'eitvnedesrailons pour laquelle laplufpart meurent après rcxtrr.<ftion
du Calcul, principalemvnt ceux qui ont la faculté expultiicc débile ou par l'àgc
ou par quelque auctc railon : mais li on tient la playe ouucrte par des Tentes
ointes de quelque digtftif , il ne faut rien appréhender de fembLibIc,comme ie
l'ay remarqué afsés louucnt en ceux que i'ay traite : il cft vray que ces playes dé-
génèrent quelquefois en vlccres, non parce que l'on y a mis au commencement
des Tcnte-s, mais parce que le mufclc de la vcflie a été déchiré en l'Opération
ou parce que lavclTie n'a pas été bien monditiée après l'cxtiadion delà Pierre;
Refponce de t Autheur au. DoBeur Gregcnus Horfiius.
Ceux qui caillent la Pierre en Francc,ne le ieruent iamnisde Cannules es en-
fants efquels ils font l'Opération au petit appareil, parce qu'ils font impatients
& ne fe payent pas de raiion , on ne le peut p.is fcruir d'vuc autre forte d'Ooera-
Kkk '
k
44^ Dure Cinquième
tionquilcspoarroit offcnccr grandement : mais en ceux qui font auanccs en
âge 6c quifontraifonnablcs, sufqiiels on ne peur pas faire l'Opération autre-
ment qu'ail grand appareil , on fc fertd'vne Sonde Cannuléc après rcxrradtion
du Calcul, laquelle on mer danslaplaycau commencement de la curc,qucron
y bille i'cfpace d^vn^deux, trois ou plufieursiours,ou autant qu'il cft necelFairc,
afin de bailler ilfue aux grumeaux de fang q^ii (ont tombés dans la cauité de la
veflio,cutrc qu'il rcftedes humeurs muciiagineufes,du grauier,dcsrni-uues Pier-
res qui font quelquefois retenues longtemps dans \\ cauirc d'icelle quand on a
trop toft laitsc fermer la playe , Itfquelles ne peuucnt pas pr.llcr librement par
Tyrcthre qui n'cfl pas hrgc.-alors le lang fe corrompt hors des vailïèaux,engen-
dre delà doulcur,ficurejflcs r.bfccs ^c la gangrené , corr.mectlacftairiuc àvn
homme confîderablequieft maintenant rdigicuXjla Pierre ayant été tiréeJ'O-
peratcnr trauailla incontinent à faire ioindrc les bords de hi playc,craignar qu'il
ne furuint vnc fiftule : trois femaines étants pafsces & la playe étant quafi en-
tièrement fermécjlc malade commença à fentir autour d'icclle vne douleur lan-
cinante & des grands tourménts,on âpele d..s Médecins & des Chirurgiens pour
fçauoir s'il étoit nccclfaire de dilater la playe ( car les aflîftanrs & l'Operateur
foupfonnoyent qu'il étoir demeuré quelque pierre cachée laquelle ccrchantâ
fortir & hurtantcontre laplayeiCaufoit ces» douleurs) lefquelsd'vncômuncon-
renremcnt furentd'auis de mettre vn cataplafmeanodyn autour de la playe,
croyants qu'il y auoît quelque abfccs prouenant de ce que le fang n'ctoit pas
forti en fuilifante quantité ,& qu'ayant été trop rot retenu en la veiïie , il s'y
ctoit pourri, &: certes l'cuenement ne les trompa point, veu qu'il fortit bicn-
toft âpres du pus par l'orifice de la playe.
Or ttlle ibirc de playe, comme aulïi c'eft vôtre âuis,efl: contufe 5c coniointc
fouuentauec di!actrprion,qiii veut que l'on vicnneprçmicrement aux fuppura-
tifs auant qu'aux gkuinatifs&epulotics , outre que la vc (fie tft vne partie de
gtandc capa';it<. Ôc cauclaqaelle reîicnc beaucoup de fang, tant celuy qui y tô-
bc quand on fai: TOperation, que celuy qui y vient après en afsés bonne quan-
tité quelque cipaccdc tempsten après les vns en rendent plus que les autics,non
fculcm.cntparcc que l'Opération tft difficile & longue & qu'il y faut employer
quelquefois plus de temps qu'on ne penfe,à caufe du fuiett fur lequel on fait
l'Opeiation ou à caufc dcrOper.ircur, ou del'vn &c del'autreen même temps,
mais principalement parce que les vailTcaux hypogaftriques & ceux qui vont
aux •-■artiesliontcurcs diftribucnt en quelques perfonnes, des grans rameaux 3c
en qua'uitéqui abbiuuent ces parties ou fe fait l'Opération , ce qui augmente
la neccfîîtc defe fcruir de Sondes Cannulécs , defquelies fi on fe {cruoit durant
tout le temps que dure la playe (^qui cft vne fuite de laLiihoromie) les Opera-
teurs auroyent raifon de les condamner, mais l'ignorance rend telles gents opi-
nîatrcs,ne fçachant 'as rcconnoîtrc en quel temps il s'en faut feiuir. Lettre de
M'Louys Tamhot Chirurgien famens à Lyon écrite ht' Ahihctrf,
l'ay
des Opérations de chirurgie. 445
l'ay ccç raui d aprcndrc que vos Operateurs en France foycm de mon opinio,
& qu'ils ne condamnent pas l'vTage des rentes ie vous accorde que les cannu-
Iccs ne font pas conuenablcs aux cnFanrs , ie ne me ùïs pourtant iamais de fim-
pks retcs en quelle partie du corps qMC ce roir,mais ie les cnuclo,-ie & coiiuredc
lin.laiiiat néanmoins les trous ouuttC5,5^ afin qu'elles n'offécéc point ie les oins
d'vn ûigcftif qui âp.iifc aiifli la douleur ^ cngndre le pus:or quoy que les ten-
tes Caunulcei^foic quelles (oyenr d'cr^d'aigeiit ou de plomb , (Icfquellcs i'ap-
prouuc plus que les autrcs^fo)éc d'vnc grande vtilicc au commenccmentjaprcs
qu'on a tiré la p)erre,en baillant iifue à Ivrinc , qui le plusfouucnt dénient acre
après l'Opci ation , au fat g caiiic qui cil dedans la velfie , auisblon ôc aux hu-
meurs excremcnticies,ti neantmoias quclqu'vn en veut condamner i'vfagc non
feul. ment es cufants mais aufll es grandes perfonneàjie ncluy refifteray pas:rcu
que i'ay expérimente en mes malades que les Tentes de lin qui font ointes de di-
gertiFfont auraut d'eftct que lesCannulccs, principalement fî on penfe la playc
deux ou trois foiile iour,car qui eft ce qui ne connoift que les Tentes faites de
lincaufent moins de douleur que celles qui font faites de métal l O. vous fauez
que la douleur cil le plus violent de tous les fymptomcs : mais il fe faut bien
garder d'en abufer foit qu'elles foyent de lin,foit de mcta!,prin^ipnlcmc-nt (i el-
les font de plombjcar comme leur vGge legicime cft necclfaiic , aiflj l'jibus en
cft dangereux a(Fiuoir fi on s'en fert plus longtemps qu'il ne faut, (k après que
la playe a étcajftcnce à fuppuration i^c la vclHe a été bien nettoyée des impure-
tés,anquelte;î)psilles fautquitcr de peur que laplaye nt ù conucrtillè en fi-
ftulermais fi le col de la vcflfie n'a pas été bien ouuert dés le commencement par
le moyen des Tentes , on ne peut attendre que de grands accidents Se mêmes
la mort, principakm nrli le malade cft foible C or il arriu" laremcnr qu;^ celui
que l'o.i doit tailler de h pierre foit robufte^ou auancc en âge, cai après l'Opc-
rationlc col de la vc-fli; s'cnHeCk" ic bouche,à caufe que les humeurs fc i rttnt
des parties ve)ifinesiui la playe,de fDrtc qnc rviiuemcmc ncpL^ui pjs palf r par
la,ainfi le fin^. caillé ^- tout ce qui ell amafsc contre nature dans la vcffi.- s'y
pourrir plusaisc n-cnt qu'en aucune autre partie du corps, ce qui attire dco-ian-
desdoulcui-s,iLjfl.'mmai.ion,ficurc ardéi:e,nau?cc,réuf ric,iMquiérudr,conuu!fiôs,
gangrené de la vcOïc v<<: dc^ parties voifines,&: ci fin la mort: pour le* dire en vn
mot , on ne prur pu cfpcrer vue parfaite guerifon fi 1. v^irien'cll entièrement
nettoyée: mais ie vous piie comme le (era t'elK,lion Isiilt fermci la pl.yc in-
continent après l'extiadlion d la pierre? Aufll nous voyons que les Empiii.nics
en voulants io'ndrc le .«^ bords de la playc jonréuiccr vue filhdf,o:i qu'il, hâtent
la mort ou qu'i's en attirent vre, car ce qui demeure dedans la ydîie cmpc..hc
r.iggkriuation de laplaye , ccquip.oduit vue fifl:'..le,qui tient compn-iue au
malade iniques à la moit:on peut connoitre par la co:^bi:-ii four vtiLs ik nc-
cefr^ircs les Tentes, maïs ceux qui Ks coue'amncnt font voir leur ignorance en
la Thzoïic.Lettrcs aioutécs à la fin du Traité de laLUhotcrnie.
Kkk i
444 Liure Cinquième
OBSERVATION LXXXV.
D'vne Tierre attachée à la Vejfie.
L'An léio.ie fus dcmancîc pour aller en Alface voir vn Gentilhomme conll-
derablr,auec Mcflicurs Félix PUcer & Gaf^^ar Bauhinnl ctoic cruellement
todimentc de la Pierie dés plufieuis années , mais iamais aucun Operateur ne
peut la dccouurir,quoy qu'il Te fut rouhouis (crui des Médecins les plus experts:
ik quelque tffoit & diligence que l'appoitaifcoie ne peus iamais faire en forte
ou aucc le dcigt ou aucc les inftruments, que ie pulîè trouuer la Pierre en la
vefTiecapiesfamoitfau rapport du ditD. BauhinJ on trouua des grofles Pierres
enfermées dans vnfac particulier ou velli^s , qui étoyent attachées & liées à la
vclîic:(îcn ce casvn Operateur eut voulu s'auétcr feulement auxiîgncs de la
' Pierre > il les auroit tous trouucs ( exceptés ceux que l'on tire de l'attouche-
ment par le doigt &: la fondej que fi en fuittc il eut voulu entreprendre l'Opc-
ration,eut rais les Tenailles & attrape le Calcul auec fa couueiture , comme il
eut été aisc,& l'eut tiré dthors,queferoit'ilarriuc au malade? Certainement on
ne pouuoit attendre chofe que la mifcrc.ble ilïue de ceux qui tombent entre les
mains de ces outrecuidei ignorants, alfauoir vne mort lubite après de grandes
douleurs en la veflic & inflammation de tous les viireres internes , au lieu qu'il
porta quelques années cette incommodirénl ne faut pas dire auec ces arrogants,
qu'il faut hazaidci le paquet pour deliurer le malade de ces douleurs,foit que
cela fe face par vn moyen ou autre : car quand le Chirurgien voit qu'il ne peut
rien efpcFLr par la Lithoiomic -il ne doit pas l'entreprendre. Au traité de la Li~
thotomie chap 8.
OI\SERVATION LXXXVI.
Qu'après lExtraBion de la Tierre , il faut diligemment nettoyer la
vejfie , & voir s il n'en refie point,-.
SI qu( Iqu vn croit après auoir rire vne Pierre, que tout eft en aiTurancc , il fc
nompciadangcreufemcnr, car il demeure quelquefois en la veiîic vne Pier-
re ou piuliujrs ou des grands fragments qui rendent l'Opération inutile, de
forte que ladnniere mifere eft plus grande que la première : le Docteur Len-
tulus,Medccinà Berne, m'a raconte auoir ctc prefent guand vn expert Opera-
teax
des Opérations de Chirurgie. 445
tcur tira de la veflîe hcureufementvne grande pierre à vn fils de Noble Pierre
Chambrier Lieutenant & Gouuerneur aux Comtes de Neuf Chaftcl& Va-
langin,auquel il en demeura encor vne autre , comme réuencmcnt le fit voir,
laquelle augmenta tellement peu à peu quelle fît de grands accidents , bou-
chant tellement le col de la veflfie, qu'il faloit faire forcir l'vrinc ^ar le moyen
du Cathéter : ce garçon ayant pafsc quelques années en cette milere , & pris
en vain plufieurs médicaments , enfin fut mené au village d'Auueruier en la
maifon de fon père, où il mourut : ayant ctc ouucrt après fa mort, on trouua
vne grande pierre en la vcflie & l'vn des reins tout pourrie confumc^jS^c. Au
chap. ic). du traité de la Ltthotomie.
OBSERVATLO N LXXXVII.
Sur le mémefuiet.
LA pierre ayant ctc tirce,les crochets font entièrement neceifaires , plutoft
pour voir s'il n'en refte point quelqu'vne en la veflîc, que pour la nettoyer
du fable & fang caille : cette recerchc qui fc fait auec icclies , doit être faire
doucement, ôc s'il fe trouue encor quelques grans fragments , il les faut tirer.'
que s'il n'y a que du (able de du fang caillé, il ne faut pas s'en mettre beaucoup
en peine, car la nature les pouficra dehors fi on entretient la playe ouuerte:
ayant remarque bien fbuucnt que la nature auoit chafsc quelques iours de
fuite après roperation,des fragments & des pierrettesqui ctoient prefque aufli
grolîès que des phaleoles : or afin que telles chofes puillènc fortir aisément , il
faut introduire dans la playc vne Cannulc vn peu courbée, & l'entretenir ou-
uerte quelque temps, auec beaucoup de foin : car l'intention du Médecin n'eft
pas de guérir feulement la maladie, mais aufli de preuenir vne rechute : Il faut
donc entretenir la playe ouuerte iufqu'à-ce que les reins & la veflîe foyent bien
nettoyés de leurs impuretés, ce quife fera plus facilement paricellc que par le
conduit de IVrine, à caufe de fa longueur, tortuofitc & petitelïè- Lettre jo.
OBSERVATION LXXXVIIL
*D*vn fchirre en U Vejfie pris pour vne pierre,
MOnfieur Cofme Slotanus Médecin du Duc de Ji.liers , m'a founcnr ra-
conté d'auoir traité à Cologne auec le Dod- ur Banard Dc'^nius Cro-
Xienburgius, vn Gentilhomme auquel on trouuoît tous leb fignes de la pierre,
hormis qu'on ne découuroit rien auec le Cathéter : après G mort on trouua
44^ Liure Cinquième
yn fchiiie ou tumeur dure en la veflîcqui ccoic tellement venu gros qu'il cm- \
pHlfoic loute la cauirc, & à pcfnc auoic-il laifsc le paflTage à Tyrine , pac eu elle
entre ca la vcflîc:f^4^. 5. de la Lithatomie.
OBSERVATION LXXXIX.
D'vne T'itrre retenue dans le conduit de la Vejfte.
0
VN Gcnril homme âge de 40. ans , rohufte & de bonne copfticution êcoit
(uicc a la pieire des icinsd-s quelque*, années, rendant plufieurs pkrrcr-
tes par la verg°, Sz quafi à l'oidinaîre Au CÀAc parmi les viincs fans beaucoup
d'incommoditCjà ce qu'il dit.- mais des huit moiscn ça>vnepicire étant dere-
chef uccendue dans le conduit .le IVrine, qui s'enoiiarrcllc auprès du balanus,
elle luy caufadc grandes incommodi es , aifanoir rétention d'vriii-, douleurs,
Vtiiles Vautres accidents: vn d-nos Médecins luy ordonna des icmedcs géné-
raux ^ topiques félon l'arta laillant en arrière l'exrracUon de la pi rre : cepen-
dant les douleurs & les autres accidents ccllcrent peu à peu : la pierre étant
demeuré arreftv-e , il me vint tiouuer fcpt mois après , me racontant tout
ce qui ctoit arriuc5<: mefaifant mani-er la ^'artie , ayant tire [c prépuce en ar-
rière contre la racine de la verge , iSc maniant le balanus vers la corone 1 ic
dccouuris iiKontinent la pierre dans la partie charnue du membre , &: crus de
la pouuoir aisément tirer par àf.s croch. ts & autres iaftium;nts propres, com-
me ie l'auois fait efpeicr au malade , mais ic fus ti ompé en mon opinion, car
ayant mis la fonde , quoy que ie recerch.iire bien['dilig mmcntjic ne pus pour-
tant pas rrouuer la picrie : dés ce tem si'y ay mis quelquefois vn grand Ca-
théter bien auant fans aucune diifijLdté & fans faire douleur au m.tlade , mais
ic ne pus point tou h.y lapieirc, parquoy ie ne voulus rien cntrci rendre à la
VoIce, vcu qu'il rendoi: l'vrine fans pêne, mais pourtant plus fouuent que de
coutume: on voit parla comme la nature cft admiiablc en fes œturcs, laquel-
le ne fe f>.ntant pas af es f )rte pour chuifer cette pierre hors du corps, a foi me
vn finus en la partie charnue du membre viiil,5i la couucrt d'vne membrane,
pour moy i'cftimc que ce finus a quelque pait trou en quelq le j.Mrt,par lequel
les humeurs fupcrflues quis'amairnt autour de la pierre, le vont rendre au
40nduîr de Kvi inc : aînii i'ay remarqué que des pi. rres ont été enfermées plu-
(iTurs années en des parties nobl. s. comme au cerucau & au cœ.jr , fans auoir
donne aucune incommodité au malade, tant eft foigUwufc la nature de confer-
ua l'indiuidu. Obftrmu» jôyCenti^»
OBSER'
des Opérations de Chirurgie. 447
OBSERVATION XO^
Des îtjflruments propres à recenolr Pvrme en ceux qui ne peuaentj
pas la retenir.
Î'Ay inuentc crois in(Vrumcnts pour ceux qui nepcuuent pas retcnir'Jeur eau,
maïqucs A B C dclçuels A fc met entre les cuilîès du malade quand il crt;
couche fur le dos, B quand il cft couche furie coftc droit, & C quand il eft f>ir
legauche: ces inftruments font très propres, defqueis ic me ("uis heurcufc-
jmtnt ferui en Monfîcur Wyl , de forte qu'il ne s'en perdoit pas vnc goutte:
mùis voyant qu'il étoit fâcheux de scw feruir de tant, i'en ay inuentc vn en-
cor plus propre , car foit que le malade foit couche fur le dos ou furies coftc's,
il s'aiuftetrcs- bien par tout: on le fait ou de terre , ou d'eftain ou même de ver-
re, de telle grandeur qu'il puiflè contenir vnc liure , ou vne iiure & demi d'v-
rinc.
La Figure ie Cïnftrument efl la 5. de la Table XIV.
Il n'y a que les hommes qui fe puifîènt feruir de cts inftruments , mais i'ay
inuentc pour Icsfemmes vn inftrument rcprefcntc au traite de la Lithotomic^
chap, il . *'3oyés les figures x. & 5. de la table X IV. lequel eft fort propre, prin-
cipalement fi on met dans les parties vn fil de laine épais en forme de lumi-
gnon, en forte que la partie fuperieure entre dans le col de la vcflîe , & l'autre
bout dans le vaiircau: Obferu. 54. Cent. 6.
OBSERVATION XCI.
D'v» Injlrument profre a receuoir Pvrine en marchant,
VN vieil Capitaine 3e Fribourg,incommodc de la goûte noiieufe des long-
temps,a commencé de fe plaindre il y a cnuiron vn an d'vne cuifon & a-
crimonic d'viine: Les Médecins de Fribour^ & moy, auons ordonné plufieurs
remèdes pour l'adoucir, mais qui n'ont de rien ferui , caries humeurs qui àc-
cendoyent auparauant furies iointures &: y caufoyent de grandes douleurs , fc
vont maintenant rendic aux reins & aux partages de l'vriue : à caufc dequoy
cette acrimonie eft fi grande , qu'il eft oblige de la rendre à chaque momenib
mais par contre il n'cft parfi fort incommodé de fa goutte > & fc porte afsés
bien, de forte qu'il poarroii fouuent fortir de la maifon > u'cftoit cette ia*
44 * Liure Cinquième
continence d'vrine pour le foulagec de cette incornmodiccj i'ay inuentc vn îa'
rtrtiment qu'il porte,auec lay, dans lequel l'vniie découle : c'cft vn tuyau fait
au cour, au bout duquel eft accachcc vue veflTie de bœuf, il eft attache par le
haut à vn corfct ou pourpoint fait de toile double, il eft trcs-comn:iode, parce
qu'il le peut porter autant à pic qu'à chcual, car la veflie, tient fi bien l'eau
qu'il ne s'en perd pas vne goutte: mais le malade l'ayant trouuc à la fin incom-
mode à caufc de la moiteur de la velTie, cela m'a oblige à inuenter vn vailïèau
dans lequel il met le membre viril , lequel s'atcacheauflî au corfet : il eft fait
de terre, mais il fera plus commode d'argent , cuiure , eftain ou de fer blanc
eftamc : le dehors de ce vailîèau eft vn peu en tond , mais aux coftcs vers les
cuillès, il auancc beaucoup d'auantage: il doit contenir enuiron demi liurc:
Obfernat. 55. Cent. 6.
OBSERVATION XCII.
Du PrepHce attaché au "B a! anus.
VN ieun homme âgé de 10. ans , époufa vne fille afscs belle, mais rendant
mal Ton deuoir, ils furent bien-toc enfembleen difcorde, à cau(- dequoy
ils furent âpclcs au confiftoire matrimonial , qui voulut fçauoir la caufe de
leur diir.nfion, chacun amenant des raifons , quoy que peu vray femblablcs:
elle ayant été prefsée de dire nettement L vérité, dit que Coix mari la tourmen-
toitd'vne étrange façon, (ans luy donner aucun plaifir, la lallant iufques à ex-
coriation: pour en découuiir la caufe: on orùonna que ie vihterois Tes parties,
alors ie remarquay que le l-^repuceetoic attaché bien ferme au Balauuspar dsC-
fous, parle moyen du ligament, ce forte que quand le membre croit tendu,
le Balanus fe courboit vers le périnée, & qu'il vcnoit enricrcment courbe ôc
redoublé, or cette redupli:atiou croit caule de toute laditfijuké dans la con-
iondion: L'ayant donc purgé c>i faignéie le mis fur vn fiege Ôc ayant fut te-
nir bras & iambes par Aqs feruiteurs, ie leparay le Prépuce d'auec le B.Janus
auec vn couteau feparatoire , puis mis vn linge double trempé en vn blanc
d'œuf entre le Prépuce Ôc le Balanus: après le premier appareil , ie mis du di-
gcftif quelques iours de fuite, par après des deficcarifscSt des epulotîcs, & luy
permis de s'approcher quelquefois de la femme-" ilfutainfi dcliuié de cette in-
commodité.
Elle peut venir de deux caufes, ou à caufe d'wn viccre au Prépuce ou au Ba-
lanus, ou de nature: car en pençant vn Vlcereau Prépuce ou au Balanus,prin-
cipalcment aux enfants, ilsfeconioignent enfemblç;^ de forte que le Prépuce
ne peut pas être tiré en arrière, ce qui empêche la propagation : Il faut donc
«ne le Chirurgien apporte vne grande diligence, quand ils traite telle forte
d'vlceres
des Opérations de Chirurgie. 449
d'vlccres : TauDis âcoutumcd'y mettre vnc lame de plomb vn peu courbe &
afscs cpailfe, par fois aufli quelque poudre dcfîccatiue comme de plomb brû-
le, litharge, cerullè &c. en bonne quantité: mais en nôtre malade , cette cc-
hcrence luy étoit naturelle, comme cela arriue Icplusfouucnt , & principale-
ment aux icunes hommes quand ils entrent en chaleur, car tout ce ligament fc
rompt ou bien fe rclache,& s'étend tellement à caufc de la fréquente credioni
que par après il ne leur donne que peu ou point d'incommodité: mais quand il
cft necclFaire de couper ce lig.iment, il faut faire en forte qu'il foit coupé pré-
cisément par le milieu , de forte que l'on ne touche point au prépuce , encor
moins au balanus, piincipalcmentfi ce ligament n'efr pas tout au bas d'iceluy,
car on pourroit bien percer en cet endroit le conduit d^ l'vrine,ce qui cau-
feroit vnefîftule, par laquelle 3c l'vrine Se la kmence viendroyent à s'écouler.*
que fi on ne peut pas faire autrement, il vaut mieux couper du prépuce que du
balanus, car en perçant celuy là , l'incomm-oditc & le mal ne fera pas fi grand
que fi on perçoit le conduit de l'vrine: Paul i€ginctaliu. 6. ch. 5(5. cft bien d'vti
contraire âuis, car il veut que l'on ôte plutôt du balanus que du prépuce, ce
qu'il faut entendre,à mon âuis, quand le prépuce tient aux parties charnues du
balanus, aux côtés,ou en haut, car il eft certain que l'on ne fçauroit le faire aii
bas fans offcnccr le conduit de l'vrine, vea qu'en cet endroit il n'efl couucrt
que dVne membraaç déliée, laquelle^fi elle cft coupée, ne fe reliait qu'auec vnc
grande peine. Ohf. 54. Cent. 3.
OBSERVATION XCIII.
De tmpHÎJJance vénérienne , à cauje de lapetitejjè & dureté du ligament»
de la verge.
IE ne trouue aucun maléfice en l'homme que vous m'aucs enuoyé: quant à ce
qu'il n'eft pas propre à l'ade vénérien , i'ay trouué que cela vcnoic du liga-
ment, car il étoit tellement court, dur & fort, que iamais ie n'en ay veurii
femblable , outre qu'il ctoit attaché iulqu'au conduit de l'vrine : pour cette
raifon en l'cxtenfion de la verge Ôc en tirant le prépuce , le balanus fe courboic
quafi iufqu'au périnée, ce qui ctoit caule qu'il ne trouuoit aucun plaifir en la
copulation: vous me demandes pourquoy c'cftqu'àla première fois qu'il ap-
procha de fon êpoufc, l'éiaculation Ce fit mieux qu'elle ne s'eft fait par après,
ie relpons qu'il faut attribuer cela à l'imagination, veu que la caufe du mal, &
ce défaut du ligament y étoir aufli bien au commencement qu'en fuire , mais
il alla auec vne Ci grande ardeur en la première attaque, ôc fon cfprit fut telle-
ment occupé qu'il n'éccit pas alors capable de conoiftrelc bi.-n d'aucc le mal:
l'autre iour ie fcparay ce ligament d'aucc le balanus , mais auec plus de diifi-
Lll
MO Lîure Cinquième
culte qu'en celuy d jqucl i'ay parle ci-deiïus : çauroic ccc Ton bien s'il aiioîc
voulu demeurer d'auauiageicy, car il vicnr quelquefois à le rcioiiidie ; mais ie
luy ay baille des remèdes auecidqucls il pourra le traiter luy même: O/'/tfr.ôo.
Cenr.ô.
OBSERVATION XCIV.
De lajlerilùé à caiife de la excejf^xe longueur du membre vtriL
VN ieuiie Gcniil- homme lobuftc & de fort haute taille, cpoufa vne De-
moi(ellc belle .3c de bonne conftituiion, qui neantmoins fut ftcrilc iuf-
qu'à la lecondc année, & enfin tomba en Cacochymie; fa mère en ayant vou-
lu fçauoir larailon,elleluy leponditqucfon maii , parla longueur demefurcc
de fon membre viril hiy faiioic des grandes douleurs qu'elle fcntoic, non feule-
ment en l'accouplcmcnr, maisaufli après, 6c que fes parties honteules ctoyenc
offc'ncccs,fa merc y ayant porte ks ycux,vic qu'en cl$ c le col de la matrice écoic
exulceré, à caule dcqaoy elle l'amena à Cologne , ou i'cxerçois ma profclfion en
Tan 155)3. Ayant été informe de tout par la mcic , ie conftillay qu'elle s'abftint
pour quelque temps de la compagnie de fon mari , cependant icla purgeay
par interualks, &c luy lis prendre des apozemes aperitifs,à caufc des obftrii-
tlions, 6«: des corroboratifi,: ia rncre luy mettoit dans la matrice vne mucilage
defemence de coins extraitte auec eau de plantin &c de rofes à laquelle i'auois
âioutc de la Tutie, de la Ccrufc & de la corne de Ccif bruîce & préparée , ¥cï-
terant deux ou trois fois le iour/ l'cnfiarc du col de la matrice ayant cefsé par
ces remèdes, & l'excoriation étant guciie, fon mari la vint trouuer à Colo-
gne qui la foliicitaitllefe voyant bien en pénc à cauic des douleurs qu'elle auoit
foufFcrr>uae fit derechef demander , ic luy conleillay de fe Irruir d'vn Inftru-
mcnt fait en ccuilon^rcprefcnté ci-delfous, fait de liège 6c garni de laine , le-
quel il appliqueroit fur fon membre au temps de la copulation , de peur qu'il
n'entra trop auant : cet inrtriimcnt auoit d'cpaiilcur autant que ic peus con^
ied:urcr que le membre viril pouuoir auoir de trop en longueur: il y auoit vn
trou au milieUî par où il le faiibit palier; il étoic en dehors vni 6c égahmais vu
peu creux par dedans, à caufe del'extubciance de l'os pubis , ôc bien garni de
laine 6c de coron par tout: il reliflit fi bien que non feulement elle pouuoit ad-
mettre fon mari fans douleur, mais qu'elle commença à y trouuer du gouft,
comme la fuite le fit voir, car vn peu de teinps après elle dcuint enceinte, 6c fit
vncbelle fille: on voir par là qu: par fois des grandes maladies viennent de
petits commencements , car fi on n'y eut pas pouiMieii, il eft ceitain qu'il s'y
feroît faicvn vlcere putride, fordide &incurable.
Voici la forme de i'ccuilbrt aucc fes cordoiis, voyés lafg.C-de U table XIV,
des Opérations de Chirurgie. 451
qu'il faut âtachcr au dos auant la copulation, de peur qu'il ne tombe, (à gran-
deur dépend de U taille du corps, &c delà groifcur du membre \id[iOi>fer. 6i.
Cent. 6.
OBSERVATION XCV.
'De l Amputation an membre viril à caufe d'vn Fnngus ChancreuK.
Pierre Perrod maréchal au village de Crefciac prés de Laufanne, âgé de qua-
rante ans, d'vn tcmperammcnt mclancholic, uc des fa ieunciïc vne verrue
qui n'étoic pas plus grolfe qu'vnc lentille au bout du balanus , laquelle ne luy
f.iifoit aucun mal , iinon qu'il vint à heurter contre quelque choie , & tan-
dis qu'il n'eut point de femme : mais des qu'il fut marié , il' fcntit vne grande
& continuelle douleur , à caufe delà confcication, de forte qu'il fut oblige de
s'abftcnir de (a femme treize ans entiers , par fuCLcflion de temps la douleur
augmenta & la verrue feconucrtit en vn Chancre monrtrucux de la grollcur
de la telle d'vn cnfint : le membre ctoit transforme en vne malle de
chair inégale & liai Je auec vne fi grande puanteur que fcs plus proches n'o-
foyent pas l'aborder: il y auoir aufli quantité d'vlcefes tout autour de ce fungus;
par lefquf Is l'vrine fortoic: le mal donc allant tous les ioursen pis,il s'adrciia à
plufieuis Médecins ck Chiiuigiens, tant Rationels qu'Empiriques , mais fans
fruit; aiuli le malade étant réputé pour incurable,&: mêmes en danger delaviçi
chacun fut ému à compailion, d' ^ns prié de luy donner fecours : ayant donc
fait le prognoftic, i'cntrepiisla Cure: mais ayant bien examiné le mal , ie vis
qu'il ne pouuoir pas erre plus gvaad,car le Chancre auoit dé- ja étendu Its ra-
cines iufqu'aux mufcles de l'abdomen, parquoy i'aimay mieux venir au der-
nier remède, qui ctoit découper le membre , que de laiilèr plus long- temps
ce panure homme en cette miferc: le proceday ainfi,prcmierementap.c6 auoir
ordonne viie oonne façon de viure,ie le purgeaydoucemeiit, Iclendemain ic
luy tiray fix onces de Inng du bras gauche, &c pour préparer d'auanfage les hu-
meurs &L les purger, ie luy fis prendre quelques apozem^s , aiafi le corps ayant
ête bi n ncrro)C, .?i luy nyaat fait décharger la vcflîe,ie le mis fur vn fi.ge, iC
en preletîce de pluficursie luy coupay le membre viril lésl'abdomcn, puis i'y
ipis de ma poudre à arrêter ie fang fur âzs étoupes trempées en vn blanc d'œaf,
pi;i> i'apliquay fur les aines 5i le fcrotum des linges doubles trempés en oxy-
crat, que i'atachay auec les bandes:ce qu'étant fiir, je mis àzs hommes auprès,
. qui tour à tour tcnoyeut fermes les étoupes ou étoit la poudre auec la main,
mouillée en oxycrat pour empêcher le fang de fortir: car le Cautère aduel eft
fort dangereux en ce cas, parce qu'il bouche le conduit dervlccre, & qu'il at-
tire aisément vne inflammation fur la veflîe ^<. les parties voifines : la pbyc
LU X
4îi Liure Cinquième
ayant êccainfi lice au premier âpareil,ic n'y couchay point iufqu'auleRdcmaîn:
puis .lyant mis du di^cftif les picmieis iours, «S»: oint le ventre & toutes parties
qui font à lenteur auec huyle rofat & myrthin , ic mis vn dcfeniîf au bas du
ventres ^ guéris laplayc à la façon accoutumée : il fut par ce moyen parfaite-
ment remis: &: pour bailler pafTàgc à l'vrinejil fe (eruoit de l'inftrument fui-
uant , pris de Parc liu. 13. ch. 9- duquel il fe fcruoit Ci viilement ( la cure étant
achcuce^quc ctlane luybailloit aucun empêchement ni douleur, faifant à
merucilles le relie de les fondions, &c auec vnc ferme fantc,: de forte que tous
ceux qui l'auoycnt vcu anparauant l'admiroycnt.
Or comme quelques vnseftiment que le Chancre ayant été coupe en vn lieu>
il vient à renailtre en lautrejil faut remarquer que cet homme a vécu plufieurs
années, 8c il robufte qu'il a peu exercer Ion mcftier S< les œuures ruftiqucs
fans aucun empéchement^rendant auflTi librement fon vrinc, mêmes fans cette
Cannule de laquelle il s'éroit feruiau commencement, la pouHànt aufli loin
que s'il auoit eu fon membre entier: 11 m'a dit auffi à diuerfcs fois qu'il fe fcn-
toit incité aux chofes vénériennes.
Fi^un de Îa Cannule eft en ta table XV. rm,u
LafigHYei,delatahle 15. montre feulement la forme de re Fungus Chan-
ercux, cat il r/y a pas afscs d'efpacc pour en rcpreknter la grandeur,: ic la gar-
de en mon Cabinccr
A la partie fu^crîcure du membre vifîl, à l'endroit ou il eft coupe prcs 4u
ventre.
B c'eft vn corps calleux de couleur obfcurc : Le refte de cette malîè croit
rougc, li.iiJe &»bfcure, remplie de tous coftcs d'vlcercs profonds & pourxis>
par où l'vii.ic foitoit . Obfer. iZ.Ctnt 3.
Au temi d( la gneire qui fut entre le Duc de Sauoye & la Republique de Gc-
neue, vn foldat ût le membre viri"! emporte d'vn coup de moufquct ; ayant été
mené en ville,il fur hcurenfcment guéri par Me. lean Griffon Chirurgien tres-
renommc, mais il n'y auoirpas eu vnc grande hsmonhagit , autrement cette
Opération eft dangercufe, a caufe de la profulion du fang. Obferu.îi.Cent.^.
OBSERVATION XCVI.
Qti^dy a dn danger eu lafcCîion du membre 'viril.
I'Ay baillé vn exemple de la fedion du membre viril qui a bien rclifli' , feu
vc.x maintciiiuitproduifc deux j qui fetQHt Yoii: que c^tu Oj^eraJon clî
«lanj^erciife.
des Opérations de Chirurgie. 4^3
L'au 1581. vn Payfan de Filtin allant à Teniplete àla Marclie,Villc en Frrince,
& portant fa bourlc qui ctoit bicn_gainic attachée au coljfut cpic par vn coa-
penr de bouiTcs , lequel ayant fongc comme il l'a pourtoit couper , remarqua
que quand il fe pcnchoit fur le dcuant,cetre bourre luy pcndoit dans les chauf-
fes,& que quand il fc redrcffoic qu'elle rtmontoit iufqucsvers le Nombril: ce
Filou l'ayant veu dcuant vue boutique ou il marchandoit , approche bcllcm«ot
& fourrant la main,p^r la fente des chaulïcs^cmpoigna en même temps la bour-
fe ôc le membic qu'il coupa toutd'vn coup : ce miferable tomba par terre 8c
mourut à l'inftanf.
L'an ijSz.vn homme de 40. ans , d'Hilden, ayant vn Vlcere mah"n ôc puant
auBalanus, fe mit entre les mains d vn Chirurgien quin'ctoit pas des plus habi-
les , lequel ayant coupe le Bvilanus,& n'étant pas garni de poudres à arrêter le
fang, tandis qu'il faifoit êchaufer le premier fer qu'il trouua dans la cuifînc 3 il
fsruint vue fi grande hîcmorihagie que le malade mourut peu de iours après,
car cette grande eifufion de fang luy affoiblit tellement les forces,qu'elles ne fc
peurent iamais remettre: que les icunes Chirurgiens apprennent de là qu'il faut
apporter vne giandc diligence, qaand il eft queftion de couper ce mcmbrt:
OBSERViTION XCVII.
D'Orne Carunoile en la Verge.
TOus les Anatomiftes& Chirurgiens fçauent que le conduit delVrine a
vn ex.juis fentimenr, de la vient la difficulté qu'il y a à guérir les Carun-
cules qui i'y engendrrnr, veu que le mal demande pour fa guerifon des médica-
ments acres & corrolîfs en quelque façon , Itfquels la partie ne fçauroit endu-
rer fans vn grand dangc-rjprincipalemcnten ceux qui font délicats , En voici vn
exemple.
Vn Gentilhomme Pariiîen étant incommode dVne carnofitc qui luy ctoit
refté après vnegonoithée viiulente, vn Chirurgien fit vne inicdionauec la
fyringue d'vn médicament acre qui fat fuiiiie incontinent dVnc grande dou-
leur, puis d'iniîaiiimation& de fièvre, &rvrine fut entièrement arrêtée, ve-
nant à décéder peu de iours après auec de grands tourments : on voit par la
que le Capitel de Vig<> , & fcs Tiochifcs de miuio ou entre l'Arfenic , ne
pcuuent pas être appliquées fturcment fur Içs Catuncules , Obferuati&n
* . LU 5
454 Liure Cinquième
OBSERVATION XCVIII.
De CarnpHUtion d'vn prépuce monjlrueux,
LE Prépuce pcndoit outre mefurc, 5c quafi monfti-ueufementdcs la nailTàn-
cc,à vn ieunc homme de 2i.ans , car il étoit tellement de f rauers fur le dc-
uant,que quand l'vrine foitoit, clic luy vciioit leiaillir vers le Ventre. Ainfi il
ne pouuoitiamais décharger ia veflTic fans le mouiller les h.ibics , fmon qu'en
lâchant l'éguillette il alla aux commodités : or quoy que cette partie du Prépu-
ce ne fut pas fimplcment vne membrane, comme cft naturellement le Pn puce,
maisplafloftvne certaine fubftancc charnue , fi eft-ce que l'vrine qui foitoir,
ctoic retenu: fous le Pfcpucc, (S^l'étendoit extrêmement iufqucs au milieu de
lavcrgv-tcarle Prépuce étant ainfi de trauersvS: redoublcjUvrine ne pouuoit pas
fortic d'elle mêmc,{îno;î qu'il eut loiigtems titc auec les (i^igts le Prepuct auec
le B.lanus : à caule de cz continuel mjaiement& artradtion, le membre viril
luy ctoit venu beaucoup plus gros que l'ordinaire : or l'ayant bien prepiic
pour i Opération par bonne fltçon de viure purgations !5c faignce , ie coucha/
le m lia le fur le dos & ayant (aiii «Se ferre le Prépuce auec l'inlliumciitj-ippclc
Caftrat.nir par les Chirurgiens, ie le cdupay prés leBalanus,puisi'y mis de la
poudrée tout ce qui étoit necefTaire pour arrêter l'haernorrhagie , & de peur
que le prépuce ne fe letira mal à propos 5c outre melurc , i'y mis vne Cannule
de plomb, par ce moyen il fut h:ureufement gucri:mais il faut remarquer que
ienc peus iamais, quelque foin que l'y ayc apporté , tirer le Prépuce au delfus
duBalanus 6c empêcher qu'il ne fe rcioignit , ce qui arriua apurement à caufe
de cette fubftance charnue,de laquelle i'ay parlé auparauant: l'vrine neantmoins
fort à prefent librement & fans aucun cmpc'chement, croyant qu'il en cft de
même de la femence , veu qu'il s'eft marié , quoy qu'il ne puilFe point ôtcr le
Prépuce de delTus le Balanus-
figure de ce Prépuce monjîrueux Tig. 6. tnb. 14.
A la fubftance du Prépuce qui a été coupé,charnue & afsés dure
B & G le conduit de l'vrine ridé & de trauers.
D la partie inférieure de la verge qui cft 2L^dit fatuccjqai ctoic «lure &
tendue comme vne Corde.
A^DDJ-
des Opérations de Chirurgie. 455
ADDITION,
le vous ay écrit en ma dernière lettre, que quelque pcfnc que i'ayc pris , ic
n*ay iamaispeu amener le Prépuce au dcllus du Baianus ni empêcher qu'ils ne
fe foyent rcioints ; or vous fçaurcs que cekeft arriuc parce que le malade n'a
pas voulu confcntir en la première Opération, que iecoupalTe tout ce qui ctoic
de trop,car il apprchendoiteKtrememcntquc ie n'offcnfallè le Baianus, ainfi ce
qui ell reftc,eft tellement demeure attaché à la partie antérieure du Baianus,
qu'il ne rcftoit quafi point de trou pour le palKige de l'viinc : partant m'ctant
venu rtouuervne féconde fois , ieluy coupay hcureufcment vn petit morceau
du Prépuce de la largeur du Pouce : ainfi iceluy s'cfl: tellement retire qu'il ne
pouuoit plus couurir le Balanu'cil n'en fcnt neantmoins aucune incommodité
& fe comporte afscs bien en fon mariage, Oh féru. 81. Cent. IV.
OBSERVATION XCIX.
De la Cajiratton.
VN certain Claude Tripai de Laufanne, étant incommode d'vne hernie
inteftinalc au coftc droit des longtemps, vint à Laufanne ou il futchaftrc
mais malheureufement , parce que dans l'Opération on coupa en même temps
vne petite portion del'inteilin ,ainfi il furuint vne violente &: continuelle dou-
leur,quifutfuiuicde veillcsjinquictudcs, fiéure& lypothymic, com*me aulTi de
roux&vomillèmcntjincontincnc après rOpcraiion , quictoycnt fi. violents
que le cordon auec lequel on auoit lie le PiocclIuS du Periroine fut inconii-
nent détache , les excréments venarts à fortir cctre nuit même par la playe &
longtemps par aptes ; car le malade iurc qu'il s''-fl: piGé plus de huidl fcmaincs
fans qu'il ait rien rendu par le Ventre , mai^ qi.e tous ili> cxcrtm.:nts luy font
fortis auec des vers par la playe. Enfin les douleurs fc font appaisées en partie
(çd.1 il en fciJt cncor àpresêt& à rordinaiie.de forte qu'il ne peut march r que
voûté & appuyé lur vn bafton ^ &: U tiéuicauec les autres accidents entière-
ment, mais il luy cft demeuré vne fiftuleen l'aine parlaqnellcla matrice fccalc
fou encor àprcfent,maisnon pas en fi grande quantité, fans U'antmoins auoic
l'odeur des excréments j ce qui cft admirablc.'Le mal; 'en^'a raconte vne partie
de ceci & m'étant venu trouncr le premier de ce mois, pour me dem.afidcr con-
ftil j il me fît voir la fiftule.'cllc eft étroittc mais profonde , &' monte di oir vers
la région du foycjie trouuay an(fi l'aine & {(.s linges qui cinulo-oyent k- fcco-
tmn,tachçs4«.* «ette matière faecal*: prcmietemcnt le Ma^iihat fit commande-
4^^ Liure Cinquième
ment à notre Collège de vifitcr ce nialadc,&: de regarder fi on le pourroît (^uc-
rir,ie rcgardiy donc derechef cette incommodité ôc en prcicnce de mes collè-
gues , mais nous fîmes rapport qu'il ctoit impolîîblc de la guérir en vn âo-e
auancc comme le fienjneantmoins pour ne rien laiircr en arrière , nous oidon-
iiame* quelques médicaments , mais ie ne crois pas qu'ils paiirenr bcaucouo
feruir,car il cft plus qu allure qu'il y a vn vlcere interne qui eft couuertdeCal
en l*inteftin:au rcfte ie ne puis pas comprendre comme [cèc homme fi âgé à peu
fupporter de il grandes douleurs & tant de maux iufqucs à prefcnr: ie Içny que
pluiieurs ont fait cette faute en la Caftration , mais ie ne connois pcrfonne qui
en ait cchapéjCar Texpcrience nous enfeigne que quand les intcftins font offen-
CCS y fur tout en cette façonjilsfe rcunilknt raremcnt,vous m'en dires s'il vous
plaie vôcre âais & quel des inteftins vous croycs auoir été oHeacé : Obferttation
7i. Cent. VI.
V
OBSERVATION C
D'vne hernie de Matrice & de l'acottchement Cdjarien^.
Rfule femme de Martin Opitz Tonnelier aidant Ton mari a courber vnc
perche pour faire vn cercle de tonneau , fut frapéc d'iccllc reuenant en
arrière en l'aine gauche , à caufe dequoy le Péritoine fut rompu ou relaxé,
autant quei'ay peu connoître par la dilîtdion : car peu de temps après il luy
vint vne Tumeur en l'aine gauche, laquelle augmenta li fort en peu de temps,
que l'on ne peut point la faire renenir dans rabiomen:&: quoy qu'il y eut quel-
que fonpfon que la matrice fut dccendue , fi cft- ce qu'on ne luy peut iamais
perfuader ni aux autres femmes, iufqu'ace que l'éucnement eut fait voir que la
chofealloitdnfi'.car comme elle fc trouua être enceinte, la matrice augmen-
toit tellement à caufe du fruit qui prenoit accroi(îèment,& en même temps la
peau de l'aine gauche étoit fi fort tendue là ou la mattice ctoit décenJuc , que
Tvne & l'autre pendoit comme vn fac ou vne longue courge , de (orte que l'on
remarquoit le mouuement de l'enfant & à l'œil «Se à l'attouchement : dequoy
elle & Ion mari &: fes enfants étants troublés , ils firent conlultcr là dclFus
notre Collège : or comme nous vimcs qu'il n'y auoit aucune cfpcrance de re-
mettte la matrice en fa place,,à caufe du fruit qui étoit meur:ni apparence d'at-
tcndre vn accouchement naturel,fion lailfoit faire à la nature , que par ce
moyen la mère & le fruit feroyent en danger delà vie , nous leur fimes com-
prendre qu'on ne pouuoit bailler aucun fccours qu'en faiiant ouuerture , ce
qu'eux xyants bien compris Se connu le danger ou elle étoir, ils demandèrent
cousd'vn accord qu'elle fe fit.-au it. d'Avril KjIO. le temps de l'accouchcmenc
étant
des Opérations de chirurgie; 457
étant venuA 1« douleurs ayants CâiCi la maladc,nous entreprimes lafedtion» Se
prcmicrcmcnt on coupa la peau 5c le péritoine , car comme ic pus voic,il ctoic
cncor entier fous la peau: & quand la fedion fut maniicftc, on le pouuoit ma-
nifcftementfeparcr d'aucc icclle,puis on ouurit la matrice,qui commença à (c
pouflcr hors de la peau , fans grande efFufionde fang ni mêmes grande douleur,
comme la malade l'a âuouc elle même:ayantctcouuerte en longueur, l'enfant
fut amené aifcment dehors aucc l'arriére fais^cerchant luymcmc ilTue quand le
padàgc luy eut été fait,& étant forti fain ôc entier:ot côme il n'y auoit aucune
efperancc de remettre la matrice dans l'abdomen à caufe de fa grollèur , on la
couurit de la peau que l'on coufut , après l'auoir auparauant nettoyé aucc vnc
decoûion conuenable : & quoy qu'il n'arriua point de grande inflammation,
ncantmoins comme elle pendoit hors de rabdomcn,& qu'on ne pouuoit pas U
défendre de l'iniurc de l'air en pençant la playe , il fc forma autour de la playc
vne membraiîe quafi comme de pus epaifli,laquellc neantmoius fut ôtcc aprcs
que l'on fe fut ferui des remèdes conuenablcs & la matrice parut derechef nette
éc en fon premier état le 14. iour,fc relîcrrant 6c retirant cous les iours de pluf
en plus , &:reuenant àfa naturelle grandeur, mais quelques iours après les le-
uresde la playe commcnccrentànoircir& à rendre du fang pour peu qu'on
les toucha » enfomme à donner des marques d'vn commencement de gangcc-
ne,car on pouuoit^Tcr aucc le fer,fans fentiment, des petits lambeaux des le-
ures de laplaye,maistout ce mal ccilk par l'vfagc des remèdes conucnables , la
chair ayant repris fa première couleur, & la playe venant tous les iours plus pc-
titcjde forte que nous étions dans l'erperance de voir la playe rellbudéc dans peu
de iours,nc dcfcfperants plus du rctabliircment de fa fantc : mais s'ctaVit vn peu
afllshors du lid le 16. May,à quatre heures après midî,comme elle voulut s'y
rcmettrc,il luy vint vnc défaillance,& contre toute cfperancc,c'cn fut fait en
vne demi heure n'ayant pas cic affurement bien afliftcc en cette défaillance à
caufe de fa pauureté: nous voulûmes fçauoir après fa mort fi tout fe portoit biea
en la matricc,ou s'il y auoit quelque corruption cachée qui eut été caufe de
cette défaillance ou mort fubite , mais l'ayants ouuette , nous trouuames que
tout fe portoic bien , L'enfanteft encor viuant & en bon état à prcfent, par U
grâce de Dieu , auquel fcul elle attribue que durant tout le temps de fag'-olTèHc
elle n'auoit foufert aucun dommage des diuers ôc dangereux mouuemcnts de
l'enfant; car quoy quelle porta'la matricc,qui fortoit hors de l'abdomen , pen-
' duc en vnebandc,ellc ne lailfoit pas de faire Ces affaires domeftiq aes à caufe de
fa pauureté , la portant aucc le fruit tantoft fur vnc cuilTc, tantoft en vn autre
lieu félon la necefljté,Tant font admirables les cbuures de Dieu: Hiftoire décrite
pdi' SennertHs enfes Inflittttions.
l'ay veu cet enfant âgé de i.ans , en la prefente année i5u.Il étoit afscs fort,
mais vn peu petit pour Ton âge & aises délié : il auoit au droit de l'vn des yeux,
tout au haut du front,vne certaine cicatriccqui luy venoit alTureroent d'vnc pe-
tite playe que l'on luy auoit fkit en la fcdtion Cîcfaricnne. M m m
45S Lîure Cîtrquiénie
Or ic veux vous demander Ci \ous cftimcs q ic cette hciuic de matrice Ce
foicfaice parruption oupar dil.irationdu pc:itoii)o , car on peut apporter de
forces râlions de parc & ti'autic:on voit trcscuidcmment qu'elle eft arriuce feu-
lement par vue relaxacion dii p.ritoin ôvcu que quand on a fait la fedionjOn l'a
peu mauifeftcmcnt ftparer de la peau , & pouiquoy cette grande relaxation
nauroic'cUe pas peu fe fiirc d'vn côtCjVeuqMc nous voyons fifonucnt que l'ab-
domen s'étend quafi à l'infini en toutes dimcnlîons aux hydropiques : i'ay veu
l'année pafscc l'^ii. à Gieila vn Impii.n.ur , aixjucl k fjtocum cioit venu de la
giolîcurde latcfie-jà canfc de l'eau qui y ctoit décenJu:, lequel i'ay guéri, par la
giace de Dieu>rans auoit fait lafe<5iiou : que dirat'on de cette Allemande nom-
mée Dorothée de laquelle fait mention Sckenckius, laquelle fit en Italie en
deux accouchements vint enfants, enl'vn 9. ik en l'autre xi.à laquelle le Ventre
decendoit iufques au gcnouïl le portant dans vnc bande attachée au col ik aux
cpaulesrles artères qui font plus dures ^folides que le péritoine, neantmoins le
dilatent quelquefois tancqu'elles viennent de la groffeur d'vn ojuf d'oyc dans
rancu:irmc:vous mêmes en auez veu vn a Berne eu l'an »605. qui tcnoit tout le
côté gauche de la poitrine désletlernum iniques au cohle cranc cft fortfolidc,
mais combien ne le dilate t'il pas aux hydrocéphales î Or quelqu vn pourroii
dire que cette hernie a été faite par ruption du pericoinc,parce qu'elle cft ve-
nue après ce coup qu'elle reçut de la perche qui retournaenariiei:c,mais quand
mcm.e on accordcroit que la membrane inteueure du pcdtoinc,auroit été rom-
pue de ce coup de pcrchcncanmoins il faut demeurer d'accord que l'extérieu-
re elldemeuicc cncicre,comme iafecliô qui a été faite nepeimct pas d'en dou-
terai ne faut pas dire que ccrte membraPCjqu'on a veu après la ftdtion de la peau
,étoit vn tendon relaxe dumuf:le tiauerfier , car pour laillcr en arrieic tout ce
.Wonpourroit dire au conrraire,ie ne veux amener que ceci jaifanoir que non
/igukîlîent les tendons dçs raulclçstraucriîers font percés es hommes prcs de
'l'os piibis,pour bailler pallageaux vailfeaux fptrmatics qui decendent auxgc-
-niroires cS: auxeiajulacoires.lefquels remontent aux glandes paraftates qui fout
attachées au col de la vclTic , mais qu'ils le font aulli es femmes pour laiirer paf-
fer ces deux piodudtions ncrueuils qui viennent de la matrice 6i qui vont ab-
-boufirau haut des paiiics honteulls , voila pourquoy quand ellcsfont incom-
modées de bubonocele,cllespcuuêr eue gueiies par la ieâ:ion>commefait voir
Bauhinuscn fonTh-arrc Anatomiqueliu 2. c.6. Ce trou dont ayant été relaxe
par le coup de pcrchc,la matrice elldcçcndue latunique extérieure dupeiitoi-
nc étant demeurée entière.
Icvoudroisaufliiçauoirfi cette femme étoit enceinte auant qu'auoir reçu
le cou^jou il elle l'eft deuenue aprcs,& quoy que petfonne n'eut peu mieux fa-
tiifaire à cette queftipn que la malade même, neantmoins ic vous diray en
peu de mots ma conicdture : il y a apparence qu'elle n'étoit pas enceinte aupa-
i^ijant,pcemîcrcmcnt parce que l'aine gauche ne s'cft point enHéc après le coup
reçu
des Opérations de Chirurgie. 45>
reçu, en aprcs parce qu'elle n*a pas perdu Ton fruit : Au contraire on peut dire
qu'elle n'cft pas venue enceinte pnr après , la matiicc nyanr été difloqucc ou
rnifehorsdc fa place pir ce coup:finon qu'il fjit peut être arriuc qu'elle en foie
fortie, non incontinent après le coup>maislculcment aprcs la conception.
En troificme lieu ie vous demande, il vous ne croyés pis que quand la tu-
meur commcn^ à paroîtrc en l'aine , que l'on pouuoit lors retenir la matrice
en fa place pat quelque bandage conu* nnblc, &" empêcher qu'elle ne forcit fi
fort du Ventre?Pour moy ie ne ^oute point que cela ne futpofTiblc au commen-
cemcnt,à caufe de la gr -n Je vtilirc qYapportentlcs bandes es autres hernies.
Rendez moy ar.iTi laifon s'il vous plaift , pourquoy cetce hernie auoit vnc
hgurc plutoft longue que rondejveu que le Ventre des femmes enceintes eft tel?
Cela elV il ariiuc à caufe de la pcLmteur de h matricej&de ce'qui étoit dedanSi
laquelle tirant en bas,3it ren'^u comme pointue cette hernie en fa partie fupc-
rieure:ou bien parce que le fruit n'éroit pasramifsc eu rond , comme il eft oc-
dinairement en la matiice^mais par manière de dire de bout?
Enfcignez moy auiTî s'il n'y auoic point d'apparence qu'elle put accoucher
nacurellemcnt?ll me ll-mble queî<s M:decins de Wirtemberg ont trefbien con-
clu qu'il n'y en auoit poînt.Car Ci même la matrice étant dans fon lieu natureU
il arriucfouuenr quel'accouchrmeuteft difficile , par quel moyen en auroit'on
tire le fruit en ce cas ? N'nui oit'il pas peu a; riuer que le fœtus fcroit demeuré
étouffe au milieu de l'effort que l'on eu fait en vain de repoulïér la matrice en
fon lieu accoutumé par des licnx C\ étroits, 6c que b mère feroit morte en même
temps par la violence deladoulenr?Côme donc ils virent qu'il n'y auoit point
d'autre voye de falut pour cette femme, que celle qui fe fait par la ftdtion Caî-
fatiennc,quoy que doutcufe & pleine de danger, ils crurent qu'elle ctoit necef-
fairc pour aller au di uanc du danger apparent: Se c'cft ce que Galien comman-
de en cclscîs lib.meth.x.cx. Car comme écrit Aêtius Tetr. 4. Serm.J. ci zo. par-
lant de lalepic, C'cft vue marque de charité quand on en vient à faire des ef-
fays en des maux extrêmes pour arrêter la violence du mal.
ic ne «lis mot maintenant de lafuture de la marrice: Ci on la peu ou dcu fai-
re; Ni des cauùs de cette membrane qui vint fur les leures de la playe de la ma-
trice , ni de la gangrené qui cft (arucnue , de quoy vous me pourrés auffi wa
icur dire vôrrcâuis.
Mais feulement pour la lin, ie vous demande quelle caufe vous croyez la pu
faiie tomber en dclaillancc (1 fubitc ment,&: mourir bien roft après lors que l'on
croyoit certainement qu'elle s'alloit remettre, y auoit'il quelque venin cache
dans Icsvaillcaux ou quelque qualiré maligne f car tout a été trouué en bon
étatAn la cauitc de lamatriccîlaqucllc comme elL- a proJuit quelques vns des
autres accidents, aitaulTi causé cette défaillance & la mortapres,contre t;outc
appai ci\Qç}Lenre an Dotienr Michel 'Dvrïngms Médecin à Prejlauu.
Mmm 2.
4<o Liure Cinquième
ReJp0Hce de l'Autheur,
VOus me demandes premièrement fî le péritoine à été rompu ou fcuîc-
ment rclaxc?Ie crois auec vous qu'il n'a point été rompu; car quoy que ce
coup de perche ait été grand & rude , neantmoins puis qu'à peine a-t'il oifcncé
la peau &c iesmufcIcSià moins forte raifon aura t'il rompu le pcritoine,lequcl
au témoignage dcs'Anatomiftcs,cft vne très forte & ferme counerture des inte-
ftins , defubftanccmembrr^neure & molle, laquelle s'élargît & dilate pluroft
quedefe déchircr>princjpalcmcnc aux femmes qui lont très fort des le nom-
bril iufqucs au pubci : or comme il n'y a eu aucune otfence manifcftc en cette
femme nî en4a-peau ni aux mufclcs de l'abdomen (^comme on le peut recueil-
lir de l'hiftoire^ à moins forte railon y en aurac'il eu au peritoinc,[equcl, com-
me,i'ay dit,eft très robufte & couucrt par les mufclcs : cependant ic ne doute
pas que le coup de perche n'ait apporte vn double inconuenienf,airauoir quel-
que relaxation du péritoine & vne contufion ^es mufclcs de l'abdomen ».aucc
de la doulcur:or comme celle cindon \c témoignage de Galicn, ce que l'expé-
rience auflî verifie}artire,il s'eft fait vne fluxion d humeurs fur la partie , tcfqucl—
les étants en petite quantitc,mais pituireufcs & vifcides , à caufe de b conftitu-
tion du corps , elles n'ont pas été propres pour faire inflammation ou abfccs,
elles font donc demeurées dans ces parties mulculeufes autour du peritoine,lc-^
quel elles ont peu à peu relaxe &: ramolli & même tellement affoibli cette par-
tie,que cette femme étant deuenue enceinte» elle a été très facilement relâchée
& étéducen forme de facrmais quelle opiniô auez vofis de ceux qui font her-
r)ieux,ne croyez vous pas qu'ils ayeiu le péritoine tompn? lefçay que pluficurs
font de cette opinion , mais pour moy ie ne {çatî«rts y fouicrire , car s'il fc
rompt , il faut que cela arriae vers ces trous de l'abdomen ( lefquels à propre-
ment parler font plutoft des productions fcmblablcs à vn long canal ^ autre-
ment il feroitimpofîîbk que ni l'omentum ni les inccftins peulfentiamaisdc-
Cendre dans le fcrotum:que fi le péritoine étoit rompa en cctcndroit,ce feroit ,
en vain que l'on feroit vne ligature (^quand on taille les hernies, jquc l'on ferrc-
roir la vagina &: que l'on coupcroit le tefticule,car le péritoine étant , comme
i'ay dit, vn corps membraneux, ne croyez vous pas quand il eft rompu'que les
parties feparécsfc retirent, en forte que l'on ne peut plus lesreioindrc ni lier
auec le filet ? On voit auflî à l'oeil qu'es hcrnicux le péritoine ne fe rompt pas,
mais fe dilate feulement , car après la mort de quelques vns, i'ay rccer-
chc diligemment en la partie incommodée ( principalement en ce vieillard
duquel i'ay parlé en l'Ôbferuation é9 liure première lequel auoit été tra-
uaillé longues années d'vne grande entcrocelc J maii ie n'ay iamais peu
xemarqucr autre chofc qu'vnc dilatation du péritoine ) Les vcncs n'ont
qUVHC
des Opérations de chirurgie. 4^1
qu'vnc fcLilc & fimple membrane fnr dclicc , ncaiitmoins elles fç diiarcn.»:
qucIcjLicfois prodigieufcmcnr , tcmoin îa varice , de laquelle ic vous ay ccric
dt'vnicrcmenr , qui eroi: plus grofTc que moa b/as au poignet : 11 ne Faur pas
s'imaginer qu'en iccUc la vcnc- fur rompue , car Tclon le diie d'Hippocrate , Ci
xo: qiK le fang cft hors de fcs vai^fcaux & qu'il tombe dans quelque cauiré, il
pour rii incontinent; mais il ne s'cit point corrompu en Cet homme ià : il s'en-
fuit donc que la vcnen'a pas erc rompue, mais Iculemcnc cinrgic* i? conclus
donc qu'en cctre femme le Pci iroine n a pas crc rompu, mais Icuicmcnt dilate,
car fi le Cranc peut être dilate aux Hydrocéphales fans fe rompre fcômc on le
peut voii en vnc d s Obf^ruacions, 6c par le crâne même que Iv garde en mon
cabinetj^il y en a cncor moins d aparciicc que le péritoine aitêtc lôpu en cette
femme > lequel pouuoit auoir ctc dc-ja auparauanr crcndu & dilate en (es [ttc-
ccdcntesgion.circs : or 1 hiltoirc faiuante fait voir que le Péritoine fc pcutpro-
digicufcment élargir ik dilater : L'an 1607. i'ay vcu à Berne vne frmme de 40.
îtns, grade & replète, elle auoic vnc relaxation de nombril en vn accouche-
ment difficile, aprcs laijutiie le péritoine s'etant étendu & relaxé peu à peu, il
fc fit vn monftrueux cxoœphalos , car le nombril luy pendoit hors de l'abdo-
men comme vn grand fac , le ventre ncantmoins ayant gardé fa proportion
naturelle, il ne peut iamais r'entrer dans U cauitc d'kcluy , ncantmoins elle
croit fi robiiftc , qu'elle failoit toutes les aiïaires domcftiques fans empêche-
ment: Et n'y a pas long temps que i'ay vçu vne chofe femblable en vne Dame,
à laquelle le péritoine s'eft élargi comme vn fac vn peu au delfus du nombril,
où font tombés ôc l'omentum ôc l'intcftinimais ic n'en veux pas parler d'auan-
tage, veu que les exemples que vous proposés fortifient mon opinion.
En fécond lieu vous demandés , fi elle étoit enceinte ou non quand elle a
receu le coup? quoy que ic ne puii^Ic rien déterminer d'afiuré , il eft pourtant
vray-femblablc, qu'elle n'auoit pasencor conçeu, car fi elle eut été enceinte,
la grande émotion , &: la force de l'imagination auroitfaic perdre le fruit,
comme cela arriue ordinairement-
En troifiéme : i'ay fbuuent expérimenté en des femmes, que l'on a empê-
che de fcmblables extuberanccs en l'aine , par da bandages conuenables mis
au commencement , qui cmpéchoyent que la bubonocele ne forcit hors de
l'abdomen : I'ay même quelquefois retenu la matrice , ôc empêché qu'elle ne
foitdécenducpar le moyen d'vne bande : Il y a vn an qu'vne Dame me de-
manda confcil , k matrice fe ptefentoit à l'ordinaire iufi^u'à l'orifice, princi-
palement en marchant ; ic mis vn iuftrumcnt dans le col de la matrice , par
le çnoycn duquel elle eft tellement retenue en fa place , qu'elle peut aisément
alleràpié&àchcual, &ctrc menée en carrelle fans aucune incommodi-
té.
Or cette Hernie de matrice ctoic de figure longucpour ces raifons, i. parcfr
^uc'lc fruit C comme vous l'aucs remarque :^ n'ccoit pas rama{sc en rond»
Mmm i
46t Liure Cinquième
mais ctoit debout en la matrice : i. parce qucl'ojucrturc par laquelle la ma-
trice a pafsc ccoic petite: c'cftcc quiatriue le plus fouiicnr aux Hcriiicux , car
tandis que le troueft cncor petit, l'Hernie paroit vn peu lo;)gjc, mais quand
cette production du péritoine cft fort dilatée j le Scrotum retend tellement
en rond, qu'il reilcmblc au membre viril : cii celles qui font cncciarci &c h
portent bien j le ventre ell rond, car le péritoine efl cgalcmen: êccndu par
tout, *
le refponds à la cinquième qucftion , que les Médecins de ^J^irtember^
ont tres-prudcmmcnt fait en ordonnant la Teution Cxiâri.niic , car qui cft-ce.
qui pourra croire que la matrice , laquelle êtoic toitie hors de l'abjom.n ^
qui auoit été dilatée ôc êtjndue par le iicic , pcuc r'entrer dans L" ventre
par cette petite ouuerturc ? Car ii en ceux qui loat tiauaiilcs d'vnc dcccnre»
les intcflins font difficilement rcpoubes dans le ventre , comme L l'ay remar-
que afscsfouucnt , qu'elle apparence yauoic'-il qu'en cectj femme la matri-
ce y peut être remile , vtuque, comme l'iiiitoirc racoace , on na pai peu
l'y faire r'entrer après qu'elle a été d^liuicc dei'uii faidtau ? Il auroic donc fa-
lu auparauanr élargir ce trou de l'abjorncn , comme on le fait par fois aux
Hcrnieux, quand les intertins le fout enlîcs dans le icroca;Ti : mais i'ellime
que cette dilatation n'auroit pas peu le faire fans mctrre en vu grand danger
Se la merc & l'enfant , tant a caufe de la douleui qui ieroit furucnue , qu'à,
caufe de rh^monhagic : D'autre coltc la maiiice ayant dcm-urc tant de,
mois hors de l'abdomen aucc le fruit , il n'y auroit pas eu Vii efpacc conue- ■
nable dans le ventre pour la contenir , car durant tout le temps de la grol-
fclîè , toutes les parties fe difporent peu à peu pour receuoir là matrice 6c le
le fruit .• les intcltinsfe retirent pour faire place a la matrice, ÔC au fruit
qui augmente, le Foyc , la Ratte 5c iVilonnach fout doucement pojfscs
contre le Diaphragme : le l-*ericoinc& les mulclcs de l'abdomen i'elaigil^.
fcnt infenfiblemcnt à melure que le fruit croit , >;<<: tout fe dilate pour rendre^
l'accouchement naturel , par vncprouidence de nature, qui prépare &: difpo-
fc toutes les chofes ; & tout cela fe fait fans danger, parce que cela arriue iu-
fcnfiblementôc fans violence : Or il ne pouuoit pas être remis fans violen-
ce & fans ofFenccr les fufditcs parties : mais polons le cas que l'abdomen le fut
clargi fans vn grand danger , «Se que la matrice aucc le fruit eut été hcurcufc-
ment remife dansle ventre , fieft ce que ic ne puis pas comprendic comme
elle auroit peu âcoucher heureufcmcnt , & pour lailfcr en arrière les autres
empêchements , Tincifion des mufcles de l'abdomen êroit fuffifantc pour ren-
dre l'accouchement difficile, car les Médecins fçauent combien elt neceirairc
la compreffion qui fe fait par ces mufcles en raccouchement,mais la playc au-
roit empêché qu'elle ne fe fit.
Or les Médecins 3 ont très prudemment fait, à mon aduis, de ne s'eftre pas
fcrui de la fucurc aprc5 la fcdion Csefaricnnc , car quand la matrice ell dé-
chargée
des Opérations de Chirurgie. 4Ô 5
chargée de Ton fardeau , les leiires de h playe fe reioigncnt^ rf collent faci-
lement d'elles mêmes , comme afTurc Roulîctus en Ton traite de l'accouchc-
ch.mcnt CxCithn : en après il cft neceif-.ire qu'aprcs l'âcouchcmcnt, le fang
&: coût ce qui cft contre n?.ture dans la maciice (ortc peu à peu ; or comme
il ell vray femblable qu'en cetre f:mme Ir palfage naruiel ctoit bouche, il ne
faloit pas fermer celui qui cftoit contre nature & fait par artihce : mais ils
ont bien fait de coudre la peau , car fi la matrice auoit ccc exposée à l'air , il
n'y a point d: doute qu'elle le feroit alreice& corrompue aucc ia perte de la
malade : mais peut être que quclqu'vn aiiroit voulu lier auec vn filer, &
ai:i(i coiiper cttcc partie de la marrice , qin" auoic été hors de l'abdomen lî
long- temps: & ccitainerainr cette Opération n'eftoir pas entièrement
à rcictter, car on auroir peu euirer par ce moyen la gangrène qui fur-
uint en fuite , comme i'cftime : D'autre coflc , on fait voir par pluficuis
exemples qu'vne femme peut viurc (ans matrice, & même peut reccuoir
l'homme , voycs Auenzoar liure x. tr.5. chap. 4. François Roulfec Ith. depar-
tu Cdf^reo , &: Cafp^r Bauhin en l'Appendice : mais voici l'empêchement
qu'il y auoic en celte Opération , à caufe duquel elle ne pouuoft pas fc
faire fcurtment : premièrement parce que le rcfte de la matrice, qui ctoit ca-
che dans le ventre , n'eut pas peu erre nettoyé comme il êtoit neccllàirc , car
k palfagc quia cftédcftinc par la nature, com.me i'ay ditauparauanc, alfurc-
mcnt êtoit ferme .* ainiî le (ang étant retenu , il feroic ftuuenu de grands ac-
cidents & hmorr : en après elle n'auroir plus cfté propre à engendrer, car
la plus grande partie de la matrice feroit tombée : elle auroit bien peu concc-
uoir, car touresles parties ncccfriires à la conception fcroyentd demeurées en-
tières : elle auioir auflG verse de la femcnce , ne plus ne moins que cette fem-
me de laquelle parle le Dodeur Bauhinus en l'Appendice du traitcc de Rou(^
fct: mais il n'y a guère d'apparence qu'elle eut peu porter le fruit iufqu'à fa
maturiré, car le lieu auroit été trop rclîcrré, & la matière n'aurdit iamais peu
' fe dilater & étendre fulfifammcnr , à cauf? de la partie qui auroit cré empor^
téc , ainli l'auortcmt'nt auroit êré infaillible auec vn grand danger de la vie:
car li la mat; ice dans l'accou^ hcmen',ne s'érend pas félon que le foetus fe tour-
ne ^ de côté & d'autre, le plus fouucnt & la merc6i: l'enfant ("ont en grand
danger : ainh i'ay remarqué que celles qui ont vn f-hirre en la matrice , ont
vne grande peine à accoucher.
Or le D. Sennertus a raifon d'appdcr cette membrane qui couuroic la ma^
tricc,Purulente,car en effet Cen'étoitpas vne vraye m.embrane & faite denou-
ueau,car les membranes font des parties fpermatiqucs qui ne s'engendrent pas
aisément: mais c'étoit quelque chofe contre nature, engendré d'vne matière
gluante pour couurit les parties quiétoyent delTbus,& les défendre de l'iniurc
de l'air : c'eft pour cette raifon que la nature produit des Fungus es playes de
laccftcj car l'air, principalement s'il cft froid , étant ennemi du Ccrucau
4^4 Liurc Cinquième
jtkdi: toutes les parties iictucufcs, clic a cette coutume ,' principalement quand
elle cil robufte, défaire quelque couuerture furies parties nerucufcs lors qu'el-
les font nues: Lamcmechofcarriuc es playesdesiointures, car en l'an 1585.
i'ay veu vn Tauernicr i Hilden, qui s'ctoit fait vnc grande blclfure auec vnc
hache en la iointure du pic , ou quelques iours après il fe forma vn Fungus
charnu, qui couuroit fi bien ces parties charnues que l'air ne pouuoit point ks
endommager.' Tay veu aurti quelque chofc de fcrablable à Payernc: Adam Per-
iin voulant fendre yn gros tronc de bois auec de la poudre à canon , 3c s'en
étant trop âprochc, vn éclat luy donna en la iointure du pic droit qui fut qua-
(i coupée par le milieu , auec vne grande concuhon 3c cfFulîon de fang : ayant
ctc demande, ie mis delfus des chofes qui arrêtent le fang: rcpercurent les hu-
meurs &c âdoucillcnt la douleur, luy faifant receuoir incontinent vn laucment,
lequel étant rendu, icfîsouucrture de la véne du bras du même coté , Se or-
donnay la façon de viure qui eft coniienablc aux grandes playes , Se qui iont
es parties nerucufcs: ic iuy donnay après le fouper vn peu de Lau Janum qui le
fitrepofer quelques heures cette nuit là, le lendemain ic luy donnay vnc pur-
gation: Sc quoyque les douleurs fulfentafsés grandes iufqu'au quatrième iour,
iieantmoins elles ccircrentpcu à peu, Se la playe vint à fuppuration en peu de
temps : mais enuiron le feptiémc iour,il fe fit vn fungus fi grand qu'il couuroit
toutes les parties nerucufcs qui ctoycnt dclïbus , leur icruant comme d\vi
oreiller» & rcmplillbit toute la playe : ic ne difcontiauay.'pas pourtant ma
procédure, mais ierrauaillày principalement à répercuter les humeurs Se à ap-
paifcr la douleur , lailfantlc rcft-e à la conduite de la nature iufqu'au quinziè-
me iour, lequel étant pafsé, ie mis dclfus des médicaments médiocrement de-
ficcatifs& qui n'auoycnt aucune acrimonie : la Cure alla tellement à fouhait
que pat la grâce de Dieu il fut remis en cinq femaînes : La nature fait voit la
même induftric es os découuerts , car l'air leur étant très contraire , elle les
couurc aufll-tôt de quelque chair baueufe, dclfous laquelle neantmoins elle Cc~
parc la partie de l'os qui a foufert ou de l'air ou des médicaments , ou mêmes
de lafçic quand on coupe des membres, la chalfant & feparant à trauers cette
chair baucuic, cependant qu'elle couurc l'os d'vnc bonne. chair & louable:
partant ceux-là n'agilfcnt pas prudemment qui tous les iours raclent les os dc-
couuccts auec vnc Rugine,carbicn{buuient il furuint des vlcercs malins Se
opiniâtres après vnc playe récente: Pour cette raifbnie ne mcfers iamais de ru-
ginc quand les os font découuerts, fCinonquc la carie foit profonde^ com-
me en la maladie vénérienne, me' contentant d'y mettre quelque poudre Ca-
tagmatiquc ou de l'Euphorbe pilé, qui cft excellent pour les os découuerts Ik
que l'on peut mettre fansaucun danger, continuant iufqu à-ce que l'os (bit ex-
folié, empêchant cependant que les Icurcs delà playe ne fe reioignent auant
-qoc i'écaille de l'os foit fcparcc, y mettant des racines de Gcntianc,dcs éponges
prcparccs 9c chofcs femblables. .
Quant
des Opérations de Chirurgie. 4^5
Quant à la gangrène qui cft furucnue à la fin , il me femblc qu'elle a cftc
<(»usce par vnc interception d'cfprits & par défaut de nourriture , car i'al>-
domen & cette partie de la matrice qui êtoit Tortie hors d'iccluy , a de fort
petites veines & artères : or comme durant tout le temps de la grolFelFc elles
ont ctc élargies & étendues outre mefurc , & par confcquent fc font comme
delfechées, lescrpiits& l'aliment n'ont pas peu décendre en fuffifante quan-
tité après l'accouchcment.par àzs conduits Ci ctroirs , ni nourrir des parties (t
éloignées : ainfi la chaleur naturelle s'eft peu à peu cftcintc , (5c la gangrené
cft furuenue, laquelle on n'a pas peu empêcher : mais vous me demanderés
pourquoy c'cftque cette cxtindlion de chaleur n'cft pas arriuée au temps de
l'accouchement ou vn peu après ? le refpons qu'au temps de la groir-ilè le
fang & la nourriture s'alloyent rendre en abondawcepar vn mouuemenc natu-
rel vers ces parties, pour la nourriture du fruit , mais ce mouuement de na-
ture ayant ctCsè peu à peu après l'accouchement, le fang qui auoit accoutume
de (c rendre à la matrice, a regorgé en haut vers les mammcUes & autres par-
ties.
Quanrà la défaillance qui eft furuenuc quand on y pcnfoic le moins, la-
quelle a causé la mort , & quand on ne defcrpcroic plus du rétabiiirement de
fa fauté , ie crois auec vous qn elle eft proueuuc d'vne malignité occulte
quiéroit demeurée dans les vailiVaux , 6: engendrée par la gangrène pcccç-
dentc.
OBSERVATION CI.
7)''-<JfJ£ autre Hyfterocele.
ÏL y auoit vnc panure femme à Nicflè ( Ville afscs célèbre en la Silefie/ qai
cohabita quinze ans auccfon mari, &C en ût neuf enfants; il arriua au pre-
mier accou hemcnt qu'elle frit abandonnée de la fagcfcmme & des autres, ï
caufc de fa grande impatience i5c humeur chagrine , en forte qu'elle âcoucha
fans aucune alFirtance : & quoy qu'elle reconnut bien qu'il luy étoit demeuré
quelque incommodité dans le ventre, neantmoins elle âcoucha de huit en-
fants de luiccjhcurenfcmtni & naturellement : mais vn peu après cette in-
commodité qui luy c toit reliée après le premier âcouchcment, ellefentità di-
uerle fois qtie quelque choie vouloitfortir hors du ventre vers l'aine gauche,
qui étoitûlsés grolle: étant donc en pêne elle, en parla premièrement à ion mi-
ri, & par après à des aunes femmes, qui luy confcillcrcntd'attcndie le fecours
de Dieu, mais cependant la tumeur augmenta de iour en iour, deforte qu'elle
^rcircmbloit. à vnc vcdie de bœuf pleine de vent , 6c vint à vue telle grolïèur
-qu elle décendoit iulqu'aux g-ncux: on reconnut après par des autres indices
Nnn
4^6 Liure Cinquième
qu'il y auoitvn enfant viuant dedans •• cependant elle ciiduroit de grande?
douleurs, foit qu'elle fut afTifc ou coiichce, étant obligée de remuer ce fac de
côré Se d'aun c pour fc foiilagcr: oi le rems de Ion accouchement étant proche:
le Confcil de la ville en piitloinàcaufederi pauvretc>&: la mît entre les mains
de Médecins, Cliirurgiens 6<: habiles fngeferamcs , qui après vne meure dcli-
berarion,vircnt qu'il n'y ar.oïc point d'apparence d'attendre vn âcouchcment
naturel & qu'on ne pouuoic fauucr la mère Se l'enfant que par l'ouuerturc de
cette tumeur : on fit entendre à cette panure femme cette deliberation,à la-
quelle elle le fournit volontiers, Se après l'auoir mis en bonne difpofition » on
fit dilîèiftion de ccae tr.mcur, de laquellcon tira aucc beaucoup de pcnc
l'enfant afscs bien portant , mais lequel mourut demi an après , Scia, mcrc
trois iours après la fcction, ayant endure de grandes douleurs.
le voudrois auoir vôtre âuis fur ce point , comme il eft peu arriucr que b
Bubonoceleou Hyftcrocele n'a pas paru immédiatement après la rupture ou
laxation du Péritoine Se f ce qui augmente l'admiration, ) comme die a peu
accoucher heureufement de huit enfants ? croyés vous que le mal qui étoit
au Péritoine ne fut pas afscs conlldcrable pour lailfer fortir l'inteftin? y a-t'-il
apparence qu'il fefoit remis par la longueur du temps , mais qu'il fc foit re-
nouucUépar quelqu'autre caufe qui foit furuenue ? Lettre du T)oUeur Mi-
chel Dortngms à rÀutheHr.
Teftime que le Péritoine fut en quelque façon olfencé au premier âcouchc-
ment, mais non pas en forte que la Bcbonocelc peut fucceder : or ayant ^té fi
fouuent enceintcÂ: cette partie ayant foufcrt au premier accouchement , elle
fut d'auantage aftoiblîe par les groilcircs fuiuantes, de forte qu'elle receuoit ai-
sément les humeurs qui s'y alloyent renJre,lefquclles étants pituitcufes,gluan-
ics Se vifcidcs, le Péritoine en a été finalement {\ fort relâché «Se ramolli , que
venant à être prefsé par la matrice qui étoit pleine , il a prêté aisément Se eft
dcuenu comme vn ^&c Sec. "H^fponce dei-Juthcur.
E
OBSERVATION C II. {
De l' Aodutination de l'orifice de la matrice après -y/; accoache-'
me fit dijficilz^.
Ntrelcs Symptômes qui fuiuent ordinairement vn accouchement diffi-
. cile, l'inflammation des parties honreufes eftvn des plus dangereux,car il
degcnere fouuent en gangrené, Se amené vne mort précipitée , ou lailTc après
foy quelque mal incurable: le l'ay remarqué quelqjcfois,mais principalement
en l'an 1625.au mois de luillct en la féme de Guillaume Krans Couturier à Bei:|^
nc:ctaut dcucnue enceinte Si venue au terme de l'accouchement, elle fit vn en-s*
hïit :
des Opérations de chirurgie" 4^7
fant mort aucc grand pcnc & trauail,mais elle ne fut pourtant pas hors de dan-
gcr,car elle foufiic de fi grandes douleurs iour & nuit,iîx rcmainesduranr,quon
ne le fçauroir cxpiimer: enfin ayant été dcmandc,ic trouuay i'orifi:e de la ma-
tiicc entièrement bouche. 5c les parties honteufes extrêmement cnflécsàl y auoic
vn grand trou fous le col même de la ye(îîcjpar lequel Tviinc couloir goutte à
goutte,&: qui pafToit iafqu'i la ve{îic:rinflammation des parties honteufes auoit
été la caufe de ce grand accident , laquelle auoit été négligée par vne grande
ignorance de la ragcfcmme,&' s'ctoit conucrtie en vlccrc putride qui auoit ctc
guéri plutôt par le bénéfice de la nature que par Tindulhic de la fagefcmme,
l'orifice de la matrice étant ncantmoins demeuré fermé: après luyauoir donne
des iauementSjfaitdes fomentations ôc des inonftionsaiiodynes,inrernes & ex-
cernesjles douleurs furent bien apaisées, Ôc la tumeur dés'enfia, ayant auliî re-
pris {es premières forces , mais il fut impofîible d'ouurir l'orifice de la ma-
trice par aucun artifice de Chirurgie , àcaufe dcquoycllc nepûc iamais auoir
ia compagnie de fon mari , ils ont toufiours neanrmoins vécu en paix, elle eu.
encorviuâte iufqu'à l'année prefente Kjjo.quoy que Tes mois ne fortcntpaspar
le lieu âcoutumé,mai5 elle rend par interualles du fang mêlé auec les excremccs
par manière de diarihée,âcompagnée de grandes trenchées. Obf,6j. Cem,6.
OBSERVATION CIIL
U vne Defc ente de matrice.
VNc Dame de la famille àts Erlach étant cnçeinte,& ayant eu durant tout
le temps de fa grolîcllè des douleurs continuelles de reins & àes parties
honreufcîjCnfin ayant eu les trauaux de l'accouchement au fixicme mois de fa
groirellè.elle fit vn enfant morrjarsésheurcufemcntdafagefemm'e qui ne fçauoit
■pas qu'il y en auoit cncor vn'autrc,voulanrtirer l'artiercfàispar force , il fur-
uint vne fi grande douleur de reins qu'elle fut contrainte de lailfer tout là à
l'inftant même : vne autre fagefcmme ayant ctc demandée, elle fit encor vh
enfant,mnis qui êtoit auffi moit ; or quoy que ce fécond accouchement
catâfsés bien reiifîj , fi cfl-ce que les douleurs de reins , èes parties honteu-
fes & de tout le ventre (^ qui ctoyent venues après vne violente agitation de
Tarrierefais ) conanuerent cncor, & la matrice vint à fortir hors de la' nature
ï la grofleur du poing, laquelle ne peut point être remife par les fagefemmes:
ayant été tourmentée quafi deux mois enri.rs ionr & nuit de ces douleurs , 6c
s'ctant fcruid'vne infinité de remèdes qui Iny auoycnt donné ces fngcfemmes
&càes femmelettes, enfin elle me demanda le 14. de luiu 1617. ic la trouuay at-
tachée au lit & en ficvre,à caufe de la violence &c durée de la doaleur,ellc étoit
fort amaigrie & dcbilc, la matrice luy fortaiu dehors comme i'ay dit : ic luy
N n n i
4^8 Liurc Cinquième
Jonnay donc à caufe de la vchcmencc de la douleur , des veilles & de l'âbate-
ment de forces, vue porion anodync Se corroboratiue: i'oignis les rcinsilos fa-
crum, lescuilTes, le périnée & le bas ventre auec huylc rofat; elle repofa bien
cette nuitlài3c voyant le iour fuiuant que les forces eftoyent afscsbonnes,ic.la
purgeay doucement : ayant été obligé d'aller à Badcn ce iour même, ic luy or-
donnay vne bonne façon de viurc, ik la baillay en la conduite de ma femme,
laquelle en mon abfcnce la purgea doucement par interuallcs& luy donna des
Cordiaux, & y ayant mis la main > elle appliqua' non feulement des anodyns,
mais aufli des adftringents, comme lachofe le requeroit : Dieu donna fa bene-
didkion à ces remcdes>de forte qu'étant de retour de Baden quinze iours après*
ie la trouuay entièrement rcmilc. Ob/èruat. 60. Gent.^.
OBSERVATION CIV.
Snr le même fuiet.
L'Ani6ii. l'ay Ycu vne Dame à Hilden,à laquelle la matrice dccendoitSc
fortoit hors de la groiîèur d'vn œuf d'Oye , ce qui l'importunoit extrême-
ment: mais ie ne peus point apprendre d'elle comme cela luy êtoit arriuc,quoy
que ie fçachc qu elle n'a iamais fait des enfants , & qu'elle a porte cette in-
commodité pluficuis années , ayant enduré de grandes douleurs , fans auoir
peu être guérie par aucun remèdes , quoy qu'ordonnés félon l'art : ie fis
faire des boules de. licgc , de grandeur tk forme conucnable , par le moyen
defqucUcs la m.uiice eft tellement retenue dans le corps , que foit qu'el-
le veuille aller à pié, foit à chenal ou en carrolfe, elle n'en lent aucune incom-
modité : la première boule cil entièrement ronde, <S<: l'autre en oualc faites de
liège, & coiiuertes du Ccrat fuiuant , 1/L. cera noua |«/. celephon. gHmmi elem»
an- Xi'tercbinth. zitij. pulu. rofar. odortfer. rnyrtillor. balauft. rad. confol.mai, an.
2j. majîiC' & clihan. an. y,v, m. omnia dtligentsr d/" cumf. q. ot. rofac.f. ceratum
in forma foîida. Or il faut tremper ces boules dans le Cerat,tandis qu'il eft en-
cor chaud ii^ liquide-, ? fin que leurs trous 5: cauitésenfoyent remplies : il faut
aulTi y attacher vne fiflcllc, afin qu'on les puilfe retirer quand on voudra; elle fe
fcrt tantôt de l'vne, tantôt de l'autre, & ne les ôrc point que quand elle veut
rcceuoir fon mari : mais il faut faire en ibrte qu'elles foycnt proportionnées
a la rrrandeur des parties,& qu'elle rempliirc le col delà matrice, car celle qui
eft trop grande ne peut pas entrer, iSc la trop petite ne redewt pas. Ohferu.6\,
Cent.^.
OBSER-
des Opérations de Chirurgi<?. 4^>
OBSERVATION CV.
Sur le même fuiet,
VNe femme nommée Iiitre,qui dcraenroit à'Hilden, ayant vsé longtemps
d'vnc mauuaifc façon de viurc à caufe de fa pauurctc,deuint galcufc & fut
reléguée parmi les Ladres aucc fon mari payants été iugés tels par les Ladres de
Cologne qui ont la charge d'examiner & vifiter les Lepreus: ) vn peu de tcms
après étant dcucnuc enceinte & ayant accouché auec difficulté , elle eut vue dé-
cente de matrice , & me vint expoler fa mifere en l'an 1580. le la purgeay
quelquefois > puis ie luy fis le fachet fuiuant, lequel elle mcttoit chaud trois ou
quatre fois le iour fur la partie, le portant ordinairement , par le moyen duquel
elle fut bien toft rcmife,& dés ce tems elle deuint fix fois enceinte &: accoucha
heureufemen t. !^. Fol.plamagfalicfs,Tnefpilorum ,<^tiercHs pmrjor./jlue/ir fttmmit.
Yubiirofar.an.mMraâ.tormentill.confol.maibtfiortA an.% i. balaufl.riHC.cupr.an.^ {?.
fem.amf.^iG.incidantfir & contundantur omnta grojfo modo profacculo intertextOiEt
quoy;que cette femme & quelqu autres ayent été remifes par le moyen de ce fa-
chetj.neantmoins iem'en fuis ferui en vain en plufieursautres,&: d'autres remè-
des plus çffi.caccSiOh/èni.6i.Cer}tJf^.
OBSERVATION GVI.
De la matrice non percée,
VNe Demoifcllc de Cologne, âgécde i<^.ans,ctoit tourmentée tous ïts mois
de grandes douleurs de Ventrc>aucc défaillances, tournoyements dcTefte,
&: parfois d'attaques d'epilepfic: enfin lefangluy étant venu àfortir abondam-
ment par le né , elle reprit fa prem.icrc fanté , de forte qu'elle faifoic toutes les
aifâircs domeftiques,iufqu'acc qu'elle fut incommodée le mois fm'uant de (em-
blablcs accidents : cela luy ayant duré plus d'vn an , on me demanda mon âuis,
& fis entendre aies patents que tous ces accidents proucnoyent de la rétention
de (çs ordinaires : me l'ayants donc remife entre les mains & ayant pris toute la
pêne imaginable pour les luy faire venir, ie confeillay qu'on l'a maria , efpc-
rant que par ce moyen on pourroit diucrtir le fang & l'amener au pa(îàge na-
turel,mais cette fille n'en ayant voulu aucunement oi?y p3rler,& en ayant vou-
lu fçauoir la raifon,ellc m'auoUa qu'elle n'étoit point propre au mariage ; or
pourf^auoir quelle étoit cette incommodité j elle fut contrainte dcuant fa .
Nnn 5
47© Liure Cinquième
WSicA^ <^<3r,s montrer Tes parties hont^ufes, alors ic dc'couuroîs que le col de la
cnatrice ctoîc fermcparvnc membrane ferme & folide au dcllbus des nym-
phes ; il fus donc d'âiiis après vne deuë prcpacation de tout le corps, de faire
iiîciiion en cette membrane,&: d'y mettre par après des pelfaiics faits auec dçs
éponges préparées exprclscment, que l'on oiiidcoit auec des onguents appro-
priés , cfperant que l'on pourroit par ce moyen ouuriu le conduit naturels
wmener en bas ce fang q'ii montoit en liaur, mais comme cette fille cîic hor-
reur de cette Opcration,ie la lailîày en cette milere, quoy que i'euffe fait enten-
dre à fes parents quelle fe pouuoit faire fans aucun danger, Obfemation 60.
Çentur, j.
OBSERVATION CVII.
Sur lemémefmeB,
MOnfleut Louys Hubert Chirurgien du Roy m'a communiqué en l'ati
lécS. ce cas digne de remarque : Vn O.fcN're demeurant au Pont du
Changea Paris, ayant épousé vne honefte fille , & ne fcpouuant faire entrée
quelle ne fe plaignit d'vne extrême douleur j ni elle foutftir fa compagnie
qu'aucc vne grande diffijulcé, fe difpofa à demander diacrce , quoy qu'elle
crut être dcuciiue enceinte : mais pour ne rien faire à la volée , il fît venir les
parents de part <k d'autre, aufquels il le découurit , qui furent d'âuis de faire
faire vne confulte de Médecins & Chirurgiens»on atrembla donc Meilleurs
Hierofmc delà Noé, Simon Pietre,Louys Hubert & François de la Leu:i",tous
Chirurgiens iurés : Icfquels ayant regardé les parties naturelles, troauercnc que
le col de la matrice croit ferme par vne membrane dure ^ calleule, mais ce
qui cft digne de rcmarquc,cette membrane auoit çà & là àcs petits trous pour
bailler palîage au fang menftrual : on fîtdonc ouuerturc de cette membiane
d'vncompîun accord , puis on mit des peilaires engraifsés auec des onguents
propres } par ce moyen elle fut bien toft remifc, de forte que Ton mari ne parla
plus de fe feparer d'auec elle : & ce quieft encor plus digne de remarque, elle
fit fix mois après rincifion,vn enfant bien portant & à îerme:car la matrice
ayoit attiré fi auidcmraent, que lafemence auoit paisé au trauers de ces petits
trous : La même.
(^L'Autheurà âioutc vne Obferuation du même fuied qui tuy acte com-
ïBuniqucepar Maître Louys Cabrol Chirurgien à Montpelier, laquelle ic n'ay
voulu mettre icy parce qu'elle a du raport auçc celle ci J
OBSER-
des Opérations de Chirurgie, 47 1
OBSERVATION C VIII.
Del' onuer titre dn Col de lamairice ferme.
LE lé. luillet 1607. ie fus demandé aucc Monfienr le Docteui- Scbaftian
Meycr Médecin à Fribourg cnSiiiire,pour voir la fille d'vn Gentilhomme
qui demcuroiten la campagne prés d'Auenche : l'orifice du col de la matrice
ctoic ferme par vue membrane fortcpai(ïe, laquelle croit" atrachrc de tous cô-
tés aux nymphes ou Caruncules cuticulaires , laquelle auoit en fa partie fupc-
rieurevn trou par lequel l'vrinc fortoit : & comme fcs parents dcmandoyenc
nôtre fecours , nous couchâmes le lendemain cette fille fur vne table , puis luy
ayant ouuert les CuilTès , ic mis vnc fonde reprcfentce ci dcllbus qui eft vn peu
courbe ^creusée d'vn côte dans le dit trou, la portant iufqu'à l'extrémité de
cette membrane,rcndant contre bas vers le perincc , puis ie coupay cette mem-
brane , auec vne biftorie couibce, la fnifant palïèr par l'onuerturc ou le creux
de la fonde , fansoffenccr aucunement les parties adiaccntcs, parce que le cou-
teau entroit dans l'ouuerture de la fonde : la membrane ayant été coupée,quoy
qu'aucune hsemorrhagie n'eut fuiui , nous ne laiffames pas d'y mettre vne Ten-
te aucc vne côprelFe bien déliée trempée en vn blanc d'oeuf bâru auec eau rofe
Se par dclfus vn linge double trempé en la même liqueur, pour appaifer la dou-
leur & empêcher la defluxion -.enfin nous y mîmes vne Tente de plomb large
& épaiire,ointe d'onguent Diapompholigos , ainfi elle fut guérie en peu de
iouis : Ob/.6 1 .Cenu^.
Figure de la Sonde j & de la Biftorie
Table XV.Figure j. | Table XV.Figurc 4,
OBSERVATION CI X,
J)e l' Extraction de la Mole-
ELizabcth Macc femme d'Elie Brunier Bourgeois de JL^ufanne , femme ro-
buftc &c fanguincâgcc de 54.. ans,érant enceinte pour la ciuqaicm. fois,eut
fcs ordinaires iufqaes au fixicme mois fans relâche, ou du moins, de deux iours
l'vn , en afsés bonne quantité , mais fans incommodité ni âbatemenc de for-
ces : le fixicme mois étant pa{sé , ils s'arrêtèrent incontinent fans aucune mau-
matfc fuite , & le 24. Mars qui fut la fin du neufviéme mois , les trauaux
de l'accouchement écaiits venus , elle fit vnc fiUe robu(le 5c bien faîte
.47t Lture Cinquième
l'attiefais fuîuant incontinent après : &c comme clic fentoit après l'acbouchc-
mciu vnc dureté & pefantcuc au Ventre qui luy bailloic de la fâcherie elle crut
qu'ilyauoit encor vn autre enfant ï ce^que ncantmoins nioit la fagc femme
qui ne vouloit plus y mettre la main.lc it.ôc le ij. elle fe porta afscs bien,mais
le 15 elle fut attaquée de ficure, veilles & grandes douleurs au bas du Ventre &
vers l'os facrum , les fymptomes augmentants d'heure enheilre.le iour fuiuant
M*^. loachim Rohaud fon Beaufrere Apothiquaire à Laufannejtrouua à propos
de luy donner vn lauemcnc 3c de la purger doucement le lendemain, mais ayant
rendu le lauement Ôc Tentant encor de la pcfanteur au bas du Ventre, elle m'en-
noya demander, l'ctant donc venu voirie 17. ic la trouuay en fiéuic auec dou-
leur de Ventre &c dercinSjComme aulïi auec nauséc,dcs rapports puants,vcilles,
inquiétudes S>C autres accidents,qiii me firent connoîtrc aisément qu'il y auoir
quelque mole ou chofe femblable dans la matrice , parquoy k luy fis rcçeuoir
premièrement vn lauement. Puis ie mis fur les parties honteufes Se fur le bas
Ventre le fachet {um^nz'^. Rad.ari/iol. long<t ^tj. h. anhemif.melijj'. matrtear fa-
bin. rHt£,piilegflor.ca?no?n.miltloi.Arj. m. ^.femfœnugr. Uni,fœnic amf.fefeLan.\ ^.
hxidantur incidenàa,relifAacomHndàtiiriindantnrfaccHlo trtanoularifilo intertex-
fo,eiHS magnîtHdinis/ôt irnurn ventrem ad virMiculnm openat.apice adpudenda (/■
p^inéLum defcendente. Oi\ l'appliqua chaudement après l'anoii faic cuire en cauj
fomentant le bas Ventre &: les parties honteufes refpace de deux hcures,cepen-
dant iengraidois par interuailes , lcscuilfes, les pai tics honteufes, le Ventre &:
l'os facrum auec l'onguent fuiuaiu. p/. OlMllor. alh.amygd. d, de v'uell.oHor.O'
lumbricer.an ^'^^pingned. an/èris & caponis an.\i.pollea.2L f^r fœnHgr.& cyâonior.
an.^i.croci.fubttiijftriti '^n.fii^.aYtemifi.\i.rn.& poji vmcam ebnHltionem addefupc-
riérayf.'^ingH. Apics qu'elle eut rendu le lauement, ie la hs co.ichw'r iar IcdosiSc
la fis décendre au bas du lid en forte que fcs pics peuiîlnc fe re-pofcr aisément
furie pié dulid Se hilîcnt vn peu courbes vers les gcnouxtà chacune des co-
lomues d'en bas du li<^,ie. fis attacher vne nape:tont étant ainfi préparé , i'oi-
gnis*ma main droite auec l'onguent defcritci deirus,laquellc ie fourray douce-
ment dans la matrice, «$c pour le faire plus ailcmcnr, ie luy commaiiday d'em-
poigner ces napesS^ de poulfer ferme les pies contre le pic du Hit, <Sc de f^irc
les mêmes efforts que 1 on fait en accouchant , car par ce moyen ces parties
souurent & fediktent : ayant fourré la main dans la maciicc,ic trouuay in-
continent la mole ou malfe de chair qui eft reprefcntée icy d.lloas qui étoic
qnafi de la grolFcur de la Tcftc d'vn enfant:elleétoit ronde,mais alloicpcu à peu
en diminuant,6(: auoit au bout vne certaine fubllance (pongicule marquée A
laquelle étoit attachée bien ferme au codé droit de la matrice , tout de même
qu'eft l'arriercfaisà l'enfant; ayant donc fourré bien auant la main dans la ma-
trice i ie feparay ancc les doigts doucement &C peu à pea cette fubftancc ba-
ueufed'auec la matrice , & arrachay tout d'vn coup fans violence ni douleur
cette mole à demi pourrie te puantc-.ilyauoit encor vn lopin de chair attaché
àcette
des Opérations de Chirurgie. 475
i cette Mole Marque C>mais comme clic auoic laiTsc des marques âc pourri-
turc en la matrice, ic fis faire vnc inicdion quelques iours durant, auec vne Cj-
rînguc.de la decoétion fuiuantc. ^. Hordei integri m. ^.fcordi.vtri. rofuY.Yuhr.
ahfym1f,vulg. an. wi.6. Cf^uantur in atfu.: vfjue ai crepaturam hordei , w thii câ-
Uturéi dfjfeluc mell.rof.\iii.p!ilu.myrth.& aluës an.'^\.rn. cola per linteum , coUtttrA
tepidc in vternm inticiatur^ On metroic aufll fur les parties Iionccufcs vne cpont'c
trempée en cette decodion &: bien cxprimce, chaudement:, car non f:ulcmcnt
t:lle fortifiela partie mais aufli elle atcirc peu à peu, les humeurs putrides 6c les
courume : partant il cft necedàire d'auoir deux de ces éponges , afin de fccher
Ce nettoyer l'vne tandis que l'autre cft fur la partie : nous pourucumcs auflî
aux autres accidents tant par vn bon régime de viure que pat médicaments,
fclon que la ncceflicc le requeroit , de forte qu'elle fut guérie eu trois fcmai-
Mes.
R E M A R Q^r E.
Comme Icfoyc vtcrin étant attache aux cotylédons delà matrice, attire U
nourriture qui doit être portée au fœtus par les Taiireaux vmbilicaux , de mê-
Oîc cette inolecf oit art tchée à la matrice, tirant fa nouniture par \qs cotylc-
dopis. Quelques vus fc fei uctit du pic de gi itfon pour arracher la mole, ce qui
ne fc fait pas à mou âuisfans vn grand tiaiiger , car fi ces crochets venoyci»t a
cchafcriUdcchireioyentaîsémcntla matiicc:pour cette railoni'ayinucnté des
Tenailles dcfquclles l'cxtrcmirc clè faite en forme de cuciller ou de bec de
Canard , m^is ^if^-ispro.'-onde.afin que les dents y puilîcnt cntrer:du milieu de
CCS Cueiiliers nniiiènt trois dents quarrécs & fort aiguës de Ja grandeur i y rc-
picfentécqui do'iuent être miies Tvne à cotédcraucre, mais en droite ligne,
ainfi CCS Tcnaillisctants fermées, il ne paioit aucune de ces Dents.fans qu'au-
cune puîllc ofFenccr le col de la matrice , quand les Tcnaiiles vieudioyeat à ne
pasmorJre.
Tîgtire des T en Ailles tMe XV. Figure 4 . '
Que s'iHA necciraîre de mettre lccrOv:hcr,ourre les Tenailles. îe fiu's d'auis
a plus de leurccc »x que 1 on rair moins de douleur , lans epouuantct
ni les afliftants.
Figure y de U Table Xy.
A le Crocher.
B vne lame de Fer faite comme vne langue , que i'ay accoufturnc d'ap-
peler vn Dcfcnfcur , lequel on tire vers le m.mchc,tandis que l'on met le cro-
chet , & ayant accroche la Mole, on le pouiFc vers le crochet : l'vtilité de cette
lame de Fer cfl; que fi d'auanture le crochet vcnoic à cchaper , il empêche qu'il
ne déchire le col de la matrice. 0^7)51, Cr«M.
Ooo
\
474 Liure Cinquième
OBSERVATION CX.
Sur le mérite S met,
VOiis me demandés , puis qu'on demeure d'accord qu'il y a vnc Mole (&c
qu'apparemment il n'y en a qu'vnc bien grande ) s'il la faut cxpulfer, vcu
qu Hippocratc dfr, en k^n liure de StcrilibiKsqi'vnc femme qui n'a qu'vne mo-
le, fi on la poulfe dehors , en meurt ? le rclpons qu'il faut bien examiner ce
palIàged'Hippo;ratc & le rapporter à ce que l'on voit tous les iours dans la
pratique , car il ticiu orc-'inaircment ce langage , comme on le voit
aphor.(^.i8.ou il dit que les bldïures du Çeiueau,dc la velîie, du cœur , des intc-
ftins Se de l'eftomach font morueilcs:or l'expérience fait voir que telle forte de
playes fc gueriircntalscslounentrmaib- G lUf n au Commentaire die cet Apho-
rifme explique fort bi-n l'intention d Hippocrate, difant que ce mot de mortel
s*entcnd,en ce lîurc& ailk urs,de ceux qui doiiv;nt mourir par ncccflltc , &
bienfouuent aufli de ceux qui meurent peur h piufpair:?'!! faut appliquer ceci
à ce palîpge d'Hiprocratexar il n'eft pas nccciuire que la femme à qui on fait
foitir vnc mole fculcjmojrejquoy que cela arriue quelquefois; veu qu'on a re-
marque fort fouueutqu'on a fait fortirjpar àcs me JicamentSjVnc mole feule qui
ctoit fort grollc (ar.sdangcr de mort, que mêmes on en a arrache aucc la main:
Ceci étant bic a conhtieic ie ne vois rien qui empr.'he qu'on lie p cille entre-
prendre laCuredelaquclie vous me parlés , veu que vôrpe malade eflieunc-&
de bonne coniliuuion :En troificm^; lieu vocs me demandez par quels re-
jntd.sotipouna pouli.r hors cetcc mole feurementc Mais aupr.rauant que de
les propolcr, il voui fiut faite .ntcndre à cette Dame que c'eft vn mal long,
diirKcile & quelquefois iocuiable, quelque diligence qu'y apporte U. Mcâccki,
car elle clt qurlquefcjii tellement ^rtachcc à la matrice , qu'elle n'en peut être
déraciii/re que longs temps après & quclqu.fois demeure iufcpes à la fin de la
vie, ce q i ;irf iuequand la mariice ôr la mole ne font qu'vn corps^ainfî que îe
l'ay remarqué par fois.-orla Cua: à trois inr^ntions , premièrement: la façon de
viuifjqui e;oircrrech3udej& humide & bieu regulicre.'la fecôde cft: de chafîcr
Ic^ mai uaii'ci hi^mcurs hors du i.orps & de tirer du fang s'il y en a du fuperflu,
en rioiiif me ik u de donner des médicaments eu dedans poui la pouilèr dehors,
Ôc dVi . p|-liquer auffi fur le Ventre : ayant donc purgé le corps,ic me fvirsd'c-
irioliieurs &: principalement de lauem.ents , Icfq :cls ie fais recci.oii quelques
iours de fuite, cai il ell neceflairc que la m.ok 5: la matrice œcme & toutes les
parties voiiînes foycnr ramollies & rrlaxécs : ie faisauflî vn fâcher triangulaire
lequel ic remplis des efpcces du lauemeni: que ie (:\s cuire m du boiiilloh de
tcftc & pics de veau ou mouton , le mettant chaud,&: l'y laliFanc vnc heure ou
deux.
des Opérations de chirurgie. 4/^5
Jeux, deux ou ti-ois fois le iour , aprcs la fomentation i'cngraiifc le Ventreje^
parties hontcufcs,ros facrum & les cuilî-s aucc le Uniment fuiuanc. '^^.Ol.hlior.
dlh lttmbric.amygd.d.devitelLoHor.an.%^ fingueâ.cafonis/^YJîyAnJeris An.^i.m, On
peut auflî donner parla bouche des chofcs qui raniolliiTcnt les parties qui fcr-
uent àchalfcrla mok'jCommcde lluylc d'amandes dou:cs,du beurre frais aucc
vnc dccodion de feuilles de guimauucs, mauues, violettes aucc Icurs-femcnccs,
& demtlilot,y âioutant vn peu defcl pour cuitcr lannusce:on y peut mettre va
poulctjOU vn morceau de mouton,atin que ce boii.'llon nouriilIeCk; fortifie d'a-
uantage,on peut auffi y àioutet du Tyiop diahhaïas Fernelijnyaut aiud continue
ffpt ou huit ioisrsiSc purge dcicckcf le co;ps,on ûuuava lalaphene,&on %i«rn-
dra auxrensedes qui irritent la facuhc cxpulciice, reuenant derechef aux laue-
ments que l'on fera acrcSjfaifjntaufli vn fachet aucc les efpeccsd'iccluy : tandis
qu'élit le feruira de l'vn Se de l'autre, il faudra mettre le pelîaire fuiuant. '^.Gal-
ban,bdelHl,opopa''.folHfjn vino ger.erufo an.'Z^ii ,rad.cycUm.& hellcb.<dt>î.an •y.tro-
chifcJe r/i)rrha^ni.m.& cum/iicco rut£ (j f.f.p ejarinrn. On \uy k ta. au(i^i prendre
des cxpullifs p.K la bouchiicanuis qu'elle le Icruira de ces médicaments , il ù\iz
diligemment obfeMiCr le mouucmctit delanature,car h toil que Ton verra que
l'expultrice fera iriiice , il faut coucher la malade en même pofture que Ci elle
vouloit faire vn enfant, aprcs la lage femm.e s'oindra la maiuauec le iiiiimenc
ordonné ci dellus, quelle mettra doucement dans le col de la matrice , prouo-
quant tant qu'il luyièra poilîble les douleurs de l'accouchement, à q;joy con-
tribuera auiTi la malade de coure fa force , afin que la (âge femme puill: fourrer
la main dans la matrice 3c attraper la molerquch elle elt ronde tS: giiùante , de
forte qu'elle ne la puilFe pas l'ailir auec les doigrs,clle le leruii a des Tenailles 3c
du crochet marques en i'Cbferuation précédente : mais cependant il hut tra-
uailler à réparera à cnrretenir les forces par médicaments internes &c exter-
nes, prenant garde de ne pas trop cchaufièriSc atténuer le Iang,dc peur que la
mole étant dehors,il ne fuiuienne vne grande 6c dai-.gereufe hîemorrh:gie , ÔC
parce que la mole cft touhours attachée à la matrice, que la (âge femme pren-
ne garde de ne p.is l'arracîierauec violence &c trop vilte , m-ais peu à peu 3c
lentement : i'employay vne demi heure toute entière à arracher la mole de
rObferuation picçcdente , rprcsauoir porté la main iufqucs à fa ra:in-, (ans
caufer point de douU ur lu de fa^ heiie à la malade : poiir éuicer l'ha^noi i hagie
aprcs eju'clle fera dehors, il faut auoir des eLduaires tous prcfts, des (yrops, des
eaux dirtillecs, ^'c. pour en faire des potions , Ôcc. qui raffaichilfrnr Ir fang
échauffe <5: qui rc|-^ailhirnt ,kfqucls fortifient en même temps, ce qu'il faut
Liiller à la prudence du M.^dccin qui fera pr. fent : ap.és qu'elle fera dehors, il
faut incontinent mettre furie bas Ventre ^S: fui l'-spirtîes honteulcs le cata-
plafmefaiùant tiède : ^. /^aA. & fil.p!,i:t,>n,biirfxpA[}or fol.prun r)LicP.r.rcfzr.
rnb.dn.m.i.cojtse tnttqtu ad coïifmiptlonem teru*i pArti.-fpoff. ly. tar. hordei
OOO 2.
47 tf Lîure Cinquième
é" volatitis sn. %ni. paîner. rofar rté. tnyrtillor. nue. cupr, hUtifi. târtie.£r4ft4t.
ranar. comhHjf.an, p. teryjtjjgtll f.in^u. drac.an.l Ci. m. cumdf^o âecotlo & paucê
étcetoy SirhaemoirhagitcltgianJc, il faut lier crroitrcmenc les bras & mettre
«les ventoufcs fous les mammelUs: on peut auflS oiiurir la vênc au bras h les for-
fubtiltjfimus .-mais ie fuis oblige daucitir que la choL- nercUlIit pas
bitij en laprcmicre Cure,>?: qu'il faut y reuenir quelques iours après & mêmes
vn mois, comme il m'tft ariiucen vue Dame de Cologne l'an i6iz. quiauoic
porté vnc mole pUificurs années , ayant toufiours été cependant robufte &: de
bonne couleur,fiiialemcnt étant l'aille d'vne Eévre continue auec douleur des
parties honteuleSjic portay la main en ces lieux, ou ie trouuay vne mole de la
grolfeut d'vn œuf d*Autruche , laquelle décendoit tellement vers l'orifice de la
matri''e,qu'on la pouuoit aisément empoigner auec la main : mais elle tenoit fi.
fort aux Cotyledons,que ie ne pouuois pas l'ébranler fans caufer vnc grande
Jouleur^cependant l'ayant fouuent manie & de la main S<. auec des inftrumcnrs
& appliqué quelques médicaments , elle fut poufsce heurcufemcnt dehors &
fut gucticrie n'ofay pas neantmoins l'arracher la prerBÎere fois que i'y portay la
main,à caufc defdittcs douleurs , partant ierenuoyay l'aiïaire de quinze iours,
irauaiUant cependant à reparer les forces, à appaifcr la douleur & à rempcret
la chaleur des parties internes, mais étant venu pour la féconde fois à la précé-
dente Curcjla choie tcuflit à iouhait. Lettre 39.
OBSERVATION CXI.
ly vne femme qui ayart fait ''■une Mole aufeptiéme mois y accoucÎM
hewrenfemem d^vnfih ati neufinéme.
LEs Mcdccins allouent tous que le fruit ne vient iamais àbien quand \\ y a
vne mole coniointe, parce qu'elle attire à (oy vne partie du iaig ^ de la
nourriturr,ainri le fœrus langi.ilînnt c'cuientvn Auorton: i'ay neantmoins vcu
vne Dame à Dulfcldorp, laquelle étant enceinte & ayant eu au iepticmc mois
les doulcns de l'accouchement.ht vne mole de la giollcur^de laTeftc, Auncuf-
vicme elle fitvn hls qui a vécu iufqu'à 1 âge de 17. ans.
L'an iî99.ic fus demande Je Cologne pour voir la fille de Roger Groppers,à
laquelle ieiiray vn enfant qui étoit à termcjapres auoir été trois iours au tra-
uail : <Sc peu de iours après il fe prefcntavne m.ole laquelle ie tiray par pièces à
ilemipounic.
l'ay-aufii connu vnc Dame àEiibourg,laquclIe i'ay rraittc il y tt quatre ans
d'vnc
des Opérations de Chirurgie! 477
^vHf Sçîatîquc violenre qu'elle eue dans le trauail de raccouchcmcnt: clic m'a
récite qu'à chaque accouchement foc clic auoit quatre fris fort robuftcs ) clic
auoit aufli vendu vnemolcdcux ou troisheures après : c'cft vnc femme afîcs
robuftc, rcplette & fort ckarnut. Ohf. ^^. Cent. i.
OBSERVATION CXII.
D'vnc Mole aqueufe.
L'An 1604. vnc Dame de Berne , étant fur la fin du cinquième mois de fa
groilèllè,eat les douleurs de l'accouchement , & rendit ap/ es des grands
efFottSjpafsc dix liuies d'eau auec k membrane, ou elle êtoit enfermée, laquel-
le ctoit fort gluante : ayant été demandé, ie la trouuay fur le ficge ou on fiic
accoucher les femmes fort troublée & ému'ê,à laquelle les femmes qui ctoyent
autour vouloycnt donner vn médicament pour pouiTer le fruit,carelle croyoit
qucc'étoit fait d'elle s'il ne fortoit dehors : au contraire ie fus d'auis qu'on la
mit dedans le lit afin qu'elle rccouufa fcs forces : partant ie luy ordonnay vnc "
bonne façon de viure & quelques médicaments cordiaux , par ce moyen elle
fut remife au dcllus & porta fon fruit à terme»
l'en ay veu vn autre exemple en vnc mienne parente , laquelle croyant être
enceinte de quelques mois, & neantmoins ne fe ponant gueres bien, il arriua
qu'au foie étant iointe auec fon mari, qu'il fortit de la matrice auec impetuo-
fitc quantité d'eau vn peu gluante : le ventre s'abailfa incontinent & fe porte
bien à prefent, ayant eu quelques cnfans àisco. temps: Ohferti.)^.Cent.i,
OBSERVATION CXIÎI.
D'vne grande Mole & de la matrice attachée ah Peritoim.
MAdame D^bora Barel deMouldon auoit eu de grandes douleurs dema-
tricc deux ans durant : elle crut être enceinte au coramencemcnr , en
cfïct tous les fignes de grollèirc s'y rcncontroyent : mais quelques mois étants
pafscs elle commença à fc trouuer plus mal, les mammcllcs à flctiir , mais k
ventre augmentoitdeioureniour auec diminution d'appctit, & des douleurs
continuelles par tout le ventre, principalement au coftc droit & vis i vis du
rein gauche, qui êtoyent il violentes qu'elle pria Ton mari & les afliftans de
faire venir vn Médecin ou quelque Chirurgien qui ouniir l'abdomen &:
chafia ceshorriblcs & cruelles belles, car elle croyoit certainement qu'elle Cft
auoit au ycmrc: enfin ayant langui deux aiiscn cette mifcre, la febricule s'^taiM
Ooo 3
1
47 g Liurc Ciaquicmc |
fluv^mcntce, la nausée & les veilles, ne sctanc aufli ferui d'aucims remèdes , elle
dcûeda: lecoips ayant ccc ouuei t : on tioiiua i . en l'abdomen quantité d'eau
f nsblable à celle où on alauédela chair. 2. la matrice quis'éroicétendaed'v-
-n ^ , , . ' 5-,
aanclie croit entièrement pomii : 4. le Foyc ctoit tout rempli d'abfcés poiir-
lis , d; là vcnoic cctre cati que ron tioiiua dans l'abdomen : 5. la matiice
ayant été ouucite, il en foitit plus de fix Hures d'eau très puante mêlée auec du
puSj G, on y trouua vnc mole plus grollc que la te fie, inégale &: dure en ccntni-
nes places: or elle étoit h fort attactiécnon fcuLmcnt aux vaifieaux cotylcdoi^s,
mais au{îî de lapait quiiegarde le dos,qu'on ne peur poi.'.t l'en fcpirer qu'en
déchirant la matiice ti c- Ohfem.^y Cent-. 2.
£3
OBSERVATION CIV-
De l'extrada on d%n enfant mort.
VOusiçauc's comme Us Médecins (ont en horreur aux femmes qui font
dans le trauail , linon qu'vne extrême neceflicé les y obligcrde là ykm que
plufieurs meurent milcrablemenc fans Iccours, qui pourroyent ê:relauuérs Ci
elles fe feruoyent du confcil de perfonnes entendues : mais l'ij^norancc «3c la
rutticitédes fagcf:mmescn elt caule, qui font accroire aux femmes enceintes
que les Médecins n'ont point de cosoilïance de ce qui les concerne , & pour
cette caufe les Médecins mcprifcnt cette opération, qui eft la plus excellente &C
la plus neceiraire de toutes, afîauoir l'cxtradliion de i'enfanc mort : le ne parle
pas feulement des noftres , car il fe rencontre peu de Médecins par toute l'Al-
lemagne qui exercent cette opération, & plufieurs quilamcprifent comme fi
c'était contre l'honneur du Médecin flcquil fçaic la conformation des parties
de la génération Ôc de toute l'aiV.iire , te que les fagef:mmes ignorcntjde pien-
dre connoilTance de ce qui concerne les femmes, de loulager vue femme! dans
le trauail, & de la tirer des pattes delà moit: quant à vous qui m'aués veu exer-
cer cette opération, prenés gard^ de ne la pas reietter [car c'cdvn grand don
de Dieu, ] ayant par icelle , fauuc plufieurs femmes qui étoyent danslepetife!
voici vn exemple de l'excellence de cette opération. ■' '
La femme d'vn des premiers de cette ville étant enceinte pour la neuuiérti^
fois,ôc étant venue à terme, fut faific de douleurs de l'enfantement-on appelé
vne fijefemme qui fit tout fon potTiblc, mais en vniti : les douleurs étants. fore
augmeriiccs>)6<:lestiauauxde renfantemcnr, ma femme fut aufiTi demandée car
çlicrauoit dc-ja par deux fois deliurc de l'enfant morr,[apres auoir été abâ don-
née
des Opérations de Chiruigic. 47^
ncc êÎcs fagcfenimesjmais à l'aide de la main fans înftrnmcnts, ce qu'on ne put
pas faire pour ce coup : or comme elle vie que l'enfant écoir eutortilic dVn
étrange façon en rondA' que la tcrc s'appuyoir iur los il'.um gauche , elle fie
entendre aux afîiftants que l'accouchement feroit fort diirkiie, & que l'cnfanc
ne vicn droit pas en vie, partant elle luy fît donner des Cordiaux , & mettre des
epithemcs fur les poignets, oindre le ventre, (es paiti-.s gcnirilcs &z celles qui
font autour,auec dci hu) If s remollientes & reLîxantes,âpliquer vn fathetemol-
licnt fur le venrrr, mais tout cela ne fcruit de rien, car les douleurs 6c les ef-
forts augmcntoycnt tondours d'autaiu plus, de forte que Ks vailHa^x vm'oili-
caux forroyenr hors de la matrice Se que le fruit vînt à mourir: ic fus aufîi de-
mandé: on ne fçauroit s'imaginer en qu'elle foufrance ie la trouuay, de forte
qu'elle me prioit fans celle ai à mains iointes de luy ouurir le venri . :ie voliIus
attendre ce que fon mari & les femmes qui ctoycnt à l'enuiro*! diroyent là dcf-
fus, fçachmt qu'clLs ont en horreur le confeil des Médecins en ces -itnûes:
lis fe teurent Eous,mais elle crioit toujours plus fort que ie vinife à h fcction:
Or comme iefçauois qu'elle ctoirdangereufe& non neceifairc en cette ren-
contre , ie leur propolay la manière dont ie me fers pour tirer l'enfant mort
hors du ventre, laquelle incontinent fut acceptée de la malade & du mari &
des affîftants, qui me prièrent tous d'vn commun accord d'en faire rclfaypour
la tirer de cette mifere .• ma femme donc entreprend cette opération qu'elk
auoit exercé en ma preftnce à Laufannc, Payernc & ailleurs à diueifes fois, oi-
gnant derechef ccs^parties, Rappliquant le fichet chuid , puis ayant attire la
tefteaucc toute la diligence poffiblc vers l'oiifice de la matrice , elle âcrocha
le fommetde la tefte,& Dieu enuoya C\ bi:n fa bencdidiô, q î'che fut hearcufc-
mcnt deliuréc[auec admiration de tous ccax qui étoyenc prefentsjtant de l'en-
fant que de l'arrierefaii.- après l'opération , tout r?l{a li bien quMie fut remifc
en peu de temps : l'enfant ctoic tellement entortillé en rond, que ie,ne fçaurois
dccrirefa iîtuation, tout Cou corp?,'N: même la fa ;c, (ce que icn'ay iamais veu
en aucun autrej êcoic co.iuert d'vn certain limun gluant 6c épais de couleur
giifatre: Obfenmt. 63. Cent. 6.
OBSERVATION CXV.
*De la ReâuBion de renfant à fa fitHatîon naturelle en vne femme aui auoit
demeuré cint^ tours au trauatl.
L'An 1^17. i4.Nouembre vn Payfan me vint trouuer à Eifenbach au pays
de HclTen, oùi'eftois allé voir vn Gentil-homme , lequel me fit entendre
qu'vnc ficnne fille ctoit au trauail d'enfantement depuis cinq iours auec de
grandes douleurs, Icfquellesauoycnt cefsc depuis vint-quatre heures que l'en*
4i0 Liure Cinquicme
fanr êroîc de tTaucrs mort des le îour prccccknt, duquel va bras forroîc hot
de la matiice: ie luy nspicndre vne potion ccidiale,L- conllihay aulîl que l'oj
txhorra {oigncuicrneac la (agcfemmc, qu'elle rcpoulïâ haidimcnc le bras en V
iiciiation nacurclle , & qu'elle amena la tcfte vers 1 oriHcc de la matrice : o
qu'ayant faic,cllcâcouchahcureuremcnr vne heure après &: fut remife.* on voi
par là que l'cufanc eft ponlsc hois,non (culement par des remèdes appropries
mais aufli par ceux qui forciHent, ptiiicipalemcnc H on coirigc la ûiuaûoj
contre nature> OhferH. 45. Cent ^,
OBSERVATION CXVI.
De l étrange Jttuanon ^"uw ehfam dans la marricé,
IE veux raconter îcy vn exemple d'vn cnfanccmcnc (i dîtHcîb.qtic ni ma fem
me ni moy n'en auons iamais veu de iemblable , du grand noubrc de ceuj
qui Te font prefenccs : M-idame Elizabcth \^agncr étant cnreiure pour I;
TecondefoiS) & l'automne pafsé ayant demeure huit iouts au rrauail aucc di
grands tourments, d'vn enfant mort, qui ncantmotas croît à tcrm.\ ayant ctii
iin ctc abandonnée des fagcfemmcs, elle pria les aflîftants qu.^ l'on fit venir m.
femme, laquelle étant vers la malade enuiron les quatre heures du foir, clic i;
trouua cxtrcmentfoible: les douleurs de l'accouchement ctoycnt fort petites
elle auoit vne fièvre très ardente, tant à caufe de la longueur 5c violence de 1.
douleur & des veilles, qu'à caufe de quelques b.uuag s qu'on luy auoit donn<
pourpoufler l'enfant, qui ccoyenr composes dcchofcs chaudes S>c d vin paif
faotjfclon la coutume decclieurleseauxêtoyent iortiesdc> lecôn^-'nccmjut, i
caufe dequoy Tes parties étoyent tellement arides, fcch.s ôc rrlîcrréesqj a pén<
y pouuoiton fourrer les deux doigts : or elle commença la Cure en c^ttc fa
çon : en lieu de vin elle luy fit boirç du lait d amandes en q lautitc: clic l.iy ti
cha le vcutrc quictoit rellcrré auec vn Lauement; luy donna des potions cor
dialcs, ou cntroit la confection d'Aikermcs,mit d^s cpithcmes fui ks poignets
elle oignit tout le ventre, les cuilFcs, les lumbcs & l'os facrum .luec les parties
génitales, d'huyles & grailles anodyncs, cmollientes (3<: rclaxatiues, elle mi
chaudement vn fachet triangulaire fait de chofcs emollicntcs & relaxantes
qui couuroit tout le bas ventre & l'entrefellbn , s'étant frrui quelques heure
de CCS remèdes, & après s'être engraiisc la miin, ayant vo jIu Tiyauoir la fitua
tion de l'enfantjà pcnc peut-elle faire entrer le bout des doigts dans l'orifict
de la matrice, tant il eftoit reiferrc :k l'enfant coignc vers l'os puois ôc les par
rieSjà caufe des cfïôrts qui auoycnt précède : enfia après qu'elles curent vn pei
êcc élargies aucc grand pénc & induftric, & ayant fourre les doigts vn peu plu
auant, elle remarqua que l'enfant prcfcntoit ic5 reins ôc la main droite à l'ori
âc<l
des Opérations de chirurgie. j^ti
Ece : elle fit donc tous Ces eftbrts pour le rcdreflcr & mccrrc en vne autre po-
fturcque cette monftrueufc<^ rcnucrscc, tâchant d'amener la tcftc ou les pîc's
à l'orifice, mais ce fut en vain , tant les parties naturelles ctoyent rcfleiices:
elle ne voulut pourtant pas laiircrraffdirc, laquelle elle pouriliiuit gcncrcufc-
mcnt, ôc renouuelant les douleurs quand il luy fembloit à propos , en fin elle
futdcliuréc miraculeufefncnt auant la minuit; miraculcufement di-ie,car l'en-
fant f comme on aveu après lacouchementj êtoic tourne en cette façon : la
tefte & le col étoyent tellement ploycs fous le bras droit vers la cuillè droite,
qu'il auoit le vifage entre les fellcSjtants'ctoyentâlongis le dos & le col: la main
droite êtoit appuyée furie rein gauche, «S: la gauche fur le genoiiil du même
côté: la ianribe droite croiloit la gauche, 6c toutes deux étoyent courbées
vers la poitiine. Ohf, 64. Cem- 6.
OBSERVATION CXVII. '
1)6 l'extraElion de l'enfant mort dans le ventre,
LA femme de laques Clerc Dourgeois de Laufannejde délicate complcxion
& àcz conftitution fccht-, étant enceinte pour la neuvième fois & venue à
terme, ne pouuoit pourtant pas dcliurer , à canfc dequoy elle appela ma fem-
me , lac^uclle ayant reconnu par â^s figncs aifurés que l'enfant éroit mort,
y porta la main pour fçauoir comme il etoit firué; or la fituacion rtoit entière-
ment contre nature, car le ventre & les vailîèaux vmbilicauxf' qui étoyent tous
entortillés & comme eu vn pclotonjfe prefcntoyent à l'orifice : les pfés & la
tcfteétoycnttcllcmcnt tournes enarriere, qu'ils étoyentquafien vn : les dou-
leurs & les treu'. hées ctoyent fort grandes , mais elle etoit encor afsés forte:
luy ayant graifsé le ventre, les parties &: \çs cuillèsaucc huyle de'lis blancs,d*a-
mandes douces, grailFe de poule & d'oye: ayant aufîî oint la maiii auec le mê-
me onguent, elle la mie dan? la matrice, & tournant bellement i'enfant , elle
amena peu à peu la tell:c vers l'orifice de la matrice, par ce moyen elle l'amena
heurcufcment,mais mort ; la mcre fut bien-tôt remise , ôc fe porte bien à
prefcnf
OBSERVATION CXVIII.
Sur le même fiiiet.
A femme de Pierre Bellet Bourgeois de Laufannc afsés robufte, étant pour
4a tcoifiéme fois enceinte , fut iaific des douleurs de l'accouchf ment le i(î.
^Sl Liure Cinquième
Ncuembrciéii. les eaux fortircnt incontinent, les douleurs arriucrent fort
grandes &c fans donner aucun relâche : on Revenir plufieurs fagcfemmes, mais
en vain:ayantccéen fin afToibiic par la violence des douIeurs,qui durèrent neuf
iours, ma femme fut demandée au fccours, laquelle trouua cette miferable aux
extrémités, car à pêne Iny fcntoit-on le pouis,tant êtoyent abatues les forces à
caufc des grandes & continuelles douleurs : elle êtoit en grande inquiétude
lans pouuoir dormir , ayant vue foifinfatiable , ôc fréquemment des de-
faiilancesjà caufe que l'cnfanr croit à demi pourri:apres qu'elle eut fait le pro-
gnofuc,elle cntrcpiirainfi la Cure : premièrement elle luy lâcha le ventre,
qui ctoir reiTcrréj par vn lauement commun : puis elle luy donna vn lulep
cordi.d fait auecconfcclion d'Alkermes, eaux de canelle,borrache &c buglo-
fe , ôc comme Tes parties génitales ctoyent dclfechces &c rafroidies , C les eaux
étants forties dés le commencement qui rendent le palïàge glifîànt,^ elle y mit
chaudement vni'achcr, fait de racines, herbes, fleurs , & femences emollien-
tes & anodynes : elles oignit le ventre, les cuiiïcs, , l'os facrum & Tentrcc de
la matrice auec le linimcnt décrit en robfcruation précédente': en ayant auflî
engraifsé fa main, elle la mit doucement dans la marrice, pour fçauoir com-
me l'enfant étoitfîtué,lequel prcfcntoît les lumbes à l'orifice : latcfte&lcs
pies étoycnt rêuersés en haut contre le diaphragme,& les bras tendoiêt en bas,
de forte qu'ils ctoyent ioints vers l'os facrum,fortanishors le col de la matri-
ce , car les fagcfemmes luy auoyent tellement tiré les mains , que les bras en
ctoyent fort âlongis: les vaillèaux vmbilicaux faifoyent deux tours autour des
Cuilîès: l'Opération fut très difficile & bailla beaucoup de pêne , mais ncant-
jnoins elle rclifllc bien & fut toc acheuée : & quoy que l'enfant fut,commc
i'ay dit,à demi pourri, & fans doute ûc porté beaucoup de preiudice tantàla i
matrice qu'aux parties nobles par fon infedion , elle fut ncantmoins bien» tôt <
remife &c.
OBSERVATION CXIX.
Sur le ?nème fttiet.
LE p. Janvier 1613. il cft arriaé vnfemblablecas à Laufanne : la femme de
Ican Qj^ebcy âgée de 50. ans, de complcxion afsés délicate , portant fon
troificmc cnfant,il luy commença à fortir du fangdc la matrice & à l'ordinai-
re, le fixiéme mois de fa gLolTcfïè : mais comme elle ne fe fcruoit d'aucuns
remedei, le fang coula en plus grande abondance , ^ ncantmoins elle porta
(ce qui cft remarquable^ fon enfant à teime : ayant été laihc des douleurs de
l'cnfaurcmenr, qui furent très violentes, il luy furuint auflî vn vomiflcmcnt: le
fang fortuit en fi grande abondance , qu'aptes l'accouchement on le ramafla
fur
des Opérations de Chirurgie! 4^$
le plancher dans vn plat : cela Iiiy âbatic rcllemcnt les forccs,que tons les zC-
fiftants & la fagcfcmme crurent qu'il n'y auoic plus d'cfperance : fur cela l'on •
demanda ma femme, qui la trouua aux extrémités, auec des Tueurs froides par
tout le corps, les cxtremiccsaufli froides , & rcfpric tellement agité de trou-
blé qu'elle nauoit plus de connoilfance : or quoy que la mort fcmbla être
prochaine , toutesfois comme l'on obftruc parmi nous certc Loy Royale, par
laquelle il efi: défendu d'erifcuclir vue f-mme enceinte auantque l'on ait tire
le fruit hors de Ton ventre , les parents voulurent que ic filFe vn ellay, cepen-
dant qu'elle étoit en vie , de le tirer dehors : y ayant doncmisMa main,ic le
tiray aisément fans aucun inftrument : quoy que mort : la chofc rruflîtfibicn
que l'accouchée fut bien- tôt remife, auec admiration de tout le monde : cette
fituation étoit entièrement contre nature , le Foye vtcrin , [ce qui eft remar-
quable ] étant feparc de la matrice «^ui pendoit iiifqu'à l'orifice d'icclle, &
c'cft ccqui fit cette grande haîmoriha^ie qui luy ariiua dans les trauaux de
l'accouchement. Obferuation tirée de U refponce à U lettre de Monfeur Mi-
chel Doringius*
OBSERVATION CXX.
OUciuefiion , f "jne femme morte enceinte doit être enfettelie auec fan fruit.
QVelques vus croyent que c'eft vne chofe cruelle & inhumaine quand vn
Chirurgien ouure le ventre d'vne femme enceinte pour en tirer le fruit:
mais c'tll vne opinion abfurde, d'appeler cruelle vne perfonne fidèle: fi telle
forte de gents regnrdoyent bien à l'intention du Médecin , ils verroyent qu'il
n'y a rien de cruel en cette Opération, laquelle eft neccllàirc & licite , étant
même approuuce & établie par les Payens, ve» qu'elle procède d'vn véritable
mouuement de charité.
Or le Médecin & Chirurgien à double but en cette Opération , première-
ment de bien connoiftre la fituation de l'eiifint dans la matrice , car chacun
fçait combien il cil nece(îaire aux Médecins S>z Chirurgiens,^^ à tous ceux qui
ont exerce cette OperatioH,Jelabien connoiftre: &: comme il y en a plufieurs,
& par manière de dire vne infinité, [ i'en parle par expérience, ayant {\ fouuent
exercé cette Opération] de ficuations des enfants dans la matrice , nul ne peut
dcuenirparfaic Operateur s'il n'a pas ouuert le ventre d'vne femme après fa
mort ; & s'il n'a bien regardé de prés la firnarion de l'enfant : & ic ne puis
pas comprendre comme vn Médecin ou vn Chirurgien peut bien inftruire vne
fagcfcmme [ Icfquelles font rccciics par le Magitlrar, fans auoir examine Ci el-
les font capables de faire vne chuge fi importante & fi falutairc au genre hu-
main,] filuy même n'entend pas bicnraifairc.
Ppp 2.
4S4 Liure Cinquième
En feconcî lieu on ouiire le ventre d'vne f.rnmc pour confenicr l'enfant,
car il arriue fort fouacnr qu'vne femme enceinte vient à mourir fiibitcmentjdc
quelque maladie, comme d'ha^morihagie, défaillance, apoplexie, &:c. cepen-
dant l'enfant f quoy que foible , ôc n'ait pas la force de fe remuer dans la
matrice, tandis que la mère eft dans ragonie,^ peut viure quelque temps : l'an-
tiquité ayant confidctc ceci,a très- prudemment établi que la mère étant mor-
te, que l'on tireroit l'cfifant en faifant ouuerture du ventre , depeur qu'ils ne
pcrifîcntîous dnix en même temps. Les paroles de la Loy font telles : La Loy
Royale ne veut pas que Ton enfcuelilTe vnc femme enceinte qu'auparauant l'en-
fant n'ait été tire du ventre de fa merc par incilion: les lurifconfultcs non feu-
lement appelent cette Loy Royale par excellence, mais aufli parce qu'elle a été
établie par Numa Pompilius fécond Roy des Romains : laquelle il elle étoic
obferuée par tous les lieux où il y a des Chreftiens , on conferueroit fans dou-
te plufieurs petits enfants qui demeurent mâferablcmcnt étouffés dans le ven-
tre delà mcrc, & plufieurs pères & mères mcttroyent leur confcience en re-
pos, &c à bon droit l'authcur de la même Loy adioutc , celui qui fera au con-
traire,femble être coulpablc de la perte d'vne créature viuantc : A quel pro-
pos donc ofe t'-on appeler cette opération cruelle &: inhumaine, veuqu'ily a
plufieurs exemples d'er.fànts, qui ont été tirés viuants du ventre de leur merc
moi te ? Dans Valerius il y en a vn a Imirable d'vn Gorgius Epirotc , qui for-
tit du ventre de fa mcre comme on l'alloit enfeuelir , & par fon cri obligea
ceux qui portoyent la bière de s'arrcfter : ainfi peut'-on dire qu'vne femme
morte eft accouchée, &: que Gorgias a été porté au fcpulchre auant qu'tftrc
né: L'an 1597. le 14. luin entre la Daucntric & la Suthphanie , le mari & la
femme fuient pendus par des Efpjgnûls, la femme au bout de quatre heures fie
deu,xgLmfaux en vij toute mOite qu'cH<^ ctoic: on peut voir par ces hiftoires
que l'enfant ne meurt pis en méipe temps que la mère, mais qu'il peut demeu-
rer quelque temps en vie dans la it)a:rice&c. En la même Lettre.
OBSERVATION CXXl.
Que l'enfant peut demeurer ejuehjHe temps comme mort dans
la matrice.
L faut rcmarcucr qu vn enfant qui eft à terme, & le temps d'âcoucher étant
^ pio hain, fe repof; quelquefois vn iouroudcux fins aucun mouucment,cc
qui biillc opinion qu'il eft mort , en voici vn exemple : L'an 160 j. la femme
de Ican Schoer deMorat, ayant été fix iours dans de violentes douleurs d'en-
fantement, %L ne pouuant pas acçouchcr,quoy que l'enfant fut à terme & ro-
bufte qui faifoit des efforts pour fortir : k fus demandé pour le voir le fixiémc
4c
i
• des Opérations de Chirurgie. ^ îj
de Septembre : or qiioy qac la ficuarion de l'enfant ne fut pas entièrement con-
tre naturc('car la Tcftc ctoit qiiafi à l'enirce ci? la rratrice,/' neanrmoins Tes par-
ties ctoyent tellement rc({crrécs,qu'a peine y pojiioisie faire entrer ma maia :
c'ctoit vne femme de 3o-ans,dc conftitucion sèche 6c qui r.'auoic iamais fait dzs
enfants, parquoy icluy appHquay vn fachrt chaud fur le Vcntic faic de cbofes
emollientcs & relaxantes quelques heures durant, & luy oignis le Vcncic, Ics
parties, les cuiiFcs ik l'osiaciû auec vn onguent emollient:pour rappeler Icsfor-
ces,ic luy donnay de la confcâ:ion d'alkcrmcs dans vn peu d'eau de candie di-
ftillce fans vin :ie tâchay cependant auec toute la diligence poflibîe de conoî-re
fi l'enfant ctoit mort ou non : la malade de les femmes qui ctoycnt autour
croyoyent qu'il ctoit mort il y auoit 2 <j .heures ,6< moy m.cme i'ctois dans cet-
te opinion : premièrement, parce que le iour précèdent elle auoit eu vn grand
frilIon,(3<: des lors nielle ni les femmes qui l'alfiftoyent n'auoyeiit pu remar-
quer aucun mouuemcnt.-i. parce qu'elle alFuroit de fcntirvn certain froid au
bas du Ventre : 5. parce qu'après qu'on eut applique ce fachct Se qu'on luy eut
donne de la confc«5tiond'alkermes, elle ne l'auoic fcnti aucunement bouger,
ce qui pourtant arriue le plus fouuent quand l'enfant cft en vie : 4. parce que
l'on voyoit le fommet de la Tefte de l'enfant (lequel i'auois amené peu à peu
vers l'or^'^cc de la matri jc,] tout gangicné auec vnc certaine puanteur , mais
nous fumes tous trompcs,car contre nôtre efperancc, ie tiray l'enfant vif,mais fi
foiblc qu'àpcnc le psut'on remettrc:<fi eft-cc qa'il reprit vn peu Ces forces après
luy auoir donne de laconf(;<5lion d'alkermes dilfoute en eau de buglolfe & mis
furie cœur,les tempes &c narines : or comme les forces auoyent ctc cxtp/mc-
ment âbatucs à caufc des efforts qu'il auoit faifs,&: que la Tefte ctoit bo^iffie &
gangrenée pour auoir été extrêmement prcfséc tn l'orihce de la marii:e,ou il
auoit demeuré quelques iours , il mourut trois iouis après auoir rcjcu le bapté-
xne,mais la mère firt bien toft remife, ôcc. Ln la même lettre.
OBSERVATION CXXII.
lyvne femme k qui on a. arracha l'eufuntpoiirritpar incifion dn nomhr'tl.
EanncBarbet âgée de 4o.ans, du Village de Pagnoz au Comré de Rourgo-
^gne , femme robuftc &:a6tiue, étant enceinte de Ton li. enfant & venue aa
terme de l'accouchement , crut l'auoir heureux comme les piecedent:>. mais
au contraire elle vt dettes grandes douleurs , renfai:t qui ctoit picftàfortir
étant demeuré cmbarrafsé & tellement enfermé dans la matrice , qu'il ne fc
rcmuoitplus ni ne donnoit aucun indice de vie:ayant don^ cte trauailléc de
grandes & continuelles douleurs dés le J^.luin 1608. qui fut le premier iour
Ppp 3
1
4?,é: Liure Cinquième
t|',i'cUc rcrtèntit les douleurs de raccouchemcnt , iufqucs au premier OAobre
léco quifonci^. mois &demj, , ilparui peu à peu vnc grande douleur visa vis
du nombril ; ayant été demandé le dernier de Noucmbre , ic vis que la peau
ctoit déjà tâckce & vn peu cfîl.-uice à caufe deTos de l'épaule qui fe prcfcntoic
par la: or comme il étoit necellairc de fecourir la nature , ie fis vnc inci^on en
la pcau,aucôtc gauche du nombril,de la longueur de quatre doigts en tra-
uers, iufqu'ace que i'euffe rencontré l'cnfaut, qui étoictc-llem.ent corrompu &
pourri , qu'il n'y rciloit en quelques endroits que les os, entièrement déchar-
nés > on peut inférer de la que les parties molles, comme les intcftins & tous
les viilères intcrnes,s'écoyent conuertics en pus & écoyent (orties par la nature,
veu qu'on ne trouua point de chair,hormis quelques mufcles es bras , main^,
cuilîes<3cpiés qui étoyent tous liuides,pourris ôc rresfœtidcs: l'inciGon ayant
été faiccjcomme i'ay dit,ic tiray l'os du bras qui le prcfenroiclc premier, tout
déc harnc,fcc & détaché de l'épaule , failauc«n forte que ie tirois tous les iours
vn os après l'autre .-au bouc de huit iours i'arrachay le tronc qui,n'étoit pas
encor dcuelopé dcfes menibranes,quoy qu'elles fuifcnt toutes pourries, mais
palîant plus auant , ie trouuay le Crâne dénué de fou prricranc , lequel ayant
voulu tirer, il fe fepaia en cinq ou fîx pièces: routes les vertebies tant diT
dos que du col & deslumbes étoyent dénuées de chair 8c de ligimcncsS*: fe
trouuercnt toutes pcfle mrflc, comme auffi les codes ôc le fternum , les bras
ôc les iambes mêmes n'étoyent pas exemptes de cette poiurituie , quoy
qu'elle ne fut pas parucnuc iufqu'aux os,qui étoyent encor couucrts de chiir
à demi pourrie, & encor attaches au tronc du corps : A i iili ie fus oblige
de les couper par pièces ne les pouuanc tirer autrement : Ayant tout arra-
ché cet enfant , éc connoilfant par les os qu'il ne rcftoit plus tien dans le
corps , il falut pouruoir aux parties qui auoyent été miles eu vn mifcrablc
état parrenfant,5c toutes defchirées , alfauoir à la matrice,au péritoine , 5c
a4ix mufcles de l'cpigaftre , Se me fembla être ncccirairc de nettoyer cêc vice-
reprofond par des remèdes couuenables , comme par des inicdions deter-
fines , deficcatiucs & qui pouuoyent refifter à la pourriture : ie mr fuis donc
ferui heurcufemcnt de ces médicaments àés le commencement, tandis que
i'ay reconnu qu'il y auoit des marques de pourriture , laquelle ayant ccCsé,
ie me fuis ferui des farcocics & enfin i'ay fait venir la cicatrice : ce qui fut fait
en fi peu de iours , qtie la malade rccouura bien toft fa première fanté , Scc.
Oh/èruation communujute k l' Autheur par Maître lean Marchanàet Chirurgien à
Salins dans le Comté de Bourgogne.
OBSER-
des Opérations de Chirurgie, 487
OBSERVATION CXXIII.
Tfvn enfant mon quia été porté quatre ans dans le Ventre de U mère
^ & en a été tiré par incijïon,
L'An 1545.1a fcmmc'dc George Volczcr de Vienne en Auftnche,ayanteu déjà
quelques cnfants,conçeut cncor âgée de 15 ans. &: eut tous les fignes d'vne
véritable groirelîc àc fencit remuer l'enfant en ibii temps : les doul-cuis de l'ac-
couchement étants venuesjcllc fit venir fa mcrej vnc de fcs fœurs àc vne fagc
fcmme,laquelle étant ariiuée,qommanda que Ton tint tout preft : on mie la
malade furie hege,& futaduertie par I3 fage femme de faire fcs efforts pour
accoucher: enTepreHùntpar tiop,on enttndit vn bruit ou vn craquètement
a(sésfort qui fit croîic qu'il ctoit arriuê quelque chofe ou à la merc ou à l'en-
fent:quedu moins le Crâne s'étoitmis en pièces : dés ce bruit on ne^ntit plus
remuer l'enfant, 6i la mère commença dés lors à fe porter fort mal,à caufe de-
quoyonla remit au li*5t : cependant le laid: commença à accourir aux mam-
jTJcUes qui en fortoit goutte à goutte : or l'accouchement étant retarde & (t
prefentant tant plus de difficulté & moins d'efperance, on dit qu'il faloitappc-
kr plufieursfageKmmes mais il n'y en eut pas vne qui peut apporter aucun Ic-
cours à cette mikrable : il y en eut vne qui dit auec quelque fondement , que
l'on s'ctoit trop hâte & que l'os facrum n'étoit pas cncor afsés ouuerr , ainfi la
pauure malade palfa pluficurs femaines en langueur, ayant le Ventre fort enflé,
' dur auec flu.sfans que les douleurs Ceiralîcnt aucunement : ce qui l'obligea à
recourir au fecours de tout le monde indifféremment, de Dodes & ignorants
de luifs & deC-hrcftiens, &c. Elle palîà quatre ans en ces dccrellès (5c à demi
mortejiufqu'àran 1^49. le Ventre luy étant venu horriblement pcfant. Et ou-
tre ces calamités il furuint vn flus de matière corrompue par la matricc,qni
dura pendant ces quatre ans fans s'arrêter aucunement,quoy qu'il fut par fois
plus fort, par fois moindre : ayant demeuré fi longtemps en ces tourments,
enfin lanaiure par vn eftort , étant irritée en partie par l'acrimonie de ces ma-
tières en partie par la qjaniité ( cette vacaation par le bas ne pouuant pas fuf-
fice) fit vne ouueiture en la matrice vers le Hombril,ounrant l'abdomen en
pluficurs endroits quoy qu'il Toit bien muni : elle fe fit donc prcmicrcmcnt
l'an i548.par laquelle il fortit quantité d'humeur baueufe , purulente <3c fœtidc.-
quelques mois après cette ouuerture fut bouchée par le moyen de certains
cmplaftres'mais au mois de luin en i545).s'érant amafsé beaucoup d'impuretés J»
nature fit encor vn autre effort 2c vne nouuelle ouuerturc,prcs le lieu ou auoit
ctc l'autre» par ou clic challà abondamment de matière purulente : datu ce croB
4SÎ Liure Cinquième
il fc prefcncoit vn os,lequel chacun iiigcactre le rayon du bras gauchc:ccttc ou-
ucrîurcduraauiii quelques mois,par laquelle il loicoic ioufiours de cette ma-
tière aucc vn grand àbatemcnt de forces de la malade : comme on vit qu'elle
ctoit en grand danger on demanda trois Chirurgiens de la Cour,Sixtus Vuiert,
Paul Diilevuang &l^icrre Wintkler , qui voynns la difficulté de l'affaire, vou-
lurent que l'on appela qeelques M;:decins , qui furent lean Enzianer ôc Mic-
thias Cornax , Icfqucls ayants bien examine la malade , fcs forces (k toutes
les circuraftances , conclurent qu'en ces extrémités , il faloic venir aux
derniers remèdes : on délibéra doat de faire ouuerture du Ventre & on afll-
gna iour au dixième Nouembre 1549. auquel iour les Chirurgiens firent
la fcclion auec route la diligence polTiblc , laquelle commençoit des la
première ouuerture que la nature auoit fait au dellus du nombril,en dccendant
& (uiuanr le mufcle droit de la longueur d'vn demi pic «?t: deux pouces : l'inci-
hon ayant été faitr,les Chirurgien- le hàtcrcnc f à caufc de l'exticmepuanteury)
de tirer ce cjui étoit dans la matrice de laquelle on tira pièce à pièce vn enfant
mâle à demi pourri : toute la Tefte étoit brisée , les os du Crâne étants épars,
fans qu'il parut rien du Ccrueau> lequel auoit été conlumé de pourriiure: la
feélion ayant été faitejOn traittala malade comme il étoit nectllairc , fans que
dans l'opération elle eut aucune dcf2illânccj& par fucctffion de tempsellcfut
rcmi(e,ians qu'on ait fait aucune future, ni qu'il foit rcfté aucune ride au Ven-
tre/la matrice, l'abdomen ôc toutes fes parties ayants été parfaitement confoli-
dées,^ la matrice très bien rétablie , veii que les ordinaires [arureiit régulière-
mcntrce qui nous fit elpercr qu'elle pourroit encor auoir des enfants^commc en
effet elle conçeut vn an après 6c porta vn erfant mâle hcureuiem.cnt ôc bien
portant iufquesau i.dc luinij)!. quiétoit le iour qu'elle dcuoic accoucher , le-
quel étant venu & tout allant bien j l'enfant qui étoit robufte fe remuoit vi-
gourenfemcnt «3c faifoit desefforts pour fortir , la mcre en faifanr auHî de Ton
côté. mais il ne leruircnt de rien:partanton demanda Paul Diilouua;jgChirur-
gien,qui auoit fln'tl'ouuerrurc, lequel voyant le danger ou elle étoir,il voulut
audî queîefulfe appelé. Ayant tâté le Ventre de cette femme par tout, & re-
marquant que l'enfant étoit fortimais que la merc manquùirde forces, d'autre
côté que la cicatrice ou auoit été faite rouucrtuie,(embloic vouloir s'ouurir,«S:
qu'il ctoit impoflGblc que cette femme peut faire lcseff)its necellàircs.lcs muf-
cles de l'abdomen ayant été rendus foiblcs par la fedion , ic fus d'auis que l'on
en fit incontinent vne nouuellc:ce quimefortifîoit en mon opinion étoit que la
fente de la première feftion s'c:ant reiachée^elle paroiffoit moite Se tranfpaicte,
auec apparence que les lèvres de la cicatrice fc vouloycnt fepaier l'vnc de l'au-
?rcj& la malade confentoit déjà à mon âuis , mais ni fa mère ni fes fccurs ne le
•permirent pas .'cependant i'ordonnay quelques cordiaux &:merctiray , mais
étant reucnu quelque peu de temps .après, i'innftay fort & ferme qu'il étoit ne-
ccffaire de venir à la fedion,cc que lametc n'ayant voulu accorder,difanf qu'il
faloit
!
des Opcrstions de chirurgie; 48^
faloit tout remettre à Dieu,la malade mourut vers les x. heures du foir : immé-
diatement après Ton dccc's, le Chirurgien ojuric le Ventre, d'où on tira vn en-
fant mâle,à terme & bien parfait , mais mort : ObferHatlon tirée des oeunres de
Diornedes Co marins.
OBSERVATION CXXIV.
1)es difficultés ^nife rencontrent en CextraBion d'vn er.fant mort.
VOus voulcs que ie vous donne mon lentimentfur l'extraction d'vn enfanc
mort : mais ie ne veux plus rien donner au public touchant cette 0[jera-
tioujà caufc des grandes difficultés qui s'y rencontrent : car qiioy que ie l'aye
exercé plus de quarantefois demes propres mains,& ma femme plus de trente.
Il eft ce qu'il ne s'eft pas encor rencontré deux Opérations qui fe re(îèrr,bLnr,
ayant toufiours remarque quelque chofe de nouueau dans la licuatioii de l'en-
fant,quciquefoisen ladifpoiition de la maiiicc «Se les parties génitales, ou mê-
me de la femm.e qui étoit cntrauail , comme feroit'il donc pollible de réduire
vne chofc II embarafsce &iuicrte à tant de changement , àvne certaine mé-
thode î iVn luis aulTi rebute par le grand abus qui en pourroit venir fi ces
Ignorants Charlatans en auoycnt quelque connoillnnce , car des gens de telle
farine, qtioy qu'ils ne comprennent pas l'intention de l'Authcur, s'imaginent
neantmoins de comprendre tout paifaitcment & ainfi ils ne rougiiîont point
de faire leurs expériences en ce cas,au(]i bien qu'es autres,aux d.fpcnds de ceux
qu'ils tucnt:ce qui cil ariiué à Laulanne «5c à Payerne : deux Charlatans avants
cruellement traite !k tue deux femmes qui ctoycnt au trauail, voulants fuiare
ma method, laquelle ils ne conoilîbyent que par ouyr dire,car ils ne m'auoyent
iamais veu opérer. Il faut donc qu'vn Médecin Rationcl l'apnrennejnon tant
de la kâ:urc des Authcms que de l'inlpcdion : cependant vo js vons'donncrcs
garde tant qu'il fera pciTihlejfi l'enfant le prefentc entièrement contre nature
iic à rcbours,nirauoir les pics les premicrs,de ne le pas tirer par la, comme enf<.i-
gne Parc Hure 24. chapitre }5» après Franco en (on liure desHvrnics chapitre
84.maisil faut an contraire faire tous vos erforts en tâchant d'auoir la Tcftc.
2. Vous vous gardcrcsbien an(ïî de vous feruir (^cs crochets qui font reprefcn-
tés dans Ican André de la Crois & aillieurs, car le Mcde'in doit tenir pour fuA
ped en telles Opérations tout ce qui ell crochu & point u:le crochet donc doit
ctre rebouché & fans poinre , afin que fi d'auenrure il venoit à échapper du
trou ou on l'auroit accroché , il ne puilL- point oftlnccr la marrice.lequtl doit
po.tcr auec foy vn dcfenfeur , &:c. Tirée de l'èpitre ^ Aionfr. Tanl Crocne-
rits.
4^0 Liure Cinquième
OBSERVATION GXXV.
D^vne retentUn de faniefaù mortelle,
LE 16. Fevricii^o^. la femme de Monficur Samuel Wcis Commi(ïàire Ge-
neral à Berne, accoucha hcureufemenc d'vne fille à huitfheures du matin:
le (âng fortitbien en abondance après l'accouchementjmais Tarriefais demeu-
ra . lequel n'ayant pas été tiré par la fage femme, on luy donna plufieurs mé-
dicaments pour le pouffer dehors & tous chauds , comme decoûum fabinae,
pulcgij, rut£e,ariftoloch.^c. Mais qui ne feruitent de rien, car il demeu-
ra en ia matrice iufqucs au dixhuiticme de ce mois, que la nature le poufia
hors d'elle même vers les dix heures du foir , mais tout pourri & puant : ayant
été demandé auec le DoAeur Paul Lentulus Médecin de la Ville , nouslatrou-
uamesen vne fièvre continue & très ardente auec défaiHance, oppreffiondc
poitrine , veilles &c inquiétudes, fi grandes, qu'elle ne peut prendre aucun re-
pos des que les douleurs de l'enfantement commencèrent : or quoy quclai-
riefais fut forti tout entier 1 s'ilfaut croire au rapport des affiftans, ncant-
moins il découloit à Tordinaire par les parties , vue matière fcmblable à du
fang corrompu & pourri , mais fi puante qu'cllejînfcétoit toute la chambre,
laquelle matière & puanteur marquoyent qu'il y auoit quelque corruption
interne : il y auoit outre cela vn flus de Ventre qui venoit aflurcmenr d'vnc
imbécillité de la faculté retentricc : Nous combatimes les accidents auec la
diligence pofîible, de forte qu'il fembloit que tout étoit en alîurance 1 roais
nous fufmes trompés en nôtre opinion , car le quatrième iour de Mars qui
ctoit le dixfeptiéme de la maladie , ayant eu quelque peu de repos la nuit
précédente, & ayant pris vn bouillon & bu vn coup vers les fept heures du
niatln,^^ ayant difcouru auec moyquafi vue heure entière de fa maladie, de
Ces enfants ôc des affaires domcftiques , elle commanda à Tes feruantcs de fai-
re le li£t , kfquclles l'ayants leué & mis fur vn fiegc , elle tomba en défail-
lance & mourut incontinent après, auant que i'y tulîc peu accourir de la
chambre proche : il feroitdoncà fouhaicer que les fage femmes eullcnt cet-
te addiclfe de tirer Tarriefais auec la main ( ce qui Ce peut faire aisément &
fans danger, comme l'expérience me l'a fait voir J auant que l'orifice de la
matrice (c ferme •• car bien fouiienr les femmes perdent tellement leurs for-
ces dan§lc trauail qu'il ne leur en refte point pour poulïèr rarriefais,princi-
palcment quand elles font vne perte : car l'auortement , dit Hippocrate,
«lonnc plus de pêne que raccouchcmcut , & ne fc fait pas fans danger foie
qu'il
des Opérations âc Chirurgie. 49i
qu'il arriuc pat quelque mcdicame«t > Cok par quelque autre caufc : car
comme les pommes meures combcnc d'elles mêmes de l'arbre , & quelles
ne fe feparent que diâficilcment de leur qu'eue quand elles font cncor vertes:
Ainû arriuct'il de l'arriercfais > qui fe fcpare aisément d'auec les yailTèaux de U
matrice.aufqucls il et oit attache par le moyen des cotylédons , quand l'enfant
cA à terme : mais en l'auortcment ôc quand l'enfant n'cft pas cncor parfai , il
ne fe détache que par vu grand etfort. En U lettre écrite au DoEieur Michel
Doringtus.
OBSERVATION CXXVI.
De la manière de tirer l'arriercfais.
ON tire l'arriercfais après l'enfantement en deux façons, allauoirdc U
main 6c pat médicaments .' quant à ceux ci^H la nature ne rcueille pas leur
vertu & neleut faitproduire leur effet , ils ne font rien: car quand la nature
manque , le Médecin trauaille en vain,& ne fert de rien de donner àts mé-
dicaments, outre qu'il faut du temps auant que la nature , qui a été abba-
tue par lcse|fortsprcccdents,ait pris des nouuelles forces : cependant l'otift-
ce de la matrice fe rclferre 6c fe ferme, & l'arriercfais fe corrompt,qui infe(Stc
par fa pourriture les parties voifines 6c détruit toufiours d'auantage les for-
ces : D'auantage les médicaments qui challènc l'enfant mort & l'arrierc-
fais, font tous fort chauds , excepté vn petit nombre de ceux qui agilîcnt par
vnc qualité occulte : aiufi en échauftàns les parties internes, ils caufcnt fic-
rres , veilles , inquiétudes S<. autres accidents, qui font fuiuià le plus fouuent
de la mort : il vaut donc mieux fe feruir de la main, 6c incontinent après
l'enfantement, auant que l'orifice de la matrice foit fermé : mais il faut que
le Chirurgien ou la fagcfemme foycnt prudents en cette Opération , S>c qu'ea
lieu de l'arriercfais ils ne tirent &c arrachent la matrice , comme cela eft arri-
ué il y a quelques annéiau pays bas,6c l'année pafsce à Cologne : partant Tcx-
horte les Magiftrats,aufqucis Dieu a commis la faute de leurs fuie ts, de ne
permettre pas que les Chirurgiens ou fagcfemmcs exercent des Opéra-
tions de fi grande importance , qu'ils n'ayent auparaiiant été examinés par
des habiles Médecins hc fur tout vciscs en cette Opération : Eh U mime
lettre.
03 q 1
4^1 LiurcCinquiéme
OBSERVATION CXXVII.
• De U mort d'vne femme en facconchetnent à caufe £vn
fchirre en ht Matrice.
L'An i6iJ.!a femme de Monfieur André Morge, Gardien du Château de
Mons, qui eft au pic du Mdhc lura fur le Lac Lcman,ctanc enceinte de fon
cinquième cnfinryS<: fur la fin du ncufviéme mois, fut laifie des douleurs de
l'accouchement le Z4. Mars à dix heures du matin , ayant bien dinc félon fa
couftume : les femmes qui auoycntcrc autour m'ont rapporte que les douleurs
auoycnt ccc fi violentes, &r le mouucment de l'enfant (1 extraordinaire , qu'on
n'en aiamais veude fernblable': ce qui luy abbatit incontinent toutes les for-
ceSjfur les trois heures après midi il furuint des défaillances accompagnées de
grands friirons, y ayant apprfrence que l'enfant mourut en ce temps:car les dou-
leurs & lesellorts pour accoucher celfcrent dés ce moment , & l'enfant ne (c
remuoit plus : ayant écé demandé , i'y arriuay à xi. heures de la nuit &: la trou-
liai quafi fans pouls , ks extrémités fioidcs aucc vne fueur froide par tout le
corps , le bras droit de l'enfant, forrant hors de la nature , ce qui me fie prédire
que la mort n'étoit pas éloignée : or pour ne rendre pas odieufe & fufpedtc la
manière qui rn'cft vfitce pour tirer l'erfant hors du ventrc,de laquelle ie me fuis
ferui h;uieufcmait en pluficurs femmes que l'on tenoit pour defefperées , ie ne
voulus pas y mettre la main : neam moins étant ému par les prières des alîîftans
èc de la maladc-jie luy donnay vh peu de confcdlion d'alkermesdilîoute en eau
decanelle<5c vinren après ie mislur les paities honteufcs, quiêcoycnt froides
& comme sèches ( car il n'en lortoif pas vne goutte de fang ou d humidité^
vn fachït de racincs,hcib-S.flcurSj& fzmenccs cmollienlc5,& cngrailîàyle bas
du Ventre,lc-s cuillcs, l'os facrum, ^<. les parties auec vn ongucn': emollicnt , &
en ayant auiri oint ma main, ic voulus fçauoir cotrme l'enfant ctoir fîrué, le-
quel quoy qu'il fut entièrement contre nature : l- bras droit lortan' hors du
col de la matrice , i'ameiîay néanmoins la Telle qui pcnchoit furla poitrine,
(après auoir cngiaifsé & douctr.^vnt fait rmtrer le brrs de l'enfant J vers l'ori-^
ficedela mat:ije : mais comme ircUe^ils: le col ctoycnt tellement fermés &
relFcrré.S'^uc ma main ne pouuoit pas enc'urcr la comprcflion, ie fus oblige de
quicrcrbefogne,!; brr.s tomba derechef incontinent de luy m,éme,& le iour
kiiuant elle mourut enuiion ks x.h.ures du ir^aiin.
Eftant cftonné qu'vne femme qui fe portoit fi bien fut fi toO: emportée , ic
conkillay que l'o!) fitouuerture du corps pour apprendre la caule de la mort:
ic Ventre donc ayant été ouuerr,on tiouua la cauiié d'iccluy toute remplie d'vn
^lîTg fercux, car par la grandeur de la doukur & la violence eu mouucment
âei Opérations de Chirnrgic. 495
de rcnfanr,il s'ctoit rompu quelques vcfncs dans le Foyc, comme aufli vers l'os
facrum , de forte que Ton ne peut pas douter que cette cftufion de fang n'ait
êtc caufe de la mort : or l'enfant auoit cette pofture, la tcte êtoit tout proche
du col de la matrice : le bras droit , qui ctoit tout liuidc pcndoit hors d'iccl-
le .' lescuilfcs & la tctcccoycnt tellement courbées contre la poitrine, que les
pics fc rencontroyent au haut de la tcte : le bras gauche repofoit en telle fa-
çon fur l'hypochondre droit, qu'il cmbrairoit les cuilFes vers le iarrct: l'enfant
ayant été tiré dehors , ic trouuay vn fchirrc trcs-dur de la grollcur de la tcte
d'vn enfant, lequel n'étoit pas fimplcment attaché à la matrice , mais le corps
même ôc fubftance d'iccUe étoit conuerti en fchirre : or on ne fçauroit dou-
ter qu'iceluy n'ait été la caufe de la mort , veu qu'il rclîèrroit tellement la ma-
trice,qu'ellenc pût pas s'étendre fuffilamment au temps de l'accouchement;
&: comme le fruit étoit à terme & robufte , il s'agita tellement qu'il rompit
des veines & caufa-^ette ha;morrhagie. Obferuation tirée delà Refponce de l'au-
thenr au D. Alichel Doringius.
OBSERVATION CXXVIII.
De la rupture de la matrice en l^nfanternent.
LE z. Avril 15P}» le fis dilïèdion à Cologne de la femme d'vn Orfèvre qui
mourut en l'accouchement : on trouua que la matrice étoit déchirée par
les efforts de l'enfant, fa tête étant entrccpari'ouuerture dans la cauité du ven-
tre, laquelle étant vne partie nerueufe, s'ctoit reiîerréc autour du col de l'en-
fant qui en fut étouffé : la mère auoit demeuré onze iours tous entiers dans les
trauauxde l'accouchement, ayant demandé des fagcfemmestSc moy , auaut le
iour de fon decés, mais en vain , l'enfant étant mort long-temps auparauanr,
n'y ayant que le fcul bras gauche dans la matrice , qui fortoit dehors.
Vne fagcf.mmc m'a raconté quelque rempsapres, que cette femme auoit le
col de la matrice extrêmement (erre & étroir,cc qui fut caufe que le fruit étarK
deuenu grand, ne peur pas trouuer ilKie par ce petit pallàgciquoy qu'il fut fort
robuftc: or elle étoii ainfi relîèrrée en partie de fon naturel, en paitic par l'acte,
car elle auoit 37. ans, 3<: n'auoit iamaiscu aucun cnf-uit : outre qu'vne certaf*
ne femme luy auoit donné vn bruuage cxrrémement violent pour pou(lèr le
fruit, qui augmenta & renoiiuela fi fort les douleurs, tk le fruit en fut telle-
ment ému, que cerchant de lortir auec impetuofité5& trouuant le pallage trop
étroit, il déchira la matrice : on voit par là qu'il ne faut pas fc feruir de ces
remèdes qu'auec prudence & délibération : mais auparauanc il faut re-
garder fi le pal^ige eft bien difposé , Si fi l'enfant eft en vne dcii^firuacion,
autrement fi le conduit cft reflTcrré, il le faudra dilater & ramollir auant que
Q^q 3
I
49 4 Liurc Cinquième
donner vu tel bruuâgc : que fi l'enfant cil en traucrs, ou obliquement , ou en
quclqu'antLc pofture contre natiire> alors il le faut mettre en vnc bonne aflîetc
après auoir cngraifsc les mains aucc huylc de lis blancs , ou d'amendes douces
Scc.Ohferu. é^.Cem.i.
OBSERVATION CXXIX.
*De CampHtation du bras.
IL y a quelques années qu'il mefalut couper le bras droit, proche l'aiirdlc à
/n Gentil-homme, à caufe d'vne faignée qui auoit été mal faite, qui lie ve-
nir la gangrené : comme donc i'accommodois le bras du malade qui ctoit
fur vn fiége, &c que ie liois pour faire plus commodémcot l'incifion : le ma-
lade fqui ctoit extrêmement foiblc,car il releuoie d'vne grande maladie^tora-
ba en vue fi grande défaillance > que Ton crut qu'il s'en alloit mourir , ayant
donc coupé incontinent toutes les ligatures & les bandes, & l'ayant couché à
terre, il rcuintapresà foy : mais comme on ne pouuoic pas renuoyer d'a-
uantagc l'Opération fans danger delà vie , à caufe de la gangrené qui glilïoic
toufiours, nous demeurâmes d'accord le Dottcur Dunus & moy, de faire l'in-
cifioii le iour fuiuant : ie difpofay &c âiuftay fon lit en telle forte que tout (on
corps éroit mollement couché fur le dos, n'y ayant que le bras qui étoit éten-
du à côté& attaché comme il faloitrainfi l'opcration rciilîlt fi heureufement,
qu'il n'eut pas la moindre défaillance : Af*, traité de ULithotomie.
OBSERVATION CXXX.
De t Amputation de la iambe.
VNieune Allemand vint àGencuc en 1585?» ayant la gangrène aux deux
iambes : ayant été rcceu ï l'Hofpitaljil fut mis entre les mains de Maiftrc
lean Griffon & les miennes : nous luy coupâmes les deux iambes prés le gc-
noiiil en prefence de Meflîeurs lean Antoine Sarrazin , Marc Oifrcdi & Efayc
Colladon Médecins , & acKeuames heureufement la Cure : fur le commence-
ment du mois d'Auril, & fix femaincs après laguerilon , comme il attendoit
vn temps propre pour voyager , il fut faifi d'vne fièvre continue , douleur &
ttenchécs de ventre, & enfin de Dyfenterie, de laquelle il fut impofliblc de le
guérir.
Ces Médecins rapportèrent la caufe d'vne fi grande maladie,à vn reflus du
fane vers le Fovc.-car comme c'étoit tn ieune home plcthorique,qui en la faifon
du
des Opérations de Chirurgie. 495
du printemps auoic amafsc quantité dcfang , icclui s'alla rendre aux cuiflfcs,
comme auparauant,pour leur nourriture, & trouuant les pal^gcs & les con-
duits fermes, il regorgea impetueufcmcnt vers le Foyc & la véne cauc , où il
fit premièrement inflammation, 6c en fuite les autres accidents. Ohfern.ioo.
Cent' i<
■O
OBSERVATION CXXXI.
1)es faujfcs imaginations <jm viennent à ceux auftjuels on a coHpé
^Hel^tie membre,
LA force de l'imagination & du fens cômun cft grande, qui reprefcntcnt des
obi€ts,qui ne font plus il y a longtemps, comme s'ils ctoyentprefents: i'en
ay vcu vn exemple il n'y a que dix iours, en vn Miniftrc âge de 70. ans, auquel
comme on eut coupe la iambe à cau(c de la gangrené qu'il auoit au pic, à pê-
ne fut-il mis au lit , qu'il commençai fe plaindre d'ync extrême douleur au
gros orteiiil du pic qu'il n'auoit plusj &,cc quieft le plus admirable , il mar-
quoit auec les doigts au pic du lit, le lieu ou il auoit accoutume auparauant de
le repofcr, afin que ceux qui ctoycnt auprès de luy le crulfent mieux , ceci eft
d'autant plus remarquable, que non feulement ce doigt croit ôtc,mais que l'on
venoit de luy couper tout fraîchement la iambe &c. Obferu. 14. Cent. 3. corn-
mumcfuée pAr le T)oEl. Michel Doringins,
OBSERVATION CXXXU.
Sur le même fniet.
IL ne faut pas s'étonner fi ceux à qui on aoté quelque membre confiderable
comme vn bras*ou vnc iambe, quand il y a douleur, inflammation ou quel-
qu'autre accident dans le tronc, croyent qu'ils onc mal aux doigts,pié ou main,
car cela arriue à tous ceux à qui on a coupé quelqu'vn de ct^ membres , ven
que l'efprit qui porte lefenriment par les nerfs , reprefcnte ccluy de la partie
qui a efté coupée, fur laquelle il auoit accourt umé de décendre ; or comn^e
il ne peur pas dccendre plus bas, il rebroufiè dés le tronc iufqu'au ic\\% com-
mun, où il produit cette faulTc imagination : mais elle vient rarement quand
la Cure eft acheuée : l'ay veu neantmoins en certain laques Denis de
Payernc , auquel i'auois coupe la iambe prés le genoiiil , qui fe plaignoit
de grandes douleurs au talon & doigtidu pié , difant tantôt qu'il auoit froid
en ce pic y uncôc qu'il y auoic trop chaud > nou feulement quand il
^96 Liure Cinquième
foiiffroît des douleurs au tronc , mais aufli la Cure ayant ccéparaclience : car il
alîliradcux mois après qu'il aiioit fouacnc opinion d'auoir mal au pic,talon ou
iambe: mais ccqiù cil encorplus remarquable, (ur la fin de la Cure comme
il fut incite à (on rcueil de Ce décharger le ventre, il difputoit à part foy s'il y
pourroic aller tout feul, Se s'il auoit les deux iambes : enfin ayant conclu qu'il
ncluyen manquoit point, il clFaya de fortir du lia: , maisil fetrompabieii
grofliercment, caAétant tombe par terre, il fe blelTà grandement le tronc : or
cette imagination ne luy venoit point de phrenefie ni d'efgarement d'cfprir,
car ilfeportoit fort bien en ce temps là , n'ayant n'y fièvre ni douleur : il en
faut doncrapportcu lacjaufcà ce que nousaaons dit ci-dciîus -y Q^e fi on veut
ctre d'auantagc éclaire», il faut lire le Traite des Arquebufades de Monficur
Laurent loubert: il me fuffic d'auertir icy les apprentifs qu'ils ayent à être vigi-
lants auprès de leurs malades, de pcnirque venants à cntr'ouurir le Tronc, ils
n'attirent quelque hxmorrhagie ou vue grande douleur, comme celu cft arri-
ué à Granche prés de l^ayerne, en vn homme de 6o- ans , auquel ayant coupé
le bras gauche vers le coude, àcaufc d'vne grande contufion 6c fracas dçs os,
trois iours après en mon abfeace , f ne croyant point qu'on luy eût coupé le
bras,J le voulant étendre, Sc empoigner quelque chofe de la main , vnc vénc
s'ouurit, d'où il furuinc vne grande ha:morihagie , laquelle luy abbacit telle-
ment les forces qu'il en mourut peu de iours après , Obf. 15. CefJt. 5.
OBSERVATION CXXXIU.
Du lieu &de/a manière de faire l Amputation d''Mn memWe
/phacelc.
A Vaut que parler du lieu ou l'amputation fe doit faire , il faut conhderer
auparauant qu'elle partie doit être coûtée; car ii le fphacele c(l au pic
ou en la iambc,il faut faire l'opération quatre ou cinq doigts au dciïuusdu gc-
noiiil, alfauoir fous le iarret, car qiroy que le Chirurgien doiue , aut."int qu'il
luy eft poflible, tenir le corps en Ton entier , neantmoins on ne peut pasflure
l'incifion ailleurs que prés le genouil, vcu qu'ainfi le malade le llruiia plus ai-
sément de la iambe de bois, & marchera auec plus dcf.imcté, autrement le
rcftc du tronc de la iambe ne lert que d'empêchement, de lorte que , comme
dit Paré liu. n. chip. 19. quelques vns le>Njnt exposés à vn fécond danger, 8C
ont été obligés de fefaire couperle rcfte prés leia.ret : que Ci le Iph-acele paf-
fe le genouil,il ne faut couper que le moins qu'il iVralpoffible de ce qui eft en-
tier, premieremcnt,parce que l'opération eft d'autant plasdangti-ciife, que plus
elle approche du tronc du corps,à caufc de lagrorf-ur des véncs te aiteres : en
fccond lieu, parce qu'on a de la pêne à âiufter la iambe de boi>ifi la cuilFe a ctc
coiipcc
des Opérations de chirurgie. 497
coupcc delFus le gciioiiil: il faut dire le mcmc de la main,cn laquelle l'ope latiou
fc fait commodément prés le poignet, pour confcruer du bras autant qu'il en
faut, & y attacher & âiuftcr vue main de fer.
Or ie veux icy aduertir les Chirurgiens Radoucis , qu'ils n'aycnt pas à fui-
iirc la méthode de ceux [ finon que l'on y foie oblige par vue grande necefli-
tc, ] qui voulants couper vue main ou des doigts , mettent le membre fur vn
hanCiSc ayans pose vne coignce ou cifcau de Charpentier , & donnants vn
coupdemaillet, coupent en même temps & lachaiiÂ: les os: car cette opéra-
tion eft très violente & cruelle, indigne d'vn Chirurgien Rationcl, & entière-
ment dangcreufe pour le malade, à caufe des grands accidents qui en peuucnc
arriuer.'.vcu que non feulement on meurtiit extrêmement les parties ncruenfcs
& les mufculcufeSjmais aufli on fend le plus fouuenc les os iu(qu'à la première
iointure, & quoy qu'il n'ayent aucun fentiment , neantmoins ilfuruientde
tres.grandes douleurs à caufe du periofte, des inquiétudes, veilles , inflamma-
tion, conuulfions &c autres accidents très mauuais , & quelquefois la gangre-
né y vient de nouueau, qui emporte le malade : & quand bien ces accidents
ne furuiendroyent pai tous , h cd ce que l'vlcere ne fe cicariifcra qu'à grand
peinCià caufe du graiid fracas des os qui demeurent cpars dans la chair des muC-
cles, ik attaches au pciioftc, Icfquels la nature chaile en fin peu à peu , dcq^ioy
ic veux amener icy vn exemple.
L'an 1578. vn ieun' homme prés deNoliis en rEucfche de Cologne , ayant
eu la main gauch- fracafséc d'vn coup demoufquet, fe mit entre les mains de
M*^. N. Clout Baibier du lieu : ictluy ( à rimiration de Léonard Botallus )
ayant posé la mûin fur vn banc, mit vne coignée de laquelle on Coupe le bois,
à l'endroit delà partie qui deuoitétre coupée: puisayantchoilîvn homme cou-
rageux, il luy fit donner vn grand coup de malTuë lur le dos de la hach.,ce qui
xcliiîitfi bien, que la main fut emportée du premier coup:il y eut au commen-
cement de nes-grandcs douleurs, &c les autres accidents que i'ay raconté ci-
dcllùs, il êdiippa neantmoins long- temps après, mais ayant fouft'ert des extrê-
mes douleurs: or l'vlcere (ecicatrifaauec vne extrême pêne, à caufe de la quan-
tité des fragments d'os qui le trauailloyent tous les mois, ôc donnoyent de U
nouuelle fâcherie au malade.
On peut voir par là , corribien ell abfurde la manière de couper les mem-
bres, que propole Skenckius en fcs Obferuations liu. 5. pag.791. qu'il a tire
du traité de Botallus des playes d'Arquebufe : Il faut apporter , dit il, plus de
foin à couper des grands membres, que fi ce n'croit qu'vn doigt , car on le re-
trcnche aisément, le mettantiur vn banc auec vn peu de cotton delfous , puis
il faut pofcr dtlîus vn inftrument rrcnchanr, que l'on frapc d'vn coup de mar-
teau , comme on fait vn coin de bois , afin que l'Opération fc falïè tout d'y»
coup.
3Mais on a inucntc vne autre manière de couper les grands membres » alTa-
Rrr
49^ Liure Cinquicrac
Moir deux larges couftcaux, dcfquels on met l'vn entre dcuxcoîomnfs de bois,
attache à vn tronc immobile, duquel le trcnchanr regarde en haut , l'autre cft
mis dclfus entre ces deux colomnes , en forte que les deux trcnchants vien-
nent exactement àfc rencontrer, & pour empêcher que celui de dclFus ne tom-
be, il cft .ietenu par vne raye qui cft faite aux deux colomnes , afin qu'il puillc
aiscm cnt dccendre de haut en bas , fans aller de coftc ni d'autre : &c afin qu'en
tombant il coupe le membre net par fa pcfmteur, on le charge de plomb , ou
bien on le frappe <i\a grand coup de mailler, afin que l'œuurc fe falfed'vn feul
coup, mais la chofc va mieux h le couteau tombe comme cet inftrumcnt du-
quel on bat je pauc: or cette manière eft bien plus airurce,plus prompte & plus
aisée que celle qui fe fait par la fçie, car clic necaufe point de douleur, de for-
te que Maiftre laq. Cognomine Chirurgien du Roy, homme très expérimen-
té en fon art, alfure qu'il y en a encor qui font, viuants, aufquels il a coupé les
iambesauec cctinftrument,qui croyoycnt qu'il leur ctoit tombé vne ctiticel-
Ic de feu fur laiambe quand on coupa le membre , ce qui ne peut arriuer que'
par la grande promptitude de l'inftrumenr, la neccflîtc de laquelle ne peut cttc
comprife que par l'ouuricr, Se par celui qui a piCsc ce mauuais pas : car outre
que la douleur cft quafi momentanée, le Maiftre peut auflfi boucher en vn mo-
ment l'artère & la vcne, ce qui n'eft pas de petite importance : car entre ceux
qui meurent après l'opération, le nombre eft plus grai7d de ceux à qui cela ar-
riue à caufe de l'hcemorrhagic que par aucune autre, car tandis que l'on coupe
les os auec la Sçi", [outre qnc celle-ci offenfc & déchire quantité de parties
nerueufes que leRafoir auoît laifsc,)le fang fort cependant. fans celTc des véncs
& des arrcres qui ont été coupées, ce qui fait qucie ne puis de moins que de
défaprouer la Scie , &c au contraire loiier Se recommander ces couftcaux,
mais ceux qui font difficulté de fe feiuir des chofes qu'ils n'ont pas âcoûtumé,
ou parpruden e, oupar ftupidité ôc ignorance de l'art , ne manquent point
d'opj-ofer ou le fracas des Oi,ou lameurtiiiïèurede la chair , ou la cruauté de
l'opération : mais on peut dire qu'il n'y en a poiijt,fionla compare auec cel-
le qui fe fait par la Scie, car il ne (c fait point de contufion Ci le trench ant don-
ne bien à propos, il ne faut auffi faire aucun état du fracas des os, vcu que l'on
tire aisément les fragments, ou bien la nature les chaflè : quand donc on veut
faire l'opération de cette façon , il faut auc^ir des fers chaud tous prêts : il
faut mettre des rcpercuflîfs>fiux aines ôc auxaillelles, boucher les oreilles , dé-
tourner 1rs yeux & lier le membre, comme i'ay dit, puis le mettre entre les
deux colomnes, en telle forte que r fil'incifion fc fait au delîbus du coude ou
dugenoiiil,^ Icsdeuxosfoyent également poses fur le trenchant du couteau
d'enbas & non fur l'autre fcc qu'il n'eft pas necelTaire d'obferuer s'il fau-t faire
la f.'dtion au delFus du gcnoliil ou du coude, vcu qu'il n'y a qu'vn os,] puis il le
faut fcparcr incontinent d'auec le fain, pour fe fcruir des Cautères qui bouche-
ront les véncs & les artères, commençant par celles ci, car il cft bon qu'il forte
vn
des Opérations de Chirurgie. 49^
Vfl peu de fang, faifant venir vne crourc mince dcffus.-on défera en fuite les If-:
gaturcs, couuranc tout l'vlccre auec les partiei des cnuirons d'vn médicament
fait d'huyle rofatj œuf & bol armenié,cju'il faut mettre ticdc,s'cn feruant deux
iours de fuite: voilà ce qu'en dit Botallus, ayant voulu le propofer , non que
i'approuue cette méthode , mais feulement pour aduertir le Chirurgien auquel
cette procédure pcutfembicr êtrefacile,qu'il fe donne garde de ne pas s'en fer-
uir: éc ce feroic vne chofefupcrfluc d'en dire les raifons, veu que l'exemple de
ce ieunc homme, auquel ce Maiftre Clout coupa la main, pcit fuffire, maisic
reuiens à mon premier fuiet.
Il y en a qui fe fcruent de Tenailles trenchantes pour couper les membres,
& principalement les doigts : mais cette opération ne fe peut non plus faire
fans apporter vne grande meurtrilfcurc ôc dilaceration des parties nerueufes,
aucc fracas des os éc danger du malade, car ces Tenailles font plus propres pour
couper du fer Se quclqu'autre matière dure qu'vn nerf, ou vne partie nerueufe,
dequoy vn diligent Chirurgien peut faire cflay dans les belles : les Praticiens
f^auent que quand on veut tirer vn enfant m,ort,qu'ilcft quelquefois necclfairc
de couper le bras dans l'épaule même: quand donc ie commençay à exercer
cette opération, ayant remarqué que ie ne pouuois pas faire incifion auec le
Rafoir fans vn grand danger,ic voulus me fcruir de Tenailles inciloires, croyic
que ie n'aurois point de pcncàcouperle bras: mais ic fus bien trompé en mon
opinion , ayantcré obligé d'inucnter des autres inftrumcnts pour faire cette
opération: au refte,veu que les playescontufcs (ont touliours plus dangereufes
que les autres, comme l'expérience le fait voir,ie fuis d'aduis que le Chirurgien
ne vienne pas à telles fortes d'opérations cruelles & impertinentes.
Or il y a quelques nouueaux Médecins des plus fameux, qui veulent que
l'incifion fe fallc en la chair morte, y laillant vne petite partie de ce qui eft. cor-
rompu,j3(Hir euitcr Tcifufion de lang, la douleur ôc les convulfions, & veulent
que l'on ccniume ce qui rcfte de corrompu aucc le Cautère aélucl , maii il
fautvoir li cette opération eft conforme aux trois préceptes que donne Galieti
au liu.4. de fa meth. chap. 15. où il veut que toute opération fe face prompte-
ment , (curement& faus douleur : pour faire voir que l'incifion qui fv.fait
en la panie morte ne peut pas être faite promptement , il. fe faut fouucnic
de ce qu'il dir , que le fphacclc eft vne corruption de la fubftance de la
partie, laquelle le communique même aux os , on voit donc par là, qu'il
faut emporter tout ce qui eft nourri : mais ie ne puis pas comprendre comme
cette extirpation peut erre pvomptemcnt faire, s'il faut fi fouuent réitérer
l'opération ; car pour couper U chair pourrie iufqu'à ros,& pour la confumec
iulqu'à la chair viuc, à force de Caurercsac^luels, il faut alUircmcnt beaucoup
de tcmpSjComme aufîi pour couper l'os aucc la Sçie:5: comme cette operaiion
ne fe fait pas fans douleur , quoy que ce foit fur la chair morte , & que cepen-
dant, le maUde eft piefsc d'vn grand tremblement , les forces ne peuuent de
Rrr 1
500 Liure Cinquicmc
moins que de Ce perdre fi l'opération eft longue : mais quand on faic l'opcra-
tion dans le vif,pi incipalemcnt fi le Chirurgien cft habile 2c prompr,cllc fc faic
qualî en vn moment, car on coupe la chair iul'qu'à l'os en vn coiip:quc fi le Chi-
rurgien fe veut Icruir d'vn'cautcrc en forme de Coufteau,ii bouchera en même
temps les vailïèaux, ôc empêchera l'hxmorrhagie : s'il fe veut Icruir du rafoir ,
cela n'empêchera pas qu'il ncpuilfc aisément £k en peu de temps , ou lier les
vaiiïcaiix ou les cautciilcr : le dis ces chofes fonde iur l'expérience, & non pat
coviictïmc.
Il faut voir maintenant fi cette opération fe peut faire feuremcnt : or il eft
receiraire en cet endroit d'examiner derechef les paroles de Galicn , car fi le
fphaccle corrompe tellement la partie que le mal aille iufqu'à l'os i il ne fuffic
pas de rcgaider le mal qui eft en dehors 5c en la peau , mais il faut voir iuf-
qu'oùilva, afin de l'extirper entièrement : autrement l'opération fera vaine,
parce que l'infeClion qui eft imprimée dans l'os attaquera la partie faine : il
fauraulTi remarquer que tant plus les parties font chaudes 6c humides , tant
plus facilement elles fcpourriirenc : or c'cft vue chofe alfurée que les mufcics
& lesvaiireaux qui font profonds, font beaucoup plus chauds & humides que
n'cft pas lapeauen dehors, .Se par confcquent font plus fuicts à corruption
de pourriture: d'où fuit qu'elle eft bien fouuc ut plus grande au fond qu'elle ne
paroit pas en dehors : partant (i on s'arrête àl'apparr nce , on tourmentera le
malade en vain, lailîànt beaucoup de chair morte en la partie , comme ic l'ay
veuen l'an 1586. en vn ieune homme Saaoyard, robufte, qui auoitia gangrené
en vne iambc, laqr.lle étoit montée iufqu'au iai rct: or pour cohferuer le ge-
jfioliiljOn coupa la iambc iufqu'à la racine du mal, puis on caurerifa diligem-
ment le tronc auec le fer chaud : le malade fut tourmenté en vain , car la gan-
grené ctoit montée beaucoup plus haut qu'il ne paroiiFoit en la peau : l'en ay
veuvn exemple fcmblablc à Copet : on voit la mémechofe aux pommes &
poiies,quibien fouuent n'ont qu'vnc tache noire dansl'écorce. Se iieantmoins
font toutes pourries en dedans: Il faut auffi voir ii l'haemorrhagie eft- tant à ap-
préhender, il faut donc regarder la conftitution du malade , auquel,s'il < ft fort
dcbilc & exténué, il faut conferuer le (ang tant qu'il eft pollîble , coupant la
cluir iufqu'à l'os aiicc vn Cautère aducl fait en torme de coufteau, qui bouche
en même temps roiihcc des vaiiîeaux; on empêchera aufli rha:rronhagie,fi
on ferre bien le cordon qu'on met au deilus de la partie ou on doit âpliquer la
Sçi.^, car par ce moyen les vênes & les artcrts font tellement barrées, qu'à pê-
ne pcut'-il fortir trois ou quatre onces dciang en coupant vne inmbe , pour-
ucu que le Chirurgien foit habile, & quoy quils'en perde vn peu d'auanta-
gc*", il ne faut pas croire qu'il vienne tout du tronc, vcu qu'il en fort au(îî
de la partie qui a été coupée , laquelle verfe tout le fang qu'elle aiioit : mais
fi c'eft vn ieun' - homme robufte & pléthorique , tant s'en faut qu'il fail-
le appréhender l'haîmorrhagie , qu'au contraire l'Opération étant faite,
il
des Opérations de chirurgie. 501
il en faut lailïcr couler quelque quantité > car ccluy qui eft proche Je la chair
morte 0« de la pourriturc,tenant d^ia de la corruption , il ac peut que faite du
mal candis qu'il eft en la partie : fi mêmes on ne le lailTe pas ibrtir en fuffilante
quantité , la gangrené attaquera derechef le tronc après l'opération , ou du
moins il y viendra inflammation & douleur , outre d'ai-tres accidents dange-
rcux,il elt donc nccclïàire de lailîcr fortir quelque peu de fangjmais ayant C'^ard
aux forces.
Il faut aufli voir maintenant fi cette Opération qui fe fait dans la chair mor-
tCjfe peut faire auec peu ou point de douleur : celle qui arriuc quand on tail-
le quelque membre gangrené fe fait à caufe des nerfs , des membranes ôc du
perioftc:que fi on prétend que cette Opération le face (ans douleur, il faut que
CCS parties foycnt entièrement m^ortcs ôc corrorrpues,mais les nerfs &c les par-
ties nerueufes le corrompent beaucoup plus tard que les parties charnues^a
caufe de leur fechcrclfe : il faut donc croire , ou qu'il faut beaucoup lailfer de
chair pourrie^ou que cette Opération ne peur pas être faite fans douleur quoy
qu'elle foie en la chair morte:c-ar bien fouuenr,combicn que la peau ôc la chair
loyent mortes ôc fans fentiment , fi eft-ce que les gros nerfs ôc le période ne
l'ont pas encor perdu : pour cette raifon quand il faut couper l'os auec la fcic,
alors on fent dcsdouleura très violentes , non à caule de l'os quieft infenfiblc,
mais à caufe du période qui avn fentiment fort vif : fi donc cette Opération
fe deuoit faire fans aucune douleur , il faudroit que toute la partie fut telle-
ment corrompue , que la corruption eut pafsc iufqu'à cette membrane; que il
cela étoitjfaudroit'il pas croire que l'os fcroic aulîi corrompu comme aufli la
chair qui y cft attachée bien plus profondement qu'elle ne fcmblc l'ctie en
dehors ? Vcu que Celle quicft proche de ros,a bien plus de difpoiition à fe cor-
rompre que celle qui cft proche de la peau ? Ainfi l'Opération feroic inutile,
car le reftedecequi feroit corrompu ne pourroitctre corrigé par le Cautère:
or enpenfantcuitcr la douleur, ils la font tkux fois grande, veu qil'il fautconûi-
mer autant derhair moite qu'ils veulent qu'on en lailfcà quoy ni deux ni trois
Cautères ne pourront pasiaftire, non pas même cinqnifix pour chauds qu'ik
fulîcntjpuis que,comme ils l'anoLicnt, il faut que le malade les iemc, a:::rcmcnc
on n'a rien fait : or quand le Cautère eft extrêmement chaudron fond la graille
Ôc les autres humcuisque l'on fait bouillir, iSj ain(i l'on brûle Se échautrè par
trop les parties fcnùbles, allaucir les nerfs , tendons ôc mcmbranes:dc la vien-
nent des douleurs très aigues5inflammation,fiévre,vcilles,( onuulfions »?c autres
grands accidents : ce qui a fait dire àAuicenne,Celuiqui Cauteiilele doitdoii-
ner garde que la force de la Cautcn'zaiion ne vienne iulqu'aux nerfs , ni aux
tcnûons,ni aux ligamentsjque s'il fe fert du Cautère pour arrêter le fang,il faut,
quela.Cauterilation (bit forte, afin de faire vne cfchaire épaillc & qui tombe
vifte,&c.ll arriue encor vne autre incommodité par le fer trop chaud, jifanoir
qu'il fe fait vne cfchare trop épaiffc, qui empêche les humeurs putrides &
R rr j
501 Liiirc Cinquième
malignes d'exhaler, lerquclles fans. doute font portées aux parties nobles : oi>
tzc qu'il cft impofflblc que le Cautère dcfscche tont,& qu'il ne rcfte quelque
l-iiain de nouuclle corruption tandis que rcfcharc pourrit : d auantagc la chair
nîorrc ayant été ainfi confumce & la peau s'ctanc retirée par la force du Cau-
tère , il reftc vne grande portion d'os qui auance, ôc peut être fi grande qu'il
cfl: necciraire de reucnir à la fcie .' que s'il faut obferuer cela à l'ordinaire de
couper la partie fur le mort, que ferar'on quand le pic eft fphacelé ? Faudra-
l'il laitier vne grande portion de la iambe ou bien attendre que la pourriture
&: corruption foie monrccplus haut ? Mais il y aura du danger à faire l'vn*
comme il y aura de l'incommodité pour le malade en hifant l'autre :or vne
ligature forre,comme les Chirurgiens ont accouftumc de la faire , empêche la
viuacitc dcrcfpric animal dans la partie qui dénient comme ftupide, & ainfi
à pcne fcnt'eile palier le rafoir : l'Opération don' en la chair morte nefe peut
pas faire , puomptcmcnr,fcurcment ni (ans douleur : d'autre côté la médecine
étant vne profeflion noblc,qui a aufli l'object le plus noble de tous , il e(l iufte
que les opérations le faccnt aucc quelque appareil & orncmen :mais quand on
fait cette opération fur la chair morte, ou l'on coupe prcmierem.ent la chair
Se puis l'os , en fuitteon applique à diacrfes fois des fers rougis au fcu,en for-
te que non Iculemcnr toute la mai(bn,mais aufli la rue cft remplie de cette mau-
uaife odeur, comm.c Fallope la remarqué parlant de quclqu'vn, alors ie ne vois
ni ornement ni luftre en l'opération : or celle qui fe fait en la chair viuc , étant
faite en vn momenr,cft la plus airurée de toutes, &^ Ce fait fans grande douleur»
Examinons aufli fi la conuullîon eft plus à apprthcndcr,quand on coupe fur
le vîf,quc fur le morr:Hippocrate & Galicn cnfeignenr qu'elle fc fait ou par
rcpletion ou par inanition : que fi elle arriuc quand on coupe quelque mem-
brcjCc ièra ou à caufc d'vnc grande hxmonhagie,ou vne violente douleur , ou
par quelque caufc maligne qui monte de la partie au Cerueau : Ci elle vient d'v-
nc grande h2morrhagie,clle fera dangcreufe au dire d'Hippocrate,car elle vient
de sécherelfc-.il faut donc que le 'v hirurgien foit diligent à conferuer le fang,
principalement en ceux qui font délicats ou débiles: or il empêchera l'hciemor-
rhagic s'il fcferr,en lieu du rafoir,d'vn coureau rougi an feujfaifant habilement
lafc6tion:i*ay coupé le bras prés de l'cpauleà vn homme de Payernc,cn laquel-
le opération i pêne fort'il deux onces de fang, & l'an )6'i^. iecoupay la iam-
be dans la cuilTcjd'oLi à pêne il fortit trois onces: or c'etoit dcspcrfonnescxtrc-
incmeut délicates Se foibles , autrement ie ne me mets pas beaucoup en pénc
quoy qu'il forte vn peu de fang après l'opération, La douleur atdre la conuul-
fion,veu qu'il n'y a rien,au témoignage de Galien,qui caule plutoil vne dcllu-
xioH & qui attire plus que fait la douleur, d'où vicntrinflammatica& lacon-
uulfi€>n,ûquclle eft mortelle félon l'opinion d'Hippocrare : or nous auons fait
voir ci delFus que l'opération qui fe fait en la chair viue,cft quafi fans douleur,
veu qu'elle ne dure qu'vn moment à comparaifon de celle qui arriuc quand on
taille
des Opérations de chirurgie. ^05
taille fuc le mort:à qiioy f.iuc âiouter que l'on pciir apies l'opcraiion aidojcic
ceccc douleur par des mcdicamcnrs mcdiocrcmcnc rafraiLhilVaius ik tcpercuf*
fifsjCar au mcme rnomcnt que les nerfs foiît coupes , ils fc rctiicnt en haut ôc Ce
couurcnt de chairior quand on coupe en la chair morte, quoy qu'il: C: ictircnc
auflTiversleur origine, fi eft ce qu'ils fe fondent à cauic du nombcc d.s Cautè-
res <3«r delà violence du fcu:les humeurs auflis'cchauftv'nt en la partie autour
des nerfs <Sc des parties ncrueufes , ôc les Praticiens fçauent que la conuulfion
vient d'vne vapeur maligne :quelq!Jcfois,dit Ican de Vigo, IcsncrBic pourrif-
(cnr-.de cette pourriture il s'cleue vne fumée venimeufc qui eft portée par les
nerfs au Ccrueau ,-,lcqucl Tentant l'iniure de cette madere,fait Tes efforts pour la
chaflcr,or quand on fera la feétion fur le vif,comment eft: ce qu'il pourra arri-
ucr vne conuuKion des vapeurs malignes , veuquel'ona coupe ce qui étoit
pourri } Au contraire quand on fait l'incifion fur le mort, il demeure vnc partie
de la pourriture autour des nerfs & même dans les véncs & les artères, laquelle
quoy qu'elle foit en parti? deflèchée par le Cautère , ne fe confume pas
pourtant entièrement , mais elle vient à bouillir ôc acquiert de l'aciimonie à
caufedufeu ,& quelques iours après les humeurs venants à s'y ietter , la partie
s'échauffe toufiours d*auanrage,& l'epaifTeLC de l'efcharre empêchant que cettç
matière acretSc pourrie ne fortc,clle acquiert de la malignité, de laquclleiil s'é-
Icuc vnc vapeur de même nature qui monte aux parties nobles, laquelle étant
portée par les nerfs au Cerueau, produit des conuulfions,des veilles , inquiétu-
des & réuerie : en montant au cœur par les artères elle infecte Us efprits vitaux
faifant des défaillances 5c abbatant les forces ; que H elle paruient au foye par le
moyen des grandes vêncs,elle infcârc la m.alFe du fang, échauffa' le foye & tour
le corps, ainli on peut voir que la conuulfion cft: plus à appréhender fi on coupe
le membre fur le corrompu que fur le vif : i'ayfait pUifieurs diifeClions mais
toufîoursfur le vif , fîeflcequc. Dieu m'cft tefmoin , iamais aucun de mes
malades n'a été attaqué de conuulfion.
11 y a vne autre queft:ion, s'il efl loiflble de couper vn membre fphicelé en la
iointureîle fçay que quelques Médecins fameux ne le veulent pas , i. parce que
les bleffures des iointurcs font jdangereufes Ôc mêmes mortelles, à caufe des
grands accidents qui furuieniient , veu que ce font des parties nerueufcs Se
doiiées d'vnfcntiment exquis , i. parce qu'il y a des gros os Ik peu de chair
auec débilité de chaleur naturclle,qui fait que la cicatrice y vient auec pêne:
mais ic fuis de l'âuis de Guidon Laurent, loubert^: autres qui tiennent que
l'amputation fe fait auec moins de difficulté dans l'articulation même & fans
dangcr,comme ie l'ay expérimenté à diuerfes fois, parce q^ue l'opération fe peu:
faire tout d'vn coup auec vn rafoir bien trenchant,principalement fî le Chi-
rurgien à la main légère , fans qu'il foie befoin de fcie ni d'autre inftru-
ment : ainfî la douleur n'eft: pas beaucoup grande , car on ne coupera
iamai* & fcparcra fi precifcmenc les particules d« nerfs & des mciiibranes
^o 4 Lîure Cinquîcmc
que la (de n'en vienne à rencontrer qiiclqu*vne,laquelle clic dcchirera aucc vne
cxcrcme douleur du malade : elle cft auffi fans danger , parce que les nerfs ôc les
tendons , étants cntkrcment coupes , Ce retirent en haut «^ fe couurcnt de
chair/ainfi ilnefautapprcheudernicouuulliouniautrc accident: d'autre cote»
comme elles ne font pas cliarnucs &c que les veines font apparentcSjOn arrête
facilement le fang •• quant à la Cicatrice, on n'a point de pêne à la faire venir,
carily a afscs de chair autour des iointurcs auec vne chaleur narurcllc afscs
forte pour l'engendrenmais il faut fiire l'Opération diuerfement fclon la ditF:-
rcnce de la partie ; car fi le mal eft au pié ou en la iambe,il faut faire l'amputa-
tion vers le iarret, afin que l'on puille âiuftcr tant plusjaiscment laiambede
bois : que Ci le fphaccle palïè le iarrct , il taudra faire l'incilion dans la icinture
même du genouïl : que Ci le mal s'eft Tnill de tout le doigt,il le faut couper vers
Je métacarpe en l'articulation même ; i'ay fait quelquefois cette Opération &
entre autres en 1581. à Dulf-ldorp en vn homme robufte âgé d'cnuiron 30. ans,
nomme P^oger l^illor , laquelle reiitîit à fouhait : vn moufquet luy ayant creuc
entre les mainsja gaUchefut enticrcm.cnt déchirée : Colmc Slotanus excellent
Chirurgien iîthsureufcmciit l'amputation fui le poignet mcnfc,en prcfcncc du
Dodtcur Galeniis Wierusâl ne furuint aucun accident fâcheux, & en peu de
temps il fut ^u.:n,chapitre i~.âu traîné de Ugangirene.
Le corps & tout ce qui clt nccelfaire ayant été préparé & mis par ordre , il
faut venir à rOperation tfic'eft vne iambe qu'il faut couper,il faut mettre le
malade fur vn banc afin qu'il foit plus ferme: alors le Chirurgien tirera en
haut les mufclcsaucc la peaujiant bien ferré la partie (aine.vn peu au dclFus dt«
lieu ou il faut faire l'incilion: on le feruira;pour faire la ligaturcjd'vnrubc^.n de-
lié,tels que font ceux dont fe feruent les femmes pour noiier 1 urs cheucux : la
ligature fert à double vfage , car prcmicrem.cnt elle ferrera rcllemc-nt les véncs
& les artères que l'on ne dcura pas beaucoup appréhender l'hxmorrhagfe : en
après elle retiendra les cfprics animaux & empêchera leur dcfcenrc par les nerfs,
ainfî la partie deuicndra comme ftupide & lupportera mieux rinciùon:Guidon
veut que l'on face vne autre ligature fur la chair morte, afin que l'incilion le
faCc entre deux& auecraifon:car les affiliants étants cpouuanrcs de Ihxmor-
ihagicqui baille occafion de calomnier le Chirurgien, cette ligature retient le
fang dedans les vailfcaux de la partie qui cft morte , de forte qu'il ne fort pas
fî abondamment: il y en a qui font la ligature au dcrifiis du gcuouïl s'il faut
couper vne iâmbe:vers le iarrct, 8c fous le coude , s'il faut couper la main au
poignet,afin difent'ils qu'il y ait moins de fcntiment , mais outre que les nerfs
{ont trop profondement fitucspour pouuoir étre-ferrés par la ligature , on
meurtrit bien fouuent les parties mufculeufcs,&:on fait vne nouucUe intercep-
tion àzs cfptits.
Gcttcfortc ligature ayant été faitte , le Chirurgien mettra la iambe fnr !è
bout d*rnbanc,qui doit venir iufqu'aùx genouïl éi quafi iufqu'au lieu oà fe
doit
des Opérations de Chirurgie. 505
4oit faire llncifion : on attachera donc la iambe au bouc nfiii qu'elle foie im-
mobile, & afin que la cuiire & legenouïl y foycnt commodément attaches , il
cft neccfifairequele boLicdu banc foit vn peu creuse des deux côtés, le f^e-
nouïl ayant été bien attaché au banc par vnc bande, il faut auoir vne manche
de peau toute prefte faite en cette manière : cilc doit eue lon^^ae d'enuiron
vnc paume, & dételle largeur qu'cllepuilîc entourer la iambe à l'endroit ou
ondoie faire l'incifion : elle doit ctic ouuerte desdeux bouts , mais en for-
te que le deuant Ce puilïc fermer ?.ucc vn double cordon comme vne bourfe,
ce cordon doit être dous afin qu'on le pui/Ic bien ferrer, rond, & eno-iaifsc
d'buyle : le delfus de cette manche doit être ouucrt, mais a-jx deux bouts
Se au milieu elle eft attachée d'vn fimplc filet afin que l'os étant coupé , on la
puilîè aisément défaire auec le cifcau &c la iettcr h.
Tal'le AT. fi^nrcG.
Or cette manche a trois vfagcs, car premièrement elle arrête rimpetuofitc
du fang, de forte que le Chirurgien peut beaucoup mieux voir ou il faut ap-
pliquer la fcie^ 1. Elle amène également & fans pêns les mufcles <Sc la peau
en haut qui décendcnt en bûs après l'opération, & couurcnt les extrémités àz%
os,ainfi le tionc fe couurc plus aisément de Cicatrice : 3. Elle empêche que
la fçie ne touche la chair & ne i* déchire : Guidon &: des autres couurent la
chair auec vn linge, mais il vaut mieux fc feruir de cette manche , car il faut
beaucoup de temps pour couuiir la char coupée iufqu'a l'os auec des linges;
en après la fçie peut aisément s'cmbaralllr dans le linge : il n'en efi: pas ainii de
la manche , car par le moyen des cordons, onla ferre par tout autour de Tos
par le moyen descordons , \zs mufcles ^ la peau étants également tirées en
haut.
Quefi le Chirurgien ne veut pas s'en feiuir, ilfautâiufter à la ligarnref que
nousauons dit cidclïas dcuoir être faitte J vn cordon de chaque côte de la
iambe,r>fin que leferuitcur qui tient le gcnouïl lespuilfc empoigner auec les
doigts indice & celui du milieu,&: que la chair aycnt été coupée iufqu'à l'os,
il la puilfc amener en haut par le moyen des cordons. Tay en cette façon coupé
heureufcm.cnt quelques membres : le genouïl étant attaché au banc comme
i'ay dit, il faut fourrer la manche de forte que fa partie inférieure marquée B.
couure le gcnouïl , & l'antre bout,que l'on ferme comme vnc bourfe doit être
mis prés la ligature fuperieurc, afin que la chair ayant c:c coupée iufqu'à l'os,
leleruiteur qui tient le genouïl puilfe incontinent la mettre fur la plave&U
ferrer autour de.'l'osjqunnt à l'endroit qui eft ouu:rt (!n: marqué A B il doit
être mis au dcllus delà iambc,afin que l'amputarion étant faite , on puillè cou-
per ces filets de côté & d'autre & ietter là la manche : iccllc don c ayant été mi-
fê comme i'ay dit, il faut auoir vn autre iî :'ge q ui foit de même hauteur que le
50^ Liurc Cinquième
banc que l'on mettra fous le pic & foas la iambc, que l'on y attachera auec
vue bande :il faut enfin auoir trois feruiteurs couragrux, dcfqucls Tvii fe tien-
dra dcriicre les épaules, l'autre aitjrmira le banc ou cft attaché le pic , le troi-
licme Icra vers les genoux &: tiendu terme lcmaladc,afin qu'il ne branle de cô-
[c & d'autre dans l'opcrarion : mais il cft nccciraire que celuy qui empoigne le
gcnouil tienne les cordons de la manche aucc les doigts indice S<. celuy du
milieu, ou bien ceux de la ligature que nous auons reprefentce ci delUis , cm-
brairmt le genouil auec le pouce &C les autres doigts.
Que i\ les nerfs font tellement retirés & les genoux fi courbes, que le mala-
de ne lespuilFc pas cccndrc,il le faut mettre fur le plancher,clcuant la iambc en
hautjafin qu'on la puilîc attacher au banc à l'endroit ou il eft creusé.
Et à mon âuis il ne faut pas mcpiifer cette procédure , car premièrement la
iambc étant dêia morte ou corrompue en quelque autre façon , on la peut lier
bien ferré au banc fans aucun danger : or les Praticiens fçaucnt que tant plus-
ferme eft attache le membre que l'on doit couper , que tant moins il y a de
pêne à faire l'amputation : fecondemcnt l'opération fefaifant en cette manie-
re,lc malade eft couché fur le dos , & par confequcnt il y a moins de danger
qu'il tombe en défaillance: j. L'hxmorrhagie eft moins à appréhender la iam-
bs étant leuée en haut > mais il ne faut pas oublier de faire vne ligature fous le
gcnouil outre les brides , prenant garde à ce que le feruitcur lire à foy la chair
.î^ la peau dans l'opération : quant à celuy qiii tient les épaules, il ne doit pas
cmbrafiTer le malade auec les bras ou fcner la poitrine & le ventre en quelle
manière que ce foit , car il empéchcroit la refpiration en ferrant celle la, que
s'il embralïè celui-ci en prefîàntl'eftomach, le foye«?cles autres parties, il aug-
mentera l'ha^morrhagie par la compreffion de la vêi.ecaue:c'eft donc afsés s'il
tient le bras &: les êpaules:mais ievcux aduertir les Chirurgiês, qu'ils ne com-
mencent pas cette opération le malade étant aulidjfinon qu'il foit en la poftu-
re reprtleotéecidcirusou qu'il faille couper vn bras ou vne main : car fi le
membre qui doit être rctrenché, principalement la cuilïè &: legt^nouil, n'cft
atra.hcc bien ferme au banc , l'opération ne fe fera rien qui vaiileîl y a quel-
ques années que ie fus demande auec Meflieiirs lean Anthoinc Sarrazin &
George Icnifchius Médecins , pour voir^vn malade auquel il faloic couper la
iambc : le Chiiurgien l'ayant laifsé dans le Héi ôc attache feulement la iambc
lur le banc,& laifsé en liberté la cuiftc ôc le genouil , le malade fouffrit beau-
coup & longccmpSjCar étant oblige à caufc de la douleur defe tourner de côte
Si d'autre, la fcie chancdoit çà & là& demeuroit engagée quelquefois dans
Tos: Que Ci le malade eft fi foiblc qu'il ne puilîc pas être mis hors du lh5t , il
faut mettre vn petit ais au pic du lid:,& mettre le malade eu telle manière que
tout le corps foit dans le Ifd entre des couflins , la iambe & le genouil étants
biê attachées à cet ais,^ s'il faut couper vn bras ou vne main,lc malade pourra-
demeurer fur la plume étendant k bras oh la main qu'il faudra attacher fur
des Opérations de Chirurgie. 507
va fcabcan ou fur vnc planche que I'oh aura adioucc au bord du lîA : or afin
que le bras ou la iambe, qu'il faut couper,puiflcnt erre attaches tant plus ferme
tu banc/ans branler de côrc ui d'autre , il faut ficher fur le banc i'inftrument
fuiuant. Fiiare 7. Tai>Ie X V , La cuifîc & le bras étants attaches au banc
en la manière que i'ay dit,& tout ayant été rais en bon ordrr , tant les médica-
ments qu'autres chofes necelFaircs pour roperarion , le Chirurgien coupera la
chair iufqu'a l'os auec vn rafoir bien trcnchaut ou aucc quelque coufteau
courbe & trcnchant des deux coftcs , feparant en même temps le pcrioftc tant
qu'il luy fcrapoflible : s'il y a deux os parallclcs,comme au defTus du gcnouil
& dclFus le poignet , il faut fepàrer la chair qui eft entredeux aucc vn coufteau
courbe & pointu , afin que la fcic ne trouue point d'empêchement : on com-
mencera l'incifioH de la chair au deifus de la iambe & aux coftés, feparant dili-
gemment le perioftc d'auec l'os , car fi la fcie ayant été vne fois mifejne trouue
point d'empéchcment,ellcne fera par après retardée par aucun obftacle : mais
il faut couper fur la fin le dcflfous ou le gras de la iambe 6c le fcparer d'auec
l'os: car puis que les plus grands vaiffcaux décendent parla, fioncommen-
çoic Tincifion en cet endroit , il fc pcrdroit cependant beaucoup de fanj
tandis que Ton feroit la fcparation de la peau 6c de la chair en haut .* mais
neantmoins il faut faire le tout très habilement & prompccment & fcuré-
sncnt.
VigHYc des Coufleaus Figure i.&i. Table X VI»
Si tofl; qi;c la chair aura été coupée iufqu'à l'os , le fcruiteur qui tient le
gcnouil.doit mettre promptement le bord delà manche fur l'incifion, la fer-
rant tout autour de l'os auec les cordons & tirant également la chair en haut»
afin que le Chirurgien puifiè couper l'os plus haut que la chair,8c faire vnc
cicatrice plus ferme auec le temps , enfin il coupera l'os auec la fcie, apportant
le plus de diligence &c ,de d'cxteritc qu'il pourra : l'os ayant été fcié , il faut
promptemcnt couper auec des cifeauxies filets de la manche & laiettcrla.
Figure de U Scie Table X VL Figure 5.
Et après auoir laifsé couler du i'ang à proportion de la plénitude 6c àzi for-
ces du inalade,il cauterifera les vaifleaux pour arrêter le fang 6c-l*<ï$ mcmc,afin
que les fragments tombent tant plutoft.
Cautère pour brûler les vêncs & les artères. Voyés Table 16. Figure 4.
Cautère pour brwler l'extrémité de l'os. Vo)€s Table 16. Figure j.
S(( t
50? Lîurc Cinquième
Le fing ayant crc arrctc,il défera la ligature qui cft au deltas de rincilion
^ applftjuera vnc poîg: ce d'cronpcs trcmpce cnoxycrat èc puis en des blancs
d'œiiFs, mettant par ddlus de la poudre à arrêter le lang. ^. Far. volatilisa
5 vi, fd-'igH. drac. tkuris. an. \i. holi armen. orient, 'terra Jîg. an. 5 Gi.g)pfi ? ï fi.
r^narum ajuat. prsparatarum 5 /;'. (Elles ont vnc mcriieilleufe propriété pour
arrêter le fang J mufcicranil hnm. l i.pil, lepor. minutij], incifor.^ii.pulit. albu-
min. ouorum/ole c^nicul. exJtcCittor.fpHrnd maris fpongt& nonA torrefa^a an. l i. m*
f-phluisfubtiUJl, Puis ayant mis vu dcfcndf <3c enuelofc le tronc auec vne st(~
lie de bœuf, il bandera derechef le tout,ttcmpant les bandes en de l'oxycrat (3c
ne changera point cet appareil iulqu'au iour fiîiuant, fi c'cft en ctc , ou le troi-
^eme,(i c'eilen hyucr; or le dcfcnlif doit ctre mis au dclFus du gcnouïl /î la
iambs a été coupée vers le iairet, ou autour du coude fi la main a été coupée,
car étant mis delfas le tionc il cmpéchcroit que l'on ne mit commodément
laveffie, Enaprcsille faut réitérer tous ks iours , ce que l'on ne pourroic
pas faire lî on le mettoit autour du tronc Or le bas de la veflie de bœuf doit
être mouillé , & le haut ( la ou elle cfl: ouuertc ) doit être fec , afin qu'il de-
meure étendu & ouucrt , comme elle doit être moite au bas, afin qu'elle re-
tienne également & fermement les étouppcs : quelques vus pour prcuenir
plus airureraent rha£morrhagie,nt défont point la ligature qu'au fécond ap-
pareil, mais cela ne fe peut faire faas preiudice du malade, parce que cet-
te ligature cai; le de grandes douleurs & attire du fang & des humeurs, lef^
quelss'échaufi:antscnlapartie,y viennent à fuppurcr , ce qui baille naifîànce
à de nouueaux accidents : Quelques vns fe contentent d'vn feul Cautère fi
large qu'il puilFecouurir tout le tronc , cirayants auec iceluy de rclFerrer tou-
tes \ts vênes & artcies , mais cette Opération eft incertaine & à mon âuis
impertinente , car fi toft que les vênes de artères font coupées , elles fe reti-
rent en haut > de loi te que ce Cautère ainfi large ne peut pas les toucher à
caufèdcreminence de l'os : cependant la peau (e brûle & le retire par la vio-
lence du Feu , ainfi la cure fe rend plus difficile &c la cicatrice n'eft pas fer-
me : il vaut donc mieux pour refierrcr les vailîèaux, {ê feruir d'vn Cautère
rond, & pour l'os, d'vn large ^ plat : Or i'ay fait peindre les Cautères
faQS leur manche,<5c 2UCC railon , car en les failant échaufer> le manche fe
dcioint , de forte que dans l'Opération ils tournent dans la main , ainfi el-
le eft difficile , à caufc deqaoy i'enuelcpe d'étouppes les extrémités lefquel-
les ic fais incclTamment sriofer d'eau froide tandis qu'ils rougillcnt au
Feu.
Orauantquc venir à l'Opération, il but confiderer les forces du malade,
car s'il eft foible & exténué & Çi la pourriture n'a pas encor gagné te lieu ou
l'amputation doit être faite , il faut auec toute la dihgcnce poflfjble impé-
cher l'cffufion du fang, de peur que leseff rirsne fe dilTipenten même temps
auec les forces, & que le malade ne tombe en défaillance, partant il faut
mettre
des Opérations de Chirurgie. 507
entre le Cautcre aduclfur les grands vailfcaux , les faifant rider, /ans fc fier à
aucune poudre de celles qui arrêtent le fang , pour cpioui.cc qu'elle foie , car
rimpetuofirc du fang qui fort, repoulfe le medicamcnr, & empêche qu'elle ne
puilîc paruenir iufqu'aux vailîcaux ouuerrs pour y faire Ton effort: Les Chirur-
giens donc commettent vue grande faute , qui reicttenr cet excellent remède,
quand on coupe quelque membre, ou en quelque opération importante : car
ils le font à la perte du malade, vcu que tandis qu'ils s amufent àarrcterlcfang
auec leurs poudres , il s'en perd beaucoup , <3c le malade meurt bien
fouuenc en l'opération mcmc : veu donc que les parties de i homme font
non feulement nourries parle fang, mais auflj la chaleur naturelle en tire
Tafubftance, comme le feu à la fiennedu bois quicftau foyer : il le fautcon-
fèruer auec vn grand foin. Se autant qu'il eft pofliblc j Si neantmoins la corru-
ption eft venue iufqu'au lieu où on a fiit l'amputation, il eft neceilàirc de lait-
ier fortir vnpcu de fang,de peur qu'en lailfant du fang corrompu dans les vail-
feaux, il ne fc communique vne nouuelle pourriture au tronc , mais il le f.uit
laillcr couler peu à peu, ce qui fe fera trcs-bien par le moyen d'vn fer rouoi
au feu, en l'appliquant doucement & légèrement l'ur les vailîèaux , iufqu'à ce
qu'il foit vn peu forti de fang , & enfin pour l'arrêter entièrement , on prcfle
fort le Cautère: or de peur que tandis que l'on ferme vn vailFcau auec le Cau-
tere,le fang ne forte auec trop d'impctuofitéde l'autrcji'ay vne coutume de te-
nir vn Cautère en chaque main, que i'appliquc en même temps , & pour cette
raifon le Chirurgien doit être ambidextre : les Chirurgiens ont encor inuentc
vn Cautère en forme de couteau pour empêcher l'ho^morrhagie, ou du moins
pour arrêter l'impctucfitê du fang, duquel ie me fuis l'erui. , au grand bien de
mes malades: car en coupant la chair iufqu'à l'os, il fait aufli en même tcirios
rider les vêncs & les artères qu'il brûle : le dos de ce couteau doit auoir vn
pouce d'êpaillèur & d'auantage, autrement il ne pourroic pas CQnfcrner afsês
long^tcmfs fachaleur,&afin que l'on puilîc aufli couper la chair qui eft entre
les deux os, il doit être pointu.
Figure du Cautère Cttltelh-iire table 6. figure z.
QuqÙ. neantmoins il arriuoit contre notre opinion, que la peau Se la chair
ayants ctê coupées par ce Cautère adluel , le lang ne laiùa pas de fortir , il le
faut incontinent arrêter auec des Cautères ronds, &c enfin couper l'os auec la
Sçi^', principalement file malade eft exténue Si. foible : or ie ne fçaurois afsês
rcprclenter l'excellence de ce Cautère , car premièrement il empêche que le
fang ne coule auec trop grande impctuofité. Se que les cfprits ne foyent difli-
pcs : i. il ya moins de douleur en l'opération, que fi ellefe faifoit auec le Ra-
foir,& même toute la Cure fe fait auec moins de douleur, comme l'êuentmcnc
me l'a fait voir cnplufieurs : la raifon eft à mon aduis, que les nerfs & les
j49 Lmc Cinquième
pâmes ncfucurcs,princîpalcment le pcrîofte,(i toc qu'elles Tentent leferchau(3,
^'c fcdrenc incoiuincnt en haut , de force que laSçicne les touche point,
oi ic r.e puis pas comprendre comme l'on prut couper précisément le période
atiec le Rafoir Se que la Scie puillè auoir Ton pa(ïagclibre,car la Scie venant à
lincontrcr de tous côccs le période, elle fait de grandes douleurs, veilles , fié-
vres,inflammarion & autres dangereux accidents, outre qu'il arriuc des autres
chofes qui augmentent le mal, car la chaleur naturelle étant fort diminuée en
la paccicjil ne faut pas douter qu'on ne l'arroiblifîe encor d'auantage. Ci on cou-
pe la chair &c les nerfs auec vn couftciu froid , y adioutant encor en fuittc des
mcdicamcnrs rafraichîfîàntspour répercuter les huracurs,veu que félon le dire
d'Hippocrate, le froid mord les vlcetes 6cc. mais auec le Cautère Culcellaire,
on fcpare entièrement le période, car des qu'il a fcnti le feu , étant vue par-
tie ncrucufe , il fe retire incontinent en haut & en bas , & la Scie trouuc ic
patfagc libre fans aucune partie nerucuie : en après par le moyen de cette cha-
leur, la naturelle en cd fortifiée , qui ctoit comme perdue en la partie: &
comme îccUc, ainfi que dit encor Hippocrace;cd amie des vlceres , -des os 5c
des parues qui (ontà découuert,des nerfs >5c de toutes les parties' nerueufcs, &
qu'elle appaifc aufTi la douleur, la playc vient incontinent à fuppurarion , de
f'3rte que tout cd après en feuretc : i'en parle par expérience, car i'ay coupé
des membres à plufieurs par cette metho Je, & ay guéri le tronc , de forK;
qu'à pêne fc font ils plains de la douleur , encor moins ed-il furuenu aucune
enflure au tronc : Il y a bien vn pa(ïàgc dans Hippocrace qui femble être con-
traire , quand il dit, que le fou ed ennemi des nerfs .• mais il ne parle pas en
ce pairagc des nerfs coupés ou odl-nsés , ains de ceux qui n'ont point de mal,
aulquels certainement le feu cd très* contraire , à caufe de fa chaleur & fubti-
îicé , qui fait qu'il pénètre iufqu'à eux, les faifanc retirer 5c caufant de la dou-
leur ; Il n'en ed pas ainfi des nerfs otfjucés , carveuque, comme dit Ga-
lien, plufieurs chofes font rendues meilleures par l'approche du feu, lequel
didbut ôc icpare toutes chofes , qui ed-ce qui ne voit que le Cautère ed de
grand vfage , en vue Ci grande pourriture amaliée autour des nerfs : & quoy
que les chofes aillent ainfi , il ne s'enfuit pas pourtant que cette mediode de
couper vn membre fur le mo4:c,& de brûler le rede de la chair corrompue auec
leCautcre , foicàapprouuer , car cette grande combudion qu'il faut faire,
non feulement échauffe outre mcfure les nerfs, maisaudi les brûle tellement
C parce qu'ils font encor en la partie morte , de forte que quoy qu'ils foycnt
coupés, ils ne peuuent neantmoins plus remonter en haut » J & les fait fi
fort retirer, qu'il furuient des douleurs fort grandes , veilles &c autres acci-
dents, la graille auflî quied en la partie vient à le fondre auec les humeurs,
outre qu'il s'y fait vnc nouuellc dcfluxion, autrement les nerfs ne deman»
dent qucia chaleur qui âpaifc leurs douleurs , comme on le peut voir en i'ob-
(cimÛQa jj. liu. i» Que fi le malade cd icunc , robude & abonde en fang,
&
des Opérations dcChiruigîe* 511 .
ôcCih pourriture tft prcTque paru: nue iafquau lieu ou rampiiratiô le doit fai-
rc,il cft nccclïàire de lailîcr couler quelque peu de fang,car par ce moyc tout le
corps en a quelque rafiaichillemcnt,(?c Te trouuc plus Icger après auoir pose ce
fardeaUjtTiéme il reprend It s forces auec diminution de tous les accidcnts-.ray
fouuent arrête riinsmotihagic en d<:s mnladcs de cette nature, après auoir cou-
pe les mcmbres,par le moyen de ma poudre, fans me fcruir du Cautère ?ctiicl:
il eft neantmoins bon,que le Chirurgien tienne des fers chauds tous prefl:s,afîn
qu'ils s'en puillc feruir,!! d'auanturc la poudre ne fuffiloit pas pour arrêter l'hx-
fn orihagie.
Or la poudre ne doit pas être mifc fur vn grand plumaceau {cul d'ctoupes,
comme quelques \ns ont accouftumc , mais fur pluficurs , car il eft comme
inutile, & ne peut pas fuffire pour boucher les vaifîeaux qui fc retirent en haut
incontinent après l'incifion , vcu que rimpcruoiitc du lang détrempe ^
chafîè la poudre : voilà pourquoy le Chirurgien doit auoit pluficurs petits
plumaceauxbien prcfscs ôi épais, trempes en vn blanc d'œuf & bicncouuerts
de poudre adftringente , leiqucls il doit mettre^l'vn après l'autre , fur ks
orifices des vénes Se des artères, iufqu a-ce que le tronc en foit tout couuerr.
Sur la fin il en appliquera vn de telle grandeur qu'il puiife couurir tout le
tronc, qu'il trempera aufïî en vn blanc d'œuf & couurira de poudre , met-
tant par delîiis lavefliede bœuf, & en fin des bandes trempées en oxycrar^
que l'on bandci a bien ferme pour retenir la poudre : Galicn Se Auiccnnc
après luy, &: des autres feferuentd'vne autre méthode pour arrêter le fang,
aîlauoir de la ligature des vailîèaux laquelle eft conuenable , principalcm.enc
pour les corps robuftes & pleins de fang , & en ceux aufquels l'hœmorragic
n'cft pas fi dàngercufe; car il faut du temps pour lier vn vailTcau l'vn après
l'autrejfinon que le Chirurgien ait la main fort prompte jmais en ceux qui font
délicats & exténués, on ne s'en peut fcruir fans danger , au cohtraire il le faut
promptemcnt arrêter : Que fi on a été contraint de couper le membre à la
racine de la chair pourrie , cette manière ne peut pas non plus auoir lieu,
car il eft necelFairc de corriger cette corruption auec le Cautère cduehcllc eft
auflî bonne pour ceux qui font de petit cœur . Se qui appréhendent extrême-
ment le fer chaud:Si tôt donc que le Chirurgien aura coupc-l'os auec h Scie, il
prendra auec les pincettes reprefentées ci-detTous,lc vaillcau le plus apparêr,&
l'ayant vn peu tiré à foy, incontinent le compagnon le liera bien ferré auec vn
filet de chanvre, marqué A,& cep:ndantquele Chirurgien & le compagion
lient vn des vailîèaux , vn troificmc bouchera les autres auec les doigts,pour
empêcher tant qu'il luy fi;ra polfiblerimpctuofitc du fang : que fi paraucnture
il âtrape quelque morceau de chair auec la vcnc & l'artère , il n'y a point de
danger, & le vailïcaa n'en fera que tant mieux bouché : les vailïcaux ayants
été ainfi diligemment liés > il ne laiilèra p«s d'y mettre encor pour plur
$10 Liurc Cinquième
de iaitctc des plumaceaux de poil de licvrc, ou de cotton trempes en vn blanc
d'œuf, & couuerts de poudre adftringente, & en fuittc la veffic de bœuf auec
les bandes.
Fiinre 6. de la Table XV I*
A c'eft vn fil retors entrepafsc , & faut que le Chirurgien en ait cinq ou fix
tous prefts : il le faut mettre fur les Tenailles, afin que le compagnon le puif-
fe faire gliflcr promptementfur le vailFeau Se faiie le nœud, Ci tôt que le Chi-
rurgien Taura attrape.
B vn relTort qui tient les Tenailles ouuertes.
Qne fi la vcneou lartcre s'eft retirée en haut , de forte que l'on ne puilfc pas
l'attraper auec les précédentes Tenailles, qui (ont larges, faites en bec d'oyc,il
fc faut fcruir des fuiuanres faites en bec de Cicogne , Figure 7. table XVl.
Quelques vns, après que le membre eft coupe, & que l'on a arrête le fang,
font vne coufture en croix auec vn long filet de foye, & ferrent tant qu'ils peu-
uent les bords de la playe : mais ie ne fçaurois âprouuer cette méthode, car le
tronc venant à s'enfler après l'opération , cette future augmeute fort les dou-
leurs, &: le filet déchire la peau, la chair venant à enfler, ainfila future fe dé-
fait & l'opération eft inutile; elle empêche aufll qu'on ne puillcâpliqucrbicnà
propos lesplumaceaux fur l'orifice àzz vailïèaux,(i d'auenture il furuenoit vne
nouuelle hsmorrhagie.
Le fang étant arrêté & le" tronc bandé , il faut lailfcr le premier âpaicil
iufqu'au troifiéme iour, pouréuiter le danger d'ha^morrhagic : oignan: ce-
pendant deux fois le iour toute la cuilfe ou le bras , auec huylc refit ou myr-
thin, renouuelant aufl] tous \zs iours le Defcnfif : puis quand \z Chirurgien
voudra ôter le premier âuiarciLil aura encor trois ou quatre petits plumaceaux
tousprefts, accommodés comme eft dit ci-dellus : i] faut tout âpliqucr dou-
cement, laiiîant neantmoins les plumaceaux qu'on a mis au premier âpareil,
s'ils tiennent tant foit peu, iufqu'au iour fuiuant: que s'ils s'oftcnt aisément &
tombcHt comme d'eux mêmes, il en faut mettre des autres , & du clurpis {zz
fur l'os, mettant le Digeftif fuiuant, fur tout le refte de la playe : IJi. terebinîh.
lot£ in acj . plamag. ^ii], ol.ro/kc. amygà. à, an.^j. g. elemi dijjôltui' cum diSîis
ciels c^ colati t^Ç>. croci'^'].fn.f. vngu, additoonivitello : on ne changera point
ces remèdes que la fuppuration ne foit faite , & principalement le Dcfenfif,
faupoudrant toufiours de la poudre adftringente , iuf^u'à ce que le danger
d'hasmorrhagie foitpafsé : alors le Digeftif étant ôté on mundifiera l'vlccre,
SLntzXzmonài^ciiùi defucco api) : Il faut cependant elliyer d'amener en basla
peau & les mufclesqui ont été tirés en haut, afin qu'ils pullf^nt couvrir dere-
chef peu à peu les extrémités Aqs os, de forte qu'après que la cicatrice fera fai-
te, cette peau & ces mîifcles feruent comm; de coulîincts à ces extrémités dç:s
os.
des Opérations de Chirurgie. 51 3
& pour cet effet quelques vus coufcnt en croix les leurcsdcla playe, aufllrôt
après ropcration.ainil lis amcncnc h peau &: h chair Ivnc contre l'autre: mais
ic n approuuc pas cette procédure , à laquelle ic prcfcrc la future fcche que
ie fais en cette manière ; la playc ayant fuppurc. Se n'y ayant plus d'inflam-
mation , i'appliqiicvn linge qnied de telle longueur, qu'il peut faire tout le
tour du tronc, cnduifant l'cmplarre fu.'uanr, Si le mettant fur Us bords de la
playe , mais en forte qu'il ne les touche pas, lailfant qui^lî l'cpailfcur du pe-
tit doigt d'cfpace entre ks lèvres de la pbye ôc l'emplartre : iccluy étani bien
delfechc & colle , ie fais palier le leademain vue cguille aucc du fil , ôc iinli
i'amene les lèvres de la playe l'vne contre l'autre , tout de même que fi i'a-
uois coufu la peau & la chair, voici la dcfcriprion de la colle de laquelle ic
nie fers : ^. far. ''oolatil. ^). manie, thiirisjfangu. dracon. pHluer. rojar. rubr.
gumm. tragac. an. 3^). rn.f. pnluis tenuijf. cui adde albumen vnius oui , ac^. rofar.
<j.f.vt crajjïtiem mellts confequaiitr glmlnum ; maneant in infufione per noUtmi
Jetjuenti die fi nimis fpijjum medicarnen , affunde parum aq. rofar. aut plantao.
En lieu décolle, on ie peutfcruirderEmplâcrc ^r/^^//^<«r/>//j, ou de qucl-
qu'autrcfait tfATp/Vtf H<î«^/f , colophoma& fmi'ibus : Or cette colle fc relâche
quelquefois, ou à caufe de l'abondance du pus , ou parce que le Chirurgien à
applique quelque médicament humide : fi cela arii ue à caufe du pus , il faut
mettre fur la playe de la poudre fuiuancc , qui dclfeche fans mordicarion &:
fait tomber l'extrémité des os , O/i, Rad. ariftoL rot. teniii[f ^uotidiefemel am bis
•vlccrlirifpergendHs : Si ce linge emplaftic vient à tomber, il en faut remettre vn
autre, & à chaque fois qu'il fera debefoin, car c'cft vn remède très allure, qui
ne caufe point de do«,leur ni de danger, duquel on fe peutferuir en toutos les
playcsqui ont bcfoin de future : enfin , cependant que l'on pence la playe, il
faut faire en forte que lesexrrem.ités de l'os viennent à tomber>quiont foufFv.rt
par rattouchem.cntdcla Scie &: de l'air, mettant par ddfus quelque poudre
catagmatiquc, telle qu'cft celle qui a elle ordonnée ci-dcifus: mais le Chirur-
gien fc donnera bien garde de mettre des chofes humides & huyleufes fur les
os dccouucrts en quelque partie du corps qu'ils foyenr, partant il couuiira di-
ligemment les os après l'opération aucc du charpi ('^c & aucc àss poudres ca-
tagmatiqucs : l'os tombera encor plutôt fi après l'opération, on f^it palfer le-
gcrcmentlefer chaud fur l'os, car ilconfumerariiumiditc fupcrfluc &l le for-
tificra,ce que ne peut pas fu're le Cautère potentiel , 6: apportera encor des
autres commodités: mais il faut appliquer Icgcrcment le fer chaud fur l'os,
premièrement parce qu'il n'y a aucune carie , mais feulement vne altération
qui s'y cft faitte par la Sc^it &c par l'air, fccondcmcnt sfîn que la moucUc ne s'c-
chaul-e pas par trop tk qu'il ne vienne vue nouuclle inflammation : l'Euphorbe
aautîi la vertu de faire tomber les efquilles desos , comme aufTi l'empladrc de
Bcthoine. llfiut aufli àés le commencement, comme i'ay dit , couurir foi-
gneufement l'os dccouuert aucc du charpy,iufqu'à ce que la nature l'ait rcuéta
Ttc
514 Liure Cinquième
de quelque chair baueufe, ce qui aiiiuc le lo. ou i4.iour après qu'il a été coupe,
car l'air étant très contraire aux os dccouuerts, la nature les couurc incoiui-
rent de quelque chair baueufe, de (ïous laquelle elle ne laille pas de faire fepara-
lion de cette partie de l'os qui a eflc altérée par l'air , la Scie ou les médica-
ments , laquelle elle f.iit palfcr à traucrs cczie chair baueufe j le couurant
par après d'vne bonne chait & folide, partant ceux là n'ont pas raifon qui ra-
clent tous Icsioursles os découuerts, ou confumcnt cette chair baueufe auec
des Cauftics, car par ce moyen bien (ouuent des playcs récentes fe conuertil-
fent en des vlceres malins & opiniâtres: or les fragments des os ne doiuenc
point être lires par force , mais feulement il les faut ébranler doucement,
lailfant faire le relie à la nature & aux médicaments , il ne faut pourtant pas
attendre qu'ils viennent à tomber auantle trente ou quarante iour , après la
fedlion : il fautaufli confumer la chair fuperflue qui vient fur le tronc auec
poudre d'Alun brûlé on aueclafuiuante, "^. Alum. v/iî ^i], lapid. calamin.
plumhi vfli, cerujjk an. ^j. vitrîoli calc'tn, ^&- m. f. pululs tennij]'. Il faut enfin
xicaznCcr Aucc Y cmplâtïc palrneum, de ceruJJ'aco^a, vngu. deficcatiumn rnbrum
diapompholig. &c femblablcs.
S'il n'y a que la mdnqui foitoftencée, il la faut couper au poignet en la ma-
nière fuiuantc : on amènera la peau vers le coude ôc on la liera bien ferré,
puis on marquera vne ligne auec de l'encre tout autour de la iointure : en
fin quelqu'-homme courageux tiendra bien ferme le bras, de le Chirurgien
empoignera de la main gauche la main qu'il faut couper , ôc fera l'amputa-
tion auec la droite , fuiuant la ligne qui eft marquée , fe feruant du coufteau
reprefeinté ci-deiTus, faifant vn peu pencher la main, car ain(î la iointure fe fe-
parera incontinent, & le Rafoir palîèra fans aucun obllacle, par ce moyen l'o-
pération fera bien- tôt faite: on guérira en f.iitele tronc en la même façon que
i'ay dit de la iambe.
Que fi on doit couper le bras hors de la iointure, il faut couper la chair de
la peau iufqu'à l'os, ou auec le Cautère cultellaire ou autrement , en après il
faut couper l'os , non auec des ciftaux de Menuiiler ou auec lahach;r, comme
font quelques ignoraiits, mais auec la Scie : ôc afin que l'opération aille d'au-
tant mieux, il faut attacher le bras à vn banc: le Chirurgien peut aulli, fi bon
luy fcmblc Ce fcruir de la manche.
Qoanr aux doigts , il ne faut aufli les couper qu'auec le Rafoir ôc la Scie,
le Raloir doit erre petit ôc pointu, s'il faut faire l'opération dans l'articula-
tion , fe fcrua;tde laSçie, fi elle doic être faite hors d'ictlle : le feruiteur
donc tiendra le bras & la main, ôc le Chirurgien empoignera le bout du
doigt auec des pincettes qu'il tiendra bien f.jrme auec la main gauche , cou-
pant l'os auec vne petite fçie ; or il faut obferuer céz ordre quand il faut cou-
per des doigts : s'il faut couper le bout du pouce marqué de la lettre G au
iiure I. chapitre 25. figure j;, dans Vefal , la fc6tion fe fera en la première arti-
culation
des Opérations de Chirurgie. 515
culation : fi la pourriture a pafsc plus auant > fans pourtant auoir atteint la
plus proche qui cft marquée T en la mcmc figure, il faut couper le doigt
au milieu ou eft marque B , que Ci la moitié de l'os' qui eft marqué B ne peut
pas être conferuée , ilfaut faire lafcéticn en la iointurc mcmc marquée T,
& fionnepeutnon plus confcrucr cette partie du pouce qui cft marquée A
en la fufditte figure , il ne faut pourtant pas couper le pouce au milicu,ou l'os
cft marque A ( car l'opération (croit trop mal-aisée pour le Chiiurgicn , &
le malade en fcroit trop incommode , outre la deformité qui fuiuroit J mais
vers le cinquième os du biachiale marqué P : l'opération fe fera ainfi : vu
fcniiteur courageux tiendra bien ferme de la main gauche (sii faut couper le
pouce ou quelqu autre doigts de la main droite] le bras vers le poignet, & de
la main droite il empoignera tous les doigt qu'il tirera doucement contre
Iby , alors le Chirurgien empoignera le pouce de fa main gauche & le tirant
vn peu à foy , il commencera l'iucihon aucc vn Rafoir bien trenehant droit
fijr la iointure marquée T & le portera tout droit iufqu'au 5*. os du Carpe,
ainfi en le tirant à foy du pouce M le coupera aisément d'vn coup.ou en deux;
Que s'il faut couper le pouce en la main gauche, le feruiteur tiendra de fa main
droite le bras au poignet <3c de la gauche les doigts , pui's on procédera en la
même façon que delfus : fi le doigt indice eft corrompu ou carié, il ne faut
pas changer cette méthode, &: l'os fe coupe très aisément au métacarpe ou
poft brachiale, c'eft à dire en la troihéme articulation > comme iel'ay expéri-
menté en quelques vus: il f^ut agir de même en la fedion du petit doigt,
on peut toutes fois couper l'os vers le brachiale ou eft la lettre N dans les CnC-
dittcs figures & aucc peu de pêne : mais il y a plus de difficulté quand il faut
couper le doigt du milieu Ôc de l'annulaire , fi la corruption ou la carie eft
venue iufques la , de foi te qu'il ïaut de neceftité faire lafedion en la troifiéme
articuljtion ou au Poft brachialcjà caufe de la feparation des doigts, car il faut
bailler trois coups de Rafoir : le premier coup fepare le doigt du metacarfc
en la première ariiculation, leiecond <3c le troifiéme coupe la feparation des
doigts des deux collés du doigt.
Par la feparation des doigts, i'entends cette partie charnue qui cft fituce en-
tre la troihéme &i dcrnicreaiticalation des doigts en allant contre la féconde,
comme on peut voir en la fig.i. ch.iy. liu.i.de Vefal désla lettre R iufqu'à D:
. or encette operarion &■ en donnant le troifiéme coup en l'vn ou l'autre des
angles marqué A <!^ B, il peut demeurer quelque chair ou membrane que
le cifeau n'aura pas emporte, (î>(: parce moyen l'opération fera plus difficile
& plus long.ie ; ce qu'ayant conlideié à part moy , & pir quel moyen ie
pouriois o^aritier des malades 6c le Chirurgien en même temps , i'ay
inuenté l'inlhument fuiuant , par lequel on peut couper le doigt en U
deriflriere articulation auec la feparation de côrc Se d'autre , tout d'un coup
& fans aucune difficulté : il faut vfer de la même iprocedure quand il faut
T tr z
515 Liure Cinquième
couper les doigts des pics: c'eftvn cifeaii trcnchant &c aile , duquel la partie
poftcrieure mar<.|nce A cft en demi cercle <?c qui doit auoir vne proportion-
nccgiandcur aucc l'os qu'il faut couper: les ailes marquées B & C doiuent être
longues d'vn pouce & demi, ôc pointues , comme il cfl reprcientc en la fig. i ,
Table XVil.
L'opération doit être faite ainii: après que le corps aura ère prépare, il faut
mt trrc la main fur vn banc ou fur vne rable,que Ton fera tenir par vn homme
rcfolu : puis on marquera bien foigncuremcnt auec de l'encre l'articulation
fur laquelle fe doit f.n're l'amputation ,'& ay^nt pose le cifeau, on frape-
ra delïùs il fort aucc vn m.aillet , que le doigt (oit coupe en vn coup : on
mettra incontinent après ce qui peut arrelter le fang & appaifer la douleur:
ôc quoy que i'ayeimpiouuc ci-delfas l'amputation qui Ce fait par le ciieau &c
des tenailles, ncantiTîoins, puis que de deux maux il faut choilir le moindre,
& que l'on ne pçut pas faire autrement, ie l'ay voulu propolcr plutôt que de
lailfer le malade en danger: or le Ledtcur pourra voir dans Paie comme il faut
âiufter vne iambe de bois, ou vne main de fer après la Cure.
Il y en a qui donnent au malcde auant l'opération quelque médicament nar-
cotic afin qu'il iente moins de douleur, mais ie lais d'aduis, auec Guidon, que
Ton s'en abftienne, car ces médicaments narcotifs font fort dangereux, qui at-
tirent de grands accidents & même la mort , comme i'cn ay veu des exem-
ples; ch. ip. du traité de U oanorene.
OBSERVATION CXXXIV.
T)e ceux qui ont les pies tortus oh de trauers*
1 *auray bien de la pêne de donner aduis fur ce garçon de cinq ans , qui aie
J pié toi tu & rcnuciscf, fans Tauoir vcu,i'aurois defirc que vous m'cufllcs en-
uoyc la figure du défaut , outre que ie ne fçay (\ le mal eft venu d'vne cau(è
violente ou s'^ilTa apporté de la matrice : car s'il ctoit venu d'vnc chute ou
pour auoir ctc tiop rudement manie par celle qui en auoit le foin , certaine-
ment il auroic eu de plus grands accidents des le commencement , comme ie
l'ay vcu il y a quelques années en vn icune Gentil - homme de la maifon
des Ditlpach , lequel s'ctant légèrement entors le pié , quelques igno-
rants ayants fait vne extcnfion trop violente, il luy luruint incontinent àts ac-
cidents très fà- h^ux, & rry vcu la même chofe arriuer en des autres : or il n'eft
rien arriué de (cmbU.blt à voftic maladcjainfi que vous me faites entcndre,mais
de quelle caufe que le mal vi.nne,il ne faut pas dcferpercr de fon rétabliilèment
en l'âge ou il eft, car on m'a fouuenr prefentc des membres tors, que i'ay gué-
ri hcurcufcmcnt en cette ville : l'aprcuue KulTi entièrement la méthode
que
des Opérations de Chirurgie. 517
^uc vousaucs propose , car il faur premièrement ram.ollir ce qui cft endurci
des longtemps par fomentations ik bains de racines & feuilles de guimauue,
mauucjficurs dccamomillcjmelilot/cmencc de lin, fœniigreCj y âioutant delà
betoine , yna aithctica , fleurs de piimula veris & fcmblablcs qui fortifient les
ncifsjles huylcs c mollicntes font aufli à propos, les graiifcs & emplâtres : oi
entre les chofcs qui fortifient les nerfs, i'approuue fingulieremcnt le fuc des
vers de terre & mon huyle de fleurSjCommeaufli l'eau de betoine, de fauge, de
graine de gène vredidillce iansvin :car i'ay remarque en moy méme&: en des
autres que le vin cft ennemi des nerfs tant en dehors qu'en dedans : ie fçay
auffi par expérience que le fuc de vers cft ex-ellent en l'atrophie : tandis que
l'on le fcit de ces remèdes , il ne faut rien lailfer en arrière <\çs remèdes vni-
ucrfels: Mais toute la difHcultc confifte en la fabrique <5c en l'application des
inftrumcnts, car s'ils ne font pas adaptes comme il faut, ni les emoUients ni les
corroborants ne feruiront de rien, partant il faut faire faire les inftrumcnts par
auanccjcar des que l'on fe fcr^ ferui des emoUiiifs , il faut incontinent appli-
quer rinftrument,autremcHt fi l'enfant vouloir cllayer de marchcr,la iointurc
s'entordroit encord*auantagc,partant ilcft necelïairc qu'il demeure au lit tan-
dis que l'on fe feruira des emoUicifs ; la grandeur de rinftrument doit être pro-
portionnée au pic ; or il faur aduertir les parents que la cure ne peut pas fe fai-
re en vn momenr,mais qu'il faut beaucoup de temps, veuque lemaleft inuctc-
rc.car il faut entreprendre la cure des le commencement , & cependant que le
garçon croiftra » fi la iointure qui eft de trauers peut ccrc ferrée par le moyen
du foulicr & del'inftrument qui cft fait de fer blanc ac cache au ioulier, fi elle
peut être ramenée & tournée à fa fituation naturelle , elle fe pourra peu à peu
remettre, mais il eft neceiraire que cet enfant porte rinftrumcntiour& nui^t:
pour rtmcdicr à l'atrophie il faut fouuenc fioter toute la cuilFe auec huylc ou
fuc de vers:i'cfperc que par ce moyen ce défaut pourra être corrigé peu à peu.
Ohfernation^o, Cent.vi.
Voye\ la figure i Je la Table AT/5.
OBSERVATION CXXXV.
Sur le même Suiet,
IE defircrois fçauoîr comme a reiiflî la cure de ce garçon qui auoit le pié
tors,iS<: file modclledc l'inftrumcnt que ie luy ay cnuoyé, a été propre oir
non: iay fait quelques belles cures auec ces inftrumcnts tant aux oies qu'aux
genoux .-mais il faut tiouuervn bon ouurier pour faire de fcmbUbks i«ftr»i-
Tcc 3
5îS Liurc Cinquième
trm\ts Si vn Médecin Uboticiix qui en falFe le modclc de Ces propres mains &
qiû les âicrlle à h partie ; i'en parle par expérience , ayant guéri plafieurs qui
auoycnt les pics cors en dedans &C pluficurs bolTus > mais i'ay été toufiours obli-
ge défaire le modèle moy même.
L'an »589. la femme de Noble Scbaftian HarzWclc , &c. étant enceinte vint
à broncher portant des pantoufles qui auoycnt le talon vn peu haut, dontelle
fut fort cmue,neantmoins elle porta fon enfant à terme & accoucha d'vn fîlsj
quiauoicle pic droit tellement tortu,que les doigts venoyent toucher le mal-
léole du pic en dedans Se tout le pie ctoit tourne en haut vers le gras de la iam-
be,de forte que quand cet enfanr vouloit martherjil nes'appuyoit point fur la
plante du pic mais fur la chenille de dehors.
Plulicurs habiles Médecins <Sc Chirurgiens furent cmploycfs, mais qui tous
n'auancercnt rien : cet enfant ayant palsc les trois ans , on crut qu'il n'y auoit
plus a efperance de le remettre , ncantmoins Ton pcre m'enuoya demander à
Cologne ou ie demeurois pour lors, & me pria d'vfer de toute mon indaftrie
ÔC capacitciayint donc confiderc le mal,i'auouc que ie n'efperois rien, car tout
ctoit dêia endurci , Si ell-ce qu'à la (olU'ciration des parents i'cntrepris ainfi la
cure:premierement comme l'enfant ccoitrobufte & replet, ie Icpiirgeav auant
tout' ccuure par interuallcf, afin de ne pas attirer les humeuts fuperflucs fur la
partie par les bains & fomentations : après la purgation ie me ferais dix ou
douze iours de fuitte de cette decodion emolliente', l'appliquant chaude deux
ou trois fois le iour. !^. /^ad. alih. rnahu an.^ Ç>.h. (jrfior.ifeton. ynx arthet.
jîor. camo7n nKlilot. an.7n.i. fem. Uni & fœriugr. afW^ Ci. am/-^ i. co^nc in decoSlo
capitis & pedum veruecisjfiat fomemmnAc luy faifois tenir le pic dedans vnc demi
heure durant: après la fomentarion i'oignis toute la iambe<3<:la plante du pic
auec rhuyle fuiuante : ^. OI. lilîor. alh* arnygd, dnlc. an. | fi. ol. Linéric. ^ i.
§1, ^ran.mnip.T^ii.m. Puis i'appliquay l'emplatrc fuiuaat. '^. Ernpl. de rnu-
cilag. I i i^»g. Ammoniac. injpiriiH 'luniperino dljjoltiti & percolav , vtrumquc ad
fpijfitHdinem cerAtt cerA nouA \ fi, ol. de vitell. ohoy. ^ i.dijfo'ueje'^t-jfimo îgne,de!fi
adde pulu. fior. béton. ïhx arthet. rofuY.nib. an. ^ i i croci pnluer. htrribric. ter-
reji. rnajUc. oltban. an. 5 i. tn.f. f. a, Ceratum addenda parwa olei rofac.fi opus:
c'cft emplâtre adoucit .extrêmement & foriihe les pairies neiucufcs : le pîc
ayant ctc par ce moyen (ufïiiamment ramolli , ie qijitay les cmollitifs pour
venir aux corroboratifs : mais cependant que ie me fcruois de ceux là, i in-
vcntay vnebotine appropriée à ce mal & en fis moy même vn modèle auec
du fer blanc fort délié, du carton '<: du bois, lequel ic hs f.iiie par après
de fer par vn Serrurier ; Et quoy que le piê futccrangement tortu , neant-
inoinsit; le pouuois aisément ramener à fa foime naturelle après i'vfage'des
cmollitifs & fans faite douleur , mais en ôtant la main il rcprenoit inconti-
nent fa première figure j Et à chaque fois que i'etendois le pic ( ce qu'il
faut
des opérations de Chirurgie. jip
faut bien remarquer^ &queiclay voulois donner la forme naturelle , on
dccouuroit vn grand vuide ou finus entre le malléole interne & la plante du
pic, car le piocclfus de l'appendice iiifeiiciirc de l'os de la iambe qui fait
le malléole interne, ayant longtemps repose fur l'os du Talon , croit enfon-
ce & éloigne de l'os du Talon : & l'Apophyfe du petit Focile qui fait leimal-
Icole externe, auançoit outre' mcfure, faifant tourner tout le pic en dedans:
ilctoitdonc necclfairc ponr réduire le pic en fa fituation naturelle, d'abail^
fer cette émincnce du petit Focile, & d'âlongir tant foit peu ce qui man-
quoit à l'Apophyfe de l'Appendice de l'os de la iambe : l'Art & l'induftrie
repara l'vn,.S<: la Nature l'autre : Or ie veux donner vn exemple de lafaga-
citc de la Nature à conferuer fon indiuidu : i'ay en mon cabinet vn fcc-
lete de chapon qui ayant eu l'os de la cuilTè gauche rompu detrauers,&
l'extrémité de l'os cafsc ayant ctê vnie par delliis l'autre à cau(c du callus qui
s'y ctoit forme, par ce moyen cette cuilfe deuoit être beaucoup plus cour-
te que l'autre , mais la Nature y pouruut, faifant l'os de la iambe d'autant
plus long que le droit , que la cuillè gauche ctoit plus courte que la droite,*
de forte qu'il ne refta aucun' inégalité : Que fi cela arriue aux beftes , pour-
quoy non aux enfants tandis qu'ils croiifent , principalement s'ils font de
bonne conftitution comme ctoit nôtre malade ? Mais pour reuenir à mon
propos , le pic ayant ctc afscs ramolli il falut venir au refte ; l'oignis
donc premièrement toute la cuilfc & le pic auec du fuc de vers mclc auec
eaux de betoine , yua arthetica, (auge & betoine , puis i'appliquay l'cmpla-
tre fuiuant qui fortifie extrêmement. ^. Empl. Slotanîl ii u G, Elemi pu-
rijfimi i cer&nouAan.^i. pulHer.maJîich. olibani y pu/u. lnmbricor. a^ua com-
muni lotoYum & exjïccator. an. 5 i i. rofar. rub. balaufl- nucum cnprejf. an. 5 /.
CHmf. Cf. olei lurnbric.f. Ceratum ^ fupra almam extendatur : Il le faut ap-
pliquer & renouueler de fix en Çi-x. iours : Puis ayant remis k pic en fa for-
me naturelle, ce que ic pus faire aisément & fans douleur , iemis le pic c^ns
rinftrumentfuiuantjou ilctoit fibien lo^qu'il ctoit impotTibic qu'il put re-
uenir en fa première figure contre nature , finth^queparauentureles bandes ôc
les liens fefuflènt relâchés «Se défaits.
Dejignation des Figures 3, ^ ^. de U
Table XV l L.
La première rcprcfentc le dedans de l'inftrument, principalement pour faire
voit ic repli de la lame A A car par le moyen d'iccllcqui cft marquée D en
la féconde fou d'cnhaut) la plante du piécft tournée en dedans vers le jualkolc
52.0 Liure Cinquième
interne : celle qui cil faite de toile doit être bien attachée à l'inflrumcnt de
peur qu'elle ne bouge de fa place,& afin que cela fe face plus commodcmcnr,il
faut mettre vne attelle de bois enuelopce d'ctoupes &c de toile au dedans de la
iambe,laquelle il faut attacher auec vne bande & des fortes courroycs.
Or cet inftrumcnt étant bien attaché par tout, s'il aduenoit qu'il vint à fc
relâcher vers le talon 2c la plante du pié,on le pourra aisément tirer en hiut
par le moyen dz la vis marquée en la féconde 5c croinéme figure , car il auicnt
fort rarement qu'il foit necelfaire de défaire les courroyes , bandages ôc autres
ligatures,n'y ayaut rien à faire linon à tenir le pié immobile : icsluy ayant été
bien lictSc arreiCjCette eminence delà Fibula fut enfoncée ou du moins on fit
en forte qu'elle ne s'auança pas par tiop,& l'apophyfc de l'inf.rieure Appendi-
ce de l'os delaiambe put croître 6c remplir peu à peu ce vuide qui étoi: vers le
malléole interne ; parce m.oyen la dcformité du pié fut corrigée,de force que
quand il marchoit ou n'en remarquoit aucune trace , comme ie l'ay yeu moy
♦jnéme reucnant du pays de Hellcn en l'an i6ij, a Mayence, ou il çr,Sit Cha-
noine.
Or telle forte decuies requièrent beaucoup de temps & vne grande diligcn-
cc>car on ne fait rien par force, vcu qu'on a bdoiu du f^cours de la nature qui
corrige cette dcformité h elle eft aidée par l'induftrie du Médecin , comme ie
l'ay expérimenté en ce malade , car cette incommodicc écoic déia inuererc;,
partant ie me ieruis vu an enuerOk d'auantage de cêtînftrument : i'y mis par '
après vne botine faite de même façon, de laquelle il s'eftauffi fcrui quelques an-
nées fansaucune incommodité:mais comme les er.fants croillcacil faut rcnou-
ueler cet inftrument à chaque fois qu'il efl: neceilaire : or la CàaCi: pour laquel-
le il ne fut pas remis par les Médecins qui le traitèrent auaat moy , q joy qu'ils
fulfenthabiles,ne dépend pas des médicaments qui farcntOi donnés à propos,
mais par manque ;de bocincs ? Parquoy il faut que le Médecin déployé route
fon induftrie à inucntcr des inilrum.ents fans kfquels les mcillieuis médica-
ments ne feruiront de rien.
Qjes'ily a quelque tortuo/îtc es pics des enfants nouucausnîs,la Curcn'cft
pas 11 difficile , pourueu que Ton ait des botines bien propres , comme ie l'ay
veu en l'an i6ii. en vn enfint de Monfieur Benoii Doube de Morar, lequel ccant
né auec des pies tortus & comme raonrtrueux,il me fut apporté quelque temps
tpres à Berne, où ie le remis heureufement enl'efpace de huit ou dix mois, mais
ie ncmefcruis d'aucun emollicnt, par ce que tout êcoit encor mol & flexible:
ic comqiençay donc &c a:heuay .la Cure par les corroborntifi Ipccifîés ci-dcf-
fus, ayant ncantmoins âiouté la botine rcprcfcntée ci-dcllous de cuiure délié,
mais fi bien faite qu'elle relïèmbloit à vn pié .• ie lauay auparauant les cuilles
auec lesfufdittes eauxtiédes, &C mis vn emplaltre corroboratif fur Ici malléoles,
puis i'enuclopayles pies &: les ïambes iufqu'aux genoux aue.: des bandes de
lin, (3c en fin de peur que les pics en les oignante ban danr,ne foitilfent de leur
place
des Opérations de Chirurgie. 51ï
place, l'y fis mettre les botincs rcprefcntces en la tabh XVII. Figure 5. &: 6.
A A des lames de cuiuic faites au modelé d'vn pic bien forme.
B B vnc peau qui eft au milieu, à laquelle ces lames font attachées, dcpeuc
qu'elles ne fortcnt hors de leur phice ôc que le talon ë<. le gros tendon qui y
âboutif,ne foit prefsc ôc iou\c:Obferu^o.C€m V l .
OBSERVATION CXXXVI.
Sur le même Suîet.
L*An l'îoo-Ia femme dcMt'. Claude Rolas Châtelain du Chàretu de Mont,
près de Rôles fur le Lac de G:-neuc, étant enceinte de Ton premier enfant &
au fécond moisde fi g;oirciîe,pairant auprès d'vn gibet , & regardant auec trop
d'attention vn Voleur quictoit fur la roue, à qui on auoit rompu les iambes,
engendra vne fille qui auoit la iambc droite extrêmement difforme : ayant
ctc demandé le 23. Février iGoi.'k trouuay qu'elle n'y auoit point de palette,U
ïambe fort extcnuée,n'ayanr point de proportion auec l'autrcjétai.t retirée vers
iacuiirefans lapouuoir étendre: car les os delaiambeneréponcioyent pas à l'os
de la cuilïcpour faire vne iointurc, mais ctarrrs retirés en haut, ils rempliffoyent
la cauité qui eft au bas de l'os de la cuill -, de forte que celui cy auançoic quel-
que peu en dehors:aii;/î rosdelacuiircn'etoit pas large ,î\: pia:,comme ilelî or-
dinairement vers legcnouil, & n'auoirpas les deux telles ou appendices, iSc en-
cor moins l'interualie qui eft entre icelles-. mais étoit vn peu longuet, hniirant
en pointe, le pic s'étoii aufi'i retu'é vers le gras de la iambe, les os d'iccllc auan-
çants en dehors tout de même que czu\ de la cuilfe.
Orquoyque les deux articulations p:uiîcnt aisément être rncnées de côté
6c d'autre.h eft ce qu'on ne les pouuoit remettre qu'aucc peine dans leur place
naturelle, ni les y retenir quand 01 l:s auoic placés, Se ce non fculemient à caufc
de la foibleire des iigamen:£,maisaufli parce que ces os n'auoyent ni leurs ca-
uitcs ni leurs cxtuberatTfcs^par le moyen defquelles ils s'cmbjirent les vus dans
\es autres:ienc vo.ilus pas pour cette raifon y mettie la main:on âpelaauiTi quei-
qu'autres apresmondepari,maisen vain:cette fille eft encorviuaute,tres belle &:
très bien formée quant au rcft.-, marchant fur des cfchalîrs de fort bonne grâce,
étant venue non leulcmcnrà l'âge deconfiftcncc, mais mêmes ayant eu des en-
fmzs:0l?ferH.^6.Cent.^.
o
OBSERVATION CXXXVII.
Des cors aux piés^ ou clous.
N met ordinairement les clous des pies au nombre des légères incon;i-
modités , mais mal à propos , car lî on fait quelque faute en traictant ce
V a 11
^2.1 Liure Cinquième
mal, il le conuertit aîscmenc en vn plus grand : i'ay oay dire à desgents dignes
de foy qu'vn Confciller du Duc de Sauoye en c:ou mort , & i'ay ven qu:lqiie
choie de ft-mblal^leen vn Paibier, auquel ayant coup:^ vn petit clou qui étoic
commevue verrue au bouc du pouce droit, il mit à mou inlçsu vu peu d'ac-
k nie fur le lieu, & peu s\n falut qu'il n'en mourut : cela arriue quand des
ignorants & téméraires coupent ces doux ou durillons iufqu'à la chair viue &
puis y mettent vnc goutte ou deux d'huylc de vitriol ou d'eau forte ou bien
vn pcud'arfenicj.-equicaufc des violentes douleurs , des inflammationSjCon-
uullionSjdcfallb.nLCs ^ autres giands acciàcnts,commc il ariiua à ce Confcil-
ler du Duc de 5auoye:i'ay donc trouuc vue autre méthode par laquelle ie les ay
gucris en m;>y même,en ma ftmme &l en des autres , &r prcmicremenc comme
ce mal vient pour auoir poitc JesTouliers trop étroits , il les faut quitter 8c en
faire de cuir mol (S: fouplejccmmccft le marroquin , puison fera faire le bain
fuiuant rcmolliiif pour les piés.'^.Rjd.alth. malnMlior. alhor.fcrophuf.ma.an.^i.
fol.viûLir.a!th££,malH<t jior.camofn. mel.an.m,i.femin.irai.fœ.ûu^r. aneth.an.'^t.inci-
dantur & cor.tundanur ornriia groJJ'o modo , so^nantnr in acjiia , On trempera les
pics en cciiz decotlion rcfpacc d'vne heure , deux heures après fonper , & les
ayant elluyé au:c des linges chauds, on réitérera le bain le lendemain & le iour
f aiuant:ces clous ayants ctc ainii ram.ollis,on coupera auec le rafoir tout ce qui
cft dur,mais peu à peu & en la lui face jii.fques à la iacine(ce qui fe fait fans d®u-
leur_^apres on mettra defîus de IVmplatre de ciguë étendu fur vne peau fort dc-
lice5le liant auec vne bande de lin, afin qu'il y demeure iour & nuit, il faut rc-
ncuuelcr au commencement de quatre en quatre iours , &: puis tous les mois,
le portatît longtemps &c mcfmes vnc année entière , ce qui fe fait fans aucune
incommodité,6ic. Ohfern.C. Centnr.VL
OBSERVATION CXXXVIII.
D'vne varice en la iambe auec '•dcere.
L'An 1589. i'ay vcu prés d'Hildcn vn homme de 40. ans, très robuftc & de
bonne conll:i:ution,nomrrié A-iolphe Autfdem Bruch.qui auoit vn vlcere
malin & inuctcrc en la iambe gauche nuec vne vaiice de prodigieufe grandeur,
car elle étoit de la groflcnr de mon bras vers le poignet, &prclquc de la 1 on-
gueur de douze pouces, elle commençoitauiarret uC déccndoitvers le pié,fai-
lant deux tours de iambe:mais ce qui cil le plus remarquablejfi tort qu'il leuoic
la iambe en haut, le fang fe retiroit incontinent , àc la mettant à terre il dccea-
doit derechef en vnm.oment , Pour le dire en vnmot,lefat3galloit & venoit
tout de m.cme que s'il eut été enfermé en vn tuyau : or comme les vlceres
variqueux
des Opérations de Chirurgie, $25
variqdcux nefegucn(lentpoinr,c]ue la varice ne foie coupcc,i'ciitrepris ainfi la
cure, le luy ordonnay premièrement vnc bonne façon de viarc , ielepurgeay
par interuallc3j& tiray du fang au bras de même côté, puis ayant mis le malade
îur vn banCjiefeparay doucement la peau d'nuec la vêne au iarret, puis faifant
palîèr réguille & vn lîl retors, i'artrapay la varice &: fis le même au bas d'icel-
ie : mais auant que ferrer le filet & faire le nœud , ie luy fis mettre la iambe à
terre 'pour faire decendre le fang, car i'apprch:ndois que dcuenant trop fubtil
par CCS allées & venues , il n'apporta quelque incommodité , enfin ie fcrray le
filet premièrement au haut de la varice & fis vn nœud , faifant le même au bas:
ie baillay par après vn coup de lancette ^ la varice auprès du nœud d'enhaut,
afin de bailler iîfue au fang qui y ctoit enfermé comme dans vn fac : mais re-
marquant que le fang fortoiren trop grande quantité à proportion de la gran-
deur de la varice,& regardant attcntiuement l'endroit, ie trouuay vn conduit
caché qui entroit dans la varice au dcffous de la ligature , lequel ne pounant
pas être lié auec vn fil , ie mis vn peu de mon cfcharoftic fur Ion oiifice,^: en
fuite de ma poudre à arrêter le fang en abondance, m.clée auec vn blanc d'œuf,
liant le tout auec vne bande trempée en oxycrat iufqucs au lendemain : ie pcn-
çay après la playe , comme les autres fans rien lailïèr en arrière de ce qui con-
cernoit l'vlccre,purgeant le corps par interualles ,'il fut par ce moyen très bien
remis, Obfem. ^^.Cent.lV.
OBSERVATION CXXXIX.
AàuertiJJement au Chirurgien quand il doit couper
quelque membre.
EN toutes mes Opérations ie fais mes préparatifs trois ou quatre iours par
auance , me rcmctrant toufiours en mémoire ccquiarriua vn iour àvn re-
nommé Chaftreur appelé André Vitcllius,lequel ayant coupé vne Tumeur en
la cuilFe au Comte de Waldck,5c: n'ayant pas de la poudre pour arrêter le fang
ni des Cautères aélucls , ce Seigneur mourut tandis qu'il accourut à la cuifise
pour faire rougir vn fer. Au traité de la Lithotomie chap.u.
c
OBSERVATION C X L
Z>V«tf mortfubîtc arriuce en coupant vne Tumeur fchirreufe,
Hacun fçait que la connoiifancc de l'Anatomie eft necefïàirc à vn Chi-
iurgicn,mais en voici vn exemple bien remarquable : vn Gentilhomme
V u u z
5t4 Liure Cinquième
Allemand de grande réputation, auoit vn tubercule au dedans de la cuilïè, qui
luy ctoit venu pour aller tropfouuent à c(ieuai& de quelqu'autre caufe : Au
commencement Se i'efpace de quelques années, il ne luy donnoit pas beau-
coup de pcine,mais comme il au-inçoit en âge,cctte tumeur augmenta ôc luy
6t de Udoulcur,àcaulc de laquelle il prit rcfolution de fe la faire ôter , Se s'a,-
drclîàà vn EmpiriCjhardi entrepreneur > mais pourtant très heureux dans les
Opérations de Chirurgic,qiioy qu'il n'entendit rien en l'Anatomie : ayant atta-
che ce Seigneur à vn banc. Se fansauoir égard à vn rameau confidernblc qui
pallè au iarret par le dedans de la cuilfe , il le coupa auec le rafoir qu'il porta
trop auanr , Se comme il n'auoit aucun Cautère adluel tout preft , & le fang
coulant sbondamment Scauec impetuofitéjil mourut furie champ. Oiffem.îi,
Cemur.^.
OBSERVATION CXLI.
De t extirpation d'vn grand fleatome.
VN Certain Ican Giraud de la Four âgé de <?o.ans, homme robufte Se bien
conftirué,auoit vn fteatome au dos vers la fin àts vertèbres du col, lequel
ctoit venu à vne telle grolfeur qu'il s'ennuya de porter ce lourd fardeau, quoy
qu'il ne luy fit aucune doulcur,ce qui l'obligea de s'addrcfler à dt% experts Mc-
ilecins Se Chirurgiens:il y auoit en ce temps à Laufanne vn excellent Médecin
Chirurgien,nomm€ lean Gritfon,mon Maître , lequel à l'inftance du malade Sc
lies affiliants entreprit la cure en cette manière , premièrement i\ luy ordonna
vne bonne façon de viure , le faifant abftenir de vin Se de toutes chofes chau-
des quelque temps auant l'opération : illuy donna cependant des apozcmes Se
des purgarifs & hjyouuritla vêuc .: le corps ayant été (ufïîl^mmcntpreparé,il
coupa la peau tout autour de la tumeur iufques à la chair , pi^^is après il fepara
auec les ongles toute cette partie de la tumeur qui alloît contre l'échiné aucc
fa membrane & l'arracha cntieremcnt,mcttant à l'iiiftantmêmc (cequiétoit le
principal ) fur la playe, ce qui pouuoit arrêter l'haeraôrrhagie , la traitant par
après comme les autres: cette cxcrefccnce mife à la balance après l'opération,
pcfa !cpt liiircs : il a vécu ^'lulîeurs années après fans aucune incommodité : Ob^
feruation i^ . C er.t V I .
LIVRE
5iJ
LIVRE SIXIEME
DES
OBSERVATIONS CHIRVRGIQVES
DE MFABRITIVS
DE H I L D E N-
Qui contient les Obfermttons mêlées.
OBSERVATION PREMIERE.
^ue [a maladie vénérienne efl contagieufe fans copulation^
E n't ft pas vne chofe raie que la maladie 7c-
nerienne fe communique par le moyen des
habit? , comme ie l'ay quelquefois remarqué,
en voici vn exemple, vnc Damoifcllc de Du{^
feldorpi s'étnnc rrouuc dans vne afTmblcc ou
plulîcurs Gentil- hommes celebroyent la feftc
des Roys , quelques icunes hommes pri-
rent des h.ibits de tilles , &: au contraire
les filles rcuctirent les chaudes & habits de
ccsieunes hommes : il arriua vn peu après
que celle ci fentit vne doukur aux parties
hontcufes aucc dcmangement,& incontinent il s'yclcuades puftules& vlccrcs
V wi 3
S^^ Liure Sixième
rr.Alins fans ofer le faire entendre à fa mcre, iiifqii'à-ce que ces vlcelcs venants
i augmenter aue-c la douleur, à pcne pouuoic-cUe marcher : ayant été finale-
mctu dcmandé,ie trouuay que les parties honteufes , vne partie du col de la
veflie & de la matrice êcoyent rongées d'vn vlcerc très puant iufqu'au gros
boyau, les deux fphindlcrs étoycnt au(fi rongés, à caufe dequoy elle ne pou-
uoit retenir ni Ton vrinc ni fes excréments : c'ctoitvne chofe horrible à voir,
car outre l'vlcerejil y auoit des douleurs extrêmes, fièvre continue & ardente,
veilles, nauscc&dcgoaft : elle mourut en cette mifcrc en peu de iours : or
comme auant fa mortjfes parents ctoyenten pcncpour découuiir la caufe de
ce mal, & voulurent prcllcntirfiquelqu'vn l'aiioit approche de trop prés , elle
alluraauec mille ferments que iamais homme ne l'aucit touché : mais après
vne recerchc , on fçeut que le ieunc 'lomme duquel elle auoit pris le haut de
chaulfc, ctoit vilainement entaché du mal vénérien, Ohf. loo. Cerit. f.
OBSERVATION II.
Sur le même fuiet,
E N Tan i<$c9. vn payfan prés de Payerne , s'ctant extrêmement échauffe
en temps de moilloii, fe gorgca d'eau froide, après quoy il tomba en vne
fièvre continue, de laquelle il fut guéri fans médicaments : mais la nature
voulant chalfcr les mauuaifes humeurs qui étoycnt dans lés vénes de dehors , il
s'engendra des puftules par tout le corps , à caufe dequoy il s'addreifa à vn
payfan qui guerillbit les maladies des bcites : lequel pcrfuada à ce mifcrable
qu'il êtoit malade de la vérole , ôi ayant touché de l'argent par auancc , il le
mit en vn lit où il y auoit des linceuls extrêmement fales,oii plusieurs iufc<5tés
de ce malauoyent couché, dans lequel ce bon payfan s'infeda tellement , que
s*étant finalement addrelsé à moy, ie ne pus iamais, par manière de dire, le
guérir, ni par le fer ni par le feu , à moins forte raifon par médicaments,
mourant enfin miferablem.ent : on voit par là que la plufpart des Chirlatans
font méchants & impofteurs, qui pourvu petit gain & pour ne mettre pasîc
malade en dcfpends , veulent auec vne once ou deux de mercure guérir les
malades , agilîànts contre leur confcience , contre les préceptes "de l'Art &
contre la charité Chrétienne, mettants les malades en vn iid défi» infcélé par
des autres : Obferu, loo. Cent. 5.
OBSER-
des Opérations cîe Chirurgie. 517
OBSERVATION III.
T)e flûOriClion par le v^far^^ent.
EN May 1610. vn garçon âge de dix ans ioliànt suce des autres , tomba fur -
quelque chufc de dur & k blciTa vers l'œil gauche, là où l'os iugil nuan-
ce , auec contafion de l'os : ks Barbiers qui ie pcnçoycnt, ayants êrc des
mois entiers autour de cette phye, & ayants tires quelques petits os , ne la
pcurcntiamais cicatrifer , 0:1 fe f^ruit enfin d vu certain qui croit en fçauoir
plus que Podalyre : icduy cftimant que cet enfant ctoit d.tcnu du mal que l'on
appelé d'vn mot fort mal propre, dte talie lahme qui Cignids goutte froide,
fans auoir aucunement prépare le corps , oignit ce pauure malade r qui n*a-
uoitpasencorpafscdixansjj auec du mercure, & dans vn poile deftinc à ce-
la des long temps, oul'on traite ceux qui font inf;dcs de la maladie vénérien-
ne , duquel non Iculemenc l'air, maisauflî les murailles font entachées de ce
venin meruurial , donnants vnc odeur puante Jk pcftil.ntc , & fi des perfon-
nes faines faifoycnt quelque feiour , lans difficulté il fe trouueroyent incom-
modes de faliuation&: d'viceres de genciues : or il luy oignit non feulement
les i'ointures mais anflî la nu^ue du col , après qiioy les humeurs montèrent
de tout le corps en haut en fi giande abondance, que la langue, lesgenciues &
toute la tcte enflèrent prodigieufemcnt , auec vnc fi grande inflammation dts
genciues & de labouche, vne telle faliuation 3c âbatemcnt de forces , que ce
garçon fut quelques iours de fuite en danger de la vie : il en cchapa à la fin,
mais dés ce temps il a le col tout farci de nœuJs & d'ccroii.llc? : il fe verfa
aufli des humeurs fi acrcs,5<: en fi g.ande abondance fur ks ycux>qu'il en a per-
du il y a long temps la vtiis du gauche, auec grand danger que le même n'ar-
riue au droit par la continuation delà dcfluxion & des pullules qui y naill^nt:
ilfoufficauffi des extrêmes douleurs, & luy fort à loidinaire quantité de
matière de l'oreille gauche, qui eft quelquefois purulente , quelquefois fan-
glante auec dcprauation de l'ouye : or non feulement l'vlcere qu'il a en l'os
iugal gaurhe ert ouuert, mais il en eft encor venu vn autre vers l'œil droit à
caufe d'vne dcfluxion , IVn <Sc l'autre airurcracnt étant accompaa.ié de c^ric
en l'os : tout le col auiîî auec les oreilles 3c ks aines font ccorchés : après f'a-
uoir purgé, ie lav ay fait vn feton appliquant tous les iouis des collyres ano»
dyns, mais ic ne fçay qu'elle en fera l'ilUie. Ohfertm- 91. Cent- 5.
52.8 Liure Sixième
!
OBSERVATION IV.
De la Ceinture ointe de mercure,
ENtrc les médicaments defquels fe ferucnt auiourd'huy les Charlatans, ôc
' par lefqucls ils rendent infâme la Chirurgie, certaincm :nt la Ceinture de
mercure cft de grande réputation parrri le peuple , principalement contre la
gale, & pour picferuer de la vermine cejxqui voyagent : cetfe cciixurc a deux
doigts de largeur,faite d'vne lifiere de diapjlaqucUc on oint de vif argent cru J
mclc aucc graille de porc , la mcrtant furies Reins nuds : vne Dame de
Eaflcâgred*cnuiron4 J. ans, L-obuftc&: replettc , ayantmisen i6i'.vne fcm-
blable Ceinture, à caufe de quelque démnngcmcnt qu'elle auoit par tout le
corps,& l'ayant porte ioar& nui: trois lemaincs, elle fut véritablement gucti-
de fa galle éc de fon demangemcnt, mais elle tomba en vn mal bien plus grand,
car ccant furuena vne lali'.iation auec exulceration desgenciues ^ pcfinteur d_-
tctc,com.mc elle voulut forcir du lit vn Dimanche , elle fut faifie d'vne nausée
aucc vn certain abatement de forces, mais elle ne lailFa pas d'aller au temple,
ou les accidents augmentcrcnr , étant de retour, il luy tomba vn: dcHuxion
fur le coftc gauche accompagnée de douleurs, auec imj^uiifance de remuer
tout ce collé : on demanda le Dodeur leanFridtric "WT^irtembcrg, lequel fie
en forte que la plus part des dojkurs furent âpaisccs : mais comme cctre foi-
blclTe du coftc êcoit rcflre : ic fus aifli demandé pour lavoir : or elle ne fc
plaignoit pas feulement d'vne débilité de bras & de iambe , mais ai.Hj d'vne
nausée & d'vn dcgouft, à caufe d'vne imbécillité d'i.(lomach : nous dcmeu-
lâmcs d'accord qu'onluy ou niroit la vcneau bra^japres qu'elle auroit êcé pur-
gée, en aptes qu'elle le (cruiroic d'vne decoélion iudoiifique faite de racine de
chine, bois dcgiiac, filfiph'.as & femblables , &• qu'on lay oindroi: Tepi.ic
du dos après la lueur, leb>as<S: hcuille au:c eau de graine drgcneuvc, fauge,
betoine ÔC lauendc : & à caufe des maux de cœur, qu'elle auoit i^o.t (oujcn',
[ qui auoyent été causés par la malignité du mercure] que l'on luy doni-seroic
de la Thcriaque, du Bczoar, delà confcclijn d'Alk^rmcs, eau de canellc6.'C.
par lefquels rem:des & l'aflattance de Dieu elle fut romile.
Or il n'y a point de doute que cette incommodité luy ccoir venue pour
s'être ferui du mercure hors de propos, comm: les accidents le faiioyent vq^-,
car on voit tous les iours, par l'exemple de ceux qui font oints de mercure à
caufe de lamaladic vénérienne, que les humeurs,"^ pnncipalemcntles picui-
teufes qu'il a fait fondre , vont des parties les plus balks du corps Vài-
qu'àlatctc: or le corps de cette Dame n'ayant point ccé puigé auparauant,
Jk les humeurs ayant été portées au Ccrueau, ne s'ctant pas auflî empêché
d'aiicr
des Opérations de Chirurgie. 52.9
d'aller à Tair froid, il cft tout aflùrc qu'il fit vue comprcflfion du Ccrueau j 6c
qu'ainfilcs humeurs décendirent furie côté gauche,oii elles causèrent ces dou-
leurs, & les autres accidents. Obfer.^y Cent. ;.
OBSERVATION V.
Comment il faut trait fer U maladie Vénérienne qui ejî
inueterée^.
L'An 1589. l'on m'amena à Hildcn vnc Dame de p. ans , qui ctoit fort tra-
uaillcc delà maladie vénérienne depuis trois ans , que Ton mari luy auoic
donne : car elle auoit des vlccres fordidcs & malins en plusieurs endroits de
Ton corps, principalement en la clauicule droite auec carie d'icelle : elle fou-
froit, lanuitprincipalemenr, des douleurs de tête & de iointures û grandes &
fi aigues,qu'elle ne pouuoic marcher que iur des potences : clic s'ctoit ferui de
plusieurs Chirurgiens & Barbiers, &c auoit écc par tioisfois ointe de mercure,
mais fans fruit ; i'cn diiay la raifon ci- après ; or ie la trairay en cette manicrc:
le luy ordonr.ay vne bonne façon de viurc, pais ic preparay ôc purgeay les hu-
meurs ôc le corps', en après ie luy faiiois prendre deux fois le iour d'vn apozc-
me approprié, continuant rcfpacc de trois fcmaines 6c d'auantagc , la pur-
geant par ii-uerualks : ic mondiliay Icsvlceres auec du précipite, 6c mis vn
Cautère aéluel fur la clauicùle qui êtoic cariée, après que refuharc ôc i'cTquilIe
de l'os fut tombée , i'oignisJcs poignets S: les coudes, comme aufli lespiés Se
les genoux aiiec le linimcnt fuiuant, ^. AxmigUporc. rec. ^ j. pinoned. huma-
riA ('car elle addoucit extrêmement les douleurs J ^iv. ol. ex florthas Slotani
^!î. Jlirac. calarn. benz.oi?ny wajlicis an. 51/. theriacd (^ mithrid. an,\t G. argenti
viui -^v\. agitentur dm in mortario,adder?do ol.Jpic<£,falmA , c^ gran. iunip, an.
3j. /. f. a. Imme-fUiim c^uodferuemr in vafe ''Mreo aut vttreato : au commence-
ment ie ne l'oigncis qa'vnc fois le iour , affauoir trois ou quatre heures auant
ledifner, continuant iiifi-ju a ce que la faliuatîon eût commencé, car lors
(^c'cft vne marque qu'il faut quitter les inondions: ) cile cracha pafsc quinze
iours de la pituite gluante , 6c cependant cous les vLeres furent cicatrises,
les doukurs 6c les autres accidents s'appailcrentaufli par ce moyen, elle fut en-
tièrement guérie, de (ortc qu'elle a vécu ena(sés bon état longues années après
la Cure
Or il fautrccerchcu pourquoy cette Dame, quoy qu'elle fe fut feruie de
i'inonClion iufqu'à-cc que la iah"untion fut venue, ne fut pas neantmoins
guérie : Quelqu vn pourra dire qu'elle le fut , mais que fon mari l'infci^
Xxx
>>o Lîure Sixième
derechef: or il n'en va pas ainfi , car il fut guéri à pcrfedion des le com-
mencement par l'inondion : mais il y a deux caufes de cette recidiiie, la pre-
mière a ctc cet vlccre en la clauiculc, qui ctoit accompagné d'vne infedtion
de l'os par cette matière virulence des le commencement, & auant qu'on eût
entrepiislaprcmicrcCu'rejCe quîcA manifeftc,parce qu'elle n'a iamaispeu être
guérie à pcifeâ:ion , le mal étant rtuenu incontinent après la Cure : car on
s'ctoir fcrui de l'inondlion auant que Tvlccre eût été mondifié, ôc que l'os ca-
riéeût été tire dehors ; par ce moyen lafurfaccdervlccre & la peau fe cen-
foliderent , mais la carie qui croit en l'os fut comme vn leuain qui fcruit à in-
fcdter tout le corps : Les Chirurgiens doiuent apprendre icy qu'il faut mon-
dificr les apoftemcs <5^ les vlccrcs en la maladie vénérienne, & qu'il faut ti-
rer les os caries auant que venir aux inondions ; ce qu'il faut aufli entendre
des noeuds^ duretés, car s'ils n'ont pas été fufïifam ment ramolis auant que
fc feruir de la deco6tion fudorifique ou auant l'inonélion, à pêne pourront-ils
être diiîipés & confumés , au contraire ils deuiendront durs comme vn
fchirre, la matière s'épaifillànt par la diflipation des parties les plus fubtiles,
ce qui donnera occafion à vne recidiue : La féconde caufe a efté parce que
les Chirurgiens ne changèrent pas d'habits après la Cure , car il eft clair que
le malade pouuoit tomber derechef en ce mal pour auoir repris Tes premiers
habits qui êtoyent infcélés dcfueur & fanie maligne : que les praticiens donc
apprennent qu'il faut faire entièrement changer d'habits après que l'on a guéri
<}uelqu' vn de ce mal , ou qu'il les faut bien nettoyer auecfauge 6c lexiue : il
n'y a perfonne que ie fçache qui ait remarqué ceci, ou qui en ait aduertî pour
le bien public.
Il yeûtencor ceci de confiderable en la Cure de cette Dame , alîàuoir
que quand i'appliquay le fer chaud , qu'elle ne fe plaignoit pas de la chaleur
du feu , mais de ce que i'auois mis quelque chofc de bien froid , tant eft effi-
cace l'imaginatiue des femmes quand elles ont conccu quelque opinion.
Oh fer Hat ion 95. Cent. y.
OBSERVATION VI.
^ue les Jnoficiions auec le vif argent Cent le feul contrepoifin
de Um/iUdte vénérienne ^ pour inueterée
qu'elle foit,
'An 1610. i'ay guéri à Bafle vn Gentil-homme qui auoitefté fort incom-
i-/modé de ce mal , depuis dix ans durant, fç faifant fuër toutes les années
pour.
des OpcratioDs de Chirurgie. 531
poui- le moins vne foi* & le plus rouucnt deux , aucc vne decodion de gaiac,
chine, faircparciiie&c.car il aiioic vne celle aucifion pour les inondions qu'il
trcmbloic par tout Ton corps à la feule nomination : pour cette raifon il
aiioitconfultc pkifieurs Médecins tantGalcnicjucs que Chymiques, en France
ik en Italie, Icfquelsauoyent bien adouci le mal, mais ne l'auoyent pas déraci-
ne : En finies nœuds croilïànts de plus en plusaux iambcs , & les douleurs
qu'il fouffioit de nuit tant à la tcte qu'aux iointuics venants à augmenter , il
me demanda confcil, me rcprcfcntant touccc quis'ctoit pa(sc , ôc voyant que
des habiles Medecinf n'auoycntpa: pu (urmonter ce mal par lesfueurs , ie iuy
confcillay de fc refoudre aux inondions plutôt que de languir plus long-tcms;
il s'y accorda en fin, parquoy ie Iuy ordoiiuay premièrement vne bonne fa-
çon de viure , puis iclc purgcay par interuallcs, après auoir prépare l'humeur
peccanie : ficft-ceque ie nevins pasaux inon6tions immédiatement après la
purgation , mais i'croployay quelques iours à ramollir les duretés, mettant
deux fois le iour les fachctsfuiuants, ^. rad. alih. malux, bryon.fcrophul. wa-
ioïisan. ^^.fol, main, alth, vioUr. an. m. ^. flor. camom. meltl. an. m. j. fem,
anif. lini,fœnugY. meliîot. an. 5/) . incidantur (jr cotitmdantur oynnîa crafsé^ indan-
turfaccnlts filo inîerfmis ehts magnitndinis vt tophos operire pojfint , coauantHY in
a<]u , applicenturcalîde per koram autfemihcrarn : le faifois après vne inon-
dion aucc le Uniment luiuant , ^. oL Innibric Itlior. alb, amygd. d. pingued.
hum. an.'^\.vngiudialth. '^ïym. enfin ie mis i'emplaftrc fuiuant , j^. empl.
de ranis cttm mercurio | t'y g. elemi & tacamahaci diJJ'olMorum in ol. amygd. dulc.
& percolatorum an. gj m.f. cerdîiim : le me feruis d'emollients Sc d'incilîfs en-
uiron trois fcmaines : cependant i'vfois d'apozemes & de purgations cow-
uenablcs : puis le m.-ihde s'oignit les pics , les genoux, les poignets & les
coudes auec l'onguent mercuiial,dcciit en l'obferuation précédente : ce qui
attira vne li grande laliur.tion, qu'il crachoir en vn iour deux oii trois liurcs,&
ccl'efpacc de huit ou dixiours:ic pourueus cependant foigneufcment aux acci-
dents qui furuenoyent : Pvir ce moyen les nœuds qui ctoyent fort durs fe difli-
percnt infcnfiblemeiit, les douleurs ar.iTi & les autres accidents s'apaircrent.ôc
le malade fut remis qui fc porte très bien infqu'à la prcfente année 1613. on
voit par là que les inondions d'argent vif font la plus alïïuée méthode pour
guérir cette maladie: i'auoiic bien qu'elle cft facheufe «^' quelque peudangc-
rcufe, mais il ne faut pourtant pas la iciettcr en vn mal fi grand & i\ opiniâtre
que celuy-ci , or il la faut adminilber félon l'Art, fe feruant du confcil
d'vn fidèle de entendu Médecin , plutôt que d'vn Charlatan : Que h le mala-
de foufre quelque fâcherie, qu'il apprenne que c'eft vn ch;ftiment Scc. Obfer^
uat, 96. CfKt, j.
Xxx z
531 Liure Sixième
OBSERVATION VU.
Que l'on feut je fer air fa^s daf^ger de U Frïïliôft es femmes
enceihtes é' ^f^'f^i^^s*
L*An 1590. commei'eftoisà HiUien, toute h famille desMedman fut infe-
dce delà maladie ^vcnaicnne en cette façon : le Maiftrc de la maifoii
homme de bien ôi craignant Dieu , allant en voyage aiiec vn fîen valet qui
ctoit entaché de ce mal , coucha quelques nuits auec luy eu vn mcmelid:,
étant de retour à la maifon, il en fi: part à fa femme , laquelle le communi-
qua à trois enfants & à la feruanre : or comme ia femme eut remarque qu'el-
le étoit enceinte , donnant la mammelic en même temps à vn enfant de
20. mois , qui fut entaché de ce mal , elle & fon mari êtoyent en pcne s'il
faloitrenuoyer la Cure iufqu'àpres l'âcouchemcnt : ie fus d'auis que l'on l'en-
rreprit de bonne heure «Se fansdelay , efperant que par ce moyen ie ferois d'v-
ne pierre trois coups, veu piincipalemcnt que le mal n'étoit pas inueterc:
ie commcnçay donc en cette manière : premierem.ent ie luy. ordonnay vne
bonne nourriture , en après ie la purgeay par quatre priles d'apozemes : ie luy
ordonnay encor vn fyrop purgatif duquel elle prenoitvne cueillerée ou deux
trois heures au»nt difner, ou feul ou auec fon apozémc , tandis qu elle fefer-
uoit de ces remèdes, elle allaitoitelle même fon enfant qui étoit purgé en mê-
me temps : ie corps ayatu été i'uffifamment nettoyé, ie luy fis oindre les ioin-
rures, aiTauoir les pies, les genoux, les poignets & les coudes vne fois le iour,
iufqu'à ce que la faliuation parut , mais fi doucement que ie n'employois pas
pîui d'vne once, ou d'vne once & demi d'onguent à chaque fois : & quoy que
l'on ne fe ieruit pas d'inondion à l'enfant , fi eft-ce qu'il rcndoit quantité de
faliue par la bouche : ce qu'ayant vcu,ic le fis feurer & nourrir auec bouillon
de chair , lait d'amandes , panades, & autres viandes : ie le fis aufli met-
tre incontinent dans vne couchette à part, afin que fa m ère ne luy commu-
niqnaft plusde ces vapeurs mercuriales : elle cracha quelque temps beau-
coup de picuice ; ie donnay cependant fréquemment des cordiaux > comme
confedtion d'Aike.rmes, eau de canelle (Sec. le pourueus au(Ti à l'cxulcera-
tion de la bouche &: des genciues , ainfi la mère & l'enfant furent guéris , &
iix mois après , elle accoucha d'vn enfant bien portant : 0-jfemation py.
Ctm. 5.
OBSER-
des Opérations de Chirurgie. 555
OBSERVATIONVIII.
Tyvne Dame qui fut guérie delà ''ôerole pour Auoir demeuré (quelque temps
en ''■Jnpoilei aux parois duquel les vapeurs mercuriales
s étoyent arrêtées,
COmmei'exeiÇoisla Médecine à Payernc en Tan i/>o7.îc traitay vn icune
homme d'vn Village prochain , qui ctoic ctrangemejic infedc de ce mal
6c le communiqua àfa femme âgée de 30. ans, or comme ily auoit du danger
en renuoyanc la cure plus loin , ( car c'ccoit au milieu de Thyuer qui croit lors
excrememenc rude^ il la falut entreprendre en ce temps, ie confeillay à la fem-
me de fe tenir près de fon mari fans abandonner le poile , de peur que l'iniurc
de l'air ne rendit le mal plus opiniatre,car elle ctoic afsés dclicacc, ce qu'elle fit,
& ayant pafsc quelques iours & nuits entiers en ce poile,qui croit petit &: bas
auprcfs de fon mari , qui auoit fouuent été frotte de l'onguent de mercure, à
caufc que le mal étoit grand «Se iuueterc , la feule vapeur de l'onguent agit tel-
lement fur ellc,que la faliuation fut prouoqucc, rendant de la pituite parla
bouche tout de même que Çon mari,laquclle au(îi s'exulcera : ce qu'ayant ap-
perçeUjie la purgcay incontinent doucement «Se à reprifcsjpouruoyant auflli aux
accidents comme à l'exulceration de bouche S<. des gcnciucs & aux défaillan-
ces : enfin le flux débouche augmenta tellement qu'il la falut loger en vnc
autre chambre & la feparer d'auec fon mari, ainfi elle fut guérie en même
temps que luy,qu oy qu'on n'eut point fait d'inonélion. Obferu.^%. Cem.V,
OBSERVATION IX.
Z)'i).'7f femme qui tomba en de grands accidents pour auoir demeuré quelque temps
en vne chambre devinée aux inondions des véroles.
MArgucrite Lchmannin d'vn Village prés de Berne l'an i6ii. but vu trait
d'eau froide après s'être bien échauH-cc,laquelle luy artira vne dcfluxion
fur Tvuulcjquiluy faifoit de la douleur aucc difficulté d'aualei:elle s'add;cllà i,
vn idiot payfan qui fans auoir aucun égard ni à tout le corps ni à la partie, y
mit vne eau cfcharotique laquelle fit venir incontinent douleur, inflammation
auec vnc telle conftriélion du gofier qu'elle fut en danger de la vie xr.ûn com-
me les accidents furent arrêtés 3c qu'elkvtrccouuertfes forces, clic vint à Ber-
ne l'an lôij. ou i'eus ordre de la ttaitrcr ; or l'vuiilc étoit entièrement rongée
auec c;^ulceracion des parties voifines:commc il n*y auoit point de place vuLie
Xxx 5
534 Liiire Sixième
dans rHofpital , on donna ordre à celui qu'il a charge de loger ceux qui font
iîiKcl'cs de la vérole , de la reccuoir , i'cnuoyay donc les remèdes necciraircs,
mais auec ordre exprès que l'on logea ccrte femme en vn lieu ner,ceque ne fie
pas ccluy qui tient cette maifon ; car il la mit dans vn poilcfo^t chaud ou l'on
oignoii en même temps quelques infedtcs de vérole: en peu de iourscllc y de-
uinr 11 foiblc , que comme on la voulut ramener en ville par ordre du Magi-
flrac,nous ci ùmcs qu'elle croie fur le point de rendre Tamc : elle demeura trois
mois dans i'Hofpitaide l'Iflc auant que pouaoir reprendre fcs forces , on Kiy
donna cependant tous les cordiaux neceffàircs tant en dedans que dehors : elle
fu^ enfin remife , mais elle demeura enroiice à caufc que l'vuulc auoic crc ron-
gée : on voit par ces deux contraires opérations du mercure ( en cctce obfcrua-
tion Se en la précédente J duquel on s'cft ferui en même manière, qu'il cft le
vray Antidote de Iaverole,car ayant tiouuccn cette piemicrc frmme de la ma-
tière difposce fur laquelle il pouuoitagir , il luy rcftitua la fanté, maisen celle
cin'ayant point trouué de prife.ilnefic que luy abbatre les forces de l'auroic
tue fi clic eut d'auantagc demeure dans ce poilc.
Qjc les Chirurgiens apprennent icy combien il cfl: dangereux de fc fcruit
de ce remède es atfcdions du cuifjvlceres, douleurs de membres, Se sutrcsin-
commoditcsqui n'ont point de rapport auec la vérole, car on n? guérir pas le
mal , au contraire on détruit la nature Se toutes les forces, principalem.cnt les
vitaleSjqui font Ci necelTàircspourla deftrudion des maladies, Icfquclles font
affoiblies .Se corrompues pat la vcnimeufc qualité du mercure. Ohfertiat. 9?
Cemur. V,
OBSERVATION X.
T>es accidents qui arrîuem itères finonUion auec le vif argent,
faite mal à propos.
CHacun fçait les loiianges que l'on donne au vif argent pour la guerifon de
la maladie venericnne,& comme il cft vn remède approuuc : mais les plus
habiles donnent cet aduertillèment qu'il $c\.i faut fcruir auec circonCpcction Se
prudence, car il n'efl: pas poflîble qu'vn feul & même remède puiiTc feruir en
plufieurs fortes de maladies, comme font plufieuis Tarbieis , Charlatans Se
Bourreaux qui s'en fcruenten toute forte d'infection de cuir, & même en cer-
taine forte de goutte auec vn incroyable preiudicc des malades , car fans pur-
ger aucunement le corps , ils enferment le malade en vn lieu chaud Se étroit,
& cngrailîènt les iointures auec l'onguent d'argent vif,iufqu'à ce qu'il furuien-
ÛCYn grand flux de bouche & que les dents tremblent : ce qui attire de très
mauuais
des Opérations de chirurgie. 555
mauuais accidents qui perdent & ruinent le malade: or il faut confidercr le
naturel de la maladie , car ce remède vent auoir vn obicdt particulier fur le-
quel il agilTe fpccifiqacmcnt : le Chirurgien donc doit auoir auant toute œu-
iire vue entière connoilfanccdn mal &: des forces du malade: car le vif ar^^cnt
a vne certaine vertu d'amener les humeurs piruireufes, mêmes des extrémités,
&c de les poiilTcr àlabouche & au gofier : ce que i'ay remarque non feulement
au crudmais mêmes en celui qui cil calclné,quand i*cn ay mis fur lc9«vlceres,
quoy qu'ils fulfent aux extrémités des ïambes <& des mains, principalement en
des corps délicats, veu que les malades fc plaignoyent de douleur de dents &
que les genciues leur deucnoyent enflés: or cette humeur gluante & pituiteu-
fequia étéchafséeauecimpetuofîté déroutes les parties du corps à la bouche,
ne peut de moins pour la grand part, de tomber dans les poulmons , qui ont
vne Tubftance molle & fpongieufe,& de leur porter quelque prciudice : ce qui
arriue principalement quand le malade cft d'vn naturel foible & délicat &
n'a pas afscsde vigueur pour chaiïèr dehors cette pituite vifcide, d'où viennent
inflammation , courte halcne , &c enfin fufFocation,&: quelquefois cetle pituite
fe iette auec vne telle impetuofitc fur la bouche, qu'il y vient gangrené & fpha-
ccle , dequoy ic pourrois amener pluficurs exemples mais les fuiuants peuucnt
fuifire.
Vn Saille âgé de ié.ans,reuenant de la guerre s'arrêta à L?.ufannc,tantà caufe
du chemin qui luy reftoit à faire,qu'à caufe de fa foibleife & lafllîrude, au fuiec
de laquelle & d'vne douleur de iointurcs,il aima mieux loger chés k\\ Chirur-
gien qu'^n vn logis public,pour s'y faire traitter, mais il tomba par malheur en-
tre les mains d'vn ignoiant,qui fans faire aucune confiderarion ni des forces ni
du naturel de la maladie,fe feruit de l'inondion auec le vif argent en toutes les
iointares,mêmes fans l'auoir purgé , ne plus ne moins que s'il cuç été infcâré de
verole,ainfi fcs forcess'ctants entièrement âbatues,il tomba en vne licnteiie qui
le deliuradc fon mal, car il m.ourut : ayant été demandé pour l'ouurir après fa
mort,ie trouuay les poulmons tous liuiJes ôc farcis d'humeur piruireufc com-
me vne épongejfon cœur étant dcuenu mol,flafquc & dénué de fang.
OBSERVATION XL
Sur le menie Suiet.
Noble Baptiftc Mallardct demeurant en vn Village appelé Rii,du rclfort^de
Fribourg en Suidè âgé de <î<j.ans, de fort incommodé de la goutte noueu-
fe , futrrauaiilé d'vne gale qui vcnoit de pituite falée : il tomba aufli entre
les mains d'vn ignorant Chulatan qui fans fê feruir des remèdes generaui-,
commença par l'inondion mercuriale , puis le mit en vn bain fait
d'herbes chaudes &: laua tout le corps auec de l'eau de vie : vn peu apRcs
lo&^ humeurs piruitcufes fe yindreijc f cadre fi abondamment de toutes
5$^ Liure Sixième
lespamcs duc«rps auxgenciues, que la bouche enfla auec inflammation <5c
glandes douleurs > qui furent fuiuies de courte halcne , défaillances & autres
grands accidents: lez^. luin 155)8. ie fus demande & trouuay que les genciues,
les ioiicsjla langue & tous les endroits de la bouche ctoycnt fphacelcs : ayant at-
tache vne petite éponge au bout dVn bâton & trempé en vn gargarifme
pour en lauer la bouche,les dcnts,vne partie de la langue ôc des genciues tom-
bèrent en même temps , il mourut le lendemain de la grandeur de ce
(phacele.
QBSERVATIONXII.
St4r le méme/ùiet,
VNe femme étant trauaillce d\n vlcere en U cmiVc , mais fans aucun foup-
fon de maladie vénérienne, fc mit entre les mains d'vn Chirurgien qui fe
fcruit de l'onguent mcrcurial ; quelques iours après il furuint vne inflamma-
tion des gcnciucs,comme de couftume, laquelle ayant été négligée , il furuint
vn vlcere pourri & fi le malin qu'il rongea les genciues , les iou'cî , le ne ôc vue
partie du vifagc au delTousdesycuXjil vécue en cette mifcre enuiron deux mois,
au bout defquels il mourut: Ohf.^z. Cent 3.
OBSERVATION XHL
Sur le même fuiet.
MOnfieurleaii Rudolph Hubert, Patrice Bernois, fut attaque de la goutte
âgée de i8. ans, à laquelle fon peieauoit été audi fuict : au commcnce-
mentil fe lailîa perfuader à quelques ignorants quidiioycnt qu'il ne filoit lien
faire en ce mal.ainfi les douleurs augmentèrent peu à peu , de forte qu'il ctoit
quelquefois des 15. iours & des trois femaines fans fommcil: ayant pafsé quel-
ques années en cette mifere, & les conco6tions ne fe fiifants pas bien à caufc
de la continuation de la douleur & Ats inquiétudes , il tomba en de grandes
obftrudions de foye,de ratte,«S: des vênesmefaraiques : fa goutte aulTi dcuint
noiieufe : le mal allant ainfi en augmentant,il fe feruit du conlcil de plufieucs.*
maisleplus fouuent de genrs ignorants : il s'en alla enfin il y a enuiron deux
ansenArgovv trouucr vn très ignorant Charlatan , qui luy promit impu-
demment guerifon : lequel l'ayant légèrement purgé,luy grailla les iointures
auec l'onguent mercuriahiufqu'a ce que le gofierjla langue,lcs genciues 6< tou-
te la bouche luy enfla auec inflammacioji &: cxulccracion , ce qui luy âbatit tel-
lement
Ôtfcruatîons mélccs, 537
iement les forces qu'il fut quinze iours durant comme aux extrémités; mais il
fut tire de ce mauuais pas par le fccoursd'vn homme d'Eglife qui fait la Mé-
decine en ces lieux : étant de retour à Berne,ie vis que tout alloit de mal en pis
& qu'outre l'extcnuatioa & débilite de toutes les parties externes de fon corps,
la chaleur naturelle ctoit extrêmement diminuée, 8>c quoy que dés ce temps il
fe foit ferui de très bons mcdicaments,qui luy furent ordonnes par des habiles
Médecins, &: mêmes des bains de Pfcfïcr,qui font des merueilles es obftrudiiûns
des viiïercs , & qu'on luy eut ouuert les Cautères que ce Charlatan auoir fait
fermer comme ne fcruants de ricn,(l cft ce que nolis ne pûmes rien auancer, tant
les forces étoyent abbatues : la maladie_donc augmenta tellement peu à peu>
qu'il ctoir dans des douleurs contiiîuellcs,non feulement des piés,des genoux Se
desmains,mais aufli des épaules , delà nuque &c des Cuilfesnl y a quelques mois
que la maladie voulant faire vn dernier cftort,il luy furuint vne (I violente dou-
leur de tcfte qu'il fembloit que Ic^s futures s'croyent déjointes, &c peu de temps
après ille verfa vne certaine matière pituitcufe fur le bras droit en fi grande
abondance, qu'iccluy , la main & les doigts enflèrent extremiem.enr,en'forte
qu'il y auoic danger de gangrené, neantmoins Dieu donna tellement fi benedi-
di(îlion aux médicaments, que ce bras fut remis en hui'5V iours, cependant il luy
dcccndoic vne defiuxion tantoft fur vne iointure,rantoft fur l'autre & même fur
la poitrine, ce qui luy caufevne toux importune qui venoic non feulement de
cette dcfluxion,mais de l'enflure &: dureîc du foyc Ôc de la ratte:il mourut enfla
hydropique n'ayant pas cncor atceint4'. ans , Gl?f. 8z. Cent.^.
OBSERVATION XIV.
Dh merHeillcHX effet du mercure précipite.
IL eft certain que le mercure ramaflc toute la pituite qu'il tronuv: dans le corps
6c la poulie auec impetuofitc à la tcfi:e,mais i'ay remarque qu'il ne pert point
cette vertu quand même il eft calcine : L'an.i6i8. ietraittois àSolcurrcauec
Monfieur le Dodeur Sclurande vne Dame qui auoit vn grand abscs entre le
péritoine i?c les mufclcs externes de l'abdomen, lequel ayant ouuert vis à vis du
rein droit,comme ie mondifiois l'vlcerc aprcs la fuppuration auec du preci^;itc
bien préparé & redlific , il furuint vn fi grand flux de bouche que bien fouuent
en vniour elle crachoir quelques liurcs de pituite ne plus ne moins que fi ou
auoit oint toutes les iointures,ce qui luy (cruir extrêmement, car tout le corps
ayant été par ce moyen déchargé des humeurs, Tvlcerc en fut bien toft confo-
li.^c: mais à caufc de l'intcmpcric & ma^uiairc difpoficion des villcres internes
il /èfit vn nouuelamas au bourdcTan, qui ni'oblitîca à faire derechef vne in-
Yyy
55? Liure Sixième
cidon qui fc conuerticcnfin en vnefiftulc , laquelle clic porte cncor à prefcnc
ouuerte,mais pour Ion bien, car la nature dia0c par la, comme par vn égouc
tous les excréments qui font dans les parties piincipales : Ohferuation^^.
Cenmr. V .
OBSERVATION XV.
Qut le payfitm de cinabre ejl danger enx employ è hors de propos.
]E vous ay dit autrefois de bouche combien font dangereux les parfums
faits auec le cinabre : de quoy que des habiles Médecins s'en feruent en la
maladie vénérienne inucterce,& que ie tic les condamne pas entièrement, ne-
antmoins ie les ay tellement eu pour rurpe(fts iufqucs à prcfenrjque ie ne m'en
fuis encor iamais (erui: lî eft ce que i'ay guéri auec iceluy plufieurs qui ctoyent
incommodes de cetce maladie fort cnuieillie ■• or il ne s'en faut feruir que
quand le mal eft entieremL-nt dcfcfpirc,cn d-.s perfonnes extrêmement robaftes
èc quand les corps ont ctc cxaâ:emenr préparés & purges : ceux qui font au-
trement ruinent entièrement le corps des malades:ie vous en veux donner vn
exemple.
Vn ieune homme robufte & de très bonne conftitution, étant trauaillé d'vnc
defluxion qui luybouchoit les narincs,s'addrcfla à vn Charlatan qui promit
de le guérir très aisément par le né 6c par le palais : & fans p jrger ni préparer
le corps , le mit nud dans vne cuue fous vn pauillon,&: parfuma tout le corps
auec du cinabre qu'il ictra fur \^s charbons , continuant quelques îours de fui-
te ; ce qui attira vn grand abbatement de ioïccs , & la pituite fe vint rendre C\
abondammêt à la bouche &: au nzs qu'il s'engendra vn vlcere fordidc & puant
veis les oscribreux : ayant été demandé pour le voir^ie découuris que la lepa-
ration âts narines étoit enticrcmcut rongcc,& les autres cartilages en panie,dc
forte qu'il a à prefcnt le né fort enfoncé &c luy fort à l'ordinaire du pus foerijc
par les narines auec perte de l'odorat : d'autre cofté les humcL:rs fc iettent auec
vne telle impctuofîté fur levifag*: , qui y vient cous les iours des nouucaux bou-
tons : il y a deux mois qu'il le rompit vn apofteme au petit coin de l'œil gau-
che,apres lequel il eft rcfté vn vlcere fordidc : le fourcil 6c la paupière droittc fe
font aufîî enflés 3c fe forme des nouueaux apoftemes en ces partiel.
Il me fouuient auflî d'auoir étéconfulté par deux Gcntilhommcs de Fri-
bourg il y a quelques ânnées^aufquels il étoit auflj demeuré des vlccrcs fordi-
des & puants dans les os cribrcux après de femblablcs parfums, Ohferttation 23.
Centur, 11.
OBSER-
Obfcruations mélces. 559
OBSERVATIONXVr.
Sur le mimefmet^
VN Maçon de Paycrne ayaat trauaillc quelque tcmps,à faiic des fondements
de muraille auprès dVn ruilfeaujfut trauaillc d'vne douleur grauatiuc aux
ïambes auec engourdilïèmcnt, il ne tint point ^ç compte de Ton mal ni de mon
confeiline fe fcruant que de celui de Charlatans &: ignorants , mais la chofe en
cft venue là qu'il ne marche à prefent qu'appuycf fur des potences auec vne ex-
trême diiïicultc,fi graritte cft la débilite izs nerfs & des parties nerueufcs : vn
de ces vauneants ayant promis de faire des merucilles en ce mal , fit vn parfum
de cinabre, antimoine <5c chofes femblables fans auoir aucunement préparé le
corp5,cc qui augmenta extrêmement la débilite des iambeé, Se comme il n'eut
point d'égard aux yeux il luy vint vne dangereufe ophthalmie,qui l'auroit pri-
uc de la veu'c fi ic n'y cufic pourucu:0^/24 C^«Mi.
OBSERVATION XVj^
2)''U« bubon vénérien.
DAns l'accouplement aucc vne perfonne infc6lce>le conduit de la verge &
tous ceux des parties génitales étants fore ouuerts & dilatés , la vapeur
maligne fc fourre à:iT\% les vênes les plus proches iufqu'aux plus giades, & des
la aufoycainh la malîè du fang cft infcdéc: lefoye en outre s'cchaufte telle-
ment par cette copulation illégitime, &: fa chaleur naturelle diminue en telle
forte , qu'il n'engendre point de bon fang & s'acqùitc mal & imparfaitcemcnt
detoutcs (es fondions : en fuite ilne pioduit que dzs crudités IcfqucUcs la na-
rurc{^qai cft toulîoins attentiuc à confcruer les parties nobles)cha(îè aux emon-
* âroires du foye , aHànoir aux aines ;c'eft ainfi que s'engendrent ces tumeurs Se
abfcésquelcs Médecins appelcnt bubons vénériens, deiquels quelques vnss'en-
gendrct d'vne matière qui approche plus du fing,qui viennent aisément à fup-
puration; les autres d'vne humeur, épaiire,gUnnte & ffoide>qui fuppurcnt aucc
grande dii^icultrj-iufqucls il faut âporter plus de foin .ï^ diligenccxar la nature
n'étant pas quelquefois afsés forte pour poulfer cette matière iulqucs au dehors,
elle demeure cachée entre le péritoine ot les mufclcs,d'où elle enuoye continuel-
lement des humeurs malignes au foye , quel. l'jcfois elle y creufe des grandes fi-
nuofitcs & âporte dîucrs accidents, car les humeurs q!ii font infectées de
cette maligne qualité retournent au fovc , infeilcnt la malfc du fang &
Yyy 2
n^
^40 LiureSîxié
palFcnt de là à des autres parties du corpsj comme cela cft arriuc à vn homme
de gtanJc réputation, lequel ctancincommojc d'vn bubon en l'aine droicc 6c
ayant ictardc quelques mois de Refaite ouarir » cette matière acre& maligne
le ictcalur le quatiicme nerf de ceux qui ierucnt au mouucment de la cuiiTè,
qji eft le plus grand de tous : ce quiluy caufa vne fciatique très violente , la-
quelle ne luy donnoit aucun rclàcrie , & le trauailla extrêmement des mois
cjKiers , car il y auoic aulîi ,dcs conuullions , fiéurc continue , inquiétude,
veilles j dcgoutl & dcfùihnccs , apics quoy il deuint tellement exténue qu'il
ne luy rcftaquc la peau Se les qs auec le mouucment de la telle &c des bras :
ayant êrc demande aucic des Mcdecins célèbres pour confulter , nous nous
Icruimcsd'vne infinité de mcdicam^urs tant en dcdaii§ que 'dehors, mais auec
peudv luccés , carie bubon, C ce qai eft remarquable J à pêne paroilîoit'il
au dchors,^non par vne gianJe dureté quiétoit en l'aine : il n'y auoit aulfi
prcfque point de douleur , car celle de la fciatique couuroit celle ci : Enfin
après auoir appliqué plufîeurs médicaments attractifs ôc fuppuratifs , le bu-
bon fut ouuert par le moyen du Cauftic , duquel il fortit paGé dix liures de
pusen l'eipacede fix (Se fepc iours : il fc rompit au(Ti des abfcés yers le grand
rotateur de la cullfe comme aufli eu la felfc , defqucls il fortit vne fi grande
quantité de pus,que chacun defefpera de fa faute , car quoy que les douleurs
& les conuulfions cuirentccfoé, ilcft ce que l'inquiétude étoit toufiours fem.-
blable, principalement de nuiCl : il luy venoitaufll quelquefois des défaillan-
ces auec dégouft ; Nous pourueumes fi bien à tous les accidents par médica-
ments internes ôc externes , qu'il commença vn peu à reprendre fes forces , ôc
après s'être fcrui'quelque temps des bains de PfetFcr & de Baden il fe retira.
chésfoy. Oh/lé ^,Cent,f^.
OBSERVATION XVIII.
Des vlceres ver.erîens en la, Bouche»
VN Sauoyard étant incommoJc long'temps d'vn vlcerc vcneiicn, auec
carie en loi dms le palaiî,au Coic. gauche de la mâchoire , le feruit plu-
iîeurs fois de la de^ cduioa dcgaiac,mais lans fruiâ: : enfin il me vint trouuer à
Laufanne: après auoi: bien préparé le corps,ie me feruis de l'onguent mercurial
par lequel il fut bien toll rcmis,il fe fcpara véritablement vue efquiile de l'os du
pfalais , mais coiïîme l'vlcere étoir proche dts dents ( ou l'os du palais eft fort
ép^is, J ii fe iecouuiit parfaitement bien de chaivn'ay remarque la même chofe
en vn autre. qui étoit trauaillé d'vne vilaine ozine venerienne,par ou l'on peut
reconnoître que le mer;urc apj^liqué cndt:h*rs , quoy qu'il s'aille rendre
aisément
Obferuations mêlées. j4c
aisément à la bouche, ôc qu'il y chanie aucc foy quantité de pituite , que c\il
neantmoins vn trcsairuic remcde en vne telle forte d'vlccrcs , Ôc que c'eft Icnr
contrcpoifon: mais en mefcruant d'iceluy ie faisvfer de gargarifmcs faits cm/i
/cahiofa, rojïs, plantaoine, betonica ac meierofaceo aut DUmorcm \ que s'il y a
quelque pouriiture, i'y aioutc quelquefois vnc goutte ou deux d'onguent >£-
gyptiac auec vnc tente ; mais il faut fe donner garde autant qu il eft poflible,
de ne toucher pas aux dents qui en dcuicndroyent noires: l'ay audiaccouftumc
de mettre fur telle forte dVlcercs malins & veneriens,qui font en la bouche,
auec grand fucccs, de l'eau d'aifenic ainfi préparée, ^. Arfemci cryfiaUini
fiibtUilfimctrui'^i).aq,roftr,pUatag.&fcabiof<tan,'î^i\. ie mets le tout dans
vne phiolc afscs grande, que ie laiflè 14. heures fur le fable ou fur les cendres
chaudes, puis donnant vn plus grand feu, (3c ouurantla phiole, ie fais boliillir
vn quart d'heure durant le fable & la phiole, eftant refroidis d'eux mêmes , ie
fais palfer cette eau à trauers vn drap ou vn linge, & trempant vn pinceau de-
dans,i'en touche légèrement les vlcercs: mais il faut apporter du foin en l'ad-
miniftration de ce remède, prenant garde principalement de faire bailïcr la tê-
te au malade,n tôt que l'on a porté le pinceau trempé en cette eau fur l'vlcere,
de peur que lafaliue ne tombe dans i'eftomach, partant il ne faut pas confier
l'application à des apprendfs , cncor moins audomcftics du malade : il faut
auffi prendre garde qu'il ne fe iette point de dcfluxion fur la partie, & qu'il n'y
vienne point d'inflammation, de peur d'aiouftcr vn mal à vn autrcjce que i'ay
veu arriuer en des légères incommodités débouche , pour s'ctrc ferui mal à
propos & à rebours de ces médicaments. Obfern. 15. Cent. 6.
OBSERVATION XIX.
*Z)'z/« vlccre vénérien dans les parties homenfes.
VN ieune Sauoyard âge de 20. ans fort robufle, auoir vn vlcere vénérien
tout au bas du fcrotum, auec àcs douleurs de tête 5c de iointure qui le
trauailloycntdc nuit , outre des autres lignes allures de vérole : il me vint
trouuer à Laufanncl'an 1601. & trouuay qu'il auoit la moitié du fcrotum fie
du tcfticule rongé : il y auoit vn vlccre au palais auec carie de l'os ; luy ayant
ordonné vne bonne fa^on de viure, ie le purgeay par vne prife de pilules , Je
Ichdcmain ie luy ouuris la bnllliquc gauche, parce que la douleur de tête êroit
plus grande en cette partie, & qucrvlccrc du palais penchoitplus àtct côcc:
le luy fis après piendre des apozemes préparatifs (Se purgatifs cinq matins de
fuite : &c pendant que ie preparois ainfi& purgeoisle corps, ie ne laillay rien
en arrière de ce qui legardoitrvlccrc, en après ie frotlayles iointures , alà-
iioir les coudes, les poignets, les genoux «Se les pies auec l'oiîguent mercuiial,
Yyy 3
^41 Liurc Skicrac
iuiqu à-cc qu'il iuy fat venu douleur & inflammation aux gcnciucs aucc flux
de boflche : ainfi la douleur de tête & â:s ioinrurcs ccfla , Ôc fut guéri en mê-
me temps de la vcrole & de Ton vlccrc aufcrotum & genitoirc : il fortit auflî
vne légère efquille de Tvlccrc du palais , qui futaufli par après guéri. ObferHa-
tira 80. Cent- x,.
OBSERVATION XX.
2>« malheureux fuccés des ventoufes appliquées fnf les épaules.
VNe Dame de Cuilli prcs Laulannc > ctawt trauaillce de long-temps d'vn
mal de tcftc accompagne de rournoycment , Ce fit appliquer dc5 'ven-
toufes le corps étant impur, peu de temps après les bras furent faifis de paraly-
fic: ayant été demandé, iela fis purger conuenablcment , ôc Iuy ordonnay des
mafticatoires, des fudorifics , après icl'cnuoyay aux bains de Valay , elle fut
en fin rcmife, mais auec beaucoup de pêne i?c de dcfpence.
le me fouuicns encor qu'va Potier de terre Allemand demeurant à Laufan-
nc, & incommodé de même d'vne douleur de tête auec vertiges , tomba en
Pacalyfie après s'être fait appliquer des ventoufes : il alla en plufieurs Bains 6c
confuma tout (on auoir, mais il mourut à la fin , car ayant dés faieunellè ma-
nié de l'eau & de l'argille qui eft froide , les parties en furent tellement affoi-
blics , &c la chaleur naturelle fi fort diminuée , que quoy que l'on
cuft employé les plus généreux médicaments , ils ne furent ncantmoins pas
fuffifants pour emporter ce mal : les apprenrifs doiuenc apprendre par
là à ne pas faire marcher les remèdes copies auant les vniucr fels. Obferu, 75.
Cent» 5.
OBSERVATION XXI.
Du malhenreHX fnccès de rapplication des ve^itoNfes pour arrêter
l'hAmorrhagie dn nés.
LEs Médecins fçaucnt que l'application des ventoufes fur les épaules ôc h
nuque cft vn excellent remède pour arrêter riixmorrhagie du nés : i'ay
neantmoins remarque qu'elles auoyent été appliquées au prciudice du mala-
de : vn Patrice de Berne âgé de 40. ans , replet & de bonne conftitution,
comme il Iuy fut veau vnchœmorrhagic par le nés , fe fit appliquer des ven-
toufes auprès du feu parle confcil du Médecin , ce qui augmenta tellement le
flux qu'il rendit quelques liures de fang en peu d'heures : ayant été demande.
Obferuations mclées. 543
ic le trouuay en la cuifinc auprès d'vn grand feu, & tout k plancher couucrt
de fang auprès de luy : ie le fis incontincnc r^rirer d'auprès du feu Se oi'-^nis
tout le dos aucc le Uniment fuiuant , ^. ol. nymph^.ofar. çfr ''cîolar. m. % ].
car/iphor<e,aceto rofuc. fo/uu 3/. m. inmortarîo : ic fis incontincnc d^s iit-aturcs
aux bras & aux iambes, vers le iarretjhien rerréosn'c kiy applic|'iay fur le fionc
vn linge trempé en eau & vinaigre : ic luy mis dans les narines de ma poudre
à arrêter le fangjauec des tentes trempées en vn blanc d'œuf : le lang s'ar-
rêta par Ces remèdes, & le malade reprit peu à peu Tes forces : or l'cbullition
dufangauoir (-te fi grande, que non feulement il fortoit des narines hurle-
ment, mais il dcccndoitaufli dans l'eftomach, où s'étant caille, il îc rendit à
abondamment par le vomiifemcnt, que le malade m'a alTurc qu'il en étoit forci
pafsc neuf pots en peu de iours , qui font 27. iiures : c'eit certes vne chofc ad-
mirable, qu'il y ait eu vne fi grande abondance dcfang en vn feul corps, & qui
n ctoit pas desplus grands.
Que les \c\inçs apprennent icy que quand le fang fort de q'uelle partie que
cefoit, qu'ihie faut'pointéchau^er Iei;orps , lii frotter le dos auec i\cs lin-
ges chauds , encor moins mettre le malade auprès dix feu : car ie dos étant
cchauftc , le fang,qui cft.dedans la vcne caue, s'é.haufff, dénient fubcil & acre,
prompt à couler : auiTi Hippocrate enfcigne Sed. 5. aph. 2.5. Qifence cas il
fe faut feruir d'eau froide , l'appliquant fur le lieu duquel découle le fan» en
abondance , & d'où l'on croit qu'il doit découler : Le peuple a âcoutumc
quand le fang fort par le nés, de ietter iur le col du m.aladc en cacheîte , de
l'eau froide, afin qu'elle déccndc par le dos en bas iufqu'aux reins , ce qui
rcullitfouucnr, car premièrement, à caufe de lafurprife, le fa no- retourne
à fon origine aifaucir le Foyc, aind nous croyons que la crainte rend les per-
fonncs pâles & froides : en après Cette afpcifion d'eau ftoide rcfioidit le fane
en la véne caue qui court au long du dos & l'épaiflir en quelqiie fîÇon.O^/ij,
Cent. 6.
OBSERVATION XXII.
D'vne inflammation dti Foye après l application des ventoujes fur U
région â'iceluy,
GAlien en fon cinquième liure de la méthode de guérir , confcille l'appli-
cation des ventoufes fur la région du Foye pour arrêter l'hcEmorr-hagic
du nés : mais l'hiftoire fuiuante fait voir que cela ne fe peut pas faire (ms dan-
ger: vn Gentil-homme de la fuitte du Prince de luliers, ayant vne grande hx-
raortlugiedu ncs,fc feruit du confeil d'vn Chirurgien afsés entendu, lequel
entr'autres remèdes luy appliqua des grandes ventoufes fur la région du Foyej
le fang Ycritablcmcut s'arrêta, mais il furuinc vne inflammation de Foye:
54 4 ' ï-'uf S Sixième
Cofme Slotanu5 Chirurgien du Princs ayant eftc demande , voyant que les
foiccsccoycnrcncor bonnes, luy^rdonnavnc bonne façon de viurs fobrc &
lafraichilïantc , de après luy auoir donne vn lauemenc doux, luy ouuric la vc-
ne aa bras droit , & tira enuiron Cix onces de fang : il luy fît auiîi prendre vn
iuleprafiâichlirant incontinent après la Aigncc, ik encor vn autre à miniiic;
il oignit audî deux foisleiout iur4u'au qnairicmc, tout le coftc auec les hiiy-
les fuiuantes. ^. ol. rc/kr. myrtill. an. ^i\. ol. abfynth, ^&.Jantal. rub. & fnbti-
lîjfjrin 5/j. camphor£ 96. acetirofAc.parum m. Il fut enfin remis après quel(^ncs
laijcmcnts, vne douce purgation &: la continuation d:-* ce iulcp.
l'eftime donc que quâ 1 le fang fort de quelque part, qu'il vautniieuxâpliquer
des médicaments vn peu rafraichilTànrs fur le foye & (ur la ratte, que des ven-
toufes, principalcmentquand l'hasmorihagieell grande auec ebulliciô àz fang,
car comme les mcdi:aments rafraichitlans cpailillcnt le fang, le rendent moins
fluide ^reJcrrcnt les vaitîcaux,aufîi les ventoufes l'attirent auec les humeurs^
les cfprits,& arrêtent par ce moyen quelquesfois vne h.çrnorrliagie,rr!ais com-
me quand l'hxmorrlngie efl: grande, le fmg boult dans les veines & le Foye,
étant fubtil & êmu , il eft facilement attire par l'application àcs venronfes fur
i'hypochondre .* ce qui certainement ne pût pas clhe fait lans danger, à caufe
de l'importance de cette partie : que fi au contraire il y auoit drs obftruc-
rions dans les vifceres, iiy auroitdu danger d'appliquer des chofcs fort rafrai-
clnlfantes, de peur d'y arrêter i?«:épai(rird'auantage la matière, Oufernat. j^j
Cent. 1,
OBSERVATION XXII L
Dh maimais fuccès d '\ine faignêe au bras.
VNieunc Gentil-homme de Berne âge de 24. ans, de conflitution cliv.iJe
&feche, mais rempli demauuailes humeurs, ayant demeuré quelques an-
nées en garnifon à Lyon, s'y fi" cuurir il y a deux mois la médiane du bras
droit auec la lancette, incontinent après ilicntit de la douleur, non feulement
au coude mais an(fi par tour le bras , qui alloit iufqu'au bout des doigts.- h-
pouce, le doigt indice & celui du milieu, furent faiiîs quelques iours d'vn cn-
gourdllfement auec douleur, puis après ils perdirent le fentimcnr &C le mou-
iiement : le brasanflii vint à enfler extrêmement iufqu'a l'épauL', peu de iours
après la faignée , Ce qui l'obligea de s'addrdP-r à vn autre Chirurgien', lequel
s'étant feruid'inonûions, de carapiafmcs &■ chofcs fcmblablcs , la tumeur du
bras difparut, hormis au lieu ou la fafgnée aucit été faitte, ou il demeura vne
tumeur beaucoup plus grolf: que le poing , comme il fut de retour en (on
pays, ie fus demande &: vis vne tumeur afscs dure au coude , & le lieu ou la
vcne
des Obferuâtions mêlées. 545
vcnc auoic ctc piquée, vn peu liuide , ce qui me fait fouucnir dVn fcmblablc
cas qui eft arriuc à L^ufanne en l'an 1597. M idamc Bcnoire Malagnie, ayant eu
fa ieunclîè vne fièvre continue , futlaigncccn la médiane par l'ordre du D.
Albert Roux , ce qui fut fuiui de pluficurs & méchants accidents : outre
quele brasenfli extré.TiJment, car il fcmbloit que la nature cnuoyoit fur le
bras la caui'e du mal, airauoir les humeurs fupciflues: ayant ctc en fin deman-
de, & ayant applique delTus des maturarifs quelques iours de fuicce, l'abfvéife
rompit au même lieu où la vcnc puoii ctc ouucrte : il en fortit vue grande
quantité de pus, quafi l'cTpace de djux mois, ôc tandis qu'il couloit, les acci-
dents diminuoyent peu à peu , de forre que le bras reprit fa première force.*
Confideranrdonc à part moy comme les médicaments auoyent bien rciifli ca
cette fcmme,*S<: l'axiome gcncral des Médecins :Qje les contraires fî- dctruifenc
IVn laurrcj&ce que dit Hippocr. liù àe flatibus^ Que tout ce qui eft dur,^oit
être ramolli & relaxe, ie mis dt (fus quelques iours defuitte des maturatifs
& fuppuratifs , après lefquels rapoftcmcs'ctant ouucrt , il en foitit du pus
très puant , mais mclc aucc graïKÎc qr.an;i:é de far g ik d'hi-meurs fercufcs;
alors Monfieur le D'xlcui D.irthcl -mi Di.ns Médecin ortiinaire de la Ville,
m'ayant êtéadioinc, nous filmes tous nos ctfoits pour furmonter les acci-
<lents qui furucnoycnt, maisen vain , car le b.as cnÂoit tou^ions de plus en
plus, le fang a-ulli v'mi à lortir h :*bonâamment ( non pas pourtant tous les
iours, mais Iculomcnt de deux iours l'vn , ou de trois en trois J qi/on eut
beaucoup de peine à larictcr : en fin la gangrené y vi;n, &: premièrement
au lieu même cù on auoir donne le coup de lancette , laquelle palîà en peu de
ioursiurqu'àlamaiti&aux doigrs , ^'ayantfiii en mortification, il fut ne-
cclfaire de couper 1: bias entre le coude <5^ l'épaule: ie fis h .urcufement l'o-
pération le .Cptiéme de ce mois, & toutes chofes fem^blent être en alfurancc
iurqu'àprtfcnt
On me dira peut'-ctrc que cette tumeur étoit vn aneurîfme , ie refpons que
ce n'en pouuoit ras écre vn, veu que l'on n'y a iamais veu aucun battement,
comme il y en a en l'aneurifrae, au contraire il y auoic duiilcur , cngourdillc*
ment (Ss: en fin pnuition de icntimcnr, ce qui fait voir que ce n'eftoit pas vne
artère qui auoic efté piqace, mais le tendon du mufclc biceps, qui a,Tes ncrft
de la fixicmcws: fepricme vertèbre, lefqucls vont au pouce, au doi^t indice
& celui du milieu: ladoileur donc a fait attraâiion des humeurs de tout le
corps quife lowr ramnfsces autour du lieu ou a ctc faite la faignéc ; or ces
humcus craiits malignes &" acres, tant à caufe delà grande caCochymie du
maladc,qu'à caufe delà maladie vénérienne qu'il auoic tu, i^»: d;laquvlleii n'a-
uoit pas cite bien remis, elles rongèrent peu à peu la veine, firent inrîamrra-
tion & éteignirent la chaleur naturelle , ce que nocs dccouurimes manife-
ftcmjcnt après auoif coupé le bras , car on voyoit en la partie interne du brjs,
à l'endroit ou paiïè la bafilique, vn conduit qui étoit tant en la partie du bras
Zzz
34^ Liure Sixième
qui auoic cftc coupcc', que dans le tronc, par lequel ce pus fi puant dccendoit
du corps Cl abondamment , de forte que ie fus contraint après que le bras
fût été coupé,dc corriger cctcc corruption aucc le Cautère actuel: Ohferti.jo.
Cent. 4.
OBSERVATION XXIV.
D'vne tHmeuY au bras après vne faignée faîte ?nal à propos.
G Eorge Von Buren Bourgeois de Soleurre homme cacochyme &c fuiet à
de grandes obftrudions des vifcercs, âgé de cinquante ans, fefit faigncr
en la veine bafiliquc, le corps étant impur, fans necefîitc & de fon mouue-
ment, & rcuenant ce ic.ir là d'vn fcftin ou il auoit fait bonne chcre ; le lende-
main de la faignée il fentit de la douleur au lieu ou auoit été faite i'incifion,
qui n'étoit pas grande au commencement , maisobfcure, laquelle augmen-
ta infenfiblement & deuint fort grande, ce qui attira vne grande quantité de
ferofités fur la partie : le malade, & le Barbier qui auoit fait la faignée,fe trou-
uants bien en pénc, ie fus auflî demande ôc trouuay le bras prodigieufement
enflé dés l'épaule iufqu'au bout des doigts auec inflammation, & des boutons
qui étoyent parfemés, comme Ci c'cuft efté vn herpès miliaire : d'où il fortoit
vne Cl grande quantité d humeurs fcreufes & acres que rien plus : il y auoit
aufli vne telle inquiétude, auec deftruâiion d'appétit & des forces, la fièvre
auiîiles douleurs ôc l'inflammation étoitfl grande>que i'apprehendois que la
gangrené n'y vint bien-tôt, ôc qu'il ne peut iamais guérir : i'entrepris neant-
rnoins la Cure en cette manière : ayant ordonné vne bonne façon de viure,
cciourU mémeiedonnay ouuertureau ventre par vn fuppofitoire , car il ne
vouloir pas oiiyr parler des lauements: après le fouper ie luy donnay vn peu
de laudanum auec eau de canelle & confedtion d'Alkermes , ce qui le fit repo-
fer quelques heures cette nuit là : le lendemain ie luy fis prendre vne petite
médecine, qui n'opéra quafi point > mais le iour fuiuant luy ayant donné
de mon phlegmagogue, il alla trois ou quatre fois du ventre , 6c vomit vne
fois fans aucune incommodiré : le mis fur le bras des médicaments qui ap-
paifent la douleur , fortifient & rcftaurenr l'humidité radicale & la chaleur
waturclle, confumcnt les humeurs fuperflues &c refiftent à la pourriture: après
quoy il commença à Ce porter vn peu mieux , & ayant pris quelques iours
de fuite des apozcmes pour ouurir les obftruélions des vifceres, & pris par in-
fieruallcs démon lenitif phlegmagogue & des médicaments qui purgent les
eaux, i! fut fi bien remis qu'il eftencor en bon érai:on voit par là comme il eft
dangereux de medicanîenter yn corps qui eft; farci & rempli de mauuaifcs hu-
meurs
Obferuatîons tnélécsl 547
meurs: auflî Galien dit 4. meth, med, Qi/il faut iuger vnc playe ctrc grande,
non feulement quand elle fc rencontre en vne partie importante, ou àcaufcdc
la grandeur d'ieclle, mais auflî quand elle fc trouue en vu corps impur & ca-
cochyme,veu que Ton voit fouucnt après vnc légère blclîure, venir des incom-
inoditcs grandes & mortelles} car les mauuaifes humeurs fc vont rendre de
tout le corps à cette partie comme à vne Cloaque , ou elles dcttuifcnt la cha-
leur naturelle, & font diucrfitc d'accidens. Obfer.ji. Cent. 4.
OBSERVATION XXV.
Uvne Artère ouuerte auec la véne.
LE Chirurgien doit bien prendre garde quand il ouurc la veine bafiliquc
ik la médiane , car celle là a vnc artcre dcllous foy , & celle-ci à le ten-
don du mufcle biceps , ainlî il peut artiucr qu'il oftèncera l'vn ou l'autre:
L'an 1587. vn Barbier ouurant la bafiliquc à vn certain de Gencue, piqua en
même temps l'arterejqui fut fuiuie d'inflammation, aneurifme & gangre-
né ; & le malade n'ayant pas voulu fouifrir qu'on iuy coupa le bras, il mou-
rut bien-tôt aptes : il y a quelques années qu'vn Ba; bier à Cologne , faignant
vne ieune fille en la veine médiane , piqua en même temps le tendon du muf-
cle biceps qui eftdelîous : il furuint incontinent après vne violente douleur
auec inflammation de tout le bras , «Se danger de convullion : ayant eftc
demande auec le Do6tcur Henri Botterus Mcdecin du Djc de luliers&c
nous le purgeâmes , luyoigiiimcs le bras auec des chofes anodynes, & appli-
cafmes dts cataplafmes de mefme faculté» nous ouurifmcS'ia veine de la
cheuillc du pic , de forte qu'elle fut remifc : Au traité de la Gangrené j cha-
pitre 4.
OBSERVATION XXVl.
De lafaignèe Neronique.
ÎL y a vne couftume en Allemagne qui (c pratiqre principalement parmi
nous, d'ouurir la véne en même temps aux deux mains ou aux d'eux bras, la-
quelle façon de (aigiiei i'ay appelé Neronicnne , de laquelle fc feruoycnr les
Tyrans quand ils vouloyent f lire grâce à leurs amis, comme le pratiqua
Néron en Scneque: cette façon de laigncr ne peur eftrc que dangfrcufc,car par
ce moicn il fc fait vnc grande agitation du iang 5c des humeurs dans le corps
Zz z 1
54.8 Liure Sixième
6c en mcme tcwps vn flux & reflux fur lcspardes,comme ces exemples le font
voie
L'an i6ii. Moiificur Nuolas Hcnzius Profc{rcLir de la Langue Grecque à
Berne, s'ctant Icntiau Printemps las Se pefatn par tout le corps auec des rap-
ports &: pcfantcur de tcte, fc fit ouiirîr deux veines en mcme temps, fans s'être
purge auparauanr, adaiioir au deux bras : cette grande agitation du langue
deshumcuis, fit dccendre auec impecuolîcc les humeurs peccantes au fonde-
ment, ou c'cft qu'il Icutit de la douleur trois heures après la faigncc , premie-
ment aucc ptlantcur,iS: par après piquante , de lortc qu'il fut fort inquiète la
nui: fuiuantc: le iouraprcs ayant voulu le premener doucement, la douleur
augmenta incontinent, l'inflammarion Â: l'enflure : il iuiuintaufll vnc fièvre
très ardente , auec inquiétude, nausée & autres accidents: ayant été enfin de-
mande, ic pourueus aux accidents autant qu'il me fut poflTible & fis meurir
l'abiccs, lequel fe rompit peu de temps après à côté du gros boyau : c'eft vnc
chofe incroyable quelle quantité de pus en fortit i3<: très puant ; or le finus de
cet abfccsmonroit droit vers l'os f;icrum,à collé de l'inteftinum redum; il fut
guéri, mais auec vnc très grande pcne, Se eft en vie à pre(ent fans qu'il loit re-
lié aucune fiftule, ce qui eft admirable.
OBSERVATION XXVII.
2)« mannais fncces d'vnefaignée en vn corps impur.
L'An \6i6. au mois de Février vn Serrurier de Berne , nommé Ican Stale,
homme robuftc Se de bonne conftitution, après auoir été faignc en cette
manière (ans aucircftc purgé, commençaàlc trouuer mal cette nuit là même.
Se àTaiibe du iour eût de grands fiillons : vn peu de temps après il luy vint
vneiiiflammaiion au Fuye auec fièvre trcs ardente : au quatiicmc iour il eut
vnccrife, les mauuaifcsharsicurs cftants décenducs fur le fcrotum du côté
droit ou il fe ht vn grand abfc es, duquel neantmoins ie le remis heurcufe-
ment.
OBSERVA TIO N XXVIII.
De la Saignée Neronienne en vne femme enceinte.
L'An i(îi4.la femme d'vn Tilfcraa de Berne nommé Jean Laurcnt,ctant cn-
cei-ircfe ht à la peifuafion de quelques femmes ouurir les vtines aux deux
piés(^car plulîeurs femmes ont cette opinion qu'elles âcouchent plus heureufc-
mcnt fi elles fc font faigner aux pies ks derniers mois ) i.ncontineiK après elle
com-
des Obfçrimtions mclccs, 549
commençai fc trouuer iDal& le même iour ut ks douleurs d-^ iwiimcmcm ù
vio!cnt« qu'elle accoucha dV» enfant moir, k*V cjui ii'croir pasàrermç, ^à
pcnc cwhapat'clleaprcs pluficuis zccidsmy,Olff,^i.Cen[y l .
OBSERVATION XXIX.
Du mauuais fuccés â'''ônefaignée en 'j» corps impur,
EN partant par Auenchc l'an 1614. ie vis vn Coufturicr de Bcrnr, nomrrc
HicrofmeZubel âge de 40. ans, qui croit prcfque aux cxtremirés : ayant tra-
uaillc quelques iouis au Château , il fut (ai lî d'vnc irri/uillànccde dorn-.ir,de
forte qu'il palîà lîx ou fcpt iours l'ans fermer l'œil , ne faifart rourc la nuit que
fe promener par la chambre: la Tcfte commençant àluy fure mal, à caufedcs
cfprits qui s'ctoycntéchaufés par ces veilles,^ perdant aufli l'apctir, il s'addref-
fa à vn Batbier,qui croyant que tous ces (ymptomes ne venoyent que du fang,
luy ouurit la véne au bras gau.hc fans le p uiger auparauanr,maisàpcnecuc'il
Acenuiron cinq onces de lang qu'il fut laili d'vn mal de cœur & fcmbant
par terrc'jil fut aulfi attaque d'epilcptic , la fimmc de Moniîcur le Br.ililfluy
donna incontinent de l'eau de muguet, de psoijia aucc corne de ceif, ainli il (e
rcmitpeu à peu:demi heure après que cet aces cpil.pciquc fut arrêré,cct im-
pertinent Baibierluy ouure la véne du pouCe au bras droite en tira quanti-
té de (ang j mais tandis qu'il coulo;t il eut cncor vnc attaque d'cpilepiic fivio-
lente,que chacun crut qu'il s'en ailoit mourir ; la f mme év B n'ilif luy donna
cncor des mêmes eaux,mais elles n'eurent pas vn même !uccês : y étant venu
enuiron les de»x heures -p; es miai , ic le tio.iuay comme 3!:x extrémités : le
poiilsc'oit h thangfant que ie n'en ay iamais vcu vn Icmblable en pcrfonne
qui airéchapi é,cai il ctoit quelquefois fo:t & v;'llr,quclqucfi)is tardif, inégal,
formillant, petit (îk langui{îanr,& cequicltencor plus admir.ble , ilétoitpar
fois tellement intermittent Os: mmqaoit en telle (orte , que l'on croyoit qu'il
auoit rendu l'amejcar il nes'arrétoic pas vnc pulfation ou dcnx , mais quatre
cinq& quelquefois d'auanragCjdeiorrc que l'on poiîuoit f:!:re quatre ou ciuc
pas par la chambre pendant cet internallc: durant ccrrc inrermirtion,!on corps
étoit iansm.ouuement & rclpirationcom.me à vn apoplrdliqae , ilaujitles
yeuxouucrts & fixes fans aucune apparence de vie,hoimis qu'il auoir delà cha-
leur au corf s ^ mémos aux extrémités , fi toft que ie fus aniué ie !uy o'gnis
les narines, les leures & les tempes aaecdu lue de Rue dans lequel i'auois dif-
fout vn peu de theiiaquc; ie luy mis des epithemcs ch.^.udsfur le cœur Si fur les
poignets, luy fiifant prendre vnepoudïe antipilcptiquc aucc coi.fcctiond'al-
kçrmcs en eau de muguet, piuoine & betoinc: vn peu après qu'il eut pris cette
Z z 2 A
,.Q Liurc Sixième
potion aucc quelques autres remèdes & qu'il eut rccouiiert la' parole, ilcom-
fneiiçi à tcucr,(c iccrant décote & d'autre dans le lict , mais il repofa vn peu
après la minuid : luy ayant fait prendre h même potion encor le iour fuiuanr,
ilfe potta mieux contre mon opinion & celle de tous les affiliants : puis l'a»
yant purge & fait obferucr vne bonne façon de viure , il fut bien toft re-
ms.
Il faut remarquer icy i. Ce que peut faire la nature quand elle cftrobufte,
même conti-e l'attente du Médecin, car ie fus oblige voyant ce pouls il bigar-
ré Se Cl foible,mêmc intermittatit , de déclarer auxaflilliants qu'il ne tardcroic
pas à mourir : & neantmoins comme il ctoit icune & robufte il fut guéri en
quatre iours : orenfaifant mon progao{lic,i'auois cfgard à ce qui arriue tous
lesiourscn la pratique & à ce que ditGalicn ySi , die- il, l'artsre fait vne paufe
de deux puUationSjie ne crois pas que perfonne puilFc rclcuerj&: au même liurc:
le ".mouuement de l'artcre s'il cil naturel , c'cll vn iignc de faute ; quand ii
cft deprauc , de maladie : mais quand il e(l ctuieremenc intermittant , de
mort. , . ;,
u 0:i voit combien il cil dangereux douudr les vencsendeux lieux en
même temps <?c oppofites : car cela fait vne grande agitation & confufion des
humeurs : J. Qu'il ne faut point ouudr la vêue que le corps n'ait crc purge
auoarauantjCar y ayant vne double replction en cêc horamc,allauoir quant aux
vailfeaux &: quant aux forces , ayant été fuied a l'epiicphe depuis deux ans,&
n'ayant point ce é purgé auant la faignéc,il e(l très certain que de cette agitation
du fano-& des humeurs qui au'?»yent été échauffées par les veilles précédentes,
il s'eleua beaucoup dcv;ipeurs qui montèrent aucœur,Sc au Ccrueau& firent
les fufdits accidents; Ohf.ii.Cent,^.
OBSERVATION XXX.
^*vne dangereufe ophihalmie,auec perte de la vev'é & de la parole,<jtn afmd la
faionéede la vêne du front.
VN Coufturier de Bsfle nommé Michel Kcfler âgé de ^o.ans,étant trauaillc
delongtempsdedoul-nirsdeTcfti auecac.:csepileptiques, s'addrcilàà vn
Barbier auquel il parla de fou mal,lequel incontinent .!<c fans préparer le corps
luy ouuritcc rameau de la vcne du front, qui en quelques vus penche vn pca
du coté gauche:en ce même moment l'œil perdit fon mouucment,dcmeurant
fixc,immobilc & fcrmé:la douleur de Telle augmenta & luy vint vne fi grande
inflammation en l'œil gauche, que les humeurs en fortircnt par l'érofion àcs
mcmbranes,ôc,cc qui cft encor plus confidcrable , après la perte de la vcuc de
cet
Obfcruations mêlées. 551
cet œil j il perdit bien toft h parole , mais il la recouura en partie par rvfagc des
médicaments qui luy furent ordonnes par des Médecins de Bjfle.
Les leunes Chirurgiens doiuent apprcndic par cet exemple à agir priidcm-
ment,quand il cft qucflion d ouurir la vêne du front U de ne l'entreprendre
pas ransleconrcilduM£decin:Hippocrate parlant dcrouucrtuiedc cette vênc
dit,qu'elle fert à celuy qui a mal au derrière de la Tefte , car par icelle on fait
en même temps reuulfion évacuation de la mjticrc coniointe : mais il faut
voir fi cette douleur vient par fymparhic ou par idiopathie, car fi elle vient par
fympathicjc'cften vain que l'onouurira la vêne duftont,veu que parjce moyen
on attirera cncor plus le fang & les humeurs au Cerneau : or puis que l'œil Se
les nerfs quiferuent au mouuemenrd'iceluy icà lavoix,nontaucune commu-
nication auec la véne du front, il faut examiner comme ces accidents font ar-
riucs : Tous les Anaromiftes âuouent que la membrane adnatajou fc forme l'o-
phthalmie,reçoic Tes vencs des iugulaires externes, orcommMlfaut faire vne
ligature vn peu ferrée au col quand on veut ouurir la véne du front , le fm<y a
ctc attire en haut par vne certaine violence du refte du corps, &c à rempli les
vênes qui font éparfes par la peau de la Tefte & lepcricrane, Or la tunique ad-
nata tirant fon origine d'iceluy , & cet œil étant peut erre dcia foiblc à caufc
des conuulfions epilcptiques , le fang & les humeurs s'y font aisément allé ren-
dre à caufe de la ligarure qui a été faite au cohil fe faut donc contenter de ferrer
médiocrement le col quand on veut ouurir la vêne du col ou celle qui eft fous
la langue : or cette Hgature a non feulement attiré le fang parles vcnes exter-
nes,mais auiTi pluficurs mauuaifes humeurs des parties ba(Ics,par les vènçs in-
ternes & carotides , qui iont montées au Cerueau &c font après tombées fur les
nerfs récurrents & fur ceux qui feruent à la langue ôc au mouaemcnt de l'œil:
La caufe donc principale de ces accidents a été que le corps ne fut pas purgé
auantlafaignée.-Carlafaignée du front eft vn remède local qui' ne doit mar-
cher qu'après les généraux & n'a lieu que quand les humeurs ne montent plus
au Cerueau ôc que la plénitude du corps a été ûUq : Obferumon 18. Cen-
tUY, F»
s
OBSERVATION XXXL
De quelques accidents furnenus après f application de la
Pierre Catijîique.
I les Gautcres potentiels font appliques bien à propos ï la nuque,au bras &
ibus le gcnouiljil ne peut arriuci aucun danger , ouy biciî s'ils font mii im*
55t LiurcSkicmc
prudemment ; Maicre CUude Marîon Apothiquaîic fort expert s'ctant misluy
mcrrjv vue {.n'erre cauftiquc fous le g nouil droir, &c n'ayaiîC pas bien obferuc
le iicii ou ii là hiloit apj:)liqiier , en fîr bien toft après la peaircnce,car il furuinc
incoiuiacnc vn^forr grande douleur , inflammation , ficare, iniquicLude auec
danger de conuuliîoii : ayant été densandc, i'oigais chaudement la cuillè &
l'os lacrum aaec huylss vulpinum, lumbricorum ôc ancth puis ie mis vn dcrfcn-
/îf fur \ç genouil , enuelopant la iambe aucc vn linge trempe en oxyciat , i'ou-
misaufli la bafilique du bras droit .• puis ie coupay la furface de rcfjhare qui
ctoit fort grande , (car il auoirfait le Cautère trop large J ;>fîa de bailler i!luc
aux vapeurs & faire penctrcr les médicaments : puis ic mis l'ongucnr fuiuant
pour faire tomber rcfcliire, O^Vng:t.bAfilic.& hutyr.recaj roft£Joii,ol.Ulwr.a!b.
an.Z Çi.ol.àe vuelUoHor,%ït.croci 9 i.mHcilag.fem. cydonior.e^ctr. cum a^. rofac.^ i.
m. Par ce moyen la douleur &^ les autres accidents cillèrent peu à peu : mais
comme il aiioit mis le caullic en la conioncbion de los de la iambe aucc la lî-
bula d'où fort vn ligament extrêmement fort,lec]ucl auolt ccc oftèncc par le
cauflicjil ne peut pas entretenir fa fontanelle ouuertc à caufe 6.^% douleurs con-
liauelles qu'il endujoic-.rvlccre ayant donc ctc confolidc, ie luy eu fis vn autre
en vn lieu conuenablc: Ohf^^Cent.i.
OBSERVATION XXXII.
De la manière dappliijuer la pierre canjiijne.
JE vous enuoye les pierres à Cautère que vous m'aucsdemap.dé,il yen a des
grandes & des pctices, afin que vous puilTics vous feruir dv-s vues ou des au-
tres félon le fuict ou vousvoudrcs hs appliquer , alfauoir lelon que la peau fera
ou cpaiiTe ou molle:!:- les lailîc l'clpacc de cinq ou fix heures , ^ quelques fois
douze: maisii faut bien prendre garde de ne faire pas vue tfchare t.op grande
ni trop profonde, car outre que non ieulement cela cft fà:heux & caaf; de U
douleur, la fontanelle en deuient comme inutile, à caufe de l'erofion d-s vênes
capillaires, par lefquelles la narurechalfe [zs mau laifes humeurs : quelq jefois
aufîi les parties ncrueufesfont ofFen:ces par le caufti^js'il a fait -^ne trop pro-
fonde cfchare , ce qui fait vue grande ^ continuelle douleur &aut es grands
accidents : que fila vene t^' l'artère a été rongée en même temns par ic tauftic,
cela fait vne hajmonhagie grande & Jangereufe, comme i-ciicit Tvriue Uy a
quelque temps à vnGt;ndlhomme de Laufannc, aiqucl vnApothiq'iaifc ayant
applique vn cauftic 4u bras g,'aiche,&:arra:hiut q^uiques ionf-s après l'cichice
qui écoit grande &: profonde , il furuint vue fort gra;ide& dangereule hx-
inorrhagie,caril auwt rongé ce rameau fuperieurquehs Anatomiitcsappelent
Cephaliquc:
des Obferuations mêlées. 5j5
Ccf halique: Et qiioy que i'y fulFe promptcmcnt accouru , ie vis ncantmoins
qu'il auoic dciacpanchc quelques limes de (ang,car il foitoitaucc vnc celle
iropetuolîtCjquc tous les adiftants & l'Apoîliiquaiie même ccoyent cpouuantcs:
i'aiTctay hcurculèmenc l'hcEmon-hagic aiicc ma poudre queie metcois fur des
ccouppes trempées en vn blanc d'oeaf par dclfus Tvicere, lequel fe conloiiJa
bien peu de temps après : vous voycsauec quelle prudence il faut appliquer la
pierre Cauftiquc, prenant bien giide qu'en fe fondant elle ne s'étende trop en
largeur, dequoy vous viendrcs aiscmtn: à bout par le moyen de riiiftrumcnc
que ic vous enaoyay il y a deux ans: Ol?f.j2. Cent.^.
OBSERVATION XXXIIJ.
D'vne pierre caujii^ue qui a attiré "we tumeur fnr le bras.
IL y a trois ans que ie fus demande pour aller au Bourg de Moyrem>vojr
François Proli âge de Go. ans , qui jtuoic vue grande & inueterce douleur de
Ttftc:apres Vs rcmtdesgcn?iaux,îcluy mis vn Cautère Potcntiel,mais au bouc
de deux ou trois iours , il lay viit peu à peu vue douleur œdcmatcure au bras
qui augmenta tellement que dci l'épaule iufqu'au bout des doigts, il ctoit aufli
gros que les i^r.:bcs d'vii hydiopique : ie fus donc dcrc-h f deman Je 6c fis des
fcarifi calions fur ce bras,dç peur que cette humJci'tc fupeiflue ne diffipa la cha-
leur naturelle : il en for rit quinicitc dVau claire fcrrblable à de la kxfue & à
celle qui fort des vlccres des liydropiques: ie ne vous dis mot àzs remèdes àz{-'
quel ie me luis fcrt;i pour empêcher la corruption de la partie & pour dif^
iîpcr Qyis humeurs: Par le moyen d'iceux , cette tumeur du bi as fut entièrement
diflipcc:maiselie rcuint douze iours aores, & fut derechef confr.mee en par-
tie par les mêmes remèdes , ce qui obligea les parents à confultcr diurrs Méde-
cins qui ciûrtnt que cet accident ctoit venu àcraifc que le Cauti-re auoit été
applique! lur le neif , & qiuceluy ayant ctc rongé & coupcjl'enu en forcoit r-c
plus ne moins qu'elle faitd'vn faimcnt qu'on a taille : mais il ctoit impofîible
que le cauftic eût atteint \(,s nerfs qui font trop profonds , en après il auoit crc
mis beaucoup au de (fuS du tendon du mulclc delroide , il mourut trois mois
après d'vne Heure !ente,le bras luy étant dercehtf venu g:oscom.me \qs ïambes
d'vn hydropique, mais fans aucune gangrené , liuiditc ni douleur,hormis vnc
pelai tcur .' i'aurois certainement cru que l'application du Cautère ctoit caufe
de cet accident , Ç\zz n'ciitéic vn homme qui approchoir des 70 ans, car
quand la nature vient à dccliner,il faut peu de choie pour abbatrc vne perfbnnt:
Ohfernq^.Cent.if^
Aaaa
5^4 Liure Sixième
OBSERVATION XXXIV.
Des daneereux effets de r Antirnaine.
IL y .1 deux ans qii'vne Dame de Bemc,encor ieune & de bonne conftitution,
fe pLiîgnoic dVne pefanteur d'ctomach anec douleur qui venoic de crudircs,
&; s'craiu addrefsce à vn Mcdccin,il luy ordonna vue potien pour trois prifes;
]a première futfuiuie d'vn grand & fréquent vomillcmcnt : le iour fuiuant elle
prit la reConde,qui caufa de li grands èc fréquents vomiircmcnrs , que peu s'en
falut qu'elle ne mourut & fut vn peu remife fur le foirjiceux étants arrêtes,
mais elle n'auala pas la troifîcme prile qui fans doute l'auroit perdu : dans les
efforts à vomir elle perdit i'ouyejapresauoir eu des tintemens d'oreille accom-
pagnes de douleur : ce Médecin y mit dedans certaine liqueur,par le moyen de
laquelle elle recouura l'ouye de l'oreille = gauche , mais on ne luy a iamais peu
rendre celle de la droite ou elle auoit eu mal auparauant , quoy qu'elle en eut
été entièrement guérie: i'ay opinion que dans les violentes fecoulfes du vomilTè-
menr,letympanum,qui eftle principal organe de rouye,a été déchiré & rom-
pu.'car fi cette furdité ctoitproucnue de quelque humeur gluante qui fut atta-
chée à cette iïiembrane,comme il arriue es violents VGmillèments, il y auroit eu
afTuremcnt vn grand bourdonncmô: d'oicille,maisicy il n'y en aquafi pointrot
ce vomitoiren'étoit lien qu'vne infufion de verre d'antimoine,comme le gouft
le manifefl:a(car la malade croyoit boire du vin pur) & la violence du vomilïc-
ment accompagné de défaillances & d'autres accidents.
OBSERVATION XXXV.
D'^'jnejiupidité d'e/prit après vne potion d'Antmoine.
L'An 1619. Vn Empirique téméraire & ignorant qui faifoit la Médecine en
CCS quartiers, perdit prefqu'auec fon vomicoire.vnc Darae de Solcurre qui
feplaignoit d'vn mal de Teile,elle échappa, mais elle deuint folle , ne voulant
point fortir du \\ù.m ne parlant poinr,finon qu'on l'in te rroga , ne demandant
iamais à boire ni à manger : que d on luy prcfcntoit quand elle auoit faim,ellc
mangeoit auec bon appetit,autrement cllcrcfufoit: ilenêtoit de même quand
il luy faloit rendre fcs excréments, car quand on luy demandoit, lors qu'elle
auoit nccinîté,fi clic vouloit aller fur felle, elle ft^rtoit à l'iwftant du lid , mais
fi
Obfcruations mêlées, 555
Cl on ne luy dcraandoit pas,clle laiflbit aller Tes cxciemeiirs comme vn petit en-
fant : elle ctoit paifible de iouu 5c de Huit , & auoit ordinairement vu
mouchoir oci vn linge entre les maip.s qu'elle ployoir,&déployoit, tirant & ra-
rHallantlcs plurnesde facoccr-c:mais c'tll: vue choie ctiange qu'elle ûc Ci peu de
fcntiment , que l«y étant venu vn gi;iud vlccreôc pourri en l'os lacrum &c au
cropion , àcaufc dclacrimoaie des ex:rerr.cnts& de ce qu'elle croit ordinai-
rement couchée fur le dos , ncaurmoins clic ne fe plaignit iamais : elle demeura
quelques mois en ce miferable étar,&: la viiîcay quelquefois auec le Dodbcur
ScharandasuSjcllc fut remife par fo-i exrrcme diligence ôc vécut quelque temps
aprc?jayant le iugemenc cndzïiO'jJ^Xll.Cent.V.
OBSERVATION XXXVI.
Du danger quap^erisnt les médicaments Chymi^ues.
CE bon Vieillard, lean François Roy,Aporhiquaire,ayant été trauaillc de la
goutte aux mains,{c lailfa perfuader à vn impolleur ( qui auoit acheté au-
parauant quelques médicaments en la boutique ) de prendre vn bruuage,qu'il
difoitctre composé de perles & de pierres prctieufcs /à pênel'eut'il pris qu'in-
continent toutes (çs forces diminuèrent , de forte qu'au bout de trois heures il
perdit la veucjrouycjapaiolej le mouuement&le f;ntiment,apres auoir vomi
vn peu de piruite j L'étant allé trouuer le lcndemain,il ne fentoit pas quand on
le piquoit auec des c^^inglcs 6c vécut cnuiron vingtquatre heures après ce
bruuage.
OBSERVATION XXXVII.
Sur le même fmet.
VN des principaux de Cette ville fat quafi tue par le même impofteur l'an
i6zo. car ayant pris peu de temps auant le difner vn peu de cette eau qu'il
appelle doréc,vn peu après comme il étoitencorà table, il luy vintvn abbate-
ment de forces auec des vents & nausée : mais le venin étant mêlé auec la
viande ôc le bruuage, fa méchante qualité fut éteinte par re mélange ; «3«: com-
me la nature étoit robufte , elle chalfa tout par le vomilîement , ainfiil fut
remis.
A aaa i
jj^ Liiire Sixième
OBSERVATION XXXVIII.
Sttr le mhnefuiet^
1E fus demande ces iours pafsc pour aller au Village de BurgdorfFvoir yn
ieune homme de 25. ans, qui auoir été tellement gâté par les venimeux médi-
caments de ce fouibj qu'il en tomba en rne maladie dcicrperéc,&: neantmoins
cet ignorant & fccleracna rcçeu aucun chaftiment du Magilhat ; Obferu. 37.
CetHurtV.
OBSERVATION XXXIX.
Dm mertftre âidcifié ou de vie & àefes effets,
1E fçay que quelques vus s'chferaentaucc fruid, fay veu auflî quelquefois le
^ontraire,vn Charlatan a demeuré quelque temps à Berne, ildonnoit certai-
ne poudre très blanche ( qu'il app^^loic mercure de vie^ en très petite quantité,
car il ne palïbit pas q'iatre grains , fe feruant d'iccUe en plufieurs incommodi-
cés,maisie plus rouucnt auec danger de la vie:i'en parle par expeiicnce : Il y a
quelques années que ic fus demande pourvoir vue Dame deB:rne auec Mon-
fieur l^îul LenruljsM£decin,ce Charlatan à pêne luy en donna t'il trois grains
(^car iii'ai'oitpesé en picfcnce de fon mari) maisiliuruint defi rudes accidents
qu'a pêne l'a ^'ûmes nous remettre , car elle auoit vn grand & continuel vo-
mi'dementauec des défaillanccs,des Tueurs froides & abbatement Je forces,de
forte qu elle fut quelques iours de fuite en dander de la vie,neantmoins elle fut
rcmile.
OBSERVATION XL,
Sur le même Suiet.
I'Ay fouuent ouy dire qu vne Dame de Sole urre nommée Barbe Grcdcrs,afth-
matique,ayant pris de la même poudre qui luy fut donnée par ce Charlatan,
elle en mourut le même iour:le mercure donCjloit qu'il foit crud,{bit qu'il foie
métamorphose en mercure de vie ou mal prcparé,ou donné mal à propos,cômc
foQC
Obferuations mêlées. 55 ^
font les Charlatans, dénient le plus founent mercure de mort , ou bien on le
peut appeler mercure de vie cxç\:i\d\c.O(?feruatiorJs tirées de la lettre de l'authettr
écrite m D. Michel Doringius,
OBSERVATION XLI.
Sur le même fmet.
L'An i(jio, traitant à Bafle le Sereniflime Piincc lanutz à Ratzvvil aucc Mc{^
fleurs Félix Plarer «Se Martin Chmilicc Mcdccins à BjIÎc , il pienoit con-
tre noftre gré & confeil , parinteruallcs, du mercure dulcifîc : mais ie puis
aîTurer qu*a chaque fois qu'il en prenoit, il luy furucnoit de grands accidqnw,
comme des défaillances, vomiifemcnts , inquiétudes , oppieflion de poitrine,
de forte que nous n'attendions autre chofe flnon que fon mercure d^siz luy
fut vn mercure de mort: on dira peut'- être gii'il n'auoit pas été bien préparé,
mais le Médecin du Chefne luy même l'auoit fu't, 6c l'auoic fi bien accommo-
dé au naturel de ce Prince, qu'il s'en pouuoitferuirà fon aduis, en tout temps
& en quelle incommodité que ce fut : Vn certain mcdicaftre , dit Laurent
Hofmannus, donna à quelqu'vn deux pilules de mercure , il tomba en apo-
plexie ayant pris la première, & en paralyiic ayant pris la féconde.
OBSERVATION XL II.
Sur le même fuiet,
L'An 1610. il vint vn Tambour à Berne , qui fe vantoit impudemment de
pouuoir guérir la goutte & autres maladies incuiablcs,& fcduifir entr'au-
treslebonMonfr. François Kenig qui étoit goutteux , auquel il donna de (on
médicament Chyrric ( lequel ie crois être du mcrcute^de vie par les accidents
qui arriuerenrj vue heure après l'auoir pris, ii perdit premièrement la vclie,
en après l'oUye 6c la parole, ôc en fiu la connoilïànce , puis décéda 32.. heures
après comme apoplcdique. Obferti.ii. Cent. 6.
OBSERVATION XLIIL
Shr le mêîne fuîet
IL y a quatorze ans que Monfieur Eleazar Pcrialdus Profcflcur en Phîlof»-
phic à Laufannc, ayant pris vn bolus d'antimoine, contre îàuis de Monfieur
Aaa a 3
,.% Liure Sixième
Albcii Rofcius Mcdecin ôc de moy, f^cju'il aiioic apporte de Paris , & diToic
âuoir ccc pieparc par le D. Du Ch:lnc, J peu s'en faliic qu'il ne rendit ce iour
là l'amc auec les excréments , tant fut impctuaife l'opération par le haiic ^
pat le bas qui dura tout le ioui: la nuit raiuaiitc il tut faifi de grandes douleurs
de bras & de cuiiresauec des conuulùons , f hczuCe de la giande vacuation
& dcficcation des parties' nerueulcs J défaillances Se abatement de forces, par
la diiripation des clprits viraux Se humi.iitc radicale : Ayant été demandé
auec le fufdit Rofcius à deux heures de la nuit , nous luy fîmes prendre
incontinent vue potion cordiale, nous Iny donnâmes des boiiillons f^its
auec chapon (?c chair de mou:on, pour Iciorciii-r (3: rcftaurcr rhumiditc ra-
dicale auec les cfprits vitaux ; Nous limes oinJre les bra«, les iamb^-s & l'cfchi-
ne du dos chaudement auec le linimcuc fuiaaiK : ^ ol. amygd. d. tùior. alb.
vioUr. m. fj. ol. Umbric. vdfin. pngued. hnm &vrfi. m. |«'j. ?/î. les douleurs
furent véritablement appaisces , neaucmoins il mourut pAÏliblcment peu de
ioursanres, tant à caufc de la dinlpation de l'humidité radicale, qui ne peut
point élire reftaurce , comme aufli d'vne inflammation qui vint au foye, par la
violence de l'attrailion que fit le médicament de la circumfacnce au centre.
OBSERVATION X L I V.
Shy le mémefaiet,
'Aiftre Brun Balancier à Cologi->c, ayant 'pris vu petit bruuaje d'Anti-
•. . .M moine que luy donna vn Charlatan, fon cllomach tuf tellement ému 5:
ébranle, qu'il en foufrit vnc hernie d'eftomach, de laquelle il efl: encor incom-
mode à preferw, ( 17. ans après la piifc de ce médicament, j l'ayant vcu encor
l'année pafsce a Cologne, car à chaqui fois qu'il baille le corps l'cilomach luy
tombe comme dans vn fac, non fans incommodité.
M
OBSERVATION XLV.
Sur le même fniet*
ESrant à Vormes il y a quelques moisj ie fus demande pour voir vn Bour-
geois de laville,nommc Pierre Daling von der burgn'l croit trauaillc d'vne
hernie inteftinalc,qu'il auoit gagné il y a quatre ans pour auoir pris vn médi-
cament Chymiquc(^queie crois être de rAntimoine,)qui luy fut donné parvn
Charlatan : l'opération fut fi violente par le haut & par le bas,qu'il en fut atta-
que leiour même. ^„^r.,.
^ OBSER-
Obferuations mclées. 559
OBSERVATION XLVI.
Sur le mérnefuiet.
IL ya zo. ans qu'vn McL^erin Italien dit le D. Srcrpin , exerçant la Mtdccine
à Tonnon en Sauoyc fuc le Lac Lcman , voulut donnera vn Gentil- hom-
me,nommc Monfieur du Fou , vn médicament Chymic , pour luy rompre &:
chalfcr la pierre; L- malade qui auoir en aucrfion telU forte de médicaments
le refufanr, ce Médecin luy en apporta le lendemain en double quantité , &
afin qu'il le pritaucc plus de confiance^, luy même en prie vne partie, luy pre-
fentant l'autre , après quoy, ils moururent tous deux enfcmblc peu de iours
après : on fie venir de Gencue Monficut lean Antoine Sarrazin Médecin te
M*. Ican Griffop^, mais en vain : Obfematton tirés d'vne lettre de fauthenr^
écrite an D. MichelDorîngiHs.
OBSERVATION XLVII.
De la perte de veue à caufe de l'oh/lruSiion des nerfs optiques , causée
par l'InunBion mercuriale*
LA femmed'AndrcTrechfclBourgcoij de BugdorfF, ne s'ctanr pas bien
comportée en fa couche, 6c n'ayant pas obierué le régime conucnable,
tomba en dcsobftru6tions de Foyc, & en fin les iambcs Liy enflèrent extremc-
menCjà caufe d'vne décente de fcrofirés, elle s'addredà à vn Chaftreur qui Qins
préparer le corps en aucune façon, luy frota toutes les iointurcs , & niémes la
nuque, auec l'onguent mercuriahaprcs quoy les humeurs mauuaifes allèrent
2uec vne telle impetuofitc à la bouche, qu'elle fut quelques iours durant en
danger de la vie, car toute la tefte , principalement la face, labouche , lalan-
guc & lesgenciueSjcftoycnt tellement cvi^czs , qu'elle ne pouuoit pas dire^vn
mot ni aualler du bouillon qu'à grand peine ; elle guérit à la fin , mais elle
perdit la veuc: elle me vint trouuer à Berne, où l'ayant bien préparée , tant
par vne bonne façon de viure que par des purgations réitérées , ic luy fis vn
Seton à la nuque : ic luy mis de mon Collyre fur les yeux , & luy fis boire vn
vin medecinal,duqucl elle vfe cncor à prefent : elle fut fi bien rétablie , qu'elle
peut à prefent lire & ccrii;^ &c. ObfAy Cent.^-
5^Q Liure Sixième
OBSERVA TIO N XL VI II.
De l^i^norance des Sagefemmes.
L An 1611. vne Dame conflderable de Berne , étant trauaillce dVne réten-
tion d'vrincauec grande douleur & ftrangLiric, lit venir des fagcfemmcs
Icfquclles firent tout leur pofliblc pour la faiie accoucher: ma femme fut auilî
dcmandccjlaquelle l'ayant fecouru au dedans & dvliors", il foctit vne pierre af-
scs grande de la ve{lîe,& porta eiKor deux mois fon enfant qui vint à terme:on
voir par là combien il eft nccelFairc que les fagcfemmcs & toutes celles qui fe
mêlent de les fecourir, fçachent diftingucr vne difliculrc d'vriner d'aucc les
trauaux de l'accouchement, j^h traité de U Lithotomie ch. 12.
j OBSERVATION XLIX.
Tyvne Bâle de plomb qui a demeuré fx mois dans le CerHeaUifans apporter
aucune incommodité.
L'Expérience fait voir qu vne bâle de plomb peut demeurer dans la cauitc
du ventre,ou entre les mufclcSjplufKurs années; maii ie ne ci ois pas qu'il
fc foit vcu aucun exemple que cela foit arriué au Cerueau: neai.tmoins icfçay
( par le rapport de Maiftre lean Giiffon Chirurgien ries cei biP, ) quccela eft
arriuc : Au temps de la gurrie entre le Duc de Sauoye ôc la ilcpubli^ue de Gc-
neue , lors que l'on attaquoit le fort,dit la Clulc , vn cei.taùi de Gjncue,appe-
lé Clerger,reccut vn coup de moufquet au front auec grande fradti're du Crâ-
ne : ayant eftc amené demi mort à Gencue, ledit Giitfon cncrcp:.it !a Cuie
méthodique, pourueut à la grandeur des accidents autanr qu'il luy fut po{^
fible> &c tira quantité d'os fans pourtant trouuer aucune baie : il ail jre neanc-
moins qu'il fut gueii , & furuclcut fix mois après la Cure : étant mort d'vne
maladie aiguë il luy ouurit le Crâne, & trouua la baie au droit du fomm.t de
la tcfte, entre le Crâne & la dure mère à cofté de la future droite , fans que la
membrane eût cfté otfencée , car la nature auoir engendre en cet endroit vne
certaine matière callcufe,quiferuoit comme d'oreiller à la dtire mcrc : Obf. z»
Cent, 2.
OBSER-
Obfirruatiotts mêlées. 5^1
OBSERVATION L.
En quelle fojlure doit eflre le maUàe quA/id on luy veut
donner vn Latieme^t.
LEs laucments font de grande vtilitc en pludciirs maladies , &r principaic-
Icment (\qs inceftins j pourueu qu'on les donne comme il faur, àc princi-
palement fi on met le malade en vnc fituation conucnable : or pour connoi-
trc fur quel côté le malade doit ccre firuc , il faut fçauoir ou cfi; loge le boyau
colon, lequel prend Ton origine là où finit le cœcum,very le rein droit & bail-
lant vn contour, va vers la partie caue du foyc , palfant fous le fond de l'efto-
mach iufqu'au côtcgauchc,ou ils'appuyc fur la rattc , d'où il dcccnd en arriè-
re palîant fur le rein gauthe auquel il tftacr?chc , en cet endroit il cft plus
étroit qu'ailicurs.n'y ayant aucunes cellules, des la iidccend , & apre5 auoîc
baille deux concours, il aboutit à i'intcftin rcdum : il eft donc clair qu'il faut
mettre le malade fur le coftc droit , car fi on le met fur la gauche, toute la
malle desvifccres comptimerariiKeilin rcdum, (Scptincipalcmcnt la derniè-
re partie du colon ( qui dcccnd fous la Rattc & eft attachée au icia gauch:,)
de forte que le Clyllcre ne ponria pas paruenir iufqu'à la capacité du colon,
mais s'arrêtera en ces deux deinicres conuolutions ou il ne pourra pas demeu-
rer long-temps: mais le malade étant couché furie codé droit, le lauement
ira facilement iufqu'au dtftour qu'il prend fous la Ratte &c ira fans empêche-
ment iufqu'à la Valuulc, qui eft à la fin du Caecum & au commencement du
Colum , [inquelle a eftc découuertepar le Do6teur Gafpar Bauhin,] ainfi tant
plus le malade retiendra le laucment,tant plus il en rcceura d'vtilitc ; Obf.jj.
Cent. I.
OBSERVATION L I.
Figure GT defcription d'vn Inflrument, par le moyen duquel le malade fe peut
aisément luy mime donner vn Lauement.
TOus les Médecins fçauent combien les L auemcnrs fontneccllàircs en fan-
té 6c en maladie: mais comme plufieurs , & principalement des femmes,
les refufcnt de honte , i'ay inuentc l'inlhumeiu fuiuanr , moyennant lequel il
n'y a perfonne qui ne puilïè fe les donner loy-incme , voyés U table XVII. de
la figure 7.
RbbW
5^2, Liure Sixième
A vne Cannulc de bois de la grofTeur du pouce Se de 24.de long,de uqucUe
h conduic eft de lagiollcur d'vnc plume de Cygne, car tant plus il lera ctuoir,
tant plus haut monccij le lauement 3c aucc tant plus d'impetuofitét
B La Cannule commune qui (c mec dans le fondement.
C Vne vcffie de bœuf dans laquelle il fàut mettre le lauement : elle doit
ctre attachée en vnbout à la Cannule maïquce A & en l'autre à l'entrée de la
veflîe marquée D qui cft aufli faite de bois.
E La Clef de l'entrée de dellus.
F La Clef de la Cannule marquée A par le moyen de laquelle le lauement eft
retenu en laveflic autant que veut le malade.
Le lauement donc ayant été mis en la vedic, il la faut bien fermer auec les
clefs E F , & le malade fe courbera fur le codé droit, puisfe mettra la Canna-
Ic B dans le fondement, ce qu'il f:-ra fans peir.e en courbant vn peu les cuiircj,
puis il mettra des linges doubles ou des étoupes à côté de la Camiule, de peur
qu'elle ne tombe, à caufe dequoy il étendra vn peu la cuillè gauche, afin que le
genoLiil gauche puilT^? entrer dans le iarret de la iambc dioitte , ainfi la Can-
nule ne bougera point du fondemcnt,en fin le malade tournera la clef marquée
F afin que la Cannule s'ouure, &c preÛcra la vcflie auec les mains, par ce moyen
le lauement viendra fans difficulté iufqu'aux inteflins: Ohf. 78. Cenui.
.-!j«— «.
OBSERVATION LIL
QyCily a du danger en l application de l'ar/èmc,
ENtre les médicaments defquels on fc fert en dchors,il n'y en a point de plus
dangereux que l'arfcnic, car comme Galien enfc!gne,c'eft vn médicament
putcefa6tif ou feptic, lequel non feulement corrompt & fiic pourrir la chair,
mais aufîî cnuoye certaines vapeurs malignes Se venimeufes aux parties no-
bles qu'il ofTncc fort : ôc quoy qu'ojî le mette fur les bras &i fur les iambes ôc
antres parties éloignées du cœur ôc du cerneau , fi clt-ce que fa malignité ne
lailfe pas d'aller iufqu'à cci parties, paifant par les veines au foye, où il impri-
me vne intempérie chaudcj^ brûle le (ang : il pénètre au cœur par les artères
3c caufc dcsdcfailbnces, ii monte iuiqu'au Cerueau par les nerfs ôc produit
des reluerics , veilles, inquiétudes & autres accidents, voire quelquefois la
mort.
Vn Suiire robufte âgé de 40. ans ayant vue tumeur chancreufe au poignet,
fe mit entre les mains d'vn Chirurgien fort habile de dode , lequel auoitde
coultume de fe fciuirhcuicrif-mcntdans les tumeurs chancrcufcs , écroUellcs,
6<:c.d'vne cerrd^iepoudie d'arfenic mcléauec quf^lqu'autres fimples, maiselle
i)e luy reijffit pas en ce càs,car fi tôt aptes qu'il en eût mis,il fiiruint vne violente
douleur
Obferuations mêlées. 3<?3
Joul.cur, & par après des inquiétudes j veilles , fîcvrc ardente, perpétuel dc-
gouft aucc vomiircment.* enfin étant tombé en rcaciic aucc des fréquentes dé-
faillances, il mourut peu de iours après.
La même chofe arriua à vn certain Barbier,r.uquei i'auois ôtc auec beaucoup
de peine vn tubercule qu'il auoit au bout du pouce,mais s'ctant imaginé qu'il
n'étoit pas entièrement emporté, il y mit vn peu d'aifèuic, après quoy les mê-
mes accidents luy arriuercnc, il fur ncanrmoins remis.
On peut comprendre par là, quelle raifon ont ceux qui mettent parmi des
laucments des trochifcs où entre Tarfcnic , la chaux viuc ôc l'orpiment dans
les viccres putrides des intcftiiis 3c qui gp.gDcnt pays: mais il vaut mieux quit-
ter ce médicament, veu qu'il cil venimeux X mortel. O^ 80. 0;î;.6.
OBSERVATION LUI.
Qne le ''^iri employé extérieurement es2 contraire aux nerfs.
IE vous aurois repondu plutôt fi l'incommodité de ma m.ain l'eut permis,car
ayant à mon letour de Banefcnti en icclle vue manif^lle inrempcric froide,
i'ay voulu faire clFay comvnc ie me trouuerois fî icla iauois au^cdu vin, ic me
fuis donc ferui trois iour:( de luire èz deux fois le iour de l'ciprit d'iceluy , mais
la douleur augmenta tellement, qu'à pêne pouuois-ie remuer le petit djigt,
fans douleur,quclqucs iours de luitc,cc qui m'obligea à cercher des autres re-
mèdes par Iclqucls \zy été entièrement icmis.
I'ay expérimenté en l'an 1614, combien il eft dangereux, vn Gentil homme
Sauoyard qui auoit les deux iambes paralytiques, fe ferait quelques ioui s de
fuite d'vn bain fait auec des herbes appropriées, mais cuites en du vin, au bouc
defquels il tomba en Léthargie qui l'emporta en trois iours: fî vous en voulés
fçauoir la caufj,la voici, la vertu lulphuréc & ignée du vin monta au ccrucau
par les nerfs,.^' y mena auec ioy quantité d humeurs excrcmeniiries , cri/cs 6c
pituiteulcs qui etoyentaurefte du corps, f car c'cftoit vn homme cacochyme
& pituiteux)lcfquclles caufcrcat cet ailopillcment Ôic. Ohf. 86, Cem.6.
OBSERVATION LIV.
Des acciderits ^na causé l' FmpLîftre oxycroceiitn & de ?nucilami^ftt
appliqué mal à propos.
MOnfieur le Baron de Gorfier âge de 40. ans, homme replet & robufle en
l'an 1605?. ctant mené fur vn Traîneau en temps dencge, fe foula vn p:u
Bbbb z
5^4 Liure Sixième
le genoiiU droir, Si il fut remis en peu de iours par Tapplication de quelques
médicaments domcftics : mais venant à fcntir delafoibleflè deux mois après
en cerre partie , il s'addrclTaà vn Chirurgien ignoranr,qui y fît mettre vn cnî-
plaftrc de parties égales d'oxycroceum Se demucilaginibus;peu d'heures après
ii y furuint de la douleur qui fut fuiuic d'inflammation &c de prurit 5 & en fin
deticvre, auec vn Herpcsmiliaire & vne grande enflure en toute la iambe
Se laculir^ : la douleur cftoic violente & l'inflammation fi grande qu'il appré-
henda que le mal ne fut fuiui de quelque grand accident ou même de gangre-
né: auant mon arriaée il auoit été purge & faigné, on auoic aufli applique des
remèdes anodyns &: rcpcicurfifs: neantmoins l'inflammation Se l'Herpès s'é-
tendoit iufqu'adx aines ; & quoy qu'il fembla que le mal fut fijr le déclin,
neantmoins ayvprchcndant qu'il ne fcfit vne nouuclle inflammation Se fluxion
[ car il y auoic vne grande plénitude , tant celle qui cft appelée des vailFeaux
que l'autre dite quant aux forces] ietrouuay à propos de le purger derechef
lentement par vn apozeme laxatif,l ai flanc quelques iours entredeux , & luy fis
encor ouuiir la veine; on entoura aufli la iambe Se la cuillè auec des bandes
trempées en vne Dccodion de chofes déficcatiues , refolutiues & corrobo-
ratiucs,ainfi il fut rerais en peu de temps; Ohf. 100. Cem.lV.
TRAITE-
TRAITE'
ne
L\ GANGRENE
ET D V SPH AGELE.
ContenafPtj,
Vne ample déclaration des diffcrences,caufes, fignes &
prognoftic defdites maladiesj & cnfcmble
leur Cure Méthodique.
Compose en François par G VILLA VME
FABRICIVS DE HILDEN.
^66
A M^ I E A N ANTOINE
SARAZIN , CONSEILLER ET
Médecin du Roy de France ôc de Nauarre. x
Q?^SîEFR , ayant derniercmenî entendu
ptr U l'otn dernière la bonne volonté que
vous auez en mon endroit , e?i ce que de
iiô:re grâce vom vcm êtes offert de tenir
U m Ain k ce que mon traité de U Gangre-
né fiU imprimé corre^ement , ie rn en fûts
fent; parti' ffD honoré , n ayant jamais osé
fen\er de vous donner tant dt pêne. Tou~
tesfûts j/uis q^e zo'is auez. cpinion que^
mon dit tra'té pourra feruir (^ do iner dti
profit au public , tay ejlimé fixir^ contre le àcuo rquvn chacun doit àjon
prochain ^fi iele reÇeruoyeplm lor;guemrnt pour mon vfigp pirticul er.
Et pourtant ie me fuis mis en àenci' de le décrire au net du mieux qtnl
nia etepofible.&levotis renuoyer^ponr en di fp^fer tout a'mf que vous
trouucreTetre bon : é' en cas qit il forte en lumière , vouloir quant dr
quant permettre que ce fuit fous votre nom , ^ ne prendra g^rde à ta pe-
tite valeur an Prefent qui vom en ejl fait , maù à la bon/ze ^ entière^
affection de celuy qui le vous dédie (jr confacre-^coînmef c' et oit quelque
chofe de meilleur. Or neji ce fns plufeurs & dinerfes raifns que /o*
fuà inuité a ce faire: car premièrement vo -i* niaucz donné ta \ t depreu-
ues de votre bonne amitié que ieferoispir trcp ingrat -^fi ie ne tâchois a
le reconnoitre en quelque façon, lem'affeure auf^i que fans auoir égard
du peu qui peut fortir de mapart , au rejpe^t des fingulieresfaueurs que
vous
vom maue7 tONjîours départies , vou^ accepterez ma hofine volonté
pour gage àe mon affeciion e^i votre endroit . D'autre p.trt ayant eu ce
bon heuY il y A quelques années que d'auoir tra'itîé en votre compagnie
phjienrs perjonnes dr de ïjavte à" de b^ffc condition travaillées de ma^
ladies de Gangrené é" de Sphacele^ tay eu moyen de conférer auec v-ous
familièrement de diucrsvomts qui concernent tant la Théorique qtit^
Pratique defdites maladies ft bienqi-e ie.puis dire àbo;s droit, que ce.j
que ten ay appris ejl en partie voire. Et à prefent ten ay dt autant plus
âoccaji'in^ quil vom plait-^nonohdantvos grandes ^ continuelles occU'
pationSfVacquer kceque le toutjoiî reueu (^ corrigé ainfi qutl appar^
tient. Or te confejfe bien que ce mien petit labeur n^eji pas ji bien drefsé
comme te Cauro is defiré^ni de telle valeur quil vow doiue étreprefentéy
neantmoins ie nappas latfsé de prendre U hardicffe de me couurir dç^
votre faueuy.^ a ce que vos vertus ér bûnff.iuoir[qui vous ont fait con-
noîtrepirmitantdegens debien é' ^^('^'^^^^ » rnéme dans les pays
étrangers ) luy férue nt de (juelque recommandation , ^ quil en foit
mieux receu des gens dt bien > ^y n.aintenu contre la médtjance des en^
uieux^ malvcùlllans. le vous prie do>/c, Mor>fieur.^delereceuoir fotis
votre protêt ton d'aitft bon cœu ?*, que te prie L* Eternel vous augmenter
iûftrnellementfes dons é" je s grâces , à' '^'oiis maintenir longuement en
bonne fanté é" pT^fpertté, De votre maifon^ce 5. Auril 1 597.
vôtre tresobeiffint humble & Compère
& feruiceur.
GVILLAVME FABRI DE HILDER
5<î<
FREFACE AV LECTEVR.
M Y IcAcur l'cxpcrience nous monftre que tant plus le Monde
s'approche de fa fin , & tant plus malignes , rebelles tk diifi-ilesfc
r *ndent la plus part des maladies &: accidents qui aduienncnt à nos
corps : ce que nous auons peu cogiioiliie ces années pafsécs par la
petite vcrolle,qui acftc fi rebelle, même i\ maligne en plufieurs car-
tiers , qu'outre ce que vnc infinité d'cnfans &: de peiToancs d'âge aufli en font
morts , prefqa'à tous ceux qui font refchappez il eft rcfté qiielque grande 6c
notable indirpohtion en \tm. corps : ce qui m'a fait dire fouucnt en traitrant
ceux qui en ctoycnt trauaillcz , qu'il leur eût mieux vallu auoir la grolîc verol-
le,que la petite. Toutes ces choies nous âuienncnt en premier lieu , parce que la
nature humaine,la chair & le vieil Adam de iour à autre augmentent en malice
& rébellion contre leur Créateur , qui à cet occafion redouble tref iuftemenc
les maledi(5tions > les playes& les autres maux, defqucls il eft parle es liures de
la Loy. L'autre railon eft , que le corps humain eft auiourd'huy beaucoup plus
délicat & foible(^ pour les grands excez qui fe commettent en toutes diofcs^
qu'il n'ctoit du temps des anciens : & de là vient aulîî que la chaleur naturelle
en étant d'autant plusatîoiblie & ne pouuanr rcfiller es maladiesjellcs i'en reri-
dent & plus malignes & plus difficiles à guérir.
Or n'y a-il prclque maladie plus déplorable ne plus cruelle , que cette cy
dont nous prétendons de pat 1er en ce traité: car outre les infinies douleurs & lc<
tourments qu'elle donne à nos corps , qu'cft-cc q:ii pourroit plus afprcmcnt
contrifter l'elprit d'vn panure malade , que de fe voir pourrir ^' mourir mifc-
rablement vn de Tes membres ou plufieurs î Et nonobftant que ladite maladie
de tout temps ait été alfez mâl;gne& difficile, fi cil ce qu'elle fe rend de iour
à autre plus maligne & rebelle aux médicaments , aufli bien que pluhcurs au-
tres : ce qui doit donner occafion au Chirurgien de méditer faiw celle tous les
moyens de pouuoir plus fortement s'oppofir U refiftcr à vn fi grand mal. Cet
la caufe que pour mon particulier i'ay repris en main mon traité de la Gangre-
né & Sphacele que l'onauoitim^'rimc aCoulogne il y a quatre ans, & voyant
que l'ordre & la method.e que i'y auois tcnu,auo!r pieu à plufieurs gens do-
ttcs,mais non pas fa briéucté,;eme fuis mis à rechercher dilig<.mmcr plufieurs
Auteurs tant Anciens que modernes, qui auoy eut traité de telle matière , & me
fcruant de leur do<Sl:rine i'ay âiouté la pratique & l'expérience que i'ay eu de
relies malatlies. Car i'cn ay veu traitrer & en ay traitté moy même vne infinité
depuis
AV LEGTEVR. 56s
<fcpuis io.ans,cn ça que i'cxerccla Ghiriirgie , frcquentanr d'ordinaire les gens
dotâtes & experts tant en Philofophie , qu'en Médecine & Chirurgie. Tant y a
que i*ay prins la peine de traitter plus au long ladite matière , cuitant toutefois
l'ennuyeufe prolixité tant qu'il m'a été po(îible, & me contentant d'écrire iim-
plcment les points les plus necelïaires pour la connoiiïànce & la cure Mctho-
dique defditcs maladies : & ce tant pour le i'oulagement & profit des pauvres
malâdes,qu'au(Tî de ceux qui commencent à prattiqucr l'art de Chirurgie^auf-
quels tant feulement i'ay voiié ce mien petit labeur , & non pas aux fçauans <Sc
éc expérimentés qui n'ont pas bcfoin de mon inftrudtion.
L'ordre que nous auons tenueft,qu'ayant dcfîni ôc déclaré que c'eft que Gan-
grené & Sphacclc , nous auons réduit toute forte de Gangrené fous trois cau-
les,alIàuoir Intempcrature3Q2?litéoccuîfc,3d Interception des cfprits, comme
aufli de fait il n'y a Gangrené , quelle foit, qui ne fc puifîè rapporter à l'vnc de
ces trois caufes, déclarées tant en gênerai qu'en particulier.En après nous auons
fpecific les figues par le(qucls 011 peut tant connoîcrc qtac diftinguer lefdites
Gangrenés, & de mêmes les prognoftics: finalement nous auons poutfuiui la
cure tant de la Gangrené que du Sphacele. En fait des médicaments ic me fuis
étudié de n'en mettre aucun en auant , que ceux Icfquels ie fçay veritablei|Knc
tant par raifou <3c authoiité,que par expérience être bons , de aufquels le Chi-
rurgien fe peut fier ôc alleurer. Et combien que i'aye traitté des chofes
qui concernent proprement vn Médecin , foit en ordonnant le régime de vi-
ure,ou préparant Ôc purgeantles corpSjie ne veux pas entendre qu'il foit permis
au Chirurgien, & encores moins aux B;ubiers &: autres gens ignorans & idiots
de s'ingérer à ce quieft de la Médecine : mais ic I'ay fait afin que le Chirurgien
écantaux champs ou ailleurs, où il n'a moyen d'auoir coufeil du ^Médecin,
puilïè neantmoins f^auoir piomptement faire vue partie de ce^qui eft requis
pour procurer la faute de Ion malade. Car la Gangrené étant vue maladie ttes
aigu'c , il faut erre prompt à y fubueuir , Ôc ne dilayer point au preiudicc du
malade. Q^e ù. le Chirurgien pcutauoir près de foy le Médecin, outr^ ce que ce
luy cft vn grand honneur ôc loulagcmcnt , encores luy peut'il fcruir pour fa
décharge,eu cas que la maladie prenne /ne mauuaifc ilîue. Q^anc au ftyle,il ne
peut être qu'il ne foit trouuc fort rude ôc de mauuaifc grâce : mais peut être ic-
ray-icexcufablcpour n'écre pas trop bon François:ioint quc,comme ditCtlfe,
ce n'cft pas l'Eloquence ni le beau parler qui guérit les maladics,mais les bons
remèdes, le te pi ie donc » ami Leâ:eur,de prendre en gré & à la bonne part ce
mien petit labeur, ôc en faire ton profit au foulagcment des pauvres malades ôc
à la gloire de Dieu > lequel ic prie vouloir bénir le tout par fa fainde grâce.
Ain fi foi cil
Cccc
570
TRAîTTE DE LA
GANGRENE ET DV SPHACELE.
Que cejl que Gangrené Çf Sphacelc^.
CHAPITRE I.
E n*eft pas fans caufè qu'vn ancien Se excellent Orateur nous a
auiTcz , que tout traîttc ou difcours de quelque chofe que ce foif,
doitétic commence par la définition , 6c laquelle définition n'en:
autre qu'vne briéve déclaration de la chofe dont il eft queflion. Et
quand ce point eft obmis oulaifsc en arrière , il ne peut erre que la matière ne
foit traitée en confufion. Or eft il qu'il y a deux fortes de définitions : l'vne , qui
feulement déclare ou cclaircit en quelque façon le nom de la chofe dont il s'a-
gir , comme eft celle qui rend raifon de l'Etymologie du mot dont il eft que-
ftion:rautrc, qui déclare plus à plain la nature ou eifence de la chofe. Celle là
les Dialc(5ticiens l'appellent norninis defimfionem , de cette dernière , rei. Etant
d®nqucs queftion de traittêr de la Gangienc , nous pouuons dire que la défini-
tion hominde, qui fc trouue en Tauthcur de rEtymôlogique,cft trog générale,
quand il dit. LaGangrciic eft vn';mal qui ronge les chairs j attendu que le
mot Grec de Gangrena eft dcriuc du verbe Giae/n , ou félon Hefychius,Grai-
nf<n,qui vaut autant à dire que manger ou ronger. Mais quant aux dcfiuitions
circntiel'cs de Gangrené, il s'en rrouuc pkificurs es bons autheurs de Médecine,
tant anciens que moderncs,donr toutefois les vncs mciicent pluftoft le nom de
defcription , que de vraye définition. L'authcur des définitions Médicinales
tient que la Gangrené eft vn changement de couleur natuvclle en couleur
étrange &: mortification, foitauec vlcerationou,fa;is i:elle. Galicn femble là
définir aiôfi : Vn commencement de morcification de la partie malade, qui de
peu à peu tellement faific & gaigne les pavties voifiiies & adiacentes , que fi
promptemcnt n'y eft remcdic/ils'enfai: h totale mortification. Le même Ga-
licn dit,que la Gangrené eft vue diipofition moyenne entre les grandes Inflam-
mations &c le Sphacelc , & icellc d'aurant pire Se plus gricvc,quc ne font lefdi-
:cs Inflammations, d'autant di ie que ladite Gangrené eft moin ire que le Spha-
(jck. Scmblablcmcat k même Galiai pa:lar:t des Gangrènes qui fiu:iucnncnt
aux
ôc du Sphacele. 571
aux inflammatiûDS diCjqu'on tient lors la partie ctrc Gangrenccquand pour la
grandeur de l'inflammation elle tend à mortifîcation,& toutesfois n'cft encore
totalement morte & priucfedefon fentiment. Ailleurs aufli dir, qu'on tient vne
partie être gangrence,quand pour la véhémence de l'inflammation elle comme-
ce à changer fa couleur & perdre le fentimcntjtcndai^à mortifîcatiô. Qni vou-
droit rccctchcr toutes les autres foycnt ddinitions ou dcfcriptions de Gangrené,
que les vns & les autres ont mis en auant , ce ne fetoitiamais fait. Nous nous
contenterons de celles de cy dcirus,comme auïîi la plus part des autres fcmblcnc
en auoir été tirées Ôc comme tranfcriptes. Et quant à nous pour faire vne d':fî-
nition de Gangrcnc,qui luy (yitôc ruccind:c&: propre, lî bien toutefois qu'elle
conuienne à toute Gangrené de quelque caufe qu'elle procede;nous dirons que
la Gangrené eft vne dii'pofîtion dts parties tant charneufes que fpcrmariquesi
tendant à totale mortification : ou bien , que c'eft vne moitification d'iccl-
Ics incomplète. Dcmcmc,p®urce que nous auons aufli à tiaitter duS^^hacele
comme étant vne dilpofition non fort dillemblable à la précédente > même en
laquelle la précédente a le plus fouucnt accouftumé de dcgeneretjil nous en faut
bailler la dcfinicion. Sphacele donqucs ou fphacelirmc,& fyderatio des Latins»
cfl: vne entière ôc paif:iite mortification d::s mêmes parties que dcflus , ôc non
feulement des os(comme le plus fouuent il fe prend en Hippocrate)mais de tou-
tes les autres parties folides tant du plus que du moins , aflauoir ôc des parties
charneufes & des vailîcaux,afuli que l'a pariiculierement fpccific GaUen au li-
ure des tumeurs concie nature. Qji^ant aux autres fignificationsdu mot de Spha-
cele,i:!Ôti:e intention n'ellpas d'tnpatleri:i, r'enuoyaut le Ledleur pour ce re-
gard à ce qu'il en pourra voir dans Galien au fécond De locis affcBis. Tant y a
que iefçiy bien, que f comme mcmcment a rema'quc Galien en quelques vns
des partages fus alléguez jl'on prend fouuéc par abus la Gangrené pour le Spha-
cele,6(: au contraicermais pour en parler proprement, nous Ics'diftinguons de
lafaçousque la Gangrené ell vne mortification qui eft encorcs inferidinCi que
parlent lesPhyficiens , ôc la Sphacele eft celle qui eft ia faite ,lafubllance de la
partie étant déia corrompue , & ladire partie ayant perduie fentiment, fi bien
que quoy qu'on la picque5taille,ou biûle,cllen*enfentdu toutiicn,<?c de là vient
aulfi que la Gangiene ne tiauaille voloiiticrs que les parties molles , mais le
Sphacele étant vn mal de beaucoup plus violent,il faific non feulement lefdites
parties mollcs,mais aufli les dures, cornmc font les os ôc les cartilages.
CHAPITRE II.
Des caufes de la Gangrené & dit Sphacele en gênerai,
^Vis que nous auons défini que rant la Gagrene que le Sphacele eft ync mor-
tificatiojCette-cicôplcttCjCk cctte-la incomplctte,& que mortification u'cft
CCC C (L
57t Traité de la Gangrené
autre qu'cxtindioii de vicjpar confcqucnt dcftru<5biô de chaleur naturcllc,d'au-
tanc qu'en icclle vrayement confiftc la vie , il eft queftion de voir en combien
de façons &C pour quelles occafions peutâuenir l'extindtion Se perte de la cha-
leur natuielle.Car les mêmes caufcs venants à alTaillirvn membre ou partie du
corps,relon qu'elles feront ou plus ou moins violentes, peuuent induire à la-
dite partie ou le Sphaceîe ou la Gangrené, & volontiers au pris qu'elles s'aug-
mentét Gangrené premieremér,puis après Sphacele.Or eft-il que la chaleur na-
turelle ne peut fubhfter fans fon humidité radicale,3clans les efprits qui sot fixes
& corne arrêtes en toutes les parties du corps,h biê que dès que l'humidité radi-
cale qui la doit encrcttnir,& les efprits qui luy feruét de fujet,fûnt àbon ccient
inrerefsês, auflî cfl de même la chaleur naturelle. C^nt à l'humidité radicale,
elle fe refout, diflipe, 6c consume, foit pour n'être iuififamment réparée & re-
ftauréepar la nourrit jrcordinaire,ou par l'occurrence de quelque chaleur étrâ-
ge,qui foit ôc véhémente 6c de dmce , ou bî. i • pour être gcllêe & comme fixée
par vu grandilîîmcfroid:femblabierrîfnt ks cfprits,lcfqueb étans fixes es parties
accompagnent & ladite humidité radicale & la chaleur natuiellc, peuuent être
ou diflipcs ouluffoquêsou infcdés.llsfc diflipcnt, n'êtans r.iffiai:his6c réftau-
lês par l'influence des efprits,lefquels les parties priiicipalcs continuellement &
d'ordinaire communiquent &c diftiibuent à tout k rcfte du corps , tant par les
nerfs que par les \èncs & Arteres;font (uiFoqués, par vnc abondance d'humidi-
tê,fibienqucla chaleur naturelle(laqu(-llc a bdoiug d'viieo diuaire êuentila-
non)ne peut être conferuêe en fon enticr.-font auflî infcdics par vne matière to-
talemêr maligne,venencufe & corrompue.Dc là vient que toutes les caufcs qui
peuuent tarir ou fixer l'humidité radicale , cellsauflî q ;i di{fipent,fuffoqucnt
ouinftdcnt les efprits coqftuojiers d'accoinp-gner la dite humidité radicale,
fout aufli caufe de la ruine éc dcftrudion de la chaleur naturelle , & par confc-
quent de la mor t.Et de fait toute e/pccc de mort, quelle quelle foit ou naturelle
ou violeiite,fc peut réduire aux vues ou aux autres defditesçau(es:carpar exejn-
ple,ceux qui mcuicntd'vnc ioogue ou violête fiévr^-jou par feu ou par famine,
ou de vieilhife, meurent fans doute àcanfc de la diflîparion de l'humidité radi-
cale,qui le fait aux vus plus promptemcnt & comme à l'iuftant, aux autres plus
à la longue. Aufli ceux qui meurent tranfis de véhémente froidure,on les peut
dire mourir par coiigclation ou foii fixatiô de la mcme humidité radicale.Ceux
qui meurent d'vne graud^ playe auec notable perte de faug ou 3Utrcment,mcu-
rcnt indubitablement à Caufe de la grande diflipation des efprirs qui fe fait quat
de quant.Ccux qui font étranglés où noyés 5c fubmergcz,ou qui mcurêtd'Hy-
diopifie ou d'vne grande &: cnormc contufion & meurtnlfeure, onpeutdirc
qu'ils meurent par fjftocation des mêmes tfprits.Finalement ceux qui meurent
d'vn" picqucuic ou morfure venencufe,ou pour auoir aualé du poilon,meureiit
par i'ink(ftion maligne que Icsefpricsen rcçoiuenr. Que fi tout vn corps vient
^jnfi à mourirjfa chaleur naturelle étant ainii alfaiiiic comme dclfus/oit à faute
de
& du Sphàcele.' 575
rhumidicc radicale, ou des cfprits qui la doiuent accompagner, il ne faar pas
clouter que certaines parties d'iccluy le pcuucntde mêmes moitihcr,quâd fcm-
blabics défauts âuienncnt à ladite chaleur naturelle. Cai lors par neccflitc leur
température &: harmonie fcviaic à dilïbudre , foit tout à coup , ou peu à peu.
Etant donc pose ce que dellusjnous pouuons dire que les membranes ou paitics
du corps fe pcuuent mortiiicr par vne de ces trois caures,airauoir .* Première-
ment parvnc vehemcn''ealtciaciQnd.: qn.ah'rc manifeftc , comme d'intcmpc-
rature chaude , froide , humJce , ou kch-c. Secondement par qualité oc-
culte î c'eft à dire , de matière maligne & vcnimcufc , foie qu'elle foie
engendrée en nos corps , foit qu'elle vienne du dehors : car comme que
Ce (oit , telle macicre coi rompt de toute iafubftancela chaleur naturelle , &c
infeâe les efprits. La troifiéme caufe tft , quand les parties du corps reçoi-
uent le même dommage & intereft par vne (uffocation ou interception des ef-
prits, 6c ceux mememcnt qui y doiuent cftre portes pour les viuifier, tellement
que lefditcs caufes vcnans à efleindre la chaleur naturelle des parties , félon
qu'elles font ou plus ou moins violentes , caufcront en elles ou Gangrené ou
Sphaccle, ainfiquc fera plus particuliercrr.ent fpecifié ci-apres.
CHAPITRE III.
2)f la première caufe de laGan^ene fnf£riiculier,àfçatmr de f altération véhé-
mente par ûjHaUtè manifefte xomme intemperattire chaude froide .humide &fech€.
PVis que tontes ehofes font ( comme dit Galicii^ confêruccs par leur pro-
pre chaleur, qui cft tempérée & félon nature^ & qu'au contraire la cha-
leur externe & contre nature les corrompt , il tft certain qu'vne partie étant
loiTg-temps opprcfsce d inflammation ou par offluxion ou autrement , foit de
maxicrcphlegmatiqueoubilicufe, ilfaut que finalement elle tombe en Gan-
grene,mcme en Sphacclc:& c'eft parce que la chaleur étrange & contre nature
défeche & confume 1 humeur radical, de forte que la chaleur naturelle eft fi-
nalement éteintc.-ceci aduient principalement quand es inflammations Phleg-
matiques font appliqués indifcretcment 'les médicaments fioids& Adftrin-
gents, comme aufli les Emplaftiqucs, par Icfquels les efprits coulants & le
nourrilfcmcnt font empêches de décendre en la partie » & les pores étans par
Icfdits médicaments referrés, la matière étrange vient ï être retenue & enclofe
en la partie, fi bien qu'elle fuftbquc ce peu qu'il y a de chaleur naturelle. Pour-
tant Hippocratt s dit qu'il n'eft pas bon de repoulîcr l'Eryfipelc du dehors au
dedans. A quoy aufli s'accorde Auicennc quand il écrit , Que quelquefois fur-
uicnncnt de grandes douleurs après l'vfagc des repercuflîfs , & que fouucnt la
matière t'entre au dedans, dont s'enfuir que la partie dénient liiiide & noirâ-
tre, & en fomme fe pourrit : car les chofes qui n'ont point de rranfpiration &
eueniilation fc pourrillcnt facilement, comme ditGalicn. Eftant donc la caa-
Te antécédente & conioinjc du Phlegmon vnfang chaud & humide abondanj
Cccc i
574 Traite de la Gangrené
<oii en qiulicc ou en quantité , il fe pourrit &: corrompt plus promptemenC
que point d'ancres humeurs , étant par les repcrculîifs ou Emplaftiques re-
poufsc ou retenu au profond de la partie .* &c c'eft la caufe que la Gangrené
i'uitle plusfouuent les Inflammations. Or tout ainii qu'il eft dangereux d'vfer
es inflammations de médicaments adllringents ou emplaftiques, ainfl aufli fe
faut il garder de ceux qui font par trop chauds , fcmblablcment des chofes
gralfcs & huyleufes: car rvfage de l'huyle îk (emblables grailïès ne conuient à
aucune inflammation.
Quand les Artère^ font naurces,la peau qui eft au delFus d'icellcs fe reioint,
mais l'Artcref à caufe de fon continuel mouuement ,• ioint la double & afscs
dure membrane, donc elle eft rcucftue ^ ne fc peut reclorrefîtôt :ain(îaduient
que le Tang fort hors de fon vaiircau , ôc .fait vue tumeur que les Médecins
appellent Ancurifme. Le fang étant hors de Ion vaiftcau ie corrompt, <k s'é-
chauft'ant déplus en plus fe putrific &c faitfouucnt Gangrené & Sphacele : cet
accident furuient quelquefois, quand en faignant la veine Bafiiique du bras,
le Chirurgien la perce , & pique l'Arterc qui .eft au delTous de ladite vei-
Les grandes caflfures, comme les playes des Arqucbuzades de autres bâtons
à feu , & généralement toute énorme cafllire es parties charueufcs aucc fra-
cture des os, fe terminent fouuent en Gangrené 2^ Sphacele, principalement
quand telles calfures &c playes font traicîccs long-temps par médicaments ad-
ftringcnts comme quelques vus ont accouftumc de f.iie. Carcmpéchans la
digcftion (^qui fe fait par médicaments chauds & humides J la chair cafsce &
le fang coagulé fc corrompent aisément , & enfin fc putrcfians fuftoqucnt la
chaleur naturelle.
'■ La Gangrené vient aufii aux parties honteufcs des petits enfans, foir que les
fagefcmmes leur ayent(cn dcliurant la merc^ manié les reins trop lourdement,
ou qu'ils ayent êrc ptcfsés en vcnans au monde : car les parties honteufcs à cau-
fe de leur mollelî^: i^ Ipongioficé reçoiucnt incontinent ce lang cafsc C^ m.-'ur-
tri , lequel s'y corrompt , îk fait douleur & inflammation , qui finalement
fuflbquc la chaleurnaturellc : comme icpuis témoigner auoir veu auctui il n'y
3. pas long-remps.
Les énormes brûlures fe terminent quelquefois en Gangrène , même Spha-
cele , comme i'ay veu en vne honorable fcm.me à Hilden, ëc c'cft pour autant
que les vaiflêaux fe rident 6.: rcfcrr en t par la brûlure , en forte que hs efprits
«c peuucnt paflèr ôc décendre librement pour vinifier la partie, aulTi parce que
l'humidité radicale de la partie fe confume ^ dcfcche par la véhémence du
feu: car la chaleur naturelle étant defticuce de fon humiuicc radicale, il ne
peut être que la partie ne meure. Il y a auflî vne autre caul'c , c'eft q'ie tant
l'empyreumcque Icrctirement de la peau font caufe d'vne grande douleur, &
^i confequent d'affluxion d'humeurs, lefqucllcss'cchaufiâus & s'cuflammans
en
ôc du Sphâcele. 575
en la partie j dcfechcnt rhumeiit: radical & fufïbqucnî ladite chaleur natu-
relle.
Les inflammations des Gcnciues fur tout aux petits enfans Ce terminent auC-
fi fouuent en Gangrené, tant à caufe de la grande humidité de leur bouche,
qu'auflî que les rticdicamcnts ne s'y peuucnt appliquer & tenir comme le mal
ierequerroit. De ces Gangrenés i en ay vcu aiuenir en la maladie nommée
Scorbut,fort fréquente es pays Septentrionaux.
Les inflammations internes fe terminent auflî fouuent en Gangrené Sc
Sphâcele, compie i'en ay veu d'exemples fort notables , mémcmcnt es mem-
branes du Cerueau,
Eftant furuenue vue grande defluxion du cerueau à vn mien fils âgé de fept
ans, elle fe ietta fur les deux vreteres,y faifant vne obftrudtion d'viine.
Apres les Garfgrenes d'intcmperature chaude s'enfuiucnt celles de l'autre in-
temperature la plus adiue, à fçauoir de la fioidc, telle que nous voyons fou-
uent aduenir aux extrémités des iambes, & des bras , ôc quand par quelque
grand refroidifFcment l'humeur radical,^ les efprits font tellement refroidis
qu'ils fe fixent & s'endurciirent, ainfi comme nous voyons que la gtailfejl'hui-
le, même l'eau fe durcilïènt & épaifiiîcnt par le froid. L'humeur radical étant
ainfi endurci, h chaleur naturelle ne peut pas tirer fa nourriture , ioint que le
froid chafie <3c poulie hors de la partie lesefprirs qu'il y trouue , ôc la nature y
cnuoyant d'autres efprits pour fubuenir à la partie, & iceux ne trouuans l'har-
monie bié difposée pour être receus, fe retirent fubitemêt vers leur origine:par
ainfi la partie deftituée de fa chaleur meurt. D j même noyons nous aduenir à
ceux qui en temps d'Hyuer marchent par la nége, glace , Se eau froide, fur
tout es pays froids , comme font les Alpes, Iflande , Noruege, Liuonîe &
autres pays Septentrionnaux : car en tels lieux c'eft chofe ordinaire de trouuÇr
en temps dhyuer les gents par les chemins morts d'engelure : à'plufieurs auflS
tombent les extrémités, comme les bouts desOrcillcs,Nés,Doigts& Arteuils.
A ce propos me fouuienten l'an 15S8. au mois de Décembre auoir pensé auec
Monfieur lean Anthoine Sarrazin Dodcur en Médecine vn Comte de Mans-
fcld,lequel auoit Gangrené prouenante d'engcleure en tuas les deux pies.
Les médicaments Narcotiques ou ftnpcfadifs , comme font l'Opium , la
Gigue, 1 Hanncbanne, la Mandragore, étansap^diqués iudifcretcment fur les
inflammation5,peuuent fixer l'humeur radical & éteindre la chaleur naturelle
Ce que i'ay veu aduénir par l'eau même, l'an 1 55)1.
Combien que la qualité humide eft plutôt pafliuc qu'adiue,fi eft ce toutes-
fois que [comme nous auons touché au fécond chapitre] les rfp'îr^ fixes & l'hu-
midité radicale, e nfemble la chaleur naturelle peuucnt être 1 jffoq.i s par elle:
doncqucs toutes les fois que quelque partie de noftrc corps , fur tout 1 -s iam-
bes & membres virils, font affligés d'énorme intcmperaturc froide 3»: h/.mide,
<^' qu'elle dure 'ông-temps;elle peut être caufe delà Gangituc & du Sphacclc;
^y6 Traite de la Gangrené
mais il faut noter que cette efpece de Gangrené ne vient à autrcs,(înon à ceux
qui ont été long-temps détenus de maladie , comme d'Hydropifie, & autrçs
indifpoficions grandes des parties internes: Se ne faut pas prefumer, que ce foit
l'intcmpetature f qui fera déchargée lur quelque partie externe^ feule , qui
fac« tomber la partie en Gangrené, mais c'cft le défaut de la chaleur naturelle
des efptits Se nourrillcment, qui font par la longueur èc grandeur de la mala-
die fort diminués, mémement es parties internes ôc organiques , Ci bien que
Niiturcneles pouuant diftribuer ni enuoyeraux parties lointaines , elles vien-
nent à mourir; comme i'ay veu iouuent âucnir aux iambes des Hydropiques.
Scmblablement les parties honteufes étans prés des Emundoires du foyc'par-
tic fort rare & molle, font facilement imbibées des humeurs fercufes, lefquel-
les y futïbqucntla chaleur nacarelle,tout ainli qu'vne petite flamme s'éteint fa-
cilement par l'abondance d'eau iettce dcilus. Et fi quelqu'vn par ignorance y
âpliquedes remèdes emplaftiques comme i'ay veu faire,tant plutôt auiendra la-
dite fuffocation» De même intemperature vient la Gangrené en la bouche des
petits enfants, quand il leur diftille quelque grande humidité de la tête, nom-
mément en ceux qui ont cette maladie de telle qu'on nomm.e Hydiocepha-
los.
Combien que les chofes venans à fecher Te corrompent difficilement, fî
cft-ce que nous voyons aufli vue efpece de Gangrené, laquelle ne peut être ré-
duite à autre caufc qu'à l'intemperature feche, t^ laquelle n'efl autre chofe
qu vne confomption de l'humeur radical , Ôc dcfcchcment& fliftriilcure des
veines & arteres:&: ce pour autant que les parties organiques ne leur enuoyent
point defang, Ci bien que la chaleur naturelle Se les efprits fixes n'étants plus
fùftantés Se entretenus par le fang naturel 3e vital , il faut que la partie meure
peu à peu, ainfi que nous voyons qu'vne lampe s'éteint, l'huyleluy venant à
faillir , Se qu'vn feu s'amortit fi on n'y met d'ordinaire du bois. Or iiouf ne
voyons furuenir cette Gangrené à autre partie du corps qu'aux extrémités, fur
tout aux Arteils, piedsiSriarmbes de ceux qui font exténues Se dcfechcs de ma-
ladie, comme fièvres aiguës ou longues, atrophie, phthifie «Se autres fembla-
blcsindifpofitions des parties internes. Semblable accident peut âuenir es vieil-
les gens, comme aufTi à ceux qui ont endure grande Se longue famine, les vns
& les autres n'ayants leurs parties internes Se organiques.afsés prouifionnées
de fang Se efprits pourenuoyer à fuffifance aux extrémités , il faut que les
vaiffeaux, mêmes les parties entières fcdéfechent. AufTi ks parties étants de-
ftituces de leur humeur radicale Se chaleur naturelle, s'y allume peu à peu vnc
chaleur contre nature laquelle les corrompt & putréfie.
Les diflocations des grandes iointures, fçauoit des hanches Se épaules, n'c-
tans pas bien rcmifes , l'os qui efl demeure hors de fa place poulTe Se prcffc
les vailfcaux. Se empêche le fang Se les efprits de décendre en la partie , Se par
zitiÇi il furuienc Atrophie Se amaigriircmcnt de la iambe ou bras : Se fî telles
petfonncs
ôc du Sphacele. 577
pcrfonncs viennent en grand âge, ou qu'ils foyeiit atteints nommément de lon-
gue maladif, ils font en danger que leur dires parties ne tombent en Gangrené.
Ce même accident adui::ntpar obfl:ru6tion de. la vdnc Caue, comme i'ay
veuil y a quelques années. Ces deux occafions dernières fc peuuent aufli rap-
porter à la Gangrené par interception des efprics. l'ay vcu pluficnrs autres
cxemplesdecefte efpece de Gangrené , Icfqucls ie lailfe de reciter ici , pour
cuiter proxilitc : Tant y a que nous pouuons conclurre que toute intempcra-
turc peuc être caufe & occafion de Gangrené , non pas que nous voulions
pourtant dire que toutes intemperaturcs fc Terminent nccelTairement en Gan-
grené, mais feulement celles qui font &c par trop exceflîues, &c de fort longue
durée.
CHAPITRE IV.
' De U féconde caufe de Gangrené i kfçauoir de l'altération -véhémente
par ejualité occulte.
NOus auons déclaré au chapitre précèdent, comme les Gangrenés iè font
par qualité manifeftc , c'ell à dire , intemperature tant chaude , f;oide,
humide que icchc, foubs lelquclles nous auons auflî voulu comprendic les in-
temperaturcs composées : car rarement en rcncontrcc'on vue toute feule &
iîmple, comme die Galien. S'enfuie maintenant l'autre caufe , à fçauoir la qua-
lité occulte, ainfi âpclce pourautant qu'elle n'agit pas en nos corps en cthauf-
£ant,refroidiiru)t, hmnedliant ou défechant manifeftement,commc font les in-
tcmperatures fiis mentionnées: mais elle trauaille d'vne façon du tout cachée &
incomprehenhblc à nôtre fens &entendcmcnr,corrompant en vn inftant la fub-
ftance de nos corps, comme nous voyons airiuer en vnepaitie des Gangrenés.
Par cela il appert que ce n'efl pas fans caufe qu'Hippocrares nous a laiTsc par
ccrit, qu'il y a quelque chofe dîuine en pliificurs maladies. Et combien qu'es
Gangienes proucnantes des médicaments feptiques, item en celles qui procc-
■dent de morfures &: piqucurcs des belles venimeules , fe peut auflî remarquer
le plus louuent quelque caufe manitcite, à fçauoir intemperature (^ce qui étoit
mêmes la caufe qu'en mon premier traitré de la Gangrene,impLimc à Cologne
il y a quatre ans, ie les auois compiiles fous iesintemperatures ^ caufes ma-
nifeftes, jli eft-ce qu'il y a quelque chofc de particulier & de furnaturel incom-
prchenfiblc à nôtre fens, eommc ceux qui ont pratiqué tant foit peu , le peu-
uent bien auoir remarqué.
Or la matière quieft âcompagnée d'vne telle malignité s'engendre ou dans
nos corpsjou elle nous vient de dchors,comme par morfurc, piqueurc,ou ap-
Dddd
578 Traité de la Gangrène
plication des Mcdicâmcnrs fcptiqucs.Ellc Ce peut dire ctre engendrée dans nos
corps, comme quand quelque caillou deiatig qui cft hors de ion vailTeau , ou
quclqu autre matière que ce foir/e venant à corrompre, acquiert vne telle vc-
nenofirc & malignité, qu'étant puis après [ Il nature pour ce faire eft afsés vi-
goureufc J ictréeauxextremircSjy fufîbque la chaleur naturclle,mortifîe& cor-
rompt la partie en peu de tcms, ainfi que i'ay veuaueniv à vne ieune fille d'vn
paylan auprès de Dulfcldorft, à laquelle aptes auoireulap£ftc,& être guérie de
tous les accidents d*icclle,comme Bubons, Charbons, fièvre & autres, il vint
tout à coup vne h vthcmcnce douleur auxarteils de tous les deux pies > qu'ils
furent promptemcnt fphacelésjde forte qu'il les falut tous feparer en la derniè-
re articulation, l'cftime qu'il luy ctoit rcftce quelque matière maligae de-
puis la peftejlaquellc nature iettoit par forme de crifc aux extremités.Nous auôs
veu leiîiéme âucnir en des maladies moins malignes, comme mêmes en la pe-
tite verolle,nature fe déchargeant critiquement d'vne matière totalement ma-
ligne fur les extrémités ôc iointurcs , fi bien que les os mêmes en étoycnt cor-
rompus. I'ay veu en vne grande pefte qui fût à Nuz au pays bas Icuer des Char-
bons,qui en moins de 14. heures amortiifoyentdes places plus larges que deux
ou troispaumes de la main, même d'auantage, s'ils rcncontsoyent des parties
charneufêj, comme font les fcllès,cuiiïes, épaules & mammeiles des- femmes,
tellement qu'en fin elles en rombcrent totalement. Qui eft ce qui pourroit bon-
nement rendre raifon de ccftc malignité .'' & de fait il faut eftimer que tous
charbons des pcftiferés ('d'autant qu'ils mortifient envn inftantla partiejcon-
riennent en eux vne qualité &c malignité occulte,laquellc agi<t de toute fa fub-
ftancc.
A ccfte canfc de Gangrené il nous fautauflî réduire les Gangrenés <juî vien-
nent par moifures & piqu urt s des belles venimeufes: car encor que le poifbn
de quelques vnes foit ch^ud, comme celuy de la vipere,& del'étoille marine,
ôc qu'il imprime vneii<tcmpcraturechaude;de mêmes les p(^{bnsdu Scorpion
ôc de i'AlpiCjbicn qu'ilsfoycnt fioids &c que pour cette raifon ils congèlent le
fang ôc le nourrilfcment es veines, fi. eft-ce qu'ils ont quelque propriété parti-
culière ôc occulte de piitrifier les hLimeurs,& d'infeâier les efprits.Nous^voyoBS
le même euidemmcnt eniamoriuredu chien enragé.
Qriclqnes vns veulent réduire les morfuresduCheual & du Lyon à celles des
bctcsvenimeif s , pour les grands accidents qu'elles caufcnt le plus fouuent:
mais il ell vray femblable que ces bctes étants extrêmement fortes,elles raeur-
tri{rent& froillent-par leur morfurc la chair,les vénes & nerfs,mcmc quelques-
fois les os , dont furviennent grande douleur & inflammation , puis en
fin la Gangrené & Sphacele pour l'occafion (^fauf meilleur aduis^ de la granr
de contufion, & non pas d'aucune venenoficé.
Quant à L morfure des Loups, la maifon Ruftique l'cftime venimeu{è,parcc
que les bctes qu'ils ont mordu gucrillent diâficilerncnt , & que telles morfures
torg^eiit
6c du Sphaccle. ^yc^
rombciit fbuucnt en putrcfadion : l'en Jai/fc luges ceux quiontvcu& traic-
té telles morfures.
Finalement les mcdicamcnsfcpticjucs [ce font les piitrefadtifs] comme no-
tamment eft rArfeniCjleSandarachnj&c. ctansâpliqiics indifcuettement , fuc
tout es parties chaudes &c humides , comme en la bouche, parties honteufes,
cmun(5toîics,& en la chair des petits enfans,femmcs,& autres g^ns oitîts ék dé-
licats, font quelquesfois caufe de la Gangrené & du Sphacelc : car ils ont vue
vertu occulte & de toute leur fubdance de fondre la chair,;Si la^jiirtir , dont
le vapeur montant fubitement aux parties noblcs,infc6tï les efpiits. Et de fait
i'ay veuâuenir quelquefois que pourâuoir âpliqucà pcns vu grain pcfanc d'Ar-
(enic mclc auec Tes correctifs fur quelque vlcere de la iambe , fuiuenoyent li-
pothimie,fyncope,iicvre,rcueries,& inquiétudcilcfqueis accidcnsjtemoigno) et
bien cuidemmcnr,que les trois membres principaux,airuioir leicœ jr,le foye Ôc
le cerueau s'en rellenroyenr, leur étant portée la malignité de ce médicament
par le moyen des artcrcs, vcncs & netfj: De même Monfr.Sarrazin D. en Mé-
decine ma raconte être mort dans peu de iours à Genève vn bel ôc puillant
homme du pays des Suides, pour luy auoir éré âpliquée par vnChiruigien,aU'
trement fçauant & bien expérimenté, certaine poudre où entroit de l'Arfenic
fus vnc tumeur chancreufe qu'il auoit au carpe.
G HA PITRE V.
"De la trotfiéme & dernière caufe de la Gangrené , <^Hi ejî r interception oh
prohibition des efprîtf.
LA troiiiémc & dernière caufe de la Gangrené efl: l'interception des cfprits,
fang &c nourrllFement, alfauoir quand leurs voyes & palFageSjqui l'ont les
Artcres,vcnes& ncrfs,ront bouchés & clos pour quelque caufe qUc ce foit,mc-
mc tellement clos que Icfdirs cfprits & fang ne peuuent palïèr outre , & entrer
en la partie, pour y entretenir l'humeur radical &c la chileur naturelle , donc
il faut necefi.iiremcnt que ladite partie meure. Ceci adulent par trop fouucnr,
quand les Rabillcurs &: autres gens inditcrets ferrent par trop fort les fia(5lures
& dillocations .' 6ccv\ cefaifantilsfont deux fautes bien lourdes : la premiè-
re , entant qu'ils attirent beaucoup de fang Se autres humeurs vers la partie
malade > la féconde , en ce qu'ils (errent fi fort les vaillèaux de la partie ma-
lade , que rien n'y peut entrer ni fortir. Pourtant Hippocrate & autres An-
ciens non feulement défendent en telles cures la forte ligature, mais aufîî
veulent que les aftelles ne foycnt point miles , que le f.ptiéme ou onzième
iour ne foit pafsc : car durant ce temps la partie eft volontiers fuierte aux
douleurs, atïluxions .Se autres accidents. Les Efpnts Se nourriture font aulTi
empêchés de décendre en quelque partie , quand il y a au deffiis dillo-
cation de iointures mal rcmife , ou qu'il fc rencontrent <iç$ tumeurs
Dddd t
)go Traité de la Gangrené
f .hirreufes autour des grands vaiflcauxj comme acte déclare au ckapicre troî-
fîcme.
Scmblablement rvfage immodéré des medicamensaftnngents, que les Pra-
ticiens appellent dcfenfifs} rclcricnt tellement par fois les vaiiïèaux 6c empê-
chent les cfpiits de noLuiiture , reftoidillenr aulîi & fixent ceux qui font en la
partie,qu'cUe en dénient Linguide,&: fouuent tombe en Gangvene Se Sphacele.
Quand il y a interception ou opilation de l'efprit animal,comme es paraliti-
qnes Se apoplccciqucs,lors Us parties de dclîous tombent quelquefois en Gan-
grené & toL?.le moitificadonjComrae i'ay vcuaduenir à vn ieune homme pa-
ralytique depuis les vertèbres des iambes iaf^juaux plantes des pies, fi bien'qu'il
ne pouuoic retenir ni l'vrine ni autres excréments : la Gangrené fe mit en l'es
fcireSjlefquelles falac déchiqueter , ôc neantmoins il mourut bien tôt après,
quelque diligence qu'employa le doéte &c expert perfonnage Cofmes Slo-
tanus, premier Chiruigien de nUuftiidimc piince de Cleues,Iuliers & Berge.
Or eft-il que par ceiVc priuation de rcfpiit animal, lefdites parties fe rendirent
lourdes & pelantes, dont mémement le Coccyx en fin fe vint à ca(lèr,& à caufc
de l'vrine qui fe perdoit incciramm.!.'nr s'y fit excoriation & Gangrené.
En rEnterocele,c'eft à dire l'hernie inre(l:inalc,furuienr au(îî Gangrené par in-
terception des cfprits, à fçauoir lors que quelque poition du boyau fe trouuc
vn temps retenue en la bouilej & qu'cftant la partie du boyau qui efl; dans la-
dite bourfe emplie devcntoficcs & cxcremenSj& par ce moyen fort étendue,
de d'ailleurs en fa bafe fort comprimcc&prersce parla rupture étroittcdel'Ab-
domen,ne pouur.ns les efprirs n'y aulfi la nourriture palier outre : dont il faut
que la partie tombe en Gangrené & mortification, ce que i'ay veu advenir fore
fouuent-
Il âuicnt aufli la Gangrené au Talion, comme i'ay veu il n'y a pas long-tems
aduenir au S. Henrico Balbani. Tellr chofe furuient quand à caufe de quel-
que fratfture, playcouvlcere delà irimbe^lc pied eft tenu long-temps éleué 6c
couché fiir le Talion, tellcmciît qu'il fc calïè Se comprime: car de telle calFurc
ôc compreflion a la longue s'enfuit la Gangrené Se mortification,ctans les vei- ,
nés & altères qui paifeut pat le iarre-t Se poulpe de la iambe par laJite fituation
prefsécs o^ rcftrrccs , de forte que les cfprits & le fang ne pcuuent librement
palfer vers le Talon. La continuelle extenfion de la iambcayde aulfi beaucoup
à cclaicar les vailfeaux étans nufll bandés par conlequent,}a chaleur naturelle &
le fang n'ont pas moyen de décendre Se entrer en la partie, tellement qu'elle
fe refroidit Se meurt finalement. Or que cette extenfion Se bandage des vai{^
féaux puilîcrrfroidir la partie il fc peut cognoiftre , par ce qu'allant à chenal
il Ton tient les iambes long temps dans Icsctriers , kfdites iambes en déuien-
dront très fioides: quf -fi vous les laifscs reprendre elle fc réchaufferont d'elles
mêmes: carie fang Se la chaleur retournent fiibitement en laparticy trouuans
les vaiiïèaux foupples Se ouuerts,
■ CHAP.
de du Sphaccle. jîx
CHAPITRE VI.
Des figy^es de Gangre?:^^.
LEs figncs àc la Gangrène procédante d'inflammation ou d'intcmpcratufc
chaude roiK , que la grande douleur & pulfarion, qui auoyent précède &c
accompagne l'inflammation, font grandement diminuées , Se la couleur ver-
meille ou rubiconde de l'inflammation (e change en couleur pâle jfufque, ten-
dante à liuidité : s'cleucnt aufl^ de grandes vefcies pleines d'eau fcmblables à
lauevre de chair. Toutes ces chofes viennent parce que la partie tend à morti-
fication , & qu'vne partie du (ang&: chaleur s'en retournent vers leur centre &
originejfçauoirlccœur & le foye ,<S: l'autre fe corrompr,qui cft caufcquela
partie dénient pâle,&: la douleur pulfatile fqui le fait quand par le combat de
la chaleur naturelle Se celle qui eft contre nature s'cleucnt plufîeurs vapeurs
des humeurs qui commencent à pourrir J s'arrête & ccflè. Oiiî lemaln'cft
promptement lurmontc & gagné , en reuoquant la chaleur naturelle vers la
partie,&: euacuantcclle qui eft contre nature , enfemble les humeurs dêia cor-
rompues,lors la pulfation des Artères ccflc aufli, pour autant que l'efprit n'y eft
plus enuoyé, ou s'il y eft enuoyc il trouue la partie fi mal difposce qu'il n'y peut
être reçeu. Ainfi àdcfFaut duditcfprit vital, la partie s'emplit d'excremensSc
d'humeurSjlcfquelles la rendent molle Ik lâche, tcllem.ent qu'en laprelïàntil y
demeure vne foflejlaquclle ne fe releue pas, comme fait celle de l'Oedème. Fi-
nalement le fentiment des Nerfs s'y diminue, telle ment qu'on peut enfin couD-
pcr,pincer & biûlcr la partie, fans que le malade rappcrçoiue ou puilfe difcer-
nervrayement ce qu'on luy fait. Aiufi en a il-pris à vr.e D:.mo'irelle de Colo-
gne,à laquelle i'appliquois trois ou quatre caurerts actuels en l'vne âzÇcs iam-
bcs Gangrenée, & ce en prefc-nce de Moniicur Henri Bottcrus Médecin du Lât-
gratf de Helîcn , & Monfieur Ican Kueni dit Bridenbach , tous deux Dodeurs
en Médecine. Or tant s'en faut qu'elle fe plaignit d'are biûîcc parle feu dcnos
cautères, qu'au contraire elle nous reprochoitincclïàmment que Inyauîons ap-
pliqué de la ncige,glace, ou autre chofe très froide. Cette prîuation du fenti-
ment n'eft pas feulement vn figue certain de la Gangrené , mais auflî de Spha-
cele.méme de la morr prochaine: pource que la pourriture eft tcllemeur auan-
cccau dedans des vcnes, Arreres (Se Nerfs , qu'elle monte par elles aux parties
nobles. Lors aufli s'enfuiuit vne fièvre tref-aigucauec iyncopcs,doulcur de Te-
fte,rcvcrics,vomiircmens & autres très mauuais accidcns.
Si la Gangrené procède d'engcleurc,elle fera aisée à reconnoître : car le froid
fait promptement grande douleur pongitiue^c cuifante,& du commencement
rouge ur ctincellente, à caufe que les porofitcz de la peau ccans rcferrces par le
Dddd 5
^gi. Traité de la Gangrené
fïoid , ladiiicui a le moyen pour le commencement de s'y amafîcr en abon-
dance , mais coft après la paicic en lieu do rouge deuienc liuide & fort froi-
de,t.;îTL àcaufe que ic froii rcpoulTc le fang &c la chaleur naturelle , qu'aufli
que lesel'piits ii.vcsiont refroidis ^diiîipés : par ainfi la partie vient à perdre>
fon mouucment & fcntiment aucc horreur ou tremblement , aufli véhément
qiieceluyqui précède l'accès dVne fîcvrc quarte. D'auantagc le patient peut
déclarer s'il aéré parmi la neige oucau,&c. ou il ait cndutc de grandes froidu-
res. Oi fi le fioid continue li long temps , que la chaleur naturclk- de la par-
tie n'y puiffe plus reliftcr, il y (uruicndrale Sphace le lî^iT vne totale morcifica-
cacion : car cemm: dit Hippocrare , Le froid ett cnac-mi des os, des nerfs , du
ccrueau,& généralement de nôtre vie , laquelle conlifte en chaleur 5c humidité
tempérée.
Les figncs de la Gangrené procédante d'humiiitc font , que la partie acte
long temps aaparauant faille de grande enflure pleine d'eaux Se d'humidité fc-
reules,œ-icmatcules& le patient eft foible , exténué ôc mal habitué , ^ le plus
fouuent Hydropique. Or ne viennent volontiers ces Gangrenés à autre par-
tic du corps,qa aux ïambes &: parties honteules.fans toutesfois qu'aucune gran-
de douleur précède : car l'intemperature humide n'engendre douleur , fi
cea'efl par extenfion, à caufe de l'énorme abondance d humeurs: toutesfois
quand le m^-mbre commence à mourir, alors furuiennent de grandes douleurs,
auHdoien qu'es autres cfpeces de Gangrené. Finalement lapulfation di:s artères
ceifejSc la partie deuient Huide & le fcntimeat fe dépérit.
Les Gangrenés qui onr pour caufc l'intemperature l'eche , atTauoir par faute
d'atiment, fe connoilfcnt par ce que premîcrcmeiK il n'y a aucune douleur,
fiévte,inflammationoa tumeur du commencement, à caufe qu'il n'y a aulTi au-
cune affluxioa ou abondance de lang ou autres humeurs qui fe puilfent inflam-
mer. Secondement telle cfpecc de Gangrène vient en dc$ corps maigres , foi-
blcs & cxtcnucs,foit par le grand âge,ou par maladie longue $c griéve, dont les
forces font abbatues , & l'aliment confumé. En tioiiiemc lieu la partie vient
aufi tort: du commencement fl:upide,froide. Se comme endoimic , à caufe que
lesefprit3aaimaux,vîtaux,& naturels n'y reluifent pis. En quatrième lieu cet-
te Gangrené vient aux extrémités, fçauoir le plus fouuc.it aux arteils & iambes,
quelquefois auflî aux doigts des mains , au bout du né & oreilles. Cependant
le malade n'apperçoit pas bonnement fon mal , mais finalement quand il s'y
clcuent des vefcies pleiucs d'eau iaunaftire , lefquelles ecans coupées fe void le
fonds liuidc ayan: peu ou point de fentiment , alors furuiennent des grandes
douleurs, fièvre & autres accidents , & le mouuement & pulfacion des Artères
s'arrête quant «3c quant.
Touchant les Gangrenés procédantes de qualité occulte, il faut bien âui-
fer qu'on ne les confonde aucc celles qui viennent d'engelcure ou d'intcmpc-
rature
& du Sphaccle. 5^3
rature fechc , d'autMit que ( comme a ccc die ) fl rinccmpcraturc cri cR la
caiife, ks accidents internes , comme fièvre, fyncopc , rêverie & autres ne
fe monftrcront pas finongjue la partie externe commence à fe vouloir corrom-
pre : maisfi lacaufe eftvnc qualité occulte > c'eft à dire, vnc matière ma-
ligne , engendrée dans le corps , «3^: laquelle nature poulfc hors des parties in-
ternes aux externes, il y aura iadubitablement vn grand combat entre nature
& la caulé de Li maladie : dont aiiffi furulennent promptcment fièvre, alté-
ration, fyncope, & puis la partie dénient liuidc , noire & meurt. Mais fl
la Gangrené vient de morfure ©upicqueure de bête vcnencufe, ou de char-
bon pei\ilcntiel, ou application de quelque médicament Septique , cela fc
connoîtra facilement , outre ce que le malade & ceux qui font autour de luy
en pourront donner quelque information. En fomme fi la matière de la
Gangrené a été engendrée dans nôtre corps , leidits accidents internes appa-
roiftront le plus fouuent les premiers , & ,dcuant qu'on connoilfc la Gangre-
né : mais fi la matière veneneufe vient d'ailleurs que du dedans , il fe verra le
contraire.
Les figncs de Gangrené venant d'interception èiÇ% efprits , fur tout par for-
te ligature es fraftur es , luxatiotts , &c. font, que la partie eft fort enflée,
dure & étendue. La raifon cft que la forte ligature a attiré beaucoup de fang
&: d'autres humeurs , lefqucllcsfont caufcs de grande douleur & inflamma-
tion : puis s'éleuent de grandes vefcics pleines d'eau rougeaftre , comme la-
ucvre de chair. D'auantage la partie deuient pelante & immobile , pour au-
tant que les efprits y défaillent ; c'eft aufli la caufe que lors qu'on la preflè,
il s'y fait vne folle qui ne fc relcue pas , & le cuir fcmble être feparc d'aucc la
chair. Q^lquefois auiïî la partie eft tendue pour être remplie de ventofité,
tellement que quand on la manie , elle bruit comme fait la chair de veau
après que le boucher l'a bien emplie de fon Ibuftl?. D'auantage 'quand on la
picque auec la lancette , il en fort vn vent & foufïle aucc quelque humidité,
qui fait vn bruit, tout tel que quand vn pot en bouillant , verfe par quel-
que pertuis étroit, l'ay obfaaé toutes cz% particularités , vifitant ran.1595.
au mois de lanuier auec Monfieur lean Kiieni dit Bridcnbach Dodcur en Mé-
decine vn des feruiteurs de Monfieur Gualtero del Prato. Au dcmeiurant on
pourra fçauoir par le rapport du malade s'il a eu quelque grande bleiTurc,
dont les vaifîèaux ayent été couppez à traucrs. Item s'il a eu quelque diflo-
cation mal remifc , ou «'il a porte long temps cmpUtrcs fort aftfin-
gciits.
^^^4 Traité de la Gangrené
CHAPITRE VII.
Signes de Sphacele.
NOus auons a'i chapitre précèdent déclaré ics Cignzs de la Gangrené diffe-
raiSjfelon que les caufcs ctoycnt diftl-reiitcs : mais en ceux du Sphaceic il
ne fera pas ainii fait:,poiucc que diueifes caufes produifcnt vn même ctfct , tel-
lement que foit que la Gangrène vienne d'imemperature chaude,froide,humide
ou scche,ou par interception des cfprits , les Sphacelcs font tous femblables les
vns aux autres ; vray ell que celles qui procèdent de qualité occulte,amenent
quant & quant des accidents , comme fièvres , fyncope, rêverie , &:c. beaucoup
plus véhéments, que non pas celles qui viennent de qualités manifcftes. Don-
qucsle premier fîgae de Sphaceic eft , que la partie deuient beaucoup plus pe-
(ante qu'elle n'ctoit auparauant, & le malade à peine la peut il remuer , à caufc
que les efprics & la vie s'en retirent, z. La rougeur «Se bonne couleur fe per-
dent,& la partie deuient liuide,noirejmorLe,(5c puante comme charogne. 3. La
partie ayant été en la Gangrené molle,elle fe retreche au Sphacele. 4. Prenant
auec les doigts la peau Ik. i clcuanr en haut , elle fcicble être feparce d'auec la
chair. 5. U n'y a aucun fennmcnt cxa(5l & parfait, tellement qu'on peut facile-
ment coupper,lier, brûler, tirer, & faire tout ce qu'on veur,fans que le malade
le fente vraycmt'nr,U ce n'cft par imagination de la douleur piecedente, ou ap-
prchenfion des opérations qui îont à taire. Qoant au mouucment des extrémi-
tés qui demeure iufques bien tard en la partie , il faut que le Chirurgien foie
prudent à ne difterer l'amputation à caufe dudit mouiem.-nt : car la Teftc du
îïiufcle icremuantjla queue, c'êtaflauoir le tendon, la fuit : aiufi les mulclesdc
laiambe fercmuans, les arreuîls les fuiuent, encores que quclqucsfois il y ait
plus de quatre iours que lefdirs Arteuiis feront morts. Or comi."»ien que quel-
ques vns des fignes de Sphaceic peuuent être communs auec ceux de la Gan-
grene,cemmc la douleur liuidc,pefanteur,dcprauation du lêntiment & autres,
{\ cft-cc qu'au Sphaceic ils fe voyenc beaucoup plus cuidens & accomplis qu'en
la Gangrené qui la précède.
CHAPITRE VII î.
TrognoJli^Hes des Gangrenés é Sphacele.
E Chirurgien ayant cogncuîa Grigrene & Sphacele , doit(^auantqu'en-
étrcr en la cure jconfiderer quelle ifwc la maladie pou. ra auoir , atifauoir , Ci
clic
ôc du Sphacele 585
elle eft curable, incurable ou aurremcnc longue: car de guérir toutes m^Uuies
(aînficômc die Hipp.)c'cft chofe impoflible,combicn que cela fcroic beaucoup
plusfouhaittable cjuc de predire:mais puis que cela ne fe peut faiic il fera au
moins necefTaire au Chirurgien ;de déclarer à ceux qui funt autour du malade
les choies qui font à vcnir,à celle fin qu'ils fe confient tant plus en luy , voyans
qu'il entend Ton art , Ôc qu'après ils n'aycnt occahon de le blafmer : ce oui eft
vn malheur auquel la Médecine eft par trop fubîede auiourd'huy. Or pour
bienprognolliquer , leChiiurgien doit conhderer ces trois chofes , allauoir
Tcllcnce ôc la nature de la maladie, c'cft à dire,(a grandeur ou petiteHè •• la for-
ce ou imbécillité des vertus du patient , ôc la pattie malade ^ car fi la maladie
eft petite>lcs forces du patient vigoureuics & bonncs,5<: la maladie en vn mem-
bre clogncdes parties nobles,cornmeea laiambi ou au bras, le malade recou-
urcra facilement la fantc : mais fi toutes ces conditions , ou vne partie d'elles
fe trouucnc au contrairc> le malade fera en danger de mort , ou d'auoir le mal
pour long temps. Toutesfois pour plus ample iaccUigence de cette maiicrc ce
ne fera que bon de fpecifier le tout vn peu plus au long.
La Gangrené donc f félon que dit Cciie^ eft curable, principalement es ieu-
ncs gens : mais elle requiert grande dih'gence,labeur Ôc Içauoir, ik que le luiecil
foit vigoureux : autrement il ne pourra pa> tant rtfiftji à cette maladie , qu'elle
ne fe termine en Sphacele, Icqu-jl eft incurable (comme dit Paulus ^gincta^
finon qu'on fcpare du vit tout ce qui eft infc 6t S: moir.
Les Gingcenps des parties humides , comme des gcnciucs , palais , nacincs,
membre viriljdereorrcc de la matrice , Ôc de l'iatcftin droit , {ontdifti ilcs ôc
tardiues à guérir : mais ii elles dégénèrent en Sphacele , elles font incurables.
La caufe eft q^^e leidices parties fon: chaudes & humides, rares ,(pongieufes ôc
promptes à r.xeuoir beaucoup d'humeurs ôc cxcremens. D'ailleuis la chaleur
naturelle n'ctanr pas h plus foi te en CCS parties là , elie eft tant pluftoft fufto-
quce.
Les Gangrenés des parties internes, comme du foye, de la rattcUe, dçs roi-
gnons,6cc.lont très daugereules^c mortelles.
QiKindil luruieut Sphacele au Ccrneau^alors le parient mcurten trois iours:
mais s il palle ledir tcime,!! y aura elperance que la maladie déclinera , les for-
ces fe trouuans vigoureufes pourauoir moyen de dompter la mala fie. Tou-
tesfois Gahen dit , qu'Hippocratc ne veut pas entendre en ce palfage ce que
nous appelions Sphacele , mais pluftoft la Gangrené ou qu Iqne inflarr maiion
cnorme,^ dit qu'ainfi les Grecs appelloyen;: la Gangrené. Car/^dit-ilj fi Spha-
cele eft vne corruption de la fublîance des parties qu'elle occi'.pe , il n ft pas
poflible de le guérir : Or le Sphacele d'Hippocrace le guetilc q-.icl-iucsfois:
pourtant il ne peut être pris en ce lieu-ci pourcequ'auiourd'huinuuj appelions
Sphicele-.mais pour Gangicne qui eft l'anant coureur ôc la vo\e a Sphacde.
La Gar.gicne qui vient aux iambcs d°s Hydropiques,cft diihcile a guérir, ôc
Ec ce
^%6 Traité de la Gangrené
tombe fonuent en Sphacele : & fi de tout cela le patient eft reletic,cncores fera
Wlccre puis après de difficile -3«: longue giiciifonainfi comme die Hipp. vlcera
H ydropicoruin,&c. Car puis que ks vlceres ne fe gueulfent pas qu'ils ne foyêc
desêchés,<?: que cela ne fe peut faire es corps des Hydropiques,pour leur gran-
de humidité «Se indifpolltion , il finit ncccdaircment que leur vlceres foyent de
diiHcile gucrifou^rai moins tandis que kur corps font tels.
La Gangrené du Talon eft trefdangereufe, pour les accidens qu'elle ameine,
à caufe du grand tcndon,partic fort fcnfiblc:&: fil'os du talon fe vientà corrom-
pre,il eft certain que fie plus louusntylc malade demeurera eftropic du pied, rat
à caufe que ladite corruption ne fe peut que bien mal aisément corriger, étant
ledit os fort mol «3c fp®ngicux:qui eft caufe qu'il attirée emboit facilement les
lîumiditcSjqui augmentent 3<: entretiennent lacarie^aufliàcaufe que ledit tendo
eft corne délie & détache du Talonjde façô que le pic en perdfonmouuemenr.
Le Sphacele qui a commencé au pié & à la iambe & eft monté iufqu'au def-
lus du gcnoLiil,cft le plus fouuent mortel , pour autant que cette partie là étant
fortcharnue, chaude &hum{de,lapourriturc eft déia montée fi auant entre les
mufcles,qu'on ne la peut du tout extirper,cncores qu'ô vienne à couper la iabe.
Les Gangrenés de caufe primiciuejcomme contuiion;biiilureSjfraâ:ures,',6cc,
lont communément plus faciles à guérir 6c moins dangereufes^que non pas cel-
les qui furuienent de caufe antecedentexar elles monftrent qu'il y aindifpofitiô
grande aux vifceres internes, laquelle empêche l'opération des médicaments.
La Gangrené qui procède de fecherelîe ôc faute de nourriture, eft difficile &
delongue guerifon:mait fi elle fe termine en Sphacclejors elle eft incurable «3c
mortelle:fur tout fi le patient eft vieux,debilc<S(: exrcnué,& que le mal foitaux
arteuilsj& iambes/car cela monftic vnc extrême fecherelîe , laquelle eft incu-
rable, comme dit Gai i en.
Les Gâgrcnes de qualité occulte font très dagcreufcs,& le plus fouuét incura-
bles &c m.ortellcsjfur tout Ci elles fe terminer en Sphaccle:car dss parties fphace-
Ices fort vn virus &c vapeur veneneufc, qui infecte toraiemét les parties nobles.
Les Gangrenés faidcspar prohibition »Sc interception des efprits vit3ux,na-
turels &c animaux, fur tout celles qui furuiennent ai.rcsdcs diflocations mal rc-
miles:comme aulli quand les vaillèauxfont coupés par le crauers,font très diffi-
ciles : & Cl elles fe terminent en Sphacele, lors elles font incurables & mortel-
les: laraiion a été déclarée au chapitre des caufes delà Gangrené.
L'vlcere en la Gangrené «3c Sphacele eft aufli à confiderer: car s'il deuient li-
uide ôc fcc,ou noir ôc i'ec^ ne iettant plus rien ou peu de matière félon fagran-
deurjiSc que les forces du patient declincht,le malade mourra pour certain dans
peu de iours. Car la faculté nutdtiue eft tant aftbiblic , qu'elle ne peut plus en-
noyer sag ou nourriture à la partie malade,mais la lalife dcncchcr,«3<: s'il y auoic
quelque matière corrompue au corps , laquelle fuft accouftumée des'cuacuer
f arTvlccrc , la faculté expukticc étant par tiop imbecillc pour reuuoyer&:
poulTei:
&: du Sphaccle. 587
poufiTcf aux partiVs lointaines, clic demeure dans le coips,& partant offcnfe les
parties neblesrccpendant aufli i'viccie en dcmeurcia fcc & aride
Ceux qui meurent de la Gangrené & Sphacele, meurent le plusfouucnt auec
vue fueur froide de tout le corps/oit pour autant que leur corps abonde tant en
humeurs fioidcs,qu'ils nt; peuuentpar là chaleur ni naturelle ni fcbrile être cf-
chauâ-z/oit aufli àcaufc que nature, ou fclon Hipp.la chaleur naturelle cft ex-
trêmement imbecillc. Suruicuncnt auffi au patient ryncopeSjbattcmens&: tré-
blcmensde cœur:Çc c'eft àcaufc que les vapeurs putrides montent par les artè-
res înfqu'au cœurjCcpcudant le pouls cft fort obfcur S<. vermiculant, parce que
les Artères crans emplies defdites vapeu' s,la diaftole & fyftole ne fe peut libre-
ment faire. Il j a fcmblablement phrcncfîe , & rêveries, à caufc de plufieurs va-
peurs qui montent à la tefte & oftcnfenc lccerueau.Ot;rout ainfi que les caufcs
<^f- la Gangrené font d!uerfcs,ainfi aulTi voyôs nous que les malades finillent leur
■•■^^■jis en dinerfcs façonsicar quelques vns meurent côme en dormant,lcs autres
en parlant.-m.vis la plus grande paiticaucc ccrangvS douleurs, fpafmes,rcvcries.
Sec. Car ceux qui ont la Gangrené d'intépcrature leche,ou qui font fort âges &
fort extenucs,mcurcnt le plus fouuent comme en parlant: mais ceux qui ont la
Gangrené d'intempcrature humide,meurent comme en dormant, ctantfort af-
fopis. Au contraire les inrcmperatures chaudes rendent la mort violente, ac-
compagnée de ficvrc,fynco^ics, rcuerics , phrencfic, fpafme,&: fur tout fi le pa-
tient eft ieune ôc robufte.
CHAPITRE IX.
Curation générale de la. Ganaren^.
LEs remèdes de la Gangrené lontjOuvniuerfclsfc'eft; à dire,communs tant à
cette maladie qu'a plufieurs autres jou particuliers. Les remèdes vniuerfels
fonr,comme la manière cje viure , ôc l'inanicion du corps,foit par purgations,
faignéejvcntoufcsjfiidfcions Se autres. Les remèdes particuliers fonr,comme fca-
rifications/vftienstant adaclles que potentielles, &les reraedcsqui refillent à
la putrefadion &: malignicc de cette maladie, comme fera déclaré plus ample-
ment cy après, En l'adminillrûtion des remèdes vniuerfels, il faut diligemment
recercher la çauf^ interne ou autecedenrc,pour en prendre la première indica-
tion curatiue : car fi la Gangrené procède d'alïluxion d'humeurs chaudes & hu-
midîSjil faut que la manière de viure îk Tvfage des fix chofes nô naturelles ten-
dent à réfrigération «S: cxiccation,exceptc s'iiy aficvrc.car lors il faudra que la
manière de viure foit aucunement humidc,fur tout Ci le malade cft ieune. Telle
dictteconuientauffi.loisquela matière p.^ccante cft chaude t?c feche. Et s'il cft
neceirairc de purger j il faudra que Cela fe face par cholagogues , comme Dia-
febeftem, Diaprun. Eled. Icmr. rofatum Mefua',de fucco &: femblables. La
faignée Se application des ver~oafcs & fangfjcs conuiendront , tarvt pour
faire rcuulfion ou dciiuation , q.i'auilî pour cuacucr l'humcuf peccante y fur
E e c c 2
58^ Traite de la Gangrené
tout fi la (!Sângrene eft faite par alïluxion de fang. Mais s'il n'y a que la feule bi-
le iaunaltre^c'eft à dite, Thumeur cholérique, il fe faudra abftenir de la faignce:
carie Gng tient comme en bride l'humeur bilicufc. Le malades'abftiendra
aulli duvin (3c des chofcs chaudes , & boira de la Ptifane où ayent été cuits
quelques Tamarins & de la furcUe » adiouftant puis après le lyrop de Citrons>
de fucco Limonum,dc Acctofa, Aranriorum, accreux, Granatorum,& fcmbla-
blcs.Au contraire filacauf^'ell froide &c hi;mid;>il hnir que tant le régime de
viure que Tvlage des iîx ehofes non naUirellcs, tendent à médiocre chaleur &
(iccité.Pq^urcc mettra on parmi les viâJes du RofmarinjHylfopejThym, Mario-
laine) CintUc, racines de Pcr(ïl, f^-ricuïl & aucrcs chofes diurétiques. Il faudra
aufli pui;^er la pituite par l'clcét in-r'il mains & minus, Diacurbithde Diaphœ-
nicôjle Diacartharr.û,i?<: séblablcs,feiôrâgc& les forces du patienr.Enfin il fau-
dra par tout moyêcuas:ucr& dcrechcrlc(:oips,&: fortifier les parties interneSj&
fur tout le foye auec rrocifqucs de Rhab n baro, de Eupatorio Ôc diar .hodô Ab-
batij. Si l'humeur Melauchoiic ou Atrabilaire prédomine aux corps,il faudra sê-
bL.blcment o^ir.t le malade s'îibltienne de toutes viandes gro(îîercs ôc dures à di-
gérer, comme chairs {allres, eipicerics, légumes , grollèvenaifon &c oifeauX de
liuiereA ayant préparé i humeur auec fyropsxlc Epithymo , de fumaria, & lu-
pulorum,pripsauec les eaux ciftillcescu decoélicn dcfdites herbes, faut le pur-
grrauec Dlr.knnalcnit. pulu. Ccnx prïsp confcct. Hamech. ou Pillul. de fumo
tctraEj&fe pcuuent di&udre lefditi Elc(51:uaires en vae decoélion de fumaria,
Epichymum & Pojypodium. Mais fi la caufe de la Gangrené eft de fechereiîc
6c par faute de ;!ourricurc,iliera nccelîàire de humcdler le dedans par bons ali-
mcus,ëc !e dehors '^aronciionsdhuyle d'Amandes douces, de lis,violat 5c fcm-
blablc'^.Iin cette cfpcce de Gangrené la faignce ne conuient pas, ni les fridions
Osr -.L.toufe.slî ce n'eu: en la paaio maiadejpour attirer les cTpiirs, fang Se autre
nourriturc.l.làgr,Ccmplfxion,{"xe,le Pays & lafaifon nous donnent audî indî-
ca-.ian de ce qui eft à faire. Car il conuicnt de raftlaii,hir plus en vue comple-
xiou biliculcjcn pays chauds,tcmps ,ëc laifondc même, que non pas fi toutes
ces cholc-sle trouuent nu contiairc.
En Tviagc des remcdes Topiques^il faudra aufli auoir égard à ces chofeSjafç.
àlacâu(è,'.à l'âgCjj.lcxe 4.aux foi ces,^. à la partie maladcjô. à la véhémence ôc
grandeur de la maladie Uir tout. Q^iant à îa cnufe^c'ét celle dont nous tirons la
première îndicacion: ar il c'ét vue afiluxiô Phlegmatiquc,il faudra rafréchir Sc
cuacucrp!usviolçmmcnr,que quand Jacaufe côUfteen l'humeur pituiteufe,d'a-
uantagc il fauJra p.u les d - fcrfifs repoufcr les humeurs,la ou au contraire on les
doit attirer fila caufe eft hchei^lfc ôc défaut de ^ang Se d'alimeiK.D'auantage (i
la forte ligature en eft caufejl la faudra dcfaire,»Sc âpliquer les medicamcts pour
inciler, abftergcr & dcfcth. r les humeurs qui fe feront arrêtés à l'endroit de la-
dire ligature pour faire patî?:ge aux efpiits. Ainfiaudis'ily adiflocation&emi-
néce des os,il les faudra remettre fi faire fcpeat.Lafccôde indicatiô eft prinfedc
1 âge:
ôc du Sphaceic. 389
lâgcicar fi le patient eft icune,il aura la chair ôc toutes Ces parties fort tendres &
délicates, & pourtant requiert les medicamens moins vchemcns , que ne font
ceux qui font plus âges. Cai leur cliair& pu tics font plus dures & folides,
comme celles des laboureurs, mariniers, ciiaiïèurs, & portefaix tSw' autres gens
detrauail. Le fcxe nous donne auffi indication; car communc'ment il faut
traitrcr plus doucement vue femme 3c fille, que non pas vn homm.e ou quel-
que gros garçon: fcmblabicmcmcnt les gens qui viuenc en oilîuerc ou autre-
ment délicats, item les eunuches veulent erre rraittcs plus délicatement , que
nun pas les fuldirs laboureurs & gens de trauail. La quatrième eft prife des
forces du patient : car fi clleslontencores bonnes, le Chirurgien pourra fans
crainte appliquer les remèdes foi t?, & exercer 1rs opérations requifes : mais h
la maladie a dcja âbaru les vertus , à rené pourra ii faire ce que la maladie au-
trement requerroit: & ainfi il vaudra mieux, comime dit Cclfe, que le malade
meure de fa maladie, que de donner occalion aux amis d'iceluy d'attribuer l'a
mort aux médicaments ôc opérations. La cinquième indication eft piife de
la partie malade; car les yeux, bouche, parties honceufcs, matrice , le fonde-
ment, les icintures, vertèbres, & telles autres parties internes , ou celles qui
font pleines de fentiment, veulent être traitrccs plus delicatcmentjque non pas
les parties mufculcufcSjComme bras,iambes & femblables. Ainfi le Chirurgien
fe gouuerncra tant que faire fe pourra iclon lefaitcs indications. Mais voici la
dernière, laquelle renuerfe prefque le tout, & c'cft la grandeur de la maladie:
pourtant fi la maladie ne fiit que de venir, & que la pourriture ne foit que fu-
perficielle, il fuffit de fcarihcr la partie légèrement, &c y âpliquer l'yEgyptiac
fimple ou mclc auec miel Rofat, félon la nature d'icelle partie , 1 âge ôc ie fexe:
mais fi le mal eft grand &: prtft de dégénérer enSphacde, il faudra faire les
incifions profondes, aptliquefT^gypcfac compose, ruproires<Sc cautères po-
tentiels, ou tâ(.her d'emporter auec le cautère actuel tout ce <^ui eft corrom-
pu. Car puis que c'eft vue maladie extrêmement grande , &k-plus fouuent
mortelle, foie pourtour le corps ou pour vue partie, fur tout quand elle fe
termine en Sphacele, elle ne veut ctrc aucunement flattée , ^&c pourtant fi par
les autres Indications nous auonstant foit peu d'cfperance , il ue faudra faire
difficulté d'y appliquer quant & quant le remède extrême, fuiuant ce que dit
Hippocratc. Extremis morbis extremaftintadhibenda remédia. Ainfi le médi-
cament étant proportionne à la maladie , il ne peut apporter que profit . cn-
corcs qu'il fera trouuc grand. Ainfi ay-ie veu qu'au Suilfe blefsc en latécc,*
dont il a été parle au ch.^.Maiftre lean Gritîbn Chirurgien excelh-nt appliqua
heureufement fur la dure mère du fyrop de l'onguent iCgyptiac, c'cft à dir. , le
plus clair qui fetrouue au dclFus du dit ongucnt,les poudres étants rombc s au
fonds: car par ce moyen fut rôt arreftéela putrefa(ftion,qui auoit dc-j:i piins
place en la dure mcre ; là où au contraire vn remède foible n'eu^ rien fçeu ai-
der. Or i'appellr- ici i£gyptiac remède extrême, au regat d de la partie ou il fut
E ce e 5 j
59 o Traite de la Gangrené
applique: toutcsfois ie veux bien icy âiiertii- le Chirurgien de le garder d'.nppli-
qiici- ccls ou femblables choies forces fur les membranes du Cerueaujfi ce n'eft
qu'il y aie mar.ifcrtc pourriture &C corruption, comme en ce Suilfc, dont nous
venons de parler : autrement ils pourroit furuenir de grands accidents : auflîî
ne faut continuer par trop long temps Tvfage de tels mcdicamens , mais s'en
abftenic incontinent qu:: l'on verra le mal arrêté.
Et parce que généralement toute Gangrené & Sphaccle font C à caufe de la
pntrefaulion) âcomp.^.gnésde vencnolitCj plus ou moins, félon que la maladie
cil petite ou grande', pour cette can<(",il faut corroborer & défendre les. parties
nobles, comme le cœur, foye & le cerueau,à celle fin qu'ils ne foyeac intéres-
sés par les vapeurs & cxhilationsqai s'éleucnt de cctic pourriture: ce qui fe
fait taut par des remèdes pris par dedans, qu'appliques au dehors. Pour défen-
dre le cœur des vapeurs malignesja pierre de Bczoar eft fort fouucraine , de
laquelle on donne à boirela pefantcur de cinq ou fix grains au;c vin blanc,
s'il n'y a point de fièvre; autrement auec eau de Biiglollè ou de chardon bénit.
A ceux qui ne peuuent recouurer ledit Bezoar , on dorncra par interualles vn
fcrupulede laTcrre Sellée, ou dubolArmcne, ou de la Licorne. Toutesfois
la corne de Cerf préparée a puelqucs autant de vertu Contre le venin, que la Li-
corne. Le ius de Cirrons auec fuccrc & ptifan^eftaufli excellent pour ce mê-
me effet. Le Theriac& MirhriJat font très excellents dilfouts en eau ou de-
coélion de chardon hzmz, crans donnés au patienr repuis vn icrupule iufqu'à
vue dragme. La conlerue de Rofes,violcttcs, BLiglolîe, 6c Nénuphar font aullî
fort propres,& h la fièvre efi: grande, il faudra âiouter aux choies cordiales fiuï
tout auec la Therîaque 6c Mithiidat ) quelque peu dcTiocif. de Camphora:
car le Camphre refifte à toute p:urcfaâ:ion. Par dehors il faudra âpliqucr iur
le cœur l'cpirhcmc fi.iiuant : l^^aquarum Rof. BnglojjA & Borraginis ana ^/j. vi-
nt odorati ^ j. aceti -^.Çi./pec. dl amargar.fr ig. ^û. ligni Aloés, Cort. Citrix rafur.
Eboris, ana. 9.{?. Crottgr.6. mifcefiat Epithema: il faudra l'appliquer tiède fur
la région du cœur, auec vue pièce d'écatlarte. Pour ceux qui n'ont pas les
moyens, on prendra en temps d'Eilé bonne quanticé de Bourrochcs auec va
peu deMcli'lîe, & les ayarît battues au mortier auec vn verre de vin blanc Se
vn peu de vinaigre rofat, &■ le tout pafsé par vn linge, il faudia âioûter vn peu
de la poudre dccanelle di de faflfran, puis l'appliquer comme delfus.
La grande altération & chaleur du foye requiert aulli' d'être contcmperée:
-pourtant on donnera au patient du fyrop de Citron, de Grenades, d'ozeille,
auec eau dKtilléeou deco6cion d'endinU^ la^Hca^portulac^, acetofi^ ou auec de
la.ptifane, à laquelle on peut âioirer vn peu du diamargariton froid. Le ma-
lade s'abftiendra totalement du vin 5c autres chofes ch.uidcs: par dehors il fau-
dra âpliquer f ir le foye l'epitheme qui s'enfuit : ^. acjHxrum EnâiuU, cichorift
laflucx, Abjinthl] ana. |i). Aseù |. (5. fpec. DUrrhod. Abhat. 5J. fantali ntbri
7fi. mifce. Eftanc aux champs ou lefdites eaux ne fe peuuenr recouurer , il
faudra
^ & du Sphacefe. 591
faudra prendre les herbes ou vnc partie d'icellcs , & exprimer le fuc , oiictj
faire vne dccodion : puis y ayant âioûtc vn peu de vinaigre ik Camphre, l'ap-
pliquer fur le foye.
Siladoulcur de Tcfteeft: grande, & que le parient n'ait point de repos, il
faudra par clyfteres & ruppolicoires retirer les vapeurs en bas , piiis tngrailîcr
les temples & le fiontauec l'onguent Populcam , ou nucc le inhvdm:
"yi. oi Rof. Nénuphar, ana. \^.. caphuYA, opi] dijjohiti in ac^na BetonicA , ana.gr. 6,
mifce :Jjat Iwimentum, On peut aiifli appliquer pour ce même regard le frontal
qui s'enfuir: !^. aquar. rofar .^eionic&^ ana. ^i\. mifce. Le patient s'abftiendra
comme il a êtc dit, du vin & autres chofes chaudes & difficiles à digérer : car
telles chofes pour certain enuoycnt beaucoup de vapeurs au cerueau: & mcme-
ment pour empêcher lefdites vapeurs , il prendra après Ton repas vn peu de
miuacydoniorum fine fpeciebus, de la conferue de rôles, de Rob de Ribes ou
de Berberis & cho^s femblables.
CHAPITRE X.
Cnranon de U (gangrené en particulier , ajfauoir prouenavte de f Altération
'•cehemente par qualité manifejle.
NOus auonsau chapitre précèdent déclare les premiers points qui concer-
nent la curaiion de cette maladie : mais d'autant que c'cft vnc des plus
grandes & difficiles qui puille tomber entre les mains du Chirurgien, on ne
trouuera' pas étrange fi ie traitte la Cure plus au long. Ayant' donc connu
par les figues ci-dclkis allégués , la Gangrené être par afiluxion d'humeurs
Phlcgmoncufes , il faut confidcrcr fi la matière s'arrelle, ou Ci elle tombe eu-
corcs en la partie malade. Ceci fe connoit parce que la douleur & inflamma-
tion font grandes , la fièvre vchcmentc , & les glandules des aixelles ou aynes
quelque peu enflées & douloureufes. Que fi ainfi cft il faudra par tous moyens
1. coupper chemin à cette defluxion. 2. la diuertit ailleurs. 3. euacuercequi
cft dc-iaamafsé en la partie. Quant pour couper le chemin , ilsTe pourront
fciuir des remèdes aftringens, c'cft àdirc, Icsdcfcnfifs, par Icfqucls la defluxion
peut être empêchée de tomber fur la partie malade. Le Chirurgien doncques
appliquera incontinent , ( ayant toutesfois ordonné la manière de viure,
qu'elle a cfté déclarée parîcy-deuant y) .iu dclfus de la partie malade le dc-
fenfif qui s'enfuie V.. Boli Armen. ^iiij. Terra figîl/ata ^ij. comn Cerni
vfii & RafHY£ Eboris ana. 5/j. catnph.^iij. Cer^^ii]. ol.Rofat. fb.j. Aceti
Jmj. AquA Rofarum^i], Albumina ouornm tmmer. i. mifce : fat vn-
591 Traité de la Gangrené
«Hentum, quoâ dlufertiaripote^. Ou pour auoir plutôt fait & aucc moindre
tVaiS' ^ fArin£ herdei 5 liij. boli Ann. | i] pain. GalUmm virid.nHCum CHpreJJi,
Cort. Granat. ana. 3 j. t^. cum oxymelitepat catap. Le Chirurgien prendra 011
l'vn ou l'autre, ou tel qu'il lay plaira, tendant à mcm: fin. Qinnt à moy i'ay le
(econd en vfage. Car toutes chof^s ou entre dliiiylc & autrement gralTesme
font fafpedtvS en la Gangrené, pourtant elles empêchent la tranfpiration,
en bouchant (Screferrant Us pores. La dcfluxioa s'arrétant,on peut ccllcr
d'appliquer Itfdits défenfifs.à celle fin que la chaleur naturelle pénètre auec
moindre empêchement en la partie. Toutes-fois il elle commençoit à fc cor-
rompre, il faudra continuer à les appliquer,à celle fin d'empêcher les vapeurs
& exhalations, qui de la pourrirure pcuuent momer aux parties nobles. La fé-
conde intention eft de retirer autre p.irt 5c diucrtir lei humeurs qui tombent
fur la partie : ce qui doit être fait, ( ôc le plutôt eft le mciiieur, J par purga-
cions, faignce, ventoufes, applications de rxngfucs ôc femblablcs reuulfions. Le
corps fera purgé par médicaments lenitifs, comme peut être le Bolus luiuant:
2C. cajfi£ recens extrada ^vj. diacatholici ^{5. CHmfAchar fiât bolns : autrement
on le dilfoudra auec eau de Bugloire, ou vue decoct'on d'enitHi^^ UpHl-fcabio/k,
cichorij & fioramcordialifim. 11 faut tenir le ventre lâche, tant que faire fe
pourra, tant par clyfteres fuppoîuoires, qu'vfags d:- pruneaux doux , leiquels ie
fais volontiers cuire en vneinfahon defennc, de M.choacam , Àc Rhabaibe,
pour les rendre plus laxatifs: fi 1 age,lalaifon, ou autres chofcs n'empêchent , il
faut ouurir la venc, (Se tirer bonne quantité de fang, prenant indication delà
grandeur de la maladie «i^ de la vertu dupuient. La veaee a laquelle la faigaêc
le fait doit auoir co.refpondance auec la partie malade , & doit-on en ladite
fai^nêeobfeiuer lareéticude des fibres. L'vfao;^ des ventoufes cil aulfi bon en
cette efpece de Gangrené, mêmes à ceuxquinepeuuenc kipporterla laigiice:
femblablement les ian^fues âpliquêcs au fon Jemeat , pour euacuer l hum:ur
Atrabilaire. La forte ligature des parties lointaines eil aiiiîipiofitabie : m.us
les factions font nuifibles, à caui'e qu'elles échauffent ."^v' ïcndent le (a-igpar
trop fubfil. Apres ceui s'enfuit la trcdiîéme intention, qui eft de remettre- la
partie en fon habitude naturelle ; & pour ce faire, ii f uidra par tous moyens
cuacuerce (ang & autres humeurs quiicil-ront am i'c.s 6r cn^iolesen elle.
Pourtant il faut incontinentprendre garde à ce qu'on aura à fiire, &: auocla
pointe de la laiircrte êprouuer, fi la Gangrené eft profonde ou Ci elle cft fuper-
fîcielle, &ft Ion cette diuerfitc faire les fcaificacîons ou plus légères ou plus
profondes, puis en lailïcr fortir afsf^s bonne quantité de f.mg. Et mêmes s'il y
a quelque grande & notable vêne en la partie , il ne la faudra point craindre,
mais l'incifer hardiment : car par ce moyen la partie malade fe décharge de
rafraîchit, & robftaidtion des porcs f à raifon de laquelle éroycnt empêchées
le fyftole & diaftole des artères j fe r'ouurcnt. Touresf )is cela ne fcfait finon
^uaud la maladie cft grande tk les vcrtas du malade trcs- bonnes : mais s'il y a
de
ôc du Sphacele. 5^5
de grans nerfs, tendons, &: artères, il Ce faudra bien garder de les toucher, tan-
dis qu'il ne s'y appcrçoit delà corruption; car cela pourroit ctrccaufc decon-
vuirion,mouuement perdu, grandes douleurs, «flux de fing & rcfolution des
efprits vitaux , même de fyncope. Les fcaiitications faites , nôtre Guidon &
«autres auchcurs veulent, que ion applique des fangfues , afin d'cuacuer tant
plus grande quantité de i'ang & d'humeurs : ce que i'ay aufli accouftumc de
faire, lors nicmcmcnt que ic fang ne loi t pas en abondance par Icfdites fcari-
fications. Et en casque lesfangfues ne fe paillent recouurer , ou quele ma-
lade les detcfte, i'appliqucdeuxou trois petites vcntoufes : car les grandes
attirent par trop violemment , toutcsfofs !cs r^rgfucs font plus propres.
L'c fang étant cuacuc , il fautlauer la partie auec vinaigre & fel marin , fon-
dus enlcmble: car ils rcfiftent fort à la putréfaction : mais fi la Gangrené eUt
profonde , il ne fe faudra pas contenter dudit laucment , mais en faire vn tel
comme s'enfuit; ^. lixiui]fortiJ]\ Aceti optïmiy ma tb liyfcordï], /ibfmtlo. Rnta,
lupin.contHforum ana M . &. radie. Arijïol. rotund.vincetoxici, ana |.6 [dis mar.
|.«/j. coquantur ad confumptionem tertidipartîsjn colatura dijfo/ue Aloës,A^yrrh£,
ana ^fi. Aqu^'^itiZ | ij. A toutes les fois qu'il cft necdîaire de thanger lesreme-
dcSjilfaut lauer & fomenter la partie auec ladite fomentation tiède .' car outre
qu'elle reiifte fort à la purrefa6lion,elle rcuoque la chaleur naturelle. rerout,&:
dcfeche les mauuaileshp.meurs qui yfontenclofes.En après il faut âpHquerfur
toute la partie, auec du charpisdans les endioits fcaiific-s l'onguent vfigyptiac
deMcfue, lequcrl fc fait aiufi.- '^f.&ruginis ^.v. melUs optimil. xiiiy aceti |. vi\t
coejuantur omnia fmulidonec fiât vnguemumfpifjHm & colore purpureumAhis fi la
corruption eft grandc^ie compote ledit onguent à la façon que s'eni'uiu' '^.aru-
ginis %.iny Ad ellis optirni & cum decoElo Ahjmh.& fcordî] defpHmatt tfe ]> Aceti
Jciltticit ^.'■'-'j- Ahminisrochdifolis Ammomaci ana.lSs.fucci kHtA c^/cordn ana,
^J\.coi]uantHr ad fpijfittidinenr. deitîde admifceTherîacesoptirnd.Mithrîdati] anâ,
|{?. Cî^W-e flcquel pénètre ^rcfifte fort à la putrcfadion J ^j Ainfi préparé
il nerelille pas feulement à la putréfaction, mais au(îî tempère 6.: rend moins
malignes les vapeurs, qui fans ccffe s'cleuent de la partie Gangrenée, & offen-
ient les parties nobles- Qiioy qu'il en Ibitjl'onguent i£gyptiac eft le plus excel-
lent & premier endignicc encre les remèdes de la Gangiene,& fcparela chair
morte d'aucc la viue& bonnejfaifantefchare. Apres que toute la partie fera
couucrte dudit ^^gyptiac, il faut âpliquer par dcllus le cataplàme qui s'enfuit,
lequel de mêmes refifte à laputrcfadion.défechc les humeurs excrcmentcufes
6c âpaifc la douleur. IL.furhu luplnorw/iy lentînm,falfarHm,lolv, faits manniana,
l.iij.pttlH. fum. iAù/inthyfcorditii RutA ana 5- j.coquaitur in Oxymelite/imp/tciy
fiâtq\, cataplaf?na: & quand il eft refroidi,il faut âioiiter Aloes, Myrrhe ana f j.
Acjua vitA I» ii). mifce. Il faut noter que les farines ne doiuent être long-tcnrps
cuittes: car par ce m.oyen elles rendroyent le cataplàjr.eplus vifqueux : ce que
îc croy auoir été lacaufc que Nicolaus Goddiniw en fa Chirurgie militaire lésa
Ffff
594 Traité de la Gangrené
reicttccSjCommc inutiles en la Gangtcne:les citimant Empla(liqcrcs,pourtant il
ne leur faut faire faire qu'vnconde ou deux aucc les poudccs.Or tous ces remè-
des tant le laucmcnc,cataplâmc,autrcmcnt,il les faut âpliqucr ticdes & il faut
tenir des linges chaus autour de la partie,«5«: n*«uoir égard à ce que la Gangrené
aura ctc engendrée d'infiamatiô: car par telmoycla chaleur naturelle prcfques
éteinte cft rcuoquéc & r'alluméc en la partie maladc.Lc Chirurgien cônoilïant
que par Tviagc de ces remèdes fera fait efchare, &c tâchera à toutes les fois qu'il
péfcra Ton malade de Icuer le delfus de ladite efchare,ou auec la pointe de fa lâ-
ccttcil fera des incitions iufqu à la partie laine, à celle fin que le médicament
puiilè mieux pénétrer par tout, & corriger ce qui eft dé-ja gâté & infect. Et ne
changera point cette procédure iufqu'à tant qu'il voye le mal être Turmonté
& gagne : ce qu'il connoiftra parce que le mal ne s'élargira plus , & qu'alen-
tour d'iccluy il Te fcravn cercle rouge,vif,î& qsi aura le feniimcnt exaâ:, c'eft
àdire, il fc fera réparation entre la partie morte Ôc la chair viuc, femblablc-
ment aulîi il fc trouuera en la partie vnc matière louable , épailfc & bon-
ne.
La corruption & la chair morte fc corrigent aufij par le cautère tant poten-
tiel qu'acftucl Le De Vigo ôl quelques autres loiicnt l'onguent ^gyptiac forti-
fie aui c Arfcnicimaisii nous confiderons les effets dç rArltiîic,nous aurons oc-
cafiou de reietter ladite compofîtion. Nous fçauons donc qucrA;rcnic cft mis
au rang des medicaments,lcTquels Gailien âpclle feptiqucsjc'cft à dire putrefa-
6tifs : car ils corrompent la température de la partie & y atrircnt d'humidités
ctrangcs.Or la Gangrené le plus fouuent n'tfi: autre chofe que commencement
de putréfaction, laquelle volontiers procède de chaleur Se humiditc.Cc fcroic
donc en vain de pcnfer que- rArfeiiiCjqui a rnilon de ce que dclTus caufe pourri-
ture, y puilFc faire quelque bon effet & profit , là où plutôt il doit augmeti-
ter ladite putrcfadion. D'auantagc les piariticns qui ont âj^liqué es vlccres,
écrciiclles & fiftulcs des Onguents & Tiocifqucs ou entre de i'arfcnic , pcu-
uent auoir obferuc les grans accidcns, qui furuiennent après râplitation d'icc-
iuy,airauoiï,douleur exrrcmcmenr grande , laquelle dure le plus fouuent 24.
heures & d'auantage. Il y furuicntaaiîî ficvrc,rcucries,lipothimies ôcryncopes:
èc tous CCS accidcns viennent d'autant que l'arfenic enuoyc Tes vapeurs mali-
gnes" vers les pai tiesnob!cs,ayant prcrraieicmenr fondu & liquific la chair en vnc
matière qui luy fert comme de vc hicule pour porter fadite qualité maligne vers
Icfd i tes parties nobles-Lr cncorcs que Icsvlceres font bien éloignés dcfdites
p.nrics nobles, li tft-cc que famaligruté ne lailîc pas de les recercher , y étant
pjrtcc par k moyen des véncs,ncrfs & artcres.'A' par ceci nous voyons l'arfenic
n'ctre aucunement profitable à la Gangrcne.Pour'tant quand il eft queftiond'â-
pliquer le Cautère potentiel en la Gangrené , ie trouuc vn fuccés très prompt
ôc feur en l'âplication des Ruptoires faits d'vnc tres-fortc léciuc de cendres
de ferment & de la chaux viuc. Car tels Ruptoires font leur opération
promptcmcnc
& du Sphaccic. 5^5
promptemct &:rans grade doulcur,laqucllc ne dure qu'vnc heure au plus, là où
î'aiTcnic tourmente i'hôme 24.heurcs,mcmcdcux iours entiers aiiec des accidcs
étranges. D'auantagc au lieu que l'arfenic dillôud &c fond la chair , les Rup-
toires exténuent, dcfcchent ôc diflipent les humeurs fupcrflues. Item au lieu
que l'arfenic monte aux parties nobles, comme il a ctc dit, ces Ruptoires étans
de fiibArancc fort gro(ïîere, n'opèrent que fur ce qu'ils touchent.
Touchant le Cautère adiiel, il ne faut point douter que tout ainfi que c'cft
l'extrême remède , aulll cft-ii le plus grand en dignité &c excellence , tant
pour refifter à la putrcfa<5tion, qu'aulîî pour dcfcchcr &c corroborer la partie,
fon opération n'allant pas plus outre que ce que le feu touche, & la douleur
cclfant des que le fer chaud eft Icué de delTus la partie : mais le médicament
fait tout le contraire, comme nous auons dit par cy-deuant. Et cette maxime
des anciens eft très vcritable.
Qu^Acun^ue non fanant medicamenta , eaferrum fanât. Quét ferrum non fanaty
ta ignis fanât, Qt{£ ianis non fanât ^ ea incurabilia putareoportet. Toutes- fois
es Gangrenés d'iutcmpcraturc chaude fans aftluxion , comme auiîl en celles de
ficcité& faute d'aliment, Icfdits Cautère pourroyent eftrc aucunement fuf-
pc^ts.
Eftant l'efchare faire par ces remèdes, il faut en après tâcher par tout moyen
de la faire tomber au plutôt; ce que toutes-fois nefe doit faire par les remèdes
qu'on a âcoutumé d'àpliquer pour relâcher l'efchare : comme font le beurre
fraisjle Bafilicum,rhuyle doux, la graiiïè de porc, d'oye , de chappon &c. lef-
quels ctans chauds & humides, pourroyent être caufe de nouuellc putrefa-
<5tion, rendant l'vlcere laid & fale. Pourtant il faut, fuiuant la dod:rincde Ga-
lien,y âpliquer le fuc de pourreaux pilé & dilîbut auec fcl : car tel remède pé-
nètre 3c dcfcche fort, & par ce moyen refiftc à la putrefadion , ioint qu'il re-
lâche & ayde à faire tomber l'cfcbare, à caufe qu'il humedre, comme dit Hip-
poc. Le mal étant du tout arrêté, Paulus itgineta veut qu'on âplique delà fa-
rine d'orge cuicte inhydreleo, ou (ce que ie trouue meilleur^ farine d'Orobc
auec miel. L'onguent fuiuant cft aufTj bon pour faire tomber rEfchare,abftcr-
ger &: mondifier l'vlcere; 'yi.farhi. Erui.yrAâic . Arijioloch.rotund.lridis for. mn-
cetoxiciana. 5 ù. Theriaces 5,/;. CHtnfcj. Mellts Rofatifiat vngHentwn. Toutes-
fois il ie faut i> y remettre en mémoire ce que nous auons dé- ia auflî dit par cy-
deuant. C'cft qu'il ne faut pas attendre le bénéfice de nature, ou l'ayde du mé-
dicament à feparer l'Eilhaie. Car nature étantfoiblc rctarderoit trop , & ce-
pendant il fc pourroit engendrer quelque nouuelle pourriture au delîbus de
l'Efchare; ioint auHl que l'Elchare ne pouuanc ctie humectée par les huyles,
graiifes ^ femblables chofes fc dcfeche, & en fc dcfcchant, fc fionce & retire,
ce qu'auflî ne fe peut faire (ans douleur.
Si la Gangrené procède d'vn Eiifypcle mal traitté,ou que la propre chaleur
de la partie Te foit enflammée , il faudra ordonner le régime de viure fioid&
Ffff 2
59^ Traité de la Gangrené
humide,donnant au malade force orges mondes &c autres bouillons de mout6
&c volaille, où ayenu été cuictcs des lai6tucs,pourcclaine,ozeillc,bourroches 6c
fcmblables : il fendra ^ulîi purgei' le corps ainll: J/l. catholict 7,v\. Rhaharbari in
%ni].aijHA E'idiiiicS cnmpMico cinnamo?no infufi é" exprejfi ^].fyyupi rofatifoliit.\i'u
faîpotiol^^ partie malade fera fcaufice iulqu'au vif,puis on la lauera auec la dc-
codtion Taillante: l/é.a^tiarHmE-ndlnUylaBHCx.folaHi.ana '<Lb.],aceti tbfi. litpinorH
J.j. R'itx fcorâi ,fi.!ls a7U A/.(5. co^uantur ad confumptionem tenu partis. L'ayant
ûinli Iauce,il faiitâpliqiicr l'onguent y£gyp[iac de Mcfié,puis lecaraplâmr- fui-
uant:^ farir.£ faharum .l!ipi?2cnim,hordet,ana ^ il] fcordi] puluer.'^jycHm oxyjne-
litef.at catapIafma.}Aiis fi [nonobftant que la première caule aura ccé l'humeur
bilieufe ou inflimmacion fans af]]uxion,alIàuoir de la propre chaleur de la par-
tie] par continuation de la douleur & autres accidcns la partie s'emplit d'hu-
meurs, il faudra venir aux plus grans remèdes , alîauoii le cautère adael ou
potenticl5& procurer la fepararioa de l'Elcharc , félon qu'il a été déclare cj-
deuant. Toucesfois il ne fe faudra pas par trop hâter d'appliquer fans grande
nccclîîté le Cautère actuel, d'autant que les inflammations bilieufes êtans de
foy même feches, le cautère les dcfeche encorcs plus.
Si la Gangrené eft d'engelure, il faudra [outre leschofes vniucrfelles que le
Chirurgien verra ctrcneceiraires] conhderer diligemment 5r prompcemcnt,fi
la difpofition qui eft en la partie malade ne fait que commencer,ou h elle a dé-
jà dure quelque temps: ce que facilement fefçaura par le rapport du malade &
de ceux qui font autour de luy. A faute de ce on fçaura fi le mal ne fait que
commencer,&fi la partie tft pleine de rougeur étincelante, & fi la douleur eft
très grande,poignantc de cuifante: mais fi le mal àdé-ia dure quelque rems, la
partie fera liuide & froide, comme nous auons dit au ch.é.Si donc le mal ne fait
quecommencer,il ne fc faut point hâter d'âprocher la partie dufeu,ou d'yâpli-
quer chofes chaudes,mais l'arroufer d'eau tres-froide,ou la frotter de nege; car
par ce moyen elle peut être rcfticuce enfon habicudc naturelle, & fe r'echauf-
fer peuàpeu.Ce qu'vn chacun facilement peut voir par cxperienccjfrortant en
temps d'hyuer Ces mains [prelque gelées de froid j auec de la nege ou d'eau froi-
de: car elles s'échaufferont promptemcnt: mais s'il les âproche du feu,il lentira
vue grande douleur & cuifon. D'auantage fi quclqu'vn ictre des pommes ou
raues engelces dans de l'eau tres-froide , il verra que l'engelure lorrira & fe
mettra comme glaceaucour dcfdits fruits,fi bien qu'ils déniendront frais,bons
& fermes comme ils ctoyent auparauanr: mais Ci on les iette en de l'eau chaude
ou tiède, ils flétriront ôt déniendront bien toc après noirs , & fc pourriront
tout à fait. Leshabirans de Liuonie,d'Irlande,de Koruege,& d'auties pays Sep-
tennionnaux & tres-froids,fçauent très- bien obferuer cette façon de curarion:
car ils n'entrent point le foir au logis,ni ne s'approchent du fcu , ni des poyles
chauds,q.ie premièrement ils n'ayent très bien frotté leur mains & le bouc
du nés de oreilles auec de la Neige à force : & s'il y quelqu'vn qui fc foie
fait
& du Sphacele. ^97
faid traîner fur vne lige à la façon de ces pays là, &: ne s'ccant peu échauffer ayc
les pieds de iambes cngc liées , ils nefonr poinr de diiîicuitc de luy mctrre in-
continent qu'il entre au logis Icfdirces parties en d'eau fioi-ie, ou en la Neige,
U par ce moyen ils fe repiennenr. Car h froid de l'eau ou neige repoufant &c
amalTant ce qu'il y a de refte de la chaleur narurciîc en la partie , faic que ladite
chaleur naturelle fe renforce rcllemciu , qu'elle en chaffc hors le froid, comme
fou aduei faire. Vu Gentil hotr.mchouoiable ^- digne de foy ( m'aconrc que
voyageant par ces pays là , il trouua vn iour vn palïant près du chemin prcf-
(^ucmort & roided'cngellure, ôc i'Ayam hizmctzi:efui Contïâinczupou: le
conduire au picmitr logis , à ce qu'il uecomban à la ruercy des bcftcs fauua-
gcs,rhofte luy dit qu'il luy faudroit pl'onger tout le corps dans d'eau froide : ce
qu'ayant été faid , l'engrllure fortit par tout ôc fut fon corps couuerc de glace
comme d'vne cuirallc : puis luy ayans donne à boire vn bon coup de Med ou
Hydromelr'breuuage ordinaire de ces pays lij auec poudre de canelle , doux
de Giroiïlc,3>: fleur de mulcade, le firent fuer dans le lia:, & par ce moyen re-
uint à foy,& ne perdit que les bouts des dofgrs & artcils. Nous voyons donc
que cette voyc 6c manière de guérir les engelleures eft véritablement feure , ôc
défait approuuce d'vn grand perfonnage Pl.ilofophe , quia beaucoup fré-
quenté CCS pays là. Mais il faut que cela fe face promptcment , ôc ce-
pendant qu'il y a encor quelque refte de chaleur naturelle en la partie :
car Cl icelle eft prefques ou du tout cftainte , l'eau froide ne la reuoque-
ra point , ni à peine aucun autre médicament : toutesfois il faudra elïayer
& tafcher l'attirer à la partie par frictions &c autres moyens , comme di-
rons tantoft. Or le Chirurgien connoiliant par IVippailement delà douleur
poignantc,que l'engelkure pour la plus paît eft addou^ie,!! deiïftcra de l'vfage
de l'eau froide ou neige , & frottera doucement la partie, puis la fomentera
auec laict doux,auquel ont ait cuit des feuilles de laurier , rofmarin , fauge, la-
uande,& autres lemblablcschofcs chaudes. Le bouillon de trippcs,pics&: tcHes
de moutoujoù Ici'ditcs heibes ayant cuit,cft aulii lliigulicr a attirer le fang , Ôc
redonner vigueur a la partie. La décoction d^s raues, item lesraues mêmes pi-
lées auec vn peu de chaux viue,«S: appliquées lont lingniicres : car les raues ci-
rent au dehors toute engclleure. Cela fiitil faut mettre le patient dans le lid,
le couuiirtics bien, mettant des vticks plein; s de ladite décoction de rrippcs,
ou laid: doux,entour les pai ticsengellecs , puis luy donner quelque ch "'fe par
la bouche qui poule la chaleur &' le lang vital des pain'es infr: es aux exter-
nes , à quoy faire il rry a chofc meilleure que le Thaiac fi, dillou" auec vin
blanc & généreux. Le Icndemuiin on continuera lis fomentations du bouillon
dctrippes Se fufditcsherbesjen après on frottera la partie dhuyle de Laterîbus.
deTi.rtbinthina,dc Cera,rem.vrtica3,nafturtij,<l<Cc (S: nitereraon q clquesfoîs
le vin & la Thciiaqu:-. Or le froid ayant étc bien grand,oj ay.uii coirriniTc Ci
long temps que la chaleur naturelle ait été du tout fuftbquée , Si ^.x la Gan-
Ffff 5
j § Traité de la Gangrené
g: i rtc i'y foie mifc à boncfcicnc, il faudra fcarifîcr & appliquer les remèdes que
fcous allons proposés par ci dcuanc. L'viagc des DctFcnlifs n'a point de lieu ici,
ù ce uMl que le corps cunt forr plethoric il y foi: furucnu quelque vchemcn-
te & gr ;nde ajfîlaxion.ll faut tenir la partie chaudement,y tenant tou/iours des
vcfciei flcincs de la decodtion fuiuanre. ^foliorumUimtmcliJfdyroriJlnArùn^tH'
tfyoriganufcordiijahjînthuyana m.G.rad viticetcxictyOngelicd. ana \ti. cognant nr in
'vino albo ad confumptio7Jem tertio partis. •
Pour autant qu'en la Gangrené d'inrempcrarurc froide &: humidc>Ia fource
du mal gill le plus fouucnc aux parties inrcrncs j comme au foye, la râtelle ôc
autres, il hiut qu'on ait pdncipalem.cn: c-gard à c;s parties là, & qu'on ordonne
lerei;ims de viure,lcspurgations & aurr-schofeSifclon que leur dirpoiîcion re-
quctia-£r fàudraen celi prendre l'auis de quelque doCte Médecin. Qo^ant aux
remèdes topiques, !c Chirurgien appliqricra(s'il y a grande alïluxion d'humeurs
pituicaix) vn 4-*féîif,lc qurl toutesfcis doit être composé des chofcs chaudes &
feches^côme eft celui qui s'zv.iixi':^ .ro/^.ntmy myrtillorufn, ahfmthu fcloccnanthi,
(loechaÀos^ana.yn.^JlirnpfichiiAnthojyoinaparutniniicum cuprejji AHijuantHlnm co-
tritarnrn num .decern, Aluy/iims roch^/ulis^ana ^ii. CimMmomt ^.i.Croci 9 Ù. hul-
liant omiia Jï?/iul CH7n ''■jini & lixiiùt Barbitonforis Aidais partibus y ^.ddito panco
aceto ad cenfumptionern terti& partis : deinde colenîur (y ex coUtnra cmn farina
fabar. lentium , & hordei ad i^nernfiat empla/irnm folidnm , addenda ol. rofa-
ticornpleti y cham£Tj3elini , defpica^ ana.^. n» Mais s'il n'y a point daffluxion,
le defenfif n'aura pas lieu, iî ce n'cft que la pourriture fc {oit fort auancée,
& que la partie Toit prête à tomber en Sphacele; car alors il faudra par le dc-
fenlif empêcher que les vapcursputredincufes ne montent aux parties nobles.
Le defenfif étant appliqué , il faudra par tous moyens deiîccher les grandes
humidités qui font cncloics en la partie , &c donner exhalation à la chaleur
ctrangc>qui à causé que la putrcfaiflion s'y eft allumée. Pourtam ayant fca-
rifîé tous les lieux fufpcéls , profondement ou fuperfî^iellcment icton la pro-
fondeur du mal , il faudra fomenter & lauer chaudement la partie aucc la dé-
coction qui s'enfuit ; 'yi.liximi Barbitonfor.]^. oBo^ calcis^StUit^. i.cot^uan-
tur parum : in colatura iterum coque lupin. M. i.fcordiï yab/inthit. Rut £ fait s ma-
riniyana.AÎ. (s. tandem cot^uamur ad confumptionem terttd partis : colaturd foniter
exprejpt admi/ce aqu£ vit£ , acetifcUl'icitici ana. %, iii, aloés , myrrha , ana.^. il.
puis faut par tour appliquer nôtre .r£gyptiac qu'auons dcfcript par cy dcuant^
ou les ruptoires, s'il eft necclTàire de faire efchare plus profonde, & finalement
cnueloper la partie du cataplafmequi s'enfuit : ^.far. lupinorum &lolit,ana.
^iiii.fummit.AbJinth.fcordiiyYHtA minutiffiTneincif.aut inpulpierem re'^.aB.ana. M.
ii.pulit. radic.vincetoxici,Ari^elicAyana},.ii.falis ?narini M-ii. co^uantur letùter curn
lixitiio iam prjifcripto , deinde cumpenè refrigeratumfuerit , adynifce Aloés^Myr-
rh£,analS.j4<jii£vit£ ^iiii. Mtfce,fiat cataplafma. Ayant ainliaccommodé
la patticjil la faut tenir chaude dans le lid:éc pour ce faire i'approuue fort les
bricqucs
&:du Sphacele. 09
brîcqucsde la pierre à moulin ccliaiiftccs & tenues entour la partie: car cctrc
picric outre Ce qu'elle reuoqac la chiileur naturelle , dcircclie auflî & rcfout
meruc illeufement Le Chirurgien Icuanr le cacaplafme , tâciiTa de fepaicr l'cf-
cha c faite par l'iÊgypciac ou Ruptoires» aucc la pointe de la lancetce ou au-
tres inftruments propres:puis rclauera la pariieaucc ladite fomentation, appli-
quant l'y^^yptiac & cataplafme comme auparauant , ôc ne changera telle pro-
cédure, iuiqu'à tant qu'il connoille quelemalcft arrête : enfin il s'cuertuera à
fcparcr l'efv harc par les remèdes cy dcfius mentiomics, ne laifTant de continuer
d'appliquer touliours le cataplafme , pour icfifter à la putrefaâiion. Si l'i^gyp-
tiac ou Ruptoirc ne font fuffi'ancs pour la grandeur de la putrefacftion , il fau-
dra venir au cautère aélucl , lequel i'approuuc fur tout en cette efpecc de Gan-
grcncpour autant qu'il dclleche merucillcuremenrjrefout & corrobore la par-
tie , ôi. fa chaleur adiuc pénètre plus profondement que aucun autre re-
mède.
Si la Gangrené procède d'intemperature fechc , c'cft afïàuoir par faute de
, nourriture , il faudra par tout moyen humcdter le corps tant par bon régime de
viure qu'autres choies que nous dirons cy après. Il faut donc que la manière de
viurc du malade,comme aulfi l'air ou il fréquente , tendent à chaleur ôc humi-
ditc:pourtant vfcra de toutes chofcs qui donnentbeaucoupde fang ôc de nour-
riture , 6«: Te digèrent facilement, comme coulys, rf-ftaurants,&: autres bons
bouillons de chair de mouton,pouIets & chappons:rorge mondé bien cuit, ôC
pahc par vn tamis fera fort propre , comme aulîj l'vfage du lai(5tde femme &
au dtfaut d'iceluy celjy d'Afnelïè. La chiimbre fera choific dcuersle ventdii
midi.Et en fomme il faut huniederle corps , cuirant toutes chofcs qui font le
contraire , comme les fortes purg.itions,toutes chofcs fuJorfliques Se diureti-
ques.Par dehors faut crgrailîcrle corps d huyles d'Amandes dauces,de Lys , &
de violetteSjà celle fin de (errer par ce moyen les povres ^: conleruer la cha-
leur naturelle au dedans. Les parties qui lont au dcflus du membre malade, ailà-
uoir toute la iambc iufqu'àla Cuilîc > iî le pic eft malade,2uront befoin d'être
engraifsccs auec le ius de vers de terre fait à la façon que nous dcfcrirons à la
fin de ce chapitre. Ledit lac ouiuscft excellent fur toutes choies , pour autant
qu'il efchautfc & humecèe , ouuiant quant & quant les obitru6èions qui font
auxvaiilcaux, ôc parcem.oyen IcfaiigOt les efpdts en defcendront plus libre-
ment. Q^iut à la partie malade, il faut co.iiîdeter s'il n'y a que l'intempciaturc
feche caulc de la Gangrené pro ;hainc,OLi iî la Gangrène s'y eft deia introduittc.
S'il n'y a que lafwchercikjil faudra par tous moycs hum- tter^ attirer la nour-
riture à la partie nialadc:pourt.«it il la faudra fom- n:er a'iec U bouillô ticdc de
. trippes, telles ôc pics de mouton: ôc il on fait cuire aucc ledit bouillon quelque
; quantité de vers de terre,iî a-ua tai pIuscfçîfivaTe.-puis y faut âpliquer des petits
cornets eu vctouics,iâsfcaiificr ôc péjac qu'iceUcs tirét,couurir la partie d'vn
600 Traité de la Gangrené
liiT^e en Gcubl-Cjà' éponge, ou feutre trempe dnns ledit bouillon. Ayant conri-
nue cci.a iufqu'à tant que la partie coniineuce à rougir, faut promptement ôter
^. les Cornets ou vcntoufes Hi les linges chauds de peur de refondre Se éuaeucr
ce ou'aura été attiré, puis faut engvaiiler la partie de l'onguent qui s'enfuit. ^.
cLAniygad.amArar.jlnap.ana.l.ii.fuccl lumbricoYHmterrefi.'^.înl Mifce, Eu
après appliquer i'emplaitre fuiuant. ^. picis liquida ^.vi.farifid lolii (^ Inpino'
yurn quantum fatîs erit ad înfpijjmdum. xMais il la Gangiene y a dcia mis pié , Sc
que la partie commence aie corrompre il faudra auoir double ou triple indi-
cation, félon qu'il y aura complication de maladies & accidens. Car d'autant
que la caufe de tout le mal,eft vue defc dluolité du nourriîllmenr, il ne faut ccf-
fer de l'attirer tant qu'il fera poffibic par trichions médiocres f car les foires
dcilechent Se cuacuent tout aufli tôt ce qu'elles ont attiré ) tanroft raiec linges
chauds , tantoftauec la rr:ain trempée dans les huyles cy'ddliis mentionnez,
%'cntoufes 2c autres. D'autant aufli qu'il y adcia pourriture, il faudra tâch:r de
l'euacuerjfoit par karificaiions, ou fanglucs, & application de l'i£gypti ^'^^puis
appliquera cataplaime luiuant, lequel relifte à la pLirrcEdion & enîembleat-^
tire aucunement, l^farmx Infmormn & lolii ana ^iiii.fwn. Abf.nthu.fcordii,fo-
lior.Riitd. minutîm incif. 'ôel inpiilnerem reda^.ana Ai. i. rad. finceioxici & An-
oe!ic£,an.lÇ>.picis li(^md£ quant -f. fiât. vngit. Touchant Tvl^-ge des cautères, fui-
uant la doctrine d'Albucafis,nous n'approuuons pas TatStuel-'cac il rclout & del-
fcchc par trop. Pourtant quand il eft qucftion de faire promptement Efchare,
il faudra appliquer des ruptoires,ou coupper auec le rafoir tout ce qui eft gâci
ÔC corrompu,puis appliquer l'^gyptiac , & procéder à lacheute de l'ei^tare,
ainfi que nous auons monftré par cideuant.Les d^fenfiisfont totalement à re-
ictter en cette efpece de Gangrené , d'autant que par leur affliidtion ils empê-
chent que iesefprits & le nourriiîement n'entrent en la ifartie : toutesfois lors
qu'il n'y a plus d'cfperance de rf Icruer la partie, & que leSphacele s'y étant in-
troduit il faudra venir au remède extreme,âiïauoir a l'extirpation du membre,
lors di ie les defeniifs auront lien > à celle fin d'cmpcchcr que les vapeurs de la
putrcfadlion ne montent aux parties nobles.
Or auant que venir à ladite extirpation delà partie, le Chirurgien progno-
ftiqucra amplement aux amis & parents du malade le danger à venir: car encor
qu'on couppc la partie afsés auant en la chair viue,fi cfr ce que^c plus fouuentj
le malade ne laiifc de gagner comme auparauant : tant y a que la plus grande
partie de telles Gangrenés de fechereifc font mortelles, comme nous auons di^
au Chapitre huitième de ce traitté.
La Gangrené étant appaisée , il faut mondifîer S< incarner l'vlccre auec nô-
tre mondificatif de fuccq Api j , duquel donnerons la defcription à la fin du
chapitre 15. ou auec miel rofat, adiouftant vn peu d'eau de vie& duTheriac,
s'abftcnant de toutes chofes graires. Finalement il faut incarner , & cicatrizer
comme vn autre vlcerc.
î-es
6c du Sphacele eor
Le lus des rers de terre , dont nous auons fait mention cy delîîis, Ce ùit en
diuerfes façons. Wierus en fon liurc defcorbuto prend les vcisdcs cœmcticres
les plus gras qu'il peut auoir , Se les ayant bien laué,prcmicrement aucc d'eau,
puis après en du vin, les couppe en pièces & les met dans vnc phiollejaqiiellc il
couurede pâte, puis la met au four auec d'autre pain,<5(: iceluy étant cuir, il tire
aufli fa phiollc enueloppce de pâte, & l'ayant fait refroidir, la met tremper ca
d'eau ôc par ce moyen la pâte s'ammollillànt & fe feparant de la phiolie,il y
trouue les vers relouts en liqueur.
Cofmus Slotaiius premier Chirurgien de l'UluftiilIime Prince de Cleucs,
quand il fcvouloit feruir du fucdcfdi:svcrs es Atrophies & exténuations parti-
culicrcs,ou en la Gangrené de fecherclfe, il prcnoiclefdits vers,& les ayant net-
toyés comme a été dit , les mettoit dans vn grand recipiant>pais vtrfoit d^ifus
quelque quantité d'huyle d'amandes douces & de violettes, en après fur les cen-
dres chaudes les faifoit refoudre en liqueur,& les ayant coule &: bien fort preA
se fe fcruoit de ladite liqueur coulée. Or ie trouue cette compofition fur tout
excellente es fcchcreircs particulières, pour autant qu'y demeurent les deux fa-
cultés ôc de rhuyle ôc des vers : le C\ic que les vers ont rendu par vue propriété
particulière pénètre promptement, ôc cherche les nerfs 5c toutes parties uer-
ueufcs, même les vcnes & arreres , à caufc de leur mcrmbranes de fubllancc ner-
ueufe,lefquellcs parties ledit fuc conforte , nourrit &c é.hatffe médiocrement,
ôtant les obftruétions qui iont enicelles. Jl y a d'autre part en cette compoiî-
tion vue qualité vifqucufe de la part dcfditcs huyl:s , laquelle promptement
après queled^tlucàptnctiéau dedans, ledit huyle bouche & rc ferre le^ porcs»
ôc par aind la chaleur naturelle eft retenue Se comme e^iclofe au dedans de la
partie.
CHAPITRE XI.
Cure de la féconde ejpece de Gangrené , afjauoîr de r altération
'■cehemente par (qualité occulte.
NOus auons dit au chapitre quatrième , qu'il y a vneautre efpece de Gan-
grene,laquellc ne pro jcdc pas dcfditcs caufcs manifeftes , c'eft à dire, d'in-
temp. rature foitchaudc,ou ftoidc,humide,ou fcche.-mais d vne qualiré & ma-
lignité occulte, même incomprthcnfible à nôtre fcns «Se entendement: de ceci
s'enfuit auflî> qu'il ne faut pas leulcment procéder à 'a cure auec mcdicaments
qui opèrent par les ieulcs qualités manifeftes : mais au{Tî par les occultes , Se
iceux pris tant par la bouche , qu'appliqiîés au dehors : entre lefqucls la The-
riaque,le Mithridat,le fcordium , vinccîoxicum , Angelica , Diétamus de Caw-
Gggg
602. Traité delà Gangrené
die > & Içius dcCitcon font les principaux. Oc fauc-il fur tout ctccbicn vigî-
lar.c 2c foigneux en cette cfpccc de Gangrené , poiirce qu'elles font le plus fou-
ucnc moicvlics: car elles cherchent & oAenfeiu incontinent les parties nobles.
Parcinc le Chirurgien qui entreprend les traider , ôc ne les recagnoit bonne-
ment , »^' pour euiccr Calomnie ik pour faire fondeuoir , ne fe doit pas fier en
ion fçauoir, mais prendre i'auis de quelque docle Médecin & autres gens fça-
u-ins Se expérimentes en l'art de Chirurgie.
Ayant donc cogncu que la Gangrené procède de qualité occulte , il faudra
donner promptemcnt au maladc,s'il a le ventre rclerrc, quelque clyftcre lenitif
ou fuppoikoire,3c iceluy ayant fait Ion opération le pocus qui s'enfuit: ^^.r-^^t-
atm j^ngelic£,'vincetoxici,ana.^.'^,Herhfc9rdii:,rHt<£,diSiamn. ana.p.i. cocjuantur
in f.ci. a.qiu BngloJJx & Card. beneditli 'U/ colatura, redeat ad lit, in cjnibns dijjohte
Thsriaces opt.^.ifaccicitni^. Q. Le patient l'ayant beufecouutira pour fuer
vn peu , afin que par ce moyen la matière maligne puilfe foriir Se abandonner
les parties nobles. Extérieurement aufii fur le cœur faut appliquer l'Epitheme
qu'auons defcript au chapirrc nsufuiémc , Se réitérer quelqucsfois ledit potus;
lequel le Chirurgien fera plus ou moins foit , Iclon lâgc Se diipofition du pa-
tient: & encores qu'il ne pourra pas fuer à toutes les fois qu'il le prendra , fi
cft ce qu'il ne lailfc pas pour cela d'cftie fort propre Se conuenable : car i\ la-
dite matière maligne a été engendrée dans noftre corps , ce potus la challè de-
hors aux extrémités, Se défend le cœur Se autres parties nobles. Semblable-
ment il elle nous auicnt du dehors , il corrobore Se défend lefdites parties no-
bl£S,&: ne permet que la malignité s'approche d'elles. En cette efpece de Gan-
grené ne conuiennent aucunement les fortes purgations , ni la laignée , ni le
long dorrTiirj de peur que ces chofts ne recirent le venin vers les parties nobles.
Touchant le régime de viure , le malade doit cuiter toutes choies difficiles à
digérer , &c tout ce qui tft fort fallé Se elpicé : il humera le clair d'orge monde
cuit parfaittment^ou de bous bouillons de chair de Mouton &poul;tSjOu cha-
pon , ou sycntcuit à force bourro,h-.s (^ ozeille ; au lieu du vin boira d'vnc
ptibnt Gufemblablement aycnt cuit borrochc, ozeille & vn peu de fcordium..
Il vfcra quantité Se à toutes heures du ius de Citron , tant parmi la ptifanc
qu'autre :T.cnt. En lieu dudit ius il pourra prendre le lyrop co.mposé d'iceluy
ius de Cictoc.
Qnant aux remèdes Topiques , le Chirurgien doit attirer & euacuer par
tous moyens la matière maligne : pourtant il fera des Icarifications profondes
par tout ou il verra la Gangrené commencer, puis laiifera faigncr à fuiîîlance,
ou appliquera des fangf.es Se vcnroufcs : en aprcs laucra route la partie auccl^
decocliion qvi s'enfuie; ^. radie. Anqelic£:,yincetoxici,iinaii,Lupm.fcordii. Ah-
fint. Dicîa,miyrnt£,a,n,i Ai.i.cof^antur in lixiuio ad confiunptionemtertiA partis. Ir^
^.li.colaturs, dijjûlne Therlaccs 5 ilfi^cci Citrjj l. ii. Puis ayant mis dans les fc^a-
lifi.ations de ncUrc^^gyptiac, qu'auons defcript au chapitre précèdent, appli-
quera
ôc du Sphacelc. 603
quera l'Emplaftrc Tuiuant vn peu chaiij. ^. lupinoYHmfermemi acris.alllorH-n^
fnb prunis coUor.ana lii.fo/ior.Ru(£,fcordii, DlclamiCret. ana, M. {^.pHlit.radrc.
jingelicASôlncetoxici, ana \ R.Theriacgs opiim. & Mithridatii,afja ^t.Cum deco-
6I0 Jcordii fiât empUftrHm in mortario.
Q3nd donc le Chirurgien penfera du depuis Ton patient , il f lut qu'il Icuc
rcfcharcjs'il y en a:puis que derechef il fcarific Tendroic du mal& le face fai-
guer, applique dcsvenioalcs & fangfucs » le laue&: mette rargypciac , «Se cati-
plafme, & ne change cette procédure qu'il ne voye le mal ctiegngné ; cnlî;i
procède a la feparation de TElchare aucc le ius de pourreaux ou ( cz que ic
trouue le mcilleur^auec IcRafoir, en après tienne long temps l'vlccre ouucvt,
donnant àdiucrs interualles au patient du Th^riac èS: Mithridat ,.& autres
chofes qui défendent le cœur , comme terre fellée, L^p. Bezoar , Corne de Li-
corne, &i. de Ceif, &c. Or quand la Gangrennc piocede de quelque matière
maligne,engendrce hors de notre corps , alîauoir aux parties excernes , comme
par morfure de belles vcncncufes ou application des medicamens feptiques,
dont on craint que la malignité Toit communiquée aux parties nobles , il fera
requis de conlumer 5c brûler promptcmentauec le Cautère asftucl tout ce que
pourroit fc refentir de cette malignité. Autrement , &c pour faire mieux, on
couppera auec le Raloir ce qu'on tient pour fufj ed , puis le laiiïcra on faignec
à luttî(ance,& en après on appliquera le Cautère aôtucljenfîn laucraon l'vlccre
auec la lufdite Icfciue , Zc puis appliquera ou nôtre ^giptiac , îk par deifus le
Cataplalmecy dclfus elctir. Il faut aulfi par tu bon dcfcnlîf empêcher que les
vapeurs malignes ne montent aux parties nobles. Mais h la Gangrené procède
d'vnc matière maligne engendrée dans le corps , & laquelle il- iette aux parties
externes , il se faudra bien garder d appliquer aucun defenlif, ouehofe aftrin-
gentc. La Gangvenc étant appaisée , il reftcra à mondifier & incarner Tvlcere,
auec nôtre môdihcatif de lucco Apii,ou auec miel rofat où il y ^it vn peu d'eau
ardent & du Thcriac , puis à le cicauizer à la façon des autres vlceres.
CHAPITRE XIL
Cnre de U troifième & dernière ejfece de Gangrené^
faite par interception des efprlts.
EN la cure de cette Gangrené, ayans été ordonnées \<^ chofes vniuerri-lîes,
alfauoir le régime de viure ou foit Tvfage des iîx chofes non naturclieSj
item la faignée,purgations & autrcs,felon que le Chirurgien verra la maladie
lcrequcrir,& le malade le pouuoir fupportcr, il faudra diligemment conlJdc-
icr pour quelle caufe les cfprits font retenus , ou empefchcs d'entier en la par-
tie: & fipoflîblc eft ôtcr ces cmpéchemcnstout promptement. Pourtant fi
G <y CT (y i
^04 Traité de la Gangrené
c'tft vne forte ligature, il h faucira relâcher , puis âpliqiier des médicaments
qui itrohienr, dclcchcpc & inciCnt ce que la force ligature anra attiré, comme
vn cataplaCmedc farine de Lupins, fcvcs , orobcsC^c lentilles cuitrcs auec oxy-
meloufyrop acctcux: Ôi il ponobftanttout cela le mal va en empirant, il fau-
dra promtemcnc fcarifîer la pareil, puis appliquer les langfucs , ^^gypriac Sc
autics remcdcs, fclon qu'il a ecc déclare au chap. lo. en la Cure des Gangrenés
d'iiuemperature chaude 6v: humiJr.
Si le dcfenfif & mcJicamcnt aftringenti ou l'application des chofes empla-
fiiques en font caufc,!! les faudia femblablementôtcr prompttm.nt, puis après
par fdârions modérées &c chaudes r'appelcr la chaleur naturelle vers la partie
malade, ou fomenter la partie auec vue bonne leciue , dans laquelle on ait
cuit de lupins,rcordium,&: feuiHcs de rue,âiouftant à lafin vn peu de vin aigre,
afin que par ce moyen les pores fe r'ouurenc Ôc foyent nettoyés de la vilcoli-
te du médicament cmplalcique,
S ilyadestumeurs fcirrheufcs enrour les grandes artères & vênes & autres
vailîèaux,qui empêchent & retiennent les clpiits, il faudra tâcher de les amol-
lirai rcfoudre par tel ou femblable onguent : J/..pino^H oaUlnx ,anatls , vr/î ana
^.i.oi.liltormn dborum iS^.fncci lumbricorurn l. i. /i. rnt/ce , puis y appliquer vn
cmpla;l:rcex mucillaginibus ,oucx Ammoniaco dillbluco in aceto. Mais iila
tumeur eil en quelque parr,cii l'opt ration le puilFc £dre lans danger , il vaudra
mieux faire incillon en la peau^puis feparer la tumeur iufqu'à fa racine, &la
lier &c coupper , pour donner tant plus tort palïage aux efprits. Toutesfois il fe
faudra bien donner de gaide de ne toucher ou coupper à trauers lefdits vaif-
fcaux : car cela pourroit ctre caufe d'vne mort fubitc;,ou Gangrené incurable.
S'il y a rétention ou oppilation des c ioiits animaux , comme il aduient en la
paialyfie & fpafme , il f:.udtacngvaiirei 1 oviginc dcsneifs, cnfcmble la partie
malade cum oleo deCcr3,deTcccbin(hina,dclatcribus:vulpino,coftino& fuc-
co lumbricorum terrcftiiam5<: r.mbhbles,ayant premièrement fomente ladite
criginc de ncifsa'vnedecoclion de Heurs de chamomille, fange, rohiiurin, la-
uande,maiiol.-.inc,thym.oiigan, grains de gencure,cuicc en du vin. Et Ci ladite
Gjngrcne vkm au^rOLipionou es feiPes, il faut que le malade fe couche tantoft
fui rvn.tantod fur l'aiài e côré, j-our foahigcr la partie malade. Le même s'eu-
tenJ aulTi de la Gangicnc duTalpnilequclf'loic qu'elle vienne par interception
des cfpa'rSjCairurcou autrement^dtmande laficuation du côté du pié. S'il y a
paralyfie en la vcfcie , &c quervrine forte goiitte à goutte, la faudra receuoir
diligemment , accommodant pour ce faite dts inlh umcnts ik vailltaux pro-
pres : car h Icsiam.bes fjnt quant 6c quant parai) tiques S^ que le malade foie
contraint garder le litl , l'vrine éaiaiittcra & efcorchera le crouppion,dont fa-
cilement h partie tombera en G;ingrcne,e6me i'ay vcuen deux diuers malades.
Si la diiloca-ion c!l (.aull^il la faudra remettre , «Se tenir l'os en fa place par
b,andagei(Sc comprcifcs conucnables > fe donnant de garde d'vfer par trop de
medica-
& du Sphacele. ^05
médicaments adfttingcnts aprcs la rcdudion de l'os , maiscngiaifTcr pluftoft
la partie auec le fuc des vers de terre, auquel on pourra âioiifter vn peu d huile
rofat ou de Myrtcs.Et C\ la partie au dcdbus la dillocation cUfortfcchcjmaicrrc
& cxtenuccjil y faudra faire des fcaiifications, fridlicms £c autres chofcsrcqui-
{es , qui ont été déclarées au chapitre dixième en la cure ce la Gangrené d 'in-
tcmpeiacure fcchc
CHAPITRE XIII.
La Cure dn Sphacele.
OR fi ncnobftant toute diligence & remèdes , que le Chirurgien aura em-
ployés & appliqués, nature (uccorrbe forcée par la grandeur de la ma-
ladiejtellcmcnt que la Gangrené fe termine en Sphacele , c'cft à dite moitifi-
cationparfaitte,alorsilnefaut plus prendre indication Acs caufes précédentes,
ou félon elles changer les remèdes. Car foit que la Gangrené prccedenre ayenc
cll:é d'intempcraturechaude,froidej &c. le Sphacele fera touhours de mêmes,
c'eft à fçauoir, mortification j aufli bien en i'vne^" qu'en l'autre. Le Sphacele
donc (corcwcic (ouuent par ci deuant il a été dcdziz) étant vnc corruption &
mortification parfaitte de la fubftancc de la partie/ ainlî comme parle Galien)
laquelle peu à pcninfcde & corrompt les parties p;ochaincs,ileft impolfible
de faire rccouurer la vie a vnc choie totalement m.orte & conompue. Le fcul
moyen donc qu'on pourra prendre en mainjferade conlciucr la partie faine:
ce qui le fait par l'application des defcnfifs , (:k extirpation de tout ce qui cft
ainlî corrompu. Il faut donc appliquer vn peu au dclfus , ou à l'entour de la
partie de- ja morte tel ou fcmblablc defenlif que nous auons 'décrit ZiU. com-
mencement du chapitre dixicmej^c nonobftant qu'il n'y ait cfpcrancc de con-
feruer le lain, il ne faut pasîailler de l'appliquer (oigneuitmcnt , afin d'cmpé-
chcr parce m-oyen que les vapeurs & exhalations de la putri-faôtion ne mon-
tentpar les aitercs,vtinesj6i nerfs aux parties nobles. L'cxtii nation de ce qui
cft corrompu fc tait en diueries façons: car quelques vus faifans des fcatifica-
tions profonde s entre le vif & le mort, apliquent dedans la poudre d'arfenic,
ou l'iÊg) ptiac fortifie auec de l'arfenic : mais nous auoiis dé ia par ci-deuant
remontre 3 que l'aïknic eft du nombre des mcdicamens fcptiqi;es ou putie-
fadifs, &: qu'il amené de grands & dangereux accidcns, 6c pourtant il n'eft
aucuncmeiit propre en cette maladie, mais au lieu dudit arllnic , ic loLi: fort
Tvfage des ruptoires,faitsde cendres de ferment & chaux viue : car ils fonc
promptement & fans grande douleur vne profonde ef». harc, & n'ayans aucune
qualité maligne , n'oitcnfcnt point les parties nobles , aii fi comme fait l'ar-
G y *^ CT ;
6o6 Traité de la Gangrené
fenic II les faut mettre dans les incitons faittes après la chair viue : puis
«tant faitte l'efcliare , n'attendre pas la chcutte d'icellc , foit par le bénéfice
de nature ou médicaments , mais la leucr <3c fcparcr auec le Raloir ou autres
inftrumcns propres , en fin fi le Chirurgien connoit que la chair morte n'eft
pas encores totalement extirpée, il faut appliquer lefdics ruptoires , comme
auparauant, iufqu'à tant que tout le pourri foitreparc du vif L'autre voye
d'extirper tout ce qui cO: corrompu , fe fait par le Cautère a6tuel , caute-
rifant tout ce qui eft infcdt & corrompu, puis tâchant de feparcr i'efcha-
rc , foit par le Rifoit ou médicaments , auec le ius de porrcaux & autres ci-
dcifus mentionnés. La troifiéme voye cft de coupper premièrement auec le
Rafoir tout en vn coup ce qui eft corrompu ôc mort > ou s'approcher le plus
près du vif que pofiible fera , puis palier le Cautère aârucl par toute laplaye,
tant pour arrêter le fang , qu'aufli pour dcfecher & confumer ce qu'il
pourroit auoir de reftc de lang ôc humeurs corrompus en la partie , puis
procéder à la feparation de l'efchare comme fouuent il a cftc dit. Toutes-
tesfois s'il y a en la pariie malade quelque vailièau , aflauoir artères ou vcnes,
cette opération fera d'autant plus dangcreufe qu'ils feront grands .- pourtant
s'il y a crainte d'h^emorrhagic , il vaudra mieux procéder auec Cautères
potentiels ôi aducls que de coupper auec le Rafoir , comme nous venons de
dire : combien que cette voye (croit la plus fcure, d'autant qu'en couppant
la chair morte il ie fait auffî euacuation du fang &c humeurs corrompus,
dont il ne peut être que la partie ne fe décharge mcrucillcufemcnt : d'autant
au{fi qu'en couppant premièrement vue portion de lâchait corrompue , le
Cautcrca6tucl peut mieux pénétrer ôc délecher ce qu'il y a de refte de corrom-
pu en la partie : là où au contraire s'il y a encores de la chair morte , le
Cautère fera promptementvne cf. hare rres-durc, delîous laquelle la putrc-
fâdlion demeurera enclofe , (ans auoir aucune traufpirarion : ainfi il fera pis
qu'auparauaiit. Or ces opérations fepeuuent exercer lors que le Sphacele
cft en quelque partie du corps , où il n'cfl necelfaire ou pofllble d'extirper
toute la partie : comme en la cuilîe , aux fellès ôc autres parties : mais fi
le Sphacele eft en la main, au pied, bras &:iambes, & qu'il occupe toute la
partie, il ne refte autre, finoa d'y appliquer le remède extrême , c'cft d'ex-
tirper non feulement les parties charncufes , mais l'os même. Neantmoins
auant que déclarer la façonne manière de faire cette opération, auifonscnquel
tktt cUefc pourra faire plus aiFurcment ôc commodément.
CHAP.
de duSphacele. 6O7
CHAPITRE XIV.
Du lie» ou l^amputano» doit être fait te.
POur vcniu à parler du lieu ou l'amputation doit ctre faite , il s'y faut gou-
uerncr fclon la diffcrcnce de la partie malade: pourtant fi le Sphacelc clt au
pic ou en laiambe, l'opération doit être faitte à cinq doigts au defTous du ^z-
noliiljc'cfl: alîauoir à la iarrctierc:car cncorcs que le Chirurgien doit conferucr
le corps en Ton entier tant qu'il luy cfl: poflTiblcjfi eft-cc que le refte du tronc de
la ïambe ne feruant au patient que d'cmpéi,hcmentjméme de tel crrpcchcmcr,
qu'il ieroit en aprcs contraint de s'cxpofcr vnc autre fois au danger de fe faire
couper le refte , il fe doit faire l'amputation audit lieu prés du genoliil ; &
par ce moyen il luy fera plus aisé de s'aydcr d'vnc iambe de bois : mais fi le
Sphacelc cft monté iufqu'au delTus du gencuil , il faudra tant foit peu couppcr
du bon &: fain qu'il fera pofliblc. Le même s'entend aufli de la main , ou l'o-
pciation fe fera commodément en la iointure , allriuoir au Carpe : & c'cft
pour confcruer tant qu'il fera poffible le bras , poui puis après y pouucir tant
plus aifcment attacher & accommoder vnc main de fer.
Or parce qu'il y en a qui veulent que la partie (oit couppée en la chair mor-
te , même qu'on laiffe vne portion de la corrompue , à celle fin ( difent- ils )
d'euiter leHuxdtfang& la douleur •• 6r routcifois veulent que ce qu'ils ont
laifsc.de pourriture (oit confumé par le Cautère aftuel. Pour cette caufe
f en confideiant l'importance de cette opération & le danger qui s'en pour-
roit enfuiurc , étant indcucmcnt adminiftiée, J ilnous faur aulJî furcedc-
clarcr noihe opinion. En premier lieu donc nous regarderons (\ telle opéra-
tion pourra être fcure , &: pour ce faire il faudra ici remémorer ce que die
Galicn, alîauoir que k- Sphacele cft vnc cori uptioa de la f ibftance de la partie
qu'elle occupe, tellement que les os mêmes en font iufcdls & entachés. Or fi
ainfi cft , il ne fi iîît pas de regarder exteiieuicment à la peau, mais il Lut pa{^
fet plusauanr , & extii perle tout : autrement l'opération ne feruira de rien:
caria corruption emprainte en l'os infedrcra de nouueau la partie (aïwq. D'au-
tre part il faudra fçauoir que tant plus chaudes & h;;mides font les pairies , s^
tant plus facilement fc pourrilîènt elles. Or eft il certain que les mufclts iSc
vaillcaux au profond de la partie font beaucoup plus chauds & humides , que
n'cft extérieurement la peau, & pourtant font plus fuiets à fe pourrir »S»: cor-
rompre. De ceci s'enfuit que toufiours la corruption & pourrirurc eft:"
beaucoup plus haute au profond de la partie , qu'elle ne fe monftrc cx-
tcrieurtmait en la peau ; & pourtant fi on fc vouloir gouuerner ftloiv
^o8 Traité de la Gangrené
l'apparence extérieure, on courmenteroic le malade en vain, laillaut beaucoup
di. la chair motte au proFond de la partici Touchant le flux de fang, il eft cer-
tain qu'en couppant la partie en la chair morte, il n'eft pas autrement à crain-
dre : mais far cela il nous faut conlidcrer que les plus excellcns Chirurgiens
commandent de lailïcr fortir quelque quantité de fang af res l'opération , Se
non fans rai Ion : car le lang qui touche la pourriture ou chair morte, ayant
de- ia participe de cette corruption, ne faie rien que mal , tandis qu'il eft en la
partie : dont même âuient fouuent que quand il n'eft pas bien euacuc , quel-
ques iours après l'opération la Gangrené le remet au moignon: finon il y Iiir-
uientau moinsinfiammation ou phlcgnon, douleur & autres maiïuais acci-
dents : &: pour les euiter, il faut lailîei forcir quelque quantité de fang félon
les forces du malade. Toutesfois ft elles ne fontfuftîfantcs de fupporter ladite
cuacuatioa de fang, le Chirurgien a bon moyen d'cmpecher l'hceraorrhagie,
cncores qu'il coupera la partie bien auantdans la chair viue.* ^ ne faudra que
bien étroittemeut ferrer le lien ou trelfe , quon met au dcfiusdu lieu ou la
fçie doit paftèr : car par ce moyen les vailïèaux des vénes & artorcs font rclle-
mcnz referrés, qu'il ne fe pert pas trois ou quatre onces de fang à coupper vne
ïambe, moyennant que le Chirurgien face dextrement fon opération : tou-
tesfois s'il s'en perd quelque peu d'auanrage , il ne faut pas eft i mer que le tout
vienne d'cnhaur, mais il en vient aufli de la partie qu'on a extirpée , laquelle
regorge promptement ce qu'elle auoit retenu de fang.
Quant à la douleur , il nous faut entendre que par la forte ligature que les
Chirurgiens ontaccouftumc de fairejl'cfprit Animal eft empêche de reluire en
lapartie, de façon qu'elle dénient comme endormie , tellement qu'va bon
Rafoir y eft pafsédeuant que le malade i'ayt bonnement appcrceu : mais
quand on vient à fçier l'os, alors le patient fcnt de grandes douû urs , non pas
à raifon dei'osqui n'a point de fentimcnt , mais à l'occafioiv dupeiiofte,
membrane merueilleultment fenfible. Pour fiire donc l'operatio;! fans dou-
leur, ilfaudroit que U partie fuft tellement corrompue , qu" cette membrane
s'en refentit totalement : & Ci ainli ctoit, ie laille à penfcr à vu ch.cun , fi l'os
même ne feroit pas bien abbreuuc de cette corruption , & la chair auprès de
l'os corrompue, pourrie ôc morte beaucoup plus haur,q l'cxtcricuremcntil ne
fe feroit monftré, étant ladite chair aupies de l'os plus prcfto à fe corrompre,
que de vers la peau , comme nous auons remonftrc : par ai^^ft l'opération fe-
roit fruftratoirc, n'étant iamais poffible de corriger ie refte de la corruption
taec le Cautère aéluel.
Mais il me femble qu'éuitans la douleur d'vne part , ils l'augmentent au
double. Car quand il eft queftion dcconfumer vnc telle quantité de chair
morte , qu'ils veulent qu'on lallFe , il ne fuirît pas vn ou deux Cautères, mais
il en faudra cinq ou Cix auec force feu , iufqu'à tant que le malade les fenrc à
boncfcieMt •• autrement ils ne profircroyent de lien. Or cette grande chaleur
des
&: du 5phacele. ^o^
des cautères liquéfie Se fond la grailfc & autres humeurs , même les rend
boiiillans : de ctans tels ils brûlent & efchauffcnt cxccflTiuejnncnt les parties fen-
fibleSjCommc font lesncifs,tcnvîons , & panniculcs.dont s'crifin'r giandKTimc
douleur , de qui pluscft, parla vchcmente caureiization Ce fait vne edharcou
crouftetrefdure6<: efpcflc-jlaquelle cmpcfchc qu'aucune cxh.iLition des vapeurs
malignes & putredineufcsfcpiiiiîc faire , & q^uc parconfcqacH: elhs montent
aux parties nobles : car il n'cft pas pclTible que ks Cauccfcs puillcnt fi bien
dclfcchcr le tout , qu'il n'y demeure quelque peu, lequel eft comme le leuain
d'vncnouuclle corruption , quand l'elchare fe vient à pourrir. D'auantagcla
chair morte étant ainfi confiiméc & la peau retirée par la force des cautères , il
y demeure vne grande cminence de Tos , Se poflTible telle que puis après on cfi;
contraint reapliqucr la fcie. Mais s'il faut toafiours coupper la partie en la
chair morte , qu'tfl: ce que l'on fera quand le Sphaccle fera au pié?ne faudroic
il pas ou lailfcr vne grand? portion de la iambe , ou atten.ire que la pourriture
ou putréfaction fut montée plus haut ? Or cecy fera trefdangereux^&r l'autre
faicheux & pénible au patient. Nous conclurrons donc qu'il faut fuiuant la
do(5trinc de Celfe,d'i£cc&plufieuts modernes Médecins & Chirurgiens » que
l'opération fe face en la partie laine, prenant pluftoft quelque peu du fain,que
lailler tant foît peu de la chair morte:<Sc n'importe rien de s'informer> comme
dit Celfe » fi cet aide e (l afccs leur puis qu'il eft feul,c'ctl à direjpuis qu'il n'y en
a point d'autre. Et d'autant que la maladie ctt extrcme,qui eft ce qui ne con-
felïc qu'il y fautauffivn remeJefemblabîemcnt extrême ? tant y a que l'appli-
quant auecafieurance nous pouuous attendre meilleure ilîue. qu'en f.u{ant au
contraire. Or n'y a il point d'ulleurancc en l'operacion qui le fait en la chair
morte,d'autant que la racine du mal y demeure. Qjnnt à la doék; ine de Galien,
illcmble qu'elle loir répugnante k ce que pradiquent Celfe de pluficurs mo-
dernes:mais il nous faut confiderer que Galien a regardé ?.u principal plus qu'à
ce qui en dépend. Pour autant donc qnela pourriture eft toufioursbeaui^oup
plus haute au ptrofond de lapaiti ,y était plus chaude «3c humi Je, comme nous
auons remonllré, Gaiicnn'a pas voulu entendre qu'on commence à coupper
extérieurement à la racine du mal, pour iailïer la p; incipalc racine Se pourriru-
rc au profond de la partie entre h s mulcics& \aillèaux : car c'cll: iàoù gic la
vraye racine de cette pourriture , 6c noii pas extérieurement en la peau, i^our
auoir donc cette racine h-'û faut necelîàii ement prendre vne partie du fnin , af-
fçauoir extérieurement : Se par ainlî il app.-rc que la dodlrine de Gaii.u ne ré-
pugne au:unement à celle de Ce lie Se autres que nt^us auons allègues.
Qoant à cette qnellion que Ton met en anaiu , allanoir fi les membi es fpha-
cclcs lé pcuuent coupper en la ioindure même , ayant fait ^c vcu faire telle
opération, ie puis dire qu'elle s'y fait auec moins de douleur Se fans danger:
auec moins de douleur, d'autant qu'on ne fçauioit iamaislî nettement coup-
per Se leparer les nerfs Se membranes , que la fcic n'en rencontre toufiours
Hhhh
6io Traité de la Gangrené
quelques vns j ou elle s'engage les arrachant auec très grande douleur du pa-
tient. Sans danger, car les neiis,tendons,& autres ctans totalement coupez fe
retirent en h.n.it,0<«: la chair les couure:ain(î ne pciiucnt caufer ni fpalmc ni autre
accident. Mais ici il fe faut derechef gouiierner fclon la différence de la partie
malade :car (ilemalcfl: au pic ou à la iambe.il la faat.couppcr au iarrct , afin
que le malade s'accomrr.ode plus aisément de la iam.be do bois,mais i\ le Spha-
ccle a paf'sc le iirret»l'inci(îon doit être fa'.tc en la ioincture du genouil.
CHAPITRE XV.
Comme il faut procéder à UfeUïon du membre.
AVant que venir à l'amputation delà partie,il faut (^ fi la maladie ne prcflè
p.r trop)ordonner les chofcs vniaerkllcSsComme le régime de viure, pur-
ger le corps , lligncr , confoiter le cœur, 6i. faire autres chofes qu'on verra
ctre necefîaires. Pourtant li 1: patient cft ieune , robi.ifte & replet , il le faudra
nourrir peujlt purger par médicaments lenicifs,pii is le faigner. Au contraire fî
le patieiir eflfuiblc , il le faudra bien nourriL auec aliments de fav.ile digeftion»
& ne fera pas nccclïàire de le faigner. Pais ayant conforte le cœur par quelque
cpiih' me , tel qu'a été defcript au ch;>pirre 9. donné au patient quelques œufs
fi"ais,& vue roib'c au vin^ ( s'il 5'agill a'extii per vue iambc^) le hiut faire afleoir
fur vn banc,ifiii que laiambe fait tant plus fermc:puis le '^ hiiurgien ti;era les
mijfcks è^- la peau eu h.nitvî?»: f:ra vne forte ligature vn peu au deflus du lieu où
il prétend faiic inciiion , ;;!lauoir en b partie faine: cette ligatuie fcfcra auec
vue trelfe foi te & oelicc,tclle que Celles dor;t les femmes fe f'eruent à lier leurs
chcueux.Llic feiuira à deux fins p.incipalcment: IVne efl,qu'ellc prctlèra & ref^
ferrera ks vciiK's& aitcrcs , relit ment e]u'ilne(cra à craindre aucune hasmor-
ih.igic. L'autre vtiliié de cette l^oite ligati^re tft , que par fa compicllionclle
empêchera l'cfprit animal de reluire par les nei fs , dont la partie en deuiendra
com.me endormie , &piiuée de ion lentimcnt, (k par Ce moyen l'operarionen
fera moins doulourtuie. GuiJon veut qu'on mette vn autre lien en la partie
mcit-j^' qu'entre ces deiùx on face l'incifion , ce quiiùft p.i;; impertinent : eau
comme ainfifoit que l'hœmorrhagie ou fîux de fangefpouuanteleialîiftans , &
d.jnncoccafîon deblamcr l'o; cr.ueur , telle ligatuie Icit à empclcher que le
fang qui eft es vaiiièaux de la parde moite ne p.:ut forir .dnfi abondammento
Autres mettent vn lien au delfus du genouil , s'ils veulent couppcr la iambc à la
iarretticrcjou au dclloi-s du coude, s'il (Il -que-ftion Ac Jouppcr la main au car-
pe,pour rcndvc(dilent ilsjle fentimcnr pi;ii obfcur : miais outre ce que les nerfs
ibnt fort profonds en ce lieu là , tellement que la ligature ne les peut compri-
me r^ ,
& du Sphacele ei^
mer,cUe cafTc fouiient les pattics mufculeuCs, vc fait iiouucllc interception des
cfprirs.
Lafortc ligature ainfi f,,ute , le Chiruigi^'n approchera la iambc du boiitdu
bauCjtellcment que ledit bout vienne iufqu'au dcllous du gcnouil: puis aucc vue
bande liera le gcnouil au banc > afi i qu'il ne bouge ne ça ne la : en après aura
vnc cicabclle.de la même hauteur du banc, lur laquelL ilmettra le pic &: la
iambe , attar;hant femblablcmf ne le pic à l'cicabcllc : nonoblhnt tout cela il
mettra vn homme fort \k courageux dcnieic les cfpaules du raalade , puis vn
autre qui cmbralî'e le banc & le genouii, Se le troihémc tiendra le pic & l'eica-
bclle , & parce moyen la partie fera tenue f.rme , Se le Chirurgien fera tant
plus dcxtremcment l'operaLion . &la f:k ne s'engagera point : chofe qui fait
mcrueillcufemcnt languir le paticnc , ôc donne occafion à ceux qui alhlle de
blafmer l'operateur. Ceci fait ii cojppera auec vn rafbir bon Se bien tcen-
chàn:,ou autre coulleau courbe la chair iufqu'à l'os , feparant au même inftant
le pcriollc tant qu'il luy fera pcffible : S: s'il y a deux, os ï'\n auprès de l'autre,
comme dclTous le gcnouil,3<: dclKis le carpe, il faudra aucc vn coufteiu courbe
Se pointu feparer la chair quicft entre lcTdicsos,àcclle tin que la icienc tiou-
ue point d'empcLhemenr : en après couppera l'os auec la icie tant fubtiiement
^d'extrement qu'il luy fera poTlible, Se ayant hilsc cculer quelque quantité
de fangîfelon la plénitude Se forces du p:.cicnr, cautciiz:ra les vailîcaux , pour
arrêter ledit fang : fcmbiab!cm:ntro^. afia que les eiquilles s'en leuent tant piu-
ilofl.Ccciccant fait,il dclicrale.'ïen quicft au dcllus de i'incihonjpuis api'liqae-
ra vnecompreflè d'ctonppes, trempées picmictemcntenOxycrar,puis en blauc
d'œufs,& io;;poudiiCed 'bonne quantité de Li poudre qui^'cnfuic : ^. firin.vo-
iatil.l.vifii^.drACcnis/rhurlsyalcësyanal Çs, bob Arm.terrjigtl gypfi aha ^.ii.
Ranarmn dc-j-.iût'l prd,. ivun. (rnirlfce enirn à proprietate ^nadam occulta fa igui-
fiemjijfnfit^ z^.ii pil.leporjmnHtijJirneindf.fpJJigitt noua torrefa^a, ana \ Ç^.mifce:fat
pnlais fiibnUflirnus. Enapusaynnt applique vn defcnlîf entour 1? moigr.on, le
bandera auec bandes trempées en oxycrat , Se\\ç. remuera c'til ai paixil , iul-
qn'iiU deuxième ou troiiîci-ne ioui,/l c'eft en Elle, & iufqii'au quatrième ou cin-
quième Il c'ctcn hyuet.Le defenlîf peut être tel qtie nous auonsd.iciipr au cha-
pitre lo- on ceftuy-ci. 2^. boli Arrn fAigH.dracon. Map,.gypliyanA\ i.ol.Rofati,
JHyrtini ana ^à-alburnina ouoriun num.z.aceti ^.f. fiint vngn.tn mortario. Quel-
ques vns pour être bien alleures qu il n'y furuienuc h.emorrhagie , lailT^nc le
lien iufqu'à ce qu'ils appliquent l'autre apparciljCe qui cft le troiiicme ou qua-
trième iour : mais cela ne le peut pas faire qu'au grand preiudicc du patient,
pour autant qucce lien fait vnc giande douleur ^ attraction de fang Se d'hu-
meurs,ie{que]s ^'enflamment -k. s'apoltumentcn lapaitie, dont plulieurs mau-
uais accidcns iuruiennent de nouacau,
Le quatrième ou ci'iquicrnc iour aya: leuc le premier âpareil,il faut remettre
des petits plumaceaiix d'ctoup^cs trempées en blancs d'œufs auec ladite poudre
Hhhh i
611 Traité de la Gangrené
Tar les vailîcaiix ; 5c fur l'os on merrradcscharyies feches ; pnîs couiirira-t'-on
toute la playe d'vn dig- ftif tel que s'enfuir. ^. Terebinth. lotA in Aquâ piamA-
gi'ùs ^.ii\. ol. Rofati ^.fi. viîelhtm vnins oui t Croci 9.j. rn']fce : & ne changera
point: le Chii mgicn ces remcd.-s que la digcftion ne foit taitte , fur tout le dc-
f-n(iJ-,6c âplicjueia la poiidrcfiir ks vaiikaux iufqu'à tant que 1 harmonhagic
ne foit plus à craindre. Lors il qui:tera le digcftif, & mondifiera l'viccrc auec
noftic rriondifiracif ify;<cfo>4/7/i, qui.noiisckLriLons à la fiu de ce chapitre,
ou auec vi7 tci que s'enluit : X.. Tercbnit Iota tn vino ^. v]. pn/u.rad. Arift ro-
tund^J/idisfior furmAhndei,afia.'^in\, M ellii Rofati Xii] a^ux vit£ g. j. The-
riAces 5 7j Mifce-.f.it Munâlficmuiim. Pendant qu'où pro.cde ainfi, il faut tâ-
cher par tout rroycii de rcâier en bas Irs muklcs&: le ci,ï[,qui auront ctc clc-
ncs en haut, à fin qu'ils rccouurcntpcu à peu les extrémités des os, qui auront
tfté coLîppés c<c qu'après la cicatrice faittc ledit cuïr&: mufcl^s feruent comme
d'vn co..fiinct aufciitcs extrémités des os : & pour ce faiie quelques- vns font
quatre poiiirs d'aiguille en croix aux Icures de la playe , incontinent que l'opé-
ration eft fùitte, & par ce moyen approchent la peau 6c la Ciïair : mais il n'eft
pofïîble de faire telle chofc li dexrremcnc, qu'il ne fe perde toufiours quantité
delang pins qu'on ne voudioii. D'autre part les hures de la playe s'cnflans &
tumcfiansiur.ru'a tant qucladigcllion foit faiîte , lefdirs points fc rclâch: nt,
mcme couppcntl3pe.:u, telieraee q ^'iisne feiucnt dericn En corfideranr ces
inconucnicns it tvouuc bon d'appliuiic r vnc co.ifturc fch.-jC'ell que i'emplatrc
vn li'igf dv la mixtiou fii ianre,& l'applique encour le moigion, aûTauoirfur
les bords de la playt. '^ fari/ae volatil. | j MflJiicSThtirts , fangnin. àrac. pulu.
Rofar.rub.Gummitraaac.ana.2^i\ tmfce cum jilhnmtr.e oui. Ledit einplaftrcs'é-
tanr dc{ >.he «?<; bien fort attache, i y palle i'aiguillc auec le fil:(S: p-r cc moyen
appioche les leures de la playe, il faut aulîi ptocurcr la ch ute des extrémités
de l'oi que l'ai: &: la ù^i- a tronc rouehr 6c altère : ce qui fe f ra en appliquant
fui Icf-^'itcs txrrcmit's hs poudres car igmatiq.ies , comme cctte-C). ^ radi-
cum 'rifclûc.rotur.d. pencedani , Iridu ficrerj.corticnm pini, ana.\^. rntfce.
L'Luphoib. a.ihi^ ^acorcs que nous n'auonspas le vray d ■ Di.>fcoiiJ^ ) fait
kpai - r c\- tumb. r les clquilLs des os cavicux, comme kmbl. blement l'Emplâ-
tre de Bcton.iv: . O il ne fa .r pas tirer par violence les exrrcmircs 6i efquilles
de l'os, m/lis le> ébranler qu. Iqui^fois, puis lailîci faire le relie à natuie 6c auf-
ditsmedicameurs.-rSc Cv^pcndanc il ne fiut p.s efperer la chcutc d'i elles auant
le trentième ou qna. anricme iour à compte r dés laraputation : il faut anffi re-
prim.r Tf-xcicfccni e de la chair du moignon r.ncc la poudrcd'Ai inbrûlé.puis
cic-arn'z r k tout au^c l'emplâtre Palmcnmide cerufi coCÎa,vr,g dcjiccat. ritbrum,
iihipomphof ioosy & fcmoiables.
Kutr appaifer hi doul^ur ^' les renâclions qui le plus fonucnt iuruienncnt
ap'csl'c'Peiation, tant 3..aufc que les neifs coupés fe retirent vers leur origine,
qu'auiïi pourtant que l'ciprit animal ne pouuaanc paiTer outre donne en fe
retirant
retirant Certaines atteintes &i doul-urs conuiihUici : pour les âp.iiicrdi-ic , il
faut engiuidcr toute la paiii?i irscmc h N!:ti'jc aiicc longucnt c|ui s'tnfui: : 2C.
ol.faluUi Anethi''ni Cham.vulpini. fncc Inmhricomm 'Uuieri anaî'ï]. cl, Tere-
bint. ^. j. ^. Axtmg. hum.znix, i^.'y crocî ^.j. ai^iid vîu 5 »j. îfiifce -.fiât limtnenturn.
En cet accident AuibroKc Paie loUcfoii: l'onguciu t|ui s'cnfjir , lequel cft Je
grande efficace contre k fpaimc-j l'^aialyri., fti'peur, coiuo: fions , di^enfions,
& autres indifpofitions, piincipaîemcnt des Ncifs prouenantcs de caufc froide.
'}/i.falui£..Cham£pityos^ \4aioran£, B^o-nfmarini^ Ruts,^ LaxienàhU^diKi m. i fio'
rum Cha?n£m. Mi^ltlot.fummi yï?iethi & Hyperici, ana.i] baccarurn Lauri (jr lu-
niperi ana. ^.ï\. raà pyreihri ^ij. Ad^iliiuices^ yîjjA odorat £ , aria 5 i. R. Terebimh.
venetA tb.j. ol. !H?nL'riccri<m,an€t & catellorurn , ana. X.vj 0!, Terebimhina. i uu
j§}tHngi£ hurnanA f^i).Croci 5J. "cîni a/bi odoriferi îhy cera auantHm fuficit.
Contnndcnda co ;tn:-id^nfu'^, pulue. ifanda puluerifentur , pofi eà co^uanmr cnm oleis
& axnngia pidii^is ifi^'cafe dapltci: fat linimcntiimfecundum artem, add. tnfine
aqn& vit A ^ Mj«
Qmlques-vns ont accoutume de donner au patient dcuant que faire l'opé-
ration quelque mcdicamenr pour le faire endormir , & c'cft a fin qu'il fente
moins de doul uf.maîs fi nous voulons cioiie le bon Guiign de Caniiac,nous
n'en vfcron-. point : & de vray ils (ont tics-dangereux , j^r les grands acci-
dcns qu'ils v.mtnenr, même fouuent la mort; & pourtant ie n'en parleray pas
plus amplement. NollremotiJificatif de fcco Apij pour nettoyer & incarner
les vlcercsde L Gangrené , & aut es vlcerci f.i.di ics & malignes fe prépare
comme s'enfuir. "^ fncci Api,fc<jrdt\ y Arnoglojjkiualoris ^ KtitA , ana.~.ui\,
Mellis rofati tb.j. c<ii]'UrUHrad c^..fislentiam fyrnpi : lum adm'.fce far. lnoinorurn
pufu rad.Arift.rotwid.Ai^elîcétjZihcetoxki, Thcrtaccs , ana i.i'>. a^udvitce^ji
Âiifce: fiai vngnentum qHodferuetiir in vafe vhrco.
CHAPITRE XVI.
Comment il faut que le patient fe gonueme ér maixtie^KC
après la Cure.
R n'cft-il pas feulement necclïàire,que le patient ti -nne vns diertc ctroit-
. „ te durant la Cuve : mais aufli étant par la grâce de Dieu réchappe d'vne
rn.^ladic fi gr?ndc à: ciguë. 1 1 fr'ut qu'il fc contienne quelque tems auec vn bon
icgimcde viuic, cui:.uit toutes loites d'excès, foit à boire du via ou autres
brcuuages fovis, foitauiii au manger plus que l'ordinaire , iréme il viura plus
fobrcmcnt qu'anparauant: cai aufli n'a-t'-ilbefoin de tant d'aliment , comme
<icuant fa maladie, pourtant que fon corps cft diminue d'vn membre : & fi
Hhhh ;
^i4
Traité de la Gangrène
c'cft quelque perfonnagc icunc , robiiftc Si fanguin, il Ce purgera quelquesfois
ôc fc fora ouu'tir la vcir du pic. Car il aduioiu (oaucnc à ceux qui ont perdu vue
iambe oubras,que nature yciuioyant du fang pour la nourricure,comme aupa-
rauantA iceluy trouuanc le palîagc bouche 6c la partie couppce,il regorge im-
iierueufemcnt en haut , & fait intianimation aux parties internes , allauoir au
foye.poulmons, di-\phragmc &:autiesLc' même s'entend aulTi s'il y a :tc coupé
quelque bras : pour obtûcr donc à ces accidents- là , il faut outre l'abfiincnce 6c
fobrictcdc vie purger le corps,5c faigner la vêne interne du pié , à celle fin de
diminuer non fculemmc les humeurs <3c le fjn^jTiais aulTi les tirer en bas , &c
diuertir des parties nobles.^
L'ade vénérien y ell; aulTi très contiaire,mcme durant la cure,mortelj&: long
temps après dangereux. Et pour preuue de ce, ic ne veux omettre vne hiftoiie
remarquable d'va Gentil-homme, auquel dias ValencienneM.ColÂius Slora-
nus.homme dodc & très expert & excellent en Chiiurgie,auoic coupe la main
gauche pour auoir été froifsce d'vn coup d'harqucbuzAdé donné en la main.
Etant le malade ieune homme & lux. uieux , on luy défendit à bon efcient de
ne s'approcher de (à fcmme:cependant la playc étant ia comme du roiir guérie,
.& tous les accidensa^sés, il foUicita fort fa femme, laquelle toutcsfois ne luy
voulant complaire pour lad.-iFence que ledit lleur Slotanus lay auoîr faite, il
ictccfonfp-iimcfansauoir fa compagnie , & f^biteraenc recombi en fièvre,
réveiiejfpafme & autres mauuais accidents , tellement qu'il mourutlc quatriè-
me iourapres. Par ce pouuons nous bien iuger,combica l'.nde vénérien cft
contraire aux nerfs & playes d'iccux , comme lembiablcment à la tcfte iSc ioin-
ruEcs. „
TABLE
TABLE
DES MATIERES-
A.
B S C E' S, nefjut pas atten-
dre (ju ils soutirent deux mer
mes, pag, i.
Matière pétrifiée. pag. i.75 75-
1>es parties nerneufes UiJJe des f /lui es
incurables. p. 87.
Sous l'oreille guérit d'vn é?notion de cer-
ueau p. 36 z.
Au fondement après 'Mnefaignée. f 548.
Abdomen percé de part encart par
vne baie fans offènce des intejiins.
pag. 148.
Acouchemcnt, Ffi facilejile fnùt e(i
Yobufle. py4'
Cefarlen heureux. p. 45 c'.
Difficile ej} fuiui le plus fouuent d'in-
fiarmnation des parties. p. 466.
Acier Brin d'acier attaché à l'oeil cr
tiré. ^ ^ /?. 593.
iCginfra Corrigé & excusé. p. 375»
^ichrio guerijfoit la morfure du chien
enrage. p. :oj.
Ail hangement diceluy ^ecejfaire dans
les maladies ls>igues, p.i^U
Amputation du bras /'.4;i'4
De la iambe ^.494.
Auec le cf/èau & le maillet imprimée.
Tar deux larges couteaux ^ui tornhent
l'vn fur l'autre, improuuée. p. 4^8,
Tour^uoy meurent le plus fouuent ceux
a qui on a couppê quelque membre,
pag.^^S.^
Tar les tenailles improuuée, P' A99-
Ne doit être faite fur le mert.pag. 45)51,
500. ^01.
Se peut faire fur vne iointure P»^ot,,
De la iambe . P*- 5 - 4 •
Membre qui doit être couppé ^ doit être
bien arrêté. p. ^c6.
De la main. p- $i^»
Du bras hors de la iointure. /'•5 4-
Des doigts. p. t A,
Préparatifs. ' p, e^,
Anaromic , necejjaire au Chiruroien,
pag. jzj.
Ancnri(mc, ne doit être euuert. p. ^j.
Canfes d'icclny. p-9697.
Antimoine , dcné dutis le commence'
ment de lagrojje ver oie viilertitntj
P^g'\7'
AdiiHuais tffets di^cluy. p 5^4. ^p j,S.
Cha/latctt. or ?/ialéidc rneurcn: eu même
temps à vne potion d Ant.
h^QÙx. exty ^tiiagi<nt C" vne femme p .xi/^
Des malades, don être quelquefois coîi"
tenté. p 215.
Aphorilme 58. feB,6. expliqué p. 4e,
Table des Matières
Argent vif. \^ôyès Mercure.
Airierefais, rétention d'iceluy c[i da?m-
reufe. /?^^.490.
Chafs é par expuljîon , ou extrait on,
Acfciîic , dangereux au vray chancre»
Dânoerciix applique exieneitrement,
Arrcre, CojiJîruBion d^ice/let p. 9^-
Vic^iiée auec la hajïli<^ne. p. ip.
■Bouchée par '•ô'ie b,ile de plomb, p 4' §.
AciO|;hie, remèdes de celle f(à vient de
luxation. p. 55^-
Aiiortemenr,/?/«J difficile ejue laccou-
c bernent, /'•^H*
Aiuheiir n'a rien voulu donner au pu-
blic touchant fextra^ion de l enfant.
pag. 489.
Aymanc , tire de l'œil ''m brin d'acier,
pag. J95. ^
yl des facultés contraires. /'•594.
B.
BAins font le refuge des maladies dé
fefferées, pag. 155.
Leur vfage dans les vlceres. p.i} 5.
De Neuhaufen. p-iJV
De Blumen^hln. /?.i35. ijy-
DeVaUy. p^^-
Ernollient. p- Jii.
Bihnus attaché au prépuce, p. 44^.
Verrue conuertie en vn fungus Chan-
creuXt iP-4î''
Baldus, luri/cofifulte meurt de la mor-
fwre de fan chien enragé. p. 104.
^z\c,ernpoifonnée. p. 40.
Partanée en deux à la rencontre d*'vn os,
pal- 185.
"Enfermée au cerueau. p- 100.
De plomb en la vejfie. pag. 352.
Au talcn. p. joi.
Forme vn abfcés ^^uand elle vemfortir.
Pl 353-
PaJJ'ant de la cauité de la poitrine au
bras. pr.yy
Arrefîee au corps y produit diuers acci-
dents , félon le naturel de la partie.
pag. ^54.
Portée fîx mois ait cerueau fans incom-
Bahc, voyés infruments.
modùé, p. (j 60.
Baibicis, ignorants p. 145. 530. 377,
Impertinents. /'• 34^.
Baumes vulnéraires font incertains,
pag. 121.
de Tehi confonde les vlceres. p. 59 ^.
Bicïc fraîche, cauf lafiranourie. /'■ij i.
Blc Ifui e, "^ioyès playe.
BoiicSj voyés Gihbofîtè. .
Bouch: , maladies d'icelle reijuteréht
vne grand diligence. p. 1^9.
yicere malin en icelle après la fri^ion
mercuriale, p-Si^-
BoiiiTci IJ. infîruments.
BoyâLix , Portion rendue par le fiege,
pag. \u.
Bras tumeur œdemateufe d'iceluy après
l'application du caufiic. /^. H 5 • '• 5 ^
B'ay -is, defcription drfgure.^.il^.izi,
BtLiic, mené autour d'vn malade , caufe
de fi mort. p 143.
Brûlure, onguent. p. Z9J. 294. 29;.
Pour la brûlure du vfage. p-i9i'
Bubon vc^erien , comme s engendre.
P^g-S9'
Doit être pr amplement ouuert. p.^40.
Horrible quantité de pus fartant d'vn
bubon ouuert. p-^^o^
hûbonoccle^voyés Hernie,
Cal
Table des Matières
Ci
Cai. Callofîtc, Jrmeteré ne peut être
ramolli. pa^. 189.
Z>esfi/fules, comment rongée />. 251.
Nejeformepas toiijionrs p'^99-
Se forme ùterty fi leperiofie demeure édi-
fier, p. ju.
Se forme diffxilement es femmes encein-
tes» f. 515.
Par trop augmente. p. ji r.
Comment reprimé. Z'- U 4«
Cancre, de riuiere contrepolfon de la
morfuredu chien enragé, p.toj. 208.
N*ejî pas l'écreuijfe ordinaire, p. 208.
Caiié , ne doit être corrigée par huyle
de vitriol &c. p. 596.
Caftration matkeurenfe. p. 455.
Carnafitc en la ^crge , mal opiniâtre,
pag. 277.
Remèdes. p.vjZ,
Canin :ule en la verge de dijjicile gue-
rifon. pA^^
Irritée par les médicaments ou entre l'^r-
fenic. /7.455.
Caraplâme Anodyn & rnaturatif p.io.
Rafraichiffant & repercutant, p. 15. »6«
Contre la rneurtrijjiire. p,ïy
uinodyn & rafraichiffant. p.û. 20. 24.
. 209.255.
Refolnant. /?. 21. i '5.154*
Anodyn. p. 81. 165.
RefaUtant & repercutant. /?. 18.20.23.
3Î.86.
Fafraichijfant & défechant , p.^c).
Emollient. p 90 2} i-
Emollient & carminatif. /'■105. 117.
Appliijué trop chaud dans vne hernie
dangereux. p.\\6,
' Anodyn dlfcufif ^ repercutm* p. 134.
Fo rti fiant le cerneau. /^.149.574.
Defenfif pr^(,[,
Adiîringent & refoluant. p.iCy ^61.
Anodyn. p. l^.if?;. 100. 245. 293.351.
426.
Contre la mcrfure du chien enragé.
p. 106.
Refijîant à la pourriture . p.252 255. 291.
Comment doit être fait & appliqué.
pag. 24?.,. •
Deficcattj, p.156.
Contre l a gangrené, p. iGf. 275. 2bo.
Suppuratif. p 275.
Adflringent. p, 3o§. 412. 476.
T*our les yeux. /^* 5 B 7.
Cautère aEluelfujpec^ dans les tumeurs
fchirreufes y chancreufes & vlceres^
pag.s^.
En la nuque d''vn enfant caufi de defift-
viwns. p. 550.
Totemiel à la nuqne^ donne vne mauuai-
fe conformation à la tefle des enfants.
pag, 428.
Atiuel après l amputation d''\3n me7n-
hre» p.ioç).
Enferme de cotifieau^ p.p9.
A^iuellonent chmdfentt froid, p 5J0.
Catarad::', temps de l'âhatre, /'•383.
Caurerilation>r(?wf^f de la mcrfure du
chien enragé. p. 2 04.. 205. 207.
Doit cire profonde. p. 205.2 6
Parties neruenfes ne la fouffrent pas.
pag.^ox.
Ceinture mercuriale cauje de diuers
accidents. ^«J^^**
F/l en vfige contre la galle. p-S^-^-
Ccrucau, particule d'iceluy perdue Jan^-
que la THort aitfniui, /',140141.151.
Signes qu'il e(i offensé. P- ' 5 ï •
Afon mouuement propre F'^5^^
Emotion d'iceluy & diuers accidents^
liii
Table des Matières
W?5^- 557-^388. î59.?6o.
Tent être ébranlé fans ojfence du cranc.
pag. 361.
Chair baneufe autour d'vnvlcere.p.St.
Meurtrie , quelle fe cormertit en pus.
pag. 18 S.
Chancre à double 'O^m p- 3^ 49-
En la bouche p- ^7 •
Dsifient incurable par des medicarnents
non conHen.ibles. p, 35) .
'Poudre de AI it lier &<^Penot danger eU'
fe. ^ p.4041.
Chanchre vlccrey& chancre apojîetne,
font fort différent Si & caufe d'erreur
en la Cure. /^•4^- *^'
A vn noyau au milieu: p. ^6
Occulte ou caché. pA9'
Cure d'iccluy ejî legititne ou violente.
paa. 50.
Refufe les remèdes evioUlents, p- 5^«
"Ne peut pas être gitert par fe^i ion , là oit
il y a beaucoup de 'Mi fs i '':éneSiOti
artères, p.^i.
Giteri fansrecidine. p-5^ S^
Crainte cïudrnorrhagiey ne doit pas em-
pêcher la feston, p.^ii
Ulcères irrités par les efcharotics ^ rne-
dica?nents ccrrofifs. f*)^'
f:ig.!es d'ice'iiy. p-^j-
lie manque fur I'ex€Jfon d'icelny. p.^iy.
Ccnppe' ?,e rena''jl ptus necejjàirement.
pag. 45 z.
ChziïïLuiii leur temer lié. p. 135 123.
45)-
Chai iacaus temente d iceux , p. 241.
378. 4S'9. 5^5.527.
Irnpcfîure. 511,517. 3.6. 540.54». 41c.
Jgnora.tSy p. \ h.^^y 51^.
Tcrnerité d'iceux en iextratllon de la
pierre, /^-4^4
Charpi préparé pour le aane^p. ij) .375.
Pour la cicatrice. p.i6i
Cicatrice belle, comment fe fait. p.:^c)6.
CmdkiïQiparfum fait mtec îceluy & fes
inconuenients, ^.218.558.
CI)' (le les font peu en ^^fage parmi les
Allemands y p. 10,
£ molli ent & carmînatif. p. 107»
Sortent par la bouche dans vne hernie,
pag. 117. '20.
Emoi lient C^ purgatif. ■ p-^^l*
Clijleres dans l'enterocele, truand doiuenù
être donnes. p.116 1 ij.
Po/Iure coy,uenable pour le receuoir.
pag, 56 f. emoliient.
doux ou corps auxpiés irrités par ap'
plication d' rfenic. p. 522,*
Causés par des fouliers trop étroits
Cœti. fortifiant le cerueau. p' ^^*
Collyre rafraichi/Jant. /'•i5>4»
Répercuta:^. p. 380.
Pour Paugment de P inflam?nation .p .^^q.
Colcrc vojés pajjions de Pâme.
A'wd.in, p> 55)8. jcjl.
Defccatif p. 59'. 596. 398.399,
Pour les humeurs chancreujes. p-'^^S'
Conuailion vertu de la peau delhom:-
rne pour les arrêter. /^- 5 5 S.
Caujès di,' celle. p. 502.
CopuK.tlon dangereufe aux blefsés,
pag. 2! 4.
Coi pi O'fié Apres la mort» p. 271.
Impur demande.lafaig.ee auec pruden-
ce. /7. s 48.549.
Coaccaii aualéfort par Vaine , p 17^.
Qïûu-, portions diceluy etèes heureufe-
ment. p.i^f,
*' Play es dufnciput, pourquoy danger eU"
fes. p. fj^o
Carié. P'^S^'
£?fonçHre^ p.iH!^
Table des Matières.
Doit être releué. ^ pag.^èj.pi. Forte, dangereufe pour ronger le caL
'Principalement es enfants. p'}!^'- P'^^:>9)-
Enfoncé fms fratlure. p'Pi- Arfenicale. p. ya.f.
C^ochn voyês înjîruments. ^ctcuiiVçs vertus ds leur yeux. p.iç,0'
Cropion inflammation (^ exulceration Ecrouclles tiennent par fois de la nature
d'iceltty dangereufe. p. iS6. du chancre. '^ P.4?.
Chirurgien doit être ind'ufirieux à i^ ''"''' '
uenter des infîruments»
D.
Vene ingulaire couppêe en même temps,
p.^j-ji. pag. ii6.
Emplâtre contre le chancre caché, p.^j.
yidjlringent. p.c)6.^6S.
Dans l'hernie p.ii6.
Oppodeltoch» p. lyj.
Pour fortifier le ^ecTu^afi. p- ip. ^jy.
Contre la rhorfnre du chien enrage.
pag. 209.
Tour la fracture des os. P.t-99- Î5 ) •
'Ncrttal. p. {59«
DArrrc remèdes Topiques, pag. 25.
Decoélion pour les vlceres ma-
lins. p\^.
Pour auancer la cicatrice p. 19.
Vulnéraires, panacée des SuifJ'es. /^.154.
Vulnéraire , empêche la fuppuration,
iSImfent à ceux qui ont des obflruUfbns, yidherent pour releuer le crâne. P. 5 72
pag. \ç)i. 130.
Adflringente. p. 116.
EmoUientc. p. 296. 518.
Beterfîite, p- A-7r
Dents ^ racine laifsée caufe defijlulcy
pag. 250.
^^^^^^[.cç fortifiant les genciues, p.35).
Digs ft if t/ojf'^ onguent.
Emollient. p. 518.551.
Eo rt i fiant les nerfs. P S^9'
Jibus de l'oxycroceum é' de mucilagi-
nibus. f 5^3-
Enfants l'oyés fœtus, fartant du ve^itre
de fa rnerc après la mort. /'.4S4.
Efî quelquefois malade dans la matrice^
p.^g. 484.
Dosfympatie enre iceluy & le bout de T citant guéri par la fri^ion fait te À
la nourrice. n, tii.
Eponge préparée. p. 404,
Vfage d'icelle pour retirer ce qm efi ar- ■
reftè au go fier. p. 419, ^20 .
'Ex.)'(\\^z\cfurui de gangrené après l'ap-
plication d'huyie rofat. p. 265.
Efpcc bout de fourreau caché quatre
ans dans vne playe de la fice. p.\^$.
la mammelle, p. 2.19
Luxation\des vertèbres dagereufe. p. ^19
E/l ou complète ou incomplète, p, 3 ij?.
Douleurycaufes d'icelle. P-3%'
Dyfcnterîe arrejîée fuinie de gangrené
enlacuiffc. p'i.yi-.
E.
Chitie noyés Dos.
E
iEm aigres contraires aux exulce- Bout d'efpée rendu par le fege. f . 174
pag.6. Etiphoibe connmab/e aux os cariés.
/7.44. /7./^. 248. 39 'î.
p.6i. l\eorodH!t point d'iujîammation.p i^?-.
p.i^y Vertus d iceluy contre les es cariés.
p.y^S. pag. i5j 2;7.
I i ii 1
rations internes.
Deterfue contre le chancre»
Dijlillée contre le chancre.
Froide, cau/è de gangrené,
Corroboratins des nerfs.
Table des'Matieres
Doit être pilé fans huyle. pag. 396,
Excellent pour la fijîule lachrymale.
pa^. ?98.
Excrcfcence , fonguenfe an mmbril,
^^ K^ 4M. _
Exophthalmic , causée par erreur ^es
Charlatans. /7.58e.
Exrcnfion, doit être médiocre dans les
fraBures (^ luxations, p. i^-^'
F.
FEmme, enceinte guérie de !a'oero-
lepArlafriElion mercHriale p$ji'
Fiontail defe^i/if. p 581.
Feu ennemi des nerfs y comme doit être
entendu. /^ 5'o.
Fiftu'ies comme:'t dilatées. p. 149.
Lachym^/e guerte par le Seion p 394.
19y 597.
FleiH.s biaiichvS arrefêes par '•on Seton
an col. P'597«
Flux ôe how A-\ÇyVo\ésfuUuation,
Y • "^Çïv. à'\oi\ anodine, £».14.458.
Reflîienîc. p-^t.
CorrJjorutme des parties neruenfes.
p.S5. .97.3^7.
^'moV.ie "^te 0. ; o 4, i o 9 .
uidjlringente & carminatiue. p, ii6.
Corrobot diine du cerueau p. i<C.
Tour les mots arrejîés. p. 477,
Fœtus ou fi '..i£t nejl pas tcujîours cor-
rompu par lu mnle. p. 47(5.
Dans le ventrCiCcmparé au fruit fur vn
arbre. /?-49'.
Yi^xx'lAXiCvxfortanthoYs. p 4.37,
l>lon percé. p, ^^8.
Fontanelles ''00) es cautères.
Fracl irc venant de caufe interne.
pag.ic,%.
De f os de la cuifêide dif[icUegueriJorf.
Tref^ue incurable auprès âe U anchâ
pag.^02.
Quand doiuent être découuertes. p. 321.
Emplâtre de Slotanus. p. ^ij,
Foyc^blejfures d'iceluy ne font pas incu^
râbles. p. m.
j^bfcés au foye de douteux euenement,
p^^. 429.430.
Inflammation après vne faignée p. 54S.
Fcoid, parties engourdies comment doi-
uent être traitées. p. 137,
En?>emi desplayes. p. iiOr
Du cerueau. p. 571.
Frictions échauffent lefang. p,6u
Mercuriale , diuers accidents après
tcelle,
Fungi-is voyés natta:
^ 5^7- 534^
GAngrenr après la brûlure^ fa cau-
fe. ^ pag.is%.
Ne peut 'venir d interception /èule des
efprits animaux, p.i6io
Es pies des hydropitjues ha fie leur mort,
paç. iG\.i66.
Causée par caife interne i e. 1 68.
Apres le charbon peflilentiel, /?• 2 90.
Gargarîfme adjlringent. /?.38. 39.167.
411.4.15.424. ^
Pour l'vlcere malin. /'•i4'«
Refoluant^ p.j^ii.
Gfncnolsiycharité d^îceux., p ^ h
Chajleté d* vne fille. p. 399.
G\oho(\içdes lumbes, p5)4'
Ghitcn Voyés future.
Gouiit ne doit pas être laifsée fans re-
mèdes, p. 536.
Traitiée par l'ofiguent mercurtal auec
maunaisfncces. p.S^^*
Grcnouillcs,/tf«r verttidans le chancre»
F-3i 5^ ^^^^
Table des Matières
Dansthdmorrhajile. p ^oS.
Guêpes leur pt<fueure àangereufe. /? 135.
Hmie d'infujion à' icelles guérit leur pi-
^ueure, f* i37.
FL
HAbits doiuent être 'changés par
ceux ^ui ont êié guéris de la. ''vé-
role, p. î^o.
Haemorrhagic après fâpUcation de la
pierre cauftîefue. p. 344.
Remèdes pour l'arrejîer. p.;^.66.
Mortelle après vne amputation par la
faute du Chirurgien. ?• 453«
^pres C amputation d'vn membre >p. ^00.
Comment arrejlée. p. ^08.5 «o.
yîccident à âprehtnder après C amputa-
tion, P'S^^'
Irritée par le feu & Us fripions.
pag.^j,^.
Jlpres l'aplication d'Mne pierre caufîi-
^ue. f . 552.
Hernie» enterocele guérie miraculeufe-
ment. p. 107.
Guérie par le repos. pno.
Différences d'icelle. p. i f 4 ,
Hernieux ne doiuent iamais quitter leur
brayers, p.xi^*
Hoci^uetfîgne mortel. p. m.
y ient plutôt de relaxation du péritoine
(jur de rupture. pMi.
Efi fouuem héréditaire. />. 112.
Z^n Moine feignant dêtrc hernieux^
chafîré. f»l?.
Jnueteree de djfcileouerifon. /'•115.
Médicaments internes font trompeurs.
pag.n^.\yS.
Comment agijfentt f-^^-
Spécifiques internes, p. i2f"
Régime. P'^y*
Remèdes externes* p. 1 2.6.
SeHion dans i ce lie. p.iiG.
Hippociacc expliqué touchant la mole.
pag. 4,74,.
Hirondelle, pierre qiiifetrouue dans
lenr nidjfort rare. p. 390.
Humeur, atrabilaire Je conuertit aise-
weut enchancrcr p-V*
Acquièrent quelquefois nature depoifon.
27'. 288.
Huylr, contraire aux inflammations,
pag.iS. if.
Anodyne & refoluante. p. 47«
Contre les conuulfons. p. 195. 215. 358.
Bouillante 'hersée fur vn vlcere. p. 109.
Anodynci p.^j^i
Dkngereuje pour ronger le cal. p. 59J»
Emolîi.'jnte- /7.518.
Hydroccle ejlfouuent imnte à lafarco-
celé. p.\yo.
Vient foHuent au côté gauche. p. ni.
Efi alors de difficile guerifon. p. 13t.
Incifton quand doit être faite, /'.151. 13J.
Simple oHco mposée. /'•133'
Guérie par le Seton^ p. 135,
HydïûCc^hàïc malincurable, p. zy.
I.
1 Linque paflîotTV/Vw/yôrtX^w/ degan,
X greneaux intejîin.r. p. 16^
Imagination , force d'icelle es femme^
enceintes. p.S^ 91 521»
De cetx aufquels on a couppê quelque
membre. p- 493.
Inflammation, huyle leur efi contraire.
Incilîons ^-f doiuent et i^e faites dans Us
cauitésde la poitrine & du bas ventre
p'7- liii 3 .
Table des Matières
'Deficcat'iHe & anoâyne. p-^-^-S-
'Dam les vlceres nulins du nés. p. 117.
Inftrumrnrs.
Du Medccni, cruels. p- ^3-
Bourfe pmr couper vn fmgus. p.6'è.
Couteau pour couper vn fu:igus en l'œil,
pag. 69.
Botnie de cuiurepour vue ïamhe fraÛn,-
rée. ^ P'i97'
Uaroent mis an palais tro'ùè. p. ii7«
Tour redrejfer les doigts conrhés après
vnebrulHïe. p.2.'^6.
Bemora. ^ /'•joi-
Moujiiy înuentèepar tattiheur. /7.3 '7.
Pourlefeton. ^ P- 3^^-
Pour ouurir vnfeton fermé. /'•34^.
ToHY l entretenir ounert. p. 548.
Bfl conuenable 4ux enfans à la. nuque
pag. 549.
Pour tirer les bkks d'arquehfe, p. 354.
Poftr releHcr le crâne. /7.568.
iSleceffalre quand on abat la catara&e,
pag. }8i.
De bartifchi examiné. p. 588.
Tour feparer la paupière attachée à
l'œil. /^.398.
Pour coHper vn fungns dans l'oreille.
pag, 401.
Pour fonder des poudres fur P'vuule.
fêur cêuper l^mile. pA^i-
Pêur retirer les chofes qui font arrêtées
augefier. /^.4'9' 4'i'
pe Tiff, pour tirer te <^ui efi augofio",
condamné. p-^^^..
Spéculum ''ônéilici. P« 4îî'
Pour receuoir tvrine en cetix qui ne la
retiennent pas. ^ P'447-
Boule pour la décente de matrice, p. ^6^
Tenailles pour tirer la Mole- p. 475.
Manche pottr l'amputation. /^* 505 •
Ciféau pour l'amputation des doigts.
pag. 514.
Pour drejjcr les membres tortus. /7.5 ' 7.
Pour les pieds tortus. P'$^9 J^-o*
Syringue pour fe donner foy- même i)»
lauernent. p. 561«
Inic^'msyvoyés boyaux.
lohni\ï(:s hjdropijie d'icelle. p. 175).
Signes. p. 180.
Danger eiife. p.\2u
Co?mneni doit être traittée. p'^^^'
Erreurs des Chirurgiens en la cure d'î-
celles. /'•2-35.
Sanie qui fort de leurs blejfures ejî fort
acre. p-'^AA'
Inondtîon mercuriale voyésfrilUon.
higemcnz dijf elle. p. 130»
Iiigiilaircs vcnes peuuent être onitertes
en plufîeurs ?naladies. /'•545*
Requiert vn Chirurgien entendu. p.^:^^.
L.
LAu-ment'Uo}ij' Clyflere.
h\l^gi^eplayes d'icellefe guerijfent
facilement. p. 167.
Ligament fous la langue t comment doit
être feparé. p. 409. 410.
Lcpre des Grecs en quoy diffère de celle
des Arabes. p- 9^'
Signes de la lèpre des Arabes. p- 9 v
\Ài\[mcmanodyn. p.\^. 31. 298.
Pour vne tumeur chancreufe. p-^\.
Anodin pour les parties neracufes.
pag. 8r.
Maturatif. p. 2>6.
Refoluhnt, 'p. 90.
Emolliant. p-9'^-^ii.
Tour l'o^œne. - p. 116. zi8
Adjlrinntns. p. 544.
Ligature des extrémités , leur '•ôertu
pour
Table des Matières
pour arrêter vne hdmorrhagie. p. 67.
504.
F ait te auec vn filet trejnpé en eau fort et
fulpeUe. p. 403.
Ligament de la verge mal confiormèe*
pag. 449.
Loy Royale touchant les femmes qui
meurent er:ceit;tes, ^.4^; 5.4? 4.
Liixacion âparenie. p^^à^i.
M.
MAchoirc 'ulcérée de difficile gue-
rifon. p 213.214.
Malade ne doit iamais être abandonné.
pag.i^u
Maladies, quelle doit être dite arar.de
pag. 15.
A trois caufes. p. 6t.
il arriue quelquefois des chofes mon-
flrueufes en i celles. p'^7S-
Qui Viennent d'intempérie froide (^/e-
che es vieillards font diffciles.p.iS^.
M.nncc déchirée. P-ll-
FUyes d'icelie fe refoudent fans futur e,
pag. 46^^. ^
Déchirée par le fruit, .^•4^3-
Mtdccin théoricien écrit quelquefois
contre l'expérience, p.i^b.
£J} en borrenr au."^ femmes qui font en
trauail, p. 478.
Doit auoir connoifancc de l' opérât io/i, c u
de l extraWiun d'vn etfant mort.
pag. 478.
Médicaments repercutents quand font
dangereux^ /74^.13.14.18.25*
Ne doiuentpaseire changés quoy quon
nevoyepas lefuccés. p. î2.
Chyraicsfontfi^eBs, p- 555- 55^«
Mercure.
'^ioLCwit prfclpitL P h7'
Sublimé dangereux dans les ajfeUions
chancre nfes. p-5^'
Appliqué extérieurement dangereux,
t. pag. 54- ^
Précipité reUifè propre aux 'dceres ma-
lins, p. 226.
"Excellent en tous vlceres. p. 231.
Porte les humeurs à la tête. p. ^2.2. /35.
5î7.
Fn^ion auec iceluy '"jray antidote de la
vrrole. p. 530.
Précipité, apliquè extérieurement caufe
vnfiux débouche. P%M*
Ai er cure de vie, ejîfouuent mercure de
mort. ^ f.}5<î.5î7'
M mhïc Jphacelé doit être coupe', p. ^^6
Moic tirée heureufement. pA72-
D'eu prend fz ncurriturf. p. 4/5.
'Fié de Grlphon. p. 475,
De d.jf.ci'eoiierifon. /'•474'
Mo n d i fi ca t i f voy es onguent.
Moi (lire de chien enraqé nefî pas toi\-
jours âcompagnée d'hydrophobîe.
pag. 205.
Potion de Luchthend'ert contre icelle,
incertaine. p. 2^^6..
Cancres de rmiere , leur l'ertu contre
icelle. ' p. irC,
De ihat e^.ragé caufe Chy dn phobie.
piuy. 2'-i.
Tviitenu.rfure ne^pas toufours veni-
rncufe. p. i^o.
Doit être traittêe autrement qne les
pi ayes ordinaires. p. i^ji,
«
N.
NAvcotîcs ne dciuent être doftnh
au.vnt I amputa- t"v. p. ^>è.
ZN^acta ou Fnngiis , s'enoendre ailleurs
que dans les membranes du ctruakH,
Table des Matières
Definttio n & génération pag. 78.157'
Qui viennent à. la tefie ne font malignes.
pag. 78. 80.
Simple f composée, P'79-
Celhs^m/è font la dure mère étante
rompue , font de difficile guerifon.
pag. 79.
Celle ^m vient aux parties baJjesfomeKt
eji maligne. /^. 80.
Cure, p- 8'.
1)e diffc de guerifon. /7-8i.
FungnsdûltÀtre arraché av.ec fi racine,
pag. 81.
Sur les os, p- Sa.
'^2iZ[UCiprotiideiiced'icelle c^uand il y a
tjuelqne chofe' étrangère dans le corps,
176. 177.
A couurir les parties nues. 4<$4. 514.
Sagacité d'icelle. P'S^9'
Nés Artificiel. p. ^00.
Noli me cangcre» Vlcere^ chancreux
AH vif âge. p- (>j'
Nombril , oHuerture d'iceluj es hydro-
piques, p' 45i'
Q,
OMcntiimiGangrené après vne her-
nie. p.109.
Obftrudkîon > engendrée par des ali-
ments glutinents. p. 116.
Vertus des "Bains de Pfeffer contre tcel-
le. ^ p.j^y.
Oeil » firuSiure d'iceluy. p. 7t.
jSle peut tomber hors de l'orbite de luy
même. p, n.
Humeur aquée perdue peut être repa-
rée, p. \64f.
'Bnflammè par tvfage d'vn medicar/icnt
ou entrait le vitriol. p' ^$9*
Nuée en i^uoy efl différente de la cata-
vaHc & onglade. /'•57S.
Doit être bandé dans fes incommodités.
pag. ?So. j5ji. 596.398.
A vnfentimsnt exquis. p- o90.
Eternuement contraire à l' œil incommo-
dé, p.^90'
Ocfophagiic , bouche par vn morceau
decujr aualé. p. ^\6.
Par vn petit os. p. 416.
Par vne arête de poljfon. /^•4>7«
Sfpingle arreflée. p,^i7,
zJ/Ptorceau de viande arrejîé. p.'^iZ.
Sajttuation. p. ^2.0,
Ongle , entrant dans la chair. p,i^^,
Oiïgiicm i Aoodyn & digtflif. p.^
Confolidatif. p.îo.
Contre tes ècrouelles. ^- 5*«
Contre les vlceres putrides. p.^^.
Efcharmc, p-^^'
t/£gypîîa€ contraire aux vlceres chan»
creux, p. 47.
*Po«r les tumeurs chancreufes, p'S'i*
Adfîrinoent. p.6\.
Digefitf» /'.70.92.131.1^3.205.
134.
Mondificatif, p. 70. 203. 15». 2,48.
De Sympathie^ trompeur. p.ii^.
Anoàyn pour les vlceres des iointures.
paa. 24^.
Digefîtfy pour les playes du cerueau.
p-tg. 255.
Mondificatif des vlceres pourris &fales
p 161. zpi,
Digeftif. pag. 166. X9U 34(5. j($4. 373.
y;6.yo.
Sarcotic. p. 364.374.
Mercurial. p-5^9'
Pour faire tomber l'efchart< p. 552.
Opérations, conditions necejfaire auant
que l'entreprendre. p. 187. 499.
Precau'
Précautions en les exerçant, p. ^Ji-U^-
Chirurgie des chofes courtes , inucntée
parTaliacot. /?.4oo.
Exercée par Gryphon. p.j^oo.
Calcul tiré au petit âpareil, /?. 4 4 1.
Oreille, fungus dans l'oreille, p. 4c o.
Bouton de verre comment tiré. p. /J.05.
Toix dedans le conduit, f. 4-7- 408.
'Epingle. /7,408.
Noyau de cerife, p. 40 S.
purulente après la friBion Mercuriale.
pag. st-j.
Osy/ans moelle en "M corps mort de faim
pag. 84.
Fragment d'icenx fe re'mljjent par le
cal, p.i'iS.
Fragments d'iceux fartants long temps
après la confoltdation. p. 198.
Huyle de mtriol (^ eau for te^ contraire
aux cariés. p. 14S.
Cariè fe guérit par le cautère aBuel.
pag. ly,.
^ar l'euphorbe. ^.255.157.
Caufesde corruption d'iceux ^ p.is^i
1S6. ^ ^
Fragilité d'iceux. />. 198.
OlVclct trouué dans vne tumeur, p. 70.
. Qmfe prefente en *on "dcere co?nmenL.
doit être ttré. p. îcjS.
Triangulaire arrefîé en lafophague.
pa^.^ic,.
Oftcocolla, préparée, p.i^S.
Sa '^Jertu à former le cal. P-^^.^.
Oxycroceum , quand conuenabîe aux
fraUures. pag, ^ix.
Appelé diabolique par P^igo. p. 5 15.
P.
I Anaris, /J guérit par incifioni p. 1 5,
l^a caufe çfl maltgne% f- M
Table des Matières
ParaccnLcic, remède douteux. p"^j^.
431.
Paiacclfc-, erreurs a iceluy, p. 117.
Paralylic-- après l'application des ven-
totifes. p, ^^2..
Pàllioiis de l'amc > coLre dannereufe
dans les playes /7.141.217.
Surprife^renounelle l'h-xmorrhagie p,u6.
Colère nuit à ceux qui ont des "dceres,
pag. iô,i,
Vcauypeiltepeaufeparec de tout le corps.
pag.v^.
Trop mince cj" déliée c.tufe d'en.pêche-
ment d'agglutination. p.ij^\.
V'.noi ^med'.cament d'iccluy co7;tre le
chancre trompeur. p.2.^S.
Péritoine, Ouuerture diceluy d.ns
f hernie. /7.117.122.
Vi:n\\éciVlceres d'iceluy quels incurables
pag. 24V
Pc (fai r e adfîringent, p, 476.
Piiimolc paraphimofe , verolique doit
être autrement traittée, p'^9'
Vkïic tirée du fcroiu?n. f • ^îl«
Trouuêedans le cerueau. P-iS7'
Tirée àvne fem7ne. /'•459«
De monfîrueufegrojfeurenla vejfie d'vn
homme. r'44'^«
Caujîique doit être prudement àplt^née.
pag.^p.
Playc de la tête confîderable fans grand
accident. /7140.
Quelle mo-^telle félon Hippccrate*
pag, 146.
Redoublée, danger eufe. p.iiî.
Comme (e f.ti't. p. 178. -.Si.
T'Op lOt cicatrisée caufc de mort, p.'.j^
Petite ne d<it cire ne^lirce è., tointuies.
pag. 179.
Ne fe cùiifolide point tandis qs il y a
qAcLj'.ie'chofe d'ày.zrigf. p-'y •
Table des Matières.
\Jpres f'extraflion de la pierre ^cotnnunt
doit éiïe t'Ait'ée. /^-442..
QhjUc don être âpeleegrmde. /^.547
Picuc'rfic après vn v'cere inueteréfer'
mé. p. 219.
V\otrhfamrl;er à la nature- p. 200.5^2.
Poiiiri .-. bUffure à'icelle combien de
tenios djiftsiit être L^jfsées ouuerte^,
pag. 170
Ps hlcjfnrci dicelUfut attacher lesten^
Tes aucc vn filet, p • ' 7 1 •
T font necsjfaires. pA.t.
Potion vulnéraire, p. ~76.
Poudïc pour arrêter le fan£. p-39. 66*
508.
Contre le chancre exidcerè. p 44.
*jDe PenotfiijpeÙe dans le chancre /'.54.
Cîcatrifante, p. 70.
Contre les fungHs. pag.^i.
Catagmatt(jP!es. /?• 150.405.
'Tourles fimgus p. 157.
Dans la morfitre du chien enragé.
107. i! -,
Tour 1)« vlcere malin à la bouche,
pag. 141.
jidondificatiiie. p.i^y.
Pour le crâne ntid. p. 255.
Efcharoti^ue. /7. 404 5 > 4 .
Poijlmons blejjitre de leur fiibjhnce
nejlpas toufiours inonellex p. j6p.
Peu lient Je confo liAer. /^ • ' 7 ^ •
Vowhpciit &.înicr7:iiitcnt. p-549-
S'cJ} pai t'iiJioHrs fiii'di de mort. p. vço.
V^.s fa^i'e fort en grand ^tuntlié dz-n
doimiUré. p.x^o.
D'vn vlcere an bras for tant par les 'uri-
nes, p. ir%
VonSic pojir la relaxation de l'\}-inle.
pag. 41.
Adjîrlngeme. f^)^*
R.
RA^ttc fort grande» p.îj^*
Kïscaufe d'iceluy. p- ^^S*
Rotule toute fraBure d'icelle ne rend
pas boiteux. P5^^'
S.
SA'hft pour Fenfure des bourfeel
pag <^:>,
Adjirivgent. p. 108.409.'
I^our l he. nie. p» *'î*
Co'-yobnram le cerueau. p-^h
Lesrn-ft. p 359.?é2.
Tou- lirffiammation des yeux. p.^Si,
yînod^,}; pour les yeux» p-*9i-^9^
Ernollient^, P-Si'i'^
Sà^cicmmcsjfaute truelles font en cou-
pant le ligament de la langue^ .
'pag. 409.
Leur Ignora nce. P-S^^
Saliiiacio;i après lafriÛion mercuriale,
pag. $1-7.
Saignée Ne-'-onicjue. p. 9. 547.548«
Doit être ordonnée par vn homme pru-
dent. p. 10.
Abus d'icelle parmi les Allemands»
pag. 10.
Au bras fuiuie de mauvais accidents.
f'^,^' 544 546.
Sàr g fartant de Ih^'p'ocondre droit fans
manifejle ouuerture. p. 10^.
Tombant a cjne'aiic cauitéjs'y corrompt.
pag. i8r;.
Sntcocek' ccmment engendrée, p. up«
Gra-ide. p.tiS/
FJÎ engendrée le plus fouueni au cofîé
guuihe. p-^^^'
Schirie fe conuevtit facilement en chan-
erç
Table des Matières
cre s il rtejî traittè methodi^uemenu
fag. 53.
Contenant '\inehumeHr Semblable à du
lard. />75.
'Kemolitif dangereux. /'.264.
En la matrice. P'^9^'
Scrocum régénéré ^ après la gangiene.
pag. 280.
Scron infiruments pour le faire' p.^^fi.
ji froid, préféré à celuy e^ui fe fait auec
le fer chaud en la nu^ue. p» 3 4 6
Ejfcace diceluy dans les maladies des
yeux. p. 581.
Dans lafîflule lachrymale. 55>4-395.
m-
Spcculam vmbilict. /'•455«
Sphaccle efî quelquefois plus grand in-
teriemement (ju au dehors. p.joo.
Stupidité d'efprit après vne potion d'an-
timoine. /'•SH'
Sreatome coitppé heureufement. /^.524
SicnMic a des caufes cachées. p.?^-
En l'homme par défaut de corformation.
pog. 450.
Stupeui après Aine bleffurCique Jtgnifie.
pag. 1^0.
Auant coureur de gangrené. p.i2.i..iS^.
Du bras à caufed'vne incommodité d 0-
teille. p> 405.
Suffocation parvn morceau de cuir ar-
rejïé en l'ce/ôphagifc. p. 416.
Sutuic par agglutination. /7.5 1 3.
T.
TAliacor inaenteur de la réparation
des chofcs cjui rnancjuent. p. \oo.
Talon, inflammation & exulceration
d'icelny danger eufe. p.iS6.
€angrene. p. 316.
Taches apportées du ventre de la mère
ne font incurables. p.^u^i.
Tenailles, voyés inftruments.
Tempes playes d'tceux ne font pas tou-
jours mortelles, P-^îî*
Incijîon de leur mufcles dangereufes.
pag. 160.
T cmcs necejfaires es playes des doits des
mains, p.iBi.
Es playes de la poitrine, 171.181.
Nombre incroyable envn vlcere. p.i^S.
Tefte playes d'icelle ne doiuent être ne-
gligées cjHoy (jue petites, p« *43'
Blejfure non mortelle par ''onferde lance
pajfant départ en part. p. 1^6.
Trépan tems defon application, p. 374.
37)-
uipplîcjuée vne année après le coup par
ttAigineta. p-^76.
Tubercule apportée du ventre de la,
mère comment née. p. 92.
Caufes. A.136.
Cure, Pm*
T>ans lequel êtoit vn fragment de verre.
pag.T^S^.^
Excijïonfuiuie de mort. P S^i-
Tum-i us récente n'efi pas durangdes
fchirres. * 0.7 j.
V.
T 7 Arice en l'œil. P 6')»
\ De prodigicufe grandetir. p. ^zz.
Veines bafilique ouuerte auecvn artère
pag. 547. ^ ^
Du front ne doit être témérairement ou-
verte, p.jjo.
Vcne vmbilicale deuient ligaments
pag. 176.
glorifiât la blejjiire d'icelle. p. iy(,.
Ouuerte en vn hydropiq ue d'elle même.
pag.^,lo.
Kkkk 2
Table des Matières
Venin, interne caufe de fragilité d'os.
Venroufes, ne doinern être appliquées le
corps étant impur. PS'^-
/Ipplicjnees fur le joye augmente :t^' kt-
mor'-hnjte. p H^'
Cattfe d'i^f animation de f-^e. P-^<ii-
V zïo\c, onmnicjtiee par des hahiis p. l'y-
Pjr des linceuls ir>fe&éx. p.y.6.yi.
Par le feiour envnech.îrnbre de(ii':éea
lafriFlion. p-^^7'S^y
Verre, Fragments d'icelny dans vn tn-
bercide. flV'
Dans le métacarpe. /^- )J^
WçiSsfoYtatits d'''.y,iabfcês. p. i-
Fendus auec ['"crine» pu.
En la dure mère, pH""'
Finale de vers, &fa préparation p ;, '->j.
Shc de vers. P y^-
Savertu pagyy\
Ver ï uts^mamere de les guérir. p. 8 8.
Aialig7:es -ne doinent être irritées. p.S^,
Vtl'icaroirc dangereux aux hjdropi-
e^nes. p.i^H.
VelTie fchtrre en icelle. p.ii.
jibfcés. p.'i.
Play es d icelle aisées à guérir , Jï elles
font proches le <oL P- 'S't*
Vtllie du fî 1 , pierre trouiiée dedans.
pag.i^.^. vy
\incbxSylilxatiou d'tceVes, 31 . 3^.->.
33- 3'i'
Faine en dedans ejî mç- telle félon Hip
pùCrate. p. 3ii,
Frriclure d U'elles. Z' 3 H
V- Lie perdue après lafricîion mercuria
<?. jP. 5^9.
Wi3.n6js,<jui produifent lecul caufe d'ob-
firHUions, p 316,
Via nuit aux nerfs appliqué extérieur e-
Fin de la Table
7n:nt. p-^9S^r
'^\n\ïs erreur d^icelny, p-V'"\ ^^7-
Viuc-^L ii- :, metir: d'''ôie petite bleffu.
re i! l i paume de la main p 8}.
Vie res r(fian'< ndres la tnorf'.re- du
cV.ieyi enraoé àoiuent être lona tentps
tenus r.uup'<':s. p 210.
Rcfff't tou^e ih f oMueufe. p.i o,
Siruettx & puant guéri. p.itS,
Cuertff'enr d'autres ma^niies. p. 230.
y Icérss-, putride efl différent du ^'oace*
lé. p-^i^'
Chancreux empirent par la pierre medi-
camente-fe de CroUius. p-i-]^.
Sinueux doiuent être dilattés Jt tonfce
cfî pe:it. ^.246.147,
Perpétuels, caufe d iceux . p. 2 47.
Sordides putrides cornent înondifiés. 24S.
Vénériens quad doiim être traités. 550,
yi fa bouche . p. '4.0 .
Es parties honîeufes, /'•54 *•
Vro ■ hus n efl pas opotert en Phome^p. 251
Vi in - en vn moribond femblable a celle
dvnfuin. p.\o6.
Sorta-it par vn vlcere près le nombril-
p.igi^u
Vï'i t r d ff.cult'e eau ée pa^ vn catapla-
me ou eturoyent desca .tharides /7.35.
Dtff.culi é après la cajîraticn. p. 43<$.
Vvulf rongée fans empéchetnent de pa-
role f-2.^5- 41 4*
Caufe de relaxationfelon Hippocr.p 4S,
Erreur de ceux ejuifoufem des poudres
chaudes & ajfpres. p \^^'
Gangrené après relaxation d' icelle p. 411
Jld al opiniâtre. p-^^h
Médicaments acres, fufpeUs, pag.j^ij.
41;. 19-
Quelle n'admet la fe^ion, p. 414.
des Matières. Kkkk 3
Impiimé par P H. ÇAMONET.
Erreurs quifefontgltféesen Nr?7firefion.
Page 8. ligne 21 Viffifcs, lises Virccrcs , ligne i(j. lises intendonnc , fie en
forte que la matière qui &c.
page II. lig. 14- m':ttés ij. points après 5). iours.
pag. 13. Obferu.H. Du Panaris ou Paionychic.
pag. zy. lig 13. liics, d'arqucbufe
pag. ly lig. 6. lises , de \\ cure palli.uiue.
pag. 77. alafinde rOl'fcruation 51. âioutés> lettre du D. Daniel Sennert.
en la même page , Obferuation 58. lises 5;.
pag. 78- lig- I li'cs, vn apoftcmc chamu &:c.
lig. 20. Exonfcine, li es cxcrcf-cnce
pag 79. lig. 28. liscsj de neceflitcquelc Fungus furuicmic
ligne 5. lises, Pic mcrc monte faciLmrnc
pag. loj. lig. 5. lises , forti , quand il CEoit atrctc
. pag. »2.0. ligt 23. lises» que ledit SeigQcui:
pag. 152. lig. 12. lises , quand il ne
pag. iCZ. lig. 5). lises Guy, maitrc
pag. 175. lig. 32, lises, étc gutries
pag. 149. lig. U. Jiiés, laucure de chair.
lig. 8. lises Obferuat. 22. liu. 5.
pag. 2 10. lig. il. lises Angelici
l'g. penulfi-me, lises, fut parfaitement
pag. ZI2. lig. penult. de 1 Obferuat. 58. lises. Vers le carpe
pag. 214. lig. 7. derobfcruat. 65. Uscs,fans;la coucher
pag. 215. lig. 6. lises , s'arrêta prorrptcment
pag. 226. lig. «o- lises, rentes imbues de
pag. 233. lig. X. apics Obferuat. xi. lises , malin après l'application de
mcdic.im.
pag. 240. lig. 23 lises B. liai à M.flîeurs
pag. 326. lig. 5. iis^s croire, »S^ page 528. ligne 27.
pag, 364. lig. 25. lises, le fachcc fuiuant , duquel voycs la dcfcriptionpagc
362. ligne 2.
pag. 5"*5. lig. 2. lises, de ma demeure
pag. 381. lig. 6. liics heure, il y
pag. 387. lig. 3, Obferuat. 37. Icfqucls fc formèrent
pag. 405. lig, ?4. lises, opération, Mcflicuis
pag. 42^. lig. 18. lises Apoftcmc
pag. 454. lig. 5. lises , Sinon qu'en rendant fon vrinc , il vuidaft le ventre en
même temps.
^.400. ligne antcpenulc. lises Obfcruat. Ixxxij. liu. i.
pacr. 516. ligne 17« lises malade,
pag. 518. lignée, dont elle.
Pag. 118. lig. Il' lises Obferuation LXXXI. "
pag. iip. lig. lit lises Obferuation LXXXir.
pag. tio. lig. 1!. lises Obferuation LXXXllF.
pag. 157. au num. lises 137.
pag. iii. lig- 16. lefqucls il auroit pris des dens
pag. 571. lig. 9. feruif de lises, feruir d'vn Inftrunn,
Ibid- lig 10. elîàcés faiuint
pag. 591. ligne i. ou il entre aioutcs eft,
pag. 472. lig. H» efacés ^neft reprefentée ci dejjotts
pag. 472. lig 56. cftaccs marqpJ^ A,
pag. 473. lig. l. effaces marquée C.
pag. 510, lig. 7. féconde & ttoificmf, lises troificmc & q,uatricmc«
Le LeHeur corrigera les autres moins m--
portantes^ Çf principalement celles de ptinStuation,
efquelles l Imprimeur a été peu exaéi au commen-
cement^^
^l fera auft aduerti que l' 'Jmprimeur , par la
tranjpoftion quil a fait de quelques chapitres > a
renuersé en partie l or are que le Traduéieurauoit don-
né à ïouuràge : mais terreur n étant pas conftdera^
ble , il n en fera pas moins détat*
TABLE
INDICE DES FIGVRES
TABLE I.
la fig. I. de la table i. eft en U
la fig. t. cH^tnli
lafig. j. cftcnla
Jafig. 4. cftcnla
]a fig. y. eft cala
lafig. <. cft en!a
la fig. 7, cftcnla
les fig, 8. 9, Se 10. font en la
p«g. }8. lig. 40.
pag.6o.lig.54.
pag. ôS.hg.jj.
pag. dj). l'g. 10.
pag. 6^. hg.j5.
pag.70 l)g. I.
pag. 74.1ig.5<^.
pag.115.l1g.jj.
TABLE II.
la fig. I. de la £. table eft en la pag. n^. lig. 9-
la fig. t. eft ibid.Iig. 14.
les fig. j. & 4, font ibid.Iig. li.
la fig. f.
la fig. 6.
TABLE m.
la fig. i. de 1« î.tablc eft en la pag- 178. lig. 7-
îa fig. t. eft en ]a p«g. i8j. lig. }6,
la fig. j. eft en la pag. 1S4.lig.17.
la fig. 4- eft ibid.Iig. jî,
la fig. S' eft.
la. fig. 6.
TABLE IV.
la fig. I. de la 4. table font en la p2g.T^5,Ilg.i4.
la fig. 2. eft en la P*c-^^+'''&*3*
la fig. j. eft ibid.Iig. 33.
la fig. 4- eft en la P'g- i^î-lig- 4-
la fig. 5". eft en la pag. isj". lig. 7.
3a fig. 6. font en la pag. ip(5. lig. ij, & 17.
lafig.7. eft cala pag' Ji»?. l'g. 7.
TABLE V.
les fig. I. & 1. de la y. table font «a la pag.197.
lig. 13.
lafîg.3. cftcnla pag.io^. lig. 19.
la fig. 4. eft en U pag* ii>. lig.jf.
la fig. s. eft en la pag. ni, lig. n
4a fig. < eft en la pag. .1*7. lig 34.
la fig. 7. eft cala pag. 141 lig. 5,
la fig. 8. font en U pag 145". lig. 40.
U fig. 51. eft en la pag i47. l'g.ao.
TABLE VF.
La fig. I. delà Ê. table eft en la
lig. 14.
li fig. 1. eft en /a
!a fig. 5. eft ci^îa
la fig, 4. eft cnla^;;
la fig. J. eft en la
la fig. é. eft en la
P'g.î4?.
pag. 173. lig. 11.
pag. 174. l'g.».
p3g. t^j.l.g. 40.
p»g. i^fi lig. 17.
pag- P4-!'g-3»'
TABLE VII.
Lafig. i.delatab]c7.cft cnla
lig. 41.
les fig. t. 5. & 4. font en la
îa fig,5. cftcnla
lafig. 6. font en la
la fig. 7. eft en la
la fij;. 8. eft en la
pag- S04.
P-ig-^oîl'g jo.
pag. 306. lig. î.
pag 506 lig.3>.
pag.308. 1;g.3.
pag. 308. lig. 18.
pag. jro.
TABLE YIII.
Lafig. T. delà VI II. table eft en la
lig. n.
la fig. 1. eft en la pag. 311. lig. 10.
la fig. 3. eft en la pag 3,1. lig 10.
îaiig.4.cftcula pag- 333."
g-iy.
TA5LE IX,
La fig. I, de la table ^. eft en la
lafig. 1. eft en la
lafig. 3. cftcnla
la fig.4,cft en la
la fia. J. eft en la
les ng. 6. 7. 8. & 9. font en la
pag. 34^. lig. If.
pag. 34^. lig. lî.
pag.346.l.g.3}.
P'gHS l'g. 34.
P'8 3îi lJg.37.
pag.35J-ligi7.
Lafig
'ig
la fig.
IcsfTg
la fig.
lafig.
TABLE X.
. I. de la table x.cft en la
,14.
1. cftcnla
3. cftcnla
4- eft cnla
.y. 6.7. font en U
8. eft cnla
^.cftcnU
pag. 368.
pag. ;^9 lig.17.
pag.3«9.1ig. 41.
pag.j70.l1g. ^.
pag.370. lig. II.
pag. 370. lig, 31.
pag- 570. lig. 35.
LUI
TABLE XI;
la fig. I. de la table il. eft en !a P^gî7i- lig U
lafig. 2. cftcnU P2g-37i- l'g'iS.
li fig. 5. cft cnla p*g-37t.l'g-*7.
lafig. 4- cft en la pag. 372- lig- J7.
lafig. 5. crt en la pag. 38t. lig.ii.
la ng. 6. cft en la P^g-59i- ''g- ?•
la fig. 7. eft en la pag J?'- ''g- 15«
lafig. 8. cft en la .. pag.4ci. lig.7.
la fig. ^. eft en la pag. 401. lig.zj.
TABLE XII.
La fig. !.. de la table xi i. cft en la pag. 401.
lig. 37.
lafig, z. eft en la pag. 404.îig u-
les fig. 5. 4. 5. font en la pag. 406. lig, dcrn.
lafig. 6. cft en la pag. 415- Hg. 10.
la fig. 7. cft ca la pag. 41}- l'g 10.
les fig. foiKcnla psg 4i4.Iig..'i*.
TABLE XIII,
La'fig. I . de la table 13. eft en la pag. 4I4-
lig.jy.
les fig. 2. & 3. font en la pag 41V. hg.'i.
la fig. 4. cft en h P'g- 4'7.1ig- ^^
lafig, j. eft en la pag 41?- lig-3P.
les fig. 6. & 7. font en h pag. 414- lig. 17.
la fig. 8, cft en la pag. 417. lig. 15.
TABLE XIV.
Les fig. I.& 2. d(fla table 14. font en la pag.434;
lig 19.
la fig. j. 4 ^ ^eftjcn la pag. 447. Iig.i8.5& zz.
la fig, 6. efl en la pag. 454.1'g.}8,
li fig. 7. eft en la pag. 4)0. l-g. 41;
TABLE XV.
LcJ fig. i.&i. de Utab.xv.font enla pag,4;tr
lig. 18,
la fig j. eft en la pag. 471. lig. itf.'
lafig. 4. eft en la pag. 475. lig. 18.
la fig. J. cft en la pag. 47;. lig.jf,
la fig. 6. eft en la Ipag, jgj. lig, ij.
lafig. 7. eft enla P^g-Î07.jig.4,
TABLE. XVI.
Les fig. I. &t. delà table xyi.font en la pag.'
;o7.1'g. II-
la fig, 5. eft en la pag. f 07. lig. jr.
les fig. 4. & ;. font ca la pag. ^ 7. lig. 4o.;4r.
lafig é. eft en la P^g- Jto. !ig. j,
la fig. 7. cft en la P^g. yio.lig. 14..
TABLE XVIL
Lafig. I. de la table 17. cft cala pag. yi<. lig. fî
la fi iT. t. cft en la pag. 517. lig. 3».
lesfig. j. &4. font cola pag..nj>. i'g-3;.
la fig, 5. cft en la pag. jii, lig. r.
lafig. ^. cft enla . pag.j6i.lig. 41.
Fautes au renuoy des Figures.
Pdg. 58. lig. dernière propre a cela aioutcs voycs la fig. i, Tab. ù
pag. 60, lig. 34 la pare, aioutcs voycs h fig. 1. Tab. i.
pag. 68. lig. 35. de mon inuention aioutcs, voycs la fig. 3. Tab. i.
pag. 69. lig. li. marquée a aioutcs voyés la fig. 4. Tab. i.
pag. 69. lig. iy d'argent, aioutcs voycs la fig. 5. Tab. i.
pag. 70. lig. I. par la figure aioutcs 6. Tab. i.
pag. 74. lig. 39. re laxcc âioutés voyés la fig. 7. Tab. r.
pag. 115. lig- 23. en cette façon aioutcs voycs la fig. 8. & 9. Tab. i.
Ibidem lig. 32. Tur la partie âioatcs, voycs la fig. 10. Tab. i.
pag. 124. lig. 8- en la figure, aioutcs r. &: 2.
pag. 157. lig. 14. qui fut ôcce aioutcs voycs la fig. $. Tab. 2.
pag. 174. lig. ij. comme il cftreprefeaté âioutés fig. ^.Tab. 2.
pag. 183. lig. 36. aptes fig. aioutcs 2.
pag. 1S8. lig. II. après le cal, aioutcs voycs la fig. de ces côtés Tab. 5. fig- 5.
pag. 188. lig. 37. après fortis, aioutcs voyés les fig. 6, Tab. 3.
pag. 194. lig. 32. lises, voycs la fig. 4.
pag. 195. lig. 4' lises, voycs la fig. 5.
pag. 15x3. lig. 14. lises, voyés la fig. 6.
Ibid. lig. 17. lises voycs la fig. 7.
pag. 391. lig. I é. lises 6. & 7. de la table X.
pag. 339. lig. 15. lises fig. de la Table XIj
pag. 401. lig. 7. lises fig. 8.
pag. 402. lig. 25. lises fig. 9.
pag. 471. Ug. 27, Usés cable v* sHaçnt x<
LUI X
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